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Revue de presse des journaux scolaires et lycéens 2005
Volume 2 > Lycées
Ils en ont parlé
De l’actualité
Le tsunami
Nouveaux médias
La Plume d’Hermès >
N° 6 - Décembre 2004
Lycée Sainte Geneviève
Rennes (35)
Le titre >
N° 1 - Janvier 2005
Lycée Franklin Roosevelt
Reims (51)
Dis-leur! > N°13 - Déc. 2004 - Lycée Blaise-Pascal Brie-Comte-Robert (77)
Osmose >
N°16 - Mai 2005
Lycée Jacques Cartier
Saint-Malo (35)
Mangas
La réforme Fillon
Quels regards
les jeunes portent-ils sur l’actualité dans leurs journaux?
Nouvelle formule. Cette année la revue de presse est
publiée en 2 volumes (volume 1: journaux scolaires,
écoles et collèges - volume 2: journaux lycéens) et
dans 2 éditions, l’une papier, l’autre électronique.
La sélection. Elle s’est effectuée à partir de 305 titres de journaux d’écoles (482 n°), 329 titres de journaux collégiens (535 n°) et de 202 titres de journaux
lycéens (504 n°) réalisés entre septembre 2004 et
septembre 2005. Chaque numéro de chaque journal a
été l’objet d’une lecture attentive.
Les thèmes. Les thèmes retenus dépendent de la fréquence des articles consacrés à tels ou tels sujets
d’actualité. Le Clemi a pris soin de respecter la diversité des opinions exprimées lorsqu’un sujet faisait
débat. Le thème de l’environnement et du développement durable qui est fréquemment abordé dans les
journaux n’a pas été retenu dans la mesure où il fera
l’objet d’une revue de presse thématique.
La méthode. Les extraits retenus vous sont restitués
de la manière la plus proche possible de leur forme
graphique d’origine. Certains articles, bien trop longs,
ont fait l’objet de coupes signalées. Vous en trouverez
la version intégrale dans l’édition électronique.
Des bonus Internet sur
www.clemi.org :
(Rubrique : médias scolaires et lycéens)
L’édition électronique (fichier Word) avec :
● le texte intégral des articles
● un choix d’articles plus large
● des rubriques supplémentaires
> Santé
> Culture
> Vie perso (Filles et garçons)
Ce volume 2 consacré aux journaux lycéens souligne la vitalité de cette presse.
Aucun des grands thèmes de l’année 2004/2005 n’est négligé. Darfour, Tsunami, élections américaines, mort de Yasser Arafat, décès du Pape, mais aussi le référendum sur
la constitution europénne: autant de sujets où les prises de positions vigoureuses se
partagent avec les analyses en finesse.
Cette édition 2005 donne aussi accès aux arcanes de l’univers des grands adolescents:
rapports familiaux, pratiques sportives, nouveaux médias. Elle offre une expertise en
matière de mangas et réhabilite un genre qu’ils percoivent comme injustement méprisé.
Mais la grande affaire de l’année scolaire, c’est, à l’évidence, la réforme Fillon et le
mouvement lycéen qu’elle a suscité. Rendant compte de cette effervescence de l’intérieur, les journalistes lycéens jouent leur rôle et font vivre le débat au sein de l’opinion
lycéenne. Décorticages minutieux et argumentés des propositions législatives et des
mots d’ordre des manifestants, reportages sur les manifestations, témoignages sur les
occupations de lycées et réflexions sans complaisance sur le concept de «gréviste
lycéen» ou sur les opérations coup de poing: les discussions font rage d’un titre à l’autre
ou au sein des mêmes colonnes. La vigueur, la pertinence et la diversité des points de
vue affichent une fois encore l’authenticité et l’utilité de cette pratique. Les journaux
lycéens mettent en œuvre un apprentissage vivant et exigeant de la démocratie.
De leurs interrogations sur les troubles du monde à leurs tourments personnels en
passant par le décryptage de leurs domaines de prédilection, les journalistes lycéens
s’érigent en acteurs d’un dialogue intergénérationnel indispensable.
France Renucci
Directrice du CLEMI - Maître de conférences
De l’actualité Revue de presse des journaux scolaires et lycéens 2005
Volume 2 > Lycées
CLEMI Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information - Ministère de l’Éducation nationale 391bis rue de Vaugirard 75015 Paris
Tel: 01 53 68 71 00 Fax : 01 42 50 16 82 e-mail: [email protected] http://www.clemi.org
Directeur de publication : France Renucci
Rédaction et illustrations : Élèves rédacteurs des journaux
Conception et coordination générale : Pascal Famery
Recension des journaux : Pascal Famery, Carole Hourt, Jessica Paulin
Sélection des articles : Pascal Famery, Carole Hourt, Jessica Paulin avec Michel Huguier
et Marie-Françoise Poulain
Remerciements à Jean-Marie Dupont, Président du Conseil d’orientation et de perfectionnement
(COP) du Clemi, Olivier Bourhis (Jets d’encre), Christine Faucqueur (DESCO), Frédéric Eleuche (SNALC),
Eve Lê Qang (Ministère de l’Agriculture), France Ménard (UNSA), André Mathieu (ICEM) et France
Renucci, Evelyne Bevort et Corinne Tual pour le Clemi qui ont bien voulu valider cette sélection
Conception graphique et mise en page : Pascal Famery
Remerciements: Danièle Bonnin, Anne Bocquet, Désiré Sylva, Michel Huguier et toute l’équipe du Clemi
Impression : Tony Lopez Impression St Maurice sur Fessard (45) ISBN 2-240 900 37-7
Imprimé en novembre 2005
Édité avec le soutien de :
Fondation Varenne pour la presse
et la communication
Une exigence morale et éthique:
Au nombre des actions de la Fondation,
deux axes s'inscrivent parfaitement dans
les préoccupations actuelles:
● promouvoir la communication pour
favoriser l'émergence et l'échange des
idées, des connaissances, des avancées
culturelles et intellectuelles.
● contribuer à la formation de la jeunesse aux métiers et aux disciplines
de la communication.
Une vocation : Récompenser, Encourager et Aider.
● Actions auprès des scolaires. Soucieux de stimuler le développement de
la presse dans les établissements et parce que nous sommes persuadés
que le journal scolaire constitue un excellent outil pédagogique et un
formidable moyen d'ouverture sur le monde extérieur, nous avons choisi
d'aider la presse à l'école en organisant un concours de journaux de
lycées et collèges sur les académies de Strasbourg et Caen. Dans le but
de sensibiliser les jeunes au rôle déterminant de l'information dans la vie
citoyenne nous organisons également un concours de «UNE» dans les
académies de Clermont-Ferrand, de Limoges, de Strasbourg en
collaboration avec les DNA, et le département de la Nièvre.
Fondation Varenne - Siège administratif :
28 rue Morel-Ladeuil 63000 Clermont-Ferrand
www.famv.com - Tél : 04 73 18 30 Fax : 04 73 17 19 47
SOMMAIRE
Grâce à cette cinquième édition de la revue de presse
des journaux scolaires et lycéens, le Clemi souhaite
valoriser et faire partager la richesse du contenu de
ces journaux dont le dépôt pédagogique lui a été
confié par le ministère de l’Éducation nationale.
Cette revue de presse veut rendre compte des grandes
tendances de l’actualité 2005 abordée dans la presse
scolaire et lycéenne.
ÉLECTIONS USA > page 3
TSUNAMI > pages 4 et 5
INTERNATIONAL > page 6
CONSTITUTION EUROPÉENNE > page 7
RÉFORME FILLON > pages 8 et 9
MOUVEMENT LYCÉEN > pages 10 et 11
LIBÉRATION DES CAMPS > page 12
SPORT > pages 12 et 13
NOUVAUX MÉDIAS > page 14
VIE PERSO > pages 15
MANGAS > page 16
fax ! est un journal junior international à distance réalisé
par des jeunes en 24 heures, sur des thèmes d’actualité.
Pour en savoir plus et pour participer :
www.clemi.org et [email protected]
Elections USA
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
3
Si les critiques à l’égard de l’administration Bush sont virulentes, les relents d’anti-américanisme provoquent la discussion.
BULLSHIT
The 2004 election was a disaster. We
were duped. America used to be a free
country, run by the citizens. Unfortunately, we have become a country
owned and run by major corporations
and conglomerates. America has become a land run by the rich. All of our television stations, and there are quite a few,
are run by only 6 different major corporations. Each of those 6 major companies will benefit greatly from Bush’s tax
cuts, while the typical, middle-class
American will not.
What was hopeful about the ’04 election
was the huge amount of people in the
limelight of fame that fought to expose
the truth about Bush and bring it to the
people. Michael Moore, a controversial
and liberal film maker, directed the
movie « Fahrenheit 911 » a hard-hitting
expose on Bush’s blunders. Mr. Moore
then went on a tour of colleges and universities across the country encouraging
the youth to get out and vote. Many
musicians and actors also got out and
helped spread the word about voting,
and choosing the right candidate. (…)
The majority of younger voters did vote
for Kerry for several key reasons. One,
they don’t want to go to fight in this
meaningless war in Iraq. Two, they get
accurate and truthful information on the
election candidates from the internet.
Three, they don’t want to be saddled
with the massive debt Bush is piling up,
and four, the youth look up to their favorite celebrities and their political views.
Eventually, the «awful truth» will come
out about George Bush, and when it does
America will know what the rest of the
world already does. I’m glad a majority
of Minnesotans voted for John Kerry
giving him all electoral votes for the
state, and I will always be glad I cast my
very first vote for John Kerry. Nathan
Tauer is gay!!!! Punk rock forever!!!!
By Ben Plocher and Jeremy Froelke
(nos correspondants aux Etats-Unis)
Le Condor c’est ta muse > Déc. 04
Lycée Condorcet - Paris (75)
Marre de l’anti-américanisme primaire!
«Et on haïra, on méprisera l’empire
américain», Manifeste, Indochine, Dancetaria.
Les Américains voient grand, très grand, trop grand…
Ils aiment nous épater, notamment avec leurs budgets impressionnants, consacrés à tout et n’importe
quoi : ciné, music, people… (…)
Il s’agit donc d’un chiffre, dont nous voudrions vous
faire part, un chiffre qui ne cesse depuis un an et
demi de croître à des allures considérables… et qui
est affiché – notre envoyé spécial nous l’a confirméen plein cœur de Manhattan, si je puis ainsi m’exprimer. Le chiffre en question est, à l’heure où je vous
parle (le 25 octobre), de 141 215 000 000. Je suppose que vous vous doutez de quoi il s’agit, mais comme
moi, vous ne voulez y croire… Non, ce n’est pas le prix
que va coûter la future opération médicale (...) afin
de tenter de bannir le Sida en Afrique ou en Asie. (...)
Non, il s’agit de l’argent qu’on a soigneusement, parcimonieusement, et scrupuleusement dépensé à des
fins humanitaires : dépeupler et saccager l’Irak, tenter d’en faire une colonie, tout en faisant semblant
de trouver des bombes – Oh pardon ! « Armes de
Destruction massive ». (...) Vous rendez-vous compte,
141,215 milliards de dollars, soit 117 millions de dollars par jour, 122 820 par minute, 2047 $ par seconde… (…) Mais ne vous alarmez pas, dormez bien, vous
êtes en guerre…
Margot Sylvain & Matthieu Régnier
No comment > N°14 - Spécial USA - Nov. 2004
Lycée Sacré cœur - Tourcoing (59)
ET LA RÉDACTION QU’EN PENSE-T-ELLE ?
Bush étant élu il reflète donc la pensée de la
majorité des Américains. ALICIA
La réélection de Bush est la plus grande bêtise de
l’année ! Un homme qui mêle religion et politique
(contraire aux principes démocratiques) ne devrait
pas rester à la Maison blanche.
Je ne pensais pas que les Américains s’abaisseraient
à ce niveau… mais compte tenu du « Bourrage de
crâne » qu’ils ont subit, on les excusera (encore une
fois…). MARINE P.
Avant on pouvait dire « le gouvernement américain
est rempli de crétins profonds » mais maintenant
avec l’élection par l’ensemble du peuple des STATES,
de Bush, nous pouvons enfin dire « LES AMÉRICAINS,
QUELLE BANDE DE CONS ». Sérieusement, où va le
monde, avec à sa tête un mec aussi dangereux. MAX
L’Obsédé textuel > Oct./nov. 2004
Lycée Delacroix - Maisons-Alfort (94)
Si l’heure est à la crainte, ce n’est pas la crainte
du terrorisme, mais bien la crainte que l’on
tombe tous dans l’anti-américanisme primaire.
Notre génération, qui vit la mondialisation en
plein développement, a la fâcheuse tendance de
vouer aux États-Unis une haine grandissante.
Combien de fois avons-nous entendu même
pour rigoler: «De toute façon, les Américains ce
sont tous des cons ». Propos xénophobes et racistes dans la bouche de jeunes qui se prétendent
tolérants et ouverts. Si l’on peut remarquer que
les Américains ont parfois un sentiment de supériorité nationale, nous ne devons pas nous y mettre. (...). Si parfois, ils ont des conceptions qui
nous choquent, c’est bien parce qu’ils sont différents et qu’ils vivent une autre culture. Connaître
l’histoire des États-Unis éclaire beaucoup la
situation actuelle, et permet de ne pas la juger en
bloc. (...)
Le danger consiste à faire des généralités. Soit on
est anti-américains, c’est-à-dire contre la diffusion de la culture (de masse) américaine, contre la
politique extérieure du gouvernement Bush, contre le capitalisme (incarné par les USA), contre la
guerre sainte américaine, contre l’idéologie américaine «sauveur-du-monde», totalitaire et nationaliste. Soit on est anti-américains primaires,
c’est-à-dire qu’on ne réfléchit pas à ce qu’on dit,
qu’on en vient à reprocher aux Américains d’être
nés Américains, qu’on les juge responsables individuellement de nos reproches à la société et au
gouvernement. (…)
Toutefois, on peut se demander si «anti-américanisme» est l’expression appropriée. Car être
contre les États-Unis (anti-américanisme), n’est
ce pas déjà être primaire? En ce qui concerne la
mondialisation, l’appellation est passée de «antimondialisation» à «alter-mondialisation». Peuton faire la même chose pour «l’anti-américanisme», ce qui voudrait dire vouloir les États-Unis
autrement que comme ils sont maintenant. Mais
n’est-ce pas témoigner d’une volonté d’ingérence sur les États-Unis ? Pierre Bosquet
Jean-François > N° 4 – Mars 2004
Lycée J-F. Millet – Cherbourg (50)
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Ayons l’Ohio à l’Œil
ou voter aux Etats-Unis
(…) En 2002, le congrès américain adopte la Help America
Vote Act, une loi qui doit aider les Américains à voter: après
le fiasco de l’élection dernière, il vaudrait mieux ne pas réitérer ce genre de petit désagrément, très mauvais pour l’image
de marque d’une si grande puissance. Les vieilles machines
de vote seront donc remplacées par des instruments plus
modernes: des machines à voter électroniques. (...). Mais
après les bonnes intentions, doivent suivre les moyens… et
les crédits n’étant alloués que depuis juin, sachant que chaque
état peut s’équiper jusqu’en 2006, le beau rêve d’une élection
qui fonctionne semble s’évaporer. Certains états, le jour des
élections, devront donc se contenter de leurs vieux systèmes.
Prenons l’Ohio. En chiffres et en constatations brèves, cela
donne : 72 % des électeurs inscrits soit 5 millions obligés de
se servir de cartes perforées (même que dans plusieurs autres
états). Ne pas oublier que dans cet état, le sondage de l’université de Cincinnati donne à Bush 11 points d’avance sur
Kerry (...). Michael Moore est cependant confiant, soit dit en
passant, il affiche un grand sourire optimiste quant à l’issue
du scrutin. Il est très drôle, ce Moore, très serein, il a l’air de
nous dire : « Keep cool guy, j’ai fait un film génial, toute
l’Amérique me croit, donc on va gagner, (...)» Bref. Juste un
détail à rajouter, chaque fois qu’un candidat républicain
gagne l’état de l’Ohio, il est élu à la présidence.
Pour conclure, il semblerait que les États-Unis qui n’ont pas
modernisé leurs bureaux de vote soient plutôt pro-républicains… ne surtout pas faire de déduction rapide, je n’avance
rien, simplement il faudra aux Ohioois beaucoup de détermination et de courage, ce 2 novembre prochain. (…) Naïké
Jean-François ● n°4
Le Condor c’est ta muse
● Dec. 2004
L’Obsédé textuel ● Oct.04
Sans > N°1 - Oct. 2004 - Lyc. Henri IV - Paris (75)
Sans ● n°1
Typo > n°66
Novembre 2004
Édition Saône et Loire
Le Journal
de Saône et Loire
Chalon sur Saône (71)
Tsunami
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Solidarité
4
L’émotion et la prise en charge de la solidarité n’ont pas étouffé le recul critique, loin de là !
Editorial
Mais pourquoi la vie est-elle si dure ? Le destin
les a touchés ! C’est injuste, ce désastre ! C’est
horrible ! Je ne sais comment décrire ce drame !
Les images des médias nous ont attristés ! Qui
peut réaliser ce qui s’est passé ? Ces milliers de
morts, ces enfants orphelins. Que vont-ils devenir, eux et leur pays ? Les images des médias
nous ont fait découvrir le mal. Elles nous émeuvent, et ce ne sont que quelques images !
Pensons à ce qui a pu se passer ! Inimaginable !
