L`élevage de la crevette en zone tropicale

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L`élevage de la crevette en zone tropicale
Crevetticulture
GUIDE
Pêche
L’élevage de la crevette
en zone tropicale
Novembre 2003
Centre pour le développement de l’entreprise
L’élevage de la crevette
en zone tropicale
Novembre 2003
Coordination :
Paul Chotard
Auteurs :
Olivier Avalle, Olivier Millous, Jean-François Virmaux
Publication:
La publication de ce guide est financée par le CDE
Direction artistique : Studio Verdeaux, St Maur des Fossés, France
Imprimeur :
J. Enschedé - Van Muysewinkel - Bruxelles
ISBN :
En cours
© 2003
CDE, Bruxelles, première édition.
Distribution :
Seuls le CDE et les distributeurs officiels sont
autorisés à vendre cette publication.
Prix :
60 €
CENTRE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENTREPRISE – CDE
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Le Centre pour le Développement de l’Entreprise
Qu’est ce que le CDE ?
Le CDE, est une institution du Groupe des États ACP et de
l’Union européenne, dans le cadre de l’Accord de Cotonou. Il appartient
au dispositif général européen d'aide au développement du secteur
privé, destiné à lutter contre la pauvreté par la création de richesses.
Ses ressources proviennent du Fonds Européen de Développement, de
Programmes européens ou de pays qui lui délèguent des crédits ou cofinancent des opérations. Il appuie, sous des formes variées, la création
et le développement des entreprises ACP et, en complémentarité avec
PRO€INVEST et des institutions intermédiaires telles que les organisations professionnelles et sectorielles, les sociétés de conseils. Il collabore étroitement avec les institutions financières, bi et multilatérales,
publiques et privées.
Ses actions, à forte composante de conseil, sous diverses formes, se traduisent dans des appuis subventionnés, pour contribuer à financer des
études, (diagnostique, faisabilité, etc.) en faveur de PME/PMI, dans le
cadre de programmes sectoriels et régionaux, identifiés sur une base
annuelle. Il seconde des entreprises individuelles par une assistance
intégrée, sur la base de critères de sélection rigoureux. Le CDE contribue
à rapprocher par secteur, par métier, par activité, les entrepreneurs des
pays ACP avec leurs homologues de l’Union européenne.
Création et renforcement d’entreprises ACP
Une institution du Groupe des États ACP (Afrique, Caraïbes et
Pacifique) et de l’Union Européenne, dans le cadre de l’Accord
de Cotonou.
L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
Sommaire
SECTION 1 : NOTIONS D’AQUACULTURE
La crevetticulture dans le monde ..............……………………………..
5
5
Les choix techniques .................................................................. 7
La sélection d’un site ............................................................... 7
Choix de l’espèce ................................................................... 18
Choix des méthodes d’élevage .................................................... 21
Les étapes de l’élevage ................................................................
L’écloserie-nurserie .................................................................
Les bassins d’élevage ...............................................................
Le conditionnement ................................................................
24
24
31
41
Éléments techniques sur les infrastructures........................................
Les bassins ...........................................................................
Les stations de pompage ..........................................................
Les ouvrages hydrauliques .........................................................
47
48
56
60
Critères d’appréciation économique ................................................ 62
Les investissements ................................................................. 62
Les coûts de production............................................................. 66
Le marché ............................................................................ 68
SECTION 2 : AIDE MÉMOIRE DE FAISABILITÉ
71
Informations techniques .............................................................. 72
Informations économiques ........................................................... 74
SECTION 3 : ÉQUIPEMENTS ET FOURNISSEURS
Le pompage ...........................................................................
Les aérateurs ..........................................................................
Les filtres et la stérilisation UV........................................................
La glace ................................................................................
77
77
79
81
83
ANNEXES
Adresses de quelques fournisseurs ................................................
86
Bibliographie ........................................................................... 92
4
SECTION 1
Notions d’aquaculture
La crevetticulture dans le monde
Avec environ 750.000 tonnes de crevettes produites annuellement, les élevages aquacoles fournissent 20 à 25% de la production mondiale de crevettes de mer. Plus de cinquante pays,
essentiellement en zone tropicale, sont impliqués dans cette
activité. Le continent asiatique produit à lui tout seul plus de
75% des crevettes commercialisées dans le monde, le reste étant
fourni en grande partie par l’Amérique latine.
Parmi les cinq premiers pays producteurs on relève quatre pays
d’Asie, à savoir la Thaïlande, l’Indonésie, la Chine et l’Inde.
L’Équateur est le plus grand producteur d’Amérique Latine et le
second producteur mondial. A l’exception de Madagascar,
l’Afrique reste le grand absent du développement aquacole malgré des potentialités reconnues en Afrique de l’ouest et de l’est.
On peut citer le Mozambique et la Tanzanie pour la côte est et la
Guinée Conakry et le Sénégal pour la côte ouest.
L’élevage de la crevette est une activité récente qui a connu un
" boom " extraordinaire au cours de la dernière décennie en passant de 200 000 tonnes en 1985 à plus de 820 000 tonnes en 1999.
La crevetticulture moderne ne concerne qu’un nombre limité
d’espèces dont plus particulièrement :
- Penaeus monodon (black ou giant tiger) en Asie
- Penaeus Vannamei (white shrimp western) en Amérique latine.
5
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
La crevetticulture dans le monde
D’autres espèces telles que Penaeus Styli Rostris (western
blue shrimp) et Penaeus Indicus (Asia white shrimp) peuvent
être utilisées en fonction de contextes particuliers.
Historiquement, une aquaculture extensive traditionnelle
existe depuis longtemps en Asie du sud-est, mais l’aquaculture moderne semi-intensive et intensive s’est véritablement
développée depuis les années 80. Cependant dès 1988 l’activité a rencontré de grosses difficultés liées :
- à l’apparition de maladies d’origine virale,
- à une dégradation des conditions environnementales.
La production de Taïwan est ainsi passée de 100 000 tonnes à
moins de 20 000 tonnes en une année. Cette chute préfigurait
d’autres crises du même ordre, observées par la suite en
Chine et en Thaïlande, pour ne citer que les plus importantes.
Depuis 1995, le développement de la crevetticulture connaît
donc un ralentissement en Asie et en Amérique latine. Dans
ce contexte, le marché mondial de la crevette tend malgré
tout à se développer et la demande reste globalement supérieure à l’offre.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Les choix techniques
La réalisation d’un projet d’aquaculture de crevettes est fonction
en premier lieu du choix d’un site puis de certains choix techniques. Ces choix techniques sont dans l’ordre :
- la sélection de l’espèce à cultiver,
- la méthode d’élevage retenue.
La sélection d’un site
Les critères de sélection peuvent se classer en deux catégories :
- ceux liés aux conditions possibles de fonctionnement,
- ceux liés aux possibilités d’aménagements.
Bien que seuls les derniers critères soient théoriquement à
considérer dans le cadre de ce guide, il y a lieu d’examiner comment les critères de la première catégorie peuvent influer sur les
conditions d’aménagement. C’est ainsi que, notamment les critères économiques vont influer sur les coûts de construction et
donc sur les options techniques à retenir et que les conditions
logistiques vont influencer les choix constructifs.
Il en est de même de certains aspects qualitatifs (climatologie,
qualité des sols et de l’eau …) qui, bien que n’étant pas directement en relation avec les contraintes de construction, vont intervenir indirectement dans les problèmes de réalisation.
Critères climatiques
La température de l’air
L’optimum thermique se situe autour de 30°C sachant que les
conditions les plus favorables correspondent aux climats à
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
faibles variations thermiques à la fois journalières et saisonnières. Un climat de type équatorial est donc théoriquement
idéal. Toutefois des différences notables peuvent apparaître
suivant les zones géographiques notamment entre les côtes
exposées aux pluies et aux vents par rapport à celles qui en
sont protégées.
La pluviométrie
Comme pour la température, une pluviométrie régulière mais
modérée avec une courte saison sèche est préférable à un climat trop contrasté. En ce qui concerne les aménagements
aquacoles, les conditions pluviométriques sont à prendre en
compte lors des travaux d’aménagement et pour la conception de certaines infrastructures. Les travaux ne peuvent se
faire que lorsque les conditions le permettent, c’est-à-dire
lorsque les terrains sont accessibles.
Des pluies importantes peuvent provoquer des dégradations
au niveau des digues par ruissellement et érosion. Le travail
sur une ferme est également rendu difficile voir quasiment
impossible quand les digues ne sont plus accessibles à des
engins de transport et de manutention. Une période sèche est
nécessaire afin d’assécher les bassins une fois dans l’année.
Les dessalures entraînées par une forte pluviosité ne sont pas
vraiment un handicap au niveau d’une ferme de grossissement. Par contre ce sera un critère négatif pour une écloserie
qui doit être située dans une zone à salinité constante dans
l’année.
Les vents
Des vents réguliers et modérés permettent une bonne oxygénation des bassins alors que des vents forts vont provoquer
des dégâts sur les digues qui nécessiteront des travaux de
maintenance importants. Les régions à cyclones sont à éviter
dans la mesure du possible. Sinon il faut concevoir des infrastructures qui limiteront les dégâts : bâtiments renforcés,
digues enrochées, brise-vagues et bonnes orientations des
bassins …
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Critères océanographiques et hydrobiologiques
Les courants
Les courants sont à examiner de près car ils peuvent perturber la stabilité des ouvrages de pompage notamment, par
érosion des berges dans les rivières ou les estuaires. Les courants de marée dominent l’hydrologie de la zone littorale. Ces
conditions seront à examiner en particulier sur chaque site
afin de bien orienter les rejets selon la position des stations
de pompage et en permettant un maximum de dilution dans
le milieu.
Certains sites localisés dans des zones d’estuaires sont sous
influence de cours d’eau importants. Ils peuvent avoir des
débits considérables en période de crue et aussi charrier des
quantités importantes de particules terrigènes (latéritiques)
qui sédimentent ensuite dans les canaux et bassins.
L’amplitude des marées
Ce facteur est très important en particulier pour les élevages
de type extensif qui utilisent les marées pour le renouvellement des bassins. Un marnage important va faciliter les
vidanges des bassins mais en contrepartie, une forte amplitude va limiter les possibilitées de temps de pompage sur des
sites peu profonds. Une amplitude importante en période de
vives eaux va également entraîner des possibilités d’inondation d’un site. Les infrastructures devront être étudiées et
conçues en conséquence.
La salinité
Le grossissement des crevettes et la productivité naturelle
sont conditionnés pour une grande part par la salinité des
eaux d’élevage. Il est admis que des salinités de 15 à 25‰
sont favorables à l’élevage des crevettes, mais des salinités
inférieures ou supérieures sont en réalité tout à fait admissibles à condition de ne pas dépasser des extrêmes de l’ordre
de 5 à 40‰.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Par contre, une écloserie doit impérativement fonctionner
avec des conditions de salinité de type océanique comprise
entre 25 et 38‰. Il est donc assez rare de pouvoir construire
une écloserie près d’un site de ferme afin de s’affranchir des
risques de dessalures ou de pollution.
La température de l’eau
C’est le facteur de croissance le plus important. A titre
d’exemple, la croissance de P.monodon est deux fois plus
rapide à 30°C qu’à 25°C. Toutes les espèces de crevettes tropicales exigent une température minimale de 22°C. Les températures maximales ne doivent pas dépasser 34 à 36°C pour
éviter certains stress et surtout un taux d’oxygène dissous
trop bas.
Le pH
Le pH de l’eau est un indicateur de qualité de milieu qui permet d’apprécier la dynamique du système marin et aussi la
productivité naturelle. En condition marine, le pH est stable
mais il peut varier en zone estuarienne en fonction d’autres
paramètres tels que la salinité et la température. Dans les
bassins, il doit être maintenu entre 7.5 et 8.5.
L’oxygène
L’oxygène dissous doit être toujours le plus proche possible
de la saturation dans le milieu naturel. Elle subit de fortes
fluctuations dans les bassins en fonction du niveau de
consommation ou de production par le phytoplancton. C’est
l’un des paramètres les plus importants en cours d’élevage.
Autres
D’autres facteurs sont déterminants dans le choix d’un site en
terme de qualité d’eau, comme les risques de pollution. La
présence de métaux lourds, de pesticides ou insecticides est,
parmi les critères de sélection, un facteur d’élimination directe. Des situations particulières comme la présence de rejets
industriels ou humains ou d’une agriculture intensive utilisant de grandes quantités de fertilisants voire d’une aquaculture intensive très développée peuvent avoir un impact fort
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
sur la qualité de l’environnement aquatique et donc sur les
élevages (effet d’eutrophisation, marées rouges …).
Les principales normes de qualité de l’eau de mer pour l’élevage des crevettes pénéides sont résumées dans le tableau
suivant :
Tableau n°1 : Normes de qualité d’eau de mer pour les élevages de crevettes
Paramètres
Unités
Tolérance
Optimum
°C
‰
% de saturation
ppm FTU
20 – 36
0 – 40
6.5 – 9.5
50 – 110
< 15
30
33
8.2
100
traces
Chimiques :
ammonium
nitrite
nitrate
phosphate
silicate
mg/l
"
"
"
"
< 0.1
<5
< 10
<5
< 100
Traces
"
"
"
"
Métaux lourds :
mercure
plomb
cadmium
cuivre
zinc
mg/l
"
"
"
"
< 0.1
<5
< 10
<5
< 100
Traces
"
"
"
"
Agents toxiques :
pesticides
organochlorés
heptachloride
aldrine
DDT
mg/l
"
"
"
"
< 50
< 50
< 80
< 80
<6
0
0
0
0
0
Hydrocarbures (PCA)
mg/l
< 10
0
Physiques :
températures
salinités
pH
oxygène dissous
matières en suspension
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Critères topographiques
La configuration générale des sites doit être étudiée soigneusement, en particulier dans le cas des grandes fermes, car il
n’est possible de développer de grands projets que sur des
zones parfaitement planes sous peine de faire supporter au
projet des surcoûts liés à la distribution par canaux de l’eau
d’élevage (digues très élevées)
Le niveau topographique par exemple va permettre de définir
les niveaux de fonds de bassins mais il conditionne aussi la
disponibilité en matériaux de construction.
Les zones salées et nues d’arrière mangrove, situées à la limite supérieure de la zone intertidale, constituent des zones
d’aménagement privilégiées. Ces terrains, appelés " tannes "
en Afrique et " salitrales " en Amérique du Sud conviennent
généralement très bien aux infrastructures aquacoles. Les
tannes ont des sols généralement limono-argileux ou argilosableux, avec un potentiel acide très largement inférieur aux
sols de mangrove. Néanmoins tous les tannes ne sont pas au
même niveau topographique et ne sont donc pas tous utilisables sans vérification préalable.
En théorie, les plaines côtières situées en arrière des tannes
et au-dessus du niveau des hautes mers, peuvent convenir à
la réalisation des fermes aquacoles sous réserve de la qualité
des sols et de la topographie. Toutefois, ces zones sont souvent couvertes de forêts ou occupées par une activité agricole plus ou moins extensive (rizières, salines …). Leur mise en
valeur ne doit donc pas être envisagée sans avoir réalisé au
préalable une étude d’impact détaillée et en concertation
avec les populations locales.
Les conditions topographiques et bathymétriques
L’étude des cartes et des photos aériennes disponibles permet d’apprécier globalement la topographie d’un site. Ces
informations seront recoupées lors des missions de terrains
qui permettront de situer le niveau des marées.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Il est conseillé, dès le niveau de l’étude de faisabilité ou de
l’avant-projet sommaire (APS) d’effectuer un relevé topographique par une équipe de géomètres professionnels. Ce relevé permettra :
- une évaluation précise de la surface utilisable,
- une bonne corrélation avec le niveau des marées,
- une première approche du plan d’aménagement (plan de
masse),
- une évaluation sommaire des volumes de terrassement.
Ce relevé topographique aura une échelle de 1/5000ème qui
sera ensuite ramenée au 1/1000ème pour l’établissement des
plans d’exécutions ou de détails et le calcul précis des
volumes de terrassements. Certains relevés pourront demander une échelle de 1/500ème comme l’implantation de la station de pompage ou certains ouvrages hydrauliques.
La bathymétrie est également indispensable à la définition de
l’emplacement de la station de pompage. Des profils en longs
jusqu’aux points identifiés pour l’implantation de la station
de pompage devront être effectués. Des prélèvements de
sédiments par plongée sont souvent riches d’enseignements
sur la nature des fonds.
