Les overdoses de cocaïne et d`opiacés - BTEC

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Les overdoses de cocaïne et d`opiacés - BTEC
COllection
Les overdoses de cocaïne et d’opiacés :
les connaître, les reconnaître, les gérer
Cahier
Les cahiers du BTEC
6
Résumé : Historiquement, les campagnes de réduction des méfaits ont mis l’emphase sur la
réduction de la transmission du VIH chez les UDI. Les overdoses, moins ciblées par ces
interventions, présentent cependant un risque de santé immédiat et considérable.4 La cocaïne
et l’héroïne sont parmi les substances le plus souvent impliquées dans les cas d’overdoses en
Amérique du Nord. Les overdoses de cocaïne sont moins bien définies et comprises que celles
relatives à l’héroïne et aux opiacés. On parle davantage de toxicité à la cocaïne, que l’on définit
à travers des signes et symptômes. Cette toxicité ne peut être attribuée à une dose spécifique
et dépend du mode d’administration et des mélanges consommés.5 De manière générale,
l’overdose de cocaïne se définit par des tremblements, des convulsions et un delirium.9 Les
arythmies et défaillances cardiovasculaires qui peuvent s’ensuivrent sont susceptibles de
causer la mort. La présentation d’une overdose de cocaïne peut varier d’un individu à un autre
et n’entraîne pas nécessairement une perte de conscience.5 À l’instar de l’overdose de cocaïne,
l’overdose ou l’intoxication aiguë d’opiacés n’est pas associée à une dose spécifique, mais bien
aux interactions entre substances, à la tolérance des individus et à la pureté changeante de la
drogue achetée sur la rue.13 Elle se caractérise, entre autres, par une triade de symptômes :
diminution de l’état de conscience, pupilles myotiques et dépression respiratoire.
À PROPOS DU GUIDE…
Après consultation auprès des intervenants de Point de Repères, la problématique des
overdoses est apparue comme un sujet prioritaire et important. Dans le but de
contribuer à améliorer leurs pratiques, ce guide a été spécifiquement conçu pour
répondre aux besoins d’information qu’ils ont alors formulés.
Il est également intéressant de noter que le sujet des overdoses est un thème récurrent
parmi les clients de l’organisme. Les questionnements des personnes qui consomment
des drogues par injection rejoignent ceux des intervenants : Comment reconnaît-on une
overdose? Comment peut-on intervenir en cas d’overdose?
Cet intérêt pour obtenir de l’information concernant les overdoses est tout à fait d’àpropos. En effet, les overdoses sont parmi les causes majeures de mortalité et de
morbidité chez les personnes qui s’injectent des drogues. Par exemple, au Canada, on
estime à 100 000 le nombre de personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI).16
De ce nombre, entre 500 et 1000 personnes décèdent d’une overdose chaque année,
une tendance qui se maintient depuis les dix dernières années.7,8,16
Parmi les drogues généralement mises en cause dans les cas d’overdoses fatales, les
plus fréquentes sont la cocaïne et les opiacés.18 Les overdoses provoquées par ces
stupéfiants diffèrent tant en ce qui concerne leur définition que leurs causes,
symptômes et facteurs de risque associés.
Comment utiliser le guide?*
Parmi les informations rapportées dans la littérature récente concernant les overdoses
de cocaïne et d’opiacés,* celles apparaissant d’un intérêt pratique pour les intervenants
seront exposées dans le présent document. D’abord, une série de recommandations
tirées des résultats présentés est soumise aux intervenants qui pourront les appliquer
selon leurs ressources et les préférences de leur clientèle. Ensuite, chaque drogue sera
traitée séparément selon ses caractéristiques propres (voies de consommation,
mélanges de produits, circonstances, signes et symptômes, complications, facteurs de
risque), puis les interventions préventives générales communes aux cas d’overdoses
seront regroupées en une section synthétique. Rappelons l’intérêt des personnes qui
utilisent des drogues injectables pour les questions touchant les overdoses et
l’opportunité d’échanger avec elles les informations concernant ces problématiques.19
*
Ce document est du domaine public. Son utilisation et sa reproduction pour fins éducatives sont encouragées. Point
de Repères apprécierait d’être cité comme la source de cette information.
*
Le présent document a été élaboré suite à une revue rigoureuse, mais non systématique des écrits récents publiés
dans les journaux scientifiques spécialisés. La collecte des articles s’est effectuée en interrogeant les bases de
données Current Contents, Cochrane Library et MEDLINE. Des articles supplémentaires trouvés dans les références
de certains écrits ont également été consultés. Nous estimons que cette approche aura permis de recenser un
nombre suffisant de travaux pertinents sur lequel il est raisonnable de baser des recommandations.
*
Force de
la preuve
RECOMMANDATIONS
Pratique
 Encourager les clients, les membres de leur(s) réseau(x) et leur famille à
agir adéquatement lors d’overdoses en leur enseignant comment en
reconnaître les signes, comment accéder aux services d’urgence et
quels sont les bons gestes à poser lors de telles situations.
1
Prévention
•
Sensibiliser les clients quant aux dangers liés à la consommation de
mélanges de substances.
1
•
Rappeler aux clients l’importance d’être accompagnés lorsqu’ils
consomment.
1
•
Informer les clients quant aux risques accrus liés à la consommation de
cocaïne lors de journées chaudes.
3
•
Cibler les clientèles à risque (ex. : polytoxicomanes, personne de retour
après une période d’abstinence) et effectuer des interventions
individualisées visant à réduire les facteurs qui les rendent vulnérables
aux overdoses.
3
*
INTERPRÉTATION DES NIVEAUX DE FORCE DES PREUVES
La réalisation du présent guide a misé sur l’examen critique de résultats probants. Ces résultats
pouvaient être issus de divers types de publications récentes et d’avis d’experts. Les recommandations
qui ont découlé de ce travail doivent être interprétées en reconnaissant la force assignée à chacune des
sources d’information, selon le barème suivant.
NIVEAUX
INTERPRÉTATION
1
RECOMMANDATION BASÉE SUR DES DONNÉES PROVENANT DE MÉTA-ANALYSE(S), REVUE(S)
SYSTÉMATIQUE(S) OU ESSAI(S) RANDOMISÉ(S).
2
RECOMMANDATION BASÉE SUR LES RÉSULTATS D’AU MOINS UNE ÉTUDE QUI, BIEN
RANDOMISÉE, A ÉTÉ BIEN MENÉE (ÉTUDE CLINIQUE OU ÉTUDE QUASI-EXPÉRIMENTALE).
3
RECOMMANDATION BASÉE SUR LES RÉSULTATS D’ÉTUDES NON EXPÉRIMENTALES DESCRIPTIVES
BIEN MENÉES (ÉTUDES COMPARATIVES, ÉTUDES CORRÉLATIONNELLES OU ÉTUDES DE CAS).