Les images nous renvoient à la tristesse, à la
peine des pays touchés, des familles des morts,
blessés et disparus. Qui aurait cru qu’au lendemain de Noël un pareil drame serait survenu ?
Atroce ! Pire encore ! Des mots, ce ne sont que
des mots : peu de choses en comparaison de la
réalité. Qui commande à cette nature ? Nature
indigne qui tue tous ces gens ! Ceux des pays
touchés, mais aussi les touristes français, anglais, américains, australiens… Pensons à leurs
familles ! À tous ces innocents morts aujourd’hui ! NON ! Plus jamais ça ? Maintenant, aidons
ces pays à revivre ! LA SOLIDARITÉ ET RIEN
D’AUTRE !!!
Mandy
Le Biface > N°13 - Janv. 2005
Lyc. Boucher-de-Perthes - Abbeville (80)
Les textos pour l’Asie, une grosse arnaque ?
Devons-nous continuer de faire de l’humanitaire par SMS ? Au
lendemain de la catastrophe provoquée par le tsunami en Asie du
Sud, les morts sont innombrables. Mais certains se frottent les
mains : les dégâts matériels étant énormes, il va falloir reconstruire. Oui cela peut vous paraître ignoble mais c’est la vérité. C’est
aussi l’occasion pour certains opérateurs de mobiles de redorer
leur blason. Effectivement, ces derniers temps, ces entreprises
étaient de plus en plus mal vues par leurs clients auxquels elles
font payer l’envoi d’un texto à des prix exorbitants. (...)
Et derrière cette participation de ces entreprises, ne voyez-vous
pas un immense coup de pub en Europe et en Asie ? Cette catastrophe donne l’occasion à ces opérateurs d’étendre leur marché dans ces pays en pleine voie de développement.
De plus, allez faire un petit tour dans les sites de forum sur
Internet. Combien de fois ne verrez-vous pas des adolescents
de nos âges se vanter d’avoir envoyé un énième sms pour la
Croix-Rouge ? Cela devient écœurant, c’est une course à la
bonne conscience ou à la bonté. L’humanitaire devient aussi
populaire que la Star Académie. Puis après, on se dira telle personne est moins généreuse que celle-ci car elle n’a envoyé que
trois fois et lui huit et que, à partir de douze textos on est un
saint mais si tu n’en as pas envoyé plus de deux, tu es un
radin… Les actualités se trouvent d’ailleurs dans la même prise
de position on disait que cette récolte a permis de récolter 1,25
million d’euros et qu’il y a 45 millions d’abonnés ? Elle rend
ainsi coupables les millions de personnes qui n’ont pas donné
et place l’humanitarisme par SMS comme seul moyen efficace
de faire des dons.
L’Acid > N°1 - Janvier 2005 - Lycée Corneille
La Celle-Saint-Cloud (78)
Le trafic d’enfants après le tsunami
Il faut voir la vérité en face, les catastrophes en
Asie ont non seulement provoqué de très nombreux morts,mais, comme si ce n’était pas
assez, elles favorisent le trafic d’enfants !
Heureusement,
certains
gouvernements,
l’UNICEF et des ONG se mobilisent pour lutter
contre ces atrocités ! Pour 1,5 million d’enfants
touchés par le tsunami, 35 000 se sont retrouvés
isolés, et sont devenus les proies des trafiquants, guettant tels des vautours les êtres les
plus fragiles dans la promiscuité des camps.
Le sujet est très grave ; il s’agit de l’avenir de plusieurs milliers d’enfants qui ont déjà perdu leur
famille. Ils ne peuvent pas attendre…(...)
Nic
Le Cheveulu > N°10 - Février 2005
Lycée Blaise-Pascal - Orsay (91)
Gueule de bois au lendemain de Noël : 165 000 morts
Une heure de journal sur le tsunami depuis la
catastrophe. Pourquoi? Pour les quelques
milliers de touristes venus se soulager dans
les bordels de Kau-Lak, se goinfrer à Phuket
ou pour faire des randos au Sri Lanka. Des
paradis? Non: des paradis pour touristes,
pas pour les habitants. On peut parier que si
cela n’avait touché que des zones non touristiques, cela aurait fait 20 minutes du 20 heures, pendant deux jours. Pas un mot de la
situation en Birmanie, au Bangladesh et en
Somalie. Pourquoi? Tout le monde s’en fout.
Mais on a parlé de la mini vague qui a juste
submergé le port de Saint-Denis de la
Réunion… Et le pire dans tout ça: à moins de 3
000 kilomètres, d’énormes moyens logistiques, trois flottes de guerre et des milliers
d’hélicos mènent leur croisade… alors que le
Sri Lanka ne possède que 6 hélicos pour ravitailler sa population sinistrée. (…)
En ce début d’année 2005, une pensée pour
tous ceux qui sont morts ou qui ont perdu un
proche là-bas. On raconte qu’en Suède (2 915
morts en Asie), il n’y a pas une personne qui
ne connaisse l’un d’eux. En revanche, aucune
pensée pour le touriste pédophile qui s’est
pris dix tonnes de flotte sur la tronche penWague à l'âme
(…) Pour en revenir à la situation en Asie, la dant qu’il était avec un gamin de cinq ans.
ftàçÜ|wÉyy
position des médias est plus que gerbante.
«Dis-leur!» se mobilise
Vous n’avez pas pu échapper à la tragédie qui
a eu lieu en Asie du Sud-Est, le monde se
mobilise pour venir en aide aux victimes, ou
pour faire la une des journaux dans une course aux dons, ou à l’image… Bien que le comportement de certains États donateurs soit
carrément gerbant, les ONG se démènent
sur le terrain pour sauver ceux qui peuvent
encore l’être, reconstruire, mettre les enfants
à l’abri des trafiquants en tous genres, bref
rendre un peu de qualité de vie et de dignité à
ces populations ravagées. (…) C’est pour ça
que «Dis-leur !» a décidé, avec l’aide de l’administration pénitentiaire, d’organiser une collecte de fonds pour l’UNICEF. C’est pour cela
que ce mois-ci, vous obtiendrez un superbe
exemplaire de Dis-leur ! – dédicacé par moi
si vous voulez, même… – en échange d’un don
pour les victimes des tsunamis. Hé oui, chez
«Dis-leur!» on est des branleurs au grand
cœur. Je vous laisse sur cette superbe rime en
vous rappelant que pendant que vous vous
goinfriez de foie gras le 31, des gens étaient en
train de mourir.
Zorg
Dis-leur! ● n° 13
L’Acid ● n° 1
Le Cheveulu ● n°10
Dis-leur! > N°13 - Déc. 2004 - Lycée Blaise-Pascal Brie-Comte-Robert (77)
Action solidarité pour l’Asie
Depuis que le tsunami a touché l’Asie du Sud-Est, pour venir en aide aux victimes, une
urne Croix-Rouge est à votre disposition aux BVS pour faire des dons. En 3 mois, nous
avons récolté 15,59 € seulement. Merci à ceux qui ont pensé à ces victimes en donnant
même si ce n’est que quelques pièces. Mais nous sommes quand même assez déçus,
puisque nous espérions que sur les 800 élèves des 2 sites, chacun donnerait 1€, nous
aurions alors pu atteindre la somme de 800 €. Mais non, pour certains, 1 € semble
trop ! Peut-être préfèrent-ils les garder pour acheter des cigarettes ! Vous savez très bien
que vous n’êtes pas à l’abri de vous retrouver un jour démuni de tout. L’action se poursuit, si vous souhaitez donner, n’hésitez pas, et puis vous verrez que lorsque vous laisserez tomber la pièce (ou le billet) dans l’urne, vous ressentirez une grande fierté ! Que
les élèves du lycée Wittmer soient plus généreux !!
L. I.
Typo > N° 67 - janvier 2005 - Édition Saône et Loire
Le journal de Saône et Loire - Chalon-sur-Saône (71)
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Le Biface ● n°13
Le P’tit Wittmeuh > N°3 - Mai 2005 - Lycée Julien-Wittmer - Charolles (71)
Le P’tit Wittmeuh ● n°3
Tsunami Réflexions
5
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
De quel état du monde témoigne la catastrophe du tsunami et sa prise en charge? Et parfois, l’esprit de polémique pousse à l’erreur...
Tsunami de la dette ou hystérie compassionnelle
Entendons-nous sur la question. Le
raz de marée du 26 décembre 2004
est sans conteste LA catastrophe du
XXIe siècle et l’on ne peut que se
lamenter devant le drame humain
que causent ces injustes déboires de
la nature. (...)
Ce raz de marée ne s’impose donc
pas seulement par sa gravité mais
bien pour avoir répondu à des
critères médiatiques qui peuvent
être résumés par ces trois piliers :
choc des images, identification et
apolitisme. Il est important d’insister
sur ce dernier point en
s’interrogeant sur les motivations
éthiques des chaînes de télévision.
« Il y a un énorme cinéma sur l’aide
d’urgence, mais les feux de la rampe
vont s’éteindre très vite. », comme le
disait justement J.-H. Bradol,
président de Médecins Sans
Frontières.
Ce vacarme de l’information a tout
de même eu le mérite, derrière
l’enthousiasme des soirées spéciales
et de la surenchère de dons, de
révéler un problème trop oublié : la
dette des pays du tiers monde qui
s’élève à près de trois mille milliards
de dollars.
Dans le cas des onze pays touchés
par le désastre, quel sens peuvent
avoir tous ces dons (dix milliards de
dollars promis) lorsque l’on sait qu’ils
remboursent à eux seuls quatre fois
plus chaque année à leurs
créanciers. Le simple moratoire
proposé par le Club de Paris (groupe
de 19 pays créanciers) est le degré
zéro de l’action politique, ils ne
pouvaient en effet décemment
réclamer des remboursements
attendus dès février. Certains pays
touchés, comme la Thaïlande ont
même dû refuser ce gel temporaire
de leur dette pour ne pas perdre leur
réputation de « pays fiable» auprès
des investisseurs étrangers et du
FMI. En effet, c’est la stabilité
politique et économique qui influe
sur les taux d’intérêts des prêts
accordés.
Ceci met en évidence la perversité
d’un système économique où les dirigeants des pays du Sud préfèrent
rassurer les marchés financiers plutôt
que de venir en aide à leur
population.
Cette réflexion nous amène donc à
reconsidérer les catastrophes dites
« naturelles». Il est aisé de regarder
ce qui s’est passé en Asie comme
l’inéluctable Nature ou la main
divine. Cependant, une catastrophe
de même ampleur au Japon n’aurait
certainement pas eu le même impact
humain : systèmes d’alerte
perfectionnés, habitations solides…
De même, lorsque le cyclone Michel
(de force 4 sur 5) s’abattit sur Cuba
en 2001, l’évacuation d’une partie de
l’île, permise par des systèmes de
protection, et une organisation
sophistiquée sauva des dizaines de
milliers de vies. Bilan : 5 morts. Peu
de temps après, un autre cyclone
tomba sur l’île voisine d’Haïti.
Catalogué de force 3, il fit 2 400
morts et d’immenses dégâts
matériels.
C’est toute la perversité de la
logique des plans d’ajustement
structurel du FMI qui impose des
restrictions budgétaires dont
l’inefficacité économique et humaine
n’est plus à prouver. Ainsi donc, la
question de l’endettement du tiers
monde ne doit plus rester absente du
débat politique. Seule la volonté
manque, alors à quand l’annulation
totale ?
Manuel RUBIO
& Emmanuel SNYDERS (TS2)
Le journal de Sophie-Germain > N°2 - Mars 2005
Lycée Sophie-Germain - Paris (75)
Brève
Le VIH (sida) tue 300 000 personnes par mois
dans le monde soit l’équivalent d’un tsunami. Où
sont les dons exceptionnels des industries pharmaceutiques ? Où est passé notre formidable élan
de générosité ? Malgré les appels incessants des
associations internationales et l’implication des
personnalités, ce problème reste en suspens.
Nandeska > N°3 - Février 2005
Lycée Vauvenargues - Aix-en-Provence (13)
Solidaires, oui. Mais à quel prix ?
Condoleeza Rice, ministre des Affaires étrangères des
États-Unis, a déclaré que le tsunami a été « une formidable opportunité » pour son pays de s’affirmer en tant
que première puissance mondiale, grâce à sa générosité. Parallèlement aux nombreux dons des entreprises et
citoyens du monde entier, cette citation cynique paraît
être la seule ombre dans un tableau de générosité pure.
Pourtant, les dons des entreprises et des grands groupes commerciaux (tant alimentaires et médicaux que
cosmétiques, puisqu’à Danone et Sanofi-Aventis se
greffe L’Oréal), ne sont pas réellement désintéressés.
En effet, ces entreprises, en offrant leur aide aux victimes du séisme, savent pertinemment qu’elles tireront
un bénéfice à court terme lorsqu’il y aura reconstruction
de ponts, immeubles, routes et autres infrastructures.
Sous ces profits avantageusement tirés d’une catastrophe, le gouvernement français n’affiche aucune
honte, et invite, au contraire, les grands groupes français à faire des dons. Étrange, lorsque l’on constate que
les pays sous-développés ou en voie de développement, tels la Somalie n’ont jamais bénéficié d’une telle
aide financière.
Marina Zacharie
Lettres au petit B > N°3 - Avril 2005
Lycée Alain-Fournier - Mirande (32)
Raz de marée en Asie
(...) Pour re-situer les choses dans leur contexte,
il faut savoir que c’est « notre » faute (à nous, les
occidentaux) si le phénomène a eu une si grande
ampleur. En effet, avec « notre » manie de construire des hôtels à touristes, « nous » avons massacré les mangroves et barrières de corail qui
contribuaient à atténuer les raz de marée. (...)
Antiscoop > N°2 - Janvier 2005
Lycée Joseph-Loth - Vannes (56)
Après une longue conversation avec
un professeur de SVT j’ai conclu que
tous les élèves un minimum cultivés
connaissaient les origines du tsunami.
[…] C’est pourquoi après avoir entrevu la rumeur d’une autre cause non
naturelle du tsunami j’ai entrepris
certaines recherches sur internet.
C’est tout simplement bouleversant.
Regardez le bilan des victimes : 150
000 musulmans tués et presque
autant de sans-abri. N’oubliez pas que
ce n’est pas en Afrique mais en
Indonésie, où vit l’essentiel de la
population musulmane. Il se pourrait
que cet accident ne soit pas si naturel qu’il en a l’air. Il est démontré
qu’une simple bombe atomique stratégiquement placée peut créer un séisme de cette envergure. Autre argu-
ment en faveur de cette théorie : l’océan Indien n’est pas le spécialiste
des séismes : c’est le Pacifique (par
ailleurs tsunami vient du japonais et
n’a aucune origine indienne), ne l’oublions pas. Qui serait l’instigateur de
ce massacre ? Selon Jean-Pierre
Petit, il s’agirait du pays de l’oncle
Sam : les USA. Que s’est-il passé
après les incidents du 11 septembre ?
Invasion de l’Irak et près de 150 000
victimes en 2 ans. Qu’en est-il de
l’Asie ? 150 000 victimes en 2 heures.
Il en reste 150 000 victimes. Sans
parler de l’intox médiatique à haut
débit qui rabâche sans cesse les
mêmes informations visant à faire de
l’audimat. Qu’en conclure ? Catastrophe naturelle ou stratégie militaire ?
Alexis
Bouge ton bahut ● n°5
Nandeska ? ● n°3
Bouge ton bahut > N°5 - Février 2005
ous avez été nombreux à réagir à
l’article « le (no) comment du tsunami » paru dans le numéro de janvier. Beaucoup d’entre vous ont été choqués, et ils ont eu raison.
Au départ, l’article devait porter sur les
causes du tsunami. L’auteur de l’article a
finalement décidé de parler d’une rumeur
(le tsunami aurait été provoqué par une
bombe nucléaire lancée par les Américains). Il est évident que cette rumeur est
fausse et infondée. Après hésitation, nous
avons décidé de publier cet article, pour
montrer la façon dont on pouvait déformer
une information, et la mettre au service de
cause extrémiste… Nous avons fait une
erreur. L’article n’était pas assez clair, et
ne montrait pas qu’il s’agissait d’une désinformation. Nous nous excusons auprès de
tous nos lecteurs pour avoir diffusé cette
information fausse et dangereuse…
Nous vous rappelons aussi que vous disposez d’un droit de réponse pour réagir à nos
articles. ([email protected]).
Le journal a reçu de très
nombreuses critiques
d’élèves et d’enseignants
choqués de l’article « no
comment» de janvier. Cet article
relayait une rumeur mettant en
cause les États-Unis dans
l’origine du tsunami.
J’aurais dû insister sur le fait
que c’était de la propagande
anti-américaine basée sur
aucune preuve valable, qui
circulait sur Internet. En effet,
la majorité des sites évoquant
cette hypothèse sont des sites
islamistes et extrêmistes. Il est
donc évident que cette rumeur
est totalement fausse.
J’adresse ici toutes mes excuses
aux personnes qui ont été
choquées ou blessées, et
réaffirme que je ne soutiens pas
du tout cette rumeur infondée !
Antiscoop ● n°2
Le journal de Sophie
Germain ● n°2
Morgane et Nico
Bouge ton bahut > N°6 - Avril 2005 - Lycée Darius-Milhaud
Kremlin-Bicêtre (94)
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Lettres au petit B ● n°3
International
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
6
Dans l’actualité internationale, la mort de Yasser Arafat et le décès du pape suscitent d’utiles débats. Le Darfour n’est pas oublié.
CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ
AU DARFOUR
(...) Il y a un an et demi, en février 2003, le Darfour se
soulève contre le gouvernement de Khartoum. Un premier groupe d’opposition naît, l’Armée de Libération
du Soudan (SLA), bientôt rejoint par un deuxième
groupe armé, le Mouvement Justice et Egalité (JEM).
Le gouvernement est sourd aux revendications d’une
région marginalisée, sous-développée et non protégée.
Il faut prendre les armes, faire preuve de détermination
pour se faire entendre. Ces deux groupes armés, majoritairement composés de paysans, sont les porte-parole d’une population délaissée. Ils sont le cri d’une
rumeur désespérée. Mais le gouvernement, menacé,
choisit la répression: réduire au silence la voix de la
dissidence.
L’armée officielle est immédiatement envoyée sur
place pour imposer l’ordre. Dans son ombre, le gouvernement envoie la milice Janjawid. L’armée et la
milice sont les deux leviers d’une répression sanglante, barbare, inhumaine. Les « Jan-jawids» vont de
village en village pour les raser (570 villages ont été
détruits). Ils violent, torturent, exterminent… Main
dans la main avec l’armée officielle. (...) Il ne se passe
rien au Soudan.
Un an et demi… À peine le Nord, sur son trône, a-t-il
daigné baisser les yeux sur ses sujets économiques.
Est-ce que ça rapporte d’aller au Soudan ? Qu’est-ce
qu’on y gagne? Siècle de chiffres, chiffre d’affaires,
chiffres funéraires… 200 000 personnes ont pris le
chemin de l’exode, 1 450 000 personnes attendent
dans des camps de réfugiés, menacés par le
Janjawids… 1 800 000 personnes sont touchées par le
conflit. Entre 6 000 et 10 000 personnes meurent
chaque mois, de faim et de maladies.
(...) Il y a bien eu crime contre l’humanité, ou plutôt,
il y a crime contre l’humanité. Mais ces crimes visentils « un groupe national, ethnique, racial ou religieux » ? Ces crimes cherchent-ils à « détruire tout ou
partie de ce groupe» ? Ce sont les conditions posées
par le Tribunal Pénal International, et peut-être seraitce de la « surenchère judiciaire» que de parler de
génocide à propos de ce qui se passe au Darfour (...).
(...) Agir contre ces crimes, c’est exercer notre devoir
de mémoire. Cet article ne se fait que l’écho des voix
de la dissidence. Les hurlements du Soudan sont l’écho de notre passé. Ce silence qui nous aveugle, n’est
pas celui du deuil, mais celui de l’oubli. Comment
pouvons-nous oublier ? J.A.
Le Poinca > N°56 – Décembre 2004
Lycée Poincaré – Nancy (54)
Mort de Yasser Arafat
Respectons l’Histoire !
En berne ?
(...) Quelle image l’Histoire retiendra-t-elle
de Yasser Arafat ?
(...) Il fonde en 1959 le Fatah, mouvement d’opposition à
Israël, qui a survécu aux tournants de l’histoire et existe
encore aujourd’hui. Il s’engage dans des combats terroristes de manière virulente. En 1974, il fait irruption dans l’arène de négociation militaire en étant reçu aux NationsUnies à New York. Il déclame l’une de ses plus célèbres
phrases, emblème de son action : « Je suis venu porteur
d’un rameau d’olivier et d’un fusil de révolutionnaire. Ne
laissez pas tomber le rameau de ma main » et résume
ainsi sa participation, qui oscilla sans cesse entre paix et
prise des armes. (...)
Arafat sera à jamais considéré comme un homme d’Etat,
mi-terroriste, mi-négociateur, l’incarnation de la
Palestine, cette Nation qui peine à se construire en Etat à
cause d’un contentieux avec Israël qui dure depuis un
demi-siècle et se nourrit de rancoeurs et de déchaînements extrémistes. L’ancien Secrétaire d’Etat (prédécesseur de Colin Powell, donc Ministre des Affaires étrangères américaines) Henri Kissinger rappelle que « personne
n’a pu manquer d’être ému par le long et tortueux parcours d’Arafat, ancien terroriste », accepté en tant que
porte-parole national. Yasser Arafat se sera battu pour l’émergence d’une entité politique palestinienne aux côtés
de l’Etat hébreu. Mais cette tentative sera infructueuse et
marquée par l’insuccès. Arafat ne sera pas parvenu à
accepter des compromis, aura échoué à améliorer les relations entre les deux camps, n’aura pas réussi à instaurer ce
climat de confiance nécessaire à tout arrangement. (...)
Thibault CHEVALARD
Un homme qui a incontestablement marqué l’Histoire est mort. Un homme qui,
toute sa vie, a lutté, parfois avec maladresse, souvent avec intelligence mais
toujours avec courage et détermination
pour les droits d’un peuple s’est éteint.
Yasser Arafat n’était pas qu’un « chef de
guerre ». Certes, il s’est battu, mais pour
quelle cause ? Pour que le peuple palestinien ne soit plus un peuple ignoré, oublié,
méprisé. Contre qui ? Contre personne.
Ou plutôt contre tous ceux qui ignorant
tout de la politique internationale, ont
voulu s’immiscer dans le «conflit israélopalestinien », sans rien y comprendre.
Ceux-là même qui aujourd’hui l’assimilent
à un terroriste. (…) Non, le Fatah n’est
pas une organisation terroriste, même si
elle contient une branche armée qui n’a
pas un passé irréprochable. En tout cas
pas plus que le Likoud. C’est simplement
une organisation en guerre. Comment lui
reprocher alors d’avoir entrepris des
actions militaires ?
Certes, des Palestiniens ont commis des
attentats contre des civils israéliens,
mais cela, Yasser Arafat l’a toujours condamné et il a maintes fois demandé aux
responsables de ces actions d’arrêter
toute sorte de terrorisme, expliquant
qu’ils ne servaient en aucune manière la
cause palestinienne. (...) Arafat a œuvré
pour le bien du peuple palestinien donc
Arafat a œuvré pour la paix, car cela ne
fait guère plus plaisir à un palestinien
d’être pillé, humilié par l’armée israélienne et de voir ses proches mourir qu’à un
Israélien de vivre sous la menace d’un
attentat suicide.
Et pourtant, aucun chef d’état occidental
n’a fait le déplacement ni pour son enterrement, ni pour la cérémonie religieuse.
Est-ce normal ?(...) On ne peut pour
autant pas dire qu’il est mort dans l’ignorance mais on aurait pu espérer un peu
plus de reconnaissance pour cet homme
qui a marqué l’Histoire et qui, quelles que
soient nos opinions, devrait nous toucher.
Le lobotomiseur
J’arrive au lycée le lundi 4 avril, quel effarement de
constater que le drapeau tricolore est en berne ! Je me
renseigne autour de moi, on me dit que c’est pour le
deuil du pape… Je m’indigne : et la laïcité dans tout
cela ? On nous impose de la respecter alors que le
gouvernement la bafoue aux yeux de tous. La loi de
1905 est-elle caduque dans ce cas ? Je ne pense pas
que l’on puisse y déroger pourtant. Il est scandaleux
que les établissements scolaires qui ne reconnaissent
aucun culte et l’État qui garantit la liberté de religion
osent de manière si ostentatoire manifester un signe
religieux.
Pour tenter de maquiller le lien étroit entre le pouvoir
et le Vatican, on invoque le fait que le pape était un
chef d’État, mais que je me rappelle bien, telle cérémonie n’a pas été faite lors de la mort de Yasser
Arafat… D’autres invoquent l’argument de la tradition qu’il faut faire perdurer. Mais cela ne me paraît
pas être une justification suffisante car la tradition
dans certains pays musulmans n’est-elle pas de tuer
sa femme quand elle commet un adultère ? Cet argument, seul, me paraît donc assez léger et en réalité,
une bien piètre explication…
Comment les chefs d’établissement vont-ils pouvoir
maintenant réagir face à leurs élèves pour justifier la
laïcité alors que cette attitude est à ce point contradictoire et opposée à la loi de la séparation de l’Église et de l’État. Les élèves ne sont pas idiots et comprennent très bien que ce geste est un manquement
évident à la laïcité et traduit la persistance d’un lien
étroit entre l’Église et l’État.(...)
Célia Carrette
Sud mag’ > N° 1 - Déc. 2004 - Lyc. Sud Médoc (33)
Noir sur blanc > n°2 - Mars 2005
Lycée Condorcet - Paris (75)
L’Étincelle > N°2
Nov. 2004 - Lycée Montaigne - Paris (75)
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L’Etincelle ● n°2
Le Poinca ● n° 56
Bouge ton mag ● n°2
Le P’tit Wittmeuh > N°3 - Mai 2005 - Lyc. J. Wittmer - Charolles (71)
Le Pape Jean-Paul II s’est éteint il y a quelques jours.
(…) Comment alors ne pas se souvenir d’un pape aimé, humain et engagé
politiquement ? Il n’y avait qu’à voir l’émotion suscitée par son décès mais
surtout les millions de fidèles massés autour de la Basilique Saint-Pierre de
Rome pour comprendre quel phénomène planétaire ce pape représente.
Jean-Paul II était polonais, parlait 12 langues et avait effectué près de 200
voyages dans le monde entier ; son dévouement aux plus fragiles était entier.
Fervent respectueux de cette foi catholique, son engagement politique a été
marqué par de nombreuses prises de position sur des sujets délicats, telles
que sa dénonciation de la contraception et de l’avortement.Rome saturée, un
monde presque arrêté le jour de ses obsèques (tandis qu’un autre homme
important de ce siècle s’éteignait, le Prince Rainier de Monaco).
115 religieux vont donc se réunir pour décider dans un conclave quel sera le
successeur de Jean-Paul II. Successeur qui devra se montrer particulièrement
« génial » pour compenser la perte de cet homme aimé de tous.
Mathilde 2e8
Bouge ton mag > N°2 - Avril 2005
Lycée Jean Monnet - La-Queue-les-Yvelines (78)
Constitution
7
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
européenne
Si le OUI et le NON s’opposent aussi dans les colonnes de la presse lycéenne, le sentiment européen ne fait pas de doute.
La Constitution
Européenne
(…) Cette Constitution possède de nombreux
inconvénients. Tout d’abord, elle est ultra-libérale, c’est-à-dire que les entreprises pourront
licencier et délocaliser de plus en plus facilement, en considérant un « marché intérieur où
la concurrence est libre et non faussée »
comme objectif fondamental, devant l’égalité
homme femme, et alors même que l’éducation
n’en fait pas partie!! De plus, cette Constitution privilégie les « valeurs et les intérêts de
l’Union » dans les relations avec l’extérieur,
sans se soucier des intérêts du monde comme
le développement durable et la lutte contre le
réchauffement planétaire qui ne peut être organisée que « tant que cela n’entrave pas la compétitivité des entreprises » (autant dire
« jamais» car ces deux idées se contredisent).
Cette Constitution est également très longue
(environ 250 pages sans les amendements,
comme la constitution de l’ex-URSS, soit 100
fois plus que la constitution des Etats-Unis) très
technique, et peu compréhensible pour le
citoyen lambda (on peut prendre comme exemple l’article I-11 4: «Les institutions de l’Union
appliquent le principe de proportionnalité
conformément au protocole sur l’application
des principes de subsidiarité et de proportionnalité.» Quelle belle phrase!!! Une Constitution devrait être relativement courte, et claire,
quitte à la compléter par des Traités plus compliqués, réservés au Parlement européen.(...)
En France, le tapage médiatique donnait le
« oui» gagnant, en faisant croire que les partisans du « non » sont anti-européens, CE QUI
EST FAUX !!! (...)
Cependant, malgré ses nombreuses imperfections, cette proposition a déjà comme avantage
d’exister (et d’être mieux que ce qui existe
pour le moment?) (…) Personne ne peut
savoir s’il vaut mieux tenter une Europe «plus
utopiste» en votant « non », ou s’il est préférable de voter «oui», malgré tout ce que cela
implique. (...) Cependant, que vous soyez pour
ou contre, une seule chose est vraiment importante: IL FAUT ALLER VOTER LE 29
MAI. Donnez votre avis et ne laissez pas les
autres choisir pour vous!!! Tom Kristensen
August’un > N°11 - Mai 2005
Lycée Augustin Thierry - Blois (41)
Point de vue
DÉBAT : VIVE L’EUROPE
LF, au cœur de l’actualité !
Mettons les choses au clair. Cessons un instant de penser
que nos pauvres cerveaux lycéens se doivent (de rester)
imperméables à ce terme barbare de «politique». Je
parle bien de politique, pas d’écrire sur une table des slogans appris par cœur, ni d’y dessiner des symboles
« fun » et « djeun’s », ni même d’arborer un tee-shirt
estampillé « rebelle», dont le prix doit faire se retourner
dans leurs tombes ceux qui se sont battus pour que les
choses changent.
(…) Si je pouvais voter donc, je voterais non, et ce justement parce que je suis européenne. Parce que ma
conception de l’Europe n’est pas financière. Je ne prétends pas abolir tous les liens économiques, je ne revendique pas une société où les seuls échanges commerciaux seraient effectués en carottes, en bonbons ou en
bisous. Mais j’aime penser que l’Europe que notre génération est en train de construire sera une Europe dans
laquelle les idées circuleront, qui permettra aux hommes
de se connaître mieux, et pas uniquement aux grandes
entreprises d’étendre leur marché, et d’outrepasser le
droit du travail en allant voir ailleurs si l’on peut y souspayer ses employés. Je provoque un peu, mais c’est bien
pour réorienter le débat. Je m’explique. D’un débat politique, on en a fait un débat politicien. la vraie question,
celle qui doit se poser est: quelle Europe espère-t-on
pour demain ? (…)
Ragondin
Oui… Non… Le moins que l’on puisse dire est que
la Constitution européenne fait débat. Pour la
première fois depuis longtemps, l’Europe est au
cœur des discussions.
Cette Europe à qui l’on a toujours reproché d’être l’affaire de spécialistes, d’être lointaine et
trop complexe, arrive d’un seul coup sur la place
publique ! Alors que ce projet aurait pu passer
comme en Espagne, « comme sur des roulettes »,
les Français ont décidé de s’y intéresser ! Aïe… Le
sujet passionne, les débats s’enflamment ! Et
l’Europe est enfin à sa place !
Cette Constitution a été l’élément déclencheur
d’un nouvel attrait pour l’UE. Enfin, on s’y intéresse, on se pose des questions. Enfin, on réalise quelle importance ces institutions peuvent avoir. (…)
Enfin on veut savoir quelle Europe nous aurons,
enfin on se demande quelle Europe nous voulons.
L’ampleur et la durée du débat prouvent qu’il ne
s’agit pas d’une instrumentalisation du vote, mais
bien d’inquiétudes ou d’espoirs liés à l’Union.
Le résultat et les conséquences de ce référendum sont difficiles à prévoir. Mais ce qui est sûr,
c’est que l’Europe a cessé d’être une affaire inintéressante et lointaine. Les Français ont décidé
d’y prendre part, et ce réveil est une excellente
chose. Oui ou non, c’est la démocratie qui s’exerce pleinement !
Eddy Thorial
En présence de « la dame de LCI », bref, dit
mieux, ça donne : en présence d’un journaliste
de LCI, 8 élèves du lycée ont opéré au dépouillement du vote factice pour le référendum
dont tout le monde a eu connaissance.
Attention, tenez-vous bien. Avec 39,32 % d’abstention, les 304 votants ont quand même exprimé leur voix : chez nous, le « oui » passerait
avec 75,95 % des voix tandis que le « non » ne
rassemble que 24,05 % des votes. On peut maintenant se demander si ce vote est franchement
représentatif de la France, compte tenu de notre jeune âge, qui ne représente pas un échantillonnage de la France. D’autre part, n’oublions
pas que notre lycée est jumelé avec plusieurs
lycées européens, a deux sections européennes,
bref, qu’il est tourné vers l’Europe.
Ainsi, notre vote n’est pas forcément ce qu’on
doit attendre pour dimanche.
Hélène Pichon, Hélène Signoret, Marion Simon
Noir sur Blanc > N°2 - Mars 2005
Lycée Condorcet - Paris (75)
EDITO
(…) Que Fabius et d’autres demandent une constitution plus « sociale », c’est une chose, mais il a oublié
un point à mon avis beaucoup plus important, ainsi
que la plupart de nos élus : nous n’avons aucun mot à
dire sur la constitution en elle-même ; c’est l’accepter
ou la refuser, pas de demi-mesure. Je pense que cet
extrémisme est périlleux, voire suicidaire, alors que ce
règlement intérieur de l’Union Européenne concernera
plus de 370 millions de personnes. Il est compréhensible qu’on ne puisse chacun donner notre avis sur des
points détaillés de la constitution, mais c’est nier manifestement le pouvoir populaire que de le laisser dans
une ignorance aussi manifeste : les élus ne peuvent
donner le pouvoir à tous les citoyens individuellement,
mais ils peuvent nous aider à prendre connaissance
de ce qui fera notre future Union Européenne.
Marina Denogent
Typo > N°65 - Octobre 2004 - Le Journal de
Saône et Loire - Chalon-sur-Saône (71)
VOTEZ À tous ceux qui ont la chance d’être
majeurs : votez ! ! ! N’oubliez pas de vous présenter aux urnes le 29 mai. L’Europe nous
concerne tous, et elle devrait prendre une
importance croissante dans notre avenir !
Alors, n’oubliez pas, votez ! …)
Le Fruit des Fendus > N°31 - Mai 2005
Lycée Michelet - Marseille (13)
Le Fruit des Fendus
● n° 31
La Fenêtre ● n°1513
La Fenêtre > N°1513 - 26 mai 2005
Rendez-vous manqué pour
l’Europe...