Pour la réalisation d’écloserie, le relevé topographique est
beaucoup moins exigeant car les surfaces exploitées sont nettement plus faibles que sur les fermes d’élevages. Le choix
d’un site d’écloserie se porte généralement sur des terrains de
niveau assez élevés. La prise d’eau de mer est par contre un
élément de très grande importance dans la réussite ou l’échec
de l’écloserie. Elle devra être située à une profondeur suffisante pour pouvoir fonctionner si possible 24h sur 24 et en
dehors des turbulences créées par les vagues.
Caractéristiques des sols
La pédologie donne des informations précises sur la texture
des sols mais aussi sur les aspects chimiques . Ces informa13
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
tions sont importantes pour émettre un jugement sur la qualité ou l’intérêt d’un site aquacole. Une étude pédologique
détaillée est indispensable avant la réalisation d’un projet.
Les sols se classent en cinq catégories suivant leur granulométrie.
Tableau n°2 : Classes texturales des sols (USDA)
Texture du sol : en pourcentages, poids sec (source FAO – Le sol)
Texture générale
Sable
Limon (silt)
Argile
86 – 100
70 - 86
0 – 14
0 - 30
0 – 10
0 - 15
1. Sable
2. Sable limoneux
Sols limoneux
(texture modérément grossière)
50 - 70
0 - 50
0 - 20
3. Limon sableux
Sols limoneux
(texture moyenne)
23 – 52
20 – 50
0 - 20
28 – 50
74 – 88
88 - 100
7 – 27
0 – 27
0 - 12
4. Limon
5. Limon silteu
6. Limon très fin (silt)
Sols limoneux
(texture modérément fine)
20 – 45
45 – 80
0 - 20
15 – 52
0 – 28
40 - 73
27 – 40
20 – 35
27 - 40
7. Limon argileux
8. Limon sableux-argileux
9. Limon silto-argileux
Sols argileux
(texture fine)
45 – 65
0 – 20
0 - 45
0 – 20
40 – 60
0 - 40
35 – 55
40 – 60
40 - 100
10. Argile sableuse
11. Argile silteuse
12. Argile
Sols sableux
(texture grossière )
Classe texturale
Sable
Les matériaux sableux sont particulièrement drainants et présentent une forte perméabilité qui les rend peu compatibles
pour la construction des bassins. Il est toutefois possible de
construire des bassins dans des terrains sableux en utilisant
des procédés d’étanchéification (liner, béton….) mais ces
procédés impliquent des surcoûts assez élevés qui ne pourront pas être rentabilisés dans des schémas d’élevages standards. Ces systèmes ne sont applicables que sur des schémas
d’élevages très intensifiés.
Limons
La granulométrie des limons se trouve comprise entre celle
du sable et de l’argile (de l’ordre de dix microns). Les limons
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
sont relativement peu perméables, ils ne présentent pas de
fissures lorsqu’ils sont secs et ils sont bien moins difficiles à
travailler que les argiles. Lorsqu’ils sont dépourvus d’argile,
ils présentent dans ce cas une cohérence faible peu adaptée
à la réalisation d’ouvrage en terre.
Argiles
Les argiles non organiques sont composées principalement
de particules très fines (moins de deux microns). Ces sols
sont rarement purs et peuvent contenir des particules de
sable ou de limons dans des proportions variables. Par
ailleurs, les argiles organiques peuvent contenir un pourcentage parfois élevé de matière organique surtout lorsqu’il
s’agit d’anciens sols de mangrove ou de site de mangrove
nouvellement défriché.
Le problème de l’argile assez pur est donc qu’il peut être très
difficile à travailler lorsqu’il est humide (problème de saison
des pluies) et par contre très dur et peu compactable lorsqu’il
est sec.
L’idéal dans la construction des bassins et des digues est
donc de travailler avec un terrain assez argileux mais comprenant un pourcentage de limon ou de sable compris entre
20 et 30%).
Nous voyons bien ainsi que dans le tableau n° 2 de classification des textures de sols, il convient de sélectionner
des sols de classe 8 à 11 avec une préférence pour les
sols 9 et 10.
DParticularités des sols de mangrove
Ce type de sol ne convient pas pour l’élevage des crevettes
même si les mangroves ont pendant longtemps servi à ce
type de production. Les déforestations qui ont été réalisées
pour y construire à la place des bassins, ont été la source de
problèmes d’élevage et bien entendu de graves atteintes à
l’environnement.
D’un point de vue qualité des sols, les sols de mangroves ont
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
un pH acide pouvant atteindre 3 ou 4. Cette acidité correspond à une forte proportion de sulfates acides, les sulfates
provenant de l’oxydation des sulfures de fer appelées aussi
pyrites. Ces sols sont reconnaissables à la présence de traînées de couleurs jaune et rouge.
Contraintes logistiques
Les facteurs logistiques présentent une importance capitale
dans la sélection d’un site de ferme ou d’écloserie. Dans de
nombreux pays de la zone équatoriale, les manques ou
absences d’infrastructures peuvent grever lourdement le coût
d’un projet. Suivant la taille du projet (artisanal, semi-industriel ou industriel), les contraintes ne seront pas les même, il
appartient donc au promoteur de bien cibler son projet et de
définir clairement ses objectifs de production en fonction des
moyens financiers dont il disposera.
Accessibilité
Ce facteur est important mais il est aussi facile à apprécier
selon :
- la proximité et l’état des routes (praticables ou non suivant
la saison),
- les conditions d’accès par la mer.
Suivant l’intérêt d’un site donné il pourra être nécessaire de
construire une piste d’accès. Par ailleurs, la nécessité de
transporter les équipements, personnels et intrants par voie
maritime sera une contrainte très fréquente en crevetticulture. Les grandes fermes aquacoles doivent s’équiper dans certains cas de leur propre piste d’atterrissage.
Infrastructures existantes
Les sites sélectionnés sont généralement éloignés de toute
source d’alimentation électrique, de réseau d’eau douce et de
lignes téléphoniques. Tous ces éléments ont un coût qu’il ne
faudra pas sous-estimer au niveau des études préliminaires
du projet.
La disponibilité d’eau douce devra être plus particulièrement
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
étudiée soit par forage soit par captage. La ou les base(s) vie
sont de grandes consommatrices d’eau ainsi que l’usine de
conditionnement.
Main d’œuvre locale
La proximité de villages ou d’agglomérations est fortement
souhaitable même si cela impose le plus souvent de prendre
des mesures de sécurité et de surveillance des installations.
Sous réserve d’éviter les conflits d’ordre socio-économiques,
la population locale pourra être employée sur la ferme et
accéder ainsi à une amélioration de ses revenus.
Si le site est très isolé, il faudra faire venir tout ou partie du
personnel qu’il sera nécessaire de faire vivre sur le site. Dans
le cas de grands projets aquacoles, la population s’installe
d’elle-même à proximité et crée un village de toute pièce.
Dans ces cas-là, il faut veiller à l’équilibre entre les populations déjà sur place et les migrants afin d’éviter tous les
conflits liés à l’utilisation de la terre.
La création d’un projet aquacole de taille industrielle impose
souvent au promoteur la prise en charge d’infrastructures
utiles pour la population locale telles que :
- piste d’accès,
- alimentation en eau douce,
- électrification,
- dispensaire, école …
L’intérêt de bénéficier d’un centre urbain proche est évident.
On citera port, aéroport, distributeurs d’équipements et de
pièces détachées, maintenance, usine d’aliment, stockage frigorifique, usine de conditionnement ….
Aspects fonciers
Le promoteur doit se préoccuper des conditions d’accès au
site sans interférer de manière notable sur les us et coutumes
en pratique localement. L’existence de sites préservés, de
parcs naturels, de sites historiques et religieux doit être analysée avec prudence et être intégrée lors de l’étude d’impact
du projet.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Le choix de l’espèce
Le choix de l’espèce de crevettes est guidé par de nombreux
critères, certains sont d’ordre purement biologiques (mode
de reproduction, nombre d’œufs pondus …) d’autres sont des
données propres à l’espèce dans les conditions spécifiques
d’élevage (vitesse de croissance, survie, besoins nutritionnels, poids moyen …). Il est également essentiel que le
" savoir- faire " zootechnique pour l’espèce retenue ait atteint
un niveau suffisant de fiabilité pour envisager la réalisation
de projets industriels.
Il est bien évident que ce choix est également dicté par la
zone géographique où se trouve le projet et, par la présence
éventuelle d’une espèce intéressante dans la zone retenue.
Il est cependant possible aujourd’hui d’envisager des élevages de crevettes dans des régions favorables où une espèce
retenue n’est pas présente. Dans ce cas, il convient d’introduire l’espèce souhaitée et de réaliser des élevages de géniteurs en captivité. Cette possibilité présente bien évidemment des risques dans la mesure où une perte du stock de
géniteurs peut entraîner un arrêt de la production. D’autre
part, il faut tenir compte des impacts éventuels sur les stocks
naturels en cas de fuites d’animaux des bassins vers la mer et
également des importations accidentelles de maladies et
virus avec des animaux contaminés. Dans tous les cas, il
convient de se renseigner auprès des institutions gouvernementales afin de connaître la législation sur les importations
d’animaux.
L’élevage des crevettes repose avant toute chose sur la maîtrise de l’ensemencement des bassins avec post-larves en
quantité suffisante et surtout de bonnes qualités. Pour assurer cet ensemencement, plusieurs solutions sont possibles :
- collecte de post-larves dans le milieu naturel,
- production dans une écloserie,
- importation à partir d’une écloserie étrangère.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
Collecte de post-larves
La collecte est une méthode largement utilisée dans de nombreux pays d’Amérique latine et dans le continent Indien
(P.vanamei et P.indicus respectivement). Cette méthode présente l’avantage de fournir des post-larves généralement bon
marché et résistantes. Elle a souvent la faveur des éleveurs
qui trouvent que ces post-larves sont plus performantes que
celles en provenance des écloseries. Toutefois, les inconvénients majeurs de cette méthode sont une saisonnalité marquée qui ne permet la collecte qu’une partie de l’année et
également un risque de manque de post-larves en fonction de
la demande et de l’offre dans la zone concernée.
Production dans une écloserie
La production dans une écloserie est une garantie de régularité tout au long de l’année sans tenir compte des effets des
saisons. Les avantages sont multiples en terme de quantité
fournie, homogénéité des lots, adaptation aux conditions des
bassins (salinité, température) et prix moyen assez stable.
Les inconvénients proviennent principalement des maladies
que peuvent avoir et transmettre ces post-larves. La responsabilité des producteurs de post-larves est importante mais
pas toujours réelle dans les faits. Souvent les post-larves sont
de petites tailles car vendues le plus jeune possible et donc
sujettes à des risques de mortalité importantes dès leur ensemencement dans les bassins. Il appartient alors à l’éleveur de
contrôler ses approvisionnements de post-larves et aussi de
demander des garanties auprès de l’écloserie.
Importation de post-larves
Cette méthode pourra être une solution lorsqu’il s‘agit de
démarrer une phase pilote ou expérimentale dans une zone
ou un pays qui ne dispose pas d’écloserie. Il conviendra de
s’assurer au préalable de la parfaite condition sanitaire des
post-larves produites sous peine d’importer des animaux por19
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
teurs de maladies et virus. Les institutions gouvernementales
responsables sont souvent réticentes, voire plus, à cette solution. Le transport des post-larves par avion est un élément à
ne pas négliger car il augmente le coût de ces post-larves
d’une façon importante.
Les caractéristiques et performances des principales espèces
de crevettes sont résumées dans le tableau suivant :
Tableau n°3 : Caractéristiques de quelques espèces en élevage
Espèce
Gamme de
Résistance
Taux de
température
aux
protéines
favorable
manipulations
dans
l’aliment
Filière
d’élevage
PM * atteint Inconvénients
après 150 j
depuis 1 g
P.monodon
25 – 32°C
Bonne
35 – 41%
Extensif
Semi-int.
Intensif
30 – 100g
25 – 35g
20 – 30g
Nécessite un
bon aliment
P.vannamei
24 – 32°C
Moyenne
30 – 35%
Extensif
Semi-int.
Intensif
30 – 35g
15 – 22g
15 – 20g
Taille moyenne
P.indicus
22 – 32°C
Moyenne
35 – 38%
Extensif
Semi-int.
Intensif
20 – 30g
12 – 15g
8 – 11g
Taille petite
P.stylirostris
20 – 30°C
Médiocre
30 – 35%
Extensif
Semi-int.
Intensif
30 – 40g
20 – 30g
15 – 20g
Sensible aux
conditions de
t°C
PM* : poids moyen en gramme
Les grandes répartitions naturelles de ces espèces sont les
suivantes :
- P.monodon : Asie, pacifique, océan indien et Afrique de l’est,
- P.vannamei : Amérique latine et centrale,
- P.indicus : Asie, océan indien et Afrique de l’est,
- P.stylirostris : Amérique latine et centrale.
Toutefois, des introductions d’espèces ont été réalisées ces
dernières années afin de pallier les manques d’espèces inté20
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
ressantes dans une zone donnée ou bien pour remplacer une
espèce rendue impossible à cultiver en raison de maladies ou
virus. On peu citer quelques exemples :
- P.vannamei en Afrique de l’ouest et en Asie,
- P.monodon en Afrique de l’ouest,
- P.stylirostris dans le pacifique.
Le choix des méthodes d’élevage
On rappellera rapidement les distinctions entre les techniques de productions possibles. A différentes densités d’animaux correspond en effet une technique (ou une filière) particulière. Ces trois méthodes d’élevages sont : l’extensif, le
semi-intensif et l’intensif.
- l’extensif se pratique en bassin alimenté par la marée, avec
un renouvellement d’eau limité et surtout très ponctuel. Les
densités d’ensemencements sont de 0,5 à 1 crevette par m2.
Il n’y a pas d’apport d’aliment composé puisque la productivité naturelle sert de nourriture aux crevettes. Cette productivité peut être améliorée en apportant des engrais de types
organiques ou inorganiques. Les productions sont de l’ordre
de 0,1 à 0,5 tonne par hectare et par an. Les animaux sont de
tailles généralement élevées.
Les bassins sont généralement de très grandes tailles (>10
ha) mais des fermes artisanales de très petites dimensions
ont souvent été développées avec succès notamment en Asie.
- le semi-intensif est dérivé des techniques développées en
Amérique latine. L’élevage se pratique en bassins en terre de
grandes dimensions (plusieurs hectares), alimentés quotidiennement par un chenal d’alimentation d’eau de mer luimême connecté à une station de pompage. Les renouvellements d’eau journaliers atteignent 15 à 20% du volume total
d’un bassin (superficie comprise entre 2 et 10 ha).
Les densités d’élevages varient de 5 à 15 crevettes par m2 en
21
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
fonction des conditions environnementales. Les crevettes
reçoivent une alimentation complémentaire sous forme de
granulé spécifiquement adapté à leur besoins nutritionnels.
Les rendements se situent entre 2 et 4 tonnes par hectare et
par an et le poids des crevettes va de 15 à 35g.
Les limites du système sont en grande partie liées aux possibilités de changement d’eau et par conséquent au maintien
d’un milieu le plus adapté aux animaux (oxygène, pH …).
Dans certains cas, cette technique peut être légèrement intensifiée par l’installation de systèmes d’aération en milieu et fin
d’élevage. Les aérateurs sont de types " paddle wheels " ou à
injection d’air. On parle alors de semi-intensif amélioré. Les
densités sont de 15 à 40 par m2 suivant la puissance installée
de l’aération (en général de 5 à 10 cv par hectare). Les bassins
sont de tailles plus réduites (entre 2 et 4 ha) qu’en semiintensif afin de mieux contrôler les renouvellements d’eau.
Les rendements attendus sont de 6 à 12 tonnes par hectare et
par an.
- l’intensif est une méthode d’élevage plus sophistiquée qui
repose sur un parfait contrôle des conditions d’élevage et en
particulier des paramètres physico-chimiques de l’eau.
L’alimentation en eau est importante, elle doit permettre des
changements d’eau de 25 à 40% du volume total d’un bassin
quotidiennement soit un minimum de 20% de toute la ferme
chaque jour. Afin de pallier les déficits d’oxygène, des aérateurs sont installés en permanence dans les bassins, les puissances installées sont de 10 à 20 cv par hectare.
Les densités d’ensemencement vont de 15 à 50 animaux par
m2 (voir >100/m2 dans des systèmes hyper-intensifiés), les
rendements sont compris entre 10 et 20 tonnes par hectare et
par an. Les tailles de crevettes obtenues sont plus petites, de
15 à 20g suivant les espèces.
La superficie des bassins est comprise entre 0,1 et 1 hectare
afin de contrôler efficacement les renouvellements et le brassage de l’eau. Des techniques très élaborées ont été testées
22
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les choix techniques
avec utilisation de géomembrane ou " liner " afin de permettre un nettoyage très efficace du bassin entre deux élevages et aussi pour isoler le bassin de contamination possible
venant du sol ou de l’environnement.
