Le financement des Très Petites Entreprises : Informalisation du

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Le financement des Très Petites Entreprises : Informalisation du
Le financement des Très Petites Entreprises
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Le financement des Très Petites
Entreprises :
Informalisation du financement
formel ou formalisation du
financement informel
Wafaa TANI
Doctorante
Laboratoire en entrepreneuriat, finance et audit
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion - Université Ibn Zohr Agadir [email protected]
06 67 55 41 23
Bouchra RADI
Enseignant chercheur
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion - Université Ibn Zohr Agadir –
[email protected]
06 61 41 40 64
Dossiers de Recherches en Economie et Gestion : 3
éme
numéro : septembre 2014
Wafaa TANI & Bouchra RADI
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Résumé
Le financement des Très Petites Entreprises : Informalisation du
financement formel ou formalisation du financement informel
Le parc des entreprises dans les pays en voie de développement est
constitué dans sa majorité d'entreprises individuelles et d'entreprises de moins de
10 salariés (Hammes, 2006). Les fonds utilisés dans les T.P.E. proviennent en
général du micro-entrepreneur lui-même et de son entourage familial ou amical.
Ce dernier recourt plus à la solidarité familiale et à la finance informelle qu’aux
prêts officiels bancaires, faute de solutions financières adaptées à ses besoins, qui
se situent entre les minimums d’intervention des banques et le plafond des crédits
offerts par les institutions de microfinance.
La plupart des travaux de recherches abordent la question de la transition «
informalisation du financement formel » ou « formalisation du financement
informel ». Dans notre article nous allons nous appuyer sur les stratégies de
descente en gamme de clientèle pour intégrer les T.P.E. dans les segments de
clientèles des établissements de crédit et les stratégies de montée en gamme vers
le financement en faveur des T.P.E. des institutions de microfinance I.M.F.
L’objet principal de cet article est de présenter une nouvelle finance adaptée
aux besoins des T.P.E. « la mésofinance » quasi absente au Maroc. Il traite les
définitions et caractéristiques des T.P.E., analyse les pratiques de la finance
informelle et formelle. L’article met l’accent aussi sur les besoins en financement
des T.P.E. Finalement, il propose dans un souci de plus grande efficacité des
mécanismes financiers d’adoption de la mésofinance.
Mots clés : Très petite entreprise, finance informelle, finance formelle,
micro-finance, mésofinance.
Abstract
Financing Very Small Business: Informalization of formal financing or
formalization of informal financing
The park companies in developing countries consists in its majority of
individual companies and businesses with fewer than 10 employees (Hammes,
2006). Funds used in small businesses generally come from the owner himself and
his immediate family or friends. This one uses more family solidarity and informal
finance than loans bank officials. This is due to lack of financial solutions adapted to
their needs that lie between the minimum intervention of the banks and the credit
limits offered by microfinance institutions.
Most research works approach the issue of transition "informalization of
formal finance" or "formalization of informal finance." In our paper we will build on
downscaling strategies of customers to integrate very small businesses in the
customer segments of banking institutions and upscaling strategies of microfinance
institutions for financing very small businesses.
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The main purpose of this paper is to present a new finance adapted to needs
of very small businesses "Mesofinance" almost absent in Morocco. It discusses the
definitions and characteristics of very small businesses, analyzing the practices of
informal and formal finance and also focuses on the financing needs of very small
businesses. Finally, it suggests financial mechanisms to adopt mesofinance.
Keywords: Very small business, informal finance, formal finance,
microfinance, mesofinance.
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Introduction
Les très petites entreprises des pays en voie de développement jouent un
rôle économique et social fondamental. Elles couvrent le manque des gros
investissements dans ces pays et créent ainsi un tissu économique primaire qui
permettra le développement de ces économies. (Ferrier, 2002). C’est un secteur
générateur de revenus appréciables et créateur d’emplois importants. D’ailleurs, la
création d’emplois se fait de plus en plus dans les T.P.E. alors que les effectifs des
salariés progressent plus lentement dans les P.M.E. et régressent dans les grandes
entreprises. De même en période de crise, les T.P.E. ont plusieurs qualités. Elles
sont dynamiques, créatives et flexibles. Cependant, elles souffrent de plusieurs
difficultés. Elles sont hétérogènes et disparaissent par grand nombre dans les
premières années d’existence ce qui rend difficile la proposition des théories et des
concepts qui leur sont adéquats (Ferrier, 2002).
Le marché des T.P.E. est encore très important, avec 500 millions de microentrepreneurs et pour un besoin de financement total estimé à 250 milliards de
dollars (Maarouf, 2011), c’est pourquoi la contrainte financière reste la première
préoccupation.
La plupart des travaux de recherche insistent sur les difficultés d’accès des
T.P.E. au financement formel, celui des banques (Mourji, 2002). Or dans les pays
du Sud, la banque est un modèle importé qui ne convient pas à la majorité des
T.P.E. Quand à la finance informelle, elle a toujours été pratiquée, elle s’inscrit
naturellement dans la vie de tous les jours, et convient parfaitement aux acteurs du
secteur informel. C’est d’ailleurs cette finance qui a fait émerger la microfinance,
elle-même liée à des comportements traditionnels qui n’évoluent que lentement
(Lelart, 2006). Les institutions de microfinance I.M.F. ou association de microcrédit
A.M.C., introduites dans plusieurs pays en développement, ont mis en place des
services et produits financiers notamment le micro crédit qui connaît un grand
engouement. Toutefois la crise de croissance qu’a connue ce secteur au Maroc en
2007 et bien avant dans d’autres pays comme l’Inde et la Bolivie suscitent
beaucoup de questions sur l’efficacité de ce moyen de financement.
