Un échec en thèse subi et programmé

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Un échec en thèse subi et programmé
Un échec en thèse subi et programmé
Extrait du Collectif PAPERA
http://www.collectif-papera.org/spip.php?article843
Un échec en thèse subi et
programmé
- Témoignages - Balance ton mandarin -
Date de mise en ligne : mardi 23 novembre 2010
Description :
Titulaire d'un DEA en sciences de gestion et major de promotion, après avoir suivi un cursus d'études supérieures en formation continue, le rêve de faire de la
recherche et peut-être un jour enseigner quelques heures à l'université se heurte à un mur d'hostilité depuis 8 ans.
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Un échec en thèse subi et programmé
Titulaire d'un DEA en sciences de gestion et major de promotion, après avoir suivi un cursus d'études supérieures en
formation continue, le rêve de faire de la recherche et peut-être un jour enseigner quelques heures à l'université se
heurte à un mur d'hostilité depuis 8 ans.
J'ai déposé deux sujets de thèse sur le même thème de recherche (le second marquant une reprise de thèse), mes
travaux rédactionnels ont été reconnus pour leur originalité et pourtant la fin de thèse annoncée s'est traduite à deux
reprises par une défection de mon directeur de thèse.
Est-ce parce que les deux directeurs de thèse en question partageaient le même réseau relationnel ?
Les faits interrogent d'autant plus que pour moi sonnerait le glas réglementaire de pouvoir soutenir dans le système
universitaire français et que le Vice-président du Conseil scientifique de mon université souligne avec bienveillance
que mon inscription en 1ère année en mai 2008 à la demande de mon laboratoire de recherche : « C'est une
décision qui vous appartient et l'Université l'a accepté à titre exceptionnel et dérogatoire. En effet, chaque année, les
inscriptions en doctorat sont closes à la fin de l'année précédente. »
Lavage de cerveau
Comme si l'on m'avait lobotomisée, je vis mon histoire de doctorante en spectatrice impuissante et en plein
cauchemar, observant des événements destructeurs selon un timing précis et parfaitement calculé. Alors je me dis
mais dans quel pays je vis ? Dans un régime totalitaire post-fasciste ou post-communiste, une théocratie ?
Je sais encore de moi que je suis une salariée française (j'enseigne modestement dans le 2nd degré depuis plus de
10 ans) à qui l'on a fait croire qu'elle pouvait faire de la recherche en France. Et j'y avais mis tous les moyens pour
réussir cette entreprise atypique dans le paysage universitaire français.
Tromperie
En effet, au début de l'année 2010, en concertation avec mon directeur de thèse, j'ai demandé et obtenu de mon
employeur un congé de formation professionnelle indemnisée pour terminer mon travail doctoral laissé en carence
d'encadrement avec des voeux écrits et appuyés de réussite et d'épanouissement personnel de ma hiérarchie.
Au cours de l'année 2009, mon directeur de thèse avait entrepris de « sauver la recherche » et avait blogué sa
complainte :
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« (...) J'ai oublié de dire ma spécialité, je suis professeur d'épicerie, autrement dit de sciences de gestion,
avec une spécialisation dans le domaine du marketing. Je ne fais pas de recherche fondamentale, je
n'appartiens pas à la noblesse des sciences sociales, me contente d'essayer de comprendre comment utiliser
les idées intelligentes de mes collègues économistes, sociologues ou psychologues sans oublier les
anthropologues et les statisticiens pour résoudre des problèmes du quotidien des entreprises et des
organisations. Je m'aperçois avoir travaillé pour des banques, des entreprises pharmaceutiques, une firme
d'électricité, des prestataires de services, la grande distribution, les conseillant, produisant des études, bâti
des questionnaires, analysé des bases de données, et lire encore, écrire toujours. J'ai de la chance, suis
divorcé, et j'ai donc tout mon temps pour avoir le temps d'assumer toutes ces activités. Mes journées
commencent à 7h du matin, s'achèvent bien souvent vers minuit. Je n'ai pas le rythme du bureau, il est donc
aisé de travailler le dimanche, dans un train, un avion, un taxi, des cafés et chez moi. D'ailleurs chez moi c'est
un bureau, j'y ai installé un réseau, une bibliothèque, à mes frais. Et que me propose la Ministre ? Donner 20
ou 30 heures de cours en moins par an pour améliorer ma productivité ? Je ne coûte pas très cher. 3700
euros par mois est mon salaire net. Les seules tâches qui permettent d'améliorer le quotidien sont des heures
d'enseignement supplémentaires que je peux assurer au tarif de 40 euros de l'heure. Ce n'est pas beaucoup
plus que mon garagiste. Alors je fais un peu de conseil, des conférences, des études, des réunions, ça donne
l'accès au terrain, parfois des contrats pour les thésards, des données pour les publications et c'est en fait ma
formation continue. Mon laboratoire qui se fait en dehors du laboratoire. Un laboratoire sauvage.(...) »
Source : http://christophe.benavent.free.fr/... [http://christophe.benavent.free.fr/article.php3?id_article=295]
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Oui, mais voilà entre-temps, mon directeur de thèse, instigateur de ma démarche a fait faux bond...
Et le directeur de mon école doctorale a classé le problème de suivi de thèse en termes de confiance pour écarter
toute obligation (y compris morale) édictée par la Charte de thèse : « la relation entre un doctorant et son directeur
constitue une relation personnelle qui repose sur la confiance, aucune intervention institutionnelle ne saurait en
mesure de restaurer cette confiance si elle a disparu ».
En guise de conclusion, le Vice-président du Conseil scientifique de mon université tranche : « Il vous appartient
aujourd'hui de trouver par vous-même un nouveau directeur de thèse qui acceptera de diriger vos travaux dans une
autre université. »
Cette dernière phrase marque-t-elle un sursaut éthique pour me protéger du pillage intellectuel ou réparer quelque
peu mon sabordage institutionnel ?
Même le médiateur académique avait jugé que :
« Il apparait que le différend qui vous oppose à votre directeur de thèse porte sur deux points :
•
•
les modalités de l'encadrement pédagogique, au sein de l'école doctorale, et le travail de votre directeur
de thèse,
l'évaluation pédagogique et scientifique faite par ce dernier des travaux présentés.
Il semble que deux médiateurs internes, le directeur de l'école doctorale et un maître de conférence, soient
intervenus, Il ne m'est donc pas possible de m'immiscer dans une affaire qui touche aux jugements
pédagogiques et scientifiques de personnalités habilitées pour les formuler, Il vous revient de saisir
désormais la présidente de votre université. »
La Présidente de mon université, interpellée dès septembre 2010 pour faire aboutir la procédure de médiation est
restée muette à ce jour si ce n'est la réponse inattendue et décalée du Vice-président du Conseil scientifique.
Bien que victime du mandarinat et d'arrangements locaux, mon rêve de recherche demeure et cherche un nouveau
preneur. Car « sous les pavés, la plage »...
par Anne-Marie Champoussin (alias Pepita)
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Post-scriptum :
Illustration : "Summer Glau" par MnML_Edges (à voir sur www.deviantart.com [http://www.deviantart.com])
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