D-un(e)-prof-a-l-autre-Numero-77-Avril-2015

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D-un(e)-prof-a-l-autre-Numero-77-Avril-2015
Numéro 77 – Avril 2015
2015
Le Solar Impulse a entamé son tour du monde au mois de mars.
Au sommaire ce mois-ci :
p. 2
p. 8
p. 10
p. 13
p. 16
p. 17
p. 18
Tune ma caisse !
FLE – Etrange autobiographie
Je suis Charlie : Lire la presse satirique
Album[s] (7) : Je suis
Un étudiant chez les Moldaves (5)
Lu dernièrement
Carte postale : Allô tout le monde !
D'un(e) prof ... à l'autre
La lettre du bac en français de HELMo Sainte-Croix
61, Hors-Château – 4000 Liège
Comité de rédaction : Sylvie Bougelet, Aurélie Cintori, Anne Dister, Pierre-Yves Duchâteau, Jean Kattus
Informations – abonnement – numéros précédents - index :
www.helmo.be > Formation continuée > D'un(e) prof à l'autre
Contact : [email protected]
1
Tune ma caisse !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pimp_My_Ride
Voici une séquence de français « qui a marché
du tonnerre » pour les élèves de carrosserie et
mécanique du CEFA (Centre d'Education et de
Formation en Alternance). Elle est transférable
à des options de l'enseignement professionnel
ou technique, option électromécanique par
exemple. J'en ai eu l'idée en entendant de
nombreux jeunes expliquer que c'était
l'émission « Pimp my ride » qui leur avait
donné envie de travailler « dans les voitures ».
1. Connais-tu cette personne ?
a) Ecris ici tout ce que tu sais à son sujet (mots ou
phrases) :
......................................
......................................
......................................
......................................
......................................
......................................
......................................
......................................
......................................
b) Mise en commun1
1 Mise en commun orale. Le professeur note les mots clés au tableau : rappeur, animateur de « Pimp my ride »… sans
trop se soucier de leur véracité. La biographie de Xzibit (c'est son nom) sera abordée plus tard. En fonction de leur
niveau, les élèves rédigent une synthèse seul, à deux (évaluation formative possible), ou alors on l’écrit tous ensemble
(le prof prend note au tableau et les élèves recopient ensuite).
2
2. Examine ce document.
http://www.staragora.com/star/xzibit/biographie
Question 1. A ton avis, comment me suis-je procuré ce document ? Observons-le.
Question 2. Qu’est-ce qu’une biographie ?
.........................................................
Question 3. Dans le texte, souligne : - en vert tous les lieux (villes, pays…) cités
- en bleu toutes les façons de désigner Xzibit dans ce texte.
Ensemble, regroupons ces mots par catégories.
Que constate-t-on du point de vue de l'orthographe ?
Question 4. Essaie de répondre aux questions suivantes sans regarder le texte. Après un premier
essai, tu pourras le regarder pendant 3 minutes pour vérifier ou compléter.
a) Quel âge a Xzibit ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
b) Quelle est sa nationalité ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
c) Combien a-t-il de frères et sœurs ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
d) Pourquoi son père a-t-il quitté sa famille ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
e) Quel âge avait-il quand sa mère est morte ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
f) Avec qui a-t-il été vivre après ça ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
g)
Pourquoi doit-il une fois de plus déménager à l’âge de 14 ans ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
h) Quel autre chanteur très connu est son ami ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
i) Quel est son style musical ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
j) Cite un des films où il apparaît. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Résultats :
9 ou 10 bonnes réponses :
WAOUW !
7 ou 8 bonnes réponses :
pas mal…
…. / 10
6 bonnes réponses (ou moins) :
Hum ! Hum !
3. Lis le texte et réponds aux questions.
Pimp My Ride est une émission de télévision américaine diffusée sur MTV depuis le 4 mars
2004 et présentée par Xzibit et ses équipes. Le concept est de reprendre de vieilles voitures
délabrées appartenant à des jeunes fans de MTV et de les faire remettre en état par les
mécaniciens de l'atelier West Coast Customs (pour les quatre premières saisons) et Galpin Auto
Sports (pour les cinquième et sixième saisons), des sociétés spécialisées dans le tuning. Tout est
revu, la mécanique mais aussi l'apparence. Les véhicules sont souvent fortement accessoirisés.
Question 5. Dans ce texte, que veulent dire les mots soulignés ? Coche la bonne réponse.
diffusée :
0 programmée
0 vendue
0 produite
délabrées :
0 bon marché
0 très belles
0 vieilles
accessoirisés :
0 démontés
0 renouvelés
0 améliorés par des accessoires
Question 6. L’émission « Pimp my ride » existe depuis : 0 5 ans
dit pas.
0 en mauvais état
0 10 ans
0 on ne le
Question 7. Vrai ou faux ? Assure-toi qu’on le dit dans le texte. Si c’est faux, corrige, l’erreur.
