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- « Je crains qu’aujourd’hui le choix de monsieur ne soit pas des plus judicieux...
Si je peux juste me permettre...
- « Tu ne te permets juste rien du tout.
Tu vas d’abord me soigner cette mauvaise peau et ensuite tu te permets, ok ? »
Benoît
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HUMEURS
04 / 04 / 2008
Beaucoup de connards, bon ok la plupart, pensent qu’une console de jeux vidéos ce n’est finalement
qu’un jouet de plus, distrayant certes, mais tout juste capable de satisfaire quelques exigences ludiques
d’adolescents en mal de reconnaissance. Pas seulement. C’est au fond le dernier rempart d’une civilisation
où tout s’écroule. Un refuge où tous nos fantasmes ne seront pas déçus. Au pire difficilement accessibles.
Ici pas d’hypocrisie. Pas de fausse morale de supermarché. On tue sans vergogne. On déniche du terroriste
dans les chiottes et on le bute. Salement si possible. On prend les quelques pixels qui lui servent de vie
et on le transperce de toute notre haine virtuelle. C’est un grand terrain de liberté en gros. Rude journée ?
Le barbu poseur de bombe sera la victime de notre vengeance. J’ai toujours rêvé d’éliminer le monde entier,
sans vergogne, sans respect. Les jeux vidéos offrent cette destruction à portée de manette. C’est le temple
du nihilisme. On prend. On casse. On détruit. On tue. Sans raison aucune. Sans culpabilité puisque rien
n’existe. Rien n’est réel. Du vent. Oui mais à l’infini. Et jouissif qui plus est. Le panthéon de nos bas instincts.
On coupe des gorges. On mitraille des ennemis. On découpe des corps. On récompense notre vision
de l’horreur. On glorifie nos victoires sanguinolentes. Et on vous emmerde.
Le jour où ma xbox360 a rendu définitivement l’âme ce n’est pas un bout de plastique qui a disparu
de ma vie mais une partie de moi. Et celle que je préfère. Celle qui se réfugie dans la guerre polygonée.
Celle qui dit non à toute forme de vie. De bienséance. De manger bien. De faire du sport. De s’entretenir.
De lire. De se cultiver. D’apprendre. D’avoir une vie sociale. A quoi bon ? Perte de temps totale dès lors
que l’on peut traumatiser un gamin de 12 ans sur le live à coup de fusil à pompes.
Putain de suceur de pop corn.
Crève !
26/06/2008
A chaque fois la même rangaine. Ca en devient même risible. Pathétique. Et surtout révélateur d’une scène
qui tourne en rond. Je m’explique. Cela fait plus de 3 ans que je suis chroniqueur. Avec plus ou moins
de talent. Moins que plus. Il y a toujours des connards pour me reprocher d’être trop «violent» sur une
ou deux critiques de groupes imbaisables. A ceux-là je réponds : lisez «Le Cas Wagner» de Nietzsche.
Mais habituez que vous êtes à la pisse tiède vous risquez de ne pas saisir le génie de cette chronique
musicale. La meilleure. La crème. L’indétrônable. Mais passons. Avec le temps on apprend à ignorer les
ignorants. Par contre j’ai de plus en plus de mal à accepter les réponses méprisantes des savants de la scène.
Ceux à qui on ne l’a fait pas. Ceux qui ont un cahier pré-établi de ce qui mérite le respect ou le dédain.
Cette même brochette de fils de putes qui sous couvert d’une connaissance extraordinaire d’un genre musical
refuse catégoriquement toute méprise à l’égard d’une de leur bouse consanguine. Vous me direz, un critique
qui n’accepte pas la critique c’est pathétique. Mettons-nous d’accord sur un point. J’écris souvent mal,
pour mieux me débarasser du truc promo.
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Pour mieux retrouver une activité normale. Donc j’accepte volontiers les animosités à l’encontre d’un choix
de référence, d’un choix de vocabulaire ou tout simplement du choix de ne pas entrer dans les détails techniques de l’album. Et donc, au final, du choix de ma façon
de chroniquer ledit CD. Mais je ne pourrai jamais, ô grand jamais, plier le dos face à une de ces merdes
prétextant que mon avis est merdique tout simplement parce qu’il n’est pas le sien. Et c’est à coup sûr ce que
j’aurai comme réponse si j’ose émettre un avis négatif sur un groupe considéré comme une référence
dans le microcosme musical dans lequel nous évoluons tous. Contraint ou forcé. Et en guise d’explication
on m’offre quoi ? Des arguments outrancièrement bandants du type «connard t’y connais rien» ou,
ce qui revient au même, «chronique bâclée d’un mec qui ignore tout». Comme si ne pas partager le même
avis qu’un étron était un signe extérieur d’un manque cruel de culture.
Mais qui se cache derrière une telle rhétorique ? Derrière une telle maitrise de la langue de Molière ?
Une baltringue, nous sommes tous d’accord là-dessus. Mais pas n’importe quelle race de baltringue.
Celle-là même que l’on retrouve les bras croisés en concert, épiant chaque faits et gestes du groupe pour
mieux le détruire par forum interposé. Celle-là même tellement persuadée de détenir la vérité qu’elle
en oublie de retirer l’énorme tofu obstruant son rectum. Celle-là même qui a toujours en bouche 2/3 groupes
de punk inconnus à ressortir à point nommé pour se napper d’une réputation d’irréductible distionnaire
de la musique underground. Celle-là même qui donne des leçons de savoir-être sans jamais remettre
en question sa ridicule et minable existence.
01/07/08
Sarah Jessica Parker. Cette pute de Sarah Jessica Parker. Elle symbolise à elle-seule toute mon aversion
pour l’espèce féminine “néo-urbaine”. Le culte du moi. Le diktat de l’étron monétaire. Le monopole du “je”.
Elle se gargarise de foutre sous couvert d’indépendance sexuelle. Elle manifeste le rien et déifie la merde
qui lui sert d’existence. Comme si l’autre n’avait plus d’importance. Elle fait des hommes son nouvel
amuse-bouche. On satisfait ses pulsions. Elle se réclame le lardon du féminisme tout en jettant sur l’hypocrisie
du combat une gigantesque flaque de spermes. Tout devient interchangeable, collectionnable, éphémère.
Cette culture du zapping elle en est l’égérie. Véritable vitrine du tout argent elle glorifie la fin d’une
civilisation qui tourne en rond. Nous n’avons plus de grandes croyances. Plus de grandes guerres.
Plus de grandes idéologies. On a grandi persuadé qu’IKEA, MTV, SONY ou encore UNIVERSAL donneraient
un sens à toute cette misérable merde.
La notion d’argent a remplacé celle du travail.Les hautes études comme clef d’entrée au tout consumérisme.
Je suis le H&M que je porte. Je suis le McChicken que je mange. Je suis la robe PRADA que je baise.
La rédemption dans l’achat compulsif. La carte VISA a tué l’ennui. On remplit nos vies de biens périssables.
E-BAY est devenu l’Everest de la branlette. J’achète. Je vis. La désillusion est née de cette sur-acquisition. Nous
sommes une génération désanchantée où plus rien n’a de sens. Plus rien n’existe Mais tout s’achète. On nous
a vendu un rêve que l’on s’est empressé de démoder. Pour mieux le rendre obsolète.
Pour mieux nous donner envie d’un autre. On bouffe cette fausse réalité et face à notre incapacité à bander
on consulte des psy. On achète notre salut. Comme pour fuir la réalité. Rejetter l’inéluctable. Nous sommes
le déclin de l’humanité. Nous sommes la merde de ce monde. Notre rien n’a aucun intérêt.
Nous sommes le cancer de notre propre existence.
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CINEMA
La Zona, propriété privée
Réalisé par : Rodrigo Pla
«Le hasard fait bien les choses». Je sais ce que vous pensez. «Tiens, il se foule pas pour l’intro
de sa chronique». Laissez moi vous expliquer. On est dimanche soir. Voilà. Et derrière cette phrase aussi
cliché qu’une soirée à la Flèche d’Or se cache une vérité historique qui n’intéresse que moi. Pour faire court
je rate la séance du dernier Russel Crowe - Christian Bale alors par dépit j’achète ma place pour la zona.
- les inrock’ ont adoré.
- alors ça doit être aussi chiant que l’anthologie de Youssef Chahine.
- c’est un film mexicain, pas égyptien.
- y a une différence ?
Finalement mon retard aura été positif. Car derrière une affiche visuellement ratée se cache un bon film.
Bien sûr tous vos gauchistes d’amis auront tôt fait de vous signaler que l’on y dénonce avec classe
l’arrogance des riches, les clivages sociaux, les inégalités, un Mexique à deux vitesses, la corruption
de la police etc. Mais pas seulement. Le parti pris n’est pas aussi simpliste. En grattant un peu on voit
la détresse de gens aisés face à une réalité qu’ils ne maîtrisent pas. On comprend leurs angoisses.
Leur volonté de vouloir se protéger, même si leur technique est des plus consanguine. On comprend sans
pour autant cautionner. Et c’est aussi pour cette raison que R.Pla a réussi son film. Mais la meilleure
conclusion vient tout de même de ma compagne qui a tenu ces propos élogieux après 90 minutes:
«ces bouffeurs de tacos, c’est peut être une sous race, mais ils font de bons films». Tout est dit.
Gone Baby Gone
Réalisé par : Ben Affleck
Dès les premières images du film j’ai compris que Ben Affleck avait réalisé un film avec son coeur, avec
ses tripes et qu’il allait m’en foutre plein la gueule. Pas avec des sentiments de supermarché. Non. Du fort,
celui la même qui vous terrasse. Et je me suis pas trompé tant tout est prenant ici, des images jusqu’aux
personnages. Pas de fausses notes. Pas de moments surfaits et pourtant les tentations auraient pu être fortes
eut égard au sujet traité. Mais derrière une banale histoire d’enlèvement d’enfant Ben Affleck affronte
un sujet fort : la valeur que l’on donne à sa vie et comment on s’y accroche coûte que coûte. Bon ok, ça fait
très chanson d’Hatebreed («live for something or die for nothing» un truc du genre) ou même tirade
du dernier Rambo mais merde. Ce film défonce et cela faisait des années que je n’étais pas sorti du cinéma
à ce point hébété. Dans une bulle. Ben Affleck est un génie. Son frère mon nouvel héros.
