Le Prince - noir sur blanc

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Le Prince - noir sur blanc
Le Prince
(Au secours, venez vite)
I, Mickmils, welcome our new overlords
[email protected]
Ce texte est réservé aux personnes dotées
d'un certain sens de l'humour et du second
degré. Ne me prenez pas pour un nazi ou quoi
que ce soit de pas net.
D'avance, Merci.
SOMMAIRE
Proprologue
Prologue
4
6
I.Combien il y a de sortes de principautés, et par quels moyens on
peut les acquérir :
7
II.De la principauté mondiale
14
III.De La France
17
IV.Pourquoi les États de Darius, conquis par Alexandre, ne se révoltèrent
point contre les successeurs du conquérant après sa mort.
22
V.Des principautes ecclesiastiques
24
VI.Des choses pour lesquelles tous les hommes, et surtout les princes, sont
loués ou blâmés.
28
VII.De la libéralité et de l'avarice.
30
VIIII. De la cruauté et de la clémence, et s'il vaut mieux être
aimé que craint.
32
IX Comment les princes doivent tenir leur parole.
33
X Des secrétaires des princes.
35
XI.Comment on doit fuir les flatteurs.
37
Conclusion : Exhortation a délivrer la France des barbares 39
P R O P R O L O G U E
« Machiavel naquit les yeux ouverts » Q. Skinner
En l'an de grâce 1513, l'un des plus grands génies de notre
histoire tant politique que littéraire écrivait « Le Prince ».
Pour bien des raisons obscures, ce chef d'oeuvre de Nicolas
Machiavel1 est tenu par les grands penseurs bien pensant de notre
époque comme « le premier traité moderne de Sciences Politiques ».
C'est à dire
saligaud.
qu'il
est
considéré
mondialement
comme
un
beau
Niccolo Machiavelli était un homme profondément malheureux. Tout
d'abord, parce qu'il n'a pas été véritablement reconnu de son
vivant. Certes, ce n'est pas une raison pour être malheureux. La
plupart des gens ne le sont pas. Et on est difficilement
malheureux de savoir qu'on sera reconnu après notre mort. Personne
n'est allé voir Machiavel pour lui dire : « écoute coco, ce que tu
écris, ça n'intéressera les gens que quand tu seras bouffé par les
vers ». Il est vrai que se faire dire ça aurait de quoi vous
rendre chagriné pour la journée. Mais ce n'est pas là le malheur
de Machiavel. Le malheur de Machiavel, c'est de ne pas avoir été
reconnu de son vivant.
Une contradiction ? Nous verrons que l'homme n'était pas a ça
prêt. Non, tout simplement, si Machiavel avait été reconnu de son
vivant, il n'aurait peut être pas vécu dans ce monde qu'il ne
comprenait pas. Il n'aurait pas exhorté Le Prince « à délivrer
l'Italie des barbares ». Avec son livre, Machiavel voulait
fournir, clefs en mains, la solution pour la famille Médicis de
gouverner l'Italie, et surtout, d'unifier l'Italie afin de la
libérer des « Barbares ». Machiavel n'était franchement pas un
philanthrope. Il recommandait, par exemple, pour détruire une
dynastie de détruire non seulement sa tête, mais aussi de noyer
tout les héritiers en bas âge.
Au cas où.
Cette oeuvre est donc le premier traité de Sciences Politiques
moderne.
Machiavel a donné son nom à un adjectif : machiavélique. Vous
savez... « la fin justifie les moyens ». Une expression qui n'est
pas de Machiavel, bien qu'on lui attribue souvent. Néanmoins,
l'idée est là. Selon lui, il vaut en effet mieux être craint
qu'être aimé. La main de fer dans le gant de velours ? C'est lui
aussi. Une attitude que l'on considère ignoble, étant donné bien
sur, les fortes valeurs morales qui nous animent quotidiennement,
1 Ou bien, Machiavelli comme dit le reste de Notre Monde. Ne soyons pas sectaires !
et que bien sûr personne ne met en pratique aujourd'hui. Et
certainement pas les humbles gens qui bidouillent leur CV, les
jeunes filles qui font un sourire a l'agent pour faire sauter le
PV... et ne parlons pas des gens qui téléchargent illégalement sur
Internet. Il est heureux que la fin ne justifie pas les moyens.
Dans pas 7 ans, cela fera pile 500 ans que Nicolas Machiavel aura
posé sa plume pour la premiere fois sur le papier qui allait
contenir une des oeuvres les plus marquantes de notre histoire.
Certains la considèrent aujourd'hui comme une oeuvre d'une
brûlante actualité, car « Le Prince », c'est aussi L'Homme.
L'Homme, c'est comment le gouverner, le faire vous aimer, le faire
vous craindre, respecter. Comment conquérir, comment assister...
Comment aimer... Le Prince est un livre éternel car la nature
humaine, si elle change, ne se révolutionne pas en 500 ans.
Cet essai part d'un double défi.
Premièrement, écrire une version actuelle du Prince. Moderniser
l'oeuvre, afin d'analyser la situation sociale, économique et
géopolitique du monde actuel a travers le prisme du Florentin. La
difficulté est donc de savoir comment conserver ce cynisme, ce
« machiavellisme », le moderniser, et le rendre utile aux Pouvoirs
En Place. Les experts (c'est à dire les gens qui ont fait Sciences
Po) reconnaîtront qu'il suit a peu de choses près la même
structure en chapitres et que les intitulés ont été, pour la
plupart, conservés.
Deuxièmement, fournir un guide pratique à de futurs envahisseurs
extraterrestres.
Troisièmement, cet ouvrage apporte la réponse a un certain nombre
de problèmes. Nous y verrons :
–
–
–
–
Comment réformer en France nécessite le recours à la physique
quantique
Pourquoi le débat sur la mondialisation ne sert a rien
La preuve par une petite démonstration logique que le racisme
n'existe pas
Et bien d'autres encores afin de divertir les petits et les
grands.
P R O L O G U E
18 juin 2006. Minuit 23. L'heure où je commence a écrire ces
lignes que je dédie a la postérité. A l'avenir. Au futur. A
l'univers. Que mes enfants me pardonnent.
Nous sortons de ce qui a été le siècle le plus
Histoire. Auparavant, on avait de bonnes raisons
s : construire nos nations. Annexer des
d'augmenter nos richesses et le bonheur de nos
cette fois là, même pas.
sanglant de notre
de se taper dessu
territoires afin
peuples. Et bien
En l'an de grâce 1914, un conflit mondial fut déclenché pour
récupérer des gens qui étaient de toute façon, à la base, déjà a
moitié allemands (et je vous raconte pas maintenant, ils ont même
un statut constitutionnel à part).
En l'an de grâce 1939, un autre conflit mondial a éclaté parce
que... parce que... au fond on sait pas.
En l'an de grâce 1950, on ne sait toujours pas ce que les
américains et les russes sont allés faire en Corée du Nord, si ce
n'est se prouver a chacun que leur modèle économique était
meilleur en comparant leur bombe (au lieu de faire des
compétitions de feux d'artifice, comme sur la côte d'Azur).
En l'an de grâce 1965, on a fait pareil au Vietnam.
En l'an de grâce 2001 (aussi), on a libéré l'Afghanistan pour y
installer un régime Islamique de trafficants d'Opium. Mais a
l'heure où j'écris ces lignes, les Talibans (d'autres Islamistes
trafficants d'Opium) tiennent le coup.
En l'an de grâce 2003, on a bombardé l'Irak. Oui là aussi, on ne
sait pas trop pourquoi. Mais bon, c'est fait.
Je ne suis pas un niais. Je ne suis pas en train de vous faire le
coup de « La guerre c'est mal. ». Simplement, quand on parle de
« folie des hommes », on pense souvent a ça. On a un peu tendance
à oublier que l'homme est idiot dans son quotidien, dans ses choix
réguliers, dans ses relations sociales... dans son pays en paix.
Chaque jour, des gens envoient des SMS a «La nouvelle star » alors
qu'ils savent que c'est truqué.
Chaque jour, des Européens achètent des voitures a boîte de
vitesse manuelle pour le simple plaisir de se compliquer la vie.
Chaque jour, des filles jouent aux Sims.
Chaque jour, Jean-Pierre Pernaud nous donne des leçons de
journalisme.
Chaque jour, Cauet vend des hamburgers a son effigie.
Chaque jour, des intellectuels publient et commentent des livres
incompréhensibles, des prix Nobels deviennent prix Nobels en
écrivant que « la consommation d'une ressource naturelle augmente,
jusqu'à ce qu'il y'en aie plus, alors elle baisse »2
2 Théorie du Pic de Hubbert. Qui a valu un prix nobel a Hubbert donc
Chaque jour, des gens meurent de façon idiote : en montant a trois
sur un scooter, en voulant faire un trou dans un pneu avec un
révolver, en reculant pour une photo dans un ravin...3
Chaque jour, des choix politiques sont faits pour les rejeter le
lendemain, quand, c'est le drâme, ils entrent en application. En
1995/96, la plupart des Français étaient ainsi contre des essais
nucléaires pourtant annoncés dans le programme pré-électoral de
Jacques Chirac. Ils sont devenus aussi contre sa politique
économique en se rendant compte un beau jour que la droite était
libérale (le mal absolu). Après le 21 Avril 2002, les
Français
ont voulu envoyer un signal clair a ce même Jacques Chirac : il
n'avait pas été élu avec une majorité de voix. Ils marquèrent
ainsi franchement leur opposition en accordant une large majorité
à l'UMP lors des législatives suivantes, quelques semaines plus
tard. En 2005, le 29 mai, les Français ont fait échouer une
Constitution Européenne avec un différentiel de quelques pour
cents
imputables a des nigauds voulant embêter leur premier
ministre.
Il faut que cela cesse, et parfois, on se dit que, notre nature
étant ainsi faite, le salut ne peut venir que de l'extérieur.
Cet essai vous est donc destiné, personnellement, à vous qui y
pouvez quelque chose. Vous, qui par votre stature, votre fonction,
votre intellect, votre force ou que sais-je encore, avez de quoi
remettre un peu d'ordre dans ce monde. Je ne suis pas dupe
cependant : vous n'en êtes sûrement pas. Vous êtes probablement un
« individu moyen » qui mène une petite vie normale. Il n'y a pas
de mal a ça. Mais qui sait, a travers les aléas de l'Internet où
cet oeuvre est publiée, ce fichier sera peut être balloté de forum
en forum, de page en page, hébergé de serveur obscur en serveur
obscur. Peut être, au bout du compte, finira t'il par atterrir
chez Quelqu'un Qui Peut. Quelqu'un qui vient de l'extérieur. Peut
être est-ce toi, être au delà des étoiles, qui t'interresse à la
race humaine et qui viendra nous sauver. Peut être, de là où tu
viens, as tu développé une conscience capable de nous ramener vers
la raison. Peut être êtes vous au contraire hostile et cherchez à
nous envahir de façon violente.
En tout les cas, il faut que vous sachiez que contrairement à ce
que vous pouvez voir dans nos mauvais films, nous ne sommes pas
tous des héros. Certains sont même franchement collabos. Ne vous
étonnez donc pas que ce petit essai soit donc écrit en Français.
3 Voir Darwin Awards
I. Combien il y a de sortes de principautés, et par quels moyens on
peut les acquérir.
L'homme est un être qui a tendance a s'ennuyer profondément.
Surtout quand il est vieux. Et ce depuis qu'il s'est organisé en
civilisation.
Ainsi, dès l'époque Grecque, on trouvait des individus qui
aimaient tourner en rond, raconter ce qu'ils pensaient, et
surtout, réussir à convaincre les gens autour d'eux que ce qu'ils
disaient était très intéressant. On les appelait les philosophes.
