N° 6771 du samedi 2 juillet 2016

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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Prix : 2000 FC
Éditeur
GROUPE DE PRESSE
Siège social
873, av. du Bas-Congo,
Kinshasa – RD Congo
Membre du réseau Médiaf
34ème année
La passion d’informer sans passion
Sommaire
Politique
Message de J. Kabila le
30 juin : l’essentiel n’a
pas été dit, selon J-L.
Busa de l’opposition
PAGE 4
Économie
Marché de biens et services
: les consommateurs
dénoncent les spéculations
PAGE 6
Société
P. 2
Rapport de l’Unicef :
la RDC a connu une
réduction de 30% de
mortalité des enfants
d moins de cinq ans
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S por
ts
ports
TV. Club : Jean Florent
Ibenge pourrait
claquer la porte
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D er
nièr
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e
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nière
heure
Matadi: un député
de la majorité exige
la libération de 7
opposants
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Abbé Appolinaire Malumalu
À haute voix
Une lampe s’est éteinte
LE POTENTIEL
’abbé Apollinaire Malumalu
n’est plus. Il s’est éteint, le
jeudi 30 juin à Dallas (EtatsUnis), à l’âge de 55 ans. Homme
de conviction, Apollinaire
L
(Suite à la page 2)
56ème anniversaire
d’indépendance : Kindu,
la capitale momentanée de la RDC
P. 3
SUIVEZ R ADIO 7 SUR 106.1 MHZ
2 La Une
Le Potentiel
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A haute voix
Une lampe s’est éteinte
(Suite de la page 1)
Malumalu s’en va pour de
bon avec son expertise en
matière électorale. Il a
été le premier à diriger la
centrale électorale à une
époque difficile de l’histoire politique de la RDC.
Intellectuel de renom, Malumalu a organisé
la première présidentielle de la troisième République. Sa mort est une
perte non seulement pour
l’Eglise catholique, mais
aussi et surtout pour la
RDC. Car de son vivant, il
a démontré son savoirfaire sur le plan scientifique. Recteur d’une université privée à Butembo,
Apollinaire Malumalu
était parmi les figures de
proue du diocèse de cette
partie orientale du CongoKinshasa.
C’est à sa juste valeur que, se confiant à la
radio onusienne, le porteparole du gouvernement
congolais, Lambert Mende
Omalanga, s’est confondu
en éloges à l’endroit de
l’illustre disparu. Pour le
ministre de la Communication et des Médias, l’ancien président de la CENI
est «un homme d’honneur
et de valeur, un homme de
conviction». Avant de
faire remarquer que ce
dernier «est resté droit
dans ses principes de prêtre catholique dans le service que la nation lui a demandé de rendre en 2006
puis après les élections de
2011 lorsqu’il a été rappelé à la tête de la CENI,
avant de quitter parce que
malade».
Dans le même registre, le porte-parole du
gouvernement n’a pas
manqué de saluer aussi
«le sacrifice» de l’abbé
Malumalu «jusqu’au bout
de sa force». L’homme
aurait voulu parfaire le
cycle électoral qu’il avait
amorcé en 2006, mais le
destin en a jugé autrement. Et pour d’aucuns,
c’est un exemple pour
toute la classe intellectuelle du pays.
Au plus fort de l’agitation électorale, l’abbé
de Butembo-Beni a fait
face à toutes les railleries
dont il a été l’objet de la
part de certains membres
de la classe politique congolaise habituée à railler
la vertu. « Il nous a montré qu’il a donné tout ce
qu’il a reçu de la nation
jusqu’au bout de sa
force». Malumalu s’en va
comme il a vécu.
N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Elections en RDC : Malumalu s’en va avec son expertise
Le pianiste des élections en RDC s’en est allé, après une maladie qui l’a rongé durant de nombreux mois. Accusé de connivence avec la majorité au pouvoir, M. l’Abbé Malumalu, prêtre du diocèse de Beni-Butembo, a été reconnu pour son expertise en matière électorale. Les élections de 2006 ont porté
son empreinte personnelle. La suite lui a donné raison au point
que son retour à la centrale électorale, bien que contesté –
surtout par l’Eglise catholique –, avait suscité un brin d’espoir
de corriger les incongruités du cycle 2011 du duo Ngoy
Mulunda - Jacques Djoli.
LE POTENTIEL
L
’ancien président de la
Commission électorale indépendante (Céi) puis Commission électorale nationale indépendante (Céni) après le
chaos de 2011, est décédé.
Les sept autres confessions
religieuses qui ont fait confiance à ce prêtre diocésain,
contre l’avis de la Conférence
épiscopale nationale du
Congo, Cénco, avaient opté
pour le choix de son expertise de 2006. Bien que des
résultats fussent contestés,
il est apparu clairement que
l’organisation technique des
opérations avait bénéficié
d’une touche particulière.
Les fraudes massives
comme enregistrées en 2011
n’avaient pas été remarquées en 2006. Des Congolais ont attribué ce succès à
l’accompagnement de la communauté internationale. Mais,
il faut reconnaitre, avec cette
même communauté internationale qu’en l’absence d’une
interface compétente, il est
impossible de réussir des élections à problème comme ce
fut en 2006.
L’abbé Malumalu a en
effet offert à l’assistance internationale, des bases qui
ont permis la bonne tenue
des scrutins. Avec un minimum de bonne foi, il faut
reconnaitre à ce prêtre le
mérite d’avoir pu mener à
bien des élections présidentielles, législatives nationales
et provinciales en 2006. Pour
une première expérience, on
ne pouvait pas obtenir mieux
comme résultats. N’empêche
que la classe politique a préféré refondre la CEI malgré
la renommée et la reconnaissance internationale de M.
l’Abbé-président.
L’Union européenne lui
a attribué le prix le plus prestigieux.
Et pour pérenniser son
action et léguer à la postérité un héritage en matière
électorale, il a mis en place
une institution de formation
des experts électoraux. Malheureusement, c’est lorsque
l’institution a commencé à
amorcer sa vitesse de croisière que son initiateur a été
terrassé par la maladie. C’est
à vue d’œil que l’on a constaté que l’abbé Malumalu a
subi les assauts répétés de
la maladie. Cela ne l’a pas
empêché de publier le calendrier de février 2015, jugé
trop global par l’opposition,
surtout que ce calendrier avait
aligné les élections locales en
premier lieu, mettant déjà à
cette époque en doute la volonté de tenir la présidentielle
dans les délais prévus par la
Constitution.
L’INTELLECTUEL
L’abbé Malumalu est un
prêtre qui a gravi les échelons normalement dans son
diocèse. Il a bénéficié du soutien et de l’accompagnement
de son évêque même pendant les moments les plus incertains. Bien que président
de la CEI puis de la Céni,
l’abbé Malumalu remplissait
régulièrement son devoir de
prêtre. Et, il était resté obéissant vis-à-vis de sa hiérarchie,
selon des témoignages concordants.
De même, comme intellectuel, son passage à l’uni-
versité du Graben est restée
une référence dans l’histoire
de cette alma mater dont la
renommée dépasse le sphère
Communiqué nécrologique
Nous avons la profonde douleur de vous annoncer le décès de Monsieur l’Abbé Apollinaire MOHULUNGU MALUMALU
cette nuit à Dallas aux Etats Unis d’Amérique.
Nous présentons nos condoléances chrétiennes à la famille biologique de Monsieur l’Abbé, à tous les prêtres, aux
personnes consacrées, aux fidèles catholiques de
Butembo-Beni et à tous ceux qui sont affligés par cette
triste nouvelle.
En cette année de la miséricorde, nous invitons nos fidèles
à la prière pour les vivants et pour ceux qui nous ont
précédés dans la mort.
Fait à Butembo, le 1/7/2016
du Grand Kivu. Apollinaire
Malumalu en est l’un des principaux artisans. Tous ceux qui
sont passés par lui pour leur
formation confirment les valeurs intellectuelles indéniables
de ce brillant professeur.
Le pianiste sur qui tout
le monde se déchargeait s’en
est allé, avec son expertise
loin de la mère patrie qu’il a
servie jusqu’à épuisement de
toute son énergie. Les Congolais gardent encore en mémoire sa dernière prestation
au siège de la Céni, qui a confirmé qu’il ne jouera pas la
musique électorale qui permettrait aux uns et aux autres
de connaitre leurs poids réels
parmi la population. Avec
Malumalu, les députés nommés n’ont pas existé !
Jusque-là, le programme
des obsèques n’est pas encore
rendu public par son évêque,
encore moins la Céni.
Lorsque des rumeurs
les pus folles avaient traversé
le pays, les avis étaient partagés. Mais, à la disparition
de l’illustre prêtre, un consensus tacite s’est dégagé,
l’homme était un expert que
la nation regrettera encore
longtemps. Pour les Africains,
particulièrement.
Événement 3
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
56ème anniversaire d’indépendance :
Kindu, la capitale momentanée de la RDC
Les festivités commémoratives du
56ème anniversaire d’indépendance de
la République démocratique du Congo
ont été hautes en couleur dans le
Maniema. La désormais « coquette
ville de Kindu » a valablement accueilli
cette fête d’indépendance en enfilant
sa plus belle robe.
AMÉDÉE MWARABU K IBOKO
K
indu n’a jamais était aussi pro
pre, aussi éclairée, aussi chaleureuse que pendant les festivités commémoratives du 56ème anniversaire
d’indépendance de la République démocratique du Congo. Mention spéciale à toute la population du
Maniema, dite « Ka mbele mbele,
mutoto wa maniema, kwetu aku toke
boyi » (Ndlr : Toujours devant, enfant du Maniema, chez nous, il n’y a
pas de vauriens).
Tout a commencé la veille du
30 juin avec l’arrivée du Président de
la République à Kindu. Un accueil chaleureux et délirant lui a été réservé.
De l’aéroport de Kindu jusqu’au centre-ville, le Chef de l’Etat, Joseph
Kabila, aux côtés de son épouse, la
première dame de la République,
Marie Olive Lembe di-Sita, et toute
sa suite dont le premier ministre,
Matata Ponyo et le gouverneur du
Maniema, Pascal Tutu Salumu, ont
été ovationnés sur une distance de
plus 5 km bondée, de part et d’autre,
d’un monde impressionnant des enfants non seulement de Kindu mais
venus aussi de plusieurs localités de
la province.
Saluant la population à chaque
pas de leur trajet, le couple présidentiel a réalisé combien cette province
se sent honorée d’accueillir les festivités consacrant l’accession de la RDC
à la souveraineté nationale et internationale, un certain 30 juin 1960.
Dans une adresse faite au bout de
son trajet, le Chef de l’Etat a remercié cette population qui lui a témoigné
autant d’amours au travers de l’ac-
Le couple présidentiel, au sortir de l’aéroport de Kindu, le 29 juin 2016.
cueil et des nombreux messages affichés sur des calicots et autres banderoles hissées le long du parcours.
TOUTE LA RÉPUBLIQUE
REPRÉSENTÉE
Le 30 juin, avant le défilé militaire, le gouverneur du Maniema a
pris la parole devant la Tribune centrale de Kindu. Dans cette tribune,
toute la République a été représentée. Le président de la République et
la première dame étaient aux premières loges. L’essentiel du gouvernement
central a répondu également présent
notamment le premier ministre et plusieurs ministres et vice ministres. Les
présidents de deux chambres du parlement, le président de la CENI, le
président de la Cour constitutionnelle,
le Procureur général de la République,
le Facilitateur du dialogue national, plusieurs ambassadeurs des pays occidentaux et africains ont aussi fait le
déplacement de Kindu. Il en est de
même des députés et sénateurs, des
directeurs généraux des entreprises
publiques ainsi que des chefs coutumiers et des artistes musiciens et co-
Le défilé militaire du 30 juin 2016 à Kindu
médiens.
Le gouverneur du Maniema,
Pascal Tutu Salu, faisant son discours
de circonstance a, au nom du gouvernement provincial et de tous les
enfants du Maniema, salué le choix
de confier la tenue des commémorations du 56ème anniversaire d’indépendance à Kindu. Profitant de la circonstance, Pascal Tutu Salumu a dressé
une carte postale de sa province. Il a
remercié le Président de la République et le gouvernement central pour
toutes les réalisations que le Maniema
a bénéficiées dans le cadre du Programme de la « Révolution de la
modernité ». Le Maniema, a-t-il dit, a
bénéficié de plusieurs infrastructures
notamment les routes dont la voirie
urbaine de Kindu, les écoles, les centres hospitaliers et bien d’autres
ouvrages comme l’Université de Kindu,
le stade en cours de construction.
Jadis dite Kindu la « Poussiéreuse »,
«aujourd’hui Kindu est la coquette»,
s’est exclamé le gouverneur. Pour
toutes ces réalisations, Tutu Salumu
a qualifié le Chef de l’Etat de «l’homme
de parole ».
Une fête d’indépendance ne se
conçoit pas sans la présence de l’armée, rempart de la défense de l’intégrité nationale. Le clou de la cérémonie aura été donc le défilé militaire.
6000 hommes en uniformes ont pris
part à ce défilé dont 1000 policiers et
5000 forces combattantes. Ces troupes sont venues de plusieurs provinces notamment de Kinshasa, de
Lubumbashi, de Manono, de Mbuji
Mayi, du Haut Lomami et de Kindu.
UN DÉFILÉ MILITAIRE
DE 6000 HOMMES
C’est un défilé essentiellement
des forces combattantes et de la police. Il n’y a pas eu des troupes motorisées. C’est l’État-major interarmées qui a ouvert le bal du défilé militaire. Il s’en est suivi des policiers
puis des différentes forces de l’armée
congolaise. La Garde Républicaine, les
Forces terrestres, les Forces navales, les commandos d’intervention rapide venu de Lubumbashi et de Kindu.
A la suite du défilé militaire, les
forces vives de la nation ont aussi
paradé devant la Tribune centrale de
Kindu. Tour à tour, les structures étatiques, les entreprises privées, les
partis politiques de la Majorité présidentielle, les Ong, les groupes folkloriques, les épouses des militaires, les
gardes du parc de la Lomami, et plusieurs organisations de la Fondation
Maman Olive Lembe Kabila (Amolk),
ont défilé devant le Chef de l’Etat.
Le président du comité d’organisation des festivités du 56ème anniversaire d’indépendance à Kindu, le
vice-premier ministre et ministre de
l’Intérieur et Sécurité, Evariste
Boshab, n’a pas caché sa satisfaction pour la réussite de la cérémonie.
« Désormais, toutes les célébrations
des fêtes d’indépendance seront
comme celle de Kindu », a déclaré
Evariste Boshab, à la fin du défilé, au
micro des confrères de la RTNC, la
télévision publique.