La question à laquelle notre article va répondre est celle de savoir si une
ultime évolution vers une mésofinance est souhaitable.
Il convient en conséquence de souligner les caractéristiques des T.P.E. (1),
d’étudier et d’analyser également les techniques et pratiques du financement
informel des T.P.E. (2) et de leur financement formel par le crédit bancaire et la
micro-finance (3 et 4), de présenter les besoins des T.P.E. en matière de
financement (5) et enfin de présenter la démarche de la mésofinance (6).
D’un point de vue méthodologique, nous nous appuyons sur une large revue
de littérature concernant les T.P.E. au Maroc et à l’échelle internationale mais aussi
sur les travaux des P.M.E. et le secteur informel utiles pour appréhender la réalité
des T.P.E.
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1. Caractéristiques des T.P.E.
La très petite entreprise fait habituellement référence à un critère
dimensionnel. Cependant, le critère de taille devra être expliqué et enrichi par
d’autres critères qualitatifs.
1.1 Définition de la T.P.E.
Dans la plupart des pays, la notion de très petite entreprise n’est pas
précisée. Les auteurs retiennent le plus souvent un critère quantitatif : le nombre
de salariés, une T.P.E. a moins de x salariés (CEPAM, 1987). D’autres critères
comme le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée (Ferrier, 2002) et les actifs peuvent
être utilisés mais ils rencontrent des problèmes d’hétérogénéité des branches ou
d’évaluation.
D’après l’O.C.D.E., nous avons cinq types d’entreprises selon le critère du
nombre de salariés: la micro-entreprise : de 1 à 4 salariés, la T.P.E. : de 5 à 19
salariés, la P.E. : de 20 à 99 salariés, la M.E. : de 100 à 500 salariés et la G.E. avec
plus de 500 salariés (Ferrier, 2002).
Il n’existe cependant pas d’unanimité sur le nombre de salariés. La
Commission Européenne définit la TPE comme une entreprise de zéro à neuf
salariés. Il faut moins de huit salariés pour la TPE chinoise MORRIS (1998), moins de
six pour ROBERTS et WOOD (2002), moins de cinq pour JULIEN et MARCHESNAY
(1992), moins de quatre pour d’autres chercheurs américains évoqués par MORRIS
(1998) (Foliard, 2008).
Toutefois, il est nécessaire d’ajouter les critères qualitatifs suivants :
- L’organisation de l’entreprise : le chef de la T.P.E. assure généralement
l’ensemble des responsabilités au départ avant de les partager avec des
collaborateurs. Donc du point de vue organisationnel, la T.P.E. est peu
ouverte sur l’extérieur (CEPAM, 1987);
- La propriété des moyens de production : La propriété de la TPE est
concentrée entre les mains d’une seule personne ou partagée avec
quelques personnes souvent issues de la famille (Foliard, 2008).
- La conception de l’entreprise : en raison du caractère individuel de la T.P.E.,
la notion de rentabilité dépend de l’origine du chef d’entreprise, de son
tempérament et de l’échelle de ses motivations (CEPAM, 1987).
- Le stade d’évolution, de développement ou d’organisation de la firme : la
plupart des T.P.E. restent toujours petites des années après leur création.
Elles ne poursuivent pas nécessairement un objectif de croissance et une
croissance substantielle est une exception (Ferrier, 2002). Cette évolution
peut être soit intra-firme (passage de la phase de fabrication aux fonctions
commerciales et administratives puis à la planification et enfin aux
fonctions financières) soit extra-firme (passage d’une T.P.E. à une G.E.).
1.2 Définition et caractéristiques de la T.P.E au Maroc
Au Maroc, la T.P.E. est définie comme étant une entreprise employant moins
de 10 salariés. Et il faut distinguer entre la micro entreprise (1 à 9) et la petite
entreprise (10 et plus). A l’intérieur des micro-entreprises nous avons les plus
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petites entreprises (PPE) de 1 à 3 qui sont les véritables micro-entreprises (stricto
sensu) et celles moins petites de 4 à 5 et surtout 6 à 9 personnes qui sont de très
petites entreprises (TPE) (Hamdouch et al., 2004).
Le deuxième critère quantitatif retenu au Maroc est celui du chiffre
d’affaires. Toute entreprise réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 3.000.000dh
hors taxe sur la valeur ajoutée par an est une très petite entreprise (Ministère
d’économie et des finances, 2011).
La taille de l’entreprise reste sujette à de nombreuses controverses. Les
critères purement quantitatifs présentent beaucoup de limites. Ils sont très simples
d’accès mais ils ne disent pas ce qu’est une T.P.E. Le Maroc devra donc introduire
les critères qualitatifs de classification des entreprises.
