Un compresseur, pourquoi faire

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Un compresseur, pourquoi faire
Un compresseur, pourquoi faire ?
Vous pouvez utiliser un compresseur dans n'importe laquelle des applications suivantes :
- Pour augmenter le volume subjectif d'un enregistrement
- Pour protéger vos amplis et vos haut-parleurs contre les surcharges
- Pour compenser les différences de niveau entre deux pistes enregistrées séparément
- Pour épaissir le son d'une grosse caisse, d’une voix ou d’un instrument acoustique
Et dans beaucoup d'autres applications nécessitant un contrôle automatique du niveau du signal.
On utilise un compresseur dans de nombreuses applications différentes. Pourtant, les compresseurs ne disposent
que d’une fonction de base : faire varier le gain de façon inversement proportionnelle au niveau réel du signal
entrant. C’est pour cela que la compression est également appelée « la réduction de gain ».
La compression sert à réduire et à maîtriser la dynamique d’un instrument. C’est un outil très puissant pour
équilibrer un mix autant en live qu’en studio. La dynamique est l’étendu du signal le plus faible au signal le plus
fort. Le fonctionnement basique d’un compresseur est très simple. Il écrase plus ou moins (selon les réglages) le
signal et surtout ses crêtes, après quoi on pourra remonter le gain (via le bouton output) sans saturer, ce qui fait
que l’instrument traité semblera être plus fort dans un mix. On peut traiter tous les instruments avec de la
compression et pour certains (grosse caisse , voix, basse, etc.) c’est presque indispensable !
Comment s’en servir ?
Soit pour régulariser la dynamique et gagner en gain et volume sonore - dans ce cas la compression doit être
inaudible.
Soit comme effet pour avoir une certaine couleur sonore ( le son variété américain, le son pub etc…) et où l'effet
est au contraire très audible.
Soit en réglage limiteur ( ratio ∞:1, hardknee etc...) pour protéger amplis et enceintes des peaks et saturations.
Indispensable pour l’enregistrement numérique ( direct to disc etc...), la compression empêche les saturations et
peut simuler un enregistrement analogique ( car les machines analogiques à bandes écrêtaient le signal
musicalement et produisaient une compression naturelle et très musicale, les convertisseurs numériques
produisent des saturations très gênantes dès qu’on dépasse le seuil de 0 dB )
Commencez toujours à régler le gain d'un signal sans le compresseur ( mode BYPASS ), compressez ensuite et
remontez à la fin le gain avec l'OUTPUT pour obtenir de nouveau 0 db aux vu-mètres !
En réglage limiteur le THRESHOLD sera réglé à 0 db !
De manière général il vaut mieux compresser plusieurs fois à faible dose, c.à.d. une fois à la prise de son, un peu
au mix et une dernière fois au mastering, qu’en une seule fois à très forte compression, car la compression mal
réglée fait plus de mal que de bien, écrase le son et peut bousiller un mix ! Attention cependant de ne pas trop
compresser à la prise de son, car généralement c’est irréversible !
Quand doit-on l’utiliser ?
Compression pendant l'enregistrement
Les ingénieurs du son utilisent souvent un compresseur à l'enregistrement. Pour en expliquer la raison, prenons
l'exemple de l'enregistrement d'un solo de guitare de deux minutes. Les crêtes dont nous avons parlé
précédemment se situent généralement en dessous d'un certain niveau (-6 dB par exemple), mais imaginons qu'à
un instant précis, un pincement un peu plus fort de la corde génère une crête à 0 dB. Le niveau général de
l'enregistrement sera alors limité à cause de cette crête. En effet, le niveau maximal enregistrable par le support
est de 0 dB et l'ensemble du morceau ne dépasse jamais -6 dB, mis à part à l'unique crête de 0 dB. Vous allez
donc enregistrer l'ensemble du solo à un niveau relativement faible. Par conséquent, tous les éléments qui
génèrent du bruit de fond après le compresseur ( ex : les entrées de la table de mixage) auront un impact plus
important sur le signal enregistré. Vous aurez plus de bruit de fond, et ce à cause d'une malheureuse crête unique.
Si vous décidez d'augmenter la sensibilité de l'entrée de la table de mixage de 6 dB, vous aurez, à l'endroit de la
crête maximale, de la saturation. Le compresseur règle le problème puisqu'il augmente le niveau sonore de 6 dB
sans altérer le son de manière audible, en écrasant progressivement la crête fautive.
Rentrons plus dans le détail sur la façon d'utiliser le compresseur. Dans un premier cas, imaginons que vous
vouliez enregistrer une voix sans la déformer (pour de la variété, par exemple). La compression devra alors être la
plus transparente possible, c'est à dire qu'elle modifiera le son de manière quasi imperceptible. Vous devrez donc
mettre le seuil le plus haut possible afin de ne compresser que les montées les plus puissantes du chanteur.
L'attaque sera réglée à environ 10 ms, suffisamment rapide pour que l'effet soit déclenché à temps sans pour
autant choquer. Le relâchement se situera entre 100 ms et 200 ms afin de laisser le temps à la voix de disparaître
en douceur. Enfin, vous éviterez de dépasser un ratio de 2:1 afin de déformer le son au minimum.
Dans un second cas, imaginons que vous désiriez avoir une voix puissante pour un morceau de rock. Le seuil du
compresseur sera alors beaucoup plus bas, ce afin de maximiser le niveau de la voix en permanence. L'attaque du
son sera courte (3 à 5 ms). Le rétablissement se situera encore une fois entre 100 et 200 ms. Enfin, le taux sera
relativement élevé (4:1 par exemple, mais le mieux est de tester au cas par cas).
Vous l'avez compris, les réglages dépendent non seulement de l'instrument joué, mais aussi d'autres facteurs
comme le style musical, votre volonté de transformer la voix ou de respecter parfaitement le grain, etc.
Compression pendant le mixage
Les instruments sont généralement parfaitement audibles tout au long du morceau lorsqu'ils sont pris séparément.
Par exemple, si la chanteuse chuchote au début du morceau puis crie comme une damnée un peu plus tard, les
paroles resteront compréhensibles même lors des passages où le niveau sonore est faible. Il en est tout autrement
lorsque plusieurs instruments jouent en même temps. En effet, le niveau relatif des instruments est l'un des
éléments déterminants pour l'intelligibilité de chacun d'entre eux. Si votre chanteuse est accompagnée d'une
guitare de rock, d'une batterie, d'une basse, d'un piano… personne ne l'entendra lorsqu'elle se contentera de
chanter, et elle sera la seule entendue lorsqu'elle poussera ses cris furieux. Il est alors nécessaire d'augmenter le
niveau de sa voix au début du morceau, lorsqu'elle sussure des mots doux à l'auditoire, afin d'entendre ce qu'elle
dit. En revanche, lorsqu'elle crie que son amour est fini pour toujours, mieux vaut baisser le volume ! Ou, mieux,
laisser le compresseur faire ce travail à votre place.
Compression au mastering
Vous avez mixé tous les morceaux de votre futur album et maintenant, vous voudriez finaliser ce dernier. A moins
de faire de la musique classique, vous voudrez certainement que le niveau sonore des morceaux de votre album
soit relativement homogène. Pour cela, vous allez mesurer le niveau moyen des morceaux grâce, par exemple, à
l'outil de statistiques de Sound Forge, dans le menu " Tools > Statistics ", ou bien, encore mieux, vous fier à votre
oreille (solution que je vous suggère en priorité, puisque le volume sonore, vous l'avez compris, est quelque chose
d'assez subjectif).
Les statistiques d'un son avant et après compression. On remarque que la puissance RMS, qui donne une idée
assez juste du volume sonore " subjectif ", est bien supérieure dans le cas d'un son compressé.
Le compresseur multibande intervient également à cette étape, dans un but différent du compresseur général. Il
sert généralement à corriger des instruments dont l'une des harmoniques s'exprime un peu trop violemment. Si par
exemple vous écoutez votre mix et que le son d'une caisse claire semble couvrir de façon exagérée les autres
instruments lorsqu'elle est frappée, vous pouvez limiter son impact à l'aide d'un compresseur multibande. Pour
cela, commencez par trouver la fréquence incriminée, en balayant toutes les fréquences avec un filtre passebande de gain élevé et de largeur minimale (pour plus d'informations sur cette technique, reportez-vous au
précédent numéro, dans le tutoriel sur Sound Forge, chapitre intitulé " supprimer les fréquences parasites d'un son
"). Ensuite, vous allez réduire l'action du compresseur à une bande de fréquences centrée sur la fréquence que
vous désirez atténuer. Faites glisser le curseur " Center " à la fréquence que vous avez trouvée précédemment.