C’est un reportage fait depuis
Kinshasa à partir des images transmises par la RTNC.
4 Politique
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Message de J. Kabila le 30 juin : l’essentiel n’a
pas été dit, selon J-L. Busa de l’opposition
Le message du chef de l’État, Joseph Kabila, à la nation le 30 juin
2016, n’a pas laissé indifférents
les acteurs politiques congolais.
Pour la majorité présidentielle,
le président a joué à l’équilibriste alors que l’opposition estime qu’il est passé à côté de l’essentiel, l’alternance.
O. DIOSO
A
près le discours du chef de l’État
à l’occasion du 56ème anniversaire
de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), le député national, membre de l’opposition,
Jean-Lucien Busa estime que, une fois
de plus, Joseph Kabila « a raté l’occasion de fixer l’opinion » sur l’alternance au pays. Il aurait pu mettre
ainsi fin aux spéculations qui continuent d’aller dans tous les sens au
sujet de son intention de ne pas se
représenter pour un troisième man-
dat à la tête du pays, fait-il observer
dans un entretien à Radio Okapi.
Pour lui, « le président de la République devait, au cours de son discours
du dernier 30 juin de son deuxième
et dernier mandat, rassurer le peuple
congolais et les partenaires de la République démocratique du Congo que
l’alternance politique dans ce pays
devient la règle et que, le 20 septembre – en tant qu’arbitre et garant du
fonctionnement harmonieux des institutions – il souhaitera que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) puisse convoquer l’élection du président de la République »,
a-t-il déclaré.
Pour l’opposant, le chef de l’État
ne devait pas faire des promesses
mais plutôt un bilan. Le président
Kabila étant constitutionnellement non
partant pour la présidentielle 2016.
« Joseph Kabila ne devrait pas faire
un discours des promesses à la population, mais plutôt un discours-bilan
Jean-Lucien Busa, député national
(Radio Okapi/Ph. John Bompengo)
de ses dix ans au pouvoir depuis son
élection en 2006 », a affirmé le président du CDR.
En outre, Jean-Lucien Busa reproche au chef de l’État de n’avoir
pas indiqué comment arrêter « la
déconstruction des fondamentaux de
l’État à laquelle on assiste ». Et de
faire remarquer : « L’économie congolaise est restée dépendante de l’extérieur et fragile face aux contrecoups
des chocs exogènes. »
« DISCOURS ÉQUILIBRÉ »
De son côté, le député de la
majorité présidentielle (MP) Schadrac
Baitsura a salué « un discours équilibré ». Dans son message adressé à
la nation, le président de la République a insisté sur la nécessité de la
tenue rapide du dialogue pour trouver un consensus politique qui éviterait des contestations des résultats
des élections.
Selon Schadrac Baitsura, les
acteurs politiques sont seulement partagés sur le schéma qui devrait être
appliqué pour sortir le pays de l’impasse. « L’opposition pense qu’une
grande pierre va tomber sur le Congo
à la fin de cette année, parce qu’il n’y
aurait pas eu élections. Il y en a qui
pensent de plus en plus que nous devons nous concerter […]. Je pense
qu’il est techniquement impossible
d’avoir des élections d’ici à cinq mois»,
estime-t-il.
Bas-Uélé: l’assemblée provinciale investit
le gouvernement
L
es députés provinciaux du Bas-Uélé
ont investi le gouvernement de
cette province dirigée par Armand
Kasumbu, renseigne l’édition en ligne
de Radio Okapi du 1er juillet 2016. La
cérémonie s’est déroulée, jeudi 30
juin, à l’occasion de la clôture de la
session ordinaire de mars de l’assemblée provinciale.
Avant l’investiture du gouvernement, les 17 députés ont analysé puis
approuvé le programme d’action du
gouverneur Kasumbu. Ce programme
est axé sur quatre priorités, à savoir
le secteur agro-industriel, l’éducation,
la santé et la sécurité.
Pour Radio Okapi qui livre l’information, dans le domaine agro-industriel, Armand Kasumbu compte
relancer l’agriculture, la pêche et l’élevage. Il affirme avoir mis l’accent sur
la culture d’arachide et du coton qui,
selon lui, faisait autrefois la fierté de
cette contrée. « La maximisation des
recettes réalisées devrait permettre
la construction et la réhabilitation des
écoles », a soutenu le gouverneur. Il
a également annoncé l’objectif d’installer des écoles à moins de 5 km des
habitations afin de favoriser la scolarisation des enfants du Bas-Uélé.
Poursuivant son intervention, le
gouverneur du Bas-Uélé place aussi
la sécurité au centre de ses priorités.
Il projette une rencontre avec ses homologues de l’Est du pays pour définir certaines actions devant aider à
mettre fin à l’insécurité qui gangrène
l’ensemble de la Province Orientale,
dans son ancienne configuration.
Toutefois, le numéro de l’exécutif provincial du Bas-Uélé compte
sur le renforcement des effectifs militaires par le gouvernement central
pour appuyer les unités de l’armée
positionnées à Ango, Bondo et Poko.
Quant au volet sanitaire, Armand
Kasumbu promet de construire des
centres de santé et d’équiper ceux
existant de matériel nécessaire et de
médicaments essentiels.
M ÉDARD M UYAYA/R.O.
Cinq questions à Paul-Augustin Madimba (*)
1. 30 juin 1960-30 juin
2016, cela fait 56 ans
depuis que la RDC est indépendante. Quel bilan
faites-vous ?
Le bilan est mitigé pour ne
pas dire négatif. On n’est
vraiment pas avancé par
rapport au niveau initial. Le
niveau social et économique,
que les Belges nous ont légué au 30 juin 1960, est
aujourd’hui à envier. Nous
déplorons la détérioration des
conditions dans plusieurs secteurs de la vie nationale.
2. C’est simplement une
commémoration historique ?
L’impression est telle que la
fête de l’indépendance ne se
résume qu’en un simple souvenir plutôt que la vivacité
d’une histoire partagée de dignité, de gloire et de fierté
d’un peuple qui se retrouve
dans la lutte de ses héros.
56 ans après l’indépendance,
on devait nous balancer des
images comparatives à celles du 30 juin 1960. Ce qui
permettrait à la population de
se situer. On présenterait les
avancées enregistrées, s’il y
en a. Cela motiverait la jeunesse à cerner le sens et la
portée de la lutte pour affirmer davantage la liberté. Ce
n’est pas le cas, malheureusement.
3. Selon vous, la vie de
la RDC indépendante n’a
donc été que des espoirs
brisés ?
Dans le fond, il existe une
certaine trahison de tout
côté. C’est, d’abord, du côté
des pionniers de l’indépendance vis-à-vis de la population. Ces pionniers ont porté
l’espoir d’une génération, l’espoir d’un peuple. Ce peuple a
core la même image !
4. Les Congolais tien-
cru en son devenir grâce à
son autonomisation. Ce n’était
qu’un rêve qui ne se pas traduit en réalité parce que les
intérêts égoïstes ont primé
juste après. Le rêve d’un
Congo libre rayonnant au
cœur de l’Afrique n’a pas pu
se matérialiser, parce qu’aussitôt l’indépendance accordée, la division de la classe
politique, la haine, etc., ont
animé les uns contre les
autres. Et 56 ans après, la
classe politique présente en-
nent absolument à affirmer leur souveraineté,
n’est-ce pas l’essentiel ?
Je ne sais pas si aujourd’hui il
existe un seul pays au monde
qui affirme pleinement sa souveraineté. Les organisations
internationales regroupant des
nations sont naturellement
comme des gendarmes qui
portent les regards dans la vie
des États. Aucun État ne vivant de lui-même, il est donc
difficile de se lancer dans une
polémique d’affirmation de la
souveraineté dans des visées
politiques et selon la position
que l’on occupe. On pourra
évidemment parler de la maturité d’un peuple 56 ans
après l’indépendance, mais je
crois que, sur le plan politique,
la maturité d’un peuple est
dépendante de l’orientation
qu’il reçoit de ses dirigeants
politiques.
5. Que dire pour con-
clure ?
Nous avons appris le décès
de l’abbé Malumalu des
États-Unis d’Amérique où il
se faisait soigner. Comme
prêtre, nous ne pouvons
que recommander le repos
à son âme. Il s’est inscrit
dans l’histoire du pays. Et
les générations futures parleront encore de lui notamment sur son passage dans
les institutions de la République et à la tête, par deux
fois, de la centrale électorale du pays.
PROPOS RECUEILLIS PAR
JOYCE K ALALA (CP).
(*) Curé de la Paroisse
Sainte Angèle à Mpasa
(Kinshasa)
Politique 5
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Discours de Joseph Kabila à l’occasion du 56ème
anniversaire d’indépendance de la RDC
Le Président de la RDC, Joseph Kabila Kabange, a respecté la tradition en livrant un message à la Nation congolaise le 30 juin dernier. En ce qui concerne
notamment les élections, il s’est dit satisfait des efforts fournis par la Céni, en
rapport avec les préparatifs de ces scrutins. Toutefois, il ne s’est pas prononcé
sur sa candidature ou non à la présidentielle. La Constitution le déclarant nonpartant. Il soutient que le dialogue politique national constitue le préalable à la
tenue de ces élections. Forum, reconnaît-il, n’est pas une fin en soi.
« Mes chers compatriotes,
0 juin 1960, 30 juin 2016, cela
fait exactement 56 ans depuis que
nos Pères de l’Indépendance nous ont
légué un bel héritage, celui d’un Congo
affranchi de toute servitude et domination étrangère, avec un peuple libre, digne et fier d’être Congolais: un
grand peuple au cœur du continent.
Aujourd’hui, 56 ans après, ensemble,
nous avons engagé un long processus de construction d’une nation forte
qui a pu résister, avec courage et
détermination, à toutes les tentatives
des forces centrifuges dont l’objectif
était, naturellement, de nous diviser.
Que nos forces de défense et de sécurité, qui travaillent nuit et jour, dans
des conditions extrêmement difficiles,
à la défense de la partie, trouvent ici
J’expression renouvelée de la reconnaissance de notre peuple. Alors que
le pays court encore les mêmes risques et reste exposé aux mêmes
menaces comme au lendemain de
notre indépendance, aujourd’hui encore, hélas! certains parmi nous et
autour de nous, pensent que le 30
juin 1960 n’aura été qu’une date
comme toutes les autres, une date
sans signification particulière, un vieux
et un lointain souvenir rapidement effacé de la mémoire collective ou à
effacer à tout prix. En témoignent les
ingérences étrangères intempestives
et illicites, dans les affaires de politique intérieure de notre pays. Célébrer l’anniversaire de notre fête nationale, c’est rappeler donc, une fois
de plus, que le Congo est un Etat
souverain, disposé à nouer, sans nul
doute, des partenariats constructifs
et mutuellement avantageux avec
tous les autres Etats, dans le respect
de leurs peuples respectifs.
C’est de haute lutte en effet,
que ce statut a été conquis. Nos héros et martyrs en ont payé le lourd
tribut, pour que vive la patrie, toujours et perpétuellement en danger.
Voilà qui explique que le crédo de notre lutte demeure le respect du droit
de notre peuple à s’autodéterminer,
conformément à l’intérêt national.
3
Chers compatriotes,
C’est interpelé par l’héritage de
nos héros et de nos pères de /’indépendance, que nous nous employons,
à travers ·’e processus de décentralisation, à doter notre pays d’une nouvelle organisation territoriale. Celle-ci
vient, en effet, d’être consacrée à
travers l’installation des vingt et une
nouvelles provinces, dotées démocratiquement de leurs animateurs, faisant passer ainsi le nombre total de
nos entités provinciales de 11 à 26.
Notre objectif, c’est bien de parvenir
à une meilleure administration de l’ensemble de notre territoire national et
à une bonne prise en charge des besoins fondamentaux de nos concitoyens de l’arrière-pays.
Oui, au contact avec nos populations du Congo profond, j’ai vu
renaitre l’espoir du redécollage du développement de nos territoires et de
nos campagnes. Notre engagement,
ensemble avec les dirigeants de ces
nouvelles provinces et ceux des entités de base qui seront rapidement
désignés, c’est de ne pas trahir cet
immense espoir.
Chers compatriotes,
En ce moment où nous célébrons notre fête nationale, j’ai conscience de la situation économique préoccupante que traverse notre pays,
suite principalement au choc exogène
découlant de la baisse continue des
cours des matières premières d’exportation qui affectent plusieurs pays
producteurs, à travers l’Afrique et dans
le monde. Après avoir résisté vaillamment pendant plusieurs mois, la stabilité et la croissance économique de
notre pays, amorcées au prix de
beaucoup de sacrifice, depuis 2001,
sont aujourd’hui, mises à rude
épreuve. Et je comprends la perplexité
qui est la vôtre, au regard de la baisse
du pouvoir d’achat de chacun de vous,
surtout celui des plus démunis, avec
des conséquences prévisibles sur le
panier de la ménagère. J’aime autant
vous assurer que l’amélioration des
nos conditions de vie demeure au
centre de nos préoccupations quotidiennes.
Nous allons accentuer nos efforts de stabilisation économique et
monétaire, à travers la mise en œuvre
des 28 mesures économiques à caractère prioritaire et celle de la loi des
finances rectificative de l’exercice 2016
que je viens de promulguer.
C’est dans ce sens que des instructions particulières ont été données
au Gouvernement en vue de limiter
au maximum, les effets néfastes de
cette crise, et j’en assurerai un suivi
particulier. Dans le même contexte,
notre jeunesse devrait être assurée,
que ses préoccupations, ses doutes
et ses ambitions, demeurent au centre de notre action. Voilà pourquoi,
en plus de l’initiative du financement
des meilleurs projets des jeunes entrepreneurs, dont J’appel a été lancé
début juin dernier, sur toute l’étendue
du territoire national, j’ai instruit le
Gouvernement à œuvrer à la mise
en place rapide d’un fonds spécial de
promotion de l’entreprenariat et de
l’emploi des jeunes de toutes les catégories socioprofessionnelles, en vue
d’un traitement plus structurel des
problèmes de chômage des jeunes.
Chers compatriotes,
La date du 30 juin, c’est aussi
une occasion pour un rappel constant
à la vigilance car, aujourd’hui comme
hier, des menaces à l’intégrité de notre territoire, à la stabilité de nos institutions ainsi qu’à la cohésion nationale, demeurent persistantes et pressantes. Il nous faut, envers et contre tout, œuvrer, de manière inlassable, en faveur de la paix et de la sécurité de notre pays, et faire face aux
actes terroristes qui nous sont imposés. Voilà pourquoi, nos forces de
défense et sécurité poursuivent, avec
détermination, leur croisade contre les
mouvements terroristes actuellement
en cavale dans deux groupements du
secteur Beni-Mbau, territoire de Beni.