Un autre critère adopté au Maroc est celui de la distinction entre les unités
informelles et formelles. En effet, la structure du secteur des T.P.E. au Maroc
regroupe les T.P.E. formelles qui sont au nombre de 733 000 selon le dernier
recensement économique de 2001/2002 (HCP, 2001) et des unités de production
informelles qui a vu son effectif passé de 1,233 millions en 1999/2000 à 1,550
millions en 2007 (HCP, 2009).
Plusieurs études ont été menées au Maroc et qui caractérisent ce secteur.
Le tissu économique Marocain est fortement dominé par les micro-unités
avec des résultats qui varient en fonction des sources, principalement en
nombre d’unités. Ces difficultés sont principalement liées à une part d’économie
informelle fortement représentée chez les TPE. Cependant l’ensemble des
sources s’accordent à dire, que 98 % des entreprises emploient moins de 10
salariés (Planet Finance , GERES, 2008) et offrant un emploi à plus de 75 % de la
main d’œuvre. (Maarouf ,2011).
Selon l’étude conjointe du ministère de l’industrie du commerce et de
l’Ambassade de France, les TPE représentaient de 1.464.000 entreprises et
2.420.000 de personnes «occupées» soit 53% des actifs en milieu urbain (Planet
Finance , GERES, 2008) ;
Selon le Haut Commissariat au plan, les P.M.E et T.P.E. contribuent à
environ 40% de la production, mais ne participent qu’à hauteur de 10% à la valeur
ajoutée. La part global des T.P.E. dans le PIB reste inférieur à 10%. Quel que soit
leur statut formel ou informel : commerce et artisanat sont surreprésentés. Plus
de 77% de ce chiffre est réalisé par les TPE issues du secteur commercial, 10%
par l’artisanat, 8.8% par les services et le reste étant réalisé par le secteur de la
construction (Planet Finance , GERES, 2008).
Dans un but d’élargir l’assiette de l’impôt, la Loi de Finances 2011, a instauré
un taux d’imposition spécifique de 15 %, en faveur des très petites entreprises
(TPE) réalisant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 3 millions de dirhams, hors
taxe sur la valeur ajoutée. Cette disposition est applicable, au titre des exercices
ouverts à compter du 1er janvier 2011(Ministère d’économie et des finances,
2011).
Le secteur des T.P.E. regroupe des entreprises formelles et d’autres
informelles. Ce dualisme de l’économie va de pair avec le dualisme de la finance. Le
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secteur moderne est financé par les banques, alors que les petites entreprises
privées sont très tributaires du secteur financier informel (OCDE, 2005).
2. le financement informel des T.P.E.
Les populations pauvres ont des besoins particuliers dont les montants
sont modestes. Elles n’ont pas de garanties à offrir, elles appartiennent au
secteur informel où les cycles d’activité sont courts, elles n’ont donc besoin de
crédit que pour une durée courte et elles sont disposées à supporter un coût
excessif. Elles appartiennent à un monde dans lequel les relations
personnelles sont essentielles, ce qui les amène à préférer en toute occasion
des formules de proximité (Lelart, 2002).
Jusqu’aux années 1950, l’alternative principale pour les micro-entrepreneurs
était de se tourner vers des sources de financement informelles. Ce secteur très
diversifié regroupe toutes les transactions financières (emprunts et dépôts) qui ne
sont pas réglementées par une autorité monétaire centrale ou par un marché
financier central (De Briey, 2005). La finance informelle met l’accent sur l’absence
de formes : ce sont des pratiques d’épargne et de crédit qui ne sont pas obligées
de respecter un cadre ou un schéma fixé. On connaît l’existence des associations
rotatives d’épargne et de crédit (AREC) ou la tontine qui est une pratique financière
qui permet d’épargner, de prêter et d’emprunter (l'épargnant est en même temps
un investisseur malgré lui), et des banquiers clandestins (El Abdaimi, 1990). Cette
épargne informelle nourrit la finance informelle et réciproquement. Les relations
entre le débiteur et le créancier reposent sur la confiance, elles sont personnelles,
non seulement parce que les partenaires se connaissent, mais parce qu’ils font
affaire comme ils l’entendent (Lelart, 2006).
Le succès de ces activités informelles revient à la proximité (géographique,
locale et culturelle) que les prêteurs entretiennent avec les micro-entrepreneurs et
aux mécanismes incitatifs auxquels ils recourent, essentiellement la pression
sociale et la subordination d’un prêt au remboursement du crédit antérieur. Ces
mécanismes leur permettent en effet de diminuer les risques de sélection adverse
et d’aléa moral et donc, les coûts de transaction associés à l’opération de prêt (De
Briey, 2005).
Il faut noter aussi que la gratuité des services financiers informels n’est
toutefois pas systématique, et elle est parfois d’ordre social et psychologique
(intimidation, honte, obligation de réciprocité). La finance informelle est souvent
peu fiable, aléatoire, non transparente et limitée au court terme. En d’autres mots,
les ménages pauvres utilisent la finance informelle faute de choix. (Guérin, 2010).
Elle est aussi parfois fort onéreuses, raison pour laquelle les termes de profits
monopolistiques, d'intermédiaires requins et exploiteurs ont été longtemps
associés au secteur financier informel (De Briey, 2005).
Plusieurs travaux montrent que les T.P.E. exclues du financement formel,
sont fragilisées par les systèmes informels en usage. En effet, à côté des prêteurs à
gage, même le crédit fournisseur se fait à coûts élevés. Les taux d’intérêt
(incorporés dans la majoration des prix de vente) peuvent atteindre 10% sur trois
semaines, ce qui représente en termes annuels, quelques 173% (Mourji, 2002).