Choisissez le type " Band Notch ", ainsi qu'une attaque et un relâchement en adéquation avec l'instrument que
vous voulez compresser et avec votre style musical. Si l'effet ne semble pas s'étendre sur une bande assez large,
augmentez-la à l'aide du curseur " Width ". Et voilà, la caisse claire qui cinglait vos oreilles s'est un peu calmée,
tout en restant présente.
Principe de base :
Définitions
Vous avez peut-être déjà entendu parler de compression dynamique du son,
concept tant utilisé par nos amis ingénieurs du son. Pour bien comprendre
l'essence du concept, il nous faut tout d'abord nous souvenir de certaines
caractéristiques fondamentales du son.
Premièrement, il faut savoir qu'un son se caractérise physiquement par
l'évolution d'une pression acoustique dans le temps (ou d'une variation
électrique lorsque le son est enregistré sur un support analogique, ou encore
de la variation d'un nombre lors de l'enregistrement sur un support numérique).
Lorsqu'à un instant donné cette pression acoustique est maximale ou
minimale, le point est appelé respectivement crête et creux.
Deuxièmement, il est nécessaire de savoir ce que signifie la dynamique. Ce
terme s'utilise dans deux cas différents :
La dynamique d'un instrument ( en décibels, ou dB ), ou plus généralement
d'un son, correspond au niveau de la crête maximale que l'instrument est
capable de générer. C'est ce que nous appellerons le niveau sonore ( à
différencier de la puissance sonore, expliquée plus loin ).
1 : Crête maximale
La dynamique d'un support d'enregistrement correspond à l'écart entre le
2, 3 : Crêtes secondaires
niveau de la crête maximale que ce support peut enregistrer et le niveau
4 : Creux minimal
correspondant à l'absence de signal en entrée du support ( en pratique, ce
niveau minimal correspond au bruit de fond intrinsèque au support
d'enregistrement ). Par exemple, si vous enregistrez un instrument sur une cassette analogique, le simple fait
d'utiliser ce support vous impose d'avoir constamment un bruit de fond. Vous ne pourrez pas enregistrer un son
d'un niveau plus faible que ce bruit de fond, puisque ce dernier recouvrira le signal utile. A contrario, au delà d'un
certain niveau en entrée, l'enregistrement saturera, c'est à dire que les niveaux enregistrés correspondront à cette
valeur maximale enregistrable par le support et non à ce qui devrait être enregistré.
Le même son que précédemment, dont on a abusivement augmenté le niveau sonore. Il apparaît alors le
phénomène de saturation, visible ici par l'aplatissement radical des crêtes.
Ayant défini les deux concepts précédents, nous pouvons enfin définir le terme central de ce dossier : la
compression est un outil qui abaisse la dynamique d'un son en effectuant un aplatissement des crêtes dépassant
un certain seuil.
A gauche : sinusoïde dont le niveau sonore augmente linéairement
A droite : la même sinusoïde après compression. A partir d'un seuil (ici, -12 dB), l'augmentation de
l'oscillation est réduite par le compresseur, et cette oscillation ne dépasse jamais -6 dB
Imaginez un ingénieur du son qui écoute les musiciens jouer ; quand il entend que le son dépasse un certain
niveau, il baisse le fader de volume en conséquence ; quand le volume des instruments diminue, l'ingénieur du son
remonte le fader de volume. Cela peut sembler être de la science fiction, ou bien une façon imagée d'expliquer le
rôle d'un compresseur. En fait, il s'agit de la façon de procéder des ingénieurs du son avant l'apparition des
compresseurs ! Le compresseur automatise donc ce traitement.
Utilité de la compression
Pour comprendre plus finement l'utilité de la compression, admettons que l'on peut considérer deux aspects du son
: le premier est son oscillation, état extrêmement changeant du son, qui correspond notamment aux crêtes visibles
sur le vu-mètre. Le second, en rapport étroit avec le sujet qui nous intéresse, est la puissance du signal,
correspondant - pour simplifier - à son niveau moyen. Or, si l'oreille est sensible au premier facteur, chose qui vous
paraît évidente, elle l'est encore plus au second. En effet, deux sons peuvent très bien ne pas dépasser 0 dB sur le
vu-mètre de Sound Forge et sembler avoir un niveau sonore moyen très différent.
Lorsque le son est compressé, son niveau maximal est réduit (puisque les crêtes les plus élevées ont disparu). On
peut donc, comme vous l'avez certainement compris, augmenter le niveau moyen du signal en conséquence.
L'outil de compression de Sound Forge est couplé avec une option appelée " Auto Gain Compensate ", qui fera ce
travail en augmentant le niveau général du son de telle manière que la crête maximale soit à 0 dB. Ce processus
est appelé maximisation. Le niveau moyen du son en sera augmenté. Dans les schémas ci-dessous, vous voyez
bien que le son de droite est plus fort, et pourtant au vu-mètre, les deux atteignent 0 dB.
Ces captures d'écran mettent en avant la différence entre dynamique et puissance du son : les crêtes
maximales atteignent 0 dB dans les deux cas, mais on voit clairement que le son compressé et
maximisé est en moyenne plus fort.
Comment ce phénomène est-il possible ? Par la méthode suivante : le signal musical oscille la plupart du temps en
dessous de la crête du morceau. Par exemple, imaginons que votre enregistrement de guitare dure 2 minutes et
que son niveau maximal se trouve en dessous de -6 dB durant ces 2 minutes, sauf à un endroit précis où vous
trouvez une crête à 0 dB. Celle-ci est très rapide et quasi inaudible. Il serait dommage que l'ensemble du morceau
soit 6 décibels en dessous de ce qu'il pourrait être sans cette crête ! On va donc " écraser " (d'où le terme "
compresser ") celle-ci au même niveau que les autres et augmenter globalement le niveau de la musique de 6 dB.
Caractéristiques principales de la compression
Maintenant que le principe de base de la compression dynamique du son est compris, rentrons un peu plus dans
l'utilisation détaillée de cet outil. Dans Sound Forge, vous avez accès à plusieurs types de compression. Vous
devriez normalement visualiser une fenêtre telle que ci-dessous :
Le compresseur avant modification des paramètres
Le graphe, qui prend la plus grande place sur la fenêtre, montre la relation qu'il y a entre le son d'origine et le son
après compression. L'axe des abscisses indique comment évolue le niveau sonore du son avant effet de
compression. Sur l'axe des ordonnées, c'est le niveau de sortie (après compression) que vous pouvez voir.
Vous avez deux manières de modifier les paramètres de la compression. La plus intuitive consiste à créer des
points sur le graphe et à modifier la courbe ainsi créée. Ce mode vous permet également de générer des courbes
de compression discontinues, chose totalement impossible avec les compresseurs analogiques du monde réel.
Vous avez accès à quatre curseurs en dessous du graphe, dont nous allons détailler l'utilité. Comme nous l'avons
dit plus tôt, la compression réagit dynamiquement selon le son. Le compresseur se met en marche à partir d'un
certain niveau sonore (seuil), qui peut être réglé grâce au curseur appelé " threshold ".
L'effet dynamique de compression apparaît et disparaît en suivant une courbe prédéfinie : l'enveloppe. Cette
dernière se compose d'une attaque et d'un relâchement déterminés par les curseurs " Attack " et " Release ".
L'attaque correspond au temps mis par le compresseur pour commencer à être actif, et le relâchement au temps
d'activité du compresseur une fois que le son d'origine repasse en dessous du seuil. Nous allons voir plus loin que
ces réglages sont essentiels et doivent être déterminés en fonction de plusieurs paramètres (types d'instruments,
style musical, effet recherché etc.)
Enfin, le curseur " Ratio " indique le niveau d'atténuation du compresseur lorsque le son d'origine dépasse le seuil
déterminé par le curseur " threshold ". Ce facteur est, comme les précédents, extrêmement important puisque le
son peut être plus ou moins dénaturé selon la valeur du ratio (un ratio élevé aura tendance à déformer davantage
le son qu'un ratio faible). Par exemple, un ratio 2:1 signifie qu'une crête dépassant de 2 dB le seuil de compression
ne dépassera plus que de 1 dB ce même seuil.