Cette traque gagnera chaque jour en
intensité, jusqu’à leur éradication totale.
Mes chers compatriotes,
Avant de terminer mon propos,
j’aimerais rappeler qu’il ya une année,
jour pour jour, j’avais annoncé l’option d’organiser le dialogue en vue de
garantir un processus électoral inclusif, crédible et surtout, apaisé. Avec
l’implication de l’Union Africaine, un
processus de facilitation international
avait permis d’engager des contacts
avec toutes les parties prenantes en
vue de l’ouverture de ces pourparlers
de grand intérêt national. J’ai eu à
l’esprit, l’impérieuse nécessité d’engager la classe politique à conjurer les
contestations intempestives des calendriers publiés généralement sous
des pressions diverses et celles, prévisibles, d’un fichier électoral qualifié,
à juste titre, de peu fiable et de non
inclusif, en raison de l’exclusion de plusieurs millions d’électeurs, au nombre
desquels, des jeunes majeurs et des
congolais vivant à l’étranger. J’ai eu
enfin à l’esprit le souci de doter la
classe politique d’un cadre pouvant lui
permettre de se donner des gages
d’un engagement citoyen à respecter les règle de jeu, en amont et en
aval du processus électoral, afin d’éviter la réitération des contestations des
listes et des résultats électoraux, base
matricielle des violences pré et postélectorales.
Malgré des signaux contrastés
envoyés par certains opérateurs politiques, Je me réjouis cependant de
constater que cette initiative est à ce
jour, portée à bout de bras par l’ensemble de notre peuple, à travers la
Société Civile et même la majorité de
la classe politique. Cette option étant
pour Moi irréversible. J’encourage le
Facilitateur désigné par l’Union Africaine, à finaliser ses consultations, en
vue de l’ouverture rapide de ce Forum et l’assure du soutien de la nation congolaise, dans ses efforts visant à parvenir à un consensus politique sur les questions précitées.
Mes chers compatriotes,
Le dialogue n’étant pas cependant, une fin en soi, Je félicite notre
centrale électorale, la CENI, pour les
efforts fournis à ce jour, en rapport
avec les préparatifs des futures élections, à travers notamment, la révision du fichier électoral. Le processus
étant déjà lancé depuis le 10 février
2016 par le lancement de l’appel d’offre en vue de l’acquisition du matériel
électoral et, après le test pilote des
kits d’enrôlement, l’attribution des
marchés aux entreprises jugées compétitives depuis le 05 juin 2016, et la
signature effective des contrats y relatifs, plus rien ne’ pourra arrêter le
train des futures élections. Voilà pourquoi, Je lance, à cet effet, un appel
solennel à notre peuple, comme Je
l’avais fait en 2005 et en 2011,de
participer massivement aux opérations
proprement dites d’enrôlement des
électeurs qui débutent dans quelques
semaines, au cours du mois de juillet
de cette année, par la province du
Nord-Ubangi, en vue de l’établissement des listes électorales.
Je tiens à vous rassurer que
toutes les dispositions ont été prises
en vue du financement dudit processus, dans toutes ses séquences, tels
que prescrits par la loi, mais également en vue des sa sécurisation. Et
comme en 2006 et en 2011, tous les
moyens logistiques de l’Armée seront
mobilisés et mis à la disposition de la
CENI à cette même fin. Notre engagement en faveur de la démocratie,
à travers l’expression régulière de la
souveraineté populaire prescrite à l’article 5 de la Constitution est à ce prix.
Mes chers compatriotes,
A tous ceux qui pensent que
l’histoire de ce pays devrait toujours
s’écrire en lettres de sang et par les
autres, nous rappelons que c’est par
le peuple congolais, et en République
Démocratique du Congo que, dans la
paix, les nouvelles pages de l’histoire
de notre pays restent à écrire et le
seront. Car, comme nous n’avons jamais cessé de le répéter, notre peuple est aujourd’hui mûr. Il connait parfaitement où se trouvent ses intérêts
et comment en assurer la défense.
Ces derniers le seront, non plus
par la violence, mais plutôt à travers
la recherche permanente d’un consensus responsable, susceptible de
nous aider à préserver les acquis de
la lutte de nos Pères de l’indépendance
et ceux de nos efforts communs, à
savoir la paix, la stabilité politique et
économique retrouvée ainsi que le
vaste patrimoine des infrastructures
bâties, en peu de temps, au prix de
plusieurs sacrifices, et des chantiers
en cours d’exécution.
Que vive la République Démocratique
du Congo !
Que Dieu bénisse notre pays ! »
Bonne et heureuse fête de l’indépendance ! »
6 Economie
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Marché de biens et services : les consommateurs
dénoncent les spéculations
Des opérateurs économiques véreux s’adonnent à des pratiques
honteuses. Ils fixent les prix de
certains biens de manière fantaisiste, défiant ainsi l’autorité de
l’Etat.
O LIVIER K
D
epuis
la
semaine
der
nière, certains opérateurs économiques se sont illustré par des spéculations, prétextant se référer à la
dépréciation de la monnaie nationale.
Un comportement que dénoncent les
consommateurs dont le pouvoir
d’achat ne fait que s’amoindrir.
A Kinshasa, par exemple, la
hausse de prix des certains articles a
dépassé 10 %. Dans des grands espaces, c’est encore pire. Des pains
vendus à 500 Francs congolais il y a
une semaine coûtent à ce jour 550
Francs. Un kilo de chinchard est passé
de 1.800 FC à 2.500 FC. La liste n’est
pas exhaustive. Ce qui est, selon certains analystes, consécutif à la dépréciation de la monnaie nationale qui
se négocie jusqu’à 1020 Francs pour
un dollar américain contre 1100 Francs
pour un dollars il y a une semaine.
Plusieurs analystes attribuent
cette légère appréciation du Franc par
l’injection par adjudication de 50 millions Usd sur le marché de change à
travers les banques commerciales.
L’autorité monétaire a justifié cette
vente de devises comme une réponse
adéquate aux besoins d’importations
et autres.
L’INDICATION DES CHIFFRES
Au 16 juin, le taux d’inflation
hebdomadaire s’est situé à 0,092%
(+0,049 point). En cumul, l’inflation a
atteint 0,798%. Les projections du
taux d’inflation en annualisé s’est situé à 1,738% pour un objectif de
4,2%. Le taux de change du franc
congolais par rapport au dollar des
Etats-Unis a connu une dépréciation
de 0,7% sur le marché indicatif, et
de 1,5% au parallèle au 16 juin 2016.
Ainsi, le taux de change y était respectivement de 964,2 CDF/USD et
de 1.005,2 CDF/USD (en moyenne).
Les réserves internationales, au 15
juin 2016, étaient à 1.183,51 millions
USD, couvrant 5,23 semaines d’im-
portations des biens et services. Le
taux directeur de la Banque centrale
du Congo demeure à 2% au 17 juin
2016, avec une marge positive de
0,668 point.
Les opérations financières de
l’Etat, au 17 juin 2016, renseignent
un déficit de 132,488 milliards CDF.
Cette situation est consécutive aux
recettes de 117,660 milliards CDF
(43% de réalisation) et aux dépenses de 250,148 milliards CDF (73%
d’exécution) impacté essentiellement
par la paie pour une enveloppe de
154,545 milliards CDF. En cumul annuel, le compte général du Trésor affiche un déficit de 263,504 milliards
CDF.
L’actualité économique du con-
tinent est marquée par l’adoption par
la Banque centrale du Nigéria du taux
de change flottant sur le marché
interbancaire. Cette décision est notamment expliquée par la contraction
des réserves de change du pays de
10,7% sur un an pour s’établir à 26,5
milliards de dollars des Etats-Unis.
Au 16 juin 2016, le cours du
cuivre a connu une légère hausse de
0,90% ; le prix de la tonne métrique
étant passé de 4.590,00 USD, son
niveau au 09 juin, à 4.631,50 USD. Il
en est de même pour l’or dont le prix
de l’once a enregistré une hausse de
2,99%, se négociant à 1.300,39 USD
contre 1.262,63 USD précédemment.
Le prix de la tonne métrique du cobalt, quant à lui, n’a pas varié, et est
donc demeuré à 24.061,81 USD.
Concernant le marché des produits pétroliers, au 16 juin 2016, il est
enregistré des baisses sur les deux
marchés, dont la plus importante sur
la place de Londres. En effet sur ce
dernier marché, le baril du pétrole est
passé de 51,59 USD à 47,88 USD,
accusant un recul de 7,20% en une
semaine ; tandis que sur le marché
new yorkais la baisse a été modérée,
soit de 2,94% ; le baril s’y est vendu
à 47,47 USD contre 48,91 USD au 09
juin 2016.
Sur le marché des céréales,
tous les prix sont en baisse au 16 juin
2016, comme suit : a) 11,31 USD/
tonne (-0,09%) pour le riz ; b) 156,34
USD/tonne (-0,29%) pour le maïs ;
et c) 472,50 USD/tonne (-7,40%)
pour le blé.
Kinshasa : les opportunités d’affaires présentées
aux investisseurs
OLIVIER KAFORO
L
es opérateurs économiques natio
naux et étrangers ont eu l’occasion d’échanger sur les entraves à l’essor des investissements dans la ville
de Kinshasa. C’était au cours d’un forum organisé en début de la semaine
par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi). Inscrit dans le cadre de l’amélioration du
climat des affaires, cette réunion
d’échanges visait, entre autres, à fournir une gamme d’informations nécessaires à la bonne marche des affaires. Ce Forum des investissements
de Kinshasa a été organisé sous le
Chapiteau du Pullman Hôtel de Kinshasa.
L’objectif principal étant d’assurer de manière optimale l’attraction des
investissements des nationaux à partir
d’un marketing proactif. Il était également question de collecter des intentions de projets d’investissements à
soumettre aux partenaires en capacité de financement afin de contribuer
à l’émergence de la classe moyenne
congolaise.
Le forum économique organisé
le mardi 28 juin s’inscrit donc dans la
vision projetée dans le cadre de l’organisation des rencontres avec les
agents économiques nationaux et
étrangers installés à Kinshasa, afin
d’échanger sur les entraves à l’essor
de l’investissement.
Au cours de ce forum de Kinshasa, les participants provenant de
différentes structures socioprofessionnelles ont échangé sur les opportunités offertes par la ville de Kinshasa.
Les membres de la COPEMECO, ceux
de la FEC et d’autres services intervenants ont passé en revue les différentes possibilités d’investissement
offertes par la ville.
Animés également par les ministres provinciaux du Plan et des Finances, les investisseurs privés et les
membres des organisations patronales ont appris sur les fenêtres d’opportunités ouvertes par la capitale. Les
deux membres du gouvernement
provincial de Kinshasa ont indiqué que
la nouvelle méthodologie de développement urbain exige une planification
participative assortie d’un plan d’inves-
tissement. Pour la Ville de Kinshasa,
le document de référence reste le
schéma d’Orientation stratégique de
l’agglomération kinoise (SOSAK). Celui-ci ouvre des opportunités d’affaires élargies à l’investissement allant
de la valorisation des déchets domestiques produits en grande quantité
journalière, à l’éclairage public, et aux
infrastructures.
« La RDC a des défis à relever
en matière du climat des affaires et
des investissements pour atteindre le
cap de son émergence à l’horizon
2030. Il est indéniable que la promotion des investissements passe par
l’assainissement de l’environnement
des affaires », a indiqué le Ministre
du Plan et Suivi de la Révolution de la
Modernité, Georges WembiLoamba
lors de son mot de lancement des
travaux du Forum de Kinshasa.
Pour le gouvernement, a-t-il
ajouté, l’investissement est le moteur
de la croissance économique pour son
développement socioéconomique
consistant en l’augmentation des
grandeurs macroéconomiques. Pour
permettre aux investissements de
jouer un rôle déterminant dans l’essor de l’économie nationale, Georges
Wembi estime qu’il est impérieux qu’il
soit mis en place une politique de promotion des investissements cohérente, efficace et incitative.
Placé sous le patronage du ministre du Plan et Suivi de la Révolution
de la Modernité, en coordination avec
le Gouverneur de Kinshasa, le forum
a connu la participation des entreprises agréées au Code des Investissements, des grandes entreprises de
Kinshasa, des délégués des Intermédiaires tels que la FEC, la COPEMECO
et la FENAPEC, de quelques membres du Gouvernement national et
provincial, des PME locales et des institutions publiques concernées par
l’amélioration du climat des affaires.
Servant de relais entre les privés et les pouvoirs publics, l’Anapi a
le devoir de prendre en compte les
desiderata des investisseurs pour relever les obstacles à l’investissement,
proposer des réformes à entreprendre et vulgariser dans les milieux d’affaires, les réformes déjà réalisées au
pays.
Société 7
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Lubumbashi :
l’hôpital Jason
Sendwe en
réhabilitation
Le gouverneur de la province du
Haut-Katanga, Jean-Claude
Kazembe Musonda, a effectué,
mercredi dernier, une visite d’inspection des travaux de réhabilitation de l’hôpital général Jason
Sendwe de Lubumbashi. Selon
l’ACP, le chef de l’exécutif provincial a reçu des explications de la
part de M. A. Da Silva, chef de
chantier dont les travaux sont
exécutés par l’Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF). Ce
chantier, poursuit l’ACP, s’inscrit
dans le cadre de la modernisation
des infrastructures sanitaires. Les
travaux consistent, entre autres,
au réaménagement, à la démolition et la modification de tout
l’ancien système de l’hôpital,
notamment la plomberie, l’électricité et la construction de nouvelles
toilettes. Cet hôpital qui est en
reconstruction totale aura une
capacité d’accueil de 153 lits,
dont 18 VIP, avec un bloc opératoire moderne de cinq salles. Le
chef de l’exécutif provincial a
suggéré l’aménagement et l’équipement d’une salle de dialyse et
de scanner afin d’éviter le transfert des malades à l’étranger.
Ces travaux sont financés par le
gouvernement provincial, a déclaré Jean-Claude Kazembe
Musonda.
