Extrait pour amateurs de trucs à lire, marrants

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Extrait pour amateurs de trucs à lire, marrants
Extrait pour amateurs de trucs à lire, marrants mais
pas trop longs.
Pour ceux qui n'auraient pas envie de se farcir la lecture complète de l'œuvre, voici
un extrait choisi de la Goutte au Pépère.
La scène commence par le sketch d'anthologie dit "du pâté de faon". En tout cas,
nous avons décidé sans la moindre hésitation, nous les auteurs, qu'il s'agissait d'un
morceau d'anthologie qu'il serait bon de jouer régulièrement sous les préaux de nos
bonnes écoles françaises lors des fêtes de fin d'année.
Malgré le traitement que nous avons fait subir à ce pauvre bébé biche, signalons aux
âmes sensibles, que lors de l'écriture de cette scène, nous avons beaucoup rigolé,
certes, mais qu'aucun animal, même innocent, n'a été maltraité. Du moins, pas pour
de vrai.
Note de Richard Gotainer et Eric Kristy
Scène 5
La lourde clenche de la porte du cellier bascule.
Marie-Jo, Kevin et Larzac, les bras chargés de bouteilles et de miches de pain, entrent en procession.
Johnny : La vraie de vraie terrine, l'authentique, la voilà,
servie dans sa terre cuite, sous sa vraie couche de gras.
Et vous savez c'que c'est ???… Ben, c'est du pâté d'faon.
Le faon, le p'tit d'la biche ; Comme un cerf, mais enfant.
Ça, j'vous garantis, vous m'en direz des nouvelles.
Surtout çui-là, dites, c'était une p'tite fumelle…
Il sort un canif de sa poche et commence à faire des tartines.
Le mâle, si vous voulez, s'rait plus fort en odeur.
Mais là, vous allez voir, ça y fond comme du beurre.
Il tend une tartine.
C'est fin, le faon, c'est sûr, mais c'est dur pour y tuer.
Larzac : En r'vanche, ça, faut r'connaître, facile à attraper.
Marie-Jo :
Mais la pauvre pitchounette, mais quand â vous voit v'nir,
â vous d'mande des caresses, â pense pas à s'enfuir.
Larzac : Mais pardon, le regard, juste avant d'y mourir !
Deux grands yeux innocents, c'est ça qu'est dur à t'nir.
Johnny : Confectionnant une tartine.
Faut en avoir, moi j'vous l'dis, pour saigner c'te pauvre bête.
Il tend la tartine.
Le pâté d'faon, c'est pas du pâté de tapette.
Marie-Jo : La bête, elle est gentille, mais quand même, a s' défend;
La première chose à faire, c'est d'y casser les dents.
Larzac : Mais, la plupart de temps, y'a pas b'soin du fusil.
Un p'tit coup d'Opinel, le pitchoune, il est cuit.
Johnny : Le fiston, hein gamin ? Lui, travaille au coup d'poing.
Le faon fait pas un pli, hein l'gamin, t'y tues bien ?
Il s'attaque à une troisième tartine.
C'est la méthode ancienne, comment j'pourrais vous dire,
qu'est très bonne pour la viande, ça empêche d'y durcir.
Comme la bête est surprise, elle prend pas le coup d'sang
qui la f'rait s'contracter. Il tend sa tartine.
Ben… automatiqu'ment.
Kevin : Ho, le père, tais-toi donc, tu vois pas qu't'indisposes
la fragile mad'moiselle ?
Johnny :
Mais pas du tout, on cause.
Moi, comme je dis toujours, quand c'est fait proprement,
y'a pas plus délicat, plus fin qu'la viand'eud d'faon.
C'est tellement d'une tendresse, ça peut s'manger tel quel,
nature, dès sa naissance, simple, à la croque au sel,
à la sortie d'la mère, juste encore un peu chaud.
C'est fameux quand c'est tiède, les bébés d'animaux.
C'est mon fils, hein bonhomme ?… qui en est très friand.
Marine : Elle lâche sa tartine en crachant.
Mais enfin, c'est horrible, mais vous êtes écœurants !
AVIS
Pour ceux que cet extrait aurait amusé
sachez que la version intégrale de
La Goutte au Pépère est téléchargeable
gratuitement dès maintenant.