mediamerica SEPTEMBRE 2013

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mediamerica SEPTEMBRE 2013
Newsletter N°105 – Septembre 2013
#mediamerica
Rencontres franco-canadiennes autour du transmedia
Date: 29/07/2013
Une journée de rencontres entre professionnels français et canadiens a été organisée par le Consulat de France à
Toronto et l’Ambassade de France à Ottawa en partenariat avec le Canadian Film Centre Media Lab pour favoriser
les échanges sur les nouveaux enjeux de création, de production et de financement de ces contenus.
Le transmedia est en train de se construire une audience, des acteurs, un modèle de financement.
Depuis quelques années, les nouveaux outils offerts par la diversification des plateformes, les télévisions connectées
et l’explosion des réseaux sociaux permettent la construction de nouveaux modes de narration et une implication plus
forte du public. Ce changement majeur amené par l’évolution technologique des supports de diffusion a créé de
nouvelles structures de production, mais aussi de nouveaux modèles économiques, de nouvelles formes de création
et un nouveau rapport à l’audience.
Le Canada tout comme la France, avancent très rapidement sur les questions de la création et de la production de
projets transmedia et sont tous deux considérés comme des pays précurseurs, ce qui explique pourquoi la France est
déjà le premier partenaire du Canada sur le développement et la production de ce type de nouveaux contenus.
Echanger et nourrir le débat autour des questions de création, de production et de diffusion des contenus
transmedia.
C’est dans le but d’accompagner et de renforcer ces relations qu’a été organisée cette journée en partenariat avec Le
Media Lab du Canadian Film Centre (CFC). Acteur majeur des nouveaux médias au Canada, à la fois pôle de
formation, de recherche et de production, le CFC Media Lab offre un lieu de réflexion et de création unique aux
développeurs, artistes, et entreprises qui travaillent dans le secteur des médias numériques.
Cette journée a réuni une quinzaine d’acteurs français et canadiens pour échanger sur les questions de la création,
production et diffusion de projets transmedia, les nouveaux outils offerts par la télévision interactive et la construction
de l’engagement du public.
Le premier objectif de ces rencontres était d’échanger et de nourrir le débat autour des questions de création, de
production et de diffusion des contenus transmédia en s’appuyant sur la richesse de la production des deux pays et
sur l’expertise et l’expérience de chacun. Le second objectif était de tisser des liens durables entre les acteurs
français et canadiens de l’audiovisuel : des pistes de collaboration sur des coproductions spécifiques ont d’ailleurs été
évoquées entre producteurs français et canadiens.
La délégation française était notamment composée des producteurs Margot Missika de Upian production, l’une des
sociétés de production de contenu transmedia les plus actives et les plus renommées en France qui était à l’origine
une agence web, de Marc Lustigman de Darjeeling production qui a collaboré avec Arte et France Télévision, ainsi
que de Claire Leproust, en charge du développement numérique chez CAPA TV, l’une des plus importantes sociétés
de production pour la télévision. Etait également présent Wale Oyekanmi, fondateur de Darewin, la première agence
de « social TV » en France qui a notamment travaillé sur le lancement en France de la série The walking dead et qui
s’est chargé de la partie Transmedia de la micro-série Bref de Canal +.
Du côté canadien, des producteurs de projets transmedia majeurs étaient également au rendez-vous : Fergus
Heywood, producteur exécutif des contenus interactifs chez CBC, Veronica Heringer de SomkeBomb, la branche
transmedia de Shaftsbury Films et Josette Normandeau, productrice et fondatrice de Zenith Films, qui travaille
actuellement sur le projet Apocalypse 14-18 en collaboration avec Arte. Mais aussi Marina Mann, consultante en
stratégie numérique, Nathon Gunn, fondateur de Lightninplatform, une agence qui développe des contenus multiplateformes, et Laurent Maisonnave, fondateur de Seevibes qui mesure et valorise l’audience TV.
La première partie de la journée a été consacrée à la présentation de projets par les participants, permettant ainsi de
mettre en lumière les nouvelles façons d’écrire, de produire, de diffuser et de mesurer l’impact de ces nouveaux types
de contenus audiovisuels.
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A l’issue de ces présentations, un panel composé de quatre spécialistes du transmedia a permis de cerner les
nouveaux enjeux de la création et de la production de projets transmedia. Ce panel était composé de la productrice
d’Innovate by Day, Deborah Day , du directeur du numérique au sein de CBC, John Vekar, du producteur Patrick
Crowe de Xenophile Media et de Jonas Diamond , CEO d’Ithentic.
Au-delà des modèles de production, le transmedia bouleverse le rôle et l’identité du producteur.
Les discussions ont permis de mettre en lumière le bouleversement des modèles de production tant lors de la phase
de création que de financement. De nouveaux modes de narration liés à la création des contenus transmedia
apparaissent. D’autre part, de nouveaux modèles de financement sont à inventer, qu’il s’agisse de financement public
à la création et à la production ou des questions des budgets alloués à la partie transmedia des projets. Ces
nouveaux types de contenus bouleversent jusqu’aux structures de production, questionnant notamment la place,
l’inclusion ou l’exclusion des départements numériques au sein des sociétés de production.
Etant donné la nouveauté de ces formats, les producteurs sont encore dans une logique d’expérimentation et doivent
trouver un équilibre financier entre projets expérimentaux et projets rentables. Entre logique d’exploration et logiques
industrielles, financement public et viabilité économique, les productions transmedia cherchent encore leur place.
La production, et après ? Les questions de marketing, de diffusion et d’analyse de l’audience.
Au-delà de la production transmedia, les questions de la diffusion, de la gestion et de l’analyse du public se trouvaient
au cœur des discussions. En passant d’un média diffuseur unique, l’écran de télévision, à une multitude de médias
interactifs, se pose la question de la mesure et de l’analyse de l’audience. Avec la multiplication des plateformes de
diffusion et la diversification des usages, il faut réinventer les outils de mesure d’audience et trouver de nouveaux
moyens d’analyse de l’engagement du public sur ces plateformes interactives. L’accès aux données n’est plus un
problème avec les plateformes connectées, l’enjeu se situe désormais au niveau de l’analyse et de la compréhension
de cette masse de données.
Sarah Arcache
Les sociétés du net présentent des bonnes pratiques pour lutter contre le piratage
Date: 30/07/2013
Google, Microsoft, Yahoo, AOL et 4 autres sociétés du secteur de l’Internet ont dévoilé, mi-juillet, une série de bonnes
pratiques visant à priver de leurs revenus publicitaires les sites proposant du contenu piraté (Lire Best practices
guidelines for ad networks to address piracy and counterfeiting). Ce plan a été développé en collaboration avec
l’Interactive Advertising Bureau (IAB), association à but non lucratif qui représente les entreprises des nouvelles
technologies vendant de la publicité en ligne.
Selon ces bonnes pratiques, quand un ayant droit repèrera une publicité sur un site pirate, il enverra une notification
au réseau publicitaire concerné. Le réseau publicitaire devra ensuite mener une enquête et pourra exiger du site
Internet qu’il cesse de vendre des produits violant la propriété intellectuelle ou décider de retirer ses publicités de ce
site. Le réseau publicitaire prendra également en considération tout élément attestant que les activités du site ne
violent pas la propriété intellectuelle.
Ce nouveau plan met clairement en avant les limites des responsabilités des réseaux publicitaires. En effet, la
responsabilité juridique de ces réseaux n’est pas engagée et ce plan ne les contraint pas à gérer la lutte contre le
piratage en ligne. D’autre part, les sites Internet visés sont ceux s’adonnant exclusivement au piratage et n’ayant pas
d’usage légal significatif.
Lors de l’annonce de ce plan, les sociétés du net ont précisé que les ayants droit étaient les mieux placés pour
identifier toute violation de leur propriété intellectuelle. Sans notification précise de la part des ayants droit, les
réseaux publicitaires disent ne pas avoir la capacité d’identifier et de gérer les infractions.
Les réseaux publicitaires en ligne, et notamment Google, sont souvent critiqués par l’industrie du contenu et les
responsables politiques pour leur laxisme vis-à-vis des sites Internet proposant du contenu pirate. Les créateurs de
contenu et des chercheurs ont souligné à plusieurs reprises la présence de publicités de réseaux comme celui de
Google ou Yahoo sur ces sites (Top 10 des réseaux publicitaires alimentant les sites pirates : Google et Yahoo dans
le peloton de tête, Mediamerica, 11 mars 203).
L’annonce de ce plan fait suite à une intervention, mi-juin, de Victoria Espinel, Intellectual Property Enforcement
Coordinator pour le Président Obama, qui appelait les acteurs du secteur de la publicité, mais aussi les sociétés de
paiement, à prendre des mesures contre le piratage (Lire White House Issues New Plan to Curb Piracy, Variety, 20
juin 2013). La Maison blanche a salué cette initiative.
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Par la voix de son Président, Chris Dodd, la Motion Pictures Association of America (MPAA) a indiqué qu’elle jugeait
ces bonnes pratiques trop frileuses : « Il s’agit d’un petit pas en avant qui n’aborde qu’une faible partie du problème et
place un lourd fardeau sur les épaules des ayants droit ». Parmi les informations que les ayants droit doivent fournir
aux réseaux publicitaires figurent notamment un contact précis pour le site Internet visé. Or, les ayants droit ont déjà
souligné qu’il était compliqué pour eux de fournir ce type d’information, les sites étant souvent hébergés à l’étranger
ou n’ayant pas de contact affiché.
Cary Sherman, CEO de la Recording Industry Association of America (RIAA), a salué cette initiative, en soulignant
cependant qu’elle était limitée face à l’ampleur du problème que représentent le piratage et la contrefaçon sur
Internet. Il a ajouté que la RIAA serait attentive aux résultats obtenus par la mise en application de ces mesures.
Malgré l’accueil frileux de cette annonce par le secteur des contenus, ces bonnes pratiques, et les accords
volontaires en général, représentent une des seules alternatives pour lutter contre le piratage sur Internet dans le
contexte actuel : la présentation au Congrès d’un projet de loi visant à lutter contre le piratage est en effet peu
probable.
White House, ad networks release anti-piracy best practices, Jennifer Martinez, The Hill, 15 juillet 2013
MPAA Scoffs at New Anti-Piracy Plan, de Ted Johnson, Variety, 15 juillet 2013
White House Backs Pirate-Starving Program by Google and Others, de Todd Spangler, Variety, 15 juillet 2013
Géraldine Durand
18,2 millions de dollars dépensés par Google en lobbying en 2012
Date: 23/07/2013
Ces dernières années, Google a fortement étendu son influence dans la capitale américaine, grâce à un important
travail de lobbying. Alors que le président du Comité judiciaire de la Chambre des Représentants, Bob Goodlatte (RVa) vient de lancer une consultation en vue de réformer la loi sur le copyright américain (Lire Le Congrès lance une
vaste réforme de la loi américaine sur le copyright, Mediamerica, 28 mai 2013), il est possible que Google redouble
d’efforts en la matière, comme lors de la présentation du Stop Online Piracy Act (SOPA – Lire La mobilisation de
l’industrie high-tech et des internautes compromet l’avenir des SOPA et PIPA, Mediamerica, 23 janvier 2012).
A l’époque, les sociétés du secteur de l’Internet, menées par Google et Wikipédia, avaient démontré leur capacité à
mobiliser les réseaux de l’Internet, poussant certains lobbyistes du secteur des contenus à s’interroger sur l’existence
d’un « veto Google ».
