Samedi 16 Avril 2016

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Samedi 16 Avril 2016
Le Quotidien
Vendredi 15 - Samedi 16 Avril 2016 n°4720 - Prix : Algérie 15 DA — http://www.lexpressiondz.com — ISSN 1112-3397 — Directeur Fondateur : AHMED FATTANI
Un monument de la presse algérienne nous quitte
NOUREDDINE NAIT MAZI
LA LEÇON
D’UNE
VIE
Lire notre dossier
en pages
2, 3, 4, 6, 7, 8 et 11
Suite en page 3
Ph : R. Boudina
I
l est parti. Presque sur la
pointe des pieds. Par un
matin d’avril, ce grand
blond aux yeux bleus nous
aura laissé comme
marque indélébile les
fragments de toute une vie.
Dans l’édition du quotidien
L’Expression de ce jour, le
lecteur découvrira une
couverture exceptionnelle
réservée à la disparition du
grand journaliste algérien,
Noureddine Nait Mazi. Il
restera, comme le souligne
le message du Président
Bouteflika, «l’un des pères
fondateurs de la presse
nationale » et un
« journaliste exceptionnel ».
Voilà le condensé de toute
une vie résumé en une
dizaine de mots. De mots
vrais. Pas laudatifs pour ce
« moudjahid de la plume »
que les générations
post-indépendance
ignorent jusqu’au nom et à
tous, si l’on peut dire, ses
faits d’armes. Il est connu
un peu plus par les
quinquagénaires. Ceux qui
naquirent à l’aube de
l’Indépendance et
grandirent libres à l’ombre
de la souveraineté
recouvrée en inaugurant
chaque matin leur journée
par la lecture du quotidien
El Moudjahid.
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
«L’Algérie perd un des piliers de l’information»
CONGRÈS DU RND
CRITIQUES DE LA PRESSE FRANÇAISE CONTRE L’ALGÉRIE
Le ministre a assuré que son département
accomplit son travail conformément
aux lois en vigueur.
Lire en page 9 l’article de Nadia Benakli
Ils rappellent aux auteurs de cette cabale qu’ils « ne peuvent ébranler
la confiance des travailleurs algériens et de leurs entreprises, ni en leur
Président qu’ils ont choisi démocratiquement par la voie des urnes ».
Lire en page 24 l’article de Amar Ingrachen
Bedoui conforte
la direction du RND
L’UGTA ET LE FCE
CONTRE-ATTAQUENT
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT MAZI
PENSÉE ÉMUE
POUR L’AMI
Notre doux confrère, talentueux et généreux, Sî Noureddine
Nait Mazi vient d’un pas discret de s’en aller de ce monde.
! KADDOUR M’HAMSADJI
S
a dernière sortie publique,
et négligeant courageusement son lourd état de
santé et l’anniversaire de ses 81
ans, il l’avait consacrée à l’émouvant hommage qui m’a été rendu
à la Bibliothèque nationale
d’Alger, le 9 janvier 2016 et qui a
été organisé conjointement par
l’Onda et l’Association des Amis
de la rampe Louni ArezkiCasbah-Alger… En d’autres
temps, j’avais contribué en toute
fraternité au double hommage
qui lui avait été réservé au cours
du 16e Salon du Livre d’Alger
(2011) par le journal L’Expression
et au Forum d’El Moudjahid avec
la projection d’un film documentaire sur sa passion journalistique, en
2012.
Notre doux confrère, talentueux et
généreux, Sî Noureddine Nait Mazi vient
d’un pas discret de s’en aller de ce monde.
Sa disparition est, pour nous, telle une
pointe douloureuse au cœur. Certes, nous
le voyions fatigué, mais sa volonté
d’homme d’esprit et d’élégance l’aidait à
se tenir debout et nous dissuadait d’imaginer autre chose qui n’en serait pas. Nous
le savions depuis quelque temps malade,
mais son courage, sa hardiesse à être circonspect à propos de sa santé, nous persuadaient qu’il avait encore le souffle
pour faire de longues traites avec nous,
avec l’équipe de L’Expression et pour dire
quelques mots d’amitiés et d’encouragements aux confrères anciens, aux confrères jeunes lors des anniversaires de notre
cher journal. Justement, je l’ai vu, cet intègre ancien militant nationaliste, ce sobre
formateur de journalistes, ce grand directeur qu’il fut du quotidien national
El Moudjahid, à la rencontre de l’équipe
de L’Expression, célébrant joyeusement,
professionnellement, le 11 novembre
2015, ses quinze années d’existence, son
PORTRAIT…
NOUREDDINE NAIT MAZI
La chronique qui va suivre a été écrite par le ministre de la
Communication, du vivant du regretté Noureddine Nait Mazi.
Hamid Grine était chroniqueur au quotidien Liberté.
! HAMID GRINE
N
adolescence prometteuse, sous la direction d’un exceptionnel timonier, un
brillant et passionné journaliste Ahmed
Fattani. J’entends soudain en ce moment
sa voix lointaine, ferme et chaleureuse,
dispensant à l’équipe, attentive et respectueuse, quelques-uns de ses souvenirs très
instructifs sur le vrai métier de journaliste
en Algérie…
Mais tout a une fin. Même le journalisme pour le journaliste. Même les bonnes choses comme les moins bonnes. Et
même la vie, bien sûr.
À son épouse, à ses enfants, à sa
famille la plus large, tout comme chaque
journaliste qu’il ait travaillé avec lui ou
non, je présente humblement mes compliments de condoléances les plus attristées.
Cher Sî Noureddine Nait Mazi, tu méritais
toutes les amitiés, tous les honneurs ; ton
professionnalisme continue de faire des
émules. Que Dieu donne à ses proches
une grande force de résignation à Son
Décret et accorde au défunt Sa
Miséricorde et l’accueille en Son Vaste
Paradis. À Lui nous appartenons et à Lui
nous retournons.
K. M.
Écrivain, chroniqueur littéraire.
oureddine Nait Mazi
est l’un des derniers
mythes vivants de la
presse. Mythe d’abord, par sa
conduite. Déjà quand il était
militant nationaliste dans les
années cinquante, le jeune
homme faisait merveille : discipline, esprit de synthèse, clair
dans ses idées et ses propos.
Il étonnait ses aînés par sa
foi en la Révolution algérienne.
Il était habité par la foi comme
d’autres le sont par la passion
de l’argent, du jeu ou des femmes. Et cette foi donnait à son
physique à la Rock Hudson une
sorte d’austérité qui en imposait. Ah ! On allait l’oublier :
Nait Mazi a un physique atypique dans la presse : très
grand, très beau, élégant alors
que la norme dans notre corporation est le style débraillé, la
barbe de trois jours et les yeux
pochés. Il a dû faire battre bien
des cœurs. Mais lui son cœur
ne bat que pour l’Algérie. À
l’indépendance, le voilà rédacteur du journal Le Peuple qui
venait d’être créé par le FLN.
Une année plus tard, il en
devient un des rédacteurs en
chef. Pourquoi a-t-il choisi
cette voie de troubadour alors
que l’Algérie était encore
ouverte prête à s’offrir à celui
qui voulait mordre, sans beaucoup d’égards pour elle, dans
sa belle croupe ? Cette question
l’aurait fait sourire, car toute sa
vie il a combattu les opportunistes aux canines de vampires.
S’il a choisi le journalisme c’est
pour la bonne cause : « Un seul
motif a guidé mon choix : la
volonté de continuer à servir
mon pays au mieux de mes
compétences et il m’a semblé
que l’information m’offrait la
possibilité d’œuvrer le plus utilement à la défense et à la promotion de ses causes. » Tout est
dit. Durant toute sa carrière, il
servira la cause de l’Algérie
indépendante, celle qui faisait
d’Alger « La Mecque des révolutionnaires. » El Moudjahid
qu’il dirigeait était un journal
qui comptait, car il était la voix
de l’Algérie. Mais pas des
Algériens, hélas, même si sa
devise était «Pour le peuple et
par le peuple». En dépit de son
talent, de son cœur et de son
intelligence, Nourreddine Nait
Mazi n’avait aucune marge de
manœuvre. Il était patron dans
un pays où il n’y avait qu’un
seul patron, le président luimême. Exécutant donc, oui,
mais avec beaucoup de savoirfaire et de professionnalisme.
Un autre que lui aurait sans
doute fait d’El Moudjahid une
feuille de chou, lui en a fait un
formidable outil de propagande
pour le régime. Il a su fédérer
les multiples talents contradictoires pour en tirer le meilleur
de chacun. À l’heure du parti
unique, il aurait pu avoir la
main lourde en liquidant toutes
les tendances contraires à celle
du parti. Il aurait pu le faire
pour plaire à quelques
caciques. Il ne le fera pas. La
délation n’est pas son style. La
danse du ventre non plus.
Engagé dans la bataille de construction du pays, il sera marqué
par le rôle grandissant qu’occu-
pera l’Algérie dans le concert
des nations. Et il n’est pas peu
fier d’avoir apporté sa pierre à
cet édifice. Après son départ,
les journalistes qui l’ont côtoyé
garderont la fierté d’avoir été à
son école : école de la rigueur
et de l’honnêteté. Mais aussi de
la justice, mais aussi d’une certaine idée du patron de presse :
celui qui ne s’enrichit pas au
détriment des journalistes,
celui qui ne roule pas carrosse
en toisant les plumes besogneuses. Il a commencé sa carrière
avec un stylo pour toute
richesse, au moment du départ
il aura la même richesse matérielle. Mais quelle formidable
aventure intellectuelle et
humaine ! Grand lecteur de
Montaigne, il a pour devise un
mot de Voltaire qu’on pourrait
mettre aisément dans la bouche
de Montaigne : «Le seul moyen
d’obliger les hommes à dire du
bien de nous, c’est d’en faire.»
Belle profession de foi qu’on
pourrait mettre dans les actes
et la conduite de Monsieur
Noureddine Nait Mazi. H. G.
[email protected]
Il donna une autre dimension à la presse algérienne
La nouvelle est tombée abruptement jeudi: Noureddine Nait Mazi est mort !
! NOUREDDINE MERDACI
O
n le savait malade, il venait de subir
deux opérations consécutives, dont
l’une à Paris où il avait été transporté,
il y a une vingtaine de jours. On s’est aussi laissé
dire que son état s’était amélioré durant la dernière semaine. Aussi, l’annonce de son décès est
venue comme un couperet. C’est toute la
mémoire de la presse algérienne et de son édification qui partent avec lui. Nait Mazi a donné
le meilleur de lui-même à une presse qu’il fallait
inventer, une presse qu’il fallait créer de toutes
pièces.
Dans ces lignes, je ne reviens que sur
l’homme qui a participé a fonder la presse algérienne. A l’indépendance, il n’y avait pas de
journaux algériens, les quotidiens coloniaux
avaient plié bagage. Noureddine Nait Mazi a été
parmi ceux qui ont relevé le défi et retroussé
leurs manches, en juillet 1962. Il y avait alors
tout à apprendre, à assimiler dans un métier
longtemps fermé - durant la période coloniale aux Algériens. Il y avait une bataille à livrer, un
défi à relever et des hommes [tels Salah
Louanchi, Houari Hadri, Abdelmadjid Hadji]
aux côtés de Nait Mazi l’ont relevé. Pour avoir
eu le grand privilège de côtoyer dès 1964 – au
journal Le Peuple – alors que j’étais encore adolescent, ces précurseurs de la presse nationale,
je peux témoigner que Noureddine Nait Mazi a
été l’une des chevilles ouvrières de cette bataille
d’une presse algérienne qui devait tout inventer
et réapprendre au pays à lire le journal, à réclamer l’information. Cela n’a pas été facile, mais il
fallait le faire. Noureddine Nait Mazi qui a
Il y a une vingtaine
de jours j’étais encore
à son chevet dans une
clinique de Dély
Ibrahim. Aujourd’hui,
en égrenant les souvenirs, je me rends
compte qu’il n’est pas
aisé d’évoquer quelqu’un qui a marqué de
son empreinte un
métier : le journalisme.
El Moudjahid a été
une école de journalisme singulière et son
maître
a
été
Noureddine
Nait
Mazi. Il y eut osmose
entre lui et un journal
[fondé le 21 juin 1965,
qui prit la relève du
Peuple] fraîchement
Quand deux Noureddine se rencontrent...
créé, auquel a été
donné le nom du gloconsacré 50 ans de sa vie à la presse, lui a tout
rieux journal combattant El Moudjahid. La
donné, la servant avec abnégation, participant
presse algérienne n’avait pas de tradition, il falnotamment à la construction d’une page extraorlait lui en créer, et les meilleures, si possible.
C’est fort de ce principe que le rédacteur en chef
dinaire de notre jeune histoire . l’avènement de
– puis directeur général – d’El Moudjahid
la presse algérienne. Homme d’une vaste culimposa à la corporation rigueur (intransigeance,
ture, polyglotte, Noureddine Nait Mazi a eu une
diront d’aucuns), discipline et ponctualité. Il
carrière professionnelle hors normes, marquée
contribua à donner ses lettres de noblesse à un
par sa modestie et le respect qu’il portait à un
journal – et par ricochet à la presse algérienne,
métier qu’il contribua à faire aimer à plusieurs
née du néant au lendemain de l’indépendance –
générations de journalistes. Je suis parmi ceux
qui s’imposa rapidement comme leader d’un
qui ont beaucoup appris de Noureddine Nait
secteur de l’information en pleine expansion.
Mazi. J’ai été son élève, avant de devenir (avec
Nait Mazi sut allier fermeté et ouverture d’esprit,
le temps) son ami.
2
inculquant à tous ceux qui l’ont côtoyé l’humilité et le travail bien fait. Avant de devenir l’un
des pivots du journal El Moudjahid, Noureddine
Nait Mazi a fait ses «humanités» journalistiques
dans la militance nationale au PPA-MTLD, qui
trouva à s’employer au journal Le Peuple, le tout
premier journal algérien fondé au lendemain de
l’indépendance. Au Peuple, où l’acte d’écrire
est devenu un acte de foi. Les supports
d’aujourd’hui qui facilitent grandement le
métier de journaliste [Internet, micro-ordinateurs…] n’existaient pas. Non, à l’époque, le
journalisme n’était pas une sinécure ! Nombre
d’hommes qui se sont engagés dans ce métier
avaient des défis à relever : il fallait apprendre
sur le tas et remettre en marche des machines,
typographes et linotypes, dont peu savaient alors
le maniement, quand, faute de secrétaire de
rédaction de métier, il fallait monter directement
sur le marbre les pages du journal. Ah ! Le marbre ! Qui s’en rappelle et qui s’en souvient ?
Que d’histoires il y a à raconter sur ce tablier
d’acier ou des hommes ont appris le métier.
C’est là, le soir que Nait Mazi aime à traîner - faisant la causette avec le chef d’atelier, le défunt
Sid Ali Maloufi, et le chef des correcteurs, le
défunt Hamid Kadri – supervisant la fabrication
du journal. Effectivement, à l’époque on « fabriquait » le journal. Noureddine Nait Mazi a fait
d’El Moudjahid une école de journalisme, laissant une empreinte indélébile parmi ses disciples et confrères. Nombre de responsables de la
presse privée aujourd’hui sont sortis de cette
école de journalisme qu’a été El Moudjahid.
Nait Mazi a fait du journalisme un art…
Adieu Noureddine, repose en paix. Que la
miséricorde de Dieu soit sur toi !
N. M.
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT MAZI
LA LEÇON D’UNE VIE
Il était mon maître. Il m’a appris le métier de journaliste. Celui de chef d’entreprise aussi.
Pour Nait Mazi, faire du journalisme, c’est apprendre à servir. A se sacrifier, toujours se sacrifier pour son pays.
! AHMED FATTANI
Suite de la page Une
N
ait Mazi n’était pas connu de
tous
pour
la
simple
raison qu’il fuyait les
honneurs, la célébrité réelle ou factice
qui constituaient le carburant des arrivistes de tout acabit, des personnages
issus parfois de la pire engeance qui
soit au moment même où la
Révolution sous la conduite du
Président Boumediene amorçait son
envol.
Il fuyait les honneurs comme on
fuit la guigne. Et pourtant, je m’en
souviens, combien étaient-ils ces
ministres, ces walis, ces hauts dignitaires de l’Etat qui ne renonçaient
jamais à l’espoir, ne serait-ce que
d’une rencontre fortuite, au détour
d’un couloir de ministère pour décrocher le sésame : la promesse d’une
interview, d’un reportage, voire
même d’un articulet. Tout est bon,
croyaient alors ces gens-là, pour
décrocher la timbale.
Noureddine détestait le m’as-tuvu. Les combinards qui grenouillaient
dans les salons algérois. Mais aussi
dans les salles de rédaction. Son combat, il l’a appris jeune à l’école du
père du mouvement national algérien
avant de rejoindre le FLN. Il aimait
passionnément l’Algérie. Jusqu’à son
dernier souffle. Une étreinte inimaginable les liait tous les deux. Lui, fils
d’émigré d’Illilten (Iferhounene), né à
Argenteuil, a consacré sa vie à la libération de son pays.
Il se souvient des vacances passées dans la montagne, dans la misère
et la chaleur torride avec ses frères et
sœurs au contact des cousins et des
enfants du village. « Nous arrivions
par bateau le Ville d’Alger. Nous pas-
MERCI NOUREDDINE !
sions notre première nuit dans un
hammam avant de prendre l’autocar
le lendemain pour Michelet (Aïn El
Hammam). Mon père était fier de ses
enfants. Il nous menait à la baguette.
Nous découvrions que nos femmes en
Kabylie marchaient pieds nus et que
nos maigres repas se disputaient à la
frugalité. Ma prise de conscience politique remontait en vérité à ces vacances. Le colonialisme était un crime. »
Pour son dernier requiem,
Nait Mazi n’aura pas mérité tous ces
éloges pour rien. Humble, il l’a toujours été. Il croyait, il militait, il vivait
pour un monde où la justice sociale
ne serait pas un vain mot. Au quotidien El Moudjahid, il était le toutpuissant directeur général qui rivalisait avec le syndicat de l’Ugta pour
donner aux travailleurs un monde
nouveau où le mot justice rimait avec
dignité. Noureddine était un personnage charismatique. Solaire, diront
ceux qui l’ont approché. Très poli,
avenant quand il le faut, intransigeant
quand la situation l’exigeait. De par sa
stature, son érudition, sa classe, Nait
Mazi fascinait. A la tête d’El
Moudjahid, sous Boumediene, il avait
fini par porter l’incarnation du sentiment national. C’est ce qui explique
comment et pourquoi ce journaliste a
développé une telle puissance de feu
par ses écrits durant son règne
presque ininterrompu de 25 ans à la
tête d’un journal devenu mythique
pour presque tout le tiers-monde.
Ce « patron » de presse n’en était
pas un. Il abhorrait ce mot dans un
MESSAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
«L’Algérie perd un des piliers de l’information»
L
e président de la République
Abdelaziz Bouteflika a adressé
jeudi dernier, un message de
condoléances à la famille du défunt
Noureddine Nait Mazi décédé jeudi,
dans lequel il a affirmé que l’Algérie
a perdu «un des piliers de l’information». «J’ai appris la disparition de
l’un des piliers de l’information dans
notre pays le regretté Noureddine
Nait Mazi que Dieu Tout-Puissant lui
accorde Sa Sainte Miséricorde», liton dans le message du président
Bouteflika. «Homme affable et journaliste de talent au service de sa patrie, le défunt a toujours exprimé ses opinions et ses idées dans le respect des
valeurs justes et de la dignité d’autrui», a souligné le chef
de l’Etat ajoutant que «le défunt
compte parmi les promoteurs du
livre et de la Culture nationale et a
dirigé les plus grands journaux nationaux».»Il était respecté et aimé de
tous ceux qui l’ont côtoyé, pour sa
modestie et son dévouement dans
l’accomplissement de sa mission
médiatique», a encore souligné le
président
de
la
République.
«L’Algérie vient de perdre un de ses
vaillants fils et un journaliste d’exception», a affirmé le chef de l’Etat.
«Je prie Dieu Le Tout-Puissant d’accorder au défunt Sa Sainte Miséricorde et de l’accueillir
dans Son Vaste Paradis et d’assister les siens en cette pénible épreuve.»
UNE DÉLÉGATION MINISTÉRIELLE ACCUEILLE LA DÉPOUILLE MORTELLE
Un dernier hommage lui sera rendu à El Moudjahid
La dépouille mortelle de
Noureddine Nait Mazi sera rapatriée
aujourd’hui à Alger. Une délégation
ministérielle diligentée par le
Premier ministre, Abdelmalek Sellal,
accueillera la dépouille du défunt,
vers 9h30.
