Indépendantisme catalan et sens de l`Histoire

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Indépendantisme catalan et sens de l`Histoire
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CRISES EN MÉDITERRANÉE
par Cyril Trépier*
Indépendantisme catalan
et sens de l’Histoire
E
N CATALOGNE, LE DÉBAT sur l’indépendance est devenu omniprésent au lendemain de la manifestation massive du 11 septembre 2012 à Barcelone en faveur de l’indépendance. Cette manifestation avait réuni environ un million et demi de personnes
à l’occasion de la fête nationale catalane. Dès lors, la question de l’indépendantisme catalan
fut inscrite sur l’agenda politique du monde.
Un an plus tard, une chaîne humaine pour un État se forma du nord au sud de la
Catalogne avec pour mot d’ordre: «Faisons l’Histoire».
Comme leurs homologues écossais ou flamands, mais selon une dynamique spécifique,
les indépendantistes catalans se rattachent au nationalisme régional, c’est-à-dire à la
défense d’un projet national pour leur territoire, loin de la simple demande de reconnaissance de particularismes locaux. Être indépendantiste, ce n’est pas se situer à gauche, à
droite ou au centre de l’échiquier politique, car vouloir un État ne détermine pas le modèle
de société que l’on veut bâtir, une fois l’indépendance obtenue[1].
Le succès de la mobilisation du 11 septembre 2012 surprit jusqu’aux dirigeants indépendantistes catalans eux-mêmes, qu’ils viennent des partis politiques ou des multiples
associations soutenant aujourd’hui la cause de l’État catalan. S’appuyant sur cet événement
inédit comme s’il en avait été l’organisateur, le président Artur Mas, à la tête de la fédération nationaliste de centre-droit CiU (Convergencia y Union), a convoqué pour le
25 novembre 2012 la population à des élections régionales anticipées, les premières à porter
sur la question de l’indépendance.
Réélu lors de ces élections, malgré une nette perte de voix, le président Artur Mas a
réitéré alors son intention d’organiser un référendum d’autodétermination en Catalogne,
* Docteur en géographie de l'Université Paris-VIII, auteur d’une thèse sur la géopolitique de l’indépendantisme en Catalogne.
1. L’opposition à cette indépendance n’est pas forcément non plus de gauche, de droite, ou du centre!
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malgré la ferme opposition du gouvernement central espagnol. En accord avec trois autres
partis catalans, il a annoncé le 12 décembre 2013 que ce référendum aurait lieu le
9 novembre 2014.
La communication qui suit se propose d’analyser un discours, ses conséquences et ses
contradictions, celui tenu depuis le 11 septembre 2012 par les indépendantistes catalans,
selon lequel l’obtention d’un État indépendant est inéluctable et imminente.
L’affirmation d’un destin historique
«Faisons la voie, faisons l’Histoire» fut l’un des principaux slogans de la chaîne humaine
favorable à l’indépendance qui, à l’initiative de l’association nationaliste Assemblée nationale de Catalogne (ANC), relia sur 400 kilomètres le Perthus au nord de la Catalogne, à
Alcanar, au Sud[2]. La chaîne humaine catalane s’inspirait de la «Voie balte» du 23 août 1989
qui avait réuni environ deux millions de personnes sur 560 kilomètres pour exiger pacifiquement l’indépendance des Pays baltes.
Il importe ici de distinguer ce qu’il y a de réellement nouveau dans le discours historique des indépendantistes catalans par rapport à l’argumentaire habituel. En effet, les
nationalistes catalans vivent leur territoire comme un pays, s’affirment comme une nation,
et, pour un nombre croissant d’entre eux, revendiquent un État pour cette nation.