Voilà, c’est fait : le Non vient de l’emporter avec
55 % des voix. Assez grosse défaite pour le camp
du Oui mais déjà l’éphémère alliance UMP-UDFPS-Verts et autres se brise. Ah, ils sont beaux
ceux qui rejettent d’un coup toute la responsabilité de l’échec sur le gouvernement ! Hollande
et les autres qui d’un coup nous jouent du « on
vous l’avait bien dit, c’est la faute de Chirac ».
Il semblerait en effet que les Français aient
sanctionné le gouvernement pour sa politique.
Le rapport avec la Constitution ? Je vous l’accorde, il n’y en a pas. Eh oui, il semble que le peuple français se soit trompé de débat. (…)
Souvenez-vous de votre vote, l’avenir nous dira
qui avait tort ou raison. Malgré l’amertume qui
emplit quelqu’un comme moi qui n’ai connu que
l’Europe et qui me considère autant européen
que français, je continue et continuerai à le dire
: ce traité est un bon texte et notre pays le
mériterait vraiment. Je l’admets, non sans tristesse, notre président devra porter le choix des
Français vers nos 24 partenaires, compagnons et
amis.
Fabien Hardy
Hermès ● n° 3
Noir sur blanc ● n°2
La Fenêtre > N°1515 - 30 mai 2005 Lycée
Notre-Dame-La-Riche - Tours (37)
Hermès > N°3 - mai 2005 - Lycée Boisjoly
Potier - Le Tampon - La Réunion (97)
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August’un ● n° 11
Réforme Fillon
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Opinions
8
Réforme Fillon: les journaux lycéens se sont emparés du sujet. Éclairant l’opinion lycéenne, les argumentaires s’affrontent.
Projet de loi d’orientation
pour l’avenir de l’école : le bac !!!
(…) Les opinions sont très diverses dans le monde des
lycéens qui sont les premiers concernés. On assiste à de
nombreux débats très animés dans les cours de récréations, les permanences. Et beaucoup d’arguments sont
contradictoires. Des «ouï-dire» font leur apparition
sans aucun moyen de les vérifier. J’en arrive à la conclusion (qui est à peu près la même que les lycéens qui ont
rencontré M. Fillon) que l’information n’est pas le fort
du ministère. J’ai passé deux heures sur Internet pour au
final ne trouver qu’un rapport vague, qui ne mentionne
nulle part le contrôle continu à 20%. J’ai remarqué qu’il
était très difficile de trouver la moindre information sur
le site de l’Éducation nationale, alors que c’est un sujet
d’actualité et important. (…) .
Bilbo
LSD > N°2 - Mars 2005
Lycée S. Delaunay - Cesson (77)
Doit-on manger Mister Fillon ?
Nous n’approuvons pas ce projet de loi. Nous ne vous
engageons pas pour autant à manifester. Nous ne
vous demandons qu’une chose : informez-vous !
Prenez conscience de ce que contient cette réforme et
quelles seront ses retombées. Faites-vous votre propre opinion.
Le Cheveulu > n°10 – Février 2005
Lycée Blaise Pascal - Orsay (91)
Peggy > N°2 - Mars 2005
Lycée Saint-Esprit – Landivisiau (29)
No Rafaràn !
MAIS QUE DIT CETTE LOI D’ORIENTATION ?
Les lycéens agissent. Constatation des plus douteuses
puisque je ne comprends pas pourquoi, alors qu’on est tous
concernés et même attaqués, beaucoup ne font rien.(...) Eh
bien les raisons de manifester et d’aller foutre les boules à
Fillon sont les suivantes:
1. Le lycée devra répondre à la demande patronale. C’est-àdire que le MEDEF dit: «Cette année, tant de cadres supérieurs
et tant de boulangers», et l’école devra fournir tant de cadres
supérieurs et tant de boulangers. Vous pensez que j’exagère.
Que nenni. Il suffit de lire le rapport Thélot qui a inspiré la loi et
vous lirez cela clairement en langue de bois de la droite.
2. Le repérage des enfants potentiellement «élèves en difficulté» dès 2 ou 3 ans. Hin hin. c’est rigolo ça. En gros t’es
pauvre ou turbulent, ton prof (qui du coup n’est plus un prof
mais un flic) doit «te signaler» comme ça on pourra te foutre
en filière professionnelle plus vite histoire que t’emmerdes
plus les gamins qui font pas d’histoires. Comme ça on revient
à l’école du début du siècle où il y a une école pour les moutons et les élèves dits intelligents et une école des exclus où
règne l’autorité et des méthodes d’apprentissage style punitions collectives. Tout le monde apprend la même chose en
même temps et si t’y t’arrives pas «Tu sors!».
3. Le Bac. C’est simple, on nous mijote un bac pour les
bourges de Camille et un autre pour les pauvres des quartiers
kabyles de Marseille (...). Comme ça ils auront plus aucune
chance de réussir. (...) comme ça on renforce le système des
deux écoles dont j’ai parlé plus haut. Une pour les bons
(riches) et une pour les nuls (pauvres). Et les effets sur 10 ans
sont assez énormes. Puisque deux écoles, deux mondes, deux
sociétés, donc haine envers ces deux mondes qui ne se
connaissent pas, peur, « insécurité» et autres conneries bien
voulues de nos dirigeants, donc Front National (et là autre
chose que 17 %). C’est fou la vie.
Sinon, c’est vrai que quand on veut se bouger c’est pas évident. Les syndicats lycéens ne s’entendent pas à cause de
conneries politiques au sens péjoratif du terme (...). Et aussi
le mouvement n’est pas du tout organisé en syndicats et tout,
mais il est surtout spontané et les groupes n’ont pas de
contacts. Ici, au lycée, on se réunit de temps en temps à droite à gauche comme on le sent et on est en train de ramener du
monde pour le 8 mars (...). Alors soit on se met en grève
continue et on en profite pour mener pleins d’actions style
happenings, sittings, et tous les trucs en «ings » et tout ce
qu’on a comme idées, soit on fait une journée énorme le 8
mars et on « prend la Bastille». Moi je suis plutôt pour la
grève continue, c’est plus marrant.
Pierre Jean coécrit avec Steve Méron.
«Il paraît que», «on entend dire», «j’ai entendu quelqu’un parler de», «peut-être que», «il n’y
aura plus d’options», «ni d’E.P.S.», «tout le bac en contrôle continu», et ça ne s’arrête plus: les
rumeurs ne cessent de s’amplifier et de se propager dans l’enceinte du lycée et même plus loin.
Il s’agit maintenant de faire un point sur la situation et de savoir si ces idées reçues ont mal été
interprétées ou sont directement issues des textes de loi. Que disent réellement les projets de
réforme de l’Education Nationale? Nous nous sommes penchés sur la question pour vous. Une
unique solution se présentait à nous: passer au peigne fin les quarante pages de réforme concernant la nouvelle loi d’orientation pour l’éducation. Voici ce qu’il en est ressorti.
L’Echo des couloirs… et d’ailleurs > N°4
Mars 2005 - Lycée Camille-Guerin – Poitiers (86)
Le saviez-vous ? La loi propose aussi plus d’aides et de bourses pour les élèves compétents,
la mise en place de «contrats individuels de réussite éducative » par les professeurs pour les élèves en difficulté, la formation d’un conseil pédagogique au sein des établissements pour veiller
à la continuité de progression des élèves dans chaque discipline, des parcours plus ambitieux
pour les élèves quittant l’école à seize ans et la mise en place de « programmes familiaux
locaux» pour les familles désirant suivre leurs enfants. Il prévoit aussi une meilleure intégration des élèves handicapés et plus de sécurité autour des établissements.
Il favorise la motivation des enseignants et leur engagement dans un métier au service de la
jeunesse ainsi que l’utilisation critique et raisonnée des moyens d’accès à l’information et à
la communication. Il prône l’éducation à l’environnement. Il déclare même que les élèves
pourront bénéficier d’un abonnement d’un mois à un quotidien d’information générale afin
de s’ouvrir au monde. (…)
Aurélie LEBON
Le Cheveulu ● n° 10
Alternavi(e)s ● n° 13
Hermès > N°3 - Lycée Boisjoly-Potier- La Réunion (97)
Fillon pas touche à notre éducation ?
Voilà j’ai envie d’exprimer ce que je pense de la loi Fillon et de la levée de boucliers qu’elle génère
dans l’éducation. J’avais envie de faire le point parce que j’en ai marre d’être embarqué dans la
masse des lycéens en colère qui en ont marre de la galère. Tout d’abord je tiens à préciser que je
suis en Terminale ES donc je pense savoir de quoi je parle au niveau du lycée (3 ans déjà et déjà
3 ans de trop). De plus je ne suis pas forcément orienté à droite politiquement et je n’adhère pas
spécialement à toutes les réformes du gouvernement actuel (loin de là). De toute façon il faut
reconnaître que, dans l’Éducation nationale qu’un ministre soit de gauche ou de droite, cela ne
change pas grand-chose. Nous sommes aujourd’hui face à une réalité, des profs et des élèves qui
ne cessent de critiquer notre système d’éducation mais qui n’acceptent aucun changement. En
effet, il semble qu’en France l’éducation soit un sujet épineux à voir le nombre de ministres de l’Éducation qui se sont cassés les dents en essayant d’apporter du nouveau dans un monde sclérosé.
Chacun campe sur ses positions et personne n’est prêt à faire ne serait-ce qu’une petite concession. Lorsque je vois tous les élèves de mon lycée partir en « grève » ça me laisse perplexe et ce
pour plusieurs raisons :
En quoi un lycéen a-t-il le droit de grève ? Je trouve que dans les termes le mot grève ne correspond pas. Car bien entendu je trouve que nous avons le droit de nous exprimer et de dire que nous
ne sommes pas d’accord. Mais en attendant on nous paye des cours et nous tout ce qu’on trouve à
faire c’est les sécher. je trouve que déjà il y a un problème. De plus je suis en Terminale et rater une
après-midi de cours, aussi bête que cela puisse paraître à certains, ce n’est pas anodin. Ainsi ce que
je propose si au moins quelqu’un pouvait m’entendre, ce serait de programmer les manifestations
le samedi ou le mercredi après-midi. (...) Je suis persuadé que le nombre de manifestants se réduirait sensiblement. Mais ce serait tellement logique et tellement plus pris au sérieux. (…)
(...) Au beau milieu des banderoles, dont l’humour n’a parfois d’égal que la piètre connaissance de
la loi tant décriée, on n’aperçoit aucune proposition alternative. Ceci se ressent quand on interroge
les lycéens, ils critiquent tout en bloc mais ne proposent rien. Les lycéens devraient donc mettre
en place une réelle alternative à la loi Fillon avant de la rejeter. Un réel projet ou au moins de
vraies envies de la part des élèves serait à mes yeux beaucoup plus constructif. (suite page 9)
Olivier Terron
Alternavi(e)s > N°13 - Avril 2005 - Lycée Saint-Sernin – Toulouse (31)
LSD ● n°2
L’Écho des couloirs
● n°4
Peggy ● n° 2
Réforme Fillon
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Bac et TPE
9
Le débat n’épargne pas les slogans des manifestants. C’est l’occasion d’évaluer les fameux TPE et de discuter vraiment du bac.
0/20: à la réforme Fillon. À la clé: un bac qui va devenir
un truc sans valeur, des TPE supprimés alors qu’ils sont
la base de l’apprentissage, de la recherche et du travail de groupe, des épreuves continues, c’est-à-dire des
matières au bac qui seront évaluées tout au long de l’année par son propre prof… = INEGALITE. Hé, Fillon,
c’est quoi le deuxième mot de notre devise déjà?
La Rédac’
Dis-leur ! > N°14 - Février 2005
Lycée Blaise Pascal - Brie-Comte-Robert (77)
« Je suis pour et je ne changerais pas d’avis ! » versus « Non à la réforme, tout est naze, même ce qui
est bien ! ». Voilà à quoi se réduit le débat sur la
réforme Fillon. Finalement, personne ne sait vraiment ce que contient ce texte. Quels sont les changements que la loi va apporter ? Faut-il redouter la
redouter ? Bouge ton bahut vous dévoile tout...
a y est, après un débat express, la « loi d’orientation pour l’avenir de l’école » a été votée
le 24 mars au Parlement ! Avec ce texte, l’avenir de l’école semble des plus réjouissants : 30 000
profs et CPE embauchés par an, création de 6500
postes d’assistants d’éducation, présence permanente d’une infirmière dans chaque établissement, multiplication des bourses au mérite pour les bons élèves des milieux défavorisés, dédoublement des
cours de langue en terminale… Mais les 2 milliards
d’euros nécessaires pour la réalisation de ces mesures n’ont pas été inscrits dans le budget du ministère ! De plus, on estime à 60 000 le nombre de profs
qui partent à la retraite chaque année.
Ce projet prévoit aussi la création d’un socle commun
de connaissances indispensables à acquérir au collège (comprenant le français, les maths, une langue
vivante, l’informatique et la « culture humaniste et
scientifique »), une note de vie scolaire au brevet et
la réduction des options au lycée… En effet, selon
notre ministre, nous travaillons trop, il faut donc
réduire nos horaires de travail. Pour nous préparer
au bac, des partiels seront organisés en première et
en terminale. Avec cette loi, le redoublement d’un
élève sera décidé par le chef d’établissement. (…)
Morgane et Nicolas
Pour plus d’infos : www.ecole.gouv.fr
Bouge ton bahut > N°6 - Avril 2005
Lyc. Darius Milhaud - Le Kremlin- Bicêtre (94)
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Les TPE sont supprimés en terminale : le pour et le contre
Certains étaient sceptiques
Et d’autres plus convaincus
(…) N : Pensez-vous avoir acquis une
méthode de travail efficace pour la suite
de vos études ?
D : Les TPE ne m’ont pas permis d’acquérir une méthode de travail, mais plutôt de
réfléchir en groupe. Je ne pense pas que la
répartition du calendrier des TPE soit optimale pour que nous gérions correctement
notre travail. En effet, pour ma part, et
comme pour la majorité d’entre nous, je
pense, le gros du travail a été fait 2 semaines avant l’échéance. Le manque de repères temporels dans notre progression nous
incite à vouloir toujours repousser le travail.
D’après moi, il faudrait que certaines limites
soient fixées tout au long de l’année pour
réellement nous permettre de fournir un
travail régulier et efficace. (...)
(…) N : Pensez-vous avoir acquis une
méthode de travail efficace pour la suite
de vos études ?
S : Bien plus qu’une méthode de travail, les
TPE m’ont apporté une nouvelle façon d’aborder les démarches. En effet, la prise d’initiative forge un caractère autonome pouvant être bénéfique dans la poursuite de
nos études.
Les erreurs de parcours ainsi que les corrections mutuelles au sein d’un même
groupe sont nécessaires pour se remettre
en cause continuellement afin de perfectionner chaque situation rencontrée.
N : Le fait que les TPE puissent compter
pour le bac est-il une motivation supplémentaire pour s’investir dans ce travail?
D : Je pense qu’il s’agit de notre unique
motivation pour la réalisation et l’implication
prise dans les TPE. (...) Il s’agit quand
même de points facilement récupérables
pour le bac. (...)
N : Qualificatifs pour décrire les TPE tels
que vous les avez vécus
D : Décontraction, découvertes, humain (…)
N: Le fait que les TPE puissent compter
pour le bac est-il une motivation supplémentaire pour s’investir dans ce travail?
S : Bien entendu, le baccalauréat fut une
forte motivation, en particulier quelques
jours avant la restitution de nos travaux.
Mais pas seulement, puisque le sujet que
nous avions choisi nous intéressait fortement. Il s’agissait donc là d’un attrait supplémentaire pour l’amélioration de notre
production.
N : Qualificatifs pour décrire les TPE tels
que vous les avez vécus
S : Partage, autonomie, convivialité, connaissances. (...)
Nandeska? > N°3 - Fév. 2005 Lyc. Vauvenargues - Aix-en-Provence (13)
TPE
(...) Vous le savez, ces initiales signifient Travaux Personnels Encadrés. Et j’ai tendance à penser que la lettre E prédomine sur les autres, auxquelles elle fait ombrage. À la base, les TPE sont « proposés » dans le but de nous rendre plus autonomes. Mais dites-moi, en quoi sommes-nous vraiment indépendants ?…
(…) Autant de contraintes superflues, auxquelles, je le sais, on peut apporter une
justification, mais dont l’accumulation nous donne pour le moins l’impression d’être privés de notre liberté.
En outre, n’oublions pas cette obligation de suivre les conseils à peine supputés
par nos professeurs, sans quoi nous risquerions éventuellement de les froisser, ce
qui revient à nous dire que nous nous éloignons de la consigne. Mon expérience
personnelle m’a amené à constater que nous sommes littéralement forcés de suivre la piste que nos professeurs nous présentent, de choisir les thèmes qu’ils nous
recommandent, d’utiliser leurs exemples… Il ne s’agit plus simplement de nous
axer, de nous mettre sur la voie, mais de parcourir le chemin à notre place. Qui
est donc censé les faire ces TPE ? Encore une fois, où peut-on y trouver de l’autonomie ?
Alors félicitons M. Fillon d’envisager leur suppression en terminale, et encourageons-le à aller jusqu’au bout de sa démarche.
Vianney
No Comment > N° 15 - Fév. 2005 - Lycée Sacrée Cœur - Tourcoing (59)
Après la proposition de réforme de François Fillon, beaucoup
d’élèves ont manifesté à Paris, Lyon, Marseille, Dijon etc. contre la réforme et surtout contre le contrôle continu du bac.