La société se défend en soulignant que l’industrie des contenus a des liens de longue date avec le Congrès américain
et que sa réaction face à SOPA était justifiée, le projet de loi étant inacceptable selon Google.
Google a dépensé 18,2 millions de dollars en lobbying en 2012, soit le double de ce que la société avait dépensé en
2011 et plus de trois fois les sommes investies en 2010, selon le Center for Responsive Politics (CRP – groupe de
recherche à but non lucratif et non partisan qui étudie les effets du lobbying sur les élections et les politiques
publiques). D’après le CRP, les sociétés de l’informatique et de l’Internet ont dépassé le secteur du cinéma, de la
télévision et de la musique en frais de lobbying en 2012, soit 117,6 millions pour ces derniers, contre 132,7 millions
pour les premiers.
D’autre part, comme pour l’industrie des contenus, la plupart des lobbyistes employés par Google sont d’anciens
membres du Congrès, soit 81% des 122 professionnels que la société a embauchés en 2012.
Sans projet de loi de type SOPA dans l’agenda du Congrès, Google a diminué ses dépenses en lobbying d’un tiers
au premier trimestre 2013 et devrait maintenir ce cap jusqu’à la fin de l’année. Toutefois, il est possible que le projet
de réforme de la loi américaine sur le copyright jette à nouveau de l’huile sur le feu.
Google’s Clout on Capitol Hill Concerns Hollywood, de Ted Johnson, Variety, 15 juillet 2013
Géraldine Durand
Audité par le Sénat, Tom Wheeler donne les grandes lignes de son mandat
Date: 18/07/2013
Alors que son passé de lobbyiste avait suscité des réticences lors de l’annonce de sa nomination par le Président
Obama, l’audition de Tom Wheeler par les sénateurs du Committee on Commerce, Science & Transportation laisse
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présager une confirmation sans grande difficulté. En effet, John D. Rockefeller IV, chairman du comité, a souligné
qu’il soutenait la nomination de Tom Wheeler et qu’il était confiant sur sa confirmation.
L’audition a surtout été l’occasion pour Tom Wheeler d’indiquer quelles seraient ses priorités en tant que chairman de
la FCC. Dans un questionnaire rempli avant l’audition, il avait mentionné trois sujets prioritaires :
1. mener à bien le processus d’enchères inversées pour réallouer certaines fréquences hertziennes
2. conduire la transition vers un réseau de communications tout-IP
3. faire bénéficier toute la société américaine des avancées technologiques
Lors de l’audition, il a avant tout insisté sur les trois principes qui guideraient toutes ses décisions en tant que
chairman :
1. promouvoir la concurrence : il a rappelé qu’il avait été confronté plusieurs fois aux réglementations trop
contraignantes de la FCC lors de sa carrière dans les télécommunications, et qu’il était un défenseur convaincu des
bienfaits de la concurrence.
2. mettre l’avancée technologique au service de l’intérêt général, de la création de valeur pour le public, et protéger
les consommateurs qui en ont le plus besoin. Interrogé sur son passé de lobbyiste pour les grandes entreprises et le
risque qu’il favorise ses anciens clients, il a déclaré que «comme tout au long de (sa) carrière, il défendrait (son) client
avec toute son énergie, et que (son) client serait dorénavant, et uniquement l’ensemble des citoyens américains »
3. assurer un cadre réglementaire aussi prévisible et clair que possible, car selon lui “rien n’est plus préjudiciable à
l’innovation, à la croissance, aux entreprises et aux consommateurs que l’instabilité règlementaire” – ceci à travers un
dialogue permanent entre les autorités, les entreprises et les associations de consommateurs.
Au fil des questions, il également affiché son soutien au droit au déblocage des téléphones portables pour les
consommateurs qui remplissent leur part du contrat vis-à- vis des opérateurs et à une poursuite de l’effort de
démocratisation du haut débit – selon trois points: “extension, expansion et exploitation” – notamment en faveur des
écoles et bibliothèques avec le programme E- rate et dans les zones rurales.
Seuls deux sujets ont été source de tension entre Tom Wheeler et les sénateurs républicains.
Le premier concerne la réglementation des spots publicitaires politiques, et plus précisément la transparence quant
aux groupes et organisations qui les financent. Les Démocrates poussent la FCC à étendre les exigences de
transparence, tandis que le sénateur Ted Cruz (R-TX) a prévenu qu’une telle démarche irait contre la liberté
d’expression et qu’une prise de position de Tom Wheeler constituerait un obstacle à sa confirmation. Comme sur
plusieurs sujets techniques, ce dernier n’a pas apporté de réponse précise et s’est engagé à étudier la question de
manière plus approfondie.
Le deuxième point d’achoppement concerne un article publié par Tom Wheeler en 2011 sur le projet de fusion entre
les deux opérateurs AT&T et T-Mobile. Il avait alors déclaré que la FCC pouvait autoriser la fusion et en profiter pour
imposer une réglementation plus stricte à l’ensemble des acteurs du marché. Face aux Républicains qui considèrent
que le régulateur saisi dans les cas de fusion doit s’en tenir à une décision sur les potentielles conséquences
négatives sur le marché, Tom Wheeler est revenu sur ses propos, a précisé qu’il ne s’agissait alors que de
“spéculations hypothétiques” et a indiqué que le processus de validation d’une fusion était à chaque fois un “cas
spécifique, qui devait être traité spécifiquement selon la loi et la jurisprudence”.
Térence Perrod, Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington
Apple condamné dans l’affaire de fixation du prix du livre numérique
Date: 18/07/2013
La juge fédérale Denis Cote s’est prononcée contre Apple dans l’affaire d’entente pour augmenter les prix des livres
numériques par rapport au standard fixé jusqu’en 2010 par Amazon à 9,99 dollars, avec cinq maisons d’édition. La
juge estime qu’une telle entente n’aurait pas été possible sans “l’orchestration effectuée par Apple”. Elle a notamment
mis en avant des messages électroniques échangés entre l’ancien CEO d’Apple, Steve Jobs, et des dirigeants des
groupes d’édition concernés dans lequel il prône “une entente avec Apple pour créer ensemble un nouveau standard
de marché entre 12,99 dollars et 14,99 dollars pour les livres numériques”.
Le porte-parole d’Apple a indiqué que l’entreprise allait faire appel, qu’elle considère qu’elle “n’a rien fait de mal” mais
qu’elle a au contraire proposé aux consommateurs une alternative face à l’ancien monopole d’Amazon.
Ce jugement portait uniquement sur la culpabilité d’Apple, un autre jugement est donc prévu pour fixer d’éventuelles
sanctions.
Térence Perrod, Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington
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Fusions-acquisitions ambitieuses chez Yahoo et Google
Date: 17/09/2013
Ces derniers mois, les multiples acquisitions de Yahoo, depuis que Marissa Mayer a été embauchée à la tête de la
firme américaine, ont fait grand bruit.
Avant son arrivée, Yahoo était le théâtre de luttes internes et n’avait procédé en 2012 qu’à 2 acquisitions. En
comparaison, Google a procédé à 53 acquisitions en 2012, et 15 en 2013. Google a ainsi révélé avoir déboursé
durant la première moitié de l’année 2013, 1,3 milliard de dollars, dont 966 millions pour Waze. Cette société a créé
une application de navigation GPS gratuite pour téléphone mobile. Parmi les 15 sociétés acquises en 2013, figurent
également Wavii, Makani Power, Channel Intelligence et DNN Research.
Depuis l’arrivée de Marissa Mayer au poste de PDG, Yahoo a opté pour une stratégie agressive de fusionsacquisitions, avec 18 rachats.
Yahoo et Google font la une des journaux pour leur politique d’acquisition, mais la comparaison s’arrête là. Ils ont en
réalité des besoins différents.
Yahoo ces dernières années a souffert d’une mauvaise image, perçue comme « has been », dépassée. Pour
débaucher de nouveaux talents, des jeunes entrepreneurs, pour faire le lien entre Yahoo et la jeune génération, il leur
fallait corriger cette image.
L’exemple du rachat pour 1 milliard de dollars de la plateforme de micro-blogs Tumblr est manifeste : les utilisateurs
en sont majoritairement des jeunes de 15 à 39 ans. Le rachat d’un site comme Tumblr est donc l’occasion pour
Yahoo de devenir « jeune » et plus « cool » à leurs yeux, tout en générant davantage de trafic.
Yahoo risque néanmoins de rencontrer certaines difficultés sur le long terme. A force d’acquérir, il devient de plus en
plus complexe de donner une cohésion d’ensemble à leurs activités, et de bâtir une stratégie commune.
Google qui a mis des années avant de parvenir à une certaine cohésion dans l’offre de ses produits et services, est
aujourd’hui décidé à devenir un empire de la base de données, en donnant aux utilisateurs les moyens de
communiquer en temps réel, et en leur proposant des outils de recherche et de navigation comme Google Maps, et
maintenant, Waze.
Yahoo And Google Are Both Spending Big Money On Acquisition Sprees And What That Says About Their Futures,
de Rip Empson, Techcrunch, 29 juillet 2013
Myriam Laville
6ème édition du festival de cinéma français en plein air Films on the Green à New York (7 juin – 5 sept 2013)
Date: 12/09/2013
Pour la 6ème année consécutive, le festival Films on the Green, organisé par le Service Culturel de l’Ambassade de
France avec le Département des parcs de New York, a proposé pendant l’été 10 films français projetés gratuitement
dans les parcs de la ville. Au total, plus de 4000 personnes sont venues assister aux projections.
1. Un festival en expansion : 10 projections dans 6 parcs de Manhattan et Brooklyn
Fort du succès populaire du festival, le Service Culturel de l’Ambassade de France a décidé, avec le soutien du
Département des parcs de la ville de New York, de donner une plus grande envergure à l’édition 2013 en ajoutant un
nouveau lieu de projection dans le quartier de Greenpoint-Williamsburg à Brooklyn.
10 projections (contre 8 l’an passé) ont donc été organisées dans 6 lieux de la ville : Central Park, Washington
Square Park, Tompkins Square Park, Riverside Park, la cour centrale de Columbia University à Manhattan et
Transmitter Park à Brooklyn.
La programmation proposait une introduction à “l’amour à la française” avec 10 films classiques et récents : “French
Cancan” de Jean Renoir, “Nous ne vieillirons pas ensemble” de Maurice Pialat, “Les Roseaux sauvages” de André
Téchiné, “L’Arnacœur” de Pascal Chaumeil, et des films non-distribués aux Etats-Unis : “L’Art d’aimer” de Emmanuel
Mouret, “Conte d’été” de Eric Rohmer, “Marius et Jeannette” de Robert Guédiguian, “U” de Grégoire Solotareff et
Serge Elissalde et “Angèle et Tony” de Alix Delaporte. En raison de mauvaises conditions météorologiques, la
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projection de “La Sirène du Mississippi” de François Truffaut a dû être annulée. Les DJ de la radio étudiante de New
York University, WNYU, se sont produits avant chaque projection.
2. Communication et réseaux sociaux
En sus d’une bonne couverture presse (New York Times, Time Out New York, New York Post, Metro NY ou encore
New York Daily News), le festival Films on the Green a bénéficié d’une très bonne visibilité sur Internet.
Pour promouvoir l’événement, le Service Culturel de l’Ambassade de France a opté pour une stratégie de
communication “print” (200 cartes postales, plus de 8000 brochures distribués, bannière sur la 5ème avenue, etc.) et
sur Internet via les sites et lettres électroniques du Service Culturel, du Département des parcs et des différents
partenaires. Le site officiel de New York, nycgo.com, ou encore le magazine en ligne guestofaguest.com ont relayé,
également sur leurs newsletters et réseaux sociaux, les nombreuses projections de l’été.