Cependant, la nouveauté ne réside pas dans le fait de considérer cette nation comme
millénaire[3], ni dans la volonté de rétablir des institutions, censées être pluriséculaires et
démocratiques avant la lettre[4]. Elle ne réside pas non plus dans l’idée, étayée par les conséquences de l’effondrement de l’URSS, que les États ne sont pas éternels, ni dans la représentation de l’Espagne comme un pays étranger aux Catalans – représentation qui n’a
d’ailleurs pas nécessairement pour corollaire immédiat la revendication de l’indépendance.
La réelle nouveauté réside dans la certitude apparemment unanime que l’indépendance
de la Catalogne est proche et inéluctable. On peut situer la naissance de ce discours au
lendemain du 11 septembre 2012. L’indépendance fut désormais perçue comme le destin
historique de tout un peuple.
2. La carte de cette chaîne humaine et des photos de l’intégralité des participants sur chaque tronçon figurent sur
une page dédiée créée par les organisateurs et consultable à cette adresse : gigafoto.assemblea.cat/index.
php?option=com_content&view=article&id=56&Itemid=130&lang=ca
3. Les dirigeants catalans situent officiellement la naissance de leur nation en 897, date de la mort de Guifred le
Velu. Jordi Pujol, président catalan de 1980 à 2003, décrivait fréquemment la Catalogne comme une nation millénaire lorsqu’il était au pouvoir.
4. Le gouvernement catalan porte officiellement le nom de Generalitat, une institution créée dès 1359 sous forme
d’un parlement médiéval, dont le 650e anniversaire fut célébré en 2009. Revendiquant cette continuité historique,
Artur Mas se présente volontiers comme le 129e président de la Generalitat, face à un Felipe VI décrit comme étant
«seulement le 11e Bourbon roi d’Espagne». Le contraste est volontaire.
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© DR
INDÉPENDANTISME CATALAN ET SENS DE L’HISTOIRE
Artur Mas
En apparence, malgré l’opposition réitérée du gouvernement central présidé par
Mariano Rajoy, l’organisation d’un référendum sur l’indépendance le 9 novembre 2014
semble acquise, et la Catalogne avancerait inéluctablement sur la voie de l’obtention d’un
État. La réalité s’avère pourtant plus complexe.
Une certitude récente
Dès 2009, l’historien catalan Josep Maria Fradera[5] signalait en ces termes le danger d’une
collusion entre l’historiographie et la politique nationaliste catalane: «Toute l’interprétation
de la place de la société catalane dans l’ensemble espagnol, central comme de la façon dont
les Catalans se pensent eux-mêmes, fut construite historiquement dans un jeu très
complexe entre débat intellectuel et exigences de la politique inspirée par le nationalisme».
La fédération de centre droit CiU, au pouvoir en Catalogne de 1980 à 2003, puis de
nouveau depuis la fin 2010, a profondément modifié sa position sur l’indépendance catalane à la faveur de ses succès électoraux. Son fondateur, Jordi Pujol, avait toujours rejeté
publiquement l’indépendance avant de la soutenir lors d’une conférence le 29 mars 2011[6].
5. J.-M. FRADERA, La Pàtria dels Catalans, Història, política, cultura, Barcelona, La Magrana, 2009, p. 14.
6. J. PUJOL, 29 mars 2011, «Residuals o independents? O alguna altra solució?», Conférence à l’auditorium de
l’idEC de l’Université Pompeu Fabra, Barcelona, 16 p., [En ligne]: http://www.jordipujol.cat/ca/jp/articles/9841
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CiU venait de reprendre la présidence catalane aux socialistes, et abordait en favorite les
élections locales du 22 mai 2011. Pour la première fois, la fédération nationaliste obtint à
l’issue de ce scrutin les mairies de Barcelone et de Gérone ainsi que la présidence des quatre
provinces catalanes. Avec cette concentration inédite de pouvoirs, CiU a adopté en
mars 2012, via son principal parti, CDC, une motion favorable à l’indépendance.