Le ministre de la Communication
Hamid Grine, le ministre des
Moudjahidine Tayeb Zitouni et le
ministre des Affaires religieuses
Mohamed Aissa composent cette
délégation. Le convoi funéraire
rejoindra ensuite, c’est-à-dire à 10h,
le siège du quotidien national d’information El Moudjahid. Un dernier
hommage sera rendu à Nait Mazi
dans les locaux de ce journal pour
lequel il a été nommé rédacteur en
chef, en 1967 ; poste qu’il occupa
jusqu’en 1971, date à laquelle il est
nommé par décret présidentiel directeur général du même organe de
presse. Dix ans plus tard, en 1980, il
cesse ses fonctions, à sa demande,
pour devenir conseiller au cabinet du
ministre de l’Information. En septembre 1983, il est rappelé aux fonctions
de directeur d’El Moudjahid, puis
directeur général de l’Entreprise
nationale de Presse El Moudjahid qui
édite également le quotidien du soir
Horizons fondé en 1985.
La levée du corps se fera vers
l’heure du dhor. L’enterrement aura
lieu au cimetière El Alia, à Alger. Feu
Noureddine Nait Mazi aura été l’un
des pères fondateurs de la presse
algérienne.
S. B.
3
monde où lui, homme de gauche,
rêvait tout simplement de socialisme.
De partage. D’amour et de justice
sociale.
E
Toute sa vie, il s’était contenté de
son petit «appart» de 80 m². Il n’a pas
conduit de voiture pour n’en avoir
jamais possédé. A la fin, son épouse
a dû suivre des cours de conduite
pour pouvoir… faire tranquillement
ses courses. Son intégrité, son honnêteté intellectuelle et surtout le sens
moral qu’il tenait tant à conférer à sa
longue vie de combattant lui interdisaient toute tentation d’envies matérielles. Des villas ? Des appartements ? Des lots de terrain ? Des voitures ? Il aurait pu en posséder dix à
la douzaine. En un mot, l’homme
qui nous quitte aujourd’hui restera
un guide pour les journalistes algériens. Il n’aimait ni la triche, ni les
entourloupes. Il était mon maître. Il
m’a appris le métier de journaliste.
Celui de chef d’entreprise aussi. Il
m’avait surtout recommandé de toujours rester humble et intransigeant
jusqu’envers soi-même. Pour Nait
Mazi, faire du journalisme, c’est
apprendre
à
servir.
A se sacrifier, toujours se sacrifier
pour son pays. C’est un leitmotiv qui
explique enfin pourquoi les
« anciens » le surnommaient «le grand
commis de l’Etat». Et c’est là que
réside le secret de toute une vie.
Ainsi, il aura, comme on le dit
dans le jargon journalistique, admirablement « bouclé » sa vie.
A. F.
L’ DITORIAL
UNE FORCE
TRANQUILLE
! SAÏD BOUCETTA
L
a famille de la presse nationale a perdu l’un de ses plus
illustres enfants. Un homme qui a eu le privilège de vivre pleinement le combat libérateur et toutes les étapes qui ont
conduit l’Algérie là où elle est aujourd’hui. Journaliste dans l’âme,
Noureddine Nait Mazi a mis sa plume au service de la révolution. Il en
a payé le prix cher comme nombre de ses camarades moujahidine.
Après l’indépendance du pays, le journaliste qu’il était a fait le choix
de poursuivre son combat en se mettant au service de l’édification
d’un Etat fort, souverain et moderne.
Aux premières années de l’Algérie indépendante, les intellectuels
et les politiques ont divergé sur la conduite à tenir pour la gouvernance du pays. Nait Mazi, en sa qualité de journaliste, n’échappait
pas à cette règle. Il a donc fait le choix du socialisme et soutenu le
redressement révolutionnaire et accompagné de sa plume les réalisations de l’Algérie sous la présidence de Houari Boumediene. Son
sens de la rigueur et son professionnalisme ont été ses principales
armes dans le nouveau combat qu’il menait à l’époque. Ses choix, il
les a assumés jusqu’à la dernière minute passée à son poste de
responsable d’un titre de la presse publique.
Cela dit, personne ne peut lui faire le reproche d’avoir eu peur des
décideurs. Il sait ce que c’est que d’être opposant. Il l’a été dans sa
prime jeunesse, et ce ne sont pas des séjours en prison qui lui
auraient fait peur. On ne peut également pas lui reprocher une quelconque tendance à l’opportunisme. Dans son parcours de journaliste
et responsable de journal, on ne trouve aucune once d’un comportement qui amènerait à penser que Nait Mazi a utilisé son métier
comme un marche-pied politique ou social. Il est resté honnête jusqu’au dernier jour de sa vie. C’est même étonnant qu’il n’ait pas bénéficié de la moindre largesse du système, même pas un poste d’ambassadeur pour service rendu à la nation. C’est que le défunt n’était
pas l’homme du système, mais de l’Algérie.
C’est cette image que les professionnels retiennent de cet
homme, exceptionnel dans sa volonté de demeurer anonyme aux
regard des citoyens. Il n’a pas vécu pour la gloire, mais simplement
pour faire son devoir. Il a croisé des milliers d’Algériens. Ces derniers
n’ont peut-être pas eu un regard pour lui. Mais ce n’est pas important
à ses yeux. Cette même attitude, Nait Mazi l’a eue à l’endroit de ses
confrères. C’est pour cela que tous les membres de la corporation, de
quelque obédience qu’ils soient, reconnaissent à l’homme des qualités humaines et professionnelles indéniables. Un grand homme nous
a quittés, disent-ils tous.
S. B.
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT MAZI
La valeur et l’honneur
de son temps...
Il est mort le ciseleur de belles phrases, celui qui a fait du
journalisme une profession d’artistes, un métier d’art... et une
mission de rigueur.
Ph : R. Boudina
! KAMEL BOUCHAMA
A
L’homme qui avait
une carapace
Nait Mazi pouvait donner l’impression de gérer sans
états d’âme mais ce n’était qu’une apparence.
Derrière le directeur général «cassant»
et autoritaire se cachait en réalité un grand timide.
! ZOUHIR MEBARKI
U
n roc ! Autant Nourredine Nait
Mazi était massif par son physique,
autant il était intraitable dans ses
convictions politiques comme dans la gestion des hommes placés sous sa responsabilité. Sans concession. Son sens aigu de la
rigueur, voire même de la perfection, son
sens de la discipline et son total engagement
au service de l’Etat, lui attiraient plus d’antipathie que d’amitiés dans la corporation.
Journaliste, il a toujours réservé sa plume au
combat mené par l’Algérie. Contre la colonisation avant l’indépendance, pour ensuite
continuer dans le même élan à la reconstruction et l’édification du pays. Il a démontré en plus et en parallèle ses grandes capacités de gestionnaire, durant deux décennies,
à la tête d’El Moudjahid qui est un journal
mais aussi une entreprise économique.
Une rédaction, une administration et un
service technique (l’imprimerie). Pour mesurer l’ampleur de la tâche qu’il remplissait
avec brio il faut préciser que ces trois départements avaient chacun sa spécificité. Une
rédaction constituée de « sensibilités politiques » différentes.
Une administration avec ses travers
bureaucratiques et une imprimerie qui avait
érigé la contestation en vertu. Nourredine
avait le secret de passer de l’une à l’autre
réunion, dans une même journée, avec la
même capacité de faire passer ses décisions
sans concession.
Le premier de ses secrets est qu’il jouissait d’un grand respect que lui vouait l’ensemble des travailleurs de l’entreprise. Un
respect qu’il a su gagner par la rigueur qu’il
s’imposait d’abord à lui-même. Par son intégrité jamais prise à défaut. Par son souci permanent de justice et d’équité dans ses arbitrages. Quand sa décision ne plaisait pas,
elle était tout de même acceptée car personne ne doutait de l’impartialité de
Noureddine. Il a toujours su se placer au-dessus de la mêlée. Ce qui lui a permis d’être
intransigeant. Ce qui permet de dire que le
respect dont il jouissait avait même une
teinte d’ascendant. Beaucoup parmi les travailleurs du journal y compris les journalistes
étaient dans leurs « petits souliers » face à
Nait Mazi. Si aujourd’hui on assiste à des
éloges le concernant, il en était autrement
durant sa longue période à la tête du journal.
Son refus catégorique de parti pris dans les
conflits qui pouvaient opposer les travailleurs, qu’ils soient d’ordre partisan ou
plus simplement de relations de travail, lui
donnait, aux yeux de beaucoup, une allure
de dictateur. Certes, Nait Mazi pouvait donner l’impression de gérer sans états d’âme
mais ce n’était qu’une apparence. Derrière le
directeur général « cassant » et autoritaire se
cachait en réalité un grand timide. Il s’était
enveloppé d’une carapace que très peu parvenaient à percer. Noureddine n’aimait pas
la foule. Il fuyait les mondanités. Personne
ne l’a jamais vu au café ou au restaurant du
coin. Pour faire court, Nait Mazi vivait par et
pour le journal. Boulot, dodo c’est tout. C’est
cette distance qui lui servait d’atout. Une distance qui avait fini par être acceptée de tous
(on ne dit pas toutes), car il n’y avait pas de
femmes dans la presse algérienne de l’époque). Ou presque pas puisqu’on les comptait sur les doigts d’une seule main. L’arrivée
en masse des femmes journalistes n’interviendra qu’à l’ouverture démocratique en
1990. Elle a été acceptée parce qu’elle ne
versait pas dans la compromission. De plus,
son honnêteté intellectuelle, son esprit de
justice, son loyalisme et son intégrité morale
ont fini par convaincre tout le monde que
Nait Mazi était « hors normes » et ne répondait pas aux « standards » connus jusque-là. Il
est resté fidèle à lui-même jusqu’à la fin de
ses jours. En s’astreignant à la même réserve
durant sa retraite. Il est difficile de retracer
son portrait, sûrement incomplet, comme
nous le faisons aujourd’hui malgré la longue
vie professionnelle que nous avons passée
sous ses ordres et qui a démarré lorsqu’il n’était que rédacteur en chef adjoint du journal.
Et malgré le contact régulier que nous avons
maintenu avec lui jusqu’à la fin de sa vie
entraîné en cela par la généreuse main tendue d’Ahmed Fattani à son égard. Pour le
reste, disons que Noureddine Nait Mazi aura
passé sa vie dans la dignité et dans la satisfaction du devoir accompli. Peu lui importait
l’ingratitude des hommes. L’hommage que
vient de lui rendre le président de la
République, Abdelaziz Bouteflika, est mille
fois plus important pour cet homme qui a
consacré toute sa vie à l’Algérie.
Un homme dont le nom restera à jamais
lié à l’histoire de la presse algérienne. Adieu
Noureddine !
Z. M.
insi, avec le départ au royaume des cieux
de notre aîné, et non moins ami et frère,
Noureddine Nait Mazi, c’est un homme qui
se tait, c’est une plume qui s’arrête. Que dis-je, c’est
un Grand nom qui disparaît du secteur des médias,
en même temps qu’une page d’Histoire qui se
tourne. C’est alors, quand l’historique et prestigieux
Journal El Moudjahid, ce «canard» créé au cœur
même de la révolution de Novembre, persistait à
exister après le recouvrement de notre souveraineté
nationale, Noureddine Nait Mazi en fut l’un des
meilleurs hommes de la presse à l’avoir dirigé avec
brio jusqu’à lui donner cette aura que peu de journaux, dans notre région, avaient la prétention de
l’égaler. De ce fait, son directeur deviendra l’un
des piliers de la presse nationale avec sa compétence, son initiative, sa rigueur et, surtout, son honnêteté intellectuelle.
On ne peut, en cette douloureuse circonstance,
ne pas évoquer avec déférence, notre grand frère Si
Noureddine, cet Homme – que j’écris en majuscule
– qui a toujours été soucieux d’intégrité et de perfection dans ce métier dont l’objectif primordial est
de communiquer avec franchise et probité morale.
En effet, on ne peut ne pas évoquer celui qui alignait des plumes de renom, de jeunes journalistes
qui ont fait leurs classes sous sa direction et à l’ombre de la discipline et du travail soigné qu’il imposait au quotidien El Moudjahid, pour qu’il soit véritablement le reflet de notre politique et l’interprète
de sa ligne de conduite. De ce fait, il a joué avec
son équipe le rôle primordial pendant les années
1970 et 1980, à travers lesquelles ils s’impliquaient
totalement... ces années qui se comptaient dans la
période de l’âge d’or de l’Algérie qui, en plus de ses
grandes réalisations sur le plan économique, s’imposait en tant que colonne vertébrale du mouvement des non-alignés et en tant que leader du soutien indéfectible des causes justes de par le monde.
Ainsi, après l’annonce du décès de cet affidé des
salles de rédaction, une seule question m’est venue
à l’esprit, indépendamment de mon émotion et de
mon affliction pour la perte de ce prisonnier du travail et de la droiture.
Une seule question, dis-je ; c’est celle qui me
taraude en cette douloureuse circonstance et me
projette inéluctablement dans le vaste sujet de la
mémoire, ce patrimoine valeureux, que nous n’avons pas su protéger, comme il fallait. Je la pose
quand même aux jeunes journalistes, à l’image de
Pierre Corneille dans Le Cid. «Savez-vous que cet
Homme fut la vertu, la vaillance et l’honneur de
son temps, le savez-vous ?» Je la pose, honnêtement
pour que l’on ne s’arrête pas, concernant le défunt,
à ces hommages de circonstance et puis, comme
d’habitude..., le temps fera le reste. C’est-à-dire
qu’il rentrera dans les oubliettes comme d’aucuns,
parce que «l’homme est oublieux», comme me le
disait mon aîné Si Kaddour M’Hamsadji, non sans
continuer : «Mais l’Histoire a bonne mémoire.»
De toute façon, Si Noureddine Nait Mazi est
allé rejoindre les grands du monde de la presse qui,
tout au long de leur vie, ont donné à ce métier son
panache et formé des générations de partisans qui
sont devenus, comme eux, des accros, perpétuant
leur noble mission d’informer, de sensibiliser et de
former. Aujourd’hui et demain, le meilleur sentiment que l’on puisse lui exprimer, c’est de reprendre ses idées, ses orientations, sa méthodologie
dans le travail de la presse et les enseigner aux jeunes qui ont tant besoin de repères et d’expériences
pour accomplir convenablement leur mission de
journaliste.Alors, que faire concrètement pour célébrer sa mémoire et perpétuer son œuvre ? Je ne saurai présenter une recette plus efficace que celle des
maîtres de cérémonie qui, eux, sont habitués à ce
genre de pompes. Je peux, tout simplement, de par
mes perceptions dans le domaine du respect et de
la reconnaissance, proposer son nom à une structure de la communication, à un institut de journalisme par exemple..., ce nom qui sera gravé en lettres indélébiles au fronton de ces lieux mythiques,
pour rappeler aux jeunes, et principalement aux
jeunes journalistes, qu’hier Noureddine Nait Mazi a
été un Grand, parce qu’il faisait du travail sérieux,
concret et réfléchi, une vertu cardinale.
K. B.
«Il n’admettait ni bévues ni plagiat»
! ABDELLATIF TOUALBIA
S
’il y a bien un « ancien »
d’El Moudjahid qui peut
dire un douloureux au
revoir (ou adieu) à Noureddine
Nait Nazi ancien directeur
d’El Moudjahid, c’est bien
votre
présent
serviteur,
puisque j’avais rejoint ledit
journal en 1971 juste après l’arabisation d’Annasr.
Des années durant, j’ai travaillé avec ce grand monsieur
qui avait cette nature d’être un
patron rigoureux, mais aussi et
surtout sensible car à ceux qui
lui disaient qu’il était au
service
du
système,
il
rétorquait que le système était
l’Algérie et qu’il servait avec
fierté et dévouement et surtout
avec un professionnalisme sans
faille….
Déjà, durant la lutte de
Libération, Noureddine avait
fait son devoir de moudjahid,
la plume à la main. Il savait
diriger les hommes et les femmes sans animosité ni terreur.
Son seul regard suffisait.
4
Bon enfant, il savait obtenir
des journalistes le papier qu’il
attendait, celui de l’information.
Après son départ en
retraite, je le rencontrais souvent lors de visites amicales
chez lui autour d’un thé (il me
disait : « le « T » de Toualbia ou
de Tébessa. Il était réd-chef à
El Moudjahid en1967 quand
j’entamais une deuxième
année dans le quotidien de l’Est
Annasr et sa réputation parvenait jusque dans la rue Larbi
Ben M’hidi de l’ex-Cirta.
En 1984, au cours d’une
réunion élargie, il décida de
me confier la chronique judiciaire d’El Moudjahid avec
cette significative recommandation : «Tu signes ‘‘par’’ et
non pas ‘‘de’’.» Oui la chronique judiciaire par A.T. était
plus régulière que celle :
‘‘de...’’ Remarquez la hauteur
de vue d’un directeur qui suivait son journal qu’il couvait
surtout en écoutant les jeunes
donner leurs avis de novices.
A longueur de journées, de
semaines, Noureddine Nait
Mazi relevait tout ce que l’on
pouvait reprendre, corriger. Il
n’admettait ni bévues ni plagiat. Il était vigilant surtout
concernant la justice. Il gardait
ses opinions pour lui sauf lorsqu’il entamait un édito où
l’honneur de « l’Algérie » était
engagé. Il n’avait pas de
rubrique à « couver ». Il aimait
tout le journal. En sport, il donnait autant de pages et pour le
foot, le hand, la boxe, c’était
carrément un « ban » de numéros spéciaux, souvent avec des
photos en couleur.
Lors des élections de la section syndicale, il s’éloignait de
la bataille. Il restait à l’écart,
ne se mêlant jamais des
batailles d’idéologie et il n’était
pas aisé d’être neutre dans ces
luttes fraternelles et cofraternelles.
Noureddine Nait Mazi, ce
monument de la rue de la
Liberté
a
vécu
son
quotidien sereinement avec
abnégation, respect pour les
autres et restant modeste jusqu’à la fin. Merci Noureddine
pour tout ce que vous avez fait
à la presse nationale et à
El Moudjahid que vous aviez
quitté en transcrivant cette
phase dans votre dernier
papier en page 24 du quotidien. « Je ne dirigerai jamais un
journal qui n’est plus sous la
coupe du Front de libération
nationale. »
Remarquez qu’il n’a pas
écrit : « Le parti du Front de
libération nationale. » Et rien
que pour cela, chapeau Nait
Mazi !
A. T.
De Quoi j’me Mêle
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
El Oued se met à la fibre optique
Russes et
Européens
s’entendent sur…
Mars
PROFONDÉMENT DIVERGENTS dans la gestion des
crises qui secouent la planète, la Russie et l’Union
européenne sont sur la même longueur d’onde pour
ce qui concerne l’aventure spatiale. Ainsi, la sonde de
la mission russo-européenne «ExoMars 2016», qui se
dirige vers la planète Mars, a envoyé ses premières
images montrant le ciel étoilé, a
annoncé jeudi l’Agence spatiale
européenne (ESA). Lancée le 14 mars,
par une fusée russe «Proton», la sonde
«TGO (Trace Gas Orbiter)» est chargée
AU LENDEMAIN d’une annonce de la Belgique sur
d’aller «renifler» certains gaz de
un gros programme d’investissement au Maroc, des
l’atmosphère martienne, notamment le
opérateurs économiques de ce pays ont marqué leur
méthane, dans l’espoir de trouver des
intérêt pour le marché algérien.
indices de formes de vie actuelles.
Réunis autour d’un workshop organisé par le Club
TRENTE-CINQ antennes
communales devront être
raccordées par fibre optique dans
le courant de l’année 2016, à
travers la wilaya
d’El-Oued, une technologie
permettant d’y prévoir un guichet
unique pour la délivrance des
différents documents
administratifs, a-t-on appris jeudi
auprès de la direction
opérationnelle d’Algérie télécom.
Les aménagements techniques
sont en cours (80% d’avancement)
pour finaliser l’opération de
raccordement, dans une première
phase, de 24 antennes
communales, qui seront suivies,
dans une deuxième étape du
raccordement des
11 autres. Cette opération s’inscrit
dans le sillage de la stratégie
nationale arrêtée par l’entreprise
Algérie télécom, visant la
généralisation du réseau de fibre
optique à l’ensemble des zones et
villages enclavés, notamment les
régions frontalières, et y
promouvoir le service public.