Par ailleurs, l’accent a été mis cette année sur la création et l’animation d’une communauté autour du festival sur les
réseaux sociaux.
La page Facebook du Festival, créée en 2011, compte désormais plus de 1880 fans. Elle permet de dynamiser la
communication autour du festival et surtout d’interagir avec les internautes. Il est intéressant de noter que sur ce total
de “fans” : 73 % sont des femmes et la majorité a entre 18 et 34 ans.
Le réseau social Instagram a permis de capter le public lors des projections. Grâce à la mise en place du hashtag
#filmsonthegreen, 152 photos et vidéos ont été mises en ligne par les internautes sur Instagram pendant l’été.
A noter la première déclinaison de “Films on the Green” en dehors de New York : le Service culturel du Consulat de
France de Boston a lancé cette année l’opération “Films on the Green @ MIT” sur le campus de l’université de MIT en
lien avec plusieurs partenaires universitaires et sponsors (3 projections du 13 au 16 septembre 2013).
Nathalie Charles
Succès du Festival du Film français de La Nouvelle-Orléans (2-8 août 2013)
Date: 12/09/2013
Le 16ème Festival du Film Français de La Nouvelle Orléans s’est déroulé du 2 au 8 août au cinéma du Garden
District, le Prytania Theater. Organisé depuis sa création par New Orleans Film Society (NOFS) avec le soutien
du Consulat de France à La Nouvelle-Orléans, les 11 films présentés ont remporté un vif intérêt du public. Etaient à
l’affiche, en particulier :
“Augustine” d’Alice Winocour
“Les Saveurs du Palais” de Christian Vincent
“Populaire” de Régis Roinsard
“Dans la maison” de François Ozon
“Laurence Anyways” de Xavier Dolan
“Renoir” de Gilles Bourdos
“Après mai” d’Olivier Assayas
“Vous n’avez encore rien vu” d’Alain Resnais
La passion pour les films français du directeur artistique de NOFS, John Desplas, permet chaque année à un public
varié et enthousiaste, de découvrir une sélection toujours récente, riche et diversifiée.
Le festival propose chaque fois aussi un grand classique français. Cette année une rétrospective de Jacques Demy
présentait les films “Lola”, “La baie des anges” et “Les parapluies de Cherbourg”.
Pour la deuxième année consécutive et grâce aussi à une subvention du New Orleans Heritage Foundation, des
musiciens francophones locaux ont joué 30 minutes de musique française avant la projection. Le public, comme l’an
passé, est toujours agréablement surpris de cet accueil musical contribuant à faire de la séance de cinéma un
moment culturel particulier honorant la culture française.
Sur les 5 jours de projections, toutes les séances en fin de journée ont fait salle comble. Ce sont environ près de
4500 cinéphiles de tous âges qui se sont ainsi déplacés cette année pour le Festival du Film français de La NouvelleOrléans, un public encore en augmentation par rapport aux éditions 2011 et 2012 déjà très suivies.
Béatrice Germaine
Festival International du film de Toronto – un marché qui s’organise.
Date: 11/09/2013
Souvent qualifié de tremplin vers les Oscars, le TIFF (Toronto International Film Festival) a cette année encore
présenté une abondante sélection de films français accompagnée d’une délégation nombreuse grâce à l’action
d’Unifrance. 34 productions et co-productions françaises ont ainsi fait partie de l’édition 2013.
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Il s’agit aussi pour les professionnels du cinéma d’un rendez-vous incontournable. En effet le festival, même sans
marché institutionnalisé, reste l’un des principaux lieux de ventes internationales et représente une très bonne rampe
de lancement pour le marché nord-américain et anglophone en général.
Parmi les films français les plus attendus, “La Vie d’Adèle”, Palme d’or à Cannes, a été projeté en présence de
l’équipe du film lors de la première soirée du festival – le film, déjà acquis par Mongrel/Metropole sortira à l’automne
au Canada. Quelques autres grands noms du cinéma français ont vu leur films présentés en première mondiale à
Toronto : “Quai d’Orsay” de Bertrand Tavernier, “L’amour est un crime parfait” des frères Larrieu, “Violette” de Martin
Provost, ou encore “Abus de faiblesse” de Catherine Breillat.
Depuis quelques années le TIFF cherche à développer la partie professionnelle de son programme, qui a été
structurée cette année avec une thématique par jour, sur des sujets allant de la production au transmedia en passant
par une journée consacrée au documentaire. L’Asian Film Summit proposait une journée consacrée uniquement au
marché asiatique afin d’approfondir et de faciliter les collaborations avec cette région du monde. Une façon pour le
festival de se positionner comme un lieu privilégié de rencontre avec les grands noms du cinéma et de l’audiovisuel
du marché asiatique. Pari réussi pour cette année.
Parmi les intervenants, Denis Friedman, producteur français de longs métrages fiction et animation (dont 3 projets en
coproduction avec le canada), invité par les services culturels français au Canada, a participé aux discussions
concernant l’animation lors de l’Asian Film Summit ainsi qu’au panel sur la relation producteur distributeur lors de la
journée consacrée à la distribution. Les nouvelles plateformes de distribution et notamment la vidéo à la demande ont
fait l’objet de plusieurs panels, Amandine Durr, Premium offer manager chez Dailymotion, également invitée par les
services culturels, a présenté les nouvelles offres du groupe français au sein du panel “New tools of Direct
Distribution“.
Un très beau succès pour ces programmations qui ont fait salle comble à chaque présentation et qui offrent, avec
Producers Lab et l’International Financing Forum une programmation professionnelle de qualité sur les thématiques
attendues et de belles occasions de réseautage.
Le film “12 years a slave” de Steve McQueen a remporté cette année le prix du public. Le festival a en effet la
particularité de ne pas avoir de compétition internationale, mais un prix réservé à ses festivaliers, ce qui permet au
film de se lancer dans la course aux oscars avec une longueur d’avance : Ainsi, les 35 derniers “People’s Choice
Award” du Festival de Toronto ont représenté 113 nominations aux Oscars, dont 11 dans la catégorie meilleur film.
Sarah Arcache
Trop de blockbusters cet été ?
Date: 01/08/2013
La stratégie de tentpoles, ces films évènements à gros budgets bénéficiant d’importantes campagnes publicitaires et
destinés à des sorties mondiales dans plusieurs milliers de salles, semble, d’après Variety, atteindre ses limites.
En cause, une saison estivale surchargée de blockbusters, sortant à peu près tous au même moment. Résultat, “After
Earth” et “White House Down” (Sony), “Lone Ranger, Naissance d’un héros” (Disney), “Pacific Rim” (Warner
Bros./Legendary), “R.I.P.D. Brigade Fantôme” (Universal) sont des flops face au succès attendus d’“Iron Man 3”
(Disney), “Man of Steel” (Warner) et “Moi, moche et méchant 2” (Universal).
Ce n’est d’ailleurs pas la première année où de tels échecs successifs apparaissent. Déjà en 2011, “Le casse de
Central Park”, “Les Immortels”, “Jack et Julie” et « Happy Feet 2 » n’avaient pas rencontré le succès attendu.
Ce constat vient faire écho aux propos de Steven Spielberg et George Lucas lors d’une conférence à laquelle ils ont
participé à l’école de cinéma de l’Université de Californie du Sud (USC) en juin dernier. Ceux-là mêmes qui sont à
l’origine de l’existence du concept de ces films événements, avec ”Les Dents de la Mer” (1975) et “Star Wars” (1977),
critiquent désormais le choix des studios à vouloir investir dans un seul film à 250 millions de dollars plutôt que dans
plusieurs projets originaux et personnels.
Les studios dépensent régulièrement plus de 400 millions de dollars pour produire, distribuer et promouvoir ces “films
événements”. D’après le cabinet américain Cowen and Co’s, les trois quarts des recettes du Box-Office américain
viennent des 12 plus gros succès de l’année. Bien que les revenus à l’international ne cessent de progresser, et
représentent aujourd’hui 70% du box-office global, le marché nord-américain a peu évolué au cours des dix dernières
années.
Le journaliste de Variety se demande ainsi si le marché international, en particulier l’Asie et l’Amérique Latine,
augmentera suffisamment pour amortir la surabondance des blockbusters, toujours plus nombreux chaque année.
Par ailleurs, la revue américaine fait remarquer que certaines prévisions pessimistes sur les sorties de certains
tentpoles se sont avérées exactes. Un rapport publié en mai dernier par Cowen and Co’s annonçait l’échec de cinq
films d’action et d’aventures cet été : “Lone Ranger”, “White House Down”, “World War Z “, “After Earth” et “R.I.P.D.”.
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Sur ces cinq, seul “World War Z” a déjoué les pronostics. A noter également que “World War Z” est le seul
blockbuster de l’été à être un film original, soit un long-métrage à gros budget qui ne soit ni un sequel, prequel,
remake ou reboot.
Malgré ces échecs retentissants la situation ne risque pas de changer dans les années qui viennent. En effet pour
l’été 2015, le line-up des studios comptera autant, si ce n’est plus, de films et de suites venant s’affronter dans les
salles à coup de gros budgets. Sont attendus “Avengers 2, “Star Wars Episode VII” et “Pirates des Caraïbes 5
(Disney), “Independance Day 2 (Fox), “Les Schtroumpfs 3 (Sony), ou encore “Terminator 5 (Paramount).
L’avocat spécialisé dans le divertissement Fred Bernstein, également ancien président de Columbia Pictures (19941997), craint dès lors que les spectateurs se lassent de cette surenchère. D’après Rob Moore, Vice Chairman de
Paramount, il faudrait réévaluer le calendrier pour mieux répartir les sorties sur le reste de l’année.
Certains studios favorisent par exemple le printemps pour éviter la concurrence estivale (“Alice au Pays des
Merveilles” en 2010 ou “Hunger Games” en 2012). Certains observateurs pensent que ce phénomène va se
poursuivre. Mais cet étalage des sorties dans l’année est limité, car certaines périodes semblent peu propices aux
blockbusters (janvier/février et septembre/octobre).
Piedmont Media Research, centre américain d’analyse du box-office américain, a commencé à travailler sur un
moyen d’évaluer le potentiel d’un film auprès du public. Ils avaient par exemple prédit, cinq mois avant sa sortie, que
“R.I.P.D.” serait un des plus gros échecs de l’été. Car d’après leur système mis en place, celui-ci n’avait récolté que
137 points, alors qu’un film, pour espérer être rentable, devrait atteindre au moins le score de 250. Et effectivement,
pour son premier week-end en juillet, le film n’a récolté que 12.7 millions de dollars dans les salles américaines.
Why Studios Must End Their Mega-Budget Obsession, de A. Stewart, Variety, 22 juillet 2013
Joachim Gautier
Paramount lance une division destinée à l’acquisition de films indépendants
Date: 01/08/2013
La Paramount a annoncé fin juillet la nomination de Syrinthia Studer au poste de Senior Vice President du marketing
et des acquisitions pour Paramount Home Media Distribution. Elle supervisera notamment une nouvelle division
chargée d’acquérir et de distribuer des films indépendants issus du circuit des festivals.
La Paramount a par ailleurs recruté l’ancien directeur des acquisitions d’IFC Films, Jeff Deutchman, comme Directeur
des acquisitions de ce nouveau département. Jeff Deutchman et une petite équipe au sein de la division Home Media
seront en charge de la stratégie de la compagnie visant à développer ses activités dans le secteur des films
indépendants.
