2010 Volume 1 Numéro 3 - RUIS de l`UdeM

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2010 Volume 1 Numéro 3 - RUIS de l`UdeM
Volume 1 numéro 3, juin 2010
Dossier
r sécurité
éc
transfusionnelle
t
18
L a vie selon Viviane
« C’est grâce au CHUM si je suis en vie », tels ont
été les premiers mots de Viviane Brunet lorsque
chumagazine a communiqué avec elle. Atteinte de
leucémie lymphoïde chronique, Viviane est bien
connue du Service d’hémato-oncologie du pavillon
Deschamps de l’Hôpital Notre-Dame du CHUM
où sa présence joviale ne laisse rien deviner
de son état. Miraculée, au dire de son médecin,
le Dr Bernard Lemieux, Viviane vit grâce aux
transfusions sanguines qu’elle reçoit.
Viviane Brunet est soignée par le Dr Bernard Lemieux et l’équipe d’hémato-oncologie.
Colloque collaboration interprofessionnelle 4
Agrément 7
Allégo 8
Dossier numérisé du patient 12 Trois employés hors norme 15
Le CHUM vert 16 Encore les cellules souches 30 Avec Lance Armstrong 32
Photo Stéphane Gosselin
vox pop
L e transport actif,
ça vous tente?
10
chumagazine est publié par la Direction des communications du CHUM
3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8
Formé de l’Hôtel-Dieu, de l’Hôpital Notre-Dame et de l’Hôpital
Saint-Luc, au cœur de Montréal, le CHUM est le plus grand
centre hospitalier universitaire francophone en Amérique
du Nord. À ce titre, il occupe une place prépondérante dans
l’application d’approches de soins novatrices, dans la recherche
de nouvelles connaissances, de même que dans la transmission du savoir auprès des professionnels et futurs
professionnels de la santé.
En plus d’accueillir la clientèle adulte des secteurs géographiques de son territoire désigné, le CHUM reçoit des patients
de partout au Québec dans les spécialités où il possède une
expertise reconnue, notamment en oncologie, maladies
cardiovasculaires et métaboliques, neurosciences, médecine
des toxicomanies, hépatologie (spécialité des maladies du
foie), transplantation d’organes, plastie de reconstruction
y compris les soins aux grands brûlés et, plus récemment,
gestion de la douleur chronique.
Structuré en grandes unités cliniques regroupant plusieurs
spécialités, le CHUM place le patient au cœur de toutes
ses actions, de sorte que ce sont les spécialistes qui se
relaient auprès du patient et non l’inverse. Une réalité qui
sera de plus en plus tangible grâce à la construction du futur
CHUM, au 1000 rue Saint-Denis, et de son centre de recherche
avoisinant, où médecins, chercheurs et autres professionnels
de la santé travailleront coude à coude sous un même toit.
Le patient est au cœur de toutes nos actions
(et en page couverture de chumagazine).
Hôtel-Dieu du CHUM
3840, rue Saint-Urbain
Montréal (Québec) H2W 1T8
Hôpital Notre-Dame du CHUM
1560, rue Sherbrooke Est
Montréal (Québec) H2L 4M1
Hôpital Saint-Luc du CHUM
1058, rue Saint-Denis
Montréal (Québec) H2X 3J4
Un seul numéro de téléphone
514 890-8000
Éditrice
Ève Blais
Rédactrice en chef
Camille Larose
Journalistes-reporters
Sandra Aubé, Lucie Poirier, Anne Whiteside
Collaboration
Patrick Bertrand, Lise Boisvert, Mariane Bouvette, Lucie Brodeur, Dicki Chhoyang,
Richard Côté, Éloi Courchesne, Julie Desbiens, Nathalie Forgue, Olivier Gagnon,
Fabienne Landry, Jozée Lapierre, Pascal Le Hir, André Lemieux, Anne Reboux
Conception graphique
Chantal Claude
Photographes
Stéphane Gosselin (photo de page couverture et de l’article correspondant),
Dominique Lalonde. Luc Lauzière, Stéphane Lord, Mikaël Ohana, Martin Viau
Comité de lecture
Christian Beaulieu, Sophie Cadorette, Pierre Duchesneau, Nathalie Forgue, Annie Kobril,
Annick Madiot, Pascale le Hir, Soeur Jeanne-Éva Trottier, Anne Whiteside
Conseiller publicitaire
Xuân-Huy Nguyen, [email protected], 450 882-3702
Conseiller graphique à la publicité
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Impression
Imprimerie R.M. Hébert
chumagazine est publié dix fois l’an, tous les mois sauf juillet et août.
Les textes et photos doivent parvenir à la rédaction six semaines avant la parution
du numéro mensuel.
Sauf pour les infirmières, le masculin est utilisé dans les textes afin de faciliter
la lecture et désigne aussi bien les hommes que les femmes.
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Disponible sur le web
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Prochain numéro : septembre 2010
2 l chumagazine Juin 2010
Édito
Renaud Vigneault, directeur des ressources humaines
Photo Luc Lauzière
Matière à réflexion
Puis-je vous faire une confidence, qui n’est pas dans l’air du temps ? Je suis fier et honoré
de travailler au CHUM. Fier parce que nos gestes et nos efforts cherchent d’abord à assurer
un service de qualité, parce que nous soignons avec empathie et considération plusieurs
centaines de milliers de malades par année et parce que nous formons des médecins, des
infirmières, des préposés, des professionnels de qualité pour l’ensemble du réseau de la
santé. Honoré parce que je partage mon quotidien avec vous, des gens passionnés et
engagés qui font tout en leur pouvoir pour transformer la maladie et la souffrance de
nos patients en guérison et en espoir.
Je suis bien conscient que notre milieu est loin d’être parfait. Nous n’avons pas toujours
les ressources souhaitées. Il y a souvent des contraintes qui complexifient notre volonté de
soigner avec compassion les malades qui se présentent dans notre milieu. Toutefois, le cynisme n’a
jamais mené à de grandes choses. Nous sommes
J’ai le sentiment que la volonté de travailler
aujourd’hui les artisans d’un renouveau important.
à construire le futur est très présente dans
Notre futur hôpital nous donnera les moyens de
nos équipes. (…) Je sens que notre milieu a
nos ambitions et nous permettra d’améliorer la
recherche, les soins, l’enseignement, la promotion
maintenant la conviction que la clé pour offrir
de la santé et l’évaluation des technologies et
un service de qualité est de créer un milieu de
des modes d’intervention en santé. Il ne tient
travail propice pour vous tous. Je sens que notre
qu’à nous de capitaliser sur cette perspective.
milieu est en action, je suis en action et j’ai
J’ai le sentiment que la volonté de travailler
la conviction que vous l’êtes également.
à construire le futur est très présente dans nos
équipes. Comme directeur des ressources
humaines, je sens d’ailleurs que notre milieu a
maintenant la conviction que la clé pour offrir un service de qualité est de créer un milieu
de travail propice pour vous tous. Cette conviction, je l’ai vue se concrétiser dans la récente
planification stratégique des ressources humaines, dans la création du programme de
reconnaissance, dans la mise sur pied du Fonds de qualité de vie des employés, dans
le déploiement de l’aménagement des horaires de travail (saviez-vous que plus de
120 personnes travaillent sur des horaires de 12 heures au CHUM ?), dans la réflexion
sur l’organisation du travail, dans la création du programme corporatif de formation, dans
la mise sur pied de programmes d’études adaptés permettant aux infirmières auxiliaires
de devenir infirmières, etc. Je sens que notre milieu est en action, je suis en action et j’ai
la conviction que vous l’êtes également.