Des patrons belges fortement intéressés par l’Algérie
La dernière
trouvaille
de la Cnas
des entrepreneurs belges et algériens « Aïn El
Kheir», les représentants des sociétés belges,
Bedelco, Krones SA, Ipsen Logistics Bvba et Deme
L’INTÉRÊT accordé par le corps médical
à l’éducation thérapeutique pourrait
réduire à hauteur de 8% la facture des
soins, a indiqué jeudi à
Alger, le président du
Conseil de l’ordre des
pharmaciens, Lotfi
Benbahmed. Lors d’une
rencontre de sensibilisation
sur l’importance de
l’éducation thérapeutique
pour le malade,
conformément aux
données de l’Organisation
mondiale de la santé
(OMS), M. Benbahmed a
précisé que la facture des
soins pourrait être réduite à
hauteur de 8% si l’intérêt
est accordé à l’éducation
thérapeutique et ce, à
travers la réduction de la
durée d’hospitalisation et
des risques de
complication des maladies,
notamment chroniques. Il a
mis en avant également le
rôle du pharmacien dans la
prise en charge de
l’éducation thérapeutique
chez les malades
chroniques, notamment les
diabétiques.
ont exprimé leur souhait de « renforcer» leur
présence en Algérie, pour certains et de «développer
davantage» leurs activités pour d’autres.
Après la France, la Belgique pourrait être le
nouveau terrain de bataille économique entre
l’Algérie et le Maroc.
Il faut croire que cette situation ne déplaît pas aux
patrons des deux pays.
PÉNITENCIERS MAROCAINS :
UN MOUROIR POUR PRISONNIERS
LE DÉPARTEMENT D’ETAT AMÉRICAIN
a critiqué les conditions carcérales
«inhumaines» dans les prisons
marocaines où 119 détenus ont trouvé
la mort en 2015, dans son rapport
mondial sur la situation des droits de
l’homme. Dans ce rapport, publié
mercredi dernier à Washington, le
département d’Etat américain a affirmé
que «les conditions de détention au
Maroc restent précaires et ne
répondent pas aux normes
internationales» en vigueur.
S’appuyant sur des chiffres du
gouvernement marocain, le document
du département d’Etat fait état de 119
détenus qui ont trouvé la mort en
2015, dont 14 décédés pendant leur
transfert à l’hôpital et 82 durant leur
hospitalisation. Globalement, le
rapport du département d’Etat dresse
un sombre tableau de la situation des
droits de l’homme au Maroc durant
l’année 2015, caractérisée par la
persistance de la traite humaine et le
travail des enfants. Le Maroc demeure
«une destination au tourisme sexuel»,
relève le document.
Bouteflika
signe
l’acte de
naissance
de l’école
américaine
à Alger
C’EST DÉSORMAIS
OFFICIEL, Alger aura
son école américaine. Le
décret présidentiel
autorisant l’ouverture de
cette école a été publié
mercredi dernier
au Journal officiel n°18.
Cette école devra ouvrir
ses portes à la rentrée
prochaine. Le décret
précise que les élèves
admis sont « des élèves
américains ainsi que
d’autres élèves
provenant
d’établissements
anglophones, y compris
des élèves de nationalité
algérienne, en particulier,
les enfants d’agents de
l’État appelés à exercer
à l’étranger». Les élèves
algériens étudieront en
plus de leurs camarades
la langue arabe, la
culture algérienne,
l’histoire et la géographie
du pays.
Mahrez est
sans… permis
MOTOS
SUR
AUTOROUTE
IL A BEAU ÊTRE NOMMÉ pour le
titre de meilleur joueur de Premier
League, il n’en reste pas moins que
Riyad Mahrez est un citoyen
comme un autre, soumis aux
mêmes règles et aux mêmes lois
que le commun des mortels.
Rapide sur le terrain, le chouchou
national l’est aussi visiblement au
volant. D’après une information
du Mirror, le joueur formé au Havre
se serait vu remettre une
interdiction de conduire pour six
mois suite à un excès de vitesse
réalisé à bord de sa Mercedes, en
mai dernier. Mahrez aurait été
contrôlé à 123 km/h dans une zone
limitée à 80 km/h. De bonne foi, le
joueur des Foxes a immédiatement
plaidé coupable. Il a écopé d’une
amende de 200 livres sterling,
assortie de dommages-intérêts.
ATTENTION aux coudes et aux rétroviseurs,
quand on est dans les embouteillages sur
l’autoroute, car un motocycliste peut surgir à
n’importe quel moment et de nulle part. Ils
n’ont aucun mal à bousculer les
automobilistes à petits coups de klaxon,
annonçant leur arrivée immédiate derrière
votre véhicule.
A peine vous avez le temps de vous retourner
qu’il est déjà passé et souvent à une vitesse
qui ignore toute règle de sécurité.
Et pourtant, la plupart des usagers jureraient
qu’ils n’ont pas assez d’espace pour passer,
et estiment que cette pratique est très
dangereuse autant pour les motocyclistes
téméraires que pour les automobilistes qui,
souvent pris au dépourvu, n’ont même pas
le temps de réagir et ne peuvent éviter
l’accident.
5
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT MAZI
UN HOMME À PART
Il aura indéniablement marqué son époque, et cette profession
qu’il aura élevée au rang de sacerdoce.
! DJAMEL KAOUANE *
U
Si Noureddine,
tel que je l’ai connu
! MAHMOUD BOUSSOUSSA *
L
’Algérie vient de perdre un
des monuments de la presse
nationale. Il s’agit de
Si Noureddine Nait Mazi, ancien
directeur général du quotidien
national El Moudjahid.
J’avais appris la triste nouvelle
par le biais de mon confrère et ami
Madjid Ayad, secrétaire général de
rédaction au journal L’Expression.
La disparition de ce militant de
la cause nationale, de ce pionnier
de la presse nationale, de ce gestionnaire intègre, a été profondément ressentie au sein de la corporation des journalistes, tout
particulièrement ceux ayant exercé
au
quotidien
national
El Moudjahid ainsi que l’ensemble
des employés de l’administration et
de l’imprimerie. Ils avaient
éprouvé un profond chagrin et leur
affliction suite à cette perte cruelle
de ce responsable qui avait dirigé
El
Moudjahid
durant
17 années.
Si Noureddine, comme on avait
l’habitude de l’appeler, était considéré par tous les journalistes de
cette entreprise, comme un enseignant (« El Moualim ») qui avait
prodigué ses conseils à tous
ceux qui avaient emprunté ce chemin plein d’embûches, celui de la
profession journalistique. Faut-il
rappeler que les grands reporters
les plus connus en Algérie, sont
issus du quotidien national
El Moudjahid qui fut, reste et
demeure une grande Ecole et dont
le principal architecte était le
regretté Si Noureddine Nait Mazi.
Celui-ci était l’initiateur du lancement à partir de l’année 1975, de
six suppléments : sportif, économique, régional, culturel, magazine et international. De même s’ajoutera une page « Courrier des lecteurs », publiée tous les dimanches,
sans oublier les grands reportages,
principalement en Afrique australe,
Asie, Europe de l’Est et au ProcheOrient.
Il présidait quotidiennement au
3e étage en présence de l’ensemble des chefs de rubrique, de la
documentation et du service
photos deux réunions : l’une à 10
heures et l’autre à 16 heures, au
cours desquelles était examinée la
confection du journal du lendemain.
Les défunts Arezki Boucheffa
(administrateur) et Abderrahmane
Bellal (directeur technique) assisté
du regretté Sid Ali Maloufi étaient
ses proches collaborateurs. Ce staff
constituait en quelque sorte, l’ossature du journal.
M. Nait Mazi a été honoré le 24
novembre 2012 par l’ex-directrice
générale du même journal, Mme
Naâma Abbas, au nom de tous les
travailleurs (anciens et nouveaux).
Cela m’amène à évoquer quelques
souvenirs vécus tout au long des 30
années que j’ai passées au journal
El Moudjahid.
Parmi ces souvenirs, il y en
avait plusieurs, mais je ne me limiterai qu’à deux seulement. Le premier, c’est lorsque j’avais reçu une
note émanant du directeur du journal (M. Nait Mazi) dans laquelle il
m’informait de « ma nomination au
poste de chef de rubrique des informations régionales ». C’était le 15
janvier 1975.
Dix années plus tard, le 31 mars
1985, le même directeur m’appella
à son bureau au 3e étage pour me
dire : « Mahmoud, prépare-toi pour
effectuer un long voyage au
Vietnam plus précisément. Ainsi,
tu auras l’occasion de rencontrer le
général Giap, héros de la bataille
de Diên Biên Phû. »
Ce que je retiens du regretté
Si Noureddine Nait Mazi, c’est
qu’il était un directeur très rigoureux dans la gestion de l’entreprise
avec plus de 500 employés (personnel, rédactionnel, administratif
et technique). Il nous a quittés malheureusement, mais l’empreinte
qu’il avait laissée à El Moudjahid,
demeurera vivace.
Pour conclure, je dois rappeler
que durant les années 1970 et
1980, El Moudjahid tirait jusqu’à
400 000 exemplaires/jour. Tout le
mérite revenaient au regretté
Si Noureddine Nait Mazi.
Que Dieu le Tout-Puissant
accorde au défunt Sa Sainte
Miséricorde et l’accueille en Son
Vaste Paradis.
M. B.
* Ancien journaliste
à El Moudjahid
Phs : R. Boudina
L’homme aura indéniablement
marqué son époque,
et cette profession
n monument et une
légende de la presse. C’est
à cette stature tutélaire
qu’a été durablement élevé
Noureddine Nait Mazi par ceux
qui ont travaillé sous son autorité,
au mythique 20 rue de la Liberté,
et auprès de générations de journalistes qui n’ont jamais croisé son
chemin, mais qui étaient familiers,
du personnage par l’intermédiaire
des souvenirs, confidences ou
anecdotes livrés par ses compagnons de route qui ont essaimé
dans les salles de rédaction.
Un monument, il l’était d’abord
par sa stature physique, ses traits
et son port altier qui en imposaient, et qui lui ont valu une virtuelle, mais solide réputation d’ascendance germanique, lui dont le
substrat étaient les contreforts du
Djurdjura. Sa discrétion, sa pudeur
et sa réserve, couplées à un sens de
la formule percutant et à une autorité intellectuelle transcendante
ont forgé la légende, celui d’un
homme qui s’est imposé à des
générations de journalistes aux
tempéraments différents, difficiles
à manager dans des périodes charnières de l’histoire nationale dans
les années post-indépendance, où
tout était à construire, y compris
les liens sociaux et la psychologie
de groupe, autant de défis qui ne
figuraient dans aucun manuel ou
bréviaire. Car s’il faut retenir une
chose des qualités connues et
reconnues de Noureddine Nait
Mazi, c’est cette faculté d’avoir
fédéré des générations de journalistes de divers bords, chapelles et
horizons, vers l’écriture de l’une
des plus belles épopées de la
presse algérienne. Et c’est cette
dimension, au-delà de son talent
de journaliste ou de son intégrité
sans faille, qui fait de lui ce monument et cette légende « transgénérationnelle ». L’homme aura indéniablement marqué son époque, et
cette profession qu’il aura élevée
au rang de sacerdoce. Il portait un
regard dubitatif sur la presse d’aujourd’hui, et son avis, livré en petit
comité auprès d’amis, était incisif
et professionnel, et ne relevait
point de la nostalgie ou de l’ancienne autorité désabusée.
Par tempérament, il s’était en
effet astreint à une « retraite-
réserve » paisible, entrecoupée de
courtes piges par amitié, aux côtés
de Bachir Boumaza et Ahmed
Taleb Ibrahimi.
Sa curiosité intellectuelle n’émargeant pas dans une quelconque caisse de retraite, il est
resté un insatiable dévoreur de livres, et avait versé avec délectation
dans l’univers du Net, pour satisfaire sa soif de lire et de découvrir,
un plaisir qu’il faisait partager,
avec des pointes d’analyse de son
cru, en mailant régulièrement à un
réseau d’amis. Des amis qui lui
sont restés fidèles, et ils se reconnaîtront dans ses lignes, qui le
conviaient régulièrement à des sorties culturelles, un repas convivial.
L’une de ses dernières sorties
publiques, à l’occasion du Salon
international du livre d’Alger, lui a
permis, lors d’une rencontre, un
échange marquant avec Jean
Ziegler. La légende était au mieux
de sa forme intellectuelle et de ses
capacités d’analyse. Les légendes,
il est vrai, ne meurent jamais.
D. K.
* Ancien journaliste
à El Moudjahid et actuel
P-DG de l’ANEP
Si Noureddine a su passer
le flambeau
D’ANCIENS JOURNALISTES TÉMOIGNENT
L
«Il était une grande école
du journalisme»
’ancien directeur général du quotidien national
El Moudjahid, Noureddine Nait Mazi décédé jeudi
à l’âge de 81 ans, a été qualifié par ses anciens collègues et «élèves» de «grande école du journalisme en
Algérie», regrettant la «disparition d’un monument de la
presse nationale». Tous ceux qui l’ont connu et côtoyé
sont unanimes à affirmer que Nait Mazi est une «plume»
et une «icône du journalisme en Algérie», mettant en
exergue notamment «l’intégrité de l’homme» et son
«amour pour l’Algérie».Le directeur de la publication du
quotidien El Moudjahid, Achour Cheurfi, garde du
défunt le souvenir d’un «homme rigoureux, généreux et
professionnel». «Il a toujours été proche et à l’écoute des
jeunes journalistes qu’il ne s’empêchait pas d’encadrer.
Il revoyait nos papiers et nous éclairait par ses conseils et
remarques lumineuses», a témoigné M. Cheurfi, affirmant qu’il a fait d’El Moudjahid une «référence régionale
et internationale».
De son côté, l’ancien directeur général de l’agence
Algérie Presse service (APS), Belkacem Ahcène
Djaballah, a considéré que «l’Algérie vient de perdre en
6
la personne de Nait Mazi, un monument de la presse
nationale».
«D’une humilité incomparable, il était un homme
d’expérience, de grande rigueur et un grand formateur»,
a témoigné M. Djaballah, révélant que le défunt était
d’un «humour extraordinaire, malgré son apparence».
M. Djaballah a indiqué avoir rencontré dernièrement le
défunt qui était, a-t-il dit, «préoccupé par le problème de
formation chez les jeunes journalistes en Algérie, l’éthique et la fidélité au pays».
Pour Ali Ouafek, éditorialiste à Horizons et ancien
journaliste à El Moudjahid, Nait Mazi demeure «un
grand homme, un grand journaliste et un professionnel
au sens propre et noble du terme». Se disant «fier d’avoir
fait l’école de Nait Mazi», M. Ouafek s’est notamment
attardé sur les qualités humaines du doyen de la presse
algérienne, qui, a-t-il dit, est resté «humble».
«La plupart des responsables de presse actuels ont fait
l’école d’El Moudjahid sous la direction de Nait Mazi,
lequel restera un grand professionnel», a encore rappelé
M.Ouafek.
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT MAZI
Hommage à la force et la conscience tranquille
! PR CHEMS EDDINE
CHITOUR *
N
oureddine Nait Mazi, l’un des pères
fondateurs de la presse algérienne est
décédé jeudi à Paris à l’âge de 81 ans.
C’est par cette triste nouvelle que le monde de
la presse, et plus largement celui de la grande
muette constituée par l’intelligentsia, a appris le
départ pour des cieux plus cléments de ce
météore qui a marqué des générations d’hommes des médias et a qui su, quand il a décidé,
se retirer sur la pointe des pieds quand ses
convictions n’étaient plus en phase avec le
maelström qui s’est emparé de la presse.
Qui est Noureddine Nait Mazi ?
A travers tous les éloges qui ont fusé rapidement, quel que soit le bord, tant il faisait l’unanimité auprès de la profession qui avait, comme
on le dit la reconnaissance du ventre, on
apprend que, comme tout jeune Algérien des
années cinquante, ce fils d’un fellah émigré, originaire de la wilaya de Tizi Ouzou, a rejoint très
jeune le Mouvement national au sein du PPAMTLD. Il a par la suite contribué au journal
Libre Algérie à Paris. Arrêté par la police française à Paris en avril 1956, il est incarcéré à la
prison de la Santé, puis à la prison de Fresnes.
Condamné pour insoumission et atteinte à la
sûreté extérieure de l’Etat, il est détenu en
France en 1956-1957. A son élargissement, il
déserte l’armée française et se réfugie en
République Fédérale d’Allemagne. Après la
reconquête de l’indépendance, il rentre en
Algérie. Il aura alors la grande tâche de continuer à donner au journal El Moudjahid de la
révolution, en inculquant à ses collaborateurs,
par-dessus tout, la rigueur, l’objectivité. Ce qui
ne fut pas facile pour un journal d’Etat et
comme il le dit : « Je ne recevais pas de coup de
fil chaque matin du ministre. » En clair, il avait
fait des interstices de liberté à la presse permis
par le pouvoir, un boulevard où chacun y trouvait son compte et où l’honneur de la profession
était sauf. Boumediene meurt, il sera libéré de
ses fonctions avant d’être rappelé en 1983, il
éditera alors un autre journal, le quotidien du
soir Horizons en 1985. En 1990 il se retire avec
élégance et dans la discrétion dont seuls les
grands hommes ont le secret.
Les éloges mérités
Pour N. Krim : « Nait Mazi sut allier rigueur
et ouverture d’esprit, inculquant à tous ceux qui
l’ont côtoyé l’humilité et le travail bien fait.
Avant de devenir l’un des pivots du journal El
Moudjahid, Noureddine Nait Mazi a fait ses
«humanités» journalistiques au journal Le
Peuple, le tout premier journal algérien fondé
au lendemain même de l’indépendance. C’était
en septembre 1962 quand les Européens, dans
le sillage de la libération de l’Algérie, ont quitté
le pays laissant le vide derrière eux (…) De fait,
les premiers six mois d’indépendance ont été
une période charnière pour des hommes qui
avaient alors tout à apprendre, à assimiler dans
un métier longtemps fermé aux Algériens durant
la période coloniale. Cela a été certes, une
étape difficile, mais une page extraordinaire que
la presse algérienne commençait alors à écrire.
Il faut le relever et le dire, Noureddine Nait
Mazi a été l’une des chevilles ouvrières de cette
bataille, gagnée, (…) Surtout, Noureddine
Nait Mazi fit d’El Moudjahid une véritable école
de journalisme, laissant une empreinte indélébile parmi ses disciples et confrères. Nombre de
responsables de la presse privée aujourd’hui
sont d’ailleurs sortis de cette école de journalisme qu’a été El Moudjahid. Nous sommes fiers
d’avoir travaillé aux côtés de M. Nait Mazi et
d’avoir beaucoup appris sur le métier sous la
supervision d’un grand homme qui fit du journalisme un art. ». (1)
Même sollicitude de notre aîné Kaddour
M’Hamsadji qui lors d’un hommage qui lui a
été rendu lors du salon du Livre 2011, s’est
adressé à lui sous la forme d’un élégant discours : « Lorsque l’on rencontre un journaliste,
il devient de plus en plus important de croire à
la vertu qu’on lui donne qu’à celle qu’il se
donne lui-même. Toutefois, la première comme
la seconde se méritent non par le préjugé favorable, effet de la profession, mais par la pratique
Les hommes d’une époque dorée de l’Algérie indépendante
rayonnement qui irradiait de sa personne.
Particulièrement, les visiteurs qui venaient le
solliciter à El Moudjahid. Quant aux journalistes
qui traînaient la patte, ils doivent sûrement se
souvenir aujourd’hui de ses gueulantes mémorables dans les couloirs de la rédaction. (…)
Ouvert au dialogue, mais cassant quand il s’agit
de l’essentiel, Nait Mazi fait partie de ces hommes qui ont fait ce pays au moment où tout était
à faire. Sans rechigner, comme un brave soldat.
Et parce qu’il a été précisément un soldat de la
construction en restant volontairement dans
l’ombre qu’il a droit aujourd’hui à toute la
lumière et à toute la reconnaissance de ses
pairs. J’ai travaillé sous ses ordres pendant
20 ans et j’en suis fier. Son heure de gloire est
enfin arrivée. » (3)
C’est aussi l’éloge sincère de Hamid Grine.