4
RECOMMANDATION BASÉE SUR L’AVIS D’EXPERTS RECONNUS,
DE RAPPORT(S), OPINION(S) OU EXPÉRIENCE(S) CLINIQUE(S).
QUE NON
QU’IL SOIT DONNÉ SOUS FORME
Glossaire :
bradycardie : ralentissement du rythme cardiaque à moins de 60 pulsations par minute
(antonyme : tachycardie).
cardiomyopathies : regroupement des maladies s’attaquant au muscle cardiaque (myocarde)
dont elles affectent la fonction ou la structure.
delirium : altérations extrêmes de l’orientation, de la perception, de l’affect, de l’excitation et de
l’attention. Les personnes qui présentent un delirium ont souvent un comportement combatif.
demi-vie : temps nécessaire pour que la moitié de la quantité totale d’une substance soit
éliminée de l’organisme.
dissection aortique : déchirure de la paroi interne de l’aorte (artère d’importance située près du
cœur). Elle s’étend rapidement et son pronostic est dramatique en l’absence d’une prise en
charge rapide.
dysarthrie : difficulté d’élocution due à une lésion des centres moteurs du langage.
infarctus : destruction d’une petite zone du muscle cardiaque (myocarde) survenant lorsque le
blocage des artères qui l’irriguent (artères coronaires) empêche le sang oxygéné d’atteindre le
muscle.
ischémie : apport insuffisant de sang à un organe ou à un tissu. Par exemple, l’injection de
cocaïne directement dans une artère provoque de la vasoconstriction et peut causer une telle
complication.
mydriase : dilatation prolongée et excessive de la pupille (antonyme : myosis).
myosis : contraction exagérée de la pupille (antonyme : mydriase).
rhabdomyolyse : dommages aux fibres musculaires causant la destruction des muscles. Des
composantes toxiques sont alors libérées et atteignent la circulation sanguine. Une
insuffisance rénale peut s’ensuivre.
tachycardie : augmentation du rythme cardiaque à plus de 100 pulsations par minutes
(antonyme : bradycardie).
Notes :
COCAÏNE
La cocaïne est impliquée dans la majorité des cas d’overdoses
aux États-Unis. Entre 1990 et 1998, 70% des overdoses
mortelles étaient dues à la consommation de cette substance,
souvent combinée à des opiacés.18
Overdose vs intoxication
Lewis définit l’overdose comme une version exagérée des
signes physiques et psychologiques de la toxicité de la cocaïne
(voir l’appendice I pour une discussion du mode d’action de
cette substance au niveau du cerveau).20 La cocaïne exerce un
effet toxique sur presque tous les organes du corps, mais c’est
au niveau du cœur que cet effet est le plus important.7
Les effets aigus de la cocaïne, même s’ils sont intenses, sont
généralement de courte durée étant donné la demi-vie de 30-90
minutes de cette substance dans le corps.6 Cette demi-vie
dépend de la voie de consommation, de la dose et des sujets.
Les gens reviennent assez rapidement d’une overdose avec le
support médical, mais il faut noter qu’aucun antidote† n’existe
pour contrer la toxicité de cette substance.
Fait saillant :
Le terme « overdose » est trompeur,
car la toxicité de la cocaïne ne
dépend pas de la dose consommée.
L’étendue des doses utilisées pour
obtenir des effets et celles
suffisantes pour provoquer des
overdoses se chevauchent
complètement.1
Voies de consommation
La consommation de cocaïne par voie intraveineuse ou par
inhalation (freebase, crack) augmente considérablement les
risques d’overdose comparativement à sa consommation par
voie nasale (« sniffer »). La rapidité avec laquelle la cocaïne
injectée ou inhalée entre dans la circulation sanguine est
équivalente, alors que sa consommation par voie nasale
implique un délai plus grand.20-22 La cocaïne fumée atteint le
cerveau en 6 à 8 secondes, elle met environ 12 à 16 secondes
lorsqu’elle est injectée et requiert de 3 à 5 minutes lorsqu’elle
est consommée par voie nasale.6
Pharmacocinétique de la cocaïne selon la
voie de consommation6-8
inhalation
injection
intranasale
Début
Pic
Durée
6-8 sec
1-3 min
5-15 min
12-16 sec
3-5 min
20-60 min
3-5 min
15-20 min 60-90 min
Risque d’overdose : inhalation ≈ injection >> intranasale
Mélanges de produits
La plupart des consommateurs de cocaïne rapportent la
consommation simultanée d’autres drogues.5 Or, le risque
d’overdose augmente lorsque la cocaïne est consommée avec
d’autres substances comme l’héroïne et l’alcool.5,18
Héroïne. La consommation de ‘speedball’ (mélange de cocaïne
et d’héroïne) augmenterait le risque d’overdose par rapport à
une consommation de cocaïne seule. En effet, la cocaïne
exacerberait la dépression respiratoire entraînée par l’héroïne.5
†
Fait saillant :
Les probabilités d’expérimenter des
effets néfastes des mélanges
augmentent avec le nombre de
substances prises simultanément.3
La dose consommée, la nature des
produits et l’état de la personne sont
également à prendre en compte.
Dans les faits, très peu de substances possèdent un antidote. Par exemple, lorsque les personnes utilisent du lait comme
‘antidote’, elles le font sur la base de fausses croyances. Le lait ne renverse la toxicité d’aucune substance, il agit seulement
en diluant ou en adsorbant un produit qui a été avalé.
3
En pratique…
Les personnes consomment souvent
de l’alcool pour mieux ‘redescendre’
de leur ‘high’ de cocaïne. Il pourrait
être intéressant de négocier avec
elles des stratégies alternatives.
Encadré 1 L’EFFET PLUS QU’ADDITIF
Pour illustrer le concept d’« effet plus
qu’additif », prenons l’exemple de
Gaston, un consommateur de
drogues qui fête le Nouvel An. Le 30
décembre, Gaston boit une quantité
donnée d’alcool, ce qui pousse son
cœur à battre plus vite. Chez
Gaston, cette augmentation se
chiffre alors à 10%. Le lendemain, il
consomme de la cocaïne. Pour la
quantité qu’il a prise et considérant
son état général, son rythme
cardiaque s’élève alors de 30%. Le 2
janvier, Gaston fait un mélange
d’alcool et de cocaïne. Il consomme
la même quantité d’alcool que
l’avant-veille et la même quantité de
cocaïne que la veille. Gaston sera
surpris de constater que son cœur
bat plus vite de 50%, et non de 40%
comme il s’y attendait. C’est donc à
dire que l’interaction ‘alcool X
cocaïne’ contribue elle aussi à
l’augmentation de la pulsation
cardiaque. En d’autres mots, l’effet
du mélange alcool + cocaïne est plus
qu’additif.
Augmentation de la pulsation de
Gaston suite à sa consommation d’un
mélange d’alcool et de cocaïne
(l’alcool et la cocaïne ont été pris au
même moment).