Kasaï Oriental :
de faux produits
de « Plypunut »
versés sur le
marché de
Mbuji-Mayi
Une quantité de faux produits
« Plypunut », un aliment thérapeutique enrichi en protéine et
destiné aux enfants malnutris,
est versée sur le marché de
Mbuji-Mayi, dans la province du
Kasaï Oriental. Le ministre provincial de la Santé, M. Hippolyte
Mutombo Mbwebwe, qui a livré
cette information à l’ACP a montré
les caractéristiques du vrai produit
qui porte la mention « USAID »
contrôlée et certifiée par le
ministre de la Santé. Pour ce
faire, il a invité la population cible à
consommer uniquement le
« Plypunut » dont l’Unicef interdit
la vente. Hippolyte Mutombo a
rappelé la mesure du gouvernement provincial portant interdiction formelle de la vente, la
piraterie et la consommation
abusive de ce produit.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Rapport de l’Unicef : la RDC a connu une réduction de
30% de mortalité des enfants de moins de cinq ans
De 148 décès pour mille naissances vivantes en 2007, la mortalité infantile des enfants de
moins de cinq en RDC a baissé
et passe à 104 en 2013.
VÉRON K ONGO
L
’Unicef vient récemment de pu
blier son rapport annuel sur la situation des enfants dans le monde.
Selon les tendances actuelles, 69 millions d’enfants de moins de 5 ans
mourront principalement de causes
évitables, 167 millions d’enfants vivront dans la pauvreté et 750 millions de femmes seront mariées
pendant leur enfance d’ici 2030, date
limite pour les objectifs de développement durable, et ce, à moins que
le monde entier ne se préoccupe
davantage du sort des enfants les
plus défavorisés.
Ce tableau sombre nécessite
l’intervention urgente des gouvernements, bailleurs de fond, entreprises
et organisations internationales. « Refuser à des centaines de millions
d’enfants l’égalité des chances menace plus que leur avenir : alimenter les cycles intergénérationnels met
en danger l’avenir de leurs sociétés », a affirmé le directeur général
de l’Unicef, Anthony Lake. « Nous
avons un choix à faire : investir dans
ces enfants dès à présent ou laisser
notre planète devenir plus inégalitaire
et plus divisée ».
Toutefois, le rapport note d’importants progrès en ce qui concerne
la survie des enfants, l’éducation et
la lutte contre la pauvreté. Au niveau mondial, les taux de mortalité
chez les enfants de moins de cinq
ans ont été réduits de plus de la
moitié depuis 1990 ; les garçons et
les filles fréquentent l’école primaire
en nombre égal dans 129 pays et le
nombre de personnes vivant dans
l’extrême pauvreté a été réduit de
moitié comparé aux années 90.
CAS DE LA RDC
Selon l’Unicef, la RDC a connu
une réduction significative (30%) de
la mortalité des enfants de moins
de cinq ans. De 148 décès pour
mille naissances vivantes en 2007,
elle (mortalité) est passée à 104 en
2013. Néanmoins, le rapport « la situation des enfants dans le monde »
met en évidence que la RDC, avec
le Nigéria, l’Ethiopie , l’Inde et le
Pakistan, enregistre la moitié de tous
les décès au monde d’enfants de
moins de cinq ans. Les taux de mortalité des enfants en RDC varient
fortement entre les provinces (139
pour mille naissances vivantes au
Sud-Kivu) et les différents groupes
socio-économiques.
En ce qui concerne l’éducation,
le rapport « La situation des enfants
dans le monde » mentionne qu’en
RDC des millions d’enfants n’ont
toujours pas accès à l’école, mais
que le taux de scolarité a augmenté
de manière constante d’un enfant
sur deux en 2001 à plus de quatre
enfants sur dix aujourd’hui, avec
une quasi parité entre les filles et les
garçons. L’enjeu auquel fait face la
RDC est de s’assurer que des interventions à haut impact prouvé sur
le bien-être des enfants soient généralisées et rendues accessibles à
tous les enfants. Pour ce faire, il faut
augmenter les investissements dans
les secteurs sociaux de base dont
bénéficient les enfants et accorder
une attention particulière aux enfants
les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre.
L’équilibre dans le mariage au centre
d’une conférence
BEN DIBANZILUA (CP)
O
rganisés par l’église lifeline inter
national ministries, les travaux de
la troisième édition de la conférence
des mamans « Kisi ya libala » se sont
déroulés, du 28 juin au 30 juin 2016,
dans la salle des fêtes Food market
située sur l’avenue des Huileries,
dans la commune de Kinshasa. Ces
assises ont planché sur l’établissement de l’équilibre dans le mariage
en vue d’assurer une harmonie
solide. Pour le pasteur Kala Makiese,
les couples doivent vivre en paix, car
ils constituent le socle de toute la famille. En tablant sur la femme sage
appelée à bâtir sa maison (livre de
proverbes chapitre 14, premier verset), il a énuméré les différents critères que doivent observer toutes femmes avant de s’engager dans le
mariage.
Selon lui, la femme doit se sentir libre et éviter le complexe d’infériorité ; elle doit s’estimer et la colère ne
doit pas être le partage d’une femme
sage. Pendant le mariage, la femme
doit éviter la confrontation et recon-
naître l’autorité de son mari. Le pasteur Kala Makiese a invité toutes les
mamans à apprendre à leurs enfants
d’être obéissants, pour qu’aussitôt mariées, les filles puissent être soumises
à leurs maris, a-t-il renchéri.
Intervenant à son tour, Colette
Kala pense que l’équilibre dans le mariage n’est effectif que si le couple
place Jésus au centre du foyer (Romains chapitre 10, verset 9).« Lorsque l’homme devient enfant de Dieu,
il devient une nouvelle créature et
les choses anciennes deviennent
nouvelles », a-t-elle ajouté.
En outre, Colette Kala a appelé les couples à être remplis du
Saint Esprit (Jean chapitre 14, verset
26). L’homme, a-t-elle souligné, doit
parler en langues, ce qui constitue des
signes physiques de l’Esprit Saint.
Signalons que l’Eglise Lifeline international ministries, située à
Bandalungwa Mouleart au n° 27/28
de l’avenue chef Kinzonzi, est dirigée
par le révérend pasteur Kala Makiese
avec comme assistant le pasteur
Guy Mamina.
8 Faits divers
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Le procès de 32 prévenus poursuivis pour génocide
reprend à la Cour d’appel de Lubumbashi
Pour la première fois en République démocratique du Congo, une
juridiction civile juge les crimes
graves de la compétence de la
Cour pénale internationale
(CPI).
DONATIEN NGANDU MUPOMPA
L
e mardi 28 juin 2016, le procès de
trente-deux pygmées et bantous
poursuivis par la justice congolaise
pour crime de génocide et crime contre l’humanité devant la Cour d’appel
qui siège en chambre foraine à la prison de la Kasapa à Lubumbashi. Ces
prévenus sont accusés des crimes qui
auraient été commis lors du conflit
opposant depuis 2013 les deux communautés dans les territoires de
Kabalo et Manono, au Tanganyika.
Pour la première fois, depuis l’ouverture du procès en 2014, trois victimes ont participé à l’audience. Il s’agit
d’un chef de village pygmée, une
jeune fille Luba et une femme violée.
La Cour a procédé à l’identification des
victimes. Le greffier a ensuite lu les
procès-verbaux des audiences précédentes. L’audience a été renvoyée au
lundi 4 juillet 2016. Date où les victimes et les témoins seront entendus.
Les tensions entre les pygmées et
les bantous dans le Tanganyika sont
apparues en 2013. Certains territoires de l’ancienne province du Katanga
ont été le théâtre de nombreux affrontements entre les deux commu-
nautés. Des violences qui ont entraîné
un cycle de tueries, pillages, incendies de villages et déplacements de
population.
Il faudrait noter que c’est la première fois que la Cour d’appel de
Lubumbashi se saisit d’un « crime de
génocide », compétence théoriquement réservée à la Cour pénale internationale (CPI). Au stade de l’identification des prévenus, le procès place
devant la justice ces 34 personnes,
dont 7 mineurs, avec comme chef
d’accusation des exactions commises
«depuis 2013 dans le conflit
intercommunautaire » .
TENSIONS APPARUES EN 2013
Le stade de l’identification et de
l’examen médical des prévenus complétés, le président de la Cour d’appel
avait reporté au 25 août 2015 la prochaine audience. Cela, pour avoir le
temps d’assigner des avocats com-
mis d’office pour défendre les prévenus.
Parmi les accusés, on dénombre des ressortissants de l’ethnie Twa,
plus communément appelés pygmées, et d’autres de l’ethnie Luba.
Les tensions entre les deux ethnies
sont apparues en 2013, après que
les bantous de l’ethnie Luba ont revendiqué leurs droits humains et matériels, sur les territoires de Kalemie,
Nyunzu et Manono.
Depuis lors, la violence a pris le
dessus, obligeant des milliers de civils
à quitter leurs villages d’origine. «
L’ONU a rapporté que depuis le début du conflit, il y a eu des centaines
de civils tués, des dizaines de villages
rasés, et des dizaines de milliers de
déplacés de leur village natal.
L’ONG Human Rights Watch qui
avait relevé cela dans un communiqué publié le 11 août 2015, avait dénoncé les évènements du 30 avril
2015, où des combattants Luba
avaient attaqué un camp de déplacés en dehors de la ville de Nyunzu.
La chercheuse Afrique de l’ONG avait
appelé à une mobilisation plus importante des autorités et des Nations
unies dans ce conflit.
Elle avait déclaré à ce sujet :
« Les autorités congolaises et les Nations unies doivent améliorer la protection des populations civiles, enquêter et déférer devant la justice tous
les responsables des atrocités commises ».
Le système d’emprunt au taux d’intérêt
prohibitif baptisé « Banque Lambert » décrié
C
ertains non-initiés ont été pris au
jeu. Ne se doutant de rien, ils ont
pensé que « banque Lambert » désigne une institution bancaire normale.
Il n’en en est rien. L’expression désigne à Kinshasa un système d’emprunt au taux d’emprunt élevé avec
un délai de remboursement généralement court.
La plupart de ceux qui y ont
recours confient avoir été « dans l’urgence ». « Je suis parent. Quand on
a une urgence et qu’on a besoin d’argent, je n’irai pas à la banque pour
cela », relate Fréderic, commerçant
qui recourt à la « banque Lambert »
en cas de nécessité.
Le principe de cette « banque»
est simple. Emprunter de l’argent
auprès d’un tiers et s’engager à le
rembourser dans un délai fixé par les
deux parties (généralement le délai
est dicté par le créancier). Ceux qui y
ont recours expliquent être intéressés par la souplesse de la procédure.
Contrairement aux banques normales, pas de procédure ni de paperasse
à remplir lors d’un emprunt à la « banque Lambert ». Autant la procédure
pour emprunter peut paraître souple,
autant le délai et le taux de rembour-
sement est décrié. « Il m’est arrivé
d’emprunter cinq à dix fois auprès des
cambistes, mais je reconnais que ça
fait toujours mal au moment de rembourser », note Cyprien qui assure
recourir à la « banque Lambert »
quand « il n’a pas de choix ».
Grégoire explique : « Le délai est
malheureusement trop court. Si tu
emprunte le 20, le 25 du même mois
tu es obligé de restituer. Il m’est déjà
arrivé qu’on ait chassé mon enfant
de l’école et je n’avais pas le choix.
Je devrais emprunter dans ces conditions. Le temps pour moi de trouver une solution ».
TAUX SOUVENT ILLÉGAL
Comme le délai de remboursement, le taux d’intérêt imposé par le
créancier est fixé de manière arbitraire. Il peut aller jusqu’à 50% de la
somme empruntée. « Je fixe le taux
d’intérêt sur base de la crédibilité du
débiteur. S’il est crédible et sérieux, je
baisse mon taux jusqu’à 25% ou
20%. Pour les autres qui sont recommandés, mon taux d’intérêt varie
entre 30% et 50%, car certaines personnes ne paient pas toujours dans
le délai », raconte Félicien, cambiste
dans un quartier de Kinshasa.
Emprunter 100 dollars américains et rembourser 150 dollars quelques jours après peut paraître grotesque. Mais la pratique est assez
courante dans la capitale congolaise.
Les cas de non-remboursement sont
aussi enregistrés. Il est fréquent que
ce genre de cas finisse devant un
commissariat de police ou que le
créancier et son débiteur en viennent
aux mains. Des taux d’intérêt prohibitifs, des délais de remboursement
jugés trop courts. La question de la
légalité de la « banque Lambert » a
fini se poser.
Interrogé à ce sujet, Me Pierre
Utshudi, avocat au barreau de Kinshasa/Matete, explique que ce système n’est cependant pas illégal. Mais
il soulève quelques exceptions.
« La loi autorise le prêt avec
intérêt à n’importe qui à condition que
ce taux ne dépasse pas celui fixé par
loi qui est de 20% », explique l’avocat. Un prêt dont le taux dépasserait
ce seuil est donc illégal. « En dépassant ce taux, on est sur le terrain de
l’infraction », prévient Me Pierre
Utshudi.
RO/LP
Rostin Manketa,
nouveau directeur
exécutif de la VSV
Au nom de la Voix des Sans Voix
pour les Droits de l’Homme (VSV)
dont il a dirigé le Comité exécutif
pendant quelques années, M.
Dolly Ibefo Mbunga annonce que
la VSV a organisé, conformément
à ses Statuts et Règlement
intérieur, une Assemblée générale portant élection de nouveaux
animateurs de la VSV. A l’issue de
cette Assemblée générale, M.
Rostin Manketa Nkwahata a été
élu directeur exécutif de la VSV.
Le directeur exécutif sortant
demande aux partenaires de
cette organisation d’apporter leur
soutien aux nouveaux animateurs
de la VSV afin que celle-ci puisse
mieux poursuivre sa mission de
promotion et de défense des
droits humains ainsi que la consolidation de la démocratie en RDC.
Il saisit cette occasion pour
annoncer que bien qu’à la fin de
mon mandat de directeur exécutif, il demeure au sein du Staff de
la VSV en qualité de chargé des
Programmes.
Ituri: deux morts lors
d’une attaque des
miliciens FRPI à
Kiboba
Des miliciens des Forces de
résistance patriotique de l’Ituri
(FRPI) ont lancé mardi 28 juin
dans la matinée une attaque
contre les positions de l’armée
congolaise au village de Kigoba,
dans la collectivité de Walendu
Bindi (Ituri). Le commandant
second de l’armée en Ituri
avance un bilan de deux morts,
un milicien et un militaire. Il affirme que l’armée contrôle toujours le village de Kigoba. Les
miliciens se seraient retranchés
dans la brousse.