Voilà pour ce qui est des compresseurs " classiques ", c'est à dire qui opèrent sur l'ensemble du son. Il existe
cependant des compresseurs plus subtils encore, et surtout plus polyvalents, puisqu'il est possible de restreindre
leur champ d'activité à une bande de fréquence spécifique. L'utilité de ce type de compresseur, dit multibande,
sera explicitée plus loin, lorsque nous parlerons du mastering. Nous verrons aussi quelques réglages classiques
de compression selon l'instrument et le style musical.
Représentation graphique de l’effet
Les paramètres du compresseur :
Seuil ( treshold ) : niveau à partir duquel le compresseur entre en action. Lorsque le signal dépasse ce seuil, il
subit une compression dans des proportions déterminées par le ratio. Avec un seuil relativement bas, le signal est
compressé dans son intégralité, ou presque. Avec un seuil relativement élevé, seules les pointes sont traitées. Afin
de faciliter leur utilisation, certains compresseurs sont dépourvus de réglage de seuil, dont la valeur est fixée par le
constructeur. Jouer sur le niveau d'entrée permettra de contourner cette absence de réglage.
Ratio : exprimé sous forme fractionnaire (2:1, 4:1, 10:1, 20:1...), cette valeur représente le taux de
compression. Avec un ratio de X:Y, tout signal dépassant le seuil de Z dB subira une atténuation de (Z - Z:X) dB.
Si par exemple, pour un ration de 4:1, la source dépasse le seuil de 4, 8 ou 12 dB, le signal, après compression,
ne le dépassera plus que de 1, 2 ou 3 dB. En d'autres termes, le compresseur l'atténuera respectivement de 3, 6 et
9 dB (cf. figure 4).
Soft knee : plutôt que d'opérer à détection d'un dépassement de seuil, la compression s'applique
constamment, mais de façon de plus en plus radicale avec l'augmentation du niveau.
Hard knee : plus drastique, la compression s'applique ici normalement, au delà d'un certain seuil et d'après un
certain ratio.
Niveau d'entrée : comme toujours, on veillera à ce que le niveau du signal entrant soit supérieur au bruit de
fond du compresseur, sans toutefois saturer son étage d'entrée.
Niveau de sortie : il peut être utile de jouer sur ce réglage, pour compenser l'atténuation due à la compression,
ou tout simplement, pour ajuster le niveau par rapport aux appareils situés en aval.
Attaque : temps mis par le compresseur à réagir, à partir du moment où il détecte un dépassement de seuil.
Ce paramètre couvre en moyenne une plage s'échelonnant d'une milliseconde (voire moins) à plusieurs dizaines
de millisecondes. Choisir une attaque relativement lente aura pour effet de laisser passer les transitoires, de les
préserver.
Release : durée au cours de laquelle le compresseur continue à compresser, à partir du moment où l'amplitude
du signal redescend en dessous du seuil. Ce paramètre couvre en moyenne une plage s'échelonnant d'un dixième
de seconde à cinq secondes. Sur certains compresseurs, ce réglage est automatiquement effectué par l'appareil,
soi-disant intelligemment en fonction du signal, et avec plus ou moins de bonheur. Ceci étant, comme le dit le
célèbre adage ostro-moldave, mieux vaut un bon réglage automatique qu'un mauvais réglage manuel...
Link (slave) : souvent, les compresseurs sont groupés pas deux. Ils peuvent alors, soit traiter
indépendamment deux signaux (avec des réglages différents), soit s'appliquer à l'identique aux deux canaux d'un
signal stéréo. Dans ce second cas, la fonction link désactive les réglages de l'un de ces canaux, qui prennent alors
les valeurs de l'autre. Hormis un intérêt pratique évident, on évitera ainsi d'altérer l'image stéréo, ce qui est
systématiquement le cas lorsque des compresseurs agissent indépendamment sur les canaux gauche et droit.
Limiteur : à partir d'un ratio de 10:1, on considère qu'il y a limitation. En d'autres termes, le signal est tellement
diminué qu'il donne l'impression de ne jamais dépasser le seuil. La limitation est utilisée, entre autres, pour éviter
d'endommager des haut-parleurs, ses oreilles (notamment sur scène, dans le cas d'un système de monitoring au
casque), de dépasser le niveau critique lors d'un enregistrement numérique, etc.
Circuit latéral : généralement, le compresseur agit en fonction du niveau du signal à traiter. Pour ce faire, ce
signal est acheminé en parallèle, via un circuit dit latéral , à un module d'analyse d'amplitude. Lorsque cette
amplitude est supérieure au seuil, le compresseur entre alors en action (cf. figure 5).
Key : plutôt que d'analyser l'amplitude du signal à traiter, certains compresseurs ont la possibilité de réagir en
fonction de celle d'un autre signal, collecté à l'entrée key , ou sidechain (cf. figure 6). Par exemple, en radio, il n'est
pas rare que le compresseur chargé de traiter la musique se déclenche en fonction de la voix de l'animateur,
acheminé à l'entrée key . Ainsi, chaque fois que cet animateur parlera, le niveau de la musique s'abaissera
automatiquement. Cette technique s'appelle voice over .
Correcteurs : certains compresseurs disposent de filtres permettant d'égaliser le signal du circuit latéral. Où
comment compresser, uniquement lorsqu'une certaine bande de fréquences dépasse un certain niveau.
Multibande : de plus en plus répandus, les compresseurs multibande divisent le signal en plusieurs bandes de
fréquences, pour ensuite compresser individuellement chacune d'elles. De véritables outils de précision !
Sidechain : Le sidechain est une entrée dans notre compresseur. Lorsque l'on y branche une source, c'est
celle ci qui déclenchera la compression, mais si elle est branchée en Sidechain, elle déclenche le compresseur
sans pour autant être elle même compressée. Vous pouvez donc déclencher la compression sur un signal avec un
autre signal. Par exemple mettez un CD dans un compresseur, votre micro voix entre en Sidechain, quand vous
parlez cela compressera le CD, pas votre voix. Voyons maintenant un exemple d'utilisation courante:
le DeEsser. Si vous ne connaissez pas cet appareil, voici l'explication en deux mots. Un DeEsser permet de
couper les sibilantes (fréquences aigües très fortes lorsque l'on prononce les "S"). Le but du deEsser sera de
compresser les fréquences des sibilantes pour que nous les entendions au même niveau que le reste du discours.
Il faut compresser ces fréquences et non les couper à l'aide d'un EQ sinon le résultat ne serait pas convenable, il
manquerait des fréquences à l'amplification de notre orateur. Pour que cela fonctionne, on entre donc en
sidechaine le discours avec les fréquences qui siflent amplifiées à l'aide d'un Equalisateur. Ainsi, le compresseur
se déclenchera à chaque fois que l'une de ces fréquences est émise. Il faut régler le temps d'attack et de release
trés court pour ne compresser que les sibilantes et non le reste du discours. Maintenant si vous n'avez pas de
DeEsser mais que vous avez un compresseur plus un EQ vous serez vous tirer d'affaire.
Remarques :
On trouve également des vu-mètres ou des chaînes de LEDs qui indiquent le taux de réduction en décibel (
souvent à l’envers c.à.d. le zéro se trouve à droite ). Le niveau d’entrée et / ou de sortie ( commutable par un
interrupteur )et un commutateur ( link / stéréo ) pour relier les deux canaux pour un traitement en stéréo.
La plupart des compresseurs d’aujourd’hui ont une fonction “auto” qui règle les temps d’attaque et de release
automatiquement et qui convient très bien pour la voix et les cuivres. Par contre pour des instruments avec
beaucoup de graves ( grosse caisse, basse etc...) ou pour obtenir des effets un peu spéciaux ( sur une guitare ou
un clavier par exemple ), il vaut mieux régler ces paramètres manuellement.
Il y a de très grandes différences de qualité et la compression d'un plug-in gratuit n'a rien à voir avec un plug-in ou
un compresseur de qualité ( comme focusrite, dbx, drawner, ou les plug-ins de pro-tools par exemple ). Ceci dit, il y
a des hardwares d'entrée de gamme très bien ( comme certains behringer ou les dbx 266 ). En software le tri est
plus difficile à faire car il y a beaucoup de gadgets ( surtout dans le VST ), qui ne servent à pas grand-chose pour
ne pas dire à rien.