Source
Total
Valeur
alcool
10%
cocaïne
30%
alcool X cocaïne
10%
50%
Alcool. La croyance populaire veut que l’alcool augmente la
consommation de cocaïne et vice versa. Cette affirmation est
supportée par les résultats d’études rapportant qu’une majorité
des consommateurs de cette substance illicite affirment
consommer de l’alcool pour diminuer les effets de la
cocaïne.23,24
Or, la combinaison cocaïne et alcool n’est pas bénigne.7 Ce
mélange produit entre autres un métabolite actif, le
cocaéthylène, qui accroît les effets euphoriques de la cocaïne.
Ce métabolite est plus toxique que la cocaïne consommée
seule.5,25 Par exemple, la demi-vie du cocaéthylène est trois fois
plus grande que celle de la cocaïne et le métabolite est plus
cardiotoxique que la drogue elle-même.9,23,26 Certains auteurs
considèrent en ce sens ce mélange comme le plus dangereux,
car il augmente les risques de dommages au foie et de mort
subite.20
De plus, l’alcool et la cocaïne sont toutes deux des substances
qui augmentent le rythme cardiaque et le sentiment
d’intoxication chez les individus qui les consomment.
Lorsqu’elles sont combinées, leurs effets sur l’augmentation de
la pulsation cardiaque peuvent devenir plus qu’additifs.23 En
pratique, cela signifie que chez une personne ayant consommé
en mélange ces deux substances, trois composantes
contribueront à faire augmenter son rythme cardiaque : l’alcool,
la cocaïne et l’interaction ‘alcool X cocaïne’ (voir l’encadré 1).
Il est intéressant de noter que l’effet plus qu’additif dépend de
l’ordre dans lequel sont consommées la cocaïne et l’alcool. La
concentration sanguine de cocaïne est plus élevée quand
l’alcool est consommé avant ou durant l’absorption de cocaïne.
En effet, il y a alors une augmentation de 30% de la
concentration sanguine de cocaïne. La concentration d’alcool,
pour sa part, ne serait pas augmentée par la prise de cocaïne,
un phénomène qu’il est possible d’attribuer à la vasoconstriction
engendrée par la cocaïne, laquelle diminuerait l’absorption de
l’alcool.23
Ainsi, en inversant l’ordre d’administration, on peut éliminer
l’effet rehausseur qu’a l’alcool sur la concentration sanguine en
cocaïne et, par le fait même, éviter une part de l’augmentation
de la pulsation cardiaque autrement observée (les 10%
provenant de l’interaction ‘alcool X cocaïne’ dans notre
exemple). À ce titre, on note que lorsque la cocaïne est
consommée 30 minutes avant l’alcool, sa concentration
sanguine demeure équivalente à celle retrouvée lorsque la
drogue est consommée seule. De plus, les signes de toxicité
secondaires au mélange cocaïne – alcool (ex. : le fait de se
sentir « high ») ne sont pas amplifiés lorsque l’alcool est ingéré
en deuxième.23
4
Autres. Plusieurs substances interagissent avec la cocaïne (voir
appendice II). Mentionnons ici que le cannabis peut potentialiser
les effets toxiques de la cocaïne en augmentant la
concentration plasmatique de la drogue.25
Par ailleurs, la cigarette, comme la cocaïne, induit la vasoconstriction des artères coronaires (vaisseaux qui irriguent le
muscle cardiaque). Ce mélange contribue de façon marquée à
l’augmentation des risques de complications cardiaques.7
Le cas des benzodiazépines mérite d’être exposé. Bien qu’il
s’agisse de substances dont l’interaction avec la cocaïne n’est
pas documentée, il faut savoir que les témoins d’une overdose
rapportent souvent l’administration de benzodiazépines à la
personne intoxiquée pour renverser les effets de la cocaïne.5
Les médecins traitant de telles overdoses privilégient parfois ce
traitement.‡6,27 Il faut toutefois comprendre qu’il s’agit d’un acte
médical et qu’il n’est pas recommandé aux personnes de
prendre cette initiative qui n’est pas toujours appropriée.5
En pratique…
Plusieurs interactions entre des
drogues ne sont découvertes que
lorsque des personnes les ont
expérimentées. Conséquemment,
toutes les interactions possibles
entre la cocaïne et autres produits ne
sont pas connues parce qu’elles
n’ont pas été testées et/ou
rapportées. Ces personnes
pourraient jouer un rôle important
dans la prévention des overdoses en
rapportant les symptômes vécus
suite à des mélanges.
voir l’appendice II – suite (p. 19-20) pour un exemple
de tableau de compilation
En savoir plus…
Circonstances
Le plus souvent, les overdoses surviennent au domicile de la
personne ou chez un ami.5,28 Bien que quelqu’un soit présent
dans la plupart des cas,5,29 seule une faible proportion des cas
est référée aux services médicaux d’urgence. En ce sens, il
semble que plus le nombre de personnes présentes est élevé,
moins il sera probable que quelqu’un intervienne.30 Pourtant,
une majorité des personnes qui sont dans ce milieu sont
capables d’identifier les signes et symptômes d’une overdose
avec une grande exactitude. C’est leur réaction qui est
généralement inadéquate. Il est intéressant de souligner que les
femmes sont plus nombreuses à porter assistance et à
appliquer les bons gestes en cas d’overdose.30
Le Centre antipoison est l’instance
où s’adresser pour obtenir de plus
amples informations sur les
interactions entre produits.
Parmi les actes posés lors d’une overdose, peu de gens tentent
la réanimation cardio-respiratoire [RCR]. On rapporte que la
RCR a été effectuée dans 13% des cas où quelqu’un était
présent.5 De plus, plusieurs personnes disent avoir administré
une autre drogue (ex. : héroïne ou benzodiazépines) pour
contrer les effets de la cocaïne. Cette intervention peut
augmenter les risques de mortalité, car les effets dépresseurs
des opiacés et des benzodiazépines ne protègent pas contre
les overdoses de cocaïne.5
Finalement, des recherches démontrent une augmentation des
overdoses fatales durant les journées chaudes.5,31 Même à
faible dose, la cocaïne peut élever la température du corps.
Lorsque la température ambiante est déjà haute, la personne
consommant de la cocaïne maintiendra difficilement une
température corporelle normale.
‡
La cocaïne devient particulièrement
dangereuse quand la température
ambiante dépasse 31.1°C.
Les benzodiazépines ne sont pas un antidote à la cocaïne. On les utilise ici pour leurs propriétés sédatives dans le
traitement de l’hypertension provoquée par la cocaïne.
5
Signes et symptômes
Attention : Les signes d’overdose et/ou d’intoxication de cocaïne
peuvent varier d’une personne à l’autre (ex. : selon l’état
cardiovasculaire) et n’entraînent pas nécessairement une perte
de conscience.
