Isabelle Le Minh : Un jeu mélancolique par Lucile Encrevé La

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Isabelle Le Minh : Un jeu mélancolique par Lucile Encrevé La
Isabelle Le Minh : Un jeu mélancolique
par Lucile Encrevé
La photographie est le premier medium d’Isabelle Le Minh, née en 1965 en
Allemagne : premier car c’est celui avec lequel elle a débuté, laissant un emploi
d’ingénieur-brevets à Berlin pour l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie
d’Arles, et celui qu’elle privilégie encore aujourd’hui, avant tout comme objet
d’étude puisque, dans ses œuvres récentes, elle ne photographie elle-même
quasiment plus. Elle déclare ainsi à propos d’une partie de sa production actuelle,
commencée en 2007, placée sous le titre d’»After Photography» : «La règle que
je me suis fixée est que chaque travail constitutif de ce work in progress se réfère
à un artiste qui a compté dans mon parcours et dont l’œuvre sera prétexte à une
spéculation sur la nature de l’image ou à une réflexion sur les outils et les moyens
de production de la photographie [...]»5 .
Plusieurs œuvres exposées au Wharf dans l’exposition «Soon»6 qui lui a été
consacrée en 2009 renvoient ainsi à celles d’autres artistes, de toutes générations,
usant de la photographie, et les déplacent, rejouant «la forme contemporaine» de
ce «jeu entre tous les hommes de toutes les époques»7 qu’est l’art pour Marcel
Duchamp, la postproduction, en se référant dans ses titres explicitement aux
travaux de Robert Frank, Henri Cartier-Bresson, Ed Ruscha, Victor Burgin et
Christian Marclay et implicitement, avec le mot «after», à ceux de la génération
des appropriationnistes (et d’abord de Sherrie Levine, qui, dès 1979, dans
After Edward Weston, re-photographie un corpus d’oeuvres) mais aussi des
postproducteurs contemporains (tel Jonathan Monk produisant en 2002 son film
Small fires burning (after Ed Ruscha after Bruce Nauman after)). Ainsi : Words
of light (After Robert Frank), petite peinture de 2007-2008, est une copie d’une
photographie de Frank, Mabou, Nova Scotia (1977), Trop tôt, trop tard (After
Henri Cartier-Bresson), onze tirages jet d’encre de 2008, gomme «tout ce qui
atteste d’un instant décisif»8 dans certaines œuvres célèbres de Cartier-Bresson,
Re-play (After Christian Marclay) (2008-2009), rejoue, avec des versos de
photographies épinglés au mur, White Noise (1993) de Marclay, Just an illusion
(After Ed Ruscha), impression jet d’encre de 2009, constitue, photographie d’un
mot («illusion») formé par de la pellicule vierge, un détournement d’œuvres sur
papier de Ruscha (dans lesquelles il trace à partir des années 1960, sur un ruban
de papier dessiné avec son ombre, un ou plusieurs mots) et Nothingness/ Ball
of nothingness (After Victor Burgin) renvoie au Cheminphoto [Photopath] que
Burgin a présenté à l’exposition When Attitudes Become Form en 1969 à l’ICA
de Londres après en avoir fait une instruction card en 1967. Détournement érudit,
donc, d’œuvres d’hommes (et d’hommes aussi les œuvres sur lesquelles elle
travaille aujourd’hui) – sans qu’il y ait dans ce choix (étonnant quand on sait
combien les femmes se sont saisies tôt de la photographie) un engagement
féministe (mais plutôt, comme souvent dans l’appropriation à ses débuts, une
reprise de terrain et aussi un désir de brouiller les pistes des genres).
5
6
7
8
58
Isabelle Le Minh, «After Photography», texte non publié.
«Soon – Isabelle Le Minh», Caen, Wharf, 16 janv.-21 mars 2009.
Nicolas Bourriaud, Postproduction, Dijon, les presses du réel, 2003, p. 11.
Isabelle Le Minh, «After Photography», op. cit.
