International Meat Secretariat

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1 Newsletter 544 1 September 15, 2014
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1 553 1 avril 2015
SOMMAIRE
Madrid – Naissance de
l’OIV
l
Quels sont les coûts des
nouvelles règles de l’UE
sur l’étiquetage du pays
d’origine ?
l
La crise d’identité du
hamburger
l
Selon une nouvelle
étude, une alimentation
saine pour le cœur
comportant du bœuf
maigre pourrait
contribuer à faire baisser
la tension artérielle
l
Madrid – Naissance de l’OIV
Cet article fait partie du projet Histoire de l’OIV (Newsletters No. 538, 544, 552)
L’Espagne ne faisant pas
partie des grands producteurs
mondiaux de viande bovine,
Madrid semblait peu indiquée
pour constituer le lieu de
naissance de l’organisation
internationale du bœuf. C’est
pourtant dans la capitale
espagnole que l’OIV vit le
jour, né de l’imagination
de l’Espagnol Don José Luis
Paramo Neyra. C’est lui qui
inspira la création de l’Oficina
Permanente Internacional de
la Carne (OPIC), qui devint
plus tard l’Office International
de la Viande (OIV), et en fut
sa première force motrice.
Sa conviction selon laquelle
les producteurs et négociants
de bœuf à travers le monde
devaient collaborer pour
promouvoir et défendre leurs
intérêts mutuels persuada
une poignée d’entre eux,
animés d’un esprit pionnier,
de se rendre à Madrid en
mai 1974 et de mettre en
place cette organisation,
après qu’ils eurent participé
à ce que l’on appelait alors
« The International Meat
Meetings » (Les Rencontres
internationales de la viande).
I.M.S.
5 rue Lespagnol
75020 Paris
FRANCE
Tel:
33 (0)1 44 93 60 20
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Editor: Hsin Huang
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La reproduction, totale
ou partielle, de la
présente publication,
sous quelque forme ou
par quelque procédé
que ce soit, est interdite
sans l’autorisation
préalable de l’OIV.
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Paramo Neyra, dont la
famille possédait des avoirs
dans l’élevage de bovins
et l’industrie de la viande
en Galice, organisa les
Rencontres internationales de
la viande à Madrid du 9 au 11
mai. Cet événement devint
le Congrès fondateur de l’OIV
et est depuis lors considéré
comme le premier Congrès
mondial de la viande de l’OIV.
Il avait pour objectif de créer
une institution internationale
privée qui représenterait
le secteur du bœuf. L’OIV
recouvre aujourd’hui la viande
rouge ainsi que la viande de
mouton et de porc, alors qu’à
l’époque de ses premiers pas
il se consacrait spécifiquement
au bœuf.
Paramo Neyra estimait qu’une
approche internationale
permettrait de régler les
problèmes d’offre et de
rentabilité qui touchaient
l’industrie de la viande.
Le fait que les Rencontres
internationales de la viande
étaient organisées par
l’Association des abattoirs
espagnols, avec le soutien
de l’Union européenne des
abattoirs et le patronage
de l’Union espagnole
des éleveurs, illustrait
l’intérêt commun que
manifestaient les industries
de la viande espagnole et
européenne à l’égard de
l’internationalisation des
problèmes rencontrés par
l’industrie de la viande.
Près de 600 représentants
et 200 accompagnants en
provenance de 44 pays et
cinq continents, ainsi que
des délégations de la FAO et
la Communauté économique
européenne participèrent au
Congrès de Madrid, qui se
tenait au Palais des expositions
et des congrès. L’Argentine,
l’Uruguay, le Mexique, l’Italie,
l’Allemagne et le Royaume-Uni
étaient également largement
représentés parmi les
délégations étrangères.
Préalablement aux Rencontres
internationales de la viande,
Paramo Neyra en fixa les
objectifs, à savoir :
1.Internationaliser sur le plan
conceptuel le thème de la
viande et les questions s’y
rapportant.
2.Mettre en exergue
un ensemble d’idées
techniquement valables
au niveau international
concernant les problèmes
communs de production,
de préparation et
d’approvisionnement de la
viande.
3.Nouer des relations
commerciales et
économiques : échanges
techniques, informations et
collaboration.
