Compte rendu de stage autour de " Mange ta main

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Compte rendu de stage autour de " Mange ta main
SAISON 2013-2014
LES ACTES DU STAGE
ACCOMPAGNER LES ENFANTS AU THÉÂTRE
OCTOBRE / NOVEMBRE 2013
PÔLE PUBLIC ET MÉDIATION
Le Grand T est subventionné par le département de Loire-Atlantique avec le soutien de l'État – Préfet de la région Pays de la Loire –
direction régionale des affaires culturelles, de la Ville de Nantes et du Conseil régional des Pays de la Loire.
SIREN 526 978 | CODE APE 9004 Z | LICENCES SPECTACLES 1-142915 2-142916 3-142917
SOMMAIRE
Accueil ........................................................................................................................3
Qu'est-ce qu'une rencontre sensible et réfléchie avec une œuvre théâtrale ? ....6
Les fondamentaux de l’École du spectateur : entrer dans l’univers du conte .....7
À l’ombre d’un conte ............................................................................................... 15
Présentation d’un réseau de lecture ...................................................................... 19
Intervention de M. Le Gall ....................................................................................... 20
Cyrano de Bergerac : activités apéritives ............................................................. 22
L’après-spectacle : retours et analyse sur Cyrano de Bergerac ......................... 23
Compte-rendu réalisé par le pôle public et médiation du Grand T,
avec la collaboration de Lucie Lemarchand.
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ACCUEIL
Avec Catherine Blondeau, directrice du Grand T
et Catherine Le Moullec, coordonnatrice académique théâtre
Un mot de Catherine Blondeau
La yourte, lieu où se sont déroulés les journées d’animation pédagogiques et le stage, est un exemple de la
mission de formation du Grand T. Dans le besoin d'un lieu de réunion, Le Grand T a sollicité le département
scénographie de l'école d'architecture de Nantes (Ensa) pour concevoir un projet réalisé par la suite par
l'atelier de décors du Grand T. Ce projet a été pensé comme un exercice en conditions réelles, une
commande de projet architectural.
Le Grand T est plus que jamais un lieu de formation des publics. C’est pourquoi nous consacrons 15 jours
de stage aux enseignants qui sont un maillon essentiel de ces projets d’éducation artistique et culturelle.
En tant que théâtre public, notre activité est financée en majorité par le Conseil général de Loire-Atlantique,
à qui viennent s’ajouter le Conseil Régional, la Ville de Nantes puis l'État, par le biais de la DRAC. Les
recettes de la billetterie du Grand T (100 000 billets vendus par an environ) représentent 1,2 millions d'euros.
Elles ne couvrent donc pas les 7 millions nécessaires à faire marcher une structure telle que Le Grand T. Les
aides publiques permettent donc de proposer des places à des tarifs attractifs. Un spectacle comme Cyrano
de Bergerac, par exemple, coûte 12 euros aux enseignants dans le cadre de la formation alors qu'en réalité,
une place vaudrait aux alentours de 100 euros.
Un mot de Véronique Belaouane, responsable des Arts et de la Culture au sein de l’Enseignement
catholique (dans le cadre de la Journée d’animation pédagogique)
C’est la première année que la direction diocésaine de l’enseignement catholique met à disposition du
Grand T une formatrice pour ces deux demi-journées d’animation pédagogique dont le contenu a été
construit en partenariat avec Nathalie Jallais, formatrice pour l’enseignement public.
Responsable Arts et Culture au diocèse, Véronique Belaouane s’est questionnée sur la différence entre l’art
vivant qu’est le théâtre et la peinture ou la sculpture. Pour elle, la réponse est dans le public : celui-ci est
positionné différemment, il assiste à un art en action. La question de l’autre y est aussi importante, étant
donné que le théâtre, c’est interpréter les mots d’un autre, contrairement aux autres formes d’arts en
général. Ces deux spécificités du théâtre sont à prendre en compte lorsqu’on souhaite pratiquer du théâtre à
l’école. Le mot d’ordre est donc de développer la curiosité de l’élève, d’allumer en lui la flamme de l’intérêt et
de contenter son goût du suspense.
Véronique Belouane rappelle que pour faire le lien entre les différentes œuvres vues dans le cadre de
l’école, les élèves peuvent établir un « Cahier des Arts » : une méthode toujours efficace pour créer un socle
commun de connaissances.
Un mot de Catherine Le Moullec
Catherine Le Moullec est professeure de Lettres classiques au collège Saint Exupéry de La Montagne. Elle y
anime un atelier théâtre qu’elle a intégré au parcours théâtre « D'Entrées de jeu » mis en place dans le Sud
e
Loire pour faire le lien entre les CM2 et les 6 . Elle encadre également un atelier d'aide par le jeu dramatique
dans son collège. Elle est aussi coordonnatrice académique théâtre et responsable du jumelage entre Le
Grand T et l’Éducation nationale.
Le stage de deux jours proposé par Le Grand T est conçu en partie autour d'un spectacle : Cyrano de
Bergerac mis en scène par Georges Lavaudant avec Patrick Pineau dans le rôle-titre. Cette représentation
est importante pour le stage car elle va permettre de vivre ensemble une sortie théâtrale, de travailler sur
l'avant-spectacle et sur l'après-spectacle, comme les enseignants le feraient en classe.
Petite bibliographie autour de l’École du spectateur :
En scène : comment monter son spectacle ? Livre qui s’adresse aux enfants.
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En scène ! : abécédaire sur l’Histoire du théâtre.
L’Agenda de l’apprenti comédien : une citation, une expression ou un exercice de théâtre sont proposés
chaque jour de l’année. Cet ouvrage est riche pour développer un travail sur le vocabulaire du théâtre et
pour donner des idées d’exercices.
Contact Catherine Le Moullec : [email protected]
LE PARCOURS D'ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE
À l’échelle nationale, l’année 2013-14 est pleine de nouveautés. En plus des changements apportés par la
réforme des rythmes scolaires, le parcours d’éducation artistique et culturelle a été impulsé par le ministère
de l’Éducation Nationale (cf. circulaire de mai 2013 « Parcours d’Éducation artistique et culturelle de
l’élève » - annexe 10). Ce dernier s’applique à tous les établissements, de la maternelle au lycée, et à tous
les domaines artistiques. Il vise à mettre en cohérence enseignements et actions éducatives, tout en les
reliant aux expériences personnelles. Il a pour ambition de permettre à tous les jeunes d’accéder à l’art et à
la culture dans leur diversité.
Jusqu’à aujourd’hui, de nombreux projets de ce type ont été mis en œuvre, notamment par les collectivités
locales dans certains départements comme en Loire-Atlantique ou certaines municipalités ou Communautés
de communes, mais pas toujours de manière coordonnée. L’idée de cette circulaire est donc de proposer ce
parcours à tous les enfants afin qu’ils aient accès à des expériences d’éducation artistique et culturelle de
façon cohérente et organisée, quelque soit leur secteur géographique. Les fonds publics ont en effet
vocation à être distribués de manière équitable.
Le 11 octobre dernier, un comité de pilotage territorial réunissant des représentants des différents services
de l’État (éducation et culture), des représentants des collectivités (région, département, grandes villes) s’est
réuni afin de s’interroger sur la manière de mettre en place de façon concertée ce parcours. Quelle
articulation effectuer entre le parcours artistique et les pratiques artistiques et culturelles de chaque enfant
(complémentarité entre temps scolaire, périscolaire et extrascolaire) ? Quelle cohérence ? Quelle
progression ? Quelle évaluation ? Tout cela reste encore à travailler avec une réelle volonté d’équité entre
les différents territoires. Depuis la réforme des rythmes scolaires, cette question est d'autant plus
primordiale. Une déclinaison de ce comité de pilotage au niveau départemental (voire à l’échelle des
communautés de communes) est à venir.
Ce parcours, ancré dans la démarche de projet, les enseignements et les actions éducatives, en lien avec le
socle de compétences et l’enseignement d’Histoire des Arts, est articulé sur trois piliers :
- les connaissances (sur le domaine artistique rencontré) : ici, métiers du théâtre, histoire du théâtre,
histoire des lieux, vocabulaire…
- les rencontres : ici, avec le spectacle vivant, avec l’œuvre d’art, avec les artistes (en amont et en
aval de la représentation), avec des techniciens, avec un lieu (les différents espaces théâtraux de
représentation, intimes ou non, ne procurent pas le même type d’émotions).