4
•
•
•
•
West Coast Customs est une société de production :
vrai – faux – on ne le dit pas.
Galpin Auto Sports a tuné les voitures dans la saison 6 : vrai – faux – on ne le dit pas.
Les voitures appartiennent à des fans de MTV qui sont mécaniciens :
vrai – faux – on ne le dit pas
Xzibit est américain : vrai – faux – on ne le dit pas dans ce texte.
4. Chaque épisode est construit de la même manière.
Question 8. Pour remettre les étapes dans l’ordre, place les lettres à la bonne place dans le tableau :
A. Toute l’équipe des tuners se réunit et décide comment transformer la voiture et quels accessoires
installer.
B. Le propriétaire de la voiture à modifier présente son véhicule, en insistant sur les défauts
esthétiques et techniques.
C. Le propriétaire vient rechercher sa voiture. On lui explique en détail toutes les transformations.
D. L’équipe se met au travail, démonte, peint, installe les gadgets…
E. Xzibit se rend chez le propriétaire du véhicule, sonne à sa porte et emmène la voiture au garage.
1re étape
2e étape
3e étape
4e étape
5e étape
Question 9. On pourrait faire un schéma. Complète celui-ci.
voiture : ....................
voiture : ..................................
propriétaire : ...........................
............................................
Pas de surprise donc !
Question 10. Mais alors, qu’est-ce qui fait le succès de cette émission ?
......................................................................
......................................................................
......................................................................
......................................................................
......................................................................
......................................................................
5
Corrigé
Question 1 : Sur internet
capture d’écran
Question 2 : Un texte où l’auteur raconte la vie d’une personne.
Question 3 :
- Lieux : Détroit / Michigan / Etats-Unis / West Coast / Los Angeles / Californie / Cité des Anges
- Façons de désigner Xzibit :
noms propres
noms communs
pronoms
Alvin Nathaniel Joiner IV
le rappeur
il
Exhibit A
l’une des grandes figures du rap
le
le charismatique animateur de Pimp my ride
On constate la présence de la majuscule pour les noms de lieux et les noms du chanteur.
Question 4 :
a) Quel âge a Xzibit ? 40 ans (depuis le 18 septembre). Il est né en 1974.
b) Quelle est sa nationalité ? Il est américain.
c) Combien a-t-il de frères et sœurs ? Trois.
d) Pourquoi son père a-t-il quitté sa famille ? Pour se consacrer à sa carrière de prédicateur.
e) Quel âge avait-il quand sa mère est morte ? 9 ans.
f) Avec qui a-t-il été vivre après ça ? Avec son père.
g) Pourquoi doit-il une fois de plus déménager à l’âge de 14 ans ? À cause de son comportement.
h) Quel autre chanteur très connu est son ami ? Eminem.
i) Quel est son style musical ? Le rap.
j) Cite un des films où il apparaît. « xXx », « Dérapages » ou « 8 miles ».
Question 5 : diffusée = programmée
/ délabrées = en mauvais état
/ accessoirisés = améliorés par des accessoires
Question 6 : depuis 10 ans.
Question 7 :
•
West Coast Customs est une société de production : faux
•
Galpin Auto Sports a tuné les voitures dans la saison 6 : vrai
•
Les voitures appartiennent à des fans de MTV qui sont mécaniciens : on ne le dit pas
•
Xzibit est américain : on ne le dit pas dans ce texte.
Question 8
1re étape
C
2e étape
E
3e étape
A
4e étape
D
5e étape
C
Question 9
Question 10
- acteurs très expressifs (Xzibit, le client, les mécaniciens)
- humour
- beaucoup de bruitages
- personnalisation très originale des voitures d’après les goûts du propriétaires : aquariums, jacuzzis, table de ping-pong
dans l’habitacle...
- installations « classiques », récurrentes : sono surpuissante, jantes surdimensionnées, écrans plats un peu partout,
consoles de jeux…
tout cela fait rêver les téléspectateurs.
Cécile JANSSEN
6
Commentaires didactiques : pourquoi (notamment) ça a marché « du tonnerre » ?
Loin de nous l'idée que la seule conception de l'activité
d'apprentissage en conditionne le succès : la qualité de
la relation pédagogique que l'enseignant établit avec ses
élèves est en effet centrale. Mais elle ne suffit pas non
plus. En effet, des contenus adaptés et des
méthodologies pertinentes apportent leur part au succès
de la leçon. Enseigner, c'est encore et toujours pratiquer
l'art du triangle !
Elèves
Enseignant
Savoirs
Quelques « principes » mis en oeuvre
1. Partir des intérêts des élèves : cela donne bien entendu du sens aux activités d'apprentissage.
2. Utiliser des documents authentiques, tels qu'ils peuvent être consultés par les élèves (question 1).
Ce qui se passe en classe est ainsi explicitement mis en relation avec la « vraie vie » : sens des
activités, encore.