Le CHUM, comme tout milieu, est le produit des gens qui y travaillent. Le dynamisme
retrouvé est le résultat de vos attitudes et de vos comportements. J’ai la conviction que
ce que vous êtes contribue à ce que nous sommes.
chumagazine Juin 2010 l 3
Colloque
Comment intégrer
la collaboration
interprofessionnelle
au quotidien
es organisateurs de la 2e édition
de ce colloque sur la collaboration interprofessionnelle ont
choisi d’y consacrer une journée entière,
le 15 avril dernier. Une journée dense où
une quinzaine de présentations étaient
prévues, dont deux par des patients, une
discussion en table ronde et des ateliers
où les participants étaient invités à discuter en petits groupes de la participation du patient à ses soins. Le tout s’est
terminé sur un bilan du Comité partenariat interdirections – dossier CIP CHUM
et par quelques mots de M. Christian
Paire, directeur général.
C’est à la Dre Marie-Josée Dupuis,
directrice de l’enseignement et présidente du comité scientifique du
colloque, que revenait l’honneur de
démarrer la journée. Elle en a rappelé
les objectifs, notamment faire connaître
quelques concepts-clés à la base du travail d’équipe et apprendre à considérer
le patient et ses proches comme des
L
4 l chumagazine Juin 2010
La position du Collège
des médecins
partenaires actifs. Mme Louisa Defoy,
présidente du Comité des usagers, invitée à témoigner, a dit tout le bien qu’elle
pensait du colloque et de ces objectifs.
Elle en a parlé comme d’un vent de
changement qui ne pouvait qu’être
bénéfique aux patients.
Le Dr Claude Ménard a fait part de la
position du Collège des médecins sur
l’interdisciplinarité, un concept qu’il a
distingué de la multidisciplinarité, de la
pluridisciplinarité et de la transdisciplinarité, et qui désigne fondamentalement selon lui la collaboration entre
divers professionnels, quels qu’ils soient.
Il a rappelé que le Collège a statué
sur les activités qu’il autorise à divers
intervenants autres que les médecins
(infirmières praticiennes spécialisées,
physiothérapeutes, ergothérapeutes,
technologistes médicaux, inhalothérapeutes notamment). Le Collège favorise
la communication horizontale, basée sur
le respect mutuel, et croit au principe
premier que la personne qui consulte
soit au centre de cette cogestion.
L’université,
déjà engagée
dans le processus
Longue présentation de la vice-doyenne
à la Faculté de médecine, Mme Christine
Colin, accompagnée de Mme Élaine
Garand, chargée du projet interdisciplinaire pour le compte du RUIS de l’UdeM.
Mme Colin a fait un premier bilan du
Comité sur les pratiques collaboratives
et la formation interprofessionnelle, créé
il y a un an, et notamment sur trois projets-pilotes de pratiques collaboratives,
au CHUM, au CSSS Lanaudière et à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. En
dépit de leurs difficultés et limites liées
au temps d’adaptation et d’investisse-
ment nécessaires à leur implantation,
ces projets ont permis de développer
des outils, des indicateurs et des pratiques professionnelles uniformisées,
tout en favorisant des apprentissages,
en améliorant la connaissance des rôles
professionnels et la satisfaction au travail de chacun. Les besoins en formation
sont nombreux, tant du côté des patients que des professionnels. Considérée comme une priorité du RUIS,
l’interdisciplinarité fait déjà l’objet de
réflexion interfacultaire pour favoriser
les apprentissages interprofessionnels
dès le début des études, notamment
en médecine, sciences infirmières,
ergothérapie et nutrition auxquels
s’ajouteront bientôt des étudiants en
physiothérapie, audiologie, orthophonie, psychologie et service social.
La Dre Andrée Boucher, vicedoyenne et directrice du Centre de
pédagogie appliquée aux sciences
de la santé de la Faculté de médecine
de l’UdeM, a précisé ce qui a été
accompli concrètement auprès de ces
étudiants. Huit cents étudiants ont ainsi
planifié des soins en équipe, en
situation simulée et en ligne, d’autres
ont pu s’informer sur dix programmes
interprofessionnels sous forme de rallye,
formule qui sera reprise et qui rejoindra
quelque 1500 étudiants. Les deux projets ont connu un grand succès et ont
permis notamment de réfléchir aux défis
logistiques (nombre d’étudiants, salles,
tuteurs, etc.) et administratifs nécessaires, et au moment le plus propice
dans le cursus pour de telles formations.
La Direction de
l’enseignement y croit
Le Dr Raymond Lalande, conseiller à
la Direction de l’enseignement (DE)
du CHUM et vice-recteur adjoint aux
études, à l’UdeM, ainsi que Mme Christine
Roberge, audiologiste et adjointe
interdisciplinaire à la DE, présidente
chumagazine Juin 2010 l 5
du comité organisateur, ont ensuite expliqué les raisons qui motivent l’adoption de
l’approche collaborative et pourquoi elle
doit être centrée sur le patient et ses
proches. La pratique collaborative centrée
sur le patient peut probablement selon
eux pallier, par ses effets synergiques, les
effets combinés de l’augmentation de la
clientèle due au vieillissement de la population, la pénurie des ressources et la
capacité de formation des universités. Ils
ont aussi observé cinq équipes du CHUM
lors de leurs réunions interprofessionnelles, dégagé les points forts et les
niveaux d’amélioration à atteindre.
Les expériences CIP
au CHUM
Nous n’élaborerons pas sur les présentations des projets modèles du genre
au CHUM, qui ont déjà fait ou feront
l’objet d’articles spécifiques, sinon pour
les nommer : le projet SAGe, sur l’amélioration des soins aux personnes âgées,
présenté par la Dre Lucie Boucher et la
conseillère en soins infirmiers Manon
Lussier, le projet Main dans la main du
Centre des naissances, présenté par la
travailleuse sociale Marielle Venne et son
équipe, l’approche au Centre d’évaluation
Renata-Hornstein pour les patients avec
Parkinson et autres troubles du mouvement, expliquée par la Dre Christiane
Lepage, le projet OPTIMAH pour les
aînés, présenté par l’infirmière Sylvie
Lafrenière et la gériatre Annick Dupras,
ainsi que le partage réussi des compétences et connaissances du groupe
clinique Défi Santé, formé de nutritionnistes, de kinésiologues et d’ergothérapeutes, au bénéfice des patients
ambulatoires en santé mentale.
6 l chumagazine Juin 2010
Moment d’émotion :
deux patients
témoignent
Le Comité partenariat
interdirections – dossier
CIP CHUM : un bilan
Deux patients étaient invités à témoigner : Mme Marie-Josée Fournier, mère
de quatre enfants de 7 à 19 ans, aux
habitudes de vie saine, soignée au
CHUM depuis quatre ans avec un défibrillateur pour des problèmes graves
d’arythmie cardiaque. Elle a raconté les
hauts et les bas de sa vie de malade
cardiaque et expliqué ses réations,
parfois positives, parfois négatives,
aux paroles et aux comportements des
professionnels comme des aidants.
M. Vincent Dumez, 39 ans, consultant en management, est soigné pour
hémophilie depuis sa tendre enfance et
a contracté le VIH et l’hépatite dans les
années 1980 par du sang contaminé. Il
se définit comme un patient-expert, à
distinguer du patient qui connaît temporairement une phase aiguë de maladie. Il croit qu’un patient chronique est
tout à fait apte à prendre des décisions
sur sa santé s’il est bien informé, ce qui
n’est pas toujours le cas, et que l’interdisciplinarité n’existera vraiment qu’à
partir du moment où l’on discutera du
malade, et non de la maladie.