- la pratique (elle permet de donner le goût de l’art) : donner un aperçu en classe entière avec
possibilité d’élargir la pratique en atelier ou en-dehors de l’établissement scolaire (atelier de théâtre de la
Ville, Conservatoire, groupe théâtre de l’Amicale laïque, option théâtre au lycée…).
On peut par exemple inventer ou nourrir ces projets autour du théâtre, en mettant en place notamment des
partenariats avec les structures culturelles du département. En effet, les membres du RIPLA (Réseau
Informel des Programmateurs de Loire-Atlantique) se sont tous engagés dans la même dynamique
d’Éducation artistique et culturelle que Le Grand T. Il est donc possible de mettre en place des actions avec
ces structures de proximité (des projets sont nés à Nort-sur-Erdre, à Machecoul, à Ancenis…).
Les enseignants ont un rôle à jouer dans la mise en place de ce parcours artistique de l’élève. Ils peuvent
notamment se manifester auprès des politiques locaux via les Conseils d’école.
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L’ANNÉE DU JEUNE PUBLIC 2014-2015
Extrait de la lettre d’Aurélie Filipetti à « Scènes d’enfance et d’ailleurs » :
« Le temps est donc bien venu, comme vous le proposez, de mettre en lumière tout ce que cinq décennies
de politiques culturelles menées par l’État et les collectivités territoriales ont généré en matière d’offre
artistique destinée à la jeunesse et d’en révéler l’importance quantitative et qualitative comme la diversité.
Il importe à mes yeux que ce coup de projecteur :
- permettre de mettre en valeur de la manière la plus large possible ce qui est d’ores et déjà accompli à
destination de l’enfance et de la jeunesse par les acteurs de terrain et notamment les réseaux labellisés,
- valorise les actions et engagements les plus remarquables qu’ils soient le fait d’artistes, d’entreprises
culturelles ou de collectivités territoriales,
- fasse progresser la réflexion collective et les usages professionnels de tous les acteurs de l’art vivant sur le
sujet,
- favorise l’émergence d’une organisation plus solidaire et volontaire encore sur chaque territoire en faveur
de l’accès de toute la jeunesse à la vie artistique. »
Le Ministère de la Culture et de la Communication a décidé de mettre en avant le spectacle Jeune public
durant l’année 2014-2015. Elle sera donc « l’année du Jeune public ». Il faut ainsi espérer et attendre
davantage de moyens alloués aux activités artistiques et donc aux productions Jeune public. Si les
compagnies obtiennent plus de moyens financiers, les propositions dans les établissements pourront être
plus riches et présentes.
DOCUMENTS RESSOURCES
Il est par ailleurs nécessaire en tant qu’enseignant de consacrer du temps à l’après-spectacle. L’avantspectacle est généralement régulièrement abordé : il rassure les élèves et leurs professeurs et donne les
outils nécessaires à une meilleure compréhension de la représentation. Cependant, les retours et échanges
suite à la venue au spectacle sont également primordiaux. Catherine Le Moullec a donc créé un nouveau
document ressource réunissant des idées et des outils de travail sur l’après-spectacle, consultable sur le site
du Grand T : http://www.leGrandT.fr/Aller-au-theatre-avec-les-eleves.html
Un autre document sur l’avant-spectacle y est également consultable : « On ne naît pas spectateur, on le
devient », ainsi que les comptes-rendus des autres formations données dans la rubrique « École du
spectateur » / « Stages et partenariats » / « Stages ».
Des ressources pédagogiques à l’attention des professeurs sont également disponibles sur le site de
l’Académie de Nantes (suivre ce chemin : espace pédagogique → action culturelle → théâtre). Les
enseignants peuvent également y communiquer leurs ressources propres (exercices, méthode de travail,
dossiers sur un spectacle, etc.) afin d’enrichir la base de données. (cf. « Oh boy ! » dossier réalisée par une
enseignante de Lettres - « Les métiers du théâtre ».)
AUTRES FORMATIONS THÉÂTRE
Pour les enseignants désireux de se former à la pratique du théâtre en milieu scolaire, il existe différents
stages : pour débutants, stages thématiques formation COMETE et formation PAF (stage DAAC).
COMETE (COMmunication, Expression, Théâtre, Éducation) est une association de théâtre-éducation
départementale réunissant des enseignants et des comédiens autour de la pratique théâtrale. Elle propose
notamment des valises de textes contemporains à destination des enseignants. Elle met également en place
Les Rencontres théâtrales de Printemps à Guérande et à Nantes pour les collégiens et les lycéens. Cf. site :
http://www.comete-theatre44.org/
Pour les écoles, Les Rencontres marsiennes ont été mises en place sur le secteur de Nort-sur-Erdre / Ligné.
Les élèves peuvent y présenter sur scène et en soirée des petites formes montées sur le temps scolaire.
Cette année, dans le cadre de l’anniversaire des Rencontres, des ateliers du regard sont mis en place afin
d’échanger autour des propositions faites par les enfants.
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QU'EST-CE QU'UNE RENCONTRE SENSIBLE ET RÉFLÉCHIE
AVEC UNE ŒUVRE THÉÂTRALE ?
Avec Nathalie Jallais, maître formatrice responsable spectacle vivant
Nathalie Jallais est professeur des écoles. Elle enseigne dans un réseau d’aide à Couëron. Elle a été
directrice de l’école publique de Cordemais avant de quitter son poste cette année pour se consacrer
davantage à son rôle de maître formatrice en spectacle vivant. Pour cela, elle a obtenu depuis trois ans une
journée de décharge d’enseignement par semaine pour animer des formations dans tout le département
(Orvault, Couëron, Nantes…).
Qu’est-ce qu’une rencontre sensible et réfléchie avec une œuvre artistique ? L’expression vient de la
réflexion sur la manière de construire un parcours artistique et culturel pour l’élève (cf. p. 4).
Nathalie aime à dire que la mission du professeur dans le cadre d'une éducation théâtrale, est de passer du
sensible au sensé. L'objectif de la formation est de pouvoir susciter l’envie des élèves, de les rendre curieux
sans tout dévoiler, de donner des codes et des repères sur le lieu théâtre, puis de faire des liens entre les
différents apprentissages (pluridisciplinarité). Il sera aussi question d'apprendre à analyser un spectacle, de
ne pas être dans une simple position de spectateur-consommateur, et à exprimer un ressenti sous une
forme moins scolaire. Ces exercices permettent à l’élève de développer son attention pendant la
représentation et de davantage respecter le travail du comédien.
Cette formation propose avant tout une démarche pratique car cette dernière permet d’aborder le théâtre de
l'intérieur, en le vivant sur l'espace scénique, ce qui facilite ensuite la transmission en classe.
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LES FONDAMENTAUX DE L’ÉCOLE DU SPECTATEUR :
ENTRER DANS L’UNIVERS DU CONTE
Avec Nathalie Jallais et Christine Monéger, professeur de Lettres modernes et d’option
théâtre au sein de l’enseignement privé (journée d’animation pédagogique)
AVANT DE COMMENCER LA PRATIQUE, QUELQUES CONSEILS ET NOTIONS DE BASE :
La scène : la mise en place d’une activité théâtrale nécessite un espace de jeu. Il peut s’agir d’une classe,
d’une salle polyvalente aménagée. Prendre soin de délimiter l’espace de jeu, à l’aide de bâtons, d’un gaffer
(gros scotch), de lignes tracées à la craie ou de plots...
Cet espace permet aux enfants d’intégrer que la présence sur le plateau suggère que l’on n’est plus
vraiment soi, que l’on peut être quelqu’un d’autre.
Cette convention protège l’enfant et le met en confiance. Il s’agit aussi de définir les rôles du spectateur et
de l’acteur : sur le plateau l’acteur est écouté et le spectateur en salle est attentif.
En scène : ne jamais mettre un élève seul en scène, cela serait trop intimidant. Constituer des groupes et
privilégier les exercices de chœur. Cela permet aussi la concertation pour mettre au point une proposition.