Il est très important de ne pas confondre « philosophe » et
« sophiste ». Les sophistes étaient des idéologues du concret,
bref des gens dont la réflexion cherchait au moins a satisfaire
leur intérêt personnel, au mieux celui de leurs congénères (en
cours de philo, on nous enseigne donc que ce sont les méchants),
tandis que les philosophes savaient pertinemment que ce qu'ils
faisaient ne servait absolument à rien (les gentils, donc). Il est
de bon temps de mépriser les sophistes aujourd'hui et de glorifier
la philosophie. Cependant, s'il est vrai que les descendants des
sophistes sont les avocats, les journalistes, les politiciens,
voire pire, les bloggueurs, il faut bien avouer que les seuls
descendants des philosophes sont les profs de philo de lycée. Il
est important à ce stade de remarquer que la philosophie constitue
une matière toujours obligatoire pour le bac, alors que l'on
pourrait tout simplement en caser une de sophiste. Notons donc,
pour plus tard, que la France est attaché à ce qui ne sert à rien.
C'est donc un pays philosophe, pour qui la réalité n'a pas grande
importance.
Si la réalité n'a pas grande importance, les idées des philosophes
ont eu, hélas, parfois de l'importance. Les premiers s'appelaient
Socrate, Platon, et Aristote. Et ils n'aimaient pas les gens.
Chacun,
en
essayant
de
classifier
les
régimes
politiques
s'engueulait profondément, mis a part sur deux choses : il
faudrait mettre les femmes en commun (ce qui n'est pas une
mauvaise idée en soi), et surtout, la démocratie, c'est mal.
Cette dernière est perçue comme un régime impur par Aristote. Le
gouvernement de tous dans l'intérêt de tous ne peut que se
déverser dans la frivolité, la défense d'intérêts pas intéressant,
et surtout l'incompétence. C'est donc ce régime qu'ont choisi
après bien des péripéties les sociétés développées, car elles ont
suffisament d'argent pour faire n'importe quoi. Pendant longtemps
cependant, alors que la nourriture était rare, on privilégiait de
vielles valeurs comme « l'efficacité » afin de faire en sorte que
tout le monde finisse par avoir à manger, et, de temps en temps,
organiser quelques guerres. Bien sur, il y a parfois des ratés.
Dans beaucoup de dictatures, on laisse le peuple crever de faim ou
être au chomage. On constatera cependant qu'empires et démocraties
ont tout les deux réussi a prospérer, tout comme a décliner. Il
n'en reste pas moins qu'il est devenu, en 2006, profondément
incorrect et rétrograde de nier le fait que « plus les gens
votent, plus ils sont riches et heureux (ça va ensemble) ». Tout
les grandes politologues sont d'accord sur ce point, c'est pour ça
qu'ils ne sont pas économistes.4 Selon les critères d'aujourd'hui,
les pays ex communistes et la Chine sont donc de grandes
démocraties, tandis que tout les pays européens sont en dictature.
D'autres individus, probablement un peu plus raisonnées puisqu'ils
estiment que les chinois leurs volent leur travail, sont
probablement grandement soulagés de voir que, au moins, les
chinois ne votent pas (vous imaginez sinon ?)
Néanmoins, il est absolument inconcevable aujourd'hui d'oser
suggérer publiquement que de tels individus ayant cette puissance
de raisonnement politique ne devraient pas avoir le droit de vote,
et devraient être pris gentillement par la main. Ce serait
profondément
« politiquement
incorrect ».
Le
« politiquement
incorrect » est donc une notion que tout le monde adore (parce que
ça fait chier les politiciens), mais surtout que ce même monde ne
souhaite pas se voir appliquer à lui même (parce que ça le fait
chier). Il est donc aujourd'hui inacceptable de reconsidérer le
suffrage universel pour des raisons qui vont de l'hypocrisie
absolue à l'amour de ce qui ne sert à rien (la philosophie).
Mais... si les philosophes sont contre la démocratie, et que les
humains sont philosophes, pourquoi ne sont ils pas contre la
démocratie ? Et bien, tout simplement parce qu'ils ne sont pas au
courant de ce dernier fait.
Et aussi parce que les philosophes ne sont jamais d'accord entre
eux. Par exemple, les philosophes des Lumières du XVIIIème siècle
sont eux persuadés que la démocratie c'est bien. Nous sommes donc
tout fier de notre 14 juillet 1789, date où on a mis la main sur
un stock d'armes afin de pouvoir déclencher la Terreur, Danton &
Robespierre, Napoléon Bonaparte, la Restauration et le Second
Empire. Bref, pour donner naissance aux pays des Droits de l'Homme
(au singulier, attention...), et nous le célébrons tout les ans.
En 1870, un pays en guerre avec nous impose a notre système
politique des élections démocratiques au suffrage universel. C'est
ce qui a fondé à jamais la démocratie dans notre beau pays, et in
extenso, la 3ème république (celle qui a duré le plus longtemps).
Ce pays, c'était l'Allemagne en devenir. C'est pour ça qu'on les a
détesté.
Je te vois, lecteur qui ignore tout de ce monde, tu trouves mes
propos incohérents. Je ne peux, hélas, inventer une cohérence qui
n'existe pas dans les sociétés humaines. Un autre exemple.
Les grandes démocraties se sont fondées essentiellement en terres
judéo-chrétiennes (occident), tandis que les dictatures se sont
installées durablement sur des terres païennes (Asie, Scandinavie,
4 Les économistes de comptoir ont pour solution à tout problème de demander des sous aux politologues de comptoir,
et de refuser d'aller travailler si on ne leur en donne pas (car s'ils vont travailler, ils risquent de gagner des sous)
Afrique avant qu'on les évangélise dans leur propre intérêt, etc).
Aujourd'hui, les pays les plus chrétiens sont donc les grandes
démocraties (et les Africains, mais eux, on aura bien compris
qu'ils ne comptaient pas).
Il est ainsi épatant, et peut être faut-il s'en réjouir (ou pas),
que les grandes démocraties se sont fondées sur la base d'une
religion dont le fondement est profondément obscurantiste.
Franchement étonnant donc que pendant des millénaires, des hommes
ont suivi une religion partant des postulants suivants :
•
•
Dieu dit : Tu ne mangeras pas du fruit de l'arbre de la
connaissance, car tu obtiendrais la connaissance et tu sauras
enfin des choses par toi même et tu serais capable de penser
par toi même.
Le serpent dit : Mais c'est vachement cool de penser par soi
même au lieu d'utiliser des pensées prémachées non ?
Faisant suite à ce dialogue, les hommes se sont mis a vénérer les
prêtres de Dieu et a blâmer le serpent. L'enchaînement logique est
assez difficile à expliquer ou a comprendre. Néanmoins, il permet
de comprendre deux milles ans d'histoire. Aujourd'hui, les mêmes
catholiques prônent le libre arbitre, pourtant tant contraire a la
volonté du livre qu'ils vénèrent. Certes, me direz vous, ils ne
l'ont pas lu. Ils connaissent cependant l'histoire et l'acceptent
sans se poser de questions. On comprend donc facilement comment
l'Eglise a su étendre son influence et dominer les hommes pendant
autant de temps : c'est là, son fondement. Probablement pour la
seule et unique raison que Dieu, c'est lui le plus fort. Toute la
politique humaine se retrouve donc dans cette simple fable qui
fait un peu penser à celle du Loup et de l'Agneau5.
Après avoir vu sur quels genres de raisonnement et critères
étranges sont fondés les régimes politiques, opérons notre propre
réflexion. Ils, sont sur le fond, de deux types.
Les dictatures : Dans les dictatures, tout le monde est très
malheureux. Il y a un chef qui décide pour tout le monde et ceux
qui ne sont pas d'accord avec lui finissent morts, voire pire.
Néanmoins, les gens qui habitent dans les dictatures ne vont pas a
l'école, ce qui fait qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils sont
malheureux, au contraire de la France, démocratie, mais où le
niveau de culture a fait en sorte que ce pays devienne le premier
consommateur mondial d'antidépresseurs.
Dans les dictatures, tout le monde est donc très malheureux. Mais
il faut avouer une chose : ils s'en foutent. Contrairement à
l'idée populaire qui veut que ne pas avoir de droit de vote est la
chose la plus insupportable qu'il soit a tout être humain
normalement constitué, quand il suffit de fermer de sa gueule pour
avoir la vie sauve, la plupart obtempèrent en s'en foutant un peu.
On peut ainsi supposer que les pauvres Irakiens étaient
5 Ne dit on pas souvent que « Le seigneur est mon berger » ? Dans la religion catholique, le loup n'est pas dans la
bergerie, mais le berger est le loup.
sincèrement contre une guerre en Irak, et que les Chinois se
foutent pas mal de ne pas avoir d'information libre du moment
qu'ils peuvent, eux aussi, passer leur journée devant la télé ou a
jouer a World of Warcraft.
De nombreuses dictatures sont des sociétés économiquement sous
développées. Pour cela aussi, ils sont donc très malheureux car
ils n'ont pas les moyens d'avoir plus de deux télévisions et de
changer de téléphone portable tout les ans. Ils sont, a la place,
obligés de profiter du beau temps, de faire du sport, de vivre en
communion avec la nature en faisant des activités ingrates telle
la pèche ou l'élevage, et de développer leurs relations sociales.
Bref, on ne les envie pas. Ils ont néanmoins un rôle essentiel :
en ayant l'air malheureux, l'homme blanc est un peu plus heureux
devant le journal télévisé, à l'heure de la digestion, et va même
jusqu'à savourer les écrans publicitaires. A noter que certains
arrivent tout de même à mourir de faim ou du SIDA, mais là on est
pas malheureux pour eux parce que c'est loin, et que surtout, on
vient de manger et on est déjà suffisament préoccupé par sa propre
digestion pour penser aux gens qui n'ont pas encore mangé.
Les pays libres: Dans les pays libres, où le droit de vote et
la liberté de la presse existent, tout le monde est très heureux.
Les gens ont de plus en plus d'écrans plats, et peuvent voter pour
qui ils veulent. Les deux faits sont liés, car la Haute Définition
permet de voir davantage les détails des programmes et discours
politiques. Ainsi, on se rend compte que de droite ou de gauche,
les hommes politiques ne peuvent rien faire qui ne soit
impopulaire et qui marche. En 2006, la politique se résume a cette
équation :
Popularité de la décision X Rationalité X Efficacité = Constante
Ce qui se traduit donc concrètement par : « Quoi que vous fassiez,
vous êtes foutus. ».
Les systèmes démocratiques sont bien plus compliqués que ceux des
dictatures et existent en au moins 150 exemplaires différents. La
démocratie, c'est encore plus le bordel que les forfaits de
téléphonie mobile. Il y a des présidents et des rois qui ne
servent à rien, des ministres qui servent a quelque chose (ou pas)
selon le lieu, le jour et le groupe sanguin, et surtout, des
Premiers Ministres. Le rôle du premier ministre est excessivement
important. Soit il sert a se prendre des gnons a la place du
président de la république (France, concordances des majorités)
parce que le peuple est trop idiot pour se rendre compte de qui
viennent les décisions et comment fonctionnent les institutions
(c'est pour ça qu'il a le droit de vote), soit il décide pour de
vrai, mais se fera de toute façon engueuler quand même parce qu'il
est interdit par le peuple de réformer.
La réforme est en effet un sujet tabou. Quand un premier ministre
annonce qu'il va réformer, ca revient a se curer le nez devant la
jeune fille qu'on drague. Ca fait du bien, ca dégage les canaux,
mais vous allez vous en prendre plein la gueule. Ainsi, comme on
ose pas se curer le nez en public, on a également décidé de ne
plus réformer. On en déduit ainsi que les peuples du monde entier
souffrent
d'une
importante
schizophrénie
(principalement
en
France, ce qui explique encore une fois que nous sommes tous sous
calmants) puisqu'ils veulent que leur situation s'améliore, mais
surtout sans changement.
Une telle vision de la politique impose de nouvelles recherches
dans le domaine de la physique quantique. Peut-être votre
civilisation a t'elle développé une technologie de téléportation
ou a effectué des recherches fondamentales suffisantes afin de
mener une politique viable en France, mais nous, en tout cas, on
est pas dans la merde.
J'en viens à la partie fondamentale de cet essai. A celle qui
suscite le plus d'espoir, d'envie malsaine de mon côté. Peut être
du votre aussi. Comment nous éclater la tronche ?
