«Incendies»

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«Incendies»
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«Incendies»
de Denis Villeneuve, drame, 2010, durée: 2h10min,
avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette et Rémy Girard
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©fran:cultures, Bianca Ursu
Fiche-élèves
FICHE TECHNIQUE DU FILM
Genre : Drame - Origine : Coproduction Québec-France, 2010 - Sortie en salles :
17 septembre 2010 sur 29 écrans au Québec - Durée : 2h10 - Classement : 13 ans et
plus - Tournage : mars 2009 à Montréal (3 semaines) et mai 2009 en Jordanie Budget : 6.5 millions $
Réalisation : Denis Villeneuve - Scénario : Denis Villeneuve, d'après la pièce de
Wadji Mouawad - Conseillère à la scénarisation : Valérie BeaugrandChampagne - Production : Kim McGraw ; Luc Déry pour micro_scope Producteurs délégués : Sylvie Trudelle ; Stephan Traynor - Co-production :
Miléna Poylo ; Gilles Sacuto ; Anthony Doncque (TS Productions) - Coor. de
production : Guylaine O'Reilly - Production associée : Phi Group Financement :
Téléfilm Canada, SODEC, mini-traité Canada-France, Radio-Canada Télévision,
Fonds Cogeco, Super Écran, CNC, Fonds Harold Greenberg, crédits d’impôt
provincial et fédéral- Distribution : Les Films Christal
Équipe technique - Photographie : André Turpin - Montage : Monique Dartonne Musique : Grégoire Hetzel - Supervision musicale : Pascal Mayer - Directeur
de production : Sylvie Trudelle - Conception visuelle : André-Line Beauparlant Costumes : Sophie Lefebvre - Son : Jean Umanski - Supervision montage
sonore : Sylvain Bellemare - Supervision effets visuels : Sebastien Moreau,
Jean-Francois Bachand - Distribution des rôles : Lucie Robitaille, Lara Atalla,
Constance Demontoy - 1er assistant réalisateur : Éric Parenteau
Synopsis
Lorsque le notaire Lebel fait à Jeanne et Simon Marwan (Désormeaux-Poulin et
Gaudette) la lecture du testament de leur mère Nawal, les jumeaux sont sidérés de se
voir remettre deux enveloppes, l'une destinée à un père qu’ils croyaient mort et
l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs
la clé du silence de Nawal, enfermée ces dernières années dans un mutisme obstiné
depuis son lit d’hôpital. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient
exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien...
Le jeune Simon, lui, n'a que faire des caprices posthumes de cette mère avare
d'affection qui a passé sa vie à leur empoisonner l'existence. Mais son amour pour sa
sœur le poussera bientôt à rejoindre Jeanne au Moyen-Orient sur la piste d'une
Nawal bien loin de la mère qu'ils ont connue...
http://filmsquebec.over-blog.com/article-incendies-un-film-de-denis-villeneuve-47720816.html
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EXERCICE 1 :
Compétences visées: production orale et écrite
A LA DECOUVERTE DU FILM
a) L’affiche du film : Complétez le tableau en répondant aux questions.

1 Décrivez le personnage au centre de
l’affiche. Que représente-t-il? Quelles sont
ses expressions respectives ?
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2 Où se trouve le personnage ? Comment estil habillé ? Que voit-on à l’arrière-plan?
3 Que pourrait signifier le titre
« Incendies » ? Pourquoi avoir choisi ce
titre ?
4 Quelles sont les couleurs de l’affiche. Qu’en
pensez-vous et quelle est leur fonction ?
a) En vous aidant des mots de la boîte à outils, faites une description de l’affiche.
Boîte à outils : pour aider à la description de l’affiche
– au centre, à droite, à gauche, à côté de, derrière (à l’arrière-plan), devant, (au premier
plan)
– la taille des caractères, la typographie, une barbe
– avoir les yeux baissés, regarder de côté, lever les yeux vers, regarder devant soi, un
regard bienveillant, être de face, de profil, se tourner vers l’arrière.
b) A vous d’imaginer l’histoire !
À partir de vos réponses aux questions a) à c) et par groupes de deux, imaginez l’histoire du
film. Chaque groupe présente ensuite son histoire à la classe et la classe vote pour ce qu’elle
pense être la véritable histoire.
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c) Comparaison de l’affiche avec le synopsis
 Lisez le synopsis du film
Synopsis du film :
A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux
enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils
ignoraient l’existence.
Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un
mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement
de partir au Moyen Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien…
Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée
distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à
sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils
ont connue.
d) Maintenant que vous avez lu le synopsis, pensez-vous que l’affiche représente bien
l’histoire ?
e) Imaginez (et réalisez, si vous en avez le temps) une autre affiche correspondant à ce
synopsis !
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EXERCICE 2  
a) BANDE-ANNONCE
- Regardez d’abord la bande-annonce du film « Incendies » sur www.allocine.fr,
-
Après, parlez en classe des thèmes que le film traitera.
-
Formulez des hypothèses sur les secrets de la mère ! Quels sont ses secrets ? Et
pourquoi ne s’est-elle jamais confié à ses enfants ?
b) Lisez l’introduction au réalisateur tout en éditant le texte !
INTRODUCTION AU REALISATEUR DENIS VILLENEUVE

Il y a des mots qui ne sont pas nécessaires. D’abord, regardez les deux exemples.
Ensuite, remplissez le tableau au-dessous du texte tout en cochant la ligne correcte ou
en écrivant le mot qui est en trop.
DENIS VILLENEUVE
BIOGRAPHIE
Né à le 3 octobre 1967 à Trois Rivières (Canada).
à
0
Réalisateur, Scénariste

00
Ses débuts cinématographiques sont marqués par son l’association avec divers
cinéastes pour le film canadien Cosmos. Entremêlé de plusieurs des histoires,
Denis Villeneuve en écrit et réalise une. Le film est sélectionné au le Festival de
Cannes de en 1997 dans la catégorie Quinzaine des réalisateurs.