Instaurer des rituels : au moment des retours après proposition, ce sont les acteurs qui prennent la parole
en premier pour exprimer leur ressenti sur leur proposition, puis les spectateurs avec d’éventuelles
remarques et critiques toujours positives et constructives. Déterminer un nombre de prises de parole si le
groupe est conséquent. Instaurer l’applaudissement après chaque proposition, c’est gratifiant et
encourageant.
La position neutre : point de départ du travail de plateau, elle doit devenir une posture naturelle que l’on
adopte lorsque l’on commence un exercice. Jambes légèrement écartées dans l’alignement du bassin, bras
relâchés, tête relâchée mais maintenue.
e
Le quatrième mur : familiariser les élèves avec cette convention théâtrale. Le 4 mur est un écran virtuel qui
sépare le plateau de la salle. Il peut être brisé ou non. Il est nécessaire d’en avoir conscience pour garder sa
concentration sur le plateau et oublier le regard des spectateurs.
Le regard : sur scène, les regards doivent converger et se fixer. S’ils errent de gauche à droite, on perd en
présence et en intensité. De plus, éviter de regarder les spectateurs préserve la concentration de l’acteur.
On peut mettre au point des astuces comme un point dessiné sur le mur derrière les spectateurs (« Le
secret »).
Rejouer les propositions : il est toujours mieux de pouvoir rejouer un exercice après un temps d’échange
constructif. Prévoir du temps pour chaque exercice plutôt que d’accumuler les exercices.
Ne pas forcer : si un groupe n’est pas parvenu à une proposition, si un élève n’a pas voulu participer, ne
pas les forcer mais demander des explications. Donner un rôle de spectateur actif à celui qui refuse de jouer.
Il est conseillé d’enlever ses chaussures pour plus de confort.
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1) FAIRE CONNAISSANCE
Les présentations
Former un cercle. Prendre la position dite « neutre ».
Commencer par un tour des prénoms. Avec un coussin, passer le relais à son voisin de gauche en lui
annonçant son prénom. Attention à bien lancer sa voix pour que tout le monde entende son prénom. Donner
le coussin comme on donnerait un cadeau. Être vigilant à donner le coussin face à son voisin (ne pas parler
en même temps que l’on se retourne). Faire 2 tours.
Variante 1 : Donner le coussin à la personne suivante en annonçant le prénom du destinataire et ceux des
précédents. Le dernier devant donner tous les prénoms du cercle.
Variante 2 : Lancer le coussin à une personne en annonçant le prénom du destinataire. Répéter l’exercice 2
à 3 minutes pour bien associer les prénoms aux visages. Attention à lancer doucement et précisément le
coussin. Puis accélérer.
Il est aussi possible d’envoyer en même temps deux coussins de couleur différente : avec le bleu, donner
son prénom ; avec le rouge, donner celui du camarade.
« Roi / Reine »
Objectif : installer une connivence dans le groupe.
En cercle. Un premier comédien donne son prénom et l’associe à une rime en lien avec « Roi » ou
« Reine ». Ex. : « Nathalie, la reine des chipies » « »…
Puis le voisin de gauche répète la phrase précédente et se présente à son tour en ajoutant une rime à son
prénom : « Nathalie, la reine des chipies. Alexis, le roi des spaghettis. » La troisième personne à prendre la
parole répète les deux premières phrases, ainsi de suite.
Ex. : « Nathalie, la reine des chipies. Alexis, le roi des spaghettis. Marie, la reine de la Comédie. Caroline, la
reine des coquines. Anne, la reine des bananes. Hélène, la reine des vilaines. Catherine, la reine des
clémentines... »
Cet exercice permet de travailler la mémoire et la concentration, ainsi que la diction et la portée de la voix.
NB : les élèves sont généralement très contents de se présenter de manière humoristique.
Refaire un tour pour mémorisation et lancer le coussin en annonçant le prénom et le titre du destinataire.
Souvenir de spectateur
Objectif : apprendre à sentir et à écouter la présence des autres.
L’animateur demande aux enfants de se remémorer un spectacle qui les a marqués et d’en extraire un
souvenir. Si les enfants n’ont pas vu de spectacle récemment, il est aussi possible d’utiliser des papiers où
sont notés des souvenirs de spectateurs, tirés au sort. En prendre connaissance, le mémoriser. Puis, au
hasard, un des enfants prend l’initiative de lire sa phrase à voix haute. Un autre enchainera après lui, ainsi
de suite.
Ex. : « Aller au théâtre c’est un risque à prendre. » « Après un spectacle, je ne parle pas, je garde tout pour
moi. »
Selon le sens de chacune des phrases, une intonation peut être mise en avant. Penser à pousser la voix et
amorcer une interprétation. Essayer de s’impliquer davantage dans le propos et de rebondir sur la phrase
d’un camarade. Le jeu commence à prendre forme petit à petit.
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2) ENTRÉE DANS L’UNIVERS DU CONTE
La respiration
En position neutre, bras le long du corps et épaules détendues. Tête droite.
Basculer le poids du corps sur la jambe droite et remonter la gauche. Fixer un point devant soi pour garder
son équilibre. Tourner la cheville, puis le genou dans les deux sens, puis la hanche et reposer le pied.
Recommencer de l’autre côté.
Puis sentir la bascule du bassin : bascule-avant en aspirant le nombril vers la colonne vertébrale, puis
bascule-arrière en contractant les abdos. Passer de l’un à l’autre le plus doucement possible. Inspirer par le
nez et expirer par la bouche. Recommencer 3 fois de suite. Toujours faire ces exercices les genoux
déverrouillés. Puis revenir en position neutre.
Crisper ensuite les épaules sur l’inspiration, maintenir la crispation un moment en faisant une pause
respiratoire et relâcher les épaules sur l’expiration. Exagérer les inspirations et expirations. Recommencer
l’exercice 5 fois de suite, à son rythme.
Réaliser des cercles avec les épaules : vers l’avant et l’arrière. Puis isoler chaque épaule : en faire tourner
une, puis l’autre.
Étirer la nuque de gauche à droite en essayant de poser l’oreille droite sur l’épaule droite. Chercher son
propre étirement. Recommencer 3 fois de chaque côté. Attention à ne pas hausser les épaules, faire
travailler seulement la nuque.
En position neutre, basculer la tête d’avant en arrière, yeux ouverts. Observer ce qui défile devant ses yeux,
du sol au plafond. Puis même exercice de gauche à droite. Réaliser des cercles avec la nuque.
Sur l’expiration, laisser enrouler la tête qui entraine le reste du corps. En bas, plié en deux, secouer son
corps pour le détendre, comme une poupée de chiffon. Puis remonter à son rythme. Retour en position
neutre.
Se redynamiser : frotter toutes les parties de son corps, comme un dépoussiérage. Enlever tous les soucis,
le stress. Puis se faire un petit massage du visage : se frotter les yeux pour se redynamiser, masser le lobe
des oreilles, se tapoter le cuir chevelu…
Réveil du corps
Au sol. Effectuer des mouvements simples à la manière du « chef d’orchestre ». L’animateur effectue des
mouvements que le groupe doit imiter. Tourner les bras, chauffer ses mains, tourner sur le côté, se mettre à
genoux.
Le pantin : debout, se tenir bien droit, comme retenu par un fil invisible accroché à sa tête et tendu vers le
ciel. D’un coup, le fil se coupe. La tête tombe, accompagnée de tout le corps. La chute au sol doit être
maitrisée. Se relever en commençant par la tête.
Les personnages de conte
Réaliser cet exercice sur une musique. Ex. : Griselda, opéra de Vivaldi / Trio op. 100 - Andante con moto de
Schubert, Sarabande de Haendel (Musique de Barry Lindon de S. Kubrick)
Se mettre en boule sur le sol (position du coquillage).
Penser à un personnage « type » de conte.
Ex. : un loup, un ogre, une princesse, un chevalier, un pantin, une fillette, une sorcière, une fée, un pantin...