3. Enseigner des outils langagiers permettant d'accroitre la compréhension : vocabulaire,
anaphores, orthographe de sens (questions 2, 3, 5). Car un élève qui, après une leçon, se sent plus à
même de comprendre les documents qu'il a manipulés sait qu'il n'a pas perdu son temps.
4. Apprendre à construire le sens global, la cohérence du texte (question 8). Pour aimer, il faut
d'abord comprendre.
5. Travailler des démarches de lecture fonctionnelle (survoler, repérer, approfondir la lecture)
(questions 4, 5, 6, 7). Clarifier l'activité de lecture, entre autres le fait qu'il existe différentes
stratégies de lecture (et pas la seule lecture exhaustive, de A à Z), permet aux élèves de « lire
malin » et d'éviter le découragement qu'entrainerait une mauvaise méthode de lecture.
6. Travailler la lecture selon une approche ludique, un défi (question 4), veiller à motivation.
7. Proposer de rendre compte de sa lecture sous la forme d'un schéma. Des élèves en difficulté
avec la langue, à qui l'on demande de rendre compte de leur lecture en recourant justement à la
langue écrite, risquent de se trouver ainsi en échec (même si, effectivement, ils ont compris le texte)
et de se décourager. Par contre, ceux d'entre eux qui ont développé une intelligence spatiale se
sentiront plus à l'aise dans une médiation de la lecture telle qu'un schéma. (Question 9)
8. Apprendre à mettre à distance, développer le sens critique : mettre donc le sens de la lecture au
centre des préoccupations, encore une fois, car lire, ce n'est pas seulement prendre connaissance
d'un texte, mais aussi y réagir, intégrer sa lecture à son expérience, se positionner. (Question 10)
9. Un questionnaire varié dans sa forme (simples
questions, vrai/faux, QCM), de l'écrit et de l'oral,
de l'individuel et du collectif : c'est rapide, varié,
rythmé : on n'a pas le temps de s'ennuyer.
En procédant de cette façon, on met toutes les
chances de son côté pour que les élèves
réussissent et entrent donc dans le cercle vertueux
de l'apprentissage schématisé ci-contre :
J'y arrive
Je suis satisfait
et plus confiant
Je deviens
plus compétent
J'ose
davantage
J'apprends
Jean KATTUS
7
FLE : étrange autobiographie
Voici un texte d’Eric CHEVILLARD, extrait du roman Le Désordre AZERTY, paru aux éditions de
Minuit en janvier 2014, dans lequel l’auteur traite avec la créativité qui lui est propre de questions
aussi disparates que le style, dieu, le zoo, la virgule, le kangourou, les marquises, etc., questions
qu’il ordonne, par leur initiale, selon l’ordre des touches d’un clavier AZERTY, comme s’il
s’agissait de donner à cet ensemble hétéroclite une apparente cohérence.
8
J’ai proposé ce texte à des élèves de français langue étrangère adultes. Nous travaillions sur les
temps du passé (en FLE, un classique !) et je souhaitais leur faire écrire une courte biographie.
Après avoir partagé dans leurs grandes lignes et oralement nos vies respectives, je leur ai proposé
de lire ce texte en précisant qu’il était dû à un écrivain contemporain. Ils devaient me dire, après
cette première lecture, si ce récit était bien une biographie.
Peut-on appeler cela un récit biographique ? Plutôt non. Trop d’actions anodines, anecdotiques, qui
n’auraient pas droit de cité dans une biographie ordinaire ! De qui se moque-t-il, Chevillard ? Il
s’agit sans doute d’une parodie… « J’ai acheté en soldes une chemise grise. » Ça intéresse qui, cet
achat au rabais d’une chemise terne ?
Parfois, parmi ces faits triviaux, l’une ou l’autre action plus « solennelle », plus « digne de
mémoire » : « j’ai mangé le mouton de la Tabaski… » ; « j’ai nagé la nuit dans l’anse des
Soux… » ; « J’ai embrassé Cécile… »
Mais ces faits, comme tous les autres, sont brièvement énoncés ; aucun d’eux n’est développé ou
inscrit dans un contexte, une situation, suivi de conséquences qui leur donneraient du relief.
Les deux seules mentions relatives aux circonstances, notées à l’imparfait, sont du coup précieuses
pour le pédagogue : « J’ai vu un binturong (il dormait) », « j’ai reçu une gifle de mon grand-père
parce que je me penchais sur une vipère… » On utilise d’ordinaire l’imparfait pour ajouter des
précisions concernant un fait passé ou pour en exprimer les causes.
Quels apprentissages sont possibles ?
Les apprenants peuvent justement souligner ces verbes conjugués à l’imparfait ; on leur demandera
pourquoi ce temps est utilisé dans ces exemples.
