Retombée presse Figaro Santé datant du 02 Décembre

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Retombée presse Figaro Santé datant du 02 Décembre
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2 décembre 2014
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Sida : les promesses de la trithérapie
allégée
Mots clés : Sida, VIH, Trithérapie, antirétroviraux
Par Pauline Fréour - le 02/12/2014
Domine Jerome/ABACA
Jean-Paul Gaultier et Richard Cross lors de la soirée de mobilisation en faveur du programme Iccarre.
Quelques 200 Français prennent leur trithérapie quelques jours par semaine
seulement, dans le cadre d'un essai expérimental que des personnalités du
monde médical et du spectacle appellent à élargir.
Effets secondaires gênants, toxicité: bien qu'ils aient sauvé des millions de vies, les antirétroviraux
contre le VIH ne sont pas un traitement neutre pour l'organisme. Une fois passés les premiers mois
de la trithérapie qui améliore leur état de santé, les patients sont parfois tentés de réduire les
doses pour améliorer leur qualité de vie. Une revendication qui a trouvé un soutien médical de
poids auprès de l'un des pionniers du VIH en France, le Dr Jacques Leibowitch.
Le médecin, dirige depuis onze ans à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) un
protocole de recherche sur l'intermittence de la prise d'antirétroviraux, baptisé Iccarre pour
«intermittents en cycles courts les antirétroviraux restent efficaces». Après un traitement d'attaque
de deux à trois trimestres où le patient doit prendre sa trithérapie tous les jours de façon à
abaisser sa charge virale à un niveau indétectable (ce qui permet notamment qu'il ne soit plus
contaminant), il peut commencer, sous contrôle médical, à faire des «pauses» dans la semaine.
Dans un premier temps, il cesse son traitement un jour par semaine, puis deux, trois, quatre… Le
tout sans perte d'efficacité, et avec une moindre toxicité à long terme. Sauf pour 10 % des
individus, qui resteraient dans l'incapacité de contrôler leur charge virale de cette façon.
Sept jours d'inertie
Aujourd'hui, sur la centaine de patients inclus dans le programme Iccarre de l'hôpital RaymondPoincaré, «66 patients sont à 2 jours par semaine, et 11 à un seul jour», a affirmé lundi soir le Dr
Leibowitch lors d'une soirée de soutien organisée par l'association des amis d'Iccarre, dans les
locaux du styliste Jean-Paul Gaultier.
La suspension du traitement ne doit jamais dépasser 7 jours car au-delà, le virus cesse d'être
inerte. Dans tous les cas, l'initiative ne doit jamais être prise par le patient seul, sans avis médical,
ont insisté toutes les personnalités invitées à s'exprimer. «Il existe des risques dérives et de
résistances», met en garde le Pr Christian Péronne, chef du service des maladies infectieuses à
l'hôpital Poincaré.
«J'ai frôlé la catastrophe»
Richard Cross, coach vocal dans plusieurs émissions musicales (Star Academy, Pop star), et
président de l'association Les amis d'Iccarre, a raconté lundi soir comment lui-même était passé
près du drame en se lançant seul dans l'aventure. «Un an après avoir entamé ma trithérapie (en
1997), j'ai décidé de mon propre chef de «faire un break dominical» - je n'avais jamais entendu
parler d'Iccarre. Comme je continuais d'aller bien, et que mon infectiologue, à qui je n'avais rien
dit, ne remarquait rien, j'ai continué, passant progressivement à deux, trois, quatre jours au fil des
années. Jusqu'en 2008, où j'ai frôlé la catastrophe. En l'espace de quelques mois, tout a cessé de
fonctionner. Ma santé déclinait». Des recherches le conduisent au cabinet du Dr Leibowitch, qui lui
fait reprendre un traitement à temps complet pendant plus d'un an avant de le soumettre, sous
contrôle cette fois, au programme Iccarre. «Aujourd'hui, je suis en pleine forme», se félicite-t-il.
Bien que le programme ait été breveté, il reste encore cantonné à la sphère expérimentale et ne
peut donc être proposé qu'à 200 personnes en France: une centaine à Garches, et 100 autres dans
le cadre d'un essai clinique lancé cette année par l'Agence nationale de recherche sur le sida et les
hépatites (ANRS). «On risque de devoir attendre 5 ans pour obtenir des résultats significatifs»
pouvant conduire à un meilleur accès de la stratégie thérapeutique, a déploré le Pr Péronne,
suggérant de demander une recommandation temporaire d'utilisation (RTU) à l'agence du
médicament. «C'est un cadre qui permettrait d'assurer la sécurité des patients car on sait
qu'aujourd'hui, certains le font dans leur coin».