Les titres sont parfois des citations plus discrètes d’œuvres à l’impact moins
direct auxquelles des femmes ont collaboré – Trop tôt, trop tard reprend le titre
d’un film de 1982 de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, dans lequel, sur des
images de la France puis de l’Egypte, sont lus des textes de Friedrich Engels et
de Mahmoud Hussein, et I’ll be your mirror (petite installation photographique
de 2008-2009, constituée de trois images, réalisée à partir d’une photographie
amateure et grâce à Photoshop) celui d’une chanson du Velvet Underground
interprétée avec Nico (1967).
Quand les œuvres dialoguent avec un contexte plus low art, il ne semble pas
nécessaire à l’artiste de le signaler dans un titre – ainsi Wor(l)ds grand mobile
en acier et bois laqué de 2008-2009 qui rejoue dans l’espace réel le fameux logo
jaune virtuel de Pathé. Et quand le lien avec un autre artiste est davantage de
l’ordre de l’influence que de la reprise, le nom de celui-ci n’apparaît pas 9 – Philippe
Gronon, dont l’œuvre, des Châssis photographiques de 1987-1988 aux Tableaux
noirs au tournant du siècle, a fortement marqué Le Minh, est ainsi à l’origine des
Tableaux (dont le titre peut se lire aussi comme un clin d’œil à l’oeuvre de JeanMarc Bustamante), photographies à échelle 1 des dos de peintures du musée des
Beaux-Arts de Caen accompagnées des photocopies de leurs cartels constitués
d’un court descriptif (où l’on s’aperçoit que leurs sujets, du voile de Véronique à
la crucifixion, sont liés aux notions d’apparition et de disparition) réalisées, ironie
du sort, en 2003 et donc avant que Gronon engage en 2005, alors que Le Minh
expose ses œuvres à Orléans10 , une série similaire, Versos, photographies en
couleur de dos de peintures11 .
Ce jeu avec l’art et les artistes se retrouve dans deux œuvres où Le Minh, qui y lit
un écho à son ancienne activité d’ingénieur-brevets au sein de laquelle la notion
d’antériorité est d’importance, brasse à plaisir et avec un humour qui parfois frôle
l’Idiotie sa culture encyclopédique : This is the artist, diaporama où elle classe
depuis 2005 des centaines d’images d’artistes selon des critères volontairement
approximatifs et humoristiques («in good company» par exemple, séries de
photographies d’artistes avec - I - une femme, - II - un chien, – III - une voiture),
et jamais de qualité, et Listing, classement d’une multitude d’artistes (parfois peu
connus), débutant toujours par «Tu sais, l’artiste qui», au moyen de traits les
caractérisant («peint des chiffres», «a travaillé sur la zoologie» ou «a un nom qui
est le prénom d’un autre artiste»), qui, mis en place au départ en 2004 avec la
bibliothécaire Catherine Schwarz à l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen, prend dans
l’exposition deux formes – une liste d’environ 300 pages imprimée en continu
par une imprimante et quatre diaporamas en boucle (Listing/détail), le début de
phrase étant écrit sur un mur de couleur en néon blanc ou directement en noir. On
pense bien sûr à la déclaration de Sherrie Levine, datant de 1981 : «Le monde
est si plein qu’on y étouffe […] Nous pouvons seulement imiter un geste, toujours
9
L’ensemble, s’il annonce le corpus titré After Photography, n’en fait pas partie.
10
«Isabelle Le Minh. Tableaux», Orléans, Images du Pôle, 14 oct.-13 nov. 2005.
11
Etrange jeu entre leurs deux œuvres (et avec la peinture) puisque si Le Minh, à partir de ses Tableaux, ne
travaille plus qu’en noir et blanc, Gronon, avec ses Versos, vient à la couleur.
59
antérieur. Le plagiaire, qui succède au peintre, ne porte plus en lui de passions,
mais plutôt cette immense encyclopédie dans laquelle il puise.» 12 Comme si ces
listes où s’additionnent les noms et les visages étaient une explication du désir
de Le Minh, qu’habite face aux images un «sentiment de déjà vu»13 , de ne rien
inventer et de faire circuler à nouveau des œuvres déjà réalisées par d’autres. Et
e-bay, nouveau marché aux puces international sur lequel Le Minh achète une
partie de ses photographies (pour les oeuvres Re-play (After Christian Marclay),
Marclay ayant trouvé les siennes dans des marchés aux puces berlinois, et I’ll be
your mirror), est aussi le lieu de tous les étouffements et de tous les recyclages.