Nous lisons: «(...) Il était habité par la foi comme
d’autres le sont par la passion de l’argent, du jeu
ou des femmes. Et cette foi donnait à son physique à la Rock Hudson une sorte d’austérité qui
en imposait. Ah! On allait l’oublier: Nait Mazi a
un physique atypique dans la presse: très grand,
très beau, élégant(...). Il a dû faire battre bien
des coeurs. Mais lui son cœur ne bat que pour
l’Algérie. (…) Un autre que lui aurait sans doute
fait d’El Moudjahid une feuille de chou, lui en a
fait un formidable outil de propagande pour le
régime. Il a su fédérer les multiples talents
contradictoires pour en tirer le meilleur de chacun. (..) La délation n’est pas son style. La danse
du ventre non plus. Engagé dans la bataille de
construction du pays, il sera marqué par le rôle
grandissant qu’occupera l’Algérie dans le
concert des nations. (…) Il a commencé sa carrière avec un stylo pour toute richesse, au
moment du départ il aura la même richesse
matérielle. Mais quelle formidable aventure
intellectuelle et humaine!»(4).
qualitative du dévouement personnel à la profession. Eh bien, notre ami Noureddine Nait
Mazi en est un splendide et très utile spécimen(... ) » (2)
L’apostrophant d’une façon amicale, voire
fraternelle, il poursuit : « Plus je te regarde et
plus je constate que tu as toujours l’oeil limpide
et doux et le même léger penchement de la tête
tantôt à gauche tantôt à droite pour faire connaître discrètement le sens de ton sentiment. En
avais-tu conscience? Cette attitude parfois
conciliante, parfois énigmatique, toujours
instructive, je l’avais déjà observée, il y a maintenant presque cinq décennies, presque un
demi-siècle! Je veux dire que l’image de toi n’a
pas changé et certainement le fond non plus. La
formation des jeunes, assurer la relève, c’était
pour toi une inflexible nécessité. Mon cher Sî
Noureddine Nait Mazi, je ne vais pas évoquer le
journaliste émérite qui a débuté, à l’indépendance, au journal Le Peuple, ni le directeur
général à El Moudjahid que tu as été par deux
fois (de 1971 à 1979 et de 1983 à 1990), car
mieux que moi, tes collègues en général et tes
confrères du quotidien spécialement, c’est-àdire les plus proches, ont su le faire par ailleurs
avec élégance et estime. Au reste, toi-même,
quand l’actualité t’a interpellé, en 1997, tu as
publié dans El Moudjahid dont tu n’étais plus le
directeur depuis sept ans, un article très significatif de ta passion pour le journalisme de grande
portée. » (2)
« (…) Dans ton langage quotidien, on entendait, me répétait ton entourage, des mots forts
de l’instant et de l’avenir: modernisme, informer
autrement, curiosité, patience, culture, indépendance, observation, de l’humour pour gommer
les humeurs, pour concilier les personnalités,
l’ambition, le bon sens critique, la formation des
jeunes en vue d’une prise de responsabilité,
l’honnêteté intellectuelle, la juste indignation,...
La liste est longue de tous ces mots qui ont du
sens et qui claquent comme des drapeaux de
toute presse nationale, triomphante et salutaire
faite par des hommes et des femmes au service
de leur société et de leur seul pays, l’Algérie.(…)
En ce moment exceptionnel de ta vie d’homme
ayant accompli sa mission d’homme, et face à
tous ceux qui t’entourent de leur affectueuse
présence, tu peux encore laisser - de modestie et
d’émotion - s’exprimer ton sentiment par un paisible mouvement de la tête de droite à gauche
ou de gauche à droite: oui, sois bienheureux
vieux frère Noureddine Nait Mazi! Bonne santé
et longue vie! ».(2)
Ce que représente pour moi
Monsieur Nait Mazi
Je suis peut-être l’un des derniers à avoir
découvert l’homme et le connaître que depuis
quelques années. Naturellement, je savais
comme tout un chacun qu’il avait présidé aux
destinées du journal El Moudjahid et lui a fait
tenir la tête hors de l’époque, à une époque où
le politique ne s’embarrassait pas de respecter
stricto-sensu la déontologie journalistique.
L’exploit de M. Nait Mazi c’est d’avoir bâti un
journal, en le crédibilisant. Il me rappelle
quelque
part
Joseph
Pullitzer
qui
écrivait :«Notre République et sa presse prendront de l’essor ou s’effondreront ensemble,
écrivait Pullitzer. » Une presse compétente, désintéressée, dévouée à la chose publique, intelligente, exercée à discerner le bien et ayant le
courage de le faire peut préserver la morale
publique sans laquelle un gouvernement populaire est une imposture et une parodie. Cette
conviction de Joseph Pulitzer devrait de notre
point de vue, être le bréviaire de la profession
du journalisme, qui, on le sait, est, à la fois,
capable du meilleur comme du pire. C’est à se
demander s’il existe encore une presse libre de
par le monde. Tout cependant n’est pas noir! Il
existe et c’est heureux, des gens honnêtes au
Nait Mazi, un homme, un style
Parlant d’une autre facette de l’homme, à
savoir l’élégance naturelle et le port altier, un
autre de ses admirateurs écrit : « On peut porter
les meilleurs costumes du monde et s’habiller
des plus beaux tissus, si on n’a pas la classe qui
va avec, on ne sera jamais qu’un boudin drapé
de deux-pièces et d’un gilet, la couture comprise... Noureddine Nait Mazi n’avait pas
besoin d’être élégant pour en jeter, sa classe
naturelle lui servait amplement de griffe. Et il en
imposait, le bougre. Tous ceux qui l’approchaient étaient frappés par l’extraordinaire
7
sens de l’honnête homme de Voltaire.
Justement, l’occasion nous est donnée de rendre
hommage de l’extérieur à un Monsieur du journalisme qui, à sa façon, a donné à cette profession ses lettres de noblesse. ». (5)
«On le voit, être journaliste c’est rentrer dans
les ordres et faire vœu de vérité.» Comment ne
pas penser à Noureddine Nait Mazi qui fait l’unanimité en tant que repère pour la profession.
C’est ainsi que de quel côté qu’on l’observe ses détracteurs comme ses amis- il fait l’unanimité en termes d’admiration et de déférence.
Un slogan d’une campagne présidentielle en
France m’a permis de trouver une expression
pouvant le cerner-mais peut-on le faire?- «la
force et la conscience tranquilles». Il en imposait
par l’élégance de son physique, la limpidité du
verbe et la netteté des idées. Le mérite de Nait
Mazi c’est d’avoir donné une responsabilité au
journal El Moudjahid et donné un professionnalisme à la profession balbutiante, profiter des
interstices de liberté pour présenter un journal qui tout en étant respectueux de la ligne- n’en
respecte pas moins et il faut le saluer, les fondamentaux du journalisme. » (5)
Noureddine Nait Mazi ne laissait pas indifférent. La majorité des anciens journalistes ont
tous appris le métier sous sa gouvernance. Il m’a
été donné de le connaître par un ami commun,
M. Ahmed Fattani, qui m’a dit un jour que
M. Nait Mazi me faisait la charité d’apprécier
certaines de mes chroniques. De fil en aiguille
l’idée de collationner certaines de mes contributions sous forme d’un ouvrage m’a amené à
solliciter de lui une préface. C’est ainsi dans
l’ouvrage Le Monde comme je le vois a vu l’immense privilège d’être préfacé généreusement
par M. Noureddine Nait Mazi. Sans en faire une
forme de publicité qui serait indécente, je veux
proposer au lecteur quelques extraits de cette
préface où on sent suinter à chaque phrase et
devrais-je dire à chaque mot le bel usage du
français, le mot juste, percutant et pourquoi ne
pas le dire ? généreux : « Comme il nous en
avertit d’emblée en toute franchise, c’est le
regard qu’il porte personnellement sur notre
monde que le professeur Chems Eddine Chitour
nous présente dans les pages qui suivent et qui
contiennent une somme impressionnante d’observations, de citations … Mais en pédagogue
expérimenté et pour mieux emporter notre
adhésion, il fait œuvre de décrypteur..Il appelle
un chat,un chat pour mieux détruire les mythes.
L’Algérie, cela va de soi est au cœur de son propos...Pour ma part, en refermant ces denses
pages, j’ai gardé du professeur Chems Eddine
Chitour l’image d’un homme d’une grande érudition, attaché à une défense sereine mais opiniâtre de la Vérité, de la Liberté et de la Justice. »
Quelque part, ces lignes valent pour moi
plus que cent diplômes, j’ai, en quelque sorte
acquis une légitimité pour être écrivain au sens
de M. Nait Mazi. Par ailleurs, j’ai apprécié plusieurs fois des conversations immatérielles par
mails interposés, il me faisait profiter souvent
d’informations qui m’avaient échappé et au fil
des mails, j’ai compris quel en était le message
sous-jacent ; il voulait que mon jugement de
valeur soit plus pertinent. Ainsi, d’une façon élégante sans rien « imposer », il me demandait,
indirectement de témoigner. « Les lions dit un
proverbe kabyle, ne meurent pas, ils disparaissent. » Nait Mazi fut un seigneur de la plume qui
se retirera avec panache de la vie publique.
Partez en paix cher M. Nait Mazi, vous avez
bien mérité de la communauté des hommes, à
votre façon de guerrier de la plume vous avez
donné à la profession ses lettres de noblesse.
Puissions-nous faire autant pour le plus grand
bien de cette Algérie qui peine à se redéployer.
Amen !
C. E. C.
* Ecole nationale polytechnique
1.N. Krim http://www.lexpressiondz.com/
autres/dossiers/139990-noureddine-nait-mazirecoit-l-hommage-du-sila.html
2.Kaddour M’Hamsadji http://www.lexpressiondz.com/autres/dossiers/139987-mon-chervieil-ami.html
3.http://www.lexpressiondz.com/autres/dossiers/139989-nait-mazi-un-homme-unstyle.html
4.Hamid Grine : Noureddine Naït Mazi
mythes vivants de la presse. Liberté 20 mars
2011
5.C.E. Chitour http://www.lexpressiondz.
com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/139882-le-talent-et-l-elegance-du-pulitzeralgerien.html
L’Actualité
NOUREDDINE
NAIT MAZI
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
En observant ce grand Monsieur...
! BRAHIM
TAKHEROUBT
Ph : R. Boudina
Cet homme a réussi une alchimie magique qui est celle de rester modeste,
simple sans pour autant fondre dans la masse.
! ALI KHIDR *
Un grand ami du journal L’Expression
«O
ui
Noureddine, je
viendrai avec Brahim »,
raccroche le secrétaire
général de la rédaction Madjid Ayad,
que je devais donc accompagner au
domicile de M. Nait Mazi pour lui
remplir le formulaire du passeport et
de la carte d’identité. Cette communication remonte à il y a six mois. Ma
réticence s’est vite transformée en
curiosité. Ne valait-il pas le coup de
voir cet homme dans son intimité,
dans son confort? Face à une mémoire
d’une époque journalistique cruciale,
la curiosité s’excite, s’enflamme. On a
envie de tout savoir, de lui poser une
question, des questions, des dizaines
de questions sur
le journal
El Moudjahid, la gestion des conflits,
des humeurs et des sensibilités dans
sa rédaction,
son rapport avec
Boumediene, Chadli, les ministres, la
Sécurité militaire de l’époque, la censure .. etc. Quand la porte s’ouvrit
sur la grande silhouette de cet
homme, le rideau tomba. Le champ
des interrogations se rétrécit. Devant
la force tranquille, on a tout oublié et
la curiosité se dissipe comme emportée par le regard presque fuyant de
notre hôte. Etait-il un homme timide ?
Un court échange et j’ose la question :
ni excès ni marque, le style
Nait Mazi est tout en sobriété. Il nous
invite : «Un verre d’eau ou un café ?»
Il y a quelque chose de frappant, de
marquant chez cet homme. Comme
quelqu’un qui taperait à vos paupières
pour dire : « Admirez comment il gère
sa grande réputation avec sagesse !».
Cet homme en effet, a réussi une
alchimie magique qui est celle de rester modeste, simple sans pour autant
se fondre dans la masse. Un court
échange, le temps de reprendre le
souffle après quatre étages et j’ose la
question : «La Sécurité militaire vous
imposait des articles quand vous étiez
à la tête d’El Moudjahid ?» Il réplique
alors par sa phrase fétiche- c’est-à-dire
moi. « C’est-à-dire moi, je n’avais à
faire à l’époque qu’à mon chef hiérarchique direct qui était le ministre de
l’Information. » Puis on passe au
bureau. Production nationale ditesvous ? Le bureau de M Nait Mazi a
été fabriqué à la Snlb de Taboukert.
J’avais le pas incertain quand il m’a
invité à prendre place à ce bureau.
M. Ayad me chuchota à l’oreille:
« Nait Mazi n’accorde pas ou
qu’exceptionnellement ce privilège. »
Nom, prénom et âge du capitaine…je
remplis les imprimés sous l’œil de
M. Nait Mazi et qui corrige : «Non !
c’est Mohand Laârbi et non Mohamed
Laârbi. » Rangé avec la stricte rigueur
propre à l’homme, ce bureau est la
quintessence même de Nait Mazi. Les
feuilles et les documents soigneusement disposés, une collection de cendriers à sa gauche. Toujours sur la partie gauche, le journal France soir qui a
annoncé à sa Une l’arrestation du cerveau du FLN en France et la photo du
jeune Noureddine Nait Mazi. En face
du bureau, il a collé toutes les cartes
professionnelles depuis le journal Le
peuple créé à l’automne 1962 par le
FLN, où il en devient chef de rubrique
puis rédacteur en chef-adjoint en
1964. Par-terre, un rouleau de papier
bifteck, utilisé pour le tirage du jour-
nal, mais aussi pour la rédaction des
articles, c’était l’époque où les journalistes rédigeaient leurs articles au stylo
et l’encre excitait encore leurs narines.
«Je n’ai jamais vu mon père en
pyjama» confiait un jour le fils du
général de Gaulle. Même chez lui,
Nait Mazi était en cravate . Comme
un général qui collectionne ses
médailles. Nait Mazi a gagné les
galons qui ont fait de lui une autorité
médiatique sur le terrain de bataille et
non dans les salons feutrés où se tiennent, à l´abri des indiscrétions, les
conciliabules de minuit. Quand la
roue a tourné en 1990, quand la
presse a changé de main, l’homme est
rentré chez lui. Il s’est imposé une
diète verbale refusant de faire saigner
la veine des rancœurs et des haines.
Ses détracteurs lui reprochent
presque tout mais, font cet aveu :
«L’homme est un incorruptible.»
Denrée rare de nos jours.
B. T.
«Nait Mazi était au-d
dessus de la mêlée»
Tous ceux qui l’ont connu et côtoyé sont unanimes à affirmer que Nait Mazi est une «plume» et une «icône du
journalisme en Algérie», évoquant notamment «l’intégrité de l’homme» et son «patriotisme».
MUSTAPHA MOHAMMEDI,
! SALIM BENALIA
JOURNALISTE QUI L’A CÔTOYÉ
F
eu Noureddine Nait Mazi est décrit comme
l’un des pères fondateurs de la presse
algérienne post-indépendance. Les hommes
de presse l’évoquent.
Ceux qui ont travaillé sous sa houlette citent surtout un professionnel de talent et un administrateur
hors pair qui a été à la base du rayonnement du quotidien de la rue de la Liberté durant les décennies
1960, 1970 et 1980.
Parmi les journalistes ayant réagi à ce décès figurent notamment Mouloud Achour, écrivain et actuel
directeur de la maison d’édition Casbah pour qui
« Nait Mazi n’a jamais cessé d’être journaliste »,
Ahmed Halli évoque, pour sa part, « une autorité
tranquille » et Nacer Mehal, ancien ministre de la
Communication, qui parle d’ « un homme de
rigueur et d’honnêteté ».
NACER MEHAL,
ANCIEN MINISTRE DE LA
ET EX-DG DE L’APS
COMMUNICATION
«Une immense perte
pour la profession»
Mehal évoque un grand bâtisseur forgé dans
l’idéal révolutionnaire. La mort de Nait Mazi est
« évidemment une immense perte pour la profession », estime-t-il.
Il rappelle un homme intransigeant avec luimême, formateur de plusieurs générations et qui a
su rester fidèle à ses principes. « Il nous laisse un
grand souvenir du don de soi, de rectitude et d’honnêteté », ajoute –t-il.
L’Algérie perd avec cet homme l’un de ses fils
les plus loyaux et qui part rejoindre son Créateur,
Allah. Il laisse des pages glorieuses de sa vie militante et de patriote et de professionnel de la presse
nationale. Nous sommes tous affectés et partageons
la douleur de sa famille, des confrères et des
consœurs ». conclut-il.
«C’était un grand Monsieur»
Très affecté par le décès de Nait Mazi, Mustapha
Mohammedi cite un compagnonnage de quarante
ans. « J’ai connu Nait Mazi pendant 40 ans, c’est un
grand Monsieur qui a formé toute une génération de
directeurs de journaux de la trempe de Fattani,
Belhouchet, Souissi, de Ouandjelli…. » Il était intègre et au-dessus de la mêlée, au-dessus de tout soupçon. Ce journaliste de talent m’aura marqué autant
que l’a fait cet autre géant de la presse algérienne
Abdelkader Safir, dont une maison de la presse
porte le nom. Nait Mazi nous a surtout appris l’amour du travail et le sens de l’objectif.
ACHOUR CHEURFI,
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
DU QUOTIDIEN EL MOUDJAHID
«Une référence régionale
et internationale»
Cheurfi garde du défunt le souvenir d’un
«homme rigoureux, généreux et professionnel». «Il a
toujours été proche et à l’écoute des jeunes journalistes qu’il ne s’empêchait pas d’encadrer. Il revoyait
nos papiers et nous éclairait par ses conseils et
remarques lumineuses», témoigne Cheurfi, affirmant
que Nait Mazi a fait d’El Moudjahid une «référence
régionale et internationale».
BELKACEM AHCENE DJABALLAH,
ANCIEN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGENCE
ALGÉRIE PRESSE SERVICE (APS)
«Un monument
de la presse nationale»
Il estime que «l’Algérie vient de perdre en la personne de Nait Mazi, un monument de la presse
nationale». «D’une humilité incomparable, il était
un homme d’expérience, de grande rigueur et un
grand formateur», témoigne-t-il en révélant que le
8
défunt était d’un «humour extraordinaire, malgré
son apparence». Djaballah a indiqué avoir rencontré
dernièrement le défunt qui était, a-t-il dit, «préoccupé par le problème de formation chez les jeunes
journalistes en Algérie, l’éthique et la fidélité au
pays».
AHMED FATTANI,
DIRECTEUR DU JOURNAL
L’EXPRESSION
«Un sens très élevé
des valeurs humaines»
Ahmed Fattani, abonde dans le même sens et
estime que Nait Mazi a le statut de « commandeur »
et « d’homme intègre ayant un sens très élevé des
valeurs humaines ». « Nait Mazi est considéré
comme étant une grande école de journalisme
ayant consacré toute sa vie à cette profession »,
témoigne encore Fattani qui a fait ses classes à
El Moudjahid, rappelant que le défunt s’était engagé
dans le Mouvement national à l’âge de 15 ans. « Il a
formé de brillants journalistes », ajoute-t-il encore,
soulignant que « le défunt n’était pas attiré par la vie
matérielle, mais se souciait beaucoup plus de la justice sociale ». « Avec le décès de Nait Mazi, c’est
tout un pan de l’histoire de la presse de l’Algérie
indépendante qui s’en va », fait observer M. Fattani.
ALI OUAFEK,
ÉDITORIALISTE À HORIZONS
ET ANCIEN JOURNALISTE À EL
«Rigueur morale
et professionnelle»
MOUDJAHID,
«Fier d’avoir fait l’école de
Nait Mazi»
Nait Mazi demeure « un grand homme, un grand
journaliste et un professionnel au sens propre et
noble du terme», indique-t-il. Se disant « fier
d’avoir fait l’école de Nait Mazi », Ouafek s’attarde
notamment sur les qualités humaines du doyen de
la presse algérienne, qui, dit-il dit, est resté « humble ». « La plupart des responsables de presse actuels
ont fait l’école d’El Moudjahid sous la direction de
Nait Mazi, lequel restera un grand professionnel »,
rappelle encore Ouafek.
S. B.
Une triste nouvelle pour la
presse algérienne : la mort de
Noureddine Nait Mazi. Il est
décédé hier, avons-nous appris
dans son entourage.
C’est incontestablement un
des piliers de la presse algérienne
qui vient de tomber. Noureddine
Nait Mazi fait partie de ceux
qu’on considère comme les pionniers de la presse algérienne, née
au lendemain de l’indépendance.
Mais son nom restera indéniablement lié au journal El Moudjahid
qu’il a dirigé pendant plusieurs
années au 20, rue de la Liberté,
une adresse mythique qui
résonne aujourd’hui avec les
rêves de révolution que bien des
générations de journalistes, qui
ont travaillé sous la coupe de
«Monsieur Nait Mazi», comme on
l’appelle par respect, ont porté.