C’est une méthode d’élevage largement répandue en Asie du
sud-est avec P.monodon depuis plus de vingt ans ainsi qu’en
Amérique latine avec P.vanamei. Cette technique est aujourd’hui très controversée compte tenu de son impact souvent
négatif sur l’environnement. Elle nécessite, par ailleurs, une
grande maîtrise des paramètres d’élevage et présente des
risques sanitaires importants comme ceux rencontrés ces dernières années par des pays comme Taïwan, la Thaïlande,
l’Indonésie et la Chine.
Tableau n°4 : Les différentes méthodes d’élevage
Technique
Densité d’élevage
(crevette/m2)
Taille des bassins Rendement final
(hectare)
(tonne/ha/an)
Aération (cv/ha)
Extensif
0,5 à 1
0,5 à 20
0,1 à 0,5
Non
Semi-intensif
5 à 15
2 à 10
2à4
Non
Semi-intensif
amélioré
15 à 40
2à4
6 à 12
5 à 10
Intensif
15 à 50
0,1 à 1
10 à 20
10 à 20
Hyper-intensif
50 à100
0,1 à 0,5
20 à 40
>20
23
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Les étapes de l’élevage
L’élevage de crevettes est réalisé en trois étapes distinctes :
- l’écloserie – nurserie,
- le pré-grossissement,
- le grossissement.
L’écloserie - nurserie
C’est la phase de reproduction des géniteurs et de production
des post-larves qui serviront à ensemencer les bassins. Il
s’agit d’un ensemble d’unités ayant une fonction propre et
devant nécessairement fonctionner de manière synchrone
pour que la production de post-larves soit fiable et régulière.
Cet ensemble se compose :
- de bassins de stockage de géniteurs,
- d’une zone maturation,
- d’une salle de ponte et d’éclosion,
- de l’unité regroupant les élevages larvaires (de nauplii à
post-larves 5),
- d’une salle de production d’algues unicellulaires,
- d’une unité de production de nauplii d’artemia,
- d’une nurserie extérieure permettant de produire des postlarves de 10 à 20 jours,
- d’un ensemble de laboratoires de contrôle et d’analyses,
- de locaux techniques.
Les caractéristiques d’élevages
Des normes moyennes peuvent être retenues pour les quatre
espèces les plus souvent utilisées (P.mondodon, P.vannamei,
P.indicus et P.stylirostris) même si des particularités interviennent à telles ou telles étapes suivant l’espèce.
24
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Élevage larvaire
– nourrissage
des larves.
Bassins de stockage de géniteurs :
- bassin en terre ou en liner plastique de 500 à 200 m2,
- densité de 0,5 à 1/m2,
- profondeur supérieure à 1,50 m,
- alimentation : granulé spécial à 45% de protéines et aliments
frais,
- renouvellement d’eau > 50%/jour.
Production de nauplii :
- salle de maturation à lumière fortement réduite, photopériode éventuelle,
- bac circulaire de 3,5 à 4 m de diamètre, hauteur d’eau 80 cm,
- biomasse des géniteurs en bac de maturation : 350 à 400 g/m2,
- sex-ratio : 1 mâle pour 1 femelle,
- renouvellement d’eau > 200%/jour,
- eau de mer filtrée à 5 microns,
- alimentation fraîche exclusivement.
25
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Pondoir : 1 femelle par pondoir de 250 L, eau de mer filtrée à
1 micron,
- quantité d’œufs comprise entre 100 et 800 000,
- éclosion de 60% en moyenne.
Production de post-larves PL5 :
- unité de bacs cylindro-coniques ou en U de 2 à 15 m3,
- lumière naturelle le jour et électrique la nuit,
- densité d’ensemencement : 150 à 200 nauplii /L,
- pas ou peu de renouvellement d’eau avant le stade postlarve 1,
- alimentation :
- algues unicellulaires de zoé 1 à post-larves,
- nauplii d’artemia de zoé 3 à post-larves 5,
- microparticules de zoé 1 à post-larves 5.
- traitements antibiotiques en préventif et antifongique,
- survie de 60% entre nauplii et PL5,
- eau de mer filtrée à 5 microns.
Nurserie de PL5 à PL10 – PL15 :
- bac circulaire ou rectangulaire de 25 à 50 m3 situé à l’extérieur ou sous serre,
- densité de 40 PL5 par litre,
- alimentation par flakes, artemia et poudre de granulé,
- renouvellement d’eau de mer de 15 à 30%/jour,
- eau de mer filtrée à 25 microns par filtre à sable,
- survie de 80% en moyenne à PL15.
La séquence de fonctionnement de l’écloserie est basée sur
une alternance de périodes de production et de vides sanitaires. Son principe repose sur des mesures de prophylaxie
très rigoureuses. La production larvaire annuelle peut varier
en fonction des besoins d’une ferme et des ventes complémentaires.
Mais avant tout, c’est l’apparition de problèmes bactériologiques qui dicte la fin d’un cycle de production. Un suivi bactériologique est effectué quotidiennement dans les diffé26
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Bassins
nurserie
sous serre.
rentes unités de l’écloserie afin de suivre l’évolution des
souches bactériennes et ainsi de les traiter en fonction de leur
résistance aux antibiotiques. Lorsque les doses préventives
ne suffisent plus à contenir les quantités de bactéries, le passage à des doses supérieures entraîne généralement une
résistance des souches aux antibiotiques. Le remède est alors
pire que le mal, l’unique solution est d’arrêter la production
avant d’atteindre ce seuil.
Exemple de cycle de production en écloserie
jour 1
: entrée des reproducteurs en maturation, ablation de l’œil,
jour 6
: premières pontes,
jours 6 à 10
: remplissage des bacs larvaires (suivant le nombre de bacs et
de pontes),
jours 21 à 24
: remplissage de la nurserie,
jours 30 à 34
: sortie nurserie et expédition vers les bassins
vide sanitaire de 15 jours avant de redémarrer un nouveau cycle de production.
27
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
La durée totale d’un cycle est donc de 35 à 45 jours, cela permet théoriquement un fonctionnement de l’écloserie basé sur
9 cycles par an. Dans certains cas, les productions en élevage
larvaire et nurserie peuvent être doublées ce qui revient à
faire des cycles de 50 jours et donc 6 productions annuelles.
Dans ce schéma de production il faut renouveler le stock de
géniteurs en maturation et apporter un soin méticuleux aux
suivis bactériologiques des élevages.
Tableau n°5 : Dimensionnement d’une écloserie suivant la production attendue
Désignation
Petite
Moyenne
Grande
Env. 5 millions de
PL15/an
Env. 20 millions de
PL15/an
Env. 80 millions de
PL15/an
Bassins géniteurs
1 de 200 m3
2 de 250 m3
4 de 400 m3
Bacs de maturation
1 de 10 m3
2 de 10 m3
6 de 10 m3
Bacs pondoirs
4 de 250 l
8 de 250 l
15 de 250 l
4 cylindroconique de
2 m3
4 en U de 12 m3
8 en U de 12 m3
Bacs artemia
4 de 150 l
4 de 500 l
8 de 1 m3
Bassins de nurserie
2 de 30 m3
4 de 30 m3
6 de 40 m3
Bacs d’élevage larvaire
Les élevages de géniteurs
La production d’œufs pour le démarrage d’un cycle en écloserie, passe le plus souvent par la collecte de géniteurs
femelles directement en mer à bord de bateaux de pêches.
Ces femelles sont soit mises à pondre directement à bord du
28
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
bateau soit rapportées à terre et transférées dans les bacs de
maturation ou de pontes. Cette phase va consister alors à les
faire pondre dès leur réception en écloserie. Seules les
femelles sont collectées et gardées en bacs de pontes.
Une autre étape dans la maîtrise d’un stock de géniteurs
consiste à approvisionner des mâles et des femelles non
matures et des les mettre en conditions de reproduction en
bacs de maturation. Cette méthode est largement utilisée sur
différentes espèces et elle permet de conserver un stock de
géniteurs pendant plusieurs semaines, le temps de remplir un
ou deux cycles de production. A la fin du cycle, les femelles
sont souvent éliminées car elles ont dû être épédonculées
(ablation d’un œil) pour induire le processus de maturation.
Pour cette filière, on utilise généralement des bassins extérieurs de petites dimensions et proches de l’écloserie afin de
garder un stock d’avances de géniteurs.
La dernière filière possible et la plus récente, consiste à produire les géniteurs dans des infrastructures spécifiques. Il
s’agit de petites fermes ayant des bassins de quelques milliers de m2 et situées à proximité, si possible, de l’écloserie.
La technique consiste à sélectionner un lot de post-larves
saines et à les élever dans les bassins par étapes successives
jusqu’à la taille de reproduction. Les bassins peuvent être des
bassins en terre mais les plus adéquats sont équipés de géomembrane " liner " en plastique pour éviter toute contamination avec l’environnement et pour procéder à des nettoyages
complets entre deux productions. Les lots de géniteurs peuvent être suivis et contrôlés tout au long de leur phase de
grossissement et ainsi être amenés jusqu’au stade de reproduction.
Il faut, selon les espèces, de 10 à 14 mois pour obtenir des animaux de tailles convenables. Les densités d’élevages sont inférieures à 0,5 par m2 lors de la phase finale de grossissement.
29
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Expédition de post-larves
Les post-larves qui sortent d’une écloserie après la phase de
nurserie, sont âgées de 10 à 20 jours et pèsent entre 5 et 20
mg. Le transport s’effectue de deux manières :
- en cuves aérées et transport par route,
- en sacs plastiques et transport aérien.
Le transport en cuves est pratiqué pour des trajets relativement courts et à des coûts plus bas que par avion. Un transport aérien et conditionnement en sacs plastiques s’imposent
dès que les distances entre l’écloserie et la ferme sont importantes (la charge en post-larves sera comprise entre 1 et
20g/litre d’eau suivant la durée et l’âge des PL). Les risques de
pertes par mortalité durant le transport sont inférieurs lors
d’expédition par sacs plastiques. Les survies sont souvent
supérieures à 95% lorsque le conditionnement est bien maîtrisé.
Bassin de
décantation
des rejets.
30
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Les bassins d’élevage
Les bassins de grossissement permettent d’élever les crevettes en provenance d’une écloserie et de les amener jusqu’à
la taille commerciale afin d’être vendues. La dimension d’une
ferme, qui comprend plusieurs bassins, dépend d’abord des
moyens financiers dont dispose le promoteur et ensuite du
site retenu. Quelque soit la superficie de la ferme, c’est un
ensemble de bassins en terre qui sont alimentés en eau de
mer par une station de pompage. Ces bassins sont disposés
de chaque côté d’un canal d’alimentation en eau de mer.
La méthode d’élevage comporte deux phases qui sont le prégrossissement et le grossissement. La première phase est
parfois supprimée suivant les méthodes d’élevages, les sites
et la taille de l’exploitation.
Le pré-grossissement
Il s’agit d’une étape de transition entre l’écloserie et la phase
de grossissement. Cette étape n’est pas indispensable, les
post-larves peuvent être directement ensemencées en bassin
de grossissement. Toutefois, cette phase d’élevage présente
certains avantages lorsqu’elle est pratiquée :
- les post-larves en provenance d’une écloserie sont ensemencées dans un volume où le contrôle de la survie pourra
être fait d’une manière plus rigoureuse car le bassin de prégrossissement est de taille réduite,
- l’alimentation est mieux répartie,
- les bassins de grossissement seront ensemencés avec un
nombre connu de juvéniles d’une taille comprise entre 0,5 et
1,5 g. A cette taille, la survie est bonne et le suivi dans le bassin est plus facile,
- la gestion de la ferme est plus efficace car le temps d’occupation des bassins de grossissement est réduit. Cela signifie
une rotation plus rapide des bassins et donc des rendements
à l’hectare et par an qui seront supérieurs.
31
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
La récolte et le transfert des juvéniles s’effectuent lorsque la
taille des crevettes est satisfaisante et le bassin de grossissement prêt à les recevoir. La récolte est faite, en une demie
journée, par vidange totale du bassin par l’ouvrage de sortie
d’eau. Un filet de mailles fines, sans nœud, est installé à l’extérieur. Les juvéniles sont entraînés par le courant sortant et
capturés dans le filet. Les crevettes sont pesées afin de
connaître la quantité (division du poids total par le poids
moyen à chaque pesée de 5 à 10 kg).
Le transport sur la ferme entre le bassin de pré-grossissement
et celui de grossissement doit être fait le plus rapidement
possible pour éviter le stress ou une mortalité excessive. Si
les deux bassins sont proches l’un de l’autre, le transfert se
fait à sec, sans eau de mer, dans un panier en maille plastique. Par contre, si les deux bassins sont éloignés, cas de
grandes fermes industrielles, le transfert va se faire avec des
moyens de locomotions tels que tracteur équipé de remorque
ou véhicule léger circulant sur les digues.
Le grossissement
C’est l’étape finale dans le processus d’élevage. Il s’effectue
en bassins de surfaces unitaires qui varient de 0,5 à 20 hectares suivant les techniques employées. L’alimentation en
eau se fait par des ouvrages d’entrées d’eau (appelés couramment " moine ") qui sont situés sur le canal d’alimentation. La
sortie de l’eau se fait par des ouvrages situés à l’opposé et qui
servent également d’ouvrages de récoltes.
Pendant la période de grossissement, qui peut durer de 3 à 7
mois, de nombreux paramètres sont à contrôler quotidiennement afin de surveiller l’évolution de la biomasse et aussi la
qualité de l’eau. Il ne s’agit pas dans ce document de présenter
un manuel d’élevage de crevettes mais seulement de décrire
les actions importantes qui se présentent lors de cette phase.
32
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
La qualité de l’eau
Plusieurs paramètres sont contrôlés quotidiennement et certains deux fois par jour dans le but de vérifier les seuils critiques qui interviennent le matin ou le soir. Les paramètres
contrôlés chaque jour sont les suivants :
- l’oxygène dissout,
- la température de l’eau,
- la salinité,
- le pH,
- la turbidité,
Paramètres contrôlés régulièrement :
- la concentration en composants azotés : ammoniaque,
nitrites et nitrates,
- la qualité et la quantité de phytoplancton et de zooplancton.
DLes renouvellements d’eau
Ils sont calculés en fonction de la biomasse de crevettes dans
le bassin et de plusieurs critères tels que l’oxygène dissout, la
qualité du phytoplancton, la turbidité …Le changement d’eau
est fait par l’ouvrage d’entrée d’eau en tête du bassin. Cet
ouvrage est équipé de grillages en plastique à mailles fines
afin de filtrer l’eau entrante pour éviter l’introduction de prédateurs dans le bassin : plus les crevettes sont petites, plus la
maille sera fine.
Tableau n°6 : Changement d’eau en fonction de la biomasse
Biomasse
kg/ha
20
500
1000
2000
3800
4800
5500
% par jour
1,0
2,0
3,0
6,0
10,0
20,0
25,0
DLes fertilisations
Pour favoriser le développement du phytoplancton dans un
bassin, il faut pratiquer des fertilisations qui sont soit organiques soit inorganiques.
33
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Les fertilisants organiques sont habituellement réservés aux
petites exploitations artisanales ou semi-industielles. Pour
des exploitations plus importantes, ce sont les engrais inorganiques qui sont utilisés.
Deux types de fertilisants organiques sont couramment utilisés en aquaculture : les lisiers ou fumiers d’animaux domestiques (bovins, ovins et volailles) et les déchets agricoles
comme la paille, la bagasse ou la paille de riz.
Avant d’utiliser ces sous-produits, il est important de s’assurer qu’ils ne proviennent pas d’élevage dans lesquels les animaux sont traités avec des produits dangereux ou prohibés
(pesticides, antibiotiques …) pouvant laisser des résidus
actifs dans les bassins et les animaux. Une fertilisation avec
des engrais organiques se fait à raison de 500 kg/ha au démarrage et qui sera poursuivie toutes les deux semaines par une
application de 200 à 300 kg/ha.
Les engrais inorganiques sont généralement de l’urée et du
TSP (triple superphosphate).
Tableau n°7 : Composition moyenne (%) des fertilisants inorganiques
Type d’engrais
N
P2O3
K2O
Urée
45%
0%
0%
Triple superphosphate
0%
46%
0%
L’alimentation
Les élevages de crevettes sont alimentés par des granulés
spécifiquement fabriqués dans ce but. Ils ont une composition qui varie suivant l’espèce et l’âge (ou le poids) de la crevette. Leur formulation est très élaborée et évolue constamment en fonction des recherches des grands laboratoires et
nutritionnistes des sociétés internationales.