Ils peuvent aussi être attentifs aux différentes constructions du passé composé contenues dans cet
extrait :
- dans la majorité des cas, les participes passés sont précédés de « avoir » (« J’ai marché dans la
steppe mongole »),
- le participe passé « été » est précédé de « avoir » et permet de créer une phrase passive au passé
composé (« j’ai été viré du cours de mathématiques »),
- un seul participe passé contenu ici est conjugué avec « être » (« je suis monté au 86e étage de… »),
- deux verbes pronominaux sont conjugués avec « être » (« je me suis baigné… », « je me suis
enfoncé… »).
On peut placer chacune de ces constructions dans un tableau, en tête de colonne, et demander à
l’apprenant d’étoffer chacune des colonnes par des exemples personnels ; cela se ferait
collectivement.
J’ai marché
…
j’ai été viré
…
je suis monté
…
je me suis baigné
…
Puis les apprenants écriront à la manière de Chevillard… ils essaieront de se souvenirs de faits plus
ou moins anodins concernant leur vie et les énumèreront en employant le passé composé. Par
moments, ils ajouteront des causes exprimées à l’imparfait (« parce que ») ou d’éventuelles
précisions entre parenthèses. L’un de ces faits biographiques sera totalement fantaisiste. Aux
condisciples de découvrir lequel lors de la socialisation des écrits.
Pierre-Yves DUCHÂTEAU
9
Lire la presse « satirique »
Comme Charlie Hebdo, le Canard enchainé est un journal satirique.
Que signifie « satirique » ? D’après le Robert, est « satirique » ce qui
« s’attaque à quelqu’un ou à quelque chose en s’en moquant ». Cela
dit, à quoi doit-on s’attendre lorsqu’on ouvre un tel journal ? À des textes pamphlétaires, agressifs
et partisans ? À des caricatures peu fines, voire vulgaires et méchantes ? Afin d’y voir plus clair,
prenons la peine d’ouvrir l’un de ces journaux. J’ai choisi pour vous un article parmi de nombreux
autres semblables en taille et en propos.
10
Le projet de lecture que nous élaborons avec les élèves est donc le suivant : à quoi peut ressembler
le contenu d’un journal dit « satirique » ? S’agit-il d’un contenu sérieux ? Peut-on compter sur un
journal de ce type pour se tenir informé ?
Pour répondre à ces questions, dans un premier temps, survolons rapidement l’article : que voyonsnous ?
Une illustration : un endroit apparemment paisible (la mangrove), où l’on trouve de quoi manger
(on y pêche), menacé par l’installation à venir d’un élevage intensif (de crevettes).
Un titre : « Adieu, crevettes ». Que signifie-t-il ? S’agit-il d’un adieu satisfait ou attristé ?
Un surtitre (ou « casquette ») : « Plouf ! ». Il est question de crevettes, on ne s’étonne donc pas de
ce surtitre. Une touche d’humour, sans doute. Doit-on aller plus loin dans l’interprétation ?
L’attaque (ou la première phrase du 1er paragraphe), sous forme de question-réponse :
« L’écologie ? Un hobby pour les riches, voyons… » L’écologie ne concerne en réalité que les
nantis, les pauvres ont d’autres préoccupations plus urgentes. Est-ce là le point de vue de l’auteur du
texte ? Le « voyons » traduit une certaine ironie. On peut penser que l’auteur va soutenir par la suite
le point de vue inverse.
La signature et sous la signature, des références bibliographiques : cet article est donc la
recension du livre référencé, récemment paru (en septembre 2014). Notez que la maison d’édition
s’appelle Les Petits Matins… Quelle peut bien être la spécialité d’une maison ainsi nommée ?
Ce survol nous permet de formuler des hypothèses quant au contenu de l’article, hypothèses que la
lecture du texte devra confirmer ou infirmer.
Afin de construire le sens de cet article, on pourra demander à chaque élève de le lire en soulignant
les informations qui concernent les hypothèses élaborées (qui les infirment ou les confirment), puis,
par deux, de dégager les grandes idées de l’article et de les agencer logiquement en occupant
l’espace d’une page A4. Voilà ce qu’on obtiendra, après confrontation au tableau de quelques
productions :
L’écologie ne concerne pas que les pays riches ; les pauvres sont peut-être les premiers concernés
par cette question.
• En effet :
1. Une économie en croissance épuise les ressources naturelles et produit des déchets.
2. Les ressources à bas prix permettent aux pays riches de développer leur économie.
3. Les pays riches obligent les pays pauvres à exporter leurs ressources à bas prix, ce qui
entraine une dégradation de l’environnement et des conflits.
• Ainsi (par exemple),
l’exportation massive de crevettes bon marché des pays pauvres vers les pays riches, encouragée
par la Banque mondiale, est en train de produire des dégâts irréversibles sur le littoral - protecteur
et nourricier - de plusieurs pays (Inde, Bangladesh, Equateur…), entrainant de nombreux conflits
dans certains d’entre eux.
• Autres exemples :
Ce qui se passe pour les crevettes se passe aussi pour d’autres ressources comme le bois,
l’uranium, le soja, etc.