4.Promouvoir la coopération
entre les groupements
d’éleveurs, les abattoirs
et les organismes
commerciaux et industriels.
5.Contribuer à la coopération
internationale en
développant le secteur
économique de la viande.
6.Encourager les relations
commerciales
7.Créer l’OPIC
8.Servir de point de départ
aux futurs congrès
internationaux ou
mondiaux.
Lors de son discours
d’inauguration du Congrès, il
souligna les problèmes liés à
l’insuffisance de la production
et à l’impossibilité de
répondre à la demande, ainsi
que la hausse des coûts due
à la faiblesse continue de la
rentabilité.
Le Congrès comportait quatre
séances plénières au cours
desquelles les intervenants
présentaient des rapports sur
des thèmes étroitement liés.
Ces séances étaient suivies de
tables rondes.
1. L’Argentin Alberto de
las Carreras présenta
« Règles du jeu dans le
commerce mondial de la
viande et équité dans les
relations économiques
internationales ».
2. « Directives pour la
libéralisation du commerce
international de la viande
» fut présenté par l’Italien
Elio Ragno.
3. « L’usine idéale de
conditionnement de la
viande » fut évoquée par
le Dr. José Ramon Prieto
Herrero, d’Espagne.
4.Paramo Neyra présenta
« Directives pour le
développement de la production
internationale de viande »,
avec le soutien du Dr. W.T.
Berry des Etats-Unis, le
professeur Aardema des PaysBas et le professeur Bradford du
Royaume-Uni.
Messieurs Berry, Ragno et de
las Carreras furent ensuite élus
successivement présidents de
l’OPIC.
Des tables rondes ayant trait
aux questions liées aux thèmes
évoqués par le Congrès eurent
également lieu. Parmi les sujets
abordés figuraient la viande
comme source d’alimentation, la
production, la commercialisation et
la distribution de viande, l’hygiène
et la technologie et le commerce
international.
Dans son rapport, Paramo Neyra
qualifiait l’insuffisance de l’offre
en viande de « crise mondiale
grave » susceptible de prendre
des proportions catastrophiques
si aucune solution adéquate
n’était trouvée. Il soulignait
que la production mondiale de
protéines issues de la viande rouge
était incapable de répondre à la
demande et qu’elle était, dans
le même temps, peu rentable.
« Une offre insuffisante néanmoins
peu rentable et une demande
non satisfaite assortie de signaux
évidents de sous consommation
et d’excédents occasionnels
constituent la preuve flagrante de
la complexité et de la difficulté des
problèmes dans ce secteur ».
Il indiqua que le secteur pétrolier
devait avoir valeur d’avertissement
pour le secteur de la viande, et
que des mesures devaient été
prises pour éviter la spéculation
sur la viande (article de première
nécessité), et la création de
multinationales qui imposeraient
leur volonté au secteur. Il
préconisait comme solution que
le secteur mondial de la viande
« produise à un taux maximum
et tente de garantir que les
prix payés pour la production,
tout en assurant une rentabilité
suffisante, soient aussi proches
que possible des prix payés par
le consommateur final pour la
production.
Afin de mettre cette philosophie
en pratique, nous devons librement
adopter le principe d’une
économie de marché ouverte où la
concurrence est libre, afin que les
pays bénéficiant de plus grandes
possibilités puissent produire
davantage et, constatant que leur
rentabilité est plus importante,
rendre réalisable l’objectif de
nourrir la population mondiale au
moindre coût et dans les meilleures
conditions possibles ».
A l’issue du Congrès, Paramo Neyra
tira les conclusions suivantes :
lNécessité de règles communes
pour le secteur de la viande qui
seraient internationalement
contraignantes.
lLibre-échange par voie
législative, avec suppression des
barrières administratives.
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lAdaptation et optimisation des
industries de transformation et
de distribution.
lNécessité de produire le plus
possible au moindre coût, la
valeur ajoutée étant générée
dans les centres de production.
lNécessité de considérer la
production céréalière et
fourragère comme un soussecteur au service de l’élevage.
lLe bœuf devrait être complété
par le porc et le mouton.