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Battle For Haditha
Réalisé par : Nick Broomfield
Après la tornade d’émotions qu’avaient suscité en moi Gone Baby Gone j’allais désormais à reculons
au cinéma en rongeant difficilement mon frein. Difficile en effet d’accorder du crédit à des films après
une telle claque. Mais c’était sans compter l’uppercut de «Battle For Haditha». Autant aller droit au but.
Peu de films à ma connaissance touchent avec autant de justesse la complexité d’un évènement.
On est à des années lumières de la vision bisounours du monde de Sean Penn avec son trop guimauve
Into The Wild. Ici pas de caricature ni de portraits taillés à la hache. La réalité de la guerre, dans ce qu’elle
a de plus merdique et de plus imprévisible, est dépeinte ici avec brio et intelligence. On y voit des jeunes
marines perdus dans les rouages d’une guerre qui les dépasse avec la violence pour seul moyen d’expression
ou encore des irakiens prisonniers d’un pays qui n’est plus le leur et qui essayent tant bien que mal
de trouver une solution aussi peu raisonnable soit elle. Toute la classe du réalisateur est de montrer
que ces personnes ne sont en rien profondément coupables ou innocentes. Elles pataugent juste dans
un océan de merde et essayent de surnager difficilement, manipulées quelles sont par des fous de Dieu.
Qui doit on blâmer ? Le soldat US engagé pour fuir la violence de Philly qui se perd dans un tunnel sans fin
de violence gratuite, le tout savamment orchestré par ses supérieurs ? Ou le bon père de famille irakien
qui pose une bombe artisanale dans l’espoir candide de libérer son pays ? Ce ne sont au final que de petits
gens, de minuscules larbins utilisés comme des pions par des raisons d’Etat et de Religion qui les dépassent,
et qui nous dépassent tous. Un film historique. Ni plus. Ni moins.
No country for old men
Réalisé par : Joel Coen, Ethan Coen
Au sens purement technique, que ce soit dans le choix des couleurs, des paysages ou des cadrages, le dernier
film des frères Coen est une formidable réussite. Au sens purement humain, le choix des acteurs a été
des plus judicieux, et là encore, on ne peut qu’applaudir. Mais tout ça n’est que broutilles sans intérêt face
à la vraie valeur intrinsèque du film : son absence totale de fausse moral gerbante comme on en voit fleurir
régulièrement nos écrans. Ici pas de place pour les vieux, les faibles ou les rêveurs. La réalité est toujours plus
forte que ceux là. Comme une grosse beigne elle vient nous réveiller dans chacun de nos espoirs longuement
masturbés dans nos petits cerveaux ramollis. Non la vie n’est pas «plage soleil et crustacés». Je ne vous
apprends rien. Mais sur la toile on était toujours tenté de nous faire croire qu’elle avait un sens. Qu’être bon
finirait par payer. Comme si un juge suprême attribuait des bons points à nos actions positives pour nous
en féliciter ultérieurement. C’est rassurant d’y croire finalement mais ce n’est que perte de termps.
Tout devient évident dans l’un des dialogues de fin entre Woody Harrelson et Javier Bardem. «A quoi cela
t’a t’il donc servi de suivre ce code d’honneur pour finir ainsi?» demande le tueur avant d’achever sa victime.
A rien. Strictement à rien. Tout est vain. Et la fin couperet de «no country for old men» ne viendra pas
démentir cette triste réalité.
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Into The Wild
Réalisé par : Sean Penn
«Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies
de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner
sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s’aventurant
seul dans les étendues sauvages de l’Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.»
Voilà le résumé du film. Bon là vous me dites : merde encore un film de gauchiste moralisateur. Affirmatif.
On pourrait même arrêter là la chronique tant le déferlement de cartes postales du paysage américain sous
une musique folk, que nous délivre ici Sean Penn, sont contre productives.
Non les communauté hippies c’est pas aussi cool que papa dans maman. Non traverser un pays sans fric
c’est pas mener une belle et heureuse vie de bohème. Non les alter mondialistes ne sont pas tous beaux,
gentils et émouvants. Le film simplifie tellement notre monde en mettant l’horrible système capitaliste
d’un côté face à la beauté éternelle d’une nature étincelante qu’il perd en crédibilité. Tout n’est pas noir
ou blanc. La vie n’est pas dichotomique. Et c’est donc le principal reproche que l’on pourrait formuler
l’encontre d’ Into The Wild. Heureusement la fin vient un tant soit peu contredire ma critique en remettant
en cause la candeur et la poésie innocente du personnage principal. On ressort donc du film avec de belles
images plein les mirettes mais avec le curieux sentiment que Monsieur Penn a quelque peu bâclé son discours
en le simplifiant à outrance.
La Guerre Selon Charlie Wilson
Réalisé par : Mike Nichols
Au vu de la bande annonce je m’attendais à une blague potache un poil ironique sur la gestion de la guerre
par G.Bush Junior. Mais en fait pas du tout. Voilà une magnifique entrée en matière n’est-il pas ?
La Guerre Selon Charlie Wilson au final est plus un film «historique» (pas au sens strict du terme
je m’entends) sur la technique militaire américaine pour intervenir en Afghanistan et repousser ainsi l’avance
communiste (les russes en gros). Bon, et si on émet quelques sourires, ce n’est pas face à la barbarie
de nos amis rouges mais plutôt grâce au superbe jeu de Tom Hanks et Philip Seymour Hoffman, parfaits
chacun d’eux, est-il nécessaire de le préciser ?
Soyons franc je ne suis pas inspiré pour écrire ce simulie de chronique ciné. Pourquoi ? Parce que même
si ce film est sympa, que l’on passe un bon moment tout ça, il n’y a rien de renversant non plus.
Et ses 5 nominations aux golden globes sont en mon sens révélateurs de la pauvreté artistique des sorties ciné
de ces derniers temps. 3 mots pour conclure: agréable-bien-interprété. C’est déjà pas mal non ?
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La nuit nous appartient
Réalisé par : James Gray
Plan large. Une foule calme et impatiente épie son nouvel héros. Une sorte de super-policier meurtri.
Meurtri par la perte de son père suite à son combat contre la pègre. Le flambeau lui revient. D’un coup d’oeil
il vérifie que son ancienne copine ne soit pas dans les parages. Il aimerait lui dire qu’il l’aime. Qu’elle lui
manque. Qu’il en crève. L’ambiance est lourde. Quand soudain on entend Mark Wahlberg glisser à l’oreille
de Joaquin Phoenix ....
«JE T’AIME BOBBY !!»
Au second degré ce film est drôle. Très drôle même. Les dialogues de haute volée fusent et on ne peut que
crier au génie face à des répliques de type : «dans un meurtre, mieux vaut être le coupable que la victime»
ou encore le très bon «je te laisse je dois essayer un gilet par balle». Et que dire face à un terrible constat :
«se pisser dans le froc ça réchauffe pas longtemps»
Au premier degré ce film est juste merdique et on se dit qu’il a dû être écrit pendant la grève des scénaristes.
Ou alors c’est un larbin français responsable de toutes nos séries gerbantes qui a bossé dessus, au black.
J’espère au moins qu’il n’a pas été rémunéré pour ce déchet cinématographique. C’est juste à chier.
Allez plutôt écouter le dernier Parkway Drive.
Bienvenue chez les Ch’tis
Réalisé par : Dany Boon
J’aurai aimé détester ce film et ce pour plusieurs raisons. La plus compréhensible est la suivante : Danny
Boon est aussi drôle qu’Arthur. Vous saisissez le truc ? Il fait parti de cette génération de comédiens
merdiques qui ont choppé une gimmick, déjà plus que pathétique à la base, et qui la surexploite,
faute d’avoir du talent pour se renouveler. Qu’il se rassure, ils sont nombreux dans son cas. Elie Semoun
si tu nous entends ... Bref, si comme moi vous êtes hermétiques à ce genre d’ «humour» franchouillard
vous allez entrer un brin narquois dans la salle de cinéma, persuadé que vous êtes que le million d’entrées
déjà réalisées pour ce film n’est qu’une preuve de plus du mauvais goût de ces connards de français.
Et pourtant, Bienvenue chez les ch’tits n’est pas la daube que j’escomptais. Même s’il tire trop souvent sur
les mêmes ficelles (Dany Boon quoi) c’est plutôt plaisant et on se surprend à rire à plusieurs reprises (merci
Kad). Bon ok ça ne vaut pas 9 euros et on regrette d’avoir raté la séance de «there will be blood» mais
malgré tout le réalisateur est suffisamment sincère et amoureux du sujet qu’il traite pour transmettre sa
sensibilité au spectateur.
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Michael Clayton
Réalisé par : Tony Gilroy
Entre 2 grasses comédies américaines il est bon de laisser son cervelet prendre le dessus sur le choix d’un
film. C’est donc Georges Clooney qui aura la lourde tâche de réveiller mes quelques neurones, sous couvert
d’une histoire de prise de conscience d’un avocat face au capitalisme extrême du plus gros client de sa boîte,
celui là même qui lui fait préférer son capital à la santé de milliers d’honnêtes et blonds citoyens américains.
Dès lors, un choix existentiel va submerger le personnage principal: assurer sa sécurité financière
en défendant tant bien que mal son client ou, révéler à la face du monde l’horreur qu’essaye de cacher
maladroitement cette multinationale (à savoir que son produit «vache à lait» est cancérigène).
Voici la trame du film.
Bon ok, l’idée en soit n’est pas des plus originale, le thème de «david contre goliath» ayant dores et déjà
été surexploitée par les studios hollywoodiens. Mais là où, en mon sens, le film tire son épingle du jeu
c’est dans sa façon de traiter le principe. Il évite en effet de tomber dans la leçon de moral chrétienne
présentant un monde dichotomique avec les méchants d’un côté, les bons de l’autre. Donc, rassurez-vous,
ici pas raccourcis intellectuels, ni de grandes leçons humanistes merdiques placardées à la fin du truc.
Non, non, et c’est ce qui m’a fait apprécié cette production, et ce, malgré les quelques défauts qu’elle
présente comme des longueurs inutiles ou encore des dialogues à n’en plus finir.