Je pourrais me contenter de dire que c'est inutile, vu que nous y
arrivons très bien tout seul. Cependant, je ne souhaiterai pas que
cet essai devienne inutile. Car vous le constatez, c'est bien là
son ambition et je n'ai aucun doute qu'il bouleversera le monde
avec autant d'efficacité que « Le Capital », « Mein Kampf », ou
« Le monde comme je le vois ».
Il n'y a pas trente six façons, pour vous, envahisseurs de
l'Espace, de vous accaparer la réalité du pouvoir ici même. Je me
permets de vous déconseiller fortement l'option militaire : sur
Terre, un bombardement aurait les mêmes effets politiques et
sociaux dévastateurs qu'une réforme. A savoir que si vous comptiez
nous « libérer » par la force, nous nous montrerions bien ingrat.
Notre espèce a l'affrontement dans le sang. Une approche militaire
sournoise, subtile, ne servirait non plus a rien, puisque des
forums comme « fr.soc.complots » , Thierry Meyssan, et le Réseau
Voltaire veillent au grain. S'ils voient des complots partout où
il n'y en a pas, alors pas la peine de vous expliquer les vrais
complots. Et ne parlons pas des bloggueurs.
Une approche plus politique de la conquête du pouvoir est
également hors de question. La politique, ça ne sert plus a rien.
C'est d'ailleurs pour cela que quand on sort de Sciences Po, on
est obligé de faire autre chose après parce que, au fond, on ne
sait rien faire.
Loin de moi l'idée de ressasser le même discours que mes collègues
critiques de comptoir avec qui je ne peux, de toute façon,
rivaliser (je ne bois pas assez d'alcool pour ça), mais force est
de constater que la politique n'a plus aucune utilité, et ce pour
une raison essentielle : la démocratie. Il y a en effet souvent
une parfaite incompatibilité entre la popularité d'une décision et
son efficacité, a laquelle il faut ajouter la grande difficulté
qu'a la population de se voir appliquer un programme qu'elle a
pourtant accepté, comme vu plus haut. Vous vous interrogez sur la
cause de l'alternance politique ?
Et si ce n'était pas tant la
faute de l'incompétence des élus que celles de leurs électeurs ?
Tout les 5 ans, on opte ainsi pour un virage a 180 degrès de la
politique. Mais en vérite c'est plus compliqué que ça. Un mandat
présidentiel ou une législature s'opère le plus souvent de la
façon suivante.
An 1 : Les
de grace,
capitaliser
suppression
tout ce qui
vainqueurs ont gagné, on est content. 100 jours d'état
mesures populaires pour surfer sur la vague et
son succès (hausse du SMIC, création du RMI,
du service militaire, etc). On en profite pour dégager
n'a pas plu dans le gouvernement précédent.
An 2 : Retour a la réalité économique. Mesures impopulaires (pour
rentrer dans les critères de Maastricht et adopter l'Euro,
assouplir les rigidités a l'embauche). A ce stade là, il n'y a
plus aucune différence entre le fait d'être de droite où de gauche
et le pragmatisme s'impose. Problème, pour les Français, ce qui
est pragmatique est inacceptable. On lui préfère 1000 fois la
politique hippie. Le système se sclérose, on vire le premier
ministre.
An 3 : Nouveau Premier Ministre. Il ne servira a rien, et chaque
tentative de faire quelque chose sera sanctionnée. On attend donc.
Le premier qui bouge doit vite revenir à la case départ.
An 4 :Rien.
An 5: Rien.
On comprend pourquoi les Français ont plébiscité le quinquennat :
parce qu'ils s'emmerdent. Bien sûr, les deux dernières années ne
sont marquées que par la campagne présidentielle. Le reste n'est
véritablement que de la gestion. Et ce pour une raison
essentielle, quoi que l'on fasse, le Français est CONTRE. Surtout
si c'est une hypothèse pragmatique. Dès lors, dans un pays où rien
ne doit changer, il n'est pas étonnant que ce soient les valeurs
d'avant garde de Liberté, de Fraternité, et le Siècle des Lumières
qui ont été mis en avant lors de la conquête des J.O de 2012, pas
plus qu'il ne soit étonnant que ce soit Virginie Pouchain et sa
chanson « même pas sortie déjà kitsch » qui a représenté
l'eurovision. Pas étonnant non plus que les agriculteurs (3% de
l'activité) soient capables de sucer 40% du budget européen.
L'avenir, le changement, est has been dans notre beau pays.
Il n'y a qu'un seul moyen véritable d'acquérir le pouvoir ici.
Faire une OPA. Mais dépêchez vous, les indiens sont déjà sur le
coup. Il paraît qu'ils nous ont déjà racheté une usine, vous vous
rendez compte ? La fin de notre économie n'est pas loin. Surtout
qu'au bar j'ai entendu qu'ils allaient virer tout les employés
français pour les remplacer par des indiens payés en dessous du
SMIC.
II. De la principauté mondiale
Pour comprendre les hommes, il faut comprendre le monde dans
lequel il vit, ainsi que les relations entre les sociétés ainsi
organisés.
Le monde se divise en pays. Pays, ce n'est pas un terme très
technique mais c'est vraiment faute de mieux. Le terme technique
c'est « Etat », mais dès qu'on parle d'Etats, ca devient très
compliqué puisqu'il faut parler aussi de « nations » , de
« citoyens », et puis on se rend compte que certains Etats-Nations
n'ont pas de territoire, ni d'Etat, et que certains citoyens n'ont
pas d'Etat , ou que sais-je encore. Bref, c'est a ni rien
comprendre. Pour se faire une idée plus claire, il suffit de se
référer au nom des équipes de Football. On est sur de ne pas se
tromper, surtout quand on voit que Monaco joue en ligue française.
Le droit international est un cadre juridique très très compliqué.
En grande partie parce qu'il n'existe pas.
Cela aboutit a des débats très compliqués. Par exemple, quand la
Chine affirme haut et fort que la Déclaration UNIVERSELLE des
Droits de l'Homme ne s'applique pas à elle en fonction de son
histoire et de sa culture, on est globalement très emmerdé par
notre propre ethnocentrisme et on ose pas répliquer de peur de
revenir au bon vieux siècle du Fardeau civilisateur de l'Homme
Blanc. Pour se faire pardonner, on leur vend des Airbus.
Autre exemple, Saddam Hussein (et Milosevic en son temps), peuvent
légitimement se plaindre de procès illégaux ; ils sont en effet
basé sur le fait qu'on chope un gars, on le met au gnouf, et on
lui fait un procès en improvisant des lois et une condamnation au
fur et a mesure pour avoir tué aléatoirement des gens. Hélas,
c'était très légal a l'époque de leurs exercices du pouvoir, et au
nom de la non-rétroactivité des lois, il devrait donc être illégal
de les condamner pour cela.
Fort heureusement, il existe un autre repère que la loi pour
expliquer les relations internationales : le bien et le mal. Tout
ce qui est bien et légal, et tout ce qui mal est illégal. Le
problème c'est que là aussi, ca dépend des jours et du lieu.
Nietzsche lui même n'y comprendrait rien. Saddam Hussein, a
l'époque de la guerre avec l'Iran, c'était donc le bien.
Pendant longtemps, les relations internationales ont été fortement
simplifié par une conception en deux blocs. Les gentils
capitalistes, et les méchants communistes. A la fin du bloc
communiste, Francis Fukuyama parlait donc logiquement de « fin de
l'Histoire », puisque les gentils avaient gagné, et ils allaient
vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants. Evidemment, tout cela a
volé en éclat au début du 21ème siècle lorsque surgit du néant une
nouvelle menace commettant de nombreuses destructions au nom de
leur idéologie : les altermondialistes.
Les altermondialistes ont en effet foutu un bordel pas possible
dans les relations internationales, et ce pour une raison toute
simple : ils révèlent au monde entier que le capitalisme, c'est le
mal. Nous voilà donc bien embêtés, puisqu'on pensait que seuls les
communistes les méchants. Aujourd'hui, on se rend compte que nous
aussi et que plus tard on ira en Enfer6 .
Les altermondialistes détruisent donc le soja transgénique,
démontent des McDo, car c'est bien connu que personne n'aime ça et
ne veut en consommer. Fiers de leur action légitime (ils font ça
pour sauver nos âmes), ils se mettent en scène et proposent une
« autre mondialisation », celle où les patrons ne seraient pas
rois, et qui serait juste pour les producteurs. Ils proposent donc
comme solution le commerce équitable, qui consiste pour un
producteur de payer aussi cher chez lui sa production que s'il
était en Europe. C'est, paraît-îl, un domaine porteur en pleine
expansion, comme les enseignes discount et les produits pas cher.
Nous sommes donc en même temps à l'époque du commerce équitable
cher et à celle du tout gratuit. L'homme occidental est généreux,
sauf quand ça touche a l'argent.
La mondialisation est donc bien le fléau redouté. Celui d'un Nord
qui exploite le Sud, qui lui même vole les emplois du Nord. On en
sort pas. Néanmoins, tout le monde est d'accord : le commerce
équitable ne sert a rien, puisqu'à la fin, c'est la Chine qui va
gagner.
Voilà donc un grand problème d'économie internationale de résolu.
Parmi les autres méchants qui ont remplacé les communistes, il y
en a d'autres bien pire. Un ennemi invisible qui a une grande
gueule mais de tout petits testicules : le terroriste.
Le terroriste est une énorme source d'embarras pour la communauté
internationale, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, il est le plus souvent arabe et musulman, ce qui est
proprement scandaleux dans un monde de plus en plus converti a
l'antiracisme. C'est très très embêtant. Ainsi, les scénaristes de
la série « 24 » (ou tout autre scénariste hollywoodien d'ailleurs)
sont vivement critiqués pour le fait que beaucoup de leurs
terroristes sont arabes. Cette étrange maladie dont le symptôme
premier est le déni de réalité pousse ainsi ces contestataires a
réclamer d'AUTRES terroristes dans les films et séries, afin que
tous soient représentés également. La saison 7 de 24 opposera
ainsi Jack Bauer a un groupe de dangereux mormons, tandis que Tom
Clancy va se mettre lui a écrire un roman sur d'horribles bretons
mettant au point une machination pour détruire le stock
d'hamburgers de Quimper.
Un autre inconvénient avec les terroristes, c'est qu'ils tuent des
6 C'est Jésus qui l'a dit en premier avec son célèbre « Il est plus difficile pour un chameau de passer par une tête
d'épingle que pour un riche d'aller au paradis ». Les historiens recherchent activement la définition du seuil de
pauvreté de l'époque.
gens.
Le terrorisme sert ainsi de source d'énergie renouvelable,
recyclable a volonté à la connerie humaine. Il n'est pas besoin de
s'étendre, de polémiquer, d'analyser au sujet de gens qui se font
sauter dans des 747 tout simplement parce qu'ils sont jaloux de ne
pas être américains ou bien parce qu'on leur a dit qu'ils étaient
méchants.
Le plus intéressant concerne ce qui se passe chez nous. Il y a en
effet plusieurs types de réactions envisageables face a cette
nouvelle menace qui nous inquiète tous.
•
On est des hommes, on se laisse pas faire : Tactique qui vise a
bombarder préventivement des cibles au cas ou elles abriteraient
des terroristes, et a s'excuser après. De manière fort
étonnante, il n'y a des terroristes en Irak que depuis qu'on a
arrêté de bombarder. Personne n'a encore osé soumettre a l'ONU
une résolution pour que l'on recommence a rebombarder l'Irak,
maintenant qu'on a une bonne excuse et que ce serait utile.
Cette stratégie est probablement refusée car elle serait
efficace et annulerait l'effet positif de l'attitude suivante.
•
Vigipirate et Defcon sont nos amis : Ces deux systèmes sont très
pratiques puisqu'ils nous protègent en permanence des attentats.
En effet, remis en place depuis 2001, il n'y a pas eu de nouvel
attentat en France et aux Etats-Unis, ce qui n'est sûrement pas
une coïncidence. Les Espagnols et les Anglais sont probablement
des idiots infoutus de se protéger. Notons que cette protection
se manifeste par du scotch et des poubelles en plastiques
transparentes dans les gares, armes très redoutables pour lutter
contre le terrorisme.
