Communiqué de presse Chavín – le mystérieux

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Communiqué de presse Chavín – le mystérieux
Museum Rietberg Zürich
Gablerstrasse 15
8002 Zurich
Tél. 044 206 31 31
Fax 044 206 31 32
www.rietberg.ch
Contact:
[email protected]
Tél. direct +41 (0)44 206 31 27
Communiqué de presse
Chavín – le mystérieux temple des Andes péruviennes
23 novembre 2012 – 10 mars 2013
Avec son complexe monumental et ses mystérieuses sculptures en pierre, Chavín était
e
considéré dès le début du XX siècle comme le berceau de la civilisation andine. Ce temple,
vieux de trois mille ans, qui se dresse sur les hauts-plateaux du Pérou, est d’une importance
capitale pour le pays et pour les civilisations d’Amérique du Sud. Le site est inscrit sur la liste
du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, toutefois, aucune exposition sur Chavín
n’avait encore été organisée jusqu’à ce jour. Le Musée Rietberg a décidé de se charger des
futures fouilles du site et de la préservation de cette civilisation, et cette exposition constitue
une grande première mondiale. L’exposition et le catalogue qui l’accompagne ont été réalisés
en collaboration avec les plus grands archéologues mondiaux, le Ministère de la culture du
Pérou ainsi que l’Office fédéral de la culture en Suisse.
Chavín de Huántar
Le complexe monumental du temple de Chavín de Huántar est situé sur les hauts-plateaux du Pérou,
au pied du versant oriental de la Cordillère Blanche et de ses cimes enneigées, dans l’étroite vallée
montagneuse de Callejón de Conchucos. Alors qu’en Europe, rares sont ceux qui ont entendu parler
de ce bâtiment vieux de trois millénaires, au Pérou, tout le monde le connaît.
Dans ce lieu où les forces de la nature sont directement palpables, des hommes ont érigé, 2500 ans
avant les Incas, un complexe architectural imposant. Ils n’ont reculé ni devant l’ampleur de la tâche ni
devant les coûts: ils ont travaillé la roche avec art et décoré ce temple de reliefs gigantesques et de
mystérieuses sculptures en pierre. Ils ont détourné des torrents impétueux, construit des canaux
artificiels et fait confluer deux cours d’eau. A l’intérieur du temple, ils ont produit des effets sonores
favorisant l’apparition d’états mystiques et fait pénétrer la lumière du soleil jusque dans les salles et
couloirs souterrains les plus profonds – il faut être proche des dieux pour venir à bout d’une telle
entreprise.
Une nouvelle élite, probablement une caste de prêtres, était manifestement parvenue à s’attirer les
grâces des autorités de différentes régions au moyen d’un travail de persuasion des plus
impressionnants; les centres religieux, qui rivalisaient entre eux, se stimulèrent réciproquement dans
cette tâche et incitèrent leurs adeptes à réaliser de fabuleux exploits. Des adeptes triés sur le volet se
rendaient vraisemblablement en pèlerinage au temple à certaines périodes. C’est sur ce site conçu et
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décoré de manière théâtrale que fut créés, mais aussi retransmis, une nouvelle vision du monde et un
système symbolique capables de porter une société complexe, la plus ancienne des Andes centrales.
Très tôt déjà, les vestiges de ce bâtiment massif attirèrent l’attention des voyageurs et des érudits.
e
Dès le milieu du XVI siècle, un chroniqueur parle d’une puissante fortification dont les murs sont
e
ornés de gigantesques sculptures et de têtes d’un caractère étrange. Au début du XVII siècle, il était
question d’un sanctuaire où l’on rendait des oracles, comparable à ce que ce sont pour nous Rome ou
Jérusalem, qui se trouvait dans cette haute vallée resserrée, inhospitalière et isolée.
e
Au XX siècle, le pionnier de l’archéologie péruvienne, Julio C. Tello, postula que Chavín de Huántar
était le lieu d’origine des grandes civilisations andines et le centre de la «culture-mère» de l’espace
andin. Le monument principal du site, un monolithe de plus de quatre mètres de haut, qui a été
surnommé «el Lanzón» à cause de sa forme allongée et pointue, était au centre de ses investigations.