Bien que Paramount ait occasionnellement acquis des films à budget restreint ces dernières années, le studio n’a pas
pour autant maintenu une équipe spécifiquement dédiée à leur acquisition et à leur distribution depuis la suppression
de Paramount Vantage en 2008.
Ce nouveau département, qui n’a pour l’instant pas de nom, se focalisera sur l’acquisition de films au sein des
principaux festivals de cinéma et sur le développement de partenariats avec d’autres distributeurs pour la mise en
place de sorties simultanées en salles et en VOD (On day and date releases).
Par ailleurs, la compagnie a déjà commencé à travailler sur la sortie de plusieurs films, dont deux ont été présentés
en avant première à Sundance en janvier. Le drame familial provocateur « Adore » [précédemment intitulé : Two
Mothers], mettant en scène Naomi Watts, sera proposé en VOD le 6 septembre 2013, en même temps que sa sortie
en salle par Exclusive Releasing. De même, Paramount Home Media Distribution travaille sur la sortie de la comédie
dramatique, « A.C.O.D. », avec l’acteur Adam Scott. Le film sera distribué en salles fin 2013 par Film Arcade, tandis
que Paramount sera en charge de la partie home video, des ventes aux télévisions et des droits numériques pour les
Etats-Unis. La compagnie travaille également sur la comédie horrifique indépendante « Ghost Team One ».
Mises bout à bout, ces acquisitions récentes soulignent les efforts du studio pour se positionner dans le domaine du
film indépendant. Au cours des festivals, Paramount traquera les titres qu’il pourra sortir sur les marchés annexes en
collaboration avec les partenaires de l’industrie cinématographique.
Paramount Launches Division For Acquiring Indie Films, Hires IFC’s Jeff Deutchman As Director of Acquisitions, de
Eric Kohn, Indiewire, 30 juillet 2013
Myriam LAVILLE
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CBS, Time Warner Cable et la métamorphose de la télévision
Date: 17/09/2013
Jusque dans les années 80, la télévision américaine était dominée par CBS, NBC et ABC, Networks hertziens si
puissants qu’ils étaient connus comme « the Big Three ». Puis une nouvelle technologie est arrivée, offrant aux
téléspectateurs un éventail de choix bien plus large et chamboulant tout à fait la façon dont les gens regardaient la
télévision. Son nom : le câble.
En 1991, lorsque l’écrivain, journaliste et critique du New Yorker, Ken Auletta, publie son livre « Three Blind Mice:
How the TV Networks Lost Their Way, » (Trois souris aveugles : comment les Networks se sont perdus) il apparaît
clairement que la télévision hertzienne a très longtemps ignoré la menace du câble. En 1976, le foyer moyen avait
sept chaînes ; en 1991, il en avait 33. Alors que les téléspectateurs se dispersent, ayant le choix entre un nombre de
plus en plus grand de chaînes du câble, l’audience des Big Three baisse.
A la différence du câble, qui bénéficie de revenus publicitaires et de ressources provenant des abonnements payants,
les chaînes hertziennes ne sont financées que par la publicité. En 1992, le Congrès fait donc passer le Cable Act, afin
d’offrir une seconde source de revenus aux chaînes locales, dont la majorité étaient détenues ou affiliées à des
Networks. Pour s’assurer qu’elles soient retransmises sur le câble et qu’elles continuent de produire des informations
et autres programmes d’intérêt général, le Congrès les a autorisées à facturer aux câblo-opérateurs, comme Time
Warner Cable et Comcast, un montant au titre du « retransmission consent » (Accord de retransmission) pour diffuser
le contenu hertzien. Rapidement, les Networks comme CBS, NBC, ABC ou Fox ont « pris en otage » l’essentiel de
cette ressource, affirmant que puisque leur programmation composait une large part de l’audience de ces chaînes
locales, ils méritaient une compensation. Ils se sont alors mis à réclamer à leurs stations une compensation pour
pouvoir diffuser leurs programmes.
C’est en apparence à cause de l’affrontement au sujet de la valeur de ces frais de retransmission que plus de trois
millions d’abonnés de Time Warner Cable de New York, Los Angeles et Dallas, n’ont pas pu regarder CBS ou
Showtime (propriété de CBS) ces deux dernières semaines. CBS insiste sur le fait qu’en tant que network de premier
plan, il mériterait de percevoir un montant deux fois plus important. A cela, Time Warner Câble répond que s’il cédait
à CBS, il devrait également s’incliner devant tous les autres networks à expiration de leurs contrats, le forçant à
augmenter la facture mensuelle – déjà exorbitante – des abonnés. Au jour d’aujourd’hui, les frais de retransmission
ont grimpé jusqu’à 3 milliards de dollars par an, selon Richard Greenfield, analyste des médias à BTIG Research.
Nous ne sommes cependant pas en train d’assister aux mouvements calculés de deux joueurs d’échecs experts,
mais plutôt à ceux de deux joueurs vieillissants ayant peur d’être interrompus. Il y a trente ans, le monde traditionnel
de la télévision était pris de court par le câble. Aujourd’hui les opérateurs du câble et de la télévision traditionnelle
sont tous les deux pris par surprise par une nouvelle vague de technologies.
La liste de ces technologies est longue. De nos jours, vous pouvez vous abonner à deux offres satellite, DirectTV or
Dish Network, vous pouvez recevoir la télévision via une connexion rapide à Internet grâce au FiOS de Verizon et
AT&T, vous pouvez télécharger ou regarder en ligne (streaming) beaucoup de programmes télévisés ou films via
Netflix, YouTube, Hulu, Apple ou Amazon, vous pouvez suivre des émissions sur une console de jeux vidéo, vous
pouvez vous connecter au Chromecast de Google, un petit dispositif qui vous permet de projeter sur votre téléviseur
des contenus d’autres supports.
Il y a aussi les DVR et Tivos, qui permettent au téléspectateur d’enregistrer des émissions puis de passer les
publicités. Le propriétaire de Dish Network, Charles Ergen, a également présenté l’Hopper, un DVR (digital video
recorder) qui n’enregistre délibérément pas les publicités (les Networks ont d’ailleurs trainés Ergen devant la cour
fédérale mais, jusqu’à présent, 2 tribunaux ont refusé de bloquer le service).
Vous pouvez même regarder les programmes de la télévision hertzienne sur Aereo, une nouvelle technologie qui
récupère les signaux des chaînes et, grâce à Internet, les diffuse dans les foyers pour 8 dollars par mois.
Toutes ces possibilités ont modifié la façon dont les jeunes – l’audience du futur – regardent la télévision. Une étude
de 2010 de la Kaiser Family Foundation conclut qu’en 2009 les 8 – 18 ans ont passé en moyenne deux heures et
trente-neuf minutes par jour à regarder la télévision contre plus de trois heures en 2004. La télé traditionnelle a été
remplacée par les DVD, vidéos à la demande et programmes regardés sur des écrans d’ordinateurs, de téléphones
portables, parmi tant d’autres plateformes…
Tout ceci est alarmant aussi bien pour les fournisseurs du câble que pour les Networks qui ont agi trop longtemps en
considérant que leur « business model » était quasiment inattaquable.
L’industrie du câble, de son côté, a gagné beaucoup d’argent au court des derniers vingt-cinq ans. Comme le dit
Jason Hischhorn, ancien cadre chez MTV et entrepreneur : « MTV a eu des marges de profit dignes de cartels de
drogue ».
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Mais à présent les clients du câble, inquiets, s’irritent de la facture moyenne de 70 dollars par mois n’incluant pas de
connexion à l’Internet haut débit. La facture du câble a augmenté de plus de 6 % en 2012 selon la Federal
Communications Commission, et des frais de retransmission plus élevés pourraient inciter les compagnies à
augmenter davantage leurs tarifs. Pendant ce temps, les cadres de Time Warner Cable constatent que le nombre
d’abonnés commence à baisser tandis que leurs clients vont chercher leurs contenus ailleurs.
Les propriétaires du câble sont si inquiets à l’idée de perdre leur avantage en tant que plateforme de distribution que
certains pensent qu’ils devraient tenter de reprendre le dessus en fusionnant. D’autres répondent qu’ils devraient
s’éloigner des Networks et se concentrer plutôt sur la vente d’abonnements Internet haut débit. Les fournisseurs du
câble commencent déjà à proposer des tarifs échelonnés, facturant davantage les clients qui utilisent plus de
données. Mais ces idées n’en sont encore qu’à leurs balbutiements et ne se sont pas montrées suffisamment
efficaces pour contrecarrer la menace qui pèse sur eux.
Les Networks sont aussi mis au défi. Pendant des années, ils ont bénéficié d’une source intarissable d’argent grâce
aux accords de retransmissions, et les publicitaires étaient prêts à payer plus pour trente secondes de spot
publicitaire même lorsque l’audience des networks diminuait. Pourquoi ? Parce que les networks continuaient de
rassembler une audience massive. Les Networks et leurs maisons mères captaient d’autres revenus comme ceux
d’ESPN Disney pour ABC, ceux de Showtime pour CBS, ceux de CNBC pour NBC et ceux de Fox News pour Fox.
Aujourd’hui, les Networks comme CBS trouvent une source de réconfort dans le fait de pouvoir vendre des
rediffusions de leurs programmes non seulement aux chaînes du câble et stations locales, mais aussi aux
plateformes numériques comme Netflix, Amazon, Apple et Google. Toutefois, les revenus provenant de ces nouvelles
plateformes n’arrivent pas à la cheville des « syndications fees » (frais de syndicats) autrefois payés par les stations
locales et chaînes du câble. De plus, ces nouvelles plateformes ont une relation ambigüe avec les networks –
associés un jour et concurrent le suivant, – tandis qu’elles commencent à produire leurs propres programmes. Et
comme les networks vendent plus à ces plateformes numériques, les compagnies du câble protestent davantage,
arguant du fait qu’elles payent des sommes importantes pour l’exclusivité de programmes qui ne sont plus exclusifs.
Les networks ont annoncé qu’ils cesseront d’émettre par voie hertzienne (et se transformeront eux-mêmes en câblo
opérateurs, capables de toucher aussi bien des abonnements que des publicités) si les fournisseurs du câble refusent
d’augmenter les frais de retransmissions. Mais le Congrès, qui leur a alloué les fréquences, ne semble pas prêt à les
laisser abandonner le modèle de la télévision gratuite. Et le public ne l’est pas davantage, habitué qu’il est depuis
longtemps à recevoir ces programmes gratuitement. « Si c’était si facile, les sociétés de diffusion l’auraient déjà fait »,
précise l’analyste Richard Greenfield.
Tout compte fait, le défi de l’industrie télévisuelle se résume à faire un choix, comme celui fait il y a de cela trente ans.
Aujourd’hui, une maison connectée à Internet et au câble a des milliers de choix. Armés de leur télécommande et
d’une souris ou d’un écran tactile, les consommateurs peuvent sélectionner ce qu’ils veulent regarder, quand ils
veulent le regarder et sur quel appareil.
Il y a quelques semaines, une publicité pleine page du Network titrait : « Ce n’est pas juste. Time Warner Cable ne
vous laissera à nouveau pas voir un match des Jets ce week-end ». Avec la saison de football américain sur le point
de reprendre, Jason Hirschhorn notait : « Il y aura des émeutes si la N.F.L. n’est pas sur CBS. » Mais peu importe à
quel moment CBS réapparait sur les écrans des abonnés à Time Warner Cable, les questions de fond qui se posent
aujourd’hui aux diffuseurs de chaînes de télévision demeurent, et le secteur devrait connaître d’autres
bouleversements.