Une fois l’image en tête, au signal sonore de l’animateur (clochette par exemple), se redresser doucement
(tête en premier) en se transformant petit à petit en ce personnage choisi. Puis rester en position fixe. Les
personnages doivent être nets. Regarder le groupe et dire chacun son tour quel personnage on a choisi.
Se remettre en boule et recommencer en accentuant bien les traits des personnages (penser à l’illuminer, à
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s’en amuser !). Ex. : accentuer la férocité du loup, l’élégance
de la princesse…
Puis se renfermer de nouveau dans sa coquille. Au signal
sonore, c’est l’animateur cette fois qui indique à l’ensemble du
groupe quel personnage « type » le groupe doit incarner.
Prendre le temps de se regarder les uns les autres.
Ex. : « Vous faites partie d’une confrérie de sorcières et vous
avez rendez-vous dans la clairière du Bois joli pour une réunion
au sommet ! » / « Vous êtes de jeunes princesses qui se sont
données rendez-vous pour le premier bal de l’année, mais
parmi il y a un prince qui doit choisir la sienne. » / « Vous êtes
une horde de loups sauvages, vous avez faim et vous vous
mettez ensemble pour décimer un village. »
Le vocabulaire du plateau
Objectif : apprendre ou réviser tous les termes du plateau.
Cour, jardin, avant-scène, fond de scène, pendrillons… Moyen mémo-technique : cour = cœur du comédien.
JC comme Jésus Christ ou Jules César quand on est spectateur.
Déambuler, marche décidée. Regard lointain. Au signal du meneur, associer un personnage à un endroit du
plateau.
Ex. : « À cour, vous êtes des dragons. À jardin, des ogres. Devant les pendrillons, des sorcières. » / « Des
crapauds vont se cacher en coulisses. Des nains se rassemblent en avant-scène en regardant le public. Des
magiciens vont à cour. Des princes vont à jardin et regardent les projecteurs. » / « Les princesses vont à
jardin. Les rois à cour. »
Ajouter des indications de plus en plus précises d’intentions et de placement sur le plateau. Il est possible de
transformer les personnages au fur et à mesure de l’exercice.
Les entrées sur scène
Par groupes de 5 à 6 enfants. Chaque groupe choisi un personnage de conte. À partir de ce choix, réaliser
une entrée muette. Le public doit deviner (en silence) l’identité du personnage.
Après chaque passage, revenir sur la performance : les acteurs s’expriment en premier, puis les spectateurs
qui peuvent identifier les personnages, faire des critiques (qui doivent toujours être constructives et
aidantes).
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Le travail de chœur
Le format du chœur est intéressant et pratique à la fois dans une classe. Il permet de mettre en scène
plusieurs élèves sans y ajouter automatiquement du texte.
Former des groupes de 5 à 8 enfants. Désigner un meneur, appelé le coryphée (chef du chœur antique). Le
chœur se déplace de façon groupée et compacte, en forme de triangle, le coryphée à sa tête. Le travail de
chœur repose sur la sensation du groupe. Il faut être à l’écoute pour suivre l’ensemble, se faire confiance et
suivre ses partenaires si on ne voit pas le coryphée par exemple. Le meneur de jeu fera attention à faire des
mouvements amples et lents pour que le groupe soit dans le même élan.
L’animateur demande au groupe acteur (les autres sont spectateurs) d’interpréter un personnage de conte.
Faire passer tout le monde, chacun son tour. Le meneur de jeu change à chaque signal sonore. Il est alors
possible de changer de personnage (au choix).
NB : attention à ne pas trop réfléchir pour débrider l’imaginaire. Il est important d’instaurer des temps de
pause dans le jeu pour que le spectateur puisse voir ce qui se passe.
Encore une fois, la musique est importante pour porter les exercices. Ex. : Bach, La Passion selon Saint
Matthieu. Symphonie n°5 de Gustav Malher (IV Adagietto)
Le travail de chœur en interaction
Chaque groupe décide d’un personnage à interpréter et du coryphée (il est possible de changer de meneur
de jeu en cours mais conserver le même personnage).
Deux groupes sur le plateau, l’autre est spectateur. Faire une entrée et imaginer des rencontres. Interagir
entre les groupes. Installer la rencontre puis trouver une fin à la saynète.
Les objets du conte
Objectif : faire appel à l’imagination.
Certains objets sont associés aux contes : le panier du Petit Chaperon rouge, la cape, la baguette magique,
les cailloux du Petit Poucet, les clés de Barbe Bleue, l’épée, le chapeau, les bottes du Chat Botté, les gants,
le sable noir, la boussole, le coquillage, le nez de cochon, la petite malle, la sonnette, le haricot, la flûte, la
couronne, la pomme, la bague, le collier de perles…
Rassembler des objets évoquant le conte. Par groupes de 5 personnes, choisir chacun un objet. Puis se
mettre en ligne et venir chacun son tour au centre du plateau raconter l’histoire de cet objet. Pourquoi a-t-il
de l’importance pour vous ? Qu’a-t-il vécu ?... Ce peut-être un souvenir d’enfance réaliste, un objet de
famille…
Ex. : « J’ai choisi de vous montrer la baguette de mon grand-père qui était une fée... » - « J’ai retrouvé ceci
dans le grenier de ma maison, la sonnette de l’hôtel de mes grands-parents… »
Variante : possibilité de faire parler l’objet à la première personne. Objet magique doué du pouvoir de la
parole.
Ex. : « Je suis une sonnette et je n’en peux plus de me faire sonner, j’ai mal à la tête ! »
Avec des élèves, il peut-être intéressant d’avoir une table au fond de la classe où exposer les objets afin
qu’ils s’en imprègnent au préalable.
Tous les exercices proposés précédemment peuvent être facilement lancés avant la représentation.
Les enseignants pourront aussi s’inspirer des exercices proposés dans le compte-rendu de stage mené
autour de Cendrillon de Joël Pommerat :
http://www.leGrandT.fr/IMG/pdf/cr_stage_t_au_theatre_nantes_agglo.pdf
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3) ENTRER DANS L’UNIVERS DE MANGE TA MAIN
Mange ta main est issu du dicton populaire « Mange ta main, et garde l’autre pour demain ». Jean-Claude
Grumberg, auteur de la pièce, s’en est emparé en clin d’œil à son enfance. Élevé dans une famille juive
durant la Seconde Guerre Mondiale, son écriture est très influencée par son passé (cf. livre pour adultes
L’Atelier ou jeunesse Le Petit Chaperon Uf).
Le titre
Le titre du spectacle peut être une bonne piste de réflexion avant-spectacle.
Rassembler des expressions en lien avec la nourriture (de tête ou par tirage au sort en expliquant sa
signification).
Ex. : « qui dort dîne », « ça ne mange pas de pain », « avoir du pain sur la planche », « avoir les yeux plus
gros que le ventre », « manger comme un cochon », « avoir une faim de loup », « avoir un appétit de
moineau », « donner de la confiture aux cochons », « être haut comme trois pommes », « être rouge comme
une tomate », « tomber dans les pommes, « avoir l’estomac dans les talons », « les carottes sont cuites »,
« mettre les pieds dans le plat »…
Ensuite, proposer des gestes illustrant quelques-unes de ces expressions :
1 – Mange ta main […]  manger son poing droit et mettre sa main gauche dans le dos.
2 – Avoir les yeux plus gros que le ventre  faire de gros yeux avec ses mains.
3 – Tomber dans les pommes  porter sa main au front en se basculant légèrement en arrière.
4 – Se fendre la poire  « couper » sa tête en deux avec sa main dans le sens de la longueur.
5 – Sucrer les fraises  saupoudrer le sol.
6 – Avoir la pêche  lever les bras au-dessus de la tête.
7 – Mettre du beurre dans les épinards  reproduire le geste d’une louche versée dans une assiette.
1 - Mange ta main […]  croquer sa main.
2 - L’estomac dans les talons  les mains sur le ventre puis se pencher vers ses pieds.
3 - Une faim de loup  imiter le loup, mains et bouche ouvertes agressives.
4 – Sucrer les fraises  saupoudrer le sol.
5 – Rouge comme une tomate  se tapoter les joues.
6 – Avoir les yeux plus gros que le ventre  faire les gros yeux à la Tex Avery.