Il se dresse à l’intérieur du temple, dans une chambre sombre aux dimensions particulièrement
restreintes, et n’est accessible que par un long et étroit couloir. Cette figure anthropomorphe présente,
comme de nombreuses autres sculptures, des traits félins, et est munie de crocs et de griffes. Des
représentations semblables se trouvent dans d’autres reliefs, ce qui incita Tello à supposer que, dans
le temple de Chavín, on adorait le dieu Wiracocha – la même divinité donc que les Incas vénéreront
plus tard – et ce sous sa forme originelle, à savoir le jaguar. Il suggérait ainsi une relation avec la
région amazonienne en même temps que l’ancienneté de ce complexe architectural. A Lima, la
capitale du Pérou, la présentation de la fameuse «Stèle Raimondi» et de l’«Obélisque de Tello» –
deux sculptures clés de Chavín – contribua en outre à consolider la thèse de cette culture-mère.
Les premiers bâtiments cérémoniels furent édifiés par des communautés agricoles dans les oasis
fluviales qu’elles cultivaient. Ils servaient de lieu de rassemblement où l’on pratiquait certains rites
traditionnels. Petit à petit, une couche sociale ayant une propension de plus en plus grande à vouloir
s’approprier les terres et un artisanat spécialisé se développèrent. Toutefois, la lutte pour les
ressources et les surfaces cultivables se déroulait également par le biais d’une mise en scène des
bâtiments cérémoniels locaux, toujours plus vastes, qui se faisaient concurrence. Des représentations
de créatures mythologiques hybrides, mi-homme mi-animal, y jouent un rôle central.
Chavín de Huántar n’était pas le seul temple, même s’il était le plus vaste. A la même époque,
d’autres centres existaient, tels que Kuntur Wasi, Pacopampa ou Kotosh. Les similitudes qu’ils
présentent laissent supposer qu’ils partageaient un système social et une vision du monde identiques,
néanmoins, certaines différences montrent qu’ils cherchaient à gagner de l’influence et des partisans
– et étaient donc rivaux. Grâce à l’énorme fascination qu’il exerce et à la longue histoire de ses
fouilles, le site de Chavín de Huántar offre aujourd’hui une fenêtre unique sur un monde qui pourrait
remettre en question nos conceptions occidentales de la civilisation et du progrès. Ce n’est ni par la
force des armes ni en proclamant des édits, mais au moyen de l’art, de la musique, et en stimulant
tous les sens que fut créée une vision du monde qui allait imprégner durablement la société dans
l’espace andin – ce qui valut à Chavín le titre de «berceau de la civilisation».
L’exposition
Cette exposition a été conçue en collaboration avec les principaux archéologues experts dans ce
domaine et le Ministère de la culture du Pérou. Elle donne pour la première fois un aperçu de l’art et
de la culture de Chavín et, surtout – en ce qui concerne ce site appartenant au Patrimoine culturel
mondial – marque un jalon dans la coopération internationale entre le Pérou et la Suisse: grâce à une
technologie des plus pointues et l’utilisation de méthodes de balayage au laser et de drones, l’état de
l’ensemble du site et de ses sculptures a pu être mesuré en trois dimensions, au millimètre près, et
documenté au printemps 2012. En collaboration avec l’Office fédéral de la culture, le Musée Rietberg
a financé en outre l’installation d’un atelier de restauration de sculptures en pierre où, depuis août
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2012, en étroite collaboration avec des apprentis locaux, des spécialistes suisses sécurisent de
manière durable les biens culturels menacés en transmettant leur savoir-faire.
Grâce à cet engagement sur place, le Musée Rietberg est en mesure de présenter aujourd’hui environ
200 objets: de grandes sculptures et des reliefs en pierre ornés de créatures hybrides fantastiques de
type anthropo-zoomorphe, qui n’avaient encore jusqu’à présent jamais quitté le site; de précieuses
poteries retrouvées dans les couloirs souterrains du temple; la plus ancienne parure rituelle de toute
l’Amérique; enfin, des textiles de grand format aux couleurs somptueuses. L’architecture de
l’exposition est inspirée de celle du temple de Chavín. Quiconque avait le droit de pénétrer dans ce
temple il y a plusieurs milliers d’années se livrait à certaines expériences sensorielles, qui sont
rappelées dans l’exposition au moyen des pièces exposées, mais aussi au moyen d’effets sonores et
cinématographiques – une interprétation contemporaine qui nous permet d’appréhender ces
phénomènes.
Deux films ont été produits spécialement pour cette exposition. Le film d’animation (d’env. 15 min.)
visualise l’architecture et le contexte naturel du temple. Les archéologues en chef John W. Rick
(Stanford University) et Luis G. Lumbreras (Lima) ont contribué, par leurs conseils, à la reconstitution
virtuelle du temple et à l’entrée en matière sur l’architecture et son histoire. Le film documentaire
(d’env. 35 min.), réalisé par Marion Friedrich Honegger et Otto C. Honegger, thématise l’approche
archéologique sur le site de Chavín.