Elle permet également de donner de
nouvelles armes contre l'insécurité, et ainsi de faire fermer
des sites internet contenant les mots « Allah » et « Bombe »,
comme dans « Allah, c'est de la bombé, bébé ! ». Aussi, elle
autorise des renforcements extraordinaires des pouvoirs de
police au nom de notre protection a tous. Ainsi, l'école
primaire d'Onnaing (mon bled à moi) dispose de barrières de
protection Vigipirate afin de protéger nos chers bambins qui
refusent de se convertir. Cette défense et ce repli sur soi
agacent énormément les musulmans un peu intégristes, mais ils
agacent les gens normaux aussi. Bref, c'est un système que tout
le monde déteste, mais qui permet aux acteurs politiques de se
vanter de leur efficacité afin de se faire (ré)élire. La
politique étant ce qu''elle est, on préfère voter des idées
qu'on ne cautionne pas, au cas où.
Dans un tout autre registre, on constate que la présence de
cabines téléphoniques dans les villes semble aussi protéger des
attaques de rhinocéros sauvages, ces animaux semblant esquiver
étrangement les endroits ou sont disposées ces installations.
•
Les gens qui s'en foutent : au fond,
raisonnable a adopter face a ce problème.
l'attitude
la
plus
III.De la FRANCE
De tout les pays du monde entier, il y en a un qui me préoccupe
principalement. Il se trouve que j'y vis. Ce pays, c'est la
France.
La France est un petit pays d'Europe Occidentale qui a la classe,
et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, c'est un pays ou tout
le monde est romantique, sympathique, et a hérité d'une histoire
riche. C'est le pays qui a inventé l'Encyclopédie, les Lumières,
la Démocratie, et le Cinéma. C'est un pays qui sait faire de beaux
discours a l'ONU. En plus, toutes les nanas du monde entier sont
folles des français, parce qu'ils sont très romantiques, surtout
dans le métro, l'été.
Les origines de notre beau pays se perdent dans la nuit des temps.
A l'antiquité, notre fier peuple de Gaulois se défendait contre
les envahisseurs romains. La Gaule a été vite vaincue, malgré la
résistance du fier Vercingétorix, et les premières leçons
d'histoire enseignés a nos bambins commencent par une défaite. Le
ton est donné, nous sommes un pays de losers.
Les romains, on ne les aimait pas. On aurait préféré rester entre
nous, a vivre dans des huttes, a faire des sacrifices humains, a
dormir au milieu des cochons. Mais non, il a fallu que Rome nous
apporte un peu de civilisation et mette un peu d'ordre, sans aucun
respect pour notre mode de vie, qui, comme celui des américains,
n'était pas négociable.
Fort heureusement, notre revanche nous l'avons eu. Le déclin de
l'Empire Romain n'était pas loin au fond (juste 400 ans plus
tard), et ce « détail de l'histoire », cette période gallo-romaine
ou on vivait un peu mieux s'est terminée sous les assauts des
barbares, les Francs principalement.
Il n'y a ethniquement et culturellement aucun rapport entre Francs
et Gaulois. Néanmoins, on nous assure que ce sont tout les deux
des Français d'origines. Et si on aime pas les barbares, et bien
pour une fois, pour eux, on fera une exception7 . Avec les Francs
ont débarqué la fin de la citoyenneté et le moyen-âge, mais
également le retour au dodo avec les cochons et la dictature de
seigneurs et du clergé sur le peuple.
Qu'importe. Nos âmes sont sauves, mais le Moyen-Age sera une
époque où, contrairement à ce que pourront dire tout les
historiens du moyen-âge, il ne se passe strictement rien
d'intéressant. Juste quelques guerres avec les Anglais et des
histoires de mauvaises coucheuses. On ne s'attardera pas donc pas
trop sur cette période où la seule activité récréative consister à
faire des conneries (coucher avant le mariage) et a implorer
pardon à Dieu, qui répond rarement mais on fait semblant
d'entendre quand même.
7 Plutôt Franc que Hun ou Romain !
La partie la plus intéressante de notre histoire vient juste
après. Il y eut bien sur, la Renaissance, glorieuse époque où la
France « se la pète », avec ses Lumières, ses rois, ses palais,
ses peintures. Aujourd'hui, la renaissance est finie mais on
continue à se la péter pour des raisons strictement identiques,
bien qu'obsolètes.
Renaissance et nostalgie qui persistent
aujourd'hui. En 2006, on a toujours pour seul fierté la
déclaration des droits de l'homme, le 14 juillet 1789, France 98,
et on fait toujours de la pub pour les résultats de bac sur
Minitel (bien sur, c'est hors de prix). On ne pourra pas dire que
l'on a pas exploité le peu de fierté que l'on à.
Le moment le plus rigolo de l'Histoire est indéniablement celui de
la Révolution Française, celle qui nous a apporté la démocratie,
la liberté, et qui a mis fin aux années d'absolutisme de Louis
XVI. Le problème, c'est qu'en fait, Louis XVI était un roi plutôt
cool, prêt a opérer une transition. Et c'est la le drame : Louis
XVI était un roi REFORMISTE.
Vous vous doutez bien que dans un pays comme le nôtre, ça ne
pouvait pas passer. On l'a donc vite fait guillotiner pour
réinstaurer a la place un régime de Liberté (la Terreur), avant
vite fait de se rendre compte que la monarchie c'était mieux
(Napoléon, restauration, empire). Le 14 juillet 1789 est donc la
date la plus glorieuse de notre histoire : celle d'un rendez vous
manqué, du refus de la réforme, et du bordel politique absolu
parce qu'on est incapable de supporter un régime politique plus de
20 ans. Comme dit précédemment, il a fallu que les prussiens nous
mettent une raclée pour que l'on soit enfin capable d'adopter une
démocratie, la 3ème république, régime le plus long de notre
histoire depuis qu'on a essayé 36 méthodes pour faire des
révolutions.
Mais même sous la 3ème République, nous souffrons d'inconstance.
Certes,
cela
est
en
partie
imputable
à
la
façon
dont
fonctionnaient nos institutions. La mise en difficulté d'un seul
ministre faisait chuter tout le gouvernement avec lui. On a donc
ainsi eu des gouvernements variés et multiples. La France est un
pays qui s'ennuie sinon.
Sur Vichy, je n'ai rien a dire.
Sur les 4ème et 5ème République, il y a déjà beaucoup plus a dire.
Tout d'abord, on pourrait parler de la décolonisation, une des
sources du masochisme franco-français. Certes, la colonisation a
asservi des peuples en échange des « bienfaits » de nos sociétés
mais souvenez de l'idée exprimée au chapitre antérieur : dans la
grande majeure partie des cas, ils s'en foutent.
Ne me prenez pas pour un fasciste, un nazi, un frontiste ou quoi
que ce soit. La colonisation, c'est moche. Non, vraiment, je le
pense. Néanmoins, a écouter certains discours, la France aurait
mené là bas 12 000 génocides. Ce qui me permet de revenir à ce
masochisme.
La France est un pays, où, pour les Français, tout est de la
merde. Même les Français (mais sauf les Lumières). Ainsi, il est
donc de bon ton d'insister sur les honteuses parties de
l'Histoire, voire même parfois d'en inventer. Il est également de
bon ton que la France est un pays particulièrement raciste,
racisme qui ne vaut que dans un sens (Les méchants français aiment
pas les gentils arabes). Et si un jour un arabe est méchant envers
un français (cas d'école, nous savons tous que ça n'arrive
jamais), et bien... et bien... c'est parce que la société
française n'a pas fait son boulot8 .
La peur du racisme est devenu tellement obsessionnelle qu'il est
presque interdit de décrire quelqu'un par sa couleur de peau.
Montrez une photo d'un noir a un quidam antiraciste, demandez lui
sa couleur de peau, il y a de fortes chances qu'il vous réponde
que franchement, il ne sait pas. Mais il vous fera un procès dans
la foulée, bien sur.
L'antiracisme a également ceci de particulier qu'il fait tout pour
desservir les causes qu'il est censé servir. Il se trouve ainsi au
coeur d'une immense contradiction existentielle. Explication :
puisqu'il est interdit de faire des discriminations, il est
interdit de savoir de quelle origine sont les individus 9 . Ainsi,
s'il faut aider les minorités a s'intégrer, il est par contre
formellement interdit de savoir ou elles sont, combien elles sont,
ce qu'elles veulent, et ce qui leur cause problème. Le mouvement
se trouve donc face au paradoxe suivant : si il n'y aucune
différence à faire, il ne sert a rien de défendre les victimes du
racisme, car nous sommes tous pareils et toute discrimination est
donc
nulle
et
non
avenue.
L'anti-racisme,
fondé
sur
la
distinction, est donc raciste a la base. Voilà donc résolu le
problème du racisme : en plus d'être contreproductif, il n'existe
pas.
Blague à part, il serait bon de réinstaller de la mesure de toute
chose. Il serait bon de faire une synthèse. Il serait bon de
réfléchir, d'accepter l'existence de problèmes, et de les
résoudre, plutôt que de se résoudre dans un autisme. SOS-Racisme
est aussi contre productif que le FN. Attention aux extrêmes diton. Et pourquoi ne pas faire attention dans les deux sens ?
Tout ces développements historiques se sont néanmoins fait dans un
sens : le bon. Par le bon, il faut comprendre que le fait que
notre pays soit pas trop mal situé et pas trop trop pauvre a
permis a des gens de vivre en ne foutant pas grand chose d'autre
que de réflechir et de coucher leurs pensées sur papier, ce qui
serait le métier révé par votre serviteur s'il avait ne serait ce
que le quart de leur talent. Ces gens, on les a appelé les
Lumières et j'en parle sans arrêt ici. C'est grâce a eux, paraît
il, que nos sociétés se sont libérés, qu'elles jouissent désormais
de l'accès a l'éducation, et surtout d'un droit du travail très
protecteur des pauvres petits employés.
8 On notera qu'elle fait cependant étrangement très bien son boulot dans le cas d'un nombre incalculable d'autres
minorités ethniques (même s'il est interdit de le faire remarquer)
9 Ne cherchez pas d'enchaînement logique, c'est comme ça et puis c'est tout.
Cette volonté de protection est a relier a deux choses : le fait
que notre pays est rempli de névrosés (cf la consommation
d'antidépresseurs), mais surtout l'afflux sans précédent d'argent
et de recettes étatiques générées par cette période que l'on
appelle les 30 glorieuses.
Terminée depuis 1973, cette période est toujours considérée de la
part de la gauche et du français moyen comme l'alpha et l'oméga de
la conjoncture économique, le référent unique. Elle est également
due
a
une
profonde
schizophrénie
que
les
antidépresseurs
n'arrivent pas a guérir : celle qui consiste à dire que l'Etat, ce
n'est pas nous, et ses soucis d'argent ne sont pas au fond nos
affaires10. Ce n'est donc ainsi pas nos oignons si la sécurité
sociale accumule un déficit de plusieurs milliards d'euros. On
pourrait se dire que si, puisque sa faillite met en péril les
remboursements et qu'il faudrait augmenter les cotisations. Sauf
que non, on rembourse pareil (merci les génériques) et on
paie/cotise a peu près pareil (a un ou deux euros près quand on va
chez le généraliste). Le peuple le plus drogué légalement du monde
est accroc a son système de santé. Mais il arrêtera demain.
Demain, ca veut dire dans 50 ans, quand les petits enfants des
chômeurs crèveront d'une crise d'appendicite.
Ils n'avaient pas qu'a être des petits fils de chômeurs me direzvous. Certes. Cependant, le chômage est en France devenu pour les
jeunes, une sorte de rite de passage a l'âge adulte, un truc
initiatique. Le chômage, c'est un peu le deuxième bizutage de
l'étudiant : celui qui sanctionne la sortie des études. Et comme
tout bizutage, même si ça l'ennuie profondément, il y est très
très attaché. Notamment parce qu'a partir de 25 ans, c'est un
bizutage rémunéré avec plein d'avantages.
