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Groupe de parole : « Comment j’ai
appris à dire "je" »
© Stone
Dire, écouter, entendre… bref, se parler
vraiment, cela s’apprend. En témoignent les
nombreuses formations qui se
développent. Nous avons suivi un stage
inspiré de la méthode créée par Jacques
Salomé. Convaincant !
Violaine Gelly
n samedi matin de juillet, une pièce lumineuse dans le XIIIe
arrondissement de Paris. Sur un tabouret, des écharpes de toutes les
couleurs, en vrac. Des courtes, des longues ; de la mousseline, de la laine.
Assises en cercle autour d’elles, une vingtaine de personnes,
essentiellement des femmes, entre 25 et 60 ans. Et Aleth Naquet, formatrice
de la méthode de communication créée par Jacques Salomé, et présidente
de l’institut Esp ère.
« Je vous propose de découvrir une autre manière de communiquer. Nous
sommes conditionnés par un syst ème de non-communication qui dévitalise
nos relations et engendre souffrance et violence », résume-t-elle en guise
d’introduction.
Parler n’est pas communiquer
Suit un principe de base : « Il existe une diff érence entre parler et
communiquer. Parler, c’est s’exprimer sans tenir compte de ce qui
passe dans la relation. Communiquer, c’est mettre en commun. C’est
aussi pouvoir se dire et entendre, afin d’être entendu. » Au mur, une
grande étoile à sept branches est punaisée. Au centre, "moi". Autour,
toutes mes relations significatives : père, mère, fr ères et sœurs,
enfants, conjoint, amis, monde professionnel. Chacun est alors invité à
coller un Post-it portant son prénom sur la ou les relations avec
lesquelles il se sent en difficulté. Une forêt de petits papiers jaunes
s’amoncelle sur le mur. En recouvrant l ’étoile, elle témoigne du
caractère inextricable et douloureux de la plupart de nos relations.
L’écharpe entre en scène. Elle représente la relation. Chaque
participant en prend une. Il suffit alors d’observer : certains choisissent
une écharpe courte ou longue, de couleur gaie ou noire, d ’autres la
tendent ou la laissent flotter, d’autres encore la tirebouchonnent ou la
laissent échapper … Ici, tout est langage.
Le “je” opposé au “tu”
Première leçon : pour une hygiène relationnelle saine, il convient de
parler de soi et non de l ’autre . Finis les « tu », « Tu devrais », « Il faut que
tu »… Place au « je ». La journée est rythmée par des mises en scène de
situations concrètes qu’Aleth Naquet d écrypte.
=> Armelle reproche à son mari de ne pas prendre plus de tâches
ménagères en charge. Elle comprendra que son besoin de perfection
domestique lui appartient. Qu’elle n’a pas à s’en prendre à lui mais devra
tenter de comprendre ce qu’elle s’impose. Non : « Tu ne fais jamais rien pour
m’aider », mais : « Je ressens de la colère quand la maison est mal
rangée. »
=> Claire, qui en veut à son conjoint de "faire le beau" en société, réalise
qu’elle continue de souffrir d’une situation scolaire désastreuse qui a
engendré un terrible sentiment de dévalorisation personnelle. Ce n’est pas
l’assurance de son mari qu’elle rejette, mais son manque d ’assurance à elle
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qui continue de la blesser.
Expliquer, énoncer, chercher
=> Hélène s’avance. Depuis deux ans, elle se heurte à Alexandre, son
fils de 11 ans, dont la mauvaise volonté scolaire entretient un climat de
tension dans la famille. Aleth lui demande de choisir quelqu’un dans
l’assistance pour représenter Alexandre. En formulant à voix haute
ses critiques à l’égard de son fils, H élène arrive à dire sa peur de
devoir le mettre en internat. Au même âge, elle-même a énormément
souffert de la pension. Aleth lui propose alors de choisir une
participante pour représenter sa mère. En exprimant à celle-ci la
douleur qu’elle a ressentie de se sentir abandonnée, Hélène s’effondre
en larmes.
