Dérèglement climatique, défense et sécurité

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Dérèglement climatique, défense et sécurité
TRIBUNE n° 721
Dérèglement climatique,
défense et sécurité
Eugène Berg
Ancien ambassadeur, auteur de La Russie pour les nuls (Éditions First, à paraître, janvier 2016).
E
n mars 2008, dans son rapport sur le lien entre sécurité et changement climatique, le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires
étrangères et la politique de sécurité estimait que le réchauffement agissait
comme un « multiplicateur de menaces ». Il pointait « les tensions liées à la gestion
des ressources hydriques de la vallée du Jourdain et du bassin du Tigre et de
l’Euphrate ». Presque toutes les zones identifiées comme les plus sensibles (Sahel,
Mésopotamie, Levant, Yémen et Afrique du Nord) ont basculé dans l’instabilité et
le chaos. Le paramètre environnemental fut présent dans le déclenchement du
conflit syrien : la sécheresse des années 2000 en Syrie a affecté 1,3 million de
Syriens. En 2008, pour la première fois, la Syrie dut importer du blé. En 2010,
17 % de sa population se trouva en état d’insécurité alimentaire. Les sécheresses
ont toujours existé mais le changement climatique en renforce l’impact. Dans le
cas de la Syrie, le changement climatique a bien été un facteur aggravant : un premier point complet de la situation avait été dressé dans l’Atlas du réchauffement climatique de Frédéric Denhez. Il n’est que de prendre l’exemple des catastrophes
naturelles, pour envisager les problèmes de sécurité dans toutes leurs dimensions,
comme l’explicite Pradogh Dhar Chakrabarti, dans la très riche synthèse annuelle
Regards sur la Terre 2015.
Dès les années 1990, le Pentagone a pris conscience de l’émergence de nouveaux risques liés au changement climatique, même si ce n’est qu’en 2003, qu’il
établissait, un lien entre sécurité et changement climatique. Dans son article « La
défense face aux défis du dérèglement climatique », Bastien Alex, chercheur à
l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), présente les différentes
étapes de cette problématique. Comment identifier les risques et menaces susceptibles d’affecter la sécurité des collectivités humaines ? Quelle réponse leur apporter sur le plan doctrinal (réflexion stratégique), opérationnel (gestion de crise) mais
aussi en termes capacitaires (impacts sur l’appareil militaire) ? Tous ces aspects sont
analysés ci-après.
Climat et Défense : quels enjeux ?
Organisée en amont de la COP21 par le ministre de la Défense Jean-Yves
Le Drian, le 14 octobre dernier, cette première rencontre internationale a permis
www.defnat.fr - 10 décembre 2015
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de mieux prendre en compte le facteur environnemental et climatique dans
l’analyse des risques internationaux. Ses travaux se sont déroulés autour de différentes tables rondes.
La première intitulée « Pression sur les ressources naturelles et sécurité alimentaire » (lire l’ouvrage Atlas du climat, Face aux défis du réchauffement) reconnut
que la pression exercée sur les ressources naturelles pouvait constituer un facteur de
déstabilisation qui amplifie, dans certains cas, les risques de tensions sociales, économiques et politiques et de déplacement de populations à l’intérieur de leur pays
ou au-delà. Pour l’heure, les études démontrent que les ressources en eau potable
restent le principal paramètre exposé au changement climatique susceptible de provoquer des tensions entre États partageant le même bassin-versant ou dépendant
d’un fleuve traversant différents territoires nationaux, avec la problématique de
l’impact des prélèvements amont/aval via les barrages (cf. Alexandre Taithe).
Alain Gachet, un géologue pétrolier désormais spécialisé dans la recherche
des ressources hydriques qui a mis au point un système unique au monde (Watex),
expose de manière vivante et concrète son expérience incomparable sur le terrain.
Il s’est rendu dans le désert libyen, au Kurdistan irakien, dans le Darfour, en
Centrafrique ; il a arpenté les rives du lac Tchad, dont la surface, naguère de
25 000 km² est réduite désormais à 2 500 km². Il a été en étroite liaison avec le
conseiller de l’US Navy qui s’occupe des ressources en eau de toute l’Afrique de
l’Est, en prévision des crises futures. Expérience passionnante que la sienne s’étant
rendu sur bien des zones conflictuelles du monde et ayant contribué à la formation
d’un groupe d’officiers de la DRM (Direction du renseignement militaire) à l’utilisation de l’outil radar juste avant l’entrée de la guerre en Afghanistan. Son verdict
est clair : « Ces questions de l’eau ne sont-elles pas de nature à déstabiliser tout le
Proche-Orient, et par ricochet toutes nos sociétés ? ».
Selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat), en Afrique, « dans les régions sèches, la fréquence des périodes de sécheresse
va probablement augmenter d’ici 2100 », et les tensions pourraient se multiplier :
« Le changement climatique va accroître indirectement les risques de conflit violent de type guerre civile, violence interethnique et violentes manifestations en exacerbant les facteurs déjà établis comme la pauvreté et les crises économiques ». Pour
les hommes vivant en bordure du lac Tchad, si la baisse des ressources hydriques
et halieutiques ne leur permet plus de subvenir aux besoins de leur famille, cela
peut devenir un facteur de tensions, voire de recrudescence de l’activité djihadiste.
La deuxième table ronde s’est penchée sur les « Événements climatiques
extrêmes et la sécurité humaine ». Il s’agit de tempêtes majeures, de cyclones,
d’inondations, de sécheresses, de vagues de chaleur ou d’incendies de forêt. Autant
de catastrophes qui affectent directement la sécurité humaine et celle d’un environnement, tant rural qu’urbain, où s’inscrivent les activités humaines.
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La troisième s’est interrogée sur les implications pour la politique de défense.
Susceptibles d’être mobilisées de façon croissante pour des opérations d’assistance
humanitaire, les forces armées pourraient, elles-mêmes, être touchées par les effets
des changements climatiques. Le risque climatique rendra plus contraignants les
théâtres d’opérations, obligeant les armées à s’adapter, sur le plan matériel. Les
changements climatiques sont ainsi à même d’affecter plusieurs fonctions stratégiques, en particulier la connaissance et l’anticipation, la protection et l’intervention et, ce faisant, la politique de défense des États.
Enfin les participants à la dernière table ronde se sont demandés : « La
défense verte, la voie à suivre ? ». Les ministères de la Défense disposent d’un
important domaine foncier et sont souvent les principaux consommateurs publics
d’énergie. Leur contribution se pose ainsi en termes de réduction de leur consommation d’énergie fossile, d’adaptation de leurs infrastructures et équipements à des
impératifs énergétiques et de recyclage, ainsi que de respect de normes environnementales exigeantes. Des efforts sont conduits dans ce domaine au niveau national
mais aussi dans le cadre de l’Europe de la défense et de l’Otan. En France, cela
devra se traduire par l’élaboration d’une feuille de route sur les implications des
changements climatiques pour la défense, qui devra couvrir tous les domaines de
responsabilité de la défense – de la connaissance-anticipation à la protection, en
passant par la prévention et l’intervention. En effet, une responsabilité spécifique
incombe aux ministères de la Défense en termes de contribution aux politiques
publiques de développement durable (cf. L’Atlas des développements durables), tant
en termes de conception écologique des équipements de défense, que d’efficience
énergétique des infrastructures ou de prise en compte de la protection des écosystèmes, tant sur le territoire national que sur les théâtres d’opérations.
La réflexion sur la sécurité climatique
Dans leur rapport Conséquences du dérèglement climatique pour le ministère
de la Défense (Iris, juin 2014), Bastien Alex, Alain Coldefy et Hervé Kempf écrivaient que : « La sécurité climatique provient de la volonté de prendre en compte les
incidences du changement climatique sur la sécurité entendue dans sa définition
large avec pour sujets l’individu, l’État, l’environnement et la sécurité internationale ». Cette problématique fait l’objet de trois approches : le changement
climatique, source de conflits intra- et inter-étatiques, notamment en modifiant la
disponibilité des ressources ou l’intégrité territoriale d’un État (suite à l’élévation
du niveau de la mer) ; le changement climatique comme menace à la sécurité
humaine en exacerbant la vulnérabilité de certaines populations (par exemple, la
répétition des événements climatiques extrêmes étant un facteur) ; le changement
climatique, menace à l’égard de l’environnement et de la biodiversité.
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Comment le risque climat est-il considéré
par les autorités de la Défense ?
Le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008 reconnaissait
l’impact que pouvait avoir le changement climatique dans la montée des tensions
dans l’océan Indien et dans la déstabilisation du Maghreb et préconisait « de mieux
prendre en compte les risques induits par les changements climatiques ». Trois ans
plus tard, un rapport de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire
(Irsem) de juillet 2011, intitulé Réflexion stratégique sur le changement climatique et
les implications pour la défense, insistait sur la nécessité de « cerner les zones à risques
et de mieux connaître les nouveaux environnements » (régions du Gange, du
Mékong, de l’Arctique) pouvant devenir des théâtres de conflits. Les facteurs plus
préoccupants sont […] la dégradation environnementale et l’urbanisation non
maîtrisée, aggravés par l’évolution climatique qui va augmenter la rareté des ressources en eau dans une région proche de la pénurie. Reconnaissant que « le changement climatique pourrait accentuer les risques naturels et sanitaires, modifier la
répartition des ressources en eau et affecter la sécurité alimentaire », le rapport
pointait la vulnérabilité de certaines zones géographiques, « au-delà des 10 000 km
considérés par la France comme une distance maximale pour des scénarios de projection de forces » (Rive Sud de la Méditerranée, Afrique centrale, Corne de
l’Afrique, certaines régions d’Asie et du Sud-Est de l’Asie.