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Outre le coût, le crédit informel est incertain et irrégulier. Le crédit
fournisseur comme le crédit des membres de la famille n’est pas accessible et/ou
disponible au moment du besoin. Cela entraîne des pertes ou manques à gagner,
du fait d’opportunités d’affaires ratées (Mourji, 2002).
Au Maroc, les créations de T.P.E. se font par le financement informel. En
effet, selon une étude menée en 2007 par le Haut Commissariat au Plan, 56,4% des
U.P.I. ont été créées grâce à une épargne personnelle de leurs propriétaires, 19%
grâce à un crédit d’autrui, 4,7% grâce à un héritage, 3,6% grâce à un transfert reçu,
2,2% grâce au microcrédit, 1,9% grâce à la vente de biens personnels, 1,1% grâce à
un crédit bancaire et 0,2% grâce au départ volontaire (HCP, 2009). Ceci montre que
le recours aux crédits auprès des banques pour financer la création d’une Unité de
Production Informelle U.P.I. reste très faible au Maroc.
Dans ces conditions, la finance informelle contribue largement au
financement de la création des T.P.E., mais elle ne contribue que faiblement, pour
des montants limités et pour des durées courtes au financement des besoins en
fonds de roulement et pour la croissance et l’extension des T.P.E. D’où
l’importance de l’existence d’une finance formelle.
3. Financement des T.P.E. par les crédits bancaires
Une grande partie des micro-entrepreneurs, demeurent réticents à l’idée de
se rendre dans une banque. Dans tous les pays du Sud, la banque est un modèle
importé qui ne convient pas à la majorité des très petites entreprises. Le recours
au crédit bancaire est inhabituel aux T.P.E. pour plusieurs raisons (Servet , Lelart,
1990):
- de la complexité de la constitution d’un dossier de demande de prêt
auprès de ces institutions pour une population souvent analphabète;
- de la faible dimension de la plupart de ces opérations, ce qui réduit la
rentabilité de celles-ci pour la banque, compte tenu des frais fixes de
l’étude de chaque dossier et de l’impossibilité d’accorder
automatiquement les prêts sauf à prévoir un réescompte automatique
des effets auprès d’un établissement financier public, à mettre les
établissements financiers en situation très précaire ou à fixer le taux
d’intérêt à un niveau prohibitif;
- et de l’absence des garanties nécessaires généralement exigées par une
institution financière formelle.
Les banques sont aussi contraintes par des règles liées à la politique
monétaire. Le refus des banques commerciales de financer les micro-entrepreneurs
résultait de l’importance des problèmes de détection (screening problem) et du
bon respect des contrats (enforcement problem). La relation de crédit peut en
effet être considérée comme une relation d’agence par laquelle le prêteur (le
principal) “loue” une part de sa richesse aux micro-entrepreneurs (les agents) qui
s’engagent à rembourser le principal et à lui payer les charges d’intérêt aux
échéances et conditions fixées dans un contrat établi au préalable entre les parties.
Un problème d’agence se pose car il est certain que dans toute relation de crédit,
les intérêts de l'emprunteur et du prêteur diffèrent : alors que le premier est
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essentiellement concerné par la rentabilité des capitaux empruntés, l'autre l’est
par la solvabilité du premier et la rentabilité des fonds prêtés (De Briey, 2005).
En dehors du crédit, les activités de conseil, de formation et d'appui ont
induit dans certains cas des résultats remarquables. Mais le goulet d'étranglement
de l'accès au financement n'a pas réellement été levé. Et cela en dépit des efforts
consentis d'une part par les structures destinées à appuyer les entrepreneurs dans
le montage de projets bancables et d'autre part par les bailleurs à créer des fonds
de garantie et à prêter des lignes de crédit à faible taux d'intérêt.
Les réticences des banques à financer (l'investissement et le besoin en fonds
de roulement) des petites entreprises relèvent tout à la fois d'un apport insuffisant
en fonds propre des promoteurs, du coût important de l'analyse et du suivi, d'un
risque important pour de faibles garanties apportées, mais aussi pour leur part
d'une certaine étroitesse des ressources à moyen ou long terme à affecter à cet
emploi (Botzung, 1996).
Cette réticence des banques a conduit à la création des institutions de
microfinance. Il s’agit en particulier du micro crédit qui a connu un grand succès au
Maroc. Ces nouveaux services financiers sont de plus en plus complétés par une
offre d’appui non financier tels que l’information, le conseil…qui permettent de
développer chez les responsables des TPE un véritable esprit d’entreprise
(Hamdouch et al., 2004).
4. Financement des T.P.E. par la microfinance
Alors que l'accès aux crédits bancaires est assorti de conditions qui sont
difficilement à la portée des micro- entrepreneurs, les I.M.F. ont su élargir, dans
un contexte de marché financier imparfait, leurs services à cette catégorie
d’agents sans perdre de vue la contrainte de recherche d'une stabilité seule gage
de pérennité pour leurs activités (Doumbouya, 2008).
