Edition du 5 Septembre 2014 - HomeCinema-FR

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Edition du 5 Septembre 2014 - HomeCinema-FR
#92
Edition du
5 Septembre 2014
Nos étoiles contraires
Young Ones
Interview de Robert Rodriguez
L’Homme qu’on aimait trop
La Nuit des morts-vivants
Prisoners
L’installation d’Adrien
Souvenirs d’un pas grand chose
La bête
Beastie Boys - Ill Communication
Coldplay - Ghost Stories
[3D] Rio 2
[3D] 300 : La naissance d’un Empire
Divergente
Brick Mansions
Edition du
5 Septembre 2014
Numéro 92
REDAC' CHEF
Fabi
REDACTEURS
Djee
Eloch
Guyness
IgoR
Laric
Lazein
Le Loup Céleste
Pravda
SnipizZ
Steph-Hifi
Takeshi29
Ze Big Nowhere
CONCEPTION
ET MISE EN PAGE
Laric
Fabi
SOUTIEN ET
PUBLICATION
Syntaxeror
Pixelounge
CORRECTIONS
Fabi
Frahlt
Edité par l’association
HomeCinema FRancophone (HCFR)
association loi 1901 (JO 13/04/2002)
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75012 PARIS
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www.homecinema-fr.com
SOMMAIRE
A l’affiche
Takeshi29 - Josh Boone - Nos étoiles contraires
4
6
Guyness - Jake Paltrow - Young Ones
Maintenant ou jamais, Délivre-nous du mal, Hippocrate
Boys Like Us, Le Secret de Kanwar, Obvious Child
Grand Nord 3D - Les ailes de Johnny May, Don Giovanni, Piège de cristal
Métamorphoses, Mary Kom, Irina, la Mallette rouge
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9
10
11
Nouve
INTERVIEW
au
The Red Bulletin - Robert Rodriguez
12
7ème ART
Eloch - André Téchiné - L’Homme qu’on aimait trop
Djee - George A. Romero - La Nuit des morts-vivants
Djee - Denis Villeneuve - Prisoners
14
16
18
Nouve
INSTALLATION
Laric, Snipizz, Steph Hifi - L’installation d’Adrien
au
20
A LIRE
Igor - Charles Bukowski - Souvenirs d’un pas grand-chose
Pravda - Kenneth Cook - La bête
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27
MUSIQUE
Ze Big Nowhere - Beastie Boys - Ill Communication
Lazein - The Who - My generation
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29
BLU-RAY
Le Loup céleste - Carlos Saldanha - Rio 2 [3D]
Le Loup céleste - Noam Murro - 300 [3D]
Le Loup céleste - Neil Burger - Divergente
Le Loup céleste - Camille Delamarre - Brick Mansions
30
32
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A l’affiche
Takeshi29
Nos étoiles contraires (2014)
Josh Boone
A
daptation du roman « The Fault in Our Stars » : Un jeune garçon et une jeune fille atteints d’un cancer en phase
terminale tombent amoureux.
Date de sortie : 20 août 2014 (2 h 05 min)
Par : Josh Boone
Avec : Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff
Film américain
Genre : Drame et romance
4
www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
je vais devoir passer deux heures devant un truc tirelarmes destiné aux utilisatrices forcenées de Biactol.
Je guette discrètement où se situe la sortie de secours
et là, le piège se referme, les lumières s’éteignent et je
suis parti pour deux heures de torture.
Hein ? Quoi ? Comment ? C’est déjà fini ? Ça chouine
sévère dans la salle, les boites de Kleenex volent de
partout et j’en attrape une au passage afin de sécher
mes larmes au plus vite. Je suis un mec, moi, et il n’est
pas question que mon petit bijou s’aperçoive que son
père n’est qu’une pleureuse qui s’est totalement fait
avoir par ce mélo pour midinettes, qu’il a craqué pour
Hazel Grace Lancaster et Augustus Waters, qu’il a par«Qui n’a jamais eu une ado me jette la première pierre...» tagé leurs rires et leurs larmes, qu’il s’est retrouvé l’espace de 120 minutes dans la tête de celui qu’il était il
Oui je suis allé voir «Nos étoiles contraires» et je vais y a 25 ans.
m’en expliquer.
Ok, ces «étoiles contraires» sont filmées avec les pieds,
Je n’y peux rien, j’ai une petite blonde sublime qui me les scénaristes mériteraient la peine capitale, à moins
sert de fille, dont je suis fou et à qui je ne peux rien que le roman d’origine soit le responsable de ce récit
refuser.
Cette année, cette petite déesse a assuré comme une
folle, elle a obtenu son brevet avec Mention Bien, fait
podiums sur podiums lors de ses compétitions d’équitation, je ne pouvais donc que l’encourager à continuer
ainsi et voici comment je me suis retrouvé à lui déclarer : «Ma puce, ce jeudi, on s’offre quelques heures en
tête-à-tête, et c’est toi qui mènes la danse. Tu choisis ce
que tu veux pour ta jument, le film que tu veux et pour
finir cette journée en beauté, on se fait le resto que tu
souhaites.»
Donc direction le magasin spécialisé en équipement
pour bourrins, petite balade, puis vient l’heure du ciné.
Et là c’est le drame... Je me retrouve dans une salle obscure cernée par une horde de jeunes filles en fleurs. Oh
p.... c’est quoi ce traquenard ? Je regarde le pitch du
film: «Un jeune garçon et une jeune fille atteints d’un
cancer en phase terminale tombent amoureux.» A ce
moment-là, quelques gouttes de sueur font leur apparition le long de mes tempes. Non, ne me dites pas que
qui part dans tous les sens, on peut par instants avoir
l’impression d’être pris en otage, mais rien à foutre,
c’était vachement bien, le duo de jeunes acteurs est
absolument craquant, Laura Dern est toujours aussi
merveilleuse, la bande-son est aux petits oignons. Et
vous n’êtes pas sans savoir l’effet que provoquent ces
fichus oignons lorsqu’on les épluche.
Je sais, vous allez me jeter des pierres, vous moquer
de moi comme vous l’avez fait lorsque j’ai tout avoué
pour «Twilight» mais je vous emm...., vous n’êtes que
des adultes blasés, incapables de comprendre ce qui
se passe dans nos petites têtes et nos petits cœurs, à
nous les filles de 14 ans.
Et au fait, le restaurant était top...
Numèro 91 - HCFR l’Hebdo
5
A l’affiche
Guyness
Young Ones (2014)
Jake Paltrow
D
ans un futur proche, l’eau est devenue une denrée rare. Ernest et ses enfants vivent dans l’espoir de revoir leurs
terres fertiles.
Date de sortie : 06 août 2014 (1 h 40 min)
Par : Jake Paltrow
Avec : Michael Shannon, Elle Fanning, Nicholas Hoult
Film américain
Genre : Action, drame et science fiction
6
www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
«Coup d’effet dans l’eau»
Young ones est un film bien étrange. Situé au carrefour
du film de SF, du western, du ciné indé et du blockbuster, il mixe les codes de ces différentes univers mais,
hélas, emprunte en même temps une tripotée de leurs
défauts respectifs.
On aurait adoré l’aimer, on est contraint de (sérieusement) chipoter.
-Temps bête dans un verre d’eau-
s’étale avec une longueur d’autant plus inutile que
L’impression que Jake Paltrow ne parvient jamais vrai- nous avons déjà assisté à la majorité des images proment à se définir est évidente dans sa façon même de jetées.
réaliser. Des tas de figures de styles sont utilisées, mais
sans réelle cohérence. A un générique de début aride Certaines idées farfelues ne sont pas suffisamment
succèdera un générique de fin à la limite du kitsch. ancrées pour ne pas paraitre totalement gratuites,
Certains cuts extrêmes brutaux sont contrebalancés comme ces policiers de la frontière juchés sur des
échasses (quoi de plus facile à faire tomber ?). En creupar des fondus successifs parfois indigestes.
Un plan résume parfaitement ce «cul-entre-deux- sant un peu, on peut d’ailleurs relever une foultitude
chaises» permanent : d’un écran parfaitement noir, la de petites incohérences. Si on assiste au spectacle d’un
caméra contre-zoome pour nous extraire de l’œil d’un âne, un robot et un bad guy qui se cassent tour à tour
garçon et, toujours en reculant, nous montre le plan une jambe, on peut affirmer que l’ensemble ne casse
d’ensemble d’une famille assistant à une cérémonie (je pas trois pattes à un ******.
n’en dis pas trop) pour finir par être la scène qu’une infirme consulte sur l’équivalent d’une tablette. Ou est la (Et puis il y des choses qui ne passent pas, de notre
cohérence dans tout ça ? Qui aurait pu filmer une telle côté de l’Atlantique: nommer un de ses personnages
Flem Lever. Franchement. Ils voulaient pas ajouter « de
séquence ?
se » au milieu, tant qu’ils y étaient ?)
