développement durable

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développement durable
TOUTE L’ACTUALITÉ BRÛLANTE DU ROCK EN ROMANDIE
Daily Rock
MENSUEL
GRATUIT
Septembre
2012
60
www.daily-rock.com
Les concerts
2 – 3
•
• One Lucky Sperm
Les interviews
4 – 7
•
• Testament
•Sybreed
•The Hives
•Danko Jones
•Katatonia
•François and the Atlas
mountain
Le calendrier
8 – 9
Les dossiers
11 – 12
GARBAGE
•
développement durable
• Croisière Kiss
Les chroniques
13 – 14
• Coconut Kings
•Progstone
•Arcane Roots
•Dinosaur Jr.
© Laure Noverraz
•Dead Can Dance
•
édito
Pussy Rioteuses, Pussy Rioteurs,
Dans le marasme d’un mois d’août
plombé sous une chaleur à en faire
pâlir d’envie le Malin lui-même,
la nouvelle tombe en ce vendredi 17,
glaciale, par les ondes de la radio....
Trois des cinq membres du gang punk russe
Pussy Riot sont condamnées à deux ans fermes
de ‘colonie de redressement’. Colonie. Le mot
sonne faux. L’euphémisation a de beaux jours
en ces temps. C’est plus joli et bucolique que
goulag, camp ou prison... Leur ‘crime’ ?
Un concert improvisé dans une église orthodoxe
où une prière trash scandée par les jeunes filles
a fait crisser quelques dents dans la communauté
religieuse ainsi qu’au plus haut niveau de l’état.
On ne touche pas au sacré impunément,
semble-t-il...
Maria, Nadezhda,
Ekaterina : Courage !
Il y a quelques temps, la chanteuse du groupe
The Dresden Dolls, Amanda Palmer, improvisait,
elle-aussi, un concert sur une place d’Amsterdam.
La belle raffole de ces petits live ‘sauvages’,
qu’elle nomme ninja-gigs. Armée (!) de son
ukulélé, elle a réussi à gagner l’attention d’une
petite troupe de fans et badauds, avant que
la police ne vienne interrompre ce délicieux
moment artistique et humain car, malheur,
la présence d’un monument aux morts rendait
la prestation également incongrue et déplacée.
Mais qu’est-ce que le sacré, si ce n’est finalement
la détermination arbitraire par certains de ce qui
l’est et de ce qui ne l’est pas ? Qui détermine ce
qui est sacré entre les paroles du groupe russe
et des textes bibliques? En France, l’outrage à
l’hymne national est désormais considéré comme
un délit. Gainsbarre en prison, en 1979 ? La
censure, la mise à l’Index et l’emprisonnement
constituent un arsenal inchangé depuis des
siècles avec toujours le même objectif : museler
ceux dont les paroles menacent les détenteurs
de pouvoir. Le monde de la musique n’est pas
épargné, bien loin s’en faut. Fight the power !
Marc-Henri Remy
[email protected]
Rencontre avec la moitié
sexy/marrante de Garbage,
groupe que certains avaient
enterré un peu tôt.
Rigolade et enthousiasme
au programme, saupoudrés
d’un poil d’amertume.
L
a production de cet album est très métallique,
frontale, les guitares sont bien en avant…
Shirley (chant) : On voulait simplement
sonner comme Garbage, ne pas devoir s’excuser
d’être nous-mêmes. Nous sonnons comme nous
sonnons et comme personne d’autre. Il y aura des
gens qui nous détesteront pour ça et d’autres qui
nous aimeront. On ne se soucie pas du format
radio ou de la scène actuelle. On a été sincère
avec nous-mêmes et avons suivi notre instinct
naturel. On était très frustré fin 2005, car notre
maison de disques de l’époque était arrivée à la
conclusion que le son Garbage ne collait plus
avec les radios et était sans arrêt sur notre dos en
nous disant de bosser avec des artistes hip hop,
de changer notre son pour devenir plus pop. On
ne se sentait pas concernés par ce discours. Ils
ont alors arrêté de nous promouvoir. Après sept
ans, nous avons décidé que nous valions mieux
que ça. Nous avons des fans même si la maison de
disques pense le contraire. C’est ce qui a motivé
ce nouvel album en fait.
Votre dernière vidéo 'Blood for Poppies' a été vue plus
d’un million de fois sur YouTube, qu’est-ce que ça vous
inspire ?
Duke : J’ai une famille très grande. (rires). Nous
utilisons ces moyens avec plaisir en fait. Lorsque
tu possèdes ton propre label comme c’est
maintenant notre cas, ça nous aide beaucoup.
Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de lancer
votre propre label ?
Bonne question !
Shirley : On était sous contrat. Les contrats en
général sont souvent en défaveur des artistes. Une
fois que tu as signé tu es prisonnier.
La chanson 'Battle in Me' est incroyable et puissante !
Quelle est son histoire ?
Shirley : C’est la première chanson qu’on a écrit
lorsqu’on s’est réuni après sept ans. J’étais très
excitée de revoir mes potes. On s’est mis à boire et
faire la fête et la chanson est sortie comme ça. Pour
les paroles, j’ai eu un souvenir de quand j’étais ado.
Ma vie explosait dans tous les sens et j’ai eu le même
sentiment lorsque j’ai revu les gars après sept ans,
une sorte d’explosion. On savait que quelque chose
de bon allait arriver. La chanson parle de… sexe,
mais avec la perspective d’un adulte. Lorsque j’étais
jeune, je ne me sentais pas puissante sexuellement. Je
ne comprenais pas ce qui se passait. En grandissant,
tu développes une certaine confiance en toi. Tu
commences à savoir ce que tu veux et comment
l’obtenir. C’est un sentiment de puissance.
Elle semble très spontanée et brute.
Shirley : J’ai l’impression que le processus
d’écriture a été complètement différent cette
fois. Avant je pensais que mes paroles devaient
contenir de grandes thématiques. Je devais avoir
une super idée. Cette fois, j’étais plus détendue.
Ça a enlevé beaucoup de pression. ❚ [JM]
Garbage
« Not your Kind of
People »
Pop Others
www.garbage.com
2 previews
Lovebugs
© L. Noverraz
Meh
Suff ! Metal Festival
Hüttikerberg, Hüttikon
Zikamart
Fully
En zieutant les affiches du Hellfest et du Wacken,
une petite larme m'est apparue au coin de l'oeil :
ah, ce n'est pas par chez nous qu'on verrait quelque
chose de pareil… A peine ai-je conçu ces pensées
blasphématoires que je tombai, comme à la suite
d'une divine coïncidence, sur le site du Meh Suff !
Faut dire que depuis quatre ans, la manifestation
helvétique a pris de l'ampleur, et cette année c'est
Sodom, les vétérans du thrash, qui trônent fièrement
au sommet du flyer. Suivent évidemment des groupes
à picoler comme Tankard et Cliteater. Parce que
chers rockeurs welches, 'meh suff !' ça veut dire dans
notre idiome 'plus soif !', avec un S qu'on entend !
Mais pour ceux qui, malgré le camping à proximité,
ne se laissent pas convaincre par le nom du festival,
les paroles de Tankard et la couleur ambrée de
la bière, ils pourront toujours écouter d'autres
pointures plus sombres (Triptykon, Naglfar), plus
grasses (Kataklysm, Carnal Decay) ou plus vikings
(Kalmah, Thyrfing). Par ailleurs, comme chaque
année, les programmateurs n'ont pas oublié de faire
la part belle à des formations de chez nous, chez qui
'régionalité' rime avec qualité. Mais attention, âmes
sensibles, car ce seront surtout de très gros décibels
qui résonneront dans cette clairière perdue au milieu
d'une forêt suisse allemande. ❚ [LR]
www.mehsuff-metalfestival.ch
Zikamart 2012, c'est parti ! Commencé en 2007 par
des bénévoles beaucoup trop enthousiastes, voilà
cinq ans que sa renommée ne cesse de s'accroître,
à tel point qu'il est devenu l'un des évènements
immanquables en Valais, la Foire de Martigny noninclue. Le Zikamart ne nous a encore jamais déçu,
et ne comptait pas le faire cette année ! Bon, juste un
peu sur ce coup : la tête d'affiche, Morning Parade,
a dû être annulée. Mais ce sont les jeunes étalons de
Pegasus qui les remplaceront au pied levé. Un mal
pour un bien ? À vous de juger ! La quasi-totalité
de la programmation est helvétique ! Et pas des
moindres : Lovebugs, Carrousel, Tonight With Your
Mom, Progstone et autres, excusez du peu ! Vous ne
connaissez pas assez bien ce qui se fait de mieux en
matière de rock au Valais ? Direction Fully ! Pour
le dernier plein air de l'année, il va falloir mettre
une petite jaquette tricotée par votre grand-mère
et foncer direction Martigny, puis se perdre un
peu dans la campagne avant d'arriver sur le site du
festival. Le jeu en vaut la chandelle, décidément !
Car il semble que plus le festival est petit, plus
l'accueil est chaleureux ! D'autant plus que question
sympathie, les Valaisans ne sont pas en reste : le
verre de blanc résolument scotché à leur main est la
preuve la plus flagrante... ❚ [LN]
www.zikamart.ch
Hell
On Earth
Kofmehl, Soleure
Eleven Rock
Festival
Kulturfabrik Kofmehl,
n 7 au 8 septembre 2012
Walls Of Jericho
n12 septembre
2012
Une soirée Satan ça
vous dit ? Allez, une
soirée cent pour cent hardcore avec Death Before
Dishonor, Hundredth, Betrayal mais surtout
avec les excités de Detroit menés par la remuante
Candace ! Après leur European Persistence Tour
(Suicidal Tendencies, Biohazard, Terror...), les voilà
qui passent pour une fois par la Suisse ! Il fera chaud
comme en Enfer ce soir-là, notamment grâce à leurs
riffs survoltés. A noter que Frankie, le guitariste de
DBD n'est autre que le mari de Candace et qu'ils
ont également un side-project en cours : que du bon
donc ! ❚ [GT]
www.kofmehl.net
n 14 au 15 septembre 2012
Daily Rock Party
Gé Rare + Swing In'Class
Hero
+ DJ Geronimo
G Bar, Grand-Saconnex
n 15 septembre 2012
Et c’est reparti pour un tour !!! Mais quelle excellente
idée : enfin une nouvelle Daily Rock Party !!! Cette fois
votre mag préféré s’est mis en quatre, que dis-je en huit,
seize même trente-deux pour vous concocter une méga
fiesta et ce dès l’apéro. Tout commencera à 17h par une
expo de Sreet Art d’un jeune artiste romand, Gé Rare. Il
vous proposera également une performance live. Formé
à l’école de la rue, il s’est mis à peindre sur toile afin de
faire des cadeaux et a décidé de continuer vu le succès
rencontré. Il s’est également mis à peindre des toiles dans
un style Pop Art du plus bel effet. Si tout se passe comme
nous le souhaitons, vous aurez aussi la possibilité de
pouvoir déguster les vins Motörhead, les deux superbes
cuvées en rosé et en rouge. A l’heure où nous mettons sous
presse nous attendons toujours la confirmation définitive.