7 – Haut comme 3 pommes  représenter une petite hauteur avec sa main.
Se mettre en ligne en fond de scène en position neutre et reproduire les gestes correspondants aux
expressions données par l’animateur. Puis numéroter chaque expression et recommencer à partir des
numéros, dans le désordre.
Puis déambuler sur un rythme soutenu. Quand l’animateur annonce un numéro, chacun reproduit le geste
correspondant en nommant l’expression à voix haute.
Entrées et sorties de scène
Objectif : apprendre à utiliser l’espace scénique.
Il est bon d’avoir au minimum un pendrillon pour faire office de coulisses et pour pouvoir réaliser de vraies
entrées et sorties. Il peut être bricolé à partir d’un portant et un drap noir.
À savoir : lorsque l’on est en coulisses, on a déjà un pied dans l’interprétation, on est dans la préparation de
son entrée en scène.
Désigner des groupes d’environ 5 personnes (possibilité d’attribuer des chiffres aux élèves (1,2,3,4 selon le
nombre de groupes désiré) et rassembler les chiffres ensemble).
Délimiter l’espace. Et rester concentrer (astuce du « secret »).
Préparer une saynète avec entrée et sortie sur le thème du conte, comme dans l’exercice du chœur, avec
des personnages qui évoquent ces histoires. L’animateur peut donner une consigne, diriger le groupe. Ex. :
des sorcières préparent leur potion magique et se transforment en crapauds / Vous êtes des ogres et vous
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avez faim. Essayez de nous faire peur !
Un premier groupe se place derrière le pendrillon. Entrer et constituer une image, fixe ou animée, la tenir et
faire une sortie. Prendre sont temps et conserver les expressions. Attention à ne pas se mettre dos au public
et ne pas hésiter à le solliciter ou à le prendre à partie.
Adapter le fond musical à la saynète (enlevée, tragique, sombre, légère etc.). Ex. : Finlandia de Jean
Sibelius. Water Music Suite No 1 de Haendel. Lascia ch'io pianga de Haendel.
NB : pour aller plus loin, ajouter un imprévu dans la scène.
Les illustrations et le théâtre-image
À partir d’illustrations de contes comme les gravures de Gustave Doré (cf. images annexes 1 à 6), construire
une image fixe sur scène. Les spectateurs s’amuseront à reconnaitre le conte illustré.
Chaque groupe sélectionnera une contrainte parmi celles données par l’animateur : « partir du pendrillon et
venir construire l’image devant les spectateurs » ou « créer une image devant les spectateurs, l’animer et la
déconstruire ».
Ex. : Un Cendrillon inversé : c’est l’homme qui enfile une chaussure. Les femmes pendues de Barbe
Bleue…
Les chuchoteurs
Objectif : faire entendre le texte de Mange ta main pour entrer dans son univers.
Constituer 2 groupes. Distribuer des répliques de Mange ta main au hasard sans mentionner d’où elles
proviennent au premier groupe (voir en annexe 7).
Faire un grand silence. Le second groupe s’installe confortablement (assis ou allongé) en fermant les yeux.
Le groupe des chuchoteurs va alors aller chuchoter à leurs oreilles les répliques (de manière claire et
attentive), par l’intermédiaire ou non de tubes en carton. Ces tubes vont déformer la voix et créer des effets
de voix lointaines et proches.
Puis inverser les groupes.
Évoquer ensuite les ressentis de chacun : « amusant », « le rouleau en carton rend la voix agréable », « les
variations sont intéressantes », « certaines phrases sont plus angoissantes avec le tube ».
Enfin, à partir des phrases entendues, faire des suppositions sur ce que la pièce peut raconter : « ça parle
de faim, de problèmes de pieds, du couple, des problèmes d’argent… ». Avez-vous reconnus des contes
connus ? Mange ta main fait référence au Petit Poucet, à Cendrillon et à Barbe bleue.
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L’adresse
Objectif : travailler l’adresse à l’autre.
Conserver la réplique de l’exercice précédent, et déambuler. S’approprier sa phrase, la mémoriser en la
« mâchouillant » : la chuchoter pour soi. Quand elle est bien apprise, la dire un peu plus fort en s’amusant
avec (employer des tons différents, l’articuler). Puis de plus en plus fort. Et redescendre doucement jusqu’au
chuchotement.
Prendre de l’énergie dans ses déplacements et garder en tête l’équilibre du plateau (regarder devant soi et
combler les espaces libres). Au signal du meneur, s’arrêter et jauger l’équilibre du plateau.
Puis, l’un des comédiens choisit de s’arrêter, le reste du groupe l’imite. Quand tout le monde est à l’arrêt, le
premier comédien donne sa réplique et repart. Ainsi de suite.
NB : être attentif au groupe pour ne pas dire sa réplique en même temps que quelqu’un d’autre.
Faire évoluer l’exercice : à l’arrêt, adresser sa réplique à un membre du groupe en particulier. Varier les
modes d’adresses (loin, proche), les modalités de la voix (chuchoter, crier), les intentions (optimiste, triste).
Forme courte
Objectif : mise en espace et en voix.
Créer une forme théâtrale courte à partir d’une feuille de route où sont imposées des contraintes de lieu et
de répliques, à répartir au sein du groupe. Ex. : dans un talk-show. Dans la salle d’attente d’un
psychanalyste… (cf. annexes 8 et 9).
Réaliser une entrée sans sortie. Construire un personnage, l’assumer du début jusqu’à la fin de la scène. Si
la salle de jeu bénéficie d’un éclairage, jouer avec les noirs pour les entrées.
Ce type de semi-improvisation permet de développer la concentration face aux propositions des autres.
Ici, l’univers du talk-show a été choisi sciemment, en référence au choix fait par Cyril Bourgois, le metteur en
scène de Mange ta main, de retranscrire la pièce dans une sorte de psy-show (le personnage de Suzanne
Zonzon fait office de thérapeute de couple dans une émission de télé-réalité).
NB : minimiser la gravité des trous de mémoire s’ils arrivent, le groupe se doit d’être solidaire. Enchaîner la
scène sans commenter le blanc
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À L’OMBRE D’UN CONTE
Avec Cyril Bourgois, metteur en scène du spectacle Mange ta main
Cyril Bourgois est metteur en scène et marionnettiste au sein de la compagnie Punchisnotdead. Il est formé
à l’origine à la marionnette à gaine.
Il monte cette saison la pièce Mange ta main de Jean-Claude Grumberg, cinq ans après Le Petit Chaperon
Uf, du même auteur, une « tragédie-comique » abordant l’histoire de la Shoah de façon non-culpabilisante.
La compagnie a également monté Le Petit Violon.
Mange ta main est une sorte de vaudeville qui va gratter dans les méandres de l’inconscient. Il s’agit de
l’histoire d’un personnage, Suzanne Zonzon, raccommodeuse de couples professionnelle, au bord de la
crise de nerfs.
Le principe d’écriture de la pièce est simple et peut-être facilement transposable lors d’actions culturelles
dans le cadre scolaire. La thérapie « à la Zonzon » se fait sous les caméras, à la manière d’un talk-show
américain, dépoussiérant ainsi les contes dont il est question.
Le spectacle introduit une nouveauté dans la démarche de la compagnie car les artistes y développent trois
techniques de marionnettes : celle à gaine, la muppet et le théâtre d’ombres revisité par le biais de la vidéo.
En parallèle du spectacle Mange ta main, la compagnie a créé trois petites formes à destination des
scolaires : La Vieille Chéchette, Louise Michelle et Un morceau d’amour.
Introduction sur la marionnette
Cf. diaporama en annexe 10
Lorsque l’on évoque la marionnette, viennent facilement à l’esprit Guignol, Pinocchio, le pantin qui s’anime
ou la marionnette à doigts… La marionnette est associée à la culture populaire. En réalité, les premières
marionnettes datent de l’Antiquité. Il est déjà fait mention de figurines dans l’Égypte ancienne ! Elles étaient
également présentes dans la Rome antique, notamment dans les comédies dites « atellanes ». En Europe,
l’une des premières occurrences de marionnette est Puchinella. En Asie, on trouve davantage de
marionnette d’ombres.
