BILINGUISME • Au CO de Morat, les élèves jonglent

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BILINGUISME • Au CO de Morat, les élèves jonglent
LA LIBERTÉ VENDREDI 28 DÉCEMBRE 2012
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Was hesch du gseit? T’as dit quoi?
C’EST TENDANCE
BILINGUISME • Au CO de Morat, les élèves jonglent avec les langues, passant du
français à l’allemand ou de l’allemand au français selon les branches. Un projet pilote.
LORA TRAGLIA
La promotion d’une seconde langue –
l’allemand en particulier – est le nouveau challenge des institutions scolaires. Les cycles d’orientation,
comme le CO de la région de Morat,
proposent un concept d’immersion
dans la langue partenaire. Le projet
fait ses débuts en 2011 avec une classe
de 3e année francophone qui suivra
les cours d’économie familiale et
d’éducation physique en allemand.
«Cette première expérience a montré
des effets intéressants et nous a motivés à poursuivre le développement du
projet», indique M. Sébastien Ducrest, directeur de la section française
du CO de la région de Morat.
De l’eau de rose au sadomaso.TP
La mort du
prince charmant
TAMARA PICCAND
Un roman érotique qui défraie la chronique. Avec «Fifty Shades of Grey», le
prince charmant abandonne les bonnes
manières.
«Cet échange
linguistique
permet de faire
tomber certaines
gênes»
SÉBASTIEN DUCREST
Dès 2012, le projet pilote s’est
élargi. «Les élèves germanophones
participent désormais aussi au projet:
une classe de 2e année suit l’enseignement des activités manuelles et créatrices en français», ajoute M. Iwan
Volken, directeur de la section germanophone du CO de la région de Morat. Ainsi, pour cette année 20122013, environ 50% des élèves, sections
et années confondues, sont concernés par le projet pilote.
De nouvelles branches
Par
ailleurs,
de
nouvelles
branches sont touchées par le projet.
D’une part, les leçons d’éducation
physique en 3e année mêlent désormais des élèves francophones et germanophones. D’autre part, 10% (soit
8 heures à l’année) du programme de
géographie, d’histoire et des sciences
sont enseignés dans la langue partenaire dans des classes germanophones et francophones de 1re et de 2e
années.
DESSIN ISABELLE CLÉMENT
Bref, toute une minutieuse organisation qui ne s’est d’ailleurs pas faite
sans quelques difficultés. En effet,
Iwan Volken et Sébastien Ducrest
soulignent notamment la complexité
pour élaborer une grille horaire.
Briser la glace
Grâce à ce projet d’immersion, les
élèves approchent la langue partenaire de manière plus spontanée et
avec moins d’embarras. Cet échange
linguistique permet de «faire tomber
certaines gênes», comme l’observe
Sébastien Ducrest. Il faut dire que
l’intérêt de ce projet n’est pas uniquement focalisé sur la performance de la
langue, car même si les résultats sont
encourageants, le projet ne vise pas à
créer de toutes pièces des élèves bilingues. Selon le directeur, le projet
insiste plutôt sur l’échange culturel
entre germanophones et francophones, afin de donner une ouverture
d’esprit aux élèves.
«Pour tous les élèves»
La connaissance de l’allemand et
du français en Suisse est devenue primordiale pour le futur des jeunes. En
effet, qu’on se lance dans des études
gymnasiales ou dans un apprentissage, la connaissance linguistique fait
partie des critères principaux dans le
choix de candidats pour une place de
travail. Ainsi, le projet du CO de la région de Morat doit «donner les
mêmes possibilités à tous les élèves, y
compris à ceux qui ne se destinent
pas à des études gymnasiales», affirme Nathalie Krebs Chuard, responsable du projet.
En novembre dernier, elle a enseigné l’histoire en français à une classe
germanophone pendant que sa classe
suivait le cours d’histoire en allemand. «Les élèves germanophones se
sont montrés accueillants: beaucoup
d’entre eux sont venus me serrer la
main pour me saluer», indique enthousiasmée Nathalie Krebs Chuard. I
DIS-MOI TOUT!
«Avec l’école bilingue, j’apprends plus vite»
OWEN GUILLOD
MYLENE KALTENRIEDER
ANN-KATRIN JAKOB
> Elève de 9e année
> Elève de 9e année
> Elève de 8e année
«Au cours d’économie familiale, notre professeur nous
parle en allemand. Bien que le
vocabulaire culinaire ne soit
pas forcément utilisé tous les
jours, je trouve que cette expérience m’aide dans la prononciation de la langue allemande et dans la compréhension auditive. Je remarque que je parviens mieux à
distinguer les mots dans une discussion qu’auparavant. Les exercices de compréhension auditive sont
rapides et parfois il y a des mots qui m’échappent.