Zodiac
Réalisé par : David Fincher
Imaginez. Vous êtes un illustrateur moyen au sein d’une gazette minable. Coincé au fin fond d’un long
«open space» impersonnel, vous n’êtes aux yeux de vos chers collègues que le vulgaire dessinateur
de service, celui que l’on s’amuse à surnommer «l’attardé». Certains auraient tôt faits alors de s’enfermer
dans leur transparence, de se convaincre que ce sont bien eux les champions. Les autres au final ne sont
qu’un minable reflet d’une nullité sans borne. Dès lors c’est l’engrenage : vous vous enfermez dans votre
mutisme et, persuadé de détenir la vérité, vous commencez à poster des messages plein de supériorité
intellectuelle sur un forum. Réduire les autres à zéro via Internet vous permet de vous sentir vivant et vous
fait oublier le temps de quelques instants que vous n’êtes qu’une misérable merde.
Mais ce n’est pas le choix de Robert Graysmith (l’illustrateur donc) qui, au lieu de se complaire dans
sa timidité, va préférer aller de l’avant et mener une enquête sur l’un des plus grands tueur en série qui sévit
dans sa bourgade. Voilà le point de départ de Zodiac.
J’étais un peu excité à l’idée de voir une nouvelle réalisation de David Fincher. Panic Room m’avait laissé
sur ma faim et j’espérais qu’il n’allait pas réaliser de nouveau «un film studio». Car quoi que l’on puisse
en penser, D.Fincher a toujours su être inventif dans ses plans caméras et c’est ce qui me séduit chez ce jeune
réalisateur. Malheureusement pour nous, David Fincher n’est ici que l’ombre de lui même. L’intro des plus
classiques donne le ton : ce film est ennuyeux. Il n’est au final qu’une succession de faits présentant
les avancées de l’enquête au fil des années. C’est plat, vide de tout suspens (ce qui me semble primordial
pourtant dans un thriller), terriblement long (2h30 bordel) et donc terriblement décevant. Oubliez tout
ce qui faisait le charme de Fincher : le choix des couleurs, des plans séquence ingénieux, un générique
original etc. Ici tout est hyper classique : du scénario au jeu des acteurs. Passez votre chemin.
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La Vie Des Autres
Réalisé par : Florian Henckel von Donnersmarck
En salles depuis fin Janvier 2007, La Vie Des Autres fait parti de ces petits films survivor qui, grâce
à un bouche à oreille efficace, reste à l’affiche et résiste aux différentes vagues successives de sorties
hebdomadaires. Il faut dire que les multiples prix reçus en sa faveur (oscar du meilleur film étranger,
meilleur film européen, nomination aux golden globe etc.) y sont pour beaucoup. Ce n’est pas sans me
rappeller d’autres productions allemandes qui ont connu le même sort à savoir Goodbye Lenin! ou encore
«Cours, Lola, Cours». Mais la comparaison s’arrête là. En effet, ici le scénario n’est pas centré sur la vie après
la chute du mur de Berlin ou sur l’histoire de petits malfrats. Non, le tableau de fond de ce film est celui
de la Stasi (alias le ministère pour la sécurité d’Etat), cet organisme créé en 1950 après la proclamation de la
RDA dont les activités sont centrées sur l’espionnage et les renseignements et dont le but avoué est d’écarter
est d’écarter les opposants au régime communiste en place.
Nous sommes en 1984 (le choix de cette date est il vraiment anodin tant la politique communiste ici dépeinte
nous rappelle certains passages du livre de George Orwell ?) et un petit soldat du régime doit enquêter
sur un artiste en vogue, officiellement pour le surveiller, officieusement pour mieux l’éliminer afin
que le ministre en place puisse vivre pleinement une relation avec la compagne du poète. Voilà le point
de départ mais surtout voilà le commencement d’une confrontation entre 2 mondes : celui gris et vide de
l’officier de la Stasi avec celui plein d’amour et de culture de l’écrivain. De cette dualité va d’abord naître
une indifférence totale de l’espion puis, au fil des écoutes téléphoniques, une compassion et une certaine
empathie envers un univers qui lui était jusqu’ici inconnu.
Car c’est finalement ça le fil rouge de La Vie Des Autres: l’ouverture d’esprit auquel est confronté un membre
de la Stasi va lui permettre d’ouvrir les yeux sur le fonctionnement du système pour lequel il n’est qu’un
rouage de plus. Cette prise de conscience de sa simple condition va l’amener à changer et remettre
en question des principes qu’il respectait jusqu’ici à la lettre.
Ce changement est d’ailleurs filmé avec intelligence par le réalisateur. Ce dernier nous offre ainsi
une photographie sobre (classique?) mais poignante d’une période sombre de l’Allemagne de l’Est.
On obtient ainsi un film juste mais qui aurait gagné à éliminer certaines de ses longueurs. On a en effet
l’impression dans les 30 dernières minutes que Florian Henckel von Donnersmarck ne sait pas comment finir
son film. Même si La Vie Des Autres n’est au final pas la très grande réalisation européenne que certaines
critiques ont encensée, il n’en reste pas moins un film des plus intéressant sur une période trop peu souvent
abordée. A Voir.
9
CD
Across Five Aprils - «Life Underwater»
Pour beaucoup, moi le premier, l’émocore est devenu un sous-genre musical gerbant où l’on y retrouve,
pêle-mêle, des connards porteurs de slims, des fils de putes d’adolescents consanguins en mal de vivre
ou encore nombre de sous merdes qui ne jurent que par myspace et leur t-shirt ‘Thursday’ taille XXXS.
On en oublierait presque, qu’à la base, loin de toute cette faune en appellant au génocide (thermostat 4),
il existe encore une poignée d’irréductibles. Ceux-là même qui ne s’enferment pas dans un énième cliché
d’homosexualité latente pour mieux se concentrer sur leur musique. Across Five Aprils, avec «life underwear»,
s’inscrit dans cette veine là. Ici pas de voix pompeuse à la Chiodos ou de paroles inutiles à la The Audition.
Pas de révolution non plus. Juste de l’émocore classique, avec ses parties vocales mélodiques, ses riffs lourds
et très rythmiques. Et c’est tout. Pas de surenchère. Uniquement de la simplicité et de la sincérité dans cette
musique qui en manque tant. Ca a suffit pour me plaire.
Weezer - «The Red Album»
En mai dernier je découvrais le nouveau single de Weezer «Pork and Beans». Et j’ai trouvé ça bon.
Très bon même. Alors je me suis dis que c’était leur grand retour. Comme à la belle époque. «Blue album»
et compagnie. Puis j’ai écouté le reste du truc. Et j’ai trouvé ça nase. Chiant. Sans âme. Alors je me suis
rabattu sur l’écoute de leurs débuts avec un brin de nostalgie. Le temps passant j’ai réécouté l’ensemble.
Bizarrement j’ai remarqué que «troublemarker» était un aussi un tube pop en puissance. Merde,
«The Greatest Man That Ever Lives» est pas mal du tout dans le genre. Les chœurs type 70’s m’ont accroché.
Quelques jours plus tard je me surprenais à fredonner «Dreamin’» et son refrain pop simple mais accrocheur.
Au final je me suis dis que mon jugement de départ était merdique. Celui d’un connard qui volontairement
n’aime pas en mémoire des tubes passés du groupe. OK «Everybody Get Dangerous» est raté, tellement
pompé sur les Red Hot que ça en est pathétique. Mais néanmoins «The Red Album» reste du solide.
Sans doute pas à la hauteur de leur glorieux passé. Mais plus que correct au final.
1997 - «on the run»
Soyons franc. Ce cd va diviser. Les allergiques à toute la vague émo-à-mèche vont détester tant tous les clichés
sont ici représentés: mélodies gnangnantes, lyrics guimauves a la the Audition etc etc.
Les autres vont apprécier les refrains qui se retiennent, les voix mignonnes ou tout simplement les chansons
emo-pop plutôt bien foutues. En ce qui me concerne, mise à part l’envie de vomir certaines parties vraiment
«too much» dans le côté «je suis sensible, mon coeur saigne, tiens moi la main je suis perdu, je crois
que j’ai une érection», j’ai apprécié le truc. Je l’ai même écouté une bonne dizaine de fois sans déplaisir.
Par contre le dernier titre accoustique façon Enrique Iglesias’ style, ça sent le succès FM ok, mais ça pue
la nullité/facilité. Pour conclure «on the run» est un album emo-pop plaisant qui aurait gagné à s’éloigner
de tous les clichés inhérents au genre.
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36 crazyfists -«the tide and its takers»
36 crazyfists est typiquement le genre de groupe dont on doute immédiatement de l’intégrité musicale tant
tout semble surproduit et lissé pour plaire à l’ado de base. C’est violent mais pas trop, gnangnan quand
il faut et avec plein de riffs métal/émo à la mode. Bref, c’est taillé pour passer sur mtv2 et cartonner sur
myspace. Ça en oublie juste que c’est naze et sans intérêt. Comme un ado finalement.
A Wilhelm Scream - «Career Suicide»
A Wilhelm Scream pour ceux qui ne connaissent pas c’est un peu les Dillinger Escape Plan du punk
hardcore. Bon ok, peut être pas aussi technique, mais il y a quand même un gros niveau. On sent que les
mecs maîtrisent le truc. Et ce que j’aime chez les poulains de Nitro Records c’est que contrairement
à de nombreux branles-bite qui s’abandonnent à une démonstration musicale pathétique et sans saveur,
A Wilhelm Scream consacre toujours ses riffs biscornus à une recherche de toujours plus de mélodies
punk-rock. La voix, rappellant celle de No Trigger, participe également à cet aspect punk-hardcore mélo
et ce n’est pas sans me déplaire. Donc que tous les fans du groupe se rassurent A Wilhelm Scream est toujours
aussi bon dans ce qu’il fait et ce nouvel album se hisse à l’aise dans les meilleurs du genre de l’année 2007.
Achète !
Backfire ! - «In Harm’s Way»
Backfire!, Terror, Knuckledust, Hatebreed...la liste est longue de groupes qui, années aprés années, albums
aprés albums, nous resservent encore et toujours la même soupe. Et, aussi surprenant que cela puisse
paraître, à défaut de tiédir, ce breuvage nous procure toujours autant de plaisir. Faute de nous surprendre
on le goûte avec la même fougue du départ. Et là vous vous dîtes, quand va t-il arrêter cette métaphore
gastronomique stupide? Pas plus tard que maintenant. Pour faire simple, les détracteurs de Backfire!
et autres formations du genre auront à travers l’album «In Harm’s Way» encore du grain à moudre.