Et les pays du Nord ne cherchent pas vraiment à s’enquérir des dommages causés par leur mode
de consommation.
11
L’article est également intéressant d’un point de vue stylistique. On pourrait amener l’élève à se
pencher sur cet aspect du texte par une question comme : « Qu’est-ce tu apprécies dans la manière
dont ce texte est écrit ? Relis le texte et souligne les tournures (un ou plusieurs mots) que tu
apprécies ou que tu juges particulières. »
En ce qui me concerne, j’apprécie le style vigoureux, dynamique, spontané (sans fioritures) de ce
texte, dû notamment à quelques traits notables. Citons-en quelques-uns :
« L’écologie ? Un hobby pour riches, voyons… » = une attaque averbale, sans détours, formulation
imaginaire et caricaturale d’un discours convenu, nous plaçant d’emblée dans le vif du sujet.
« Discours connu, mais faux. » = encore une phrase averbale ; ton percutant, vif.
Des connecteurs courants, relevant presque de l’oral, balisent et dynamisent la suite : « Un :… »,
« Deux :… », « Trois :… » ; « Et qui dit… dit… » ; « Du coup » ; « Un exemple ? » ; « Mais voilà,
… », etc. Relevons également plusieurs phrases introduites par une conjonction de coordination et
dépourvues de sujet explicite : « Et a entrainé… » ; « Et se désole… » ; « Mais préfèrent… ». Ces
scissions de phrases accélèrent le rythme du texte et accentuent le côté inéluctable de l’idée ainsi
introduite.
Un vocabulaire parfois familier : « on s’en fiche » ; « des bagnoles », expressions que l’auteur
utilise pour stigmatiser un certain type de discours. Dans l’ensemble, tout en étant élaborées, assez
soutenues, les phrases se présentent sans ornementation inutile, toujours claires et denses d’un point
de vue sémantique : « Du coup, dans le monde entier éclatent des conflits dus aux autochtones qui
ne supportent plus de voir se dégrader leurs conditions de vie et leur santé. »
Pourquoi un tel ton, percutant, péremptoire, dynamique, précis ? Pour mieux convaincre le lecteur ?
En effet, le journaliste reprend à son compte le point de vue et l’argumentation de l’auteur du livre
qu’il recense et, ce faisant, nous dispense presque de lire le livre. Le journaliste cherche à nous faire
admettre ce point de vue : il s’agit d’un texte de type argumentatif.
En outre, l’intention du journaliste est aussi de nous informer du contenu d’un livre. Cet article se
veut également informatif.
Revenons pour conclure à notre question de départ : Qu’est-ce donc qu’un journal satirique ? Après
la lecture de cet article et avant d’en lire d’autres, que pouvons-nous répondre ? Nous pouvons tout
au plus relever quelques traits de contenu, que d’autres lectures viendront nuancer et amplifier. Un
journal satirique contient entre autres des textes militants (argumentatifs et percutants),
dénonciateurs (d’inégalités) et rédigés dans une langue « ramassée » et précise. On est loin, du
moins si l’on s’en tient à ce texte, des discours moqueurs ou haineux et peu ou pas fondés que
certains croient trouver dans ce type de presse. Dès lors, en s’en prenant à la presse satirique, les
terroristes du 7 janvier s’en sont pris à l’une des seules formes de presse qui se permettent de
dénoncer régulièrement et sans ambages les dysfonctionnements économico-sociaux de nos
sociétés, inégalités croissantes, exclusions économiques et relégations scolaires que justement, ces
mêmes terroristes ont diversement subies durant leur jeunesse2.
Pierre-Yves DUCHATEAU
2 Lire à ce propos Le Monde Diplomatique de février 2015.
12
album[s] (7)
Je suis
Je suis
Auteur et illustrateur : Antonin LOUCHARD
Editions Thierry Magnier, 2012
Format carré : 15,7 x 15,7 cm
À partir de 10 ans
Le mot de l'éditeur
Graphique, amusant, insolent et décalé, ce nouvel album d’Antonin Louchard
dresse un portrait de l’homme dans tous ses états, tour à tour jaloux, curieux,
constructif, équilibré, fragile ou amoureux…! Les images ont ici la part belle.
Riches de sens, elles se répondent, rebondissent, nous échappent pour mieux
nous revenir et nous faire réfléchir.
Consultez le site de l’éditeur afin d’accéder à la présentation vidéo de l’ouvrage :
http://www.editions-thierry-magnier.com/9782364741232-l-antonin-louchard-je-suis.htm
Le texte
Le texte se veut minimaliste et répétitif. De fait, chaque double-page, chaque dessin est accompagné
de la phrase « Je suis … » complétée, le plus souvent, par un simple adjectif. Exemples : « Je suis
malin », « Je suis équilibré », « Je suis exceptionnel », … Toutefois, d’autres affirmations, sous la
forme d’expressions, surgissent parfois au fil des pages. Exemples : « Je suis pris par le temps »,
« Je suis à prendre avec des pincettes », « Je suis au bout du rouleau », …
La simplicité du texte renvoie le lecteur à une interrogation basique : comment se définir soimême ? La démarche de questionnement sous-jacente tout au long de l’album interroge l’être
humain quant à son essence : quel est véritablement le propre de l’homme ? Comment se définit-il ?