CBS, Time Warner Cable, and the Disruption of TV, de Ken Auletta, The New Yorker, 19 août 2013
Pour en savoir plus : Les Networks américains en perte de vitesse, Mediamerica, 18 juin 2013
Myriam LAVILLE
Le succès de l’animation française aux Etats-Unis
Date: 17/09/2013
Avec l’écrasant triomphe au box-office de “Moi, Moche et Méchant” et de sa suite “Moi, Moche et Méchant 2,
l’industrie de l’animation française n’a jamais été aussi attractive pour les studios américains et les networks qui
veulent s’y approvisionner en profitant des talents et avantages fiscaux français.
C’est sur ce marché dynamique qu’intervient le Rendez-vous de TV France International à Biarritz, organisé par
Mathieu Bejot. L’événement annuel met en vedette un large éventail de projets de séries animées originales ou
issues de franchises, développés par les plus importants producteurs français en collaboration avec des partenaires
américains.
Voici quelques unes des initiatives majeures :
- Gaumont animation a acheté à DreamWorks Classics les droits de la franchise de “Oui-Oui”, crée par l’anglais Enid
Blyton (1949), et développe une série sur le pantin pour France Télévisions.
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- La compagnie de production de Kidvid, Genao, propriété de Lagardère, produit “Les Chipmunks et Chipettes”,
d’après “Alvin et les Chipminks”, et “les Chroniques de Xiaolin” d’après “Xiaolin Showdown”, en co-production avec
les détenteurs de droits américains correspondants : Ross et Janice Bagdasarian chez Bagdasarian Prods. et le
créateur de “Xiaolin Showdown”, Christy Hui chez ActionFliks.
- Marathon Media, propriété de Zodiak à l’origine de “Totally Spies” et “Gormiti”, produit pour Nickelodeon aux ÉtatsUnis et Gulli en France “Blake et les aliens” ; une comédie sur un garçon de 12 ans pourchassé par des écureuils
extraterrestres venus du futur.
La France a toujours été considérée comme un vivier de l’animation. Ses écoles spécialisées comme Les Gobelins
sont connues et reconnues. Le fait que “Moi, Moche et Méchant” et sa suite aient été entièrement réalisés dans les
studios parisiens d’Illumination Mac Guff avec des budgets de l’ordre de 70 millions de dollars et engendrant
respectivement 543 et 720 millions de dollars (à ce jour) dans le monde entier, n’a fait que renforcer la réputation des
talents français.
En tant que directeur général de Marathon Media, David Michel souligne : “Il y a très peu de sociétés d’animation
solides et toujours en plein essor. La plupart sont en France et au Canada, et les professionnels de l’industrie en sont
conscients. ”
“Avec le développement de leurs chaînes internationales, les compagnies américaines comme Turner, Disney ou
Nickelodeon cherchent de plus en plus à travailler avec des producteurs locaux pour avoir du contenu à diffuser”,
explique le responsable de l’animation chez Gaumont, Pierre Belaisch, qui a lancé Gulli en 2005, première chaîne
française à destination des plus jeunes.
Néanmoins, même s’ils recrutent largement chez les producteurs locaux, cela ne veut pas dire que Nickelodeon et les
autres networks américains ne sont pas exigeants sur le choix de leurs partenaires. “Les défis dans une coproduction,
surtout lorsqu’elle est internationale, ce sont le temps et la communication [ainsi que] la barrière linguistique et les
sensibilités”, affirme Rich Magallanes. “L’avantage de travailler avec une société comme Marathon, c’est qu’elle a
déjà fait ses preuves et a créé des succès pour enfants.”
Pour Nickelodeon, c’est du gagnant-gagnant, affirme David Michel : “Ils sont capables de façonner un programme
pour leur public avec la moitié du budget d’une série Nickelodeon produite en interne.”
Mais il n’y a pas que le talent qui soit à l’origine du succès de l’animation française. Le soutien à cette industrie est un
autre atout. Les diffuseurs français sont en effet tenus de soutenir le cinéma et l’animation locale de différentes
manières. Subventions publiques et allégements fiscaux couvrent 10 à 80 % des budgets des séries.
Les studios américains font de plus en plus confiance aux sociétés d’animation françaises pour remettre au goût du
jour des franchises à succès en leur donnant un aspect moderne et international.
DreamWorks Classics a choisi Gaumont Animations parmi différents prétendants européens. ”Nous sommes un
studio d’animation adossé à une compagnie cinématographique vieille de 118 ans qui a des bilans en France et à
l’étranger, cela nous donne indéniablement beaucoup de crédit”, explique Pierre Belaisch, qui affirme que
DreamWorks est activement impliqué dans le développement de “Oui-Oui” pour s’assurer que la série conserve l’ADN
de la franchise.
Gaumont Animations entend travailler plus étroitement avec les majors américaines sur le développement
d’émissions destinées aux marchés américain et étranger. Pour cela, l’entreprise va exploiter les contacts de
Gaumont Intl. Télévision, sa branche située à Los Angeles.
“Tisser des liens entre les talents Français et Américains consiste à combiner le meilleur des deux mondes”, explique
Sandrine Nguyen, qui dirige Genao avec Boris Hertzog et produit “Chipmunks” et “Xiaolin”. “En France, nous avons
de grandes écoles d’animation, ainsi que de talentueux réalisateurs et créateurs de personnages, mais nous avons
encore beaucoup à apprendre de dessinateurs et scénaristes de storyboard américains”.
With French Animation on Fire in Hollywood, Bizzers Are Scrambling for Their Share, de Elsa Keslassy, Variety, 6 sept 2013
Myriam LAVILLE
Débuts modestes des chaînes avec abonnement sur YouTube
Date: 01/08/2013
Youtube propose depuis mai dernier l’accès à 29 chaînes, telles que Sesame Street, UFC, National Geographic, PGA
ou Magnolia Pictures, contre un abonnement débutant à 0.99 $ par mois. Ces mêmes partenaires ont déclaré,
d’après The Guardian, que ce “programme pilote” rencontrait un démarrage assez lent auprès des internautes.
Cependant d’après le Chief Executive du distributeur RLJ Entertainment, Mighuel Penella, “il est trop tôt pour émettre
un véritable avis” sur l’initiative de YouTube. Il considère ces premiers mois plutôt comme une phase de test, un
moyen d’évaluer le potentiel de l’offre de YouTube en termes de marketing et de promotion.
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Youtube a également investi 300 millions de dollars dans 160 de ses chaînes exclusives, qui tournent autour de la
comédie, du lifetstyle, du sport et d’autres genres, et qui connaissent également des débuts décevants (YouTube
investit dans la création de contenu et crée 100 nouvelles chaînes professionnelles).
Il existe plusieurs raisons au fait que YouTube se soit orienté vers un accès payant à ses chaînes. En mars dernier,
All Things Digital évoquait le fait que les revenus publicitaires de Youtube n’étaient pas équivalents à la fréquentation
du site et ses nombres de vues, en particulier sur ses chaînes les plus importantes.
En juillet, le cabinet Adage affirmait par ailleurs qu’une partie des partenaires étaient à la recherche d’autres accords
de distribution de leur contenu en plus de ceux de YouTube, afin d’augmenter leurs revenues publicitaires.
De plus, YouTube cherche à son tour à produire du contenu original à l’image d’Amazon et de Netflix, dont les séries
“House of Cards” et “Arrested Development” viennent d’être nominées aux prochains Emmy Awards.
Bien que Google ne donne officiellement pas de détail sur le montant de son chiffre d’affaires tiré de YouTube, les
analystes de Morgan Stanley l’estimeraient à 4 milliards de dollars en 2013. Le cabinet Wedge Partners évalue à 10%
la part du chiffre d’affaires de Google venant de YouTube, soit environ 5,6 milliards de dollars. Quoiqu’il en soit il n’y
aucune doute sur le fait que les revenus du site de vidéo en ligne progresse. Le Senior Vice President Nikesh Arora
affirme que “les revenus de YouTube sur téléphones portables du mois de juin 2012 ont été trois fois supérieurs à
ceux enregistrés en début d’année”.
Selon un document publié par Netflix, “durant les prochaines décennies et à travers le monde, la télévision sur
internet remplacera la télévision traditionnelle […] les applications remplaceront les chaînes, les télécommandes
disparaîtront, et les écrans se multiplieront”.
La stratégie de YouTube et de son système d’abonnement s’insère dans cette évolution et ses débuts lents ne sont
donc à l’heure actuelle pas significatifs. On ne pourra juger de son succès que dans trois ou cinq ans.
YouTube subscription channels off to slow start – but is that a problem?, de S. Dredge, The Guardian, 19 juillet 2013
Joachim Gautier
Des gains record pour les scénaristes de télévision en 2012
Date: 30/07/2013
Les scénaristes de télévision ont touché des salaires record au cours de l’année 2012, selon le rapport annuel de la
Writers Guild of America, West (Syndicat des scénaristes américains). Les gains totaux de l’ensemble des membres
de la WGA s’élèveraient ainsi pour la première fois à près d’un milliard de dollars, soit 4% de plus qu’en 2011.
Les scénaristes de télévision ont en effet généré 667,2 millions de dollars de revenus en 2012 – soit 10 % de plus
qu’en 2011 – tandis que le nombre de scénaristes employés a augmenté de 2 % avec 3508 auteurs.
D’autre part, les revenus issus des droits de rediffusion n’ont cessé de croître au cours des 5 dernières années, avec
une hausse de 51%. Ces droits – autrement dit les sommes que touchent les auteurs quand leur travail est projeté à
nouveau – ont grimpé à un niveau record de 348,7 millions de dollars en 2012. Cette hausse est essentiellement liée
aux rediffusions sur le câble et via les fournisseurs de service sur Internet tels que Netflix.
A contrario, en 2012, l’emploi et les salaires dans l’industrie du cinéma ont diminué de manière significative pour la
3ème année consécutive. Le taux d’emploi a ainsi chuté d’environ 7 % pour un total d’environ 1537 auteurs, tandis que
les revenus ont baissé de 6.1 %, atteignant les 343 millions de dollars.
Le rapport de la WGA indique une baisse de 17 % du nombre de scénaristes employés par les studios au cours des
trois dernières années. Un chiffre sans doute dû à la volonté des studios de préférer limiter le nombre de sorties par
année, en réduisant la quantité de films à budget moyen et en se concentrant sur quelques films à gros budget.
L’industrie du cinéma reste néanmoins stable en matière de droits de rediffusion, gagnant 3.5% par rapport à 2007.
Ces droits ont généré 133,1 millions de dollars de revenus pour les scénaristes en 2012, soit 5% de plus qu’en 2011.
Cela reste néanmoins un résultat bien en dessous du record de 2010 avec ses 140,1 millions de dollars.
Les recettes issues des DVD et Blu-ray se sont quant à elles stabilisées après la forte baisse de 2011.
TV writers see record growth in earnings, WGA report says, de Richard Verrier, Los Angeles Times, 1 juillet 2013
WGA West Earnings Up 4% For 2012, de Dave McNary, Variety, 1 juillet 2013
Myriam Laville
La série “Zou” de Cyber Group Studios à la télévision américaine
Date: 26/07/2013
Le producteur et distributeur de contenu télévisé français, Cyber Group Studios, vient de signer un contrat avec la
chaîne PBS Kids Sprout pour une diffusion de la série d’animation Zou à partir de septembre prochain. Elle sera
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diffusée tous les matins, en semaine, au sein du programme Sunny Side Up Show, aux côtés de programmes comme
Barney & Friends et Sesame Street.