Non le groupe n’a pas tenté de se diversifier, de poser une voix claire sur quelques mosh parts ou, soyons
fous, d’avoir un bel artwork. Non. Backfire! ne serait pas Backfire! si tel avaient été leurs résolutions.
Le groupe pratique toujours ce même hardcore, rapide, simple, efficace et rentre dedans. Pas de temps morts.
Pas de révolutions musicales. Juste de la pure énergie comme le hardcore sait si bien en délivrer. Backfire!
semble faire la sourde oreille face au conseil de «rupture» divulgué par notre gouvernement et c’est tant
mieux. Ecouter «in harm’s way», c’est comme revenir chez papa maman. Rien n’a changé. Les affiches
de Shawn Kemp sont toujours scotchées derrière votre porte où prône fièrement un panneau «sens interdit».
Les vidéos pornos sont toujours sous votre lit, certes poussiéreuses, mais tellement réconfortantes après
un repas ennuyeux chez vos grands parents. Et là vous vous dîtes, quand va t-il arrêter sa métaphore foireuse
du retour chez soi ? Pas plus tard que maintenant.
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Carnifex - «dead in my arms»
Si comme moi vous préférez Gears Of War à Final Fantasy, Le Dernier Samaritain à tous les Woody Allen
réunis ou encore Pierre Woodman aux films érotiques d’M6 alors lisez cette chronique, elle est pour vous.
Carnifex est typiquement le genre groupe dont la bêtise sans nom de ses compositions va réveiller en vous
vos plus vils instincts masculins. En gros un léger chatouillis testiculaire va vous envahir. Et cette douce brise
qui caresse votre slip porte un nom : «dead in my arms». En gros, Carnifex c’est le renoncement total
au bon goût au profit de la violence gratuite. Un programme des plus réjouissant si comme moi vous aspirez
à régulièrement dire non à la branlette technique et autres tentatives de mélodies finement trouvées.
Carnifex c’est mon jakass à moi.
Circle Takes The Square - «As The Roots»
En cette triste période de Mars où les sorties excitantes sont aussi nombreuses que les blagues de Danny Boon
réussies et où ma boîte aux lettres crie famine faute de recevoir son lot quotidien de cd promos; j’essaye
désespérément de combler le vide de mes connaissances musicales. Face à l’océan de groupes auxquels
je passe quotidiennement à côté Circle Takes The Square était en bonne posture. Alors écoutons.
Accessoirement ça me permettra enfin de couper court à toutes ces conversations du genre «tu connais pas
circle takes the square?». Non, ta gueule, ferme ta gueule. Par contre je connais Mc Circulaire et je perds la
tête quand ça sent trop l’andouillette. OK ? Bon sinon, CTTS a tout fait pour je sois client rapidement.
Ça ressemble fortement à «art damage» de Fear Before The March Of Flames. On y retrouve le même travail
de voix, des guitares tantôt chaotiques tantôt atmosphériques etc. Tout pareil. Je ne sais pas qui a copié
qui et en fait je m’en fous. Je laisse les savants de la musique se branler avec. J’aime. Beaucoup même.
C’est assez original pour sortir du lot et suffisamment bien fait pour ne pas rendre chiant leurs parties
barrées. Je m’en rends compte avec 4 ans de retard. Et alors ?
Darkest Hour - «Deliver Us»
Autant être franc je ne découvre ce groupe qu’à travers leur cinquième sortie à savoir leur dernier album
intitulé «deliver us» dispo depuis l’été dernier sur Victory Records. Bon je connaissais un poil le groupe
de réputation mais les brides de clips que j’avais pu entrevoir d’eux m’avaient laissé pour le moins perplexe.
Ou dubitatif tiens pour vous montrer que j’en connais des adjectifs. Mais mon appréhension a rapidement été
balayée par le chant du groupe. John Henry place ici régulièrement des lignes entre le «parler» et le «hurler»
pour harmoniser les mélodies des guitares et cela permets ainsi au groupe d’éviter les travers des «gay part»
dont As I Lay Dying est devenu maître. Et le gros point positif de la formation est, en mon sens, sa capacité
à ne jamais tomber dans les clichés du métal moderne. Les parties mélo sont classes et jamais gnangnan.
Les parties techniques sont toujours au profit de la chanson et non de la branlette de manche (genre Dragon
Force). Et enfin les mosh part sont quasi inexistantes ce qui, en soit, est devenu, une exception dans le milieu
du metal/hardcore. Ainsi on obtient un album qui, même s’il ne révolutionne rien, a su garder une certaine
originalité et personnalité le permettant de surnager au milieu de l’océan métal pollué par trop de clichés.
Bien sûr je ne pourrai pas vous faire une comparaison sur les anciens albums du groupe, n’en connaissant
aucun. Quoi qu’il en soit, «deliver us» vaut son pesant de cacahuètes. Achète !
12
Downset. - «S/T»
En 1994 alors que tout le monde se branlait encore sur l’album éponyme de Rage Against The Machine je
découvrais au hasard d’un rayon Downset. et son premier album du même nom. Anciennement connu sous
l’appellation de Social Justice les californiens sont un peu les papas du mélange hip hop et guitares saturées.
Alors que tous les gamins des 90’s pensaient que tout venait du grand guignol Fred Durst c’était sans oublier
que Rey Oropeza était là bien avant. Passons. Cet opus, avec le recul, a en mon sens autant de valeur,
si ce n’est plus, que les premiers pas de RATM. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il suinte autant la haine
contre un système social américain en déconfiture mais qu’en plus il a ce côté «son crade» qui rajoute à la
sincérité des propos. Un produit trop propre aurait paru quelque peu décalé eut égard aux propos d’Oropeza.
Comme si l’opus avait été enregistré dans l’urgence. Cette même urgence qui vous donne l’énergie nécessaire
pour rejeter à corps perdu un mécanisme global qui vous dépasse. Et si l’on fait exception du titre «About To
Blast» (un poil raté) les 35 minutes de ce premier effort sont autant de coups de marteaux contre les
préceptes et valeurs américaines. Ca transpire la frustration d’un système merdique à deux vitesses
et ça crache la colère dans un flow hip-hop ultra classe. «Anger» et «My American Prayer» sont en mon sens
2 des plus grands tubes que la fusion rap-métal n’ait jamais connu. Chaque seconde conduit Downset.
au panthéon de la scène underground californienne. Plus qu’un must, un indispensable. Le genre d’album
que l’on fera écouter dans 20 ans à nos gamins en leur expliquant qu’en live le groupe prenait toute
son ampleur et valait 1 000 fois mieux que toutes les merdes qu’ils écoutent maintenant. En 1994 le groupe
de Rey a marqué au fer rouge mon adolescence et celle de milliers d’autres connards de mon genre.
Merci. Tout simplement.
Fear Before The March Of Flames - «The Always Open Mouth»
Voilà 3 ans que je tanne tout le monde sur la qualité de l’album «art damage» de FBTMOF sorti en 2004. Le
travail des différentes voix, le hardcore chaotique maîtrisé à la perfection le tout agrémenté d’une
«gay touch» qui n’était pas sans me déplaire (je chronique sur musik-industry.com après tout) étaient autant
d’arguments en faveur de l’élection du truc comme l’un des incontournables de l’époque. Enfin en mon sens,
ce qui n’a pas forcément beaucoup de valeur objective, musicale ou ce que vous voulez. Bref, 2 ans plus tard
«The Always Open Mouth» sort, l’occasion pour les ricains de prouver au monde entier leur nouveau statut de
«converge/the blood brothers» bis, rien que ça. Et à vrai dire, bien mieux que de confirmer leur talent
FBTMOF a fait le pari d’évoluer dans un sens différent en privilégiant désormais la lenteur au chaos,
l’ambiance à la violence et les voix posées aux cris primaires. C’était osé car faire un tel écart est souvent
synonyme de perte de la base de fans de départ. Vous savez ceux là même qui crient au scandale dès qu’un
groupe change de direction. Des connards quoi.
Au final, après l’étonnement de la première écoute vous serez agréablement surpris de la nouvelle tournure
de la formation. Un peu comme celle qu’avait su prendre Shora à l’époque. Une belle réussite.
L’un des meilleurs disques de l’année 2006, il était temps qu’il soit chroniqué. Amen.
13
Hate Me Tender - «in the wake of reality»
Le problème depuis le début avec ce groupe est qu’il n’a jamais su se débarrasser de ses influences
et a toujours plus ou moins imité les meilleures formations du genre que ce soit dans la musique, l’attitude,
les lyrics ou tout simplement l’artwork. Dès lors on a souvent l’impression d’écouter un Alexisonfire (ou tout
autre groupe du genre) bis. Mais il faut reconnaître pour leur défense que tout est toujours bien exécuté
et à défaut d’originalité Hate Me Tender maîtrise son truc. Dès que vous êtes un tant soit peu sensible
à cet univers musical vous ne pourrez que saluer la bonne qualité de la marchandise. Mais ça manque
cruellement de singularité et de personnalité en mon sens pour permettre à HMT de se différencier
des millions de groupes d’émocore et pour les préférer aux «originaux».
Jesu - «Lifeline»
A la lecture du Show Report de mon pote Alex sur le passage de Jesu à Paris je ne pouvais que faire en sorte
d’acquérir le dernier album du groupe pour le découvrir et ainsi sortir de ma méconnaissance absurde
d’une formation aussi, semble t-il, indispensable. Et pour être franc, aux premières minutes d’écoute,
j’ai trouvé ça juste chiant. Ca m’a rappelé Windmills By The Ocean, point positif donc, mais en version
soporifique, ce qui constitue en soit un effort de composition qu’il convient de souligner. Et les propos d’un
ami de passage chez moi (je cite) « c’est quoi cette musique d’ascenseur? Met plutôt Carnifex n’ont fait
qu’accroître mon doute sur le potentiel «culte» de Jesu. Mais ce qui m’a enduit en erreur est tout simplement
le fait que Jesu n’est pas de cette race de groupe que l’on «consomme» comme un vulgaire double jumbo
burger, à savoir en 5 minutes montre en main. Il faut savoir prendre son temps pour mieux savourer
et digérer ce repas auditif. Car c’est dans la longueur que Jesu laisse découvrir tout son charme hypnotique
et sa capacité à instaurer des ambiances lentes mais saisissantes. Et derrière une première vague de boucles
répétitives se cache une véritable harmonie lancinante qui n’a de cesse de vous absorber. Petit à petit
on se laisse doucement envahir par la sensation de calme et de bien être qui se dégage de l’album.