•
•
•
•
•
Delirium (peut entraîner un arrêt cardiaque et la mort ;
plus commun chez les utilisateurs chroniques) 5,9,13,20
Augmentation de la température du corps 1,5,6,13,20 et
sudation intense 5,13
Tremblements 5,9
Nausées / vomissements 5
Troubles respiratoires
o
•
Signes neurologiques
o
o
Problèmes cardiovasculaires
•
„
la majorité des infarctus et
ischémies surviennent moins d’une
heure après la consommation
les complications cardiovasculaires
sont plus fréquentes dans les 12
heures suivant une overdose
douleur thoracique 5,7,13
accélération du pouls, palpitations, arythmie 5,6,9,13,20
hypertension 6,9,13,20
ischémie ou infarctus du myocarde 7,13,20
crises / attaques 5
yeux qui roulent vers l’arrière 5
écume à la bouche 5
écroulement 5
Comportements indicateurs
o
o
o
„
dans
Perte de conscience et symptômes associés 5,20
o
o
o
•
mydriase 6,9
convulsions 9,13
Problèmes cardiovasculaires (particulièrement
l’heure suivant la consommation)7,32
o
o
o
o
o
•
respiration irrégulière, détresse respiratoire 5
anxiété et agitation extrêmes 5,9,13,20
comportements agressifs
paranoïa et hallucinations 5,20
Complications mortelles
Les crises, arythmies cardiaques ou détresse respiratoire et
complications cardiovasculaires associées sont parmi les
conséquences mortelles de la cocaïne. L’hyperthermie peut
contribuer à augmenter la mortalité due à la cocaïne.5,33 En
résumé, la mort due à la consommation de cocaïne survient
généralement au cours des 12 heures suivant la
consommation7,32 et est souvent causée par :
•
•
•
•
•
•
•
arythmies cardiaques,5,21,25
défaillance respiratoire,5
hémorragie cérébrale,5,26
défaillance rénale,5
hyperthermie (contribution par temps chaud [> 31.1°C]),5
convulsions,26
arrêt cardiaque.26
6
7
Autres complications
Même si les personnes se remettent généralement rapidement
d’une overdose de cocaïne, la consommation chronique de ce
produit accélère le développement de sérieuses pathologies
cardiaques comme l’athérosclérose des artères coronaires,
l’hypertrophie ventriculaire (qui augmente le risque d’infarctus
du myocarde),5,21,34 l’ischémie et des arythmies provoquées par
la cocaïne.5,21,29
D’autres complications sont associées à l’abus de cocaïne à
long terme. Parmi celles-ci, les conséquences médicales
touchant
aux
systèmes
cardiovasculaire,
respiratoire,
neurologique, gastro-intestinal et urinaire sont présentées dans
la littérature. Des désordres psychiatriques et sexuels sont
également rapportés. L’appendice III en fait l’énumération.
Facteurs de risque 5,29
Comportements liés à la consommation
•
Association entre la voie de consommation et le risque
d’overdose :
inhalation ≈ intraveineuse >> intranasale
(fumée)
•
(injectée)
(« sniffée »)
Consommation simultanée d’autres substances (ex. : alcool,
héroïne)
Caractéristiques individuelles
•
Genre féminin (causes inconnues ; possible relation avec l’effet
hormonal de la progestérone sur la formation d’un métabolite toxique,
la norcocaïne)
•
Consommateur de longue date
•
Considéré comme dépendant
•
Ayant consommé plusieurs classes de drogues au cours de
sa vie
8
HÉROINE ET OPIACÉS
Les overdoses sont la principale cause de décès prématurés et
de morbidité chez les consommateurs d’héroïne.4,16,29,35 Les
overdoses non fatales, pour leur part, surviendraient chez 23%
à 33% des consommateurs chaque année.36
Voies de consommation
Les risques d’overdose sont beaucoup plus faibles quand
l’héroïne est fumée plutôt qu’injectée.4,16,28,35,37
Mélanges de produits
Un grand nombre d’overdoses fatales et non fatales impliquent
la consommation concomitante d’héroïne et d’autres drogues
dont l’alcool,4,13,16,18,35,38 les benzodiazépines,4,16,28,35,39 des
antidépresseurs tricycliques (overdoses non fatales)35 et la
cocaïne (voir l’appendice II pour les principales interactions
connues).4 Plus de la moitié des morts par overdose d’opiacés,
de cocaïne ou d’alcool sont attribuables à des mélanges de ces
substances.18
Cocaïne. L’injection de ‘speedball’ (mélange d’héroïne et de
cocaïne) est liée à une augmentation des risques d’overdose.4,5
Dépresseurs du système nerveux central. Les benzodiazépines
et l’alcool sont des dépresseurs du système nerveux central et
quand ils sont consommés avec de l’héroïne, ils potentialisent
l’effet dépresseur du système respiratoire de cette drogue en
contribuant à diminuer la fréquence respiratoire. 35
Aide-mémoire PRODUITS COURANTS
Opiacés :
héroïne, MS Contin, codéine,
Dilaudid, Demerol, méthadone
Benzodiazépines :
Xanax, Lectopam, Valium, Ativan,
Dalmane, Mogadon, Restoril,
Rivotril
Antidépresseurs tricycliques :
Sinequan, Tofranil, Surmontil
voir l’appendice IV pour une liste plus complète
* Le mélange méthadone – héroïne cause de plus en plus de
morts par overdose (les OD dues à la méthadone seule sont
rares).§ Ces overdoses surviennent souvent 12-14 heures après
l’ingestion de la méthadone, la nuit (le sommeil augmente la
dépression respiratoire) et après les repas (la nourriture
augmente l’absorption de la méthadone). Se manifestant par
des vomissements, l’absence (début de traitement) ou la perte
de tolérance à la méthadone prédisposent à l’overdose.40
Par ailleurs, les interactions exactes méthadone – drogues de
rue n’étant pas rapportées dans la littérature, elles ne sont pas
abordées ici. L’expertise des personnes UDI pourrait être
sollicitée pour pallier ces lacunes (voir appendice II, p. 20).
Circonstances
La majorité des consommateurs d’héroïne ont déjà été témoins
d’une overdose. Comme dans le cas de la cocaïne, les gens
sont généralement accompagnés et aucune intervention n’a été
effectuée dans la plupart des cas.4,16,35,36,41,42
§
Notons qu’avec une prescription adéquate de méthadone, la consommation d’héroïne ne produira aucun effet euphorique.
9
Aide-mémoire OVERDOSE-OPIACÉS2
Une altération du niveau de
conscience accompagnée d’un des
éléments suivants suggère fortement
une overdose d’opiacés :
‚ fréquence respiratoire < 12/min,
‚ myosis OU
‚ usage d’héroïne connu.
Il faut alors contacter les services
d’urgence dans les plus brefs délais.