Second meilleur lancement de la chaîne Disney Junior UK, en mai 2012, la série est devenue un succès mondial en
l’espace d’un an. A ce jour, elle a été vendue dans 140 pays et diffusée dans 24 langues à travers le monde. Cette
réussite a mené à la production d’une deuxième saison.
Produite par Cyber Group Studios et Scrawl Studios pour Disney EMEA, la série est adaptée d’un livre de Michel
Gray, récompensé par le Parent’s Choice Awards aux Etats-Unis. Elle suit les aventures de Zou, un jeune zèbre de 5
ans, de sa famille et de son amie, Elzee, qui vivent tous à Zebra town. La série a reçu le premier prix dans la
catégorie Television Animation au 29ème Chicago International Children’s Film Festival (CICFF) en 2012 et a été
sélectionnée pour le Magnolia Award au 19ème Shanghai TV Festival.
Géraldine Durand
TV5 Monde lance un service de VOD dédié aux films francophones aux Etats-Unis
Date: 17/07/2013
TV5Monde, chaîne de télévision francophone internationale, a lancé, le 11 juillet dernier, un service de vidéo à la
demande, TV5MONDE Cinema On Demand, dédié aux films francophones, sur le réseau Comcast, premier
opérateur du câble aux Etats-Unis.
Le service de VOD sera d’abord disponible dans 12 localités à travers le pays : San Francisco et dans le nord de la
Californie, Denver, Miami et le sud de la Floride, Boston, Portland, Seattle, Chicago, Houston, Washington, Baltimore,
Philadelphie et le New Jersey.
Les films proposés proviendront des catalogues des principaux producteurs et distributeurs francophones : TF1
International, Films Distribution, Pathé, Le Pacte, Bac Films, Pyramide, Le Petit Bureau, Celluloid Dreams et les Films
du Losange.
Les films, une quinzaine chaque mois, comprendront autant de sorties récentes que de classiques et seront
programmés autour d’un thème spécifique : Jean Dujardin avec Contre Enquête (2007), Lucky Luke (2009) et le
documentaire The Adventures of The Artist in America (2012) ; Paris, avec La Folle Histoire d’Amour de Simon
Eskenazy (2009), Tout ce qui Brille (2010) ; Gérard Depardieu avec Affaire Dominici (1973), L’Autre Dumas (2010) et
Turf (2012).
Le service est accessible aux abonnés de TV5Monde USA. L’abonnement commence à 9.99$ et comprend la chaîne
TV5Monde USA et un accès illimité à TV5Monde Cinema on Demand. Les utilisateurs du service de TV Everywhere
Xfinity de Comcast auront également accès à l’offre VOD sur Xfinity.net ainsi que sur l’application pour tablettes et
smartphones Xfinity app.
De nouveaux profils pour les abonnés Netflix sur l’Apple TV
Date: 17/09/2013
Les abonnés à Netflix commencent à renseigner leur profil via leur compte utilisateur, désormais personnalisable sur
l’application Netflix de l’Apple TV.
Netflix est le leader de la SVOD aux Etats-Unis (vidéo à la demande par abonnement), dont les films et séries sont
accessibles sur de nombreux appareils connectés, dont l’Apple TV. Netflix a récemment constaté que ses abonnés
utilisant l’application dédiée sur l’Apple TV commencent à y créer leurs comptes d’utilisateurs, ce qui donne accès à
la firme à des informations supplémentaires, notamment les habitudes de visionnages de leurs clients.
Chaque utilisateur d’un compte Netflix (un compte pouvant regrouper plusieurs personnes d’un même foyer) peut
personnaliser son profil, et donner accès à l’historique des films et séries Netflix qu’ils ont précédemment regardés. Il
existe aussi un lien vers Facebook qui permet à l’abonné d’accéder à son profil sur le réseau social. Netflix peut ainsi
se rendre compte de ce que partagent ses abonnés, notamment de leurs habitudes de consommations audiovisuelles
en dehors de la SVOD (notamment au cinéma), et donner des recommandations plus ciblées à ses abonnés dans le
choix des films/séries qu’ils peuvent regarder, en fonction de leur historique et de ceux d’autres abonnés aux goûts
similaires.
Cette nouvelle application permet notamment aux utilisateurs de mieux gérer le contrôle parental et de veiller à ce
que les enfants aient un accès restreint à Netflix. Jusqu’à présent, Netflix proposait une version spécialement dédiée
aux enfants, “Just for kids”, qui ne faisait qu’offrir une interface différente. Il n’y avait pas de mot de passe ou d’autres
restrictions permettant aux parents de vérifier ce que leurs enfants regardaient.
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Cette initiative de Netflix s’explique notamment dans sa volonté de concurrencer Amazon, avec son service de VOD
« Prime Instant Video ». Ce dernier a en effet dernièrement conclu plusieurs accords portant sur des contenus
audiovisuels pour enfants, notamment avec Viacom, lui donnant accès à certains programmes de la chaîne
Nickelodeon.
Mais pour le moment, les abonnés Netflix qui se créent leur profil ne représentent qu’une minorité de l’ensemble des
abonnés ayant la set-top box d’Apple.
De surcroît, Netflix n’a développé ce système de profil personnalisable que sur l’Apple TV et pas encore sur les autre
supports d’Apple, l’iPhone et l’iPad, ni ceux utilisant Android, ou les autres appareils connectés, télévisions, lecteurs
Blu-Ray ou consoles de jeux.
Netflix User Profiles Start Appearing On Apple TV, de Sarah Perez, Techcrunch, 30 juillet 2013
Myriam Laville
Les partenaires de YouTube en demande de changement
Date: 17/09/2013
Ces derniers temps, les partenaires et fournisseurs de contenus de YouTube veulent une plus grande part du gâteau
dans le partage des recettes publicitaires, ainsi qu’une plus grande indépendance dans la gestion et la promotion de
leurs vidéos.
La première grogne de certains partenaires vient du partage des recettes publicitaires. Selon l’analyste Mark
Mahaney du cabinet RBC Capital Markets, les revenus de YouTube seraient de 5 milliards de dollars en 2013 (soit
11% du chiffre d’affaires total de Google). L’accord de base entre YouTube et ses partenaires prévoient que ceux-ci
reçoivent 55% des revenus liés à la publicité diffusée sur le site, le reste des 45% allant à YouTube. Certains se
plaignent ainsi que YouTube profite de sa position de leader de la vidéo sur Internet pour imposer ses conditions.
De surcroît, de plus en plus de plateformes de vidéos en ligne apparaissent et proposent des conditions bien plus
avantageuses. C’est par exemple le cas d’iTunes ou de Hulu. Cependant iTunes ne diffuse pas de publicité, et le
« business model » de Hulu est différent de celui de YouTube. Mais les fournisseurs de contenu, étant arrivés à la
conclusion qu’ils doivent désormais miser sur plusieurs distributeurs, étudient les alternatives à YouTube
Par ailleurs, certains partenaires profitant de meilleurs accords avec YouTube (pouvant obtenir jusqu’à 65% des
revenus publicitaires) souhaitent prendre des distances avec le site de partage. Selon certaines sources, précise le
journal Variety, ce serait le cas de Sony Pictures Television, Crackle et Vevo, ce dernier étant détenu conjointement
par Sony Music Entertainement et Universal Music Group.
Vevo génère plus de 4 milliards de vues par mois via ses 15 000 chaînes accessibles sur YouTube. Mais de plus en
plus de ses vidéos sont visionnées sur d’autres plateformes, y compris sur l’application smartphone Vevo. Au bout du
compte, plus de 35% des vidéos de Vevo vues aux Etats-Unis sont regardées par un autre moyen que YouTube.
Faisant ce constat, le Président de Vevo, Rio Caraeff, cherche à obtenir plus d’indépendance et à bâtir une image de
marque en dehors du cercle du site de streaming.
Parmi les critiques faites à YouTube, certaines sont venues de Jason Calacanis, PDG de Inside.com. C’est l’un des
plus gros fournisseurs en vidéos de YouTube, produisant des programmes tels que « Wellcast » dans la catégorie
« animé », ou « XHIT » dans le sport. Après s’être vu refusé une augmentation de la part qui lui revient en recettes
publicitaires, Calacanis pointait du doigt sur son blog le montant des 45% encaissé par le site, ainsi que son contrôle
jugé abusif sur la promotion des vidéos, la publicité, et la gestion du nombre de vues, limitant l’action des créateurs
de contenu.
YouTube a répondu, pour justifier les 45% de ses parts de recettes, qu’ils doivent supporter d’énormes « coûts
d’infrastructure » (qui incluent la bande passante, l’hébergement des vidéos, les « video players ») afin d’alimenter
chacun de leurs sites spécifiques dans 56 pays et en 61 langues.
Le responsable du contenu et des « business operations » de YouTube Robert Kyncl a également signalé que les
revenus des partenaires en ligne ont augmenté de 60% ces dernières années, dans un marché de la publicité pour la
vidéo en ligne en forte croissance.
Peter Csathy, PDG de Manatt Digital Media (un réseau multi-chaînes, MCN), fait cependant remarquer que les
fournisseurs de vidéos en ligne ont parfaitement le droit de refuser les accords de YouTube. Mais ils savent que ce
dernier est un acteur clé pour approcher directement le consommateur. YouTube ne fait que fixer sa part de revenus
en prenant en compte sa part de marché : un milliard d’utilisateurs viennent fréquenter YouTube chaque mois, un
nombre qui ne fait qu’augmenter. Dès lors, les entreprises de médias continuent d’investir malgré les plaintes de
certains.
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Le PDG du « MCN » Collective Digital Studio, Reza Izad, note que YouTube est l’une des rares sociétés parmi les
principaux acteurs de l’Internet à faire profiter autant ses partenaires. « La différence entre YouTube et Facebook,
c’est que YouTube vous paie », précise-t-il.
Pour l’executive chairman de Maker Studios (autre MCN), Ynon Kreiz, le modèle de YouTube continue d’évoluer. Il
affirme que chez YouTube « on continue encore de réfléchir à un modèle commercial équilibré ».
YouTube Content Partners Want to Reduce Their Reliance on the Video Site, de Todd Spangler, Variety, 17 juillet 2013.
Myriam Laville
Netflix parvient à un accord d’exclusivité avec The Weinstein Compagny
Date: 17/09/2013
A compter de 2016, Netflix aura l’exclusivité américaine des premières diffusions de films de TWC et Dimension Films
sur le créneau de la télévision payante.
Pour le moment, la Weinstein Company a un contrat de production avec Showtime qui continuera de proposer ses
films jusqu’en 2018. Netflix proposera à ses abonnés les films dès les sorties cinéma de 2016. Le contrat est défini
afin de permettre à la compagnie de se différencier de ses rivales telles qu’Amazon, Youtube ou HuluPlus.
Les termes du contrat pluriannuel n’ont pas été révélés et selon les sources, ni HBO ni Starz n’ont fait d’offre pour la
diffusion des films de TWC.
Showtime a signé un accord avec TWC pour les films sortis au cinéma jusqu’en 2015, ce qui signifie que les films de
la compagnie seront diffusés en avant-première dans leur premium window sur Showtime et The Movie Channel
(ainsi que sur leur chaînes multiplex) jusqu’en 2017 et seront diffusés sur les Networks en 2018.