Aujourd’hui, les IMF ne couvrent encore que très partiellement les besoins
de ce segment des T.P.E. Les IMF ciblent majoritairement le microcrédit et le court
terme. Elles disposent en général de produits adaptés pour financer la trésorerie
des activités génératrices de revenus (AGR) et de la microentreprise (pour donner
un ordre de grandeur, crédits court terme inférieurs à 1500 euros). Cela couvre une
partie des besoins des TPE, mais une faible partie seulement. De même que le coût
des transactions reste élevé.
Si la microfinance constitue bien l’un des éléments phares de la finance
solidaire via les activités de microcrédit professionnel ou de financement
d’activités génératrices de revenus, elle est aussi animée par des dispositifs
de microcrédit personnel garanti, liant accompagnement social et financement de
projets de vie, dont on parle moins (Glémain, 2010).
Au Maroc, les activités de microfinance sont nomées microcrédit. Elles ont
débuté au milieu des années 1990, avec l’appui de l’AMSED (Association Marocaine
de Solidarité Et de Développement) et se sont progressivement consolidées, à
travers l’initiative Microstart du PNUD et l’intervention de l’USAID. Ainsi, s’est
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créée la Fondation Zakoura1 en 1995, l’association Al Karama en 1996, la Fondep et
Al Amana en 1997, suivie par la création d’autres associations de microcrédit.
Les A.M.C. marocaines qui doivent nécessairement avoir le statut
d’association, ont bénéficié d’une aide nationale. Le gouvernement s’est engagé en
décembre 2005 à leur pourvoir une enveloppe de 200 millions de dirhams - DH2 sur
5 ans, et des aides internationales notamment celle de l’Agence Française de
Développement (AFD), de la Banque Européenne d’Investissements (BEI), de la
Commission européenne, de la Coopération espagnole, ou encore de la Millenium
Challenge Corporation (administration étasunienne). Ces aides prennent la forme
de prêts accordés directement à des taux préférentiels, de garanties, ou encore
d’assistance technique pour l’amélioration de leur performance financière (El Attar
, Moutem, 2008)
La loi n° 18-97 du 1er avril 1999 a défini le microcrédit comme «Tout crédit
dont l’objet est de permettre à des personnes économiquement faibles de créer ou
de développer leur propre activité de production ou de services en vue d’assurer
leur insertion économique ».
Des amendements à cette loi ont élargi le champ d’application du
microcrédit à : l’acquisition, la construction ou l’amélioration du logement ;
l’alimentation des foyers en eau potable et en électricité et le financement de la
souscription de produits d’assurance maladie et d’autres opérations. Le montant
maximum du microcrédit est fixé à 50.000,00 dirhams et l’octroi du microcrédit
peut être assorti de formation, de conseil et d’assistance technique.
Les Associations Marocaines de Microcrédit - AMC sont supervisées par le
ministère des Finances, mais leur surveillance a été déléguée à Bank Al-Maghrib (la
Banque centrale marocaine) depuis 2007. Le secteur du micro crédit au Maroc
regroupe douze AMC et qui sont adhérées à la Fédération Nationale des
Associations de Microcrédit - FNAM. Toutefois, Le secteur est hautement concentré
et les quatre principales AMC : Zakoura, Al Amana, Fondation des Banques
Populaires et Fondep totalisent 90% des services auprès de la clientèle.
Le Maroc représente à lui seul plus de 40% des microcrédits distribués dans
la région du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord (MENA). Trois des 12
associations, se positionnaient, au titre de l'année 2009, selon les données de
l'organisme Américain spécialisé Microfinance Information Exchange - MIX, dans le
top des 100 IMF les plus performantes au monde. Quatre des douze Associations
marocaines figurent parmi le Top 30 des IMF du monde entier.
Le secteur marocain du microcrédit a connu l’une des plus formidables
croissances jamais observées en microfinance. En moins de quatre ans, de 2003 à
2007, le portefeuille de prêts des AMC a été multiplié par onze, et la clientèle par
quatre, selon les données du MIX. Ces institutions ont affiché des résultats
remarquables selon tous les critères de performance appliqués en microfinance,
1
Les Fondations Zakoura et Banque populaire pour le microcrédit ont signé, 5 mai 2009 à Rabat, un
protocole d'accord fixant les modalités de leur fusion et aboutissant au transfert de l'intégralité de
l'activité de la Fondation Zakoura à la Fondation Banque populaire pour le microcrédit.
2
1euro équivaut (à peu près) 11dirhams-dh.
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notamment l’échelle du degré de pauvreté de la clientèle et de la qualité des actifs
et de la rentabilité. Ces résultats impressionnants ne sont pas passés inaperçus : Al
Amana et Zakoura ont reçu plusieurs prix internationaux (dont le prix du MIX
récompensant les IMF les plus performantes et le Prix européen de la
microfinance).
En 2007, le secteur de la microfinance au Maroc était l’un des plus actifs et
de plus performants au monde mais des signes annonciateurs d’une crise ont
commencé à apparaître. La crise s’est matérialisée par une hausse des taux
d’impayés et une progression de l’endettement croisé.