Pour sortir du cercle du chômage, il n'y a qu'une seule solution :
rendre plus difficile l'embauche. La logique est la suivante : si
les gens qui sont au RMI ne travaillent pas, c'est parce qu'ils ne
veulent pas vu que le SMIC est trop bas. La gauche propose donc de
le passer a 1500 euros. Evidemment, les patrons qui n'avaient pas
forcément les moyens de prendre quelqu'un au SMIC ne sont pas très
contents. Oui mais voilà : c'est bien fait pour eux, car les
patrons sont méchants.
Toujours complexés par la branlée reçue par Vercingétorix de la
main de Jules César, les français se rêvent en résistants face a
l'oppression11,
et
continuent
de
vénérer
des
BDs
parlant
d'irréductibles
gaulois
même
quand
celles-ci
sont
devenus
objectivement mauvaises12. L'oppression est aujourd'hui incarnée
par trois figures de proue :
•
L'Etat , qu'il faut a tout prix enquiquiner par tout les moyens
que ce soit, même quand on a voté pour lui, même contre son
propre intérêt
•
Les propriétaires (qui sont méchants, car ils réclament un loyer
10 Ce qui explique que les impôts y sont presque unanimement perçus comme du racket.
11 Resistance particulierement visible en 1945 ou ils étaient probablement plus nombreux que de collabos. Enfin il
paraît. On aimerait bien quoi.
12 Après avoir vanté les mérites du dernier album d'Astérix, les médias se sont bien sur gardé de parler de sa qualité.
•
aux locataires)
Les patrons (qui sont méchants, car ils refusent de tripler le
salaire tout les mois, et parfois, ils virent les gens)
On retrouve notamment ces deux derniers types d'antagonistes dans
les émissions de Julien Courbet, qui opposent régulièrement un
gentil locataire/employé dont les droits sont sauvagement attaqués
par un méchant patron/propriétaire qui le force à vivre dans la
misère.
Les patrons sont donc méchants. A leur sommet, il y a le MEDEF,
sorte de monstre obscur qui décide d'absolument tout dans la vie
et qui a le gouvernement a sa botte.
Ainsi, comme Asterix, le
Français défend ses droits contre cet agresseur. Dernière
bataille, celle du CPE, pas « mieux que rien mais pire que tout »,
qui a vu la nette préférence du chômage face a la précarité.
L'argument est, il est vrai, d'une logique hors norme : comment
convaincre un banquier de vous accorder des crédits quand vous
êtes un employé précaire ? C'est absolument impossible, bien sur.
Il vaut mieux être au chômage.
Ainsi, le peuple de France n'a qu'une hantise : le libéralisme 13.
« Ce serait pire que le communisme » rappelait d'ailleurs à ce
sujet un certain Jacques Chirac récemment. Pensez-donc : le
libéralisme, c'est une doctrine ou les patrons font la loi.
Obligatoirement. Absolument impossible que ce soit l'employé, non.
Pourquoi ? Et bien parce que le patron est méchant. Ainsi, plutot
que de prendre le risque de se voir opprimé (c'est a dire,
engagé), l'anti-libéral va préferer construire une société ou le
chômeur est tout puissant, ce qui est beaucoup plus sain.
Je critique, mais il faut bien l'avouer : l'antilibéral moyen
dispose
souvent
d'une
vrai
capacité
d'analyse
économique,
foncièrement redoutable. Elle pourrait s'appeler trivialement
« L'économie sans se faire chier ». La solution au problème du
chômage passe donc (ce qu'a bien compris la gauche, et surtout son
extrême) par le plan suivant :
-Un CDI pour tous (le marché de l'emploi n'est pas assez rigide
après tout, et il faut bien embêter les patrons)
-Doubler le SMIC et le RMI
-Diminuer de 80% les impots (parce qu'il faut quand même être
réaliste, on peut pas tout supprimer...)
-Fermer les frontières (pour se défendre des cannibales chinois et
des plombiers polonais, et garder nos exportations pour nous)
-Plus de trucs gratuits.
Ceci fait, la France a vraiment tout les atouts pour redevenir la
première puissance mondiale.
13 Et parfois le capitalisme, qu'il critique sans connaître. On oublie souvent, dans de tels circonstances, de lui demander
ce qu'il préfère comme alternative : l'anarchie ou le communisme ?
IV.Pourquoi les États de Darius, conquis par Alexandre, ne se
révoltèrent point contre les successeurs du conquérant après sa
mort.
(ou : « pourquoi nous obeissons ? »)
Ne me demandez pas ce que sont les Etats de Darius et encore moins
où ils étaient. Comme vous avez pu le constater a plusieurs
reprises, je suis assez mauvais en histoire. Par contre, Machiavel
avait l'air d'être assez calé !
Bref, adaptation de titre de chapitre pour une réflexion qui sera
a l'image des idées précédemment évoquées : courte.
Il apparaît qu'il y a deux raisons essentielles au fait que l'être
humain obéisse a son supérieur hiérarchique : la première est que
les patrons sont les méchants et que l'on a pas envie d'en faire
partie soi même (a moins d'être un sadique qui aime l'argent14), la
deuxième est que au fond, ca évite les ennuis et qu'en plus on est
payé pour ça.
On pourrait expliquer un milliard de comportements humains avec ce
genre de raisonnement. A la place , on a préféré donné naissance a
une science complexe : la sociologie politique, et ce grâce a des
années d'études, a des milliards de sondages et a des recherches
permettant de payer des profs d'université super chers et de créer
tout un tas de matières à options dans tout les Instituts d'Etudes
Politiques de France.
Tout cela pour en arriver a une conclusion somme toute assez
simple : le monde se divise en deux catégories , ceux qui tiennent
le pistolet, et ceux qui creusent.
La où la sociologie est intéressante, c'est qu'elle nous apprend
que ceux qui reçoivent les coups de pied subissent probablement du
fait que leurs parents n'aient eux mêmes rien foutus a l'école, et
que si l'on vote a droite, ce n'est pas de notre faute, c'est
parce qu'on est né dans une famille de riches. Rassurez-vous :
quoiqu'il arrive, ce ne sera pas de votre faute.
Nous obéissons pour une autre raison. Une raison essentielle qu'il
faut bien assimiler dès que l'on s'intéresse un peu au
comportement humain : c'est parce que nous sommes des moutons.
Toute désobéissance, tout rejet, suppose la volonté de faire
preuve d'initiative, de sortir du lot15.
Dès lors, il y a la possibilité de passer pour un idiot.
Nous obéissons, car nous avons peur du ridicule. Il n'est pas
14 Il est absolument et formellement interdit d'aimer l'argent. Le dire tout haut ferait de vous le pire monstre que la
Terre aie jamais porté.
15 Théorie qui s'applique de façon particulière en France, où on obéit au groupe en désobéissant a l'Etat. Pigé ?
besoin d'aller beaucoup plus loin la dessus. Des expériences l'ont
montré. Des tests sur la conformité (expérience Stanley Milgram,
notamment) prouvent que la majeure partie de l'humanité tuerait
sous la contrainte d'une « autorité », a l'usure...
Ainsi, un bon plan d'asservissement du monde
éléments suivants :
peut comprendre les
-Déclarer tout ce que vous aimez comme choses normale
-Payer des intellectuels, des présentateurs TVs, pour faire ces
choses normales
-Lancer une émission de télé réalité sur le thème de la normalité
et ce moquer des insoumis (goths, geeks, gens qui jouent aux
vidéos)
-Finalement, le reste se déroule de lui même : les insoumis
participeront a des émissions de télé ou ils se repentiront et
seront ravis d'être a nouveau dans la norme, délivrant un message
positif remplis de « on peut s'en sortir » et autres bons
sentiments. Les parents en profiteront d'eux même pour interdire
par la suite toute activité subversive et dangereuse, comme
regarder South Park a la télé et jouer a Pokemon.
Vous serez « in control ».
Une autre solution envisageable consiste à démarrer une religion.
Mais ça ne marche pas a tout les coups et vous risquez de finir
victorieux, mais cloué, ce qui ne sert pas a grand chose
finalement. Une solution a ne tenter qu'aux Etats-Unis ou en Asie
donc, le marché Européen et Africain ayant d'autre préoccupation,
et le moyen orient complètement verrouillé... Quand a l'Amérique
du Sud et a l'Australie, qui s'en soucie ?
V. Des principautes ecclesiastiques
L'homme a, tout naturellement, peur de mourir. En effet, on ne
sait pas ce qu'il se passe APRES. Paradoxalement cependant,
l'homme n'a pas peur des fins d'épisode de Lost ou de 24h Chronos.
La mort, c'est ce qu'il se passe a la fin de la vie, et de tout
temps les hommes ont cherché à comprendre ce qu'il se passait
« après ». Bizarrement, la plupart se fichent pas mal de ce qui se
passe avant, alors qu'il semble très logique que ce soit
fichtrement la même chose. Se poser cette question est pourtant
extrêmement rassurant puisque la plupart des gens conviendront
naturellement qu'ils ne se souviennent pas de ce qui c'est passé
avant leur naissance, ce qui prouve que ça ne doit pas être si
terrible que ça et qu'on ferait mieux d'éviter de faire tout un
foin de cet état de nature.
Les religions, cependant, ont abandonné la voix de la logique pour
des raisons qualifiées d' « impénétrables »16 , ce qui est tout de
même bien pratique. Elles prétendent également que les divinités
sont absolument invisibles, parlent au coeur des gens (et non avec
de vrais mots, ce qui serait beaucoup trop facile), qu'on a
absolument aucun moyen d'être sûrs, mais qu'il faut l'être quand
même sinon ça va barder quand vous serez morts. Le deal est donc,
le plus souvent du temps, d'avoir une vie misérable pour mourir
content.
Tout serait simple s'il n'y avait qu'une religion. Certes, la
qualité de vie serait tout aussi désastreuse, mais au moins nos
impénétrables cerveaux seraient persuadés qu'une éternité de
bonheur les attend au bout d'à peu près 70 ans alors on peut bien
passer de ridicules instants a s'ennuyer. Le vaste choix de
religions disponibles implique cependant un grand éventail de
choix de vies possibles, qui ont tous en commun de dire que les
autres sont dans l'erreur. Et le problème c'est qu'ils sont
foncièrement incompatibles.
Les petits malins qui pensaient se convertir a toutes les
religions inimaginables avant de mourir « pour être sur, au cas
où) (ou tout simplement pour faire collection) l'ont, si vous me
permettez cette saillie, dans l'os.
Les religions sont de plusieurs types.
-Les « grandes religions monothéistes » : soit le protestantisme,
le judaïsme, l'Islam, le catholicisme, et j'en passe et des
meilleurs. Elles vénerent le même dieu mais passent tout de même
leur temps à se taper dessus au nom de l'amour fraternel. C'est
l'intention qui compte. Les relations sont donc très difficiles au
point qu'un auteur du nom de Samuel Huntington a parlé de « choc
des civilisations », ce qui a embarrassé pas mal de monde
(notamment les extrémistes anti-racistes) quand on se rend compte
16 Au contraire des jeunes catécheses.
que au fond, c'est vrai que les parties juives, musulmanes, et
chrétiennes du monde se tapent pas mal dessus récemment.
Néanmoins, ils ont tout de même trouvé un échappatoire en
affirmant haut et fort que les civilisations n'existaient pas
puisque être Français ou être Anglais, c'était pas déjà tout à
fait pareil. Ouf. Nous sommes sauvés, le problème est clos.
Les religions « monothéistes » sont principalement les suivantes :
•
•
Le judaïsme : les juifs sont persuadés d'être le peuple élu de
Dieu, et même que c'est pour ça qu'ils en prennent plein la
tronche depuis 3000 ans. On reconnaîtra donc à ce peuple la
qualité d'être somme toute très peu rancunier, mais certains
vont jusqu'à parler de masochisme. Ils coupent le bout du zizi
de leurs enfants (mâles uniquement), ce que tout le monde trouve
très très bizarre. Néanmoins, depuis que la science semble
prouver que ça diminue le risque MSTs, ils s'apprêtent de
nouveau a faire les malins. Hélas, les juifs (comme tout les
croyants) n'ont pas le droit d'avoir de rapport sexuels, donc ça
ne sert a rien. Tant pis.