-Orage, eau des espoirs-blanc-bec dans l’eauMalheureusement, la seule unité de ton se situe dans
un scénario lui-même à la recherche d’un rythme que Tout ceci est fort dommage car le film avait beaucoup
le découpage en chapitres ne parvient jamais à établir à proposer et ne rate pas toutes ses cibles. Sa relative
(et donc raccord avec la réalisation erratique). Certains originalité, son ambiance spécifique, ses quelques
moments clefs de l’histoire sont traités avec une rapi- plans saisissants, sa distribution agréable (même si les
dité confondante, rendant le récit difficilement déchif- personnages féminins sont totalement inexistants et
frable alors que d’autres, évidents, sont distendus avec inconsistants) pouvaient en faire une œuvre importante pour redonner de l’oxygène à une production à
ostentation.
Quand Jerome découvre, par l’équivalent d’une camé- court de tout sauf de budget.
ra de surveillance, la vérité sur le destin tragique de C’est en partie raté, mais on ne peut qu’avoir envie
l’un de ses proches (idem, je cherche à ne pas spoiler), d’encourager ce genre d’effort.
la scène (outre une double perspective incongrue)
Numèro 91 - HCFR l’Hebdo
7
Boys Like Us
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 30mn )
Réalisé par Patric Chiha
Avec Florian Carove, Raphaël Bouvet, Jonathan Capdevielle, Inge
Maux, Gisèle Vienne
Film français
Genre : Comédie
Trois amis gays, trentenaires névrosés, parisiens agités, perdus dans
les montagnes autrichiennes. Entre sommets vertigineux et gouffres
abyssaux, il est peut-être temps de faire le point sur leurs vies, leurs
amours et leur amitié…
Le Secret de Kanwar
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 49mn )
Réalisé par Anup Singh
Avec Irrfan Khan, Tilotama Shome, Tisca Chopra, Rasika Dugal, Faezeh Jalali
Film indien
Genre : Drame
Inde post-coloniale. Umber Singh, un patriarche sikh, se voit contraint de
fuir son village natal devant le nettoyage ethnique qui suit la partition
de l’Inde et du Pakistan en 1947. Après avoir eu 4 filles, il est déterminé à
élever comme un fils Kanwar son dernier enfant, et à cacher son véritable
sexe à tout le monde. Mais quand Umber marie Kanwar à Nelli, une fille de
plus basse caste, tous trois ont à faire face à la vérité de leur identité et des
limites de leur volonté.
Obvious Child
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 23mn )
Réalisé par Gillian Robespierre
Avec Jenny Slate, Jake Lacy, Gaby Hoffmann, Gabe Liedman, David Cross
Film américain
Genre : Comédie
La vie de la jeune Donna Stern n’a rien de particulier : un petit ami, un job dans
une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés... Mais, chaque soir, sur une
scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal
devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent
cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et
surtout d’elle-même. Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer
par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d’un soir et... tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu, mais peutêtre aussi rencontrer l’amour au moment où elle s’y attend le moins.
8
www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
Maintenant ou jamais
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 35mn )
Réalisé par Serge Frydman
Avec Leïla Bekhti, Nicolas Duvauchelle, Arthur Dupont, Léo Lorléac’h,
Orian Castano
Film français
Genre : Drame
Quand on est une mère de famille, en principe, on ne braque pas les
banques. Mais par les temps qui courent, ça peut être une solution
pour assurer l’avenir de son foyer, et ne pas renoncer à ses rêves.
Même si jouer les voleuses peut vite devenir dangereux, et les mauvaises rencontres se transformer en histoire d’amour…
Délivre-nous du mal
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 59mn )
Réalisé par Scott Derrickson
Avec Eric Bana, Edgar Ramírez, Olivia Munn, Chris Coy, Dorian Missick
Film américain
Genre : Thriller
La violence et la noirceur, le sergent Ralph Sarchie connaît bien. Flic dans le Bronx, il est
chaque jour témoin du pire de la nature humaine. Ce qu’il endure a même fini par affecter
sa relation avec sa femme, Jen, et leur petite fille, Christina. Pourtant, rien ne l’avait préparé
à l’affaire que lui et son partenaire Butler vont découvrir. Dépassé, Sarchie va devoir s’allier
à un prêtre renégat dont la foi a souvent vacillé, qui tente de le convaincre que les horribles
événements qui se multiplient sont liés à des possessions démoniaques… Ensemble, le
policier et le prêtre accumulent les preuves que le Mal est à l’œuvre, et Sarchie est forcé de
remettre en cause tout ce en quoi il a toujours cru pour combattre les puissances occultes
qui menacent la ville et sa famille…
Hippocrate
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 42mn )
Réalisé par Thomas Lilti
Avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt,
Félix Moati
Film français
Genre : Comédie dramatique
Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son
premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe
comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne,
Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se
confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des
familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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Grand Nord 3D - Les ailes de Johnny May
Date de sortie3 septembre 2014 (1h23min)
Réalisé par : Marc Fafard
Avec : Lambert Wilson
Film : canadien , français
Genre : documentaire
S’il est des «road movies», voici un «sky movie» qui nous fait survoler
de grands espaces, mais aussi voyager dans le temps. Nous sommes
en vol avec Johnny May, un pilote inuit de 64 ans. Il a été probablement le premier de son peuple à faire ce métier au Canada, du moins
il l’a été au Nunavik.
Don Giovanni
Date de reprise
: 3 septembre 2014 - Version restaurée
Date de sortie : 21 septembre 1988 (2h6min)
Réalisé par John McTiernan
Avec Bruce Willis, Bonnie Bedelia, Reginald Veljohnson
Film américain
Genre : action , thriller
Des terroristes investissent le siège social d’une multinationale à Los
Angeles. Holly, l’ex-femme de John McClane, policier new-yorkais
venu sur la côte Ouest pour Noël, est prise en otage. McLane, enfermé dans le bâtiment, passe à l’action...
Piège de cristal
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 23mn )
Réalisé par Gillian Robespierre
Avec Jenny Slate, Jake Lacy, Gaby Hoffmann, Gabe Liedman, David Cross
Film américain
Genre : Comédie
La vie de la jeune Donna Stern n’a rien de particulier : un petit ami, un job dans
une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés... Mais, chaque soir, sur une
scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal
devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent
cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et
surtout d’elle-même. Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer
par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d’un soir et... tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu, mais peutêtre aussi rencontrer l’amour au moment où elle s’y attend le moins.
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Métamorphoses
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 42mn )
Réalisé par Christophe Honoré
Avec Amira Akili, Sébastien Hirel, Mélodie Richard, Damien Chapelle,
George Babluani
Film français
Genre : Comédie dramatique
Devant son lycée, une fille se fait aborder par un garçon très beau
mais étrange. Elle se laisse séduire par ses histoires. Des histoires sensuelles et merveilleuses où les dieux tombent amoureux de jeunes
mortels. Le garçon propose à la fille de le suivre.
Mary Kom
Date de sortie : Vendredi 05 Septembre 2014 (2h 4mn )
Réalisé par Omung Kumar
Avec Priyanka Chopra, Sunil Thapa, Danny Denzongpa
Film indien
Genre : Biopic
Née dans une zone tribale de l’Est de l’Inde, Mary Kom finira championne internationale de boxe. Ce biopic retrace la vie incroyable
d’une femme qui se servira des injustices pour nourrir sa rage de
vaincre.
Irina, la Mallette rouge
Date de sortie : Mercredi 03 Septembre 2014 (1h 30mn )
Réalisé par Bernard Mazauric
Avec Aman Bain, Anna Cottis, Axel Honounou, Chrystelle Labaude, Colin-David Reese
Film français
Genre : Drame
1995, la guerre de Bosnie se termine. Mais les violences entre ethnies ne
disparaissent pas. Pourchassé par quelques miliciens, Irina 9 ans et son
père s’enfuient. Son père touché par le tir d’un sniper laisse Irina seule et
livrée à elle-même. Elle trouve refuge dans une ferme isolée d’une famille
bosniaque et se lie d’amitié avec le jeune Malik. Mais les préjugés et les
rancœurs viendront bientôt perturber la vie de cette famille sans histoire et
menacer l’amitié naissante entre les deux enfants.
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
11
INTERVIEW
The Red Bulletin
Robert Rodriguez
Robert Rodriguez aura marqué l’univers de
la réalisation par sa vision originale. Plutôt
que de travailler sous le regard attentif des
majors dans les grands studios de Los Angeles, il a choisi de créer sa propre société,
Troublemaker, dans les locaux abandonnés de l’ancien aéroport d’Austin, au Texas.
C’est là qu’il a créé de A à Z son nouveau
film, Sin City : J’ai tué pour elle : du casting
à la réalisation, en passant par la création
des costumes et des décors, la composition de
la musique originale,
les effets spéciaux et la
conception des affiches.
de Hollywood, où seuls les bénéfices
comptent, d’autant plus que le premier
volet de Sin City a récolté 158 millions de
dollars au box- office international.