34
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
En élevage extensif, la production naturelle joue un rôle suffisant pour permettre le développement d’une population
planctonique et benthique qui nourrira les crevettes. Mais
cette pratique a des limites qui sont atteintes dès que la densité est supérieure à 1/m3 ou la biomasse à 50g/m3. Lorsque
la production naturelle est insuffisante, il est possible de
compléter l’alimentation des crevettes par des résidus de
pêcheries ou d’agriculture, mais cette technique doit être utilisée avec beaucoup de précaution pour éviter une pollution
du bassin.
Pour les filières semi-intensives et intensives, l’utilisation
d’un aliment composé est obligatoire pour obtenir des croissances et des survies satisfaisantes. Mais l’utilisation d’un aliment composé ne suffit pas pour obtenir des résultats corrects en termes de croissances et de survie, pour cela différents facteurs rentrent en jeu tels que :
- la formulation de l’aliment et la qualité des ingrédients,
- la méthode de fabrication et les caractéristiques physiques
du granulé,
- la manipulation et le stockage,
- la méthode et le régime de distribution,
- l’environnement aquatique et la production naturelle.
Dans les exploitations de moyennes dimensions, il est envisageable de fabriquer son propre aliment comme il se fait
couramment en Asie du sud-est. L’approvisionnement et le
coût des ingrédients deviennent les éléments déterminants
pour décider de faire son propre aliment. Il est fabriqué
chaque jour et distribué sous une forme humide, son stockage ne peut se faire que s’il est séché.
Les besoins nutritionnels des crevettes se caractérisent par :
- des besoins protéiques élevés (comparativement à ceux des
mammifères terrestres et des volailles) qui doivent être couverts par des protéines de haute qualité en particulier des
35
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Tableau n°8 : Formulation d’un aliment fabriqué à la ferme
Ingrédients
Farine de poissons
Pourcentage dans la formule
47,6
Farine de calmar
4,8
Farine de crustacés *
6,9
Tourteau de soja
16,9
Tourteau d’arachide
7,1
Farine de blé
5,9
Son de riz
9,5
Complément vitaminique
0,6
Huile de poissons
0,6
Vitamine C
0,1
(Taux de protéines de 37% env.)
100%
* L’utilisation de farine de crustacés doit exclure les farines de crevettes d’aquaculture.
protéines d’origine animale et marine (farine de poisson, de
calmar et de crustacés), les autres protéines sont d’ordre
végétal (tourteau de soja, d’arachide),
- des besoins en lipides relativement faibles, mais des
besoins spécifiques en acides gras polyinsaturés à chaîne
longue (qui ne peuvent être apportés que par des huiles
marines), en phospholipides et en cholestérol,
- des besoins en vitamines et en certains minéraux (en particulier le phosphore).
La distribution de l’aliment est faite quotidiennement à la
main ou avec un distributeur automatique en fonction de la
superficie du bassin. La répartition est importante afin d’éviter des accumulations de granulés qui ne seront pas consommés. Le contrôle de la consommation se fait à partir de " mangeoires " qui sont réparties tout autour du bassin.
36
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Une petite quantité de granulés est posée dans la mangeoire
qui est relevée chaque 30 mn : le pourcentage de consommation permet de vérifier le bon dosage de la quantité d’aliment
distribué. Par la même occasion cela permet d’observer les
crevettes qui viennent se nourrir. Pour un bassin d’un hectare, on disposera six mangeoires autour du bassin.
La distribution de l’aliment est faite de deux à quatre fois par
jour dans le but de fractionner la quantité journalière pour
améliorer la consommation. La distribution le soir ou de la
nuit est la plus importante étant donné que les crevettes ont
un comportement nocturne
La quantité à distribuer quotidiennement sera calculée en
fonction du poids moyen et du nombre de crevettes dans le
bassin. D’autres paramètres interviennent dans la quantité à
distribuer tels que les périodes de mues, les conditions climatiques et bien entendu les paramètres physico-chimiques
du bassin (taux d’oxygène, d’ammoniac …).
Distribution des
granulés
37
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Tableau n°9 : Table d’alimentation en conditions semi-intensives (ration quotidienne en % de la biomasse)
Type
d’aliment
PL2
Starter
Grower
Finisher
Poids moyen en gramme
0,005
0,1
30
11
1,0
5,5
10
4,0
11,0
15,0
20,0
3,0
2,5
2,2
26,0
33,0
2,0
1,8
La granulométrie de l’aliment est importante car elle doit être
adaptée à la taille des crevettes afin que celles-ci puissent
ingérer facilement les granulés.
Il existe des granulés pressés et des granulés obtenus par
extrusion. Le second principe est habituellement plus performant grâce à la texture des granulés (notamment les amidons
qu’ils contiennent) qui ralentissent le transit et permettent
une digestibilité plus complète. Les granulés obtenus par
extrusion ont une tendance à flotter, il faut donc régler les
températures et les temps de passage dans la machine pour
obtenir des granulés suffisamment compacts pour qu’ils coulent. Les crevettes se nourrissant sur le fond du bassin, il est
nécessaire de leur distribuer un granulé qui ne flotte pas.
Un granulé obtenu par extrusion aura une meilleure tenue à
l’eau d’autant plus que la formulation va contenir des liants
naturels ou chimiques. Cette tenue à l’eau est importante
pour laisser le temps aux crevettes de consommer tout l’aliment : un granulé doit pouvoir rester dans l’eau pendant 60
mn sans présenter de gonflements ni de pertes de matières.
38
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
DLe taux de conversion
Il exprime la quantité d’aliment nécessaire à la production de
biomasse de crevettes. Un taux de conversion final de 1,8 :1
(soit 1,8 kg d’aliment pour 1 kg de crevettes) est une moyenne qu’il faut chercher à atteindre. Toutefois, des taux de
conversion plus bas peuvent être obtenus par un meilleur
contrôle de l’alimentation (voir les mangeoires) et surtout par
une bonne gestion de la qualité de l’eau. Des taux de 1,2 à
1,4 :1 sont obtenus dans des conditions exceptionnelles mais
à l’opposé, il est possible d’avoir des taux supérieurs à 2,5 voir
3 ou 4 :1 dans des conditions d’élevages qui se sont dégradées au cours de la production.
La rentabilité de la production est directement liée au taux de
conversion final puisque l’aliment intervient pour 35 à 40%
dans le coût de production des crevettes. Au-delà de 2,5 :1 la
rentabilité devient aléatoire.
Échantillonnages et dénombrements
Le contrôle de la croissance se vérifie toutes les semaines par
une pesée d’un lot de crevettes. Elles sont capturées par un
filet épervier ou une petite senne et pesées directement sur
les bords du bassin avec une balance de précision. Le poids
moyen obtenu permet d’analyser plusieurs paramètres : le
gain de croissance hebdomadaire, l’état sanitaire des animaux, les périodes de mues.
D’autre part, le nouveau poids moyen sert à calculer la biomasse en le multipliant par le nombre estimé des crevettes
dans le bassin. Cette estimation de la densité de crevettes
peut se faire en fonction de la quantité d’aliment consommée
(contrôles avec les " mangeoires ") ou bien par dénombrement.
Les dénombrements servent à estimer la densité de crevettes
restantes dans un bassin au cours de l’élevage. La méthode
employée consiste à lancer un filet épervier dont la surface est
connue et ensuite de compter les crevettes capturées.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
L’estimation se fait suivant la surface du filet / le nombre de
crevettes capturées / le nombre de lancers. Ce calcul permet
d’obtenir une densité par m2 qui est ensuite multipliée par la
surface du bassin. Cette méthode est relativement approximative (+ ou – 15%) mais avec l’expérience elle donne des
résultats exploitables.
DLa croissance
Dans des conditions optimales de température, de salinité,
de qualité d’aliment les différentes espèces de crevettes tropicales peuvent atteindre des croissances de plus de 2
g/semaine.
Toutefois il faut tempérer cette observation sachant qu’en
début d’élevage, lorsque les juvéniles sont ensemencés en
bassin de grossissement les augmentations de poids hebdomadaire sont bien moindres. Il faut 30 à 45 jours pour passer
de 0,005 g à 1 g en pré-grossissement. En grossissement, il
faudra 2 mois pour atteindre 5 g (soit 0,6 g/semaine) et ensuite de 3 à 5 mois pour la taille commerciale qui varie suivant
les espèces : 15 g pour P.vannamei, 20 à 35 g pour P.monodon,
12 g pour P.indicus et 18 g pour P.stylirostris.
La température de l’eau du bassin est un facteur déterminant
pour la croissance. A une température de 25°C, P.monodon
n’aura plus qu’une croissance de 0,5 g/semaine au lieu de 1,5
à 2 g avec une température de 30°C.
Les maladies
Chez les crevettes péneides, les plus importants problèmes
de pathogènicité sont provoqués par des virus. Les pathologies bactériennes et fongiques sont également très importantes, surtout dans les écloseries. Chaque virus peut posséder une multitude de souches, certaines très pathogènes
envers certaines péneides, et d’autres avec des conséquences
plus faibles sur d’autres crevettes.
Il est difficile, voire parfois impossible, de protéger une
40
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
exploitation contre une épidémie. Le meilleur moyen est
d’avoir une action préventive, en :
- sélectionnant un site de ferme ayant une bonne qualité
d’eau,
- s’éloignant des autres fermes et de leur rejets,
- utilisant une espèce locale saine,
- pratiquant une gestion rigoureuse des élevages en écloserie
et en bassin,
- refusant les importations de post-larves à risques, d’aliments douteux …
La liste des virus est longue, mais on peut citer les plus
connus qui touchent les espèces qui nous intéressent,
comme :
- BP ou " baculovirus penai " pour P.vannamei,
- MBV ou " monodon baculovirus " pour P.monodon,
- IHHN ou " infectious hypodermal and hematopoietic necrosis virus " pour P.stylirostris,
- HPV ou " hepato-pancreatic parvo-like virus " pour P.monodon et indicus,
- YHV ou " yelow head virus " pour P.monodon,
- WSV ou " white spot virus " pour toutes les espèces,
- TSV ou " taura syndrome virus " pour P.vannamei.
Le conditionnement
Un bassin est récolté lorsque les crevettes atteignent leur
taille commerciale. Il arrive qu’il soit nécessaire de faire une
récolte avant ou après la date prévue pour différentes raisons :
- croissance supérieure ou inférieure aux prévisions,
- problèmes de maladies ou de mauvaise survie,
- besoins de libérer des bassins pour de nouveaux ensemencements,
- nécessités commerciales d’avancer ou de retarder des élevages pour s’adapter aux marchés,
41
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
- incidents techniques sur la station de pompage ou sur les
infrastructures nécessitant une diminution rapide du nombre
d’élevages en cours.
La décision de récolter un bassin est prise au moins trois
jours avant la date prévue. Cette période sera mise à profit
pour la préparation de la récolte et le suivi de la qualité des
animaux : les périodes de mues se succédant rapidement,
surtout pour les petites tailles, il faut attendre que plus de
95% des crevettes aient une carapace dure pour effectuer la
récolte. Dans le cas d’un pourcentage inférieur le risque est
grand de perdre une partie de la production soit au cours de
la récolte soit pendant les opérations de conditionnement
dans l’usine.
Les récoltes doivent aussi se régler suivant les périodes de
lunes et de marées qui jouent un très grand rôle dans les
cycles de mues : ainsi il ne sera pas possible de vidanger et
récolter des bassins plus de 14 jours par mois.
Récolte d’un bassin et transport
La vidange d’un bassin et la récolte des crevettes s’effectue
par l’ouvrage de sortie principal. Cet ouvrage est conçu en
conséquence pour adapter un filet du côté extérieur. Au préalable, le niveau du bassin a été diminué durant la nuit afin de
commencer la récolte dès le lever du jour. Dans le cas de très
grand bassin avec plusieurs tonnes de crevettes, cette récolte
est réalisée soit en deux à trois fois soit effectuée dès la tombée de la nuit pour profiter de la fraîcheur nocturne.
Le matériel a été au préalable installé sur la digue après avoir
été lavé et rangé soigneusement. A l’ouverture des grilles
dans le moine de vidange, les crevettes suivent le courant sortant et sont capturées au fur et à mesure dans le filet de
pêche. L’équipe chargée du filet le videra à chaque 10 – 15 kg
et les transférera à la plate forme de pêche installée sur la
digue.
42
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
Une fois sur la digue, les
crevettes seront immédiatement
trempées
dans un bain d’eau glacée qui les anesthésiera
puis dans un autre bain
d’eau glacée avec du
MBS (métabisulfite de
sodium). Ce bain a pour
but de bloquer les réactions enzymatiques qui
provoquent le noircissement des carapaces et
que l’on appelle la mélanose. Ce traitement est
à 5% pendant 2 mn en
fonction du temps de
transport entre la ferme
et l’usine de conditionnement.
Ouverture des grilles du moine de pêche.
Une durée de transport
supérieure, cas d’usines
situées loin de la ferme,
implique que ce traitement soit augmenté en
% de MBS et en durée.
Filet de récolte en sortie du moine
Après le traitement au MBS, les crevettes sont pesées et
mises en bacs plastiques avec de la glace pour être transportées jusqu’à l’unité de conditionnement. Le transport sur la
ferme se fait soit avec des engins légers du type petits tracteurs ou motos à quatre roues motrices (quad) équipés d’une
petite remorque. En saison des pluies, la circulation sur les
digues est rendue très difficile voire impossible et dans ces
conditions le transport se fait par bateaux sur le canal d’alimentation.
43
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
En fin de récolte, les dernières crevettes sont souvent ramassées à la main dans le fond du bassin. Ces dernières crevettes
ont besoin d’être abondamment lavées pour extraire toute la
boue qui s’est insinuée dans les branchies et sous la carapace.
L’usine de conditionnement
Une usine de conditionnement est une unité complexe qui
doit se conformer à un certain nombre de critères techniques
et sanitaires. Ce guide technique ne peut suffire à décrire en
détail les procédés et le fonctionnement d’une telle unité, de
nombreux ouvrages techniques sont disponibles sur le sujet.
En résumé, une usine de conditionnement est un bâtiment
qui va recevoir les crevettes en provenance d’un bassin ou
d’une ferme éloignée et qui va les conditionner pour les expédier en conteneur frigorifique.
Toute la chaîne de froid sera strictement respectée ainsi que
toutes les étapes de contrôles pour aboutir à un produit qui
recevra l’autorisation d’être exporté. La méthode de contrôle
HAACP est appliquée sur toutes les étapes du conditionnement y compris depuis la sortie du bassin. La méthode du
HACCP est une assurance sur la sécurité tant pour le vendeur
que pour le client.
Les crevettes arrivent généralement dans des bacs en plastiques avec de la glace plus ou moins propre. Très schématiquement, les différentes étapes du conditionnement seront
les suivantes :
- réception des produits : pesées puis tris des débris et des
écarts,
- lavage et retraitement au MBS si nécessaire,
- calibrage manuel ou automatique en fonction des tailles,
- mise en boites de 2 kg (inner) et congélation suivant la
44
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
méthode retenue (congélateur à plaques, tunnel de congélation, congélation en saumure),
- mise en masters cartons (9 unités d’inners),
- stockage en chambre froide.
Lavage des
crevettes sur
la ferme.
Au cours de la chaîne qui va du bassin à la fin du conditionnement dans l’usine, le poids des crevettes va diminuer progressivement avec le temps. Il faut compter une différence de
poids de 5 à 10% entre le poids pris en sortie de bassin et
celui rendu usine de conditionnement. Cette perte de poids
s’explique principalement par l’égouttage naturel. Si le conditionnement des crevettes est mal fait (manque de glace), il
peut y avoir en plus une perte d’eau des crevettes par déshydratation.
Dans l’usine de conditionnement, la quantité de crevettes
mise en boite pour la congélation, dépassera de 1 à 2% le
poids indiqué pour garantir un poids réglementaire lorsque le
produit arrivera sur les marchés internationaux.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Les étapes de l’élevage
L’usine de conditionnement doit pratiquer des analyses bactériologiques dans son laboratoire interne. Les analyses portent sur les germes suivants:
Tableau n°10 : Critères d’acceptabilité pour les analyses d’eau et de chair
de crevettes
Critères d’acceptabilité
Germes
46
Analyse de l’eau
Analyse des crevettes
Flore mésophile totale
37°C (24h) : ml<20
30°C (72h) : 106 UFC/g
Coliformes totaux
37°C (48h) : 100 ml = 0
44°C (24h) : <10 UFC/g
Escherichia coli
44°C (24h) : ml = 0
44°C (24h) : 10 UFC/g
Anaérobies sulfato-réductrices
37°C (20h) : 20 ml<20
37°C (20h) : 20 UFC/g
Vibrios parahemolyticus et
cholerae
37°C : absence
37°C : absence
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Éléments techniques sur les infrastructures
Dans le cadre de ce guide sur l’aquaculture de crevettes, il
sera proposé un certain nombre de possibilités d’aménagement en fonction des techniques d’élevages retenues, des
superficies à mettre en œuvre, du site et des caractéristiques
du sol.