Ils n'ont pas non plus le droit de manger de porc ou de boire
d'alcool, ce qui explique qu'ils sont en aussi bonne santé.
Certains murmurent que les juifs étaient donc les premiers
métrosexuels de l'histoire.
Les Chrétiens : les chrétiens sont « l'espèce dominante » en
occident. Ils se divisent en tout un tas de catégories
(catholiques, protestants, orthodoxes), elles mêmes se divisant
en une multitude de sous catégories (évangelistes, calvinistes),
etc... Ce goût pour le classement et la catégorisation
d'absolument tout et n'importe quoi explique en grande partie la
grande
complexité
de
l'Administration
et
un
projet
de
Constitution Européenne de 300 pages, puisque nous héritons de
cette culture. Les Chrétiens sont très nombreux, même si au fond
ils ne sont pas sur de croire en Dieu et s'en foutent même un
peu (ça ne semble plus être le critère déterminant aujourd'hui).
Le grand débat agitant cette communauté est de savoir si oui ou
non l'Eglise doit moderniser ses moeurs, et si on peut être
amoureux de Dieu en même temps que d'une nana17 . C'est très
compliqué, parce que si on réforme, cela voudrait dire que les
paroles de l'Eternel ne sont pas si éternelles que ça.
Néanmoins, le fait que tout ceci soit très contraignant devrait
aboutir a quelques changements, tot ou tard. On avance vite, on
a déjà abandonné le latin, mais on est encore loin des débats
sur « est ce que sucer c'est tromper ? ». Ceux qui feront
remarquer que de tels débats et réformes risquent d'aboutir a
des contradictions n'ont surement jamais comparé le Nouveau et
l'Ancien Testament, où la parole de l'Eternel passe d'un
« crevez-tous si vous ne m'obéissez pas » à « aimez vous les uns
les autres, moi je pardonne tout le monde ». L'explication est
qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, ce qui
apporte évidemment beaucoup d'interrogations sur le statut
17 Il y a encore beaucoup de progrès avant de savoir si « sucer c'est tromper ». Néanmoins, l'interrogation sur le célibat
des prêtres n'existait bizarrement pas avant qu'on se rende compte qu'a une époque, ceux-ci étaient pistonnés par
leurs parents.
actuel de l'Eglise.
•
Les Musulmans : Il est aujourd'hui très très difficile de parler
des musulmans sans en dire du mal, sauf si vous êtes musulman ou
extrémiste anti-raciste. En fait, c'est parce qu'un amalgame est
fait entre musulman et Islamiste. Les musulmans sont des gens
globalement normaux, masochistes, certes, mais pas plus que les
autres religions. Ils trouvent cependant normal de vénérer un
prophète polygame qui affirme ouvertement qu'une femme vaut la
moitié d'un homme. Ils répliquent a raison que les juifs et les
chrétiens ne sont pas mieux cependant, et ils ont dans le fond
bien raison.
Le problème avec les Musulmans vient du manque d'humour de
certains qui ne savent pas du tout ce que « second degré » veut
dire, voir même qui ne savent pas lire. Ils se font exploser
régulièrement pour défendre leur droit a l'existence et pour
interdire les gens d'écouter de la musique et de ne pas porter
de barbe. Décidant qu'ils devenaient un peu trop agaçant, les
Etats-Unis ont décidé de leur casser la figure afin qu'on en
parle plus. Ils n'ont hélas pas pris le temps d'ouvrir un
dictionnaire pour constater que l'Irak était un pays laïque.
Il n'y a bien sur pas que ces trois là, on trouve des tas d'autres
religions.
-Le Bouddhisme : le bouddhisme n'est pas une religion, mais
beaucoup d'auteurs font comme si, et je ne fais pas exception a la
règle. Ca consiste a mener une vie cool et sans stress pour avoir
la paix. C'est donc très populaire dans les campagnes asiatiques,
mais on observe que cela s'étend aux grandes métropoles du monde
entier, possiblement par esprit de contradiction.
-Les sectes : Elles aussi ont l'esprit de contradiction. Elles
passent leur temps a être persuadés que la fin du monde est
proche, et que le seul moyen d'éviter ça et de vivre reclu tout en
donnant tout son argent et des faveurs sexuelles au gourou. Ca ne
les choque pas. On peut en déduire qu'il faut tout de même être
fichtrement idiot.
-Le satanisme : Les méchants. Ils sont persuadés que l'accès a la
libre connaissance, a la liberté, déterminer librement sa propre
manière de vivre est une bonne chose (voir épisode de la pomme et
du serpent), ce qui est profondément inacceptable pour les autres
religions. Ils jouent souvent a Donjons et Dragons et lisent Harry
Potter.
D'autres font des sacrifices humains et mangent des vierges, mais
ils sont tout de même un peu plus rares.
-Les athées : Les athées croient qu'avant la vie il n'y a rien, et
qu'après la mort il n'y a rien. Ils évitent de se poser la
question de savoir comment on peut passer de rien a quelque chose
et du « si on l'a fait une fois, on peut le refaire ? », car elles
sont beaucoup trop contrariantes. Ils persistent a vouloir agacer
le monde en disant que les croyants sont des imbéciles incapables
de libre-arbitre. Ils ont probablement raison, mais ils sont tout
de même très agaçants, ce qui explique que personne ne les invite
aux repas de familles et aux mariages (de peur qu'ils mettent la
mauvaise ambiance a l'église)
-les agnostiques : on peut résumer rapidement les opinions des
agnostiques en disant qu'ils s'en foutent un peu.
-Les autres, qui de toute façon n'existent pas.
Précisons également que le principal facteur d'appartenance a une
religion et que papa et maman en ont fait partie. C'est pour ça
qu'on baptise dès la naissance et qu'on envoie très tôt faire
l'éducation religieuse, au cas où.
La religion a, on l'a vu, eu une influence considérable au moyenâge. C'est encore le cas aujourd'hui, pire, on prédit que « le
21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas », ce qui est tout de
même très inquiétant, quand on voit que cette spiritualité
s'exprime essentiellement a base d'attaques kamikazes ou de
frappes chirurgicales18 .
La religion s'exprime dans les sociétés d'aujourd'hui par tout un
tas de phénomènes, et de privates jokes assez ennuyeuses qui
tiennent le monde extérieur a l'écart. Elles se manifestent par
des opinions visant à :
•
interdire plus de trucs qu'elles sont les seules a trouver
immorales (on pense notamment a interdire l'homosexualité, la
masturbation, et le sexe avant la mariage, qui n'existaient pas
du tout au moyen âge)
•
embêter les autres religions
Tout ceci en fonction des idéologies expliquées plus haut.
Estimez vous heureux, grâce a
comprenez un peu plus le monde.
18 Bagdadéctomie, etc...
ce
chapitre
indispensable,
vous
VI.Des choses pour lesquelles tous les hommes, et surtout les
princes, sont loués ou blâmés.
Il apparaît que dans le monde moderne, on est blamé pour tout et
n'importe quoi. C'est pour ça que des milliers d'étudiants
français choisissent chaque année le droit, pour être avocat et
surfer sur un marché juteux, ou tout simplement, comme pour la
religion, « au cas où ».
Une chose est sure, si vous voulez menez une vie libre de tout
reproche, il vaudrait mieux que vous, chers envahisseurs du futur,
choisissiez une autre planète.
Sur cette bonne vielle terre, il est de bon ton de faire des
procès pour tout et n'importe quoi. Ainsi, on assigne au tribunal
McDo parce qu'on est gros, ou Marlboro parce qu'on a un cancer.
Pire, si jamais il a malheur de faire chaud l'été (ou toute autre
catastrophe naturelle), soyez surs que vous en serez tenus pour
responsable (surtout en France).
Le processus, très simple, est le suivant.
Dans la nuit des temps, alors que l'homme vivait dans d'étroites
cavernes et s'occupait brillamment a se taper dessus avec des
gourdins chaque jour plus sophistiqués, toute catastrophe devait
être imputable a quelque chose d'extérieur au fautif, faute de
quoi celui-ci se verrait passablement malmené, pour finir par
servir d'engrais ou de farine â vaches préhistorique (les anglais
n'ont rien inventé). Cette option avait l'avantage de sauvegarder
l'individu (dans sa vie comme dans sa conscience), tout comme la
cohésion du groupe (si tant est que l'on arrivait a montrer que la
cause du malheur lui était extérieur).
Puis Dieu est arrivé, et avec lui, tout est devenu beaucoup plus
simple. Déjà parce que l'Ancien Testament permet d'expliquer que
quoique l'on fasse de mal, c'est la faute d'Adam & Eve qui ont mis
le péché en nous, et que de toute façon on peut s'en sortir pourvu
qu'on travaille dur (pour peu que l'on ne soit pas homosexuel). Le
Nouveau Testament rend les choses encore plus simples, puisqu'a
partir de l'Acrobate, quoique l'on fasse, Dieu nous pardonne de
toute façon, nous voilà bien soulagés ! On comprend donc
facilement l'essor de cette religion somme toute bien pratique.
Mais arrivent le XIXème siècle, la République, Nietzsche. Tout se
complique fortement lorsque l'on se rend compte que Dieu est mort.
Mais les brebis ne resteront pas égarées bien longtemps. Plutôt
que de se voir imposer un Dieu, il apparaît plus simple de s'en
créer un soi-même. Hobbes l'a appelé « Le Léviathan », nous, on
lui préfère le nom bien plus sexy d' « Etat ».
L'Etat, possiblement la plus importante des créations de l'Homme
et celle dont il est le moins fier.
Personne ne reniera le rôle de l'Etat lorsqu'il s'agit de
percevoir son RMI, ses allocations familiales, ou de mettre a
l'école les bambins gratuitement (c'est moins cher qu'une
garderie). Mais l'Etat a une utilité bien plus importante, qui
découle directement de l'instinct de survie préhistorique évoqué
plus haut. L'Etat nous absout de nos péchés. Il est une extrême
onction et un baptême permanents, et tout les forums internet,
bistrots, et débats politiques sont nos confessionnaux.
Chaque erreur, chaque malheur, chaque fatalité qui nous accable
trouve un responsable. Même quand ceux ci sont d'ordres naturels.
Une canicule ? La faute a l'Etat. Une tempête ? La faute a l'Etat.
C'est parfois encore plus drôle : un médecin n'arrive pas a sauver
un enfant malade a l'hôpital lors d'une opération ? Assignez
l'hôpital au tribunal, il vous remboursera. Un enfant né handicapé
? La aussi, il est de bon ton d'exiger des indemnités a l'Etat,
car c'est de sa faute après tout.
Bienvenue dans une société qui refuse trois choses, la mort, la
fatalité et l'autocritique. La mort, car il est absolument
impossible de nos jours d'accepter que l'on puisse mourir, que
l'on puisse avoir un accident de voiture. Cela part du sentiment
noble de vouloir faire reculer la mortalité, mais cela aboutit au
principe de précaution que tout les agriculteurs du monde
connaissent bien. Tout ce qui peut entraîner, d'une manière ou
d'une autre, la mort doit être évitée. Bientôt, cela signifiera
sortir dans la rue et sortir du lit.
La fatalité, car il est absolument inconcevable que certaines
choses arrivent sans raison, sans logique, parce que notre univers
est ainsi fait, comme un séisme, un tsunami, un cancer.
Systématiquement, il faut trouver un moyen de faire un procès a
quelqu'un. Et nous avons une cible toute désignée.
L'autocritique, car il est absolument impossible que si des
enfants tournent mal, ce soit la faute des parents. Absolument
impossible que si nous sommes au chômage, ce sont a cause de
mauvais choix et d'une mauvaise orientation scolaire19 . Non, tout
est la faute de ce cher Etat. Tout. C'est pourquoi il faut le
combattre a tout prix. L'Etat est également responsable de
l'alcoolisme (et non plus les alcooliques), et du cancer (et non
plus les fumeurs), car il laisse faire. Nous sommes des enfants
dont les parents sont trop permissifs, alors on veut qu'il sévisse
plus : c'est pourquoi la réponse a tout les problèmes de
l'humanité a une solution simple : la loi.