_____ Q1
_____ Q2
_____ Q3
_____ Q4
Dès lors le cinéaste devient un habitué des festivals de cinéma. Son premier
long métrage, « Un 32 août sur terre », est présenté dans à la une trentaine de
pays dont Cannes, Telluride et Toronto. Le film représente le cinéma canadien
aux Oscars en le 1999.
_____ Q5
_____ Q6
_____ Q7
_____ Q8
Deux ans plus tard, Denis Villeneuve tourne Maelström ce qui après avoir était _____ Q9
présenté à d’une quarantaine de festivals, écope de 25 prix internationaux dont _____ Q10
_____ Q11
le Prix Génie du meilleur film de l’année 2001 à le Toronto.
En 2010, le réalisateur adapte sur les aux écrans la pièce de théâtre _____ Q12
« Incendies » signé Wajdi Mouawad où dans il met en scène Rémy Girard, _____ Q13
_____ Q14
Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin.
Source : http://www.toutlecine.com/star/biographie/0005/00051907-denis-villeneuve.html
Q1
Q2
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Q9
Q10
Q11
Q12
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EXERCICES 3 – L’ORIGINE DU FILM  
L’AFFICHE DE LA PIECE DE THEATRE
1. Décrivez l’affiche !
2. Faites une interprétation de cette affiche
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 Lisez la biographie de l’auteur de la pièce de théâtre « Incendies ».

Dans le texte, il y a des parties qui manquent. Choisissez la partie correcte pour les trous.
Écrivez vos réponses dans les cases prévues au-dessous du texte. La première réponse (0)
est donnée en exemple.
BIOGRAPHIE DE WAJDI MOUAWAD
WAJDI MOUAWAD est né en 1968 au Liban. Il a vécu en France avant (0)______.
Cofondateur du Théâtre Ô Parleur, il est comédien, auteur et metteur en scène. Diplômé de
l'École nationale de théâtre du Canada en 1991. À tout juste 30 ans, il déclare avoir
(0)______ de metteur en scène : « Non pas mettre en scène, mais mettre en esprit : diriger
les acteurs pour les (0)______ amener à trouver un état d'esprit qui leur soit propre, et
propre aussi au spectacle dans lequel ils jouent, pour contaminer les spectateurs...».
Le jeune metteur en scène (0)______ par le prix du Gouverneur Général du Canada dans la
catégorie théâtre en 2000. Figure marquante du jeune théâtre québécois depuis des années
déjà, il (0)______ et des mises en scène pour les plus importants théâtres de Montréal. La
création de Willy Protagoras enfermé dans les toilettes fut élue meilleure production à
Montréal, en 1998, par l'Association québécoise des critiques de théâtre. Wajdi Mouawad
(0)______ pour son écriture (Conseil des Arts du Canada, Conseil des arts et des lettres du
Québec, Ministère de la culture, etc.).
À l'automne 1998, Wajdi Mouawad triomphait à Limoges avec Littoral, qui fut créée au
Festival de théâtre des Amériques en juin 1997 et fut présentée au Festival d'Avignon en
1999. Il (0)______ a dirigé, de 2000 à 2004, le Théâtre de Quat'Sous de Montréal.
Son premier roman, Visage retrouvé, paraissait en 2002, chez Leméac/Actes Sud et en 2004,
chez le même éditeur, ses entretiens avec le metteur en scène André Brassard, Je suis le
méchant!.
Wajdi Mouawad est un incendiaire. Brûlant de fièvre. De cette fièvre contagieuse que nous
rêvons tous de contracter. Il est un conteur, un bonimenteur, un ensorceleur. Un vrai moulin
à paroles. Un auteur qui (0)______ le plaisir simple de se faire raconter des histoires. Et il
en arrive des choses dans une œuvre de Mouawad, que ce soit au théâtre ou sous forme de
roman ! Ses œuvres sont d’immenses bordels (oui, oui, le mot est juste !), de formidables
foutoirs, des overdoses d’images-chocs et d’émotions contradictoires. Elles forment un tapis
persan d’histoires entremêlées. Wajdi Mouawad n’explique rien : ni la guerre, ni les rapports
mère-fils, père-fils, ni les terreurs de l’enfance, ni la nécessité de création, ni la part de
courage qu’il faut pour parvenir à rompre et ainsi se retrouver. Il tente seulement de mieux
s’appartenir en élaborant des récits permettant la conquête de soi. Il a dans la tête un monde
prodigieux et effroyable. Il ne saurait être question de le retenir ou le contraindre, car sa
survie en dépend.
A
B
C
D
E
G
H
I
J
K
amener à trouver un état d'esprit
est plusieurs fois boursier
signe des adaptations
se sent bien dans sa peau
d'immigrer au Québec
prépare une nouvelle pièce
découvert sa propre logique
a dirigé
s'est aussi vu honoré
nous permet de redécouvrir
SOLUTION :
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EXERCICE 4  - INTERVIEW
Compétences visées : formulez des questions pour une interview, approfondissement de la
compréhension des écrits
Avant de lire l’entretien avec le réalisateur Denis Villeneuve…
a) Faites un remue-méninge sur le titre et les thèmes du film
Incendies
b) Formulez des questions que vous poseriez au réalisateur.
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Fiche-élèves
c) Lisez l’entretien et remplissez la grille à la fin !
Interview avec Denis Villeneuve 
Photo du film Incendies © Happiness
Pourquoi avoir décidé de porter à l’écran, Incendies, la pièce de Wajdi Mouawad ?
5
C’est un coup de cœur, un coup de foudre, un coup de folie sans doute ! J’ai vu la pièce à
Montréal au théâtre de Quat’sous, dans la mise en scène de l’auteur, et j’ai été littéralement
subjugué par cette histoire, l’univers et l’écriture de Wajdi Mouawad. Je ne savais pas que je
m’engageais dans un processus d’écriture qui allait se révéler aussi long, douloureux… et
passionnant à la fois.