A la manière des « statuts » souvent très narcissiques postés sur les réseaux sociaux, Antonin
Louchard encourage son lecteur à se définir ici et maintenant, en quelques mots, tout en sollicitant
le second degré. L’utilisation récurrente de la première personne du singulier (le pronom « je »)
oblige le destinataire à se centrer sur lui-même, à se prendre comme objet de réflexion 3 et à se
déterminer en tant que singularité, souvent avec humour.
L’image
L’illustration associée à chaque affirmation répond de façon plurivoque à la détermination que le
sujet s’est attribuée. La polysémie de l’ouvrage élargit d’emblée le public-cible de cet album : les
plus jeunes comme les plus âgés percevront inévitablement une résonance avec leur propre vécu.
Par ailleurs, le format carré de l’album, de même que le graphisme simplifié attestent du caractère
3 À ce sujet, voir chez Sartre les notions d’« être-en-soi » et d’« être-pour-soi » (Philippe CABESTAN et Arnaud TOMÈS,
Le vocabulaire de Sartre. Paris, Ellipses, 2001.)
13
résolument moderne de l’ouvrage. Les personnages illustrés s’apparentent d’ailleurs aux silhouettes
de Keith Haring4 et à leurs formes synthétiques aux couleurs vives, soulignées de noir. L’art de
Haring était qualifié de « simple pour les enfants et parfois trop compliqué pour les adultes5 ». De la
même manière, l’album de Louchard interpèle par la simplicité de la démarche, mais conduira
certainement les plus âgés à des questionnements intenses, voire existentiels.
La relation texte-image
Comme nous l’avons précisé, plusieurs niveaux de lectures
s’offrent au destinataire. En fonction de son âge, de ses
connaissances sur le monde et de son expérience de vie, diverses
interprétations surgissent. Le texte peut être relativisé et mis en
perspective grâce au regard neuf apporté par l’illustration. Prenons
pour exemple : « Je suis au bout du rouleau ». Cette expression
idiomatique, connue de tous (même des plus jeunes), se voit
illustrée au premier degré. L’auteur choisit de renvoyer le lecteur à
l’origine de l’expression. Il le pousse à s’interroger quant à
l’essence même de la langue, à savoir sa dimension symbolique.
Plus loin, nous pouvons lire « Je suis merveilleux » accompagné
d’une vignette représentant la silhouette sur un tapis volant. A
nouveau, l’illustration refuse la redondance et travaille plutôt selon
l’effet de disjonction puisque « le texte et l’image portent chacun
un discours autonome (…), ils développent des narrations
parallèles »6. Les connaissances du lecteur sont mobilisées et le
sens figuré de l’image n’est accessible qu’aux lecteurs capables de
créer du lien7 entre l’adjectif « merveilleux » et l’image du tapis
volant (en référence au genre du conte, traditionnellement
merveilleux).
Remarquons également l’enchainement entre les doubles-pages.
L’originalité de l’assemblage des cent propositions tient dans les
choix d’organisation : individuellement, chaque double-page crée un premier sens, par et pour ellemême. Puis, certains enchainements renforcent ce premier sens tout en offrant une perspective
nouvelle. Par exemple, la successivité des premières pages suggère une mise en relation des
différentes occurrences : « Je suis unique » répond à « Je suis original » qui précède « Je suis
malin » et « Je suis gonflé ». L’affirmation « Je suis malin », paradoxalement, ne se comprend
véritablement qu’à la lumières des autres phrases. Cette successivité crée une connivence avec le
lecteur qui s’attend à découvrir d’autres déclinaisons de la même thématique8, d’où un effet de
suspense issu des effets ménagés par les choix de l’auteur.
4 Keith Allen Haring, né le 4 mai 1958 en Pennsylvanie et mort le 16 février 1990 (à 31 ans) à New York, est un artiste,
dessinateur, peintre, sculpteur et activiste américain des années 1980.
5 Cf. http://lenouveaucenacle.fr/le-message-de-keith-haring
6 Sophie VAN DER LINDEN, Album[s], page 17
7 De multiples illustrations mobilisent les connaissances sur le monde du lecteur afin de lui permettre d’accéder au
sens. Par exemple, « Je suis prévoyant » où la silhouette est représentée sur une étiquette attachée à une valise (dans le
cas où elle se perdrait), ou encore « Je suis enchanté » où la silhouette est représentée par une grenouille.
8 D’autres « séries » se succèdent dans l’ouvrage. Citons notamment « Je suis secret », « Je suis renfermé », « Je suis
sympathique ».