Outre l’architecture monumentale, le son et la musique permettaient aussi jadis aux prêtres qui en
avaient le privilège d’atteindre un état de conscience supérieur en vue de l’audience que leur
accordaient les dieux. Au printemps de cette année, le saxophoniste péruvien Jean Pierre Magnet et
le tromboniste suisse Michael Flury se sont laissés inspirer par le site de Chavín. Ils se sont produits
ensemble dans des concerts à Lima, à Chavín et à Zurich. Avec des pututus (trompes en coquilles de
conque) exhumés sur le site, Michael Flury a créé une installation sonore qui entraîne le visiteur du
musée dans les sphères mystérieuses de Chavín.
Exposition réalisée en collaboration avec le Ministère de la culture du Pérou et l’Office fédéral de la
culture en Suisse
Prêts
Plus de 90% des pièces exposées proviennent de musées péruviens – une grande première, car,
généralement, les expositions temporaires européennes et américaines sur les fouilles
archéologiques du Pérou sont réalisées à partir de fonds et collections de musées non péruviens. La
plupart de ces pièces n’ont encore jamais été montrées en dehors du Pérou.
Treize grandes sculptures en pierre de Chavín ainsi que trois inventaires complets de tombes
d’apparat du temple de Kuntur Wasi, y compris les parures en or qu’elles renfermaient, constituent les
temps forts de cette exposition. Les motifs iconographiques et l’état de conservation des cinq textiles
de grand format présentés ici, aux couleurs vives et au tissage complexe, sont étonnants. Les
visiteurs pourront non seulement admirer les trompes en coquilles de conque du temple de Chavín,
soigneusement ouvragées et décorées, mais aussi les entendre dans une installation sonore. De
précieux vases en céramique, qui furent déposés comme offrandes aux dieux dans le temple de
Chavín il y a trois mille ans, y seront également exposés pour la première fois. Ces vases ornés de
figures de dragons ou de mystérieuses créatures mythiques sont véritablement fascinants. Outre de
splendides récipients en céramique, les visiteurs pourront découvrir des os gravés ainsi que des
sculptures en pierre et des bijoux et parures en or tout à fait exceptionnels.
Liste des prêts: Museo Nacional Chavín; Museo Kuntur Wasi, Museo de la Nación; Museo Nacional
de Arqueología, Antropología e Historia del Perú; Museo de Arqueología y Antropología, Universidad
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Nacional Mayor de San Marcos; Banco Central de Reserva del Perú, Lima; Museo Larco; Museo de
Arte de Lima; Fundación Museo Amano; The Metropolitan Museum of Art, New York; Pre-Columbian
Collection, Dumbarton Oaks, Washington, D.C.; University of Pennsylvania Museum of Archaeology
and Anthropology, Philadelphia; Saint Louis Art Museum; The Cleveland Museum of Art, Ohio.
Sponsors de l’exposition
L’exposition a été généreusement soutenue par Novartis, par la Fondation Parrotia et la Fondation
Avina.
Les projets sonores ont été financés par le Rahn Kulturfonds et Pro Helvetia.
Catalogue
Le concept du catalogue a été élaboré par d’éminents scientifiques lors de la Table ronde organisée à
Lima les 17 et 18 janvier 2011. Il s’agit de la première publication exhaustive sur l’archéologie de la
période formative (vers 3500–200 av. J.-C.) et sur l’histoire ancienne de la civilisation péruvienne.
Dans la première partie, les auteurs parlent de leurs projets de recherche et des résultats obtenus
(224 p., 136 ill. en couleurs); dans la seconde partie, on trouve le catalogue proprement dit
(184 p., 173 pièces exposées), avec de superbes photographies des objets et leur description.
Chavín – Perus geheimnisvoller Anden-Tempel
Publié par Peter Fux, Musée Rietberg, Zurich
Editions Scheidegger & Spiess
Relié, 408 pages, env. 280 ill. en couleurs
23 x 30 cm, ISBN 978-3-85881-365-7; 66 CHF | 58 EUR
Partenaires de projet
Mensuration et documentation du temple de Chavín:
ArcTron 3D GmbH, sur mandat du Musée Rietberg
Restauration des sculptures en pierre à Chavín:
Gregor Frehner AG, Winterthour; Peter Fux, Musée Rietberg, Zurich; Luis G. Lumbreras, Lima; Office
fédéral de la culture, Berne; Ministerio de Cultura del Perú, Lima
Musique et son:
Michael Flury, tromboniste, Zurich et Hambourg
Conférences
Samedi 24 novembre 2012, 14 –18 h
The Archaeology of Rituals and Activities in Andean Temple Buildings
Prof. Dr. Luis G. Lumbreras, Lima
Prof. Dr. John W. Rick, Stanford
Prof. Dr. Yoshio Onuki, Tokio
Dimanche 3 février 2013, 11 h
Gregor Frehner, Steinbildhauer / Restaurator: Die Steinrestaurierungen in Chavín
Un projet en coopération (( Kooperationsprojekt)) du Musée Rietberg, de l’Office fédéral de la culture
en Suisse et du Ministère de la culture du Pérou
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Université populaire du Canton de Zurich
Chavín – Mutterkultur der Anden?