En 2012, Netflix avait déjà scellé un contrat de diffusion des documentaires et films étrangers de la TWC en télévision
payante, incluant « The Artist », Oscar du meilleur film 2012, et « Undefeated », Oscar du meilleur documentaire
2012, ainsi qu’une gamme de films sortis sous le label de distribution multiplateformes RADiUS-TWC.
Netflix continue à acquérir massivement des contenus en streaming. En juin 2013, la compagnie a signé un accord
avec DreamWorks Animation, ce qui serait, selon Netflix, son plus important contrat jamais obtenu pour des
premières diffusions de contenus. Par cet accord pluriannuel, Netflix obtiendra plus de 300 heures de nouveaux
programmes de DreamWorks Animation.
En décembre 2012, Netflix a également signé un accord avec Walt Disney Compagny, donnant un accès exclusif aux
nouveaux titres et à ceux du catalogue de Mouse House sur le créneau de la télévision payante aux Etats-Unis.
Celui-ci prendra la suite du précédent accord entre Disney et Starz qui se terminera à la fin de l’année 2015.
Ces accords d’exclusivités permettent à la compagnie de surmonter ses problèmes de catalogue. Au début de
l’année 2012, Netflix a en effet perdu l’accès à quelque 2 500 titres de Starz, suivi neuf mois plus tard par la perte des
contenus d’A+E Networks. En juin 2013, Viacom a signé un contrat de quelque 200 millions de dollars avec Amazon,
lui donnant un accès exclusif à 4 000 épisodes de programmes télévisés, comprenant les programmes de
Nickelodeon.
Netflix will replace Showtime as exclusive subscription TV service starting with studio’s 2016 releases, de Todd Spangler,
Variety, 20 août 2013
Netflix’s Latest Content Grab: All Weinstein Movies, de par Justin Bachman, Bloomberg Business Week, 21 août 2013
Myriam Laville
Netflix, leader de la SVOD, face à la concurrence grandissante d’Amazon et d’Hulu
Date: 01/08/2013
Selon le NPD Group, groupe international d’études, Netflix domine toujours le secteur de la SVOD, la vidéo à la
demande par abonnement aux USA. Au premier trimestre 2013, le nombre de personnes regardant des programmes
télévisés en SVOD a augmenté de 34% par rapport au 1er trimestre 2012, et 90% d’entre eux utilisent Netflix. Hulu
Plus puis Amazon Prime se partagent le reste du marché.
Cependant, la situation tend à évoluer. Au 1er trimestre 2012, 76% des abonnés regardaient la SVOD exclusivement
avec Netflix. Un an plus tard, l’exclusivité se réduit à 67%, tandis que 10% des streamers utilisent Amazon en plus de
Netflix, et 8% à la fois Hulu et Netflix.
Russ Crupnick, Senior Vice President de NPD, décrit : « Depuis son lancement, Netflix Watch Instantly a profité d’un
véritable monopole sur le marché de la SVOD, et l’entreprise reste toujours première en termes de parts de marché.
Même si Hulu et Amazon ont encore un long chemin à parcourir avant de rattraper Netflix, on commence à observer
une fréquentation plus accrue de ces services, y compris par les habitués de Netflix ».
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Netflix is the primary choice for subscription video-on-demand (SVOD) subscribers, but more consumers are trying
alternatives, The NPD Group, 4 juillet 2013
Joachim Gautier
Débuts modestes des chaînes avec abonnement sur YouTube
Date: 01/08/2013
Youtube propose depuis mai dernier l’accès à 29 chaînes, telles que Sesame Street, UFC, National Geographic, PGA
ou Magnolia Pictures, contre un abonnement débutant à 0.99 $ par mois. Ces mêmes partenaires ont déclaré,
d’après The Guardian, que ce “programme pilote” rencontrait un démarrage assez lent auprès des internautes.
Cependant d’après le Chief Executive du distributeur RLJ Entertainment, Mighuel Penella, “il est trop tôt pour émettre
un véritable avis” sur l’initiative de YouTube. Il considère ces premiers mois plutôt comme une phase de test, un
moyen d’évaluer le potentiel de l’offre de YouTube en termes de marketing et de promotion.
Youtube a également investi 300 millions de dollars dans 160 de ses chaînes exclusives, qui tournent autour de la
comédie, du lifetstyle, du sport et d’autres genres, et qui connaissent également des débuts décevants (YouTube
investit dans la création de contenu et crée 100 nouvelles chaînes professionnelles).
Il existe plusieurs raisons au fait que YouTube se soit orienté vers un accès payant à ses chaînes. En mars dernier,
All Things Digital évoquait le fait que les revenus publicitaires de Youtube n’étaient pas équivalents à la fréquentation
du site et ses nombres de vues, en particulier sur ses chaînes les plus importantes.
En juillet, le cabinet Adage affirmait par ailleurs qu’une partie des partenaires étaient à la recherche d’autres accords
de distribution de leur contenu en plus de ceux de YouTube, afin d’augmenter leurs revenues publicitaires.
De plus, YouTube cherche à son tour à produire du contenu original à l’image d’Amazon et de Netflix, dont les séries
“House of Cards” et “Arrested Development” viennent d’être nominées aux prochains Emmy Awards.
Bien que Google ne donne officiellement pas de détail sur le montant de son chiffre d’affaires tiré de YouTube, les
analystes de Morgan Stanley l’estimeraient à 4 milliards de dollars en 2013. Le cabinet Wedge Partners évalue à 10%
la part du chiffre d’affaires de Google venant de YouTube, soit environ 5,6 milliards de dollars. Quoiqu’il en soit il n’y
aucune doute sur le fait que les revenus du site de vidéo en ligne progresse. Le Senior Vice President Nikesh Arora
affirme que “les revenus de YouTube sur téléphones portables du mois de juin 2012 ont été trois fois supérieurs à
ceux enregistrés en début d’année”.
Selon un document publié par Netflix, “durant les prochaines décennies et à travers le monde, la télévision sur
internet remplacera la télévision traditionnelle […] les applications remplaceront les chaînes, les télécommandes
disparaîtront, et les écrans se multiplieront”.
La stratégie de YouTube et de son système d’abonnement s’insère dans cette évolution et ses débuts lents ne sont
donc à l’heure actuelle pas significatifs. On ne pourra juger de son succès que dans trois ou cinq ans.
YouTube subscription channels off to slow start – but is that a problem?, de S. Dredge, The Guardian, 19 juillet 2013
Joachim Gautier
Hulu n’est plus à vendre
Date: 17/07/2013
Après avoir mis en vente Hulu fin juin et avoir reçu plusieurs offres de rachat, les trois propriétaires du site de
streaming ont finalement mis fin à leur appel d’offres. C’est la seconde fois que le site, fondé en 2007 et détenu par
ABC (Walt Disney Company), Fox (21st Century Fox, ex-News Corp) et NBCUniversal (Comcast), fait l’objet d’un tel
procédé.
Les trois grands groupes médias avaient en effet déjà lancé un appel d’offres en 2011, qu’ils avaient finalement
annulé en raison des sommes proposées par les potentiels acquéreurs, jugées trop faibles par les propriétaires du
site. Le contrat de vente ne prévoyant pas d’accords à long terme avec les propriétaires actuels pour accéder à leurs
contenus, les acquéreurs étaient restés frileux dans leurs propositions.
Le groupe d’investissement Provide Equity Partners a revendu ses parts dans Hulu aux autres partenaires en 2012,
soit 10% du total, pour un montant de 200 millions de dollars.
Cet été, avaient été principalement retenus pour leur offre de rachat DirectTV (premier opérateur de télévision par
satellite américain) et Chernin Group (groupe de média dirigé par Peter Chernin, ancien PDG de News Corp.),
soutenu par AT&T (premier opérateur de télécommunications américain). L’acquéreur potentiel le mieux placé
semblait être DirecTV, qui était prêt à débourser 1 milliard de dollars.
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Les propriétaires avaient décidé de se séparer du site en raison d’un désaccord sur la stratégie à privilégier, à savoir
celle de la gratuité avec un financement par la publicité, comme c’est le cas pour Hulu, ou celle de l’abonnement
payant, comme cela existe pour son service premium payant, Hulu Plus (7.99 dollars par mois). Disney était en faveur
du financement par la publicité, considéré comme rentable, mais se développant trop lentement, tandis que 21st
Century Fox défendait le service premium, connaissant une croissance rapide, mais moins profitable.
Il est à noter par ailleurs que le site est à l’heure actuelle peu rentable, avec un chiffre d’affaires de 700 millions de
dollars en 2012, et doit faire face à la concurrence de Netflix et d’Amazon, premiers acteurs du marché de la vidéo en
streaming aux Etats-Unis.
Mais Fox et Disney semble s’être finalement mis d’accord sur la marche à suivre et, selon une personne proche du
processus de négociation, ils ont abouti à la conclusion que la valeur de la société sur le long terme dépasse la
somme qu’ils pourraient en tirer en la vendant aujourd’hui. Ils ont ainsi déclaré vouloir faire un investissement de 750
millions de dollars selon le New York Times, principalement dans l’acquisition et le développement de nouveaux
programmes, mais aussi dans le marketing et la recherche & développement. L’idée en particulier est d’augmenter le
nombre de productions originales Hulu, à l’image de Netflix et de sa série « House of Cards » (Lire Netflix bouleverse
la distribution en ligne avec House of Cards (Media Summit 2013), Médiamérica, 15 avril 2013).
Par ailleurs, une de leurs nouvelles stratégies serait de mettre l’accent sur leur service payant Hulu Plus, d’abord en
limitant l’accès aux programmes diffusés gratuitement le jour après leur diffusion à la télévision, ensuite en
développant un système de type TV Everywhere ouvert aux autres acteurs de l’industrie audiovisuelle. Les services
de type TV Everywhere, permettant aux seuls abonnés à des services de télévision payante de voir les programmes
en streaming où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent, sur tout appareil connecté, sont évoqués depuis plusieurs
années comme un moyen de retenir les abonnés et de concurrencer Netflix. Toutefois, des chaînes comme Fox et
des opérateurs comme DirecTV ont jusqu’à présent eu du mal à se lancer dans ce processus. Les propriétaires de
Hulu pensent que le service pourrait représenter un hub pour la TV Everywhere, grâce à la mise en place d’un
système d’identification qui vérifierait si l’utilisateur dispose ou non d’un abonnement au câble ou au satellite avant
d’autoriser l’accès aux programmes. Cette initiative viendrait désavantager ceux qui utilisent spécifiquement Hulu
pour éviter d’avoir à payer un abonnement à un service de télévision payante. En revanche, ceux qui payent déjà un
abonnement auraient la possibilité d’avoir un accès plus large au contenu. L’objectif serait ainsi de développer un
service pouvant concurrencer sérieusement Amazon et Netflix.
Certains participants à la conférence Allen & Company, évènement annuel ayant regroupé les principaux dirigeants
des médias américains la semaine dernière, mettent en doute l’intention première de Disney et Fox et se demandent
si cet appel d’offres n’était pas un moyen de faire gagner de la valeur à Hulu.
Cependant, Time Warner Cable serait toujours en pourparler avec les propriétaires d’Hulu dans l’intention de devenir
actionnaire minoritaire du site. Une réponse devrait être donnée d’ici fin juillet.
