Codex Faenza Conrad Pauman

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Codex Faenza Conrad Pauman
Codex Faenza
e manuscrit a été rédigé au début du XVe siècle, et contient un répertoire du
XIVe. Il s'agit de 47 pièces de musique, surtout arrangements de chansons:
Ballades de Machaut (Hont paour, de tout flors); Madrigaux de Jacopo da Bologna
(Sotto l'imperio, Non al suo amante, I' mi son, O ciecho mondo, Aquila altera); et
Bartolino da Padova (Qualle legge, La dolce cera, Imperial sedendo); Ballades de
Landini (Che pena questa, Non arà mai) et Antonio Zaccara (Rosetta che non cangi,
Un fior gentil), etc... Mais il y a aussi deux couplets Kyrie-Gloria, un Kyrie, une danse
(Bel fiore) et d'autres pièces qui n'ont pas été bien identifiées.
L’écriture est toujours à deux parties, même lorsque le modèle est à trois, le tenor
restant inchangé par rapport à l'original et la voix supérieure étant rendue en un style
très orné, une véritable paraphrase (Ap. 29).
C
Conrad Pauman
é à Nuremberg vers 1415, il est l'un des premiers organistes doués d'une forte
personnalité et renommée. Aveugle, en 1440 il est organiste à l'église Sebaldus
de sa ville. Vers 1450 il entre au service du duc Albrecht III à Munich, et il restera
encore au service de son successeur, Albrecht IV. En 1470 on le retrouve aux cours de
Ferrare et Mantoue, et en 1471 il joue à Regensburg devant l'empereur Frédéric III. Il
mourra en 1473 à Munich, où on peut encore voir sa pierre tombale à la Frauenkirche.
Pour ses élèves, il a rédigé en 1452 un Fundamentum organisandi, résumé de l'art
de l'orgue au XVe siècle. Le traité est basé sur des exemples de réalisations sur des
cantus firmi, d'abord de simples gammes ascendentes et descendentes, puis, montées
ou descentes par tierces, quartes et quintes.
Les cantus sont parfois légèrement ornés; lorsque leurs notes sont longues, la
main droits se lance dans des figures rapides, et quand les notes sont plus rapides, la
main droite adopte le même mouvement (Apel 49). Les harmonies, conformément au
nouveau style du XVe siècle, sont basées sur l'unisson, octave et quinte, mais aussi
largement sur la tierce et la sixte. Quintes et octaves parallèles sont en général évitées,
bien qu'elles apparaissent encore occasionnellement. L'appoggiatura, si typique de la
musique d'orgue précédente. Après ces modèles d'Ascensus et Descensus, Paumann
donne encore des exemples de cadences, Pause (Ap. 49), avec des points d'orgue
(Redeuntes). On y trouve aussi un exemple à deux voix sur pédale.
Un des manuscrits du Fundamentum contient aussi des compositions de
Paumann: de la musique sacrée et des adaptations de chansons françaises et allemandes. Seulement un Magnificat correspond aux enseignements du Fundamentum,
les autres pièces étant dans un style passablement différent. On n'y trouve plus
l'opposition entre un tenor immobile accompagné de mouvements rapides à la main
droite, mais les deux voix suivent un mouvement plus calme, basé sur le principe de la
variété si cher aux musiciens de la génération de Dunstable et Dufay (Ap. 51). Le
tenor est alors richement orné (Ap. 52).
N
Le Buxheimer Orgelbuch
'est un très vaste recueil de musique d'orgue, rédigé vers 1470 à Munich, dans le
milieu des disciples de Paumann. Il contient 256 oeuvres, dont quarante pièces
liturgiques, seize préludes et cinq collections d'exemples didactiques. Le reste consiste
en un grand nombre d'arrangements de chansons allemandes, françaises et italiennes.
L'écriture est maintenant presque toujours à trois parties, bien que quelques pièces
montrent encore une écriture à deux parties remplie ici ou là par une troisième voix.
La partie de contratenor n'est toutefois pas une véritable partie autonome, mais elle a
la fonction de remplissage harmonique (comme dans la musique vocale du XIVe
siècle). Quelques rares pièces montrent même une écriture à quatre parties.
On trouve dans ce recueil trois styles différents:
Un premier style encore redevable du Fundamentum, un autre montrant une tendence vers la virtuositè, et un dernier style avec une tendence opposée vers une écriture simple et omophonique.
Une particularité de l'écriture d'orgue allemande, qu'on trouve déjà dans la tablature de Adam de Ileborgh, est l'usage de la pédale, notamment pour l'exécution d'une
partie indépendente de basse. Les mouvements de cette ligne de pédale sont très variés, parfois même en doubles croches. La pédale est toujours utilisée pour la partie la
plus grave: le contratenor lorsque c'est le cas, ou bien le tenor, voire l'un ou l'autre
alternativement, selon qu'ils se trouvent être la voix la plus grave.
C

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