Renseignements et inscription:
www.vhszh.ch
Visites guidées et ateliers en marge de l’exposition
Offres pour adultes:
Visites guidées publiques tous les dimanches à 11h, le mercredi à 18 h et le jeudi à 12 h 15
Visites privées, tél. +41 44 206 31 11 / 31
Ateliers pour adultes, enfants et leurs familles:
Tous les dimanches 10 h – 16 h (sauf le 23 et le 30 décembre 2012)
Atelier ouvert (à partir de 5 ans)
Réalisation de parures dorées en laiton
Mercredi 5 décembre 2012 ou dimanche 19 décembre 2012, 16 h 30 –18 h 30
Cours de création pour les jeunes (à partir de 10 ans)
Métamorphoses – un atelier de médias numériques
Mercredi 16 janvier ou mercredi 6 mars 2012, 14 h 15 –15 h 45
Après-midi de lecture d’histoires pour les petits et pour les grands
Le voyage d’un pèlerin et ses expériences avec le jaguar, l’araignée et le serpent
Dimanche 20 janvier 2013, 10 h –12 h 30
Atelier pour les enfants (à partir de 7 ans)
Comment les archéologues travaillent-ils? Voyage de découverte au Pérou
Mercredi 23 janvier, 14 h –16 h 30
Atelier pour les grands-parents et leurs petits-enfants (à partir de 5 ans)
Comment un jaguar est repoussé à l’aide d’une crécelle qu’ils fabriqueront eux-mêmes
Dimanche 3 février, 14 h – 16 h 30
Atelier pour les familles (à partir de 5 ans)
Découvrir des dragons, des chats et autres créatures et les imprimer dans une feuille d’or
Samedi 16 février, 14 h – 16 h 30
Atelier pour les enfants (à partir de 7 ans)
Des installations sonores qui inspirent de nouvelles images
Informations détaillées et autres offres, y compris pour les groupes scolaires, sous www.rietberg.ch
Concerts
Vendredi 7 décembre 2012, 20 h
L’Orchestre de chambre de Zurich au Musée Rietberg
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Vendredi 11 janvier 2013, 18 h
Sur les traces du monde sonore de Chavín
Visite guidée de l’exposition et démonstration de trompes en coquille de conque par le tromboniste
Michael Flury
Dimanche 27 janvier 2013, 19 h
Concert au Moods, Schiffbau, Zurich
Rietberg presents: Jean Pierre Magnet y Serenata de los Andes
www.moods.ch
Les organisateurs de l’exposition
Commissaire de l’exposition et concept
Peter Fux
Conception de l’exposition
Martin Sollberger
Eclairage
Rainer Wolfsberger
Conception graphique de l’exposition
Jacqueline Schöb, Frédéric Tischhauser
Conception graphique des produits imprimés
Urs Gägauf
Marketing et communication
Christine Ginsberg
Média planning et événementiel
Monica Stocker
Multimédia et web
Masus Meier, Andrea Stefanoni
Régie
Andrea Kuprecht
Information et contact
De plus amples informations, des textes et des photos peuvent être téléchargés sur le site internet
www.rietberg.ch
Museum Rietberg Zürich | Gablerstrasse 15 | CH-8002 Zürich
T. + 41 44 206 31 31 | F. + 41 44 206 31 32 | Infoline: + 41 44 206 31 00 |
[email protected] | www.rietberg.ch
Heures d’ouverture:
ma – di 10 – 17 h | me/je 10 – 20 h
Entrée:
adultes CHF 16 | réduit CHF 12 | entrée libre jusqu’à 16 ans
Accès:
Tram nº 7 (en direction de Wollishofen) jusqu’à l’arrêt «Museum Rietberg»
(4e station après Paradeplatz).
Pas de places de stationnement, sauf pour les handicapés.
Offre RailAway:
Venir en train jusqu’au Musée Rietberg: www.railaway.ch 10% Réduction
sur le trajet en train, transfert et billet d’entrée.
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