Ce qui caractérise les pratiques du détournement et que l’on retrouve ici encore,
c’est la perte de l’aura – perte liée, on le sait, à l’apparition de la photographie.
Un moment d’interrogation. Sur les notions d’auteur et d’originalité – liées depuis
des siècles à la valeur (à la fois matérielle et symbolique) de l’œuvre. This is the
artist est en effet, plus qu’une réelle analyse de l’image comme partie prenante
du discours des artistes (ce serait un autre projet), une entreprise de banalisation
et d’uniformisation de ces derniers, souvent peintres (ainsi ces photographies
d’artistes enfants, dans le chapitre «in his early year», qui ressemblent à n’importe
qui, où pourrait être introduit n’importe qui), et une mise à distance critique du
modernisme (telles ces images d’artistes pensifs dans «doubting, thinking, trying
to understand»). De même la petite peinture d’après Frank, à l’huile sur toile
et d’une maladresse voulue (et qui s’allume dans le noir !), semble moquer ce
medium, la peinture, dont le lien à la photographie est au cœur des réflexions
de l’artiste, qui se souvient avoir suivi à Arles un cours sur Richter et Polke de
Christian Milovanoff, qui a lui-même de 1980 à 1986, avec un ensemble de
photographies de fragments de tableaux qui tend vers l’abstraction, revisité le
Louvre14. Parmi ses contemporains qui pratiquent la citation on pense encore
une fois à Monk, grand amateur lui aussi d’objets remis en circulation (œuvres
d’artistes, dessins ou photographies amateurs) qui se moque avec légèreté de
peintres qui se sont fortement mis en scène – de Pollock évoqué dans My name
written in my piss (1994) à Mondrian (1995) dans Me up a tree similar to one
painted by Piet Mondrian in about 1915.
Au-delà de ce dialogue avec les œuvres des autres (finalement aujourd’hui assez
attendu), c’est davantage la multitude de liens entre les oeuvres qui frappait dans
l’exposition du Wharf. De nombreuses productions de l’artiste semblent en effet
se faire écho, se répondre : s’y lisent d’autres dimensions de l’oeuvre. Ainsi Just
an Illusion (After Ed Ruscha) suspendu dans l’espace sur un fil et le mot «Words»
12
Sherrie Levine, Five Comments (1980-1985), in Blasted Allegories, An Anthology of Writings by Contemporary
Artists, Cambridge, MIT
Press, 1987, p. 92 : «The world is filled with suffocating […] We can only imitate a gesture that is always interior,
never original. Succeeding
the painter, the plagiarist no longer bearswithin him passions, humors, feelings, impressions, but rather this
immense encyclopedia from
which he draws.»
13
Isabelle Le Minh, texte non publié (sur la série Trop tôt, trop tard).
14
Christian Milovanoff, Le Louvre revisité, Paris, Contrejour, 1986.
60
dans l’œuvre Wor(l)ds sont liés au (et comme issus du) petit tableau, Words of
light, reprenant une image de Frank, qu’elle considère comme un manifeste, où
celui-ci a réuni deux 15 de ses photographies à l’extérieur sur un fil à linge (une
œuvre des Americans, Political Rally, Chicago de 1956, et une, énigmatique,
noire, où se détache le mot «Words»). S’y dit l’intérêt de Le Minh (qui use dans
ses œuvres de plusieurs langues, qui ont baigné son enfance – français et
allemand dans Re-play ou anglais dans This is the artist -, et a suivi avec intérêt
des cours de sémiologie) pour les mots, inscrits aux versos des Tableaux, au
dos des photographies dans Re-play ou qu’elle écrit elle-même, sur tous les
supports. Force des mots, derrière lesquels disparaissent les images (Words
comme un équivalent de Worlds ?). Réflexion en tous cas sur la distance du mot
à l’objet (le référent) et de l’objet à sa représentation.