Le gouvernement marocain a réagit en mettant en place, en étroite
collaboration avec Bank Al-Maghrib et la Fédération nationale des associations de
microcrédit, un plan de consolidation du secteur. Ce plan s’est fixé comme
priorités : le renforcement de la gouvernance des AMC et l’amélioration de la
transparence, le contrôle des prêts croisés et la prévention du surendettement, la
réforme du cadre réglementaire et la sécurisation des liquidités pour le secteur audelà de l’année 2009, en encourageant les liens entre les AMC et les banques. Deux
des principales AMC du Maroc (la Fondation Banque Populaire pour le Microcrédit
et la Fondation ARDI) ont déjà été créées par des banques locales et les AMC plus
petites sont incitées à trouver des partenaires bancaires (Reille, 2009).
5. Evolution des TPE et de leur besoins en financement
Les besoins réels en financement des T.P.E. évoluent selon le cycle de vie de
l’entreprise et selon son secteur d’activité. En effet, la création d’une T.P.E
nécessite des fonds. Une fois installée, elle a besoin de services financiers pour son
démarrage et pour son fonds de roulement et enfin dans la phase de croissance et
développement, la T.P.E. nécessitera des aides financières.
Le petit commerce de détail et les micro-unités de services ne nécessitent
pas des études de dossiers importantes, leurs caractéristiques sont connues et
leurs potentialités d'évolution sont limitées. Leur appui pourrait se limiter à du
crédit en fonds de roulement et, à la demande des micro- entrepreneurs, de
petites sessions de formation adaptées.
A l'attention des petites unités de production, il peut y avoir une
combinaison de crédit en fonds de roulement et des formules de nantissement de
marchés. Le besoin en investissement pourrait être pris en compte lorsqu'il existe
déjà un parcours commun et sans incidents en matière de crédit entre
l'entrepreneur et la banque ou l’IMF. Le conseil et la formation (formation
technique et en gestion) sont susceptibles, quand ils sont sollicités par
l'entrepreneur, d'induire des mutations qualitatives dans l'entreprise. Le
financement de la création pourrait se voir réserver une part limitée des
interventions. Il implique une bonne étude préalable du dossier et une évaluation
des capacités entrepreneuriales du promoteur.
Les actions plus spécifiques sont à réserver à des unités avec un niveau de
complexité, et un potentiel de croissance supérieur (chiffre d’d'affaires plus
important, rapports salariaux et marchés diversifiés). Ces unités expriment des
demandes en termes de conseil et de formation (gestion de la production,
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organisation du travail, estimation des besoins en fonds de roulement, etc...)
pouvant faire l'objet d'interventions personnalisées et payantes. Au niveau du
financement, les besoins en fonds de roulement et de nantissement constituent les
demandes principales. Comme pour d'autres, le financement de l'investissement
implique un parcours commun et une bonne connaissance réciproque (Botzung,
1996).
L'appui à la petite entreprise implique donc pour être efficace une prise de
risque. La question n'est pas de le réduire systématiquement à zéro, mais de
l'identifier, de le gérer, de le répartir et de l'accepter en fonction des impacts
potentiels induits. Beaucoup d'entreprises, en fonction de leur marché et des
capacités de l'entrepreneur, n'ont que des potentialités limitées d'évolution. Mais
pour une part d'entre elles, l'extension de l'unité suscite un besoin de financement
de l'investissement qui n'est que rarement couvert par la lente et faible
accumulation interne; elles disposent cependant de l'expérience, de la
connaissance des marchés et de la motivation nécessaire. Il paraît donc
économiquement pertinent de favoriser ce public et d'en faire un champ privilégié
d'intervention des institutions financières (Botzung, 1996).
En dehors des apports personnels et/ou ceux des proches parents ou
connaissances, une micro- entreprise exerçant dans le secteur informel n’a pour
seules ressources, que des micro - crédits alloués par des IMF. Ces services
financiers, compte tenu de leur faible montant, ne permettent que très
partiellement d’accéder aux biens de production. Autrement dit, ils ressemblent
plutôt à des crédits de trésorerie ou encore à des crédits conjoncturels.
Le passage d’une assistance faible à une assistance moyenne s’accompagne
éventuellement du changement de statut de la micro- entreprise. Celle - ci peut
se transformer en PME (ou PMI) si les conditions le permettent ou tout
simplement garder son statut. Dans cette situation, les crédits deviennent plus
importants et visent à renforcer le potentiel productif de la micro- entreprise.
L’intervention des IMF et des banques est ici importante. Sans oublier l’implication
des autorités publiques, qui peut prendre diverses formes : subventions
financières, défiscalisation des activités micro- financières, allègement des
charges d’exploitation des IMF, etc. (Doumbouya, 2008). Il faut noter que
d’autres bailleurs de fonds ont, tout au long des années 80, répondu aux
insuffisances des banques en développant une panoplie du petit financier: par
l'octroi de lignes de crédit à long terme et à des taux concessionnels, la création de
sociétés de capital-risque, de fonds de garantie, de cellules d'appui chargées de
l'identification, de la conception des business plans et du suivi des entreprises
(Botzung, 1996)
La «marchéisation» progressive de l’économie doit s’accompagner
d’innovations favorables à la construction d’un système financier intégré et
capable de financer efficacement toutes les activités productives. La relation
clientèle développée par les I.M.F. peut être un atout pour les banques
commerciales pour améliorer l’efficacité de leur «front office» (force de vente et
suivi commercial) ; tandis que les I.M.F. peuvent s’appuyer sur un «back office»
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(logistique) favorable, assuré par les banques, pour améliorer leur capacité
financière et offrir aux micro-entrepreneurs les possibilités de se doter d’un capital
productif nécessaire au renfoncement durable de leur capacité (Doumbouya,
2008).