Incendies est à la fois très différent, dans sa forme, de votre film précédent,
Polytechnique (un huis-clos en noir et blanc sur un fait divers tragique), et très proche
par ses thématiques (la violence, la situation de la femme).
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En fait Polytechnique et Incendies sont des films jumeaux (comme les jumeaux du film !) :
l’un a été tourné avant l’autre, mais ils ont été écrits et conçus en même temps. Cela
explique sans doute qu’ils se différencient autant qu’ils se ressemblent. Je pense en tout cas
qu’ils forment un peu un bloc, qui s’oppose à mes deux films précédents.
Dans les deux films la question centrale est celle de la violence, de sa circulation, de
ses répercussions...
Polytechnique traitait frontalement cette question de la violence, il la montrait dans toute son
horreur. Incendies se place plutôt dans l’après, dans les conséquences, l’héritage de cette
violence. L’idée magnifique de Wajdi Mouawad dans « Incendies » est de briser le cycle, la «
spirale » de la violence : la pièce et le film portent cette notion de réparation, de consolation.
C’est la mission que Nawal Marwan assigne à ses deux enfants : panser les plaies que sa
mort n’a pas refermées, renouer les liens qui ont été brisés. Mais dans le même temps ils
vont se libérer eux-mêmes : ce que nous dit Wajdi Mouawad c’est que pour devenir adulte
un enfant doit s’affranchir des colères qui appartiennent à ses parents, à son passé. Ces
thèmes portent un message d’espoir qui me touche profondément, parce qu’il va à l’encontre
du pessimisme et d’une certaine forme de cynisme ambiants.
Il suffit d’ouvrir le livre, et notamment de lire la première scène (l’ouverture du
testament chez le notaire) pour comprendre tout ce qui sépare l’écriture théâtrale de
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Fiche-élèves
Wajdi Mouawad de l’écriture cinématographique. Plus qu’une « adaptation », le film
est une véritable re-création.
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C’était notre contrat de départ avec Wajdi Mouawad : non seulement il m’a donné une totale
liberté (sans laquelle je n’aurais jamais pu me lancer dans cette aventure !), mais il m’a
encouragé à m’éloigner autant que possible de sa pièce. L’idée était de repartir aux origines
de la pièce en oubliant le texte, et de la réécrire dans un langage cinématographique. J’ai
essayé ainsi d’être le plus fidèle possible à Wajdi (qui m’a donné accès, avec une générosité
extrême, à son imaginaire), et à son univers, et d’être le plus « infidèle » possible à sa pièce
et au théâtre en général. Les différences sont innombrables entre la pièce et le film : j’ai
élagué l’intrigue, supprimé et condensé des personnages, trouvé des idées visuelles qui
permettent de transposer certains éléments de l’intrigue (ainsi le tatouage)… J’ai d’autre part
opté pour une certaine sobriété, un réalisme assez cru, afin de ne pas tomber dans le mélo.
On voit bien dans cette scène de l’ouverture du testament (qui est la première scène de la
pièce et la deuxième séquence du film) la différence entre théâtre et cinéma: dans la pièce il
y a ce monologue de trois pages du frère, intransposable à l’écran ; le film exploite au
contraire les silences. Je crois qu’alors que la pièce est une suite d’explosions, le film
travaille sur l’implosion.
La scène d’ouverture du film est muette, très visuelle. Était-ce une manière de vous
démarquer d’emblée de la pièce, d’affirmer avec force les pouvoirs du cinéma ?
Cette scène est fondatrice dans la mesure où c’est la première scène que j’ai écrite ! C’est
vraiment elle qui a donné l’impulsion au film : c’est elle qui a convaincu Wajdi de me confier
sa pièce, c’est elle qui m’a convaincu moi-même que je pouvais le faire, que j’arriverais à
traduire en images ce que j’avais absorbé de la pièce… Il était logique de la placer au début
du film.
D’où est venue votre inspiration pour trouver ces images ?
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Les thèmes de Wajdi Mouawad sont universels, c’est la grande force de son théâtre. Mais
pour traduire cette histoire en images, je me suis énormément documenté : il y a eu un long
travail de recherche, des rencontres avec de nombreux intervenants, des discussions avec
les comédiens amateurs (jordaniens, libanais, palestiniens, irakiens). N’étant pas de la
région j’avais un énorme souci d’authenticité par rapport à la culture dépeinte à l’écran, et à
la langue parlée par les personnages. Pour les scènes de guerre, j’ai été très inspiré par le
photojournalisme, j’ai visionné des milliers de photos réalisées lors des conflits MoyenOrient.
Malgré ce parti pris « réaliste », vous n’avez pas resitué la pièce dans une géographie
et une histoire précises. Les toponymes sont inventés, le mot « Liban » n’est jamais
prononcé…
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J’ai compris qu’il fallait conserver cette distance avec la réalité, rester dans un univers
imaginaire. Incendies est un film qui parle de politique sans être lui-même politique : il s’agit
de traiter de la colère, pas de la provoquer. C’est inévitable quand on commence à désigner
des responsables, à parler d’événements réels, on heurte immanquablement des
sensibilités.
Ce choix d’un univers imaginaire est rare dans le cinéma d’auteur.
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Il est en tout cas très angoissant de travailler dans un espace imaginaire : ça demande
paradoxalement un énorme travail de documentation, parce qu’on a l’obsession d’être
vraisemblable. Il faut être authentique tout en étant dans le mensonge. Cela dit, cette
position de mensonge est beaucoup plus confortable pour moi en tant que canadien,
puisque je porte un regard sur une culture et une histoire qui ne sont pas les miennes.
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Propos recueillis par Vital Philippot / Zéro de Conduite.net pour Cinélycée, janvier 2011
http://www.cinelycee.fr/dossiers/interviews/interview-de-denis-villeneuve-2725
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d) Exercice de compréhension
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Après avoir lu l’interview, dites si les phrases suivantes sont vraies ou fausses. Citez
les premiers quatre mots de la phrase correspondante pour justifier votre réponse.