Lié à cette réflexion, dans un autre groupe d’œuvres, l’intérêt de l’artiste pour
le trompe-l’œil (cette illusion): cette peinture rejouant une photographie, donc,
Words of light, renvoie aux photographies produisant des peintures de la série
des Tableaux mais aussi aux photographies de parquet posées sur le parquet
dans Nothingness/ Ball of nothingness. Chez Le Minh, qui encadre de blanc
les œuvres qu’elle emprunte, rien cependant d’une idéologie de la tautologie
mais un regard porté sur la photographie, objet choisi car, écrit-elle, il «nous
fait sans cesse hésiter entre le doute et la croyance (au monde / en l’image)»16
. Questionner le réel représenté, donc, le cacher (et non le révéler, ce que l’on
attendrait de toute photographie) jusqu’à le perdre presque avec ses Tableaux,
dont elle dit qu’ils sont issus et de l’oeuvre de Gronon et du dos d’un tableau du
radicalement abstrait Josef Albers rencontré dans un numéro des Cahiers du
Musée national d’art moderne.
Un autre groupe se décèle encore : des œuvres qui ne livrent que leur dos, dos
de tableaux, donc, dos de photographies dans Re-play, dos d’un homme dans I’ll
be your mirror (comme s’il fallait toujours se rendre de l’autre côté des images).
Tourner le dos, c’est être absorbé, mais c’est aussi aspirer à autre chose, se
projeter autre part, introduire un ailleurs, un mystère, mettre en place un dispositif
d’attente – le mot «soon» (bientôt) ne constitue t-il pas le titre de l’exposition
au Wharf ? Le dos est le lieu du secret, il est celui de la mélancolie. L’œuvre
de Le Minh, ludique, si proche parfois de celle de Monk, se distingue par cette
forte mélancolie, qui l’emmène loin des années 1960, des arts conceptuels et
pop qu’elle cite à l’envie. La figure de dos ou Rückenfigur peuple l’histoire de la
peinture et de la peinture romantique en particulier - pensons à Femme dans le
soleil du matin (1810, Essen, Museum Folkwang) et à tant d’autres œuvres de
Caspar David Friedrich, qui ont entouré la jeunesse, passée pour partie dans
la campagne allemande, de Le Minh. Ces personnages de dos manifestent la
distance qui les sépare du monde. Ils frappent aussi par le refus qu’ils opposent
à celui qui les regarde (où l’on pourrait retrouver quelque chose de l’artiste, qui ne
15
16
Il existe une autre image dans laquelle trois photographies sont suspendues.
Isabelle Le Minh, texte (2004) non publié (sur l’œuvre Art plastique).
61
livre presque rien d’elle). Le personnage de dos renvoie au caractère précieux de
l’humanité, à sa mortalité. Dans le théâtre kabuki japonais, l’acteur tourne le dos
et reste immobile pour représenter un personnage défunt. Et cette morbidité est
présente dans l’œuvre, souvent en noir et blanc, de Le Minh qui avait pris pour
sujet, à ses débuts, en 1996, tel Eli Lotar, un abattoir – et toutes ses premières
photographies sont d’une grande tristesse (de Parures, de 2000, photographies
de décharges et d’une usine désaffectée, à Death after death, de 2005, autre lieu
à l’abandon pris pour cible, une morgue en ruine, évoquant les pires cauchemars).
Le fameux liseré noir de Cartier-Bresson qu’elle reprend tel quel dans Trop tôt,
trop tard y devient le contour d’un faire-part de décès. L’œuvre entier (où l’autre
côté, c’est la mort) se fait vanité. Les photographies retournées dans Re-play
forment, grâce à leur couleur plus ou moins jaunie, le mot anglais MORE, à
écouter en français («mort») et à comprendre, alors qu’elle nous montre le moins
possible, comme une mise à mal de son signifié, procédé évoquant chez Ruscha
un pastel de 1977 où le mot «millions» est inscrit en tout petit sur fond vert : s’y
lisent avant tout le manque et la perte.