Un tel degré d’indépendance surprend dans
l’univers
impitoyable
« Je ne me reconnais pas dans l’univers de
Hollywood, celui du business. Pour un créatif comme moi, ça n’a pas beaucoup de sens
12
», explique Robert Rodriguez. « J’ai besoin
d’expérimenter de nouvelles idées, de me
sentir libre de faire mes propres choix, quitte
à me tromper. Si je sollicitais des propriétaires de studios en leur disant ‘Salut, j’ai
peut-être une idée, mais je voudrais pouvoir
faire des essais. Vous me prêtez vos décors ?’,
ils m’enverraient bouler, c’est certain. »
Les crédits au générique de fin d’un film
de Rodriguez sont quelque peu répétitifs.
Pour Sin City 2, par exemple, son nom apparaît comme coréalisateur, producteur,
compositeur, directeur de la photographie
et scénariste. « Enfant, j’ai toujours aimé
la photo, le dessin, jouer de la musique et
faire des films. J’ai choisi la réalisation parce
qu’elle me permet de conjuguer tous ces
loisirs à chaque projet de film. Sur mes tout
www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
littéralement fan de cette BD et j’avais la certitude que personne ne pourrait jamais en
faire un bon film. »
premiers films, je faisais tout, alors quand j’ai
découvert le système hollywoodien, je me
suis dit ‘Pourquoi est-ce que je devrais abandonner certains rôles ? J’aime vraiment chacun d’entre eux. »
Cette éthique professionnelle, Rodriguez
la tient de son habitude de tourner des
films à très petit budget. Son premier film,
El Mariachi (1992), qui raconte l’histoire
d’un musicien pris à tort pour un meurtrier en cavale, n’a coûté que 7 000 dollars.
Columbia Pictures a acquis les droits de
distribution et a investi 1 million de dollars dans le marketing et la promotion du
film. Le film a rapporté deux fois la somme.
C’est de là qu’est née la légende de Rodriguez : un réalisateur capable de tourner un
long-métrage en moins d’un mois avec un
tout petit budget.
Mais c’est surtout depuis Spy Kids que
Hollywood a une foi totale en Rodriguez.
Les quatre opus de la saga, débutée en
2001, ont généré plus d’un demi-milliard
de dollars de recettes mondiales. Ce succès lui a offert la liberté de donner vie à
tous les projets qu’il pouvait avoir à cœur.
Et ce dont il rêvait depuis longtemps était
d’adapter en noir et blanc la bande dessinée de Frank Miller. « Il m’est déjà arrivé
d’aller chez le libraire acheter un numéro
de Sin City, pour me rendre compte, de retour chez moi, que je l’avais déjà en trois
exemplaires, » raconte Rodriguez. « J’étais
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
Rodriguez est fasciné par l’univers graphique unique de l’œuvre de Miller, dont
les dessins en noir et blanc, très contrastés,
dépeignent des personnages taillés dans
le brut : criminels défigurés, prostituées,
flics vengeurs ou encore politiciens corrompus. Dans sa première adaptation de
Sin City, Rodriguez explique qu’il est resté fidèle au style viscéral de Miller dans la
mesure de ce qui lui semblait acceptable
en 2005 : « Dans le premier film, je me suis
retenu car je craignais que les gens ne comprennent pas ce qu’ils étaient en train de regarder. Que ce soit reçu comme trop dérangeant, trop étrange. Au final, les spectateurs
ont trouvé ça innovant visuellement ! Je me
suis dit, ‘Mince alors, j’aurais pu leur en donner encore plus. » Le tournage de Sin City
2 a débuté par un coup de fil : Rodriguez
a téléphoné à l’actrice américaine Jessica
Alba pour lui demander de rejoindre aussi
vite que possible les studios Troublemaker.
« Je lui ai dit ‘Euh, Robert, tu aurais dû me
prévenir bien plus tôt !’ », raconte l’actrice,
hilare. « Mais bon, c’est comme ça qu’il fonctionne. »
Ayant incarné la danseuse exotique (Nancy Callahan) dans le premier Sin City, Jessica Alba n’a pas été réellement surprise
d’être ainsi convoquée par Rodriguez. Le
réalisateur lui a remis le script six mois
avant le début du tournage, période durant laquelle elle s’est entraînée avec un
chorégraphe pour exécuter à la perfection
les danses de cette suite. Cette préparation a payé et lui a permis de tourner en
quelques jours seulement à Austin. « Il fait
ce qu’il a à faire, il est efficace, très calme et
très gentil. »
Rodriguez n’a pas fait passer d’essais aux
autres acteurs avant de commencer le
tournage. « Quand vous avez votre studio,
vous n’avez pas besoin de demander d’autorisation pour faire quoi que ce soit », dit-il.
« Le train démarre, les gens n’ont plus qu’à
monter dedans. » Parmi les passagers, Eva
Green, celle pour qui l’on tue, et Joseph
Gordon-Levitt, un mystérieux joueur en
mission.
A l’époque du tournage du premier long
métrage Sin City, Rodriguez a fait figure
de précurseur en recourant au fond vert,
une technique selon laquelle les acteurs
jouent sans décor, devant un arrière-plan
neutre qui est rempli numériquement en
post-production. Le studio avec fond vert
de Troublemaker fait penser à une immense caverne, de la taille d’une usine, le
tout peint dans un vert fluo tropical.
Ce peut être déstabilisant la première fois.
« Quand Josh Brolin est arrivé sur le tournage, il m’a demandé, ‘Où est Mickey Rourke
?’ et je lui ai répondu, ‘Il a fini de tourner, il
est déjà reparti’ Et lui : ‘Mais, j’ai toutes mes
scènes avec Mickey ?! On se balade, on boit
des coups ensemble, il me conduit en voiture
!’ et moi de lui rétorquer, ‘Je sais. On verra
bien quand on y sera, mais ça va marcher.
J’ai déjà fait ça. »
Sin City : Elle se base sur quatre récits de
Frank Miller : deux préquels jamais publiés,
celui de la BD éponyme et un autre chapitre, The Long Bad Night, créé spécialement pour le film. La structure en vignette
de ce film reprend celle du premier long
métrage, mais cette fois-ci Rodriguez a
laissé libre-cours à sa volonté de fidélité à
l’œuvre de Frank Miller avec un style plus
franc, choquant et contrasté. En plus du
noir et blanc sans compromis de l’original,
Rodriguez propose aussi, au choix, une
version en 3D. « Je voulais me rapprocher
davantage de la proposition originale de la
BD. Quand on vous apporte une merveille
comme celle-là sur un plateau, vous voulez
en conserver toute la magie », conclut-il. A
suivre : sincity-2.com
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13
7eme Art
Eloch
L’Homme qu’on aimait trop
André Téchiné
A
gnès, fille de la propriétaire d’un casino, rencontre Maurice. Il la met en relation avec son principal
concurrent afin d’obtenir le contrôle du casino.
Date de sortie : 16 juillet 2014 (1H 56m)
Par : André Téchiné
Avec : Catherine Deneuve, Guillaume Canet, Adèle Haenel
Film français
Genre : Drame
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
« Les filles légères ont le cœur lourd « mais en mouvement. On débute
sur un portrait, au crayon, de MauD’emblée, Agnès, de retour rice Agnelet au jour de son premier
d’Afrique après un divorce, tente la procès dont le verdict ne cessera de
légèreté. Dès son arrivée et sa ren- changer et qui ne permettra pas de
contre avec Maurice Agnelet, elle donner une issue certaine à Agnès.
se détache de ce qui lui pèse. Elle Et on quitte le film sur la mise en
débarque sans bagage, veut à tout mouvement d’une photo qu’Agnès
prix faire des voyages à moto, se a longtemps eu sous les yeux
baigne dans l’eau fraîche, y flotte
et semble comme échapper au
monde qui l’entoure. Elle croit se
faire un simple ami, de toute façon,
elle n’est «pas son genre», refuse de
s’en approcher trop près, au début,
pour fuir celui qui «ne ressemble
pas à un agneau» malgré son nom.
Et pourtant, comme le chantait Catherine Deneuve dans «Les biens aimés» (et qui joue ici, Renée Leroux,
la mère d’Agnès), «les filles légères
ont le cœur lourd». Dès lors, quand
Agnès plonge toute entière dans un
amour (à sens unique) pour Maurice, c’est en faisant semblant de se
détacher qu’elle se détruit. Elle accepte de le partager mais veut être
tout le temps avec lui. Elle lui fait
part de ses sentiments alors qu’il refuse d’être «pris dans les sentiments
des autres» et surtout elle jette sur
le papier sa douleur d’aimer. Elle se
laisse happer, rejette sa mère, trahie, en larmes. Il y a tant de mystère
et de liberté avortée chez Agnès
Leroux, qu’André Téchiné et Adèle
Haenel, au jeu habile et corporel, retranscrivent magnifiquement dans
une danse africaine fascinante ou
encore dans une photo d’enfant au
regard perçant.