Ces aménagements concernent essentiellement les principaux ouvrages entrant dans la réalisation d’une ferme d’élevage de crevettes, à savoir :
- les bassins,
- la station de pompage,
- les ouvrages hydrauliques.
Les bassins sont généralement disposés autour d’un canal
principal d’alimentation en eau qui distribue l’eau de mer par
gravité dans les bassins. Le canal principal est alimenté par
une station de pompage qui relève l’eau dans le canal d’alimentation dont le niveau d’eau sera supérieur à celui des
bassins. L’eau de mer circule dans les bassins par l’intermédiaire d’ouvrages en béton, appelés moines, pour l’entrée et
la sortie de l’eau. Les canaux d’évacuation drainent les rejets
à l’opposé de la station de pompage pour éviter une reprise
de ces eaux.
Le plan de masse général doit prévoir l’emplacement d’une
plate forme technique qui regroupera les différentes structures techniques et logistiques, qui sont :
- la base vie (logements, sanitaires, cantines …),
- les bureaux,
- les ateliers,
- les réserves de carburants (essence et gas-oil),
- la station d’énergie,
- le stockage des aliments et des engrais,
- et éventuellement l’unité de conditionnement.
47
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Les bassins
La conception des bassins sera fonction des choix biotechniques élaborés au niveau de l’étude de faisabilité du projet.
Tableau n°11 : Caractéristiques des filières de base
Types de développement
Filières et rendements
Caractéristiques des bassins
Extensive
0,1 à 0,5 tonnes/ha/an
De 0,5 à 20 ha
Alimentation par marée
Semi-industriel et Industriel
Semi-intensive
2 à 4,0 tonnes/ha/an
Semi-intensive aérée
6 à 12 tonnes/ha/an
De 2 à 10 ha
Alimentation par pompage
De 2 à 4 ha
Pompage et aération
Industriel
Intensive
10 à 20 tonnes/ha/an
De 0,1 à 1 ha
Pompage et aération forte
Artisanal / familial
A ces différentes filières d’élevages, correspondent des
méthodes de construction des bassins :
- pour les fermes artisanales et familiales utilisant la méthode de l’extensif, il sera privilégié la construction manuelle,
- pour les fermes semi-industrielles et industrielles en semiintensif, les bassins seront construits en terre mais avec des
engins de terrassements,
- pour les bassins en intensif ou super-intensif, les bassins
sont de plus petites tailles et généralement avec une géomembrane étanche (liner) comme une piscine.
Fermes artisanales
Les fermes artisanales ou familiales sont des unités généralement de petites superficies où les coûts de construction et de
fonctionnement doivent être le plus possible réduits. Pour
cette raison, les bassins sont construits à la main et le pompage se fait par le jeu des marées et non pas avec une station
de pompage. Une grande partie de la production aquacole
mondiale fonctionne encore sur ce principe (Indonésie, Inde).
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Compte tenu que ce système d’élevage n’utilise pas de station de pompage, les sites pour construire les bassins en
méthode extensive doivent être situés dans la zone de marnage des marées. Cette zone aménageable est celle qui est
occupée par la mangrove, il s’agit donc de détruire les palétuviers pour pouvoir installer les bassins. Si, il y a vingt ans cela
ne posait pas de problèmes étant donné la relative expansion
de l’aquaculture, depuis, les mentalités ont changé en raison
des dégâts écologiques causés par un développement souvent anarchique de cette activité.
Toutefois, il est encore possible dans certains sites de
construire des bassins artisanaux tout en respectant l’environnement. Les caractéristiques de base de ce type de bassin
sont les suivantes :
- les digues sont construites à partir des matériaux prélevés
sur place,
- le niveau haut des digues doit être supérieur à celui des plus
hautes marées,
- la hauteur d’eau interne sera comprise entre 0,30 et 1,0 m.
- renouvellement d’eau lors des grandes marées, soit
quelques % par mois.
Ce type de construction faite à la main, doit tout de même
être soigneusement réalisé pour résister à la pression de l’eau
de chaque côté des digues et être étanche. Les digues font
généralement 50 à 80 cm en crête avec une pente de 1,5 :1,
soit un volume de 4 m3 au mètre linéaire. Les rendements de
construction sont de 1 à 2 m3 de terrassement par homme et
par jour suivant la difficulté du site et les marées.
Pour un bassin de 5000 m2 en eau, il y aura 300 m de longueur
de digue, soit 1200 m3 de terrassement : temps de travail de
60 à 120 jours pour 10 personnes.
Les ouvrages hydrauliques sont réduits à un moine par bassin
qui fait office d’entrée et de sortie d’eau. Il peut être construit
en bois pour réduire encore plus les coûts d’investissement.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Les fermes semi-industrielles et industrielles
Ce type de fermes peut avoir de quelques dizaines d’hectares
à plus de mille hectares suivant les sites et bien sûr les possibilités du promoteur. La conception fera appel à des spécialistes dans plusieurs domaines pour faire l’étude de faisabilité et les dossiers d’APS et APD (avant projet sommaire et
avant projet détaillé). Une fois la décision prise de lancer
l’opération, la phase suivante consiste à faire le DCE (dossier
de consultation des entreprises) pour les appels d’offres. Les
plans d’exécutions sont réalisés par les bureaux d’études et
d’ingénieries des entreprises en charge des travaux.
Vue aérienne
d’une ferme
industrielle
(220ha).
50
La conception des bassins est avant tout fonction des choix
biotechniques retenus au niveau de l’étude de faisabilité. Les
surfaces des bassins sont en général comprises entre 2 et 10
ha. Des bassins de grandes dimensions (10 ha) sont moins
coûteux sur le plan de l’investissement mais plus difficiles à
exploiter.
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
La récolte dans ce type de bassin peut produire plus de 20
tonnes de crevettes qu’il faudra récolter en plusieurs jours. Une
surface unitaire de 5 hectares paraît être un bon compromis.
En terme de volume de terrassement, pour une ferme de 220
hectares en eau, les quantités varient de :
- avec des bassins de 2,5 ha : 600 000 m3 et 45 km de linéaire
de digues,
- avec des bassins de 5 ha : 500 000 m3 et 36 km,
- avec des bassins de 10 ha : 450 000 m3 et 33 km.
Les bassins sont situés de part et d’autre d’un canal d’alimentation en eau de mer. Il peut y avoir des canaux annexes suivant la configuration du site afin d’utiliser au mieux toute la
superficie disponible. Il faut compter environ 20% du site qui
sera occupé par les digues, canaux d’alimentation et d’évacuation, plate forme technique …et zones difficiles à aménager.
Sur un site de 100 ha, il y aura 80 ha de surface en eau.
Les digues sont de trois types : les digues du canal principal,
les digues des canaux d’évacuation et les digues transversales
de séparation des bassins.
Les digues du canal principal sont les plus volumineuses car
elles sont plus hautes que les autres en raison du niveau
d’eau supérieur de 30 à 40 cm pour tenir le canal en charge.
De plus, ces digues sont utilisées pour la circulation sur la
ferme. Elles auront une largeur en crête de 4,0 m. Pour une
pente de digue de 3 :1, le volume au linéaire sera de 20 m3.
Les moines d’entrées d’eau sont situés sur cette digue.
La hauteur d’eau moyenne d’un bassin est de 1 m, il faut tenir
compte d’une " revanche " de 30 à 50 cm entre le niveau d’eau
et le sommet de la digue.
Les digues des canaux d’évacuation feront 4,00 m de crête
avec une pente de 3 :1, mais avec un peu moins de hauteur
que les digues du canal principal, soit un volume linéaire de
12,75 m3. Les moines de sorties et de pêches sont construits
sur cette digue.
51
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Les digues transversales qui séparent chaque bassin auront
une largeur en crête de 3,50 m avec une pente de 3 :1 soit un
volume linéaire de 12,0 m3. Les pentes sont toujours de 3 :1
pour avoir une plus grande tenue à l’érosion (pluie et vent,
vaguelettes des bassins).
La construction de ces digues se
réalise avec des engins de terrassements qui doivent être adaptés à ce type de travaux. Souvent
les sols de tannes d’arrière mangrove sont peu porteurs et il faut
utiliser des engins à basse pression (LGP-low ground pressure)
qui leur permettront de travailler
sans s’enliser dans l’argile.
Au moins deux mois avant le
démarrage des travaux, le site
dans son entier sera ceinturé par
une petite digue de protection
afin de l’isoler de la mer à
chaque marée.
Engins de
terrassement
basse pression
(LGP).
Un chantier de terrassement
devra comporter les engins suivants :
- bulldozers LGP du type D4 à D6 pour l’élévation des digues,
- pelles mécaniques pour le creusements des chenaux,
- camions pour le transport de terre,
- compacteurs pour les digues,
- niveleuse pour les fonds de bassins,
- bétonnières, matériel de battage de pieux, citernes d’eau
douce et de gas-oil.
Les digues sont construites avec les matériaux prélevés sur
place, de deux manières :
52
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
1. Les fonds de bassins sont décapés sur toute leur surface au
bulldozer pour prélever les quantités nécessaire à chaque
digue,
2. Des canaux internes à la périphérie sont creusés en excavation à la pelle mécanique.
Les deux méthodes sont généralement utilisées sur un même
site étant donné les différences de portance que l’on rencontre sur les sols de tanne. Les déblais des canaux d’évacuation rentrent pour une large part dans la construction des
digues ainsi que les volumes extraits du canal d’alimentation.
Les digues sont élevées par couches successives qui seront
compactées avec un pied de mouton. Auparavant il faut décaper le terrain pour un bon ancrage de la digue ou prévoir un
noyau en terre très argileuse qui va permettre d’éviter les infiltrations d’eau. Ces infiltrations sont la source de destructions
de digues par ce qu’on appelle des " renards ".
Chaque bassin doit pouvoir se vider complètement, ce qui
implique de veiller plus particulièrement au nivellement du
fond pour avoir une pente régulière de la digue amont vers la
digue aval (plus ou moins 2/1000 de pente).
Le canal d’alimentation est calculé pour apporter l’eau de mer
jusqu’aux extrémités de la ferme. Il doit avoir une largeur suffisante pour ne pas créer trop de vitesse qui risquerait d’éroder les digues. Souvent ce canal sert de réservoir qui stock
l’eau de mer pendant les heures de pompage, il a alors une
largeur beaucoup plus importante.
En fonction de la qualité du sol d’un site, il arrive qu’on soit
obligé de transporter de la terre car le niveau du terrain ne
permet pas de creuser et de travailler en déblais / remblais.
Le transport est une solution intéressante tant que le gîte
de terre est à proximité du chantier, toute distance excessive entre les deux va fortement pénaliser le coût de la
construction.
La plate forme technique qui va regrouper les locaux et
53
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
ateliers, sera construite à un niveau la mettant hors d’eau des
plus hautes marées. Il faut prévoir large car les extensions
réalisées plus tard sont contraignantes et très coûteuses.
Pour des fermes de 50 et 200 hectares, il faut respectivement
des plates formes de 1 et 3 hectares (sans compter la base vie
du personnel).
Fermes intensives
Dans le système intensif, le plan de masse de l’exploitation
est plus réduit que sur les fermes semi-intensives. Les bassins sont également de plus petites tailles avec des superficies de 0,1 à 1 hectare. Le canal d’alimentation est souvent
construit en béton et donc d’une largeur suffisante pour travailler comme un conduit pour l’eau de mer et non pas en
tant que canal réservoir.
Canal d’alimentation en béton sur une ferme intensive.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
La construction d’une ferme intensive est semblable à celle
d’une ferme semi-intensive avec des digues et des ouvrages
hydrauliques. Par contre, les bassins sont recouverts d’une
géomembrane en PVC ou PEHD ayant une épaisseur de 0,5 à
1 mm. Les avantages et les inconvénients de cette technique
sont les suivants :
Avantages
Installation sur tous types de sols,
Pas d’infiltration dans le sol,
Nettoyage et désinfection efficaces,
Pas de traitement des sols après les élevages,
Crevettes propres à la récolte,
Rapidité de nettoyage,
Pas d’érosion des digues, moins de maintenance
Inconvénients
Investissement élevé,
Installation par professionnels uniquement,
Fragilité des membranes,
Installation difficile de pontons et supports,
Durée de vie limitée de 10 à 12 ans.
Étant donné la taille généralement plus réduite des exploitations, les digues de séparation entre les bassins sont
construites avec une largeur en crête de 1,5 à 2 m. Les géomembranes d’étanchéité sont enfouies en sommet de digues
pour les fixer, la circulation sur ces digues en est donc limitée.
Un des avantages majeurs de ce type de bassin, est qu’il permet une construction sur tout type de sols y compris sur sol
sableux. Cette technique peut également être retenue dans le
cadre d’élevage et de stockage de géniteurs pour une écloserie et même pour de petits bassins de nurseries pour des post
larves.
Il faut toutefois noter que cette technique d’élevage en intensif, produit une masse considérable de boues qu’il faut évacuer après chaque récolte. Le plan masse devra donc prévoir,
lors de la conception de l’exploitation, le transport des boues
et leur évacuation vers un site de stockage et de traitement.
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N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Les stations de pompage
La station de pompage comprend deux éléments qui doivent
être analysés séparément : l’implantation de la station de
pompage et le type de pompes utilisées. Le choix de son
implantation est délicat car il fait appel à de nombreux critères :
- configuration générale du site et de la zone,
- qualité d’eau et hydrologie,
- bathymétrie et topographie,
- stabilité des rives et nature des sols,
- contraintes environnementales (coupes de mangrove, passage de bateaux …).
En fonction des sites et de la surface des exploitations, on
peut présenter trois schémas d’installation :
- la prise d’eau sur jetée,
- la prise d’eau sur la berge,
- la prise d’eau sur canal d’amenée.
Dans la mesure du possible, on évite toute installation de station de pompage sur une côte battue par la mer.
La prise d’eau sur jetée
Station de
pompage sur
structure
métallique.
56
Il s’agit d’une installation sur une structure métallique ou en
bois (petite exploitation) qui est plus ou moins éloignée de la
berge. Cette structure
est reliée à la berge et
au canal d’alimentation par une série de
poteaux qui supporteront les tuyaux de
refoulement.
L’extrémité de ces
tuyaux va se fixer dans
l’ouvrage de dissipation qui est construit
en tête de canal.
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
La difficulté dans ce type d’aménagement vient des travaux de
fondation qu’il faut engager pour stabiliser la structure. Suivant
les sites et la qualité des sols, il faut battre des pieux parfois à
plus de 20 m de profondeur avant de trouver un sol résistant.
La station de pompage est généralement en acier (parfois en
béton) ce qui supposera une maintenance importante.
La prise d’eau sur berge
Cette installation n’est possible que dans la configuration de berges très stables et
à sols consolidés. Les travaux
sont réalisés après excavation de la zone et construction d’un ouvrage en béton
qui vient s’appliquer contre
le sol. La protection de l’ouvrage contre l’envasement
nécessite de construire des
épis de chaque côté de l’ouvrage.
La prise d’eau sur canal
d’amenée
Cette disposition est nécessaire lorsque les bassins sont
situés loin de la zone retenue
pour aller pomper l'eau de
mer. Il faut creuser un canal entre le site de captage de l’eau
de mer et la station de pompage. Cette station est alors identique à celle qui est construite dans le cas précédent.
Station de
pompage semiindustrielle et
filtration de l’eau.
La construction d’un canal d’amenée doit se faire avec beaucoup de prudence car, d’une part, les coûts de dragage ou de
creusement sont élevés et d’autre part, la circulation de l’eau
57
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
de mer le long dans ce canal peut devenir une source de problèmes par envasement, développement d’algues filamenteuses ou cyanophicées, déficit en oxygène …
Le pompage
Il est calculé en fonction du volume à renouveler chaque jour
sur la ferme et sur le temps de pompage qui dépend de la
marée et de l’implantation de la station. Pour une ferme travaillant en semi-intensif, il faut compter 20% de changement
d’eau par jour, ce qui donne des volumes de 100 000 et
400 000 m3/jour pour des exploitations de respectivement 50
et 200 hectares en eau.