Optimiser la production de viande,
garantir la rentabilité du secteur,
libéraliser le commerce de la
viande, souligner les avantages
nutritionnels de la viande,
rassembler les producteurs
de viande et les promoteurs
issus d’horizons divers afin de
promouvoir les intérêts du secteur
à l’échelle internationale, affirmer
l’indépendance de l’OPIC à
l’égard des gouvernements : telles
étaient les préoccupations de
Paramo Neyra et de ses confrères
fondateurs. Ils étaient déterminés
à forger une organisation qui serait
ouvertement sectorielle dans son
dévouement à la cause du bœuf,
mais également de la viande
rouge en général, conformément
à ce qu’il ressort clairement des
conclusions du Congrès.
Le prochain article s’intéressera
à la création de l’OPIC, ses
principaux pères fondateurs
et son internationalisation
croissante.
Laurence Wrixon
Quels sont les coûts des nouvelles règles de l’UE sur l’étiquetage du
pays d’origine ?
Les nouvelles règles de l’Union européenne exigeant la mention obligatoire du pays d’origine sur les étiquettes
des viandes de porc, d’agneau, de chèvre et de volaille, qu’elles soient fraîches, réfrigérées ou congelées, bien que
largement accueillies favorablement, suscitent déjà la controverse.
La nouvelle règlementation, entrée
en vigueur le 1er avril, vise à
garantir aux consommateurs qu’ils
ne se trompent pas sur l’origine
ou la provenance des denrées
alimentaires qu’ils achètent.
Selon ces règles, les animaux nés,
élevés et abattus dans le même
Etat membre peuvent bénéficier
de la mention « origine : nom de
l’Etat membre ou du pays tiers ».
Dans d’autres cas, le pays où
l’animal a été élevé et le pays
d’abattage doivent être indiqués sur
l’étiquette.
Il existe une dérogation applicable
à la viande hachée, qui pourra
simplement porter la mention «UE »
ou « hors UE » ou « élevé et abattu
dans les pays membres et non
2
membres de l’UE ».
Telles qu’elles sont actuellement
formulées, les règles prévoient que
le Conseil européen de l’information
sur l’alimentation élargisse
également les règles concernant
l’indication volontaire du pays
d’origine sur l’étiquette, mais les
pratiques actuelles sur l’indication
facultative du pays d’origine
peuvent se poursuivre jusqu’à ce
que les modalités de mise en œuvre
soient convenues.
Les règlementations furent
pratiquement interrompues lorsque
les députés européens se disputèrent
sur la demande d’inscription du
lieu de naissance de l’animal sur
l’étiquette ainsi que le lieu de
l’élevage.
La proposition de la Commission
prévoyant la possibilité d’indiquer
sur l’étiquette du porc qu’il avait été
« élevé » dans un pays de l’UE s’il y
avait passé quatre mois fut rejetée
par le Parlement européen en février.
Les députés européens soutenaient
que les règles sur l’étiquetage
du pays d’origine pour la viande
fraîche, réfrigérée ou congelée de
porc, de mouton, de chèvre et de
volaille devraient s’inspirer de la
réglementation plus stricte déjà en
place pour le bœuf, de manière à ne
pas tromper les consommateurs.
Selon le programme proposé, les
étiquettes devaient uniquement
indiquer le pays d’élevage et
d’abattage. Le porc porterait la
mention « élevé » dans un Etat
membre s’il y avait vécu pendant
simplement quatre mois, ou
seulement un mois dans le cas de la
volaille.
La Commission européenne ne
proposa pas la mention obligatoire
du lieu de naissance, malgré les
demandes renouvelées du Parlement.
Le Conseil d’information sur
l’alimentation a également appelé
la Commission européenne à rédiger
des rapports pour le Parlement
européen et le Conseil européen
sur la faisabilité d’un étiquetage
obligatoire du pays d’origine pour la
viande utilisée comme ingrédient, le
lait, le lait utilisé comme ingrédient
des produits laitiers, les aliments non
transformés, les produits composés
d’un ingrédient unique et les
ingrédients représentant plus de 50
pour cent d’un aliment.
Lorsque la Commission aura étudié
les possibilités et les conséquences
de cet étiquetage, d’autres règles
sur l’étiquetage du pays d’origine
pourront être établies.
