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Revue bimestrielle du CE Siège & Supports d’Air France
N° 6 – novembre - décembre 2012
Puisque
vous partez
en voyage…
…avec
votre CE ?
Sommaire et ours
Sommaire
Édito
Zen... restons zen ! . . . . . .3
Votre CE et vous
Des projets…
et de nouvelles offres
Aquarium de Paris, CoReTa,
Marché de Noël, Massages,
Djibouti
La Laponie . . . . . . . . . . .10
Vécu
Le meilleur ami
des chevaux . . . . . . . . . .12
Femmes
La mode . . . . . . . . . . . . .16
Culture autrement
Cinéma
Alerte à Cinecittà . . . . . . .18
Prix des lecteurs, Décryptages,
Section peinture, Concours
photo . . . . . . . . . . . . . . . . .4
Retour sur…
une expo, une braderie . . .4
Paroles de salariés
La banda de música,
humanitaire musical . . . . .14
Frankenweenie ressuscite
Tim Burton . . . . . . . . . . . .19
Expo
Paris made in Hollywood .19
Offres de voyage
Pékin et Prague
Voyager avec nous ? . . . . . .8
Voyager autrement
La Thaïlande
Société
Être hôtesse de l’air
ou steward . . . . . . . . . . . .14
Musique
La Diskett’
Rover . . . . . . . . . . . . . . . .21
Portfolio
Scènes . . . . . . . . . . . . . . .22
Autrement... est le journal interne du Comité d’Établissement Air France Siège & Supports • Directeure et Directeur de publication : Karine
Monségu, José Cubas • Responsable loisirs et communication : Camille Leroy 01 41 56 41 70 • Rédacteurs, rédactrices : Igor Bensasson
01 41 56 40 03 [email protected] le Bureau des élu(e)s • Maquettiste-iconographe : Dominique Guyomar 01 41 56 40 01
[email protected] • Maquettiste : Sylvie Alibaud 01 41 56 40 06 [email protected] • Ont contribué à ce numéro :
Dominique Lommatzsch, David Wolff-Patrick, • Crédits photo : toute photo ni signée ni DR, d’Igor Bensasson Autrement...est imprimé
par le Service Éditions d’Air France que le Bureau du CE remercie chaleureusement.
CE Air France Siège & Supports - Zone centrale BP 48033 - Tremblay en France - 45 rue de Paris - 95912 Roissy CDG Cedex
[email protected]
2
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Édito
Zen... restons zen !
Notre drapeau volant perd beaucoup
d’argent, plus de 800 millions d’euros
en 2011 et surtout il croule sous le poids
de ses dettes. Air France doit rembourser un peu plus de 6,5 milliards d’euros
ce qui paraît finalement impossible
dans le schéma actuel parce qu’on n’a
jamais vu une entreprise qui ne fait pas
de bénéfice acquitter ses dettes.
Pour éviter un accident industriel qui
pourrait être fatal, l’Entreprise s’est fixé
un objectif de réduction des coûts de
20%. Initialement, ce plan était planifié
sur 3 ans mais face à l’ampleur des déséquilibres, il devrait être réalisé en
18 mois et ce ne sera qu’une première
étape.
Les vents tournent; ils annoncent des
changements et des transformations
fondamentales dans le monde du transport aérien. On commence à le comprendre pour de bon, sur fond d’angoisse de restructurations inhumaines. Il
va sans dire que nous devons nous
conduire et voir les choses autrement.
Peut-être ne faudra-t-il rien moins qu’un
nouvel humanisme et de nouvelles stratégies pour aborder ce grand virage sans
risque de catastrophe sociale…
Aujourd’hui, Air France transporte
743 passagers par salarié. Chez
Lufthansa le ratio est de 872, chez
British Airways de 910 et chez
Ryannair de 8000 passagers pour un
seul salarié !
Si vous rajoutez le poids des charges
spécifiques à la France, nous avons une
idée du défi que notre compagnie doit
José Cubas
Marc Deplaine
(élu CFE-CGC)
(élu CGT)
Secrétaire, en
Trésorier
charge de la
communication et de la restauration
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
relever pour les années à venir… Plan
rigoureux mais ce plan peut-il suffire à
nous relever ?
C’est un pari qui n’est pas gagné
d’avance car en 2011, la masse salariale
de notre compagnie représentait le tiers
de notre chiffre d’affaires… C’est la
même proportion qu’il y a 5 ans alors
qu’un plan de départs volontaires a déjà
été mis en place il y a 2 ans.
Pour le dire simplement, avec 6000
salariés de moins qu’en 2007, Air
France n’a pas gagné un point de compétitivité ; nous avons même perdu pied
dans la bagarre du court et du moyencourrier en Europe. Il est clair que nos
soucis dépassent largement ses seuls
problèmes d’effectifs qui sont la
richesse de notre entreprise, n’en
déplaise aux économistes !
Pour économiser 2 milliards d’euros
d’ici 2015, il va donc falloir des aménagements sur le temps et l’organisation du travail et des congés des
49 000 salariés. Il va falloir reconsidérer le nombre de navigants sur chaque
vol et probablement renoncer à des
liaisons sur lesquelles Air France n’est
plus en mesure de défier les compagnies low costs.
On peut se poser la question suivante :
les grandes compagnies traditionnelles
comme la nôtre ont-elles un avenir
dans le monde du transport aérien ? Les
schémas traditionnels de développement ont fini par créer plus de problèmes qu’ils ne contribuent à en
résoudre !
Karine Monségu
(élue CGT)
Secrétaire
adjointe
Francesco Nistico
(élu FO)
Secrétaire
adjoint
Certains analystes, qui ne sont pas des
poètes, y croient toujours et ont déjà
répondu positivement à cette question.
Même si l’annonce de ces nouvelles
mesures de restructuration a fait bondir
l’action d’Air France et, ce n’est pas un
luxe, notre valeur boursière, plus communément appelée capitalisation, est
actuellement 6 fois inférieure à celle de
Ryannair. Mais ce modèle « ultra lowcost » va finir par toucher ses limites
car même s’il prospère aujourd’hui,
c’est bien parce qu’il y a une désorganisation Européenne du transport aérien
qui permet à des pays comme l’Irlande
de jouer la carte du dumping social…
La croissance est au cœur de nos interrogations et au centre du débat sur les
incertitudes dominantes de notre
temps. Alors, s’il y a une sortie de crise
par le haut, elle pourra redonner des
atouts aux compagnies traditionnelles
comme Air France ou Lufthansa parce
que nous privilégions le service et la
qualité.
Une condition essentielle tout de
même, celle de se mettre au niveau
d’excellence des nouveaux transporteurs qui nous viennent des pays du
Golfe et qui, eux, ont une longueur
d’avance sur les Européens.
La différence a toujours été le moteur
de notre évolution ; sachons l’exploiter
autrement !
José Cubas
Élu CFE-CGC
J-Pierre Palazo
(élu CFE-CGC)
Secrétaire
adjoint
Eric Vaudron
(élu CFE-CGC)
Trésorier adjoint,
en charge de
Loisirs & Culture
3
Des projets…
Aquarium
de Paris
…et de nouvelles offres
CoReTa
n Vous trouverez
dans Voir autrement notre nouvelle offre pour
l'Aquarium
de
Paris.
Celui-ci
présente à travers
son parcours de
visite un voyage
tout le long des
littoraux français
de Métropole et
d'Outre-Mer.