Un classique du genre. Tout simplement.
Knuckledust - «Promises Comfort Fools»
Depuis leur premier album intitulé «time won’t heal this» (7 ans déjà) je suis fan inconditionnel des sorties
de Knuckledust. On a pourtant rien à y attendre tant la recette est toujours la même: des riffs punk hardcore
des plus basiques desservis par une voix hurlée aussi bête que monocorde. Et «Promises Comfort Fools»
ne dérogera pas à cette règle, si on excepte une tentative avortée de guitare claire sur le 5ème titre.
Bref, c’est toujours aussi haineux, rageur, brutal et dénué de toute subtilité. Et c’est bien tout ce dont j’attends
de Knuckledust.
Une des meilleurs sorties hardcore de l’année 2007, à égalité avec le dernier Terror et loin devant «Infiltrate
the System» de Madball.
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Make It Count - «Leeway»
Le problème avec ce genre de groupe à chroniquer c’est que l’on a de suite envie de tomber dans le cliché
de la critique (comme la formation elle-même est tombée dans le cliché de la musique) à savoir sortir
des phrases toutes faites du genre «pas original mais énergique» blablabla. Ce genre de conneries
de rédacteur pressé de passer à un autre papier. Il faut comprendre qu’ici tous gimmicks du punk hardcore,
tout le cahier des charges de ce sous genre surexploité, sont respectés à la lettre. Ainsi, aucune surprise tant
tout est prévisible, entendu et sur entendu. Et pourtant ... ça marche. Et c’est bien la force de Make It Count,
à savoir nous servir un plat écoeurant de banalité et nous redonner le plaisir d’y goûter. Au final «leeway»
se révèle un très bon album pour commencer 2008 et permet à Make It Count de reprendre le flambeau
du punk-hardcore européen suite au split de Values Intact. Un must du genre.
Paint It Black - «New Lexicon»
Paint It Black fait parti de ces nombreux groupes dont j’entends parler en bien depuis des lustres mais, faute
de temps, que je n’ai jamais pris le temps d’écouter, trop occupé que je suis à finir pour la huitième fois Dead
Rising. Dès les premières minutes j’accroche au son volontairement crade de leur dernière production.
Ça renforce le côté punk-hardcore rentre dedans que trop de groupes oublient en privilégiant le son trop
propre voir lisse voir chiant. Bon point donc. Seulement, après plusieurs lectures, c’est pas que je m’emmerde
c’est juste que je ne me rappelle d’aucun riff, d’aucun refrain. Rien ne m’a vraiment accroché en gros.
C’est juste mieux que nombre de formations punk reproduisant bêtement du Comeback Kid mais pas assez
pour ne pas tomber dans l’oubli au milieu de mes dizaines de CD promos poussiéreux. Je retourne à Dead
Rising.
Red I Flight - «The Years»
Je ne sais pas vous mais en ce moment le deathcore, comme le revival rock’n’roll, j’ai l’impression que l’on
en sert à toutes les sauces. Gruik par ci, gruik par là. Tout le monde s’y rue et Victory Rcs le premier
en enchaînant les sorties du genre. 3ème chronique de branlette de manche - partie dansante - cri de cochon
du label en moins d’un moins. Ça sent l’argent ! Et il faut dire qu’à la première écoute je me suis dis
«merde, c’est vraiment du copier-coller grossier». Riff deathcore - mosh part - cri - mosh part - riff deathcore.
Vu, revu, mangé, digéré et vomi des millions de fois. Mais j’ai persévéré. Et après une bonne semaine de
«play again» j’ai fini par apprécier le truc. Pourquoi ? Tout d’abord il faut avouer que, à défaut d’innover,
c’est quand même rudement bien fait. Puis les plans death clichés après m’avoir fait sourire sont restés
dans ma tête. Les constructions sont simples, basiques, efficaces et rentre dedans. Puis les choeurs hyper
présents sont un plus non négligeable. Oui bon ok c’est cliché. Mais ça a fini par m’accrocher.
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Taking Back Sunday - «Notes From The Past»
Pour beaucoup Taking Back Sunday est l’un des fers de lance du mouvement Emo à mèche qui dominait hier
encore la France avant l’invasion Tecktonik. Autant dire qu’avec un tel public il était aisé de détester
ce groupe sans même y prêter une oreille attentive. « Notes From The Past » (qui est en fait une compilation
de leurs 2 premiers albums) permet aux mauvaises langues de mon genre de nous rappeler qu’avant d’être
un groupe qui a marqué une génération de baltringues, Taking Back Sunday est avant tout une formation Pop
qui vaut son pesant de cacahuètes. Car oui je connais peu de groupes qui assurent un travail des voix aussi
impeccables avec toujours un soucis d’harmonie et de mélodies efficaces as fuck. La musique pop/punk passe
finalement en arrière plan et est là pour mettre en avant le formidable travail des vocalistes. Oui Taking Back
Sunday est un putain de groupe et cette compilation prouve à bien des égards qu’il n’a pas été juste
un phénomène de mode mais bel et bien un monument pour tous fans de Pop/Emo.
Tanen - «Fragments»
Voilà bien longtemps que je n’avais pas replongé mes oreilles dans du hardcore chaotique.
Fatigué de la dérive qu’ont beaucoup de groupes à tomber dans la démonstration technique je m’étais lassé
du truc. Seul le split Converge/Hellchild refaisait régulièrement surface sur ma vieille platine. Et donc, quand
j’ai reçu Tanen, avec l’artwork signé Derek Hess (c’est moi ou ce mec fait toujours la même chose?)
je ne pouvais qu’imaginer un énième groupe s’essayant au post-hardcore machin. Grand bien m’en fasse.
Non content de reprendre ce qui a fait le succès de groupes comme Botch et compagnie les 5 de Poitiers ont
eu l’intelligence de rajouter des parties plus atmosphériques ala Envy (belle époque) ou encore de s’essayer
à des passages «voix claire» sans tomber dans le ridicule ou le cliché émogay. Bref, tout ce que tente ici Tanen
est réussi et permet de forger une réelle identité au groupe ainsi qu’une singularité le plaçant directement
en tête de gondole de ce genre musical. Une bien belle et prometteuse découverte.
The Audition - «Champion»
Bon ok, je sais. Un groupe émo/pop machin signé sur victory records est une sorte de signe.
De mauvais signe même. Comme une petite voix qui vous conseille de partir loin ou d’uriner sur la pochette
du cd, au choix. Comme pour nous préserver du mauvais sort réservé à notre tendre chevelure. Y a qu’à voir
les photos presses d’Aiden pour comprendre l’étendu des effets secondaires. Bref. Rassurez-vous j’ai abordé
cet album avec la même appréhension, car, soyons honnêtes, dans ce sous-genre qu’est l’émo/rock
il y a à boire et à manger. On ne compte plus le nombre de merdes marquetées pour plaire aux rares
adolescents n’ayant pas encore succombés à la vile tourmente de la pédérastie. Mais, heureusement
pour moi, ici rien de tout ça. Bon il y a bien quelques refrains «gnangnan» histoire de (et, soyons clairs,
des «lyrics» clichés as fuck) mais dans l’ensemble les mélodies ne tombent pas dans le déjà-vu et on n’a donc
pas le droit à un énième ressucé d’un groupe gay sans talent. Au contraire le tout s’écoute avec plaisir
et ce dès lors que vous n’êtes pas réfractaire au style. Pas de quoi fouetter un chat certes mais si comme moi
vous aimez parfois siffloter du Bayside à l’abri des regards indiscrets vous appréciez le dernier album
de The Audition à sa juste valeur.
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With Blood Comes Cleansing - «Horror»
J’ai été récemment confronté au monde du travail dans ses travers les plus merdiques.
Comprenez par là «harcèlement moral» et tout le patacaisse. Ma faiblesse a été de démissionner.
Alors qu’une solution bien plus simple était à portée de main : faire écouter With Blood Comes Cleansing
à mon supérieur tant cette musique remplie de haine résumait ma considération du bonhomme.
Bon, on est loin de la bêtise primitive d’un Carnifex (mes chouchous) mais on s’en approche.
A défaut de cette ultra violence WBCC préfère éviter de tomber dans le travers d’un copier-coller d’ All Shall
Perish comme bon nombre de groupes de deathcore. Ainsi ici pas de mosh part prévisible à foison ni de voix
aspirée. Les riffs ultra rapides tendent même souvent vers le black-metal. Au final, malgré un genre des plus
éculés, With Blood Comes Cleansing arrive à sortir des sentiers battus en évitant de reprendre à outrance tous
les poncifs du genre. Pas de révolution à l’horizon, juste un bon album de deathcore comme on aimerait
en entendre plus souvent.
Arkangel - «Is your ennemy»
Au delà des vraies-fausses rumeurs que le groupe traîne depuis ses débuts, on aura beau dire, on aura beau
faire, la formation belge reste indubitablement une référence en matière de metalcore haineux et abrasif.
Beaucoup de groupes nés dans les années 2000 ne se révèleront être au final qu’une énième copie
d’Arkangel (copie à son tour de Slayer). Et donc, si l’on met donc de côté la réputation sulfureuse du groupe
(du même accabit que Kickback), il faut rendre à César ce qui lui appartient: son rôle de fer de lance
européen du genre. Ceci étant dit, attardons-nous maintenant sur «Is Your Ennemy», la suite de «Hope you die
by overdose», sorti en 2004. En soit rien de quoi se retourner dans son slip. Depuis «Prayers upon deaf ears»
la soupe est toujours la même. Et sur les 4 albums que j’ai d’eux je serai bien incapable de différencier
les titres de leurs différents opus.
Critique molle: ils paufinent ce qu’ils maîtrisent le plus.
Critique objective : quelle belle brochette de branleurs.
Malgré tout cela ne m’empêche pas de toujours apprécier à sa juste valeur leurs productions. Pourquoi ?