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L’extrait
Liens :
Nous proposons ci-dessous deux liens utiles afin de poursuivre l’exploration et/ou l’exploitation de
cet album :
1. http://www.svdl.fr/svdl/index.php?post/2012/08/29/Je-suis... Le blog de Sophie Van Der Linden
2. http://www.atelier-art-therapie.com/gravure/atelier-linogravure-dans-une-classe-ulis-au-collegepaul-doumer-nort-sur-erdre/ Une expérience de linogravure menée dans une classe ULIS au
collège Paul Doumer à Nort-sur-Erdre, à partir de l’album « Je suis ».
Aurélie CINTORI
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Les aventures de
FREDERIC
chez les Moldaves
Un étudiant du 3e bac français-FLES
chez les Moldaves (5)
La Roumanie : une population dynamique et festive…
au quotidien
Ce beau pays, à l’extrémité orientale du continent européen, me
surprend quotidiennement par le lien impalpable et étroit entre
l’énergie naturelle de sa population et la survivance des traditions
séculaires.
Depuis mon arrivée à l’Université de Bacău, il y a six mois
maintenant, j’ai pu constater une forme de mouvance perpétuelle
au sein de la population roumaine. Le rythme de vie est soutenu et
ce dans toutes les strates de la population. Pour illustrer ce
phénomène, partons tout d’abord de la vie scolaire. Une journée « normale » débute à huit heures
du matin (sept heures pour les cours de religion catholique) à raison de cinquante minutes de cours
suivies d’une pause de dix minutes. Ce rythme se prolonge jusqu’à dix heures cinquante où, enfin,
les élèves bénéficient de la « grande » pause de vingt minutes. Ensuite, le même rythme reprend à
partir de onze heures dix jusqu’à quatorze heures pour l’ensemble des étudiants. Dans les classes
plus avancées du lycée, ce rythme peut encore se prolonger d’une heure. En d’autres termes, les
élèves ne bénéficient jamais d’une pause longue comme chez nous, car cette pratique n’est pas
formatée dans leur culture. Dès lors, cette habitude étant acquise dès la plus tendre enfance, cette
mouvance constante se perpétue dans la vie adulte et professionnelle.
Cette énergie palpable se répercute également dans les activités parascolaires. Par exemple, au
Collège Ștefan Cel Mare où j’effectue mon stage pédagogique de FLE, l’école organise chaque
mois un concours de dessins autour d’une thématique, comme l’automne, Halloween, la fête
nationale, Noël, le printemps, la francophonie. Le hall principal du collège est donc une perpétuelle
salle d’exposition d’œuvres d’art réalisées par les étudiants et elle illustre parfaitement ce bouillon
de vie culturelle.
Les adultes ne sont pas en reste non plus ! En plus de la célébration de ces fêtes qui manifestent ce
besoin de se retrouver, les Roumains ont l’expression « La mulți ani ! » (« Joyeuse fête ! ») très
facile et tout devient prétexte pour s’offrir des cadeaux ou se souhaiter « Noroc și sanatate »
(« chance et santé »), comme le saint du jour, un anniversaire, une réussite professionnelle ou tout
autre prétexte à caractère exceptionnel. Ce phénomène de générosité et de partage s’explique
principalement par la ferveur religieuse, très présente chez les pratiquants orthodoxes et catholiques,
ainsi que par le décalage du calendrier de leurs fêtes respectives qui a pour effet de doubler ces
échanges dans toute la population.
En plus de cette dichotomie dans les fêtes religieuses, d’autres
traditions millénaires ou païennes viennent rythmer la vie de nos
cousins de langue latine. Ainsi, le premier mars annonce une
semaine de festivités d’origine agraire et millénaire en l’honneur
du printemps et des martyrs9 du début de notre ère. On s’offre
des fleurs ainsi que le Mărțișor (un pendentif de chance soutenu
9 Au printemps de l’an 106, au terme des guerres daciques, l’empereur romain Trajan poursuit à travers le pays le roi
dace, Décébale, qui se suicide avec ses nobles pour ne pas être capturés. Leur sang rougit les prairies proches de
Sarmizégétuse, la capitale dace, où, à travers les plaques de neige fondante, pointaient les premiers perce-neiges. Ainsi
nourris, ceux-ci poussèrent plus nombreux et plus grands que jamais : les habitants attristés les ramassèrent et, les
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par deux fils tressés : un blanc et un rouge) qui aurait été créé par le personnage légendaire Baba
Marta Dochia. Comme c’était une grand-mère respectable, mais d’humeur très forte et changeante,
la tradition exige également que chacun choisisse un jour de la première semaine du mois de mars.
La météo du jour choisi sera représentative de notre humeur pour l’ensemble de l’année à venir. A
la fin de la semaine du Mărțișor, tout le monde mange un gâteau en forme de huit en buvant
beaucoup de vin, ce qui symbolise le dernier repas des martyrs tombés durant la guerre dacique en
106.