La Commission devait publier ces
rapports sur d’autres produits et
ingrédients en décembre de l’année
dernière mais elle a été retardée
et a déclaré que les fabricants
pouvaient indiquer ces informations
volontairement s’ils le souhaitaient.
L’un des principaux sujets de
controverse concernant la mise en
œuvre de nouvelles règles est le
coût pour l’industrie de la viande.
Certains craignent également que le
fait d’être obligé d’indiquer le pays
où l’animal a été élevé et abattu
n’affecte le commerce.
En Amérique du Nord, l’introduction
de l’étiquetage obligatoire du pays
d’origine a provoqué une bataille
commerciale et politique tristement
célèbre entre les Etats-Unis, le
Canada et le Mexique – à tel point
qu’elle s’est retrouvée devant le
groupe d’examen des différends
auprès de l’Organisation mondiale
du commerce. Certains craignent
que le commerce en Europe et entre
les pays tiers et l’UE soit également
touché par ces règlements.
Un document de recherche intitulé
« Analysing the impacts of mandatory
country of origin labelling in EU
pork and poultry sectors on markets,
cost of production and trade »
(Analyser les impacts de l’étiquetage
obligatoire du pays d’origine dans
les secteurs de l’UE du porc et de
la volaille sur les marchés, le coût
de production et le commerce) par
Roel Jongeneel et Willy Baltussen de
l’université de Wageningen aux PaysBas indique que l’impact sur les coûts
varie entre 6 € par tonne et 73 € par
tonne suivant les Etats.
Toutefois, le document établit
par ailleurs que les impacts sur le
commerce net au niveau d’un Etat
membre sont en général limités, à
quelques exceptions près, variant de
0,1 à 10,3 pour cent. Dans le cas du
porc, le commerce net de la France
recule d’environ 1,7 pour cent,
tandis que l’Allemagne affiche une
progression du même pourcentage,
selon le rapport.
Le commerce du porc en Pologne
s’améliore dans la mesure où les
importations nettes chutent de près
de neuf pour cent. Le rapport indique
que la baisse des importations nettes
implique que le secteur local du porc
devra renforcer sa position sur le
marché intérieur.
Le schéma constaté en Pologne
est également valable pour les
autres Etats membres d’Europe
orientale, qui présentent les mêmes
caractéristiques. Les fluctuations
moyennes des prix de production
et de consommation de viande de
porc dans l’UE-27 sont d’environ
-0,4 pour cent et +0,9 pour cent
respectivement.
L’étude en conclut qu’en moyenne,
dans l’UE-27, près de 12 pour cent
des surcoûts de l’étiquetage seront
transmis aux producteurs, tandis que
3
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près de 88 pour cent des surcoûts
incomberont au consommateur.
Une grande partie des coûts du
nouvel étiquetage incombant au
consommateur, certains craignent
que les règlements ne soient pas
favorablement accueillis par le
public. Des recherches effectuées
par Datamonitor Consumer indiquent
que le fait d’adopter une stratégie
visant à valoriser la provenance
locale d’un produit n’accroît pas
toujours l’intérêt des consommateurs
sceptiques.
Selon Tanvi Savara, analyste
Alimentation et Boisson auprès de
Datamonitor Consumer, « l’intérêt
en faveur des revendications locales
ne se traduit pas toujours au niveau
des comportements, en particulier
sur les marchés occidentaux ». A titre
d’exemple, tandis que la moitié des
consommateurs britanniques estime
qu’il est important de choisir des
aliments et des boissons produits
localement, une majorité n’achète
ces produits qu’occasionnellement ou
rarement.
Après le scandale de la viande de
cheval, diverses marques d’aliments
congelés et de plats cuisinés ont mis
en avant la provenance de GrandeBretagne sur les étiquettes ainsi que
l’origine locale des ingrédients, afin
de répondre aux préoccupations
suscitées par la viande importée.
Tanvi Savara a toutefois déclaré que,
contrairement aux idées reçues,
une majorité de consommateurs
n’associe pas produits locaux ou
aliments produits localement à
une plus grande traçabilité. Seuls
neuf pour cent des consommateurs
mondiaux estiment que les produits
locaux bénéficient d’une meilleure
traçabilité tandis que 13 pour cent
considèrent les produits locaux plus
sûrs.