Durant le long exercice de
son « magistère » à la tête du
mythique « El Moudj », Nait Mazi
s’et attelé, dans les colonnes de
son journal, à se faire l’écho
d’une Algérie qui vient de se
réapproprier son destin. Avec
l’apparition du pluralisme médiatique en 1991, Noureddine
Nait Mazi s’est retiré en toute discrétion du monde des médias.
Sans doute considérait-il, en toute
honnêteté et en toute sincérité,
que son profil ne cadrait plus
avec la nouvelle ère pompeusement appelée «aventure intellectuelle». De chez lui, dans son
appartement
d’Hydra,
Noureddine Nait Mazi observait
le printemps de la presse algérienne avec l’éclosion de plusieurs titres lancés par des journalistes dont il était le directeur.
Son retrait est une vraie
retraite, car il s’est interdit toute
intrusion dans le débat, alors qu’il
avait une plume incisive.
Noureddine Nait Mazi, qui commençait déjà à prendre le pli d’un
journaliste en fin de mission a
accepté de reprendre du service
comme directeur de la communication au Conseil de la Nation,
auprès de son vieil ami Bachir
Boumaza.
Quand ce dernier a été
contraint de quitter le perchoir,
Noureddine Nait Mazi, en
homme de principe, le suivra par
loyauté. Depuis, l’ex-directeur
d’El Moudjahid s’est imposé une
discrétion spartiate, n’apparaissant qu’à de rares occasions au
cours desquelles il est honoré
pour l’ensemble de sa carrière.
Toujours tiré à quatre épingles, Noureddine Nait Mazi est
un homme qui avait du charisme.
Il en imposait vraiment. C’est
aussi un homme affable, courtois
qui a du mal à cacher sa timidité.
Il est d’une grande rigueur morale
et professionnelle. Tous les journalistes avec qui il a travaillé ont
pour lui un profond respect.
Il s’en va donc aujourd’hui
rejoignant pour l’Eternité les
autres pionniers du journalisme
algérien, comme Mohamed
Morsli, Bachir Rezzoug, Kamel
Belkacem, Kheireddine Ameyar,
Mohamed Abderrahmani…
Repose en paix « Monsieur
Nait Mazi » !
A. K.
(*) In Algérie 1
(Site électronique d’information)
L’Actualité
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
CONGRÈS DU RND
Les opérations se
poursuivront en 2017
Le ministre de l’Agriculture, du
Développement rural et de la Pêche,
Sid Ahmed Ferroukhi, a indiqué, jeudi
à Alger, que les exportations de la
pomme de terre se poursuivraient
durant les trois prochaines années
pour atteindre les 70 000 tonnes. Les
professionnels doivent, en
conséquence, se préparer bien à
l’avance en matière de choix des
variétés, du calibre et des capacités de
conditionnement, a déclaré le ministre
lors d’une conférence de presse tenue
en marge d’une réunion d’évaluation
de la filière pomme de terre qui a
regroupé l’ensemble des acteurs
concernés. Suite au surplus de
production enregistré lors de la saison
2015/2016, certains opérateurs ont
réalisé des opérations d’exportation
vers notamment des pays du Golfe et
d’Europe, alors que d’autres
continuent de prospecter des marchés
en Afrique et en Asie. Sur une
demande potentielle de pays
importateurs de l’ordre de 25 000 t
pour la pomme de terre algérienne
sur l’année 2016, il a été exporté
2 000 t à ce jour. L’objectif est de
rendre ces exportations
« structurelles » et d’atteindre, durant
les trois prochaines années, les 70 000
t, a avancé M. Ferroukhi. Il a indiqué,
dans ce sens, qu’une plateforme de
conditionnement et de froid devrait
être opérationnelle en juin à El Oued,
une région produisant environ 40% de
la production nationale de ce
tubercule. L’exportation et la
transformation sont, désormais,
devenues les facteurs indispensables
pour réguler le marché de la pomme
de terre qui devient de plus en plus
excédentaire.
PRODUCTION
D’HYDROCARBURES
En hausse progressive
jusqu’en 2020
Le ministre de l’Energie, Salah Khebri,
a prévu, jeudi dernier à Alger, une
hausse progressive de la production
nationale en hydrocarbures qui
devrait atteindre 241 millions de
tonnes équivalents pétrole (TEP) en
2020 grâce aux grands
investissements inscrits dans l’actuel
quinquennat, dépassant 73 milliards
de dollars. «La baisse de la
production en hydrocarbures est
chose courante, mais les prix élevés
des cours du pétrole sur les marchés
internationaux avaient couvert ce
recul», a précisé M. Khebri qui
répondait à une question orale d’un
membre du Conseil de la nation sur la
maintenance des gisements des
hydrocarbures et de gaz associé non
utilisé. «La production de l’Algérie en
hydrocarbures avait atteint en 2004,
225 millions TEP avant de s’établir à
233 millions TEP en 2007», a-t-il
ajouté, précisant que «la production a
chuté en 2008 pour frôler ses plus
bas niveaux en 2013 avec 186,7
millions TEP, avant de reprendre sa
tendance haussière». «La production
de pétrole devra atteindre 197 millions
TEP en 2016, 210 millions TEP en
2017, 215 millions TEP en 2018, 225
millions TEP en 2019 et 241 millions
TEP en 2020, soit un niveau jamais
atteint auparavant par l’Algérie»,
selon le ministre.
Bedoui conforte la direction du RND
LE MINISTRE a assuré que son département accomplit son travail conformément aux lois en vigueur.
! NADIA BENAKLI
P
eine perdue pour les redresseurs du RND. Le département de l’intérieur a autorisé la tenue du congrès du
Rassemblement national démocratique pour les 5, 6 et 7 mai prochain. Le ministre de l’Intérieur et
des Collectivités locales, Nouredine
Bedoui, a affirmé jeudi que le
Rassemblement national démocratique (RND) avait obtenu l’autorisation de tenir son congrès extraordinaire prévu début mai prochain.
«Nous avons reçu une demande
pour la tenue du congrès extraordinaire du RND et l’autorisation a été
accordée», a indiqué M. Bedoui en
marge de la séance plénière du
Conseil de la nation qui a été consacrée aux questions orales jeudi dernier.
Interrogé sur la demande des
redresseurs qui ont saisi son département, Nouredine Bedoui a laissé
entendre que son administration
n’était pas prête à examiner la
requête des opposants d’Ahmed
Ouyahia qui souhaitent empêcher
la tenue du congrès du parti prévu
du 5 au 7 mai.
Le ministre ne comprend pas
«cette tendance à vouloir s’adresser
à chaque fois à l’administration
pour régler ces questions ». « Il y a
d’autres instances habilitées à statuer sur ces questions», a-t-il précisé en faisant allusion à la justice.
Se voulant très clair, le ministre a
assuré que le ministère «accomplit
son travail conformément aux lois
en vigueur et toute personne ayant
un autre avis, il existe une administration pour recevoir les recours».
Ainsi, le patron de l’intérieur
affiche un rejet de la demande des
opposants à la tenue de ce congrès
sous prétexte de « dérives » ayant
Ph : R. Boudina
EXPORTATION DE LA
POMME DE TERRE
La porte
est grande ouverte
pour Ahmed Ouyahia
entaché la préparation de cette rencontre. Mardi dernier, les contestataires se sont adressés au ministère
de l’Intérieur dans la perspective de
geler les préparatifs du prochain
congrès extraordinaire qui doit élire
un nouveau secrétaire général du
parti.
La position du ministre de
l’Intérieur ne peut que conforter
Ouyahia. Ses partisans qualifient
les contestataires «de minorité». La
direction d’Ouyahia pourra poursuivre ses préparatifs pour appliquer sa feuille de route en toute
sérénité sans se soucier du bruit
des adversaires.
Le Rassemblement national
démocratique avait rendu public
mercredi dernier un communiqué
signé par le secrétaire général par
intérim, Ahmed Ouyahia, dans
lequel il avait «regretté et
dénoncé » le communiqué distribué
à la presse par le groupe d’anciens
cadres et militants du parti. Le
parti a souligné que certains signataires du communiqué étaient des
congressistes de droit, ajoutant
qu’«il leur appartient d’aller mesurer leur représentativité et promouvoir leurs vues au niveau de leurs
wilayas d’appartenance ou au
niveau des pré-congrès régionaux
qui les concernent ou même devant
le congrès extraordinaire. Ils feront
face à la majorité qui est l’arbitre».
Le secrétaire général par intérim «informe les auteurs du communiqué ainsi que les militantes et
militants du parti qu’aucun groupuscule ni aucune minorité n’imposera désormais son diktat au sein
du RND ». Le groupe des cadres du
parti et ses anciens députés avaient
demandé le report du congrès
extraordinaire pour la révision des
préparatifs de ce rendez-vous politique. Ces derniers reprochent à la
direction d’avoir exclu les cadres
de la base de l’opération de préparation du congrès et menacent de
faire leur possible pour perturber la
tenue de ce congrès.
Ayant tiré une leçon du scénario de 2013, la direction ne se laissera pas faire. Celle-ci a pris toutes
ses dispositions pour appliquer sa
feuille de route sans tracas.
N. B.
36e ANNIVERSAIRE DU PRINTEMPS BERBÈRE
Qui le célébrera le mieux ?
LES POUVOIRS PUBLICS veulent en finir avec le caractère triste et revendicatif de la date du 20 avril.
! MADJID BERKANE
A
quelques jours seulement de la célébration du 36e anniversaire du Printemps
berbère 1980 qui intervient cette année
dans un contexte meilleur pour la question de
tamazight après son officialisation, de nombreux
militants de la cause berbère appellent la société
à la vigilance et au boycott des célébrations que
les pouvoirs publics envisagent d’organiser à
cette occasion.
Les dernières déclarations d’El Hadi Ould
Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports, à TiziOuzou devant des membres du mouvement associatif de la région, laissant entendre que son
département compte célébrer la date du 20 avril
et « faire d’elle une date de joie et non de violence
comme cela se faisait dans le passé », ont
réanimé les craintes de récupération de la cause
berbère par les pouvoirs publics.
C’est contre cette éventuelle récupération
qu’ont appelé les militants et les défenseurs de
tamazight au lendemain de sa constitutionnalisation au mois de janvier dernier. Ces derniers,
rappelons-le, ont appelé à ne pas applaudir la
décision de l’officialisation de tamazight et se
méfier des bonnes intentions de l’Etat.
La question de tamazight et ses symboles
doivent rester, selon eux, loin de toute récupération politique. La date du 20 avril qui reste une
date triste dans le combat pour la reconnaissance
de tamazight et ses droits, ne doit faire aucunement l’objet d’une récupération politique ou
d’une quelconque célébration officielle.
Interrogé sur ce sujet Smaili Razik, président
de l’association culturelle Thafath, dans la
wilaya de Bouira, dira que « ce n’est pas l’impli-
Djezzy présent au SICOM 2016
sous le signe de la numérisation
Comme chaque année, Djezzy prend
part à la 25ème édition du Salon
International de l’Informatique, de la
Bureautique et de la Communication
(SICOM 2016) qui se tient au Palais des
Expositions Pins-Maritimes (Alger) du 14
au 18 avril 2016 sous le thème «Economie
numérique et production nationale».
Le SICOM est organisé cette année,
sous le Haut Patronage de la Ministre de
la Poste et des Technologies de la
Communication et de l’Information et du
Ministre de la Communication.
Ce salon qui offre une belle opportunité
pour les entreprises Algériennes d’exposer
et de promouvoir leurs produits, permet
également de nouer des relations de par-
tenariat et d’affaires avec les sociétés
étrangères et de faire le point sur les dernières avancées en matière de technologie.
Djezzy, acteur incontournable du secteur des télécoms, et pionnier de plusieurs
concepts dans le marketing-commercial,
participe activement à cette manifestation
en présentant ses dernières offres ainsi
que les solutions pour la sécurité des données dans le secteur de la téléphonie
mobile à l’aube de la numérisation et du
lancement du m-paiement.
Dans cette perspective, Djezzy développe d’ores et déjà les solutions les plus
fiables en partenariat avec les entreprises
les plus compétentes du domaine.
cation des autorités officielles dans la célébration
du Printemps berbère qui pose problème ou peut
influer sur sa symbolique.
Le problème est que la société algérienne
d’une manière générale et la société kabyle en
particulier se démobilisent quand l’Etat adopte
la célébration d’une date ou d’un évènement ».
Et d’ajouter «le 1er Novembre, date du
déclenchement de la Révolution algérienne et le
5 Juillet, celle de l’indépendance, ne sont plus
fêtées aujourd’hui par la société comme il y a
quelques années .
L’Etat qui a accaparé leur célébration d’une
manière politicienne, a démobilisé toute la
société ».
C’est pourquoi, conclut notre interlocuteur, la
célébration de la date du 20 avril doit rester dans
l’intimité et propriété des militants qui ont comM. B.
battu pour son aboutissement.
Air Algérie prend part à la 76ème
Réunion du Comité Exécutif de l’AACO
La
compagnie
nationale
Air
Algérie participe à la 76ème Réunion du Comité
Exécutif de l’Organisation des Compagnies
Aériennes Arabes, AACO, qui se tient aujourd’hui au Caire, en Egypte.
Air Algérie prend part à cette manifestation
par la participation d’une délégation
présidée par son P-DG, M. Mohamed Abdou
Bouderbala.
Plusieurs questions stratégiques seront
abordées lors de cet évènement, notamment les
résolutions prises lors de la 48ème AGA de
l’AACO dont les questions aéropolitiques, celles
liées aux droits des passagers, ainsi que celles
relatives à la gestion du trafic aérien et à la
capacité de l’espace aérien dans le monde
9
arabe.
La présence d’Air Algérie s’inscrit également
dans le cadre de la relance de ses activités dans
la région avec l’ouverture future de la nouvelle
desserte Alger-Addis-Abeba via la capitale
égyptienne.
Par ailleurs, le P-DG d’Air Algérie a saisi
l’occasion de sa venue au Caire pour effectuer
une visite de travail et d’inspection le 13 avril
2016 au niveau de sa représentation générale
sur place.
Pour rappel, le Président Directeur Général
d’Air Algérie est membre du comité exécutif de
l’AGA de l’AACO pour les trois ans à venir dont
la 49ème réunion doit se dérouler à Casablanca,
au Maroc, le 29 novembre prochain.
L’Actualité
ACCROCHAGE À
DJEBEL EL OUEHCHE
Quatre militaires
dont un lieutenant
assassinés
! IKRAM GHIOUA
SIT-IN DES ENSEIGNANTS CONTRACTUELS
L’Intérieur menace de sévir
«SI CETTE SITUATION persiste, des mesures seront prises», a mis en garde le ministre de l’Intérieur
et des Collectivités locales.
! NADIA BENAKLI
La bête immonde a encore
frappé. Les criminels ont attaqué
un convoi militaire à djebel
El Ouehche en usant du hebheb à
leur passage. L’accrochage à malheureusement causé la mort de
quatre militaires dont un lieutenant et trois appelés. L’ANP poursuivait son opération de ratissage
dans cette zone qui a toujours
constitué un lieu de repli des groupes terroristes, mais aussi de transit. L’opération avait été déclenché
il y a quelques jours suite à l’arrestation d’un groupe de soutien à
Skikda et Constantine composé de
plus d’une vingtaine d’éléments.
Les aveux de ceux-là ont été assez
convainquants pour déclencher
une opération de ratissage. Le
convoi avait été surpris par des
tirs de hebhebs obligeant les soldats à prendre position pour une
contre-offensive. Un important
renfort a été aussitôt dépêché.
L’accrochage qualifié de violent a
permis malgré la regrettable perte
des quatre éléments de l’ANP de
repousser le groupe terroriste dont
le nombre n’a pas été déterminé.
Des informations sûres font état
de criminels agissant au profit
d’Al Qaîda au Maghreb islamique
qui se sont récemment installés
dans la zone citée plus haut pour
préparer
des
attentats.
Heureusement que la vigilance des
forces de sécurité, exploitant les
informations obtenues ont réussi à
débusquer les terroristes qui sont
actuellement pris en chasse. Un
important périmètre a été
quadrillé. Les forces de sécurité
ont pris toutes les précautions
nécessaire pour dresser un dispositif sécuritaire hermétique, lequel
permettra de neutraliser tout le
groupe.
Des mesures importantes ont
aussi été prises aux alentours de la
ville et de ses environs allant jusqu’à l’intérieur du centre-ville. En
effet les forces de la police et de la
Gendarmerie nationale sont présentes aux quatre coins de la capitale de la culture arabe. Toutes les
entrées et sorties sont sous
contrôle, alors que les forces héliportées sillonnent les zones boisées de Constantine. D’autres
informations font état que les terroristes voulaient bouleverser la
cérémonie de clôture de la manifestation « Constantine, capitale
de la culture arabe » en tentant un
coup médiatique, mais ont été pris
de vitesse. Pour des sources sécuritaires il est impossible que ces criminels tentent d’échapper au
dispositif sécuritaire, rassurant
que la situation est sous contrôle.
Nos sources confient que de toute
façon ce groupe n’avait aucune
possibilité de pénétrer en ville vu
la présence en force des services de
I. G.
sécurité.
L
a poursuite de la protestation des enseignants irrite
les pouvoirs publics. Le
ministre de l’Intérieur et des
Collectivités locales ne peut plus
tolérer la poursuite de cette action.
Nouredine Bedoui menace de sévir
contre les enseignants qui rejettent
les propositions du gouvernement.
S’exprimant sur cette question
d’actualité, en marge d’une séance
plénière tenue jeudi dernier au
Sénat, le ministre de l’Intérieur a
affirmé que « des mesures seront
prises dans le cadre de la préservation de l’ordre public en cas de persistance du mouvement de protestation des enseignants contractuels
à Boudouaou (Boumerdès)».
Le ministre a incité les enseignants protestataires à réintégrer
leurs postes de travail soulignant
que «le gouvernement leur avait
accordé suffisamment de temps
pour parvenir à des résultats positifs par la voie du dialogue».
Prenant la défense de sa collègue de
l’éducation, le ministre a soutenu
que «dès le début, le gouvernement
a été très réceptif et fait montre
d’une intention sincère à l’égard
des protestataires».
M. Bedoui a usé d’un ton fort
avertissant qu’ «il n’est pas possible
d’attenter à l’ordre public». «Si
cette situation persiste des mesures
seront prises», a-t-il encore mis en
garde. Autrement dit, le ministre
de l’Intérieur a donné un ultimatum aux contestataires pour libérer les lieux dans les plus brefs
Le ministre de l’Intérieur a usé
delais. M. Bedoui a déploré que l’approche participative prônée par le
gouvernement n’ait pas été prise en
compte par les enseignants contractuels
protestataires
lesquels,
a-t-il considéré, «n’ont affiché
aucune volonté ni intention d’aller
au dialogue».
Le ministre a fait remarquer
que le ministère de tutelle a, dès le
début ouvert grandes les portes du
dialogue et de la concertation à travers une série de mesures «incitatives» dont la dernière concerne la
valorisation de l’expérience profes-
des contractuels
sur
Alger, le département de
l’intérieur a déployé un
dispositif
sécuritaire
impressionnant à l’entrée
de la capitale. Ce dispositif est maintenu depuis
plus de dix jours pour bloquer toute tentative des
enseignants de regagner
la capitale. Ces derniers
revendiquent leur intégration sans condition dans
le corps de l’éducation en
refusant de passer le
concours. Une demande à
laquelle
Nouria
Benghebrit oppose un niet
et insiste sur le respect
des méthodes de recrutement.
La ministre semble
avoir réussi petit à petit à
convaincre les contractuels
à
passer
ce
concours.
Selon
un
responsable de son dépard’un ton fort
Ph : R. Boudina tement, près de 90% des
enseignants contractuels
ont déposé leurs dossiers
sionnelle qui permettra aux enseipour passer le concours de recrutegnants contractuels de gagner entre
un et six points supplémentaires, ment de l’Education nationale,
selon les cas, lors du concours de prévu le 30 avril. «Près de 90% des
contractuels
ont
recrutement outre la reconduction enseignants
systématique du contrat de travail déposé leurs dossiers pour postuler
lors de la prochaine rentrée scolaire au concours de recrutement de
au profit des enseignants qui ne l’Education nationale, dans une
opération qui se poursuit toujours,
peuvent pas postuler pour le
à travers le territoire national, jusconcours. M. Bedoui a également
qu’au 30 avril», a indiqué jeudi derregretté les tentatives de certaines
nier dans une déclaration à l’APS,
parties d’instrumentaliser les préle chef de cabinet du ministère de
occupations de cette catégorie à des
l’Education nationale, Abdelwahab
fins douteuses. Il y a lieu de souli- Guellil.