Il y a deux étymologies au terme « marionnette » :
Marion – nette : petite Marion, c’est-à-dire Marie. L’origine est sacrée. En France, on la retrouve
sous forme de santon dans les crèches ou dans les mystères (ou mistères) médiévaux.
Puppin ou puppet chez les saxons : petite figurine.
Il existe plusieurs techniques de manipulations dites traditionnelles :
1) La manipulation en élévation
Le marionnettiste est dans son castelet, il porte sa marionnette en hauteur.
On trouve dans ce type de manipulation les marionnettes à gaine ou à gant, les
marottes, les marionnettes à tige, les marionnettes habitables…
2) La manipulation en surplomb
Le marionnettiste se tient au-dessus du castelet ou du décor. Il suspend sa
marionnette.
On trouve dans ce type de manipulation la marionnette à fil, à tringle…
La marionnette à tringle par exemple provient d’Italie. Elle a ensuite voyagé en
Belgique, dans le Nord de la France où elle est encore bien implantée.
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3) La manipulation équiplane
Le marionnettiste est au même niveau que la marionnette.
Ventriloquie, marionnette sur table, Bunraku (Japon).
Dans le cas du Bunraku, art très ritualisé et codifié, il y a trois
marionnettistes : le maître a en charge la tête et la main droite de
la marionnette, le premier disciple la main gauche et la taille, et le
deuxième disciple les pieds. Les marionnettes du Bunraku sont
impressionnantes de raffinement. Les yeux bougent, les
expressions peuvent changer…
4) La manipulation derrière écran
Le marionnettiste et la marionnette sont cachés.
Marionnette cambodgienne, ombres…
5) Les techniques contemporaines
Aujourd’hui, le théâtre d’objet est très présent. Son principe consiste à faire naître la narration avec un
simple objet. Ex. : un cachet d’aspirine va se jeter dans un verre : histoire d’un suicide...
La marionnette est désormais un art pluridisciplinaire. Elle échappe au marionnettiste pour aller vers le
théâtre, la danse, le nouveau cirque, etc. La marionnette est également présente là où on n’y pense pas,
comme dans le film d’animation. À Avignon, des marionnettes de glace s’étaient invitées sur scène (Théâtre
du Fust). On connait de grands noms de la marionnette, en France comme ailleurs : Alain Duverne (Les
Guignols) Philippe Gentil, Jim Henson (Le Muppet Show), Neville Tranter… et des compagnies (Royal
Deluxe).
Cette formation a pour but de rendre la marionnette accessible et abordable via le théâtre d’ombres. Qu’estce qui le caractérise ? Ici, ce n’est pas l’objet qui est intéressant mais sa projection sur un écran. Différentes
techniques d’ombres existent : les ombres de figurines ou les ombres chinoises. Ces dernières ne sont
d’ailleurs pas d’origine chinoise, malgré l’appellation communément employée. Elles seraient d’origine
indienne ou du Proche Orient. Henri Rivière, un artiste associé au cabaret du Chat Noir, a été le premier à
donner de la couleur aux ombres.
Le théâtre d’ombres a connu plusieurs révolutions qui ont favorisé son essor :
La lampe halogène en 1958 qui permet au marionnettiste de travailler à différentes échelles (en 3D
ou 2D) et qui rend l’ombre beaucoup plus nette grâce à son faisceau.
La mutation de l’écran : les montreurs d’ombres s’emparent des écrans fixes.
L’évolution des marionnettes : les matériaux sont différents.
La vidéo qui permet la projection d’une captation, bien plus précise.
La compagnie Punchisnotdead travaille depuis plusieurs années à l’aide de tables lumineuses filmées. Ces
dernières permettent de travailler les ombres mais aussi les textures.
Le principe du théâtre d’ombre par rétroprojection est facilement adaptable en classe, car il nécessite peu de
matériel (un rétroprojecteur, un mur blanc et de quoi fabriquer des marionnettes/figurines et décors). On peut
aussi travailler sur le « matiérage » (papiers tressés, opacités variables…).
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Monter une forme courte de théâtre d’ombres
À partir du conte Barbe bleue de Charles Perrault, créer des tableaux, des décors pour illustrer l’histoire (cf.
annexe 11). L’idée est aussi de concevoir un ou deux personnages en lien avec une séquence choisie.
Former des groupes de 3 personnes. Répartir le texte en autant de séquences que de groupes. Il y aura
autant de planches que de groupes. Faire une lecture du texte en groupe entier.
Support de base pour la classe :
Un cadre adapté au plateau du rétroprojecteur en carton épais :
Y coller à l’intérieur un film transparent où seront collés à leur tour les
éléments d’ombres. Utiliser de la colle forte pour le pourtour. Si l’on souhaite
coller des tissus sur le film transparent, préférer la colle aérosol.
Du papier canson au recto blanc et au verso noir pour réaliser les ombres. Le choisir noir permet de se
rendre compte directement de l’effet que cela produira en ombre. Ajourer ce qui doit être blanc et
laisser ce qui doit faire l’ombre.
Des matières à opacité variable pour jouer sur les intensités des noirs et sur le « matièrage ». (tulle,
dentelle, grillage, papier chinois…).
À savoir : les seules couleurs qui peuvent se voir via le rétroprojecteur sont le rouge, le bleu et le vert
clair grâce à des matières transparentes.
Dessiner des zooms à l’intérieur des séquences. On ne peut évidemment pas tout représenter. Il faut faire
un choix et avoir recours au symbolisme. Ex. : dessiner uniquement la gueule du loup pour symboliser
l’animal / un carrelage pour évoquer un long couloir…
Dans le cas de Barbe bleue, chaque groupe réalise un décor et un ou deux personnages. Les groupes et
leurs tâches se répartissent ainsi :
Groupe 1 : Le personnage de Barbe bleue en gros plan
Groupe 2 : La ville dans laquelle se déroule la rencontre et le mariage + villageois
Groupe 3 : La maison de campagne dans laquelle la jeune mariée invite ses amies
Groupe 4 : Deux pièces polyvalentes (une chambre, un escalier…)
Groupe 5 : Le cabinet dans lequel se trouvent les femmes assassinées de Barbe bleue + les femmes
assassinées
Groupe 6 : La tour en haut de laquelle l’épouse scrute l’arrivée de ses frères + la sœur Anne
Il ne s’agit pas d’être exhaustif mais de trouver un élément qui
représente une pièce ou un personnage. Ex. : la barbe de
Barbe bleue, l’épée du frère mousquetaire, la clé du cabinet, le
trou de la serrure de la porte du cabinet, le lustre de la
chambre… Trouver des astuces pour simplifier le travail : un
escalier peut être représenté par une ou deux marches
simplement…
Pour les extérieurs, il est nécessaire de penser à poser un
horizon.
S’inspirer de livres, de représentations (La Vieille Chéchette, Le
Petit Chaperon chinois…)
Avant d’évider, colorier les parties à évider, pour réaliser une sorte de négatif de ce que sera la planche.
Réaliser des incises donnera du réalisme aux silhouettes.
Lorsque les décors sont réalisés, il reste à trouver des entrées en scène, des enchaînements de décors.
Jouer sur les flous ou sur des focus en partant d’un détail et en élargissant à la scène entière, du noir au
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blanc. Il faut travailler la transition des tableaux pour ne laisser aucun blanc entre deux. Essayer de faire un
effet de pages qui se tournent, de décors qui se superposent, qui tournent sur eux-mêmes… Comment faire
naviguer les personnages d’un décor à un autre ?
Enrichir le jeu par des ombres corporelles ou des ombres d’objets réels (des clés…). Ajouter des bruitages.
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PRÉSENTATION D’UN RÉSEAU DE LECTURE
Avec Nathalie Jallais
Le conte a encore de beaux jours devant lui ! Sa forme détournée est une piste de travail intarissable. Il est
cependant nécessaire de toujours se référer au conte original pour s’assurer que l’enfant le connait.
De nombreuses ressources autour du conte revisité sont disponibles au CRDP (cf. bibliographie réseau de
lecture en annexe 12).
Quelques exemples de contes détournés
Bouh et les Trois Zours : pour travailler sur le langage (langue décalée).
Dans la forêt profonde.