VRAI FAUX
0. Denis Villeneuve a adoré la pièce de théâtre « Incendies ».
X
Justification : ligne 2, «un coup de foudre »
1. « Incendies » est le deuxième film du réalisateur dans lequel il
s’agit de la violence.
Justification :
2. Villeneuve ne se sent pas concerné par l’effort que les enfants
doivent faire pour résoudre les problèmes passés de leurs parents.
Justification :
3. Le film est une adaptation correcte de la pièce de théâtre de Wajdi
Mouawad.
Justification :
4. Le début du film a persuadé le réalisateur du film.
Justification :
5. Comme Villeneuve a vécu au Moyen-Orient, il connaissait les
images de la guerre par cœur.
Justification :
6. Le réalisateur souligne que le film joue au « Liban ».
Justification :
7. Ne connaissant pas le pays où la pièce joue, Villeneuve préfère
l’imaginaire à la réalité.
Justification :
c) Regardez l’interview (12’18) avec les acteurs principaux et le
réalisateur du film sur
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19144479&cfilm=179349.html

Notez les réponses …
-
…qui vous étonnent
-
… qui vous plaisent
-
… que vous ne comprenez pas
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EXERCICE 5 :
RECONSTITUER L’HISTOIRE DU FILM
Compétences visées : production orale et écrite
I) Replacez les images suivantes dans l’ordre chronologique.
II) Décrivez-les ensuite avec votre propre vocabulaire. Justifiez cet ordre.
A
B
C
D
E
F
La solution est
1
2
3
4
5
6
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EXERCICE 6 : 
 Faites le portrait de Jeanne et de Simon. Commencez par le portrait
physique, puis parlez du caractère.
Comment écrire une caractérisation?
L’aspect extérieur d’une personne
•
le visage (la forme, le teint, les yeux, la bouche, le nez)
•
les cheveux (longueur, couleur, coiffure)
•
les signes particuliers (lunettes, barbe etc.)
•
la taille
•
les vêtements, accessoires etc.
Le caractère d’une personne
•
avoir un bon/mauvais caractère
•
être ouvert, gai, triste, aimable, froid, distant, égoïste, sérieux, réservé, timide,
sociable, autoritaire, faible, appliqué, injuste, méchant, dynamique, indépendant etc.
 Avant de commencer à écrire, révisez les adjectifs (liste ci-dessous) pour
caractériser une personne et remplissez la grille ci-dessous.
Mots et expressions pour la description
être (comment ?)
avoir l’air
avoir l’air de + inf.
mince
maigre
drôle
beau / belle
marron
fatigué, e
fou / folle
blond, e
bleu, e
triste
bête
amusant, e
chic
content, e
petit, e
moche
court, e
blanc / blanche
ennuyeux /
ennuyeuse
roux / rousse
intéressant, e
long / longue
efficace
fier / fière
franc / franche
raisonnable
bavard, e
faible
impatient, e
timide
bronzé, e
capricieux /
capricieuse
bien bâti, e
corpulent, e
gros / grosse
musclé, e
brun, e
bizarre
gris, e
avoir …ans
dingue
difficile
grand, e
compliqué, e
gai, e
sympa(thique)
porter des lunettes
agressif/ agressive
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 Regardez la photo et complétez la grille.
Les yeux
Les cheveux
La taille
Le caractère
Le moral
Simon
Jeanne
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EXERCICE 7 : 
a) Lisez les critiques suivantes. Dites s’il s’agit d’une critique positive ou
négative et soulignez les mots importants pour justifier votre choix.
Critique
positive
négative
Le Journal du Dimanche: (Jean-Luc Bertet)
(...) une tragédie âpre, intense en émotions, sur un rythme qui ne laisse aucun répit.
Du grand art (...).
Inrockuptibles: (Emily Barnett)
(...) tout en usant de grosse artillerie (...), "Incendies" démontre aussi une belle
puissance de récit, et une maestria de mise en scène dont on ressort le coeur tout
étourdi.
Le Parisien : (Hubert Lizé)
Ce drame, traversé par les déchirures de la guerre, dans un pays qui ressemble au
Liban, se mue en quête identitaire quasi initiatique d'où surgissent les fantômes du
passé. On en sort bousculé par la dureté des faits, et captivé par la force du récit.
Cahiers du cinéma: (Isabelle Zrbi)
Cela fait regretter qu'"Incendies" (...) n'ait pas davantage joué sur les zones
d'ombre au lieu d'écraser le récit sous le flot d'une lumière dénuée de mystère et
d'intensité, assurément bien loin de celle du feu.
Le Monde: (Thomas Sotinel)
La mise en scène utilise plutôt la grammaire du cinéma américain, avec son souci
du détail qui fait vrai, avec son temps découpé en fonction du suspense.
Ouest France :
La mise en scène maintient de bout en bout l'effroi et l'impensable, même si la
tension s'amenuise quand l'énigme est percée."
Libération : (Philippe Azoury)
On peut ne pas tout aimer de la mise en scène de Villeneuve, (...) mais du moment
où (...) il se calme sur le lyrisme et arrive à regarder avec lucidité toutes les
contradictions du récit de la mère (...), il touche à quelque chose qui, concernant
cette guerre, n'avait jamais été figuré.
Télé 7 jours : (Philippe Ross)
(...) un drame familial fort, puissant et bouleversant. "Incendies" brode sur le thème
de la quête des origines, du secret, de l'impossible pardon, pour vous enflammer
corps et âme
Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-179349/critiques/presse/#pressreview19938448
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b)  REDACTION D’UN TEXTE ARGUMENTATIF SUR «INCENDIES »
Vous rédigerez soigneusement, en une quarantaine de lignes, un texte où vous justifierez le
fait que vous avez apprécié ou non le film de DENIS VILLENEUVE.