La TPE n’est pas au cœur de la stratégie de la banque classique et elle n’est
pas la cible de la microfinance (Maarouf, 2011) d’où l’intérêt d’introduire de
nouvelles pratiques dans les banques et les I.M.F.
6. la mesofinance : La descente en gamme pour les banques montée en
gamme pour les A.M.C.
Faute de solutions financières adaptées aux besoins des T.P.E., qui se situent
entre les minimums d’intervention des banques traditionnelles, les banques
classiques « macro », et le plafond des crédits offerts par les institutions de
microfinance, la mésofinance est proposée comme une alternative (Sanders ,
Wegener, 2006). Il s’agit de deux grandes tendances actuelles : la descente en
gamme du financement bancaire vers le financement des T.P.E. et la montée en
gamme du micro-financement vers le financement des T.P.E.
6.1 La mésofinance et le besoin de financement
Le financement de la très petite entreprise est souvent considéré, comme le
chaînon manquant entre les banques formelles et les I.M.F. (Voir les figues 1 et 2
suivantes).
La mésofinance concerne les besoins de financement non couverts des
petites entreprises, qui peuvent s’étaler de 2 000 € à 100 000 €, ces limites
pouvant varier selon les pays (AFD, 2010).
Figure 1 : Besoins de financements
Source : (AFD 2010)
Au Maroc, les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions
de dirhams ne sont pas servies par les établissements bancaires et leurs besoins ne
sont pas satisfaits par les associations de microcrédit A.M.C. (Maarouf ,2011)
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Figure 2 : Structure du marché financier au Maroc
Source : (Maarouf 2011)
6.2 Financement bancaire : La descente en gamme (downscaling)
Quelques banques commerciales traditionnelles sont de plus en plus à la
recherche de nouvelles niches de marché et ayant été convaincues des
potentialités du microcrédit commencent à octroyer directement du crédit aux
micro-entrepreneurs ou prennent des participations dans des IMF (De Briey, 2005).
Pour favoriser le financement
des T.P.E. marocaines, les banques
marocaines doivent prendre plusieurs mesures. Il s’agit entre autres de :
- Favoriser l'augmentation des fonds propres des T.P.E. ;
- Instaurer une Charte de partenariat entre les Banques et les T.P.E. ;
- Mettre en place un dispositif financier spécifique aux T.P.E. intervenant
sous forme de cofinancement ou de garantie ;
- Promouvoir et encourager l'épargne de proximité ;
- Réduire les coûts des transactions ;
- Mettre en place des mécanismes appropriés pour permettre l’accès à des
crédits bonifiés, en particulier au profit des T.P.E. qui se distinguent par
leur dynamisme et leurs capacités d’amélioration ; (Hamdouch et al.,
2004)
- Proposer une large gamme de produits de financement pour développer le
marché des très petites entreprises et augmenter le taux de bancarisation
de cette cible. En effet, la bancarisation au Maroc demeure encore
modeste à cause de plusieurs facteurs notamment l’importance du secteur
informel et la réticence à utiliser des moyens de paiement scripturaux
(Hammes, 2006).
- Mettre en place des stratégies basées sur la proximité géographique et
culturelle vis- à-vis de cette cible en développant un réseau d’agences
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consistant et en développant différentes manifestations destinées aux TPE
via l’organisation de rencontres avec cette cible pour être en phase avec
ses attentes et ses besoins.
Développer une relation bancaire axée sur le conseil et l’élaboration d’une
offre adaptée : un crédit d’investissement, un crédit d’investissementextension, et un crédit de fonctionnement, financement de logements
destinés, entre autres aux petits commerçants et artisans.
Former les commerciaux bancaires afin d’assurer la prise en charge, le
conseil et l’accompagnement de cette clientèle (Hammes, 2006).
La réputation et les relations sont des facteurs très important pour le
financement formel de petites entreprises privées.(Zhang, 2008)
6.3 Microfinancement : Montée en gamme (upscaling)
Dans les pays où la législation le permet (au Pérou et en Bolivie notamment),
un processus de réglementation des organisations spécialisées dans le microcrédit
commence à voir le jour : en particulier, des ONG donnent naissance à des
institutions financières réglementées au statut de Sociétés Anonymes (S.A.) et
s’inscrivent dans une logique de rentabilité (De Briey, 2005).
Le recours à des nouvelles technologies et l’informatisation ont permis de
réduire les coûts et les risques des crédits, rendant ainsi plus rentable la prestation
de service à une clientèle pauvre (Littlefield , Rosenberg, 2004). Par ailleurs,
l’information financière est de meilleure qualité et la solidité financière de ces
institutions plus grande. De nombreuses grandes IMF n’hésitent d’ailleurs pas à se
faire évaluer par des agences de notation commerciales afin d’asseoir leur
réputation (De Briey, 2005).
Ces I.M.F. diversifient progressivement leur offre de produits pour répondre
plus largement aux besoins des micro et petits entrepreneurs. Il y a à cela des
raisons multiples (maturité de ces institutions, concurrence, croissance, prise de
conscience de la diversité des besoins des clients et de la nécessité d’adapter les
services pour fidéliser ces derniers). D’autres institutions financières, spécialisées,
se créent également en ciblant directement ce segment de marché (Portail
microfinance, 2012).
