Beau temps pour les Chinois au Congo

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Beau temps pour les Chinois au Congo
Beau temps pour les Chinois au Congo
Écrit par Muriel Devey Malu-Malu
Samedi, 12 Juillet 2014 12:35 - Mis à jour Samedi, 12 Juillet 2014 13:00
Brazzaville et Pointe-Noire n'ont pas encore leur Chinatown, mais
cela ne saurait tarder tant les Chinois investissent en masse
l'économie.
Commerces, chantiers de BTP, agriculture, industrie, recherche pétrolière, mines..., aucun
secteur stratégique ne leur échappe. Et ce, d'autant que leur présence a été réactivée au début
des années 2000 et consolidée avec l'accord de partenariat stratégique Congo-Chine conclu en
juin 2006 et renouvelé en mars 2013 lors de la visite du président chinois au Congo. À la clef,
onze accords signés assortis de prêts bonifiés, voire sans intérêt, et de dons conséquents. De
quoi financer de multiples projets congolais, qui profitent, en retour, aux entreprises chinoises.
La filière BTP a la faveur de nombre d'entreprises
C'est dans la filière BTP que celles-ci sont particulièrement actives au Congo. Et pour cause. Le
gouvernement congolais a inscrit à son programme d'investissements publics, et dans le cadre
de la municipalisation accélérée, la réalisation de nombreuses infrastructures économiques,
administratives et sociales de base. Barrages hydroélectriques, lignes de transport d'énergie,
routes, ports, infrastructures aéroportuaires, logements, hôpitaux, écoles, édifices publics,
complexes sportifs, usines de production d'eau, systèmes d'assainissement... : les sociétés
chinoises sont, de loin, les grands gagnants des appels d'offres lancés par la Délégation
générale des grands travaux.
Parmi la quinzaine d'entreprises de BTP de l'empire du Milieu présentes au Congo, certaines
ont remporté des marchés tous azimuts, comme la China National Machinery Equipment import
and export Corporation - CMEC - (transport d'électricité associé au barrage de Liouesso, usine
d'eau de Djiri, logements à Brazzaville, route Okoyo-Lékéty), ou la Weihai International
Economic Technical Cooperative - Wietc - (2e module et autres équipements de l'aéroport
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Maya Maya et logements à Brazzaville). Ou encore la China Road & Bridge Corporation CRBC - (route Mambili-Ouesso, voieries urbaines, institut professionnel de technologie d'Oyo,
adduction d'eau potable à Sibiti, etc.).
D'autres interviennent en priorité dans le bâtiment comme Beijing Construction Engineering
Group, CEEDI, Dawa Engineering, China Geo Engineering Corporation International, Beijing
Construction Engineering Group, ainsi que Zhengwei technique Congo, Sino Hydro et China
Stade Corporation and Equipement Company, qui ont raflé les marchés de construction du
grand complexe sportif de Kintélé.
Outre la CRBC, les projets routiers phares du pays sont revenus à la China State Construction
& Engineering Corporation, numéro un du BTP chinois (route Dolisie-Brazzaville) et à
Sino-Hydro (tronçon Ketta-Biessi, dans la Sangha). Récemment implantée au Congo, la China
Gezhouba Groupe Company, pour sa part, construit la centrale hydroélectrique de Liouesso,
tandis que la China Jiangsu réalise le palais présidentiel à Sibiti et le 2e module de l'aérogare
de Pointe-Noire, après avoir construit l'aérogare de l'aéroport d'Ollombo.