En s’appuyant sur la manifestation indépendantiste du 11 septembre 2012, le leader de
CiU, Artur Mas, a convoqué de manière anticipée les premières élections catalanes portant sur
l’obtention d’un État. Mais au lieu de la majorité absolue qu’il espérait, Artur Mas a vu son
avance en sièges au Parlement catalan réduite au profit d’ERC (Gauche républicaine de
Catalogne). Aujourd’hui, ERC semble indissociable de l’indépendantisme, et même le symbolise, bien que d’autres formations défendent aussi cette cause.
Pourtant, ERC aussi a évolué à l’égard de l’indépendantisme, cette fois sur la longue durée.
En effet, si ce parti était indépendantiste dès sa création en 1931, à la veille de la Seconde
République espagnole, et s’il fut interdit sous le franquisme, il était simplement nationaliste
lors de la Transition. C’est à la faveur de la création de nouveaux Etats sur les ruines de l’URSS
en 1991-1992 qu’ERC intégra dans ses statuts l’objectif de l’indépendance.
Un sondage d’opinion effectué un an après les législatives espagnoles de 2000 portant sur
la forme institutionnelle souhaitée à terme pour la Catalogne, montrait que la perspective
d’un État indépendant séduisait 47 % des électeurs de l’ERC, 30 % de ceux de CiU, et 12 % des
électeurs du Parti Populaire de Catalogne[7]. Ces positions auraient pu apparaître bien plus
tranchées. On mesure ici l’écart qui sépare les mots d’ordre d’un parti politique et les convictions de ses électeurs.
Par la suite, ERC entra dans deux gouvernements tripartites successifs dirigés par les socialistes catalans, sans vraiment prouver la valeur ajoutée qu’apportait un parti indépendantiste
dans l’exercice quotidien du pouvoir. «Ce spot terminé, trente secondes de moins nous sépareront de l’indépendance», annonçait le spot électoral télévisé d’ERC lancé pour les législatives
espagnoles du 9 mars 2008. Le futur était tracé inexorablement. Mais le message rappelait l’attachement du parti à l’indépendance au sein de l’UE, sans la moindre indication sur la date de
son avènement. Le 25 mai 2014, ce parti dirigé depuis septembre 2011 par Oriol Junqueras,
ancien professeur d’histoire, a remporté pour la première fois les élections européennes avec
près de 600000 voix et 24 % des suffrages.
On voit combien il serait erroné d’analyser les rivalités géopolitiques à l’œuvre en
Catalogne en termes essentialistes: les principaux acteurs n’ont pas toujours agi, et n’agiront
pas nécessairement à l’avenir, comme leur positionnement actuel pourrait le laisser présager.
7. T. J. MILEY, 2006, Nacionalismo y política lingüística: el caso de Catalunya, Madrid, Centro de Estudios Políticos
y Constitucionales, p. 176-177.
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INDÉPENDANTISME CATALAN ET SENS DE L’HISTOIRE
11 septembre 1714 : la chute de Barcelone.
Eau-forte au burin par Jacques Rigaud (1680-1754)
L’indépendance catalane est-elle inéluctable?
Nous reprenons à dessein le titre d’une conférence du Centre d’Études des Relations internationales (CERI) de Sciences-Po, organisée le 22 novembre 2012. Un tel titre eût été impensable avant le 11 septembre 2012. Les deux intervenants catalans répondirent
affirmativement à cette question. Pourtant, l’un d’eux, l’historien Joan B. Cullà, avait pu
écrire fin 1999 dans la revue Hérodote à propos des mandats successifs de Jordi Pujol (président catalan de 1980 à 2003):
«Ce long règne de la prudence et du compromis a d’ailleurs provoqué, au sein du
nationalisme, une réaction minoritaire – jamais supérieure à 10 % des voix – qui
veut s’inspirer de la “fièvre” baltique et du “divorce de velours” tchécoslovaque
pour avancer de façon pacifique et démocratique vers l’indépendance. Aujourd’hui,
l’indépendantisme catalan, comme pari d’avenir, a perdu son souffle et semble être
très loin de pouvoir séduire la majorité sociale nécessaire à son projet».