Quelques exemples de réglage d’un compresseur
===== Réglages à l’enregistrement :
Voix naturelle : La compression doit être d'excellente qualité et très neutre.
* Seuil le plus haut possible.
* Taux 2:1 : pour laisser le maximum de nuance et de naturel.
* Attaque 10 ms : idem et adoucit la compression.
* Rétablissement 200 ms : idem.
cette compression modérée gardera le grain et la dynamique de la voix
Voix en studio ou live.
* Ratio entre 2:1 et 4:1.
* Threshold à ce qu’on obtient une réduction de 5 à 9 db dans les passages forts et pas de réduction dans les
passages faibles.
* Attaque 10 ms à 30 msec.
* Release 100 à 300 msec - (ou automatique).
* Softknee.
Voix rock : forte compression et coloration
* Très bas : le compresseur est pratiquement toujours en marche
* Taux 4 à 6:1 : compression / coloration
* Attaque 5 ms : courte pour puncher
* Rétablissement : Si vous voulez entendre le chanteur reprendre son souffle: 100 ms. Sinon: 200
Voix en studio ( son variété ) ou façon radio et pub
*Ratio entre 3:1 et 6:1
*Threshold pour une réduction de 5 à 9 db en moyenne avec des pointes de 12 db dans les passages les plus forts
*Attack 10 à 30 msec - (ou automatique)
*Release 100 à 300 msec - (ou automatique)
*Softknee
ceci écrasera passablement le grain de la voix , mais aidera à faire sortir la voix d’un mix et de la mettre “devant”
vu la dynamique largement réduite.
Pour régler attack et release on mettra la fonction auto ou des réglages passe partout ( attack 10 à 40 msec
release 50 à 300 msec ).
Batterie
Pour avoir une grosse caisse puissante et très devant ( surtout en live ) on applique une très forte compression
voire limitation :
*Ratio 20:1 ou ∞:1
*Threshold de façon à obtenir 6 à 10 db de réductionattack très court ( 0,1 à 1 msec )
*Release 50 à 100 msec
*Hardknee
*Peak ou manuel
ce réglage permettra d’avoir beaucoup de volume sur la grosse caisse sans saturer mais écrasera à la même
occasion l’attaque et les harmoniques. Une forte égalisation sera indispensable pour avoir un son acceptable, c’est
à dire. relever les basses ( 80 à 100 Hz = + 6 à 10 db ) pour le woumm et les haut médiums ( 3 à 4 kHz ) pour le
kick, creuser un peu les médiums ( 600 Hz ).
si on veut garder le son naturel et aéré, les réglages seront beaucoup plus modérés:
*Ratio 5:1
*Threshold pour une réduction d’environ 6 db
*Attack 1 à 10 msec
*Release moyen (100 à 500 msec )
*Softknee
*Peak ou manuel
ce réglage convient aussi très bien à la caisse claire
sur les toms, on n’applique pas de compression mais plutôt un gate si la batterie est mixée dans des sous-groupes
on peut très bien appliquer une compression générale en insérant l’effet dans les sous-groupes attention: pour ne
pas déséquilibrer l’image stéréo du mix le compresseur doit être en position stéréo ou link ce qui veut dire que les
deux canaux sont toujours compressé ensemble sans quoi le son se baladera d’un côté à l’autre selon la position
des instruments la compression sur un mix général est toujours délicate
*Ratio (1,5:1 à 3:1)
*Threshold pour une réduction de 3 db environ ( au delà l’effet se fera entendre! )
*Attack 1 à 10 msec
*Release 0,1 à 0,5 sec
*Softknee
au studio on traite les micros d’ambiance avec une compression douce ( réglages ci-dessus )
Basse
pour bien placer la basse dans un mix, compression et égalisation sont nécessaires car les fréquences graves
alourdissent beaucoup un mix et saturent facilement; l'oreille perçoit plus facilement les médiums ( autour d’1 kHz )
- même à faible volume - donc le fait de monter le volume ou les graves d'une basse ne suffisent souvent pas une
compression bien dosée aide aussi à gommer les variations de gain en slap
*Ratio 4:1 à 8:1
*Threshold pour une réduction de 4 à 6 db en moyenne
*Attack moyenne 1 à 20 msec
*Release autour de 300 msec
*Hardknee
ces réglages peuvent varier selon l'effet désiré:
pour garder l'attaque et les harmonique prenez un temps d'attack plutôt long ( 20 à 30 msec ) et le threshold
réglé pour ne compresser que les passages les plus forts ( réduction moyenne de 0 à 3 db et 6 db pour les
peaks )
pour un son funky l'attack sera réglé plus court ( 1 à 10 msec et la réduction devrait afficher 4 à 6 db en
moyenne )
Guitare électrique
pour la guitare ( presque ) tout est permis ! les réglages ci-dessous peuvent servir comme base qu'on fera varier
selon son goût.
*Ratio 6:1
*Threshold selon l'effet désiré
*Attack 5 à 40 msec (ou automatique / RMS)
*Release 0,3 sec (ou automatique / RMS)
*Hardknee
Une guitare funky sera fortement compressée avec un threshold assez bas pour avoir une réduction de 6 à 10 db
et un temps d'attaque assez court ( 1 msec ).
Une guitare lead en son saturé aura un temps d'attaque plus long et une ratio moins importante ( 3: 1) mais un
threshold très bas pour une réduction de 5 à 8 db.
Pour un jeu en arpège on mettra le ratio à 4:1 avec l'attack à 50 msec et une réduction d'environ 4 à 6 db.
Guitare acoustique
Attention de ne pas altérer le grain et les harmoniques du son; la compression doit être très légère :
*Ratio 4:1
*Threshold pour un réduction de 3 à 5 db
*Attack 20 à 40 msec (ou automatique / RMS)
*Release 0,3 sec (ou automatique / RMS)
*Softknee
Les cuivres
*Ratio 4:1
*Threshold pour une réduction de 6 db pour les peaks et 0 à 3 db en moyenne
*Attack et Release en automatique / RMS
*Hard- ou softknee
Saxos et vents : type balade, grand bleu
* Seuil moyen haut
* Taux 2,5 à 3:1 : pour laisser les nuances mais attention ces instruments ont une puissance sonore
impressionnante
* Attaque 6 - 8 ms : moins si vous tapez les notes. Plus si l'attaque est douce. Attention aux pops des trompettes et
saxos altos. L'attaque est un réglage délicat pour les vents quand il sont le centre du morceau car généralement le
jeu est très doux au début de la chanson et finit par des jeux plus rapides et lyriques, voire puissants. De plus les
autres instruments sont souvent discrets au début et forts à la fin. Bref, dans ces cas, on commencera avec une
attaque à 10 ms pour garder le plus de douceur et de naturel possible pour finir à 4/3 ms quand l'instrumentiste
s'excite.
* Rétablissement 100-200 ms : idem
Saxos et vents : jazz et équivalents
On cherche un son naturel mais souvent le jeu demande plus de compression. Par expérience, c'est un cas très
délicat qui met le plus en valeur les qualités de l'ingénieur du son (et pas seulement pour la compression). C'est
pour cela que mon maître du Son est Rudy Van Gelber (blue note record).
* Seuil moyen : Demande de bien connaître le style de l'instrumentiste. Pour les saxos "shooters", un seuil moyen
bas. Pour les saxos "crèmes", moyen haut.
* Taux 3 à 4:1 : C'est là le gros problème. En effet, on a besoin d'une "grosse" compression et en même qui reste
naturel. Prévoir des frais! personnellement, je préfère éloigner le micro de l'instrument et travailler à 2,5. Bien
évidemment, je suis obligé d'utiliser un module de mastering pour le mix et "bidouiller" un peu l'équaliseur.
* Attaque 4-6 ms : Attention, c'est une indication. Je ne la respecte pas toujours.
* Rétablissement 100 - 200 : pas de règle à part les oreilles. Dépend beaucoup de la présence des autres
instruments et/ou si il est soliste, second ou accompagnant.
Saxos et vents : rock
Le réglage est équivalent au chanteur de rock. Souvent, il faudra recompresser pour le mix pour faire entrer
l'instrument dans le mix - en tout cas c'est ce que je fais...
* Très bas : le compresseur est pratiquement toujours en marche
* Taux 5 à 8:1 : compression / coloration
* Attaque 5 -6 ms : très courte pour puncher
* Rétablissement 200 ms
Les instruments électroniques
Les synthetiseurs, boites à rythme, samplers, séquenceurs etc. ne nécessitent pas de compression car les sons
électroniques et les échantillons sont en général dèjà très aplatis au niveau de la dynamique et une compression
supplémentaire n'y ajoute rien de bon.