Quel cafouillage.
La Vérité sur l’affaire des trois petits cochons : une version polar du conte.
Les Trois petites cochonnes.
Les Trois cochons : intéressant pour travailler sur les différents points de vue. La mise en page est aussi
intéressante (illustrations qui sortent du cadre).
La Comédie des ogres : petite pièce facile à mettre en scène.
La Barbe bleue : belles illustrations.
La pratique théâtrale
Pour travailler davantage sur le théâtre, les arts de la scène et leur pratique, consulter le DVD Du jeu au
théâtre qui comprend des séquences de travail avec des enfants lors du Printemps théâtral de Guérande.
Consulter la revue Continu(um) de l’ANRAT, Onze rendez-vous en compagnie de Robin Renucci / Katell
Tison-Deimat.
Pour une découverte de l’envers du décor, des métiers du spectacle : consulter le DVD du Grand T Côté
coulisses.
Des pièces contemporaines en lien avec le conte
Mange-moi, Nathalie Papin.
L’Affaire Barbe bleue suivi d’Un bandit qui retourne sa veste, Yak Rivais.
Sacrées sorcières, pièces pour enfants, d’après Roald Dahl.
Cendrillon / Pinocchio / Le Petit Chaperon rouge, Joël Pommerat
Ressources musicales
Une année au concert, 36 musiques pour 36 semaines de cours en cycle 3.
Une année au concert, 36 musiques pour 36 semaines de cours en cycle 2. SCEREN / CRDP. Raymond
Mesplé auteur coordinateur. (sceren.com)
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INTERVENTION DE M. LE GALL
Inspecteur de l’éducation nationale, responsable de la commission Culture Humaniste
Les points forts des textes officiels qui cadrent l’enseignement des Arts à l’école
Cf. diaporama en annexe 13
Le Bulletin Officiel n°3 du 19 juin 2008. ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2008/hs3/hs3.pdf
L’encart n°32 sur l’organisation de l’enseignement des arts
http://www.education.gouv.fr/cid22078/mene0817383a.html
Le livret personnel de compétences. Arrêté du 14/06/2010
http://www.education.gouv.fr/cid22078/mene0817383a.html
La circulaire de mai 2013 – 073 du 03/05/2013
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=71673
Cette circulaire est le premier texte officiel règlementant la nature d’un parcours artistique et culturelle, ce qui
peut être fait sur le temps scolaire, parascolaire et extrascolaire. Qui dit parcours, dit cohérence (notamment
avec les partenaires et avec le hors-temps scolaire).
Ce texte a aussi pour ambition d’intégrer le choix de l’enfant dans son parcours, de faire en sorte qu’il soit
acteur de son apprentissage et pas seulement à la merci des choix pédagogiques de l’enseignant.
Par ailleurs, M. Le Gall souligne l’importance de conserver les traces de ce parcours artistique et culturel. La
circulaire encourage notamment à la création d’un portfolio qui accompagnera chaque enfant sur l’ensemble
de sa scolarité. Une version numérique est en cours de développement, pour parer au caractère éphémère
d’un cahier…
Comment définir le théâtre, ce spectacle vivant si particulier ?
M. Le Gall emprunte la définition de Jean-Claude Lalias qui caractérise le théâtre comme
« un art de l’éphémère, un système singulier de mise en forme du monde, un art
syncrétique, allusif, un art du partage des émotions humaines les plus vives, un art de la
récurrence et de l’interprétation. Il se caractérise par une langue nécessairement à distance
du parler ordinaire.»
Il rappelle que le théâtre développe davantage que d’autres matières appartenant à l’Histoire des Arts le
rapport au sensible. Il permet en outre la mise en œuvre d’une pratique spécifique (se mettre en condition de
spectacle par exemple, la mise en voix et en espace par la pratique…).
Pour lui, la définition du théâtre par JC Lalias est particulièrement cohérente avec le travail de la Compagnie
Punchisnotdead, notamment en ce qui concerne l’art syncrétique (mélange de vidéos, marionnettes, théâtre
d’ombres…).
Il rappelle par ailleurs qu’il est important de croiser les expériences artistiques et culturelles, les différences
vécues par chacun (via le cinéma, la danse, la musique…). Attention à ne pas être dans la répétition des
œuvres pour que l’élève puisse toucher à toutes les formes artistiques au cours de sa scolarité.
La question de la trace, de la remémorance fait aussi écho au travail de l’après-spectacle mené lors de la
formation. Pour conserver un souvenir des œuvres, il est possible de s’appuyer sur le carnet de bord du
spectateur distribué aux classes de collèges dans le cadre du dispositif « T au Théâtre ! », à adapter au
premier degré.
Sinon, quel format adopter pour le « cahier des arts » développé déjà dans certaines classes ? Doit-il suivre
l’enfant dans tous les cycles de sa scolarité ? Peut-on convenir d’un cahier pour toute la classe, écrit à
plusieurs mains, en développant ainsi le vivre ensemble ? Pour M. Le Gall, le cahier pour toute la classe est
un bon outil en maternelle mais moins en primaire.
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Il est essentiel de varier les témoignages dans ce cahier (photos, dessins…), de resituer les spectacles dans
le temps (avec une frise chronologique). Attention cependant à ne pas viser l’exhaustivité. Il n’est pas
possible (et important !) d’y reporter tous les spectacles.
La trace est par ailleurs à évoquer et à faire le plus vite possible après l’expérience artistique, quitte à y
revenir et analyser plus en détails et plus en technique ultérieurement. Les élèves doivent aussi se poser
des questions au-delà du sensible.
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CYRANO DE BERGERAC : ACTIVITÉS APÉRITIVES
Avec Nathalie Jallais
Les représentations de Cyrano
Faire un premier tour de parole où chacun donne un mot qui lui évoque la pièce de Cyrano de Bergerac.
Ex. : « cape, épée, panache, péninsule, Roxanne, roc, nez… »
Ce tour de parole permet de constater que le personnage de Cyrano se caractérise avant tout par son nez.
Un nez qui marque la différence et qui attire les regards.
Amorcer donc le travail d’avant-spectacle par le nez.
Le nez et le regard
Sur le plateau, se déplacer avec son nez pour guide. Le mouvement devra partir de ce dernier. C’est lui qui
donne la direction, tire le corps, le pousse. C’est le nez qui fait avancer, reculer, sauter, chanter, trembler,
tourner sur soi même…Le mouvement part du nez et le reste du corps suit.
Faire jouer le nez : donner de l’initiative et de la priorité au nez, ses mouvements, son immobilité, sa
direction. Les nez cherchent, s’interrogent, veulent se dissimuler de honte, veulent se battre, les nez sont
frondeurs, les nez rient, s’amusent, les nez rêvent, dansent, se mouchent.
Puis choisir une personne dans le groupe. L’observer, faire de grandes trajectoires autour d’elle, de moins
en moins discrètes. S’arrêter pour l’observer. La défier du regard (même si elle regarde quelqu’un d’autre).
Ralentir jusqu’à l’arrêt.
La liste des personnages
À partir de la liste des personnages de la pièce, créer des entrées sur scène.
Scène de bal : on annonce des personnalités arrivants au bal. Une personne appelle un personnage, celui-ci
entre sur scène, salue, puis prend la place de l’annonceur pour appeler le suivant et ainsi de suite. Grossir
les traits des personnages selon la façon dont on les imagine. Ex. : un fâcheux obséquieux, mère Marguerite
de Jésus, dévote…
Lecture chorale
À partir de la tirade du nez.
La scène se situe à l’Hôtel de Bourgogne. Cyrano interrompt la pièce qui se joue car il la trouve mauvaise.
Un fâcheux entreprend de faire de l’esprit mais n’y parvient pas. Cyrano lui montre alors comment il est
possible de bien faire de l’esprit sur son nez.
Tour à tour, chaque comédien prend en charge une intention.
La bande annonce / les bonimenteurs / l’affiche du spectacle
Un groupe est chargé de créer la bande annonce du spectacle : donner envie aux futurs spectateurs de
venir découvrir le Cyrano de Bergerac de Georges Lavaudant. Mimer la bande-annonce.