Signes et symptômes
•
•
•
•
•
•
Diminution de l’état de conscience, somnolence 5,13,20,39
Myosis 5,13,39
Tachycardie et bradycardie 13
Hypotension et diminution de la température corporelle 13
Dépression respiratoire** (lèvres deviennent bleutées) 5,13,36,39
Hallucinations et euphorie 13
Complications
La mort par overdose d’héroïne survient généralement dans un
intervalle d’une à trois heures suivant l’injection.36
Les complications à long terme associées aux opiacés sont
surtout liées à l’injection (ex. : VIH, abcès, hépatites,
endocardite, etc.). La littérature concernant les dommages à
long terme que provoque l’héroïne sur les différents systèmes
du corps humain est moins exhaustive que celle touchant aux
complications liées à l’abus chronique de cocaïne. Mentionnons
simplement que l’utilisation d’opiacés a été associée à des
complications pulmonaires, ulcères duodénaux, anomalies
endocriniennes et maladies cérébro-vasculaires.11
Facteurs de risque
Un nombre important de mythes entoure l’overdose d’opiacés.43
Par exemple, on croit que plus la drogue est pure, plus les
risques d’intoxication aiguë sont élevés et que ce phénomène
touche davantage les jeunes consommateurs inexpérimentés.
En fait, seule une proportion modérée d’overdoses est reliée à
la pureté du produit 13,29,35,36 et les cas d’overdoses sont
généralement des événements tardifs dans la carrière d’un
consommateur.16,35,38
Dans la littérature, on remarque plutôt que les gens qui
démontrent un ensemble de caractéristiques individuelles et
comportementales les plaçant dans une catégorie de personnes
à risque (ex. : s’injecter ailleurs que dans les bras, être un
consommateur de longue date, etc.) sont également plus à
risque d’overdose.4 Cependant, bien que l’on rapporte un taux
de dépression très élevé et un risque de suicide accru chez
cette clientèle (14 fois plus élevé que chez la population
générale),16,35,41 mentionnons que les cas d’overdoses d’héroïne
intentionnelles sont inhabituels.4,35,41
Caractéristiques individuelles :
•
**
L’effet du genre demeure ambigu : Des études rapportent
que les hommes sont plus à risque d’overdose fatale,18,28,35
d’autres montrent que les femmes ont un risque plus élevé.4
Le rythme respiratoire normal se situe entre 16 et 20 respirations par minute.
10
•
L’effet de l’âge sur l’accroissement du risque se fait
sentir à plusieurs niveaux.
o
o
Jeune âge à la première injection.4
Âge moyen pour les cas d’overdose fatale : début
trentaine. Ces overdoses surviennent souvent après
5-10 ans de consommation d’héroïne.16,18,28,35,36,39
•
Un plus grand nombre d’overdoses a été observé chez
des personnes d’orientation bisexuelle.42
•
Dépendants de longue date.4,35
o ↑ du risque de 6% par année d’injection d’héroïne.4
•
Les personnes qui ont déjà fait une overdose ont un
risque accru d’en refaire.4,16
•
Parmi les cas d’overdoses, les personnes ayant un
historique d’activité criminelle sont surreprésentées.4
•
Plus d’overdoses chez les personnes vivant seules.42
•
État de santé :
o
o
•
En général, un piètre état de santé physique amène
une diminution de la tolérance à la drogue.29
Les faits d’être séropositif, d’avoir une hépatite, un
faible statut nutritionnel et des altérations cardiaques
sont des facteurs de risques potentiels, étant
notamment associés à l’abus intraveineux de
stimulants centraux et d’opiacés.35,39,44
Précarité des conditions de vie :
o
o
Pauvreté 16
Sans domicile fixe 42
¾ Le fait d’être en traitement est associé à une diminution
des risques d’overdoses (fatale ou non).35
Comportements liés à la consommation :
11
•
Consommation quotidienne de cocaïne et/ou ‘poppers’ 42
•
Injection dans un endroit public16
•
Changements dans les habitudes de consommation
o
Après une période d’abstinence (ex. : prison) ou de
traitement (ex. : méthadone), une perte de tolérance
physiologique se développe et augmente les risques
d’overdose.4,13,16,28,35,36,38,39,41
o
La trajectoire de consommation d’un utilisateur
d’héroïne montre généralement une diminution de la
consommation d’héroïne avant la mort, mais une
augmentation de la prise d’autres drogues comme
l’alcool.4,29,38 Une perte de tolérance est alors à
prévoir chez ces consommateurs plus vieux.
En pratique…
Bien que les personnes qui
consomment des drogues par
injection aient généralement un
piètre état de santé, elles consultent
trop peu les services de santé.10-12
Lorsqu’elles le font, c’est en urgence,
alors que la situation s’est
passablement dégradée.8,14
Le rôle des intervenants est ici
primordial.15 Il a été démontré que
lorsque des travailleurs de milieu
ayant une bonne relation de
confiance avec les consommateurs
les incitaient à consulter des services
de santé, ces derniers avaient
tendance à agir sur ces
recommandations.17
En bref…
Lorsqu’une intoxication est soupçonnée (ex. : historique de consommation), la prochaine étape
consiste à connaître la substance en cause. Il est alors pratique de vérifier quatre catégories de
signes et symptômes :
‚
signes vitaux,
‚
manifestations oculaires,
‚
état mental (ex. : coma, stupeur, léthargie, délire, agitation, confusion, état alerte) et
‚
tonus musculaire.45
TABLEAU. Signes différentiels d’intoxication : cocaïne et opiacés~
Cocaïne
Opiacés
tension artérielle
↑
↓
rythme cardiaque
↑
↓
température
↑
↓
Signe oculaire
mydriase*
myosis
État mental
agitation
dépression**
Tonus musculaire
dyskinésie et rigidité
rigidité***
Signes vitaux
~
l’absence d’un des symptômes indiqués n’exclut pas nécessairement la substance comme
impliquée dans le syndrome observé, puisque la consommation concomitante de produits aux
*
effets potentiellement différents est la règle plutôt que l’exception. la pupille conserve une
certaine réponse à la lumière, contrairement à ce qui serait observé dans le cas d’une
45 **
le terme dépression doit être compris ici
intoxication causée par un anticholinergique.
comme une diminution générale de l’état physiologique, et non la maladie connue sous le
***
s’applique uniquement au Fentanyl, un opiacé synthétique.
même nom.
12
Interventions préventives
Clientèle cible
•
Les overdoses surviennent surtout chez les UDI, mais aussi chez les non-UDI.
•
En raison des effets potentiels des mélanges de substances, les consommateurs d’alcool, de
benzodiazépines (e.g., ativan) ou d’antidépresseurs tricycliques (e.g., tofranil) représentent une
population à risque d’overdoses.