Dans l’hypothèse d’une zone sans marée ou à très faible marnage, il est possible de pomper 24 heures sur 24, mais cette
configuration est relativement rare. Il arrive souvent que les
temps de pompage soient de 18 voire 12 heures par jour seulement. Dans ces cas là, la capacité horaire de pompage doit
être de :
Tableau n°12 : Capacité de la station de pompage sur deux fermes
Ferme de 50 ha
Ferme de 200 ha
Temps de pompage
24 H
18 H
12 H
24 H
18 H
12 H
Changement d’eau
en m3/par heure
4200
5600
8400
17 000
23 000
34 000
Nombre de pompes*
3
3
4
4
5
6
Débit unitaire
1500
2000
2500
4500
5000
6000
* Hors pompe de secours
Les principaux types de pompes sont : les pompes verticales,
submersibles verticales ou inclinées et de surface.
58
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Les pompes verticales
Ensemble moteurs, cardans et renvois d’angle de pompes verticales.
Ces pompes sont constituées d’un axe positionné dans la
conduite de refoulement et actionnant une hélice. C’est un
moteur thermique ou électrique qui fait fonctionner la
pompe. Entre le moteur thermique et la pompe il faut installer : un embrayage manuel, un accouplement par cardan ou
courroies puis un réducteur avec renvoi à 90° (ou 45° suivant
l’installation).
Les pompes submersibles verticales ou inclinées
Ce type de pompe utilise un bloc submersible avec moteur
électrique au fond d’un puits ou à l’extrémité d’une conduite
de refoulement (verticale ou inclinée à 45°). L’installation de
ce type de pompe est plus simple que la précédente mais il
59
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
faut relier la pompe à une centrale d’énergie ou au réseau
électrique local suivant les sites.
Les pompes de surface
Pour de petites exploitations, en général inférieures à 10 ha,
on peut utiliser des pompes de surfaces. Ce type d’installation ne nécessite pas de génie civil car le groupe de pompage
(fixe ou mobile) est installé sur la digue ou en bordure de la
berge. Les tuyaux de refoulement sont posés sur le sol jusqu’au canal d’alimentation.
Les ouvrages hydrauliques
Sur une ferme de crevettes, les ouvrages hydrauliques sont
des éléments importants car ils contribuent au fonctionnement des bassins et donc aux résultats d’exploitation. Ils sont
de plusieurs types, à savoir :
- les moines d’entrée d’eau des bassins de grossissement et
de pré-grossissement,
- les moines de sortie d’eau et de pêches pour tous les bassins,
- les passages busés sous les digues de circulation,
- l’ouvrage de dissipation en tête de canal d’alimentation,
- les ponts de traversées de canaux.
Les moines des bassins
Le nombre de moines par bassin dépend de sa superficie.
Pour un bassin de pré-grossissement de 0,5 à 1 hectare, il y
aura un moine d’entrée et un moine de sortie/pêche. Pour un
bassin de grossissement de 2 à 5 hectares, il y aura également
un moine d’entrée et un moine de sortie/pêche. Au-delà de 5
hectares, il est préférable d’installer deux moines d’entrée et
deux moines de sortie dont un de vidange ou de circulation
d’eau et l’autre affecté aux pêches.
60
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Éléments techniques sur les infrastructures
Un moine est un ouvrage en béton qui demande à être positionné avec précision surtout pour le moine de sortie/pêche.
Il est composé de trois sections :
- une section interne au bassin ou au canal d’alimentation qui
est équipée de filtres et de batardeaux de régulation du
niveau d’eau,
- une section de traversée sous la digue par dalot (grands bassins) ou buses béton (petits bassins),
- une section externe équipée pour les récoltes.
Une mauvaise construction de moines est souvent la source
de problèmes permanents sur une exploitation. Il faut veiller
plus particulièrement à leur stabilité (éventuellement des
pieux en bois pour les fondations), leur solidité (surdimensionner le ferraillage et prévoir une épaisseur de 20 cm de
béton), et faire des anti-renards sur le passage sous la digue.
Les moines de récoltes ou de pêches peuvent être conçus
pour recevoir une pompe à crevettes pour les récoltes.
L’ouvrage de dissipation
Il s’agit de l’ouvrage situé en tête de canal sur lequel viennent
se fixer les tuyaux de refoulement de la station de pompage.
Son rôle est de prévenir les dégâts, principalement l’érosion
des digues, qui serait faite par l’eau qui sort des tuyaux de
refoulement. Plus la station de pompage est importante, plus
l’ouvrage devra être construit en conséquence. Il permet en
outre la circulation sur la digue et le contrôle et la maintenance des clapets de sortie de tuyaux.
Les passages busés et les ponts
Il s’agit des différents ouvrages qui serviront à faciliter la circulation sur l’ensemble de la ferme. Les ponts sont des
constructions assez lourdes et coûteuses car ils doivent supporter le passage d’engins tels que des tracteurs et autres
véhicules de maintenance et d’exploitation.
61
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
Critères d’appréciation économique
Les investissements
Dans ce chapitre, seront traités les montants des investissements pour deux types d’exploitation semi-intensives : une
ferme artisanale de 50 hectares et une ferme industrielle de
200 hectares. Seules les grandes lignes seront prises en
compte sachant que chaque projet aura ses propres spécificités selon le site, la nature des sols, la filière et les rendements
attendus, et surtout le pays.
Ce choix de superficie de fermes de crevettes va s’imposer en
premier lieu en fonction des sites disponibles et donc du
pays. Sur le continent Africain (côtes ouest et est) il est pos-
Tableau n°13 : Comparatif d’investissement pour deux exploitations (50 et 200 ha)
Les caractéristiques retenues pour chacune des fermes sont :
Ferme de 50 ha
62
Ferme de 200 ha
Écloserie
non
85 millions de PL/an
Conditionnement
non
5 T/jour
Bassins
5 de 10 ha
40 de 5 ha
Moines
4 par bassin
2 par bassin
Coût du m3 de terrassement
4,5 Euros
4,5 Euros
Nombre de pompes
3 de 3000 m3/h
6 de 5000 m3/h
Production annuelle
175 Tonnes/an
800 Tonnes/an
Rendement en T/ha/an
3,5 T
4T
Prix de vente par kg
5 Euros sortie bassin
6 Euros sortie usine
Chiffre d’affaire
875 000 Euros
4 800 000 Euros
Besoins en fonds de roulement
175 000 Euros
960 000 Euros
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
Tous les prix sont en Euros
Ferme 50 ha
Études préliminaires
3 000
Écloserie (optionnelle)
0
Ferme 200 ha
25 000
1 800 000
Bassins
Aménagement du terrain
Terrassement :
Digues, canaux, divers
Ouvrages hydrauliques
Station de pompage
Bâtiments techniques
TOTAL
20 000
120 000
900 000
120 000
150 000
70 000
2 800 000
650 000
250 000
350 000
1 260 000
4 170 000
110 000
15 000
70 000
35 000
450 000
45 000
250 000
200 000
230 000
945 000
Équipements
Pompage
Groupes électrogènes
Matériels d’exploitation
Véhicules et bateaux
TOTAL
Conditionnement
Unité de 5 T/jour (optionnelle)
TOTAL 1 à 5
Divers et imprévus 15%
Ingénierie 3%
TOTAL GÉNÉRAL
0
1 493 000
224 000
44 000
1 761 000
1 200 000
8 140 000
1 221 000
244 200
9 605 200
sible de disposer de terrains de grandes superficies (parfois
plusieurs centaines d’hectares comme au Mozambique) alors
que sur les archipels des Caraïbes et du Pacifique il sera difficile, voire impossible, de trouver des sites aménageables
supérieurs à quelques dizaines d’hectares
Il est évident que ces chiffres ne sont donnés qu’à titre indicatif car en fonction des projets ils peuvent varier de plus ou
moins 15%. Les terrassements sont les plus coûteux car ils
63
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
représentent 35 à 50% des investissements, il appartient alors
au promoteur de faire réaliser une bonne étude de faisabilité
qui lui permettra de lancer des appels d’offres précis.
La réalisation d’une ferme semi-intensive avec aération (rendement de 10T/ha/an) augmente les coûts de 600 à 800 000
Euros (électrification et équipements en aérateurs) pour une
superficie de 200 hectares mais la production attendue sera
de 2000 tonnes environ. L’analyse de la rentabilité indiquera
quelle filière choisir pour avoir un retour sur investissement
dans des délais raisonnables (en général 4 à 7 ans).
Rentabilité
Elle est dépendante de nombreux facteurs tels que le cours
des crevettes, les coûts d’exploitation et de production, l’accès et le taux des crédits bancaires et leur durées …Chaque
projet devra avoir une approche particulière car il est difficile
de transposer l’expérience d’un pays à un autre sachant que
les coûts peuvent être très différents. Une ferme de 50 ha (ou
moins) peut être très rentable si elle est installée dans une
zone où elle va pouvoir s’approvisionner en post-larves, en
aliments fabriqués sur place et vendre ses crevettes à une
unité de conditionnement proche ! Ces conditions existent
dans certains pays qui ont déjà des infrastructures aquacoles
qui fonctionnent depuis longtemps mais pas dans d’autres où
l’aquaculture est inexistante ou naissante. Dans un schéma
d’activité aquacole qui démarre dans un pays, il ne pourra y
avoir que des unités intégrées ayant leur propres écloseries
ainsi que les moyens de conditionnement. Afin de rentabiliser ces projets intégrés, il faut produire des quantités importantes de crevettes sur de grandes exploitations (économies
d’échelles).
Dans l’exemple cité plus haut d’une exploitation de 200 ha,
l’investissement initial est fortement alourdi par la réalisation
d’une écloserie et d’une usine de conditionnement (30% de
l’investissement global). Bien entendu la rentabilité va s’en
64
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
ressentir mais il s’agit avant tout de pouvoir être autonome
dans un projet intégré.
La taille d’une exploitation sera essentiellement dépendante du niveau de développement aquacole du pays et des
moyens financiers dont disposera le promoteur. Toutefois,
on peut avancer comme tailles critiques ou minimum une
superficie de 30 à 50 ha en méthode artisanale ou semiindustrielle dans un pays à vocation aquacole déjà ancienne et une superficie de 200 ha et plus en méthode industrielle dans un pays peu ou pas développé en aquaculture.
La rentabilité d’une opération aquacole sera également très
dépendante des crédits et plus particulièrement de l’accès à
ces crédits bancaires. De nombreux pays restent réticents à ce
type d’investissements car les organismes de prêts financiers
restent prudents et même sceptiques sur la rentabilité des
projets aquacoles qu’ils jugent, à tort ou à raison, trop risqués. Les frais financiers sont donc des éléments décisifs
dans la rentabilité d’une exploitation d’aquaculture de crevettes.
Délais de construction
Il est important dans la réalisation d’un projet d’aquaculture
de connaître les temps de travaux afin de programmer les premières productions. Il faut considérer que dans toute la ceinture tropicale, la saison des pluies marquera l’arrêt du chantier pendant 3 à 4 mois. Raisonnablement, il est possible de
construire une écloserie de 20 à 85 millions de post-larves en
5 ou 6 mois. Concernant les bassins et les infrastructures de
la ferme, cela dépendra principalement des entreprises
locales en charge des travaux. Mais on peut avancer une
moyenne de 100 hectares par an y compris les installations de
base comme certains bâtiments techniques et la station de
pompage. Au-delà de cette moyenne, il faut faire appel à de
grandes entreprises de terrassement qui ont une bonne maîtrise de ce type de chantier.
65
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
Les coûts de production
L’étape qui suit les études préliminaires, consiste à finaliser
l’étude de faisabilité par une analyse financière qui va mettre
en évidence la rentabilité de l’opération. Des ajustements
seront faits afin de travailler sur les coûts d’investissement et
aussi de fonctionnement qui paraîtront trop élevés. Les coûts
de production sont très dépendants des pays, des sites et de
la filière de production. Nous indiquerons les postes de
dépenses les plus importants car ils sont ceux qui interviennent le plus dans la rentabilité de l’affaire.
Les coûts de production se répartissent comme suit :
aliments :
39 %
personnel
20%
énergie
17%
coûts des PL
12%
fonctionnement
7%
produits chimiques
5%
Les aliments
Il s’agit des aliments destinés aux grossissements des crevettes dans les bassins (les granulés). C’est le poste le plus
important en terme de coût de production et il est celui qui
pèse le plus sur la rentabilité de l’affaire, si :
- les prix du kg de granulés augmente,
- le taux de conversion passe au-dessus de 2 :1.
Le prix des aliments tourne autour de 0,7 à 1,1 US$ suivant le
fabricant mais principalement suivant le taux de protéines.
Sachant que, pour produire un kg de crevettes il faut environ
1,6 à 2 kg d’aliment (1,5- 2,4 Euros pour un prix de vente
moyen sortie ferme de 6 Euros !), on s’aperçoit de l’impact
que peut avoir ce poste dans les coûts de production.
66
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
Les produits chimiques
Cela concerne les engrais, produits de traitements des bassins comme la chaux, le chlore et le métabisulfite (MBS).
L’énergie
Ce poste regroupe toutes les dépenses de gas-oil (station de
pompage, groupes électrogènes, véhicules). Il est très variable
suivant les pays. Il ne faut pas oublier l’essence qui est utilisée dans les moteurs hors-bord et les motos ainsi que les
huiles diverses.
Les frais de fonctionnement
Il s’agit des frais courants de fonctionnement comme les
déplacements, les communications par téléphone et internet,
les représentations, les études diverses et la maintenance des
infrastructures.
Le poste assurance comprend, d’une part, les assurances
classiques sur les équipements, bâtiments et infrastructures
générales et d’autre part, les assurances sur le cheptel ou la
production. Ce dernier point est parfois exigé par les financiers qui veulent des garanties, mais le coût de ces assurances
est tel, qu’elles sont rarement prises par les exploitants. De
plus, les difficultés à se faire rembourser à la suite d’un
sinistre mérite que le contrat soit très méticuleusement
analysé.
Personnel
Ce poste constitue 20% du coût global. L’aquaculture de crevettes demande beaucoup de main-d’œuvre et aussi d’expertises extérieures. Il sera nécessaire de faire appel à un ou des
expatrié(s) en fonction de la taille du projet et aussi en fonction de l’expertise disponible sur place. La formation rentre
dans les coûts de personnel, elle peut être faite sur place ou
67
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
dans des centres spécialisés à l’étranger. Sont incluses dans
ce poste les interventions de consultants sur des problèmes
particuliers.
Les post-larves
Il s’agit des coûts de production de l’écloserie en tant qu’unité indépendante de la ferme. Les coûts viennent de l’alimentation (cystes d’artemia, microparticules, granulés et aliments
frais) d’achats ou de production de géniteurs, de produits chimiques pour le traitement des larves et des surfaces …Les
post-larves peuvent être également achetées directement
dans une écloserie, le prix est alors de 9 à 11 Euros pour mille
post-larves PL15 soit 9 000 à 11 000 Euros par million de PL
(hors frais de transport).
Le marché
Il y a deux types de marché : le marché local et celui à l’exportation.
Les marchés locaux
Dans l’ensemble des pays producteurs de crevettes d’aquaculture, peu de pays ont la possibilité d’absorber leur production de crevettes. Il s’agit au mieux d’un marché de proximité
comme les hôtels et restaurants. La très grande part de la production mondiale est dirigée vers trois zones : l’Europe, les
États-Unis et le Japon.
Les marchés à l’exportation
D’une façon générale, les crevettes sont présentées suivant
différents aspects :
- crevette entière (head-on),
68
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
- queue sans tête (head less),
- queue décortiquée (peeled),
- queue décortiquée et éviscérée (peeled and deveined).
La grande majorité des crevettes sont vendues crues congelées. Elles peuvent être, dans certains cas, cuites avant d’être
congelées mais la tendance de ces dernières années consiste
à les décongeler et à les cuire dans le pays de destination.
Elles sont alors vendues comme " fraîchement cuites ".
Concernant l’Europe, les pays qui importent le plus de crevettes tropicales sont l’Espagne et la France. Actuellement,
les prix sont les plus intéressants sur le marché européen
mais les exigences sont par contre les plus contraignantes en
terme de qualité. C’est pourquoi il est conseillé de prospecter
aussi sur le marché américain pour écouler une catégorie de
crevettes différentes. Les Européens consomment surtout des
crevettes entières alors que les américains préfèrent les
queues de crevettes.
Le Japon est le plus gros importateur de crevettes avec plus
de 4 kg par personne et par an. Le conditionnement pour ce
marché est le bloc de 1,3 kg. La crevette P.monodon est très
répandue mais c’est l’espèce P.japonicus qui est la plus
recherchée car vendue vivante sur les étalages.
Les exportations se font du pays d’origine vers le pays de destination en conteneur frigorifique de 20 pieds. Il contient environ 11 tonnes de crevettes congelées.
Les prix dépendent de plusieurs facteurs :
- l’espèce,
- le calibre,
- le pays d’origine,
- la présentation,
- la qualité,
- la période de l’année,
- l’offre au niveau mondial.