À partir de la fin 2013, les grandes célébrations du tricentenaire de la chute de
Barcelone, le 11 septembre 1714, lors de la Guerre de Succession d’Espagne, n’ont pas peu
contribué à favoriser les discours essentialistes présentant les Catalans comme un peuple
uni dans une lutte pluriséculaire contre l’Espagne afin de reprendre sa liberté. Le sympoN° 55
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sium «L’Espagne contre la Catalogne: un regard historique (1714-2014)»[8] organisé du 12
au 14 décembre 2013 à l’Institut d’Études catalanes de Barcelone en fut un exemple emblématique.
Les nationalistes catalans, ne fixant pas de limite à la vie politique, ne négligent aucun
espace de la vie sociale. C’est par exemple le cas de la sphère éducative, investie de différentes façons par les défenseurs institutionnels ou associatifs de l’État catalan.
Ainsi, à l’approche des célébrations du tricentenaire de la chute de Barcelone le
11 septembre 1714, le ministère catalan (Consellería) de l’Éducation a expliqué, dans une
conférence destinée aux professeurs de l’enseignement maternel, primaire et secondaire,
comment cet épisode historique devait être exposé aux élèves et comment il fallait relier les
enjeux d’alors à la revendication d’indépendance actuelle. La consellería catalane de
l’Éducation avait préalablement mis en ligne des ressources pédagogiques[9] consacrées à
l’enseignement de la Guerre de Succession d’Espagne.
En outre, le Conseil scolaire de Catalogne, un organisme du gouvernement catalan chargé
de tout l’enseignement non universitaire sur le territoire, a officiellement appelé, dans un
communiqué du 6 mars 2014, les professeurs et les associations de parents d’élève à «prendre
les initiatives qu’ils jugeront opportunes pour responsabiliser les citoyens sur l’avenir de notre
pays et soutenir le processus démocratique pour exercer le droit de décider».
Dans ce contexte, parmi les nombreuses manifestations organisées dans le cadre du
Tricentenaire, l’exposition «1714, une mémoire graphique» utilisa une gravure représentant le port de Barcelone au cours du siège de la ville. Mais
cette gravure fut coloriée ultérieurement, ce qui explique que
l’on voyait sur plusieurs navires des drapeaux bicolores espagnols, alors que l’Espagne n’a adopté cette bannière qu’en
1785. En outre, une autre version de la même gravure
montre des drapeaux néerlandais et aucun drapeau espagnol. Jolies retouches faites à l’histoire pour souligner une
confrontation moins claire qu’on ne la souhaite…
De même, l’ouvrage Catalonia calling, Ce que le monde
doit savoir, a été, grâce à une souscription en ligne, envoyé
début 2014 à dix mille personnalités et institutions du monde entier afin de leur exposer, à
l’aide de très riches illustrations, la trajectoire historique de la Catalogne et sa revendication: le droit de décider elle-même de son sort. Or, très vite, trois des cinq universitaires
8. Le programme de ce symposium associant des universitaires et des dirigeants politiques nationalistes peut être
téléchargé via un article du site d’information catalan Vilaweb, consulté le 10/04/2014: http://www.vilaweb.cat/
noticia/4161426/20131212/espanya-catalunya-comenca-simposi.html
9. Réseau télématique de la Conselleria d’Éducation de la Generalitat de Catalogne, consulté le 10/04/2014 :
http://www.xtec.cat/web/centres/celebracions/2013/1714/infantiliprimaria
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étrangers interviewés dans le livre, les historiens Pedro Cardim, Christopher Storrs, et
Friedrich Edelmayer, ont dénoncé l’utilisation qui avait été faite de leurs propos dans une
publication unilatéralement indépendantiste.
Pedro Cardim a par la suite annulé sa participation à un colloque de l’Institut d’Études
catalanes – l’équivalent catalan de l’Académie française –, organisé dans le cadre des célébrations du tricentenaire 1714-2014, et dont le discours de clôture fut prononcé par l’historien Oriol Junqueras, président du parti ERC[10].