Dès lors, Téchiné s’intéresse à ce
couple instable pris entre détachement et attachement, la caméra
joue le mystère, mouvante parfois
jusqu’à l’excès, en suivant Agnès
l’insaisissable qui flanche. Et Téchiné
passe les plus beaux moments de
son film à observer le déluge (parfois réel dans l’eau qui jaillit) d’une
comme reflet de ce qu’elle était, et
vie qui erre, par amour.
de ce qu’elle est encore, prise, ellemême, dans les sentiments des
Mais, comme Agnès, Téchiné se fait
autres. Au milieu d’enjeux qui la
rattraper, malheureusement, par la
dépassent quand elle veut s’émanlourdeur du fait divers, et nous filme
ciper de son héritage (le casino)
un procès lourdingue avec un Guiltout en s’y attachant fermement
laume Canet, jusque là bien dans
(son argent) jusqu’à pourrir ses reson rôle, ridicule en acteur vieilli
lations avec sa mère. La distance
artificiellement. C’est un échec qui,
grandit entre ces deux femmes et
malgré la superbe dernière image
c’est dans cette distance que se
du film, casse le rythme fuyant du
glisse Agnelet, le séducteur qui n’aifilm. La caméra se fige, les acteurs
mait pas les sentiments. Téchiné ne
jouent un simulacre de reconstitule juge pas en le présentant comme
tion.
un petit avocat ambitieux et très
méticuleux, un peu arriviste sur les
bords. Un homme comme trahi par
sa cliente la plus importante à ses
yeux, il lui donne beaucoup, Renée Leroux. C’est la seule fois où il
saura vraiment ce que ressentent
les femmes qu’il prend et jette par
manque d’empathie. Il ne semble
en avoir aucune, pas même quand il
conte, avec froideur, la mort de son
Comme si, après la pluie qui suit la
frère.
disparition d’Agnès, après l’histoire
d’amour aux ailes coupées, Téchiné
se désintéressait de son film avec la
disparition de son héroïne. A croire,
que comme les filles légères, les
cinéastes, eux aussi, ont parfois le
cœur lourd face à la réalité qui les
encombre...
Et c’est par là que le film commence
et se termine, un portrait qui fige
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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7eme Art
Djee
La Nuit des morts-vivants (1970)
George A. Romero
V
enus se recueillir sur la tombe d’un proche, Johnny et Barbara sont attaqués par un personnage inquiétant. Barbara voit Johnny se faire tuer.
Date de sortie : 21 janvier 1970 (1 h 36 min)
Par : George A. Romero
Avec : Duane Jones, Judith O’Dea, Marilyn Eastman
Film américain
Genre : Epouvante-horreur
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
«Va manger tes morts !»
http://youtu.be/J8Z549GKkeM
«Nous les savons avides de notre pourriture, mieux que
de la confiture à des cochons... »
lore manouche et son fameux «Va manger tes morts
», le film démocratise la « vie » éternelle. La mort pour
tous !
Sa genèse débute dans un cimetière, là où tout finit
pour l’Homme. Le berceau morbide d’une nouvelle espèce vouée à supplanter la précédente.
Les Morts-vivants restent une ébauche, les maquillages et le gore sont discrets. Et on ne me fera pas
croire qu’un noir qui met une blonde K.O, n’en profite
pas ensuite pour la faire tourner comme une toupie.
Romero se désintéresse un peu des causes, a des soucis avec le rythme et propose des archétypes pour personnages. Pourtant ça marche.
Le huis clos se transforme en siège, le George pose une
ambiance apocalyptique, invente la blaxploitation,
prophétise Ébola, nimbe le tout d’un brouillard de pessimisme assumé jusque dans son refus d’un happy end.
Non content d’inventer un (sous-) genre, Romero ne
le laissera pas vivoter sans lui proposer d’autres variations sur le même thème. Profitant sans vergogne de
l’intellectualisation de son film par la critique, il surfera
sur la vague et réussira à créer un univers.
Il flotte dans l’air une odeur pestilentielle, des relents
de fin du monde. La vague mortelle amorce son roulis,
un peu d’écume suffit à notre malheur. La gerbe.
Les morts ont faim, ils se lèvent, rôdent et dévorent les
vivants.
La rumeur enfle, putride, charrie le bruit et l’odeur. La
lutte vouée à l’échec débute. Putain ! Comment croire
vaincre la mort ?
Il va falloir se battre et jamais «tomber les yeux». La fin
est proche. Bientôt, tituber sera la norme.
Je le sens.
« On tient jusqu’à demain, parce que demain c’est loin
».
George A.Romero invente le zombie de la nouvelle ère
et le film matrice du cinéma d’horreur moderne. Petite
production indépendante (qui tombera dans le domaine public à tout berzingue, la faute à un copyright Mais ça, c’est pour demain.
oublié sur les copies) influencée par la guerre du Vietnam, «The Twilight Zone », Richard Matheson, le folk-
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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7eme Art
Djee
Prisoners (2013)
Denis Villeneuve
U
n père apprend que sa fille a été kidnappée avec celle de son meilleur ami. Il se met alors à suspecter
une personne qu’il va traquer..
Date de sortie : 9 octobre 2013 (2 h 33 min)
Par : Denis Villeneuve
Avec : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis
Film américain
Genre : Policier, drame et thriller
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
«À l’heure où sous l’écorce, jaillit la force»
D’emblée, un frisson passe et pose un voile
nauséeux.
La caméra caresse au plus proche le quotidien, une banlieue pavillonnaire banale et
lui donne l’allure d’un jardin de la terreur.
L’atmosphère n’inspire rien qui vaille.
Tout peut arriver et devine, c’est le pire qui
se pointe.
Prisonnier de sa douleur.
Face à lui dans ce drame, alors qu’il s’obstine à vouloir être son allié, Jake Gyllenhaal
(profite, j’ai le droit d’écrire son nom une
fois par trimestre et c’est là. J’ai un mot
Hugh Jackman habité de rage et de désespoir, tellement loin de son Wolverine de
pacotille, se met à nu dans un rôle implacable et dévoile sa part d’ombre. Aveuglé,
enragé, inhumain, terrifiant, il chevauche
à flanc de certitudes, joue à LA ROULETTE
RUSSE avec sa conscience.
Et pourtant, malgré ses excès, on est avec
lui, enfin moi, quoiqu’il fasse, dans les
larmes comme dans son escalade de la
folie et c’est la grande force du récit de
Villeneuve. Cette empathie malsaine pour
ce père au bout du bout, vomissant sa
violence, sa seule alternative, comme un
pansement illusoire posé sur sa profonde
détresse.
Monsieur Jolie se grattait la tête avec la
constance du footballeur qui se mouche à
l’africaine à l’endroit même où il va bientôt
se vautrer.
La comparaison avec l’autre film d’ambiance noire de noire qu’est le Fincher s’arrête là pour ma part. La mise en scène de
Denis Villeneuve souligne sans artifice, te
pose en satyre complaisant, sans abuser
des ficelles propres aux thrillers. On pense
évidemment au livre de Patrick Sénécal et
au film de Daniel Grou, «Les Sept jours du
Talion».
Ici, si tu as un poil de jugeote, tu peux trouver que le mec prend son temps dans sa
révélation finale. Mais est-ce que c’était le
but ?
du médecin.) s’en sort proprement avec
un vrai rôle de *****, carrément ingrat. Le
flic éclatant d’impuissance et qui patauge
grave.
Prisonnier de son incapacité à résoudre
cette affaire.
Comme ces gens qui ralentissent pour jeter un œil à l’amas de ferraille et de chair
mélangés sur le bord de la route, on est
pris à témoin d’une descente aux enfers.
C’est marrant, en le voyant cligner des
yeux avec la régularité du joueur de tennis qui se remet les roubignoles en place,
j’ai pensé à Brad Pitt dans Se7en. Sauf que
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
J’aime à penser qu’on est prisonnier de
notre voyeurisme morbide.
Alors je le pense.
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INSTALLATION
Laric, Snipizz, Steph-Hifi
On est vraiment au cinéma !
Cela fait longtemps qu’HCFR n’avait pas passé en revue d’installation
Home-Cinema (ou Hifi). Depuis plusieurs mois, nous y réfléchissions
et, avec une nouvelle équipe, nous sommes très heureux de reprendre
enfin ce cycle. Nous avons quelques-unes en réserve, mais il nous a
semblé logique de commencer par une installation un peu particulière
et qui fait bien le lien entre les dernières publiées et des choses plus
récentes notamment au niveau du matériel.
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
C’est donc par l’installation d’Adrien que commence cette série d’articles.
Jeune homme originaire de Marseille, maintenant installé dans une maison de village dans le
centre de l’Hérault, Adrien est bricoleur, patient et courageux. Et du courage, il en fallait ! Rendezvous donc dans ce petit village de l’arrière pays héraultais où Adrien nous attend de pied ferme.