En effet, il est vrai que certains profs notent par rapport
aux élèves. C’est une des raisons pour lesquelles ceux-ci ont
manifesté. De plus, le brevet des collèges a déjà été changé
et est devenu un contrôle continu. Le bac est une préparation aux expériences futures (futurs entretiens par exemple) et il permet de s’affirmer.
Cette manifestation n’est donc pas un moyen pour les élèves
de rater les cours, mais bel et bien un moyen de montrer
leur désaccord envers cette réforme.
Jade
L’Aquarium ● n°13
L’Aquarium > N°13 - Mai 2005
Lycée Immaculée Conception - Villeurbanne (69)
Bouge ton bahut ● n°6
(suite de la page 8)
(...) Le contrôle continu, c’est plutôt bien à mes yeux. J’entendais
l’autre jour à la télévision une élève dire : « Si on se rate un trimestre,
après c’est foutu… » et j’avais envie de lui répondre avec le bac tu
rates ta semaine et là pour le coup, t’en reprends pour un an. Donc je
suis plutôt pour. En effet je vois pas de quoi se plaignent les élèves,
ils disent souvent que le bac est dur et que c’est parfois un coup de
poker. Le contrôle continu va permettre aux élèves qui travaillent
régulièrement d’obtenir leur bac plus facilement. À l’inverse, ceux qui
ne travaillent pas assez n’auront plus la chance de l’examen unique
tel qu’il se déroule actuellement. De plus, un système similaire est
mis en place en faculté (partiels) et cela fonctionne plutôt bien.
Pour ce qui est des différences de niveau que ce type de bac va
engendrer, il semble fatal qu’une différenciation ait lieu, toute proportion gardée bien entendu. Mais il ne faut une fois de plus pas se
faire d’illusion, c’est déjà le cas aujourd’hui : par exemple lors d’un
concours d’entrée en
école de commerce ou
autres, le bachelier
d’un lycée renommé
aura plus de chance
d’être pris qu’un
bachelier sortant d’un
établissement classé
ZEP. (...)
No Comment ● n°15
Nandeska ? ● n°3
Olivier Terron
Alternavi(e)s >
N°13 - Avril 2005
Lyc. Saint-Sernin
Toulouse (31)
Osmose > N°16 - Mai 2005 - Lyc. J. Cartier - St Malo (35)
Osmose ● n°16
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Mouvement lycéen
Manifestations
10
«Sécher» ou faire grève, ce vieux débat fait encore couler beaucoup d’encre. Manipulés ou responsables, les lycéens entrent en politique.
La réforme Fillon, comme vous le savez, a beaucoup fait
parler d’elle ces temps-ci et notamment à cause du soulèvement massif des élèves contre cette même réforme qui leur
promettait peu de bonnes choses pour le futur…
Malheureusement, les lycéens ont quelquefois l’impression
d’avoir été savamment «manipulés» par un certain nombre
de personnes, professeurs, organisateurs, gouvernement et
l’on peut se demander si chacun d’eux connaissait exactement les clauses principales de la réforme Fillon et savait
contre quoi il protestait dans les rues de sa ville!
Heureux le lycéen épuisé au retour d’une énième «manif»
à Bastille qui apprend que les organisateurs de sa super
manif anti-Fillon ne sont autres que la Ligue des Jeunes
Communistes Révolutionnaires et qu’ils en ont un peu profité pour toucher les jeunes par ce biais! Et si ce lycéen là ne
cautionnait pas leurs idées, hein? Il a pourtant manifesté
sous les encouragements des camions de cette L.J.C.R. justement! Et les profs qui, quand il rentrait en cours lui
demandaient pratiquement ce qu’il faisait au lycée au lieu
d’aller manifester! Et le gouvernement de dire que cette
réforme est bonne pour nous, qu’elle ne nous brime pas et
qu’elle n’est faite que pour une juste réforme du système
scolaire, qui justement stagnait! (...)
L’Acid > N°3 - Mars 2005
Lycée Corneille - La Celle St Cloud (78)
La révolte lycéenne - « Grève générale ! »
Place de la Bastille, l’ambiance commence à chauffer. Pour la plupart des lycéens présents, c’est leur première grande manifestation, le spectacle est donc époustouflant. Entre ceux qui, perdus,
se raccrochent à leur téléphone portable en criant «T’es où?
J’te vois pas!», ceux qui prennent des photos de cette masse
humaine, montés sur les feux de signalisation, les poubelles, les
arrêts de bus et autres perchoirs en tout genre, ceux qui jouent
des rythmes enflammés sur leurs instruments pour accompagner les refrains de leurs camarades qui crient à tue-tête, l’atmosphère est à la solidarité. Ce sont en effet 100 000 lycéens qui
ont manifesté dans toute la France jeudi 10 février, un beau pied
de nez à ceux qui pariaient sur un essoufflement du mouvement
entamé fin janvier. L’ampleur du mouvement a aussi réussi pour
la première fois à faire bouger un gouvernement qui a osé dire
que: «ce n’est pas la rue qui gouverne».
Emmanuel SNYDERS & Manuel RUBIO
Le Journal de Sophie-Germain > N°2 - Mars 2005
Lycée Sophie Germain - Paris (75)
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« Loi Fillon, encore une année passée en force»
Mercredi 2 mars : l’Assemblée nationale vote et accepte la loi
Fillon. Malgré les milliers de lycéens descendus dans la rue, le
gouvernement a une fois de plus fait passer une réforme sans
tenir compte de l’avis général de la population. Jamais un gouvernement n’a aussi peu tenu compte du mécontentement des
Français.(…)
Mais il apparaît que depuis plusieurs années se développe une
nouvelle forme de démocratie où le gouvernement s’imagine
qu’une fois élu, il obtient tous les pouvoirs et peut en user
comme il le désire. Les manifs continuent tout de même. On
espère peut-être qu’un jour le gouvernement daignera nous
écouter, qui sait? Luna
L’Innommable > N°28 - Mars 2005
Lycée Camille Vernet - Valence (26)
Quand on compare le nombre de lycéens de Michelet qui va
manifester contre les lois Fillon à la foule totale des manifestants, on ne peut s’empêcher de remarquer que notre mobilisation est bien maigrichonne. Le lycée Michelet donne un peu l’impression de dormir entre ses grands murs blancs, ce qui ne fait
pas vraiment honneur au militant engagé dont il porte le nom.
Pourtant, si l’on regarde bien, une nouvelle forme de protestation apparaît ; pour « soutenir » le mouvement lycéen, certains
élèves « font grève » en n’allant pas en cours. Oui, vraiment,
elles tombent à pic ces réformes ! Juste vers la fin de l’hiver,
quand on commence à se sentir un peu fatigué…
Non, sérieusement : si vous voulez sécher les cours, alors séchez les cours. Mais ne vous abritez pas – par pure lâcheté –
derrière un mouvement qui prétend au contraire défendre
notre droit à l’éducation. En tout cas, si vous êtes pour les lois
Fillon, alors je vous conseille fortement ce comportement :
c’est le moyen le plus sûr de démolir le mouvement de contestation en lui enlevant toute crédibilité. Ou alors, on va manifester quand même, parce que c’est plus amusant que d’aller au
lycée. Là, on ne peut pas nous accuser de miner le mouvement
lycéen, puisqu’on va manifester ! Et pourtant, quand ça donne
aux médias des témoignages du genre « Oui, ces réformes,
elles sont pas bien, et en plus on avait pas envie d’aller en
cours », je pense que c’est tout aussi catastrophique.
Est-ce à dire qu’une manif ne doit pas être amusante, mais
sérieuse et austère ? Pas du tout ! Perdre sa voix dans une
joyeuse cohue débordant d’énergie et de chants agressifs et
festifs lancés de partout reste le meilleur moyen de manifester. Le tout, c’est de garder de la cohérence dans ses idées.
Ceci n’est ni un appel à la manifestation, ni un appel à ne pas
manifester, mais un appel à ce que chacun prenne ses responsabilités.
Virgule
Le Fruit des Fendus > N°30
Février 2005 - Lycée Michelet – Marseille (13)
(suite de la page 9) Et puis je suis resté interloqué face à l’immaturité de certains qui
apparemment n’ont pas compris le sens d’une manifestation. Une manifestation ce
n’est pas « aller foutre le bordel en ville ». Et je suis désolé mais quand on voit les
lycéens qui manifestent avec des bières à la main qu’ils finissent d’ailleurs par balancer
par terre c’est irresponsable. De même que lorsque la foule en délire déclare avec finesse : « Fillon ! On t’enc… !! ». Nous sommes tous d’accord que ce n’est pas comme ça que
les lycéens obtiendront gain de cause. (…)
Olivier Terron
L’Innommable ● n°28
Alternavi(e)s > N°13 - Avril 2005 - Lycée Saint-Sernin – Toulouse (31)
L’histoire de la Coordination des Lycéens Toulousains
Vous souvenez-vous comment tout a commencé ? Vous souvenez-vous de la toute
première manif ? Environ 300 lycéens de Toulouse-Lautrec et Roland-Garros qui
arrivent un mardi matin, vers 11 h, devant Saint-Sernin, voulant défoncer les grilles,
nous appelant à les suivre au Rectorat, cela ne vous dit rien ? Certains les ont rejoints
mais ayant lieu le matin et n’étant pas organisée, la manif est restée assez ridicule.
Avec des amis, nous sommes allés les soutenir vers 13 h. Déception. Quelques pèlerins fumaient leur joint devant le Rectorat en criant un unique slogan : « Fillon, t’es
foutu, la jeunesse est dans la rue. » Nous étions tellement déçus ! Déçus du manque
d’informations, du manque d’organisation… Sans avoir lu le texte, nous savions seulement par la rumeur que la loi Fillon « nuit gravement à l’éducation ». Il fallait agir,
reprendre les choses en main. Qu’est-ce que c’était que cette manif, sans tract, sans
info, avec seulement 2 lycées… ?
Alors à 6, nous sommes allés chez moi. On savait qu’il y avait un appel national lancé
pour le jeudi suivant. On a fait nos tracts (très modestes) signés des lycéens de SaintSernin. Puis nous sommes allés les distribuer nous-mêmes le lendemain devant
chaque lycée. Aidés par des étudiants de l’UNEF, on a organisé notre première manif.
On espérait atteindre les 2 000 personnes, on a été 12 000. Cette manif a eu lieu
juste avant les vacances. Après la manif nous nous sommes réunis avec d’autres
lycéens et avons décidé de nous revoir le dimanche, la veille de la rentrée. Ce fut la
première réunion de la coordination des lycéens toulousains. Nous étions 20, pas
encore trop au courant. Aujourd’hui nous sommes plus de 100, plus de 20 lycées de
Toulouse et de la région sont représentés. On arrive doucement à s’organiser…
Les réunions CLT (ouvertes à tous) se déroulent toujours le dimanche à Mix Art Myrys
(ancienne préfecture, squat d’artistes). Cette coordination spontanée n’est ni politisée,
ni manipulée. Sa raison d’être est tout simplement le retrait de la Loi Fillon.
L’Acid ● n°3
Le Fruit des Fendus
n°30
●
Alternavi(e)s > N° 13 - Avril 2005 - Lycée Saint-Sernin – Toulouse (31)
L’acid > N°3
(voir article)
(…) Après les manifestations des lycéens, le ministre
– en annonçant : « Je ne veux, pas plus que les
lycéens qui manifestaient dans la rue, un Bac qui
donnerait le sentiment d’être dévalorisé » - a procuré
une fausse joie aux manifestants, qui pensaient
enfin que M. Fillon avait compris. À tort, évidemment, puisqu’il a dit plus tard qu’il n’y renoncerait pas
mais qu’il ne la mettrait pas en place avant qu’elle
soit comprise. Pardoxalement, à la plus grande joie
de certains, François Fillon a adopté une toute autre
stratégie, et a renoncé à cette disposition trop
controversée deux jours avant l’ouverture de la discussion parlementaire, le 15 février.
Nic
Le Cheveulu > n°10 – Février 2005
Lycée Blaise Pascal - Orsay (91)
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Mouvement lycéen
Violences & occupations
11
Les rédactions témoignent des violences contre les manifestants. Certaines essayent de comprendre. Et les occupations sont discutées.
Sous les pavés, la rage !
Mardi 8 mars. Manifestation pacifique sur Paris. Fillon toujours sourd
aux appels des lycéens. Les cris et les larmes ont remplacé les slogans.
(...) Ce jour-là, dans les rues de Paris, ce sont des le relever plus loin. J’ai peur que ce soit un cadahordes d’animaux sans âme qui s’abattent sur vre. Il parle. Je me rends compte qu’il est vivant.
nous. (...) Ces bestiaux ont totalement perdu l’u- «Ça fait deux fois ». (...). Quelqu’un le prend sous
sage de la parole, ne s’expriment qu’à base de le bras, ils disparaissent dans la foule. Questions:
«Ouaich» ou de «T ’as un problème?» et par Pourquoi lui? À cause d’un regard jugé de trades gestes violents. Ils ne font que donner des voix vers? Parce qu’il avait refusé de donner son porsupplémentaires au Front national en sabordant table? Parce qu’il était différent? Comment
une lutte contre le racisme qui a du mal à éviter peut-on s’efforcer, avec tant de hargne, de
les amalgames.
repousser les limites de la connerie humaine?
Ce qui est à la base une manifestation pacifique, La terreur est telle que pour la première fois je
tourne vite à l’anarchie générale. Ce rassemble- vois des lycéens demander de l’aide aux CRS, des
ment suinte la peur. Chaque lycéen autour de moi lycéens parfois en pleurs qui n’en peuvent plus de
craint d’être agressé.
cette violence gratuite et extrême. En face d’eux,
L’un deux, étalé au sol, se fait tabasser par une des hommes impuissants qui ne peuvent intervevingtaine de fous furieux. Certains sautent afin de nir sans ordre, certains narquois, d’autres la
donner plus de force aux coups de pied qu’ils lui larme à l’œil, mais tous immobiles.
portent au visage.
C’est ici que j’ai assisté à la fuite d’une jeunesse
Je n’ai pas seulement la haine face à ces enfoirés, pacifique, manifestant pour se faire entendre,
mais aussi face à tous ceux qui observent la scène face à des vagues de sauvages capuchonnés
sans même penser à lui venir en aide. Le service adepte du «20 contre 1», totalement dépourvus
d’ordre est inefficace tant il est tétanisé. Avec un de courage. Nous affirmons vivre dans un pays
ami, nous tirons ce jeune homme de cette fosse, civilisé, protégés par des lois… Ce jour-là, il n’y
nous sommes obligés de le traîner au sol avant de avait qu’une loi: celle de la jungle. a|z{à@TÇzxl
Dis-Leur > N°15 - Lycée Blaise-Pascal - Brie-Comte-Robert (77)
Editorial - Cité-Lycée : fin de partie !
En France, il y a différents quartiers.(...). Dans ces quartiers-là, (de résidence NDLR) il n’y a pas
de problème en ce qui concerne la violence… Alors que dans les quartiers « chauds », c’est-àdire ces quartiers à violence, la police intervient tous les jours. 97 % des personnes qui y demeurent sont des étrangers (immigrés,…). Dans ces quartiers, les cités, on dit qu’il y a beaucoup de
violence et délits, poursuites, des trafics de stupéfiants, etc. Mais les gens qui critiquent ces quartiers ne savent pas qu’à ces jeunes-là, on ne leur donne pas les moyens de gagner leur vie, d’avoir de l’argent et une situation sociale correcte. C’est pour cela que certains jeunes des cités ne
sont pas contents et, par conséquent, sont obligés de commettre des actions à ne pas faire (vendre de la drogue, vol…) pour sortir de cette situation critique.
Les gens qui conseillent à ces jeunes-là d’aller à l’école ont raison. Mais bientôt l’école ne vaudra plus rien avec la « réforme Fillon », réforme qui se traduira entre autres par un baccalauréat
qui ne vaudra quelque chose que dans le lycée où tu l’as passé. Si cette réforme passe, ça ne servira plus à rien d’aller à l’école et cela nous désespère.
En conclusion : « trop de quartier tue le quartier » en ce qui concerne la vie dans les cités, et l’école qui est notre avenir s’éloigne de plus en plus de nous.
Mouloud Saïd Lhadj, 1BSM2.
L’Ennamateur > N°2 - 29 mars 2005 - Lycée Prof. ENNA - Saint-Denis (93)
Les occupations à Saint-Sernin
Quand les lycéens dérapent…
Et dans notre lycée que s’est-il passé exactement ?
Pour ceux qui n’y étaient pas, vous nous avez sans
doute vu certains matins nous réveiller dans nos
duvets, la tête dans le sac. Il faut dire qu’on ne dort
pas très bien dans la cour de Saint-Sernin sur le
béton, dans le froid… et peut-être avez-vous remarqué aussi quelques odeurs singulières dans la cour ?
Notre cher proviseur nous a fermé et le foyer et les
toilettes ! Pour être exact, ce n’était que la 2e semaine. Le tout premier jour, nous avons réussi à nous
approprier le foyer de façon pas très honnête, c’est
vrai. C’est-à-dire que l’administration nous l’avait
laissé pour une heure pour nous réunir. Une heure
plus tard nous y étions toujours et nous y sommes
restés toute la nuit, puis toute la semaine. Un « tour
de garde » a été mis en place afin de ne pas « perdre » le foyer. (...)