CoReTa veut dire
« COmment
REgarder
un TAbleau ».
En d’autres termes, il s’agit d’une
association qui
propose des cycles de conférences sur l'histoire
de la peinture,
sur des expositions (notre offre),
et qui organise
des journées a
thèmes et des
voyages d'étude.
Attention: fermeture exceptionnelle à 18h samedi
24 novembre.
Surveillez leurs
offres billetterie
dans
Voir Autrement
Massages
à Paray
Marché de Noël
IB
n Comme l’année dernière, votre
marché de Noël se tiendra dans la
rue du Siège.
Vous y retrouverez les stands festifs
habituels.
Retenez-en bien les dates:
11 et 12 décembre 2012
n Empreint d’une double tradition chinoise et californienne, le massage
amma se pratique assis. Il permet une reconstitution énergétique, et entraine
une réduction du stress. Cette offre s’adresse à tout personnel Air France et
aux extérieurs.
Les mardi et jeudi, de 11h30 à 14h, et de 17h à 18h30, au bâtiment des
Sheds (entrée simulateur, ancien hall d’exposition). La séance dure
20 minutes pour un prix de 15€ Prendre rendez-vous au 06 83 96 60 41
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
5
Votre CE et vous
Des projets…
…plein la tête
Échos du prix des lecteurs du Siège (suite)
n Les vingt jurés ont commencé la
lecture des 16 romans sélectionnés
(voir liste).
Des réunions d’étape leur permettront d’échanger les premières
impressions.
Mais d’ores et déjà, nous dit-on, des
discussions ont commencé entre certains jurés qui, dominés par la passion de lire, n’ont pu s’empêcher de
faire part d’une bonne surprise, d’une
belle découverte ou d’une mauvaise
expérience.
Voici la liste des 16 romans mis en
compétition.
Les affreux, Chloé Schmitt, Albin Michel
L’hiver des hommes, Lionel Duroy,
Julliard
120 journées, Jérôme Noirez, Calmann
Lévy
Les choix secrets, Hervé Bel, JC Lattès
Peste et choléra, Patrick Deville, Le seuil
Laisser les cendres s’envoler, Nathalie
Reims, Leo Scher
Le couvre-feu d’octobre, Lancelot
Hamelin, L’arpenteur
La malédiction, Hyam Yared, Equateur
Un homme perdu, Isabelle
Desesquelles, Naive
L’attachement, Florence Noiville, Stock
Haut et court, Philippe Cohen Grillet, Le
dilettante
Escalier F, Jeanne Cordelier, Phebus
L’escalier de Jack, Jean Cagnard, Gaïa
En attendant que les beaux jours
reviennent, Cécile Harel, Les escales
Le testament américain, Franz Bartelt,
Gallimard
États mixtes sur papier, Florie Adda,
Bleu Pétrole
De décryptage en décryptage...
n Les décryptages, ces
séances de 12h15 auxquelles
vous êtes de plus en plus
fidèles, continuent le mardi
20 novembre (peinture) avec
Hopper, et le jeudi 20
décembre (cinéma) avec
Journal intime de Nanni
Moretti. Ce sont les 2 dernières séances pour 2012, et
nous vous communiquerons
bientôt le calendrier du premier semestre 2013. Avec des surprises!
Voici pour vous ouvrir l’appétit un texte de présentation sur Hopper par
Serge Prigent.
Edward Hopper (1882-1967) est un artiste américain formé à la New-York
School of Art dans la classe du célèbre Robert Henri entre 1900 et 1906.
Après trois séjours en Europe dont Paris, où il découvre le post-impressionnisme et le fauvisme, le peintre doit gagner sa vie comme illustrateur de
revues. L’échec de ses tableaux «parisiens» l’amène à se tourner vers les
sujets typiquement et profondément «américains» tels que les quartiers newyorkais, les chambres d’hôtel, les scènes de bureaucratie, les théâtres et bars
de nuit d’où suinte une forme de solitude et d’ennui qui ont inspiré les
cinéastes tels Siodmak, Hitchcock ou Wenders.
6
n Pour 2013, nos animations culturelles vont s’enrichir dès le mois
de janvier. De nouveaux intervenants sont programmés, dans les
domaines de la peinture contemporaine et de la science. Avec
Sylvaine Joy (Conférencière des
Musées nationaux) pour la peinture, et des médiateurs scientifiques attachés au Palais de la
découverte : Sébastien Fontaine
(Astronomie) et Stéphane Fay
(Cosmologie).
2013 verra également la naissance
d’une programmation théâtrale sur
la même tranche horaire.
Pour tout renseignement :
[email protected]
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Section peinture
n Les membres de la
section vous
invitent à les
rejoindre.
Vous avez
peut être vu
leurs œuvres
lors d’expositions dans
la rue du Siège et à la Cafétéria. Ces
dessins et peintures sont réalisés à
partir de recherches, de photos, de
souvenirs, ou bien sur le motif en
extérieur ou à l’Atelier.
Les différentes techniques utilisées
ont été travaillées pendant les cours
pour découvrir les qualités picturales de chacun de ces médiums:
peintures acryliques, pastels secs,
fusain, collage… Chacun les utilise
avec ses propres émotions pour
faire vivre son œuvre.
Concours Photo
Notre Atelier existe depuis 10 ans.
Il est ouvert à toutes et à tous, quels
que soient votre niveau et vos
objectifs.
Nous nous retrouvons tous les jeudis
au restaurant du Siège de 17h30 à
19h30.
Venez nous rendre visite, dessiner
et peindre avec nous dans une
ambiance très conviviale.
Professeur:
Frédérique Marteau
06 60 37 98 76
Présidente Jacqueline
Piederrière 06
68 92 12 45
Retour sur…
n Les salariés du Siège ont du
talent. Vous aurez pu constater que,
dans notre cafétéria, les expositions
photo le disputent aux expos de
peinture et autres. Mais vous êtes
sûrement encore plus nombreux à
ressentir que les photos que vous
faites mériteraient d’être partagées.
Alors, chiche! participez au coucours d’Autrement, dont nous vous
reparlerons, mais dont voici déjà le
thème, afin que vous recherchiez
parmi vos clichés, ou vous lanciez
dans de nouvelles prises de vues:
« Femme autrement »
…une expo, une braderie
n Du 15 au 26 octobre, vous avez pu partager le
regard porté sur le Japon par Didier Delattre, jeune
retraité (mais pas inactif) du RM. Ces photos étaient
issues de ses nombreux voyages dans ce pays. Loin
d’avoir une approche touristique, il nourrit ces clichés
de son propre imaginaire.
IB
2 000 documents en 3 jours. IB
Annuellement, le CE Siège organise une braderie de
livres et de CD pour gagner de la place à la médiathèque, afin d’y insérer les nouvelles acquisitions.
Cette année, plus de 2 000 documents ont été vendus
en 3 jours. Après les vacances de la Toussaint, l’opération braderie se poursuivra. À surveiller…
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
7
Pékin
par
le menu
1er jour
Départ de Paris CDG sur vol AF.
Nuit en vol.
2e jour
Arrivée à Pékin à 16h30. Accueil à
l’aéroport par votre guide local.
Transfert à l’hôtel.
3e jour
La place Tian an men, et les quartiers proches.
Déjeuner puis visite du nouveau
Musée de la Capitale.
4e jour
Découvertes des nouveautés architecturales de Pékin.
Déjeuner, avant de découvrir le
Dashanzi 798.