Traitement d'une voix après coup dans Sound Forge
Prenons à présent un petit enregistrement de la voix d'un ami chanteur. Lors de l'enregistrement, le micro du
chanteur ne disposait pas d'anti-pop, outil fort pratique au demeurant. C'était plutôt ennuyeux, car un anti-pop,
simple tissu mis devant le microphone, permet d'atténuer les occlusives comme les sons en " p ". Du fait que de
telles consonnes engendrent un mouvement très brusque de l'air, ces sonorités ont une fâcheuse tendance à être
enregistrées beaucoup trop fort par un micro. Malgré tout, nous voulions enregistrer notre chanteur ce fameux soir.
Nous fûmes donc obligés d'enregistrer sa voix telle quelle, avec les occlusives.
La voix contenant un " p ", avant et après traitement. L'occlusive, matérialisée ici par l'ensemble des crêtes les plus
élevées, est clairement écrasée par le compresseur (seconde photo d'écran).
Heureusement, il est encore possible de traiter le son pour réduire le niveau des occlusives. Dans cette optique, on
utilise un compresseur multibande. Après avoir chargé le son cité précédemment, allez dans " Effects > Dynamics
> Multi-band " et choisissez le preset dénommé " Reduce loud plosives ". Comme pour le compresseur précédent
(qui s'appliquait à l'ensemble du spectre), vous avez accès au seuil (threshold), à l'attaque (attack) et au
relâchement (release). Pour obtenir le son "chant_sans_occlusives.mp3", il vous suffit d'appliquer le preset tel quel,
mais vous pouvez aussi modifier les paramètres pour voir ce que cela implique sur le son. Par exemple, si vous
descendez le seuil très bas, cela aura pour effet de compresser les basses en permanence, ce qui reviendra
quasiment à appliquer un filtre passe haut sur le son. Or ce n'est pas vraiment le but recherché, car le son de la
voix deviendrait alors particulièrement froid et étriqué.
Réduction des plosives
Le module "Multi-band Dynamics"
Dans le module de compression multibande, vous disposez de trois types de filtres : un passe bas (ou coupe haut,
dit " High-shelf " en anglais), un passe haut (appelé aussi coupe bas, ou " Low-shelf "), et un coupe bande. Dans
ce dernier cas, vous pouvez régler la largeur de la bande de fréquences affectée à l'aide du curseur " Width ".
L'utilisation du compresseur multibande consiste en fait en plusieurs compresseurs chacun précédés de l'un des
filtres cités ci-dessus (vous en disposez de quatre ici). Cela permet de traiter le signal plus précisément, sur
certaines bandes de fréquences particulières, et non sur l'ensemble du spectre.
Guitare avec Sound Forge
Commençons par donner l'exemple de la compression d'un instrument acoustique. Vous avez à disposition un petit
solo de guitare. Un simple enregistrement de guitare électrique, sans compression ( avec une légère distorsion et
une réverbération discrète cependant, dues à l'utilisation d'un Boss VF1 en guise de préamplificateur ).
En jouant le son dans Sound Forge, vous remarquez qu'il y a des passages du solo pendant lesquels le son est
particulièrement fort (par exemple à cinq secondes et quelques dixièmes), alors que le reste du son est de niveau
moyen (aux alentours de -9 dB). Si vous voulez homogénéiser le son, en augmenter son énergie, vous pouvez
faire appel à la compression. Dans notre exemple, nous allons utiliser une compression adoucie, appelée " Soft
knee ". Celle-ci possède la particularité de rendre plus progressive la transition entre le son non compressé (c'est à
dire lorsque le niveau du son avant traitement est plus faible que le seuil de compression) et le son compressé (i.e.
quand le niveau du son avant traitement a dépassé ce seuil).
Pour mémoire, le compresseur se déclenche à partir d'un certain seuil ( appelé threshold ) du niveau sonore en
entrée de ce dernier. Rappelons aussi que lorsqu'il est actif, le compresseur suit une enveloppe simplifiée (
attaque, maintient et relâchement ), que vous pouvez définir à l'aide des curseurs " attack " et " release " de la
fenêtre Dynamics Graphics ( le maintient étant guidé par le niveau du son en entrée ). En bas de cette fenêtre, le
ratio de 2:1 indique un taux de compression relativement faible, ce qui permet de rendre le traitement assez
transparent.
En pratique, le fait que l'on soit dans le mode " soft knee " signifie que le ratio de compression est fonction du
niveau sonore en entrée. Ainsi, il est globalement de 2:1, mais est en fait plus faible lorsque le son en entrée est
proche du seuil, et plus élevé lorsque le son en entrée se trouve entre -15 et -12 dB (voir le schéma ci-dessous).
Le son est donc davantage déformé aux très hauts niveaux sonores. Le diagramme de transfert suivant met en
avant cet aspect.
Soft Knee compressor
1 et 2 : ratios de respectivement 7:2 et 5:3 ( compression de dynamique )
3 : niveau de référence, ou seuil
4, 5 et 6 : ratios de 4:5, 3:7 et 1:7 (extension de dynamique)
Pour vous rendre compte du résultat de ce type de compression, commencez par charger le son
"guitare_non_compressee.mp3" dans Sound Forge. Vous constaterez que le petit solo de guitare possède une
dynamique assez grande, et descend plusieurs fois à -30 dB. Ceci est parfait si le solo doit être intégré dans une
musique très aérée, c'est à dire avec peu d'instruments, ou bien des instruments prenant peu de place (par
exemple un morceau de soft jazz avec une batterie et une basse calmes, ainsi que la fameuse guitare, et rien
d'autre). C'est comme lorsque l'on est en petit comité : il n'est généralement pas nécessaire d'augmenter le niveau
de sa voix pour se faire entendre… En revanche, dans un morceau de hard rock chargé d'instruments excités, la
guitare devra, pour être elle aussi bien présente, subir une compression dynamique (notons au passage que la
distorsion est une forme de compression de dynamique).
Pour compresser l'enregistrement de guitare, allez dans " Effects > Dynamics > Graphic " et choisissez la
présélection (preset) dénommée " Soft Knee compressor / gate -24dB threshold ". Cet effet combine en fait un
compresseur progressif (soft knee), ainsi qu'une porte de bruit (gate) qui permet de supprimer partiellement le bruit
de fond de l'enregistrement, lorsqu'aucun son ne sort de la guitare (mis à part le bruit de fond intrinsèque au
système). Vous obtenez alors un solo plus présent, même lorsque le jeu est doux, et dont les détails sont mis en
avant, comme par exemple le frottement des doigts sur les cordes. Si vous voulez écouter le résultat de la
compression
sans
faire
le
traitement
dans
Sound
Forge,
écoutez
le
fichier
sonore
"guitare_compressee_soft_knee.mp3 ". A présent, le son se retrouve la plupart du temps entre -9 et 0 dB, et ne
descend plus en dessous de 15 dB.
Un loop de batterie puissant
Je vous disais dans le numéro précédent qu'il ne faut pas abuser de la compression, mais dans certains cas, cela
peut produire un effet vraiment intéressant ! Prenons par exemple une boucle de batterie accompagnée d'une
réverbération sourde et discrète (disponible sous le nom "loop_sans_rc.mp3"). L'utilisation du compresseur
Renaissance Compressor de la société Waves permet d'avoir un son très puissant, dont la réverbération est plus
présente, les percussions écrasantes (certes un peu agressives), un peu comme ce que l'on entend dans certains
morceaux de Massive Attack. Vous pouvez entendre le résultat dans le fichier sonore intitulé "loop_avec_rc.mp3".
===== Réglages au mixage général
Très difficile, la compression d'un mix général demande beaucoup d'expérience, de finesse et un compresseur de
bonne qualité, car le signal à traiter est souvent très complexe et un mauvais réglage rend le son très vite plat et
fade sans parler du fameux effet de pompe ( le son a l'air d'être aspiré en arrière et à chaque coup de grosse
caisse la moitié du mix disparaît ).
un bon départ de réglage est:
Ratio 2:1 ou 4:1
Threshold pour une réduction de 3 db en moyenne
Attack et release en automatique / RMS ou
Attack 1 à 10 msec
Release 0,3 sec
Softknee
===== Réglages au mastering :
Pour le mastering on utilise normalement des compresseurs multibandes, c'est à dire qu’il y a plusieurs
compresseurs dont les fréquences à traiter sont reglables. et on pourra donc compresser des differentes plages de
frequences avec les taux differents par exemple: une plage pour les graves: basse et kick une ou deux plages pour
les médiums: surtout la voix une plage pour les aigues: les cimbales, les harmoniques etc.