N. B.
gner que pour empêcher la marche
ENSEIGNANTS CONTRACTUELS INSCRITS AU CONCOURS DE L’ÉDUCATION
Guerre des chiffres entre le ministère et les syndicats
! ABDELLAH BOURIM
C
ela fait 20 jours que les enseignants
contractuels sont mobilisés pour exiger
leur intégration. Hier, ils ont entamé leur
14e journée de grève de la faim, sans obtenir une
réponse satisfaisante de la part des hautes
instances de l’Etat. Le ministère de l’Education
nationale maintient sa position, exigeant le passage par la voie du concours pour espérer l’intégration.
La date butoir des inscriptions au concours de
l’éducation est arrivée à sa fin, avant-hier, la
ministre de l’Education nationale avance un
taux de 90% des enseignants contractuels
inscrits seront au rendez-vous le 30 avril prochain et les enseignants contractuels, de leur
côté, ont démenti les propos de la tutelle et considèrent que ces déclarations ont pour but de
déchirer le mouvement.
Contacté hier, le porte-parole du Conseil des
Lycées d’Algérie (CLA), Idir Achour, a indiqué
que « le taux avancé par le ministère de
l’Education nationale a pour but de discréditer le
mouvement, la majorité des enseignants contractuels et vacataires qui n’ont pas pu rejoindre
Boudouaou organisent des sit-in devant les
directions de l’éducation à travers le pays, ils ne
croient pas au concours de recrutement, leur
seule exigence est l’intégration ».
Pour ce qui est des mesures annoncées par le
ministère de l’Intérieur pour libérer la voie
publique, ce dernier a affirmé qu’« à ce moment,
les enseignants grévistes sont encerclés à
Boudouaou, empêchés de quitter la place, en prévision d’une intervention musclée des forces de
l’ordre».
Les négociations entre le ministère de la
tutelle et les grévistes sont au point zéro, chacun
campe sur sa position et l’issue de la crise tarde
à être trouvée, «la solution sécuritaire s’impose », selon le ministre de l’Intérieur. Selon ce
dernier, les enseignants contractuels ont exprimé
leur refus de passer le concours, et exigent « l’intégration inconditionnelle ».
Nouredine Bedoui juge que les réponses du
gouvernement aux protestataires sont positives.
« Dès le début, le gouvernement a été très réceptif et fait montre d’une intention sincère à l’égard des protestataires, et il n’est pas possible
d’attenter à l’ordre public ».
Pour ce dernier, « les enseignants contractuels seront sommés de libérer les lieux publics »
Mobilis célèbre «Yaoum El-Ilm»
Mobilis célèbre la journée
nationale du savoir « Yaoum ElIlm » instaurée depuis le 16 avril
1976, en hommage au célèbre
savant Abdelhamid Ibn Badis, président de l’Association des
Oulémas Algériens, disparu le 16
avril 1940, un accompagnement
des manifestations de l’Université
M’HAMED
BOUGARA
de
Boumerdes et du lancement d’une
promotion Mobilis, dénommée
« Semaine du Savoir ».
Ainsi, un programme riche en
activités, s’est déroulé du 12 au 14
Avril au sein de la bibliothèque
centrale de l’université de
Boumerdes, alliant conférences,
expositions, concours scientifiques
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
et culturels et activités sportives,
organisés par les différents clubs
scientifiques des facultés participantes à la célébration de cette
journée, qui s’est clôturée par la
remise de cadeaux, offert par
Mobilis, aux vainqueurs de la 1ère
édition du concours de la création
scientifique. Toujours dans l’esprit
de la célébration de la journée
nationale du savoir, Mobilis, lance
une promotion, allant du 14 au 20
Avril 2016, spéciale « Semaine
du Savoir », avec une remise de 50% sur son Pack prépayé
« Tablette Huawei T1 », comprenant une SIM MobtaSim 2G/3G
dotée d’un crédit d’une valeur de
100 DA et de 500 Mo de bonus
internet illimitée, offert pendant
06 Mois, le tout pour seulement
7450 DA. Mobilis fidèle à ses
valeurs de citoyenneté, est fière
d’apporter son soutien et sa contribution dans la promotion du savoir
et l’encouragement de l’émergence des technologies à différents niveaux de la société.
10
avant le recours à la répression. Pour les représentants des enseignants contractuels, ces derniers sont déterminés à aller jusqu’au bout dans
leur mouvement de protestation.
« La menace de recourir à la force publique
pour disperser les enseignants protestataires,
brandie par le ministère de l’Intérieur, a renforcé
leur détermination », a souligné M. Achour.
Pour leur part, les syndicats de l’éducation
ont mis en garde le ministère de tutelle contre
toute atteinte à l’image de l’enseignant, le
recours à la répression pour disperser les enseignants protestataires risque de replonger à nouveau l’école dans les mouvements de grève. Le
Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation
(Cnapeste), indique à travers son chargé de la
communication, Massoud Boudiba, que « la
situation risque de dégénérer une fois la solution
sécuritaire appliquée ».
Pour rappel, les deux syndicats, le CLA et le
Cnapeste, ont paralysé l’école, mercredi denier,
par une grève générale d’une journée dont le mot
d’ordre était l’« intégration inconditionnelle des
enseignants contractuels » et la préservation de
la dignité de l’enseignant », selon le Cnapeste.
A. B.
Mobilis et Ericsson lancent
le 2ème City Site à Blida
Mobilis lance en exclusivité et en
collaboration avec son partenaire
technologique Ericsson, le deuxième
City Site en Algérie à la ville de Blida,
l’inauguration officielle aura lieu
aujourd’hui à 15h.
Fruit d’une solide collaboration
avec Ericsson et la participation de
l’APC de Blida, le City Site sera érigé
au centre ville, sous forme d’un panneau d’affichage digital, épousant
parfaitement le tissu urbain de la ville
des roses, il permettra la densifica-
tion de la couverture réseau dans la
zone, et offrira aussi la possibilité
aux collectivités de communiquer
avec les citoyens en exploitant l’écran digital.
A travers ce nouveau site, Mobilis
offre à tous les clients prépayés
Mobtasim, 10 mn/jour, de connexion
internet gratuite sur son réseau 3G,
pour chaque abonné.
Par le biais de ce lancement,
Mobilis confirme encore une fois son
engagement à offrir aux Algériens
des 48 Wilayas les dernières évolutions en matière des technologies de
l’information et de la communication.
L’Actualité
Un monument de la presse
algérienne nous quitte
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
NOUREDDINE
NAIT-MAZI
Photos : Ramzi Boudina
MERCI
NOUREDDINE !
11
S ports
ESS-AL MERREIKH
(LIGUE DES CHAMPIONS)
Entrée gratuite
au stade pour
les Soudanais
L’accès au stade du 8-Mai 1945
sera gratuit pour les supporters
d’Al Merreikh du Soudan à
l’occasion du match de leur
équipe face à l’ES Sétif, mardi
prochain (19h), dans le cadre
des 8es de finale retour de la
Ligue des champions d’Afrique.
Cette décision a été prise par le
comité d’organisation de cette
rencontre au cours de sa
réunion tenue mercredi, a
indiqué un communiqué de la
direction du stade sur son site
officiel. Les fans soudanais
accéderont au stade sur « une
simple présentation de leurs
passeports », a précisé la même
source, ajoutant que 14 000
tickets seront mis en vente à
l’occasion de ce rendez-vous.
L’ESS avait réussi à imposer le
nul à Al Merreikh (2-2) lors du
match aller disputé samedi
dernier à Omdurman. Si
l’Entente parvenait à passer
l’écueil des Soudanais, elle
deviendra la première équipe
algérienne à avoir accédé à trois
reprises de suite à la phase des
poules de la prestigieuse
compétition continentale des
clubs.
COUPE DE LA
CONFÉDÉRATION (8ES
DE FINALE RETOUR)
Le CS Constantine
aujourd’hui
au Caire
Le CS Constantine se rendra ce
soir au Caire via Istanbul
(Turquie) en vue de son match
face aux Egyptiens de Misr El
Makassa, mardi prochain dans
le cadre des 8es de finale retour
de la coupe de la Confédération
de football, a-t-on appris auprès
du club de la Cirta. Le CSC a
remporté une victoire étriquée
lors du match aller (1-0), samedi
dernier à Constantine, grâce à
un but de Mourad Meghni au
prix d’un coup franc dans les
derniers instants de la partie.
Avant son déplacement au
Caire, que la formation phare de
Cirta ralliera dans la matinée de
dimanche, le CSC aura accueilli
l’ASM Oran hier dans le cadre
de la mise à jour de la 25e
journée du championnat de
Ligue 1. Avant cette rencontre,
les Constantinois pointent à la
12e place au classement avec
29 points, devançant d’une
seule unité le premier reléguable
le RC Relizane.
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
COUPE D’ALGÉRIE - DEMI-FINALE
MC ALGER – US TÉBESSA (AUJOURD’HUI-16H)
Le Doyen se méfie des Canaris
Ironie du sort, la veille de cette demi-finale contre l’US Tébessa, le MC Alger a connu
des changements radicaux aussi bien sur le plan administratif que technique.
! SAÏD MEKKI
L
’US Tébessa (championnat
amateur-g
groupe Est) défie le
MC Alger cet après-m
midi à
partir de 16 heures au stade du
5-Juillet pour une qualification historique en finale de la plus prestigieuse compétition à savoir la coupe
d’Algérie. De son côté, le Mouloudia
d’Alger veut se racheter auprès de
son public après la défaite « honteuse » en finale de cette coupe
d’Algérie en 2013 et le «fameux
scandale» de la cérémonie de
remise des médailles boycottée par
les joueurs du MCA. Ce qui a valu
au coordinateur du MCA de l’époque, un certain Omar Ghrib une
«radiation à vie». Or, ironie du sort,
la veille de cette demi-finale contre
l’US Tébessa, le MC Alger a connu
des changements radiaux aussi
bien sur le plan administratif que
technique. Ainsi, Omar Ghrib
revient aux affaires après la levée
de sa suspension par les membres
du Bureau fédéral de la FAF. Omar
Ghrib devient ainsi le nouveau
coordinateur alors que le président
Achour Betrouni qui a recruté
Abdelkrim Bira en tant que coach
et pensait nommer Kaci Saïd
manager général a été démis de ses
fonctions. Bira décide alors par
principe de refuser le coaching de
l’équipe. Et c’est justement les raisons pour lesquelles, le nouveau
coordinateur de l’équipe Omar
Ghrib, a demandé aux joueurs :
« Gagnez cette demi-finale contre
l’US Tébessa et la coupe d’Algérie
qu’on a perdu en 2013 sera la nôtre
en cette année 2016 ». Et là, faute
de temps, il a demandé à Lotfi
Amrouche de coacher l’équipe pour
cette demi-finale contre l’US
Tébessa. Il est vrai que la situation
que vient de traverser l’équipe cette
dernière semaine, avec notamment
la très mauvaise réaction des supporters qui ont menacé les joueurs
et le coach Amrouche, s’est répercuté quelque peu sur les joueurs sur
le plan moral, mais après les nou-
velles nominations, tout semble se calmer au sein du groupe
des Vert et Rouge. Et à ce propos, le coach Amrouche a
déclaré : « Je suis décidé à
offrir la qualification aux
«Chnaoua», le coach du MCA,
reconnaît d’ailleurs que « ça ne
sera pas facile devant une
équipe aussi décidée à créer la
surprise ». Du côté de l’US
Tébessa, l’équipe s’est préparée à Alger depuis une semaine
et compte bien ne pas rater
l’occasion de poursuivre son
parcours historique dans cette
compétition en ajoutant le
MCA à son palmarès des équipes battues dans le cadre de la
coupe d’Algérie après, entre
autres, l’USM Blida et l’USM
El Harrach. Djamel Belkacem,
le vice-président de l’équipe a
assuré que « le groupe jouera
avec la conviction d’arracher le
ticket de qualification surtout
qu’en coupe d’Algérie il n y a
pas de petite et de grande
équipe ». Sur le plan de l’effectif, le staff technique de l’UST
pourrait bien compter sur le
retour de blessure du joueur
Mohamed Cherif Antri qui a
participé activement au bon
parcours de l’équipe dans cette
prestigieuse compétition. Le
coach Mohamed Belaâredj enregistre avec satisfaction la préparation
de l’équipe et fait bien confiance en
ses joueurs pour relever le défi de
battre le MCA chez lui…
S. M.
SEPT PRÉSIDENTS ONT DÉFILÉ AU MCA EN 39 MOIS
Sonatrach persiste dans l’instabilité
La compagnie pétrolière, qui a convoqué une AGEX de la SSPA, a confié la responsabilité, «à
titre provisoire», à Zaid Laadj, un cadre au sein de Sonatrach. Une décision entrant dans le
cadre de la «reconfiguration du conseil d’administration».
L
e MC Alger s’enfonce dans la crise et ne
voit toujours pas le bout du tunnel,
comme l’attestent les changements fréquents dans ses commandes et qui se poursuivent encore avec l’arrivée d’un septième président du club depuis que ce dernier est parrainé
par Sonatrach, devenue son actionnaire majoritaire en janvier 2013. Cette fois-ci, la compagnie
pétrolière, qui a convoqué mercredi une assemblée générale extraordinaire de la Société sportive par actions (SSA) du club, a confié la responsabilité, « à titre provisoire », à Zaid Laadj, un
cadre au sein de Sonatrach. Une décision
entrant dans le cadre de la « reconfiguration du
conseil d’administration » de la SSA en question,
a tenu à préciser Sonatrach dans son communiqué, au moment où quatre membres dudit
Conseil ont fait les frais de cette « reconfiguration ». Laadj succède ainsi à Achour Betrouni,
démis de ses fonctions après seulement sept mois
de son arrivée aux commandes des Vert et Rouge
de la capitale. Un limogeage qui fait suite au parcours décevant de l’équipe en championnat où,
en dépit des moyens financiers colossaux mis à la
disposition de la direction par la compagnie
pétrolière, le MCA se retrouve en train de lutter
pour son maintien parmi l’élite. Le club n’est
désormais qu’à quatre unités de la zone de relégation, après sa défaite sur le terrain du RC
Arba, qui a déjà mis les deux pieds en purgatoire,
sur le score de 3 à 1 samedi dernier dans le
cadre de la 26e journée du championnat de
Ligue 1. Cette défaite a provoqué l’ire des
supporters et causé des incidents lors de la
séance d’entraînement de la reprise, lundi
dernier au stade annexe du complexe olympique Mohamed-Boudiaf, obligeant les
joueurs, menacés par certains irréductibles,
à boycotter l’entraînement du jour. L’échec
de Betrouni dans sa mission a conduit ainsi
à sa mise à l’écart, connaissant le même
sort que son prédécesseur, Abdelkrim
Raissi, démis lui de ses fonctions en septembre
2015.
Auparavant,
Kamel
Amrouche, Hocine Boumela, Fodil Yaici et
Hadj Taleb, les présidents du MCA depuis
le retour de Sonatrach, n’ont tous pas fait
long feu dans leur poste.
Ghrib avide de revanche
Ces changements fréquents dans les
commandes du club algérois ont poussé
cette fois-ci le propriétaire du Doyen à
appeler à la rescousse Omar Ghrib, un
ancien dirigeant de cette formation pour lui
confier le poste de manager général. Une
nomination somme toute attendue par les
observateurs depuis que l’homme a été gra-
13
cié par l’assemblée générale de la Fédération
algérienne de football en février dernier, lui, qui
était suspendu à vie de toute activité sportive
depuis l’été 2013. A l’époque, il a été accusé d’avoir ordonné aux joueurs et aux membres du
staff technique de son équipe de ne pas se présenter à la cérémonie de remise des médailles
suite à la défaite contre l’USM Alger (1-0) en
finale de la coupe d’Algérie au stade du 5-Juillet.
Un retour par la grande porte, estiment les spécialistes, de Ghrib, avide de « revanche » sur le
sort pour « redonner au MCA son lustre d’antan », selon ses promesses faites à la presse
quelques instants après sa nomination à son
nouveau poste. Mais au MCA, à qui beaucoup de
clubs envient d’avoir Sonatrach comme support
financier, l’instabilité n’est pas seulement d’ordre administratif, mais aussi d’ordre technique.
Abdelkrim Bira, entraîneur pour...
trois jours
L’entraîneur Abdelkrim Bira vient confirmer
cette réalité en jetant l’éponge après seulement...
trois jours de sa nomination à la tête de la barre
technique. « Je pars par principe. C’est Achour
Betrouni qui m’a sollicité, et du moment qu’il
n’est plus président, je dois quitter le navire », a
dit Bira pour justifier sa surprenante décision. Il
était le quatrième entraîneur en chef du
Mouloudia cette saison après respectivement, le
Portugais Artur Jorge, Meziane Ighil et Lotfi
Amrouche. Le nouveau manager général du
club, Omar Ghrib, a déclaré « ne pas s’opposer »
au départ de Bira, estimant qu’il n’allait « pas
trouver de peine » pour engager un autre coach.
Tout ça se passe au moment où les coéquipiers de
Faouzi Chaouchi s’apprêtent à accueillir l’US
Tébessa (Div. amateur, Est) aujourd’hui au stade
du 5-Juillet en demi-finale de coupe d’Algérie
dans un rendez-vous où l’échec est interdit puisqu’il s’agit de la dernière chance du Doyen pour
sauver sa saison.
S ports
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
LE NAHD A POURTANT TREMBLÉ DEVANT L’USMBA
Nasria en finale 34 ans après
Il a fallu attendre l’ultime minute du match pour voir surgir M’Bingui et «s’arracher» pour inscrire un but qui a propulsé
en finale le prestigieux Nasr d’Hussein-Dey.
! BACHIR BOUTEBINA
U
ne seule et unique réalisation qui a
comblé de joie et de bonheur le
Nasria, avant-h
hier au stade du 5Juillet, dans une ambiance bon enfant et un
fair-play total, malgré l’enjeu de cette demifinale au cours de laquelle les Bélabésiens ont
crânement joué toutes leurs chances en vain.
Il faut dire que le ténor Algérois de la Ligue 1
Mobilis, a longtemps tremblé devant un
adversaire de la Mekerra, auteur jeudi dernier sur la belle pelouse du 5-Juillet, d’une
véritable prestation de premier choix.
Le Nasria aura eu ainsi le grand mérite de
ne jamais tomber dans le piège tendu par son
adversaire du jour, notamment lorsque les
unionistes de l’Ouest ont mené les débats de
fort belle manière durant les 45 premières
minutes. Une première mi-temps au cours de
laquelle d’ailleurs, la toile tissée par les
Bélabésiens sous l’œil très avisé du coach
Benyellès, a souvent contraint l’ex-Milaha à
resserrer les rangs derrière, tant il vrai que
les camarades de l’excellent Meguehout et
Benaï ont longtemps eu le monopole du ballon. Mais après la pause, les protégés du duo
Bouzidi-Dziri sont revenus sur le terrain avec
la ferme intention de prendre le jeu à leur
compte, sous la houlette d’un Gasmi qui s’est
montré beaucoup plus tranchant, et surtout
très incisifs, notamment au niveau des flancs
droit et gauche de l’attaque nahdiste. Un
réveil brutal des Sang et Or et qui allait
contraindre les valeureux gars d’El Khedra à
reculer d’un cran.
Un moment fort et très intense au cours
duquel le portier Bélabésien, en l’occurrence
l’ex-keeper du NAHD Ahmed Toual, allait se
distinguer de manière remarquable, tant le
cadet des frères Toual, multiplia sur sa ligne
de buts, plusieurs arrêts de classe. Le gardien
Les Sang et Or ouvrent une nouvelle
page de leur histoire
de but de l’USMBA, formé à l’école du Nasria
et dont le frère aîné est aujourd’hui l’entraîneur des portiers du Nasria, allait aussi
abuser de quelques ficelles de bonne guerre,
pour essayer de « casser » le tempo imposé de
manière soutenue par son ex-club. Mais malgré la domination du NAHD, l’USMBA a
rarement fermé le jeu, en répondant par des
contres qui ont souvent donné des sueurs
froides aux Nahdistes.
D’ailleurs, entre la 85ème mn et cette fati-
dique minute de jeu qui allait finalement être
fatale aux Bélabésiens, El Khedra s’était créé
coup sur coup deux occasions en or dans la
surface du Nasr, et durant lesquelles le portier Boussouf a été suppléé en catastrophe
par ses défenseurs.
Un véritable coup de théâtre avait effectivement failli se produire, sous la houlette
d’un Benaï très vif et percutant sur le flanc
gauche de l’attaque des Vert et Rouge de la
Mekerra. Il aura donc fallu un ultime rush
des Sang et Or de la capitale, et sur lequel le
keeper Toual glissera dans sa surface, pour
s’avouer enfin battu par ce diable de
M’Bingui, surgi dans le dos de la défense
adverse, visiblement prise à revers sur un
centre bien dosé à partir de la droite par
Ouhadda.