Promenade au fil des Hutongs,
ruelles caractéristiques du vieux
Pékin.
5e jour
Excursion vers la Grande muraille
de Chine.
Déjeuner sur place, puis visite des
Tombeaux Ming.
Retour à Pékin puis dîner de
canard laqué.
6e jour
Libre.
Tansfert à l’aéroport dans la soirée
et envol pour Paris CDG.
Le prix comprend :
- Vol Air France R1 + transferts
aéroport.
- 4 nuits en hôtel 3 étoiles avec
petit déjeuner occidental.
- 3 journées d’excursions avec un
guide francophone (repas inclus).
NB : le tarif n’inclut pas le visa
(70 €).
8
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Prague
en
détails
1er jour
Arrivée 8h50 à Prague.
9h30 -12h : Première présentation
de la ville en car et à pied.
12h-14h : Déjeuner.
14h-16h : Visite du Château de
Prague.
16h-19h : Quartier de Mala Strana,
église St Nicolas, quartier de
Kampa et pont Charles.
19h-21h : Dîner croisière privatif
sur la Vlatva.
2e jour
Découverte de la Vieille Ville.
9h-12h : Le plus ancien quartier de
Prague.
12h30-14h : Déjeuner au restaurant Pot doré sur la Grande place
de la Vieille Ville.
14h-17h : Visite du quartier juif.
17h-20h : Temps libre.
20h30-22h30 : Dîner campagnard
avec musique traditionnelle.
3e jour
9h-12h : Découverte des environs
de Prague avec la visite de la cristallerie Ruckl à Nizbor. Présentation de la fabrication de cristal
de Bohême, visite de la manufacture, achats, puis retour à Prague.
12h30-14h : Déjeuner dans la
brasserie U Medvidku (brassage
de la bière maison).
14h-17h : Quartier de la Nouvelle
Ville.
Transfert à l’aéroport et vol pour
Paris.
Séjour tout compris
(sauf boissons)
Vol Air France R1 + hôtel 3 étoiles
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
9
Voyager autrement
Djibouti Une destination hors normes
Commençons par un témoignage
recueilli après un séjour itinérant
pour adolescents organisé par le
CCE. «Vivre au rythme d’un pays
comme Djibouti est une expérience
hors normes. On a tout simplement
pris une leçon de vie, et je suis profondément marquée parce que j’ai vécu.
C’était quelque chose de très fort du
point de vue des relations humaines.
Et de plus, Djibouti est un pays
magnifique qui mérite d’être connu.»
À vous maintenant de suivre ce
conseil éclairé. Djibouti n’est en
général connue que pour l’utilisation qu’en a faite notre puissance
coloniale : sa façade maritime.
Derrière celle-ci existent un pays,
des identités culturelles, qui paradoxalement sont tournées vers les
hauts plateaux abyssins. Mieux que
la mer, vous y trouverez le fond
d’un futur océan, trois rifts qui se
croisent, des paysages apocalyptiques qui résument, pour tous les
géologues, la vie de la Terre et ses
grandes mutations. Ainsi l’étonnant
paysage au bord du lac Abbé situé
sur le Rift Vallée.
Des cheminées calcaires
C’est une véritable forêt de cheminées calcaires entourées de sources
d’eau chaude bouillonnante et sulfureuse. Tout aussi rare, ce belvédère entre le lac Assal et la mer,
véritable vision de la gestation de
notre monde à la frontière entre
l’Asie et l’Afrique. Que dire de la
banquise de sel du lac Assal, de
près de 65 km, qui émerge dans un
cadre de montagnes de lave noire
dans un chaos de faille et de volcans? Et si les beautés de la mer
Rouge ou la découverte de cette
géologie mouvementée vous lais10
sent quelque appétit, sachez qu’au
cœur du massif du Day, se trouve
une forêt primaire, riche d’espèces
disparues: un autre Djibouti inattendu où verdure s’allie avec fraicheur. Et dans ces paysages, partout
des nomades, des caravanes car
mieux qu’une histoire de commerce. Djibouti est un pays d’histoire comme en témoignent les
nombreux sites préhistoriques et
gravures rupestres; c’est aussi et
surtout la rencontre d’un peuple
nomade de la Corne de l’Afrique:
les Afars. La première initiative
touristique pour connaître le cœur
du pays, suivre une caravane de sel,
a été créée par un afar dont la
volonté était de faire connaître leur
culture mais aussi d’ouvrir le
monde nomade au monde extérieur, un tourisme d’échange en
1988! Depuis se sont développés
des campements touristiques
conçus en accord avec les habitants
des villages et les structures traditionnelles ce qui met en valeur leur
culture tout en étant un atout pour
le développement local. C’est parce
que l’hospitalité est une règle de vie
que le tourisme d’échanges s’est
multiplié sur tout le territoire et
comme le dit un proverbe afar: «La
personne qui te rend visite est plus
importante que toi.» C’est là toute la
richesse de ce voyage proposé sur
le site du CCE.
n
Présentation du pays et témoignages de voyageurs le 29 novembre 2012 à 12h15 salle Noguès.
La Laponie
Au nord du cercle polaire, à 185
km de Rovaniemi, au cœur de la
Laponie finlandaise, les terres
sauvages de Pomokaira constituent l’un des derniers sanctuaires
naturels d’Europe.
Un charme authentique
C’est à partir des chalets de
Peurasuvanto, qui mêlent le
charme authentique des auberges
en bois au confort et aux services
d’un hôtel de standing que vous
découvrirez les activités hivernales
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Événement CE
La Thaïlande Hors des sentiers battus
Le développement du tourisme de
masse en Thaïlande a dénaturé de
plus en plus de régions du pays.
Telles Pattaya, Pukhet et maintenant Chiang Mai. Les ghettos touristiques ne bénéficient pas à la
population et ne permettent pas la
découverte de la vraie Thaïlande.
Une piste pour voyager au plus près
des habitants: à deux heures de
route de Bangkok, non loin de la
station balnéaire Hua Hin, la région
de Kanchanaburi ne se limite pas
au célèbre pont de la rivière Kwai,
c’est aussi un paradis de verdure.
Authenticité et confort
En 2009 Orni et Jean-Pierre ont
créé My Home Thailand, une villa
thaïlandaise pour vous, que vous
soyez 2 ou 12. Elle est dans une
petite ville hors des sentiers battus
et équipée tout confort. Et vos voisins sont des thaïs prêts à vous
accueillir. Vos hôtes organisent des
sorties touristiques basées sur la
convivialité, l’écotourisme, l’apprentissage culturel et humain de la
Thaïlande. Avec découvertes des
fermes, des plantations de thé, d’orchidées, journée de vie avec les éléphants, stages culinaires, visite des
temples et des lieux culturels,
pêche sur le lac, descente de rivière
en canoë. Entre autres... Consulter
le site www.myhome-thailand.com
Exemple de prix: 21 euros par personne (base 4/jour), témoignages et
renseignements auprès de
[email protected]
Une destination insolite
qui font la légende du grand Nord
finlandais. Vos hôtes Annukka et
Antti, francophones, vous initieront
tant au finnois qu’à la cuisine et aux
coutumes locales tout en participant à de multiples activités.