Dans la soirée une toute première prestation acoustique
des punk-rocker genevois de Swing In'Class Hero. Fans
des premiers albums de Green Day, ne manquez pas
cette première mondiale ! Comme lors des précédentes
Daily Rock Party que nous avons organisées, DJ
Geronimo s’occupera de chauffer la foule en délire avec
sa sélection rock/metal, et n’oublions pas notre super
tombola avec des lots rock’n’roll. ❚ [OD]
www.gerardgademann.com
n 14 septembre 2012
My Heart
Belongs To
Cecilia
Winter
Le Bourg, Lausanne
Daily prog rockeurs, c'est
à vous qu'on s'adresse ! Le
Kofmehl vous a concocté une soirée sous le signe des
morceaux à rallonge, des solos dantesques et des claviers
symphoniques. En tête d'affiche, Vanden Plas. Les
Teutons traînent tout de même 25 ans de carrière, et leurs
derniers albums, encensés par la critique, rappellent avec
goût le 'Poets & Madmen' de Savatage. Avant ce plat de
résistance, les Chaux-de-Fonniers de W.O.F. lanceront le
débat, suivis, progressivement évidemment, des Italiens
de Soul Secret et des Valaisans de Dawnless. ❚ [LR]
www.kofmehl.net
Mais qui diable est donc cette Cecilia Winter ? Une
prêtresse moderne qui se plairait à ravir les cœurs de ses
contemporains ? Tout le monde en parle, mais nul ne sait !
Aux dernières nouvelles, il semblerait qu’un groupe de
sympathisants zurichois et musiciens, une micro secte
dévouée à sa cause, arpente les scènes suisses ameutant
de plus en plus de fidèles. On sait de source sûre qu’à
chacun de leurs concerts la foule d’adeptes grossit tant leurs
mélodies sans doute empreintes de sorcellerie sont inspirées
et interprétées avec grâce et ardeur. Ouvrez l’œil ! ❚ [RC]
www.le-bourg.ch
Soleure
n 21 septembre 2012
cover stories
El Mac
Né en 1980 à Los Angeles, Miles
'Mac' McGregor s'intéresse très
vite à la peinture, avec comme
figure de proue le Caravage ou
Vermeer. Inspiré par les peintures
à taille gigantesques, El Mac
commence ses graffitis
dans les années 90, en
explorant les contours
et les lignes, avec des
portraits de ses amis
affichés sur des murs
d'immeubles. Ce n'est
que dans les années
2000 que l'artiste
aura
sa
première
exposition
en
Belgique, après avoir
peint sur presque tous
les murs, légalement
ou illégalement. Ses
images photoréalistes
sont à comparer avec
celles de Chuck Close,
dans un contexte urbain, voire
futuriste.
La chanteuse Gwen Stefani,
officiant à nouveau dans No
Doubt, et possédant plusieurs
tableaux d'El Mac, le contacta
en début 2012 afin de réaliser
la nouvelle pochette de l'album
du quatuor, 'Push and Shove'.
Difficile de refuser l'offre, et c'est
dans un studio improvisé que
le groupe se fait tirer le portrait,
avant de laisser la place au talent
d'El Mac.
'J'y ai travaillé non-stop pendant
plus d'un mois – en dormant à
peine, en ne faisant presque rien
d'autre que de la peinture. 'Ce
fut un travail épique pour moi',
avoua-t-il au magazine Billboard.
Ce fut un travail photoréaliste
assez éprouvant : il faut que
les dessins se ressemblent tous
de près, mais aient une vision
différente lorsqu’on les voit de
plus loin. Il y a eu beaucoup
d'aller-retour'. En résulte une
pochette novatrice, bien loin
des artistes street art ayant déjà
officié avec des groupes, comme
le dernier Madonna ressemblant
vaguement à du Warhol, le 'Battle
of Los Angeles' des Rage Against
The Machine ou le '21st Century
Breakdown' de Green Day.
Une première dans le travail d'El
Mac, une image fraîche, empreinte
de street art dans la discographie
de No Doubt, 'Push and Shove'
sortira le 25 septembre 2012. A
vos agendas ! ❚ [LN]
www.elmac.net
previews 3
© N. Keshvary
Toy
Sabaton
Rocking Chair, Vevey
This
Is Tigerr Fest #1
17 salles, neuf villes
Halestorm
Abart, Zurich
Il faudra les avoir vus à Zurich en septembre 2011
pour réaliser à quel point ce groupe a pris de
l'envergure. Déjà qu'ils volaient la tête d'affiche à
Grave Digger, qui traînent eux aussi leur petit bout
de chemin quand même. Ils avaient réussi à remplir
le Volkshaus un soir de semaine. Et, messieurs,
quelle ambiance ! De quoi comprendre d'où vient le
mot 'power' dans 'power metal', toutes les formations
dragono-chevaleresques scandinaves ne peuvent pas
en dire autant. Compréhensible : elles ne comptent
pas en leur sein le prodigieux Joakim Bróden, cette
bête de scène au look d'enfer, au sex-appeal irrésistible
et à la terrible voix grave. Comme si ça ne suffisait
pas à les démarquer, il préfère chanter la gloire des
héros tombés durant la Deuxième Guerre Mondiale
que celle des chevaliers de l'époque médiévale. Une
originalité qui transforme leurs paroles en véritables
leçons d'histoire. Avec ça, le Rocking Chair risque
de se muer en champ de bataille sold-out, surtout
lorsqu'on a vu le sort réservé au Volkshaus l'année
passée. Mais avant ça, ce sera aux Hongrois de
Wisdom de chauffer le public. Les Neuchâtelois
de November-7, qui ont déjà ouvert pour Manson,
Paradise Lost, Within Temptation ou encore Lacuna
Coil, ouvriront les hostilités en début de soirée avec
leur metal puissant et mélodique ! ❚ [LR]
www.rocking-chair.ch
On connaissait déjà les soirées This is Tigerr,
organisées par le promoteur lausannois Just
Because : Agnes Obel, James Vincent McMorrow
ou encore Anna Calvi ont fait leurs premières dates
en Suisse dans le cadre de ces soirées. On ne peut
donc que se réjouir de l’organisation d’un festival
This is Tigerr. Plus de quarante groupes, près de
cent concerts, dans dix-sept salles différentes,
réparties sur neuf villes suisses (dont Monthey,
Lausanne et Genève pour la Suisse romande). De
mémoire, on n’a jamais vu en Helvétie un événement
d’une telle ampleur dans le domaine des musiques
actuelles. Bien entendu, pas question de Metallica,
de Manu Chao ou de Linkin Park. Le créneau est
cent-pour-cent découvertes puisqu’aucun artiste
ne jouera dans une ville où il s’est déjà produit. La
grande majorité du line-up n’a même jamais joué en
Suisse. Présenter quelques-uns des groupes serait
inutile, d’autant plus que les descriptions proposées
sur le site du festival sont claires et alléchantes. Si on
s’intéresse un tant soit peu aux nouvelles tendances
dans les musiques actuelles, on doit inévitablement
se pencher sur ce festival. Dans le lot, il y a forcément
quelques-uns des grands noms de demain. Une
démarche artistique, ressemblant à celle du festival
GeNeRiQ, qui fait un bien fou dans le pays. ❚ [SB]
www.thisistigerr.ch
Dans la zone industrielle de Zurich, quatre jeunes
Américains originaires de Pennsylvanie s'apprêtent
à monter sur scène. Arejay, le batteur, s'échauffe en
martelant les murs de l'Abart avec ses baguettes,
débordant déjà d'énergie. Josh, bassiste ténébreux,
décide quel couvre-chef il va porter ce soir. Choisirat-il le béret gris ou ose-t-il montrer au public suisse
sa calvitie précoce ? Joe fait nerveusement glisser un
plectre entre ses doigts. Et puis, face au miroir, Lzzy
parfait son maquillage. Elle enfile son pantalon en
vinyle et ses bottes à talons. L'instant est solennel,
et tous cherchent le regard rassurant de leurs
collègues, sans grand succès. Quelques secondes
avant que les feux s'allument, ils accrochent un
sourire radieux à leur visage auparavant impassible.
Car Halestorm le sait, ceux qui ont fait le voyage
jusqu'à Zurich sont venus uniquement pour eux, et
ils ne doivent pas se défendre becs et ongles en tant
que première partie. Grâce à leur second opus, le
quatuor peut enfin s'offrir une tournée en Europe
sans plus grosse tête d'affiche. La consécration
pour tout musicien qui se respecte. Un regard
rapide est échangé, et Lzzy s'en va abreuver ses fans
sur les premières notes de 'It's not you'. Ce soir, une
chose est sûre : tout le monde ressortira du club
comblé. ❚ [LN]
www.abart.ch
Black in Back
Metal
Toe
One Lucky
Sperm
n 17 septembre 2012
Amalgame,
Yverdon
n 21
septembre 2012
Les gars, lustrez vos crucifix, Satan s'en ira visiter
Yverdon en ce 21 septembre ! Soirée 666 %
metal en prévision, avec Maniac Butcher, pour la
première fois en terres hell-vétiques en vingt ans
de carrière, Borgne, Malmort, Frostmoon Eclipse
ou Merrimack. Bref, des quatre coins de l'Europe
vont débarquer la crème du metal underground
dans un seul et même lieu. Trois mois avant
l'Apocalypse, tous les signes sont en votre faveur
pour aller foutre vos Doc Martens à l'Amalgame.
Alors démêle ta crinière et sors de ton antre, on a
des chauves-souris à sacrifier ! ❚ [LN]
www.amalgame.ch
n 24 au 30 septembre 2012
Bad Bonn,
Düdingen
n 8 octobre 2012
Bleu Lézard,
Lausanne
n 22 septembre
2012
Chaque concert du Bad Bonn tient de
l'événement. La venue de Toe en est un parfait
exemple. Etonnant en effet, que les Japonais
couronnent leur éphémère tournée européenne
d'une unique date helvétique dans ce petit,
mais légendaire, club singinois. Il faudra faire le
voyage jusqu'en terre de Fribourg pour entendre
le post rock mélancolique des Asiatiques.
Célèbres
pour
leurs
expérimentations
techniques un peu avant-gardistes, qui leur
valent l'appellation 'math rock', leur musique
ne perd pas pour autant en émotion, la faute à
la profondeur rare du jeu du guitariste. ❚ [LR]
www.badbonn.ch
n 3 octobre 2012
Oublions ce nom un peu surprenant : après mûre
réflexion, nous sommes tous un 'lucky sperm', les
autres ayant tous été évincés lors de notre conception. Et avouons que c'est un nom facile à se rappeler ! Donc, One Lucky Sperm, ce n'est rien d'autre
que le projet solo du chanteur de 7 Dollar Taxi.