69
N OT I O N S D ’AQ U AC U LT U R E
Critères d’appréciation économique
Voici une indication de prix FOB de P.monodon produites à
Madagascar et destinées au marché européen :
Calibre
Prix FOB en Euros
Crevettes entières
HO
10/20
20/30
30/40
40/60
60/80
80/100
100/120
120/150
150/UP
Calibre
Prix FOB en Euros
Queues de crevettes
HL
13,00
10,73
9,40
8,00
7,18
6,54
5,20
3,85
3,00
U15
16/20
21/25
21/30
26/30
31/40
41/50
51/60
61/70
91/110
111/UP
12,96
11,70
10,33
9,40
9,22
8,00
7,50
6,16
5,00
3,20
2,64
Ces indications de prix sont très variables et doivent être
prises avec beaucoup de précaution. De même qu’une étude
de faisabilité est nécessaire pour tous projets d’aquaculture
de crevettes, l’étude de marché doit faire un bilan précis de la
demande mondiale au moment de l’étude et proposer les
grandes orientations de commercialisations. Ensuite, en
fonction de la production, le promoteur pourra rechercher des
marchés correspondant le mieux possible à sa production.
Le nombre d’espèces décrites dans ce manuel ne permet pas
de donner toutes les informations de prix sur l’ensemble des
marchés mondiaux.
Dans le cas où une production est issue d’une unité artisanale ou familiale, elle sera vendue " ex-farm " à un conditionneur
proche. Le prix du kg sera obligatoirement plus bas que ceux
indiqués précédemment car le conditionneur prendra sa
marge pour le traitement des produits. Le coût du traitement
d’un kg de crevettes est de 1 Euro et il faut compter environ
0,5 Euro/kg de transport en conteneur frigorifique vers les
marchés européens.
70
SECTION 2
Aide mémoire de
faisabilité
La réalisation d’un projet d’aquaculture de crevettes est une
entreprise qui va demander du temps et du savoir-faire. Il faut de
6 mois à 1 an de préparation avant de pouvoir démarrer les travaux proprement dit. Cette période sera nécessaire pour arriver à
terminer toutes les études et aussi pour obtenir toutes les autorisations requises pour ce type de projet.
L’étude de faisabilité intervient lorsque le terrain sur lequel va se
monter le projet est déjà défini et acquis (soit en propriété soit
sous forme de bail emphytéotique). Cette étude fait appel aux services de spécialistes qui ont une expérience en aquaculture de
crevettes.
En plus des aspects techniques d’élevages et de construction,
l’étude de faisabilité va rassembler tous les paramètres économiques qui vont entrer dans les investissements et le fonctionnement de l’entreprise. Tous ces éléments serviront à évaluer la rentabilité du projet. La qualité de travail qui sera apportée à cette
étude est d’autant plus importante qu’elle servira à rechercher des
financements auprès d’organismes et de banques. Un soin particulier devra donc être apporté à l’analyse financière du projet.
Une étude de faisabilité contient généralement les chapitres
suivants :
- contexte et historique du projet,
- présentation de la société et/ou du promoteur,
- la situation de l’aquaculture dans le pays,
- description et analyse du site (ou des sites retenus),
- les aspects météorologiques locaux,
- les analyses d’eau, de sol,
- les choix biotechniques : espèces et filières d’élevages,
- les normes d’élevages et les choix stratégiques,
71
A I D E M É M O I R E D E FA I S A B I L I T É
Informations techniques
- l’organisation de la production (organigramme et personnels),
- le marché et les perspectives de vente,
- l’estimation des investissements et des charges,
- les recettes,
- l’évaluation économique et financière
Dans cette deuxième partie du Guide de l’Aquaculture de
Crevettes, nous allons nous attacher aux aspects concernant
la préparation de cette étude de faisabilité. Dans le cadre d’un
projet soit artisanal/familial soit semi-industriel, il est possible de ne retenir que partiellement les points de cette liste,
de même que pour un projet qui ne comportera qu’une ferme
et pas d’écloserie par exemple. Voici une liste (non limitative)
de points qui devront être abordés au cours des études du
projet :
Informations techniques
Choix d’espèces
D Existences ou non d’espèces locales dans le milieu naturel :
espèces maîtrisées en aquaculture : oui – non.
D Sélection d’une espèce locale ou importée : difficulté d’importation, gestion du stock, résistance aux maladies.
D Approvisionnement des post-larves : écloserie du projet ou
achat à une écloserie locale ou importation.
D Choix définitif de l’espèce après analyses des paramètres
environnementaux et économiques.
Analyse des sites
D Description de la situation du site de la ferme (et celui de
l’écloserie).
D Superficie totale retenue et localisation géographique.
72
A I D E M É M O I R E D E FA I S A B I L I T É
Informations techniques
DEnvironnement social : villages, villes ou communautés
(pêcheurs, agriculteurs).
DProtections particulières : parcs et réserves, zones de
pêche, autres.
DNature des sols :
- description générale : couvert végétal,
- mangrove, zones maritimes ou plaines agricoles,
- analyser la composition et la granulométrie des sols (étude
pédologique),
- portance des sols (travaux de construction).
DÉtude topographique et bathymétrique.
Climat
DÉtudes sur la température, les précipitations annuelles et
les vents.
DPourcentage des risques cycloniques et dépressions tropicales sur plusieurs années.
L’eau de mer
DÉtude hydrobiologique de l’ensemble du système environnant les sites :
- les courants et marées,
- les apports continentaux : fleuves et rivières.
DAnalyse de l’eau : campagnes de prélèvements d’échantillons d’eau (étalées sur plusieurs semaines ou mois) pour :
- salinité, température, oxygène, pH, turbidité, phytoplancton et chimique (ammoniac, nitrite ...),
- recherche de pesticides, métaux lourds,
- analyses bactériennes.
DÉvaluation et validation d’un site de pompage (temps de
pompage par jour).
DAnalyses des effets des rejets d’exploitation.
73
A I D E M É M O I R E D E FA I S A B I L I T É
Informations économiques
Informations économiques
Le marché de la crevette
DExistence d’un marché local : pour projet familial ou extensif :
- quantité et valeurs des produits,
- concurrence,
- problèmes de transports, d’intermédiaires …
DMarché à l’exportation - semi-industriel et industriel :
- étude de marché : tendances et valeurs du produit suivant
l’espèce,
- existence d’usines locales, situation,
- types de conditionnement,
- contraintes sanitaires et douanières.
Les importations
DAliments pour l’écloserie : importation quasiment obligatoire sauf si représentant local de marques connues.
DAliments pour la ferme : provenance de l’aliment, temps de
transport, conditionnement.
D Existence de fabricants locaux pour aliments de la ferme :
qualité (pourcentage de protéines, nature des ingrédients)
livraisons, et prix ?
DMatériels et équipements : contraintes douanières, taxes
portuaires, débarquements des conteneurs, transport jusqu’aux sites de production.
Choix stratégiques
DTaille de l’exploitation et filière retenue (extensive, semiintensive).
DConception de la ferme : superficie des bassins, dimensionnement de la station de pompage et des canaux.
DNombre de production par an (tonnage annuel).
DAvec ou sans écloserie (approvisionnement des post-larves).
74
A I D E M É M O I R E D E FA I S A B I L I T É
Informations économiques
DAvec ou sans unité de conditionnement (production de
glace pour les récoltes).
Génie civil et construction
DExiste-t-il des bureaux d’études, généralistes ou aquacoles ?
DExiste-t-il des entreprises de terrassements et de construction ? Leurs moyens en engins de terrassement ?
DPrix de la construction : au m3 de terre, de béton, au m2 de
construction de bâtiments.
DEntreprises d’électricité, de plomberie. Ateliers de soudure,
de mécaniques, autres...
DChoix d’un maître d’œuvre ou d’un responsable de suivi de
chantier.
Main d’œuvre et personnels
DDisponibilité et coût de la main d’œuvre locale ?
Qualifications ?
DCode du travail : spécifique à l’aquaculture, la pêche, l’agriculture, autres ?
DMontants des charges sociales.
DRecrutement des cadres : déplacements sur lieu de travail,
moyens de communications, base vie ?
DFormation : existe-t-il des écoles ou centres de formation à
l’aquaculture ? Universités ? Formation sur place : recrutement de formateurs.
Services
DEau et électricité :
- accès à l’électricité ? puissance de la ligne ? régularité de
fonctionnement et tarifs (domestique, industriel, de nuit …),
- disponibilité d’eau douce : réseau public (quantité et qualité), prix ?
75
A I D E M É M O I R E D E FA I S A B I L I T É
Informations économiques
- forage ou captage : distance, profondeur (étude géologique
et forage), coûts ?
DCarburants.
- disponibilité et qualité du gas-oil et de l’essence : coûts.
- analyse des produits,
- transports sur site : par route, bateau ? coûts et régularité.
- stockage sur site : réglementation, sécurité et quantité du
stock tampon.
DTélécommunications, postes, banques, assurances et commerces :
- existent-ils sur place ou à quelles distances ? qualité et fiabilité des services.
DServices administratifs : situation par rapport au projet
(vétérinaires, douaniers, gendarmerie, justice).
Conjoncture économique
DCapacité d’auto-financement du promoteur.
DTaux d’inflation dans le pays et tendance pour les années à
venir.
DTaux d’intérêts (court, moyen ou long terme), agios, autorisation de découverts … pratiqués par les banques.
DTaxes (TVA et autres), impositions sur les bénéfices, avantages fiscaux.
DSubventions et aides financières directes.
Informations sur la législation
DConstitution de société.
DJoint-venture, partenariat.
DAutorisations diverses : permis d’exploitations environnementales, d’exportations …
DAutorisations éventuelles d’importations : aliments, matériels et post-larves.
DImmigration : carte de résident, permis de travail, impôts.
DAccès aux devises, rapatriement des bénéfices.
76
SECTION 3
Équipements
et fournisseurs
Dans ce chapitre seront traités les équipements nécessaires à
une exploitation d’aquaculture de crevettes. Il est évident que
les besoins en équipements dépendent des choix techniques
et de la superficie d’élevage. Une ferme artisanale aura des
besoins bien moindres qu’une ferme semi-industrielle et une
ferme intensive nécessitera des équipements plus nombreux
qu’un élevage en semi-intensif.
Le pompage
La station de pompage est l’élément clé d’une ferme de crevettes. Son emplacement a été étudié afin d’avoir une qualité
d’eau et une durée de pompage qui permet le renouvellement
quotidien des bassins. Le choix d’un équipement de pompage vient en premier lieu du volume à pomper. Une attention
toute particulière doit être apportée à sa réalisation.
Les considérations qui déterminent le choix des pompes
dépendent des caractéristiques suivantes : le débit, la hauteur
géométrique, les pertes de charges, la hauteur manométrique, la puissance et le rendement et enfin le NPSH.
- le débit est désigné par la lettre Q, il s’exprime en m3/h,
- la hauteur géométrique (Hg) mesure la distance verticale qui
sépare les deux niveaux (en mètres),
- les pertes de charges en ligne (J en m/m) sont déterminées,
77
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Le pompage
dans des tableaux par le fabricant ainsi que les pertes de charge singulières (Uh en m/m),
- la hauteur manométrique totale (HMT) est la somme de la
hauteur géométrique et des pertes de charges,
- la puissance et le rendement sont exprimés par les lettres
PH et r,
- la NPSH (net positive suction head ou charge nette à l’aspiration) est la hauteur de charge nette absolue à l’aspiration.
Elle est fournie par le constructeur.
Les renseignements à fournir aux constructeurs sont les suivants :
- débit demandé,
- hauteur géométrique totale à partir des plus basses eaux
(marées) avec hauteur d’aspiration et de refoulement,
- amplitudes maximales de la marée,
- longueur et nombre de courbes des tuyauteries de refoulement, éventuellement nature et diamètre intérieur du matériel existant,
- caractéristiques du moteur et du mode d’accouplement. S’il
s’agit d’un moteur électrique : voltage, fréquence et nombre
de phases.
Les pompes verticales à hélices sont les plus répandues en
aquaculture car elles permettent le pompage de très grosses
quantités d’eau (plusieurs centaines à plusieurs milliers de
m3/h). Pour le fonctionnement de ces pompes, il existe deux
possibilités : thermique et électrique (en aériens ou en
immergés). Le choix du dispositif dépend de l’existence ou
non d’une ligne électrique sur le site et de sa puissance.
La hauteur de refoulement peut être augmentée, soit en choisissant des hélices multi-pales (jusqu’à 5) soit en doublant
les hélices (deux ou trois étages). Cette configuration n’augmente pas le débit mais seulement la hauteur de refoulement.
Les pompes centrifuges sont utilisées dans de petites exploi78
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Les aérateurs
tations et dans l’écloserie (volumes de quelques dizaines à
quelques centaines de m3/h). Dans certains cas, ces pompes
ne nécessitent aucun travail de génie civil et peuvent être installées directement sur la berge.
Indications de coût de pompes
Motopompe de 500 m3/h :
8 000 Euros
Motopompe tractée de 1000 m3/h :
15 000 Euros
Pompe verticale à hélice, débit de 2000 m3/h :
15 000 Euros (pompe seule)
+ 9 000 Euros pour le moteur
Pompe verticale à hélice, débit de 8000 m3/h :
60 000 Euros (pompe seule)
+ 30 000 Euros pour le moteur
Pompe centrifuge 50 m3/h :
1 200 Euros
Ces coûts ne comprennent pas les installations électriques, le
génie civil, les réseaux de gas-oil …
Les aérateurs
Ce matériel est surtout utilisé dans les bassins en élevage intensif. Mais il peut s’avérer utile d’en avoir quelques uns à portée de
main lors de problèmes d’oxygène afin de sauver une production. Les déficits en oxygène apparaissent essentiellement la
nuit (pas de photosynthèse) et plus particulièrement avant le
lever du jour. La densité et la biomasse contribuent fortement à
la consommation de l’oxygène.
Pour une ferme qui ne sera pas équipée d’un réseau électrique
sur les bassins, il faudra soit les faire fonctionner avec un petit
groupe électrogène, soit avoir des aérateurs fonctionnant sur
moteur thermique.
79
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Les aérateurs
Les principaux types d’aération, sont : à turbine rapide, à
pales, hydro-éjecteurs de surface et immergés. Seuls, les aérateurs à pales sont disponibles en alimentation autonome
thermique, tous les autres fonctionnent à l’électricité. Il faut
mentionner certains systèmes à fonctionnement mécanique
ou hydraulique directement accouplés à la prise de force d’un
tracteur.
Les aérateurs à turbine rapide
Ce sont des aérateurs de surface, flottants, composés d’un bloc
moteur étanche et d’une grille qui protège l’hélice. L’eau est
projetée vers le haut par un cône qui augmente son efficacité
d’oxygénation. Leur efficacité est faible, mais leur coût est relativement bas (environ 450 Euros pour un modèle de 2cv).
Les aérateurs à pales
Ce sont les plus répandus en aquaculture de crevettes. Ils
sont constitués d’un axe horizontal entraîné par un moteur et
un réducteur. Le tout est fixé sur un châssis muni de flotteurs.
Les pales sont situées en extrémité et sont parfois doublées.
Ils ont une excellente efficacité et sont très robustes. Coût
indicatif : entre 300 et 600 Euros suivant la provenance pour
un aérateur de 2cv.
Aérateur à pales
(paddle wheel).
80
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Les aérateurs
Les hydro-éjecteurs de surface
Ce sont des appareils qui utilisent un courant d’eau pour
aspirer de l’air par un effet venturi. Ce système est flottant et
composé d’une petite hélice située juste sous la surface de
l’eau. Cet aérateur crée des micro bulles qui permettent un
très bon transfert de l’oxygène. Coût pour un appareil de 2cv
: entre 300 et 1000 Euros suivant la provenance.
Les hydro-éjecteurs immergés
Dans ce système, la pompe est électrique et placé au fond du
bassin, l’air arrive au venturi par un tuyau qui remonte à la
surface. Très bonne efficacité du système mais il crée des
amoncellements de terre et de la turbidité. Peu ou pas utilisé
en aquaculture de crevettes.
Les filtres et stérilisation UV
La filtration de l’eau est impliquée essentiellement aux eaux de
mer utilisées dans l’écloserie et dans une moindre mesure pour
une ferme.
Filtration dans l’écloserie
Filtres à sable : en fonction des différentes unités d’une écloserie, il y aura plusieurs types de filtrations à des finesses allant
de 1 à 50 microns. Les plus utilisés sont les filtres à sable qui filtrent entre 50 et 25 microns suivant la granulométrie du sable.
Ces filtres sont constitués d’un corps en polyester très résistant.
Ils sont chargés de sable naturel (quartzite alluvionnaire) à granulométrie entre 0,5 et 1 mm. L’eau traverse la couche filtrante du
haut vers le bas, les débits vont de 20 à plus de 100 m3/h.