Quasiment quatre consommateurs sur
dix (38 pour cent) déclarent que les
produits locaux sont plus frais, selon
l’étude menée par Datamonitor.
De même, l’étude de Wageningen
montre que si les consommateurs
n’apprécient pas l’étiquetage
du pays d’origine et n’expriment
aucune volonté d’y participer
financièrement, l’étiquetage du pays
d’origine conduira à une « perte de
bien-être sans ambiguïté ».
Le rapport indique que, de manière
générale, les impacts globaux de
l’étiquetage obligatoire du pays
d’origine des viandes de porc et
de volaille non transformées et
préemballées sur la production et les
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Impact de l’étiquetage du pays d’origine
de la viande de porc et de volaille sur
les flux commerciaux dans l’UE
PORC
Pays
VOLAILLE
Pays
Allemagne5 1.60%
France
−1 −0.70%
Espagne
−2
−0.40% Allemagne2 −10.30%
France
−1
−1.70%RU
00.10%
Pologne10
−8.90%
Italie
−1 8.00%
Danemark
−4
−0.30%Pologne 20.40%
Italie6
−0.90%
Espagne 0
0.50%
Pays-Bas
−1
−0.10%Pays-Bas 20.60%
Autres pays Autres pays de l’UE 23
−4.47%
Other EU
2
3.92%
EU27
oo o.oo%
EU27
o o.oo%
Source: Baltussen et al (2013)
(non pondéré)
8. Autre
7. Pays-Bas
6. Espagne
5. Pologne
4. Italie
3. Royaume-Uni
(Source : Roel Jongeneel et Willy Baltussen LEI
Wageningen-UR, La Haye)
2. Allemagne
1. France
(non pondéré)
8. Autre
7. Pays-Bas
6. Italie
5. Danemark
4. Pologne
3. France
2. Espagne
1. Allemagne
Impact en termes de coûts de l’étiquetage du pays d’origine dans l’UE
flux commerciaux nets seront limités, la viande
porcine étant plus touchée que la viande de
volaille. Les différentes incidences en termes
de coûts indiquent toutefois qu’il existe des
répercussions sur la position concurrentielle des
différents pays au sein de l’UE, de même qu’il
existe des preuves que l’étiquetage obligatoire
du pays d’origine intensifiera la concurrence
entre les entreprises touchées différemment au
sein des Etats membres.
Il ajoute que les consommateurs constateront
des avantages non monétaires supplémentaires
s’ils acceptent les surcoûts de l’étiquetage, qui,
pour le porc, pourraient se situer entre deux
et cinq centimes d’euro. Et les producteurs
primaires auront également leur rôle à jouer
et devront accepter de prendre en charge une
partie des surcoûts.
Chris Harris
Rédacteur en chef, 5M Publishing
La crise d’identité du hamburger
McDonald’s accuse un recul en Amérique tandis que les nouvelles chaînes de fast-food « gourmet » sont en pleine croissance.
Le hamburger — celui proposé par
les fast-food en particulier — est
à l’industrie américaine du bœuf
ce que la berline est à l’industrie
automobile mondiale. Il s’agit
du produit le plus basique et le
plus fondamental du secteur, le
fondement sur lequel tout le reste
s’appuie.
Les producteurs et sociétés de
transformation américains de
viande bovine ont beau présenter
leurs produits à coup d’images
alléchantes de steaks épais et
juteux – la Rolls de l’industrie
– c’est le hamburger qui, plus
que tout autre produit, définit le
secteur. Selon un calcul rapide
des analystes de l’industrie, la
moitié de la totalité du bœuf
transformé aux Etats-Unis finit en
viande hachée, la majeure partie
atterrissant sur le marché de la
restauration rapide. (Il est difficile
de trouver des chiffres précis.
L’USDA ne compile plus de telles
informations.)
Mais le burger du fast-food a du
souci à se faire, en particulier le
burger le plus célèbre de tous,
4
le Big Mac vendu par la chaîne
McDonald’s. Comme l’a indiqué
le New York Times début mars, la
société connaît ce que l’on pourrait
appeler une crise d’identité. Selon
le Times, McDonald’s, depuis des
années, « passe de la présentation
de nouveaux produits – Salades !