En conclusion, Mme Christine Roberge,
adjointe interdisciplinaire à la DE et présidente du comité, assistée de M. Sylvio
Rioux, coordonnateur aux services interdisciplinaires à la Direction des regroupements clientèles, ont fait un bilan de
l’avancement des travaux de ce comité
qui se définit comme un comité consultatif multipartite et de réflexion sur la collaboration interprofessionnelle. Ce comité,
piloté par la Direction de l’enseignement
à qui le mandat a été confié, s’est rencontré huit fois depuis juin 2009, a recensé
les équipes interdisciplinaires existantes,
établi un glossaire, mis en œuvre un plan
d’action afin de structurer, organiser et
développer au CHUM le déploiement
stratégique de l’approche collaborative
centrée sur le patient et ses proches.
M. Paire a conclu la journée en assurant tout son soutien au dialogue interprofessionnel où le patient a de plus en
plus sa place, une approche à laquelle
il est profondément attaché.
Les présentations des conférenciers
sont disponibles dans l’intranet du
CHUM. CL Photos Luc Lauzière
Agrément
Le prof Qmentum en compagnie des visiteurs de l’Agrément (de gauche à droite) : Dr Édouard Hendriks,
Mmes Anne Jutras, Monique Nadeau, Dolorès Lepage-Savary, Mélanie Drouin et M. Raymond April. Photo Dominique Lalonde
Visite d’Agrément Canada :
mission accomplie !
epuis plus d’un an que vous en entendez parler et qu’on vous sollicite pour la
préparer, la visite d’Agrément Canada au CHUM est maintenant derrière nous !
Du 25 au 30 avril dernier, les visiteurs de l’Agrément se sont promenés dans
les trois hôpitaux du CHUM, scrutant, questionnant et observant afin d’évaluer la qualité
des services offerts aux patients. Après avoir reçu les premières impressions des visiteurs
de l’Agrément, nous pouvons maintenant dire : mission accomplie !
Dans la synthèse de leurs observations, présentées devant un auditoire des plus attentifs, les visiteurs ont d’abord tenu à souligner l’accueil chaleureux que les inter venants du
CHUM leur ont réservé, fournissant toute l’information
nécessaire et même plus. Évidemment, ont-ils ajouté, il
était impossible en cinq jours de cerner avec précision
Les visiteurs croient qu’une attention
chaque processus, mais leur visite a permis de prendre
particulière devrait être portée à l’intégration
le pouls du CHUM.
des processus de gestion, notamment la
Ce qui ressort de l’exercice ? De nombreux points posireddition de compte auprès de la Direction
tifs. Les visiteurs ont notamment souligné l’importance
accordée à la promotion de la santé, qui a sa propre
générale et de son conseil d’administration.
direction. La place de l’éthique en milieu hospitalier,
l’intégration de la recherche aux soins et la cogestion
médicale ont également retenu leur attention. Les visiteurs ont aussi remarqué qu’un énorme
travail a été accompli par les ressources humaines en ce qui a trait à la reconnaissance.
En ce qui concerne les défis, les visiteurs ont évidemment repéré la pénurie de maind’œuvre touchant la santé, pénurie qui affecte nécessairement l’accès aux services des
patients. Si un travail important a déjà été fait côté recrutement, il importe plus que
jamais de le poursuivre.
Un autre défi sera la réalisation de tout le processus de planification stratégique. Voilà
un aspect soulevé par les visiteurs de l’agrément, qui ont insisté sur l’importance, pour une
institution comme le CHUM, de se doter d’une véritable vision pour les années à venir.
Les visiteurs croient également qu’une attention particulière devrait être portée à
l’intégration des processus de gestion, notamment la reddition de compte auprès de
la Direction générale du centre hospitalier et de son conseil d’administration.
Un travail colossal a été accompli en peu de temps dans tout le CHUM : le comité de
pilotage, les gestionnaires, les employés, les équipes, tous ont contribué à faire de l’agrément un projet mobilisateur. Cet engagement de plusieurs mois mérite d’être largement
souligné. Le CHUM s’attaquera bientôt au travail nécessaire issu des recommandations
de l’agrément, actualisant la démarche continue d’amélioration. SA
D
chumagazine Juin 2010 l 7
Programme allégo au CHUM
Encourager à se déplacer
autrement qu’en voiture
a y est, le CHUM fait désormais
partie des 75 entreprises et
institutions de la région de
Montréal qui ont adhéré au programme
allégo ! En effet, la Direction générale
annonçait récemment le lancement
de ce programme au CHUM, créé par
l’Agence métropolitaine de transport
(AMT). L’initiative vise à promouvoir des
solutions de remplacement à l’automobile en solo vers les lieux de travail
et d’études.
Pourquoi encourager l’utilisation du
transport en commun, du covoiturage,
de la marche et du vélo ? Parce que
ces modes de déplacement limitent
les émissions de gaz à effet de serre
et que le transport actif facilite le maintien d’une meilleure santé mentale
et physique.
Ç
8 l chumagazine Juin 2010
Silvano Petraccone, technicien en informatique au CHUM, fait le trajet Rive-Sud/
Montréal à vélo tous les jours pour venir au CHUM et en revenir. Beau temps,
mauvais temps, du printemps à l’automne, il fait cet exercice quotidien. Il prévoit
imperméable, vêtements chauds et de rechange ainsi qu’une heure et demie
pour ses déplacements. On admire. Photo Luc Lauzière
Fait intéressant : plus de 72 % des employés sont déjà utilisateurs de modes de
transport autres que l’auto-solo pour se rendre au travail. Le programme allégo vise,
d’une part, à reconnaître ces bonnes habitudes de déplacement et, d’autre part, à
encourager les auto-solistes à opter pour de nouveaux modes de transport. Voici un
aperçu des mesures incitatives qui seront mises en place au cours des prochains mois.
Rabais sur la CAM et autres cartes régionales
Dès septembre 2010, tout employé, médecin, chercheur ou bénévole bénéficiera
d’une réduction équivalente à un titre mensuel gratuit sur douze lors d’un abonnement annuel au transport collectif de l’AMT. Ce rabais a pour but de fidéliser les
nombreux utilisateurs du transport en commun, qui représentent près de la moitié
de la communauté du CHUM. Facile et pratique, l’abonnement annuel se fera par
prélèvement automatique. L’utilisateur n’aura donc pas à se déplacer pour recharger
la carte tous les mois. Quoi de mieux ?
Détenteurs de permis de
stationnement : essayez
le métro ou l’autobus !
Une campagne destinée aux automobilistes détenteurs de permis sera lancée
en octobre 2010 : « Le transport collectif,
JE L’ESSAIE ». Pendant trois mois, ils
pourront faire l’essai du transport en
commun. Trois titres mensuels de transport leur seront offerts gratuitement
contre une remise temporaire de leur
permis de stationnement.
Le covoiturage en ligne
Au printemps 2011, un autre mode de
transport sera à l’honneur : le covoiturage. Un service appelé Covoiturage
allégo sera mis en ligne sur le site de
l’AMT accessible aux employés. Une
fois inscrits, ils pourront rechercher
un covoitureur potentiel par région et
communiquer avec lui par courriel.
Il est à noter que pour stationner sur les
terrains du CHUM, un des covoitureurs
doit être détenteur d’un permis. Voilà
une solution de remplacement qui limite
la pollution atmosphérique et les coûts
de transport !