Dès l’entrée, Adrien nous dirige vers l’ancienne cave/garage/buanderie que ce dernier a largement
transformée et aménagée, notamment grâce des membres HCFR locaux qui ont pu l’aider à couler
dalles, plancher, monter les armatures bois, tendre le tissu, ...etc. C’est ça aussi, l’esprit HCFR !
Juste avant d’entrer dans la salle (cette partie n’est pas encore terminée), un grand rack avec
l’ensemble des électroniques est disposé sur la droite. Nous sommes en présence d’une ancienne
armoire informatique qu’Adrien, grâce à un autre membre HCFR, a pu récupérer dans un centre
informatique qui déménageait! Nous reviendrons plus tard sur le matériel mais on peu déjà noter
la présence d’appareil assez atypiques… Adrien, pourtant fringant jeune homme, possède une
installation au matériel relativement «vintage»! Un lecteur de Laserdisc (il en a plus de 3700, et il
n’y a pas d’erreur de zéro!), de MiniDisc Sony (en grand nombre), un Scaler (Crystalio), etc. Et pour
couronner le tout un magnifique tri-tubes Barco 9 pouces… !
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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On vous avait avertis, cette
installation tout juste terminée fait
vraiment le lien avec nos précédente
revues en donnant la part belle aux
anciennes technologies, Tri-Tubes,
Scaler, DVD, rien de très courant de
nos jours. Néanmoins Adrien n’est
pas ancré dans le passé, il possède
aussi une bonne collection de
BluRay et le lecteur nécessaire.
que les enceintes d’effet sont en
nombre, deux arrières et quatre
latérales ! Sachant en plus que ce
sont de véritables enceintes de
cinéma (KCS SR-15) équipées d’un
38 cm pour le canal grave et une
chambre de compression 1’’ pour
le reste de la bande passante, on
comprend qu’Adrien n’a pas fait les
choses à moitié !
Une fois franchie la porte d’entrée
de la salle, au-dessus de laquelle
trône le Barco 9’’, nous nous
retrouvons dans une ambiance bien
connue des home-cinéphiles : murs
tapissés de velours noir, plafond en
dalles rockfon, belle moquette au
sol et un sentiment de sobriété, seul
l’écran de 3m est visible ainsi que
les enceintes d’effets, bref une salle
dédiée dans sa plus pure expression.
On remarque immédiatement
Pendant que le tri-tubes est mis
en route et monte en température,
Adrien nous propose d’enlever
l’écran pour dévoiler le système
de haut parleur avant. L’écran est
composé d’une toile trans-sonore
«Chris24» bien connue sur HCFR (et
chère au cœur de votre serviteur,
étant à l’origine de sa découverte)
tendue sur un solide cadre bois de
demi chevrons. Cet écran est fixé
sur des équerres en acier. Une fois
mis sur le côté, l’ensemble avant
se dévoile… Nous sommes là
aussi en présence d’un ensemble
de trois enceintes cinéma (KCS
S-2000) équipées elles aussi d’un
38cm et d’une «petite» chambre de
compression de 2 pouces! Le tout
est complété par deux caissons
48cm équipés de HP JBL… Cet
imposant ensemble est installé
sur une série de parpaings. Depuis
notre visite, notre hôte à revu cette
partie, remonté les enceintes et
caissons et harmonisé ces derniers
en remplaçant le KCS C-118 par un
second JBL.
Vous l’aurez compris, il y a de quoi
remuer les tripes !
Pour la petite histoire, Adrien
a eu l’opportunité de racheter
l’équipement
complet
d’une
vraie salle de cinéma du côté de
Construction
Adrien à transformé la cave en un véritable home-cinéma au prix de gros travaux, nettoyage, ragréage du sole, nouvelle dalle béton, grattage des murs,
doublage placo, faux plafond avec dalles acoustiques, puis intégration des enceintes cinéma derrière un ossature bois qui est ensuite remplie de laine
acoustique et couvert de tissus tendu.
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
Marseille pour une bouchée de pain
(quelques centaines d’euros), c’est
la raison de cet équipement un peu
atypique en home-cinéma.
Après une petite photo de l’équipe
de reportage HCFR, nous aidons
Adrien à remettre l’écran sur son
support et place au spectacle…
Nous enchainons différent extraits:
Batman, L’odyssée de Pi, le pacte
des Loups… Le tri-tubes Barco 9’’
nous enchante toujours autant. La
précision est certes discutable, il
est délicat de parfaitement régler
les convergences et du fait de
l’installation récente, Adrien n’a
pas encore totalement optimisé
ce point. En revanche, le rendu
colorimétrique et, surtout, le
niveau des noirs et le contraste sont
bien présents et nous rappellent
combien les tri-tubes étaient (sont
?) imbattables sur ce plan.
Cette image chaleureuse est
secondée par un environnement
sonore bien présent et ciselé,
les dialogues sont d’une clarté
hallucinante… L’audio est confié
au processeur YamahaDSP-AZ1. Si
ce modèle est un peu ancien et ne
prend pas en charge les nouveaux
formats HD Audio, il reste une
référence côté traitement audio. La
partie amplification est, elle, prise
en charge par une batterie d’ampli
Materiel Home Cinema
Sources :
- laserdisc Pioneer DVL 909
- DVD oppo 971 modifié SDI
- HD DVD Toshiba XE1
- bluray Panasonic BDM-60
Processeur HC : Yamaha DSP-AZ1
Amplis :
- 2*Yamaha P5000s
- 1*Yamaha P3500s
- 1*Yamaha PC9500n
Enceintes :
- 3*KCS S-2000
- 6*KCS SR-15
- 1*KCS C-118 équipé en JBL 2241h
- 1*JBL 3635
Scaler : crystalio VPS-3800
Projecteur : TT Barco 1209s
Ecran : «Chris research» transonore
3m de base en 16/9
Télécommande : Harmony 900
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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Yamaha « Pro », P3500, P5000 et
PC9500, bref du lourd mais qui est
tout à fait adapté au matériel utilisé
ici et qui surprendrait plus d’un
audiophile quant à leur rendu…
Avec six enceintes, nous craignions
que les effets soient un peu trop
présents ; il n’en fut rien, les réglages
audio sont optimisés aux petits
oignons. Seules les compressions
deux pouces avant apportent peut
être un peu trop de présence au haut
du spectre, mais rien de très gênant.
mais que nenni, Adrien nous invite à
prendre le verre de l’amitié à l’étage et
là nous découvrons une installation
HIFI de très belle facture ! Enceintes
Jean Marie Reynaud Offrande
Signature, Ampli Sim Audio, lesteur
CD Cairn Fog 2, lecteur MiniDisc
Tascam ( !) et superbe lecteur Integra
Research… Sans oublier les milliers
de disques, laserdisc, MiniDisc, DVD,
Blu-ray… Et comme fan absolu du
vintage, notre ami collectionne aussi
les consoles. En particulier une Neo
Geo AES avec un lot complet de
Nous pensions en avoir terminé cartouches !
Vous l’avez compris nous avons
été conquis par cette installation,
certes un peu atypique mais Adrien
à su composer entre matériel un
peu ancien, particularité de son
environnement (le sous-sol) et les
réglages de l’ensemble, il a réussi à
tirer le meilleur de tout cela ; ce jourlà, on était vraiment au cinéma !
L’installation d’Adrien sur HCFR : http://
w w w. h o m e c i n e m a - f r. c o m / f o r u m /
installations-homecinema-dediees/le-ptitcine-d-adrien13-t30026046.html
Ecran sur mesure
Adrien a encore
une fois fait appel
au savoir faire des
membres du forum
w w w. h o m e c i n e ma-fr.com.
Son écran utilise
une toile « Chris24 »
éminent membre de
nos forums. Ce dernier, avec l’aide et les
conseils d’Echobelly
et Laric et après de
très nombreux essais
à trouvé un tissus très
particulier qui permet
d’obtenir une projection de grande qualité colorimétrique
tout en laissant le son
traverser l’écran, une
toile de maitre !
24
Materiel HIFI
Sources :
- laserdisc Pioneer CLD-925
- DVD Intera Research RDV.1
- Minidisc Tascam MD-301mk2
- CD Cairn Fog 2 (+soft)
- LP Technics SL-1800
Pré-ampli : Sim Audio P5.3 rs
Ampli : Sim Audio W3
Enceintes : JMR Offrande Signature
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SnipizZ
La première chose qui attire l’œil
dans l’installation d’Adrien, c’est
l’énorme tri-tubes trônant à l’entrée
de la salle, suspendu au plafond. Ce
vidéoprojecteur est tout simplement
monstrueux et à l’heure des changements technologiques de plus en plus
récurrents, on se demande comment
un tel engin résiste au temps. Eh bien,
croyez-moi, l’image délivrée par ce
diffuseur datant de 1999 est relativement correcte. Compatible haute définition, l’image est douce, avec une
belle profondeur des noirs. Certes,
l’image est clairement délavée, les
gris étant prédominants, mais il faut
vraiment voir un tri-tubes en vrai
pour se rendre compte de l’efficacité
de cette technologie, vieille de plus de
15 ans. Le choix est donc totalement
respectable, même si les vidéoprojecteurs d’aujourd’hui offrent une image
bien supérieure à celle-ci.