Des mélodies légères, osées et surprenantes, qui
nous permettent de nous faire remuer des guiboles en moins de deux ! Dans la petite salle du
Bleu Lézard, on aime découvrir des groupes qui
deviendront célèbres quelques mois plus tard. Nul
doute que One Lucky Sperm en fait partie. ❚ [LN]
www.bleu-lezard.ch
Vu
pour
vous
© L. Noverraz
21 juillet 2012, The Kills, Paléo Festival, Nyon. Entre deux
pieux d’un hôtel au milieu de deux tournées, Alison, made
in USA, et Jamie, born in the UK, s’envoyaient des démos à
l’époque où les cassettes et la poste avaient encore leur mot
à dire. Au Paléo, on susurrait leur nom à tout bout de champ
et c’est dans un chapiteau chaud comme la braise que le duo
a été accueilli. L’introduction de 'Now Wow' a annoncé le
début d’un spectacle qui sentait la vie. Quatre percussionnistes
psychopathes ont soulevé le show, aidés de toms et d'une caisse
claire afin de donner une ampleur encore plus percutante à la
musique. Rien n’a été laissé au hasard. ❚ [LMa]
4
interviews
Trente ans après leurs débuts,
les gars de Mötley Crüe ont
non seulement survécu, mais ils
demeurent surtout redoutables
tant sur scène que sur album
(jetez donc une oreille sur leur
'Saints of Los Angeles'). Nous
avons eu le plaisir de bavarder
avec Vince Neil (chant)
quelques minutes avant leur
concert récent à Bâle.
J
'ai lu dans ton bouquin ('Tattoos & Tequila',
autobiographie parue en 2011) que tu apprécies
particulièrement l'Europe.
Oui, j'adore l'Europe, en particulier toutes ces
différences d'un pays à l'autre et d'une population
à l'autre. Dommage que ça soit déjà quasiment
terminé, puisqu'il ne nous reste plus que deux
concerts avant de repartir aux USA...
Où vous allez attaquer la tournée en co-tête d'affiche
avec Kiss...
Tout à fait !
MÖTLEY CRÜE
occupée avec Mötley, entre la tournée avec Kiss et
des nouvelles 'résidences' à Las Vegas et peut-être à
Atlantic City.
Pour en revenir à ton bouquin, c'est tout de même
surprenant de lire des trucs du genre 'Je ne suis plus
membre de Mötley Crüe, je dois juste chanter avec eux'...
Ça n'est pas comme si je ne faisais pas partie du
groupe : je fais partie du groupe. Mais je ne fais
simplement plus partie du côté 'entreprise' du
groupe. Si je n'en fais plus partie, c'est parce que
ça me permet de faire tout ce que je veux et que,
de surcroît, les autres doivent me demander mon
accord pour les tournées.
Ce qui voudrait dire que, contrairement à ce que tu as
déclaré en fin d'année passée, tu te vois quand même
un avenir avec Mötley Crüe ?
Eh bien là, tu vois, on va d'abord voir ce que cette
tournée avec Kiss va donner. Parce qu'on parle de
la ramener en Europe et dans le reste du monde
l'année prochaine.
Et sinon, tu prévois un prochain album solo ?
Oui, quand j'aurai le temps... Mais là ça n'est pas
possible, parce que toute l'année prochaine sera
Mais est-ce que tu penses que, pour autant, Mötley
Crüe reçoit le respect qu'il mérite de la part du milieu
musical ?
Testament signait son
grand retour sous son
incarnation originelle au
milieu des années 2000,
comme en témoigne le très
puissant 'Live In London'
paru en 2005. Après avoir
tourné aux quatre coins
du monde, le groupe nous
offre un nouvel album, 'The
Dark Roots of Earth'. Eric
Peterson, cerveau du groupe,
a accepté de discuter avec
nous de l’actualité brulante
de Testament !
E
ric, votre nouvel album va sortir prochainement,
est-ce que tu peux présenter ce disque aux fans ?
Eric Peterson : Oui bien sûr. Il s’appelle 'The
Dark Roots of Earth'. De tous les disques que nous
avons fait, il s’agit probablement de notre meilleure
production, et on y retrouve tous les éléments
qui ont fait le succès du groupe depuis le premier
album : des chansons rapides, du blast beat, des gros
riffs, des vocaux puissants, etc… C’est un disque
qui est moderne tout en conservant les éléments de
thrash old school propres à Testament.
Encore une fois, cet album est produit et mixé par
Andy Sneap. Il fait figure de référence depuis quelques
années dans le thrash. Quelle est sa contribution sur
ce nouvel album ?
On avait déjà travaillé plusieurs fois avec lui
auparavant, et on a toujours été très content de son
travail, donc ce choix s’est imposé naturellement.
Il nous a aidés tout au long de l’enregistrement
du disque, et a bien sûr travaillé à façonner le son
de 'The Dark Roots of Earth', mais nous a parfois
également guidés musicalement. Là encore, nous
sommes très satisfaits de son travail, il a parfaitement
saisi ce que nous voulions pour cet album.
Tu as commencé à jouer il y a quelques années des
parties lead sur scène. Tu en as également interprétées
sur 'The Formation of Damnation' pour la première
Et toi, à titre personnel,
penses-tu que tu as le respect
que tu mérites en tant que
chanteur et frontman ?
Oui, parce que je me donne
à fond chaque soir et que
ma voix est meilleure qu'elle l'était il y a 30 ans. Tu
sais, je peux chanter tous les soirs, peu importe les
conditions, ça n'a pas d'importance : aussi longtemps
que je vais sur scène, que je m'y amuse et que je sonne
bien, c'est tout ce que les gens attendent de moi.
Rock Rock Rock !
Pour moi, Mötley Crüe représente les 80’s, mais
également la débauche, les excès, etc... Mais ça n'est
que mon opinion... Qu'en penses-tu ?
C'est exactement ça ! (rires) Avec Mötley Crüe,
nous avons toujours fait les choses à notre façon. Et
c'est quelque chose de formidable de toujours avoir
du succès et d'être encore viable 31 ans après avoir
débuté, en continuant à remplir des stades et des
grandes salles. D'ailleurs, des années 80, il n'y a guère
plus que quatre groupes qui continuent à le faire : il y
a nous, Bon Jovi, Metallica et U2. C'est tout.
Donc pas de nouvel album de Mötley en vue ?
Non non, nous n'en n'aurons pas le temps, car nous
allons encore tourner toute l'année prochaine.
Non, on ne reçoit aucun
respect du tout de la part
du milieu musical. Mais on
s'en fiche. Tout comme, par
exemple, le Rock n' Roll Hall
Of Fame se fiche de nous.
fois depuis les débuts de
Testament. Qu’en est-il pour
'The Dark Roots of Earth' ?
Effectivement, j’ai joué des
parties lead sur cet album.
Moi et Alex Skolnick avions
des idées, nous retenions et
travaillions les meilleures,
et au final la répartition
devait être équitable entre
lui et moi. Je pense que c’est
à peu près 50/50. J’adore
toujours jouer des riffs et
de la rythmique, mais jouer
également des soli, ça rend la
chose encore beaucoup plus
intéressante pour moi.
Mötley Crüe
« Saints Of
Los Angeles »
Motley Records /
Eleven Seven Music
www.motley.com
Les leurs ne sont
toujours pas écrit !
Est-ce que vous pensez que Gene Hoglan pourrait
devenir un membre permanent de Testament ?
On y travaille, mais ce n’est pas facile, puisqu’il a
des engagements dans d’autres groupes. Mais en ce
www.testamentlegions.com
Comment décrirais-tu les membres de Mötley Crüe en
deux mots ?
Nikki Sixx : Très intelligent.
Tommy Lee : Le clown de la classe.
Mick Mars : Le mort-vivant.
et... Vince Neil : Un gars ordinaire. ❚ [GS]
TESTAMENT
Paul Bostaph a quitté
Testament à cause d’une longue
période d’indisponibilité due
à un accident. Gene Hoglan
(Devin Townsend) tourne
actuellement avec vous. Qui a
joué les parties de batterie sur
ce nouvel album ?
Gene Hoglan a enregistré
toutes les parties de batterie
de ce nouvel album. Il tournera également avec nous
autant que son agenda le lui permettra car il est
extrêmement occupé. Chris Adler de Lamb Of God
a également participé aux sessions mais n’apparait
pas sur la version régulière de l’album (ndlr : il
apparait sur une bonus track disponible via iTunes).
Testament
« The Dark Roots
of Earth »
Nuclear Blast
A tes débuts, David Lee Roth (Van Halen) t'a donné
des conseils qui t'ont été utiles : si tu devais t'adresser
à un jeune musicien d'aujourd'hui, que lui dirais-tu ?
Probablement la même chose que ce que David Lee
Roth m'a dit : n'oublie pas que c'est un business.
Prends du plaisir sur scène, mais mets de l'argent de
côté, parce qu'il y a beaucoup de gens pourris dans
ce milieu. Et ne fais pas confiance à tout le monde.
© www.deankarr.com
qui me concerne, j’aimerais beaucoup car c’est un
batteur exceptionnel. Quand je jamme avec lui ou
quand j’écris, je ne ressens aucune limite concernant
ses capacités à jouer telles ou telles parties de
batterie. Je ne sais pas s’il va devenir membre à part
entière de Testament, mais c’est un batteur avec qui
il est exceptionnel de jouer, que ce soit sur scène ou
en studio.
Vous avez, en reformant le line-up originel de
Testament, ouvert la voie à un véritable retour des
groupes de thrash de la Bay area des années 80, qui
était parfois un peu tombés dans l’oubli, comme Death
Angel, Exodus ou bien Forbidden. Maintenant que
vous voyez que cette scène vit encore 25 ans après,
qu’est-ce que ça t’inspire ?
Je suis très fier d’appartenir à cette scène, de l’avoir
vue grandir, et de voir que maintenant Testament et
tous ces groupes sont toujours en forme. Regarder
dans le rétroviseur de quoi on est partis, et où on
en est maintenant, ça me rend vraiment fier. ❚ [AB]
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6 interviews
THE HIVES
Comme au bon
vieux temps
Sur la pochette, les Suédois se
la jouent classe, queue-de-pie et
haut de forme. Leur musique,
elle, ne fait toujours pas dans
le classieux, même si la fougue
des débuts semble un peu
oubliée.
disque, on voulait le garder nu de tout synthétiseur.
Il devait y avoir de vrais saxophones, de vrais orgues.
C’est plus difficile d’écrire de bonnes chansons ou de ne
pas répéter une formule trop souvent usée ?
C’est d’arriver à être content de la chanson. Et on y
passe beaucoup de temps. Je comparerais ce processus
à la construction d’un gigantesque château en Lego.
C’est comme un grand puzzle Hives.
Un puzzle, qui, si j’en crois le titre 'Lex Hives' avait tout
de même besoin d’être régi par des lois bien précises.