Marche et vélo
Fidèle à sa mission de promotion de la
santé, le CHUM préconisera, de manière
importante, tout au long du programme,
la marche et le vélo pour se rendre au
travail. Des enclos sécurisés pour vélos
(avec caméra et cadenas) seront, par
ailleurs, installés sur le terrain des trois
hôpitaux au courant de l’été. Le sondage
effectué auprès des employés a démontré clairement que les cyclistes et les
marcheurs sont les plus satisfaits de leur
mode de déplacement. Il faut dire que le
vélo et la marche ont de nombreux
atouts de séduction : verts et peu coûteux, ils permettent également de pratiquer une activité physique quotidienne.
Voilà, en somme, un beau programme
qui sera accessible aux employés. Qui
troquera sa voiture pour une bouffée
d’air frais, le bienfait de l’exercice, un
partenaire de route ou la quiétude dans
la circulation dense ? D’autres détails sur
le programme allégo du CHUM seront
communiqués sous peu. AR
C. A.
Voici les faits saillants des assemblées
régulières du conseil d’administration
du 23 mars et du 27 avril, ainsi que
des réunions du comité exécutif du
13 avril et du 11 mai 2010.
Le conseil d’administration a nommé
à titre d’officiers du C. A., pour la
période allant jusqu’au 31 mars 2011,
les personnes suivantes:
– Me Patrick A. Molinari, président;
– Mme Francine Girard,
vice-présidente;
– M. Christian Paire, secrétaire.
Le conseil d’administration a entériné
les nominations suivantes:
M. Pierre Bohémier, à titre de commissaire local adjoint aux plaintes
et à la qualité, assigné principalement
à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM;
M. Martin Demers, à titre de directeur adjoint des services hospitaliers;
Mme Irène Marcheterre, au poste
de directrice des communications;
La Dre Marie-France Raynault
comme chef du Département de
médecine préventive et de santé
publique, pour un premier mandat
de quatre ans.
Sur recommandation du CECMDP, le
conseil a procédé à la nomination des
médecins et pharmacien suivants:
D Élisabeth Boileau, membre actif,
Département de médecine d’urgence;
re
Dr Jean Bourgouin, membre actif,
Département de médecine générale
(omnipratique);
Dr David-Olivier Chagnon, membre
actif, Département de radiologie;
Dre Sarah-Émilie GiraldeauBélanger, membre actif, Département de médecine d’urgence;
Dre Marie-Claude Goulet, membre
actif, Département de médecine
d’urgence;
Dre Michelle Houde, membre actif,
Département d’anatomo-pathologie;
Dre Martine Labelle, membre actif,
Département de médecine d’urgence;
Dre Sandrine Larue, membre
associé, Département de médecine
(neurologie) ;
Dr Fadi Mansour, membre actif,
Département de médecine
(cardiologie);
Dr Luc Laurier Oligny, membre
associé, Département d’anatomopathologie;
Dr Marc-André Rhéaume, membre
actif, Département d’ophtalmologie;
Dre Faisca Richer, membre actif,
Département de médecine préventive
et de santé publique;
Dr Philippe Romeo, membre associé,
Département d’anatomo-pathologie;
Dr Denis A. Roy, membre actif,
Département de médecine préventive
et de santé publique;
Dr Georges Shenouda, membre
associé, Département de radiooncologie;
Dre Nathalie Skinner, membre actif,
Département de médecine d’urgence;
Dre Yu Ju Yao, membre associé,
Département de médecine générale
(médecine familiale);
M. Mathieu Laroche, membre actif,
Département de pharmacie.
Le C. A. a confirmé l’engagement
du CHUM envers le Centre d’expertise pour personnes victimes de
brûlures graves de l’Ouest du
Québec auprès du ministère de
la Santé et des Services sociaux:
le CHUM s’engage ainsi à mettre
en œuvre toutes les mesures
nécessaires pour poursuivre la prise
en charge de ce type de clientèle et
l’excellence de ses activités cliniques,
d’enseignement et de recherche
au sein du réseau québécois.
Sauf avis contraire, la prochaine
assemblée publique du conseil
d’administration se tiendra le
mardi 8 juin prochain, à 17h30,
dans la salle Marie-Morin de
l’Hôtel-Dieu. LB
chumagazine Juin 2010 l 9
VOX POP
Le transport actif,
Reporter : Anne Whiteside Photographe : Mikaël Ohana
Michel Nadeau, infirmier à l’urgence
de l’Hôpital Saint-Luc. Par souci écologique,
je me rends au travail en métro jusqu’à la
station Berri-UQAM. Bien que je n’aie pas
une longue distance à faire, je suis content
de marcher le reste du trajet. Ça me fait
faire un peu d’exercice, matin et soir, hiver
comme été. À l’occasion, je rencontre des
personnes avec qui j’aime faire un bout
de chemin. J’apprécie ces moments grâce
auxquels on crée des liens. C’est bon pour
le coeur dans tous les sens du terme.
Denis Chrétien, infirmier, 6e
de Bullion, Hôtel-Dieu. Quatre choix
de trajets d’autobus me mènent tous
à la station de métro Sherbrooke où,
durant la saison estivale, je poursuis à
pied jusqu’à l’Hôtel-Dieu en traversant
lentement le parc du Carré Saint-Louis
pour emmagasiner toute cette belle
énergie. Passionné de mon travail, je
m’offre ce beau moment de relaxation
avant de commencer ma journée !
Les effets bénéfiques sont immédiats.
J’ai même réussi à convaincre une
collègue de marcher avec moi !
10 l chumagazine Juin 2010
Marc Audet, cuisinier,
Hôpital Saint-Luc. Pour
accéder à la propriété, j’ai
dû déménager à VaudreuilDorion : 45 minutes en voiture. Je commence à travailler
à 6 h et le premier départ
de train, à cinq minutes de
marche de chez moi, est à
6 h 30. Si l’horaire était élargi,
je le prendrais, plus de passagers l’utiliseraient et il y
aurait moins d’autos sur
les routes. Un gros avantage
du point de vue écologique !
Pierre Gagnon, technicien en informatique, Hôpital Notre-Dame.
Habitant Montréal, j’utilise le transport en commun en hiver, un trajet
de 40 minutes. Dès l’arrivée du printemps, depuis les trois ans que
je travaille au CHUM, je prends mon vélo et me rends au travail en
25 minutes. Avec deux choix de pistes cyclables, le trajet est très
agréable et sécuritaire et je profite au maximum de l’été pour me
mettre en forme, matin et soir. Sauf sous la grosse pluie battante,
je suis toujours au rendez-vous !
ça vous tente ?
Cet été, plusieurs troqueront voiture ou métro pour marche ou
vélo. chumagazine a rencontré au hasard quelques employés afin
de connaître leur mode de transport pour se rendre au travail.
Tania Senécal, technicienne administrative, Hôtel-Dieu. J’habite à Saint-Basile
et le trajet en voiture est d’environ une
heure, car je dois en plus déposer mes
jeunes enfants à l’école. La voiture me
donne plus d’autonomie, plus de contrôle
sur mon horaire et le niveau de stress pour
arriver à l’heure au travail est de beaucoup
diminué. Avec des enfants en bas âge et un
horaire chargé, c’est la meilleure option
pour le moment !
Benoît Proulx, technicien en
informatique, Hôpital Notre-Dame.
J’ai déjà pris le transport en
commun pour venir travailler,
mais depuis que j’habite près de
Repentigny, je trouve que ce mode
de transport n’est pas assez fiable,
surtout en hiver. Par contre, j’envisage de prendre mon vélo cet été,
car ce serait une belle occasion
d’être physiquement actif quotidiennement. Et qui sait ? C’est
peut-être moins long que je crois !