•
Chez les consommateurs d’héroïne, le groupe le plus à risque est constitué des personnes hors
traitement qui consomment de longue date.35,37
Prévention secondaire
•
L’overdose de cocaïne se produisant généralement dans l’heure suivant sa consommation, une
personne qui se plaindrait de douleurs à la poitrine pendant cette période pourrait bénéficier d’un
suivi pour observation.7
o
•
Si les symptômes persistaient au-delà d’une heure sans aucune amélioration, il serait
bon d’être prêt à intervenir en cas de complications cardiovasculaires (ex. : arythmies,
infarctus, accident vasculaire cérébral, arrêt respiratoire).32
Les complications graves d’une overdose de cocaïne survenant dans les 12 heures suivant la
consommation, cette période critique représente un moment où la vigilance est de mise.7,32
Éducation
Interventions éducatives axées sur le transfert d’informations pratiques
• Éduquer les consommateurs par rapport aux overdoses.
• Enseigner aux consommateurs, aux membres de leur(s) réseau(x) et à leur famille…29
o
à reconnaître les signes et symptômes d’overdose ;
o
à accéder au système médical en appelant l’ambulance immédiatement lorsque survient
une overdose (utilisation adéquate du 911) ;35
ƒ
o
les réponses des consommateurs sont meilleures quand le système d’urgence
médical et la police se sont mis d’accord sur un protocole d’urgence qui limite
l’intervention policière en cas d’overdose.35 Quand les gens n’ont plus peur d’une
arrestation, des overdoses fatales peuvent ainsi être évitées.35,46
à pratiquer le RCR (voir appendice V).4,16,35,39,46,47
• Éduquer les gens concernant les conséquences néfastes de la consommation chronique.
• Les personnes qui consomment pourraient jouer un rôle important dans la prévention des
overdoses en rapportant les symptômes vécus suite à des mélanges (voir appendice II, p.19-21).
Interventions éducatives axées sur la diminution des facteurs de risque
• Informer les usagers des risques encourus lorsqu’ils combinent héroïne ou cocaïne avec d’autres
drogues ou alcool.4,35,41
• Faire de l’éducation auprès des usagers sur les risques d’overdose après une période
d’abstinence (surtout pour les consommateurs de longue date).35
• Encourager les gens à s’injecter seulement lorsqu’ils sont accompagnés.††35
††
Le projet Piquerie mené en collaboration avec Point de Repères en 2002 a montré que 41% des consommateurs
interrogés rapportaient s’injecter seuls.
13
• Intervenir spécifiquement pour diminuer les comportements associés avec les overdoses :4
o
changer de mode d’administration : encourager les gens à utiliser des voies de
consommation alternatives à l’injection afin de diminuer les risques d’overdoses ;18,35
o
inciter les gens à changer leur patron de consommation (ex. : éviter les mélanges).18
• Pour les personnes dépendantes à l’héroïne, amorcer un traitement, car il diminuerait la
fréquence des overdoses.35
Pistes d’interventions pour le futur
•
Locaux d’injection supervisés, lesquels diminuent le taux d’overdoses.35,36,48
•
Diversité d’alternatives pharmacologiques à la méthadone comme la buprenorphine.35
•
À propos du Narcan© (naloxone)…
o
Le Narcan© est utilisé lors d’une dépression respiratoire ou un coma consécutifs à une
overdose d’opiacés.4,13,16,29,35,46 Ce produit est un antagoniste, c’est-à-dire un compétiteur
du narcotique, qui renverse les effets d’une narcose aigue comme la dépression
respiratoire, la sédation et l’hypotension. Sans la présence d’opioïdes, le naloxone n’a
pas d’activité pharmacologique. Sa demi-vie est plus courte que celle des opioïdes. Ces
propriétés ont encouragé certains intervenants à promouvoir sa distribution large à
travers des programmes d’échange de seringues, pharmacies, cliniques médicales, etc.
o
La possibilité d’instaurer un programme de provision de Narcan© a toutefois provoqué
tout un tollé parmi les chercheurs. D’un côté, se trouvent les praticiens qui encouragent
cette initiative,49 de l’autre ceux qui s’y opposent.50,51 De l’aveu même des premiers, les
études pilotes menées à ce jour apportent certes des résultats encourageants, mais ne
représentent que des études de cas qui devront être étoffées avant que ne soit instaurée
une distribution à grande échelle de Narcan©.36,51
o
Dans l’état actuel des connaissances, et considérant les possibles répercussions
négatives de l’utilisation inadéquate de Narcan©,25,45 l’option la plus recommandable en
ce qui concerne la prise en charge des cas d’overdoses d’opiacés demeure le
dégagement des voies respiratoires et le recours immédiat aux services médicaux
d’urgence.50,52
Notes :
14
RÉFÉRENCES
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
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23
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25
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28
29
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32
33
34
35
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37
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39
40
41
42
43
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16
APPENDICE I : Comment agit la cocaïne au niveau du cerveau?
Le fonctionnement du système nerveux repose sur la circulation d’information à travers des réseaux
complexes de neurones, les unités de base du système nerveux. Ces neurones sont reliés entre eux par
des synapses (points de jonction entre deux neurones), formant un enchaînement de neurones. C’est au
niveau des synapses qu’est transmise l’information d’un neurone à l’autre sous forme d’impulsion
nerveuse. Cette information est véhiculée par les neurotransmetteurs, substances chimiques larguées
dans la synapse par le neurone transmetteur (ou pré-synaptique) et captées par le neurone récepteur (ou
post-synaptique). L’adrénaline, la sérotonine et la dopamine sont des exemples de neurotransmetteurs.
Selon la situation, elles excitent, inhibent ou modifient la réponse du neurone qui les reçoit.
Biologiquement parlant, le plaisir repose sur l’action de neurotransmetteurs.
Par exemple, la passion amoureuse se traduit par une grande libération de
noradrénaline, de dopamine et de phényléthylamine dans le cerveau. C’est
également de cette manière qu’agissent certaines substances comme les
amphétamines, dont la structure ressemble tellement à celle des
neurotransmetteurs qu’elles en miment l’action dans le cerveau, provoquant
une euphorie caractéristique. Plus précisément, c’est au niveau de
l’hypothalamus que seront captés ces neurotransmetteurs et substances
analogues (Figure 1‡‡). En plus d’agir comme centre du plaisir, cette
structure du cerveau assume plusieurs fonctions dont le contrôle la
température, l’équilibre hydrique, l’appétit, la soif, la régulation
cardiovasculaire et l’activité sexuelle.
FIGURE 1. Hypothalamus
La cocaïne, pour sa part, agit sur le transport de
la norépinéphrine, de la sérotonine et de la
dopamine.53 L’euphorie qu’elle produit provient
de ce qu’elle bloque la recapture de la dopamine
(Figure 2).21,22 En demeurant dans la synapse,
elle stimulera sans arrêt les neurones postsynaptiques, prolongeant ainsi ses effets
euphorisants. À la longue, bien que la cocaïne
agisse d’abord en stimulant le centre du plaisir,
elle finira par l’épuiser. En effet, suite à son
accumulation dans les synapses, la dopamine
sera finalement évacuée et les réserves se
trouvant dans le cerveau ne suffiront plus à
conserver l’euphorie. Sa production cessera de
compenser son évacuation et les « circuits » du
plaisir seront à sec. C’est alors que le
consommateur devient plus anxieux et
incapable d’éprouver du plaisir sans cocaïne.