En février 2012, un rapport parlementaire, L’impact du changement climatique en matière de sécurité et de défense, qualifiait « les conséquences du changement climatique » d’« enjeu fondamental, dont les pouvoirs publics doivent se saisir ». Il identifiait plusieurs enjeux géopolitiques (migrations climatiques, compétition pour les ressources naturelles et pour les territoires, risque de multiplication
des conflits) et préconisait un travail d’anticipation de l’impact en matière de
défense. Il proposait de s’appuyer sur les travaux du Service européen d’action extérieure (Towards a Renewed and Strengthened EU Climate Diplomacy, 9 juillet 2011)
afin de construire une doctrine européenne en la matière.
Aléas climatiques et géopolitiques : risques indirects
En février 2014, la sénatrice de Paris du groupe Europe Écologie-Les Verts,
Mme Leila Aïchi, publiait le Livre vert de la défense, qui présentait une analyse de
l’interaction entre la défense, le changement climatique et l’environnement. La
question des réfugiés climatiques, « personnes forcées de quitter leur lieu de vie en
raison d’une dégradation de leur environnement liée au changement climatique »
est posée. Les études sur le sujet, évoquent de 200 millions à 1 milliard de
personnes d’ici 2050, ne tiennent pas compte « de l’évolution démographique
des régions, de la capacité locale des populations à s’adapter et de la mise en place
de politiques publiques qui pourraient faciliter ou empêcher ces migrations ».
Claude-Marie Vadrot consacre un chapitre à la question de « La vague déferlante
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des réfugiés climatiques ». Il s’étend sur le cas du lac Tchad, appelé à disparaître
dans vingt ou trente ans, qui fait vivre 20 millions de personnes, poussées à se
reconvertir de pêcheurs en agriculteurs. Dans bien des endroits touchés par le
changement climatique, celui-ci s’est avéré un accélérateur de conflits (Sahel, Côte
d’Ivoire avec la sécheresse dans le Nord).
La compétition pour les ressources naturelles
La compétition pour les ressources naturelles constitue le facteur de
conflictualité le plus ancien :
- l’eau potable qui renvoie à la notion de stress hydrique (1,7 milliard de
personnes touchées dans le monde, cf. Claude-Marie Vadrot) ;
- la nourriture, qui renvoie à la notion de sécurité alimentaire ;
- l’énergie, qui renvoie à la notion de sécurisation des approvisionnements
énergétiques en ressources fossiles mais également en métaux rares.
S’agissant de ces derniers, dont la notion est proche de celle des terres rares,
saluons la publication peut-être de la première synthèse d’ensemble : Les métaux
rares : opportunité ou menace ? Florian Fizaine y décrit avec précision le rôle de ces
différents métaux rares aux noms bien exotiques (germanium, zéolithe synthétique,
rhénium, tantale, niobium, hafnium, etc.) dans le processus de décarbonatation
des énergies carbonées, le développement des énergies alternatives, le
stockage, le transport, la distribution et l’usage de l’énergie. L’un des matériaux
les plus problématiques est le néodyme utilisé dans les systèmes d’engrenage des
éoliennes : quoiqu’abondant sur terre, les gisements à faible coût d’extraction
sont concentrés à 98 % en Chine, qui joue de cette situation privilégiée de quasimonopole en ayant par exemple limité ses exportations vers le Japon en 2010, suite
à des différends géopolitiques dans l’offshore. Plus de la moitié des réserves de
lithium, élément indispensable pour les batteries, se trouvent en Bolivie et au
Chili. Il est intéressant de noter qu’au terme de son étude très précise, Florian
Fizaine dresse un tableau des gagnants de la transition énergétique. En un mot,
plus on se dirigera vers une énergie décarbonée, en mettant en valeur les énergies
EVS (eau, vent, soleil) en développant les énergies éolienne, solaire géothermique,
marine et hydraulique, plus un groupe restreint de pays en sortira gagnant, car ces
derniers possèdent les métaux rares indispensables au développement de ces énergies décarbonées. Il s’agit pour l’instant de la Chine, de l’Australie, du Brésil, du
Chili et de l’Inde.