Rien de bien grave au final et nous avons pu garder
notre foyer. Mais le vendredi soir, tout le monde est
rentré chez soi. Retour au foyer le mardi 29 mars
au soir. Le lundi était férié. Toutes les lumières
éteintes, chaque porte verrouillée, nous avons donc
dû dormir dehors sans sanitaire. (...) Le soir sans
doute le plus mouvementé fut le jeudi 31 où des
gardiens de la paix (!) sont intervenus car des élèves d’autres lycées étaient entrés pour occuper avec
nous. Ils furent évacués avec politesse dans le
calme. Quant à nous qui avions réussi à investir la
salle C145, les policiers nous ont simplement
demandé de retourner dans la cour, ce qui fut fait
après discussions sans aucun problème. Les policiers qui apparemment nous soutenaient, ont
même réussi à nous obtenir l’ouverture des toilettes. (...) Un autre soir nous avons investi le self pour
dormir au chaud dans la bonne ambiance, accompagnés de musique (guitare, violon, harpe, accordéon selon les soirs). (...)
Bref l’ambiance est bon enfant mais nous n’oublions pas pourquoi nous sommes là et chaque soir
a lieu une AG pour s’organiser et nous profitons
d’être tous ensemble pour lire la loi Fillon, l’analyser, faire des affiches etc.
Nous avons été jusqu’à 130 le soir du passage de la
loi au Sénat. Au minimum nous étions 30 mais
nous sommes en moyenne 60 par soir. Aucune
décision n’a encore été prise quant aux suites à
donner au mouvement. En attendant une chose est
sûre nous aurons des choses à raconter à nos petitsenfants ! Ce qu’on fait, c’est pour vous, nous, nos
enfants etc.
(...) À l’origine une réforme de l’éducation (navrante, certes)
votée à l’Assemblée, à l’arrivée une minorité de lycéens
survoltés (400 sur 72 000 à Paris selon le rectorat) qui
paralyse nos cours.
Même si ce mouvement a tendance à perdre ses appuis
traditionnels, notamment celui des syndicats lycéens qui
avaient pourtant donné l’impulsion, il fait de plus en plus de
bruit. Il se constitue désormais d’un petit noyau très radical,
qui erre, de lycée en lycée, en quête du rapport de force le
plus adrénalisant possible. Le tout pour donner ainsi
l’illusion de puissance. Leurs actions vont croissant sur
l’échelle de la violence et du discrédit : manifs spontanées,
« barrages filtrants » où tels des videurs ils filtrent les élèves
postés aux entrées des bahuts, et blocages enfin. Les portes
sont cadenassées dans la nuit, de la glue est mise dans les
serrures et le lycée est condamné pour le reste de la journée.
C’est ainsi que jeudi 7 avril, au lycée Fénelon, plein
Quartier latin, les manifestants se sont encore illustrés dans
le dérapage incontrôlé. En prévision de troubles, la
proviseur du lycée filtre les entrées et les sorties, secondée
par trois membres du personnel administratif et le renfort
d’un policier en civil. Vers 13h30, une cinquantaine de
manifestants surexcités débarquent devant le lycée et tentent
de forcer le passage. La porte s’entrouvre pour laisser passer
un prof coincé parmi les manifestants. Elle se refermera que
vingt minutes plus tard lorsque les forces de l’ordre
arriveront enfin. Ils évacuent les manifestants qui distribuent
quelques coups au passage. Deux des leaders sont arrêtés.
Ils laissent derrière eux une proviseur piétinée avec des
côtes cassées et trois autres membres du personnel plus que
traumatisés.
Par Daphné Rousseau
Alternavi(e)s > N°13 - Avril 2005
Lycée Saint-Sernin Toulouse (31)
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Le Canard dans la cour
● n°1
Le parloir ● n° 14
L’Ennamateur ● n° 2
Le parloir > N°14 - Lycée Fénelon - Paris (75)
Branle-bas de combat!!! De notre correspondant sur place
Non au blocus ! C’est le branle-bas de combat dans le lycée ! Par deux tiers contre un,
les lycéens ont décidé de poursuivre leur action de blocus dans le lycée. L’internat fermé
pour «raisons de sécurité » lundi soir, à 16h20, n’est qu’une des mesures prises à l’heure
où nous imprimons. Les cours sont assurés demain (mardi) a assuré le proviseur aux
enseignants désireux de reporter leurs devoirs. Après des rondes toute la nuit, la décision
de soulager les portes de leurs poignées ce matin n’a fait que provoquer un blocus qui
était censé être évité. Le proviseur a ainsi décidé de fermer le lycée.
Référendum. Surprise, le OUI l’a emporté lors du référendum sur la poursuite des mouvements lycéens. C’est sous une énorme surveillance, des deux parties, qu’a été réalisé
le vote. Les résultats sont de 66 % pour et de 32 % contre avec un faible taux d’abstention et un vote massif pour le NON de la part des terminales qui ont, faut-il le rappeler,
un Bac à la fin de l’année, soit dans deux mois. Ce scrutin exceptionnel a donc eu pour
issue que la majorité des élèves, souhaite ou soutient la suite du mouvement.(…) T.C.
Le Canard dans la cour > N°1 - 14 avril 2005
Lycée Félix Le Dantec - Lannion (22)
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Libération des camps de concentration
12
L’anniversaire de la libération des camps n’a pas laissé les rédactions indifférentes. Relayer visites et rencontres devient un devoir.
Témoins du passé… porteurs d’avenir
(…) Aujourd’hui, il reste davantage de photographies jaunies par le temps que de témoins
en mesure de nous parler des plus sombres
années de l’humanité durant lesquelles des
millions d’individus furent persécutés, exterminés sans aucun état d’âme sous prétexte
que leurs lignes de vie n’étaient pas conformes
à des convictions absurdes. Leurs personnalités n’existaient plus, les nazis les avaient
réduits à l’état de corps sans esprit.
Rescapée du camp de Birkenau, Charlotte
Delbo en rend compte en ces termes : «Vous
direz qu’on peut tout enlever à un être humain
sauf sa faculté de penser et d’imaginer. Vous
ne savez pas. On peut faire d’un être humain
un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le
temps de penser, la force de penser.
L’imaginaire est le premier luxe du corps qui
reçoit assez de nourriture, jouit d’une frange
de temps libre, dispose de rudiments pour
façonner ses rêves. À Auschwitz, on ne rêvait
pas, on délirait.» (…)
Des regards tournés vers l’avenir
(...) Le courage de décrire leurs souffrances,
d’enseigner aux jeunes ignorants que nous
sommes la vérité du passé aussi difficile qu’elle puisse être affrontée, de reconstruire leurs
vies entachées à jamais du sceau de l’abomination, sans oublier le plus admirable, de
dédier leurs vies aux autres ! Simone Weil,
Jorge Semprun et Elie Wiesel sont de ces
personnes qui, malgré ce passé douloureux,
ont choisi de défendre leurs idées pour changer la vie des hommes. (…)
En quête de liberté
Par exemple, en 1975, Simone Veil a permis
aux femmes de disposer de leurs corps en
ouvrant le débat sur une loi autorisant l’IVG et
en libéralisant l’accès à la pilule contraceptive!
(…) Sortir d’Auschwitz à 17 ans en ayant perdu
sa famille est atroce mais Simone Veil ne s’est
jamais avancée seulement comme une victime
et a préféré tracer un destin exceptionnel en
étant exceptionnelle! (…)
En 1938, la dictature tyrannique de Franco
s’installe, muselant toutes les libertés!
Cependant beaucoup d’opposants à ce régime luttèrent et parmi eux Jorge Semprun,
écrivain. Résistant durant la seconde guerre
mondiale, déporté à Buchenwald, il deviendra
pourtant l’un des piliers du combat contre
Franco (...). Il lui aura fallu 40 ans pour voir son
pays affranchi (...).
Enfin si l’Europe est aujourd’hui en paix, il ne
faut pas oublier qu’il n’en est pas de même
des autres continents où des génocides sont
toujours perpétrés ! (…) La famille d’Elie
Wiesel a péri dans l ‘enfer des camps et luimême, rescapé, n’oubliera jamais la condition
qui fut la sienne. Dès lors, il a choisi de lutter
pour la paix, la reconnaissance de la souffrance des autres et surtout la transmission de
l’histoire à laquelle il a tristement pris part.
L’attribution du prix Nobel de la Paix en 1981
vint couronner l’engagement de celui qui fut le
premier à dénoncer le génocide au Rwanda.
Penser l’avenir en honorant le passé
(…) Cependant, le plus important ici n’est pas
leur expérience des camps mais la force qu’elles ont pu en tirer pour aider notre monde à
évoluer, la solidarité qui s’est dégagée de leurs
combats menés pour nous qui représentons
les générations futures, pour que nous n’ayons
jamais à subir les persécutions dont elles ont
été victimes. Ces illustres exemples doivent
nous pousser à assumer nos idées car nous
avons la chance de pouvoir le faire et surtout
nous devons choisir de ne pas être immobiles,
de ne pas rester impassibles devant ce qui
nous révulse. Comme Charlotte Delbo l’a écrit;
«Ce serait bête que tant soient morts et que
vous viviez sans rien faire de votre vie.»
Mona Lisa
Dis-leur > N°14 - Février 2005 - Lycée Blaise Pascal - Brie-Comte-Robert (77)
Témoignages des 2MVC
Quel est l’endroit qui vous a le plus marqué ?
(…)- « La route d’Auschwitz fut construite par la haine,
mais pavée d’indifférence » : moi, je ne suis pas indifférent après ce que j’ai vu, j’ai de la haine envers ceux qui
ont fait ça. Sacrifier tant de vies pour rien, juste parce
qu’ils étaient Juifs c’est inimaginable. Les chambres à
gaz m’ont vraiment marqué car il y avait des marques sur
les murs. C’était le désespoir, la peur de mourir…
Ichaoui Madjid
(…)- Les toilettes m’ont vraiment marqué. Quand je
pense que des enfants se sont cachés dans des fosses pour
ne pas se faire gazer, je n’arrive même pas à imaginer les
conditions insupportables qu’ils devaient vivre.
El Hassouni Adil
Le Diable rouge > Mars 2005 - Lycée de l’automobile et de la logistique Camille Jenatzy - Paris (75)
Auschwitz, 60 ans après, que reste-t-il ?
(…) Que reste-t-il dans nos mémoires à nous, jeunes
lycéens, apolitiques et inconscients de notre passé selon
les journaux ? Bonne question.
Chaque journal télévisé de la semaine dernière présentait
son lot de visite d’écoles ou de lycées, et à chaque fois
même constatation affligeante : les adolecents ne savent
pas ce que fut Auschwitz… Déclenchement immédiat de la
polémique sur l’inculture de nos chers lycéens, battage
médiatique sur la présence de la Shoah au programme
d’histoire de terminale (après vérification, la Shoah n’est
pas au programme de terminale).
Pourquoi sommes-nous toujours considérés comme des
attardés refusant tout contact avec le passé, le fuyant avec
nos nouveautés « High Tech », pourquoi le lycéen est-il stigmatisé par des cheveux sur les yeux, le pantalon traînant
par terre, l’ipod vissé sur les oreilles et j’en oublie. Serionsnous la génération maudite reniant pour toujours ses
pères ? (…)
Peut-être n’en savons-nous rien car personne ne nous en
a jamais véritablement parlé, « ça va le choquer ; il est trop
petit » ou, plus tard, « mais non ça ne l’intéressera pas, tu
lui en parleras quand il sera plus grand » et voilà comment,
ceux à qui leurs parents avaient expliqué la guerre (peutêtre trop tôt) tentent de préserver nos jeunes oreilles des
horreurs de notre devoir humain de mémoire. (…)
On nous parle sans arrêt des efforts de transmission du
souvenir par des voyages à Auschwitz ou des rencontres
avec d’anciens déportés, mais à Rodin, nous n’en avons
jamais vu la couleur et en tant que lycéen autant qu’en tant
que citoyen, je demande à avoir un témoignage proche,
autrement plus proche que les vagues cours d’éducation
civique que nous eûmes durant notre scolarité.
Le Tir-o-flan > N°8
Janvier 200 - Lycée Rodin - Paris (75)
J’avais 13 ans quand maman
est rentrée de déportation
L’un de nos camarades a dans sa famille, un fils d’une
déportée qui a accepté d’être interviewé. Pendant la
seconde guerre mondiale, Mme Grazelie, fut déportée à
Ravensbrück, un camp de concentration.
« J’avais 13 ans quand maman est rentrée de déportation. Depuis environ un an (ma grand-mère, ma sœur de
sept ans et demi et moi) nous n’avions plus de nouvelles. (…) Un jeudi matin (nous n’avions pas d’école le
jeudi, à cette époque), une femme du village se présenta
à la maison, voulant parler à ma grand-mère. (…)
« Madame Roger, dit-elle à ma grand-mère, si vous me
donniez une photo de votre fille (ma mère) et une
mèche de ses cheveux, je pourrai, sans doute, vous donner de ses nouvelles!» La femme s’isola dans une pièce
de la maison. (…) Au bout d’un quart d’heure environ,
sa voix forte s’éleva: « Madame Roger, je la vois… elle
est vivante… elle est habillée en homme, en soldat…
elle est très fatiguée et malade…» Encore un moment
de silence, et puis… « Elle sera là dans trois jours !... ».
(…) Le dimanche après-midi nous étions aux vêpres,
dans la tribune de l’église quand un grand remue-ménage se fit entendre dans le bas de l’église: c’était le vétérinaire qui nous cherchait. Maman arrivait par le train à
la gare de Tiercé, la plus proche de notre village…
(…).Trois personnes descendirent du train. Des personnes affreusement maigres, habillées en militaire: un
pantalon et une capote en grosse toile kaki. Comment
ai-je reconnu notre mère? Il n’y a pas eu d’hésitation
tant le sang parle fort à certains moments de la vie!…
28 kilos: elle avait déjà repris 2 kilos depuis la sortie du
camp, malgré la dysenterie. (...)»
Le Tir-o-flan ● n°8
Le Diable rouge ●
Mars 2005
Dis-leur! ● n°14
Jojo’s News > N°7 - Mai 2005
Lycée Saint-Joseph - Loudéac (22)
Jojo’s news ● n°7
Mister Snob
Dis-leur > N°14 - Février 2005
Sport
p Du foot
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
13
Au sein d’une rédaction ou d’un titre à l’autre, le foot inspire de savoureuses polémiques. Parfois, il prend l’allure d’un «contre pouvoir»...
À MORT LE FOOTBALL
C’est dans une vieille cave désaffectée que je commence cet article,
sachant à quels risques je m’expose, à savoir les très nombreux fans
qui sont plusieurs millions, sans parler des hordes de hooligans…
J’écris donc cet article dans le secret, en espérant que nul n’apprendra
mon méfait, voire mon blasphème, avant la parution. Mais je suis sûr
que quelque part sur cette terre existent des hommes et des femmes
qui n’aiment pas le football et c’est pour eux que je m’élève aujourd’hui, quitte à prendre le risque de voir les locaux de l’ODD saccagés
après la parution de celui-ci (je m’en fous, du moment qu’ils ne donnent pas mon adresse…). Alors moi, simple lycéen, simple homme,
j’accuse (comment ça « déjà vu »?).
Comment est-ce qu’on peut aimer un tel sport, avec des règles aussi
absurdes et sans aucun intérêt, qui vont jusqu’à détruire le jeu ?!
Qu’est-ce que c’est que ce sport où l’on ne peut pas faire de passe à
l’avant sous peine d’un hors-jeu ?! Résultat, les trois quarts du temps,
on regarde un match qui va finir par un 0-0 : citer un sport d’équipe où
aucun point n’est marqué pendant le match… alors…? Vous ne trouvez pas? C’est normal, il n’y en a pas (enfin je crois…). Le match se
résume donc à courir pendant une heure trente après une balle, sans
qu’il y ait, la moitié du temps de but marqué. J’entends les supporters
d’ici « ah ouais et les tirs au but alors? Hein c’est quoi ? Hein ? Ah je
t’ai cassé ton article là, tu fermes ta gueule ! » Oui, mais voilà, le tir
au but consiste en fait à sauter au hasard à droite ou à gauche pour le
gardien, qui, si par une intervention Divine (je ne vois que ça) parvient
à arrêter le ballon, en sera le premier étonné (d’où ses cris après l’arrêt qui marque son incompréhension). Au contraire, pour le tireur il
sera le premier étonné de voir son tir arrêté et se fera aussitôt huer par
le public (à juste titre d’ailleurs). Bien évidemment (des fois qu’il y ait
de la logique au football), le tir au but est parfois la façon de déterminer l’issue d’un match qui fera une fois sur deux gagner l’équipe qui
était pourtant dominée tout le long du match ! ! Alors voilà, on aurait
pu décider de tirer à pile ou à face, ç’aurait été un peu équivalent et on
aurait gagné du temps, mais bon, on a dû trouver que c’était un bon
moyen de raviver la foi divine de temps en temps et que c’était un peu
plus sportif… (…)
Je passerai sur les clichés comme quoi les footballeurs sont trop payés
ou que le football est un sport commercial (même si c’est bien vrai).
Cependant force est de confesser que moi aussi je vibre lors de grands
matchs de football et que sa magie fait œuvre. Mais bon, pas au point
d’aller trépigner dans le froid pendant une heure trente (soit une heure
trente de trop), le visage barbouillé de peinture avec une écharpe qui
gratte aux couleurs de l’équipe et de faire des bras d’honneur à l’arbitre lorsqu’il se trompe ou encore d’aller dans un stade où cinquante
mille abrutis… pardon, où cinquante mille amoureux de la comédie du
ballon rond, sautent en beuglant des chants suffisamment courts pour
qu’ils en retiennent les paroles et en comprennent le sens (s’il y a en
un), avec une cannette de bière à la main (rien de tel qu’un bon vieux
cliché pour finir!).