Une ultime action, alors que tout le stade
du 5-Juillet croyait dur comme fer que cette
très belle et intense empoignade allait donner
lieu à 30 minutes supplémentaires et même
plus. Mais c’était compter sans Dame Coupe
qui allait finalement jeter son dévolu sur ces
« sacrés » Sang et Or du NAHD, au détriment
d’El Khedra de l’USMBA, au terme d’une
rencontre palpitante de bout en bout et que
de très nombreux spécialistes ont qualifié de
l’une des meilleures rencontres de football
que le public sportif algérien ait suivie avec
un plaisir rare cette saison.
Un match qui a certainement réconcilié
beaucoup de gens avec le vrai et beau football, devenu presqu’inexistant sur nos terrains.
Un match référence pour les puristes,
tant toutes les conditions étaient vraiment
réunies avant-hier au stade du 5-Juillet,
entre celui qui jouera finalement sa 4ème
finale, et un très beau perdant du jour dont la
prestation fournie jeudi dernier, n’a fait que
rendre un grand mérite aux gars d’HusseinDey. Un grand bravo à l’USM Bel Abbès dont
le probable prochain retour en Ligue 1, ne
sera que justice. Enfin, un autre non moins
grand bravo au NA Hussein Dey qui n’a nullement volé sa qualification au stade suprême
de cette belle épreuve populaire, toujours
aussi sans pareil dans le cœur du prestigieux
Nasria.
Le NAHD est un beau finaliste, quand
bien même l’USMBA pourrait l’être tout
autant le 1er mai prochain.
B. B.
LIGUE DES CHAMPIONS DE L’UEFA
ATLETICO MADRID-BAYERN MUNICH/MANCHESTER
CITY-REAL MADRID (DEMI-FINALES)
A chacun ses atouts
A
tletico Madrid-B
Bayern Munich et
Manchester City-R
Real Madrid sont les
affiches des demi-ffinales de la Ligue
des champions, selon le tirage au sort effectué hier au siège de l’UEFA à Nyon (Suisse).
L’Atletico entraîné par Diego Simeone a fait
forte impression en quarts de finale retour,
en éliminant le Barça de Lionel Messi, tenant
du titre, sur un doublé de son international
français Antoine Griezmann (2-0, alors que
les Catalans s’étaient imposés 2 à 1 à l’aller).
Les Madrilènes de Fernando Torres trouveront encore à qui parler avec le Bayern
Munich de Pep Guardiola, qui a gagné à 5
reprises la Ligue des champions et possède
dans ses rangs une belle force de frappe
offensive avec les Thomas Müller, Franck
Ribéry et Kingsley Coman. Le Bayern et le
Real Madrid font d’ailleurs figure de favoris
pour le titre cette saison. Manchester City,
qui a hérité du Real coaché par Zinedine
Zidane, n’avait jamais dépassé auparavant
les 8es de finale de Ligue des champions.
C’est la sixième demi-finale consécutive pour
le Real (nouveau record) et la cinquième de
suite pour le Bayern (qui égale ainsi le record
précédent détenu par le Barça). Le Real
Madrid peut toujours compter sur un joueur
hors-norme, Cristiano Ronaldo, qui reste sur
un triplé en Ligue des champions (3-0 en
quarts de finale retour, contre Wolfsburg qui
avait gagné 2 à 0 à l’aller). CR7, avec 16 réali-
sations en Ligue des champions, n’est plus
qu’à une unité de son record sur une saison
de C1 (17, en 2014, l’année de la Decima du
Real). Reste à savoir dans quel état psychologique sera son partenaire au Real, Karim
Benzema, qui a été écarté par la Fédération
française de football de l’Euro-2016 après sa
mise en examen dans l’affaire de la sex-tape.
Le Bayern affiche sa détermination pour la
suite, à l’image de son portier Champion du
monde Manuel Neuer, qui a lancé avant le
tirage: « Nous sommes heureux d’être en
demi-finales, et nous voulons aller à Milan
(lieu de la finale), quel que soit l’adversaire ».
Les demi-finales aller se joueront les 26 et 27
avril, les manches retour les 3 et 4 mai. La
finale se déroulera à Milan le samedi 28 mai
au stade de San Siro.
EUROPA LEAGUE
Villarreal-Liverpool et Shakhtar
Donetsk-Séville en demi-finales
Villarreal-Liverpool et Shakhtar DonetskSéville sont les affiches des demi-finales
d’Europa League, selon le tirage au sort
effectué vendredi au siège de l’UEFA à
Nyon (Suisse). Les matchs aller, dans cet
ordre, auront lieu le 28 avril, les matchs
retour, dans l’ordre inverse, le 5 mai. La
finale aura lieu à Bâle (Suisse) le 18 mai.
STADE RENNAIS
COURBIS VEUT BOUDEBOUZ
Selon une information du journal français Le 10 Sport, l’entraîneur du Stade Rennais,
Rolland Courbis, souhaite, en cas de maintien à son poste, le renfort de l’international
algérien Ryad Boudebouz et Daniel Congré pour la saison prochaine. Si le second est en
fin de contrat à Montpellier, ce n’est pas le cas de l’international algérien qui pourrait
donc changer de club l’été prochain moyennant une indemnité de transfert. Nul doute
qu’en cas de qualification du club breton à la Ligue des champions, le challenge rennais
constituerait une belle opportunité pour l’Algérien de 26 ans. Affaire à suivre.
14
Internationale
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
REPRISE DES COMBATS À ALEP
SAHARA OCCIDENTAL
Les objectifs de la
Minurso rappelés
Les objectifs de la Mission des
Nations unies pour l’organisation
d’un référendum au Sahara
Occidental (Minurso) ont été
rappelés jeudi à Genève par le
ministre des Affaires étrangères
sahraoui, Mohamed Salem Ould
Salek, a indiqué l’agence de presse
sahraouie (SPS). Lors d’une
conférence de presse, consacrée à
« la prolongation du mandat de la
Minurso par le Conseil de
sécurité », M. Ould Salek a mis
l’accent sur les deux objectifs de
cette mission onusienne, à savoir
la surveillance du cessez-le-feu
entre le Royaume du Maroc et le
Front Polisario, et l’organisation
d’un référendum
d’autodétermination au Sahara
occidental, conformément à la
Charte des Nations unies et aux
résolutions de l’Assemblée
générale, a indiqué un
représentant du Front Polisario à
Genève. M. Ould Salek a animé
cette conférence, au Club Suisse de
la Presse, à la veille des débats sur
la question sahraouie et le
renouvellement du mandat de
cette mission durant le mois
d’avril. Le Conseil de sécurité
consacrera la séance de jeudi 28
avril à l’adoption de la décision
annuelle du Conseil de sécurité sur
le Sahara Occidental portant
prorogation du mandat de la
Minurso qui doit prendre fin le 30
de ce mois. La Minurso a été créée
en vertu de l’accord de cessez-lefeu conclu entre le Front Polisario
et le Maroc en 1991. A quelques
jours de la présentation du rapport
périodique sur le Sahara
Occidental au Conseil de sécurité,
plusieurs ONG ont multiplié leurs
appels à l’ONU, l’exhortant à
protéger la Minurso et à étendre
son mandat à la surveillance des
droits de l’Homme. Le peuple
sahraoui lutte toujours pour
recouvrer son droit à
l’autodétermination et récupérer
ses territoires occupés.
DIPLOMATIE
Une délégation de
l’UE à Téhéran
Une délégation de commissaires
européens, emmenée par la
Haute représentante de l’UE
Federica Mogherini, se rend
aujourd’hui en Iran pour relancer
la coopération avec Téhéran
dans des domaines comme
l’énergie ou l’immigration, après
la signature de l’accord nucléaire
en juillet dernier, a indiqué une
source diplomatique.
Mme Mogherini, qui a chapeauté
les négociations ayant abouti à
cet accord historique entre l’Iran
et les grandes puissances, sera
accompagnée de sept
commissaires dont Elzbieta
Bienkowska (Industrie), Violeta
Bulc (Transports) et Miguel Arias
Canete (Climat et Energie). « Se
réengager avec l’Iran est
désormais possible », a souligné
cette semaine un haut
responsable européen, rappelant
que l’accord visant à garantir la
nature pacifique du programme
nucléaire iranien « a ouvert la
voie pour élargir le spectre des
relations » entre l’UE et Téhéran.
Le début de normalisation de
leurs relations concerne
notamment le commerce et
l’investissement, pour lesquels
les entreprises européennes sont
sur les rangs face à leurs
concurrentes américaines Par
ailleurs, l’UE veut aussi croire en
la volonté de Téhéran d’avoir une
« influence positive » sur deux
conflits majeurs dans la région :
en Syrie, où l’Iran soutient le
gouvernement de Bachar
al-Assad, et au Yémen, en proie à
la guerre, où une trêve fragile est
en place.
Des milliers de civils fuient dans le nord de la Syrie
ont fui ces dernières 48 heures les violences dans le nord de la Syrie où des combats
opposant l’armée syrienne à des groupes jihadistes et rebelles fragilisent un peu plus le cessez-le-feu.
DES MILLIERS DE CIVILS
L
a région d’Alep est le théâtre
de combats de plus en plus
violents entre de nombreux
acteurs, dont les forces armées
syriennes qui cherchent à isoler les
rebelles qui contrôlent plusieurs
quartiers de la deuxième ville du
pays. Initiateurs avec Moscou de la
trêve entre Damas et rebelles qui
avait permis depuis fin février une
diminution des violences, les EtatsUnis se sont dit jeudi « très préoccupés » par l’« offensive » près
d’Alep des forces progouvernementales. A Genève, où se tiennent les
pourparlers pour un règlement politique, l’émissaire spécial de l’ONU
pour la Syrie a lui fait part de sa
frustration au sujet des difficultés
de l’accès humanitaire dans un pays
ravagée par cinq années d’un conflit
qui a fait plus de 270.000 morts et
jeté sur les routes plus de la moitié
de la population. Le flux de déplacés
a encore grossi, 30.000 civils ayant
fui en 48H les combats entre l’EI et
des groupes rebelles dans des secteurs de la province d’Alep bordant
la frontière turque, selon Human
Rights Watch (HRW) qui a appelé la
Turquie à leur ouvrir sa frontière.
L’EI s’est emparé jeudi dans cette
zone de six villages tenus par les
rebelles dont le plus important,
Hiwar Kallis, selon l’Observatoire
syrien des droits de l’homme
(OSDH, basé en Grande Bretagne).
« Alors que les civils fuient les combattants de l’EI, la Turquie répond
par des tirs à balles réelles », a
dénoncé Gerry Simpson, chercheur
source. En 24 heures,
ces combats ont fait 14
morts parmi les forces
armées syriennes et 20
parmi les jihadistes
d’Al-Nosra
et
les
rebelles,
précise
l’Observatoire.
A
Washington, un haut
responsable américain
a estimé que l’«offensive»
de
l’armée
syrienne près d’Alep
«pourrait violer la cessation des hostilités».
Par ailleurs, les EtatsUnis ont dit jeudi leur
indignation après la
mort d’un médecin
syrien dans une frappe
aérienne, le départePlus de trente mille civils ont fui hier les combats à Alep, dans le nord de la Syrie
ment d’Etat affirmant
que le docteur Hassan
Un responsable humanitaire de
à HRW, dans un communiqué,
déplorant que les déplacés soient l’ONU s’est dit jeudi « extrêmement al-Araj avait été tué par un raid
visant une voiture dans une zone
« pris au piège du mauvais côté d’un inquiet » de la situation globale
mur de ciment ». HRW souligne que dans la province d’Alep, où « il y a reculée et que l’aviation russe opénombre de ces personnes étaient eu une augmentation significative rait dans le secteur. A Genève, où
déjà installées dans des camps éta- des cas de violences qui continuent les négociateurs syriens étaient
blis le long de la frontière, et se diri- d’aggraver la situation humani- attendus hier, l’émissaire de l’ONU
geaient désormais vers d’autres
taire». Au sud de la ville d’Alep, a indiqué que Damas imposait des
camps ou localités proches où la l’OSDH a fait état de violents com- restrictions à la livraison d’aides
situation est aussi dangereuse. Le bats entre l’armée, soutenue par dans des localités assiégées, malgré
des résolutions du Conseil de sécuBureau de coordination des affaires des milices, et l’EI près de
humanitaires de l’ONU (Ocha) a Khanasser. Dans le même temps, rité sur l’accès à ces zones. Les
l’armée affrontait le Front al-Nosra négociations indirectes parrainées
fait état pour sa part de 21.000 à
23.000 civils ayant fui ces combats et ses alliés rebelles sur les collines par l’ONU ont repris mercredi à
et se dirigeant notamment vers de Handarat, un secteur stratégique Genève avec l’objectif de rapprocher
Azaz, à quelques km plus à l’ouest. à quelques km au nord d’Alep lon- les positions -diamétralement oppoDes dizaines de milliers de civils geant la route d’approvisionnement sées - du régime et de l’opposition
avaient déjà trouvé refuge dans la des rebelles qui tiennent plusieurs sur un scénario de transition polirégion d’Azaz en janvier et février. quartiers de la ville, selon la même tique en Syrie.
FLUCTUATION DES PRIX DU PÉTROLE AVANT LA RÉUNION DE DOHA
Le Brent à plus de 43 dollars à Londres
LES PRIX DU PÉTROLE ont reculé hier en cours d’échanges européens, le marché restant prudent
avant la réunion des grands producteurs de pétrole à Doha et après le refus de l’Iran d’y participer.
L
e baril de Brent de la mer du Nord pour
livraison en juin valait 43,19 dollars sur
l’Intercontinental Exchange (ICE) de
Londres, en baisse de 65 cents par rapport à la
clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques
sur le New York Mercantile Exchange (Nymex),
le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai lâchait 70 cents à 40,80 dollars. Les
cours du Brent et du WTI, après avoir nettement
progressé en début de semaine, semblaient engagés depuis mercredi dans une phase de consolidation, se montrant de plus en plus prudents et
volatils à mesure que l’échéance de la réunion de
Doha approche. « Les prix du pétrole temporisent » avant la réunion de demain, relevaient les
analystes de Commerzbank, qui précisaient qu’il
ne fallait s’attendre à aucune forte fluctuation de
prix hier « étant donné que les acteurs du marché
ne sont guère susceptibles de prendre de nouvelles positions aussi près de la réunion ». De son
côté, Joe Rundle, analyste chez ETX Capital,
relevait que « la volatilité du marché continue
alors que les investisseurs sont ballottés par des
informations contradictoires quant à savoir si les
plus gros producteurs mondiaux de pétrole sont
prêts à réfréner leur production lors de la
réunion de Doha ce dimanche ». Selon les observateurs, si le marché espère que cette rencontre
débouche sur un accord ambitieux de stabilisation de l’offre entre les pays membres de
l’Organisation des pays exportateurs de pétrole
(Opep), dont l’Arabie saoudite, et d’autres qui lui
sont extérieurs, notamment la Russie, il ne peut
non plus ignorer que les chances sont minces de
voir aboutir un accord qui pourrait réellement
réduire l’offre excédentaire pesant actuellement
sur le marché. D’autant que les déclarations successives de l’Arabie saoudite, de la Russie et de
l’Iran ont ajouté à l’incertitude générale quant à
la possibilité de parvenir à un accord de gel de la
production même sans la participation de
Téhéran, qui ne compte pas envoyer son ministre
du Pétrole à la réunion.
Le porte-parole du ministère iranien du
Pétrole, Akbar Nematollahi a rappelé hier que
son pays ne participera pas à la rencontre de
Doha. « L’Iran a déjà annoncé qu’il ne peut pas
se joindre au plan pour stabiliser les prix du
pétrole tant qu’il n’aura pas retrouvé son niveau
de production et d’exportation d’avant les sanctions », a-t-il déclaré précisant que le représentant de l’Iran au sein de l’Opep Hossein
Kazempour Ardebili sera néanmoins présent à
Doha. « Les prix du pétrole sont instables et les
informations selon lesquelles le ministre iranien
des Finances ne va pas prendre part à la réunion
de Doha » a pesé sur les cours, notait Brenda
Kelly, analyste chez London Capital Group. « La
confusion est à son comble et il est difficile de
savoir si nous allons voir les producteurs de
pétrole s’entendre pour limiter leur production.
L’Arabie saoudite, en tant que producteur d’appoint (qui peut facilement augmenter ou baisser
sa production pour s’adapter aux fluctuations de
la demande, ndlr), est la clé, mais il a dit clairement qu’il n’agirait que si l’Iran se joint à la fête.
Le pétrole c’est comme le Far West, personne ne
veut baisser son arme en premier », poursuivait
M. Rundle. De leur côté, les analystes de
Commerzbank prévenaient également que leurs
attentes concernant la réunion de demain étaient
faibles. « Même si un accord sur des plafonds de
production devait être atteint, cela n’inclura probablement aucun chiffre concret ni aucune obligation, sans parler des sanctions à appliquer en
cas de non respect (des engagements) », précisaient-ils, exprimant un scepticisme partagé par
la plupart des observateurs.
APRÈS UNE NUIT DE HEURTS
Situation tendue sur l’île tunisienne de Kerkennah
L
a situation était tendue hier
sur l’île tunisienne de
Kerkennah
(centre-eest),
après une nuit de heurts entre des
habitants et les forces de l’ordre, sur
fond de vive contestation sociale
autour des activités d’une société
pétrolière britannique, selon l’AFP.
Jeudi soir, des affrontements ont
éclaté devant le port de Sidi Youssef
et sur la route menant à la localité
de Mellita entre des policiers et des
dizaines de résidents s’opposant à
l’entrée sur l’île de camions de l’entreprise Petrofac. Selon les mêmes
sources, les protestataires ont jeté
des pierres et installé plusieurs barrages à travers l’île, à l’aide de
troncs d’arbres et de blocs de pierres. Déployée en force, la police a fait
usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser et d’ouvrir le
passage aux camions. D’après des
sources policières, les affrontements
ont duré jusqu’à très tard dans la
nuit, obligeant les camions, sous
escorte des forces de l’ordre, à
emprunter une piste pour sortir du
port. Hier matin, les traces des
affrontements étaient toujours visibles: pierres sur les routes et pneus
fumants. Selon la radio privée
Mosaïque FM, qui cite une responsable de l’hôpital régional de
Kerkennah, huit personnes ont été
blessées dont cinq membres des for-
17
ces de l’ordre. Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur, qui
n’a pas fait état d’arrestation, a
dénoncé les « violences » perpétrées
par les manifestants et assuré que la
dispersion s’était déroulée « dans le
cadre strict de la loi, avec un usage
graduel de la force ». De nombreux
habitants ont eux dénoncé une réaction « disproportionnée » des forces
de l’ordre. « Elles se comportent
avec nous comme si nous n’étions
pas Tunisiens. Les compagnies
pétrolières exploitent nos richesses
et ne nous donnent rien », a dit à
l’AFP Salah, un protestataire. La
tension sociale, déjà sensible, est
montée en flèche début avril après la
dispersion d’un sit-in tenu depuis la
mi-janvier par des habitants de l’île.
Ceux-ci protestaient contre la perspective d’une remise en cause d’un
accord salarial entre la société
Petrofac et l’Etat tunisien. La
Tunisie est marquée par de fréquents mouvements sociaux depuis
la révolution de 2011, largement
motivée par la misère et le chômage,
ayant mis fin aux 23 ans de règne de
Zine el Abidine Ben Ali. Le pays a
connu en janvier dernier sa pire
contestation sociale depuis la chute
du régime de Ben Ali à la suite du
décès d’un jeune chômeur lors d’une
manifestation à Kasserine, dans le
centre défavorisé.