Le Climate Change Vulnerability Index tente d’évaluer le risque lié aux
manifestations du changement climatique dans le monde. Son édition 2014 identifie plusieurs États présentant un niveau de vulnérabilité extrême : Bangladesh,
Guinée-Bissau, Sierra Leone, Haïti, Sud-Soudan, Nigeria, République démocratique du Congo, Cambodge, Philippines, Éthiopie. La compétition pour les
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ressources pourrait stimuler celle pour les territoires non attribués (eaux internationales par exemple) ou déjà l’objet de contentieux, notamment les revendications
de Pékin sur une partie de la mer de Chine. Devant les défis à relever en termes
d’approvisionnement énergétique et en matières premières en période de croissance,
l’ajout de la variable rareté aux manifestations du changement climatique rend
encore plus crisogène la lutte pour l’accaparement des ressources. Par exemple, une
réduction des débits des fleuves liée au dérèglement climatique, pourrait affaiblir
le potentiel hydroélectrique de la Chine et ainsi l’inciter à revendiquer des territoires, offshore notamment, contenant d’autres sources d’énergie…
Les implications macroéconomiques du changement climatique
Ces aspects sont analysés dans l’ouvrage collectif, publié sous la direction
de Jacques Mistral. L’OCDE estime l’effet d’un réchauffement climatique autour
de 2° C à -1,5 % de croissance d’ici 2060, soit une perte de croissance annuelle du
PIB de 0,03 % en moyenne, le GIEC estime, pour une hausse des températures de
2,5° C à long terme, des pertes économiques comprises entre 0,2 et 2 % du revenu mondial. Mais au niveau mondial, la répartition géographique de ces pertes
économiques serait très hétérogène et concentrée sur l’Asie du Sud et du Sud-Est
(Inde, Indonésie) – soit des zones densément peuplées et pauvres.
Dans l’introduction, Jacques Mistral, exprime des vérités de bon sens, qui
semblent devoir s’appliquer également à la question sécurité/changement climatique. Il ne faut pas être paralysé par les incertitudes et il faut, par précaution, élaborer un programme d’action ambitieux (dans tous les domaines de l’activité
humaine, ajoutons-nous). Mais il faut aussi proportionner l’action à l’état de nos
connaissances, sans se laisser aller au catastrophisme. Il faut, par souci d’efficacité,
utiliser au mieux les ressources que l’on engagera dans ce combat. En tout cas, il
n’y a pas de domaine où l’interdépendance de toutes les parties de l’humanité soit
plus nettement visible.
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Éléments de bibliographie
Alex Bastien : « La défense face aux défis du dérèglement climatique » in L’enjeu mondial : l’environnement ; Science
Po Les Presses, 2005 ; 284 pages.
Alex Bastien, Coldefy Alain et Kempf Hervé : Conséquences du dérèglement climatique pour le ministère de la Défense ;
juin 2014, Iris (www.iris-france.org/wp-content/uploads/2014/11/EPS2013-Les-conséquences-du-dérèglement-climatique-pour-le-ministère-de-la-défense.pdf ).
Bréon François-Marie et Luneau Gilles : Atlas du climat, Face aux défis du réchauffement ; Éditions Autrement, 2015 ;
96 pages.
Laboratoire de l’Irsem : Réflexion stratégique sur le changement climatique et les implications pour la défense ; Irsem,
juillet 2011.
Denhez Frédéric : Atlas du réchauffement climatique ; Éditions Autrement, 2007 ; 84 pages.
Fizaine Florian : Les métaux rares : opportunité ou menace ? Enjeux et perspectives associés à la transition énergétique ;
Éditions Technip, 2015 ; 192 pages.
Gachet Alain : L’homme qui a fait jaillir l’eau du désert : à la recherche de l’eau profonde ; JC Lattès, 2015 ; 278 pages.
Kreft Sönke et Eckstein David : Global Climate Risk Index 2014. Whor Suffers Most from Extreme Weather Events?
Weather-Related Loss Events in 2012 and 1993 to 2012 ; Germanwatch, (https://germanwatch.org/en/download/8551.pdf ).
Mistral Jacques (dir.) : Le climat va-t-il changer le capitalisme ? ; Éditions Eyrolles, 2015 ; 270 pages.
Paugam Anne, Ribera Teresa, Tubiana Laurence et Kumar Pachauri Rajendra : Regards sur la Terre 2015 : construire
un monde durable ; Armand Colin, 2015 ; 332 pages.
Taithe Alexandre : Changement climatique et sécurité des États : un lien opérationnel à construire localement et à moyen
terme ; Note de la Fondation pour la recherche stratégique, 3 octobre 2007.
Conférence internationale « Climat et Défense : quels enjeux ? » : Les tables rondes, 14 octobre 2015
(www.defense.gouv.fr/actualites/articles/climat-defense-les-tables-rondes).
Vadrot Claude-Marie : Climat : planète en danger ; Éditions du Rocher, 2015 ; 222 pages.
Veyret Yvette et Arnould Paul (dir.) : L’Atlas des développements durables ; Éditions Autrement, 2008 ; 88 pages.
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