2015 : Le 40e millésime primeur de Charles Vogel

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2015 : Le 40e millésime primeur de Charles Vogel
2015 : Le 40e millésime primeur
de Charles Vogel
Préambule
Lors de ces dégustations, j’ai eu le bonheur de goûter tout ce que Bordeaux produit de
mieux. Cette première « échographie » m’a permis de déceler les perles qui se
distinguent parmi les appellations phares de Bordeaux.
Chaque château présente en principe des échantillons d’un vin constitué, mais dont
l’élevage peut s’étendre encore jusqu’à plus de 15 mois, voire davantage pour certains
crus.
Depuis plus de 40 ans, je goûte à cette même période les grands Bordeaux en primeur.
De cet exercice répété, j’ai pu acquérir l’expérience de me faire une opinion assez
objective sur le style, la puissance et les trames des vins qui m’autorisent à déceler
l’équilibre et le potentiel futur du vin à moyen et long terme.
Le millésime 2015 s’inscrit incontestablement parmi les très très beaux millésimes, plus
souple, plus raffiné et gourmand, avec une matière cependant presque aussi importante
que 2005 et 2010 dont la concentration est mythique.
Les volumes ont été bons, supérieurs à ces 4 derniers millésimes, mais cela ne veut pas
nécessairement dire une offre plus importante sur le marché des primeurs. Une envie de
porter des stocks se dessine pour de nombreuses propriétés, ceci avec d’autant plus de
certitude lorsque le millésime se révèle une très grande réussite.
La tendance s’orientera donc à la hausse, probablement inégale entre les propriétés
réputées et les autres. Les travaux à la vigne pour dominer les rendements, la recherche
d’une maturité optimale, la rigueur des sélections à la vendange et dans les chais,
conjugués à une météo favorable en 2015, principalement en automne, sont les
ingrédients pour réussir un grand vin.
De grands vins rouges gourmands, j’en ai goûté de nombreux parmi des châteaux moins
réputés. Si nombre de grands crus classés sont des marques de prestige et jouent dans
la cour des « gros prix », j’ai une affection toute particulière pour les « outsiders »,
comme les nomme le critique bordelais Jean-Marc Quarin, et à vous les faire partager si
vous cherchez de grands crus à boire à terme plutôt que l’éventuelle plus-value
financière…
Le « Vin » est un produit de consommation que l’on déguste avec des amis, lors d’un bon
repas, en recherchant des émotions organoleptiques, gastronomiques. C’est ma
philosophie et j’ai envie de la partager avec vous, en vous demandant de nous accorder
votre confiance. Avec l’achat en primeur la livraison n’intervient que deux ans plus tard,
ce qui permet d’acquérir de grands crus rares à des conditions les plus favorables en
raison du préfinancement.
Mes sélections
En deux jours, je n’ai pas pu tout déguster, mais c’est plus de 228 vins rouges, quelque
12 blancs secs et 8 liquoreux que j’ai porté à mon palais. Je ne note jamais les premiers
grands crus classés et n’ai pas pu goûter tous les super-seconds qui souvent sont
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proches des premiers. Je n’ai quasiment jamais été déçu par leur qualité mais leur prix
me laisse très souvent dubitatif ….
Parmi les vins que j’ai dégustés, voici, par région, les vins « outsiders » qui m’ont
interpellé, puis les grands crus classés dans un ordre d’appréciation du top au très bon
dans leur appellation respective. Comme les prix ne sont pas encore connus, Il sera pour
moi le critère de mon choix en fonction de mon budget.
Médoc et Haut Médoc
Outsiders : Clos Manou, Ch. d’Escurac, Ch. Charmail, Ch. Belle-Vue
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. La Lagune, Ch. Tour-Carnet, Ch. Belgrave,
Ch. Cantemerle
St-Estèphe :
Outsiders : Ch. Meyney, Ch.Tronquoy-Lalande, Ch. Les Ormes de Pez, Dame de
Montrose,
Ch. Lilian-Ladouys, Ch. Phélan-Ségur
Crus classés dans l’ordre décroissant: Ch. Montrose, Ch. Lafon-Rochet
Pauillac :
Outsider : Ch. Belgrave
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. Pichon-Baron, Ch. Pichon-Comtesse, Ch.