Uvira: des membres
des services de
sécurité sensibilisés
contre la torture
Plusieurs membres des services
de sécurité du Sud-Kivu ont
participé lundi 27 juin à une
séance de sensibilisation contre la
torture organisée par le bureau
conjoint des Nations Unies aux
Droits de l’homme (BCNUDH) à
Uvira (Sud-Kivu). Selon un représentant du BCNUDH à cet atelier,
plusieurs cas de torture ont été
constatés lors des visites conjointes effectuées par le ministère
public et le bureau des droits de
l’homme dans les cellules des
détenus gérés par ces services
de sécurité à Uvira, Fizi et dans la
plaine de la Ruzizi.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Communications 9
N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Le Potentiel
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COMMUNIQUE NECROLOGIQUE
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a appris avec consternation la Mort de son
Président Honoraire, l’Abbé Apollinaire Malumalu Mohulungu cette nuit du 30 juin 2016 à Dallas aux
Etats Unis d’Amérique.
La CENI, présente ses sincères condoléances à sa famille biologique, aux chrétiens du Diocèse de BeniButembo et à tous ceux qui lui sont chers.
En attendant le programme du deuil, la CENI demande à tous ses agents et cadres d’avoir une pensée
pieuse et de reconnaissance envers Monsieur l’Abbé et de prier pour le repos de son âme dans le
Royaume Céleste.
Message de condoléances
L’Association sans but lucratif BASHIKAS exprime sa compassion à l’occasion du décès du
Grand chef coutumier et sénateur,
Me Emery Kalamba Wafwana.
Elle se souvient de la forte personnalité du défunt, un homme sur qui elle comptait pour son
engagement au développement et à l’unité du
peuple du Grand Kasaï.
L’ASBL BASHIKAS saisit cette opportunité pour présenter ses condoléances les plus
attristées à toute la grande famille kasaïenne
ainsi qu’à la famille biologique de l’illustre disparu.
Dieu a donné, Dieu a repris. Que son
nom soit loué. Que l’âme du Grand chef repose
en paix et que la terre de nos ancêtres lui soit
douce et légère.
Fait à Kinshasa, le 1er juillet 2016
Pour l’ASBL/BASHIKAS
Moïse Tshibangu Tubenzele
Président
10 Forum
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Lettre ouverte au Président de la République à propos
de violations de droits de l’homme en RD Congo
Cas de Moïse Katumbi Chapwe
Excellence Monsieur le Président de la République,
otre parti politique, « Conservateurs
de la Nature et Démocrates »,
CONADE en sigle, vient par la présente,
vous faire part de son indignation, au sujet de le harcèlement politique, administratif et judiciaire dont fait objet Monsieur
Moïse KATUMBI CHAPWE, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2016, suite
à la demande expresse formulée par les
plateformes politiques : G7, l’Alternance
pour la République et plusieurs autres Associations, personnalités politiques ainsi
que la majorité silencieuse du Congo profond.
Nous considérons cela comme un
acharnement de la police, des services de
renseignement et de la justice qui sont
instrumentalisés, afin d’empêcher notre
candidat à solliciter le suffrage du souverain primaire lors de la prochaine élection
présidentielle.
Le CONADE s’indigne également
des violations flagrantes de droits humains
caractérisées par les arrestations arbitraires, les enlèvements, les tortures, les massacres des populations civiles à l’Est, la répression et les détentions illégales des opposants, les activistes de la société civile
ainsi que de tous ceux qui tiennent au respect de la Constitution et à votre départ
le 19 décembre 2016. Cette façon de faire
est une stratégie surannée, anachronique
et contre productives qui ressuscitent les
méthodes utilisées par les colons et certains dictateurs de triste mémoire comme
MOBUTU.
N
Monsieur le Président de la République,
Concernant les accusations faites
contre les sujets américains qui recruteraient certains congolais afin de perpétrer
un coup de force contre la République sur
instigation de Monsieur Moïse KATUMBI,
nous considérons que c’est un montage
maladroit et un procès bidon que nous
vous demandons de mettre fin car cela
terni l’image de la justice de notre Pays et
par ricochet ridiculise ses institutions. Heureusement que le peuple congolais est resté
éveillé et cette cabale a rencontré l’opposition farouche des congolais, qui n’ont pas
hésité de se mobiliser comme un seul
homme, contre une justice téléguidée par
le pouvoir, au mépris parfait de son indépendance. Par contre, toutes vos stratégies contre la candidature de Moïse
KATUMBI sont improductives qui, d’ailleurs
contribuent sensiblement à son rayonnement politique, diplomatique et médiatique
car, on n’arrête jamais le destin d’un
homme, seul Dieu est capable de le faire.
La décision du ministère public de
laisser libre le sujet américain abusivement
accusé et arbitrairement détenu aux geôles de l’Agence nationale de renseignement,
prouve à suffisance le caractère artificiel
et anodin dudit procès.
Pour notre part, nous estimons
qu’au-delà de cette libération de Monsieur
LEWIS, la République démocratique du
Congo doit présenter ses excuses solennelles auprès du gouvernement américain,
pour avoir accusé faussement et livré en
pâture l’honneur et la crédibilité d’un Pays
ami, qui a toujours été à nos côtés dans
les moments de crises multiformes et
multidimensionnelles qu’a connu notre
Pays depuis 1960 à nos jours.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Comme si cela ne suffisait pas, nous
constatons que l’intention de nuire à notre candidat demeure votre préoccupation et celle de votre famille politique. C’est
ainsi que la condamnation par défaut du
candidat déclaré à l’élection présidentielle,
Monsieur Moïse KATUMBI dans le procès
dit de spoliation de l’immeuble du sujet
grec Monsieur Alexandre STROUPS, rentre dans les velléités effrénées de le faire
écarter délibérément de la course à la magistrature suprême.
Cette condamnation par défaut en
effet, n’a pas respecté la forme et le fond
de la procédure en la matière, pour des
raisons subarticulées:
- D’abord elle est faite au grand mépris de
tous les droits de la défense prévu aux
articles 19 et 61 point 5 de notre Constitution ainsi qu’aux instruments juridiques
internationaux auxquels notre Pays est
partie, notamment l’article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’article 7 point 2 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Ces instruments juridiques prévoient
que nul ne peut être condamné ou arrêté
sans avoir préalablement présenté ses
moyens de défense ;
- Ensuite, ladite condamnation de monsieur Moïse KATUMBI a été faite pour des
faits frappés de prescription qui sont reprochés à son frère KATEBE KATOTO depuis 1976. Et pourtant, l’article 17 alinéa
8 de notre Constitution dispose que la responsabilité pénale est individuelle, nul ne
peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné pour faits d’autrui ;
- Enfin, ce jugement par défaut n’aura
aucun effet juridique, tant il ne sera pas
signifié par l’huissier de justice du ressort,
à la personne même de monsieur KATUMBI
qui se trouve aujourd’hui à l’étranger pour
des soins médicaux, sur autorisation du
Procureur général de la République (article 89 alinéa 2 du décret du 6 août
1959 portant code de procédure
pénale congolaise tel que modifié à
ce jour).
Pour CONADE et conformément à
la loi électorale en vigueur en RDC, Moïse
KATUMBI remplit toutes les conditions d’éligibilités et la fameuse condamnation par
défaut n’est pas un obstacle à son élection, sur base de l’article 10 de la loi électorale de 2006 telle que modifiée à nos jours.
Cette disposition rend inéligible seulement
les personnes condamnées pour crimes
de guerre, de génocide, crime contre l’humanité et de viol (…). Ce qui n’est le cas
pour le candidat du CONADE, Moïse
KATUMBI.
Excellence Monsieur le Président,
Vous êtes sans ignoré qu’avant l’indépendance de notre pays, les autorités
Belges avaient monté des scénarios contre Patrice-Emery LUMUBA dans l’objectif
de le discréditer afin de l’écarter de la scène
politique, il a été même accusé d’avoir volé
l’argent à la poste à Kisangani mais cela ne
l’a pas empêché de devenir Premier Ministre. Pendant le règne du Président MOBUTU, Etienne TSHISEKEDI a été plusieurs
fois accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat et
de subversion, il a été mainte fois jugé et
jeté en prison comme un brigand mais cela
ne l’a pas empêché de devenir Premier Ministre et Leader incontestable de l’opposition congolaise et cela n’a jamais terni son
image politique jusqu’à gagner l’élection Présidentielle de 2011haut la main.
Si nous scrutons loin de nos frontières nationales :
- En République Sud-Africaine, les colons
eurent condamné et emprisonné Nelson
MANDELA, le traitant même de terroriste
mais il a fini par devenir Président de la
République,
- En côte d’Ivoire, Alassane Ouattara s’est
vu retirer la nationalité ivoirienne, malgré
toutes ces persécutions, il a fini par diriger
la côte d’Ivoire,
- Au Bénin, Monsieur Patrice TALON, l’actuel Chef de l’Etat, accusé pour avoir empoisonné le Président Boni YAYI bien que
condamné en justice pendant son exil, a
reçu après la confiance du peuple Béninois, lui propulsant jusqu’à la magistrature
suprême.
Excellence Monsieur le Président de
la République, tous ces récits relatés doivent vous servir de leçon et vous inspirer
positivement.
Vous devez savoir que la prison et
l’exil sont les antichambres du pouvoir.
M’zee Laurent-Désiré KABILA votre père,
bien qu’ayant été en exil pendant plusieurs
années, a pris le pouvoir avec la bénédiction du peuple congolais et cela fut la conséquence de votre retour au pays.
Moïse KATUMBI, en exil ou en prison par la volonté de Dieu et du peuple
congolais, prendra le pouvoir un jour en
République Démocratique du Congo.
Monsieur le Président de la République,
Le CONADE estime en outre que
les raisons évoquées par la majorité présidentielle pour justifier votre maintien au
pouvoir sont antidémocratiques, à savoir :
- L’arrêt de la Cour constitutionnelle dont
les juges sont encore tous fidèlement dociles à votre volonté de vous éterniser au
pouvoir ;
- l’interprétation fallacieuse de l’article 70
alinéa 2 de la Constitution du 18 février
2006 telle que modifiée à nos jours ;
- Et le fait que vous êtes encore jeune et
qu’en quarante-cinq ans, l’on ne peut aller en retraite.
Le CONADE pense que la volonté
manifeste que vous affichez à demeurer
au sommet de l’Etat et qui crée déjà un
malaise social tous azimuts, contredit et
viole intentionnellement l’article 70 alinéa
1 qui dispose : « le Président de la République est élu au suffrage universel pour
un mandat de cinq ans renouvelable une
seule fois », et rendu intangible par l’article 220 qui dispose : « la forme républicaine, le principe de suffrage universel, la
forme représentative du Gouvernement,
le nombre et la durée des mandats du
Président de la République, l’indépendance
du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet
d’aucune révision constitutionnelle ».
Votre annonce faite lors de votre
passage à Kalemie d’organiser les élections,
n’est qu’un chapelet de bonnes intentions
car elle demeure évasive du faite qu’elle
n’a donné aucune précision sur le respect
de la constitution dans l’organisation des
scrutins que personne n’a jamais douté
de sa tenue. Victor Hugo disait : « Les diplomates trahissent tout excepté leurs
émotions ». La problématique ne se situe
pas seulement autour d’organisation des
élections mais plutôt l’organisation des
élections dans le respect du délai constitutionnel.
Par ailleurs, l’Etat Congolais est partie prenante de plusieurs Conventions Internationales, notamment, la Charte Africaine de la démocratie, des élections et
de la gouvernance qui dispose en son
article 23 : « les Etats – parties conviennent que l’utilisation entre autres des
moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir, constitue un comportement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible des sanctions appropriées de la part de l’union … ».
Monsieur le Président de la République,
Il vous souviendra que depuis, la
proclamation de la première République,
les coups d’Etat constitutionnels à répétition ont souvent dégénéré en guerres fratricides impactant ainsi négativement sur
le tissu économique et social, l’Etat de droit
et la culture démocratique dans notre
Pays.
Aujourd’hui encore, votre ténacité
à rester au pouvoir aura pour effet, d’annihiler les efforts consentis pour la consolidation de l’Etat de droit démocratique.
Le faisant, il n’y aurait pas meilleure façon
de donner raison aux nombreux observateurs et partenaires du Congo qui doutent de notre capacité à respecter nos
propres lois et nos engagements internationaux et qui relèvent que la législation
congolaise, dans son ensemble , constituerait à bien des égards un patchwork
utilitariste cousu au plus pressé en fonction du moment et des pressions des principaux partenaires du Congo.
Ne donnons pas raison à Jacques
Chirac qui a dit : que la démocratie est un
luxe pour les africains.
Monsieur le Président de la République,
Face au risque perceptible des tensions sociales que votre maintien au pouvoir au terme du dernier mandat présidentiel en 2016 pourrait causer, les
CONADE vous exhortent d’organiser les
élections dans le délai constitutionnel, et
se référant à vos obligations constitutionnelles pour lesquelles vous avez prêté serment. Si par malheur, les élections ne sont
pas organisées dans le délai constitutionnel, vous êtes dans l’obligation politique,
morale et constitutionnelle de démissionner au plus tard le 19 décembre 2016.
Le président Etienne TSHISEKEDI
qui avait gagné les élections de 2011 et
qui jouit d’une légitimité politique, historique et populaire incontestable que même
votre famille politique a finie par reconnaitre,
va diriger le pays pendant une période
transitoire ne dépassant pas une année
et organiser les élections Présidentielle et
législative auxquelles il ne se représentera
pas.
La position des Etats-Unis d’Amérique, du conseil de sécurité, de l’Union européenne et des pays de l’ACP contre votre
régime et envers vos proches sont des
signaux forts qui ressemblent étrangement au climat de la fin de règne du Président MOBUTU.
Nous faisons recours à votre Excellence, Monsieur le président de la République, Chef de l’Etat, pour mettre fin
aux harcèlements politique, administratif
et judiciaire contre le candidat à l’élection
Présidentielle Moïse KATUMBI et d’autres
acteurs politiques et de la société civile afin
de détendre le climat politique.
Tout en vous assurant de notre
attachement à la Constitution et à la nation congolaise, veuillez agréer, monsieur
le Président de la République, l’expression
de notre très haute considération.