Qu’il s’agisse de la montée en gamme des banques ou la descente en gamme
des IMF, quelques organismes, comme l’Agence Française de Développement,
proposent un appui aux banques, aux IMF et aux TPE. En effet, ils proposent aux
établissements bancaires traditionnellement positionnés sur la clientèle des
grosses PME de les accompagner dans leur stratégie de descente en gamme de
clientèle vers une offre de financement destinée aux petites entreprises. Ce soutien
peut être constitué d’une part, d’un appui financier pour le développement de
produits, de compétences et de méthodes à destination de ces entreprises, et
d’autre part, d’une garantie partielle de leurs risques de crédit pendant la période
d’acquisition de compétences sur cette nouvelle clientèle de T.P.E. Ces organismes
interviennent aussi auprès des institutions de microfinance qui souhaitent
accompagner la croissance de leurs plus gros clients et monter en gamme leur
financement, en leur offrant également différentes formes de soutien financier. Les
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outils utilisés par exemple au niveau de l’A.F.D pour mettre en œuvre cette
approche mésofinance sont : les garanties partielles de portefeuille ARIZ1, pour
partager, avec les institutions financières, le risque sur ces nouvelles catégories de
clientèle ; La mise en place de lignes de crédit ciblées sur le segment des TPE/PE et
l’octroi de subventions d’assistance technique, à la fois pour le renforcement des
compétences des institutions financières en matière de crédit aux TPE/PE, et pour
l’accompagnement des TPE/PE dans un cadre de structuration de la demande (AFD,
2010).
Quelques expériences de mise en place de mésofinance sont menées en
Turquie et au Cameroun. L’AFD a par exemple décidé fin 2008 d’accompagner la
stratégie TPE de Sekerbank, onzième banque commerciale turque. De même elle a
appuyé le programme d’appui à la mésofinance de l’IMF Advans Cameroun créée
en 2006 et qui s’attache au segment de clientèle dont les besoins de crédit se
situent entre 10.000 et 45.000 euros (AFD, 2010).
Conclusion
La T.P.E. depuis longtemps financée par l’informel puis en partie par la
microfinance, éprouve le besoin aujourd’hui d’être financée par des établissements
bancaires. La diversification de l’éventail des établissements bancaires est une
condition importante mais non suffisante pour que les TPE bénéficient d’un accès
au crédit satisfaisant. Le caractère limité des informations, le manque de garanties,
les risques élevés et les coûts de transaction entravent le financement des TPE
dans tous les pays (OCDE, 2005).
La participation de certaines banques aux débats sur l'appui et le
financement des petites entreprises relève aujourd'hui davantage d'un souci
d'image (en vue de bénéficier de la bienveillance des bailleurs) ou de pressions
politiques. Si elles citent les risques élevés des prêts aux petites entreprises et le
coût particulièrement élevé de la transaction comme raisons principales de leur
réticences à prêter, beaucoup admettent désormais qu'elles ne disposent ni des
techniques, ni de la volonté réelle de prêter à ce secteur (Botzung, 1996).
Au Maroc, et malgré tous les programmes d'appui aux petites entreprises, de
l'existence d'un secteur bancaire commercial développé et de l'intérêt des bailleurs
de fonds, les banques ne financent que très marginalement le secteur des T.P.E.
Cette tendance devra changer dans le futur et l’Etat devra jouer un rôle
important dans : l’étude de nouvelles modalités de financement de la TPE (fond
d’investissement TPE) (Maarouf ,2011), l’encouragement des actions de
downscaling des banques et la mise en place un cadre juridique permettant
l’upgrading des Associations de microcrédit.
Le Maroc d’ailleurs, doit mettre en œuvre une stratégie d’intervention
globale pour combler les besoins de financement des très petites entreprises non
1
ARIZ : dispositif de garantie destiné aux banques disposant d’une expertise reconnue en matière
d’analyse du crédit et souhaitant développer leur activité de méso -finance et leur portefeuille de
prêts en faveur des PME.
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couverts par les banques et les A.M.C., en intégrant à la fois un appui à l’offre des
institutions financières et un appui à la demande de financement des TPE/PE.
En effet, l’adoption du nouveau taux réduit de l’IS adapté à la taille des T.P.E.
en 2011, permettra d’offrir un moyen de financement supplémentaire permettant
à ces entreprises de réinvestir leurs bénéfices pour se développer et de détenir des
bilans réels et bancables. Ainsi, elles pourront avoir accès au financement auprès
des banques. Reste une évolution de la législation en matière de déplafonnement
du taux de l’usure est souhaitable.
D'autres solutions pour le développement de microentreprise pourraient
résider dans le développement des mécanismes de garantie des prêts au niveau
régional, des fonds d’investissement de proximité (FIP) et dans le développement
de banques d’état spécialisées dans le financement aux entreprises (AttuelMendès , Ashta, 2007).
Dans ce sens, des voies de recherche sont à envisager sur la démarche
mésofinance de l’offre de financement des A.M.C et des banques marocaines, sur
la démarche mésofinance de la demande de financement des T.P.E. marocaines
mais aussi sur la bancarisation des A.M.C.
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