Sylvie Vallée,
adjointe à la Direction
de la gestion de l’information et de la qualitéperformance. En hiver,
je prends la voiture, mais
j’ai toujours très hâte à
l’été pour voyager, le plus
souvent, à vélo, petit trajet de 25 minutes. Depuis
l’arrivée des Bixi, c’est de
loin le mode de transport
que je préfère, car il y a
des stations Bixi à proximité des trois hôpitaux
et je peux les laisser sans
me préoccuper du stationnement. Je ressens
un grand bien-être en
conciliant exercice physique et temps de déplacement agréable. En plus,
j’y prends plaisir !
Yvan Plamondon, journalier,
Hôpital Saint-Luc. Je fais du covoiturage depuis 10 ans pour me rendre
au travail afin de réduire les dépenses
de transport, car j’habite Saint-Lin
à une heure et demie de Montréal.
Nous alternons de voiture chaque
semaine. C’est aussi une excellente
façon de contribuer à diminuer
la pollution !
Pour en connaître
plus sur le transport
alternatif ou actif,
consultez le site
internet de
www.voyagezfute.ca
chumagazine Juin 2010 l 11
Numérisation des dossiers médicaux
Le 1er juin, le dossier papier
devient électronique !
Le papier demeure en
circulation jusqu’à la fin
de la visite ou de la
période de traitement.
Aucun changement
pour les cliniciens !
Les documents sont
numérisés au cours
des 24 heures suivant
leur arrivée aux
archives. Bingo !
Tout est dans Oacis !
n janvier dernier, le CHUM a officiellement commencé à numériser des notes cliniques dans le
secteur ambulatoire de l’Hôpital SaintLuc… discrètement, tranquillement, le
temps de roder la machine et les processus. Le 1er juin, le projet était fin prêt à
franchir une étape décisive. Depuis cette
date, tous les documents du dossier
médical qui sont numérisés au CHUM ne
sont plus classés dans les dossiers papier
et sont disponibles uniquement dans le
système d’information clinique Oacis.
Autre changement majeur en vigueur
à compter du 1er juin à l’Hôpital Saint-Luc,
du 7 juin à l’Hôtel-Dieu et du 9 août à
l’Hôpital Notre-Dame: le Service des
archives n’ouvrira plus de nouvelles
chemises pour les nouveaux patients.
Grâce aux nombreux cliniciens, gestionnaires et employés qui ont travaillé
d’arrache-pied pour résoudre les difficultés d’accès aux dossiers médicaux
E
12 l chumagazine Juin 2010
inhérentes à la réalité complexe du
CHUM, les nouveaux patients du CHUM
auront bientôt un dossier médical entièrement électronique… un dossier unique!
Vers un dossier
médical unique…
Le CHUM étant composé de trois hôpitaux, 40% des patients y ont plus d’un
dossier médical. À chaque visite d’un
patient, le médecin doit faire venir du
Service des archives le ou les dossiers
existants au nom du patient. Puis, les
notes cliniques qu’il produit à la suite de
la visite doivent à leur tour être classées
dans le dossier. Cela prend un certain
temps, durant lequel le dossier (toujours
incomplet) peut devoir être consulté par
un autre professionnel de la santé. Avec le
nombre grandissant de patients suivis par
différents cliniciens dans plus d’un hôpital
du CHUM, c’est en fait la nature même du
dossier médical papier, qui ne peut être
consulté que par un seul clinicien à la fois,
qui était devenue inadéquate.
Bref, les cliniciens rêvaient depuis longtemps d’un dossier médical unique commun aux trois hôpitaux. Ils souhaitaient
avoir rapidement accès aux principaux
documents cliniques produits lors de la
visite d’un patient au CHUM. Eh bien, ça y
est! Avec le déploiement progressif de la
numérisation, leur vœu est en voie d’être
exaucé. En effet, dès qu’ils sont numérisés, les documents produits par les cliniciens deviennent immédiatement
accessibles en version électronique, de
partout et en tout temps, par plusieurs
personnes à la fois. Déjà, tous les documents produits lors d’une visite d’un
patient dans une clinique externe de
l’Hôpital Saint-Luc sont numérisés et
disponibles dans Oacis, en seulement
quelques clics. Et d’ici la fin de 2010, les
trois hôpitaux et leurs secteurs cliniques
fonctionneront en mode numérisation!
Si Oacis a été choisi comme outil de
consultation des documents numérisés,
c’est qu’il est en voie de devenir la porte
d’accès unique aux données cliniques.
Ce système, que le CHUM et le CUSM
travaillent à développer conjointement,
réunit déjà de nombreuses données
cliniques sur le patient: résultats de laboratoire, de radiologie, de pathologie et de
microbiologie. En outre, avec le logiciel
de gestion électronique des documents
(ou logiciel de numérisation) qui vient d’y
être intégré (au CHUM), Oacis ressemble
de plus en plus à un véritable dossier
clinique informatisé!
À une étape ultérieure apparaîtra,
également dans Oacis, le module de
complétion des dossiers médicaux. Les
archivistes effectueront alors par ordinateur la gestion des dossiers incomplets et
les cliniciens pourront enfin les compléter
et les signer de façon électronique.
Les médecins n’auront donc plus à se
déplacer au Service des archives pour
signer, par exemple, la feuille sommaire
d’hospitalisation. Un gain de temps
non négligeable!
•
•
Un travail
préparatoire colossal
•
Le projet de numérisation des dossiers
médicaux a commencé au CHUM en
2006. Voici un survol des principales
activités accomplies dans le cadre de
ce grand projet clinique:
• Puisque l’information incluse dans les
codes à barres constitue la véritable clé
de voûte du système d’indexation des
documents, il a fallu créer des codes à
barres maison et remplacer des centaines d’imprimantes par des modèles
•
pouvant imprimer les codes à barres.
Cela a exigé que l’utilisation des
systèmes de rendez-vous des cliniques
et des trois hôpitaux du CHUM soit
harmonisée et que les 5000 formulaires
recensés allant dans le dossier médical
soient étudiés et répertoriés. Aujourd’hui, trois codes à barres figurent
sur chaque formulaire destiné à la
numérisation: un pour identifier le type
de formulaire, un pour identifier le
patient et un se rapportant à la visite.
La classification des documents a
occupé une place centrale dans le
projet de numérisation. À ce jour,
1200 formulaires se sont vu assigner
une catégorie. Un travail de moine,
grâce auquel les cliniciens du CHUM
peuvent aujourd’hui rechercher des
documents dans Oacis selon la nature
du formulaire, le nom de la clinique,
la date de la visite, etc.
À l’hiver 2009, la campagne Une visite,
une feuille! a amené les cliniciens à
utiliser un formulaire différent lors
de chaque consultation. Une pratique
nécessaire à la bonne indexation
des documents.
La Direction des ressources technologiques a adapté le logiciel de numérisation aux besoins du CHUM et à sa
réalité francophone, elle l’a intégré
dans l’interface d’Oacis et, pour en
assurer le bon fonctionnement, a
mis à jour des milliers d’ordinateurs.
L’équipe Oacis a élaboré des formations répondant aux besoins variés des
utilisateurs et a fait en sorte que les
stagiaires, les externes et les résidents
puissent avoir accès à Oacis dès le jour
1 de leur arrivée au CHUM. À ce jour,
près de 5000 cliniciens ont suivi
une formation Oacis au CHUM.
• Le Service des archives a ouvert un
centre de numérisation à l’Hôpital
Notre-Dame. Le centre a ouvert
ses portes début juin et emploie
42 employés.