Fait à Kinshasa, le 30/06/2016
Pour CONADE
Moïse MONI DELLA
Président National
Afrique/éco 11
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
La banquière malienne
Binta Touré Ndoye
prend la tête
d’Oragroup
La banquière malienne a officiellement pris le poste de directrice générale d’Oragroup, ce vendredi 1er
juillet. Elle remplace le français Patrick Mestrallet, qui dirigeait le groupe
panafricain depuis 2009. Dévoilé par
Jeune Afrique en mai dernier, le départ de Patrick Mestrallet du poste
de directeur général d’Oragroup a
été acté à l’issue de l’assemblée générale et de la réunion du conseil
d’administration du groupe organisés
à Lomé les 29 et 30 juin. La remplaçante du sexagénaire français est la
malienne
Binta
Tour é
Ndoye.Ancienne d’Ecobank, qu’elle a
rejoint en 1995 et dont elle a dirigé
les filiales malienne (de 2007 à 2013)
et togolaise (en 2015), Binta Touré
Ndoye (45 ans) a rejoint Oragroup il
y a un an, au poste de directrice
générale adjointe. La nouvelle patronne du groupe bancaire basé à
Lomé est diplômée en finance et en
économie internationale. C’est l’une
des rares femmes à la tête d’un
groupe bancaire régional sur le continent. Racheté en 2009 par le capital-investisseur Emerging Capital
Partners (ECP), Oragroup a connu
une croissance accélérée grâce au
rachat, en 2013, de la Banque régionale de solidarité (BRS), qui lui a
permis de doubler son empreinte en
Afrique de l’Ouest.
Rwanda: forte augmentation de la taxe
sur les vêtements de
seconde main
C’est ce vendredi que le Rwanda doit
multiplier par 12,5 et 25 les taxes
sur les vêtements et chaussures de
seconde main, ces biens d’occasion
importés en gros essentiellement
d’Europe et d’Amérique du Nord, et
revendus à bas prix sur le marché
africain. Une concurrence déloyale
qui asphyxie l’industrie locale pour le
gouvernement rwandais, qui souhaite
comme les autres pays de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est
de bannir totalement ces fripes d’ici
2019. Dans le centre-ville de Kigali,
Alice 22 ans, cheveux tressés et
foulard sur les épaules, est une inconditionnelle des vêtements de seconde main qu’elle juge originaux et
uniques. Et elle n’est pas totalement
convaincue par les arguments du
gouvernement : « Ils ont un peu
raison, mais aussi ils devraient penser à ce que la population aime.
Puis après, penser à une autre alternative. Je n’achèterai pas ces
habits de magasins. Je vais aller en
Ouganda, à Goma, quelque part
d’autre ». Mais l’argument le plus
souvent avancé par les Rwandais est
le prix peu élevé de ces vêtements
de seconde main.
UNE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Le Nigeria et la Chine signent pour 80 milliards
de dollars de contrats pétroliers
barils par jour à 1,9 million en juin.
La compagnie de pétrole nationale nigériane NNPC a annoncé jeudi avoir
signé des contrats pétroliers à hauteur de 80 milliards de dollars avec des
entreprises chinoises.
L
e sous-secrétaire d’Etat nigérian
au Pétrole, Emmanuel Kachikwu,
également à la tête de la NNPC, a
rencontré cette semaine des hommes
d’affaires chinois à Pékin afin d’attirer
des investissements dans les raffineries du pays, qui ont grandement besoin de travaux.
Déjà, il y a deux mois, le président nigérian Muhammadu Buhari
s’est rendu en Chine afin de signer
un emprunt de six milliards de
dollars.Le Nigeria a signé «des protocoles d’entente avec des entreprises
chinoises pour plus de 80 milliards de
dollars», a déclaré la NNPC dans un
communiqué publié sur son site
Internet.
Cela «dans le but de parvenir à
combler le financement d’infrastructures dans le secteur pétrolier et gazier au Nigeria», ajoute le texte.Bien
que premier producteur de pétrole du
continent Africain, le Nigeria est contraint d’importer des produits pétroliers, ses quatre raffineries ne suffisant pas à sa consommation.
«De tels effets d’annonce sont
souvent plus importants que l’investissement lui-même», tempère Rhidoy
Rashid, analyste pour l’entreprise
Energy Aspects à Londres.»Certains
L
projets devraient aboutir et d’autres
non, surtout au vu de la situation actuelle au Nigeria», a-t-il poursuivi.
La région du delta du Niger, dans
le sud, d’où provient la quasi-totalité
du pétrole nigérian, a été le théâtre,
ces dernières semaines, d’attaques
rebelles qui ont fait plonger la production d’or noir.
Le NNPC a cependant annoncé
cette semaine avoir pu faire remonter sa production de 1,6 million de
L’ANGOLA RENONCE À 4,5
MILLIARDS DE DOLLARS
D’AIDE DU FMI
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi que l’Angola a interrompu le processus de
demande d’aide financière, sollicitée
par le pays en avril, alors qu’un préaccord sur un prêt d’environ 4,5 milliards de dollars était déjà conclu.
Le FMI n’a pas donné plus d’indication sur les motivations de la décision angolaise qui pourrait être liée
au récent rebond des prix pétroliers
— le baril approchant les 50 dollars le
baril.
« Il y a eu un changement »,
s’est contenté d’indiquer, le 30 juin,
Gerry Rice, porte-parole de l’institution financière internationale, lors d’une
conférence de presse à Washington.
À l’en croire, ce renoncement
de l’Angola intervient alors que le processus de demande d’aide financière
avait atteint un « stade très avancé».
Mi-juin, les équipes du FMI — présentes à Luanda du 1er au 14 juin —
étaient même parvenues à un préaccord avec les autorités de Luanda
sur un prêt d’environ 4,5 milliards de
dollars afin d’aider le pays, frappé de
plein fouet par la chute des cours
mondiaux du pétrole.
AFRIQUE EXPANSION/LP
Brexit - Le Kenya mis à mal
e Royaume-Uni a décidé par réfé
rendum jeudi 23 juin de voter en
faveur du Brexit, c’est-à-dire de quitter l’Union européenne (UE) dont il
est membre depuis 1973. Quelques
heures après le vote, plusieurs estimations prédisaient déjà un fort ralentissement de la croissance économique britannique voire une récession.
Et pour cause! Dès le lendemain, les
marchés financiers britanniques et
européens avaient plongé.
«La livre sterling est la première
touchée. Elle perd 5%, puis 7%, puis
9% en quelques heures, un mouvement énorme pour une devise», écrit
alors le quotidien français Le Monde.
«L’impact immédiat d’un vote en faveur du Brexit concernera la volatilité
des marchés financiers qui affectera
négativement les places africaines
aussi», a estimé Razia Khan, interrogée par The Africa Report qui appartient au groupe Jeune Afrique.
S’il est encore trop tôt pour
mesurer l’impact économique du
Brexit sur le long terme, en Afrique,
plusieurs pays qui ont des liens économiques étroits avec le RoyaumeUni s’inquiètent fortement de ses conséquences économiques. Et un pays
en particulier, se sent vulnérable et
est aux aguets: le Kenya. L’ancienne
colonie britannique entretient de forts
liens économiques avec le RoyaumeUni grâce en vertu des accords com-
merciaux signés avec l’Union européenne. Et les conséquences risquent
d’être lourdes.
De nombreuses industries kenyanes exportent vers le RoyaumeUni. Le Kenya s’inquiète donc de l’effet domino que pourrait provoquer le
Brexit. Il craint notamment une chute
de ses exportations de fleurs, principalement de roses. «Il va y avoir un
problème pour les exporter vers le
Royaume-Uni. Nous aurons sans
doute besoin de trouver un autre
marché en espérant que le gouvernement et les groupes de pression
comme la Kenya Flowers Association
seront en mesure de nous donner des
directives sur ce qui se passe car je
ne pense pas que le gouvernement
va s’assoir et rien faire pendant que
le commerce ne fait pas d’exportation», a indiqué Yvonne Tirop, Gestionnaire en développement d’entreprises interviewée par BBC Afrique.
Juste pour ce secteur d’exportation
de fleurs, on anticipe des pertes mensuelles de 50 millions $.
L’horticulture est au cœur de l’industrie d’exportation du Kenya avec
plus d’un demi-million de personnes
dans le pays qui en vivent. Le
Royaume-Uni est le premier importateur de fleurs.
Avec le Brexit, l’industrie est
donc confrontée à un avenir incertain. La même incertitude plane sur
toutes les entreprises locales qui font
des affaires avec les Britanniques.
Rappelons tout de même que
le commerce du Kenya avec la
Grande-Bretagne représente seulement moins d’un dixième du total des
exportations. Pourtant, les marchés
financiers ressentent déjà les effets
de l’incertitude de ce vote et sont de
plus en plus préoccupés. Mais, plus
largement, le Kenya sera affecté de
manière indirecte.
LA BANQUE CENTRALE
EST PRÊTE
Selon le site Quartz, le Kenya
est également inquiet d’une forte
pression sur sa monnaie, le shilling,
qui pourrait souffrir en raison des liens
économiques étroits entre les deux
pays. «Cela va tous nous affecter et
il n’y a pas d’assurance que nous pourrons agir par nous-mêmes pour être
dans une meilleure position», déclarait le mois dernier Patrick Njoroge, le
directeur la Banque centrale du Kenya (CBK), au sujet d’une éventuelle
sortie du Royaume-Uni de l’UE.
Mais, après l’annonce des proBrexit, consciente de l’enjeu économique, la CBK a annoncé dans une
série de tweets qu’elle était prête à
injecter des liquidités aux côtés
d’autres banques centrales pour
amortir les effets économiques du
Brexit sur les marchés financiers.
12 Afrique
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Angola : 17 opposants sortent de prison sur ordre de la Cour suprême
Le rappeur LuatyBeirao, ainsi que 16
autres opposants au président angolais José Eduardo dos Santos, sont
sortis de prison, mercredi, sur ordre
de la Cour suprême. Ils restent assignés à résidence en attendant une
décision finale de la justice.
L
a justice angolaise a ordonné,
mercredi 29 juin, la libération conditionnelle et l’assignation à résidence
de 17 opposants, dont le rappeur
LuatyBeirao, condamnés à des peines de deux à huit ans de prison en
mars pour tentative de rébellion.Le
tribunal suprême de Luanda, saisi par
la défense, a décidé mercredi «la libération conditionnelle des 17 requérants qui vont être assignés à résidence qui prend effet à compter de
ce jour», selon le jugement rendu
public.
Selon les services pénitentiaires,
les 17 prisonniers n’étaient plus dans
leurs cellules mercredi après-midi, mais
attendaient toujours de quitter la prison.
L’avocat de la défense Francisco
Miguel Michel s’est dit «très heureux»
de la décision rendue par le tribunal
suprême. «N’importe quel tribunal qui
veille à l’application de la justice aurait
agi de la sorte», a-t-il encore estimé,
affirmant que ses clients n’avaient
«commis aucun crime».
Fin mars, les 17 opposants,
dont le rappeur LuatyBeirao qui pos-
sède la double nationalité portugaise
et angolaise, avaient été condamnés
à des peines de deux à huit ans de
prison après avoir été reconnus coupables, notamment, de tentative de
rébellion. Ils avaient été arrêtés en
juin 2015 alors qu’ils étudiaient un livre intitulé «Outils pour détruire une
dictature et éviter une nouvelle dictature».
«SATISFAITE QUE LA COUR
SUPRÊME FASSE RESPECTER
LA LOI DU PAYS»
Les 17 opposants appartiennent
au Mouvement révolutionnaire pour
l’Angola qui réclame le départ du président José Eduardo dos Santos, au
pouvoir depuis 1979.
Plusieurs organisations des
droits de l’Homme avaient dénoncé
le verdict, Amnesty International estimant «injustifiable» la condamnation
de militants «pacifistes».
Leur libération conditionnelle est
«une bonne nouvelle», a réagi
Zenaïda Machado, chercheuse spécialisée sur l’Angola pour l’organisation
HumanRights Watch. «Je suis satisfaite que la Cour suprême fasse respecter la loi du pays», a-t-elle encore
dit à l’AFP.
Les opposants qui ont fait appel de leur condamnation vont désormais «attendre une décision finale de
la justice dans cette affaire, chez eux,
auprès de leur famille et leurs amis»,
a-t-elle ajouté, souhaitant que «le
réexamen du verdict soit juste, rigou-
reux et aussi rapide que possible.»
FRANCE24 AVEC AFP
Burkina Faso : des nouvelles expertises réclamées
dans le dossier Sankara
L
e parquet militaire va étendre la
contre-expertise ADN aux douze
autres victimes dans le dossier Thomas Sankara, afin «d’étoffer le dossier et éviter une vice de procédure»,
a
annoncé
jeudi
Me
BénéwendéSankara, l’avocat de la
famille Sankara.
Thomas Sankara, le «père de
la révolution» burkinabè, a été tué lors
du putsch qui porta au pouvoir, le 15
octobre 1987, l’ex-président Blaise
Compaoré. «Le juge d’instruction va
étendre la contre-expertise à tous les
13 corps et a requis à cet effet le
consentement des familles concernées», a déclaré à l’AFP Me Sankara.
Les familles «ont marqué leur
accord» et cette contre-expertise,
dont les résultats pourront être disponibles dans «quelques semaines»,
sera réalisée à Santiago en Espagne,
a-t-il précisé.
Les corps présumés de Sankara
et de ses 12 compagnons tués avec
lui ont été exhumés fin mai 2015 afin
de déterminer avec certitude l’identité des victimes et lever le voile sur
les circonstances de leur mort.
Les résultats de ces tests ADN,
réalisés en France, indiquaient que les
ADN n’étaient pas «détectables» et
ne permettaient pas d’identifier à coup
sûr les victimes.
Selon Me Sankara, seulement
deux familles, dont celle de Thomas
Sankara, avaient demandé une contre-expertise ADN des présumés restes de leurs proches enterrés à la
sauvette au cimetière de Dagnoën,
un quartier populaire à l’est de Ouagadougou, la capitale burkinabè.
«Étendre cette contre-expertise
à tous les treize corps permettra
d’étoffer davantage le dossier et éviter tout vice de procédure», s’est-il
réjoui.
La justice militaire avait émis
début décembre 2015 un mandat
d’arrêt international contre M.
Compaoré, qui vit en exil en Côte
d’Ivoire, pour son implication présu-
mée dans l’assassinat du président
Thomas Sankara.
Il est poursuivi pour «assassinat», «attentat» et «recel de cadavre» dans le cadre de l’enquête
ouverte fin mars 2015 par les autorités de la transition burkinabé.
AFP/IZF
Monde 13
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Aux États-Unis, l’affaire Benghazi s’invite dans
la présidentielle
Une commission du Congrès américain
dominée par les républicains a publié
mardi son rapport sur l’attaque de la
mission américaine en 2012 accusant
Hillary Clinton d’avoir minimisé la menace djihadiste en Libye.