Le limiteur
Un limiteur est un compresseur dont le rapport de compression ( ratio ) a été fixé " à l'infini ", c'est à dire
généralement à 1:50 ( dans le cas de Sound Forge ), voire à 1:100. Vous êtes ainsi certain que les crêtes ne
dépasseront jamais la limite choisie, puisqu'une augmentation de 100 dB en entrée ( c'est à dire toute la plage de
dynamique d'un enregistrement en 16 bits ! ) aura pour conséquence une augmentation d'un malheureux décibel
en sortie du limiteur. En revanche, il est parfois à craindre que le son se déforme du fait du traitement du limiteur.
Comme je vous le disais, plus le ratio du compresseur est élevé, plus le son est déformé. Comme le ratio est, dans
un limiteur, " infini ", ou pourrait croire que le son est totalement déformé. En fait, c'est faux si l'on prend soin de
garder le seuil du compresseur assez haut, afin que seules les crêtes les plus fortes soient écrasées.
Le limiteur est caractérisé par une pente horizontale à
partir de son seuil de déclenchement.
Notez au passage des évolutions intelligentes du limiteur, comme le plug-in Ultra Maximiser de la société Waves.
Ce limiteur est dit préemptif, c'est à dire qu'il lit l'échantillon sonore de quelques dixièmes de secondes avant de le
traiter, ce qui permet à ce module d'optimiser l'enveloppe du compresseur en fonction des crêtes du son d'origine.
Vous n'avez donc plus à vous préoccuper de quelle attaque et de quel relâchement choisir, puisque l'Ultra
Maximiser le fait tout seul, et plutôt efficacement.
Et l'extension de dynamique ?
Vous vous le demandiez peut être : si l'on peut compresser un son, peut-on au contraire étendre sa dynamique ?
La réponse est oui, comme vous avez pu le déceler dans la figure 1. C'est même quelque chose d'utilisé assez
souvent, pas forcément par les ingénieurs du son, mais dans certains cas comme par exemple avec la technologie
Dolby. En effet, dans certaines situations, il est nécessaire de passer par un canal de transmission à fort bruit de
fond (par exemple, les ondes hertziennes, ou la bande d'un cassette analogique). Dans ce cas, il est intéressant
d'augmenter le niveau global du son avant que celui-ci soit transmis au travers de ce canal, puisqu'alors, le niveau
du signal utile sera bien supérieur au niveau du bruit de fond intrinsèque au canal de transmission. Une fois le son
arrivé à la destination (le préampli de votre lecteur de cassettes), le son peut subir à nouveau une extension pour
retrouver sa forme originale. De part cette extension de dynamique, le bruit de fond qui s'était ajouté lors de la
transmission du son au travers du canal voit son niveau abaissé. Il s'entend donc moins que si l'on n'avait pas
utilisé ce système.
Plug-ins VST et DirectX
Nous avons cité les effets dynamiques propres à Sound Forge. Il existe néanmoins de nombreux plug-ins DirectX
et VST faisant le même travail, parfois de manière plus poussée puisque ces modules sont spécialisés dans un
domaine particulier. Citons notamment les plug-ins Waves ( C1 Compressor/Gate, Renaissance Compressor…) et
TC Works ( Native DeX, un dé-esseur, et Native L, un limiteur ). Les compresseurs logiciels sont nombreux,
certains sont parfois meilleurs que d'autres, mais généralement, ils se distinguent surtout par une fonctionnalité
spécifique. Par exemple, Renaissance Compressor propose plusieurs types de modélisation de compresseurs
physiques, gère la saturation intelligemment etc. D'autres sont spécialisés dans la suppression des sifflantes et des
occlusives, comme le DeX de TC Works, De ce fait, vous disposez avec ce plug-in de nombreuses présélections
selon la voix ( homme ou femme ) et le type de chant ( doux, médium ou fort ).
Considération générales
Manier le compresseur avec pertinence et dextérité, ne rien ignorer de ses secrets, du soft knee au hard knee, du
treshold au sidechain, tel est le but que nous vous engageons à poursuivre au travers de deux épisodes
pédagogiques et néanmoins récréatifs.
Compresser une source sonore, que ce soit un instrument isolé, un mixage stéréophonique, etc., consiste à en
réduire la plage dynamique. Cette plage, qui s'exprime en décibels (dB), représente le rapport d'amplitude entre le
niveau maximum et le niveau minimum de ladite source.
Paradoxalement, on qualifie fréquemment de dynamique ( au sens qui manifeste de l'énergie ), un signal
abondamment compressé, et dont la plage dynamique ( au sens étendue des écarts de niveau ), est justement
réduite. Effectivement, à l'écoute, la linéarité ainsi obtenue provoque une sensation de puissance. De cette double
signification d'un même mot, dans un même contexte, naît parfois une certaine confusion dans certains esprits
confus...
Manuel ou automatique ?
Lorsque l'ingénieur suit à l'oreille le niveau d'une piste, en compensant d'un élégant mouvement de fader les
variations de volume, il compresse manuellement le signal. D'où l'expression suivre une basse , suivre une voix ...
Certes, le temps que son cerveau ( même abondamment irrigué et copieusement alimenté en phosphore ),
interprète l'information et la communique à ses mains, parions que la source sonore ait commencé à traverser la
tranche avant d'avoir été atténuée. Si les automations de consoles permettent d'améliorer le processus, il n'en
demeure pas moins que techniquement, l'homme ne peut prétendre rivaliser avec le compresseur, qui pour sa
part, accomplit sa tâche quasiment sans introduire de délai.
Tout comme ses proches cousins spécialisés dans le traitement de la dynamique ( l'expanseur et le limiteur ),
notre ami compresseur fait appel aux services d'un circuit chargé de commander le gain du signal à traiter ( en
l'occurrence de l'atténuer ) dans des proportions déterminées par une tension de contrôle. Cette dernière est
dérivée de l'enveloppe d'amplitude, soit du signal à traiter ( cas le plus courant ), soit d'un autre signal, réceptionné
à l'entrée key
Si le compresseur et l'ingénieur que nous évoquions à l'instant, les doigts sur ses faders, poursuivent un seul et
même objectif ( contrôler la dynamique du signal ), les résultats diffèrent. Bête et méchant, le compresseur
accomplira aveuglément sa besogne sans induire de retard, tandis que l'ingénieur, intelligent et bon, réagira peutêtre plus lentement, mais suivant des critères artistiques. Mon premier sera plus efficace que mon second dans
certaines circonstances ( pour par exemple compresser une caisse claire ), et réciproquement.
Supports
Pour information, la plage dynamique de l'oreille humaine, à savoir l'écart entre le seuil d'audibilité et celui de la
douleur, est d'environ 130 dB. Sachez d'autre part que celle d'un orchestre symphonique, des passages les plus
faibles aux passages les plus forts, avoisine les 70 dB. Or, pour la plupart, les supports d'enregistrement et de
reproduction ( de même que les procédés de diffusion ), sont incapables de restituer de telles dynamiques. Leur
plage est limitée d'un côté par le bruit de fond inhérent au support, et de l'autre, par la distorsion. Par exemple, ce
bon vieux vinyl n'encaisse pas plus de 45 dB !
Ceci pour dire qu'avant de pouvoir exploiter un disque, une cassette, une bande magnétique..., il s'avérera
nécessaire de compresser le signal, afin de le faire tenir dans les limites imparties. Certes, le numérique a amélioré
bien des choses. Sur le papier (encore qu'en pratique, ce chiffre soit à réviser à la baisse), la dynamique est égale
à la résolution, exprimée en bits, multipliée par six. Ainsi, pour le disque compact et ses 16 bits, elle est de 96 dB
(16 x 6 = 96).
Digression
Malgré la plage dynamique qu'offre le numérique, on continue allègrement à compresser la musique. Déjà,
compte tenu du fait que pour le plus grand nombre, un disque moins fort soit généralement synonyme de disque
moins bien, le principal souci, tout du moins en matière de rock et de variété, reste de plafonner : de se rapprocher
du volume maximum possible. Autre grand responsable de ce nivellement vers le bas : la diffusion radiophonique.