Lynch-Bages
St-Julien :
Outsiders : Clos du Marquis, Ch. Gloria, Ch. Glana
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. Léoville-Poyferré, Ch. St-Pierre, Ch. LéovilleBarton, Ch. Beychevelle, Ch. Lagrange
Margaux :
Outsiders : Ch. Angludet, Ch. Paveil de Luze, Ch. Tour de Mons, Ch. Labégorce
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. Rauzan-Ségla, Ch. Malescot de St-Exupéry,
Ch. Marquis de Terme, Ch. Cantenac-Brown, Ch. Giscours, Ch. Brane-Cantenac, Ch.
Lascombes, Ch. du Tertre, Ch. Marquis d’Alesme-Becker
Moulis
Le plus réussi : Ch. Poujeaux
Pessac-Léognan :
Mon préféré des outsiders : Cuvée de La House, vin conduit en biodynamie par Ch.
Seguin. Sur le climat de quelque 5 ha de La House, il est composé de 50 % Merlot et 50
% Cabernet-Sauvignon. La particularité unique à ce vin et également à Ch. Haut-Brion
et Mission Haut-Brion dans cette appellation de Pessac-Léognan, est le caractère fumé
apporté par le Cabernet-Sauvignon.
Si vous souhaitez découvrir ce vin d’une grande vinosité et en même temps frais et
élégant, je vous suggère de souscrire déjà le 2014 qui sera livrable dès juin 2016. Sa
structure est proche du 2015, comme j’ai pu les comparer directement au château.
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Un autre outsider : Ch. Le Pape (propriété remise en état depuis 2012 et placée sous la
responsabilité viticole et œnologique du Ch. Haut-Bailly.
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. Smith-Haut-Lafitte, Ch. Pape-Clément, Ch.
Haut-Bailly, Ch. Malartic-Lagravière, Ch. Les Carmes Haut-Brion, Domaine de Chevalier.
Je ne peux me retenir de signaler l’extrême finesse des tanins et la raffinée élégance en
bouche de Ch. Haut-Brion rouge, avec une note un peu plus épicée pour Mission
Haut-Brion rouge, dégustés tous les deux à la propriété à 08.00 du matin le 4 avril…
St-Emilion
Outsiders : Ch. Grand-Pontet, Ch. Berliquet, Ch. Grand Corbin Despagne, Ch. BellefontBelcier, Clos des Jacobins, Ch. Pressac
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. Trolong-Mondot, Ch. Canon, Ch. BeauséjourBécot, Ch. Canon-la Gaffelière, Clos Fourtet, Ch. de Valandraud, Ch. Pavie-Macquin, Ch.
Pavie-Decesse
Pomerol :
Crus classés dans l’ordre décroissant : Ch. La Fleur de Gay, Ch. Bon Pasteur, Ch. FeytitClinet, Clos de l’Eglise, Ch. Rouget
Un vin conduit en biodynamie, harmonieux et élégant avec une trame moyenne est à
mettre en lumière : Ch. Mazeyres
Autres régions :
Ch. Carignan, Bordeaux Cadillac
Ch. Haut de Carles, Fronsac
Ch. D’Aiguihle, Côtes de Castillon
Sauternes
Je n’ai pas été séduit par leurs liqueurs très denses et leur manque d’acidité pour
m’enthousiasmer pour les liquoreux de Sauternes, à l’exception de Ch. Guiraud, conduit
en biodynamie, qui présente par contre et selon moi, tout la modernité vers laquelle tous
les Sauternes devraient s’orienter : des expressions florales de fleurs blanches et une
sensation de fraicheur douce en bouche, séduisante et équilibrée pour être aussi bien un
magnifique vin apéritif que pour accompagner des viandes blanches.
Un vin original a été la Sémillante 2015 de Château Sigalas-Rabaud, issu d’un Sémillon
100%, vinifié en vin sans sucre, avec un éclat floral et une belle ampleur en bouche.
Vins blancs secs de Pessac-Léognan
Le podium des belles réussites est occupé par Ch. Smith-Haut-Lafitte, Ch. Pape-Clément
et Domaine de Chevalier…et ils ne seront pas donnés de par leur faible volume
disponible.
Charles Vogel
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