L
’épais dossier, 800 pages, risque
d’envenimer une campagne déjà
virulente. Pourtant, après deux ans
d’enquête sur l’attaque de la mission
américaine à Benghazi du 11 septembre 2012, la commission du Congrès
américain, dominée par les républicains, ne vient apporter aucune révélation fracassante susceptible
d’ébranler irrémédiablement la candidature d’Hillary Clinton. En octobre
2015, l’ex-secrétaire d’État, en poste
au moment des faits, avait auditionné
11 heures durant. Le rapport publié
mardi vient conforter la thèse d’une
erreur d’appréciation de la menace
terroriste en Libye qui a coûté la vie à
quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Evans. Les parlementaires
pointent aussi un manque de réactivité illustré par les tergiversations
autour du déploiement de Marines
basés en Espagne.
«La politique a primé sur la vie
d’Américains», dénonce toutefois un
membre républicain de la commission,
Mike Pompeo. Dans un addendum au
ton nettement plus virulent, signé avec
un autre parlementaire, ce dernier
assure que des considérations partisanes ont pu jouer dans la communication qui a suivi les évènements alors
Hillary Clinton avait défendu ses décisions devant une commission au cours d’une audition marathon de 11 heures en octobre 2015
(© JASON REED/REUTERS).
que le président Barack Obama était
engagé dans une difficile bataille électorale contre le républicain Mitt Romney. Ainsi, plusieurs responsables de
l’administration ont dans un premier
temps blâmé une manifestation qui
aurait dégénéré contre un film
islamophobe produit aux États-Unis.
Seulement, au même moment, Hillary
Clinton reconnaissait en privé qu’il
s’agissait d’une «attaque terroriste»
planifiée.
«Benghazi, c’est encore un
échec de Hillary Clinton. Rien ne semble jamais marcher comme il faudrait
avec Clinton», n’a pas manqué de
réagir son adversaire Donal Trump sur
Twitter. La candidate démocrate y voit
l’épilogue d’une histoire qui empoisonne sa carrière depuis des années:
«Il me semble assez clair qu’il est
désormais temps de tourner la page».
La candidate dénonce aussi «le ton
partisan» du nouveau rapport. Selon
elle, la commission «n’a rien trouvé
qui contredise les conclusions» d’un
premier rapport indépendant élaboré
par le département d’État. La Maison-Blanche a de son côté assuré que
le rapport n’avait fait que prouver que
«les théories du complot qui ont fleuri
du côté républicain sont des fantasmes politiquement motivés.»
Reste que l’enquête sur Benghazi a conduit à l’autre affaire pesant sur la campagne électorale
d’Hillary Clinton: son usage d’un serveur privé d’emails plutôt qu’un
compte gouvernemental lorsqu’elle
était secrétaire d’Etat. Cet arrangement a été découvert par les enquêteurs parlementaires lorsqu’ils ont réclamé les communications de la démocrate relatives à la Libye.
F RANCE 24/AVEC AFP
Trafic d’êtres humains: la Birmanie à nouveau sur la liste noire des Etats-Unis
D
ans un rapport annuel sur le tra
fic d’êtres humains, le département d’Etat vient d’ajouter huit nouveaux pays sur sa liste noire. Au cours
d’une cérémonie, John Kerry a honoré une dizaine de personnes qui à
travers le monde se battent pour
mettre fin à des pratiques inacceptables au XXIe siècle.
Parmi les pays stigmatisés par
Washington, Djibouti, le Soudan et
Haïti, mais aussi la Birmanie à cause
de son traitement de la minorité musulmane des Rohingyas, suivie de la
Papouasie Nouvelle Guinée, le Surinam,
le
Turkménistan
et
l’Ouzbekistan. D’autres pays figurent
sur la liste, mais avec une note moins
mauvaise. Pour John Kerry qui a présenté le rapport, l’ampleur du trafic
est stupéfiant et il a cité les souffrances de ceux qui en sont les victimes :
« Des filles forcées à la traite
sexuelle. Des femmes dormant dans
des réduits d’où elles ne peuvent sortir que pour cuisiner, faire la lessive et
nettoyer le sol. Des hommes et des
garçons privés de sommeil et de nourriture pour pouvoir travailler 24h sur
24, souvent sous une chaleur écrasante ou des conditions révoltantes.»
La Libye, la Somalie et le Yémen sont considérés comme des cas
spéciaux, la diplomatie américaine
Mandel NGAN / AFP
estimant difficile de les juger compte
tenu du chaos qui règne dans ces
pays. En revanche, le Koweït et la
Thaïlande ont eux été promus du niveau 3 des pires pays en la matière
au niveau 2 des pays qui font des
efforts pour combattre le trafic d’êtres
humains mais restent sous surveillance.
Car la bonne nouvelle, a poursuivi le secrétaire d’Etat, c’est que les
moyens de combattre ce trafic existe
et que le monde est prêt à les utiliser.
Dix personnes ont été récompensées
justement pour avoir contribué à réduire traite sexuelle et travail forcé :
cinq sont des Africains dont deux
Mauritaniens, BiramOuldAbeid et
Brahim Ramdhane, emprisonnés pendant deux ans, et un Sénégalais, Issa
Kouyaté, fondateur du foyer pour les
talibés, les enfants des rues.
LA BIMANIE ÉCHARPÉE
« C’est un sacré boulot » et «
certaines décisions sont difficiles », a
affirmé le secrétaire d’Etat John Kerry
en présentant le rapport, publié à la
demande du Congrès américain pour
évaluer les progrès contre ce trafic
dans le monde.
Mais le ministre des Affaires
étrangères a insisté sur le fait que ce
rapport se fondait sur des faits et des
critères particuliers et non sur des
considérations politiques, comme l’estiment certaines associations de défense des droits de l’homme.
L’an dernier, la diplomatie américaine avait été critiquée pour n’avoir
pas mis la Birmanie au niveau 3 et
accusée d’avoir fermé les yeux afin
d’encourager la démocratie naissante.
Mais le rapport de cette année souligne que la Birmanie est « un pays
source pour des hommes, des femmes et des enfants soumis au travail
forcé et des femmes et des enfants
soumis à la traite sexuelle, en Birmanie et hors de Birmanie ».
La diplomatie birmane a réagi
dans un communiqué. Elle juge « regrettable » son placement par
Washington sur sa liste noire. La Birmanie est désormais dotée d’un gouvernement mené par la prix Nobel de
la Paix Aung San SuuKyi. « C’est regrettable que le rapport TIP du département d’Etat américain ait dégradé la Birmanie du niveau 2 au niveau 3, au moment même où le nouveau gouvernement civil renforce ses
efforts pour protéger ses travailleurs
immigrés et les victimes du trafic
d’êtres humains et du travail forcé »,
dit un communiqué de la diplomatie
birmane.
RFI
14 Omnisports
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
V. Club : Jean Florent Ibenge
pourrait claquer la porte
L’international rwandais, Taggy Agiti
Etekiama pourra rejouer avec son
équipe, l’As Vclub, à partir du 18
septembre prochain, selon une
correspondance de la Fédération
congolaise de football association
(FECOFA). L’instance faitière répondait à la demande des Dauphins Noirs qui voulaient être fixés
sur le retour de leur attaquant. La
Confédération africaine de football
(CAF) avait suspendu le joueur
pour deux ans, le 17 septembre
2014, pour avoir porté les couleurs
de l’équipe du Rwanda sous le nom
de Dady Birori et muni d’une autre
date de naissance, tandis qu’en
RDC, il jouait sous le nom de
Taggy Agiti Etekiama.
Indigné par le comportement de certains supporters, l’entraîneur JeanFlorent Ibenge risque de ne pas diriger l’AS V. Club la saison prochaine. Il
condamne l’attitude des supporters
à l’endroit des joueurs.
ARMEL LANGANDA
C
’est depuis un certain temps que
l’opinion sportive congolaise se
pose la question sur l’avenir de l’entraîneur Jean-Florent Ibenge au sein
de l’AS V. Club. D’aucuns véhiculent
déjà le message d’une probable démission de ce technicien congolais
dans son club. Le concerné a tenu
des propos qui semblent confirmer son
départ de V. Club dans les tout prochains jours.
Juste après son dernier match
contre Shark XI FC, comptant pour
la dernière journée du play-Off du
championnat national (Ligue nationale
de football), le coach Ibenge avait
manifesté son mécontentement et
son indignation à l’endroit des supporters des vert et noir de la capitale.
A l’issue de cette rencontre, V.
Club avait été tenu en échec par les
Requins bleus de Shark XI FC (1-1).
Un résultat que les supporters n’ont
pas apprécié. Ils sont montés au créneau jusqu’à lancer des projectiles aux
joueurs et tenir des propos peu courtois envers le coach.
« Peut-être qu’on va arrêter
avec V Club puisque les supporters
Jean-Florent Ibenge, sélectionneur des Léopards et entraîneur de V. Club
ne sont pas contents de tout ce que
je fais », a glissé le technicien congolais sur les ondes de Radio Okapi.
A en croire la même source,
Ibenge ajoute : « Je suis en train de
vous dire que je suis vraiment dégoûté du public, de l’attitude qu’il affiche face aux joueurs. Là, aujourd’hui,
après ce match, on fait un nul, on
n’a pas perdu, on va pour le remercier, on va pour l’applaudir puis que
c’est la fin de la saison et qu’elle est
terminée et en retour, on reçoit de
projectiles ».
« Cela devient récurrent, c’est
fatiguant avec le football congolais.
J’ai appris que lors du match Daring-
Mazembe, qu’il y avait eu des morts.
Ça devient trop fatiguant. Trop c’est
trop… Ce n’est pas une menace. Je
suis en train de la murir. A l’instant, je
n’ai vraiment pas envie de continuer », a-t-il concédé.
Fin 2015, Ibenge avait déjà fustigé l’attitude d’une frange du public
qu’il avait qualifiée de « casseurs ».
Alors que le technicien obtient des résultats très probants sur le banc de
Vita Club, avec une finale de Ligue
des champions en 2014 et un titre de
champion de RDC en 2015 à la clé, le
club de Kinshasa pourrait finir par
payer cher la violence qui gangrène
le football congolais…
Paul Le Guen confirmé sélectionneur principal du Nigeria
P
ressenti pour arriver sur le banc
du Nigeria depuis plusieurs mois,
Paul Le Guen devrait être nommé prochainement selon la presse locale. Le
technicien français percevrait 44 000
euros mensuels.
«Nous avons identifié et mené
des négociations avec l’entraineur qui
va conduire les Super Eagles dans les
éliminatoires du Mondial 2018. Le salaire à payer au nouveau sélectionneur constituait un problème, mais
nous l’avons résolu puisque nous
avons désormais un sponsor qui va
régler les émoluments de l’entraineur.
Nous sommes prêts et d’ici une dizaine de jours, nous pourrons vous
dire qui est le nouveau sélectionneur».
Mardi, le président de la Fédération nigériane (NFF), Amaju Pinnick,
annonçait la nomination imminente
d’un nouveau technicien sur le banc
des Super Eagles. Le poste est vacant depuis le départ de Sunday Oliseh
en février dernier et occupé successivement par les intérimaires Samson
Siasia puis Salisu Yusuf, qui bénéficiait
du soutien du vestiaire. Sauf que le
dirigeant ne pourra visiblement pas
faire de surprise, le nom de l’entraîneur pressenti ayant été confirmé par
la presse locale ce jeudi.
LE GUEN A SÉDUIT
Comme annoncé depuis plu-
Taggy Etekiama rejoue
dans V.club en septembre
Hatem Ben Arfa signe
au PSG pour 2 ans
Le milieu offensif international
français Hatem Ben Arfa, qui
évoluait à l’OGC Nice la saison
dernière, s’est engagé pour deux
saisons avec le Paris SG, a annoncé, vendredi 1er juillet, le club
parisien. «Le Paris SG est heureux
d’annoncer la signature du contrat
d’Hatem Ben Arfa jusqu’au 30 juin
2018", indique le club sur son
compte Twitter. Ben Arfa, 29 ans,
est la première recrue du Paris SG
depuis que l’entraîneur espagnol
Unai Emery est arrivé sur son
banc. Il portera le numéro 21. Ben
Arfa a longtemps dû se débattre
pour se défaire d’une image
d’»enfant terrible» du football
français, forgée au gré de relations
parfois houleuses avec ses entraîneurs et à la suite d’un passage
très mitigé en Angleterre, à Newcastle puis à Hull City.
Ibrahimovic rejoint
Mourinho à Manchester United !
Paul Le Guen, le nouveau sélectionneur des Super Eagles du Nigéria
sieurs mois, Paul Le Guen devrait être
l’heureux élu puisqu’il est maintenant
le seul à négocier avec la NFF, révèle
le site Vanguard. «Il est enthousiaste
et veut travailler avec les Super
Eagles. C’est un gentleman et quelqu’un de très discipliné», ajoute une
source au sein de l’instance, interrogée par le média, expliquant qu’un
technicien serbe (peut-être Milovan
Rajevac, entretemps nommé sur le
banc de l’Algérie) se trouvait en lice
au départ mais que le Breton est désormais seul en course.
Les dernières discussions porteraient sur le salaire mais l’ancien
sélectionneur du Cameroun et
d’Oman devrait parvenir à ses fins et
percevoir 44 000 euros par mois. Les
pistes Stade Brestois et Anderlecht
n’ayant pas abouti, Le Guen pourrait
donc rebondir sur le banc du champion d’Afrique 2013, hors-course pour
la CAN 2017 et placé dans un groupe
de la mort pour les qualifications au
Mondial 2018. En 2010, l’ancien Lyonnais était parvenu à qualifier les Lions
Indomptables pour le Mondial sud-africain malgré un début d’éliminatoires
très compliqué. Vers un nouvel exploit au cours des prochains mois ?
LP/AF
Le feuilleton Zlatan Ibrahimovic est
officiellement terminé ! Après des
semaines et des semaines de
rumeurs, l’attaquant, en fin de
contrat avec le Paris Saint-Germain, vient de s’engager en faveur
de Manchester United. Si MU n’a
pas dévoilé les détails de cet accord, la presse anglaise évoque un
contrat d’un an avec une année
supplémentaire en option. Annoncée par le joueur lui-même jeudi,
l’arrivée du Suédois chez les
Mancuniens a été officialisée ce
vendredi par le club anglais. En
effet, sur les réseaux sociaux, les
Red Devils ont publié un message
accompagné d’une vidéo de l’ancien Parisien avec le maillot de
Manchester United. «Êtes-vous
prêt ? Il est l’heure de Zlatan», a
ainsi révélé le récent 5e de Premier
League.
U NE SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Culture 15
Le Potentiel
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
France : la rumba congolaise à
l’honneur ce 3 juillet à Lyon
Un périple musical entre
Cuba, le Congo et la Catalogne, avec Parrita, Faya
Tess, Los Angelitos Negros, Antoine « Tato »
Garcia... marquera cette
soirée « Nuits de Fourvière ».