Un déploiement
progressif
Le 18 janvier 2010, les numériseurs d’un
centre temporaire ouvert à l’Hôpital
Saint-Luc (HSL) se sont finalement mis
en marche ! Le déploiement s’est d’abord
limité aux cliniques externes du pavillon
Édouard-Asselin, puis s’est étendu, entre
mars et mai, au secteur ambulatoire de
l’HSL. Tous les documents numérisés
étaient alors joints au dossier papier ; ce
n’est plus le cas aujourd’hui. Les dossiers
papier antérieurs demeurent néanmoins
disponibles pour consultation selon les
procédures habituelles.
Cet été, le déploiement se poursuivra
dans le secteur ambulatoire de l’HôtelDieu, puis de l’Hôpital Notre-Dame.
Les urgences du CHUM suivront en septembre, la chirurgie d’un jour en octobre,
puis les hospitalisations en novembre.
L’idée derrière ce déploiement progressif ? Assurer la sécurité des patients
et la continuité des soins.
La numérisation des dossiers médicaux est essentielle à l’évolution du
CHUM et à son passage vers un bâtiment
unique. Comme les autres projets de la
transition technologique, celui de la numérisation contribue au regroupement
de l’information clinique, au plus grand
bénéfice des patients et de tous ceux
qui les soignent. FL
Que numérise-t-on ? Sont numérisés : les notes et les documents
produits par les cliniciens lors de la visite d’un patient (là où le déploiement est
commencé), ainsi que la documentation apportée par le patient et jugée pertinente par le clinicien (résultats extérieurs, résumés d’autres hôpitaux, etc.) Des
mesures de sécurité et de contrôle assurent que l’information soit toujours disponible et que seules les personnes autorisées puissent consulter les documents.
chumagazine Juin 2010 l 13
Fiche
On la suivait
sur Facebook
Nom : Pascale Le Hir
Âge : 28 ans
Durée du tabagisme : 12 ans
Nombre de cigarettes fumées
par jour : 17
Moment de la première
cigarette : 5 minutes après le lever
Profil de fumeuse :
dépendance physique,
psychologique, sociale, émotive,
reliée aux habitudes de vie
Temps pris pour arrêter
de fumer : 14 jours
Elle a arrêté de fumer: son histoire
Pour ceux qui n’auraient pas suivi mes Chroniques d’une
ex-fumeuse sur Facebook, voici un résumé de mon histoire.
Je fumais depuis 12 ans quand j’ai décidé d’arrêter
grâce aux conseils du Centre d’abandon du tabagisme
(CAT). Comment ai-je franchi le pas et pris cette décision ? Je me suis dit tout simplement : pourquoi pas
maintenant ? Je ne peux pas fumer toute ma vie, alors
pourquoi continuer ?
Après avoir pris ma décision, j’ai choisi d’utiliser
le Champix, un médicament qui convainc le cerveau
qu’il n’a plus besoin de fumer. Cette méthode et ma
volonté de fer m’ont permis d’arrêter graduellement
en deux semaines. Cet arrêt ne s’est pas effectué sans
difficulté : fébrilité et remaniement des habitudes de vie
m’attendaient au tournant. Les effets secondaires du
médicament m’ont toutefois forcée à abandonner ce
traitement au bout de trois semaines, mais pas mon but
de cesser de fumer : n’écoutant que ma détermination,
et les conseils de ma coach Caroline Robichaud du CAT,
14 l chumagazine Juin 2010
je me suis rabattue sur les pastilles de nicotine, la
gymnastique, les sudokus et les crudités !
Heureusement, certains avantages ont contrebalancé
les aspects négatifs de l’arrêt tabagique: je me suis rendu
compte que je détestais l’odeur de la cigarette chez les
autres; ne pas être obligée d’aller se poster chaque
deux heures sur un coin de rue venteux était aussi bien
agréable; sentir peu à peu mes capacités respiratoires
augmenter en faisant du sport et me débarrasser de
ma toux de fumeuse, ça a beaucoup aidé.
La question qui vous brûle sans doute les lèvres: a-t-elle
rechuté à un moment ou à un autre? Une fin de semaine,
me trouvant en compagnie d’une fumeuse, j’ai failli flancher. Heureusement, je me suis rappelé ma participation
au Défi J’arrête j’y gagne et j’ai tenu bon.
Cette histoire, je l’ai écrite pour démontrer qu’arrêter
de fumer, c’est possible, et qu’avec du soutien et de la
volonté, chacun peut y arriver. Si je n’ai convaincu qu’une
seule personne, cela aura valu la peine. PL Photo Mikaël Ohana
Des collègues hors de l’ordinaire
Une marathonienne
Mme Josée Beauregard est une kinésiologuekinésithérapeute-électrophysiologiste, travaillant
jusqu’à tout récemment au Centre ambulatoire
de cardiologie, depuis peu à la clinique d’évaluation de santé de la Fondation du CHUM, où elle
est chargée de projets pour la remise en forme
et la promotion de la santé. Pendant ses dernières vacances, elle a couru le 25e Marathon
des sables, dans le désert marocain du Sahara:
250 km de plaines infinies, coupées de dunes et
de montagnes, en autosuffisance donc en transportant nourriture pesée au gramme près et
autres nécessités, sous un soleil torride (jusqu’à
51o C !), pendant sept jours, du 4 au 10 avril dernier. Pour le plaisir, pour le défi, pour connaître
ses limites, par masochisme un peu sûrement,
dit-elle en rigolant. Elle est arrivée 207e sur les 1132 participants, 15e sur les 130 femmes,
10e parmi les vétérans, entendons les plus âgés: elle a 40 ans. Son objectif (atteint): le réussir,
car il y a beaucoup d’abandons à cet ultramarathon considéré parmi les plus exigeants au
monde. Mme Beauregard tient à remercier la cardiologie de son soutien. Son prochain défi:
elle aimerait participer à la fin août, à la course Transrockies au Colorado, un 200 km traversant
les Rocheuses, pour lequel elle cherche un (ou une) partenaire, cette course devant se faire
en équipe. Le message est lancé!
Une romancière
Après cinq recueils
de nouvelles et
quelques prix qui
ont assis sa réputation, voici le tout
premier roman de
la collègue Suzanne
Myre, commis à la
centrale des messagers de l’Hôpital
Notre-Dame. Le
personnage principal est une préposée aux bénéficiaires dans
une unité de soins prolongés : intrigue sur
fond hospitalier, voilà qui risque d’en intéresser plus d’un ! Notre auteure préférée a
perdu en méchanceté ce qu’elle gagne en
émotion, mais la drôlerie et l’attitude y sont
toujours. Un presque thriller qui se lit d’une
traite. Bonne lecture de vacances.
Un humoriste
M. Paul Laroche, agent administratif au 6e AB de
l’Hôpital Notre-Dame, prépare un spectacle qui
sera présenté à la salle du Lion d’Or, rue Ontario à
Montréal, le 23 août prochain. Lors de cette soirée
musicale et humoristique, il aborde différents
thèmes, dont celui du milieu hospitalier dans
lequel il évolue depuis une décennie. M. Laroche a
participé, dans une ancienne vie dit-il, à la Tournée
Juste pour rire, au Festival du même nom et à plusieurs émissions télé et radio. C’est une invitation
aux collègues et autres curieux à voir de quel bois
son humour se chauffe… Le mot de Cambronne !
Pour réserver : 514 525-9112.
chumagazine Juin 2010 l 15
Du nouveau en développement
durable au CHUM
L’équipe de la Direction des services
techniques : (2e rangée) Lucie Brodeur,
agente administrative ; Patrick Bertrand,
ingénieur, conseiller en bâtiment ;
(debout) André G. Lemieux, ingénieur,
conseiller en énergie, Richard Côté,
coordonnateur administratif des
technologies du bâtiment, (devant)
Nathalie Léveillé, conseillère de la
Direction des communication. photo Luc Lauzière
trois ans. Elle est en lien direct avec
le programme de développement
durable du CHUM dont le but est de
poursuivre les efforts de protection
de l’environnement.