Hulu Bidding Deadline Extended by a week, The Hollywood Reporter, Paula Bond, 28 juin 2013
Hulu Attracts at Least Three Bids, The Wall Street Journal, Amol Sharma and Christophe S. Stewart, 8 juillet 2013
Hulu owners call off sale, instead pledging to invest to take on rivals, New York Times, Brian Stelter, 12 juillet 2013
Joachim Gautier
RFI en roumain disponible aux Etats-Unis sur la téléphonie mobile
Date: 22/07/2013
RFI renforce son offre de programmes disponibles en écoute téléphonique aux Etats-Unis et lance la diffusion de ses
rendez-vous d’information internationale en langue roumaine sur AudioNow. Les auditeurs peuvent accéder au
dernier programme d’actualité produit par les rédactions de RFI en langue roumaine à Paris et à Bucarest, avec le
concours de son réseau de correspondants à travers le monde, en composant le (832) 999-1737 (prix d’une
communication locale, sans besoin de recourir aux réseaux 3G, 4G ou WiFi).
Cornel Ion, directeur de RFI Roumanie, la filiale de RFI, explique que cette radio propose quotidiennement 13 heures
de programmation en roumain, avec des tranches consacrées à l’actualité. “Le format de la radio, souligne-t-il, est
généraliste avec des tranches importantes consacrées à l’actualité. RFI Roumanie se positionne dans le paysage
audiovisuel roumain comme une station sérieuse, objective, professionnelle et indépendante. La radio a développé
des produits éditoriaux spécifiques pour mieux informer et expliquer l’actualité et les évolutions européennes. On offre
tous les jours un regard croisé sur les principaux faits qui font l’actualité en Roumanie. Par ailleurs, RFI Roumanie
diffuse également des émissions sur les évolutions de l’Europe et le quotidien de ses citoyens”.
RFI Roumanie émet en FM dans 5 villes de Roumanie et de la République de Moldavie : Bucarest, Iasi, Cluj, Craiova
et Chisinau. Une partie des ses programmes d’actualités sont repris également par une cinquantaine de radios à
travers tout le pays.
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Avec AudioNow, les programmes de la radio en langue arabe Monte Carlo Doualiya et l’ensemble des langues de
diffusion de RFI (anglais, espagnol, français, haoussa, khmer, mandarin, persan, portugais, roumain, russe, swahili et
vietnamien) sont accessibles partout aux Etats-Unis.
Succès de la Fête de la Musique “Make Music Miami”
Date: 24/07/2013
La Fête de la Musique a de nouveau été célébrée cette année dans le quartier haïtien de Miami avec le soutien du
service culturel du Consulat de France. Deux autres manifestations se sont déroulées à cette occasion, notamment
dans le quartier de Coconut Grove et à la division française de l’institut Dante Alighieri.
Organisé par l’association “Rhythm Foundation”, le partenaire pour la Fête de la Musique depuis 2004, “Make Music
Miami” s’est inscrite cette année au sein de “Big Night in Little Haiti”, manifestation mensuelle qui touche un large
public. Cette soirée s’est déroulée le 21 juin au Centre Culturel Haïtien. En première partie de soirée, une scène
ouverte a rassemblé de talentueux artistes tels qu’un adolescent violoncelliste, un groupe de musique “compass”
haïtien, et une danseuse chanteuse franco-haïtienne. Entre les performances, le DJ haïtien Mack Bazile a fait vibrer
la foule sur des sons et rythmes caribéens français. La deuxième partie de la soirée a accueilli sur scène Stevy Mahy,
invitée pour l’occasion avec le soutien du service culturel du Consulat de France à Miami. La jeune chanteuse
compositrice Parisienne et Guadeloupéenne a été acclamée comme la star de la “nouvelle scène” de la musique
caribéenne. A la clôture de l’évènement, la musique s’est déplacée dans les rues du quartier haïtien avec des
instruments, des chanteurs et une foule enthousiasmée par les rythmes entrainants.
La nuit du 21 juin, une autre célébration de la fête de la musique a également eu lieu, organisée cette fois par le
“Conservatoire de Musique de Miami”. Plus d’une vingtaine de groupes, avec le fameux artiste brésilien de Bossa
Nova Ross Max en tête d’affiche, ont joué dans les restaurants et bars de Coconut Grove, quartier jeune de Miami.
Le 18 juin, la division française du Dante Alighieri de Miami a également célébré la fête de la musique dans le quartier
de Coral Gables. Ils ont présenté au public les plus grandes chansons de compositeurs français accompagnées
d’informations sur les artistes et leurs œuvres.
Le Sofitel de Miami a également participé aux festivités le 21 juin avec un concert de jazz dans Le Bar de l’hôtel, des
joueurs de bongo à la réception, et un groupe de percussionnistes autour de la piscine.
Dans l’esprit de la Fête de la Musique, ces manifestations gratuites et ouvertes au public ont permis de rassembler la
communauté française ainsi que d’autres communautés locales pour célébrer le solstice d’été. La manifestation
culturelle renommé “Make Music Miami” a réussi à réunir de part et d’autres des milliers de spectateurs.
Kimberley Gaultier & Mathilde Belli
Google développerait une console de jeux
Date: 17/07/2013
Les lancements de nouveaux produits et les rumeurs de nouveaux projets se multiplient cette année chez Google, qui
est toujours dans l’optique de concurrencer Apple, notamment dans le secteur des appareils connectés.
Android, le système d’exploitation lancé il y a cinq ans par Google à destination des appareils connectés, était présent
sur 75% des smartphones et 57% des tablettes dans le monde au 1er trimestre 2013 selon le Wall Street Journal.
Samsung, dont les produits fonctionnent avec Android, est par ailleurs le premier partenaire de Google.
Le vice-président de la division « produits » de la firme de Mountain View, Sundar Pichain, a communiqué qu’Android
était utilisé par plus de 900 millions d’appareils dans le monde. Le PDG de Nvidia, Jen-Hsun Huang, fournisseur de
puces électroniques, notamment pour les appareils fonctionnant sous Android, assure que ce seront bientôt plus 3
milliards de personnes dans le monde qui navigueront avec ce système d’exploitation. La prochaine version d’Android
est prévue pour cet automne.
L’objectif de Google est actuellement de diffuser son software sur un maximum d’appareils, au-delà des smartphones
et tablettes actuels : consoles de jeux vidéo, montres et lunettes connectées, lecteurs multimédias, ordinateurs, et
même réfrigérateurs d’après le Wall Street Journal…
Google serait également en train de développer une console de jeux vidéo. Les ventes de jeux sur Android ayant une
plus forte croissance que ceux provenant des trois grands noms du jeu vidéo, Microsoft, Sony et Nintendo, le leader
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mondial des moteurs de recherche souhaite développer sa propre console, fonctionnant avec le système Android.
Elle viendrait concurrencer les futures consoles de Sony et Microsoft annoncées pour la fin de l’année, la Playstation
4 et la Xbox One. Les ventes de jeux pour consoles ont représenté 24,9 milliards de dollars en 2012 selon le cabinet
d’Audit PwC.
La décision de se lancer dans le secteur du jeu vidéo trouverait également une explication dans le lancement d’une
nouvelle console, l’Ouya, commercialisée par une start-up américaine du même nom, fonctionnant sur Android et
vendue à 99 dollars depuis mars dernier.
Google pourrait aussi chercher un moyen de concurrencer Apple, qui selon une rumeur, compterait lancer sa propre
console de jeux, en marge de la sortie de la nouvelle version de son Apple TV.
D’après le blog du Business Insider, Google tablerait également sur la conception d’une montre connectée,
fonctionnant avec Android, et possédant les mêmes capacités qu’un smartphone. Là encore, ce produit viendrait
concurrencer un appareil similaire chez Apple. En parallèle, Samsung, partenaire de Google, affirme être en train de
travailler sur un prototype de montre fonctionnant avec un smartphone par technologie bluetooth.
L’autre produit de la firme de la Sillicon Valley qui fait parler de lui, « Google Glass », est une paire de lunettes
comprenant un écran sur l’un des verres qui diffuserait du contenu venant directement du smartphone par bluetooth.
Le Wall Street Journal mentionne par ailleurs une nouvelle version de l’appareil de « home entertainment », le Nexus
Q, comparable à l’Apple TV, dont une première version avait été annoncée puis finalement annulée en raison des
critiques portant sur son prix élevé (299$). Le nouveau Nexus Q devrait donc sortir à un prix assuré comme beaucoup
plus accessible.
Google développe également son système d’exploitation pour ordinateurs, avec une version Android adaptée à une
prochaine gamme de produits chez Hewlett Packard. Google viendrait ainsi directement concurrencer Microsoft et
son logiciel Windows.
Enfin, Motorola, qui a été racheté par Google l’année dernière, va lancer son prochain téléphone fonctionnant avec
Android, le Moto X.
Google Building Android Game Console, Wall Street Journal, Emir Efrati, 28 juin 2013
Joachim Gautier
Les consommateurs réguliers de jeux vidéo délaissent le cinéma et la télévision
Date: 17/07/2013
Une étude américaine annuelle venant de l’Entertainment Software Association (association regroupant les principaux
éditeurs de jeux vidéo aux Etats-Unis) révèle que les personnes qui jouent régulièrement aux jeux vidéo ont tendance
à délaisser la télévision et les sorties au cinéma. Le secteur du jeu vidéo, qui a représenté aux Etats-Unis en 2012 un
marché de 21 milliards de dollars selon Variety, commence donc à avoir un impact sur les autres industries du
divertissement. En effet, toujours selon Variety, 49% des « gamers » les plus assidus passent moins de temps devant
la télévision, tandis que 47% d’entre eux vont moins au cinéma. A contrario, 42% des joueurs utilisent leur console de
jeux vidéo pour y acheter ou louer des films.
Le profil du joueur moyen a peu changé depuis l’année dernière : c’est une personne d’une trentaine d’années, qui
pratique les jeux vidéo depuis environ 13 ans. A noter que les femmes jouent quasiment autant que les hommes
aujourd’hui et comptent pour 45% des joueurs.
58% des Américains sont des consommateurs de jeux vidéo, soit deux joueurs en moyenne par foyer équipé. On
dénombre en moyenne au moins une console, un PC ou un smartphone par foyer, et dans 51% d’entre eux, un
second appareil pour jouer.
Malgré le débat sur la violence induite par l’usage des jeux vidéo, les jeux de tir n‘ont pas souffert et ont représenté
21% de l’ensemble des ventes de jeux vidéo en 2012, contre 22% pour les autres jeux d’action. D’autre part,
seulement 9% des jeux ont reçu de l’Entertainment Software Ratings Board une classification « M » pour Mature,
l’équivalent du Restricted « R » au cinéma, soit une interdiction aux moins de 17 ans.
C’est d’ailleurs dans cette catégorie que l’on retrouve le jeu le plus vendu de l’année 2012, et qui fait partie de la
juteuse franchise « Call of Duty » d’Activision: « Call of Duty : Black Ops II ». Ce jeu a généré 500 millions de dollars
de chiffre d’affaires en seulement 24h le jour de sa sortie, et 1 milliard de dollars sur les deux premières semaines,
soit un nouveau record pour la série.
Cependant, les ventes de jeux vidéo continuent de baisser depuis quatre ans, notamment parce que les consoles
actuelles, la Xbox 360 de Microsoft et la Playstation 3 de Sony, sont sorties il y a maintenant plus de sept ans. Mais
les analystes attendent un retour de la croissance des ventes avec la sortie imminente des consoles de prochaines
générations, la Xbox One et la Playstation 4, prévue pour la fin d’année.
E3: Frequent Gamers Watch Less TV, Go to Fewer Movies, Variety, Chris Morris, 11 juin 2013
Joachim Gautier
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