Estimation de coûts pour un débit de 30 et 60 m3/h : 1500 à 2000
Euros.
81
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Les filtres et la stérilisation UV
Filtres à tambour : il est utilisé en amont de toute l’installation pour filtrer l’ensemble de l’eau de mer qui sera ensuite
stockée dans une cuve ou un réservoir. C’est un tambour
micro-perforé qui tourne autour d’un axe et qui sépare les
impuretés du liquide. Une rampe de rinçage assure en permanence le nettoyage du tambour afin d’éviter le colmatage
et évacuer les impuretés vers une canalisation spécifique. Les
débits vont de 50 à 4000 m3/h et la filtration est de 15 à 25
microns suivant la turbidité du milieu. Estimation de coût
pour un débit de 150 m3/h et 15 microns : 7000 Euros.
Filtres à cartouches et à poches : utilisés uniquement en
écloserie. Ils sont composés d’un corps en polypropylène ou
PVC et d’une cartouche amovible à l’intérieur. La cartouche
est en carton résistant à l’eau, en fibre synthétique, en
disques plastiques, en matières poreuses ….Les filtres à
poches sont plus rustiques et utilisent un tissu filtrant (appelé chaussette) à l’intérieur du corps du filtre. Les cartouches
se nettoient au jet d’eau à forte pression et ensuite traitées au
chlore et séchées. Les filtrations vont de 0,2 micron à 50
microns pour des débits de 1 à 50 m3/h.
Stérilisation dans l’écloserie
Stérilisation UV : appliquée uniquement en écloserie dans
le cas de risques de pompage d’eau polluée et pour son effet
bactéricide. La stérilisation par UV n’est efficace que si le
débit correspond exactement aux spécifications de l’appareil
et aussi en fonction de la qualité de l’eau à traiter. Une bonne
filtration en amont est indispensable. Elle est utilisée également dans le traitement des eaux de rejets d’une écloserie.
Les lampes UV se nettoient automatiquement ou manuellement et ont une durée de vie limitée. Les débits vont de
quelques m3/h à plusieurs centaines de m3/h. Estimatif de
coût : 1500 Euros pour un débit de 30 m3/h.
82
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
Les filtres et la stérilisation UV
Filtration dans la ferme
Il s’agit uniquement de l’eau en provenance de la station de
pompage. Il y a deux méthodes qui peuvent s’appliquer en
fonction des débits et des moyens de l’exploitant. La filtration
peut prévenir de certains problèmes apportés par les crustacés tels que crevettes sauvages et crabes.
Filtres à tambour : déjà décrit plus haut mais cher. Les
filtres peuvent être installés en série pour augmenter leur
capacité.
Mailles filtrantes : il s’agit de tissus synthétiques de
maillages différents, entre 1 mm et 50 microns. Ils sont installés en sortie de pompes et se fixent sur des châssis. Pour
augmenter leurs surfaces de filtration ils ont la forme de chalut. Inconvénients : se colmatent très vite et risques de déchirures.
La glace
Il est apparu important que, dans ce chapitre, soient traités
les procédés de fabrication de glace. En effet, une exploitation de crevettes d’aquaculture va avoir besoin de glace à
chaque récolte pour la conservation temporaire des produits
et leur transport jusqu’à une unité de conditionnement. La
proximité d’un centre urbain ou d’une usine de conditionnement permettra à l’exploitant de s’approvisionner directement chez des fournisseurs de glace sans avoir à investir dans
ce type de matériel.
Cependant il arrive que la situation de la ferme oblige à posséder sa propre fabrication et stockage de glace ce qui présente de nombreux avantages pour la qualité finale des pro83
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
La glace
duits (compter de 1 à 2 kg de glace /kg de crevettes suivant la
durée de conservation. Il faut rajouter la glace pour le refroidissement des bains de traitements et d’anesthésies, environ
1 kg/kg de crevettes).
La glace se présente sous diverses formes : en barres, en
grains et en écailles.
Glace en barre : c’est la plus traditionnelle. De moins en
moins utilisée, elle reste courante dans certains pays africains
pour un usage domestique et de conservation des produits de
la pêche artisanale. Sa conservation est très bonne mais son
usage est peu pratique car il faut la piler pour arriver à la
répartir sur les produits à conserver.
Glace en grains : sous cette appellation, on retrouve différentes glaces : paillettes et pilées. La fonte de ce type de glace
est très rapide et donc bien adaptée à un usage commercial
comme les présentoirs de poissonneries, grandes surfaces ou
restaurants. Elle est peu adaptée à un usage en aquaculture.
La glace écaille : c’est la glace la plus couramment utilisée
dans la filière pêche et aquaculture. Sa forme en écaille (taille
importante et faible épaisseur) lui assure une plus grande
surface d’échange et lui permet ainsi de refroidir efficacement
le produit. Sa température proche de –5°C lui assure une
" auto-réfrigération " et ainsi une meilleure conservation lors
du stockage.
Les machines à glace
Nous ne retiendrons que le procédé de fabrication de la glace
écaille. Il s’agit de machines à cylindres fixes et verticaux.
D’autres systèmes de cylindre existent (horizontal, tournant)
mais celui-ci est le plus fiable et le plus performant, de plus il
84
É Q U I P E M E N TS E T F O U R N I S S E U R S
La glace
peut être utilisé avec de l’eau de mer sans aucune difficulté
dans la mesure où le matériel est en matériaux inoxydables.
L’eau ruisselle sur la paroi interne du cylindre évaporateur où
elle congèle. Une fraise à denture hélicoïdale tournant à l’intérieur fractionne la glace par simple pression et sans aucun
effort latéral. C’est le système le plus utilisé sur les exploitations d’aquaculture.
Le stockage de la glace se fait soit en conteneurs frigorifiques
soit en silos à glace soit en glacières pour les petites exploitations.
85
AN N EXE A
L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
AN N EXE A
Adresses de quelques fournisseurs
Les noms de fournisseurs européens ou des pays ACP, sont soulignés.
Les autres sont des fournisseurs connus proposant des équipements ou
des produits de qualités déjà testés sur des fermes d’aquaculture de
crevettes.
Pompes
DELTA – DELFINI & cia.ltda
P.Box 09.01.4893, Guayaquil, Équateur
Tél et fax : (593-4) 688010 ou 011
E.mail : [email protected] – Internet : www.deltadelfini.com
ETEC sa
Cartagena, Colombie
Tél : (575) 6685278 – Fax : (575) 6685722
E.mail : [email protected]ed.net.co
TERRAMAR
Culiacan, Mexique
Tél : (6) 7172720 – Fax : (6) 7146705
E.mail : [email protected]
Aérateurs
FAIVRE sarl
7 rue de l’Industrie, 25110 Beaume les Dames, France
Tél : (33)(0) 3 81 84 01 32. Fax : (33)(0) 3 81 84 16 15
E.mail : [email protected]
ACQUA & CO
Via Augera, 5/A 42023 Cadelbosco Sopra, Italie
Tél : (39) 0522 919121 – Fax : (39) 0522 918790
E.mail : [email protected]
86
AN N EXE A
L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
AIRE-O2
P.O.Box 59144 Minneapolis 55459 États-Unis
Tél : (952) 448 6789 – Fax : (952) 448 7293
E.mail : [email protected] – Internet : www.aireo2.com
SINO-AQUA Corporation
Kaohsiung 802, Taiwan
Tél : (886) 7 330 8868 – Fax : (886) 7 330 1738
E.mail : [email protected] – Internet : www.sino-aqua.com
Aliment pour écloserie
INVE
Koning Albertlaan 2B – B.9080 Lochristi, Belgique
Tél : (32) 2 337 77 77 – Fax : (32) 2 337 77 70
E.mail : [email protected]
KURIOS
6, Place Princeteau, 33500 Libourne, France
Tél : (33) 5 57 51 98 39 – Fax : (33) 5 57 51 98 55
E.mail : [email protected]
ARTEMIA INTERNATIONAL
E.mail : [email protected]
Internet : www.artemia-international.com
Aliment pour grossissement
INVE
Voir “Aliment pour écloserie”
VDS
Paanderstraat 40, 8540 Deerljik, Belgique
Tél : (32) 56 719168 – Fax : (32) 56 723002
Web page : http://users.skynet.be/vds/
LFL – LIVESTOCK FEED LIMITED
Claude Delaitre road, Guibies, Ile Maurice
Tél : (230) 208 11 12/3 – Fax : (230) 208 11 14
87
AN N EXE A
L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
UNI-PRESIDENT
301, Chung Cheng Rd, Tainan Hsien, Taiwan
Tél : (886) 6 2536789 – Fax : (886) 6 2549845
Internet : www.pec.com.tw
Filtrations et UV
ABIOTEC Technologie UV
12, avenue Schneider, 92140 Clamart, France
Tél : (33) 1 46 45 19 19 – Fax : (33) 1 46 45 81 13
CUNO
11 rue du Chêne Lasse, BP 245, 44818 Saint Herblain Cedex, France
Tél : (33) 1 49 82 91 00 – Fax : (33) 1 49 82 91 01
E.mail : [email protected] - Internet : www.cuno.com
Nieuwe Weg 1, Haven 1053, B-2070, Zwijndrecht, Belgique
Tél : (32 0) 3 250 1540 – Fax : (32 0) 250 1549
E.mail : [email protected] – Internet : www.cuno.com
ARKAL FILTRATION SYSTEM
Kibboutz Bet-Zera, Vallée du Jourdain, Israël
Tél : (972) 4 6775140 – Fax : (972) 4 6775461
E.mail : [email protected] – Internet : www.arkal.com
PENTAIR Aquaculture sa
1228 Plan les Ouates, Suisse
Tél : (41) 22 794 80 00 – Fax : (41) 22 794 91 43
E.mail : [email protected] – Internet : www.pentair-aquaculture.com
Divers
Grillage plastique : INTERMAS
Ronda de Collvabadell, 11 Pol.ind, 08450 Llinares del Valles, Espagne
Tél : (34) 93 8425700 – Fax : (34) 93 8425701
Internet : www.intermas.com
Calibreuse : LAITRAM MACHINERY – Angleterre
Tél : (44) 121 321 2402 – Fax : (44) 121 321 3382
E.mail : [email protected] – Internet : www.laitrammachinery.com
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Structures métalliques : JOHN REID & SONS – Angleterre
E.mail : [email protected] – Internet : www.reidsteel.co.uk
Métabisulfite de soude alimentaire : GEIMEX
Anvers, Belgique
Tél : (32)3 541 40 00 – Fax : (32)3 541 74 26
Géomembrane PEHD : GSE Lining Technology GmbH
Hamburg, Allemagne
Tél : 49-40767420 – Fax : 49-407674233
Internet : www.gseworld.com
Grues hydrauliques : FASSI GRU IDRAULICHE S.P.A
Albino, Italie
Tél : (39) 35 77 5111 – Fax : (39) 35755214
E.mail : [email protected] – Internet : http://web.tin.it/fassi
Serre agricole : FILCLAIR
Route nationale 96, 13770 Venelles, France
Tél : (33) 4 42 54 07 97 – Fax : (33) 4 42 54 77 28
E.mail : [email protected]
Matériels écloseries : AQUACULTURE SUPPLY
E.mail : [email protected] – Internet : www.aquaculture-supply.com
Matériels divers pour écloseries : ARGENT
8702 152nd Ave. N.E, Redmond, WA 98052, États Unis
Tél : (425) 885 3777 – Fax : (425) 885 2112
E.mail : [email protected] – Internet : www.argent-labs.com
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L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
AN N EXE B
Bibliographie
Ce travail a été lu et corrigé par des experts en aquaculture de crevettes
qui ont une longue pratique de l’aquaculture de crevettes en zone tropicale, on peut citer :
- Olivier MILLOUS : consultant (Inde, Fiji) et propriétaire/exploitant d’une
ferme de crevettes en système intensif de P.monodon de 30 ha au SriLanka pendant 15 ans.
- Jean François VIRMAUX : directeur de Pacifique Aquaculture Service
(fermes de crevettes et de poissons – pêche et conditionnement des produits halieutiques).
Ce document a pu être réalisé grâce à de nombreux ouvrages et études
sur l’aquaculture de crevettes, principalement en pays ACP. Le développement de l’élevage de crevettes dans un pays comme Madagascar a été
une démonstration efficace de la réussite d’un développement maîtrisé et
durable.
Parmi la bibliographie ci-dessous, les deux études du " Schéma de développement " pour Madagascar et la Guinée, ont été très utiles. De nombreux extraits de ces deux études ont été repris dans ce Guide de
l’Aquaculture de la Crevette.
" Étude du Schéma d’Aménagement de l’Aquaculture de Crevettes à
Madagascar ", Ministère de la Pêche, consortium OSIPD. Financement de
l’Union Européenne. Décembre 1997.
" Schéma Directeur de la Crevetticulture en Guinée " Ministère de la
Pêche, SEPIA et COFREPECHE. Financement FAD, Septembre 1996.
" GAA – Global Aquaculture Advocate " revue bi-mensuelle. Global
Aquaculture Alliance. E.mail : [email protected] – Internet : www.gaalliance.org
90
AN N EXE B
L’ É L E VAG E D E L A C R E V E T T E E N Z O N E T R O P I C A L E
" Les Crustacés d’élevage " M.Autrand, édition Maisonneuve & Larose,
1990.
" A Guide To The Common Problem and Diseases of Cultured Penaeus
Vannamei " Aquaculture development program. Oceanic Institute of
Hawai. J.Brock and K.Main 1994.
" Handbook of Shrimp Diseases " Texas University, S.K.Johnson. 1991.
" Prawn Culture " Dr.C.Jung, Westpoint Aquaculture Corporation. 1988.
" Catalogue Technique Aqualog " édition 1996.
" Farm-Made Aquafeed " M.New, A.Tacon and I.Csavas. FAO 1993.
" Pisciculture Continentale – Le Sol " A .Coche, collection FAO –
Formation. 1986.
" Advances in Tropical Aquaculture " IFREMER, atelier à Tahiti 1989.
" Memento de l’Agronome " Ministère de la Coopération et du
Développement. France, 1991.
" Atlas de l’Ecologie " D.Heinrich et M.Hergt, Livre de Poche, 1993.
" Bases biologiques et écologiques de l’aquaculture " G.Barnabé. édition
Lavoisier. 1991.
91
Publications
SÉRIE TECHNOLOGIES
SÉRIE DÉVELOPPEMENT DES EXPORTATIONS
1. Briquettes à base de déchets végétaux
2. La valorisation du phosphate en Afrique
3. La production de savon
4. Production de peinture
5. Blocs de terre comprimée: équipement de production
6. Mousse de polyuréthanne souple: processus
continu
7. La filière avicole dans la zone sahélienne
8. Les produits de concassage : équipements de
production
9. Les petites boulangeries et la valorisation des
céréales locales dans les pays ACP
10. Le guide de l'emballage des jus de fruit et des
boissons fruitées non gazeuses
11. Blocs de terre comprimée : normes
12. Elevage industriel du Tilapia
13. Guide: "Secteur Laitier”
14. Guide: Briqueteries
15. Guide de l'Exploration Minière des minerais
métalliques
16. Séchage du bois
17. Blocs de terre comprimée : procédures d'essai
18. L’extraction des herbes -en préparation19. Code de bonnes pratiques environnementales
pour les projets miniers
1. L'exportation des produits de la mer
SÉRIE CONTRATS ET PARTENARIATS
1. Les achats d'équipements industriels
2. S'implanter en pays ACP
3. ACP/UE : Guide du partenariat en industrie
SÉRIE ÉVALUATION ET FINANCEMENT DES PROJETS
1. Ressources financières pour les projets industriels
dans les pays ACP
2. Manuel FINAN
3. Outils et instruments de la coopération industrielle
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SÉRIE FORUMS
1. Le secteur Agro-alimentaire en Afrique de l'Ouest
- 1995
2. Les matériaux de construction en Afrique centrale
- 1995
3. Dimension Stone in ACP Countries (S.A.D.C.)
4. Le suivi-accompagnements des Forums sectoriels
de Partenariat UE-ACP
5. Dimension Stone in ACP Countries: N° 2Potential and Projects of the Dominican Republic (en
Anglais et Espagnol)
SÉRIE DOSSIERS DU CDE
1. La pêche lacustre en Ouganda: la perche du Nil
2. Perspectives commerciales de l'horticulture de
roses en Afrique de l'Est et Australe
3. Développer la filière pêche au Mozambique
4. Débouchés à l’exportation des fruits transformés
en provenance des Caraïbes
5. Composants en béton: Etude sectorielle CEDEAO
Création et développement d’entreprises ACP

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