TáztÜw
L’Oeil Du Dragon > N° 24 - Avril 2005
Lycée Edouard Herriot - Lyon (69)
vie...
Ainsi va la
LE COUP DE GUEULE DE LAURA
Le Plum’art ● n° 4
ou la différence entre le foot
vu par Vianney* et le vrai football…
Sport machiste, il faut bien l’avouer (Marinette on est avec toi…) surmédiatisé, on ne peut que le reconnaître… Mais de là à le vouer aux gémonies et faire passer en prime le badminton (sport que j’adore par
ailleurs ! !) pour un sport de petit snob prétentieux qui ne veut pas se
tremper le dimanche matin, ça, désolée, mais je n’accepte pas.
Et oui, je vous fais mes plates excuses mais moi d’une part je suis une
fille et d’autre part j’aime le foot ! ! ! J’aime le foot en tant que sport, en
tant que motivation en tant que performance (bon il faut l’avouer, j’aime
aussi les 22 mecs qui courent sur le terrain) et j’aime le foot en tant que
jeu tout simplement.
Les joueurs sont évidemment médiatisés plus qu’il ne faudrait mais il
n’empêche que s’ils continuent à jouer c’est pour le plaisir… Même
Beckham qui a déjà gagné suffisamment pour faire vivre confortablement les 3 prochaines générations qu’il engendrera…
Pour les émeutes et bagarres en tout genre j’avoue ne pas avoir beaucoup d’excuses face à ces comportements animaux, mais comme chaque
élément de notre magnifique société, le sport s’est bien déformé au
cours du temps… et pourtant le foot reste un sport simple, qui, en effet,
ne nécessite pas d’avoir 130 de QI ou un portefeuille bien rempli, il reste
un sport collectif, populaire, voire même plutôt drôle.
Pour certains le foot est un but comme un autre, parfois le seul moyen
de se raccrocher aux autres. Demande à un gamin de Saõ Paulo ce qui lui
reste si tu lui enlèves son ballon de foot, ce qui lui restera c’est la drogue… Et oui, ça ne sert à rien de réduire notre vision des choses, chacun
a sa manière d’aborder le foot. Exemples : pour
une fille s’intéresser au foot lui permettra de
partager du temps avec son copain, pour une
femme mariée ça lui laissera du temps pour
elle pendant que son mari regarde le foot
entre potes, pour un petit garçon c’est l’occasion de se faire des copains… En aimant le foot
comme 50% de la population c’est d’abord se
reconnaître dans un groupe, pour s’affirmer et
ensuite pouvoir s’individualiser, savoir qui l’on
est… je pars dans des dérives philosophiques
mais ce n’est pas hors sujet. Tout ceci pour
dire que toute chose a ses défauts mais quand
on aime on aime tout. Même ses défauts.
PS : La prochaine fois que je joue au foot je te
prendrai dans mon équipe pour te montrer ce
que c’est un bon match de foot entre amis.
* Réponse à l’article de Vianney dans le même
numéro (NDLR)
No Comment > N°14 - Novembre 2004
Lycée privé Sacré-Cœur - Tourcoing (59)
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C’est le mercredi 29 septembre
que s’est déroulée la rencontre
footbalistique annuelle du lycée.
Au menu les profs contre les élèves. Dès les premières minutes,
les carottes étaient cuites. Les
profs tels des cochons dans le
maïs (sans sous-entendu aucun :
ce ne sont pas des porcs) se sont
pris la pâtée préparée avec amour
par l’équipe scolaire qui n’a pas
lésiné sur l’assaisonnement de la
sauce? Ils ont suivi à la lettre la
recette élaborée par leurs prédécesseurs qui consistait à réunir 11
ingrédients avec leurs qualités et
leurs arômes propres (la sueur en
fait bien sûr partie). Cuire ensuite
à la vapeur pendant 1/4 d’heure
pour qu’ils soient bien chauds.
Faire revenir à feu doux dans le
vieux poêle en fonte de grandmère. Mélanger petit à petit et
mettre au four à 120 thermostat
pendant 90 minutes. Cela donnera
une délicieuse victoire par 3 buts
à 0 et une équipe pédagogique
encore et toujours vaincue par les
progénitures qu’ils sont chargés
d’enseigner… je ne dirai que deux
mots : Merci Maïté !
L’Oeil Du Dragon
● n°24
Le plum’art > N°4 - Lycée Rémi Belleau
Nogent le Rotrou (28)
Une seule solution : la taxidermie !
Roland-Garros s’achevant, les joueurs vont quitter notre beau
pays et s’en aller vaquer à d’autres occupations. Alors que le
rouleau-compresseur Nadal a tout démoli sur son passage, je
tiens à attirer votre attention sur celui qui représente à mon
sens l’esprit de ce tournoi, le roi du micro, le caméléon multilingue… Nelson Monfort! Je me demande souvent où les
joueurs vont puiser assez de force pour résister à l’envie de
lui mettre leur poing dans la figure… Nelson est une glu, il
attend tel le prédateur aux aguets la fin du match pour se
jeter sur les tennismen, vainqueurs ou pas. Arrive la question
habituelle pour le perdant: «Alors pas trop déçu, Machinchose?» suivie de «Un mot sur la sportivité de votre adversaire?»… Qui n’aurait pas envie de le baffer, ce gland avec
ses bouclettes façon fausse blonde, son sourire niais, ses remarques plus que pertinentes, son passage quasi-instantané
de l’anglais à l’espagnol, de l’espagnol au français, à tel point
qu’on finit par ne plus rien y comprendre!!! Pitié, délivreznous de lui!
Sa présence étant indispensable, on ne peut décemment pas
le liquider à tout jamais mais il faut l’empêcher de parler…
faisons illusion et commandons les services d’un taxidermiste. En effet, l’entretien du Nelson empaillé se révèle simple:
une fois l’an, un coup de balayette et le tour est joué, son
sourire «émail diamant» resplendira face aux caméras, et
nous n’aurons plus à subir ses interventions intempestives.
Hélène Pichon
La Fenêtre > N°1521 - 7 juin 2005
Institut Notre-Dame-La-Riche - Tours (37)
Le Fenêtre ● n° 1521
No Comment ● n°14
Nouveaux médias
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
14
Bienvenue sur la planète blog! Les journaux initient leurs lecteurs aux secrets de cette contagion fulgurante. Quant au piratage: prudence!
Bloggeurs, bloggeuses
(...) Le développement actuel du numérique et de l’Internet amène à un niveau
où tout le monde peut facilement créer
sur Internet un lieu de rencontre, de discussions, d’expression ou tout simplement un journal personnel. On peut
prendre l’exemple du blog qui devient
un outil de plus en plus présent pour justement permettre la libre expression.
Beaucoup des sites web ont intégré le
blog pour permettre aux bloggeurs d’écrire sur n’importe quel sujet, laissant
libres les commentaires des lecteurs…
Ouverture d’expression, oui ! Le principe
du blog consiste en ce qu’une personne
crée un petit site web sur lequel elle
pourra tenir un journal. Cela peut être le
blog d’une expérience, d’un récit journalier, d’un voyage. Ce blog est mis en
libre accès sur la toile pour diffuser une
expérience et laisser aux lecteurs la
liberté de réagir.
Tout cela est bien beau. Cette liberté et
cette prise de communication. Mais cela
doit se faire dans la règle primordiale du
respect d’autrui. Un élève du lycée a été
contraint de fermer le blog de sa classe
car il était devenu rapidement un lieu de
polémique où tout le monde s’insultait.
L’ampleur était telle qu’il devenait
impossible de contrôler tous les messages. Il y a quelques années, il y eut une
manifestation hors norme. Une personne avait posté un message sur un forum
attaquant moralement une autre qui, par
la suite avait porté plainte. Dans cette
histoire, ce n’est pas la personne qui a
posté le message qui est fautive, mais le
propriétaire du forum. C’est pour cette
raison qu’une majorité des forums s’était mise en berne pour manifester son
soutien aux côtés du propriétaire. C’est
pour cela que si vous souhaitez ouvrir
un espace de communication entre élèves, nous vous recommandons d’envisager les dérives et les déboires. Le
CJF prône en tout premier lieu cette
prise de communication, mais cela ne
peut se faire sans le respect d’autrui.
L’équipe de rédaction
Campus JF > N°2 - Mars 2005
Lycée Jules-Ferry - Cannes (06)
Les skyblogs : contre
Il y a une chose, sur ce qu’on appelle la « toile », qui
est une véritable torture, que ce soit pour les yeux
ou les neurones… j’ai nommé : le skyblog ! (...)
Bon. Pour ceux qui n’auraient pas accès au web – et
donc la chance de ne pas voir ces… horreurs –
sachez que les skyblogs sont des sortes d’albums
photo virtuels, la plupart du temps créés par des
adolescent(e)s. Et c’est là qu’est le problème : ces
jeunes (qui sont, je ne vous le cacherai pas, en
majorité des filles) ont la fâcheuse manie d’écrire
en SMS – ou « langage texto ». (...) Tous les trois
mots, on a droit à un « lol » (Laughing Out Lout :
Mort De Rire) ou justement à ce « mdr ». Ce qui
donne, dans la colonne de présentation du blog :
« sit llol alor voila vs et sur mon blog mdr !!! ». Le
tout le plus souvent accompagné d’une photo qui
met bien en avant la créatrice dudit skyblog.
Ensuite, les photos. Elles sont classées en trois
catégories : les copines, les co-pains, et les stars.
Commençons par les copines. La créatrice du blog
est très attachée à ses copines. Mais puisqu’elle
n’est pas concernée, elle n’hésite pas, parfois, à
afficher des photos sur lesquelles ses amies (qui
ne le seront plus après ça, hi hi hi) se ridiculisent.
Bref. À côté de ces photos, on a droit à un commentaire. Horreur. Enfer et damnation. Sacrebleu.*** de ***. Du SMS, encore, partout, et toujours ces « lol » et « mdr ». Mais là, c’est pire : on
peut lire des « jvs ador mé choupinet ! ! ! ! lol ! ! ! ! » ou
des « jvs M lé fi vs ét tt pr moâ ! ! ! ! mdr ! ! ! !! ». (...)
Ensuite, les photos de copains : pareil que pour les
filles, sauf que les garçons ont plus tendance à
devenir dingues et frimer en voyant un appareil
photo. Mais les commentaires sont quasi identiques…
Puis les stars. (...) Pour les photos de groupes, rien
de spécial, cela permet juste à la créatrice de
parler une nouvelle fois d’elle, en affirmant ses
goûts (ah, l’adolescence…). Les photos d’acteurs,
sont, quant à elles, de superbes représentations
d’amours platoniques : on a droit à des commentaires tels que : « il é tro bô ce gar c le + bo du
mond c mon futur mari ! ! mdr ! ! lol ! ! mdr ! ! ! » ou
encore « ce ga la yé trop supR lé mec vs avé D progré a fR ! ! ! mdr ! ! ! ».
(...) Voilà ce qu’est un skyblog. Et si vous ne me
croyez pas, demandez l’adresse du sien à l’une de
vos amies (l’une d’entre elles en a forcément un)
et vous risquez fort d’être surpris…
Paul, inc.
« No Comment » > N°16 - Mai 2005
Lycée privé Sacré-Cœur - Tourcoing (59)
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Blogs : intox ou info ?
(...) Les blogs de loisir ont pour but de faire partager des
photos, des souvenirs. Ils permettent de communiquer,
d’archiver des instants de vie. On rencontre le plus souvent des blogs «journaux intimes» qui étalent la vie de
leurs créateurs, c’est le blog fashion pour les non-initiés.
Si l’on cherche bien, on peut aussi trouver des blogs d’artistes, dessinateurs de BD comme celui de Frantico : un
humour décalé et sans concession, qui ne laissera personne de marbre. La prise de recul de l’artiste par rapport
à sa «misérable» vie et ses dessins simplifiés et rigolos
font de ce bloc un de mes préférés. On peut aussi visiter
des blogs humoristiques comme Agapi. On y trouve des
blagues qui feraient concurrence à celles de Carambar©
et nous livre ses dérapages journaliers.
Passons maintenant aux blogs d’information. Pour commencer, parlons de la tendance qui a fait trembler la politique française : le vrai blog d’« al1juP » Alain = alun = al1 ;
Juppé : juP) et celui de François Hollande. Mais en cherchant bien, vous pourriez aussi trouver le vrai/faux blog (la
question reste entière) de notre Chirac international.
Pour rester plus ou moins dans le domaine de la politique, nous vous présentons LE blog nécessaire à nos très
chères réincarnations du Che (Dieu seul sait comme j’en
apprécie certaines… mais revenons à nos mout…-blogs)
voici le seul, l’unique, le vrai : le blog qui vous tient au courant des prochaines manifs à faire et un compte-rendu
des manifs précédentes. Il existe aussi des blogs d’information générale sur les nouveaux médias, des blogothèques qui recensent les nouveaux programmes, les sorties des jeux vidéos et qui servent parfois de bande de
données sonores.
Bourdil Mathieu, Manacorna Meklissa
et Plochut Agathe, de 1eL1
L’Apostrophe/Version Coudon > N°7
Mai 2005 - Lycée Le Coudon - La Garde (83)
Dis-leur! > N°12 - Déc. 2004
Lycée Blaise-Pascal
Brie-Comte-Robert
(77)
Boîte à Musique
Le téléchargement sur Internet
ou peer-to-peer
Chaque jour plusieurs millions de Français téléchargent
illégalement, via Internet, morceaux de musiques et
films. Cette pratique de plus en plus courante s’appelle
le peer-to-peer. Alors que l’industrie du disque voit ses
ventes chuter : -13,6 % de ventes pour le premier trimestre 2004 (source du Snep : Syndicat national de l’édition phonographique) et que les menaces de poursuites
augmentent : les internautes continuent encore et toujours plus de télécharger.
Parce qu’à vrai dire, pourquoi télécharger légalement sur
un site payant alors qu’on peut le faire illégalement sur
un site non-payant ? (Dans la même logique pourquoi
acheter un Cd alors qu’on peut s’enfuir en courant avec
!?!)
Lycéenne 1e pour-contre : Pour : car il faut être réaliste,
on est fauché et je pense qu’on peut se permettre de
télécharger des groupes américains (non je n’ai rien
contre les Américains) car c’est pas les groupes qui perdent du pognon mais la boîte de prod !
Contre : dans le cas où l’on télécharge des petits groupes français bien sympathoches qui s’autoproduisent et
qui vendent leurs Cd pour 12 euros et qu’on peut aller
voir en concert au prix d’une consommation dans un bar.
Et je pense même que sur un niveau esthétique, c’est
plus chouette d’avoir un Cd original.
Chloé 1e pour : Je suis pour s’il y a une réglementation :
payer que la musique et pas des intermédiaires, des frais
des Cd et des revendeurs.
Miguel 1e pour : Je pense que le téléchargement c’est
bien, mais je comprends que certains artistes ne soient
pas contents de ce qui se font voler sur Internet. Mais
en même temps on ne sait pas s’ils font ça pour l’argent
ou pour que les gens écoutent leur musique. En clair, moi
je pense que c’est bien car ça diffuse la musique mais que
les artistes qui s’y opposent ne pensent qu’au fric !
Miss Lilli d’Auxigny
Babylone Cosmo > N°1 - Déc. 2004
Lycée Alain-Fournier - Bourges (18)
Babylone Cosmo ● n° 1
Campus JF ● n°2
L’Apostrophe ● n°7
Musset Planet ● n°13
Comment détecter les fraudeurs ?
Les sociétés plaignantes utilisent trois manières pour identifier ces téléchargements illégaux. Par exemple, elles surveillent les réseaux de téléchargement
comme KAZAA et note les adresses IP. Elles regroupent aussi des informations
d’autres fichiers trouvés sur le web ou sur des forums de discussion. Enfin, elles
demandent au fournisseur d’accès de dévoiler l’identité de son subordonné en
infraction.
Musset Planet > N°13 - Janv. 05 - Lyc.Prof.A.de Musset - Villeurbanne (69)
Vie perso
p
15
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Inceste, abandon paternel, famille d’accueil, grossesse précoce: le journal devient le réceptacle de non-dits. Et le début d’un partage.
Un père
Certains d’entre vous, peut-être comme moi, ne
savent plus ce que le mot père peut représenter dans
la vie d’un adolescent. Sûrement pour différentes
raisons, vous n’avez plus de contact avec votre père,
soit parce qu’il est parti, soit parce que vous êtes
fâchés. C’est sur ces différentes situations que je
vais m’axer.
Certaines personnes n’ont aucune idée de la chance
qu’elles ont d’avoir une famille soudée, où chaque
membre est encore présent. Car un jour, lorsqu’un
petit garçon rentre chez lui, et qu’il trouve un mot sur
la table au lieu de retrouver, comme il le pensait, son
père dans une pièce de la maison, c’est destructeur
pour ce jeune adolescent. Je pense surtout aux garçons car ils ont besoin de trouver chez un homme un
modèle masculin.
(…) Que pensez-vous que ce pré-adolescent se fera
comme idée après l’événement terrible qu’il vient
de subir ? (je dis subir, car ce n’est en aucun cas de
sa faute). Comment pensez-vous qu’il réagira après
avoir entendu de la bouche de son père que c’est à
cause de lui et du reste de la famille, qu’il a échoué
dans sa vie de famille ?