Plutôt un paquet de règles à ne pas suivre. Ça fait vingt
ans que l’on essaie de ne pas tomber dans certains travers.
La seule règle à suivre, c’est que l’on doit faire ce dont on
est capables. Et ce coup-ci on a même essayé d’être le plus
Hives possibles, comme au premier jour. ❚ [YP]
The Hives
« Lex Hives »
Sony Music
www.thehivesbroadcasting
service.com
A
près cinq ans d’absence, vous débarquez avec deux
titres au message simple: 'Come on' et 'Go Right
Ahead', un peu comme si vous aviez besoin de
vous donner du courage.
Ça ne change pas tellement de d’habitude, on a
toujours aimé placer en début d’album des titres
accrocheurs, qui doivent prouver qu’on est toujours les
mêmes.
Ok, mais malgré tout il y a dans 'Go Right Ahead' des
cuivres comme on n’en a jamais entendu en vrai dans
votre musique.
Par le passé on avait des lignes de cuivres jouées aux
claviers, cette fois on voulait de vrais instruments. On
a fait venir un pote à nous en studio. C’est à l’image du
Le quatrième album des
death wavers romands
confirme la direction
musicale prise par le
groupe et sa qualité la
valide. Drop, guitariste
et co-fondateur, ne nous
contredira pas..
C
omment définirais-tu l’étiquette musicale que
vous vous êtes apposés, la death wave ?
C’est un mix de death metal et de new
wave. Comme si Carcass et Depeche Mode
copulaient. Tout est parti d’une blague en fait, lors
d’une interview radio où on avait pas mal picolé
et où on se moquait des groupes qui définissaient
leur style avec des trucs incroyables… après coup
on s’est dit que ça collait bien, alors on l’a gardé
car on est très second degré.
Le dernier album est toujours le meilleur, tu confirmes ?
Pas forcément. Il est clair que tu te mets toujours
la pression pour parvenir au meilleur résultat
possible. Au moment où tu as le résultat final
dans les oreilles, et que tu te sens prêt à le sortir,
tu crois en ton meilleur album. Au fil du temps,
les choses changent parfois et les auditeurs se
chargent de vite te faire comprendre si leurs
attentes ne sont pas atteintes (rires). Je ne me dis
pas que le dernier album est
le meilleur, c’est juste celui
que j’ai le plus de plaisir à
écouter. La nouveauté c’est
excitant.
Qu’avez-vous changé par rapport
au précédent disque ?
Pas énormément de choses à
vrai dire. On a composé dans
un laps de temps très court,
comme le disque d’avant, mais
cette fois on a plutôt bossé à
partir de riffs. Cet album est
beaucoup orienté sur le feeling
et je pense que les nouveaux
morceaux sont pour la plupart
taillés pour la scène. C’est ce
qui péchait un peu sur l’album d’avant.
rock’n’rollement vôtre
De passage à Paris, Danko
Jones en personne, leader
du groupe portant son nom
a bien voulu répondre a
quelques questions concernant
l’actualité du groupe.
I
l ressemblera à quoi ce nouvel album ? Les paroles
tourneront toujours autour de la gente féminine ?
Il s’appellera 'Rock and Roll is Black and
Ils surfent la vague
Le fait d’être un groupe de metal suisse romand, ça vous
freine, ça vous aide ou ni l’un ni l’autre ?
Franchement ça ne change pas grand chose d’être
suisse ou zimbabwéen, le but c’est d’y croire et
de se donner les moyens. Certes, en Suisse on a
moins d’aides et de subventions que dans les pays
scandinaves par exemple, mais le secret c’est de
se bouger le cul et de vivre son trip a fond. Il y a
beaucoup de bons groupes émanant de la Suisse
depuis quelques années, faut pas que ça s’arrête
on est sur la bonne voie et je suis super content
DANKO JONES
SYBREED
Blue'. Il a été enregistré au
Noble Street studios à Toronto.
Il a été enregistré avec notre
nouveau line-up. Il est un peu
dans la continuité de l’avantdernier, mais peut-être un
peu plus punchy. Je pense que
c’est l’apport de Mike Fraser
(Metallica, AC/DC) au mixage
qui a permis d’obtenir cette
puissance avec un bon gros son
rock. Quant aux paroles, oui
bien sûr que cela portera sur les
femmes. C’est le sujet qui colle le
mieux au rock’n’roll finalement.
Une autre actualité récente est la sortie de votre DVD,
'Bring on the Mountain'.
Oui il s’agit d’un double DVD sorti il y a quelques
semaines maintenant. Il y a un documentaire, un
mini-live de différents concerts mis bout à bout, et
un petit film basé sur la trilogie 'Below the Belt' qui
s’appelle 'The Ballad of Danko Jones' où j’ai pas mal
d’invités dessus comme Lemmy ou encore Elijah
Wood. Et enfin toutes les vidéos du groupe depuis le
début (dix-neuf au total).
que cette petite scène metal ait repris vie, car en
presque dix ans après la disparition de Nostromo
et Shovel, il se passait plus grand chose de
nouveau…et surtout d’intéressant. ❚ [YG]
Sybreed
« God is an
Automaton »
Listenable Records
www.sybreed.com
Pour finir cette
interview astu autre chose
à dire à nos
lecteurs ?
J’ai un Podcast
sur Itunes qui
s’appelle : 'The
official Danko
Jones Podcast' qu’on peut télécharger gratuitement dont
le principe est d’interroger un invité pendant quarante
minutes. Et enfin il va y avoir un livre qui sortira cette
automne qui retranscrira les anecdotes et phrases de
musiciens qui ont fait le rock. On y retrouvera Lemmy,
Jello Biaffra, Morbid Angel, White Zombie etc… Il
devrait s’appeler 'Publics Trouble'. ❚ [NK]
Danko Jones
« Rock’nroll is
Black and Blue »
Bad Taste Records
www.dankojones.com
interviews
FRANCOIS AND THE KATATONIA
ATLAS MOUNTAIN sombre roi !
monts et
merveilles !
© cucutapool
La musique du
groupe francobritannique est une
véritable invitation
au voyage, au
vagabondage
de l’âme, à la
mélancolie.
Une douceur et
sensibilité incarnées
par le leader
François Merry
qui partage sa vie
entre Bristol et sa
Charente-Maritime
natale. Rencontre
avec ce dernier qui
vient tout juste
de débarquer du
festival de jazz de
Montréal. Et dont
les traits du visage
trahissent la fatigue
du voyage.
Avec 'E Volo Love', tu livres un album
très contemplatif et mélancolique.
Quel message veux-tu faire passer ?
Ça va paraître un peu pompeux, mais
je pourrais résumer le message en
citant Jim Harrison, un écrivain que
j’aime bien : 'Be brave, you belong
to the world'. C’est dans ce sens que
l’album est contemplatif. Il n’y a pas
toujours une solution aux problèmes,
mais il suffit d’être soi et les choses
se résolvent par elles-mêmes. J’espère
donner du courage aux gens.
Le nom de l’album a deux
particularités. C’est un palindrome et
tu as utilisé une expression typique de
Bristol.
(il sourit) Les Bristoliens mettent
'Love' comme interjection à la fin de
leurs phrases. Comme nous on dirait
'mec', par exemple. Je vais essayer de
faire la même chose en France. Je me
demande comment une caissière de
supermarché réagirait si je lui disais
'Merci mon amour' après m’avoir
rendu la monnaie.
C
omment est né Frànçois And
The Atlas Mountain ?
Je voulais créer un groupe
dans lequel je ne voulais pas
disparaître parmi d’autres individus.
J’ai fait partie de formations dans
lesquelles je me suis laissé déborder
par les ego des autres. Cette fois, je
voulais que ça soit clair, que ce soit
mon groupe et moi qui décide.
© Tom Cops
Quelle serait le moment idéal pour
écouter ton album ?
Donc cette fois tu veux mettre en
Ce serait en prenant sa voiture tôt le
avant ton ego.
matin pour aller faire du surf ! Mais
(il sourit) Exactement ! Non,
on m’a dit plein de choses à ce sujet.
sérieusement, je voulais que mon
Une personne m’a affirmé avoir fait
nom soit utilisé pour le groupe afin
l’amour en écoutant mon album.
que je puisse me retrouver lorsque
Honnêtement, c’est quelque chose
j’écoute nos albums. En soi, François
que je n’imaginerais pas faire moiand The Atlas Mountain, c’est
même (il rit). ❚ [ND]
l’histoire d’un écrivain et de ses
aventures. Toutefois
en live, ça me gêne
Francois and the
parfois que mon nom
atlas mountain
soit mis en avant. Sur
« E Volo Love»
scène, nous sommes
Domino Records
plusieurs personnes
qui partageons un
plaisir commun. C’est
www.francoisandtheatlas
une communauté.
mountains.com
Les petits
impatients que vous
êtes peuvent cesser
de ronger leur
frein, le nouvel
album de Katatonia
est arrivé. Noirceur
et mélancolie,
associées à cette
maitrise sans faille
à laquelle le groupe
nous a habitués.
Jonas répond à nos
questions.
dois toujours essayer d'élargir ton
horizon, de varier autant que possible.
Globalement, c'est un processus assez
naturel.
uel est le message que vous
vouliez faire passer avec cet
album ?
J'essaie toujours d'aborder les textes
de la même manière à chaque album.
Mon but principal est que les paroles
aillent
main
dans la main
avec la musique,
ce qui implique
que
chaque
morceau ait un
type
différent
de paroles. C'est
un
challenge.
Evidemment,
j'essaie d'écrire
d'une certaine
m a n i è r e ,
d'aborder le côté
sombre de la vie
de tous les jours.
C'est là que je me
situe, que sont
mes réflexions.
Chaque morceau
de l'album a une
sorte de thème
associé.
C'est
une forme de réflexion et d'émotion
abstraite jaillissant et essayant d'être
en accord avec la musique.
Vous serez aux États-Unis en
septembre, pourra-t-on vous voir en
Suisse bientôt ?
Absolument. On sera en Amérique
du Nord en septembre, on fera
probablement deux tournées d'affilé
là-bas, et ensuite
on
reviendra
en
Europe.
On enchainera
directement avec
une tournée qui
durera presque
deux mois en
novembre et en
décembre.
Q
Selon toi, quel serait le meilleur
environnement pour écouter cet
album ?
Je pense que tu dois t’échapper des
distractions, en premier lieu. Tu
dois être prêt à intérioriser l'entier
de la chose. Peut-être un casque
dans une pièce sombre ou alors des
paysages sauvages. Je pense que le
plus important est de ne pas te laisser
distraire. Je pense que ce serait mon
environnement favori, quelque chose
d'isolé.
Vous
aviez
joué en Suisse
romande
au
L ong'I'Rock
Festival
pour
votre précédent
album, comment,
c'était ?
C'était
bien.