Parceque Baldur VILDMURDARSON (à mes souhaits) a cette voix haineuse si reconnaissable. Un plus
non négligeable. Elle donne vraiment une énergie malsaine parfaite à Arkangel. Puis il faut reconnaître
l’efficacité de leurs compos qui évite soigneusement de tomber dans le cliché a la Purified In Blood tout
en respectant scrupuleusement le cahier des charges inhérent au Metalcore.
Au final «is your ennemy» est un bon album qui aurait vraiment gagné à explorer d’autres univers tant il faut
avouer qu’au bout de 10 Arkangel semble tourner en rond. Mais, si l’on met de côté l’aspect répétitif
de la discographie du groupe, on ne peut qu’apprécier la qualité de leurs titres.
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Verse - «Agression»
Verse est typiquement le genre de groupe pour lequel je ne comprends définitivement pas l’engouement
quasi-unanime qui semble lui être consacré. A tel point qu’aujourd’hui, avec Have Heart, ils sont devenus
LA référence incontestable de la nouvelle scène hardcore. Mais soyons honnêtes. Verse ne révolutionne rien.
Ouais OK il y a bien par-ci par-là quelques riffs mélodiques noyés dans une rythmique punk mid-tempo
des plus classique. Ouais ok sur scène c’est carré et tout le bordel. Ouais ok c’est bien fait. Mais merde !
Combien de formations peuvent se targuer des mêmes qualités ? Plusieurs centaines. Même en France
des groupes comme Nine Eleven ou Revive me paraissent plus aboutis. Enfin, je trouve qu’il manque
cruellement à ce groupe ce «petit plus» indispensable pour espérer laisser une quelconque trace dans
ma vieille mémoire auditive de chroniqueur mou. Une marque de fabrique. Or, plus je réécoute cet album
plus je réalise à quel point je m’emmerde. Les fans de première heure auront vite fait de me qualifier
de connard sans goût. Les autres se tourneront vers des productions bien plus bandantes. No Trigger en tête.
Carnifex - «The diseased and the poisoned»
Récemment Eric Libiot faisait dans l’express un édito sur les films «bons et cons à la fois». On peut faire
le parallèle avec la musique. Quand certains se gavent d’une montée doucement harmonique nappée
d’une quinte en synthée rappellant des groupes indus allemands 80’s que personne ne connaît il est de bon
ton d’écouter une bonne grosse merde, histoire de se reposer les tympans, et les neurones. Carnifex c’est
un peu l’American Pie du deathcore. Toujours plus bête que les autres. Leur précédent album «dead in my
arms» m’avait bien plu dans le genre. Mais avant tout parce que c’était pour moi une découverte.
Et la volonté constante du groupe d’allier simplicité et brutalité était à mes yeux pour le moins sympathique.
Mais «The diseased and the poisoned» sonne un peu comme «American Pie 2», on rigole beaucoup moins
qu’au premier épisode et pour cause, les gags ont déjà été faits et donc tout est finalement assez prévisible.
Résultat on écoute l’opus 2/3 fois en se disant qu’il n’apporte strictement rien de plus à son successeur
et que l’on va cette fois-ci retourner à un truc plus fin et intelligent, histoire de flatter notre égo. Pas con.
The Offspring - «Rise And Fall, Rage And Grace»
Entendre la voix de Dexter Holland c’est m’assurer à coup sûr de retomber dans mon adolescence.
Cela me renvoie à mes premiers pelotages en règle au cinéma devant «The Faculty», mes premières soirées
alcoolisées à écouter «smash» en boucle ou encore le goût du pop-corn devant «La main qui tue» mais avant
tout leur concert avec AFI à Bercy en 2000. Mais depuis «Americana», sorti en 1998, je dois avouer ne plus
du tout avoir suivi leur évolution musicale. Ainsi «conspiracy of one» et «splinter» sont autant d’albums
auxquels je suis complètement passé à côté. Je me rattrape aujourd’hui avec «Rise and Fall, Rage And Grace».
A la première écoute j’ai cette sympathique sensation. Celle que l’on ressent en revenant voir sa chambre
d’ado, pleine encore de vieux posters ridicules. 10 ans après rien n’a changé et tout est encore à sa place.
Cet album s’est un peu ça finalement. Certes le groupe a perdu un peu de sa fougue d’époque et se risque
parfois (sans le talent) à des titres clairement influencés par le pop-punk de Blink-182 («Krysty, are you doing
okay?»). Mais en écoutant «takes me nowhere» ou encore «stuff is messed up» on se dit que le punk
californien à roulette a toujours un bon représentant. L’album en soit reste toutefois moins entraînant
et moins dynamique qu’un «smash» mais nombre de refrains simples vous resteront en tête, et ça,
ça a toujours été le point fort d’Offspring. Au final «Rise And Fall, Rage And Grace» est de qualité, même si
je reste conscient que la nostalgie auquelle me renvoie le groupe a quelque peu joué en la faveur de mon
jugement.
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Do Or Die - «Pray For Them»
Je pense que si en l’an 2008 nous devions dresser un rapide cahier des charges de tous les clichés
du hardcore moderne l’album «pray for them» pourrait servir de base à la dite l’étude. Voix hurlées de type
métal: Check. Moshparts: Check. Riffs metalcore: Check. Textes sur l’amitié, la loyauté et toute cette merde:
Check. Là vous me dites que je viens de décrire la quasi-majorité de la scène hxc belge. Possible.
Le problème avec Do Or Die c’est que ces mecs n’ont aucun talent. Ainsi, dès les premières minutes ce ressussé
metal/hardcore s’avère plat et terriblement indigeste. Pourquoi ? Tout simplement parce que D.O.D. fait
partie de ces groupes comme The Arrs qui piquent à droite à gauche ce qui a fait le succès d’un genre,
qui nous resservent un truc déjà entendu 1000 fois ailleurs mais qui en plus se nappent d’une nullité certaine
et d’une volonté de ne donner aucune saveur à l’ensemble. Mais soyons honnêtes. Des groupes clichés
ce n’est pas ce qui manque. Terror en sont les têtes de gondole. Mais eux ont au moins le mérite d’avoir
un sacré savoir-faire pour ne pas emmerder leur auditeur lambda (dont je fais fièrement partie).
Là n’est donc pas le problème. Seulement, Do Or Die s’évertue à se distinguer de la masse molle
des formations hxc chiantes par, hummmm, rien en fait. Pire, ils s’étouffent dans la vase puante qu’ils ont
eux-même vomis. Plus concrètement, cet album est une merde infâme et mérite, en soit, la restauration
de la peine de mort.
No Turning Back - «Stronger»
Le problème avec NTB c’est qu’à défaut de se renouveller le groupe doit constamment produire du très bon
hardcore pour éviter à l’auditeur de se lasser de leurs productions. C’était chose faite avec « Holding On»,
excellent album si l’en est dans le genre. Conscient que les hollandais allaient continuer à réaliser la même
musique simple, rentre-dedans et brute j’attendais au moins que «stronger» soit du même niveau que leur
effort précédent. Mais il n’en est rien. Pas que ce soit particulièrement raté. C’est juste moyen et beaucoup
trop prévisible pour une formation qui l’est déjà passablement. Bref, mes quelques écoutes ne font
que me réconforter dans l’idée que cette cuvée de No Turning Back n’est définitivement pas celle à retenir.
Passez votre chemin.
Terror - «The Damned, The Shamed»
Terror est un peu à la créativité ce qu’un bûcheron est à la sculpture. Au fur et à mesure des albums les gars
d’L.A. nous resservent toujours la même soupe et des connards en mon genre en redemandent encore
et encore. Soyons clairs, «the damned, the shamed» ne va pas convaincre les réfractaires du genre.
Une fois de plus le groupe fait ce qu’il maîtrise le plus à savoir du hardcore poussif, brut, simple et brutal.
On notera juste ici ou là quelques parties plus métalliques qu’à l’accoutumée (y a même un ou deux solos)
et des mosh-parts dignes des meilleurs moments de First Blood. Mais rien de bien déroutant pour les fans
de la première heure. La formation semble juste se testostéroniser un poil plus et coller ainsi dans l’esprit
du moment. Mais globalement ça reste du Terror et du très bon. Le meilleur album du groupe en mon sens
depuis «Lowest Of The Low».
19
Thick As Blood - «Moment Of Truth»
Thick As Blood est typiquement le genre de groupe que l’on pourrait comparer aux films d’action ricains
qui fleurissent l’été sur nos écrans. Mais si. Les merdes que l’on a du mal à assumer aux repas familiaux.
Ces grosses productions dont le seul but est de nous divertir et qui, une fois le seuil de la salle obscure
franchit, se sont déjà évadées de nos pensées. Pas que ce soient des oeuvres ridicules. Non. Elles nous
apportent juste ce pour quoi on va les voir : du plaisir instanné. Pas plus. Pas moins. Thick As Blood c’est
exactement le même principe. Une fois la lecture enclenchée tous les ingrédients du beatdown hardcore
sont représentés. Des plans dansants. Des passages plus rapides. Et toujours des voix aussi violentes
qu’haineuses. Ouep ! Le cahier des charges est rempli. Et de fort belle manière même.
Le plaisir est au rendez-vous. Mais une fois la chaîne hi-fi éteinte on garde finalement que peu de souvenirs
du truc. Ce n’’est typiquement pas le genre d’albums dont on apprécie toutes les facettes après plusieurs
écoutes, comme du Amen Ra par exemple. Non. De la simplificité. De l’efficacité. «Moment Of Truth»
c’est mon «Die Hard» musical. Du bon hardcore pop-corn en gros.
Amen Ra - «mass IIII»
Avant même d’écouter cet album je me demandais comment Amen Ra allait bien pouvoir donner suite
à «mass III» tant cet opus respire la perfection dans la volonté de créer une atmosphère noire, malsaine
et sans espoir. Les belges avaient réussi l’impossible: rendre beau l’insoutenable et cacher derrière des riffs
marécageux une maîtrise parfaite des longues montées instrumentales oppressantes. Après cet électrochoc
morbide tout autre groupe de sludge paraissait fade, voir chiant. Alors que faire pour mass IIII ? Réitérer
l’exploit ? Le surpasser ? Ou tout simplement tromper son monde tel un «malval» de Shora ? Amen Ra
a choisi la première solution. A savoir réaliser ce qu’il maîtrise le mieux. Tel un Rocky Balboa en sorte:
«je sais faire que ça Adriannnnnnn !». Malheureusement pour eux la réalité les a rattrappé tant MASS III
semble inégalable dans son genre. Au final, MASS IIII apparaît donc, après plusieurs écoutes, comme
une version de l’ancien album à l’échelle 1/8ème. Attention. Ca reste excessivement bon et outrageusement
magnifique malgrè l’ambiance volontairement sale et glauque de l’ensemble et prouve s’il le fallait qu’Amen
Ra mérite toujours notre éternel respect. Mais MASS IIII c’est finalement comme être le frère d’Einstein,
vous avez beau tout faire pour être parfait, vous serez toujours l’éternel second de la famille, et ce malgré
vos indéniables qualités.