Côté son, le matériel est un poil surdimensionné par rapport à la salle.
Mais vu l’affaire qu’a faite notre hôte,
pourquoi s’en priver ? Les voix sont
claires, les caissons nous offrent un
impact certain.
Cependant, un amplificateur audio
HD permettrait de profiter au maxi-
mum des pistes DTS HD MA et Dolby
True HD des Blu-ray.
Une bien belle installation, élaborée
par un vrai passionné de cinéma et
de rétro-technologie.
L’équipe HCFR de cette visite, Laric, StephHifi et SnipizZ
Steph-Hifi
en laine de roche, mais sans cloison que nenni, nous avions là le beurre,
dure) permettant a mon sens d’ex- l’argent du beurre et la crémière! Un
Cela faisait un certain temps que je pliquer l’excellent rendu des graves grave capable de descendre très très
n’avais pas visité d’installation HC. dénué de mode propre gênant a bas (le 16 hz est atteint sans proCe «trio» d’installations visitées en l’écoute.
blème) provoquant des effets phyquelques jours m’a rappelé ce lien
siques dignes d’un butkicker tout
unique qui nous rallie autour d’une L’image, par sa taille, est immersive, en restant extrêmement rapide, très
même passion et m’a aussi permis confirmant les contrastes, la douceur modulé et explosif en parfait raccord
de me «benchmarker» quelque peu, et la fluidité qu’il est possible d’obte- avec les frontales. Ces dernières assun’étant pas a un spécialiste du HC.
nir avec un tri-tubes 9 pouces. Cela rant un parfait relais en terme d’énernous a rappelé aussi a quel point les
L’installation d’Adrien prouve une projecteurs récents sont accessibles gie avec ses pavillons chargés par des
chose : quand la passion est là, on et ont fait des progrès. Commetant chambres de compressions 2 pouces
peut «pousser les murs»! Vue d’exté- d’autres, les projecteurs Barco m’ont qui ne faisaient pas dans la dentelle :
rieur, dans un très joli village, cette fait rêver et restaient pour beaucoup une super définition, très ouvert sans
coquette maison de ville ne laisse pas inaccessibles, si la marque poursuit être projeté mais avec peut-être cerdouter un instant ce qu’elle peut ca- maintenant un autre chemin, on taines duretés perceptibles liées sans
doute au manque de recul ainsi qu’a
cher à l’intérieur !
peut être rassuré, la relève est la.
l’absence de tweeter.
Nous avions là une jolie sélection Le son nous a bien mis dans l’action
de produits stars mais d’une autre ! Quel punch ! Le grave fourni par les Au bilan, une très grande réussite
époque, le tout dans une salle de deux caissons de 46 ne sont sur le mêlant DIY, matériels pro chinés et
belles proportions permettant le papier pas ceux qui visitent le mieux anciennes électroniques capables
choix d’un vrai grand écran. L’acous- l’intégralité du canal LFE au bénéfice encore de très bien fonctionner, nous
tique de la salle «molletonnée» était d’un très bon rendement et d’une très prouvant là qu’avec un budget vraihyper mate dans l’aiguë mais sur- forte capacité d’accélération. Eh bien ment contrôlé, on peut faire de très
très belles choses !
tout décompressée a l’arrière (mur
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
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A LIRE
Igor
Souvenirs d’un pas grand-chose (1992)
Charles Bukowski
Pour tous les pères
Étrange et inexplicable dédicace. Repentir tardif, pardon irrationnel ou
ultime pied-de-nez cynique à un paternel haï. C’est en ces termes déroutants que Bukowski, plus sobre que
jamais, introduit ce qui sera sa plus
belle confession.
De romance il n’est plus question.
Nul faux-semblant, nul artifice, nulle
échappatoire.
Buk fait place nette et se livre à nu.
Sale, perdu, inadapté, différent mais
incroyablement HUMAIN.
C’est une naissance. Celle d’un intégriste de l’Humanité, trop grand pour
son pays, son époque. De l’enfant
naïf à l’adulte déboussolé, c’est le
parcours chaotique d’un condamné
à l’exclusion, éternel paumé, terrifiant de lucidité dont le seul crime
sera d’avoir trop tôt compris.
cat. Sous le regard terriblement lucide du vieux Buk, l’enfant et l’adolescent furieux sont décortiqués, sans
pitié mais avec une douce amertume.
Et rendent la pareille.
Bukowski ne s’épargne pas et juge, au
travers de son propre vécu, l’adulte
qu’il est devenu.
Tout le génie littéraire de l’homme
est là, dans cette capacité unique à
mêler l’autobiographie à la réflexion,
à juger ses contemporains en se jugeant soi-même, à savoir disparaître
de sa propre histoire le temps d’une
généralisation profondément humaniste, à pousser un cri d’espoir quand
même le lecteur n’y croit plus, à faire
rire quand rien ne s’y prête, à faire
pleurer avec des mots.
Bukowski, alcoolique violent et raté
notoire, fut l’un des plus grands auteurs de ce siècle et, surtout, l’un des
derniers êtres humains dignes de ce
nom.
Le tableau est pénible, l’espoir semble
n’avoir jamais voix au chapitre. Pourtant, contre vents et marées, contre
un monde qui ne lui correspondra jamais, le marginal avance. Lentement,
à sa manière et sans prétention, avec
pour seule ambition d’exister sans
disparaître dans l’océan de conformisme qui l’entoure, armé de ses
seules convictions – forgées dans la
souffrance et les rancœurs – il se débat pour ÊTRE.
Bien plus qu’une
misérable exposition de la misère
humaine, ces souvenirs sont une tribune, un échange,
un manifeste déli-
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www.homecinema-fr.com - Septembre 2014
A LIRE
Pravda
La bête (2014)
Kenneth Cook
Aujourd’hui je vous conseille un Matins de Trop») et encore moins
livre cochon
un réquisitoire contre la guerre du
Vietnam («Le Vin de la Colère DiCe n’est plus un secret pour per- vine»). Non.
sonne, j’adore Kenneth Cook, cet «La Bête» est un roman d’aventure,
écrivain australien avec lequel tinté de thriller et de beaucoup,
je vous rebats régulièrement les beaucoup de cochons.
oreilles. Le cas échéant, faites semblant d’être au courant, me donnant Alan Treval, accompagné de son
ainsi l’illusion que je ne passe pas fils Michael, est un chercheur parti
sur les traces des animaux féraux
mon temps à parler dans le vent.
dans une région reculée où ne se
Une fois de plus, nous sommes en dressent que quelques ranchs et
Australie, dans le bush, toujours. Ici le bar salvateur du coin. Qu’est-ce
ce ne sont pas des nouvelles humo- donc qu’un animal féral ? C’est un
ristiques («La Vengeance du Wom- animal domestique -- cochon, chat,
bat») ni une épopée nihiliste («Cinq votre mari -- qui, relâché en pleine
nature, retourne
à l’état sauvage.
Et se reproduit,
trop. Et bousille
tout un écosystème parce que
croyez le ou non,
des milliers et des
milliers de cochons, ça fait du
dégât. Lâchez-en
un seul dans vos
plate-bandes et
on en reparle.
Plus qu’étudier
leur
comportement,
Treval cherche un
moyen de les
éradiquer quand
il entend l’histoire d’un fermier du coin qui
aurait été atrocement mutilé
par un cochon
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
sauvage qu’il avait capturé peu de
temps auparavant. Et attention, pas
n’importe quel cochon, le plus gros
que l’on aitjamais vu de mémoire
d’homme et qui en plus semble
plus intelligent que ses congénères.
Sauf que pour Treval un cochon est
un cochon, il n’est pas intelligent, ne
conçoit pas de plans d’attaques, ne
ressent pas de haine mais attaque
par instinct.... Et pourtant...
Voilà, donc pour ceux qui ne sont
pas rebuté par la lecture du mot
«cochon» un bon trillion de fois et
ont juste envie de passer un sympathique moment de lecture et d’évasion, je conseillerai bien cette bête.
Le meilleur dans ce livre étant qu’il
ne souffre d’aucun temps mort, on
reste constamment dans l’action et
les personnages, bien que moyennement approfondis demeurent
résolument sympathiques. La relation père fils d’Alan et Michael,
pleine de complicité, la rencontre
avec une jolie jeune femme (il en
faut toujours une) et son père, vieil
octogénaire bourru sous perfusion
constante de scotch... Le tout parsemé de touches d’humour bienvenues et si emblématiques de leur
créateur. Certes pas de la grande
littérature mais dans son domaine,
un livre très efficace.