1. Titre : (accrocheur, qui révèle votre point de vue et qui donne envie de lire votre
article)
2. Introduction dans laquelle vous présentez le film (nature (fiction, biographie,
autobiographie, documentaire, film d’animation) réalisateur, année de sortie,
synopsis (court résumé, lieux, époque) et votre opinion pour ou contre.
3. 1er argument : la première raison qui vous a fait aimer ou détester ce film, avec
un exemple pour illustrer votre argument. « J’ai beaucoup apprécié ce film, car
(argument)…. Or c’est un sujet qui m’intéresse parce que… (explication,
développement de l’argument). Un passage du film m’a particulièrement
touché…(exemple d’une séquence ou d’un plan du film).»
4. 2ème argument.
5. 3ème argument.
6. Conclusion : Vous pouvez comparer ce film avec un autre, ou bien soulever une
question (problèmes de société, politique, économique, culturel,…) que pose ce film et
que vous n’avez pas abordée précédemment.
!!! Important !!!
 Chaque argument sera introduit par un connecteur.
 Vous sauterez une ligne entre chaque partie, et deux lignes entre l’introduction et le
développement et entre le développement et la conclusion.
 Vous emploierez la 1ère personne du singulier (« je »).
 Vous pourrez nuancer votre point de vue, c’est-à-dire que vous pouvez aimer le film
pour certains aspects et en regretter d’autres. Qu’ils soient valorisants ou non pour
le film, vous devez exposer trois arguments au minimum pour nous faire part de
votre opinion.
 Vous vous le relirez plusieurs fois pour vérifier la qualité de votre expression.
 Vous daterez et signerez votre critique de votre nom ou de votre pseudonyme de
lycéen journaliste.
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EXERCICE 8 :  
La problématique du film:
I. L’identité
« Celui qui tente de trouver son origine est comme ce marcheur au milieu du désert qui
espère trouver, derrière chaque dune, une ville. Mais chaque dune en cache une autre et
la fuite est sans issue. Raconter une histoire nous impose donc de choisir un début. Et
nous, notre début, c’est peut-être la mort de cette femme qui, il y a longtemps déjà, a
décidé de se taire et n’a plus jamais rien dit. Cette femme s’appelle Nawal et elle sera
enterrée bientôt. Notre histoire commence peut-être par ses dernières volontés,
adressées à Jeanne et Simon, ses enfants jumeaux. Mais peut-être notre début c’est
cette jeune fille qui, à peine sortie de l’enfance, vient de tomber la tête la première dans
sa vraie vie et porte en elle un amour adolescent et un enfant. Cette très jeune fille
s’appelle Nawal. Peut-être que c’est là que notre histoire commence, juste avant que sa
vie ne se brise. Et INCENDIES serait alors l’histoire de Nawal et d’un acharnement à lire,
écrire et penser pour donner un sens à ce qui la dépasse. Peut-être notre histoire
commence-t-elle par un territoire déchiré par une guerre civile et occupé par une armée
ennemie. INCENDIES serait alors l’histoire d’une résistance. INCENDIES suit en
parallèle chacune de ces trois histoires qui sont intimement liées car chacune trouve sa
source dans l’autre. Incendies est alors l’histoire de trois histoires qui cherchent leur
début, de trois destins qui cherchent leur origine pour tenter de résoudre l’équation de
leur existence et tenter de trouver, derrière la dune la plus sombre, la source de
beauté. » (Wajdi Mouawad)
SOURCE : http://www.cndp.fr/crdp-reims/artsculture/dossiers_peda/passagers_mouawad.pdf
 Pensez-vous que les parents ont le droit de cacher leur passé aux enfants ?
 Quelles pourraient être les raisons pour ne pas dire la vérité ?
 Pensez-vous qu’il y a un secret dans votre famille ?
 Comment auriez-vous réagit à la place de Jeanne et Simon ?
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EXERCICE 9 : 
 Décrivez votre scène préférée et une scène que vous n’avez pas aimée. Dites aussi
pourquoi vous avez fait ce choix. Les photos ci-dessous devraient vous aider à vous rappeler
le film.
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EXERCICE 10 - ANALYSE D’UNE SEQUENCE
 Regardez la scène de danse sur youtube en cherchant le titre suivant : Incendies (2010) Bus Scene // l'Autobus
Boîte à outils : quelques mots du cinéma pour mieux décrire la séquence
Plan – gros plan – plan moyen – zoom avant – zoom arrière – son in – son off – dans le
champ – hors champ – travelling
 Quels sont les points caractéristiques de cette scène ?
 Qu’est-ce que vous pensez de la musique et des images ?
 De quelle manière est-ce que le film change à partir de cette scène ?
EXERCICE 11 - ECRIRE 
La scène dans le bus
Après l’attaque de bus, la police demande à Jeanne d’écrire un rapport de ce qui s’est arrivé.
Mets-toi à sa place et décrit
- les personnes en bus
- l’heure et le lieu (où l’attaque a commencé)
- les réactions
Rédige un rapport de 200 mots !
Boite à utiles – Comment écrire un rapport en francais ?
-
phrase d‘introduction
objectif et précis
registre formel et informatif
pas de dialogue
lecteur: une personne ou une institution
écrit pour les suérieurs, p.ex. pour des projets, des recherches
titre objectif et adéquat (contrairement à l’article)
titres après les passages (réument les titres)
à la fin: une recommandation (p.ex. conditionnel), tirer une conclusion, résumé de ce
qu’on vient de dire
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EXERCICE 12 : CONTEXTES ET REFERENCES
I.
L’HISTOIRE
LE LIBAN
Quelques dates d’un pays en guerre / 1967-1996
1967
Guerre des Six Jours. Affirmation palestinienne
au Liban.
1969
Octobre : Première crise sérieuse entre l’Etat et la
résistance palestinienne.
Novembre : Les fedayin arrachent les « accords
du Caire », qui légalisent leur présence dans les
camps du sud.
1970-71
Elimination de l’OLP en Jordanie, déplacement
des combattants palestiniens au Liban. Israël
multiplie les raids de représailles.
1975
13 avril : La guerre civile éclate.