L
RÉDACTION
D IRECTEUR DE LA PUBLICATION
Faustin Kuediasala - 081 904 17 63
D IRECTEURS DE LA RÉDACTION
Willy Kabwe–099 999 95 46
(Politique)
Bienvenu Bakumanya–099 848 47 50
(Économie – Société)
R ÉDACTEUR EN CHEF
Albert Tshiambi–081 493 47 53
(Politique)
R ÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT
Amédée Mwarabu – 085 489 82 27
bientôt la flamboyante bandeson de l’indépendance.
Dans les années 1950,
elle prospère entre Barcelone
et Perpignan, où les Gitans
s’imprègnent du son cubano
et de la mambo pour créer la
virevoltante «rumba catalane». C’est ce périple à travers l’Histoire et le monde que
conte la Nuit de la Rumba,
avec quelques détours inattendus (Hongrie, Chine,
Inde…) et un foisonnement
de chants et de rythmes
porté par des solistes de
choix comme le Barcelonais
Parrita, la Congolaise Faya
Tess, le Perpignanais Antoine
«Tato» Garcia ou la Cubaine
Ludmila Mercerón. Le tout
enrobé par un orchestre de
cuivres et percussions confié
aux mains d’or des arrangeurs
cubains Robin Reyes Torres
et Ernesto Burgos Osorio
(Santiago de Cuba).
Au cœur de la soirée,
pour parachever la fête, Dominique Hervieu, directrice
artistique de la Biennale de la
Danse, viendra initier le public
à la rumba tarentelle qui composera le final très attendu du
Défilé de septembre.
La direction artistique
sera assurée par Guy Bertrand, en partenariat avec le
défilé de la Biennale de la
Danse et le CRR, et en coproduction avec Athos Productions.
La Francophonie mobilisée autour
du XVI ème Sommet d’Antananarivo
L
a secrétaire générale de
la Francophonie, Mme
Michaëlle Jean, a présidé, le
jeudi 30 juin 2016 à Paris, la
98ème session du Conseil permanent de la Francophonie
(CPF), instance qui rassemble les représentants personnels des chefs d’Etat et de
gouvernement de la Francophonie. C’est ce que rapporte
une dépêche de l’Organisation
internationale de la Francophonie.
A moins de six mois du
XVIème Sommet de la Francophonie, la secrétaire générale a ouvert les travaux en
soulignant l’importance de cet
événement majeur : « Le
Sommet de la Francophonie
organisé à Madagascar sera
le rendez-vous de la solidarité francophone et la vitrine
des solutions et innovations
qui existent dans chacun de
nos Etats et gouvernements».
« Je tiens à saluer à
le 12 octobre 1982 à Kinshasa
Édité par MÉDIA 7
873, av. Bas-Congo
Kinshasa-Gombe
BP 11 338 Kinshasa 1, RD Congo
E-mail: [email protected]
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DIRECTION GÉNÉRALE
VICE- PRÉSIDENT
Freddy Mulumba K. – 099 813 54 83
CONSEILLER TECHNIQUE
Ben-Clet Kankonde D.–081 525 09 89
BIENVENU IPAN
a soirée du dimanche 3
juillet 2016, au Théâtre
des Romains de Fourvière –
69005, Lyon va vibrer au
rythme de la rumba, rapporte
Starducongo. En fait, c’est
aux rythmes de la rumba
congolaise que se déroulera,
en septembre 2016, le grand
défilé de la biennale de la
danse, l’un des rendez-vous
les plus populaires de la vie
culturelle lyonnaise.
Pour préparer cette
fête, Fourvière accueille, le 3
juillet 2016, au Théâtre des
Romains de Fourvière à Lyon,
une création exclusive, explorant les multiples visages et
couleurs d’une musique qui a
franchi les frontières et les
époques.
Née au 19 ème siècle
dans le terreau des rituels
afro-cubains, la rumba a essaimé la planète pour se
réinventer. On la retrouve
dans l’entre-deux-guerres au
Congo, où elle composera
Quotidien d’informations générales
Fondateur : Modeste Mutinga M.
Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la
Francophonie (Photo d’archives)
nouveau l’engagement résolu
des autorités malgaches ainsi
que la très forte mobilisation
de tout le pays dans l’organisation de cette grande rencontre internationale », a-telle ajouté.
Réunis les 26 et 27 novembre autour du thème : «
Croissance partagée et déve-
loppement responsable : les
conditions de la stabilité du
monde et de l’espace francophone », les chefs d’État
et de gouvernement de l’Organisation adopteront notamment la « Déclaration d’Antananarivo ».
Il réservera également
une place importante à la jeu-
nesse francophone, qui sera
invitée à se mobiliser et à
s’exprimer en amont du Sommet et à être présente à
Madagascar lors de l’événement et notamment le 25
novembre, lors d’une journée
spéciale consacrée aux jeunes. Ce rendez-vous de Madagascar sera l’occasion de
présenter les actions menées
en faveur de la jeunesse francophone pour appuyer l’emploi et la création d’incubateurs, pour lutter contre la
radicalisation avec l’initiative «
#Libres Ensemble » et renforcer le volontariat international de la Francophonie.
Le Conseil permanent a
enfin entériné la désignation
des membres du Comité de
pilotage de l’Institut de la
Francophonie pour l’Education
et la Formation (IFEF), étape
importante vers la mise en
œuvre de l’IFEF à Dakar et
le déploiement de ses actions.
OIF/LP
(Économie – Enquêtes)
SECRÉTAIRES DE RÉDACTION
Richard Ngapi – 081 685 05 14
St Augustin Kinienzi – 081 515 86 44
POLITIQUE
Olivier Dioso – 099 819 41 38
Pitchou Mulumba – 081 476 61 56
Médard Muyaya – 081 069 11 22
ÉCONOMIE
Olivier Kaforo – 081 525 45 55
SOCIÉTÉ & PROVINCES
Véron Kongo – 099 852 69 77
Donatien Ngandu – 081 507 53 87
Florent N’Lunda – 081 493 78 50
SPORTS
Armel Langanda – 081 194 58 60
INTERNATIONAL
Cyprien Kapuku – 097 047 77 70
CULTURE & NTIC
Bienvenu Ipan – 089 827 34 11
RÉALISATION
GRAPHISTES - METTEURS EN PAGE
José Kapwasa – 081 324 96 68
Odon Modjiri – 099 824 14 10
DOCUMENTATION
Delphin Bateko – 081 223 73 93
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RÉDACTEUR
Stanislas Ntambwe – 097 143 99 69
MARKETING & COMMERCIAL
DIRECTEUR
Franck Lukusa – 081 197 76 09
A GENTS COMMERCIAUX
John Rushimba – 099 899 85 72
Deddy Ilunga – 090 496 91 9
ADMINISTRATION & FINANCES
FINANCIER
Sébastien Lungikama – 099 846 47 70
T RÉSORIER
Alidor Mamba – 099 160 63 31
INTENDANT
Constantin Mpoyi – 099 853 36 48
IMPRIMERIE 7
C HEF DE SERVICE
Paulin Nkongolo – 085 365 42 26
GROUPE DE PRESSE
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N° 6771 du samedi 2 juillet 2016
Bunia: le premier vol d’«AnuariteNengapeta »
annoncé pour le 15 juillet
APOSTROPHE
30 juin
BEN-CLET
L
e chef national des esca
les de Congo Airways a déclaré lundi 27 juin à Radio
Okapi que sa compagnie était
en train de moderniser son
bureau à l’aéroport de Bunia
pour accueillir le premier vol
commercial du Bombardier
AnuariteNengapeta le 15
juillet.Mais, il n’a pas expliqué
pourquoi l’appareil n’est plus
revenu sur Bunia depuis le vol
inaugural effectué il y a plus
d’un mois.
Les habitants de la ville
avaient pourtant accueilli avec
satisfaction le vol inaugural
d’AnuariteNengapeta le 19
mai dernier. La crème politique et économique locale
avait été mobilisée par les
autorités pour accueillir cet
aéronef.
L’évènement est intervenu après deux jours d’attente, au cours desquels des
rumeurs folles s’étaient propagées sur cet avion qui était
cloué au sol à Isiro dans le
Haut-Uélé.
3
L’avion «AnuariteNengapeta», de marque Bombardier Q400 de Congo Airways. (Photo Monusco)
Certains voyageurs
s’étaient réjouis de pouvoir
voyager avec Congo Airways
et avaient retardé leur voyage
pour attendre le début du trafic commercial du nouvel
avion.
Mais depuis le vol inaugural,
le
bombardier
AnuariteNengapeta qui doit
assurer les rotations entre
Bunia et d’autres villes de la
RDC, n’a plus été revu dans
la capitale de l’Ituri. La compagnie annonce le premier vol
commercial pour le 15 juillet.
RO
Matadi : un député de la majorité exige
la libération de 7 opposants
L
es sept politiciens de l’op
position arrêtés en mai
dernier à Matadi ont totalisé
trente-neuf jours hier vendredi 1er juillet à la prison centrale de Matadi.
Dans un entretien avec
Radio Okapi jeudi, le député
de la Majorité présidentielle,
Luthelo Nyudi, a exigé leur libération sans condition.
«Cette situation est
honteuse pour nous qui sommes de la majorité. Nous demandons que justice soit
faite. Cela veut dire qu’il faut
relâcher ces gens, au plus vite
que possible», a indiqué
Luthelo Nyudi.
«Je dois dénoncer cette
façon de faire, parce que la
manifestation a été acceptée
à Kinshasa. A Matadi, la manifestation n’a même pas eu
lieu. Les gens ont été arrêtés
[à la résidence de Monsieur
Tex Mavinga], je ne sais
pourquoi», a-t-il poursuivi.
Ces opposants sont
poursuivis par le parquet général du Kongo-Central pour
« avoir préparé des tracts
appelant la population aux
soulèvements». Selon des
sources sécuritaires, les prévenus avaient été trouvés
dans une réunion secrète au
quartier Ciné Palace de Matadi en train de préparer ces
tracts. Mais, l’Union pour la
nation congolaise (UNC) avait
indiqué que cette rencontre
portait sur la préparation de
la marche de l’opposition du
26 mai.
L’élu de Matadi assure
que cette demande fait l’unanimité des députés nationaux
de la province du Kongo-Central:
«J’ai déjà pris contact
avec les autres députés [du
Kongo-Central]. D’une manière unanime, les députés
sont mécontents […] de cette
dérive dans la ville de Matadi.
On commence à arrêter des
gens qui n’ont rien fait, qui
étaient dans une résidence.
Maintenant, ils se trouvent
pendant au moins un mois en
prison.»
RAPPEL DES FAITS
Le procès de ces sept
membres de l’opposition politique arrêtés à Matadi, avait
repris le lundi 30 mai dans la
même ville. Ces opposants,
détenus au camp Molayi, sont
poursuivis par le parquet général du Kongo-Central pour
« avoir préparé des tracts
appelant la population aux
soulèvements». La défense
a rejeté ces accusations.
Maître Lucien Tsasa,
avocat de la défense, a attaqué les actes pris par la première composition de la
chambre des juges dès le
début du procès. Selon la défense, un juge membre de
cette composition n’avait jamais prêté serment. Pour Me
Lucien Tsasa, tous les actes
pris par cette composition, notamment celle de la détention de ces acteurs politiques,
devaient être annulés.
La défense demande
aussi que la question de la
flagrance soit déclarée sans
objet, car le dossier est vide.
Ce qui, selon lui, doit aboutir
logiquement à la libération
pure et simple des prévenus.
Ce procès ne se trouve
donc qu’au niveau de la
forme. Le fond n’est pas encore abordé. La défense parle
d’un procès politique. Allégations rejetées par le ministère
public, qui assure que les preuves et les faits de culpabilité
seront établis, sans donner
des détails.
Les prévenus sont
membres des partis politiques
UNC, MPCR et RECO. Sur
neuf opposants arrêtés lundi
23 mai, deux ont été libérés.
Le procès, entamé 48 heures après, avait été suspendu; la défense ayant contesté un des juges.
Selon des sources
sécuritaires, les prévenus
avaient été trouvés dans une
réunion secrète au quartier
Ciné Palace de Matadi en train
de préparer des tracts pour
appeler la population à un soulèvement. Mais, l’UNC avait
indiqué que cette rencontre
portait sur la préparation de
la marche de l’opposition du
26 mai 2016.
RO.
0 juin 2016. Il y a donc
56 ans que la RD
Congo est indépendante.
Est-ce que les 70 millions
de citadins et de villageois ressentent, au
même degré, la fierté
d’être ce qu’ils sont ? Ontils connu des dirigeants
modèles ? Rétroviseur.
En 1960, J. KasaVubu devient le premier
président du Congo indépendant. Et P.E. Lumumba, un personnage
imprévisible, Premier ministre. Inexpérimentés et
manipulés, ils engagent
un bras de fer qui sacrifiera Lumumba. Kasa survivra aux turbulences politiques : sécessions, rébellions. En 1965, néanmoins, il tente d’ériger
des obstacles à la victoire
virtuelle de M. Tshombé à
la présidentielle. Le lieutenant Mobutu écarte l’un
et l’autre.
Soutenu par la Cia,
J.-D. Mobutu règne sans
partage durant 32 ans.
Mais, sous la pression
populaire et la perestroïka, il feint l’ouverture
démocratique en 1990.
Peu après, le réflexe
autoritaire le rattrape et
il multiplie des manœuvres dilatoires pour
s’éterniser au pouvoir. Sa
chute et sa fuite, en mai
1997, seront lamentables. Dans l’imagerie populaire, il est passé, sans
transition, de bâtisseur
au démolisseur du Zaïre.
En 1997, le rebelle
L.-D. Kabila sonne le glas
pour Mobutu. Il est porté
au pouvoir par la coalition armée rwandoougandaise, supervisée
par Washington. Visiblement adepte de l’image
de «l’homme fort», LDK
est assassiné trois ans
plus tard. La conspiration
porte la signature de ceux
qui l’avaient fait roi.
J. Kabila hérite du
pouvoir en janvier 2001.
Le jeune président, lucide, relance le processus
démocratique. Une Constitution est promulguée.
Des élections libres sont
tenues en 2006 et 2011.
Curieusement, à l’approche de la fin de son
deuxième et dernier mandat constitutionnel, Joseph est tenté par JosephDésiré. Les mêmes causes, dit-on, produisent les
mêmes effets. Quid d’un
pays plus beau qu’avant le
30 juin 1960 ?