Un peu étrange
parce qu'il y
avait peu de
monde venu nous voir, mais ça n'était
pas important, parce que les gens qui
étaient là étaient vraiment dans le
truc. C'était peut-être un des festivals
les mieux organisés où nous avons
joué. ❚ [GN]
Est-ce difficile de créer de nouvelles
chansons, vingt ans après vos débuts ?
Ça devient un peu dur, en effet,
mais tu sais, nous ne sommes plus le
groupe que nous étions
il y a vingt ans. Nous
Katatonia
n'écrivons plus le même
« Dead
End
Kings »
genre de musique,
Peaceville Records
bien que nous soyons
toujours le même genre
de personnes. Nous ne
sortons pas des choses
révolutionnaires
à
www.katatonia.com
chaque album, mais tu
7
8
agenda des clubs & des festivals
9
10 publicité
dossiers 11
côté matos
Batterie Tama Silverstar Series
Hé, faut pas croire, les batteurs ne sont pas tous
cachés derrière leurs fûts et inutiles aux yeux de
tous ! D'ailleurs, H&M a sorti un top 'I prefer the
drummer', que vous pouvez m'envoyer si vous le
trouvez. Et vu qu'un batteur, ça prend soin de son
image, afin de concurrencer un peu le bassiste, lui
aussi insignifiant face au charisme d'un chanteur ou
à la sexitude féline d'un guitariste, et bien mon ami,
le batteur va devoir s'armer de tout ce qui est en son
pouvoir pour devenir un musicien à part entière, et
tirer un peu son épingle du jeu. Et là, Tama fait fort
en lançant une batterie sexy, ténébreuse et pratique.
Bref, tout ce qu'il faut pour jouer des coudes dans
le milieu scénique : j'ai nommé la Tama Silverstar !
Comme son nom l'indique, sa couleur fait toute
la différence. Pas de noir, c'est chiant le noir, pas
de couleur primaire non plus, non, non, la Tama
Silverstar prend la couleur argent pour attirer les belles
groupies du premier rang ! Dès lors, déjà la moitié du
public, celle qui peut voir le batteur, est conquise !
L'autre moitié du public, elle, reste obnubilée par le
guitariste, qui lui, a les moyens de changer de guitare
à chaque morceau, ses Gibson et Ibanez toutes plus
flamboyantes les unes que les autres...
Une fois installé derrières sa batterie, le batteur prend
donc possession d'elle en s'en imprégnant, notamment
en invoquant les dieux du rock. Et si c'est un batteur
de heavy metal, la Tama Silverstar n'est pas pour
lui. En effet, de par sa petitesse (vingt pouces pour
la grosse caisse), la Silverstar est certes pratique et
maniable, mais n'a pas un son très lourd. Elle convient
donc plus à des jazzmen, ou des pop-rockeurs en
herbe, plutôt qu'un musicien avide de sons lourds
et gras. Par contre, elle envoie ! Le kick est puissant,
les toms efficaces et la caisse claire redoutable. Autre
avantage également, les toms sont entourés d'arceaux
permettant d'amortir les vibrations, afin de donner
un son moins brouillon. Le hi-hat est assez sensible
pour pouvoir profiter amplement de ses capacités,
et ainsi jouer plus finement que 'hi-hat fermé / hihat ouvert'. De plus, Tama nous offre deux clés
d'accordage, au cas où l'on perdrait la première, ce
qui arrive bien trop souvent à mon goût ! Bref, c'est
un batteur heureux qui découvrira la Silverstar,
nouvelle femme de ses rêves. Seul bémol, le goliath
devrait plutôt approcher les seize pouces, afin d'avoir
plus de variété dans le jeu de toms. Autre alternative,
acheter un second goliath, approchant les deux cent
balles. Mouais... De plus, autre inconvénient, la peau
de grosse caisse n'est pas préalablement percée, ce
qui vous donne deux choix : soit vous faire haïr par
l'ingé-son lors de tous vos prochains concerts, soit la
percer vous-même, avec le maximum de tact que vous
avez en stock. Dommage qu'avec les temps, toutes les
peaux de grosses caisses ne soient pas percées, ce n'est
tout de même pas un luxe !
Vous pouvez la trouver en magasin pour
approximativement 1300 francs, ce qui est,
avouons-le, tout à fait honorable et abordable pour
les débutants comme pour les désireux d'acquérir
une batterie neuve. La gamme Silverstar ne cesse
de s'agrandir, si vous voulez agrémenter votre
instrument de nouveaux toms.
Conclusion
La Tama Silverstar est originalement colorée,
très classe, pratique, mais ses finitions pourraient
nous trahir d'ici quelques années, ou lors d'un
malheureux incident lors d'une manipulation
hasardeuse. Bref, je crains que mon floor tom ne
s'écaille contre ma bagnole si je n'achète pas des
flight case, qui coûtent un bras et demi. Et vous
croyiez que la musique n'était pas une activité
coûteuse ?
Le Pack comprend
Grosse caisse (20')
Caisse claire (16')
Petit tom (10')
Moyen tom (12')
Gros tom (14')
Deux Pieds de cymbales
Un pied de grosse caisse Iron Cobra
Points forts
Son prix abordable
Sa couleur originale
Ses détails sexy
Points faibles
Les finitions
Un siège, ce serait sympa...
CARS, BIKES AND ROCK’N’ROLL
Hangar Rockin
www.crazyeventik.ch
Pour cadrer le Hangar, il suffit, pour ceux qui connaissent le Greenfield (les autres,
direction Greenfield 2013 !), de s’imaginer un décor similaire, mais en plus intime,
encore plus dissimulé au cœur des Alpes.
P
as de doute, tous ces festivals gagnent un certain
cachet à être nichés dans ces vallées pittoresques,
transformant la virée en véritable roadtrip le long
des cols et routes sinueuses. Destination et voyage se
fondent ainsi en une seule expérience exceptionnelle.
Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Les premières
années du Hangar se sont déroulées sur la piste de
Birrfeld, dans les plaines entre Argovie et Zurich.
C’est à partir de 2008 que la décision a été prise de
derrière la végétation. Celui-ci se divise en plusieurs
zones afin de réunir les véhicules : ceux d’avant 1960 et
ceux entre 1960 et 1968, puis le parking standard pour
les visiteurs. On ne rigole pas sur les années donc,
mais c’est pour mieux s’imprégner de cette atmosphère
vintage : Chevrolet, Ford, Cadillac, Oldsmobile et du
côté des deux-roues, Harley-Davidson, Triumph, BSA
et les vénérables Indians. Mais plus que les véhicules,
ce sont les personnes habillées tel qu’il y a plus de 60
ans qui contribuent à ce voyage dans le temps : femmes
aux robes colorées et hommes aux pantalons à pinces
et gomina dans les cheveux. Les nombreux tatouages
étant le seul détail anachronique nous replaçant à
notre époque.
Puis c’est direction la piste de course pour un mano a
mano sur 1/8 de mile. L’air se remplit vite de la douce
odeur de la gomme brûlée et de l’essence. Même les
Vespa ont droit à leur course, moment encore plus
drôle où les concurrents prennent péniblement de la
vitesse sur ces quelques mètres.
déménager vers St-Stephan, dans la vallée entre
Zweisimmen et Lenk. Si le gain au change a été ce
fabuleux décor offert par les montagnes environnantes
et les cimes enneigées au loin, c’est plutôt du côté de
la météo qu’il faut y voir un éventuel désavantage,
avec des éditions détrempées par le déluge ou des
orages violents, comme la grêle pour 2012 ! Mais ce ne
sont pas quelques gouttes de pluie qui vont refroidir
la passion de ceux qui viennent des quatre coins de
l’Europe pour se réunir le temps d’un week-end.
En effet, les kustom addicts arrivent d’Italie, de
Belgique, d’Allemagne, de France... L’affluence semble
grandissante chaque année, le parking ayant l’air
toujours plus bondé sur cette piste d’aérodrome où
les vieux hangars militaires se dissimulent à présent
Côté musique, les deux soirs sont dédiés au rock’n’roll !
Provenant également de nombreux horizons, les
groupes officient tant dans le rockabilly que le rock 60’s
et le blues, parmi lesquels The Bellfuries, Si Cranstoun
et les Genevois The Noisy Boys, transformant très vite
la fosse en piste de danse. Et la grande nouveauté
de 2012, ce fut l’introduction d’un tremplin interne,
où trois groupes suisses se disputaient la place sur la
grande scène pour l’édition suivante. Entre Hang Em
Higher, Black Shirt Samurais et les Coconut Kings,
ce sont ces derniers qui ont gagné leur ticket, grâce
leur rock’n’roll endiablé et une prestation live épique
sous l’orage et la grêle (chronique de l’album dans ce
numéro !). ❚ [MHR]
12 dossiers
REFUSE AND RESIST ?
Remake and reboot - 1ère partie
Du manque d’inspiration et de l’envie
de pognon dans le cinéma d’aujourd’hui.
L’inspiration semble manquer dans le cinéma
de genre américain.
L
’industrie cinématographique de l’Oncle Sam
ne trouve rien de mieux depuis plus de vingt ans
que de nous resservir des remakes (entendez par
là, refaire le même film) ou des reboots (reprendre
une histoire déjà mise en scène au cinéma et l’adapter
au contexte actuel ou autre). Si les USA nous ont
habitués à refaire des films d’autres continents (The
Ring par exemple), ils sont aussi très forts pour
reproduire leurs propres longs métrages !
Les plus jeunes d’entre vous ont sûrement vu
Halloween de Rob Zombie (2007). Ma génération
a vu et revu Halloween de John Carpenter (1978) !
Ehhh oui, Rob Zombie n’a rien inventé les enfants ! Le
remake est, d’ailleurs, très bon et a reçu des critiques
élogieuses de la part des cinéphiles. Cette mode a
commencé entre 1976 et 1980, certains réalisateurs
issus du baby-boom ont entrepris de rendre hommage
aux films qui avaient bercé leur enfance.
Cela nous a donné 'La Chose' de John Carpenter
(1982), remake de 'La chose venue d’un autre
monde' de Christian Nyby (1951). Du noir et blanc,
on passait à la couleur et les effets spéciaux de papy
étaient relégués au placard et remplacés par ceux
de l’excellent Rob Bottin, connu pour avoir déjà
travaillé sur un autre remake en 1978, celui de ‘King
Kong’ (le premier datant de 1933, le deuxième de
1976 et le dernier de 2005). Ce fut un succès pour
John Carpenter et son acteur fétiche Kurt Russell.
D’autres s’engouffrèrent alors dans la brèche,
notamment David Cronenberg qui nous pondit
le
meilleur
film
fantastique de tous
les temps avec 'La
Mouche'
(1986),
remake
du
film
'The Fly' de 1958
interprété à l’époque
par le grand Vincent
Price et réalisé par
Kurt Neumann. Jeff
Goldblum tient le
rôle-titre du docteur
Seth Brundle qui,
suite à une expérience
de
téléportation
qui a mal tourné,
se transforme en
mouche géante, son
ADN ayant été absorbée par l’ADN de l’insecte noir.