1976
Janvier : Premières ingérences de la Syrie au
Liban.
Juin : Intervention massive des troupes syriennes
au Liban contre l’OLP et le Mouvement national
libanais.
1978
14 mars : Israël envahit le Sud-Liban (« opération Litani »).
1981
Juillet : Guerre israélo-palestinienne à la frontière libanaise.
Bombardements israéliens de Beyrouth.
1982
14-18 septembre : Assassinat du nouveau président libanais Bechir Gemayel. Entrée des
Israéliens à Beyrouth-Ouest. Massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila.
21 septembre : Election d’Amine Gemayel à la présidence du Liban.
1983
17 mai : Accord de paix libano-israélien.
Août-septembre : Relance de la guerre civile au Liban. Les Druzes prennent le contrôle de
Chouf.
1985
15 janvier : Annonce d’un retrait « par étapes » des troupes israéliennes du Liban face à
l’amplification de la résistance.
Printemps : Nouveaux massacres à Sabra et Chatila, et dans les autres camps palestiniens
du Liban, du fait des miliciens chiites d’Amal.
Juin : Israël achève son retrait, à l’exception d’une « zone tampon » contrôlée via l’Armée du
Liban sud du général pro-israélien Lahad.
Décembre : Accord tripartite entre Amal, les Forces libanaises et le Parti socialiste
progressiste de Walid Joumblatt, qui semble ouvrir la porte à un règlement durable.
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1987
20-26 février : Retour de l’armée syrienne à Beyrouth-Ouest, dont elle avait été chassée en
1982.
1989
14 mars : « Guerre de libération » contre la Syrie, déclenchée par le général Michel Aoun.
Avec, pour résultat, une sanglante guerre civile interchrétienne.
22 octobre : Les députés adoptent les « accords de Taëf » (Arabie saoudite) pour mettre fin
à la guerre civile. Désarmement des milices, à l’exception du Hezbollah.
1991
22 mai : La République syrienne et la République libanaise signent le
Traité de fraternité et de coopération qui confirme la mainmise de la Syrie sur le pays.
1996
Avril : Shimon Peres donne le feu vert à l’armée israélienne pour l’opération dite « Raisins de
la colère » contre le Liban.
« Alors, ce qui me ferait battre le cœur c’est de savoir que ce spectacle restera, à travers vos
yeux, ancré avant tout dans la poésie, détaché de toute situation politique, mais ancré dans
la politique de la douleur humaine, cette poésie intime qui nous unit. Comme si, l’ombre d’un
instant, INCENDIES se présentait à vous non pas à travers une lecture ponctuellement
politique, sociale ou biographique, mais qu’au contraire, délivrée de la haine et de la fièvre
de cet été, elle puisse vous apparaître à travers la transparence des plafonds. Pour ce
regard autre que vous pourriez porter, pour préserver le mystère et résister à la tentation de
la justification, je vous suis sincèrement reconnaissant. » (Wajdi Mouawad)
 Informez-vous sur la situation actuelle au Liban !
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II.
LA GEOGRAPHIE
Regardez la carte et remplissez le questionnaire sur la page
suivante.
La situation du Liban dans le
Proche Orient
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LE LIBAN:
Langue officielle:
Capitale:
Forme de l‘Etat:
Chef d‘Etat:
Superficie:
Population:
Fuseau horaire:
Géographie du Liban:
forêt –
agriculture –
pâturage –
désert–
Les montagnes les plus hautes du Liban:
1.
2.
3.
Les fleuves les plus importants: 1.
2.
3.
Grand lac:
Les pays frontaliers:
1.
2.
3.
Coloriez le drapeau du Liban avec les bonnes
couleurs:
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EXERCICE 13 : LA CULTURE
I.
LA MUSIQUE LIBANAISE
e) Lisez l’article et cochez les bonnes réponses !
FAIRUZ - AMBASSADRICE DES ETOILES
Fairuz, la chanteuse légendaire du Liban: Un Portrait
Fairuz
… signifie turquoise; bleu/vert en arabe
Lorsque Fairuz chante, les mots prennent vie, les textes prennent des dimensions
insoupçonnées. La reine de la chanson arabe et libanaise, fait passer sans peine les
émotions les plus profondes de sa voix mielleuse. Fairuz a réécrit ses chansons qui
envoûtent tout le monde arabe de leur clarté, de leur brillance et de leur souplesse en restant
toutefois exceptionnellement dépourvues d’ornementations qui caractérisent en général l’art
de la chanson arabe.
Au Liban, le trio légendaire de littérature et de musique Fairuz, Assy et Mansour Rahbani est
un symbole national culturel et politique. Ces trois artistes sont considérés comme les
représentants d’une modernité qui ne renonce pas à l’amour-propre et à la dignité. Pour les
Libanais enthousiasmés, Fairuz est «notre ambassadrice auprès des étoiles», «la voisine de
la lune». Née en 1934 sous le nom de Nouhad Haddad dans une famille chrétienne
maronite, elle prit rapidement le chemin de la capitale avec ses proches. Et elle n’était pas la
seule: Des masses humaines suivirent le même chemin et firent en sorte que l’influence du
folklore se développa dans la culture urbaine. Fairuz et les frères Rahbani furent les
principaux précurseurs de ce nouveau mouvement artistique, dont on souriait tout d’abord
dans les milieux urbains. Avant les frères Rahbani le dialecte égyptien régnait en maître sur
le monde des chansons dans tous les pays arabes. Les chanteurs qui voulaient réussir leur
carrière devaient se rendre au Caire, un des berceaux de la musique arabe classique. «Les
artistes, les musiciens et le public étaient tous orientés vers l’Egypte» raconte Mansour
Rahbani lors d’une visite chez lui à Antelias: «Personne ne se rendait compte que d’une
certaine manière la poésie égyptienne ne convenait pas au Liban. Les poèmes égyptiens
sont charmants et tendres comme de l’eau de rose; ils parlent de fleurs et de couleurs qui
n’existent pas chez nous ou de la nostalgie des amoureux et des amants. Nos poèmes au
contraire devraient se référer au Liban, aux plantes piquantes, à la nature imprévisible, au
contraste entre les montagnes et la mer. La terre, la végétation et le vent du Liban devraient
être présents aussi dans notre musique. En Egypte et dans notre propre pays, nous n’étions
tout d’abord pas pris au sérieux; on se riait de nous en nous appelant les «fous des
montagnes». Depuis, les rires se sont tus. Le Liban jouit maintenant d’une identité musicale
plus forte que notre précédent modèle égyptien.»