Ainsi
s’installe
la
dépendance.
Le
consommateur a besoin de cocaïne pour
ressentir du plaisir, mais chaque fois qu’il en
consomme, il draine un peu plus ses réserves
de dopamine. L’usage intense et chronique peut
causer un épuisement si important des réserves
qu’aucun plaisir n’est possible et qu’une
profonde dépression s’installe. La dépendance à
la cocaïne est donc très difficile à traiter, car les
médicaments prescrits pour diminuer l’état de
manque sont longs à agir et la plupart des gens
abandonnent le traitement.
FIGURE 2 A. Dans un processus de communication
normal, la dopamine est libérée par le neurone dans la
synapse où elle peut se lier avec les récepteurs à
dopamine des neurones avoisinants. La dopamine est
ensuite recyclée par le neurone transmetteur à l’aide
d’une protéine spécialisée, le transporteur à dopamine.
B. Si la cocaïne est présente, elle s’attache au
transporteur et bloque le processus de recyclage. La
dopamine s’accumule dans la synapse, ce qui contribue à
l’effet prolongé de la cocaïne (euphorie). Si la
consommation de cocaïne persiste, la tolérance se
développe et le consommateur a besoin de doses plus
fortes et plus fréquentes pour atteindre le même niveau.
Mentionnons que des recherches sont en cours et que des résultats intéressants ont déjà été publiés.54
‡‡
Les figures ont été adaptées de NIDA (2004).
17
APPENDICE II. Principales interactions connues entre la cocaïne, les opiacés et différentes substances courantes* (adapté de Ben Amar, 2004).**
COCAÏNE
OPIACÉS
Potentialisation de l’euphorie.
Atténuation des effets indésirables.
Risque accru de toxicité (ex. : dépression
Potentialisation de l’euphorie.
Atténuation des effets indésirables.
Risque accru de toxicité (ex. : dépression
respiratoire si fortes doses).
respiratoire si fortes doses).
ANTIDÉPRESSEURS
TRICYCLIQUES
CANNABIS
*
COCAÏNE
Potentialisation des effets dépresseurs du SNC.
Risque accru de dépression respiratoire
(variable).
BENZODIAZÉPINES
ALCOOL
OPIACÉS
Potentialisation de l’euphorie.
Atténuation des effets désagréables.
Augmentation de l’intensité et de la durée de
l’effet de la cocaïne (formation de cocaéthylène).
Risque accru de toxicité (variable).
↓ désir obsédant de consommer de la cocaïne.
↓ vasoconstriction.
↑ rythme cardiaque ou pression sanguine.
↓ anxiété causée par la cocaïne.
BENZODIAZÉPINES
↑ effets dépresseurs sur le SNC (variable).
ALCOOL
Potentialisation des effets dépresseurs du SNC
(variable).
ANTIDÉPRESSEURS
TRICYCLIQUES
↑ effets analgésiques, sédatifs et euphorisants
(variable).
CANNABIS
**
La gravité des interactions pharmacologiques de la cocaïne n’est pas présentée dans ce tableau; abréviation : SNC - système nerveux central.
Ben Amar, M. (2004) La
polyconsommation de psychotropes et les principales interactions pharmacologiques associées. Montréal, Comité permanent de lutte à la toxicomanie, 184 p.
18
APPENDICE II (SUITE). Autres interactions rapportées entre la cocaïne et différentes substances. *
Caractéristiques de la
cocaïne consommée
date et initiales
date et initiales
date et initiales
date et initiales
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
Autre(s) substance(s) consommée(s)
(ex. : caractéristiques; consommée(s) dans
quelle séquence; quantité, etc.)
Effets rapportés**
(ex. : durée, délai, intensité, etc.)
:__/__/__ ___
Consigner dans le tableau tout autre renseignement pertinent pour améliorer vos interventions en faisant appel à l’expertise des clients rencontrés. ** Les effets rapportés au
***
tableau des interactions connues (ex. : ↑ ou ↓ rythme cardiaque, etc.) peuvent servir de guide pour évaluer les effets rapportés par les clients.
Initiales de l’intervenant.
date et initiales
*
19
APPENDICE II (SUITE). Autres interactions rapportées entre des opiacés et différentes substances. *
Caractéristiques de
l’opiacé consommé
date et initiales
date et initiales
date et initiales
date et initiales
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
Autre(s) substance(s) consommée(s)
(ex. : caractéristiques; consommée(s) dans
quelle séquence; quantité, etc.)
Effets rapportés**
(ex. : durée, délai, intensité, etc.)
***
:__/__/__ ___
Consigner dans le tableau tout autre renseignement pertinent pour améliorer vos interventions en faisant appel à l’expertise des clients rencontrés. ** Les effets rapportés au
***
tableau des interactions connues (ex. : ↑ ou ↓ rythme cardiaque, etc.) peuvent servir de guide pour évaluer les effets rapportés par les clients.
Initiales de l’intervenant.
date et initiales
*
20
APPENDICE II (SUITE). Autres interactions rapportées entre différentes substances (autres que la cocaïne et les opiacés). *
Caractéristiques de la
substance 1
date et initiales
date et initiales
date et initiales
date et initiales
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
:__/__/__ ___
***
Autre(s) substance(s) consommée(s)
(ex. : caractéristiques; consommée(s) dans
quelle séquence; quantité, etc.)
Effets rapportés**
(ex. : durée, délai, intensité, etc.)
:__/__/__ ___
Consigner dans le tableau tout autre renseignement pertinent pour améliorer vos interventions en faisant appel à l’expertise des clients rencontrés. ** Les effets rapportés au
***
tableau des interactions connues (ex. : ↑ ou ↓ rythme cardiaque, etc.) peuvent servir de guide pour évaluer les effets rapportés par les clients.
Initiales de l’intervenant.
date et initiales
*
21
APPENDICE III : Complications associées à l’abus de cocaïne à long terme
Cardiovasculaires
• Perturbation du rythme cardiaque, arythmies 6,7,20,21,25
• Infarctus du myocarde 6,20,21,25,55
• Ischémie 6,25
• Dissection aortique 6,7
• Insuffisance cardiaque
• Cardiomyopathies 7,20
• Hypotension 25 et hypertension 20,25
• Endocardite 7
Respiratoires
• Douleur thoracique 21
• Dépression respiratoire 20,21
• Toux chronique
• Bronchospasme 6,20,55
• Infections pulmonaires, hémorragies pulmonaires, œdème pulmonaire (surtout chez les
consommateurs de freebase) 6,20,55
Neurologiques
• Attaque 6,20,55
• Céphalées 20,21
• Insomnie 21
• Syndrome de la Tourette 6,20
• Dépression 20
• Hallucinations 20
• Tremblements 20
• Déséquilibres visuels 20
• Dysarthrie 20
• Infarctus cérébral 55
• Hémorragie intracrânienne 55
Gastro-intestinales
• Douleur abdominale 21
• Nausées 20,21
• Ischémie qui peut amener des ulcères gastriques et/ou de la gangrène 6,20
• Déshydratation 20
• Perte de poids 20
Urinaires
• Insuffisance rénale 6
• Rhabdomyolyse entraînant l’insuffisance rénale 6,55
Psychiatriques
Un désordre psychiatrique est présent chez 60 à 70 % des consommateurs de cocaïne.6 On y
retrouve :
• Trouble de l’humeur 6
• Maladie bipolaire 6
• Déficit de l’attention 6
• Attaques de panique 6
• Idéation paranoïde 6
• Comportements violents 6
• Delirium agité 6
• Tentative de suicide 20
Sexuelles
• Difficultés à maintenir une érection et éjaculation 20
• Perte d’intérêt sexuel 20
• Développement de comportements sexuels anormaux chez les femmes 20
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APPENDICE IV : Noms génériques de produits communs appartenant aux principales
classes de benzodiazépines, antidépresseurs tricycliques et opiacés.
