Tremblement de coeur - Nouveautés

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Tremblement de coeur - Nouveautés
Vanet.fr - le Reve et la Vie
Tremblement de coeur
Tremblement de cœur
Dans le parc les bourgeons, d'un rose féminin, tendent leur doigt vers le ciel de printemps. Au loin, le clocher du village
tinte, douce caresse musicale pour les endormis du dimanche. Le chant victorieux d'un oiseau taquine les personnages
insolents. Le rouge de sa gorge est de la tendre couleur des lèvres désirées. Dans la chaumière l'horloge reste muette,
mais son lourd balancier cuivré résonne d'un pas lent et majestueux. Et, de battement en battement, le soleil de mars
vient timidement éclairer les secondes qui s'écoulent. Un peu plus loin, derrière la haie, une fondrière abrite une
couvée de chats. Leur mère leur apprend avec méthode à grimper sur le tronc du pommier tandis que Narcisse, le chien,
monte une garde farouche. Le rêveur entrevoit la flèche de la cathédrale, haute et ciselée, et dressée de l'immobilité
royale des gardes empourprés. Cette flèche outrecuidante émerge du lac azuréen et impassible. On perçoit aussi,
derrière le petit bois, le chant des baladins. Leur carriole aborde les lacets de la route et le grincement du timon
accompagne leurs tambourins. Les enfants tournicotent leurs crécelles et les jupons des filles agacent les garçons en
tourbillonnant. Le tricard, bourdon en main, se repose auprès de la source, bercé par la ritournelle souriante de long
fraîche. Les bateleurs l'entourent et le taquinent. Mais l'amusement tourne vite à la moquerie puis l'invective. Le ciel est
toujours bleu et la grive vendangeuse célèbre la saison des amours : un chant tendre et mélodieux lui répond
amoureusement. Un peu plus loin, sur le chemin des puits, la maison du général et son décor vert tendre est vide : la
famille est au Tréport, là où les rouleaux mugissants éclaboussent le rire des enfants. Le cousin garde la parentèle dans
le pavillon de chasse ; et l'odeur âcre de l'opium vient se mêler aux fumées fracassantes du fagot qui s'éteint. Le
chemin rouge s'étend jusqu'aux elle est immobile du moulin. L'herbe haute et la ciguë arrogante monte la garde autour
des tamis inutiles. Plus loin encore, l'auberge est vide et le château à vendre. Mais sur les talus, les fleurs bourdonnent de
senteurs immaculées, tandis que le pas des forains martèle en cadence le gravillon moqueur. Dans les vergers,
immuablement disposés, les pommiers angoissés se bistournent gauchement : le vent de l'océan se glisse jusqu'à eux
pour gauchir leurs bras écartelés. Alors seulement, les moutons et les calvaires, les hommes épuisés et les charrues
mutilées se relèvent gravement de leurs rêves indicibles. La flûte et la viole soulagent le basson tandis que les cuivres
clament haut et fort le renouveau et l'espoir. Le jour se lève enfin. La joie est dans les cœurs. Il est midi plein et les
compagnons peuvent tracer, buriner, sculpter : ils sont contents et satisfaits. Des gouffres d'azur et des puits de feu
s'éclairent à l'Orient, tandis que, par la porte opposée, le soleil teinte d'amarante les regrets desséchés des pitoyables
réprouvés. Et enfin, dans tes yeux, des boules de saphir se disputent l'étincelle des comètes. Ta gorge se soulève
dans le bruissement affolé d'un plaisir prodigieux et d'une impudeur magique. Et là, commence le tremblement de cœur...
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Généré: 11 February, 2017, 11:34

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