Le groupe est secoué. Aleth en profite pour rétablir l’un des principes
de la méthode Espère : « Toute émotion, larme, angoisse, est le signe
d’une blessure personnelle qui parasite notre relation à l’autre.
Communiquer, c’est dire ce qui m ’habite, expliquer le fait, énoncer
mon ressenti, puis chercher le retentissement. » Si Hélène veut établir
une relation claire avec Alexandre, elle a intérêt à disjoindre les faits
(ses mauvaises notes) de sa colère et de sa peur (le ressenti) pour
comprendre que ses émotions ont à voir avec le sentiment d’abandon
qu’elle éprouva quand elle fut mise en pension (le retentissement).
Adepte de la méthode, qu’elle pratique depuis deux ans, Valérie
apporte son témoignage : « Avant, je parlais de tout et de rien. Je
parlais beaucoup, je ne disais rien. La méthode a tout changé. En
mettant ce que je ressens en avant, en essayant de rester à mon bout
de l’écharpe relationnelle, je crée des relations plus enrichissantes
parce que plus authentiques. »
Rendre à l’autre ce qui lui appartient
Dimanche matin, le groupe se retrouve. Très vite, certains expriment leur
trouble devant les émotions qui se sont manifestées la veille ; d’autres ont
déjà mis la règle du je en pratique et se sont heurt és à des proches
goguenards. Aleth Naquet fait une mise au point : « Intégrer la méthode peut
prendre du temps. Au début, il arrive de balbutier, de bégayer. Puis l’habitude
de parler à partir de son bout de l’écharpe – le je – et non celui de l’autre – le
tu – s’installe. Sur le long terme, au quotidien, appliquer la méthode peut
également avoir un fort pouvoir th érapeutique. »
Pour que la communication circule, que l’écharpe soit un canal d’échange, il
convient de restituer à l’autre ce qui lui appartient . S’il envoie des
"messages cadeaux", je dois savoir l’accueillir. En revanche, un "message
poison" peut m’atteindre en ce qu’il réveille une blessure intérieure.
« J’entends les “messages poison” en fonction de mon ressenti et non de
l’intention de l’autre, explique Aleth. S’ils me font souffrir, je dois les refuser et
les restituer à l’envoyeur. »
=> Emmanuelle a r écemment souffert d’une remarque assassine de sa mère
à propos de ses kilos en trop. Aleth lui conseille de dire à sa m ère : « J’ai
entendu ce que tu me dis sur mon poids mais j ’en suis blessée. Alors je ne
veux pas de ce jugement sur moi. Je te le rends. Je ne le fais pas contre toi,
mais pour moi. » Réaction d’Emmanuelle : « Elle va me prendre pour une
folle. » Aux rires de l ’assistance, Aleth répond : « Je te propose de rester à
ton bout. En imaginant sa réaction, tu t’appropries son bout d’écharpe, au
lieu de rester de ton côté. » « Et si elle ne comprend pas ou si ça lui fait de la
peine ? », rétorque Emmanuelle. « C’est possible, reprend Aleth. A elle alors
de travailler sur elle. Nous ne sommes pas responsables de la façon dont
l’autre reçoit le message que nous lui envoyons. Mais, en prenant le risque
de dire ce que je ressens, j’invite l ’autre à prendre la responsabilité d’en faire
autant. »
Apprendre à écouter
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Ecouter l’autre revient à appliquer les mêmes r ègles que pour l’écoute
de soi : séparer les faits, dire son ressenti, comprendre le
retentissement. « J’écoute celui qui parle, non ce dont il parle, et je
l’invite à m’en dire plus », poursuit Aleth. Ainsi, à un enfant qui dit :
« J’ai peur de ce chien », on va trop souvent répondre : « Tu ne
devrais pas : regarde comme il est gentil. » Alors qu’il serait
intéressant de lui demander ce qu’il ressent (la peur qu’il aboie) et à
quoi cela lui fait penser (son papa qui crie trop fort)…
Débriefing de fin de week-end. Appelés à exprimer ce qu ’ils allaient
mettre en pratique à la suite de ce stage, beaucoup parmi les
participants s ’enthousiasment : « Je vais oser dire non pour dire de
vrais oui », « Je m ’impliquerai plus dans mes relations », « Je vais
oser parler de moi à ma mère pour améliorer notre relation. » Dans
l’escalier, Armelle s’enflamme : « Avec ces outils, on va pouvoir tout
changer. » Et Claire de la reprendre : « “Je” vais pouvoir tout
changer »…
BIEN COMMUNIQUER : Un long chemin
Jacques Salomé, fondateur de la méthode Espère, revient sur les raisons de
notre « incommunication ».