Culture
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69e FESTIVAL DE CANNES
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HAMID GRINE L’A ASSURÉ
À CONSTANTINE
Le feuilleton sur l’imam
Benbadis constituera
une référence
Le feuilleton, en cours de
réalisation, sur le leader du
mouvement réformateur national,
l’imam, Abdelhamid Benbadis
(1889-1940) constituera une
«référence» pour les générations à
venir, a affirmé jeudi à
Constantine le ministre de la
Communication, Hamid Grine. Le
feuilleton permettra de mettre la
lumière sur la vie et les œuvres
«d’un homme symbole», a précisé
le ministre au cours d’un point de
presse tenu en marge du premier
tour de manivelle du feuilleton
«Benbadis», donné au palais
Ahmed-Bey. «Le feuilleton
retracera un pan de l’histoire de
l’Algérie dans les années 19201930», a-t-il dit, précisant que
cette production axera «le projet
de société, basé sur
l’enseignement, le rattachement à
l’identité algérienne et à l’islam,
que Benbadis s’est obstiné à
édifier tout au long de sa vie». A
une question sur l’évaluation de la
manifestation «Constantine,
capitale 2015 de la culture arabe»,
M. Grine a affirmé que cet
événement culturel, étalé sur une
année, a été «riche et dense de par
ses programmes» et avait constitué
une «opportunité pour la ville des
Ponts de renforcer ses acquisitions
culturelles». Concernant la
médiatisation de cet événement
arabe, voire international, le
ministre a indiqué que «tous les
moyens ont été mobilisés pour une
meilleure visibilité de la
manifestation». Les données
relatives à la médiatisation de
l’événement seront présentées aux
organes de presse le 27 avril à
Constantine par les responsables
de l’Entreprise publique de la
télévision (Eptv), de la Radio
algérienne et d’Algérie presse
service (APS), a-t-il annoncé. Mis
en scène par Amar Mohcen, sur un
texte de Zhor Ounissi, et un
scénario signé Rabah Drif, le
feuilleton «Benbadis» est produit
par l’Eptv. Le feuilleton de
30 épisodes retrace la vie de
l’imam, de l’âge de huit ans
jusqu’à sa mort en 1940.
OUJDA
Festival maghrébin
du film d’Oujda
Le Puits de Lotfi Bouchouchi
remporte le Grand Prix
Le long métrage «Le Puits» du
réalisateur algérien Lotfi
Bouchouchi a remporté, mercredi
dernier, le Grand Prix de la 5ème
édition du Festival maghrébin du
film d’Oujda (Maroc), tenue du 9 au
13 avril, selon la presse locale.
Premier film de Lotfi Bouchouchi,
«Le Puits» (90mn) a été produit par
l’Agence algérienne pour le
rayonnement culturel (Aarc). Le
film adopte une nouvelle vision de
l’histoire de la guerre de Libération
nationale et relate les affres du
colonialisme français à travers les
souffrances d’habitants d’un village
du Sud algérien assiégé et
manquant terriblement d’eau.
Réalisé en 2014, le film avait déjà
raflé le Grand Prix (meilleur long
métrage) de la 9e édition du
Festival international du film de
Mascate (Sultanat d’Oman), ainsi
que de quatre Prix lors du 31ème
Festival du cinéma méditerranéen
d’Alexandrie (Egypte), dont le
Grand Prix du meilleur film arabe.
«Petits bonheurs» du réalisateur
marocain Mohamed Chrif Tribak a
remporté trois Prix, le Prix du
meilleur réalisateur, le Prix du jury
et le Prix du meilleur rôle féminin
de l’actrice Farah El Fassi.
VENDREDI 15 - SAMEDI 16 AVRIL 2016
Des noms et des non,…
ON A DÛ DIRE « non » à plus de 1 820 cinéastes et oui à « seulement » 49 autres. Équation
douloureuse, mais bien réelle… C’est la loi du genre. Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont exposé
ces données au grand jour, jeudi dernier dans une salle de cinéma, sur les Champs Élysées…
DE
NOTRE CORRESPONDANT
! SAÏD OULD KHELIFA
L
a traditionnelle conférence de presse, tant
attendue du moins par les professionnels
de la profession, comme on dit, a été suivie
studieusement par un parterre de journalistes
plus soucieux de la participation de leurs pays
respectifs que de l’état du cinéma dans le
monde… Signe des temps, la journaliste chinoise
présente, déplore l’absence de films de son pays
«alors que le volume des échanges économiques
ne cesse d’augmenter»… D’Egypte on se
demande pourquoi il n’y a pas de « films arabes
en compétition », ce qui donnerait une fois cette
question sous-titrée : «Pourquoi le film de
Mohamed Diab «Clash-Eshtibek», n’est pas dans
la Compétition officielle ? Précisons que l’auteur
de l’excellent « Les Femmes du bus 678 » (sur le
harcèlement subi dans les transports en commun
par les Egyptiennes), aura à ses côtés la
Palestinienne Maha Haj qui viendra sur la
Croisette dévoiler «Omour Shakhsiya »
(«Affaires personnelles»)…
On pensait par ailleurs que le Tchadien
Mahamat-Saleh Haroun allait revenir avec une
fiction tournée dans la banlieue parisienne, mais
c’est avec un documentaire «Hissein Habré, une
tragédie tchadienne » qui sera projeté en séance
spéciale. Mais c’est dans la fameuse séance de
minuit que l’on retrouvera Jim Jarmush
« Gimme Danger »…
Parmi les cinéastes qui ont « la carte »,
comme on appelle à Cannes, ceux qui sont pris
(presque systématiquement), nous retrouverons
les Frères Dardenne «La Fille Inconnue », Ken
Loach « I, Daniel Blake », bien qu’il ait annoncé
la fin de sa carrière cinématographique…
Bizarrement on retrouvera un autre Jim
Jarmush, en lice pour la Palme cette fois
«Paterson». Dans la série des « doublons », la
Roumanie sera deux fois en compétition avec
Christian Mungiu (déjà Palmé) et Cristi Piju
(déjà lauréat dans Un Certain Regard).
Le prodige canadien Xavier Dolan sera aussi
de la partie avec « Juste la fin du monde », il a vu
la Palme lui passer sous le nez l’an passé… Cette
année le jury aura-t-il le bon flair, à son endroit.
Au pif, disons qu’il a ses chances…
Nicole Garcia et son complice Jacques
Fieschi, scénariste, les deux Oranais de l’étape
seront à Cannes avec « Mal de Pierres ».
Il y aura certainement deux ou trois autres
films en plus avant le 11 mai prochain. Une chose
est sûre, le film de clôture sera celui qui aura
décroché la Palme d’or. Une bonne idée.
Pour le reste, préparons-nous à une édition
sous (très) haute sécurité, mais avec la folie qui
S. O. K.
va avec. Tout de même…
La Compétition
Toni Erdmann de Maren Ade
(Allemagne)
Julieta de Pedro Almodóvar
(Espagne)
American Honey d’Andrea
Arnold (GB)
La fille inconnue des frères
Dardenne (Belgique)
Personal Shopper d’Olivier
Assayas (France)
Juste la fin du monde de Xavier
Dolan (Canada)
Ma Loute de Bruno Dumont
(France)
Paterson, de Jim Jarmusch
(USA)
Rester
vertical,
d’Alain
Guiraudie (France)
Aquarius de Kleber Mendonça
Filho (Brésil)
Mal de Pierres, de Nicole
Garcia (France)
I, Daniel Blake de Ken Loach
(GB)
Ma’Rosa de Brillante Mendoza
(Philippines)
Baccalauréat
de
Cristian
Mungiu (Roumanie)
Loving de Jeff Nichols (USA)
Agassi de Park Chan-Wook
(Corée du Sud)
The Last Face de Sean Penn
(USA)
Sieranevada de Cristi Puiu
(Roumanie)
Elle de Paul Verhoeven (PaysBas)
The Neon Demon de Nicolas
Winding Refn (Danemark)
CONSTANTINE EST AUSSI LA CAPITALE DU PRINTEMPS
Magda Roumi revient 19 ans après
! Ikram GHIOUA
F
rappée par la beauté de la
ville, avec sa verdure éclatante, la diva de la chanson
arabe Magda Roumi qui revient à
Constantine après son premier passage il y a 19 ans ne pouvait se retenir de louer l’importance historique
de cette ville, son charme et sa place
dans le Monde arabe.
La grande chanteuse libanaise
qui a animé un point de presse juste
avant son spectacle auquel a assisté
le ministre de la Culture, ne manquera pas de souligner dans son
intervention tout son enthousiasme
d’être en Algérie un pays qu’elle
respecte et qu’elle aime, mais aussi
toute sa joie de retrouver un
Etat en paix après tant de souffrances.
En la circonstance elle interpelle
l’opinion sur ce qui se trame contre
les pays arabes et dont les commanditaires utilisent les enfants d’un
même pays pour financier des guerres « dans nos pays » dira-t-elle.
Elle appelle à l’union des peuples arabes, rassurant qu’il y a
encore des hommes dignes et honorables, capables de conduire la
résistance pour mettre un terme au
complot, contre cette nouvelle
forme d’impérialisme et de colonialisme.
Fière de l’Algérie, la diva souligne « je suis très heureuse de retrouver aujourd’hui ces beaux visages
souriants », ajoutant « merci pour
cette Algérie en paix qui dégage des
ondes positives, j’ai comme l’impression que je suis sur le point de
participer à une soirée de
mariage », enfin pour rassurer aussi
que « Dieu est grand et personne
n’est au- dessus du Créateur ».
Magda s’est donnée à fond pour
offrir à ses fans venus en grand
nombre ses plus belles chansons.
Devant une salle pleine la diva
chantera durant deux heures, elle
n’a rien perdu.
Une force d’interprétation, une
voix éblouissante et une jeunesse
incroyable. On a comme l’impression que Magda a encore 20 ans et
vient de commencer sa carrière,
pourtant, celle-ci est derrière elle.
Le public merveilleux dans cette
grande salle de spectacle Ahmed
Bey s’est donné beaucoup de plaisir
21
à écouter l’une des artistes les plus
respectueuses du monde. Avec sa
robe de princesse Magda avait
retrouvé des fans qu’elle n’avait
jamais perdu malgré son absence.
Des
fans
venus
d’Alger,
d’Annaba, de Batna, d’Oran et pratiquement de toutes les régions du
pays. Magda ne chantera pas que
ses chansons, mais reprendra des
chansons algériennes.
Pour elle, le patrimoine de la
chanson algérienne est un plus
pour le registre de la musique. Le
public ne manquera pas de lui
exprimer sa gratitude d’avoir
accepté l’invitation du directeur de
l’Onci, Lakhdar Bentourki pour
revenir à Constantine. L’Onci a
aussi programmé les jours à venir la
production sur la scène de la grande
salle de spectacle d’autres artistes
aussi connus comme Walid Tawfiq.
Magda sera ce soir à Alger avec
I. G.
d’autres fans.
DERNIÈRE
HEURE
sur internet http://www.lexpressiondz.com
UNE STÈLE À LA MÉMOIRE
DE HOCINE AIT AHMED
APRÈS LES ARTICLES CRITIQUES DE LA PRESSE FRANÇAISE CONTRE L’ALGÉRIE
L’Ugta et le FCE contre-aattaquent
ILS RAPPELLENT aux auteurs de cette cabale qu’ils « ne peuvent ébranler la confiance des travailleurs algériens
et de leurs entreprises, ni en leur président qu’ils ont choisi démocratiquement par la voie des urnes».
A l’initiative des élus locaux,
une stèle trône désormais au
chef-lieu de la commune
d’Ouacifs. Elle a été érigée hier
en présence des élus du FFS
et d’un grand nombre de militants et de citoyens venus
applaudir cette louable initiative. Notons que le leader politique décédé au mois de
décembre dernier a été enterré
dans son village natal à Ath
Ahmed où il repose aux côtés
de ses aïeux.
Ait Ahmed a dédié sa vie
entière à l’Algérie qu’il n’a
jamais cessé d’aimer jusqu’au
dernier souffle. Comme ultime
message n’a-t-il pas demandé
aux Algériens de faire tout le
bien qu’ils peuvent à l’Algérie.
C’est pourquoi, la stèle érigée à
Ouacifs est une initiative louable. Et c’est la moindre des
choses.
! AMAR INGRACHEN
P
rès d’une semaine après le
retour du Premier ministre
français chez lui après une
visite officielle en Algérie et les polémiques qu’ont suscitées certains de
ses agissements, notamment la
publication de photos de sa rencontre avec Bouteflika, plus d’une
semaine après le déclenchement du
scandale Panama papers qui a mis
en cause le ministre algérien
de l’Industrie et des Mines,
Abdessalem Bouchouareb, le Forum
des chefs d’entreprise et l’Union
générale des travailleurs algériens
se sont fendu d’un communiqué fort
virulent à l’égard de ceux qu’ils
appellent «les promoteurs d’une
campagne diffamatoire et calomnieuse contre l’Algérie ».
« Les millions de travailleuses et
de travailleurs adhérents, les
900 000 cadres syndicalistes, les 48
Unions de wilayas, les 30
Fédérations nationales de l’Ugta
et les centaines d’entreprises
publiques et privées du FCE rejettent catégoriquement cette campagne indigne de diffamation et cette
tentative de déstabilisation de notre
chère Algérie. Nul ne peut ébranler
notre dignité, notre fierté et notre
volonté de protéger et de faire épanouir notre nation dans sa multiple
et harmonieuse composante », a-ton relevé.
De plus, rappelant « à ces promoteurs de la fitna» et du « printemps
arabe » que «l’Algérie et ses institutions républicaines sont sacrées, et
qu’ils s’opposeront et se soulèveront
contre toute velléité et démarche
égocentrique pour leur nuire »,
l’Ugta et le FCE ont estimé que les
attaques auxquelles a fait face
l’Algérie cette fois-ci sont d’une violence sans précédent si bien qu’ils
parlent carrément d’une « campa-
RELIZANE : UN RÉSEAU DE
FAUX-MONNAYEURS DÉMANTELÉ
Madjid Sidi Saïd et Ali Haddad
gne malveillante ». « A la veille de la
tenue de la réunion à Alger de la
3ème session du Comité intergouvernemental de haut niveau algérofrançais (Cihn), une campagne malveillante et fallacieuse a été déclenchée. Elle a atteint son paroxysme
avec des manipulations diffamatoires délibérément dirigées contre
l’institution présidentielle au lendemain de la fin des travaux du
comité.
Indignés par ces agressions sournoises et irrespectueuses envers
notre pays et ses institutions républicaines, l’Ugta et le FCE, patriotes
et jaloux de l’amour de l’Algérie
républicaine conduite par son président, Abdelaziz Bouteflika, ne peuvent rester indifférents et silencieux
devant de telles attaques et violences contre la souveraineté nationale.
L’Ugta et le FCE rappellent aux
auteurs de cette cabale pour le noircissement de nos institutions que le
mal dont ils sont les concepteurs ne
peut atteindre ni ébranler la
confiance des travailleuses et des
travailleurs algériens et de leurs
entreprise en leurs institutions, ni
en leur président qu’ils ont choisi
démocratiquement par la voie des
urnes », a-t-on écrit à cet effet.
En outre, réaffirmant l’attachement des travailleurs et des chefs
d’entreprises, publiques et privées, à
la souveraineté de l’Algérie, l’Ugta
et le FCE ont rappelé que les
Algériennes et les Algériens sont
indéfectiblement mobilisés autour
du président de la République et de
son projet.
« L’adhésion de la nation à la
construction d’un développement
national durable pour faire de notre
pays une puissance économique et
sociale conduite par la volonté de
son président depuis 1999, avec ses
retombées dans le domaine social
par l’évolution positive de la qualité
de vie des travailleuses et des travailleurs, des retraités et de nos
concitoyennes et concitoyens, est
inébranlable », ont-ils indiqué.
Par ailleurs, a-t-on fait savoir,
« l’Ugta et le FCE sont conscients
que notre peuple veut vivre une vie
décente, une vie pleine, une vie harmonieuse dans sa fierté et sa jalousie de n’accepter aucune agression à
l’endroit des institutions nationales
et de leur pays sur le chemin de l’émergence de puissance économique
nationale ».
A. I.
LOUISA HANOUNE DÉNONCE LA PUBLICATION DE LA PHOTO DU CHEF DE L’ETAT
«Ce sont des représailles intolérables»
CELA CACHE MAL sa déception face à sa très faible moisson de sa dernière visite en Algérie.
! MOHAMED BOUFATAH
L
a secrétaire générale du PT, Louisa
Hanoune, s’est indignée, hier à l’ouverture
des travaux de la première session ordinaire de son comité central issu du congrès
extraordinaire, contre la publication, au journal
français Le Monde, d’une photo du président de
la République Abdelaziz Bouteflika le liant au
scandale des Panama papers, et l’«agression
délibérée» du Premier ministre qui s’en est suivie.
Mme Hanoune qui « nie prendre la défense du
régime et affirme que ses commentaires relèvent
d’une position de principe, pour peu que le
concerné aurait montré une moindre résistance
contre le système capitaliste », qualifie la photo
du président affaibli tweeté par Manuel Valls «
d’agression délibérée » et d’une « provocation
intolérable ».
« La publication au pas de charge de cette
image sur son compte Tweeter cache mal sa
déception face à sa très faible moisson ayant sanctionné sa dernière visite en Algérie», a-t-elle indiqué.
« Parce qu’il n’a obtenu que six contrats sur
les 36 escomptés, Valls venu en Algérie pour se
servir a organisé des représailles préméditées »,
dixit Louisa Hanoune. « Cela relève d’un précédent « grave » dans les annales des relations
diplomatiques », fait-elle savoir.
« Il était clair qu’il s’agit de provocation et de
pression car la France cherche des débouchés
pour ses produits. Elle est dominée par les marchés financiers et fait face à des mouvements de
grèves et de manifestations. Elle (France, ndlr)
est en faillite totale, dont la dette publique est de
l’ordre de 95,7 % du PIB, et la cote de popularité
du président français, François Hollande, est très
basse (13%)…», ajoute-t-elle. Pour Mme
Hanoune, «environ 7200 entreprises françaises
exportent leurs produits vers nous. Cela fait de l’
Algérie un marché…».
La pasionaria du PT, à cheval sur la souveraineté nationale, a estimé que «le fait que, le président de la République ait refusé de capituler
devant les pressions françaises, cela relève d’un
acte de résistance».
Peut-être que le chef de l’ Etat est en colère
contre la publication de sa photo, mais en constatant aussi l’hégémonie française et le déséquilibre
et le sens unique caractérisant les relations
algéro-françaises », croit-elle savoir.
« Il n’ y a pas si longtemps, les officiels français en ballet incessant chez nous et satisfaits de
ce qu’ils obtenaient, n’hésitaient pas à encenser
le président de la République et même nous faisaient même part de sa bonne santé… », a-t-elle
rappelé.
« Le président est malade. Tout le monde sait
que le président est malade. Mais c’est une chose
qui nous concerne, nous les Algériens, ça ne
concerne ni les Français, ni les Américains ! (…)
Sa santé est une question exclusivement algérienne et la solution doit être exclusivement algé-
rienne ! » Louisa Hanoune a mis en garde contre
le danger que peut constituer la justification de
« ces provocations ».
« Qu’on ne se mette pas à justifier ces provocations par les dysfonctionnements et les
défaillances qui existent réellement », a-t-elle dit.
La publication de l’image du président par
Manuel Valls relève de la « maltraitance d’un
malade », selon Mme Hanoune, qui est sanctionnée par la loi française et la loi algérienne. « Ce
qu’a fait Valls est un crime. Ce sont des comportements indignes d’un État », a-t-elle indiqué.
M. B.
Les services de la police
judiciaire de la sûreté
urbaine
de
Zemmoura
(wilaya de Relizane) ont
démantelé un réseau criminel spécialisé dans la fausse
monnaie nationale (billets de
2 000 DA), a-t-on appris hier
auprès de la cellule de communication de la Sûreté
nationale. L’officier de police,
Mohamed Beldjilali, a indiqué
que cette opération, effectuée lors d’un barrage de
police à l’entrée ouest de la
ville de Zemmoura, s’est soldée par l’arrestation de deux
individus suspects parmi les
usagers d’un bus de voyageurs qui dessert la ligne
Oran-Tiaret. Après une fouille
des passagers, il a été
découvert sur deux voyageurs, trois faux billets de
2 000 DA, a-t-on ajouté de
même source.
COP21 : L’ACCORD DE PARIS
SIGNÉ PAR 150 PAYS
Près de 150 pays se sont
engagés à signer la semaine
prochaine à New York l’accord
sur le climat conclu en décembre dernier à Paris, a annoncé
hier la présidente de la conférence de l’ONU sur le climat
(COP 21), Ségolène Royal.
«Nous avons 147 engagements pour une signature le 22
avril, dont une cinquantaine de
chefs d’Etat», a déclaré la
ministre
française
de
l’Environnement lors d’un point
de presse à Washington, évoquant la séance officielle de
signature prévue au siège de
l’ONU.
CONDOLÉANCES
M. Ahmed Fattani, directeur, ainsi que l’ensemble
du personnel du journal L’Expression, très peinés
par le décès de
NOUREDDINE NAIT MAZI
présentent à toute sa famille leurs condoléances
les plus attristées et l’assurent, en cette douloureuse
circonstance, de leur profonde sympathie.
Puisse Dieu le Tout-Puissant accorder au défunt
Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en Son Vaste Paradis.
« A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons. »