En effet, tout comme pour les disques, l'attention de l'auditeur balayant frénétiquement la bande FM, sera retenue
par les stations de plus fort volume. Ainsi, pour avoir le maximum d'impact, une majorité de radios cherche à
utiliser de façon optimum le taux de modulation de l'émetteur : une véritable course au niveau sonore.
Certaines d'entre elles, notamment celles diffusant du classique, refusent cependant de jouer à ce petit jeu.
Tant pis si les 70 dB d'une symphonie, parfaitement adaptés à l'Opéra Garnier s'accommodent moins bien d'une
écoute par voie hertzienne dans une Ami 6 décapotable, entre La Grande Motte et Palavas les Flots. Non, nos
amis esthètes ne pourront pas fendre l'air, au volant de leurs rutilants véhicules, tout en profitant pleinement de la
Petite musique de nuit ou des Quatre saisons . Pour ce faire, il aurait fallu compresser sauvagement, au détriment
de la musique... Faute d'avoir procédé à ce massacre, voici donc notre malheureux conducteur contraint, soit de
régler son transistor à un niveau raisonnable, acceptant de n'entendre que les fortissimo (les pianissimo demeurant
couverts par les bruits du moteur) , soit de monter le volume jusqu'à discerner les pianissimo , acceptant que les
fortissimo lui crèvent les tympans. Telle serait la triste réalité de l'automobiliste mélomane...
Fort heureusement, pour la plus grande joie des petits et des grands, les FM plus modernes abusent de ce
procédé, et l'on passera de Fun à NRJ, de Skyrock à M40, sans ressentir le moindre écart de niveau ( ni de
programmation, d'ailleurs ). Comment ne pas tarir d'éloges sur les bienfaits de la technologie ?
Compromis
Que ces considérations ne nous éloignent pas de nos préoccupations quotidiennes, à savoir la compression en
studio. Du multipiste à cassettes au magnétophone numérique, chacun sait qu'il convient, pour éviter le souffle du
support ( en analogique ) ou le bruit de quantification ( en numérique ), d'enregistrer le plus fort possible, sans
toutefois dépasser le niveau toléré, faute de se retrouver avec un signal distordu ( la distorsion provoquée par
l'analogique étant recherchée, dans des limites raisonnables, par certains ingénieurs, tandis que celle du
numérique, qu'il serait plus rigoureux de qualifier d' écrêtage , est définitivement inacceptable ).
Si le problème était aussi élémentaire, il suffirait de compresser sans discernement tous les signaux, voire de
les limiter ( c'est-à-dire de les empêcher purement et simplement de dépasser un certain seuil ), avant de les
enregistrer... Gageons qu'en un éclair, ce type d'option tourne à la catastrophe. Tout est donc affaire de
compromis. Savoir préserver la qualité audio d'une prise de son en respectant son aspect vivant , en ne gommant
pas trop ses nuances : telle sera votre mission, si vous l'acceptez. Tout est également affaire de goût, et de genres
musicaux : compresser à outrance une basse et une batterie collera sans doute mieux à de l' acid house qu'à du
cool jazz ...
Avant ou après ?
Faut-il compresser avant ou après enregistrement ? Le paragraphe précédent vous a fourni quelques éléments
de réponse, puisque pour préserver la qualité d'une prise, vous savez maintenant qu'il est indispensable d'avoir
suffisamment de niveau, de pas trop flirter avec le bruit de fond ou de quantification du support. Toutefois, comme
tous les traitements modifiant la nature même de l'enregistrement, revenir dessus lors du mixage semble difficile.
Face à ce caractère irréversible des effets appliqués en amont de la bande, une bonne méthode consiste donc à
compresser avant, avec parcimonie, tout en conservant la possibilité de compresser de nouveau après, en cas de
besoin. Méfiez-vous des compresseurs de qualité moyenne, avec lesquels on prendra garde, du fait de leur
propension à dénaturer le son, à ne pas effectuer cette double compression.
Tout ou partie ?
En dehors de la compression isolée de chaque instrument, avant, après, ou avant et après enregistrement, il
n'est pas rare de compresser l'ensemble d'un mixage. En prenant garde de ne pas y aller trop violemment ( pour
ne pas supprimer tout relief, ni modifier l'équilibre ), faire ainsi tenir le morceau dans une certaine fourchette
permettra d'une part d'optimiser le rendement du support de reproduction (les mêmes principes s'appliquent au
mastering qu'à l'enregistrement), et de l'autre, de se soumettre aux impératifs de la diffusion.
Il importe cependant de prendre conscience des dangers que représente une compression stéréo. En
imaginant par exemple que la caisse claire ait été mixée très en avant, le compresseur, en abaissant son volume,
atténuera du même coup celui des autres instruments. Conclusion : à chaque frappe de caisse claire, l'ensemble
du morceau subira une baisse d'amplitude. Pour peu que les réglages soient inappropriés (notamment celui du
release ), il s'en suivra un effet désagréable, dit de pompage ou pumping , comme disent les anglo-saxons.
Si l'on avait pris soin, au préalable, de compresser individuellement cette fameuse caisse claire, le
compresseur stéréo n'aurait pas eu à se démener de la sorte. Ceci pour dire que la compression des instruments,
pris isolément, et celle d'un mixage, sont complémentaires : la première, en évitant de trop grandes pointes, évitera
à la seconde de travailler à l'excès, provoquant parfois ce désagréable effet de pompage.
Au stade du mastering, on se retrouve confrontés au même problème. En supposant qu'une pêche de cuivre
dépasse d'une courte tête tous les autres instruments, l'ingénieur devra, soit privilégier la qualité audio au
détriment de la qualité artistique (en compressant l'ensemble pour optimiser le rapport signal/bruit, ce qui, durant
cette pêche de cuivre, atténuera par conséquent tout le reste du mix), soit privilégier la qualité artistique au
détriment de la qualité audio ( en ne compressant pas, ce qui, sauf pendant cette pêche de cuivre, aura pour effet
de sous-exploiter la dynamique du support, d'abaisser tout le reste du morceau par rapport au niveau des autres
disques ).
En s'appuyant sur divers cas concrets, voici quelques explications, qui devraient vous aider à exploiter au mieux
votre compresseur
A moins que votre chanteur maîtrise l'art de la compression naturelle, s'éloignant du micro lorsqu'il chante plus fort,
s'en approchant lorsqu'il chante plus doucement, sans doute éprouverez-vous le besoin de niveler un soupçon la
prise, d'amoindrir les écarts entre ce couplet murmuré avec amour et ce refrain dans la plus pure tradition hyènes,
chacals et Florent Pagny hurlent à la lune . Ceci étant dit, plus vous compresserez une voix, plus vous ramasserez
de bruits annexes ( respiration, sibilances, borborygmes...). Les autres instruments n'échappent pas à ce
phénomène d'amplification des sons indésirables. Ainsi, avec par exemple des guitares ou des basses, un excès
de compression fera ressortir les bruits de doigts, leur glissement sur les barrettes, etc.
La compréhension d'un texte est également une autre des raisons pour lesquelles compresser la voix. Peut-être la
dernière syllabe d'un mot, moins forte que la première pour des raisons phonétiques, et masquée par l'arrivée
subite d'une descente de toms, ne se fera-t-elle pas suffisamment entendre. Pour contrecarrer les néfastes dessins
de ces instruments à peaux et préserver ainsi l'intelligibilité de vos vers, un petit coup de compresseur s'impose.
On aurait bien sûr pu, d'un mouvement de fader, monter tout le mot, mais le niveau de la première syllabe aurait
été trop élevé... Vous l'auriez deviné, plus on mixe une voix dans la musique , plus on devra la compresser. Ce qui
est vrai pour la voix l'est aussi pour d'autres instruments : d'une manière générale, pour empêcher des nuances de
disparaître, noyés dans un mixage, on appellera le compresseur à la rescousse.
Attaque et release
Plus subtils que le seuil et le ratio, les réglages d'attaque et de release d'un compresseur sont d'une
importance capitale. Des valeurs inadaptées auront tôt fait de déboucher sur des effets secondaires indésirables.
On pourra par exemple décider de compresser un signal tout en laissant passer plus ou moins de transitoires.