Cursed - «III»
Leur récente tournée européenne aura eu raison de leur argent et de leur motivation de continuer l’aventure
mais avant de mourrir esseulé sur le pavé d’un pays pauvre d’Europe de l’Est (pléonasme), telle une actrice
castée par Pierre Woodman, Cursed nous a livré «III», une ultime flaque de boue sonore dont ils ont le secret.
Pas de véritable révolution musicale au programme ici par rapport à leur album précédent («II»).
Juste quelques affinements. Ainsi ça sonne un poil moins rock’n’roll-crade a la Doomriders mais nettement
plus sludge a la Amen Ra comme leur titre «friends in the music business» en témoigne, chanson que n’aurait
pas renié The Abominable Iron Sloth. Les basses sont toujours aussi ultra-saturées, omniprésentes et confèrent
à l’ensemble une impression d’étouffement, de mal-être et de tous ces trucs positifs kikoo lol mdr. Mais
Cursed n’en oublie pas pour autant de rappeller leur maîtrise d’un noise-core plus rapide au travers des titres
«Intoo The Hive» ou encore «Hegel’s Bastards». Bref, arrêtons de nous branler. «III» est excessivement bon dès
lors que vous êtes un minimum sensible au genre ou à l’univers musical des canadiens. Espérons juste qu’ils
se réunissent rapidement au profit d’un cousin handicapé comme la quasi-majorité des groupes séparés.
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Killing The Dream - «fractures»
Ce que j’aime chez KTD c’est le crossover parfait qu’il pratique. D’un côté on retrouve le meilleur
du punk/hardcore ala Bane et d’un autre des passages plus métalliques, plus lourds, au son crade, limite
crust, rappelant parfois Converge (en beaucoup moins destructuré). Le tout toujours servi par des mélodies
simples mais terriblement maitrisées comme on en voit souvent aujourd’hui chez Verse et compagnie.
En écoutant Killing The Dream on se dit que le groupe pourrait symboliser en soit l’évolution la plus aboutie
et la plus réussie du punk/hardcore. Il pioche ce qu’il y a de mieux à droite à gauche sans pour autant renier
les bases. On a ainsi une rythmique très souvent punk et donc forcément basique et supra-énergique.
La voix, toujours à la rupture, confère à l’ensemble un sensation d’urgence, de violence instantanée.
C’est brut. Abrasif. Ma chronique peut paraître (trop) analytique. Mais elle se veut une description simple
de l’un des meilleurs groupes punk/hardcore du moment. OK, les fervents défenseurs du oldschool pur et dur
pourront reprocher à «Fractures» d’être terriblement dans l’air du temps. Mais la sincérité de l’ensemble rend
l’opus inattaquable et lui confère le rôle de fer de lance du punk hardcore moderne.
Dead Reprise - «day of defiance»
Si vous cherchez un pendant auditif à votre goût pour la simplicité le voici. Pour être plus clair, Dead Reprise
c’est un peu les Jerry Bruckheimer de la guitare: pas de fioriture, pas de subtilité, de l’action à l’état brut,
point barre. Alors ok, on est adepte ou non du genre mais il faut reconnaître que les suédois maîtrisent le truc
et reprennent (subliment?) tous les clichés du hardcore beatdown. Aucune originalité ici donc mais une putain
d’énergie, celle là même qui vous fera remuer frénétiquement vos petits bras grassouillets. J’adhère.
21
GIGS
Miles Away + Cruel Hand
21/04/2008 @ Toulouse / Caravan Serail
8 mois que je n’avais pas remis les pieds dans cette salle toulousaine. Finalement rien n’a vraiment changé.
Un peu comme quand on rend visite à sa grand-mère pour Noël. Les pépitos sont toujours périmés
et la tapisserie toujours aussi moche. Ici c’est plutôt la mauvaise qualité sonore de l’endroit qui est légion.
Merde on n’entend que la batterie. Et puis le look des coreux. Mon Dieu. Je ne m’y ferai jamais. Passons.
Je suis venu sans vraiment attendre grand chose et je dois avouer que si mon pote Math ne m’y avait
pas traîné j’aurai sûrement écumé un bar. Ou terminer la saison 4 d’Oz. Finalement j’ai bien fait d’user
les pneus de ma Pussy Wagon tant les 2 groupes m’ont rappelé ce pourquoi je suis un amoureux du hardcore.
La musique j’entends. Pas toute la branlette qui entoure le truc. Cruel Hand enchaîne les titres ultra basiques
et simples. C’est un mix du hardcore dur ala Terror et du hardcore des débuts ala Cro Mags (d’où leur
reprise). C’est rentre dedans. C’est sans compromis. J’aime. J’adore même. Miles Away par contre pratiquent
une musique un poil plus travaillée, et plus à la ‘mode’ aussi. C’est clairement influencé par tous les groupes
ala Comeback Kid et compagnie. C’est rudement bien mené. Les mecs sont enthousiastes et le public
ne se trompe pas. On a là un putain de groupe de hardcore.
Au final j’ai vraiment passé une agréable soirée. Miles Away et Cruel Hand sont très loin des clichés du genre.
Pas de discours à la con. Ni d’attitude tough guy gerbante. Ça transpire la sincérité et le plaisir d’être là.
Je doutais encore de l’existence de ce genre de formations, tant désormais tout semble pourri par l’apparence
et le fait d’avoir ou non le t-shirt de tel groupe. Merci à vous de faire simplement une musique qui me tient
à coeur.
Giving Chase
19/11/2007 @ Toulouse / Cave de la Notté
Pour être une bête de scène il n’y a pas de secret. Achetez de gros amplis, des bons de préférence.
La grosseur sonore fait 50% du travail. L’autre moitié est occupée par l’énergie scénique. Et Giving Chase
en a à revendre. Que ce soit le chanteur, le batteur ou les guitaristes, les 5 américains ont compris le truc :
sauter partout tout en déflagrant nos tympans. On en oublierait presque que musicalement le groupe assure
et enchaîne les tubes punk/hardcore/mélo avec une facilité déconcertante. Quelques passages techniques
voir métalliques viennent nous rappeler à qui on a à faire: des pointures du genre qui n’ont rien à envier à,
soyons fous, No Trigger et consorts. Une putain de bonne découverte.
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Interview
Madame de Montespan
Janvier 2008
Présentation;
Bonjour Madame de Montespan. Laissez-moi vous présenter, vous êtes un groupe parisien de screamo-hardcore, vous existez depuis environ un an avec déjà une vingtaine de concerts à votre actif et un EP autoproduit
dans la boîte. Ma première question sera donc simple : quand est ce que vous vous décidez enfin à splitter ?
Matt: Bonne question, avant de splitter, nous allons essayer de faire un album, un vrai, un bien cette fois,
avec un son correct, nous prenons plus le temps de bosser nos compositions etc… Ça change du premier
disque qui a été enregistré très vite. Après ça, nous allons refaire pas mal de concerts et après, je pense
que ma paternité nous fera splitté.
Seb: Oui on va splitter quand tout le monde saura que je suis le fils de Donatien.
Eric: Le morceau « emotion » est une chanson assez sincère, avec un passage des chœurs de l’armée rouge
à la fin. Parce que les russes sont des gens que l’on respecte, car ils ont su faire preuve de courage pendant
la guerre froide. Résister aux états unis d’amérique n’était pas quelque chose de facile. L’hégémonie. Jésus.
Bill Clinton, n’était encore qu’un enfant.
« Madame de Montespan », pour expliquer à nos innombrables lecteurs, est un nom assez mauvais pour
un groupe certes, mais il fait référence à une des nombreuses maîtresses du roi Louis XIV.
Elle était connue pour ses sarcasmes et ses moqueries. Seulement quand on lit vos textes on se dit « merde
en fait y a pas trop de rapport ». Vous comprenez donc mon désarroi, moi qui espérais voir en vous les dignes
représentants du mouvement royaliste. Pourquoi ? Est-ce un plan marketing ? Vous êtes des gauchistes dans
la vraie vie en fait ?
Matt: Oui, c’est un pur plan mercatique. En revanche, les textes ne parlent pas non plus de science fiction
ou autres, ils sont tous tourné vers le passé. Le nom sonnait bien, à l’époque, nous pensions que c’était
original comme nom, mais nous ne connaissions rien au screamo…
Seb: En réalité nous prônons le retour à la monarchie, sommes pour la peine de mort et l’exécution des
homosexuels à la guillotine ; toutefois la société hypocrite dans laquelle nous vivons (et notre désir de vendre
des millions de disques) fait que nous n’avons pas encore révélé toute la majesté de notre plan de putsch
sur l’Élysée. (Encore que nous ayons bon espoir que le gouvernement actuel suive nos opinions de lui même,
il faut dire que Nicolas était notre ancien bassiste qu’on a viré parce qu’il pétait dans le 806 de Louis-Vic bien
qu’il ai toujours partagé nos idéaux)
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Eric: Ah…ben moi je pensais que madame de montespan c’était une nana que Donatien avait baisé après
notre tournée dans le sud, mais qu’ il voulait pas que sa copine le sache, alors il lui avait donné ce pseudo…
Accueillir une minorité visible au sein de votre formation révèle un certain courage en cette riche période
de reconduite aux frontières. Seriez-vous comme Yaelle de la Star Academy ? Des punks rebelles qui n’aiment
pas (je cite le prophète) « les gens égoïstes et hypocrites » ?
Ignace trouvait pas de groupe à cause de ses dreadlocks, alors on a fait un geste.
Et puis, au tout début nous avions un vrai punk avec nous, Fry des Dolores Riposte, qui a quitté le groupe
quand il s’est rendu compte de ce qu’on voulait vraiment faire.