Ces multiples initiatives en faveur d’un État de Catalogne font intervenir l’administration autonome catalane, des partis politiques, des organisations syndicales, des associations,
mais également de simples citoyens. Elles n’ont pas besoin d’être coordonnées pour
produire ce même résultat : l’image d’un peuple uni en marche vers une indépendance
juste, inéluctable et imminente.
Elles peuvent susciter deux interrogations complémentaires: les dirigeants indépendantistes au sens large forceraient-ils ainsi le trait s’ils tenaient déjà l’indépendance pour
acquise? Il est permis d’en douter.
D’autre part, quelle place reste-t-il dans la société catalane à ceux qui refusent ou
doutent d’une indépendance affirmée soudainement comme le destin d’un peuple ? La
question est pertinente car les écrits publiés et les discours prononcés sans cesse en
Catalogne pour obtenir l’organisation d’un référendum, décrivent en effet les citoyens réticents ou opposés à l’indépendance tour à tour comme «des proches à convaincre», «des
adversaires», ou même des «ennemis»[11].
Il importe de penser l’indépendantisme catalan en termes dynamiques, ceux de la stratégie, et non en termes d’identités – celles-ci étant d’ailleurs construites historiquement et
évolutives, tout comme les implantations territoriales des forces politiques.
Si les indépendantistes catalans affirment, avec plus de force que jamais depuis le
11 septembre 2012, suivre le sens de l’histoire, nous supposons qu’ils savent que la suite
reste à écrire.
Davantage qu’un sens de l’Histoire – si tant est que cette notion soit recevable – l’indépendantisme catalan montre un sens de l’événement, de l’improvisation, et du récit. Et
l’examen du discours sur le sens de l’Histoire tenu par les indépendantistes catalans exige de
10. Les adresses suivantes permettent de consulter respectivement le programme initial du congrès des 24 au
27 février 2014 avant le désistement de l’historien portugais Pedro Cardim.
http://tricentenari.gencat.cat/ca/agenda/activitatcontent/Catalunya-i-els-Paisos-Catalans-abans-i-despres-delOnze-de-Setembre-de-1714/ et après celui-ci: http://1714.espais.iec.cat/programa/
11. L’interview du juriste catalan Hector Lopez Bofill, dirigeant indépendantiste reconnu et auteur en 2014 de
l’essai Le complot contre la Catalogne (La trama contra Catalunya) par le site d’information Vilaweb livre un aperçu
de ces qualificatifs: http://www.vilaweb.cat/noticia/4122321/20130606/hector-lopez-bofill-principals-obstaclesassolir-independencia-dins-catalunya.html
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INDÉPENDANTISME CATALAN ET SENS DE L’HISTOIRE
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mesurer leur propension à se vouloir tout à la fois acteurs et historiens. Car, en Catalogne, la
forte proximité entre partis et associations nationalistes et monde universitaire facilite le
passage d’un rôle à l’autre et, par conséquent, la fabrication d’une histoire téléologique.
En outre, l’avenir institutionnel de la Catalogne se révèle d’autant moins fixé qu’il
dépend en partie de facteurs externes à l’Espagne comme, par exemple le référendum écossais du 18 septembre 2014. La tenue de ce dernier est certaine, grâce à l’accord officiel entre
les gouvernements écossais et britannique, mais son issue l’est moins. La grave crise ukrainienne actuelle et le sentiment d’accélération historique qu’elle a suscité[12] donnent aussi
un aperçu des multiples et complexes facteurs externes avec lesquels les protagonistes de la
crise catalane devront composer.
12. Cf. Cyril TRÉPIER, «Le référendum du 16 mars 2014 en Crimée vu de Catalogne», Histoire & Liberté, n° 54,
Nanterre, Institut d’Histoire sociale, juin 2014, p. 89-94.
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