De nombreuses activités
Safari en train à chiens, déjeuner
local sous une tente lapone, pêche
sur glace, rencontre avec un éleveur
de rennes, découvertes des traditions lapones, ski de fond, et motoneige. Un séjour on ne peut plus
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
authentique
au sein d’une
Laponie à la
fois sauvage et
forestière. Un
conseil : ne pas
y aller à Noël,
les jours sont
trop courts, et le père Noël est soit
en tournée, soit trop occupé… La
meilleure période, c’est à partir de
mars jusqu’à la fin avril. Les journées y sont très longues, le soleil à
l’horizon donne une ambiance hors
du temps, il fait moins froid mais
la neige est toujours là.
www.peurasuvanto.com
Renseignements :
[email protected]
11
Vécu
Le meilleur ami des chevaux
Jean-Pierre Zappella
Jean-Pierre Zappella a été pilote
dans l’aéronavale de la Marine
nationale avant d’être embauché
en 1997 à Air France en qualité
de SFI (Synthetic Flight Instructor).
En d’autres termes, il forme les
pilotes dans les simulateurs. En
dehors de son activité professionnelle, ainsi les aléas de la vie en
ont-ils décidé, Jean-Pierre consacre
une bonne partie de son temps aux
chevaux. Depuis l’âge de sept ans,
sa fille Carine est passionnée
d’équitation et apprend à monter
durant toute sa jeunesse jusqu’à
devenir une très bonne cavalière. Il
y a une quinzaine d’années, l’idée
d’acheter un cheval s’impose. JeanPierre et sa fille jettent leur dévolu
sur un jeune mâle de 2 ans qui se
nomme Hilton du Clotobie. En son
for intérieur, Jean-Pierre est
quelque peu sceptique quant à l’issue de l’aventure qui, pense-t-il, ne
pourra pas durer bien longtemps.
Sa fille est alors étudiante et doit se
lever très tôt avant ses cours pour
sortir le cheval qui réclame une présence au quotidien. Bien sûr, elle
n’est pas seule et bénéficie de l’assistance de son ami, cavalier de
dressage déjà expérimenté. Mais,
au fil du temps, réalisant à quel
point sa fille est passionnée et
constatant une transformation positive d’Hilton, il prend conscience
qu’il va devoir l’aider financièrement. Si le cheval en fait sourire
plus d’un lors de son arrivée au
club hippique, il s’avère qu’il présente de nombreuses qualités qui
seront parfaitement exploitées,
comme en témoignera son palmarès exceptionnel. À partir de 2008,
12
Flaps, vainqueur en concours B de dressage, monté par Carine. DR
durant 3 années consécutives, il
remporte le Grand national, un
concours à étapes très disputé. Au
championnat de France, niveau pro
élite, le plus élevé de la compétition, monté par Rémy Issartel, il
obtient la médaille de bronze dès sa
première participation et, par deux
fois, est sacré vice-champion les
années suivantes.
Un cheval remarqué
Présélectionné en vue de participer
aux Jeux Olympiques de Pékin, il
manque de justesse la sélection
officielle: «Je possédais un cheval
qui se faisait remarquer. Pourquoi
ne pas en acquérir un deuxième.
C’est à ce moment que j’ai pensé à
Jazie, la sœur d’Hilton qui m’avait
également été proposée lors de
l’achat de son frère. Je me suis dit
que je pourrais dresser Jazie et la
revendre dans la foulée pour
essayer de financer en partie les
frais engagés avec Hilton. Mais ma
fille m’a convaincu de croiser la
jument avec un étalon allemand, un
Oldenbourg, pour améliorer la
race, plutôt que de la revendre.
J’avais mis le doigt dans l’engrenage. Nous avons rapidement eu
une flopée de poulains. » JeanPierre s’est désormais fait une
place dans le milieu de l’élevage,
du dressage et de la compétition. Il
possède plusieurs équidés hébergés
dans un grand centre hippique,
situé non loin de Montargis, au sein
duquel il loue une quinzaine de
boxes. À la façon d’un père de
famille, Jean-Pierre est très attaché
et attentif à ses chevaux qu’il suit à
tous les stades de leur évolution.
Aussi, il n’oubliera jamais l’épisode de Flaps, son troisième poulain qui, à l’âge de 2 ans, reçut un
mauvais coup de sabot d’une
jument. L’os du coude était fracturé. Une plaie interne remplie de
pus menaçait gravement l’articulation attaquée par des germes. En
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Jean-Pierre Zappella au simulateur de vol de Paray. DR
Comme un père
de famille, Jean-Pierre
est attentif à
ses chevaux qu’il suit
à tous les stades
de leur évolution.
dépit d’un vétérinaire alarmiste, il
n’était question, ni pour Jean-Pierre,
ni pour sa fille, écoutant plus leur
cœur que leur raison, de faire euthanasier le cheval. Une opération
compliquée allait être tentée avec
un pronostic de réussite faible.
aider le cheval à monter dans le
van. Mais celui-ci, comprenant
sans doute qu’on l’emmenait pour
le soigner, grimpa tout seul sur 3
pattes.
Le vétérinaire, très explicite, prévint que si le cartilage était atteint,
il ne réveillerait pas l’animal. Pour
Jean-Pierre et sa fille, l’angoisse
monta une nouvelle fois. L’opération fut très longue et très compliquée. Seulement pour atteindre le
foyer infectieux, le vétérinaire,
devant trancher une grande quantité
de muscles, mit plus d’une heure et
demie.
Une opération à risque
Trois années d’attente
« Le vétérinaire m’expliqua qu’il
allait devoir visser une broche en
plastique à l’os du coude, très fin
et très fragile. Le risque était de
faire éclater l’os. Si ça arrivait,
c’était cuit. L’opération a finalement réussi. Ensuite il a fallu trouver un antibiotique approprié. Ce
qui a pris plus de 6 mois. Un mois
et demi après l’opération, Flaps
avait encore un drain pour évacuer le pus. Un jour, le drain est
sorti, la plaie s’est refermée. Il a
fallu le ramener d’urgence à la clinique pour une nouvelle opération. » Rapidement plusieurs personnes furent mobilisées pour
Au terme d’interminables heures
passées à la clinique, Jean-Pierre
fut soulagé d’apprendre que l’opération s’était bien passée. Pour que
Faps marche de nouveau normalement, il fallut attendre une année,
ce qui eut pour effet de retarder sa
croissance. En tout trois années
furent nécessaires pour qu’il
reprenne le dressage et le circuit de
la compétition. Et en dépit de ses
handicaps, il remporta tous les
concours auxquels il participa. Il y
a 2 ans, alors qu’il était en pleine
ascension pour conquérir de nouveaux titres, profitant que son box
avait été mal fermé, il s’est
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
échappé dans les prés. Jouissant
soudainement d’une totale liberté,
il a couru 2 heures durant. Il s’est
flambé les tendons, s’est blessé et a
dû subir une nouvelle opération.