McMuffins aux œufs ! Pommes
coupées en tranches ! — à la
privation de nostalgie pour ses
produits de base que sont les Big
Macs et les frites.
Son cœur de clientèle continue
de faire la queue au drive-in pour
acheter, sans perdre de temps,
une tasse de café bon marché
et un cornet de frites. Mais la
société tente également de séduire
des clients plus difficiles, qui se
sont reportés vers de nouveaux
concurrents tels que Smashburger
ou Chipotle, lesquels vendent
des ingrédients de qualité et des
aliments adaptés à chacun. »
Un chiffre d’affaires en baisse
Il ne fait aucun doute que
McDonald’s, avec plus de 36.000
restaurants dans le monde, continue
de dominer l’industrie mondiale
de la restauration. Pourtant, en
novembre 2014 et en février de
cette année, la société a affiché
un chiffre d’affaires en baisse de
quatre pour cent, ce qui dans le
secteur de la restauration rapide
est considérable. « Les besoins et
les préférences des consommateurs
ont changé, et les résultats
actuels de McDonald’s illustrent
l’urgente nécessité d’évoluer en
tenant compte des consommateurs
d’aujourd’hui, de redéfinir les
priorités stratégiques et de relancer
la dynamique commerciale, »
a reconnu la société dans un
communiqué de presse.
L’urgence de cette nécessité est
mise en lumière par le fait que
depuis janvier 2013, McDonald’s a
enregistré une croissance de son
chiffre d’affaires sur le marché
américain pendant seulement
sept mois sur 26, et sur trois de
ces sept mois la croissance a été
inférieure à moins de 0,5 %. Fin
janvier, Don Thompson, PDG de
McDonalds et présent depuis 25 ans
dans la société, a été licencié et
remplacé par Steve Easterbrook,
un Britannique alors à la tête de
McDonald’s au Royaume-Uni.
Justin Peters décrit dans le
magazine Slate la difficulté
qu’éprouve McDonald’s à s’adapter
à l’évolution démographique et aux
nouvelles tendances en matière
de hamburgers : « les fast-food
ne s’adressent plus uniquement
aux enfants, aux pauvres ou aux
diabétiques en herbe. Comme le
montre le succès des restaurants
à service rapide tels que Shake
Shack, Five Guys, ou Chipotle, il
existe un marché florissant pour
les restaurants servant le genre de
clients que je me plais à qualifier
de locavores peu regardants : des
gens qui sont plus qu’heureux de
manger des hamburgers en guise
de repas tant que le bœuf haché
est issu d’un élevage durable et ne
contient pas d’hormones. »
Une des premières mesures
d’Easterbrook en tant que PDG de
McDonald’s a été d’annoncer que
d’ici à deux ans le poulet servi
dans ses restaurants serait exempt
d’antibiotiques à usage humain.
Alors qu’il travaillait encore en
Grande-Bretagne, Easterbrook
avait réduit la teneur en sel des
frites de McDonald’s et ajouté
du lait biologique aux menus des
MacDonald’s du Royaume-Uni, afin
de séduire des consommateurs
soucieux de leur santé.
De nouveaux burgers « gourmets »
A peu près au même moment où
Don Thompson quittait son poste
de PDG de McDonad’s, Shake
Shack, une chaîne constituée de 40
magasins fondée par le restaurateur
Danny Meyer et proposant des
hamburgers originaux à partir de
6 USD (le Big Mac classique coûte
3,99 USD en Amérique), offrait
lors de son introduction en Bourse
des titres à 21 USD par action. Le
lendemain, le titre s’échangeait à
50 USD par action, même si Wall
Street s’est légèrement calmé à ce
sujet. Five Guys Burgers and Fries,
autre fournisseur de hamburgers
débutant à 6 USD (les Five Guys
sont les cinq fils du fondateur de la
chaîne, Jerry Murrell) et le préféré
du président Obama, possède
plus de 1.000 restaurants dont un
nouveau à Cardiff au Pays de Galles.