Pour ce faire, l'attaque ne devra pas être trop rapide. A son minimum, sur des sons de basse, elle risque
cependant de piéger le compresseur, qui, plutôt que de suivre le contour du signal, le compressera carrément à
chaque cycle de la forme d'onde. Danger : distorsion ! Pour remédier à ce problème, certains compresseurs sont
dotés d'un réglage hold , contraignant l'appareil à maintenir la compression pendant une durée déterminée.
Enveloppe
Encore plus que l'attaque, le release doit être adapté à l'enveloppe de la source traitée. Effectivement, en
admettant qu'il soit rapide, et que le son décroisse lentement, le niveau remontera brusquement lors de cette
phase de décroissance. Dans ce cas, augmentez donc progressivement le release jusqu'à obtenir satisfaction.
Dans le même ordre d'idées, pour un narrateur, un release rapide risque de faire remonter souffle et bruit de fond
entre les mots. De même pour un chanteur, si l'accompagnement est relativement dépouillé et la voix en avant.
Cette désagréable remontée de bruit, due à un release trop court, porte le nom de breathing . Là encore, on optera
donc pour un release plutôt long. A l'aide d'un compresseur multibande, on pourra éventuellement n'agir que sur
les fréquences de la voix du narrateur, et non sur celles du souffle et du bruit de fond, et se jouer ainsi du breathing
avec une facilité déconcertante.
Malgré ses avantages, un release trop long aura tendance à masquer les passages faibles succédant
immédiatement à des passages forts, puisqu'en dépit du fait que leur niveau soit inférieur à celui du seuil, ils seront
néanmoins compressés.
Par contre, si notre narrateur parle par-dessus de la musique (qui par conséquent, masquera partiellement
souffle et bruit de fond), un release court aidera à comprendre la fin des mots, dont la remontée passera plus ou
moins inaperçue, à cause de la musique. Notez enfin, dans un autre style, que c'est également grâce à un release
court, que l'on contribuera à tempérer l'effet de pompage lors de la compression d'un mixage.
Rythmique
Comme nous le laissions entendre dans la 1ère partie, l'absence de nuances dans les variations d'amplitude
est synonyme de puissance. De nombreux batteurs, bassistes, et dans une moindre mesure, de guitaristes, sont
friands de compression. En plus de niveler les écarts de niveau d'une note à l'autre ( la basse slapée étant l'un des
exemples les plus frappants ), la compression agit sur l'enveloppe du son. Avec des signaux courts et percussifs,
tels qu'une grosse caisse, qu'une caisse claire, la décroissance sera moins raide, conférant un côté plus massif à
l'instrument. Souvent, sur les basses et les batteries, on choisira une attaque suffisamment rapide pour atténuer
les transitoires, mais pas trop non plus, pour en laisser passer un peu...
Bref, qu'il s'agisse de seuil, de ratio, d'attaque, de release..., le réglage d'un compresseur, plutôt que
d'appliquer des recettes, nécessite de réfléchir chaque fois à toutes les conséquences qu'auront ces différents
paramètres sur le signal à traiter. Au final, comme souvent, l'oreille doit être le seul juge. En espérant que les
quelques directions abordées vous auront donné envie d'exploiter en profondeur cet incontournable périphérique,
et comme toujours, d'expérimenter...
Bons plans
- Envoyer une horloge, un métronome, ou pourquoi pas, un charley, à l'entrée key d'un compresseur, vous
permettra de créer des effets fort originaux. Essayez par exemple de compresser des nappes selon ce principe :
résultat garanti.
- Comme chacun sait, le déesseur est un appareil destiné à éliminer partiellement les sibilances, et autres sssh
intempestifs, générés par la voix. Particulièrement présentes en close micking (prise de proximité), ces hautes
fréquences sont à la fois inesthétiques et dangereuses pour la bande. Or, à l'aide d'un égaliseur et d'un
compresseur pourvu d'une entrée key , rien n'est plus facile de se concocter un déesseur. Commencez par
dédoubler votre signal, puis, acheminez-le d'une part au compresseur, et de l'autre à l'égaliseur (réglé pour booster
les fréquences supérieures à 5 kHz de 10 à 15 dB, ou pour atténuer d'autant celles inférieures à 5 kHz), dont on
dirigera la sortie vers l'entrée key du compresseur. La compression, réagissant ainsi aux aigus, atténuera
uniquement les sifflantes.
- Aviez-vous remarqué que les échantillons étaient souvent délicats à boucler, à cause des différences
d'amplitude qu'ils comportaient ? Rien n'est plus facile que de les niveler... Pour ce faire : insérez un compresseur
entre le micro et l'entrée du sampler, puis réglez-le afin qu'il limite . Grâce à cela, vous échantillonnerez des sons,
qui du début à la fin, seront à peu près stables en niveau !
- Chaque compresseur possède sa propre courbe d'attaque, mais surtout, de release linéaire, logarithmique,
exponentielle...ce qui, avec l'électronique (à lampes, à transistor) et le procédé employé ( hard knee, soft knee ) est
l'un des principaux facteurs responsables de la couleur de l'appareil. Non documentée dans les manuels, ces
courbes s'adapteront plus ou moins bien à tel ou tel instrument, selon l'enveloppe de ce dernier et le jeu de
l'instrumentiste.
- L'oreille, lorsqu'elle est soumise à des niveaux élevés, se protège en compressant elle-même le signal. Ainsi,
en studio, régler un compresseur en écoutant plein pot sur les grosses écoutes, risque de fausser votre
appréciation.
- Certains compresseurs ont tendance à réagir trop énergiquement. Ainsi, ils mettront une telle bonne volonté à
compresser des signaux d'amplitude très élevée, que ces derniers se retrouveront carrément projetés en dessous
du niveau du seuil. Cet effet, dit overlimiting , est parfois intéressant à exploiter.
Trop de compression tue la compression !
Mis à part certaines situations où l'on cherche un effet spécial, la compression est efficace lorsqu'elle est utilisée à
bon escient et en finesse. Parfois, certains ingénieurs du son et techniciens qui s'occupent de la diffusion
radiophonique (ou leurs directeurs respectifs) sont tentés d'en abuser, car plus le son est compressé, plus il paraît
puissant et sonne fort - plus fort que le son des concurrents... En pratique, cette trop forte compression dénature le
son et finit par fatiguer l'oreille du fait que la puissance du signal est sans cesse au maximum que le système de
restitution permet d'atteindre. A titre d'exemple, je vous ai fourni un son compressé au maximum du niveau sonore
permis par le support d'enregistrement, quelque soit le niveau en. Le niveau sonore, sur le vu-mètre de Sound
Forge, reste donc constamment à 0 dB ( si si, c'est possible ! ), même lorsque le son de la guitare est censé
mourir.La méthode pour obtenir ce massacre sonore est assez simple : il suffit d'ajouter un seul point en haut à
gauche du diagramme de transfert de la fenêtre " Dynamics > Graphic ", comme montré sur le schéma suivant, ou
bien de mettre le seuil au minimum (-80 dB), le ratio au maximum (l'infini), et l'option " auto gain compensate "
activée. Notez en outre que vous pouvez obtenir des résultats similaires avec un autre module de compression
dynamique dans Sound Forge, appelé " Wave Hammer ". Ce module est apparu avec la version 5 de Sound Forge
et cumule un compresseur de dynamique et un maximiseur de volume relativement efficaces.
Ci-dessous :
Le résultat de notre "super-compression" est certes peu agréable à l'écoute mais demeure assez intéressant à
étudier. D'une part, remarquons que la guitare, lorsqu'elle est censée mourir, reste très perceptible, voire même
insistante et plutôt fatigante. D'autre part, toujours au moment où la guitare devrait s'estomper, on entend de plus
en plus fort un bourdonnement en fond. Celui-ci est dû à l'alimentation du préampli sur le secteur, qui génère un
bruit de fond à la fréquence de 50 Hz et à ses harmoniques ( 100 Hz, 200 Hz etc…). En règle générale, le son utile
( notre chère guitare ) est suffisamment fort pour que ce bourdonnement reste peu perceptible. Mais ici, comme le
niveau de la guitare s'affaiblit et que la compensation automatique du gain du compresseur contrebalance cette
chute en augmentant progressivement le son, le niveau relatif du bruit de fond en est sensiblement augmenté.
Enfin, vous aurez certainement remarqué la petite fausse note ( un peu avant cinq secondes ), elle qui passait
quasi inaperçue sur le son d'origine.
Le module "Wave Hammer".
L'enregistrement de guitare un peu trop compressé.