Avant de reprendre l’entraînement,
une nouvelle convalescence lui a
fait prendre du retard. Comme
l’analyse Jean-Pierre, les conséquences sont lourdes : « À son âge,
il pourrait être aux portes des
grands prix. À présent on en est
loin. Faire courir un cheval
requiert beaucoup de technicité, de
temps et de patience. » Les chevaux de compétition doivent être
auscultés par le vétérinaire tous les
deux mois, vus par l’ostéopathe
mensuellement et suivis par le
maréchal ferrant qui prodigue des
soins constants comprenant la ferrure, le parage, le graissage toutes
les 6 semaines. Au même titre que
Flaps, Hilton de Clotobie, le cheval
de tête au palmarès exceptionnel, a
lui aussi connu des déboires suite à
une opération qui lui a fait perdre
250 kilos de muscle. Pendant une
année, privé d’exercice, il a fallu
lui administrer un régime approprié. Récemment Carine l’a monté
à Compiègne. Il revient doucement
dans la compétition, mais sa carrière est maintenant derrière lui. Eu
égard à son âge et à l’opération
qu’il a subie, il n’a aujourd’hui
plus de valeur sur le marché : « Si
j’avais été businessman à l’époque
où Hilton gagnait des grands prix,
j’aurais pu le vendre entre 800 000
et 1 million d’euros. Mais chez
nous, on ne vend pas les membres
de la famille. Nos chevaux, on les
aime, on les garde. » Jean-Pierre
est un homme de cœur. Quand il
vous parle de ses chevaux et
caresse le fol espoir d’en voir un
qui
participera
aux
Jeux
Olympiques, il a l’œil qui pétille.
Igor Bensasson
13
Paroles de salariés
La banda de música
Entre instruments de vol et… de musique
Copilote sur Boeing 777, Isabelle de Boves travaille à Air France depuis une douzaine d’années.
En décembre 2011, elle rend visite à sa tante
Nicole, petite sœur de Jésus de Charles de
Foucauld, installée au Mexique depuis 57 ans. À
l’écoute des gens mais jamais prosélyte, celle-ci vit au
beau milieu d’un bidonville à la périphérie d’Oaxaca,
à plus de 600 kilomètres au sud de Mexico. Peuplé de
migrants, majoritairement des Zapotèques d’origine
rurale à la recherche d’un travail, le quartier est situé
au pied d’un dépôt d’ordures. Ici, pas de latrines, et à
défaut d’eau courante dans chaque foyer, un seul puit
pour tous les habitants. Un jour, connaissant son
amour de la musique, Nicole propose à Isabelle de lui
présenter un groupe d’enfants du voisinage qui suit
des cours de solfège : «J’ai rencontré 21 enfants âgés
de 8 à 17 ans. Cela faisait plus de six mois qu’ils se réunissaient 4 jours par semaine et 3 heures par jour après
l’école autour de Camerino, musicien professionnel
animé par l’ambition de monter une banda de música,
fanfare locale, véritable tradition dans le pays.» En
l’espace de quelques mois, les bases acquises, chaque
enfant savait également de quel instrument il jouerait.
Mais à la lecture des devis effectués en vue d’acheter
les instruments, l’espoir d’en acquérir, même d’occasion, semblait s’éloigner. Isabelle a alors une idée :
«Je me suis dit qu’en France, au sein des familles, il y a
certainement quantité d’instruments inutilisés qui sommeillent dans les placards et greniers après que les
enfants ont abandonné leur apprentissage musical ou
encore acheté de nouveaux instruments. Pourquoi ne
pas tenter de les récupérer? J’ai envoyé des mails à
toutes mes connaissances pour leur faire part de mon
projet. Ça a très bien fonctionné. Un effet boule de neige
a opéré et rapidement j’ai été contactée par des personnes que je ne connaissais pas directement.»
Des instruments de musique pour tous
Spontanément une chaîne de bonnes volontés et de
solidarité se lève pour réceptionner les instruments et
les envoyer au Mexique. À ce titre, Hélène Primaux,
hôtesse de l’air à Air France qui réside à Mexico,
ayant eu vent de l’action entreprise par Isabelle, offre
ses services et devient l’une des chevilles ouvrières de
14
l’organisation en réceptionnant et stockant les instruments chez elle jusqu’à ce qu’ils soient acheminés à
Oaxaca. Au mois de février 2012, soit deux mois
après le début des opérations, tous les enfants avaient
un instrument entre les mains. Au mois de mai dernier,
une classe de guitares était créée. Aujourd’hui, tout le
quartier peut s’enorgueillir de posséder une véritable
école de musique, la banda de música, forte de trois
enseignants et de plus d’une centaine d’élèves. Les
inscriptions vont bon train et fatalement se pose derechef le problème de trouver un instrument pour
chaque nouvel entrant. Et l’on peut dire qu’Isabelle ne
ménage pas son énergie: «Si je n’ai pas créé d’association, c’est par peur de ne pouvoir tout mener de front:
mise en place d’un Bureau, organisation des assemblées
générales… Je vole, je m’occupe de mes enfants et j’ai
dû arrêter toutes mes activités personnelles pour consacrer du temps à la banda. Je récupère les instruments, je
les emporte chez le réparateur, les achemine à l’aéroport. Bien sûr je ne suis pas toute seule, je reçois
quelques aides ponctuelles. Une voisine traduit mon
blog en espagnol, un ami m’apporte une aide pour l’informatique, mais toute la logistique repose sur moi.»
La banda de música bénéficie d’un fonds de dotation.
À l’instar d’une association ou d’une fondation, les
donateurs bénéficient d’une déduction fiscale. Face au
succès rencontré, le besoin de trouver un nouveau
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Le projet est de créer
une maison des jeunes
qui pourrait ouvrir ses portes
à la banda et à
d’autres associations.
local, pour accueillir les nombreux élèves et mettre en
lieu sûr les instruments, se fait de plus en plus pressant.
De la banda à une maison des jeunes
Le projet, établi en partenariat avec la paroisse et un
comité de familles, est de créer une maison des jeunes
qui pourrait ouvrir ses portes à la banda et à d’autres
associations déjà existantes, telles une classe de théâtre pour les sourds et muets, une classe d’apprentissage du langage des signes ou encore des ateliers de
co-écoute entre adolescents. Au début de cet été, un
terrain, idéalement situé au cœur du quartier, a été mis
en vente. Le prix demandé est de 300 000 pesos soit
18 000 euros. Une cotisation spontanée a permis de
recueillir 1 000 euros. Emmaüs a donné 3 000 euros.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, à Oaxaca, l’esprit
d’assistance n’est pas de mise et chacun, selon ses
moyens, apporte sa pierre à l’édifice. Des tombolas
sont organisées. Un dimanche, les enfants, très impliqués, ont confectionné des gâteaux et des sucreries
qu’ils ont vendus en faisant du porte-à-porte.
D’actions menées en dons recueillis, en incluant ceux
qui sont apportés par l’action d’Isabelle, les fonds
levés s’élèvent d’ores et déjà à 13 500 euros.
Des luthiers mis à contribution
En France, c’est sans répit qu’Isabelle continue de
mener son action en frappant à toutes les portes : « Un
jour, j’ai contacté Vandoren, célèbre fabricant
d’anches et de becs pour clarinettes et saxophones.
J’ai décroché facilement un rendez-vous. J’ai exposé
mon projet, j’ai montré des photos. Une semaine plus
tard j’obtenais tous les accessoires demandés et des
partitions. Depuis j’ai été orientée vers des luthiers
qui, gratuitement, me retamponnent des clarinettes et
réparent des cuivres. » Le 29 juillet dernier, la banda
de música donnait son premier concert. La tante
d’Isabelle peut témoigner de la ferveur et de la fierté
affichées sur les visages. Les enfants, endimanchés,
avaient mis tout leur cœur pour monter une jolie scène.