Ces chaînes, ainsi que plusieurs
autres, viennent compléter le
territoire initialement occupé par
In-N-Out Burger en Californie du
Sud, une chaîne devenue culte
constituée de 300 magasins, qui
tend à prouver que les clients
seraient prêts à payer un peu plus
pour s’offrir un hamburger et des
frites coupées à la main ayant
du goût et des repas délicieux et
agréables.
En 1996, McDonald’s essaya de
rejoindre le mouvement du burger,
qui en était alors à ses prémisses.
Son « Arch Deluxe » était une
5
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boulette de bœuf d’un quart de
livre posée sur un pain à base de
fécule de pomme de terre et de
graines de sésame surmonté d’un
disque de bacon au poivre ainsi
que de salade, tomates, fromage,
oignons, ketchup et de la sauce
mayonnaise-moutarde. Le Deluxe
ciblait spécifiquement les adultes.
Mais il connut un échec retentissant
et fut retiré des restaurants
McDonald’s en moins d’un an. Le
problème n’était pas tant la qualité
des produits – l’Arch Deluxe était
de loin le meilleur hamburger
jamais mis en vente par McDonald’s
– que l’état d’esprit des clients de
McDonald’s, qui ne s’étaient jamais
rendus dans un restaurant de la
chaîne dans l’objectif d’y connaître
une belle expérience gustative.
Le cœur de marché de McDonald’s
se compose de personnes qui
souhaitent manger rapidement,
à moindre coût et se sentir vite
rassasiées. Le goût n’a pas grandchose à voir avec tout cela.
Et c’est là que réside le problème
de cette chaîne toute puissante.
Selon le New York Times, « Si M.
Easterbrook tente d’attirer une
clientèle plus aisée soucieuse de son
alimentation, il n’ignore sûrement
pas tous les faux pas déjà commis
par McDonald’s. » Mike Donahue, à
la tête du service communication
de McDonald’s entre 1987 et
2006, souligne que la société a
adopté une quantité ahurissante
de tactiques pour redynamiser son
activité et faire oublier son image
liée à une mauvaise alimentation :
lancement de nouveaux produits,
choix de plats plus sains, prix plus
bas, prix plus élevés, rénovations de
restaurants et transparence accrue,
sans grand résultat.
« Maintenant plus que jamais,
la société se retrouve dans une
situation des plus périlleuse qui
remet en cause sa pertinence
même, » déclare M. Donahue. Il
est bien placé pour le savoir. Il a
quitté McDonald’s pour participer
au lancement de Lyfe Kitchen,
une chaîne de restaurants qui
propose des repas équilibrés et des
ingrédients locaux. »
Par Steve Bjerklie
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Selon une nouvelle étude, une alimentation saine pour le cœur
comportant du bœuf maigre pourrait contribuer à faire baisser la
tension artérielle
Les maladies cardiovasculaires représentent aux Etats-Unis la première cause de décès tant
chez les femmes que chez les hommes.
Plus d’un Américain sur trois,
soit 81,1 millions de personnes,
souffrent d’une maladie cardiaque,
dont l’une des causes les plus
fréquentes est le durcissement
et le rétrécissement des artères
(artériosclérose), ce qui gêne
la circulation sanguine. Il a été
démontré que le modèle alimentaire
DASH (Dietary Approaches to Stop
Hypertension – Approche alimentaire
visant à freiner l’hypertension)
était la « référence absolue » pour
faire baisser la tension artérielle et
réduire les autres facteurs de risque
de maladie cardiovasculaire.
Contrairement aux idées reçues, un
nombre croissant de preuves indique
qu’un régime et un style de vie bons
pour le cœur, avec une présence de
bœuf maigre, même tous les jours,
peuvent diminuer les facteurs de
risque de maladie cardiovasculaire,
notamment les taux de cholestérol
et la tension artérielles élevés.
Plus récemment, un essai clinique
portant sur le régime BOLD (Beef in
an Optimal Lean Diet – le bœuf dans
un régime maigre optimal) conduit
par des chercheurs de l’université
de l’Etat de Pennsylvanie a
démontré les effets bénéfiques
sur la baisse de tension d’un
régime sain pour le cœur riche en
fruits, en légumes et en produits
laitiers à faible teneur en matières
grasses et affichant un taux de
protéines alimentaires accru issu
essentiellement du bœuf maigre.