Psychologies : Pourquoi est-ce si difficile de communiquer ?
Jacques Salomé : Parce que l’on ne nous a jamais appris. Jamais, nulle
part, personne ne se préoccupe de répondre aux besoins de communication
élémentaire : besoin de se dire, besoin d’être entendu, besoin d’être reconnu
tel que je suis et non tel que l ’autre me voit, besoin d’être valorisé et confirmé
dans ce que je suis, besoin d’avoir une intimité. Aucun de ces besoins de
base n’est compris, donc satisfait, et nous en payons le prix fort dans toutes
nos relations.
Comment changer ?
Il faut beaucoup d’humilité pour reconnaître que nous sommes des infirmes
de la communication et beaucoup de courage pour apprendre à tout âge.
L’envie de changer existe toujours, mais elle est parasitée parce que nous
aimerions que les choses changent rapidement, comme d’un coup de
baguette magique. Or, c’est un long chemin, difficile parce qu’il remet en
cause toute une vie "d’incommunication".
Et si l ’on devait retenir une seule chose pour commencer à changer ?
L’essentiel, en mati ère de relations humaines, est d’échapper à ces deux
pièges : l’accusation d’autrui (« C’est ta faute, tu n’es jamais là, tu ne
m’écoutes pas ») ou l’auto-accusation (« Je suis nul, je n’y arriverai
jamais »). Nous devons devenir responsables de ce que nous sommes et de
la relation que nous entretenons.
4 ETAPES : Pour se dire
La méthode Espère (Energie spécifique pour une écologie relationnelle
essentielle), fondée par le psychosociologue Jacques Salomé,
s’articule autour de quatre principes de base.
1) Oser demander, explicitement, sans accusation, reproche,
culpabilisation ou plainte. Nous hésitons souvent parce que cela nous
conduit à prendre le risque de la réponse de l’autre.
2) Oser donner sans regret, sans contrainte, sans contrepartie.
C’est-à-dire prendre le risque de voir son geste accueilli ou également
refus é par l ’autre.
3) Oser recevoir, sans se sentir redevable. Cesser d ’interpréter :
« Pourquoi fait-il cela ? Que va-t-il exiger en échange ? »
4) Oser refuser sans culpabilité. Et prendre le risque de s’affirmer,
de se dire, sans dénigrer la demande de l’autre.
http://www.psychologies.com/cfml/dossier/c_dossier.cfm?id=2099
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Rens. : Centre Adres (Activités pour le développement des relations
en santé), 13-15, place d ’Italie, 75013 Paris. T./Fax : 01.44.24.55.89.
A LIRE :
De Jacques Salomé
•“Pour ne plus vivre sur la planète Taire” et “Une vie à se dire”.
L’un sous la forme de fiches pratiques, l’autre sous forme de roman, deux
des livres de Jacques Salomé qui expliquent la méthode Espère (Albin
Michel, 2000, et Editions de l’homme, 1998).
• “Deux Bouts, la relation” de Jean-Luc Mermet.
Des chroniques simples et légères par le vice-président de l ’institut Espère
(Lapeyronie, 2001).
=> Retrouvez le dossier dont est extrait cet article
Violaine Gelly
octobre 2002
http://www.psychologies.com/cfml/dossier/c_dossier.cfm?id=2099
31/10/2002

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