Succès fulgurant et oscar pour le film.
Ce qui rendait ces films passionnants et intéressants,
c’était le talent et l’acharnement de leurs réalisateurs,
leur passion du cinéma de genre et le respect des
spectateurs et de l’essence de l’œuvre originale, ce
qui manque cruellement aujourd’hui dans certains
remakes. Le pognon a remplacé la passion. En
1976 sort 'The Omen' (La Malédiction) de Richard
'Arme Fatale' Donner avec le talentueux Gregory
Peck, l’histoire de l’enfant de Satan venu sur Terre
pour accomplir ses démoniaques desseins (et nous
gratifier d’une scène d’anthologie de pendaison
de nounou lors d’un anniversaire, mythique !) Le
film surfe sur le succès de l’Exorciste sorti trois
ans plus tôt. Carton au Box-Office : trois suites et
une trentaine d’années plus tard, un remake est
annoncé en grandes pompes pour le 6 juin 2006
(ben voyons, sortie à 6h du mat ?). On crédite Mia
Farrow, histoire de rameuter les fans du genre
horrifico-satanique (Rosemary dans 'Rosemary’s
Baby' c’est elle) et c’est un flop ! Montage sensé faire
peur, gamin tête à claques, personnages des parents
inexistants, scènes reprises au millimètre près sans
panache, seule Mia s’en sort mais cela ne suffit pas
à remonter les ventes : le film est un bide boudé par
les fans qui crient au scandale. ❚ [RV]
La suite dans le prochain Daily-Rock.
THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST
www.theebookpeople.com
50 Years – The Rolling Stones. 'Views from
the inside, views from the outside'. part 1
Peu de groupes ont su déchaîner les passions comme les Rolling Stones. Leur attitude
rebelle et anticonformiste et un dosage subtil entre blues et rock les ont fait entrer de
plein pied dans la légende. Oh Yeah !
C
inquante ans de
rock n’ roll, et
même si, depuis la
sortie de ‘Some Girls’ en
1978, ils se sont une peu
perdus en devenant une
énorme machine à fric,
il est indéniable qu'ils
sont l'un des groupes les
plus fascinants de leur
génération. Fan ou pas,
difficile de nier l’impact
des Stones sur l’évolution de notre cher rock n’ roll, et
de nos non moins chères rock stars. Les Stones ont non
seulement fait couler beaucoup d’encre, mais ils ont aussi
marqué les esprits de toute une génération. Leur débuts
en 1962, en même temps que ceux des non moins célèbres
Beatles, marquent un tournant dans l’histoire du rock.
Influencés par le rock d'Eddie Cochran et Buddy Holly,
par le jazz de la Nouvelle Orléans et le Dixieland , le jazz
tout court (Brian Jones était fan du grand Charly Parker)
et le blues puissant de Muddy Waters, ils ont apporté
au rock de la profondeur et une merveilleuse tessiture
reprise un peu plus tard dans un style plus dynamique
par des groupes mythiques eux aussi comme ZZ Top,
AC/DC et tant d’autres.
Ce qui rend cet e-book particulièrement attrayant, une
fois digéré le format (rien ne remplacera jamais un vrai
livre) c’est qu’il n’est pas seulement une biographie. C’est
un véritable travail de fourmi patiemment mis en place
par Hanspeter Kuenzler, un journaliste rock suisse,
ayant à son actif les interviews de pas mal de légendes
comme Charly Watts, Bill Wyman, Paul MacCartney,
Ringo Starr, ou Tina Turner. Un projet ambitieux et
titanesque, deux tommes, en tout deux-mille pages qui
vous apprendront tout et plus encore sur l'aventure de
ses monstres sacrés du rock. Le premier tomme paru
en juillet, va de 1962 à 1986 (la partie la plus excitante
de leur histoire). En tout neuf-cent nonante pages dont
septante-huit photos choisies avec amour. La deuxième
partie verra le jour en septembre.
Le e-book compile les notes de l’auteur sur la vie des
remuants Anglais ainsi que des extraits de presse
(dont certains devenus introuvables) de l’époque. On
y apprend tout sur leur carrière, leurs influences, leur
vie privée mariages, ruptures. Eclats et déboires avec
la justice y sont détaillés avec pertinence et contribuent
sans doute encore aujourd’hui à la légende des Rolling
Stones. Chaque chapitre comprend une petite récap’ des
disques sortis durant l’année évoquée ce qui permet de
bien situer le contexte musical. Et bien sûr, des anecdotes
croustillantes et sulfureuses et des photos vintage comme
on les aime, des interviews et même quelques écrits
extraits de livres pondus par les intéressés. On aurait
aimé plus de photos, mais on va pas en faire une fromage
non plus !
Participez à notre concours, deux d’entre vous pourront
gagner un exemplaire du e-book sur notre site. Pour les
autres, vous pouvez le télécharger pour une quinzaine
d'euros sur le net. It’s only rock’n’roll… ❚ [RC]
swiss made dans les bacs 13
Sybreed
God Is An
Automaton
Listenable Records
Quatrième album des Romands déjà, qui avaient
décidé à la sortie de leur fort bon troisième album de
requalifier leur musique en death wave metal après
l’avoir baptisée cyber metal. Qu’est-ce que ça change
me direz-vous ? Plus de nappes de synthé, plus de
refrains à chant clair aérien (ça c’est le côté new wave),
tout en gardant l’ossature de riffs syncopés, de batterie
très complexe et de chant hurlé (ça c’est le côté death).
Un cocktail redoutablement efficace avec ses moments
couillus ('Red Nova Ignition') ou planants ('God is an
Automaton'), voire l’alternance des deux dans le même
morceau ('The Line of Least Resistance'). Du très
bon boulot, très plaisant à écouter, avec en prime des
morceaux plus variés que sur la galette précédente : que
demande le peuple ?! ❚ [YG]
www.sybreed.com
Dead Bunny
The Truth Is A
Fucking Liar
'Chop Records
Grands gagnants 2011 du très convoité Demotape
Clinic (cinq mille balles pour financer un album, et une
jolie pub par la même occasion), les Dead Bunny avaient
fait un tube en puissance : 'I don't know you', diffusé
sur toutes les bonnes radios se respectant, avant de
s'attaquer à ce nouvel opus, paru fin août. On s'attendait
donc à une déferlante sauvage et rock'n'roll, à l'image
du titre susmentionné, mais que nenni. Neuf titres,
allant en décroissant dans les BPM, s'alignant sans réel
titre phare ou même accrocheur. Attention, loin de moi
l'idée de dire que 'The Truth Is A Fucking Liar' est
mauvais, mais pour un groupe qui a brillé l'année passée
par son originalité, on en attendait clairement plus. Ils
nous avaient garantis aucun compromis, nous auraientils menti ? ❚ [LN]
www.deadbunny.ch
Progstone
In the Wild
Autoproduction
Ce n’est pas donné a tout le monde de jouer une musique
à priori déjà connue (stoner) et de la rendre originale.
Ça sonne, ça touche et ça envoie autant dans les riffs
que dans la subtilité vocale qui est très naturelle. Une
voix magique qui transmet quelque chose de vrai.
Être polyvalent et renouveler son jeu n’est pas toujours
facile pour tous les groupes, mais voici Progstone qui
développe ses arrangements avec une aisance qui rappelle
les meilleurs Soundgarden ou Pearl Jam, mais avec une
touche personnelle capable de captiver l’auditeur pris en
otage. Un pas en avant pour un groupe soudé qui réalise
ses promesses avec brio un disque de plus, avec en plus
une production qui tient la route. Il ne manque que le
public et les programmateurs pour leur donner la chance
qu’ils méritent. ❚ [RD]
www.myspace.com/progstone.ch
Coconut Kings
Solid Serenades
Cheeta Music
T’aime pas danser canard ? Je te jure, mon âme au diable,
qu’en mettant ce skud des Coconut Kings le volume à
11, que tu sois au bureau, dans ta douche ou dans ton
cercueil, tes nerfs vont immédiatement se mettre à vibrer
au rythme du groove concocté par ce groupe venu de
Sion. Et putain ça démange : un rock’n’roll survitaminé
qui transporte soixante ans en arrière, lorgnant tant sur
un blues rugueux que sur le rockabilly ou la country. Si
les chansons n’excèdent que rarement les deux minutes
trente, bien nerveuses à souhait, 'Hannibal Slim &
Captain Boogie', en guest track, est un véritable bijou de
cinq minutes ! L’autoprod' donne un son vraiment brut
de décoffrage et l’ombre de Tom Waits plane sur la voix
rauque et sombre du chanteur, achevant ainsi de rendre
incontournable cet album. ❚ [MHR]
www.myspace.com/coconutkings
Monster Sound
Planet Sin
Autoproduction
Voici une vraie réussite qui va ravir tous les fans de sleaze,
hard et metal des eighties. En effet, c'est toute cette
période qui a été ingérée, digérée et magistralement
recrachée sur 'Planet Sin' ! Certes, le synthé a parfois
des accents surprenants et le son global pourrait être
plus tranchant. Mais tant pis. Ou tant mieux : ça
participe au charme d'un album parfaitement exécuté,
dont la fluidité et la cohésion forcent le respect. Car ce
jeune groupe a eu l'intelligence de se limiter à ce qu'il
maîtrise parfaitement : des morceaux qui concilient le
crade du sleaze et le théâtral du metal et qui recyclent
les clichés de façon originale. Peu importent l'âge,
l'origine ou les pseudo improbables (heureusement) :
un grand album sera toujours un grand album. Et ceci
en est un. ❚ [GS]
www.monster-sound.ch
Chromatic Circles
Chromatic Circles
Autoproduction
Voilà un groupe qui sait manier ses instruments !
Chromatic Circles nous offre un rock puissant et doux à
la fois, un mélange de sonorités obscures et de musicalité
fluide. Un oxymoron musical en quelque sorte. Comme
l’indique le nom du groupe, la musique ne commence
ni ne se termine vraiment. Colère, rage, désespoir et
résignation s’entremêlent, emportant l’auditeur dans
un monde onirique fait de cris, de suppliques et de
mélodies lancinantes et glaciales. Rappelant tour à tour
My Dying Bride, Tiamat, cet album est carré, abouti et
riche en influences diverses tant au niveau de la voix
que du rythme. Aussi à l’aise en chant clair que dans le
style thrash, Yves Collet arrive à nous faire voyager ! La
relève de My Dying Bride et Paradise Lost est assurée !