Mais le fait de les avoir déjà entendus dans un autre
contexte m’aide à les reconnaître. Même si on utilise le
Tip Top (livre de cuisine) en allemand et que les recettes sont en allemand, le cours reste abordable au
niveau de sa difficulté. Les cours de gym, aussi en allemand, sont plus faciles. Il suffit de copier son camarade, donc même si on n’a pas compris la consigne, ce
n’est pas trop grave. Durant les cours de gym, nous
sommes mélangés avec les germanophones, et souvent on discute avec eux en allemand. Je trouve l’expérience chouette et l’ambiance est sympa.»
«Les cours de cuisine en allemand me plaisent beaucoup.
Comme je parle suisse allemand à la maison, je n’ai pas
trop de difficulté à comprendre le cours d’économie familiale. Cette expérience est
vraiment bien pour mes camarades francophones.
En ce qui me concerne, ce cours permet d’élargir
mon vocabulaire, en étudiant des mots spécifiques
dans le domaine de la cuisine. Au lieu d’étudier une
liste de vocabulaire seule à la maison, je vois directement ce que j’apprends et comment je dois l’utiliser.
Lorsque notre professeur évoque un ustensile de
cuisine en allemand, elle l’utilise dans un contexte.
J’ai l’impression que de cette façon j’apprends plus
vite et que je retiens plus longtemps ces nouveaux
mots. C’est une autre méthode d’apprentissage que
je trouve intéressante. De plus, les devoirs sont en allemand et sont souvent présentés sous la forme de
textes à trous, ce qui nous pousse aussi, d’un cours à
l’autre, à retenir le vocabulaire culinaire spécifique
en allemand.»
«Je suis germanophone et
participe au cours de couture
en français. Depuis le début
de l’année scolaire le professeur nous a toujours parlé en
français afin que nous nous
habituions gentiment.
Jusqu’aux vacances de la Toussaint nous avions encore le droit de discuter entre nous en allemand,
puis à partir de la rentrée nous devions nous exprimer en français dans la mesure de nos possibilités.
Pour nous aider, notre professeur nous distribue
des feuilles de vocabulaire avec des images concernant le sujet du cours, comme les notions autour
du tricot, c’est-à-dire la bobine, les aiguilles, la
laine…Cette expérience est intéressante et en plus,
durant cette leçon de couture, l’atmosphère est
plus détendue et du coup on est plus à l’aise pour
parler: on n’est pas toujours en train de réfléchir à
la phrase qu’on veut dire, on est plus spontané, et
du coup on parle plus, même si ce n’est pas tout à
fait correct.»
PROPOS RECUEILLIS PAR LORA TRAGLIA
De tout temps, les écrivains nous ont offert de magnifiques histoires d’amour. De
Tristan et Iseult, en passant par Roméo et
Juliette de Shakespeare ou encore Elizabeth Benneth et Mr Darcy dans «Orgueil
et préjugés», ces couples nous ont tous fait
rêver un jour ou l’autre. Ils s’aiment, se
quittent, se retrouvent, tout ça dans une
ambiance romantique avec des mots
doux. Mais la tendance change, vous avez
certainement tous entendu parler du fameux «Fifty Shades of Grey» ou en français, puisqu’il vient d’être traduit, «Cinquante nuances de Grey»? C’est le roman
érotique sadomasochiste du moment.
Oui, oui, vous avez bien lu!
Tout commence avec une fan de «Twilight», frustrée du manque d’«action»
dans le couple d’Edward et Bella. E. L.
James écrit donc ce qu’on appelle une fanfic (fiction écrite par un fan mettant en
scène les personnages ou des éléments
d’un ouvrage qu’il a apprécié). Elle
change radicalement les personnages de
«Twilight». Edward, le vampire romantique, devient un homme d’affaires affectionnant la pratique du bondage et du sadomasochisme, et Bella, la nouvelle du
lycée maladroite subjuguée par le vampire, une jeune étudiante vierge et timide.
Pour des raisons de copyright, le couple se
nomme désormais Christian Grey (d’où le
titre du livre) et Anastasia Steele. Leur relation n’est pas compliquée en raison de
leur nature différente, vampire et humaine, mais à cause des envies particulières de l’un et de l’autre.
L’auteure publie d’abord son livre sur
son site, puis Vintage Book la découvre et
décide de l’éditer. Grosse surprise, c’est un
véritable succès: en dix-huit mois, quarante millions d’exemplaires sont vendus!
Mais pourquoi un tel succès? Il faut croire
que beaucoup attendaient un livre de ce
genre, plus osé, sans tabous. Le sexe est
actuellement vulgarisé, on trouve des
scènes érotiques dans beaucoup de romans tout à fait respectables. Et donc pour
choquer, déranger et faire dans l’original,
il faut aller plus loin… C’est ce que E.L.
James a fait et ça fonctionne: le prince
charmant se transforme en chevalier noir.
Mais ça ne s’arrête pas là. «Cinquante
nuances de Grey» n’est que le premier
tome d’une trilogie et d’autres auteurs surfent déjà sur la vague. «Huitante notes de
jaune», un roman mieux écrit et cernant
mieux certaines pratiques, sort bientôt en
traduction française. On n’a pas fini d’en
entendre parler… I
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