Enfin, une autre fête, contemporaine cette fois-ci, viendra clôturer
le mois de mars : la fête de la francophonie. La langue française
sera mise à l’honneur durant la dernière semaine de mars à travers
le monde, dans les quatre-vingts pays membres de l’Organisation
internationale francophone (OIF) dont la Roumanie est membre.
L’engouement pour la langue de Molière est très enraciné dans le
cœur des Roumains et ce malgré la concurrence de plus en plus
marquée de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol. En tant que
francophone, je suis donc sollicité par de nombreux collègues
pour fêter le français sous toutes ses formes en tenant avec
sympathie ce rôle d’ambassadeur et d’invité de marque.
En conclusion, le peuple roumain vit quotidiennement dans
l’énergie du travail et de la fête. Il aime partager son cœur et ses
traditions avec ses amis proches ou éloignés, car l’amitié, pour
lui, est le bien le plus précieux.
Lu dernièrement
Romain PUÉRTOLAS, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé
dans une armoire Ikea. Le dilettante, 2013.
C'est drôle, vraiment ! Le personnage ? Un fakir qui arrive à Roissy dans le
seul but d'acheter un lit à clous « Kisifrötsipik » chez Ikea (pas de magasins de
ce type en Inde...) Sa découverte du magasin correspond point par point à celle
que chacun de nous peut expérimenter : « Monsieur Ikea avait développé un
concept commercial pour le moins insolite : la visite forcée de son magasin ».
C'est tout à fait invraisemblable, extraordinaire et
romanesque. L'auteur joue à plaisir du comique de situation, en utilisant toutes les
ficelles traditionnelles (happy end, rebondissements...) du genre. Un plaisir non
dissimulé d'ailleurs puisqu'il les signale explicitement au lecteur, au cas où celuici ne les aurait pas remarquées. Je me suis surpris plusieurs fois à rire
franchement, notamment devant les trouvailles de ce livre, par exemple les
multiples jeux de mots sur le nom imprononçable du héros « Ajatashatru Lavash
(prononcez J'attache ta charrue, la vache) » Et en même temps, de la profondeur,
sur fond de voyage d'immigration, de traite des êtres humains, de passeurs sans scrupules, de
détresses de migrants. Un grand écart réussi entre rire et sérieux.
Jean KATTUS
reliant à l’aide d’écheveaux tressés avec la laine des manteaux des morts (tantôt blanche, tantôt rougie de sang),
créèrent ainsi les premières mărțișoare. (Source : Wikipédia - le Mărțișor).
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Carte postale
Allô 10 tout le monde !
C’est le fun icite11! Je viens de commencer mon stage à Riverside, une école anglophone dans laquelle
j’enseigne le français. Ils sont pratiquement tous bilingues, autant les professeurs que les élèves.
D’ailleurs, le rapport aux élèves est très différent de celui de la Belgique. Pas question d’élever la voix
icite ! Tout s’opère dans la douceur et l’accompagnement des élèves. ☺
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’aime l’expérience que je suis en train de vivre ! Je me sens
tellement bien que je préfèrerais vivre au Québec. J’ai cette impression de pouvoir me réaliser d’une part en
tant qu’étudiante, et d’autre part en tant qu’enseignante. En effet, ici, il est possible de travailler comme
étudiante en gagnant suffisamment (ou presque) d’argent pour payer soi-même ses études ! Quelle
indépendance ! En suivant les cours à l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi), j’ai rencontré des
Québécois qui faisaient de la recherche en éducation tout en étant étudiants. En outre, du côté des
enseignants, les relations que ces derniers entretiennent avec leurs élèves me paraissent plus saines et
agréables à vivre au quotidien. De nombreux dispositifs d’accompagnement de l’élève sont mis en place
dans mon école, tels que les Time Out par exemple. Il s’agit de permanences organisées par les
professeurs durant les cours permettant à l’élève perturbateur de sortir de la classe et d’être accompagné
par un enseignant. Ce dernier analysera la situation avec lui en vue de trouver une solution adaptée au
problème en question, qu’il soit d’ordre comportemental ou de compréhension.
J’aurai tant de choses à vous communiquer à mon retour ! C’est un plaisir d’apprendre chaque jour !
J’aurai également quelques constats à partager par rapport à la formation d’enseignants que nous suivons
en Belgique en comparaison avec celle que suivent les étudiants québécois.
Quatre mois, c’est tellement court ! Je vous salue du haut des tas de neige glacés qui commencent tout
doucement à fondre en ce mois de mars.
FLORENCE VANHAEREN, ÉTUDIANTE EN 3E ANNÉE
Durant la semaine de relâche, j’ai vu les Chutes du Niagara
de mes propres yeux, puissance de la Nature entourée
de casinos et d’hôtels de luxe.
Une couche rafraichissante me sépare
des eaux glacées du Saint-Laurent.
Du haut du Mont Royal, la ville de Montréal brille
malgré le froid qui engourdit ses habitants.
10 Salut, en québécois.
11 Ici, en québécois.
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