CRCHUM :
Certification Double
Argent LEED
a Direction des services
techniques (DST) nous fait
part des toutes dernières
initiatives visant le développement
durable au CHUM.
L
Certification Visez vert
La DST prépare un dossier afin de recevoir l’accréditation Visez Vert de Boma
Québec (boma-quebec.org). La méthodologie nécessaire à l’obtention de cette
accréditation permettra au CHUM de
contribuer à la conservation des ressources naturelles et de minimiser
l’empreinte environnementale de ses
activités quotidiennes par la mise en
place de procédures et de meilleures
pratiques. Pour recevoir l’accréditation,
le CHUM doit répondre aux dix critères
environnementaux suivants :
16 l chumagazine Juin 2010
1. Réduction de la consommation
d’énergie
2. Réduction de la consommation
d’eau potable
3. Gestion des déchets de construction
4. Recyclage
5. Produits dangereux
6. Utilisation de matériaux sains
et recyclés
7. Substances appauvrissant
la couche d’ozone
8. Qualité de l’air intérieur
9. Entretien des systèmes de chauffage, ventilation et climatisation
10. Programme de communication
Depuis déjà quelques mois, la DST
collige les données pour répondre à
chacun de ces critères. Il est prévu de
renouveler cette démarche tous les
La construction et l’exploitation d’un
bâtiment de l’importance du Centre
de recherche du CHUM (CRCHUM) ont
des répercussions sur le milieu naturel,
l’économie, la santé et la productivité.
Le CHUM et ses partenaires (concepteurs, constructeurs et exploitants)
intègreront les progrès réalisés en
science et en technologie du bâtiment
pour construire un bâtiment écologique
et performant. Le CRCHUM vise deux
certifications LEED Canada Argent : NC
pour la nouvelle construction et BE pour
l’opération et l’exploitation du bâtiment.
Pour obtenir la double certification
LEED Argent, le CRCHUM devra implanter des mesures touchant l’aménagement écologique du site, la gestion
de l’eau, l’énergie et l’atmosphère, les
matériaux et les ressources ainsi que
la qualité de l’environnement intérieur.
brève
UN CENTRE
D’EXPERTISE
POUR LA DOULEUR
CHRONIQUE
À titre d’exemples: l’implantation du CRCHUM au-dessus d’une
bouche de métro donnant un accès direct au transport en commun
et l’installation de stationnement pour bicyclettes contribueront à
réduire l’utilisation de l’automobile pour le transport quotidien; l’utilisation d’appareils de plomberie à faible débit réduira la consommation d’eau potable; l’optimisation de la conception des systèmes
de chauffage, de ventilation, de climatisation et d’éclairage réduira
la consommation d’énergie et les émissions atmosphériques.
Plusieurs mesures visent spécifiquement la qualité de l’environnement intérieur : l’utilisation de matériaux et produits à faibles
émissions chimiques et de polluants, le contrôle du gaz carbonique (CO2), de la température et de l’humidité ainsi qu’une
conception favorisant une lumière naturelle assureront le confort
et le bien-être des occupants.
Avec une double certification LEED Canada - Argent pour
la construction et l’exploitation, le CRCHUM assure de réduire
son empreinte environnementale pendant tout le cycle de vie
fonctionnelle du bâtiment et assume ainsi son leadership pour
la santé humaine et environnementale.
www.cagbc.org/leed/la_certification_leed/index.php
À découvrir, la géothermie
Depuis plusieurs années, le citoyen est sensibilisé aux avantages
reliés à l’utilisation de sources d’énergie verte, que ce soit les
panneaux solaires, les éoliennes ou la géothermie. La DST étudie
actuellement la possibilité d’intégrer la géothermie comme
source d’énergie à l’Hôpital Notre-Dame.
L’énergie géothermique est l’énergie extraite de la chaleur de
la terre. Afin de puiser cette énergie, il faut déployer un système
constitué de trois composantes principales, soit le circuit souterrain qui sert de source ou de puits de chaleur, un réseau de distribution de chaleur basse température et une thermopompe pour
transférer la chaleur entre la source et le réseau de distribution.
En période hivernale, la thermopompe extrait la chaleur du
sol et la transfère au réseau de chauffage. En période estivale,
le processus est inversé et la thermopompe extrait la chaleur
du bâtiment pour la rejeter dans le sol.
Le CHUM fait des efforts constants pour réduire sa consommation énergétique. Avec l’utilisation de la géothermie, source
d’énergie renouvelable, il démontre sa volonté de rendre
l’environnement plus vert et plus sain.
À vos agendas
Du 1er au 5 novembre : activités de la semaine de l’efficacité
énergétique. LB/PB/RC/AGL
Un centre d’expertise en gestion
de la douleur
chronique, formé
du CHUM et du
Centre de réadaptation LucieBruneau (CRLB)
(www.lucie
bruneau.qc.ca),
a récemment été créé. Ce centre contribuera à réduire les listes d’attente pour
le traitement de douleurs chroniques et
encouragera l’adoption de meilleures
pratiques partout sur le territoire du
RUIS de l’UdeM.
Le mandat du consortium comprend
la prestation de services cliniques de
troisième ligne (surspécialisés) et la
contribution à la production et à la
diffusion de connaissances propres
à la douleur chronique en lien avec
la recherche et l’enseignement.
La douleur chronique se caractérise par
une douleur localisée ou diffuse persistant
au-delà d’une période normale de recouvrement d’un accident ou d’une maladie
(normalement plus de trois mois). Environ
20 % des personnes sur le territoire souffrent de douleur chronique, un mal qui
réduit considérablement leur potentiel
d’intégration sociale et qui peut affecter
la réalisation de leurs habitudes de vie.
Ce nouveau centre contribuera à leur
offrir une meilleure qualité de vie.
Le consortium compte sur la participation des hôpitaux Maisonneuve-Rosemont
et Sacré-Coeur, de l’Institut universitaire
de gériatrie et de l’Institut de réadaptation
Gingras-Lindsay. Les coprésidentes
du Centre d’expertise sont la Dre Aline
Boulanger (photo), chef du Service d’algologie (traitement de la douleur) du CHUM,
et Mme Hélène Bergeron, directrice des
services professionnels, de la qualité et
des activités universitaires du CRLB. NF
chumagazine Juin 2010 l 17
Dossier sécurité transfusionnelle
Journalistes : Sandra Aubé, Olivier Gagnon et Lucie Poirier
Don de sang,
l y a dix ans, Viviane Brunet recevait un diagnostic de leucémie
lymphoïde chronique. La fatigue
n’étant pas suffisante pour arrêter cette
dynamique commerçante, propriétaire
d’un nettoyeur, ce sont les ecchymoses
aux bras et aux jambes qui ont alerté
son médecin. Traitée depuis quatre ans
au CHUM, Viviane est devenue une
habituée du Département d’hématooncologie de l’Hôpital Notre-Dame
qu’elle fréquente assidûment, que ce
soit pour ses prises de sang (deux fois
par semaine), les transfusions sanguines
souvent nécessaires, les hospitalisations
malheureusement trop nombreuses
(six en quatre ans !) et les traitements
de chimiothérapie parfois inévitables.