Camerino, professeur à l’origine du projet de fanfare,
sait mieux que personne à quel point la musique peut
canaliser les énergies et créer des liens forts entre les
individus. Très attentif à ses élèves, il détecte chez certains des capacités qui leur permettront peut-être de
postuler au concours d’entrée à un conservatoire national dans lequel les études sont prises en charge par
l’État. À n’en point douter, la banda de música est
source d’espoir pour les familles du quartier. L’espoir
que les enfants échappent à la délinquance urbaine et
qu’ils trouvent leur place dans la société. Alors, si vous
avez un vieil instrument qui traîne au fond d’un placard, et même si vous devez verser une larme en vous
en séparant, soyez assuré qu’il retrouvera vie entre les
mains d’un jeune musicien animé par l’envie de jouer.
Par ailleurs, les dons en espèces (défiscalisés) sont
bienvenus.
Igor Bensasson
La banda de música :
https://labanda2musica.wordpress.com
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
15
Femmes
La mode
Un signe des évolutions sociales
C’est la «mode de l’homme honnête ». Un référent qui alimente
encore le conflit entre la bourgeoisie et l’aristocratie. Il faudra attendre la Première République, en
1793, pour que soit instauré le principe démocratique de la liberté vestimentaire. Le vêtement a-t-il cessé
pour autant d’être le signe d’un
rang social? Certainement pas!
La mode est directement liée
aux mutations des styles de vie
et aux valeurs des sociétés.
« Montre-moi comment tu t’habilles, je te dirai qui tu es ! »… Le
vêtement a-t-il un rôle social ?
Le vêtement est en tout cas
l’une des premières interfaces
entre le corps personnel et le
corps social.
Il protège des agressions climatiques et s’adapte aux activités de
celles et ceux qui le portent, mais le
vêtement est aussi une manifestation de l’identité ou de l’appartenance à un courant d’idées. Il permet d’exprimer les valeurs esthétiques d’une culture, et affiche la
place de l’individu dans la hiérarchie sociale. Cette « seconde peau »
de l’être humain, lourde de sens,
prend des formes particulières dans
la société occidentale.
Un symbole social fort
Jusqu’au XIXe siècle, la société
impose à tous de se cacher le corps,
n’acceptant que la nudité idéale
artistique. De ce port obligatoire du
vêtement, ce que l’on appelle «la
mode» prend le pas dès la fin du
Moyen-Âge. Avec ses métamorphoses rapides et ses extravagances, elle devient aussitôt partie
intégrante du fonctionnement
social et culturel : elle se répand par
le fait du roi, avant d’être imitée par
la cour. La nouveauté vestimentaire
devient une valeur mondaine et la
haute société considère que tout ce
qui est faste vaut vertu. Jusqu’au
XVIIIe siècle, la sophistication
domine ainsi la scène, permet d’af16
Le règne du corset
« Jusqu’au XVIIIe siècle, la sophistication domine la scène. » DR
ficher son rang et de se faire valoir
personnellement… Au grand dam
de l’Église qui voit dans cet étalage
esthétique et frivole les effets de la
vanité humaine. À cette époque
sont rédigés des « édits somptuaires», imposant à chacun le port
de vêtements qui socialement lui
reviennent.
L’apparition du faux
Mais avec l’expansion du commerce puis le développement des
fortunes bourgeoises, les «parvenus » décident d’imiter le style
«noble». Car après tout, tous roturiers qu’ils sont, eux aussi sont
riches! En remplissant leurs garderobes de copies des vêtements exubérants portés par l’aristocratie, ils
inventent le «faux».
Au XVIIe siècle, la bourgeoisie
s’approprie ses propres critères
d’élégance basés sur le sens de la
mesure, de l’utilité et du confort.
Le corps des femmes notamment,
considéré comme un objet – de tentation – ne leur appartient pas.
Alors, tout comme au XIIe siècle,
les conventions continuent de lui
imposer des vêtement à laçage, si
serrés qu’elles peuvent à peine bouger. D’ailleurs, associé au port de la
crinoline, le corset devient de fait
un signe d’oisiveté bourgeoise :
entravée dans ses mouvements, la
femme doit se faire aider de domestiques. L’ampleur de certaines crinolines avait aussi valeur de distance physique infranchissable visà-vis des autres. Ce sont finalement
les médecins et écrivains du
XVIIIe siècle qui auront gain de
cause contre l’obligation du port du
corset.
Changements
et émancipation
Mettant en avant des notions d’hygiène, de santé et par la suite de
sport, il leur faudra attendre d’être
rejoints par les féministes du
XXe siècle pour parvenir à dégager
définitivement le corps du corset.
La seconde grande émancipation
vestimentaire des femmes intervient avec la Première Guerre monAutrement n° 6 • novembre - décembre 2012
vécu la guerre, est farouchement
contre et ne veut pas s’habiller
comme les parents. Ce sont les
enfants du baby boom. Désireux de
rompre avec leurs aînés, ils utilisent
le vêtement pour signer leur appartenance à un groupe, créant du
même coup une contre-culture
comme moyen d’affirmer leurs
choix. Parmi les symboles d’alors:
le port du pantalon pour les filles et
les accessoires de mode unisexes.
La femme revendique
le droit de disposer
définitivement de son
corps et de le dévoiler.
Première Guerre mondiale, le vêtement accompagne l’émancipation. DR
diale. Les hommes absents, elles
accomplissent les tâches qui leur
étaient jusqu’alors réservées. Leur
niveau de responsabilité grimpe et
elles s’habillent conformément à
leur nouveau rôle. Apparaît le style
« garçonne » des couturiers Jean
Patou ou Jeanne Lanvin.
Une libération de courte durée
puisque la crise de 1929 impose un
retour à des valeurs plus classiques: les formes sont remises en
valeur et les teintes retrouvent la
sobriété du beige et du noir.
Au lendemain de la guerre, un nouveau concept révolutionne la mode : le prêt-à-porter (production
mécanisée, en fonction de tailles
prédéfinies), outil indispensable à
gommer les différenciations sociales.
La victoire du corps
Et l’on gomme… jusqu’aux années
60. La nouvelle génération n’a pas
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Dans le même temps, le prêt-à-porter devient un territoire d’expérimentation particulièrement actif.
On se souvient de la robe de mariée
à imprimé vichy, créée par Jacques
Esterel. Portée par Brigitte Bardot
lors de son mariage avec Jacques
Charrier en 1958, elle sera reproduite à des milliers d’exemplaires.
La liberté des stylistes
Mois: mai, année: 68. Les mentalités sont bouleversées, les conventions sociales bousculées. Les
revendications se font très fortes et
la jeunesse explose.
La femme revendique le droit de
disposer définitivement de son
corps et de le dévoiler. Le corps est
enfin libéré de ses obligations vestimentaires : le port d’un habit
devient une question de choix individuel. Dans la mode apparaissent
les premiers stylistes, qui, souvent
loin des règles d’élégance de la
couture, laissent parler leur imagination, inspirés uniquement par le
corps lui-même. Ils lancent la mode
«minceur» des années 70 et créent
les femmes androgynes. Avec les
années 80, le vêtement leur sert à
sculpter le corps de la femme et
certains comme Jean-Paul Gaultier
osent même redessiner un vêtement-corset, dans des matières
(latex, plastique moulé ou cuir) qui,
cette fois, ne déforment ni ne
contraignent plus le corps.
Le tailleur…
symbole de lutte
Aussi étrange que cela puisse nous
paraître, le tailleur est l’un des
grands témoins de la lutte des
femmes pour l’égalité avec les
hommes.
Cet élément fondamental de nombreuses garde-robes féminines
avait été créé au XVIIIe siècle pour
habiller la classe populaire.