Fairuz, inspirée dans son adolescence par les chanteuses égyptiennes Asmahan et Layla
Mourad, rencontra Assy et Mansour Rahbani au début des années cinquante. Les Frères
Rahbani dont Assy, son futur mari, composèrent d’abord pour elle des chansons
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compliquées arabes et d`autres d`inspirations européennes. Rapidement le trio commença
sa «campagne» pour la chanson libanaise qui étonnait par sa courte durée et son dialecte
local. Cette nouvelle chanson scandalisait les conservateurs de l`époque et enthousiasmait
le public jeune "assoiffe d`un autre chose". La campagne pour la nouvelle chanson a
commencé dans les Radios de Syrie et du Liban pour continuer ensuite sous la forme de
«massrahiyyat», sortes de comédies musicales qui se concentraient sur la vie villageoise en
absorbant parfois des événements importants de l’histoire libanaise. «Fairuz n’avait pas
besoin de jouer sur scène» se rappelle Mahmoud Turkmani: «Quand elle commençait à
chanter, elle transmettait plus qu’aucun autre n’aurait pu dire ou représenter. C’était une de
ses marques distinctives.»
Les chansons de Fairuz restaient toujours très ouvertes aux styles musicaux étrangers. Elle
fut sans doute influencée par Assy et Mansour Rahbani qui avaient étudié le contrepoint,
l’harmonie et la composition à l’académie Mozart à Beyrouth. Très attachés cependant a la
couleur locale, ils gardaient un œil fixe sur les nouveautés musicales internationales. A côté
du folklore libanais se mélangeaient dans ses compositions les influences de la liturgie
byzantine et des musiques islamiques et arabes. La plume des frères Rahbani resta
cependant toujours reconnaissable grâce surtout à la voix de Fairuz. Pendant la guerre civile
libanaise, qui fit rage depuis les années soixante-dix jusqu’aux années quatre-vingt-dix,
Fairuz tint bon au Liban. Elle ne chanta presque pas en public car elle ne voulait en aucune
façon exercer de pression sur les fronts obscurs. Aimée des tous, elle devint le symbole de
l’espérance et l’emblème du consensus national. Après la guerre elle travailla surtout avec
son fils Ziad Rahbani. Assy était décédé en 1986. Avec le jazz et la musique latinoaméricaine Ziad Rahbani intégra des influences étrangères dans les chansons de Fairuz de
manière encore plus forte que ne l’avaient fait son père et son oncle.
Que ce soit avec Assy et Mansour ou avec Ziad, elle n’est jamais devenue un instrument au
service des détenteurs du pouvoir, mais elle a pourtant toujours été présente avec ses
chansons en tant que personnalité centrale et fondatrice d’identité. Fairuz est et reste le
symbole de l’identité nationale libanaise.
THOMAS BURKHALTER, 21.07.2001
(http://www.norient.com/html/show_article.php?ID=30)
 Coche la réponse correcte !
1) Quel est le vrai nom de Fairuz ?
Oum Kalsoum
Nouhad Haddad
Haisha
2) Quel(s) compositeur(s) travaille(nt) avec Fairuz ?
Assi et Mansour Rhabani
Cheb Mami
Ravi Shankar
3) De quel pays Fairuz est-elle originaire ?
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Egypte
Liban
Palestine
4) Que signifie le nom "Fairuz" ?
Joyau
Princesse
Turquoise
5) Où Fairouz a-t-elle commencé sa carrière musicale ?
dans une station de radio libanaise
sur une chaîne de télévision palestinienne
à l'opéra d'Alexandrie
Discographie de Fairuz
- Ayyam al Hassad (Le jour de la récolte, 1957)
- Al 'Urs fil qarya (Noces villageoises, 1959)
- Al Ba'albakiya (La jeune fille de Balbek, 1961)
- Jisr el Amar (Le pont sur la lune, 1962)
- Awdet el 'Askar (Le retour des soldats, 1962)
- Al Layl wal Qandil (La nuit et la lanterne, 1963)
- Biyya'el Khawatem (Le marchand d'alliances, 1964)
- Ayyam Fakhreddine (Les jours de Fakhreddine, 1966)
- Hala wal Malik (Hala et le roi, 1967)
- Ach Chakhs (La personne, 1968-1969)
- Jibal Al Sawwan (Les montagnes de Sawwan, 1969)
- Ya'ich Ya'ich (Viva-viva, 1970)
- Sah Ennawm (Garde les yeux ouverts, 1970-1971)
- Nass man Wara (les personnages de papier, 1971-1972)
- Natourit al Mafatih (La gardienne des clés, 1972)
- Al Mahatta (La gare, 1973)
- Qasidit Houb (Un poème d'amour, 1973)
- Loulou (Loulou, 1974)
- Mais el Rim, 1975
- Petra, 1977-1978
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II.
PLONGER DANS LA LITTERATURE :
« L’écriture a pour rôle essentiel de développer des mythes positifs quand on vit au Liban, la
première religion du citoyen est celle de la coexistence. » (Maalouf, Entretien avec Amin Maalouf, la
Revue du Liban, http://www.rdl.com.lb/1996/1903/maalouf.htm)
La littérature libanaise comptait quelques grands noms, comme Khalil Gibran,
l'auteur du Prophète, ou le poète et dramaturge Georges Schéhadé. Se sont affirmés
par la suite des auteurs installés en France et écrivant en français, comme Amin
Maalouf, Prix Goncourt 1993, Salah Stétié ou Vénus Khoury-Ghata. Et, à Beyrouth,
parmi les arabophones, Elias Khoury ou Hoda Barakat.