Cet enfant se sentira coupable de la douleur de la
famille car il ne comprendra pas les paroles de son
père (et n’essaiera pas de les comprendre). Il pensera que l’amour éternel n’existe pas puisque celui de
ses parents fut un échec. (…) Voilà comment cela
est perçu par l’œil d’un pré-adolescent ou même
d’un adolescent. Moi je suis adolescente, et je pense
que ce père, qui est le mien, fait souffrir ce petit garçon qui est mon petit frère.
Moi, j’essaie de lui expliquer que ce modèle n’est
pas le bon, et c’est ce que je vous encourage à faire.
Si j’ai écrit cet article, c’est pour aider certaine personne à faire face à cette épreuve, et vous conseiller
d’aider bien sûr la personne adulte qui est restée,
mais surtout les jeunes adolescents ou enfants de la
famille, car dans 70% des cas, si on ne nous contredit pas, ou si on ne nous explique pas ce qui est bien
ou non, on reproduit ce que nous voyons se passer
dans notre famille ou dans notre entourage.
Le changement est certes difficile, mais il n’est pas
insurmontable. Il faut savoir surmonter nos craintes,
nos chagrins , nos douleurs, en bref les coups durs
obligatoires de la vie.
Ricola !!
La Mèche > N°1 – Janvier 2005
Lycée Uruguay-France – Avon (77)
UN BÉBÉ : LE SYMBOLE DE L’AMOUR
A L’OCCASION DE LA SAINTVALENTIN NOUS AVONS CHOISI
DE PARLER DES BÉBÉS CAR BEAUCOUP DE JEUNES FILLES DU
LP SONT DEVENUES MÈRES ET POUR CES MAMANS LEUR
BÉBÉ EST LE SYMBOLE DE L’AMOUR
NOUS LEUR AVONS DISTRIBUÉ UN QUESTIONNAIRE
MAIS SELON LA VOLONTÉ DES PERSONNES INTERROGÉES
NOUS NE DIVULGUERONS AUCUN NOM
A la question: « Ta grossesse était-elle désirée?»
- Certaines nous disent que c’était une grossesse désirée et
d’autres que ça ne l’était pas.
Etais-tu prêt(e) à être mère ou père?
- Au début, lorsque j’ai su que j’étais enceinte, j’étais très
embarrassée, mais après j’ai accepté. On peut dire que je n’étais pas prête.
- Au début, je n’étais pas prêt à être père, mais aujourd’hui, je
l’assume et je suis prêt.
- Mon copain et moi étions prêts à devenir parents.
- J’étais prête à assumer et à être mère de famille.
- Moi, je n’étais pas prête à être mère, par contre mon mari
l’étais déjà. (…)
T’en sors-tu avec l’éducation de ton enfant
et ta scolarité ?
- Le papa manque de sommeil, mais il tient le coup. C’est la
maman qui gère tout et elle ne va plus à l’école depuis un certain temps. Elle est très courageuse.
- Au début, j’étais très fatiguée, mais par la suite, je me suis
rattrapée dans tous mes cours et je me félicite. (…)
- Je m’en sors un peu avec l’éducation de mon enfant, car elle
n’a que 3 semaines, mais pour ma scolarité c’est très difficile;
car je suis perdue dans mes cours, mais je m’efforce de réussir. Je le fais pour mon bébé, son père et aussi pour moi. (…)
Y a-t-il un soutien de ta famille ou/et belle-famille? (…)
- Durant ma grossesse, je n’ai eu aucun soutien de ma bellefamille; mais heureusement que ma maman me soutenait toujours pas téléphone. J’aimerais remercier l’infirmière et l’assistante sociale du LP de m’avoir aidée pendant ma grossesse.
- Oui. Heureusement que ma famille et mon mari me soutiennent beaucoup. Mais la personne que j’apprécie énormément
c’est ma mère. Car elle m’a toujours aidée dans ma grossesse.
CONSEILS
(...) Sinon prenez des précautions. Ne prenez pas ça à la légère. Ce n’est pas facile de gérer deux choses à la fois. Faites un
bon choix et réflechissez bien sous peine de le regretter.
Pensez-y et soyez vigilant(e)s.
Aux futurs pères : ne laissez jamais votre femme s’occuper
toute seule des enfants, vous en êtes autant responsables
qu’elle.
Ve’a LP > N°11 – Février 2005
Lycée professionnel d’Uturoa, Polynésie Française
Sara
Sara avait huit ans,
Elle n’était qu’une enfant.
Et son regard d’enfance,
Si rempli d’innocence,
Regardait le monde,
Cette terre féconde,
La nature merveilleuse,
Tout la rendait heureuse !
Et tant de joies futures,
S’offraient à son âme pure…
Mais pourquoi chaque nuit
Elle fait des rêves gris,
Et durant son sommeil,
Espérant le réveil,
Elle ne fait que gémir,
Elle ne pense qu’à mourir.
Qu’est-ce qui la trouble tant,
Cette merveilleuse enfant ?
Quand elle entend son père,
De tout cœur elle espère,
Qu’il ne la verra pas.
Elle espère qu’un jour
S’arrêtera cet amour,
Et elle souhaite sa mort,
Elle l’espère si fort.
Elle se sent si coupable,
Même parfois incapable.
Elle se dit que c’est vrai,
Tout ce qu’on lui disait,
On choisit ses amis,
On peut choisir sa vie,
Mais jamais sa famille.
Elle envie toutes les filles,
Celles aimées par leur mère,
Pas violées par leur père.
Sara elle a vingt ans
Elle n’est plus une enfant.
Elle a pu s’en sortir,
Elle a réussi à rire.
Mais il reste une peur,
Bien ancrée dans son cœur
Qui ne mourra jamais,
Qui l’a traumatisée.
Estelle.
L’Innommable > N°31
Juin 2005 – Lyc. C. Vernet
Valence (26)
My life
«Lachez-moi, foutez-moi la paix, laissez-moi vivre ma vie
et arrêtez de me dicter ce que je dois faire, j’ai plus quatre ans, j’aimerais bien être autonome et prendre ma vie
en main. Et puis arrêtez de me considérer comme une
conne, c’est énervant et ça alimente ma rancœur envers
votre système que vous définissez «pour le bien de l’enfant». Ne me faites pas croire qu’en baladant un enfant
de famille en famille, un mois dans l’une, un mois dans
l’autre, vous contribuez au bien-être de l’enfant. Je peux
vous assurer que NON!! Et en plus de ça, vous voulez me
faire croire que vous me comprenez… Quoi de plus
révoltant pour moi que d’entendre «on te comprend, tu
sais»! Si vous me comprenez si bien, pourquoi me faites-vous tant de mal? Est-il normal d’arracher un enfant
d’une famille dans la quelle il est resté cinq ans, pour
quelque raison que ce soit et de façon brutale? En deux
jours, je devais accepter de ne plus voir mes amis, de
quitter les personnes avec qui j’avais partagé cinq
années de mon adolescence, période où tout devient
difficile à comprendre. J’ai souffert, je l’avoue, mais c’est
mon côté «cœur» qui ressort de tout ça.
(…) Mais bon, à force de subir on s’habitue. Je ne sais
pas qui a dit ça: «on s’habitue à tout», mais il a bien raison, on se fait même à ce qui nous fait profondément chi..
C’est pour dire, on est vraiment tous des brèles. Le pire
dans tout ça, c’est que vous me reprochez de ne pas me
prendre en charge, de compter trop sur vous. Mais
comment puis-je faire autrement? Vous n’avez fait que
me contenir dans un cocon pendant 17 ans et vous me
demandez de le quitter du jour au lendemain. (…)
Voilà ce que je dirais si j’avais en face de moi l’un de ces
nombreux éducateurs qui me font la morale alors qu’ils
ne sont même pas en accord avec ce qu’ils disent. Bien
plus que la colère à présent, c’est de la pitié que j’éprouve à leur égard.
Pour tous ceux qui se foutent de ce que je peux raconter
ou éprouver, allez voir à la page suivante, il y aura peutêtre votre bonheur. Pour les autres, je vous remercie de
votre ouverture d’esprit. Yoruba
Dis leur ! > N°10 – Février 2005 – Lycée Blaise
Pascal Brie Compte Robert (77)
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L’Innommable ● n°31
La Méche ● n° 1
Dis-leur ! ● n°10
Ve’a LP ● n° 11
De l’actualité ● Revue de presse des journaux lycéens ● Volume 2
Mangas
g
16
Experts talentueux, les journalistes lycéens réhabilitent un genre revendiqué par leur génération mais décriépar les adultes: les mangas.
Manga, zéro préjugé
Si je vous dis « manga », vous me répondrez ?
Dragon Ball Z, Pokémon ? Bon, vous avez tout
faux ! (...)
Non, les mangas, ce n’est pas que de la violence ou de la pornographie, loin de là. Mais
comme dans notre propre bande dessinée, il y a
plusieurs genres ; tous les goûts y sont, et il y en
a pour tous les âges. On peut y trouver tous les
sujets abordables possibles et imaginables,
allant de l’histoire d’amour à l’eau de rose, au
thriller le plus noir, en passant par le fantastique
et l’heroic fantasy.
(...) Ne m’arguez pas en guise de réponse que
« les dessins sont moches »(dixit un proche). Là
aussi, on trouve de tout. Que diriez-vous si l’ensemble des asiatiques pensait que les graphismes et les scénarios de la B.D. franco-belge se
résumaient à Boule et Bill ?
Attention tout de même, soyez vigilants ; nous
nous devons de vous avertir que la lecture intensive peut s’avérer très dangereuse : une fois que
vous y avez mordu, il est très dur de faire marche arrière, vous êtes condamné à vous bidonner, seul dans le bus, avec votre Kyo dans les
mains.
(...) Les expressions des personnages dans
beaucoup de mangas comiques sont totalement
impossibles à reproduire en dessins réalistes, et
c’est dommage parce que certaines sont carrément tordantes.
Parlons-en, tiens ; quelques-uns d’entre vous
me répliquent que le réalisme dans les graphismes d’une B.D. c’est très important…(...). Dans
ce cas, autant prendre des photos, on a des
appareils pour ça. Ce qui peut être nettement
plus intéressant, c’est la recherche de l’expressivité et l’interprétation que font les mangakas
(dessinateurs) de cette réalité. Certains d’entre
eux ont des graphismes d’un esthétisme assez
époustouflant, quitte à ne pas avoir des proportions faciales et corporelles conformes aux normes occidentales.
Dernière chose ; dans tous les bons mangas se
cache une morale, une sagesse, un message
sur laquelle l’histoire est basée. Qui n’a pas été
envoûté par l’atmosphère magique de Princesse
Mononoké ou n’a pas été inspiré dans le monde
fou de Ghost in the Shell ? Allons, ne résistez
plus, cédez à l’appel du voyage nippon…
Laurène
On n’est pas sérieux quand on a 17 ans >
Nov. 2004 - Lycée Montesquieu
Bordeaux (33)
Les mangas (Parenthèse protestataire)
Halte à la moquerie !!! Halte au mépris et Sus à l’incompréhension !!! Adultes, médiriez-vous du Tintin de votre jeunesse ?
Porteriez-vous atteinte à l’Astérix de votre enfance ? Non !!!
Alors stoppez tous ces a priori stupides et puérils !!
Certes pour vous le manga se résume à un dessin animé désuet,
mal fait et vraiment pourri… C’est vrai que les animés sortis en
France durant les années 80 et 90 étaient réellement pitoyables
et nazes, mais ! Le manga a considérablement évolué et dépasse
en de nombreux points la BD franco-belge. (...) Graphismes
d’une diversité ahurissante, scénarios originaux, personnages
attachants, tous ces points primordiaux d’une bonne bande dessinée sont présents dans le manga.(...) Alors, adultes, mettez
vos préjugés malsains de côté et plongez-vous dans un monde
où vous trouverez forcément le manga qui vous convient, aventure, histoire, amour, philosophie, tout tout tout vous saurez
tout sur le manga ! Il vous fera peut-être découvrir également
ce merveilleux pays qu’est le Japon !
Allez arigato gosaïmashita
Attention !!! Depuis l’écriture
et sayonara !
de cet article une partie des
Kyubi, Hikotiri Battosaï
mangas est de nouveau disponiPS : Jeunes de tous âges !
ble au C.D.I. D’autre part, il y a
Unissez-vous ! Pour que
une exposition sur les mangas
toujours au C.D.I. à côté des
les mangas soient
B.D. Précipitez-vous !
de retour au CDI !
La Mèche > N°1
Janvier 2005 - Lycée Uruguay-France - Avon (77)
Je m’appelle Anaïs Le Calvé, j’ai 19 ans et je suis en classe de TSE.
Ma passion pour l’art, le dessin, est née il y a environ 5 ans. Je souhaitais pouvoir réaliser sur support papier ce que je voyais autour de
moi et ce que j’imaginais, dans les styles que j’aimais.
J’ai appris seule, en m’appuyant sur des ouvrages tels que :
L’Apprenti mangaka d’Akira, Toriyama (Editions Glénat), les dictionnaires de la BD, diverses BD américaines. Pour acquérir les principales bases. Je me suis également inspirée des
séries TV et des dessins animés japonais de
mon enfance. Je dessine plus particulièrement
des mangas, de la bande dessinée, et des personnages de jeux vidéos. Me basant sur des
artistes connus dans ces domaines, j’adapte certains de leurs dessins à ma façon, ou je
m’inspire d’eux et je produis mes propres créations. La règle d’or que je m’impose : ne jamais
décalquer !!! Plus tard, l’idée m’est venue d’envoyer mes croquis à des magazines et des éditeurs spécialisés, et ils ont publié certaines de
mes œuvres dans leurs séries de livres, et sites
Internet après sélection.
Moulin à Paroles > N°7 - Juin 2004
Lycée prof. Jean Moulin - St Brieuc (22)
Comprendre et admettre l’ampleur des
mangas nécessite une ouverture à la
société japonaise, afin de dépasser les
stéréotypes et rejets qu’ils suscitent.
Chaque culture a ses spécificités.
Spécificités nourries d’une histoire,
d’une tradition et de tous les fantasmes qui en découlent. Et c’est ainsi que
le passé, les peurs et d’autres fantômes viennent hanter les imageries
populaires de chacune de ces sociétés.
Les mangas ont permis au Japon d’exprimer ses spécificités. Il faut comprendre à quel point le Japon s’est
servi des mangas comme exutoire d’une
violence cachée. La violence de certains « Mangas » n’a pas pour rôle d’exciter le spectateur, elle est l’expression d’une violence intériorisée par les
Japonais. En effet, la pression sociale
est énorme : l’individu est nié au travers de la collectivité, ce qui explique le
taux de suicide astronomique du Japon.
Le manga constitue au Japon, un gardefou qui prohibe le passage à l’acte.
Garde-fou qui fonctionne très bien vu
le taux de criminalité du Japon, le plus
faible au monde (1,4 meurtres pour 10
000 habitants contre 10,8 aux USA)
parmi les pays développés.
Le terme « Mangas » signifie littéralement image dérisoire. Le sens concret
de cette image est d’aller droit au but
afin d’être comprise par tout le monde.
Le terme est venu englober, au fil du
temps, la BD, les caricatures de presse
et les dessins animés. Les jeux vidéos,
le cinéma, la radio et les CD assurent la
longévité des mangas imprimés.(...) De
plus les mangas représentent un tiers
du marché imprimé et qu’il soit en livre,
en film, il a autant d’importance que le
roman ou le cinéma.
J’en profite pour annoncer qu’il y aura
bientôt des mangas au C.D.I., donc si
vous êtes intéressés, libre à vous. (…)
La Soterel alias Jiraya Breizh,
un fan de manga
Le Canard Bachelier > N°2
Décembre 2004 Lycée Jeanne-d’Arc - Vitré (35)
Mangas
(…) Le manga naît au Japon après la Seconde
Guerre mondiale, lorsque le pays est en reconstruction. Les Japonais prenant la tâche à cœur,
n’avaient pas le temps et surtout l’argent pour
quelques distractions. Le manga fut alors la solution au manque de divertissement des Japonais.
Son faible prix, dû à un faible coût de fabrication
grâce à l’utilisation de papier recyclé, le rendit
encore plus attractif. Et il ne fallut donc pas longtemps pour que ce type de livre fasse fureur au
Pays du Soleil Levant. De nos jours, là-bas il
reste un objet culte ou encore un phénomène de
société.
Le Canard Bachelier
● n° 2
Moulin à paroles
● n°7
Les thèmes abordés sont très vastes, depuis l’histoire du Japon traditionnel et ses batailles de
samouraïs par exemple, jusqu’aux péripéties d’un
Japon futuriste grouillant de Mékas (sorte de
robots anthropomorphes). (...)
De plus il existe différents styles de mangas pour
différentes catégories de personnes, j’entends par
là que tout le monde peut en lire. Le Shônen est
un manga pour jeunes garçons ; la trame principale dépeint le parcours initiatique d’un jeune
héros bravant tous les dangers à l’aide de pouvoirs hors normes (comme par exemple Dragon
Ball Z un des plus connus chez nous). Le Shôjo
est un manga pour jeune fille (je vous passe les
détails). Le Seinen est un manga pour public plus
adulte, en ce sens que l’histoire n’est pas axée sur
les événements enfantins mais sur des considérations plus psychologiques et plus sérieuses. (...)
KimH
Le Biface > N°14 - Mai 2005- Lycée
Boucher-de-Perthe - Abbeville (80)
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Le Biface ● n°14
On n’est pas sérieux
quand on a 17 ans
● Nov. 2004