Entre 1914 et 1918, le tailleur
s’impose comme symbole de la
femme en lutte pour sa patrie.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l’uniforme de guerre et
de résistance des femmes, symbolisant aussi la solidarité avec les
hommes au combat. De couleur
noire, il sera symbole de deuil.
Après la guerre, le tailleur est
associé aux métiers urbains et
porté par les vendeuses des grands
magasins, les secrétaires et les
employées de bureau. En l’adoptant, les femmes s’approprient les
éléments du vestiaire masculin, en
signe de pouvoir.
Le tailleur est aussi lié à l’idée de
progrès : le développement des
transports exige le port d’un costume fait dans des matières simples. Le chemisier porté sous la
veste permet de varier les tenues,
avec moins d’entretien pour une
hygiène plus grande.
Considéré comme l’habit type des
business women, le tailleur est
rejeté par les jeunes filles à partir
de 1968. Il redeviendra le signe
d’une certaine indépendance dans
les années 80.
Karine Monségu
17
Culture autrement… cinéma
Alerte à Cinecittà
Studios en péril
suscité un important mouvement
de protestation des employés qui
ont lancé en juillet une grève et
une occupation des lieux. La
mobilisation a pris également une
dimension internationale.
Une mobilisation
internationale
Les mythiques studios romains
de Cinecittà ont accueilli des
milliers de tournages de films
italiens ou étrangers. Pourtant,
cet Hollywood sur le Tibre traverse actuellement une zone de
turbulences.
Inaugurés en 1937 par Mussolini,
les studios de Cinecittà avaient
pour ambition de concurrencer
Hollywood. Situés à neuf kilomètres du centre de Rome, ils comptent toujours parmi les plus vastes
d’Europe et s’étendent sur une
quarantaine d’hectares abritant
vingt-deux plateaux.
Plus de 3000 films
Plus de 3000 films y ont été tournés parmi lesquels des chefs d’œuvre du cinéma italien signés
Fellini, Pasolini, Visconti ou
Sergio Leone. À son âge d’or dans
les années 50-60, ce gigantesque
complexe a aussi servi de décor à
de nombreuses superproductions
internationales telles que Guerre
et paix, Ben-Hur ou Cléopâtre.
C’est encore à Cinecittà qu’ont été
tournés Le Patient anglais, ou
18
encore Gangs of New York. Et
pour les besoins de la série Rome
on y a reconstitué le forum ainsi
que des parties de la ville antique.
Dernièrement, Nanni Moretti y a
dirigé Michel Piccoli dans
Habemus papam.
En France, la société des AuteursRéalisateurs-Producteurs (ARP) a
mis en ligne une pétition développant les notions suivantes. Alertés
par leur confrère Ettore Scola, les
cinéastes européens sont scandali-
Un incendie dévastateur
Malgré ces illustres références et
cette histoire glorieuse, Cineccittà
a passé un été particulièrement
chaud. En juillet, un incendie s’y
est déclaré, et s’il a été moins
sévère que celui de 2007 et ses
4000 mètres carrés ravagés, il n’en
a pas moins sérieusement endommagé le studio 5, tant apprécié de
Fellini (voir encadré).
Surtout, Cinecittà traverse une
crise inquiétante qui pourrait
annoncer la fin de ces studios
légendaires.
Vers la fin des studios ?
Un projet de réorganisation de la
Direction des studios prévoyant le
démantèlement d’activités cinématographiques et la création d’un
hôtel de luxe avec parking de
6000 places ainsi que des spas a
Fellini et le studio 5
« Cinecittà,
expliquait
Federico
Fellini, c’est une ville où j’ai l’impression d’être né, où je prends du plaisir
à vivre, et où j’espère continuer à
m’amuser, en compagnie de mes
marionnettes. » Depuis La dolce vita
en 1960, le cinéaste avait installé ses
quartiers à Cinecittà et notamment
dans l’un des plus vastes, le fameux
studio 5 (teatro cinque). C’est là qu’il
dirigeait tous ses films et qu’il a pu
donner corps à ses rêves les plus
fous : la tête gigantesque de la divinité dans son Casanova, le vaisseau
extraordinaire de Et vogue le navire.
« Tous les voyages pour moi, commencent et finissent dans les studios
de Cinecittà », disait le Maestro, qui a
livré avec Intervista (1987) un bel
hommage à Cinecittà.
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Culture autrement… cinéma
Frankenweenie
ressuscite Tim Burton
sés de constater que les Studios
Cinecittà, haut-lieu du patrimoine
cinématographique mondial, sont
mis en péril pour des motifs spéculatifs, et honteusement considérés
avec aussi peu d’égards qu’un parking ou un supermarché.
L’air du temps
Est-il urgent de détruire ce lieu
inséparable du cinéma de Fellini,
Visconti, Comencini, Lattuada,
entre autres, pour construire un
centre de fitness ? Maigrir aux
dépends du patrimoine et de la culture, tout un symbole : même sous
Berlusconi, ils n’avaient pas osé !
Jacques Lévy
Cycle italien
Coup de projecteur sur Cinecittà à
l’occasion du cycle de séances de
décryptage consacré au cinéma italien. Après la séance du 13 novembre sur Huit et demi de Federico
Fellini, le 20 décembre portera sur
Journal intime de Nanni Moretti.
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Fankenweenie fut, il y a presque 30
ans, un des premiers courtsmétrages de Tim Burton. Cette
année, c’est sous la forme d’un
long-métrage d’animation que le
récit est de nouveau exploité par le
maître. Dès les premières scènes,
ce qui fait la marque de fabrique de
Burton est en place. Noir et blanc
expressionniste, galerie de figurines, mi-monstres mi-humaines,
sorties d’outre-tombe, esthétique
gothique à souhait, rien ne manque
à l’appel de l’univers bien connu.
Frankenweenie est une version
revisitée de Frankenstein à la mode
canine. L’apprenti sorcier est ici un
jeune garçon solitaire, éternel double du cinéaste, qui a pour seul ami
son chien. Un toutou tellement
adoré que quand celui-ci meurt,
écrasé par une voiture, son maître
n’a qu’une idée en tête, le ramener
à la vie.
Le recours à l’animation image par
image(1), héritage du génial réalisateur russe Ladislas Starewitch,
fonctionne à merveille. Une fois
de plus, le cinéaste retourne sur les
traces du cinéma de son enfance,
des séries B des années 30 aux
années 50. On pense notamment à
Vincent Price, Bela Lugosi, Boris
Karloff, Ed Wood, Godzilla, ou
encore aux horror monster movies
produits par Universal. Bref, rien
de nouveau du côté des recettes
burtoniennes quelque peu éculées,
et ce depuis une dizaine d’années.
Mais avec ce Frankenweenie, un
film à l’inspiration parfaitement
maîtrisée, le cinéaste, que d’aucuns avaient un peu trop rapidement muséifié et
enterré, apporte un nouveau
souffle à son
talent pourtant
déjà reconnu
de
conteur
poétique. IB
1. Stop motion en
anglais. Technique qui consiste à
créer du mouvement à partir
d’images immobiles.
19
Culture autrement… expos
Paris made in Hollywood
« Paris est semblable à toute autre
grande ville, Londres, Tokyo ou
New York. À deux petits détails
près. À Paris les gens mangent
mieux et à Paris les gens s’aiment.