Auteurs intéressants
Amin Maalouf, *1949 à Beyrouth ; vit à Paris
Bibliographie :
Zeina Abirached (écrit en français)
Née en 1981, Zeina Abirached a fait ses études aux Beaux-Arts de Beyrouth. Elle est
l'auteur de trois albums autobiographiques : Catharsis (éd. Cambourakis, 2006) ; 38, rue
Youssef Semaani (ibid) ; Le Jeu des hirondelles (ibid., 2007), qui évoque la fuite dans
l'imagination.
Mohammed Abi Samra (en arabe)
Né dans le sud du Liban en 1953 et diplômé de sociologie, ce romancier entre en 1976 au
quotidien An-Nahar. En 1989, il publie Pauline et ses ombres (Dar al-Farabi) ; puis L'homme
que je fus (Dar al-Farabi et Actes Sud) et Les Habitants des images (Dar an-Nahar).
Abbas Beydoun (en arabe)
Abbas Beydoun est né à Ch'hour près de Tyr. Enseignant, il se tourne vers la poésie après
la guerre. Considéré comme l'un des chefs de file de la poésie arabe, il tient aussi une
chronique dans le quotidien Al-Safir. Outre Le Poème de Tyr (Actes Sud, 2002), il est l'auteur
de Tombes de verre et autres poèmes (Actes Sud, 2007).
Rachid El-Daïf (en arabe)
Né en 1945 dans la montagne libanaise, Rachid El-Daïf a fait des études de lettres à
l'université de Beyrouth. Militant communiste, ses premiers livres sont un réquisitoire contre
la haine. A partir de Qu'elle aille au diable Meryl Streep ou Fais-voir tes jambes Leïla (Actes
Sud 2004 et 2006), ce romancier va s'attaquer notamment au malentendu homme/femme.
Hassan Daoud (en arabe)
Après des études de lettres arabes, Hassan Daoud, né en 1950 à Beyrouth, devient
journaliste pour le quotidien arabophone Al-Hayat. En 1983, il publie L'Immeuble de
Mathilde (Actes Sud, 1999). Autres titres traduits en français : Des jours en trop (ibid., 2001)
ou Le Chant du pingouin (ibid., 2007).
Tamirace Fakhoury (en français)
Née en 1974, cette jeune femme originaire de la montagne publie à 9 ans un premier recueil
de poèmes, puis viendront trois autres, édités par Dar An-Nahar : Aubades (1996),
Contremarée (2000) et Poème absent (2004). Sobre et dépouillée, sa poésie se partage entre
la célébration de la vie et la hantise de la mort.
Joumana Haddad (en français et en arabe)
Joumana Haddad (née en 1970) se lance très tôt vers la poésie, qu'elle compose en français
puis en arabe. Responsable des pages culturelles du quotidien An-Nahar, cette poétesse
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Fiche-élèves
sensuelle a publié de nombreux recueils au Liban, dont Le Retour de Lilith ou Miroirs des
passants dans les songes.
Imane Humaydane-Younes (en arabe)
Née en 1956 dans la montagne druze, Imane Humaydane-Younes, après des études
d'anthropologie, se consacre à l'étude des 15 000 disparus de la guerre civile. En 1997, elle
publie Ville à vif (Verticales, 2004). Avec Les Mûriers sauvages (Verticales), elle poursuit son
travail sur la culture druze.
Elias Khoury (en arabe)
Journaliste (il dirige les pages culturelles d'An-Nahar), écrivain et dramaturge, Elias Khoury
est né en 1948 à Beyrouth. Engagé aux côtés des Palestiniens - il crée avec Mahmoud
Darwich la revue Les Questions palestiniennes - il prend part activement à la guerre. En
1977, il publie La Petite Montagne (Arléa, 1987). Suivront La Porte du soleil (Actes Sud,
2003), grande fresque sur l'exode des Palestiniens, Yalo (ibib., 2004), ou récemment
Comme si elle dormait.
Charif Majdalani (en français)
Né en 1960 à Beyrouth, ce professeur de littérature française à l'université Saint-Joseph de
Beyrouth participa de 1995-1998 à L'Orient-Express, la revue de Samir Kassir (assassiné en
2005). Après Histoire de la grande maison (Seuil), en 2005, il a publié cet automne
Caravansérail chez le même éditeur
Alawiya Sobh (en arabe)
Issue d'une famille chiite, Alawaya Sobh est née en 1955 à Beyrouth. Elle est révélée en
2001 par son premier roman, Maryam ou le passé décomposé (voir ci-dessus). Dounia (Dar
al-Adab), en cours de traduction, a reçu en 2006 le prix Quabous à Oman.
Yasmina Traboulsi (en français)
Née en 1975 d'un père libanais et d'une mère brésilienne, Yasmina Traboulsi a grandi à
Paris. En 2003, elle publie Les Enfants de la place (Mercure de France), roman sur le Brésil
des bas-fonds. Dans Amer (Mercure de France), elle décrit l'enfer moderne de Beyrouth.
www.belles-etrangeres.culture.fr
Video à regarder sur le site : http://www.belles-etrangeres.culture.fr/?Le-Liban
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SOURCES
http://incendies-lefilm.com
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0005/00051907-denis-villeneuve.html
http://www.cinelycee.fr/dossiers/interviews/interview-de-denis-villeneuve-2725
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19144479&cfilm=179349.html
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-179349/critiques/presse/#pressreview19938448
http://www.cndp.fr/crdp-reims/artsculture/dossiers_peda/passagers_mouawad.pdf
http://www.asien-auf-einen-blick.de/libanon/geographie.php
http://unimaps.com/lebanon/index.html
http://www.fairuzonline.com/
http://archives.arte.tv/special/fairouz/ftext/0132_saisie.html
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