Encore une fois c’est marketing et démagogique, un fer à friser, un peu d’auto bronzant, des poils pubiens
et peu de colle pour le torse, et Wilfrid Von Tanenbaum a incarné le portoricain mieux que n’importe qui...
Pour le nom, Mendez, on s’est inspiré d’un plat magrébin, les saucisses rouges là...
Oui.en maternelle on m’appelait Eric Merguez. Ou une fois pendant un foot, le frère d’un ami (Malik)
m’a appelé Eric Bandez…à l’époque je n’avais pas compris.
Mais c’est clair que trouver un groupe de nos jours avec un nom de famille pareil, c’est pas évident.
J’ai balancé des CV un peu partout a droite a gauche. J’ai même proposé au groupe « Le fantome d’un
sourire » de les rejoindre, ms ça n’a pas marché..pourtant ils avaient des bons plans studio.
Y a aussi eu « Le prieur athée ». Mais ils ont décidé de splitter pour se renommer « Athletism prayer »,
du coup j’ai décroché.Et enfin les M2M m’ont contacté, puis très vite adopté. Certes je paie seul le studio
de répèt’, leurs instruments de musique, le frais d’essence et péage pour les tournées, mais au moins
ils m’estiment à ma juste valeur, comme un être humain, et ça…c’est inestimable.
Paris
Pour réussir à Paris faut il avoir des dreadlocks et faire une pale copie d’Arkangel ?
Ou bien faut-il tout miser sur une jolie page myspace et la flèche d’or ? Jouer à Melun n’est il pas un constat
d’échec pour votre groupe ?
Pour réussir à Paris ? Ha, si je savais comment faire...
Jouer à Melun, un doux rêve, ça serait assez dingue, d’ailleurs nous n’avons jamais joué à Melun, si ?
Ou alors c’est pour bientôt.
Nous n’avons en effet jamais joué à Melun, pas assez de riches...
Allez sur emofrance.
Tapez madame de montespan dans le moteur de recherche des forums.
Et vous verrez ce que c’est de réussir à Paris.
La Mano Negra, les garçons bouchers, les négresses vertes, autant de groupes parisiens avec qui vous n’avez
pas partagé l’affiche cette année. Pourquoi ?
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On prépare un featuring avec Fred Chichin des Rita Mitsouko pour le prochain disque. C’est tout ce que je
peux dire.
Pas mieux...
Alors deja, La Mano Negra, c’est pas bien de chez nous ça..
Ensuite les Garcons Bouchers…François Hadji Lazaro…chauve et gros.
Les Rita Mitsouko, y a une bonne femme là dedans.
La scène screamo-hardcore
Autant être lucide vous n’êtes pas populaires. Les forums vous insultent et moi de même. Pourquoi diable êtes
vous des enculés de vendus ? Qu’avez-vous à dire face aux gens qui vous accusent d’avoir confié à une femme
le rôle de manager ? Est-ce mépriser à ce point ce métier ? N’avez-vous donc aucun amour propre ?
Mais d’ailleurs y a quoi à manager dans votre groupe ?
Nous ne sommes peut être pas assez DIY. Et pourtant…
Mais tout ça c’est à cause d’Anne, si elle n’était pas là, nous ne ferions jamais de concerts et tout le monde
admirerait notre talent. Elle nous pourrit.
Il faut savoir, monsieur Migot, qu’une bannière à croix gammée de qualité ou un autodafé ça ne s’improvise
pas ; il faut savoir mêler rigueur et inventivité pour trouver des ouvrages symbolisant notre haine des valeurs
morales décadentes que sont le socialisme et la tolérance envers les étrangers, et qui possèdent une qualité
d’impression suffisante pour brûler en faisant de belles flammes colorées (notre nouveau logo sera d’ailleurs
une flamme aux couleurs de la France avec un aigle en arrière plan). Bref c’est pour tous ces points délicats
qu’Anne intervient, elle est le cerveau qui guide le poing...
Nous sommes d’une certaine manière les « barebackers » du hardcore.
Avec comme fer de lance le culte du sperme.
Inonder la scène underground d’un foutre a la fois abondant, épais, et merveilleux.
Quels sont donc les groupes de cette scène qui vous plaisent ? Et plus généralement, un homme qui aime
un homme ça vous inspire quoi ? Saviez vous d’ailleurs qu’en 1726, un lieutenant de police est brûlé vif
en raison de « crimes de sodomie », le jour même de son accusation ? Qu’avez-vous à répondre à cela ?
Moi j’ai beaucoup aimé Celeste et Time To Burn, sur disques comme en concerts, puis les types sont sympas,
ya aussi Brume Retina qui envoie bien comme il faut.
Nous aimons tous les hommes, alors ça nous inspire de la compassion.
Ayant fait le choix d’introduire un homosexuel dans le groupe pour toucher le plus grand nombre encore
un fois, nous ne nous prononcerons pas ouvertement sur la question (mais la guillotine interviendrait
une nouvelle fois si nous le faisions) A savoir pour répondre à la question que je déteste tous les groupes
dans lesquels je ne joue pas.
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Je refuse de répondre à cette question, trop engagée selon moi, car engendrant une prise de position, ainsi
qu’un avis tranché sur les qualités musicales des groupes de « La Scène ». je préfère continuer à leur faire
croire à tous que je les aime, selon une infaillible logique de démagogie consistant a dire après chacun
de leur concert « ouais franchement ça envoie grave le boulet, le crescendo pendant le 3e morceau là…
incroyable, franchement on y retrouvait la mélancolie de Envy, le chaos de Converge, la subtilité de Isis,
et le passage noise du final, avec les larsens harmonisés, et le chanteur défoncé (ndlr : 2 pintes de Kro,
au bar, obtenues grace aux 2 tickets boisson filés en début de soirée..oui le coreux est alcoolique,
mais que quand c’est gratuit) ça ma vachement rappelé (là, c’est le moment ou on case le nom d’un groupe
inconnu et qui ne ressemble aucunement au passage noise en question, mais vu qu’on est prêt a tout pourr
passer pr un mec bien..PS : penser à citer le label, la distro, et l’ingé aux commandes..) « Life hurts me so »
c’est des suédois, tu dois pas connaître..mais hésite pas à aller sur leur myspace, ça sonne scandinave a mort,
genre tout dans le rouge ! »
Et je ne supporterais pas de priver ma vie de ces tendres moments d’échange, entre hommes, à fleur de peau.
Divers
Pensez-vous que la bite de votre bassiste étranger est responsable de la famine en Afrique ? Le défrayez-vous
en bananes ? Pensez-vous qu’il ait une âme ?
C’est délicat de répondre à sa place…
La réalité, et vous êtes le premier à pouvoir en témoigner, est qu’il détient la solution à la famine en Afrique
dans son boxer Dim... Pour le reste, merci de ne pas induire tout le monde en erreur, on a quand même
pas un noir dans le groupe (déjà qu’on a pas beaucoup de succès, alors un noir, merci bien).. On le défraie
en Paella...
Je regrette vraiment pas les 20 euros que je vous ai filé pour que vous répondiez ça les mecs..
Selon un sondage récent, les Américains sont plus calés sur les ingrédients entrant dans la composition
du Big Mac de McDonald’s que sur les Dix Commandements de la Bible. Doit-on brûler les Etats-Unis
d’Amérique pour autant ? Pensez-vous que le retour à saint empire germanique puissant et dominant soit la
réponse à toute cette mascarade ?
Bien sur, c’était bien mieux en 40.
Pour une fois que l’évidence vous touche...
T’es un petit marrant toi…vas interroger Jésus sur la composition du Big Mac, tu verras ce qu’il va te
répondre.
Puis la Bible c’est has-been, c’est comme respecter une femme.
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Side Project
Vous avez tous différents groupes en dehors de Madame de Montespan. Est-ce pour vous vital de pratiquer
ailleurs de la vraie musique avec de vrais musiciens et un vrai message artistique ?
Oui, c’est très important. Même si il y à encore moins de messages que dans Madame, sauf peut être Louis
Séraphin qui s’investit énormément dans les paroles de son groupe Euforiah.
Disons qu’il n’est pas désagréable de se retrouver de temps en temps avec des gens qui ne sont pas des
imposteurs, et qui ne pensent pas qu’à leur enrichissement personnel...
Tu parles de la fille qui s’est acheté un manteau avec l’argent qu’on avait gagné lors d’un concert a Toulouse
là ?
Pensez-vous que vous ne faites déjà pas assez de mal à la scène parisienne ? Pourquoi vouloir donc persister
en jouant avec d’autres mauvais groupes ?
C’est un peu comme dans Arnold et Willy, ou dans Men In Black. Y a une réelle philosophie derrière tout ça.
La médiocrité est une philosophie qui a fait son apparition en France après la guerre d’Algérie, lorsqu’»ils»
se sont crus utiles chez nous...
C’est en devenant adepte de cette philosophie que j’ai intégré le groupe Copy of a copy.
L’avenir
Sur le forum emofrance, j’ai pu lire que votre manageuse était atteinte d’un psoriasis vaginal suite à votre
tournée dans le sud. Est-ce la raison pour laquelle vous espérez revenir sur Toulouse ?
Elle veut retourner sur Toulouse pour des raisons sentimentales, un mec nous a logé et apparemment,
y a eu échanges… Mais on ne sait pas tout...
Elle aurait attrapé ça sur un manche de contre basse.... étrange...
C’est bizarre j’ai chopé le même (non, pas au vagin..) pendant mon séjour chez Denis en mode
cheeseburger/xbox 360.
Pensez-vous faire appel à des intermittents pour enregistrer les parties rythmiques de votre prochain album ?
Ce n’était déjà pas nous sur le premier.
Tant que c’est pas Manu Katché qui vient enregistrer ça va (on a bien assez d’un crépu dans le groupe)
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Il n’y a aucune partie rythmique dans nos morceaux.
Ca sera du beat box comme sur le 1er.
Aurevoir
Je dois aller trier mes chaussettes, avez-vous un dernier mot à ajouter ?
Who let’s the dogs out ?
Le Reich vaincra
Arête Denis, tu portes des collants, la France entière le sait.
Credits
Textes : Denis Migot
E-Mail: [email protected]
Myspace : www.myspace.com/lesterwasright
Photo : Sarah Migot
E-Mail: [email protected]
Myspace : www.myspace.com/tankians
Mise en page : Laura Sabato
E-Mail: [email protected]
Myspace : www.myspace.com/third8eye
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