Disons pas forcément mieux, mais
en tout cas plus souvent. Ils s’aiment à toute heure, en tout lieu,
sur la rive gauche, sur la rive
droite et entre les deux rives. Ils
s’aiment le jour et ils s’aiment la
nuit. Le boucher, le boulanger et
l’employé des pompes funèbres. Ils
s’aiment en mouvement ou dans
l’immobilité la plus absolue. Les
caniches s’aiment, les touristes
s’aiment. Les généraux s’aiment.
Il arrive même parfois que les existentialistes s’aiment. Il y a l’amour
jeune. Et l’amour vieux. L’amour
conjugal et l’amour extra conjugal. » C’est sur ces quelques délicieuses phrases, dites par la voix
tipically french de Maurice
Chevalier, petit air d’accordéon
bien sympathique en sus, magnifiquement mises en images, que
s’ouvre Ariane (Love in the afternoon), un des petits bijoux dont
Billy Wilder avait le secret.
dien. Depuis plus de cent ans, on
estime à 800 le nombre des films
dont l’action se situe dans la capitale
française. Mais n’est-il pas compréhensible que celle qui a pour surnom
la Ville Lumière soit un décor si
recherché? Non pas un décor qui
colle à une quelconque réalité sociologique, mais un décor en grande
partie truffé de clichés d’une ville
fantasmée et réinventée pour une
invitation au voyage adressée avant
tout au spectateur américain moyen.
100 films évoqués
Entre mythes et réalité
Depuis quelques semaines, l’Hôtel
de Ville de Paris accueille l’exposition Paris vu par Hollywood proposée par Antoine de Baecque, critique et historien du cinéma. C’est
en tout une centaine de films qui
sont évoqués ici au travers de photos, d’affiches, de scénarios, d’extraits de films, de scènes de tournage, de maquettes de décors et de
costumes.
Il faut savoir que Paris, hors des
États-Unis, est la ville la plus représentée dans le cinéma hollywoo-
Ainsi Paris se résume t-elle soit à
des lieux de prestige et de mondanité comme la tour Eiffel, la place
de la Concorde ou encore le Ritz,
soit à des ambiances très romantiques et idylliques tels les toits de
Paris, quand il s’agit d’évoquer des
quartiers plus populaires. Quoi qu’il
en soit, au-delà du passionnant
débat entre mythes et réalité induit
par l’exposition, vous éprouverez
un réel plaisir à vous laisser guider
au gré de souvenirs remémorés ou
de découvertes de documents iné-
20
dits. Très belle surprise, un écran
panoramique de 20 mètres de long
pour apprécier des extraits de films
relayés également sur 70 petits
écrans. Impossible de ne pas
s’émouvoir face au si doux et si touchant visage d’Audrey Hepburn,
véritable incarnation de l’élégance
et du glamour à la mode parisienne,
habillée d’un tailleur ou d’une
robe, toujours Givenchy, dans
Drôle de frimousse et Charade de
Stanley Donen, Ariane et Sabrina
de Billy Wilder ou encore
Comment voler un million de dollars de William Wyler.
Une bien belle exposition en
somme qui donne à voir et aussi à
réfléchir sur l’image que les
Américains se font de nous. A
IB
méditer.
Gratuit
Du 18 septembre au 15 décembre
Hôtel de Ville-Salle Saint-Jean, 5 rue
Lobau (Paris 4e)
Tous les jours de 10h à 19h sauf les
dimanches et jours fériés.
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
Culture autrement… musique
La Diskett’ Rover (tenue de route
exceptionnelle)
Parce que la musique appartient à
tous, je veux apporter ma modeste
contribution aux artistes encore
méconnus qui y croient dur comme
fer et qui je l’espère, vous plairont.
La Diskett’ naît en octobre 2007
d’un court-circuit entre Fonk et
Textes et d’une rencontre antérieure : Freesko (Michel P.M.) et
Titoc (Laurent A.) arpentent alors
l’Université en quête de nouvelles aventures musicales.
Les deux compères, en coopération
avec un vivier d’artistes talentueux,
livrent mi-2008 un premier opus Déformatage - soutenu par une
série de concerts (environ une centaine) mais également à l’étranger
(aux Etats-Unis, Grande-Bretagne,
Russie...). Le disque pose les jalons
du «Fonkatext», forme hybride
entre le chant, le slam et des phrasés parfois rappés, qui se développe
sur des compositions aux accents
souvent funk, parfois jazz, mais
toujours savoureux.
Un deuxième album en cours de
préparation devrait paraître selon
toute vraisemblance début 2013.
Patience...
En attendant, le groupe s’est produit le 15 Juin 2012 à la Scène
Bastille en compagnie de Kazak
(Hip-Hop Fiction) et du collectif
Dharma (Soul Reggae) pour une
ambiance groove!
Sabine Legros
DR
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
DR
Géant à la carrure de colosse, beau
comme un (Depar)dieu d’il y a bien
longtemps, Timothée Régnier alias
Rover, clin d’œil à l’élégance des
belles Anglaises au tableau de bord
en noyer, surgit sur la scène pop
avec un premier album époustouflant. Si Rover est français, il a
passé son enfance un peu partout,
en France, en Suisse, en
Allemagne, aux Phillipines et aussi
à New York et même à Beyrouth
où il a monté un groupe de rock
avec son frère. Autodidacte dès
l’âge de 7 ans, ses références s’affichent clairement anglo-saxonnes.
Beatles, Beach Boys, Dylan,
Interpol, Strokes peuplent son univers musical. Et bien sûr Bowie,
difficile de ne pas l’entendre !
Parmi les chanteurs français, seul
Gainsbourg trouve grâce à ses yeux
(à ses oreilles pour être plus exact).
Mais qu’importe, avec un premier
album au titre éponyme, le colosse
à la voix d’ange, c’est son surnom,
déploie à la fois énergie, lyrisme et
nostalgie dans un équilibre parfaitement maîtrisé. Il y a chez Rover
un vrai bon goût (oui je sais, c’est
difficile à expliquer), des mélodies
lumineuses et entêtantes (qui chopent la cervelle comme disent d’aucuns) emmenées par une voix puissante et de velours à la fois. Une
sophistication discrète où tout se
joue dans les détails et la posture:
«J’essaie d’être authentique, ma
musique, c’est un peu de la fripe, il y
a un dandysme, c’est romantique.»
Rover est sans nul doute l’une des
plus belles découvertes de 2012. À
écouter sans modération et sans
limitation de vitesse.
Igor Bensasson
Bientôt dans les bacs
de la médiathèque Barbara
21
Port-folio
Scènes
Quelques uns
des concerts
auxquels vous avez
pu assister récemment
en utilisant
la billetterie
1
de votre CE. n
2
3
22
4
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
2012 au Festival We Love Green
(Universal Polydor)
4. Radiohead le 11 octobre 2012
à Bercy (Beggar's XL Records)
5. The XX le 9 septembre 2012 au
Cirque d’Hiver (Beggar's)
6. Dead Can Dance le 27 septembre 2012 au Grand Rex (Pias)
7. Leonard Cohen le 28 septembre 2012 à l’Olympia (Sony)
8. Woodkid le 26 septembre 2012
au Grand Rex (Label Gum)
Toutes photos DWP
5 6
1. Coldplay le 2 septembre 2012
au Stade de France (EMI)
2. Jennifer Lopez le 16 octobre
2012 à Bercy (Interconcerts Prod.)
3. Cody Chesnut le 16 septembre
8
7
Autrement n° 6 • novembre - décembre 2012
23