L’œuvre de Le Minh est habité par l’absence. L’absence de figures, l’absence de
corps, soustraits au regard : corps représentés (dans les tableaux de dos), corps
photographiés, dans Re-play et I’ll be your mirror (le jeu ayant consisté dans le
retournement, au moyen de Photoshop, d’une image – montrant un photographe
de dos, un enfant de face -, l’homme restant invisible, derrière l’appareil, et le
visage de l’enfant disparaissant) ou Trop tôt, trop tard (où elle fait disparaître des
individus isolés - Hyères, France, 1952 – ou en nombre - Aquila Degli Abrusi,
1952 - et des animaux - ainsi le chat visible sur Manhattan, New York, 1947,
s’absente comme le coq, dont l’ombre apparaît toujours à la fin de l’animation
3D de Pathé, dans Wor(l)ds)17 . Absence de corps (qui se vérifie dans tout son
travail), présence de déchets. Dans l’exposition d’abord: les boules de papier de
Nothingness, carton de l’exposition mis en boule sur le parquet puis photographié
et photographie de parquet mise en boule et déposée sur le plancher, sans
oublier toutes les photographies abandonnées et vendues sur le net dont elle
use et Listing qui fait un énorme tas en sortant de l’imprimante. A ces déchets
répondent ceux pris pour cibles dans ses premières œuvres, des objets divers
laissés au sol de la série Gel (Ruinenfotografie) de 1993-1995 à la multitude
de sacs plastiques piégés dans des grillages et dispersés dans la nature des
oeuvres Art plastique et Parures (2000) qui évoquent les travaux de la même
année de Zoe Leonard18 , des photographies prises à New York d’arbres auxquels
des sacs sont accrochés, dont le sujet, comme l’a écrit Elisabeth Lebovici 19, est
17
Dans les œuvres plus anciennes fait écho aux morceaux d’animaux à peine visibles des images rouges de
la série Abattoir un Tableau
dont le sujet, invisible, est, indique le cartel, un Porc écorché.
18
Leurs œuvres ont été exposées ensemble en 2009, parmi d’autres, au SMAK, musée d’art contemporain de
Gand («Faux jumeaux 5.
Unsustainable art», 28 fév. - 30 mars).
19
Cf Elisabeth Lebovici, «The Friction of Everyday Life», Zoe Leonard Photographs, Winterthur, Fotomuseum,
2007, p. 71.
62
aussi de présenter quelque chose d’usé, d’abîmé. Où l’on peut voir que le jeu et
les plaisirs de l’intelligence sont, dans l’œuvre d’Isabelle Le Minh, accompagnés
d’une réflexion sur la représentation du réel, dans des travaux où le mot prend le
pas sur l’image, où l’on frôle par moment l’abstraction, et sur le temps, l’abandon
et la mort. Un œuvre à distance.
Lucile Encrevé
Docteur en histoire de l’art contemporain (Université Paris IV), historienne et
critique d’art, Lucile Encrevé est professeur à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts
de Rouen après avoir enseigné l’histoire de l’art du XXème siècle à l’Université
François-Rabelais de Tours.
63
Isabelle Le Minh : The Title as the Curator’s Art Piece
64
65
ISABELLE LE MINH
Née en Allemagne en 1965.
Après avoir exercé l’activité d’ingénieur-brevets à Berlin (1989 - 1993), s’oriente
vers la photographie.
Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 1996.
Isabelle Le Minh est aussi commissaire d’expositions, documentaliste en art et
intervenante en photographie.