Puis faut avouer... Ce cochon gigantesque et à l’aura diabolique est
méchamment badass !
27
MUSIQUE
Ze Big Nowhere
Ill Communication (1994)
Beastie Boys
Les blancs-becs du Hip-Hop
1994. Le Hip-Hop brille de mille feux au firmament de la musique
américaine et déverse sur le monde des litres de samples monumentaux et de flows rageurs.
C’est une année mythique pour le Rap.
Une vague noire, trop longtemps contenue dans ces ghettos
communautaires, déferle sur les ondes bien proprettes de l’Amérique sauce Father Bush.
Des kilos de « Kaïras» enfouraillées jusqu’aux oreilles sortent
de tout les coins. Du métal de partout, de haut en bas, de leurs
poches garnies de «guns» brillants et glacés comme la mort,
jusqu’à ce sourire métallique et carnassier qui scintille de leur ratelier doré à l’or fin.
Run DMC et Public Enemy quelques années plus tôt avaient montré le chemin, et c’est désormais une hémorragie de talent qui
s’écoulent à grands flots, des veines des grandes cités.
Des veines gonflées, des veines gorgées d’un sang épais et bouillonnant que l’on inciserait d’un coup rapide de lame de rasoir et
qui éclabousserait d’un rouge indélébile les murs blancs d’une
société stupéfaite.
Les talents brimés, les cris de haines, de désespoir, les appels à
l’aide ou à la rébellion envahissent les ondes et annoncent à
grand coups de bâton la maturité nouvellement acquise du Rap
américain.
En 1992, Rodney King se faisait passer à tabac par quelques flics
décérébrés, l’agression est filmée par un amateur et fait le tour
des médias.
La terre gronde. Les émeutes enflamment les ghettos Californiens
et réveillent la jeunesse noire des bords de ville à coups de baffes
dans la gueule.
Deux ans après, la digestion reste
difficile et la gueule de bois est profonde.
Mais cet «hangover» nauséeux laissera des traces indélébiles dans le
paysage.
Le gros Notorious B.I.G et son
«Ready to Die», OutKast avec «Southernplayalisticadillacmuzik»; NAS
28
et le sublime «Illmatic», Gravediggaz et «6 Feet Deep» ou Warren
G et le smoothie «Regulate... G Funk Era « entre autres sortiront de
ce pavé sanguinolent et graveront leurs noms sur le bitume, du
bout de leur cran d’arrêt.
Mais au milieu de cette rébellion «Black», de ce mouvement HipHop communautaire, trois New-Yorkais blancs comme des culs
lâchent leur quatrième album studio sur les ondes.
A la sortie de « Ill Communication», les Beastie Boys sont dèjà
connus, reconnus et respectés dans le monde du Hip-Hop depuis
le succès de leur premier album «Licensed to Ill».
Nos anciens Punks débarquent à fond la caisse dans cette année
faste pour le Rap Ricain et balance un son aussi «melting-poté»
que leur bonne vieille New-York City.
«Ill communication» est l’enfant légitime de leur précédent album le très Funky et sautillant «Check your head» https://www.
youtube.com/watch?v=ZdJ5e70Q8mw et le monumental «Paul’s
Boutique» véritable laboratoire de recherches de Hip-Hop expérimental https://www.youtube.com/watch?v=SM32R91KMDc.
Les Beastie maîtrisent à merveille leur style.
Ce style inimitable, cette fusion jouissive entre Rock et Rap, ce
mélange des genres parfaitement abouti, cette partouze musicale sans capotes où les hypothétiques dangers se transforment
en orgasmes à répétition.
Tout y est en bordel, les fluides se mêlent, les styles se fondent et
se confondent mais ce Hip-Hop reste d’une pureté sans tâches.
Les samples sont léchés et intelligemment mixés, le «flow»
démentiel, les lignes d’instrus sont pêchues et carrées. Dave
Navarro himself vient même rajouter un peu de ****** à cet album qui n’en manque pourtant pas https://www.youtube.com/
watch?v=H4PN7Xbexq4.
Les petits culs blancs de nos Beastie Boys brillent par leur pâleur
dans la légende du Rap Américain et sont devenus un repère majeur dans l’histoire de l «East Coast Rap»
L’énergie épicée et adolescente qui coule de cette galette multicolore comme la sauce blanche de ton kebab, te colle aux doigts
et salit tes pompes, mais PUTAIN que c’est bon !
https://www.youtube.com/watch?v=JhqyZeUlE8U
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MUSIQUE
Lazein
My generation
The Who
«I Hope I Die Before I Get Old»
Comme dirait un philosophe, «Vieux motard que jamais!» car
j’explore enfin la discographie des Who, un des pans incontournables, une étape obligée sur la route du Rock...
1965, la très fertile matrice du rock anglais accouche d’une nouvelle portée baptisée «The Who». Dès leur apparition, ces quatre
derniers rejetons s’avèrent très fougueux et ne font aucun complexe dans leur nichée au milieu de leurs jeunes frères aînés Beatles et Stones qui accaparent admiration et adoration.
Les Who se démarquent de leurs frangins, ils le revendiquent en
créant et assumant un son novateur qui coule les fondations de
courants à venir comme le hard-rock ou le punk. Ils ne sont pas
bien mignons, ces petits Who, mais ils s’en foutent depuis que la
musique leur a infligé une fêlure au ciboulot à chacun...
Pete Townsend, le gratteur frénétique, adopte des postures révolutionnaires et outrageantes en jouant les jambes écartées,
guitare calée entre son bas-ventre et ses cuisses. Il maltraite ses
cordes par des gestes brusques, limite violents, qui leur arrachent
un son sec et nerveux. Townsend se démarque du jeu appliqué
de John et George ou du blues langoureux qui nourrit Keith. Dès
l’entame de leur premier méfait par «Out in the Street», sorte
de blues à la Bo Diddley sous amphé, Townsend en précurseur
noisy, expérimente en exploitant larsens et autres nuisances grésillantes causés par le tripotage de son jack, de ses micros ou de
son switch.
John Entwistle s’incruste dans l’Histoire avec «My Generation»,
titre emblématique et fécondateur du mouvement punk. La
trame mythique du morceau est composée par le riff d’une basse
lourde et chaude qui se permet même de claquer son solo!
En batteur déjanté, Keith Moon inaugure un jeu très énergique,
puissant et incessant de breaks, à faire rougir de honte ou de
jalousie Charlie et Ringo . Keith Moon influencera et entrainera
dans sa folie des générations entières de batteurs à commencer
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
par John Bonham proche
de l’éclosion.
Au milieu de cette bande
de cinglés, le lutin Roger
Daltrey parait un peu timoré et éparpillé, il a encore
besoin d’apprivoiser sa
voix. Cependant son idée
de b-b-b-bé-bégaiement
sur «My Generation» est
géniale et, rétrospectivement, son timbre évoque
celui de Liam Gallagher («La-La-La-Lies» & «It’s Not True»). .
«My Generation» évite les chansons d’amuuuuur au profit de thématiques sur l’ennui, la solitude, la révolte et l’insolence. Cette
galette de 12 titres dont 9 exclusivement signés Pete Townsend
inclut deux reprises de James Brown, autre fou génial («I Don’t
Mind» malaxe choeurs roucoulants, breaks furieux et soli secs tandis que «Please, Please, Please» trop respectueux est le titre le plus
sage de l’album).
«The Kids Are Alright» piétine le territoire mélodique des Beatles.
«The Good’s Gone» sent Iggy Pop sous les aisselles de Daltrey. La
relecture du blues crapuleux et suant de Bo Diddley «I’m A Man»
coule progressivement vers un final chaotique. A l’instar de «My
Generation», «A Legal Matter» émet des effluves punk par son riff
simpliste et son rythme. «The Ox» est joué sur une mer déchainée par des membres piétinant la surf music. Cette conclusion
du skeud atteint le paroxysme de la folie créatrice du quatuor :
Townsend torture sa guitare comme le Voodoo Child et Keith
Moon se mue en un frappeur tribal et survolté.
«My Generation» est le premier glaviot balancé sur le chemin encore policé du Rock n’ Roll. Gueulards, suants et dérangeants, The
Who investissent les lieux en force et avec fracas.
29
Blu-ray
Le Loup Celeste
Rio 2 [3D]
Carlos Saldanha
B
lu a pris son envol et se sent désormais chez lui à Rio de Janeiro, aux côtés de Perla et de leurs trois
enfants. Mais la vie de perroquet ne s’apprend pas en ville et Perla insiste pour que la famille s’installe
dans la forêt amazonienne alors qu’ils découvrent que d’autres aras bleus y vivent...