Les deux autres groupes vont représenter les bonimenteurs (ils tentent de « vendre » le spectacle) :
- un premier s’appuie sur des textes fournis par l’animateur (extrait de la pièce, poème de Victor Hugo et
critiques de la pièce),
- un deuxième s’appuie sur l’affiche du spectacle.
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L’APRÈS-SPECTACLE : RETOURS ET ANALYSE
SUR CYRANO DE BERGERAC
Avec Nathalie Jallais
ÉCHAUFFEMENT
La respiration abdominale
En position neutre, genoux déverrouillés. Rouler les épaules dans les deux sens, tourner la tête de bas en
haut et de gauche à droite. Revenir en position neutre. En inspirant, crisper tout le corps, du bout des orteils
au bout des doigts, y compris le visage. Tout relâcher dans un souffle quand on le souhaite. Recommencer
deux fois.
Respiration abdominale : c’est la respiration naturelle du bébé. Vérifier la bonne position du bassin, mettre
les mains sur le ventre. Inspirer par le nez en gonflant le ventre, puis expirer par la bouche en dégonflant ses
poumons et son ventre (qui se vide du nombril jusqu’à la colonne vertébrale). Matérialiser l’air dans le
ventre. L’air arrive par les poumons jusqu’au ventre puis ressort de la tête jusqu’au bassin. Prendre le temps
de sentir ce qui se passe dans son corps. Répéter les respirations 5 fois. Puis s’étirer, bailler si on le
souhaite. Tirer ses bras de chaque côté, puis tout lâcher
Les baguettes
Objectif : concentration et attention sur soi.
Sur un fond musical d’inspiration indienne.
Expérimenter seul. Chacun reste dans sa bulle.
Avec des baguettes de bambous. S’entrainer à faire tenir une baguette sur le bout du doigt, ou sur la paume
de la main. Quand on parvient à trouver l’équilibre, commencer à marcher.
Puis former 2 lignes et s’entrainer à traverser l’espace scénique par 3 ou 4,
à son rythme. Ne pas se précipiter.
En duo ensuite, face à face, faire tenir la baguette en équilibre et essayer
de se regarder dans les yeux.
Faire durer l’exercice le plus longtemps possible.
NB : cet exercice permet une progression rapide de l’élève, il est stimulant.
Astuces : Démarrer en étant ancré au sol et la main écartée de l’abdomen.
Fixer le haut de la baguette. Ne pas démarrer la main trop basse.
Des baguettes en bambou sont disponibles en jardineries. Elles permettent
également de délimiter l’espace scénique en les posant au sol.
La remémoration
S’installer dans un endroit de la salle et se mettre à l’aise (au sol, assis, allongé…). Se concentrer et fermer
les yeux. L’animateur guide la remémoration par des questions, des mises en situation :
« Revoir votre arrivée au Grand T hier soir. Comment êtes-vous arrivés dans le théâtre ? Par quelle porte ?
Visualiser le hall. Étiez-vous seul ? Accompagné ? Le hall est-il plein ? Avez-vous vu des personnes avec qui
vous aviez rendez-vous ? Vous êtes-vous senti seul ? Revoir un endroit du hall et balayer du regard le lieu :
qu’est-ce qui a retenu votre attention ? Un visage ? Une affiche ? Une voix a annoncé le spectacle. L’avezvous entendue ? Revoyez maintenant votre entrée dans la salle : avez-vous monté ou descendu les
marches de la salle ? Où étiez-vous situé dans la salle ? Qui était vos voisins ? Revisualiser maintenant le
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plateau avant le commencement de la pièce. Y avait-il des acteurs sur la scène ? Si oui, que faisaient-ils ? Si
non, à quel moment et de quelle façon sont-ils entrés en scène ? Étaient-ils nombreux ou seuls ? Sont-ils
entrés par le fond de scène, à cour, à jardin ? De manière énergique ou calme ? Y avait-il une lumière, un
son, une musique particulière ? Maintenant que vous avez repris possession de ce plateau, vous souvenezvous quand est apparu Cyrano ? Qui était sur scène avec lui ? Balayer avec vos yeux la scène de jardin à
cour, puis de cour à jardin...
Convoquer maintenant ses souvenirs à la manière de Georges Perec en complétant la phrase : « Je me
souviens… » (noter les souvenirs sur un papier si besoin).
« Je me souviens… d’une couleur
d’un son ou une musique
d’un costume ou un élément de costume
d’un accessoire ou d’un objet
d’un mouvement et un geste
d’une parole.
Puis se remémorer la fin du spectacle : les comédiens qui reviennent sur scène, qui saluent, les
applaudissements, les bruits. Puis revenir sur soi : ses sensations physiques (fatigue, mal de dos…), avezvous applaudi ? Étiez-vous content de ce spectacle ? En avez-vous parlé avec votre voisin tout de suite ?
Revenez à votre place, revoyez votre sortie. Puis rouvrir les yeux lorsque vous êtes prêt. »
NB : si des enfants ont été absents à la représentation, ils se remémoreront une autre venue au spectacle.
Exercice d’écriture : le haïku
À partir des mots notés lors du travail de remémoration, écrire un haïku sur le spectacle.
e
1 phrase : 1 mot,
e
2 phrase : 2 mots,
e
3 phrase : 3 mots etc. jusqu’à 8 mots.
e
S’arrêter avant la 8 phrase si l’inspiration n’est pas au rendez-vous ! Il n’y a pas d’obligation à réutiliser tous
les mots de l’exercice précédent (possibilité d’en répéter ou d’en ajouter).
Donner 5 à 10 minutes pour rédiger. Le texte communique le ressenti du spectateur.
Ex. : « Flash
Noir, lumière
Beaucoup de bruit
Tiens, je m’amuse vraiment »
« Pourpre.
J’attends.
Bruits de pas.
Puis voilà notre Cyrano.
Plume, épée, coup de pied.
Il Parle. J’écoute. Nous savourons.
Un peu de « lettres et d’esprit ».
J’ai envie, je souris, c’est exquis ! »
Théâtre-image
Objectif : apprendre à sélectionner et à exprimer ce qui a touché.
Par groupe de 5. Sélectionner 2 à 3 images marquantes du spectacle et proposer sous forme de théâtreimage (construction d’une image fixe). Réaliser une entrée  la construction de l’image  la déconstruction
de l’image au ralenti  la construction de la deuxième image  etc.
Prendre le temps de poser l’image fixe : cette pause est essentielle pour que le spectateur ait le temps de
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prendre en compte l’image.
Sur la mise en image, faire lire les haïkus réalisés précédemment.
Exercices supplémentaires
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La fiche d’après-spectacle. Pour un retour rapide ou préparatoire, remplir une fiche afin d’exprimer
ce que raconte le spectacle : ce qu’il ME dit et ce qu’il raconte (cf. annexe).
Les analyses. Former 3 groupes. L’un en fait un résumé objectif = la fable (ce que le spectacle
raconte : résumé chronologique et neutre de l’histoire). L’autre ressort les thèmes soulevés (de quoi
parle le spectacle : amour, estime de soi, courage, lâcheté etc.). Et le dernier formule le point de vue
idéologique = la thèse / le discours (ce que le texte défend : peut-on vivre sa vie par procuration ?
Qu’est-ce que la laideur ? L’amour guide-t-il notre vie ?).
Toujours commencer cet exercice par l’axe narratif, neutre. Attention cependant à ne pas faire de
synthèse : un lieu / une action.
L’inventaire. Faire des listes thématiques pour se remémorer le spectacle. Liste des décors, des
costumes, du texte, du son, de la lumière, etc.
Les duels d’opinions. Par duo qui n’a pas le même point de vue sur le spectacle, faire des
confrontations. Ex. : « J’ai aimé le décor parce qu’il évoluait au fur et à mesure. » - « Moi au
contraire je n’ai pas aimé le décor car j’aime quand ça change, quand c’est spectaculaire. »
Les insultes et les menaces. Lister les insultes et les menaces dans le texte d’Edmond Rostand.
Former deux lignes en face à face. Une ligne menace, l’autre insulte, à l’unisson.
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De nombreuses pistes ou ressources
pédagogiques sont à votre disposition
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« École du spectateur ».
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