Un groupe à suivre de près. ❚ [RV]
www.chromaticcircles.com
Marochine
Same
Autoproduction
Exceptionnel est un mot qui sied bien aux Lucernois de
Marochine. Qui aujourd'hui se donne encore la peine de
sortir un vinyl ? Quel jeune groupe suisse d'indie connaît
les légendes du krautrock allemand Faust, enregistre dans
le studio desdites légendes à Scheer en Allemagne, et les
conserve ensuite comme inspiration majeure ? Est-il de
plus nécessaire de mentionner que peu de groupes osent
baptiser leurs chansons titre comme 'Braunvieh Express'
(l'express des boeufs bruns), 'Herrenwald' (la forêt des
messieurs), ou encore 'Zweikörperproblem' (problème
de deux corps) ? Et naturellement, leur musique est loin
d'être habituelle. Pour sa première sortie, Marochine
offre un EP expérimental qui dévore, qui lutte, qui
craque, qui fait des bulles et qui groove. Et non, ils ne font
pas de pub pour Migros. ❚ [RP]
www.marochine.ch
Bloodlost
Trashell
Autoproduction
Second album pour ces Valaisans qui, entre deux
verres de pinard, s'escriment à ressusciter le thrash
old-school. Dans le tas, on sent la patte de Kreator, de
Slayer, du 'Kill 'em All' de Metallica, le tout saupoudré
d'une agressivité toute particulière. Annoncée d'abord
par une intro mêlant pleurs de bébé et coups de feu,
la brutalité du groupe se concrétise ensuite à travers
d'occasionnels blastbeats et de légères influences death
metal. Si ça se veut traditionnel, ça ne manque pas pour
autant de technicité : riffs et solos furieux se savourent
avec un respect impressionné. La batterie n'est pas
non plus en reste, mais elle souffre parfois d'une petite
mise en retrait par rapport aux guitares. L'ensemble
se défend très bien, et sûrement mieux encore en live.
Thrash's not dead ! ❚ [LR]
www.bloodlost.ch
14 dans les bacs
The Late Show
Portable Pop
Trashy Creatures
Records
Le quartet américain naît en
1972 à Indianapolis. Deux ans plus tard, le groupe
décide de déménager à New York. Et déjà à cette
époque, The Late Show attire l'attention de plusieurs
grandes maisons de disques. En espérant une offre
encore meilleure, le groupe tourne le dos à toutes les
précédentes, ce qui s'avère être une mauvaise tactique.
Ils finissent par sortir leur seul et unique album
'Portable Pop' en 1980 sur le petit label Rave. La
réédition de 'Portable Pop' sur le label Trashy montre
que les grands labels ont du flair. Les seize titres, dont
quatre bonus tracks offrent une pop rafraîchissante et
intemporelle, dans la veine de Pezband, Rubinoos et
Off Broadway. Un deuxième album avait bien été créé
en 1983, mais n'a jamais été publié, ce qui rend grâce
au label Trashy. ❚ [RP]
http://trashycreatures.com
Liars
WIXIW
Mute Records
Les vents s'apaisent. Le calme
(avant la prochaine tempête ?)
s'installe. Presque trop paisible, ce sixième album
de Liars – du moins à première vue. Les titres s'écoulent
comme un fleuve stoïque, parfois menaçant. Une
intro poignante annonce la fantomatique 'Octagon',
où un chant méditatif survole d'inquiétants effets
électroniques. Des beats dansants se faufilent dans
la plupart des chansons dominées par ces effets.
Celles-ci, plus accessibles, ne se font pas entraînantes
pour autant. Sur 'WIXIW', pas d'envolées comme sur
le précédent 'Sisterworld', mais un côté dramatique,
subtil, qui couvre les onze pistes de l'album, sans
s'ouvrir immédiatement à l'auditeur. Bref, ça ne
se destine pas aux oreilles superficielles, et les
amateurs de Radiohead y trouveront largement leur
compte. ❚ [RP]
www.liarsliarsliars.com
Katatonia
Gojira
Dead End Kings
Peaceville Records
Katatonia est l'un des
groupes majeurs du goth
metal de ces dernières années. Après avoir assis sa
réputation de manière magistrale avec l'excellent
'Night is the New Day', il restait à voir comment le
groupe pourrait capitaliser sur ce succès critique. La
réponse du groupe surpasse ici nos espérances. Des
atmosphères planantes bercées de noirceur, comme
à l'accoutumée, a-t-on envie de dire... Certes, mais la
maitrise monte ici d'un niveau. Pas une fausse note,
pas une longueur ne vient ponctuer cette galette, qui,
pour peu qu'on lui en laisse le temps, se déroule peu
à peu, donnant corps et substance à la mélancolie,
au doute et à la rage de vivre qui en constituent
l'essence. Un nouvel album, une nouvelle bombe,
et un groupe qui grave peu à peu sa réputation dans
le marbre. ❚ [GN]
www.katatonia.com
L’enfant sauvage
Roadrunner Records
Après le coup de maître de
'The Way of All Flesh', on
attendait forcément monts et merveilles de Gojira.
La baffe est bien au rendez-vous dès le premier titre,
l’imparable 'Explosia' qui exprime l’essence de
Gojira avec son intro syncopée coupée des célèbres
slides, véritable marque de fabrique du groupe,
puis un riff assassin tout en vitesse et puissance
(quelle batterie nom de dieu !) et un final aux
guitares dignes d’un bon vieux western spaghetti.
Le deuxième morceau, 'L’Enfant sauvage', confirme
et on se prend à rêver que cet album surpassera
ses prédecesseurs. Malheureusement la suite,
quoiqu’à des coudées au-dessus de bien des groupes,
se repose trop sur des mid-tempo qui semblent droit
tirés de 'From Mars to Sirius', leur antépénultiéme
album. ❚ [YG]
www.gojira-music.com
Eiffel
Birdpen
Foule monstre
PIAS Recordings
Il a certes un petit côté
daté dans la façon dont
Romain Humeau chante. Entre la poésie, les paroles
militantes et un langage parlé plus direct, il trouve
un joli milieu. Mille fois comparés à Noir Désir, ils
ont décidé d’en jouer (devinez donc qui chante quoi
sur l’excellent 'Lust of Power' en duo avec Bertrand
Cantat), mais on ne peut s’empêcher d’admirer le
travail sur les mélodies qui s’enchaînent avec une
telle facilité. Qui a dit que le rock français n’était pas
à la hauteur ?! Eiffel déroule sa punkitude ('Frères
ennemis' ou sur la pochette) aussi bien que sa pop
plus envoûtante ('Vénus from Passiflore', 'Puerta
del engel' ) ou son rock entêtant ('Chaos of Myself'
chanté avec Phoebe Killdeer) sur ce 'Foule monstre'
multilingue et confirme tout le bien qu’on pensait
déjà d’eux. ❚ [JM]
www.eiffelnews.com
La
sélection
Gyslain / blogueur FNAC
Non et non ! Pour son
deuxième opus, Birdpen,
side project du chanteur d'Archive, Dave Pen, et
de son acolyte, Mike Bird, se casse intégralement
la gueule. Alors que leur premier opus n'était pas si
mauvais, mais manquait d'audace, ce 'Global Lows'
est globalement... mou. Pis, les refrains, seule partie
devant être entêtante, sont répétés infiniment, jusqu'à
en devenir agaçants. Aucune pêche, aucune attaque,
aucune émotion ou tentative ténébreuse d'atteindre la
lumière. Difficile de citer un bon morceau, mis à part
'Only the Names Change', que Birdpen joue depuis
plus de deux ans sur scène, donc déjà connu depuis
belle lurette. Seule la pochette a un peu de classe. Un
foirage total, qui nous fait attendre plus qu'hâtivement
le nouvel album d'Archive... Dave, cesse de vouloir
t'émanciper. ❚ [LN]
www.birdpen.com
des disquaires
Alberta Cross
Songs of patience
PIAS Recordings
C'est bien simple, en rock,
on est tous conjointement
des enfants des Beatles, de
Dylan ou de Neil Young. Ce dernier, personne
ne pourra l'arrêter, mais certains feront tout
pour l'honorer. Dans cette catégorie, les
Alberta Cross semblent les mieux armés. Une
voix masculine haut-perchée, un désir profond
de rester indé et des mélodies prenantes et
patientes qui balaient quarante années de
Crazy Horse sans forcément leur manquer de
respect. La musique vivra tant que vivront ses
héritiers. ❚
blog.fnac.ch
Global Lows
Last Exit Records
PsiloSyn
/ La Citadelle
Luca Turilli’s
Rhapsody
Ascending To Infinity
Nuclear Blast
Incroyable ! Voilà un moment
que j’avais lâché les Transalpins
de Rhapsody et voilà que tombe dans mes oreilles
cet 'Ascending to Infinity' qui se révèle être une
pure merveille. Jamais le sieur Turilli n’était allé
aussi loin dans les arrangements symphoniques et
le résultat s’avère être un disque incroyablement
varié à la production démentielle. Aucun titre n’est à
jeter jusqu’à l’apothéose finale de seize minutes : 'Of
Michael the Archangel and Lucifer’s Fall' qui clôt la
galette. Sans aucun doute l’œuvre ‘Hollywood metal’
la plus aboutie du maestro italien qui dépasse même
le mythique 'Symphony of the Enchanted Lands' ! ❚
www.lacitadelle.ch
Le
disque
du mois
Prong
Carved Into Stone
SPV
Ayant momentanément mit de côté ses obligations
avec Danzig et Ministry, Tommy Victor nous
revient enfin trois ans après le déjà fameux 'Power
in the Damn MiXXXer' avec un nouvel opus qui
transpire l'urgence et appelle à la communion live
la plus viscérale. Démarrant en trombes sur la
locomotive 'Eternal Heat', ce seul titre rassurant
sur la forme olympique du trio industriel, Prong
enfonce le clou immédiatement avec le tubesque
'Keep on Living in Pain' dont le refrain n'a pas fini
de tourner dans les têtes ; on en rêverait presque
d'un tube radio... Mais bon, quelle radio passerait
du Prong ?! La suite ne déçoit pas, 'Ammunition'
et les titres suivants faisant carrément la nique
au concurrent Pain, que beaucoup ont cru à une
époque le fossoyeur du premier, comme si Tommy
Victor et sa bande avaient fait leur temps. Mais à
l'écoute de ces onze nouvelles bombes, on ne peut
que constater l'évidence, Prong n'a jamais été aussi
vivant et rageur. Tommy n'a jamais aussi bien chanté
et le groupe n'a jamais été aussi mélodique tout en
gardant sa fureur indus, signant, seize ans après le
monument 'Rude Awakening', le second meilleur
album de son histoire. ❚ [FSt]
www.prongmusic.com
Danko Jones
Rock and Roll is
Black and Blue
Bad Taste Records
Danko Jones s’aime. La
preuve, son groupe porte son nom alors qu’ils sont
trois : le fidèle JC à la basse et, pour cette volée, Atom
Willard (ex-Offspring, Social Distortion, AWA),
sixième du nom dans la lignée des batteurs du groupe.
Côté production, on retrouve Matt DeMatteo et Mike
Fraser (AC/DC, Aerosmith), autant dire que le tout
tient la route ! Danko y parle toujours filles et rock’n
roll, entre esprit punk et riffs bluesy. Plus propre, plus
mature aussi certainement que ses prédécesseurs,
ce treize titres s’avère des plus prometteurs pour la
tournée européenne annoncée cet automne. Espérons
juste que sa verve légendaire se manifeste plus par le
chant que le show-off entre les morceaux cette fois.