Dieu est
France...
mort,
vive
l'Etat,
premier
assureur
tout
risque
de
Futurs gouvernants, ne cherchez pas a éviter le blâme, vous
l'aurez comme punition pour avoir réussi dans la vie. Ne cherchez
même pas à être vertueux, ils trouveront forcément quelque chose.
19 Ou plutôt si, mais dans ce cas on blâmera le conseiller d'orientation plutot que soi même. Comme si c'était si
difficile de se renseigner...
VII.De la libéralité et de l'avarice.
Il est deux fléaux du monde, deux fléaux entre lesquels nos
sociétés sont forcées à choisir, mais dont on a l'impression a
chaque fois que la société choisit sans nous.20 La peste ou le
choléra ? Le capitalisme ou le communisme ?
Les hommes , a part quelques primates, ont désormais opté
unanimement pour le capitalisme, et Fukuyama a écrit sa célèbre
« Fin de l'histoire », et ils vécurent heureux, en paix, et en
harmonie, et eurent beaucoup d'enfants.21
Enfin, c'est ce qui ce serait passé s'il n'était pas de réputation
mondiale que nous ne sommes jamais contents.
Avec le capitalisme sont arrivés une foultitude de bonheurs, par
l'intermédiaire de cette 8ème merveille du monde qu'est la société
de consommation, qui n'a eu que des conséquences positives : une
voiture pour tous, une télé pour tous, l'avènement d'une société
de loisirs et l'accomplissement du rêve de Bill Gates : un Windows
sur chaque bureau.
Mais avec lui est également arrivé le mal absolu, celui que l'on
déteste par dessus tout, l'ennemi de classe, le patron. Un
antagonisme qui n'est pas sans rappeler un certain Karl Marx. Car
si le portefeuille est a droite, le coeur est a gauche. Si la
pratique est libérale, l'âme reste communiste. Ceci explique les
déclarations déjà évoquées d'un Jacques Chirac affirmant, entre
deux négociations de ventes d'Airbus, que le libéralisme serait
pire que le communisme.
Le libéralisme fonctionne en effet sur des postulats absolument
inhumains : la libre détermination des prix selon l'Offre et la
Demande. Un astucieux système qui par le jeu de la concurrence
permet de tout payer moins cher. Hélas, comme toute règle, on aime
le libéralisme uniquement quand il ne s'applique pas à nous. La
concurrence, c'est bien seulement si ca fait augmenter les
salaires.
« L'homme
n'est
pas
une
marchandise »,
crient
les
altermondialistes. Ils ont tort, bien sur. L'Homme est tout
simplement la seule marchandise qui est capable de se plaindre de
son prix (qu'il juge en permanence trop faible).
Il apparaît rapidement, pour quiconque ne prend pas Alice au Pays
des Merveilles au premier degré, que le libéralisme est le seul
système viable, et que sa seule alternative est : rien du tout. Du
vide, c'est tout ce qu'ont ses détracteurs à proposer. Le non au
référendum de la constitution européenne s'explique22 par un refus
de l'Europe des Patrons. Car comme vu plus haut, le Patron est
méchant et asservit l'humanité. La France reste communiste dans
20 Car a chaque fois que l'on critique la société, il est bien sous-entendu qu'il s'agit de « nous exclu »
21 Sauf en Chine, mais c'est un Etat communiste après tout.
22 Du moins c'est ce qu'on dit pour ne vexer personne
l'âme, quoiqu'elle en dise. Toute personne de droite sait
instinctivement qu'elle a intérêt à se taire lorsque ça parle
politique au bureau, sous peine de finir pendu a un crochet de
boucher.
Les alternatives existent, on les a vu plus haut, et il n'est pas
question de s'exciter ici et de gâcher du papier et des octets a
refaire ce discours. Mieux vaut revenir sur le véritable défaut
qui pourrit tout ceux qui ont de l'argent : l'avarice.
Si le patron, ce traître bourgeois, est méchant, c'est qu'il est
avare. Ce n'est, bien sur, jamais parce qu'il souhaite que sa
compagnie puisse s'étendre, rester compétitive, afin peut être
dans l'avenir pouvoir embaucher plus de personnel. Adam Smith
parlait d'une « Main Invisible », qui faisait en sorte que les
intérêts des patrons rejoignent ceux des employés. Adam Smith ne
se doutait pas que ces derniers n'y verraient, au bout du compte,
qu'un doigt d'honneur parfaitement visible.
Le patron est fourbe. Il est méchant, et il est souvent attaqué
par Julien Courbet (lui même patron, donc il sait de quoi il
parle) et ses acolytes. Son essentiel tort est qu'il ne paie pas
assez ses employés, le résultat est que ceux ci vivent de plus en
plus mal.
Car tout le monde est unanime la dessus, surtout les magasins
Leclerc : nous vivons de plus en plus mal et notre pouvoir d'achat
ne fait que diminuer. Bien sur, nous vivons de plus en plus vieux,
le taux d'équipement des ménages en électroménager, hifi, produits
culturels et high tech n'a jamais été aussi élevé, le niveau
d'études aussi bon, et les loisirs de plus en plus importants,
mais ce sont des détails. On est de plus en plus malheureux, et on
le sait.
Un point c'est tout.
D'ailleurs on est tous sous anti-dépresseurs, c'est un signe qui
ne trompe pas.
Et cette avarice, elle n'a qu'un seul but. Nous empêcher d'avoir
plus d'argent, encore et toujours, nous empêcher d'avoir moins de
choses gratuitement, nous empêcher d'être « économes ».
L'Avarice du patron a ceux-ci d'insoutenable qu'elle se met en
travers de notre propre avarice.
Aussi, envahisseur du futur, il n'y a qu'une seule solution a ce
dilemme : exploitez notre bêtise. Jouez sur l'inflation, triplez
les salaires tout en triplant les prix. Nous n'y verrons que du
feu. Après tout, nous sommes bien persuadés que tout est plus cher
alors que nous avons bizarrement de plus en plus de choses.
VIII. De la cruauté et de la clémence, et s'il vaut mieux être aimé
que craint.
Le voici, le chapitre qui fit connaître Machiavel au monde. Celui
ou a été énoncée la fameuse loi « La fin justifie les moyens ». Il
n'a certes jamais écrit cela, mais on lui attribue, et on s'en
sert pour faire du penseur politique une bête innommables aux
intentions louches.
Machiavel croyait en effet que, quitte à choisir, mieux valait-il
être craint qu'aimé, parce que l'amour envers le Prince était
rapide a faillir, ce dernier rapidement cocu, tandis que la
crainte repose sur l'éternelle peur pour sa vie, ce qui est tout
de même beaucoup plus durable que l'amour23.
Machiavel était un optimiste, et c'est ce qui va me permettre
d'expédier ce chapitre en moins d'une demi-page.
Le dilemme ne se pose plus : il est aujourd'hui impossible pour un
gouvernant d'être aimé. Vraiment, ce n'est plus la peine
d'essayer. Soyez donc craints. Au moins, peut-être, vous pourrez
réformer.
23 Et l'auteur sait de quoi il parle.
IX. Comment les princes doivent tenir leur parole.
Voilà un dilemme d'autant plus cornélien que le chapitre précédent
était succinct. Et pour cause : pourquoi diable chercher à tenir
parole quand on peut être craint ?
Il apparaît néanmoins que Le Prince a tout intérêt à tenir parole,
et ce, à chaque fois que cela est possible. Non seulement, ça
permet d'éviter de donner du grain à moudre à vos opposants, mais
en plus ça donne une bonne hygiène de vie.
Pour bien tenir
envisageables :
sa
parole,
il
y
a
plusieurs
hypothèses
Tout d'abord, ne pas faire de promesses irréalisables. Je sais, ca
paraît farfelu, mais en 2006 encore, des hommes proposent
d'interdire les licenciements ou une immigration zéro. Ce qui est
grave,
c'est
que
d'autres
hommes
les
croient
et
votent
régulièrement pour eux. Bien sur, comme ils ne seront jamais élus,
l'argumentation est que l'on ne pourra jamais prouver qu'ils ont
tort ou raison, et qu'il faut donc être sacrément de mauvaise foi
pour les critiquer, non mais !
Les promesses irréalisables marchent, car elles plaisent a tout le
monde (sauf aux patrons, ce qui est un bonus appréciable).
Évidemment, leurs mises en application causeraient un bordel
économique pas possible, mais il est bien connu que l'économie, ce
n'est pas notre problème: c'est celui des patrons et de l'Etat,
bref, on a tout à gagner a tripler le SMIC.
Il est par contre intéressant de se demander pourquoi il est si
facile de croire en des promesses. La aussi, plusieurs hypothèses
sont à avancer. La première est que les gens sont idiots, ce qui
est vrai, mais qui n'explique pas tout. Une autre, c'est la
tactique des oeillères : un danger n'existe pas si on ne le voit
pas et qu'on l'attribue comme étant le problème de quelqu'un
d'autre. C'est la fameuse politique du « y'a qu'a », qui explique
qu'il y a autant de mauvaises manières de résoudre le chômage
qu'il y a de Français. Hélas, les solutions envisagées (augmenter
les dépenses, diminuer les impôts) dénotent a la fois d'une vision
a court terme dangereuse, mais aussi d'un comportement suicidaire
qui l'est encore plus. Encore une fois, ceci est à relier a la
forte consommation d'anti-dépresseurs.
Selon la même théorie qui veut qu'un danger n'existe que s'il est
visible immédiatement on retrouve toute une politique de gestion
des problèmes environnementaux : la Terre, on ne l'aime qu'en
période de forte canicule. Et encore, avec la clim'. Enfin, si il
s'avérait qu'un astéroïde allait entrer en collision avec la
Terre, la tactique envisagée serait probablement de dépenser des
milliards de dollar pour le repeindre en noir. Comme ça on ne le
verra plus, et ce ne sera plus la peine d'y penser.
Une autre manière de tenir parole, passe par un art délicieux,
quelque chose qu'un enfant de 5 ans saurait reconnaître mais dont
les hommes politiques continuent d'abuser24 , ce truc c'est la
« langue de bois ».
La langue de bois est née de deux choses : tout d'abord, la classe
sociale de la plupart des hommes politiques fait qu'ils ont été
élevés dans un milieu aisé, où il y a des tas de choses qui ne se
disent pas. Enfin, il y également le refus de la réalité. Parfois,
on ne sait pas trop a quoi elle sert, comme quand Nicolas Sarkozy
ou Jacques Chirac tiennent à maintenir le suspens sur le fait
qu'ils se présenteront ou non aux prochaines présidentielles,
comme si la réponse a la question ne crevait déjà pas les yeux.
La question posée par la langue de bois est : a quoi cela sert-il
de tenir parole quand la parole elle même est constituée de de
phrases complètement dénuées d'information ? A tenir parole,
justement.
Tenir parole est devenu une fin en politique, non pas un moyen ou
une valeur quelconque. Quitte a ce que cela devienne n'importe
quoi.
Un corollaire de cette tactique, qui consiste a modifier la parole
pour qu'elle colle bien a la réalité, est tout simplement de
modifier la réalité afin qu'elle colle a la parole. Pour faire
baisser le chômage, baissez les chiffres ou modifiez la définition
du chômeur. Bien sûr, tout le monde s'en rendra compte mais au
moins, vous aurez tenus parole.
Et quand bien même le chômage baisserait réellement, on ne vous
croirait pas de toute façon. Surtout en France, pays où tout va
mal, et tout ira éternellement mal, car ce ne peut pas en être
autrement. Le chômage ne peut pas baisser, tout comme la qualité
de vie ne peut pas augmenter. Toujours cette bonne idée selon
laquelle quoi que l'on fasse, rien n'ira mieux. Antidépresseurs,
toujours...
Au final, et cela devient une constante dans cet ouvrage, il
apparaît que le meilleur moyen de tenir parole est tout simplement
de ne pas parler. Je ne suis même pas sur qu'on vous le reproche.