Année : 2014
Durée : 101 min
Réalisateur : Carlos Saldanha
Doubleurs : Jesse Eisenberg, Anne Hathaway, Jemaine Clement, Will.I.Am, Bruno Mars (VO), Lorànt
Deutsch, Laetitia Casta (VF)
30
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Cette ode chatoyante et enjouée à la forêt amazonienne dont le message écologique est le bienvenu,
est une suite de haut vol qui a le rythme dans la peau et où la perfection de l’animation, la succession
de gags, l’inventivité du bestiaire et l’éloquence de la bande originale sont un festival pour les yeux et
les oreilles. Venez donc danser la samba aux côtés de Blu et Perla !
Le Blu-ray
Image
Une explosion de couleurs tropicales et de détails subtils (plumes, becs et végétation) couplée à une luminosité éclatante,
une définition inébranlable, des textures raffinées, une profondeur de champ renversante et des contrastes robustes.
Audio
Des pistes sonores équilibrées et jamais agressives (les basses fréquences
sont très tempérées pour ne pas effrayer les plus jeunes) aux voix claires,
à la musique joliment répartie et à la scène arrière bien sollicitée (les ambiances de la forêt amazonienne).
La 3D
Elle est épatante et nous immerge au cœur de la forêt tropicale avec un
naturel désarmant . La fenêtre de profondeur est très bonne voire même
excellente (cf la bataille finale) sur les plans larges et/ou panoramiques (la
distance de l’horizon est hallucinante) malgré la présence de flous sur les
arrière-plans lors de certaines vues rapprochées, les détachements comme
la sensation de volume sont tout simplement idéaux grâce à un positionnement spatial des éléments proche de la perfection (cf la danse de bienvenue
des aras bleus et la séquence de foot), les débordements sont permanents
(têtes et bustes des oiseaux, murs, branches des arbres, objets humains) et
s’étendent généreusement hors de l’écran (les becs), et les jaillissements ne
sont pas oubliés avec un déluge d’effets en tous genres (les cotillons lors
de la séquence d’ouverture sous le Corcovado, le couteau suisse de Blu, un
oiseau accroché à une liane) dont des projections puissantes de noix. C’est
la fiesta !
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
Fiche technique
Le film :
Blu-ray :
3D :
Format vidéo
1080p24 (MVC) / [2.40]
Pistes sonores
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Français (VFF) DTS 5.1
Sous-titres
Anglais et Français
Région : B (France)
Éditeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 20 août 2014
31
Blu-ray
Le Loup Celeste
300 : La naissance d’un Empire [3D]
Noam Murro
L
e général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui
changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés
par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse...
Année : 2014
Durée : 102 min
Réalisateur : Noam Murro
Acteurs : Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Callan Mulvey, Rodrigo Santoro
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Avec sa direction artistique soignée, son récit qui s’intègre parfaitement aux évènements du premier
opus, sa méchante charismatique en diable, ses affrontements débridés et autres batailles navales
hyper-spectaculaires, son déluge d’hémoglobine, ses ralentis stylisés, ses poses ultra-iconiques et sa
BO brutale que l’on doit à Junkie XL, “300 : La naissance d’un Empire” s’impose comme une suite de
qualité qui embrasse le style de son aîné tout en proposant un spectacle bien différent. Les fans de
“300” seront donc ravis de ce spectacle particulièrement épique.
Le Blu-ray
Image
À la hauteur de nos espérances, le présent transfert HD véhicule une définition
explicite, des contours précis, un étalonnage des couleurs exceptionnel aux teintes
bleues/argentées, des contrastes saisissants et des noirs abyssaux.
Audio
Des pistes sonores à très grand spectacle dotées d’une dynamique puissante,
d’une spatialisation équilibrée et nuancée, d’effets avant et/ou arrière copieux,
d’ambiances riches (la pluie, les vagues) et de basses intenses.
La 3D
Une post-conversion réussie mais pas exempt de tout défaut. La fenêtre de profondeur est ainsi très bonne sur l’ensemble des plans larges et panoramiques (le plan
fantastique où Xerxès contemple son royaume du haut de son balcon) mais plutôt
moyenne lors des plans rapprochés à cause d’arrière-plans flous et de nombreuses
éclaboussures qui viennent salir l’objectif, même si cet effet (couplé aux lens-flares)
permet de s’immerger totalement dans la violence des combats. La sensation de
volume est également variable et passe d’excellente à médiocre (lorsque les couchers de soleil accompagnent l’action). Enfin, les débordements (de la pluie, des
braises, des armes et des lens-flares) et les jaillissements (de l’eau, du sang et des
débris) sont exploités en permanence ou presque mais sont malheureusement de
faible intensité. Néanmoins, cette 3D nous plonge irrémédiablement dans le bain !
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
Fiche technique
Le film :
Blu-ray :
3D :
Format vidéo
1080p24 (MVC) / [2.40]
Pistes sonores
Anglais DTS-HD Master Audio 7.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Français (VFF) Dolby Digital 5.1
Sous-titres
Français
Anglais pour malentendants
Région : B (France)
Éditeur : Warner Bros.
Date de sortie : 16 juillet 2014
33
Blu-ray
Le Loup Celeste
Divergente
Neil Burger
T
ris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits,
Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas
rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente...
Année : 2014
Durée : 139 min
Réalisateur : Neil Burger
Acteurs : Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet, Ashley Judd, Jai Courtney
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Adaptation du premier tome de la trilogie de Veronica Roth, “Divergente” est une fable d’anticipation pour
jeunes adultes (qui lorgne un peu du côté de “Hunger Games”) sur la domination sociale et la quête de liberté,
où l’univers dystopique à la fois riche, complexe et bien structuré, la trame maligne (peu de sentimentalisme)
et même ambitieuse qui voit son héroïne intrépide s’émanciper peu à peu, les personnages bien caractérisées
à l’épaisseur flagrante, les acteurs engagés (Shailene Woodley crève l’écran), la mise en scène consciencieuse,
le suspense continuel et les scènes d’action efficaces ne donnent qu’une seule envie … découvrir au plus vite
le prochain film !
Le Blu-ray
Image
De toute beauté avec une définition précise, des textures fines, des
détails par milliers, une belle profondeur de champ, des couleurs
naturelles, des contrastes éclatants et des noirs profonds.
Audio
Il ne faut surtout pas hésiter à augmenter sensiblement le volume
pour profiter de ces deux pistes sonores (M6 Vidéo oblige) dont le
mixage manque légèrement de dynamisme mais aussi d’ambiance
sur les arrières, néanmoins, les voix sont claires, la spatialisation est
précise et la musique est bien aérée.
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
Fiche technique
Le film :
Blu-ray :
Format vidéo
1080p24 (AVC) / [2.35]
Pistes sonores
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Français (VFF) DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres
Français & Français pour malentendants
Région : B (France)
Éditeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 20 août 2014
35
Blu-ray
Le Loup Celeste
Brick Mansions
Camille Delamarre
D
étroit, 2018. Damien, policier expert en arts martiaux, est chargé d’infiltrer le dangereux ghetto
de Brick Mansions afin de neutraliser une arme de destruction massive détenue par le gang de
Tremaine, qui règne sur les lieux...
Année : 2014
Durée : 90 min
Réalisateur : Camille Delamarre
Acteurs : Paul Walker, David Belle, RZA, Catalina Denis, Gouchy Boy, Ayisha Issa
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Truffé de bastons douloureuses, de cascades spectaculaires et de courses-poursuites endiablées, ce
remake de “Banlieue 13” est une série B d’action ultra-efficace ne se prenant jamais au sérieux (les
méchants sont bien cartoonesques) qui remplit sa mission de divertissement aussi décérébré que buriné grâce à la mise en scène excitée de Camille Delamarre et au rythme grisant du récit qui enchaîne
les scènes agitées jusqu’à l’overdose.
Le Blu-ray
Image
Un transfert HD fabuleux qui flatte en permanence les pupilles.
La définition est impeccable, le piqué est tranchant, les détails
sont nets, la colorimétrie est éclatante, les contrastes sont
poussés, les noirs sont impénétrables et la fluidité ne souffre
d’aucune faille.
Audio
Des pistes sonores puissantes qui déchaînent généreusement
les basses lors des séquences d’affrontement et qui exploitent
tous les canaux pour délivrer des ambiances immersives, des
effets musclés et une BO omniprésente.
Numèro 92 - HCFR l’Hebdo
Fiche technique
Le film :
Blu-ray :
Format vidéo
1080p24 (AVC) / [2.39]
Pistes sonores
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Français (VFF) DTS-HD Master Audio 5.1
Français (Audio Description) DTS-HD MA 2.0
Sous-titres
Français imposés sur la VO
Français pour malentendants
Région : A (États-Unis)
Éditeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 1er avril 2014
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La Semaine Prochaine
L’actualité des sorties cinéma ...
De nouvelles critiques musicales, littéraires ou 7ème Art...
Mais aussi des surprises, des coups de coeur
et encore plus de tests Blu-ray (2D et 3D).
Rendez-vous le vendredi 12 Septembre 2014 pour
L’HEBDO n°93
38
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