Expositions
2011
The title as the curator’s art-piece, avec Jill Miller, Miguel-Angel Molina,
Claude Rutault, Karin Sander, Yann Sérandour, Galerie Christophe
Gaillard, Paris
Solo show, Swab, Foire d’art contemporain de Barcelone, Espagne
Art for Life, Art for Living avec Quentin Armand, Mauro Cerqueira, Jean
Denant, Raúl Hevia, Alejandra Laviada, Jonathas de Andrade, André
Guedes, Wind Ferreira, Sergi Botella et Mariana Zamarbide, Foire
d’art contemporain de Barcelone, Espagne (commissaires Laurent
Fiévet et Silvia Guerra, pour LAB’BEL)
Why din’t you make it larger ?, Galerie Christophe Gaillard, Paris,
(exposition personnelle)
2010 55ème Salon d’art contemporain de Montrouge
Manifesto, festival de photographie, Toulouse
2009
66
Unsustainable art / Faux Jumeaux, carte blanche de MichelFrançois
à Guillaume Désanges : SMAK, musée d’art contemporain de Gand,
Belgique
Soon, Centre d’art contemporain de Basse Normandie, Hérouville
Saint Clair (exposition personnelle)
2005
Tableaux , Galerie Lumen, Images du Pôle, Orléans (exposition
personnelle)
Town, town, town, townnn…, Galerie 2angles, Flers
Réseau de Galeries Basse-Normandie, CAC de Basse Normandie,
Hérouville Saint Clair, Saint-Lô et Vire
2004
Festival Images 04, Vevey, Suisse : exposition d’un projet
L’Espace d’une Œuvre, salon d’art contemporain, Chelles (commissaire
Eric Dégoutte)
Surréalisme et merveilleux en photographie, Mois de la Photographie,
Chapelle du Musée, Vire
2003
Comestible? Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris
(commissaire Jean-Michel Ribettes)
Réseau de Galeries Basse-Normandie, CAC de Basse Normandie,
Hérouville Saint Clair; Bayeux et Avranches
2002
Entre-Laps, Station Mir, Hérouville Saint Clair
La Micro, Château de Morsang-sur-Orge (Jeune Création)
Complex-Tri #4, L’Hôtel, Galerie de l’Ecole des Beaux Arts de Caen
100 ans du Musée Gustave Moreau, exposition clandestine au Musée
Gustave Moreau, Paris, à l’initiative de Laurent Marissal
Réseau de Galeries Basse-Normandie, Centre d’art contemporain de
Basse Normandie, Hérouville Saint Clair
2001
Un certain regard sur la nature, Semaine des arts actuels, Abbatiale
de Bernay
Salon de la Jeune création, art contemporain, Grande Halle de la
Villette, Paris
La Micro, Local 77, Paris
2000
Mois Off de la Photo, Pantin (exposition personnelle)
Parures, Local 77, Paris (exposition personnelle)
Rencontres Photographiques d’été, Galerie du Moulin du Roc, Scène
nationale, Niort
Salon de la Jeune création, art contemporain, Espace Eiffel Branly,
Paris
La moindre des choses, Maison du Off, Rencontres Internationales de
la Photographie, Arles (commissaire Christophe Laloi)
Salon de la Jeune Peinture, art contemporain, Espace Eiffel Branly,
Paris
1998
1997
1996
La perception et la représentation de l’espace, Maison des Rencontres
Internationales de la Photographie, Arles;
Ecole des Beaux-Arts de Gloucester, Grande Bretagne
Ça a été, Galerie Jacques Barbier, Paris (commissaire Cécile Marie)
Vitrines éphémères, Avignon
Distinctions
2011 Aide à la première exposition du Ministère de la Culture, Centre
National des Arts Plastiques
2009
Aide individuelle à la création du Ministère de la Culture, DRAC de
Basse-Normandie
2004 Allocation d’installation du Ministère de la Culture , DRAC de BasseNormandie
2003 Prix Trafik (1er prix), prix de photographie plasticienne, jury présidé
par Jean-Michel Ribettes
Aide individuelle à la création du Ministère de la Culture, DRAC de
Basse-Normandie
67
2000
1997
1996
Prix Jeune Création 2000 (1er prix , art contemporain)
Nomination à la Bourse du talent, (paysage, espace, architecture),
photographie.com
Résidences photographiques d’Eté de Niort
Nomination par la Fondation Mécénart Aquitaine pour le projet Carte
Blanche à dix Jeunes Artistes
Prix Broncolor (2ème prix, ENSP)
Commissariat d’expositions
Bucoliques : Saâdane Afif, Pierre Ardouvin, John Baldessari, Delphine Coindet,
Maïder Fortuné, Pekka Jylhä, Estelle Lecoq, Pierre Malphettes, Didier Marcel,
Françoise Pétrovitch, Qubo Gas, Werner Reiterer, Samuel Rousseau, Joe
Scanlan, Corinna Schnitt, Charlotte Sens, Abbaye du Valasse, Parc Eana,
Gruchet-le-Valasse, 2008 ; co-commissaire : Catherine Schwartz.