Tandis que le régime DASH, qui
contient des fruits, des légumes,
des produits laitiers à faible teneur
en matières grasses et des protéines
essentiellement végétales, est
généralement associé à une baisse
de la tension artérielle, cette étude
montre que le bœuf maigre peut
également être considéré comme
une source de protéines majeure
dans un régime qui permettrait de
réduire efficacement la tension
artérielle chez les sujets normo et
hypertendus.
Dans une étude croisée aléatoire,
les chercheurs ont testé, auprès
de 36 participants âgés entre
30 et 65 ans, quatre régimes
différents comportant diverses
quantités de protéines issues de
bœuf maigre. Les participants
ont tous suivi chacun des régimes
à différents moments pendant
la durée de l’étude. Tous les
régimes de type DASH étaient
riches en fruits, en légumes et en
viandes maigres conformément
aux recommandations diététiques
basées sur l’approche alimentaire,
tandis que le régime témoin
contenait moins de protéines et plus
de glucides et de graisses saturées.
Les sujets devaient suivre chacun
des quatre régimes dans un ordre
aléatoire pendant cinq semaines,
avec une pause d’une semaine entre
chaque. La tension artérielle était
mesurée au début et à la fin de
chaque période de régime.
Dans cette dernière étude, le
régime modérément faible en
protéines, qui comprenait 153
grammes de bœuf maigre par
jour, s’est révélé plus efficace
pour réduire la tension systolique
par rapport aux trois régimes
plus pauvres en protéines. Ces
résultats confortent les recherches
précédentes qui indiquaient que la
version du régime DASH au taux de
protéines élevé pouvait provoquer
une baisse de la tension artérielle
chez les sujets hypertendus. La
rigidité artérielle était également
mesurée et seuls les participants
au régime BOLD ont affiché une
baisse significative. Les traitements
diététiques n’ont eu aucun effet
majeur sur la tension diastolique ou
la fonction endothéliale.
Ces résultats laissent entendre
qu’un régime alimentaire bon pour
le cœur et modérément faible en
protéines, comme le régime de type
DASH, comportant du bœuf maigre,
peut avoir des effets positifs sur la
santé vasculaire (tension systolique
et élasticité vasculaire) et que c’est
la quantité de protéines et non le
type de protéines qui compte pour
provoquer la baisse de la tension
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systolique. Aussi semble-t-il que
l’augmentation de la quantité
de protéines alimentaires (ou la
diminution de glucides alimentaires)
conjuguée à un régime riche en
fruits, en légumes, en fibres et en
produits laitiers à faible teneur
en matières grasses, joue un rôle
important dans la réduction de la
tension artérielle systolique.
Dans ce même essai clinique, les
chercheurs ont déjà indiqué que
l’intégration de bœuf maigre (113 à
153 grammes par jour) dans le cadre
d’un régime de type DASH faisait
diminuer le taux de cholestérol
total et de (mauvais) cholestérol
LDL, comme le régime DASH, et
que ces régimes n’avaient aucun
effet sur les taux de glucose ou
d’insuline à jeun. Les mesures
vasculaires représentaient des
paramètres d’évaluation secondaires
dans l’essai clinique. Il s’agit de la
première étude visant à évaluer les
effets d’un régime de type DASH
comportant des quantités accrues
de protéines issues du bœuf maigre
sur la tension artérielle et la santé
vasculaire.
L’essai clinique BOLD a été financé
par le programme « Beef Checkoff ».
Pour obtenir une copie de la
dernière publication de l’Essai
clinique BOLD sur la santé
vasculaire :
http://www.nature.com/jhh/
journal/vaop/ncurrent/full/
jhh201434a.html
Communiqué de presse de
l’Université de l’Etat de
Pennsylvanie :
http://news.psu.edu/
story/320264/2014/07/08/
research/eating-lean-beef-dailycan-help-lower-blood-pressure
Clara Lau, Ph.D., Directrice de
recherche en alimentation humaine
Association nationale des éleveurs
bovins
Membre du Comité sur l’alimentation
et la santé humaine de l’OIV