Au-delà des nouvelles technologies, l'impérative prospection des matières
premières
Dans les nouvelles technologies de l'information, ce sont les sociétés Huawei Technologies (3e
équipementier mondial des télécommunications) et CMEC qui ont raflé le marché de
construction du réseau national de fibre optique entre Pointe-Noire, Brazzaville et Ouesso. Loin
de se limiter au BTP, la Chine est présente dans d'autres secteurs. Et pour cause. La recherche
de matières premières (bois, pétrole, ressources minières) et de débouchés, tant pour ses
entreprises que pour ses produits, est indispensable pour son développement. D'ailleurs,
nombre de leurs sociétés installées au Congo importent de Chine les matières premières, les
intrants et une partie de la main-d'oeuvre - cadres et ouvriers - nécessaires à l'exécution des
travaux.
Dans la filière bois, les entreprises chinoises caracolent en tête des superficies concédées,
avec quelque 3,182 millions d'hectares de concessions réparties entre la Sino Congo Forêts,
établie dans la Lékoumou et le Kouilou ; la société d'exploitation forestière Yuang Dong,
implantée dans la Sangha ; la Congo Deija Wood Industry (Cuvette Ouest) ; Thanry Congo,
filiale du groupe Vicwood (Likouala) ; et Wang Sam Resources and Trading Congo (Cuvette).
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Présente dans l'exploration pétrolière, avec China Congo Wing Wah Petrochimical et China
National Offshore Oil Corporation, la Chine a également mis pied dans le secteur minier. Or,
polymétaux, diamant, fer, uranium, potasse, grès, carrières et autres..., tout l'intéresse. Une
bonne vingtaine de sociétés sont ainsi en phase de recherche et d'exploration dans plusieurs
départements du pays. Parmi elles figurent Lulu, Luyan des Mines, Congo Yuan Wang
Investment Million Well Congo, Sino Congo, China National Group Gerald, China Ghezouba
Group. Et bien d'autres. Mais le projet d'envergure, et le plus avancé, reste le projet potasse de
Mengo, avec Evergreen Industries qui contrôle Mag Minerals Potasses Congo. Il est vrai que
les besoins en potasse (engrais) de la Chine sont énormes, notamment pour l'agriculture.
Usines, commerce de détail et zones économiques spéciales
Outre deux cimenteries - la Société nouvelle des ciments du Congo à Loutété (Bouenza) et
Forspak à Dolisie (Niari) -, les Chinois ont également investi dans une usine de matériaux de
construction (briques, carreaux et tuiles) à Makoua, une unité de fer à béton à Djiri et de
panneaux solaires à Oyo. Au grand dam des Ouest-Africains, les Chinois ont investi le
commerce de détail et comptent même plusieurs supérettes - enseigne Asia - à Brazzaville
(centre-ville, Ouenzé et Bacongo) et Pointe-Noire. Outre des assistants techniques dans les
secteurs agricole (Centre de démonstration des techniques agricoles de Kombé) et médical, les
Chinois ont ouvert aussi des petites officines et des cliniques privées et se sont lancés dans le
maraîchage. Dans un avenir proche, qu'ils soient réalisés dans le cadre des grands travaux ou
de la municipalisation accélérée, les projets ne manquent pas. Ainsi, des partenariats entre la
Chine et le Congo sont en négociation pour la mise en place des zones économiques
spéciales, notamment celles de Pointe-Noire et d'Ollombo/Oyo. Pour la réalisation d'un port
minéralier à Pointe-Noire également, dont la première phase de l'étude de faisabilité a déjà été
réalisée par la China Road and Bridge Corporation.
Si les investissements chinois au Congo montent en puissance, les relations commerciales ne
sont pas en reste. La Chine, qui importe largement du Congo du pétrole et du bois, tend à ravir
aux États-Unis la place de premier pays client. Elle dispute également à la France celle de
premier pays fournisseur, expédiant de plus en plus vers le Congo ses produits manufacturés.
Pour preuve, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et le Congo a atteint 5,870
milliards de dollars en 2013 contre 290 millions de dollars en 2002.
A Brazzaville, par Muriel Devey Malu-Malu
Source Le Point.fr - Publié le 11/07/2014 à 11:26 - Modifié le 11/07/2014 à 12:07
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