Semiose éditions, Prints, books and things by Anne Brégeaut, Peter Downsbrough,
Jean Dupuy, Yvan Le Bozec, Françoise Pétrovitch , Bruno Rousselot, Taroop &
Glabel, Vladimir Skoda, Willem, Petite Galerie de l’Ecole Régionale des BeauxArts de Rouen, 2006 : exposition de multiples, co-commissaire : Catherine
Schwartz.
Entre-Laps, Station Mir, Hérouville Saint Clair, 2003 : de l’image comme moyen
de résistance face aux stratégies de communication et d’information des médias
dans l’ère hyperindustrielle; avec des oeuvres de Marie Le Mounier, Serge Le
Squer, Frédéric Sautereau, Ken Koblan et un concert de Parcy et Monie.
Evidence, Arles, 1996 : la photographie de presse comme support d’évidence
de son ambiguïté ; commande pour Joan Fontcuberta, directeur artistique des
27èmes Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles (catalogue) ; cocommissaires : Ana Malagrida et Bruno Arbesu.
Tadashi Ono - Photographies en Egypte, Galerie Aréna, Arles, 1996 (affichecatalogue).
The Far and the Near, Lumière Gallery, Winnipeg, Canada, 1995: exposition
itinérante dans 9 villes du Canada jusqu’en décembre 1996 en collaboration avec
le réseau de l’Alliance Française au Canada et avec le soutien de l’AFAA ; cocommissaire : Marie Le Mounier.
Travaux En Cours Extra-Muros - 17 jeunes photographes d’Europe, d’Afrique
et d’Amérique, 26èmes Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles,
1995: exposition réalisée avec le soutien financier de la société Kodak et du
Conseil Général des Bouches du Rhône; co-commissaires : Marie Le Mounier,
Ana Malagrida et Hélène Zuccaro.
68
Publications
Réalisations spécifiques destinées à l’édition:
Complex-Tri, n°4, revue éditée par Sophie Aumont et la Station Mir, Hérouville
Saint Clair, 2003
Reflets Basse Normandie, janvier 2002
Carnets de bord, Festival des écritures : « le mouvement », Centre Régional des
Lettres de Basse-Normandie, éd. Isoète 2000
L’insoupçonnable, Art et Manufactures remarquables en Pays d’Arles, éd. CCI et
ENP, Arles, 1995
Noir & Blanc, no.20, mars-avril 1993
Camera Austria International, no.39, été 1994
Publications dans la presse:
Libération, 2001 (une et cahier : photographies destinées à illustrer un article sur
la « vache folle »)
Le Mois à Caen
Textes écrits par l’artiste
« Trop Tôt, trop tard -After Henri Cartier-Bresson », Catalogue du festival
Manifesto, Toulouse, 2011
« Semiose éditions, Prints, books and things by artists », Paraître (journal de
l’Erba de Rouen), 2006
« Un certain regard sur la nature », catalogue de la Semaine des Arts Actuels,
Bernay 2001
« Evidence » in Réels, Fictions, Virtuel, cat. des 27èmes Rencontres Internationales
de la Photographie, Actes Sud, Arles, 1996
« Tadashi Ono, Photographies en Egypte » (texte de l’affiche-catalogue) éd.
ENP, 1996
Articles sur le travail de l’artiste
Anaël Pigeat : « The title as the curator’s art-piece » Art Press, n°378, mai 2011
Lucile Encrevé, « Isabelle Le Minh : un jeu mélancolique », Catalogue du Wharf,
Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie, parution en 2011
Benoît Blanchard , « The title as the curator’s art piece », Revue.net, 21 février
2011
Marc Lenot, lunettesrouges.blog.lemonde.fr, « Miroir, peinture et effacement »,
02 octobre 2010 et « Salon de Montrouge » , 03 juin 2010,
Emmanuelle Lequeux, Catalogue du 55è Salon de Montrouge, éditions Particules,
mai 2010
Christophe Domino, 60 aides à la création, Haute et Basse-Normandie, 2006
Eric Degoutte, « L’espace d’une oeuvre… Images émergentes », journal du Salon
d’Art Contemporain de Chelles, 2004
Xavier Alexandre, « Isabelle Le Minh, artiste photographe », Ouest France, 11
mars 2003
Bénédicte Ramade, Catalogue Jeune Création, 2000
69

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