BENZODIAZÉPINES
• Utilisés pour le traitement de l’anxiété :
Alprazolam (Xanax)
Bromazépam (Lectopam)
Chlordiazépoxide (Apo-chlordiazepoxide)
Clorazépate (Apo-Clorazépate)
Diazépam (Valium)
Lorazépam (Ativan)
Oxazépam (Apo-Oxazépam)
• Utilisés pour le traitement de
l’insomnie :
Flurazépam (Dalmane)
Midazolam (Apo-Midazolam)
Nitrazépam (Mogadon)
Témazépam (Restoril)
Triazolam (Halcion)
• Anticonvulsivants :
Clobazam (Frisium)
Clonazépam (Rivotril)
ANTIDÉPRESSEURS TRICYCLIQUES
Amiriptyline (Apo-Amitriptyline)
Clomipramine (Anafranil)
Désipramine (Norpramine)
Doxépine (Sinequan)
Imipramine (Tofranil)
Maprotiline (Novo-Maprotiline)
Nortriptyline (Aventyl)
Trimipramine (Surmontil)
OPIACÉS
• Opiacés naturels
Opium
Morphine : Kadian, Morphine HP, M-Eslon, M.O.S., MS Contin, MS-IR
Codéine : Codéine, Codéine Contin, en association dans de nombreux produits (ex. : Empracet)
• Opiacés semi synthétiques
Buprénorphine : Buprenex (États-Unis), Subutex (Europe)
Héroïne : Diacétylmorphine, Diamorphine
• Opiacés synthétiques
AGONISTES
Alfentanyl : Alfenta
Diphénoxylate : Lomotil
Fentanyl : Duragesic
Hydrocodone : Hycodan
Hydromorphone : Dilaudid, Hydromorph Contin
Mépéridine ou Péthidine : Demerol
Méthadone : Metadol, Méthadone
Oxycodone : OxyContin, Oxy-IR, Percocet, Percodan, Supeudol
Oxymorphone : Numorphan
Propoxyphène : Darvon-N
Rémifentanil : Ultiva
Sufentanil : Sufenta
AGONISTES-ANTAGONISTES
Butorphanol : Stadol NS
Nalbuphine : Nubain
Pentazocine : Talwin
ANTAGONISTES
Naloxone : Narcan (injectable)
Naltrexone : ReVia (oral)
23
APPENDICE V : L’ABC de la réanimation cardiorespiratoire (RCR) – résum駧
L : L’examen des lieux. Le secouriste s’assure qu’il ne coure aucun danger (ex. : fils électriques,
feu) et vérifie l’état de conscience de la victime. Cette étape peut se faire en appelant la
personne par son nom à haute voix, en pinçant les trapèzes (épaules) ou en claquant des
mains près des oreilles de la personnes qui semble inconsciente.
’ : ’ambulance. Si la victime ne réagit pas, demandez tout de suite à quelqu’un d’aller appeler
une ambulance en précisant l’état, l’âge (approximatif) et le sexe de la victime ainsi que les
substances consommées. Demandez à cette personne de revenir auprès de vous par la suite.
A : Airways (voies respiratoires). Il faut s’assurer que les voies respiratoires sont bien
dégagées en faisant basculer la tête vers l’arrière en soulevant le menton (victime couchée sur le
dos). Regardez le mouvement de l’abdomen, écoutez la respiration en approchant l’oreille près
de la bouche de la victime et sentez l’air sur votre joue.
B : Breathing (respiration). Si la victime ne semble pas respirer, donnez deux insufflations
lentes et profondes en pinçant d’abord le nez de la personne puis en soufflant dans sa bouche.
C : Circulation. Vérifiez les signes de circulation en prenant le pouls au niveau de l’artère
carotide (dans le cou) pendant 10 secondes.
Si la victime ne respire pas mais a un pouls : donnez une insufflation aux 5 secondes et
revérifiez le pouls après une minute.
Si la victime ne respire pas et n’a pas de pouls : 15 compressions et 2 insufflations pour 4
cycles. Reprendre le pouls pendant 10 secondes et recommencer en attendant les secours.
Pendant les manœuvres, il y a de fortes probabilités de vomissements de la part de la victime.
Si c’est le cas, tournez-la sur le côté et assurez-vous que l’intérieur de la bouche soit bien vide
avant de reprendre la réanimation ABC.
§§
Ambulance St-Jean (2000). Secourisme, premier sur les lieux. Ottawa.
24
Le Guide de pratique 2 – Les overdoses de cocaïne et d’opiacés a été réalisé par
Isabelle Têtu, B. Serv. Soc., B. Sc. Inf.
Françoise Côté, inf., Ph.D.
Intervenante communautaire
Point de Repères
Québec
[email protected]
Professeure adjointe, codirectrice du BTEC
Faculté des sciences infirmières
Université Laval (Québec)
[email protected]
Sarah-Amélie Mercure, M.Sc.
Johanne Gagnon, inf., Ph.D.
Coordonnatrice scientifique
BTEC
Université Laval (Québec)
[email protected]
Professeure agrégée, codirectrice du BTEC
Faculté des sciences infirmières
Université Laval (Québec)
[email protected]
Sa rédaction a été rendue possible grâce à la participation financière du Ministère de
l’Éducation du Québec et du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université Laval
(RUIS-UL).
Les auteures tiennent à remercier les clients et intervenants de Point de Repères qui
ont grandement contribué à produire ce guide.
À propos du BTEC…
Né du désir d’instaurer une culture de recherche auprès des professionnels de la santé,
le Bureau de transfert et d’échange de connaissances (BTEC) vise l'appropriation, par
les utilisateurs et utilisatrices, des résultats probants en vue de leur application aux
processus de prise de décision et d'intervention dans les contextes clinique et
communautaire.
Pour nous joindre :
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Tél. (418) 656-2131 poste 11796
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Pavillon Agathe-Lacerte
Local 1077
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