Quand on ne vous aime pas, le meilleur moyen de survivre est de
passer une existence tranquille est tout simplement de se faire
oublier. Même si vous faites ce que vous dites, vous êtes foutus,
car vous faites quelque chose.
Il paraît que les actes valent plus que les paroles, et on
reproche justement aux politiciens de trop parler. Et si on les
laissait agir ?
24 Ceci montrant qu'ils tiennent en trè s haute estime l'intelligence de leurs concitoyens, ou bien qu'ils sont psycho
rigides, et qu'ils feraient bien, eux aussi, de prendre des anti-dépresseurs.
X. Des secrétaires des princes.
Certains ont a l'annonce du chapitre , je le vois d'ici, une
lumière dans l'oeil, un rythme cardiaque s'accélérant, une poussée
de testostérone et se disent : « ca y'est, ca va enfin parler de
sexe ».
C'est oublier que le terme « secrétaire » ne signifie pas
forcément « potiche qui maîtrise Word et qui fait le café », en
vieux
Français
et
en
actuel
anglais,
il
signifie
aussi
« ministre », ce qui, dans la pratique, revient strictement a la
même chose.
Comme vu plus haut, les démocraties sont des systèmes très
complexes et variées, régit, comme en domaine militaire, par une
« chaîne de commandement ». Néanmoins, ils ont a peu près tous en
commun d'avoir des fonctionnaires inutiles. Ce sont les petits
fonctionnaires, mais aussi les hauts fonctionnaires, dont le
pouvoir décisionnel se limite a la marque de la photocopieuse (et
encore...)
L'organisation politique « moderne » se base sur ce fabuleux
concept qu'est la « séparation des pouvoirs ». En gros, ca veut
dire que le même boulot est fait par plusieurs personnes à la
fois. Le terme technique pour « séparation des pouvoirs » n'est
autre que « division du travail » ou « manufacture d'épingles ».
Maintenant que l'on sait bien a quoi servent ses secrétaires,
toute la confusion du monde moderne consiste à savoir qui est Le
Prince. Dans la version officielle, philosophique du concept
démocratique, il s'agit du peuple qui désigne des gouvernants et
représentants qui travaillent à son service. Certains affirment
cependant qu'une fois élu, ceux-ci font ce qu'ils veulent. Ils
cherchent cependant pour la plupart à se faire réélire tout en
servant l'Etat qui les embauche du mieux qu'ils peuvent. La vérité
est donc : « les deux ».
Les ministres, eux, ne servent pas à grand chose. Ils sont tout
simplement a la tête d'une horde de fonctionnaires, eux-mêmes a la
tête d'une autre horde, et ainsi de suite. Le travail du ministre
consiste a appliquer le programme du chef du gouvernement. Tout
discours impliquant un gouvernement « travaillant ensemble » est
une vaste blague. Le gouvernement obéit.
A quoi sert un gouvernement alors ?
En dehors de l'aspect extrêmement pratique de la chose (il fait
les basses besognes et s'occupe de la paperasse, ce qu'aucun
dirigeant n'aurait envie de faire), il dispose également d'une
utilité plus concrète : prendre les coups.
La théorie et la science politique ont parfois raison, ne soyez
pas choqués. L'un des concepts développés est le rôle de fusible
du premier ministre (ou du ministre tout simplement).
Le principe est simple : chaque action est endossée par le
ministre alors qu'elle n'est pas décidée par lui, ainsi, il
endosse également le blâme si cela se passe mal. Le ministre
s'use, puis saute, comme un fusible. Il suffit alors de le
remplacer et le peuple n'y voit que du feu, tout content d'avoir
une nouvelle tête et d'avoir réussi à se faire un politique, et ce
même si la politique menée par la suite est strictement identique.
L'arme est a double tranchant cependant.
En tant que bon Prince, vous avez tout intérêt à endosser des
actions risquées mais à succès, personnellement. Si vous la
confiez a un de vos ministres, celui-ci risque de voir sa côte de
popularité augmenter, et vous ne voulez pas ça. La popularité
monte vite à la tête des ministres, et ils se prennent vite a
avoir des idées de devenir calife a la place du calife.
Voire pire, ils pourraient se tirer dans les pattes entre eux. Et
chacun de leur tort finirait par éclabousser votre personne et
ternir votre image de seigneur bienveillant.
Finalement, la meilleure attitude a adopter vis a vis des
Ministres (ou secrétaires, qu'importe comment vous les nommez) est
... de ne pas en avoir.
La séparation des pouvoirs a inventé un concept : la bureaucratie.
Certes, il n'est pas nécessaire d'avoir une démocratie pour avoir
une bureaucratie. Ca marche aussi avec les services après vente de
n'importe quel produit.
Bref, plus vous avez de ministres, plus votre chaîne de
commandement
se
rallonge,
plus
la
moindre
mesure
devient
contraignante, lourde administrativement, et plus les chances que
ça capote a cause d'un idiot qui a mal fait son boulot sont
grandes.
Il n'y a pas de petites économies, et mieux vaut faire les choses
soi-mêmes plutôt que de les confier à n'importe qui. Passez donc
au dessus de cette séparation des pouvoirs. Après tout, personne
ne sait trop a quoi elle sert et pourquoi elle est si importante.
Et si vous avez tenus jusque là vous n'êtes pas un démocrate
absolu de toute façon.
XI. Comment on doit fuir les flatteurs.
Un chapitre qui sera beaucoup plus pratique
théorique que les autres). Assez court aussi.
(et
donc
moins
Avez-vous remarqué comme, lorsque vous gagnez au loto, de nombreux
amis se rappellent à vous, y compris ce type qui était en 6ème
avec vous, au fond de la classe, et avec qui vous ne parliez
jamais ?
Certes, probablement pas, puisque si vous étiez riche, vous auriez
probablement des milliards de choses plus intéressantes à faire
que de lire cet essai, même aux toilettes.
Le pouvoir attire le même type de personnes, et vous serez
entourés dans votre palais d'intrigants, de faux amis, de
personnes qui ne vous aiment que parce que vous avez à la fois le
pouvoir de les rendre très riches25 , ou de les envoyer en prison26
, ce qui est tout de même très pratique.
Il est pourtant pratique, quand on est un homme de pouvoir,
d'avoir sa cour, d'être le Roi Soleil autour de quel orbite un
petit univers, et ce pour deux raisons :
•
•
parce que c'est cool
parce que c'est parfois utile
Le pouvoir, c'est quand
n'aurait pas faite sans
groupies, plus vous avez
facteur déterminant. Vous
une personne A fait une action qu'elle
l'intervention de B. Plus vous avez de
de pouvoir, mais ce n'est pas le seul
pouvez aussi avoir des fonctionnaires.27
La cour, les ministres, les groupies, ce sont tout ces méchants
que des personnages comme les ennemis de James Bond, l'Empereur
Palpatine, ou pire, Fantomas, emploient pour embêter les gentils.
Bien sur, vous n'êtes pas obligés d'être un méchant vous même pour
disposer de tels soutiens, mais vous devez bien comprendre
l'impact que cela a sur la population et l'Aura que cela aide a
vous créer. Ca vous rendra également plus populaire auprès des
femmes.28
Il faut donc bien faire attention avant de chercher à « fuir les
flatteurs ». Mais comme vu plus haut, cela peut s'avérer
nécessaire si certaines personnes cherchent à profiter de vous. Il
y a deux façons de gérer ce genre de problème.
25
26
27
28
Par l'intermédiaire d'un emploi fictif ou assimilé
Par l'intermédiaire de Clearstream ou assimilé
Certains diront que c'est la même chose ou assimilé
Et si vous êtes une femme (ou assimilé), vous êtes forcément féministe sinon vous ne liriez pas cet essai, vous en
tirerez donc profit en ayant des dizaines d'homme a vos pieds, ce qui, pour vous, ne sera qu'un juste retour des
choses si l'on prend en compte la longue histoire de l'humanité qui se résume a l'asservissement des femmes par une
bande de mecs qui sont tous des gros beaufs au fond. (Essayez de dire cette phrase 10 fois très vite sans respirer)
Tout d'abord, montez lui une affaire sur le dos. C'est très
facile, rajoutez deux lignes dans un fichier Excel ou bien offrez
lui un appartement ou une voiture de fonction luxueuse, avant
d'organiser une fuite vers le Canard Enchainé. Absolument personne
ne peut résister à ca. S'il essaie, vous pouvez peut-être vous en
sortir en l'ayant a l'usure, avec un peu de chance il empruntera
la même porte de sortie que Beregovoy.
Il existe une autre solution, certes plus pernicieuse mais
beaucoup plus efficace, jouissive, et parfaitement légal si vous
vous
débrouillez
bien29.
Elle
consiste
à
transformer
un
inconvénient en avantage, un boulet en atout.
Car si le flatteur parvient a être ennuyeux et populaire, c'est
tout simplement souvent qu'il a des idées, et qu'il est peut être
bon dans ce qu'il fait, même s'il s'agit d'une véritable ordure.
Il est bon d'avoir ce genre de personnes près de soi, mais
uniquement lorsqu'elles sont a votre service.
Amadouez-le. Offrez lui un poste sympathique, tout en étant ferme
avec lui. Finalement, il verra que son intérêt et de coopérer avec
vous. Vous aurez alors quelques années pour essayer de le
torpiller, que ce soit avec la technique du fusible ou en lui
collant une ou deux affaires sur le dos. Le tout est de l'avoir
près de soi, et d'attendre. Vous commandez, il exécute. Avec un
peu de chance, ca marchera pour de vrai. Mais pas toujours, si
vous vous débrouillez mal, il vous éclipsera...
Tout ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé
est bien sur fortuite.
29 On trouve de nombreux aspirants Princes en DEUG de Droit, mais la plupart se contentent de juste faire ça pour la
sécurité sociale, draguer, et ratent leurs vies de toute façon.
Conclusion : Exhortation a delivrer la france des barbares
Il faut commencer petit.
Notre espèce n'est pas exempte de défauts, nous le savons. Et il
est futile d'espérer tous les résoudre. Alors commençons petits,
commençons par nous mêmes.
Regardons-nous, pour une fois constructivement, le nombril.
On parle souvent des déclinologues. Uniquement pour en dire du
mal, bien sûr. Allons ! Qui sont-ils ces ronchons qui passent leur
temps a se plaindre, critiquer, sans rien proposer (ou pire,
proposer des trucs de DROITE), qui ne voient rien de bon dans leur
bon pays ? Et vous vous dîtes, logiquement, que cet essai en fait
parti.
Et vous avez raison.
Mais les déclinologues ne cherchent pas qu'a se faire de l'argent.
Enfin si, mais pas plus que les autres30 . Souvent le but n'est que
de proposer un électrochoc des mentalités. Je me doute que ce
texte n'y parviendra pas, mais ceux qui me connaissent savent bien
qu'il n'est au fond écrit sans but précis.
En fait si, je n'espère que deux petites choses concernant ceux
qui sont arrives jusqu'au bout de ce texte. Tout d'abord, qu'il
eût été divertissant. La tonalité humoristique de l'ensemble est
tout autant pour moi un exercice de style qu'un test pour savoir
si j'étais capable d'écrire un essai aussi long sur ce sujet, tout
en étant pas ennuyeux. J'espère avoir réussi.
Une autre envie, probablement un vain espoir, est que ce misérable
essai31 constitue sur un ou deux points parmi soulevé quelques
accords, quelques petits débuts de réflexions, ne serait ce que
sur un fil d'un forum internet quelconque, ça serait déjà pas mal
non ? On ne change pas le monde avec un petit texte de 39 pages,
mais si on peut l'amuser tout en le faisant réfléchir un peu !
Et un petit plus, trop prétentieux peut être, ce serait que cela
vous fasse vous tourner vers la littérature politique. Celle de
Machiavel, peut être...
30 Cet essai est 100% bénévole !
31 Que je considère moi même comme du vomi écrit, puisqu'il s'agit de faire ressortir tout ce qui m'irrite du corps
social auquel j'appartiens....