Certes, un des charmes du groupe mais point trop
n’en faut. ❚ [LM]
www.dankojones.com
Eline / Disc-à-Brac
Two Gallants
The Bloom And The
Blight
FA Records
Disparus des feux de la
rampe indie depuis plusieurs
années, les deux bouseux californiens sont de
retour avec un nouvel album qui surpasse enfin
les promesses de leur premier effort. C’est surtout
la densité de ce disque d’à peine trente-cinq
minutes qui frappe, frôlant parfois une indigestion
évitée grâce aux ballades savamment égrainées.
La production suintante de l’incontournable
Congleton sublime les compos garage, bluesy ou
punk du duo. Le riff y est lourd, la voix éraillée
déchirante, le cheveu gras et l’auditeur se retrouve
les bras au ciel à en fredonner chaque refrain. ❚
www.disc-a-brac.ch
dans les bacs 15
Arcane Roots
Baroness
Left Fire
Pias
Ce trio de Kingston a déjà
fait parler de lui via un minialbum furibard en diable qui se voit enfin édité
officiellement dans une version rallongée afin de
baliser la route vers un album prévu pour 2013. Ce
qui frappe d'entrée avec ce groupe, c'est la voix de
son chanteur guitariste, Andrew Groves, relativement
similaire à celle de la grosse andouille de Maroon 5,
à l'exception notable que Adam Levine n'atteindra
jamais l'urgence et le génie vocal de Groves, ce
dernier défendant chaque titre avec l'énergie et la
rage d'un chanteur prêt à tout pour se faire entendre.
Mais Groves ne serait rien sans le très funky bassiste
Adam Burton et le furieux batteur Daryl Atkins, ces
derniers y étant pour beaucoup dans la déflagration
sonique qui résonne encore à nos oreilles. ❚ [FSt]
www.arcaneroots.bandcamp.com
Yellow & Green
Relapse Records
Après un album rouge et un
bleu, voici un double album
jaune et vert. La recette de Baroness reste sensiblement
la même : un rock lourd et mélodique, exécuté avec
une bonne dose de technique. Le groupe a par contre
décidé cette fois de pousser le mélange plus loin du
côté de la mélodie, quitte à parfois donner une teinte
presque hard FM à certains titres. Ça reste toujours
extrêmement bien fait, mais c’est un peu moins
surprenant que par le passé. La voix est bien posée,
les soli exécutés avec talent mais ça manque un peu
de gras, et tout ça sans parler des quelques balades
(si si…), parfois interprétées à la guitare sèche. Un
album de bonne qualité qui pourrait plaire davantage
aux fans de Deep Purple qu’à ceux de Mastodon,
alors qu’on a très longtemps comparé Baroness à ces
derniers. ❚ [SB]
www.baronessmusic.com
Dinosaur Jr.
Fiona Apple
I Bet On Sky
Pias
Dès les premières secondes
de l'album, et ce 'Don't
Pretend you didn't Know'
d'anthologie, on sait déjà que ce nouvel opus sera
exceptionnel, d'ailleurs on ne tarde pas à remettre
au début cette superbe chanson qui semble toute
droite sortie des années 90, avant de la mettre en
boucle pendant une bonne vingtaine de minutes,
le temps de s'allumer une ou deux clopes et de se
faire un café. Plus que jamais, on se souvient que
ces mecs sont nos grands frères et qu'ils nous ont
accompagnés une bonne partie de notre vie avec
leurs albums sentant bon la mélancolie et le spleen
adolescent qui nous accompagnent encore (qui n'a
pas chanté 'Alone' seul dans sa chambre ne peut pas
comprendre), tandis que nos années trentenaires
s'évanouissent un peu plus chaque jour. Super ce
groupe. ❚ [FSt]
www.dinosaurjr.com
Idler Wheel is
Wiser...
Sony Music
Après l'incroyable 'When
the Pawn...' en 1999, la voilà qui nous refait le
coup du titre d'album le plus long du monde. Mais
l'important n'est pas là. Celle qui avait fait sortir dans
la rue une troupe de fans mécontents du sort réservé
à son précédent album ('Extraordinary Machine',
censuré par le label), remet le couvert avec un disque
dépouillé, très orienté piano. Une voix malmenée
par la vie et un piano jazzy si particulier. La recette
fonctionne à nouveau et on se délecte des 'Valentine'
ou 'Jonathan'. L'âme en charpie, elle s'épanche et
on l'écoute toute ouïe, on s'entortille l'esprit et on
décortique son journal intime. On pourrait cependant
lui reprocher un manque de fantaisie musicale qu’elle
avait superbement accompli sur ce même 'When the
Pawn...' ❚ [JM]
www.fiona-apple.com
Locrian
The Clearing &
The Final Epoch
Relapse Records
The Dodoz
Forevericanpurr
Murrayfield
Si on part du principe que le drone est un genre
qui fait appel à peu de compétences durant la
composition, Locrian sera une belle surprise. Loin
de se contenter d'un mur massif de grésillements,
ils passent, lentement, de percées black metal à des
adjonctions acoustiques, s'autorisant des mélodies,
des vocaux confus et torturés, et parfois même des
percussions lancinantes. La profondeur de leurs
titres, qu'une évolution progressive déroule avec
une tension dérangeante, ne pourra que terrasser
l'auditeur dans des conditions d'écoute adéquates.
Hypnotisant, captivant, angoissant et innovant,
Locrian parvient à construire des atmosphères enfin
convaincantes, redonnant de l'intérêt à un style qui
souffre de représentants parfois minimalistes. Une
future référence, espérons-le. ❚ [LR]
Après un premier album
détonnant, on avait presque cessé d'espérer un
second album des jeunes Toulousains, la durée des
groupes de rock français n'étant pas une constante
dans le paysage rock local. C'est donc avec une
certaine surprise que l'on retrouve The Dodoz
trois ans plus tard. Géraldine et les garçons sont
toujours aussi en forme et nous le prouvent avec
une power pop qui n'a rien à envier à celle de The
Subways, confrères anglo-saxons à qui l'on ne peut
s'empêcher de les comparer. Alors oui, ce disque
fait feu de toutes parts et annonce quelques grands
moments live. Mais la préférence de certain(e)s
ira peut-être à l'étonnant single 'Ghost', tranquille
et old school, qui permet de constater une belle
évolution dans le songwriting des quatre rockers.
❚ [FSt]
www.locrian.bandcamp.com
www.thedodoz.com
Dead Can Dance
Anastasis
4AD
Seize ans... il aura fallu
attendre seize longues années
après le terminal 'Spirit Chaser' pour que le duo
légendaire se reforme enfin. Plus que des divergences
artistiques, il s'agissait de divergences spirituelles et
émotionnelles qui avaient brisé le couple. Si Lisa
Gerrard n'a cessé de s'illustrer au travers d'albums
solos, de collaborations et de musiques de films,
son ancien compagnon n'a sorti que deux albums,
magnifiques, dans l'intervalle. Réunis depuis 2005, le
duo se devait de retourner en studio pour poursuivre
son voyage à travers les musiques du monde. C'est
aujourd'hui chose faite avec 'Anastasis', synthèse
du son Dead Can Dance et véritable porte ouverte
sur un monde rempli d'émotions millénaires.
Au-delà des mots, cet opus fait monter les larmes
aux yeux. ❚ [FSt]
www.deadcandance.com
Hopewell
Another Music
Tee Pee Records
Hopewell, ou le subtil
mélange
de
rock
psychédélique
60’s/70’s
et de shoegaze 90’s bien bruyant et brouillon. Le
résultat est étonnant, et les cinq chansons de cet EP
– issues d’un projet de composition indertéminé,
lors d’une tournée en 2009 – montrent bien les
diverses facettes de la formation new-yorkaise.
Pour l’occasion, Hopewell fait appel au chanteur du
groupe Ride, une grande source d’inspiration. On
commence avec une cover très psychédélique et très
fraîche de Brian Eno, et plus on avance dans l'EP,
plus on évolue dans une sorte de brume sonore très
lourde propre au shoegaze, le morceau final 'The
Six Knowables' étant à l’apogée de cette mélasse
bruyante. Avec un son très analogique et travaillé,
cet EP devrait plaire aux nostalgiques des styles
musicaux évoqués. ❚ [FR]
www.hopewell.tv
You Slut !
Medium Bastard
Noisolution Records
Le post rock est mort, vive le post rock ! Les Anglais
de You Slut ! ressuscitent un genre pris pour mort.
Bien cinq ans après leur premier disque 'Critical
Meat', le groupe nous dévoile bien plus qu'un
simple disque instrumental. La chanson 'Medium
Bastards', nerveuse et grinçante de discorde, prend
des virages inattendus où les désirs sauvages de
révéler des intermèdes poétiques s'emmêlent à des
équations mathématiques à plusieurs inconnues.
Un son à couper le souffle, plaisant, et agréable
à l'oreille. 'Plural Sex' sonne quasiment comme
du post rock pop. Mais dix chansons en un peu
plus de vingt-cinq minutes, c'est ce que j'appelle
un disquedivertissant. ❚ [RP]
www.myspace.com/youslut1
backstage - access point
DAILY ROCK 60 – Septembre 2012
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l’Ilôt Bar Formule 1, Centre RLC - Salle le Totem, Psyko Piercing,
Mean Machine Tattoo. Bulle : Ebullition, Collège du Sud, Michaud
Musique. Fribourg : Media Markt, Rock Café, Fri-Son, Elvis, FNAC.
et Moi, HR Giger Bar, Tattoo-by-kaco, Transformateur. Payerne :
Ayers Rock Australien Pub Silver Club, Media Music. Düdingen :
Bad Bonn. Bienne : Camden Town, Bar St-Gervais Overdose, Pooc.
Chaux-de-Fonds : Bikini Test, Cifom-Ester, Dublin’s Old Irish
Pub, Discothèque de la Ville. Neuchâtel : Ultrason, Case à Chocs,
Bar King, Vinyl Sàrl, Music Avenue, Red Line Music, Chauffage
Compris, Skelter Rock Bar. Yverdon : Café le Tempo, Factory
Pierre, Amalgame, Transfert Music, Citrons Masqués, Coyote Café.
Bâle: Restaurant Hirscheneck. Lucerne : Restaurant Metzgerhalle,
Schüür. Zürich : Abart, Dynamo, Salzhaus, Mascotte, JamaricoMusicland. Soleure : Kofmehl, Outsider-Shop. Berne : Reitschule,
ISC Club. Winterthur : Salzhaus, Gaswerk. Uri : Transilvania Live.
Tessin : Arena Live, Grotto Pasinetti, Shark Hard Music, Living
Room, Oops, Peter Pan, Murray Field. France : Château Rouge, Brise
Glace, Moulin de Brainans.
Plus de lieux sur www.daily-rock.com/distro
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