À son arrivée au CHUM, le Dr Bernard
Lemieux ne croyait pas qu’elle allait s’en
tirer. Au dire de Viviane, il est très fier
de sa patiente. Il faut d’ailleurs lui voir le
sourire lorsqu’elle parle de son médecin,
de son infirmière pivot, Isabelle Fortin,
des infirmières chargées des prises de
sang et des transfusions sanguines et
de toute l’équipe d’hémato-oncologie.
« En oncologie, ce sont de véritables
amours. Tout le monde a été formidable
avec moi ! Quand on vient à l’hôpital,
on voit tout de suite celles qui aiment
leur travail. » À un certain moment,
I
18 l chumagazine Juin 2010
« Je remercie les gens qui donnent du sang ! Quand je passe
la journée à l’hôpital en attente de mes plaquettes et que je
deviens un peu impatiente, je pense à ceux et celles qui ont
pris la peine de donner du sang et je me dis qu’ils m’ont fait
grâce de journées de plus ! »
le Dr Lemieux a cru perdre sa patiente
et a dû avoir un entretien avec elle
pour connaître ses désirs advenant la
nécessité de lui prodiguer des soins
de prolongement de vie. Farouchement
opposée à toute forme d’acharnement
thérapeutique, Viviane retient de cet
entretien le respect, la délicatesse et la
très grande humanité de son médecin.
D’Héma-Québec
au CHUM jusqu’à
Viviane
Viviane n’est pas une candidate à
la greffe de la moelle osseuse dont
peuvent profiter certains patients
atteints de cette maladie. Sa vie dépend
donc des transfusions de sang et
d’autres produits sanguins qu’elle
reçoit lorsque ses globules rouges,
ses plaquettes ou ses immunoglobulines
sont à un niveau critique. « Je remercie
les gens qui donnent du sang, lancet-elle spontanément ! Quand je passe
la journée à l’hôpital en attente de mes
plaquettes d’Héma-Québec et que je
deviens un peu impatiente, je pense à
ceux et celles qui ont pris la peine de
donner du sang et je me dis qu’ils m’ont
fait grâce de journées de plus ! » Le
rituel du sang, Viviane ne le connaît
que trop bien : prises de sang, attente
du diagnostic à l’hôpital ou à la maison,
appel de son infirmière pivot qui lui
transmet le diagnostic du moment,
réception de la formule nécessaire au
besoin et transfusions le jour même
ou le lendemain.
Outre le personnel de l’hôpital et
les donneurs qu’elle remercie, Viviane
a aussi tenu à souligner le soutien
de son mari Michel qui a toujours
su l’épauler.
Photo Stéphane Gosselin
don de vie
Petit lexique sanguin : ce qu’il faut savoir
Cryoprécipité : fraction coagulante
des protéines plasmatiques du sang,
source de fibrinogène.
Culot globulaire : le culot globulaire
s’obtient en séparant les globules rouges
du sang total à l’aide d’une centrifugeuse. Il contient des globules rouges,
auxquels une solution nutritive est ajoutée. Le culot globulaire sert à augmenter
la capacité du transport en oxygène, à
améliorer la masse globulaire après un
choc ou une intervention chirurgicale
et à traiter l’anémie.
Plaquettes : aussi appelées thrombocytes, les plaquettes jouent un rôle majeur dans la coagulation sanguine, les
réactions inflammatoires et la guérison
des plaies.
Plasma : ce liquide jaunâtre est le composant liquide du sang : il constitue à lui seul
55 % de son volume. On l’obtient également par centrifugation du sang total.
Produits labiles : ils sont généralement
fabriqués à partir de sang total qui provient d’un seul donneur. En général, les
produits labiles ont une durée de
conservation relativement brève (moins
d’un an) et doivent être maintenus à des
températures contrôlées. Parmi les produits labiles se trouvent le culot globulaire, le plasma, les plaquettes, et le
cryoprécipité. Ces produits sont dits
« frais ».
Produits stables : ils sont généralement
fabriqués à partir d’un nombre important de dons individuels rassemblés
avant de subir un procédé de purification. Leur durée de conservation est
assez longue (un an ou plus). Parmi les
produits stables se trouvent les produits
de coagulation humains, les produits anticoagulants, les immunoglobulines et
l’albumine. Ils sont tous conservés à
température contrôlée.
Sang total: c’est le liquide qui circule
dans nos veines. Il distribue aux cellules
du corps oxygène, nutriments, régulateurs
chimiques, substances nécessaires à la
protection contre les maladies, etc.
Héma-Québec divise le sang total en différents produits, dont les culots globulaires, qui sont ensuite acheminés aux
centres hospitaliers.
Les produits labiles et les produits
stables sont les deux types de produits
sanguins.
Surcharge volémique : en ce qui a trait
à la sécurité transfusionnelle, se produit
lorsqu’un patient reçoit un trop grand
volume sanguin, provoquant un œdème
pulmonaire.
Sources: Système du sang, Santé et Services sociaux
du Québec ainsi qu’Héma-Québec
chumagazine Juin 2010 l 19
Dossier sécurité transfusionnelle
Les gardiens du sang
De tout temps, le sang a fasciné et pour cause : sans le précieux liquide, point de vie. Dracula, la saga des romans Twilight
portée au grand écran ou encore la série télévisée américaine True Blood ont ramené les vampires et l’hémoglobine sous les
feux des projecteurs. Des histoires glamour, qui sont à mille lieues du quotidien d’un centre hospitalier comme le CHUM.
t pourtant, ici aussi se trouvent
des stars, de véritables gardiens du sang, des professionnels qui s’assurent jour après jour
de la qualité des produits sanguins
transfusés… et de la santé des patients
qui les reçoivent. Lumière sur la sécurité transfusionnelle.
E
La sécurité
transfusionnelle,
qu’est-ce que
c’est ?
Avec son équipe, le Dr Yves Lapointe, chef
du Service de médecine transfusionnelle
du CHUM, veille à la sécurité des transfusions
des patients. Photo Stéphane Lord
« La sécurité transfusionnelle consiste
à s’assurer que tout le processus transfusionnel, allant du bras du donneur
jusqu’au bras du receveur, soit fait avec
l’expertise nécessaire, en assurant la
sécurité de chacun et du produit. »
Voilà la définition qu’offre le chef du
Service de médecine transfusionnelle
du CHUM, le Dr Yves Lapointe, pour
qui la sécurité transfusionnelle est
avant tout une affaire d’équipe : sans
la collaboration de chacun des membres
de la chaîne transfusionnelle, la sécurité
de l’acte risque d’être compromise.
Mais à quoi rime la sécurité transfusionnelle dans un centre hospitalier
universitaire ? Il faut d’abord savoir que
depuis 1998 au Québec, Héma-Québec
est en charge de l’approvisionnement
sanguin des hôpitaux. L’organisme
est donc responsable du recrutement
des donneurs, des collectes de sang
ainsi que de la qualité des produits
sanguins et de leur distribution aux
centres hospitaliers.
De leur côté, les centres hospitaliers
assurent la qualité et la sécurité de la
transfusion sanguine. La responsabilité
des professionnels de la santé du CHUM
débute donc à la réception des culots
globulaires et autres produits sanguins
labiles, comme les plaquettes ou encore
le plasma (voir lexique), et se prolonge
jusqu’à la transfusion au patient.
Les hôpitaux sont donc responsables
de la conservation et de la gestion des
stocks de produits sanguins, en plus
d’assurer la qualité de l’acte transfusionnel aux patients. Au CHUM, c’est le
20 l chumagazine Juin 2010
Marie-Claude Bouchard est assistante-chef
technologiste à la banque de sang de l’Hôpital
Notre-Dame. Photo Stéphane Lord
Service de médecine transfusionnelle
qui encadre les pratiques médicales
en matière de transfusion, en plus de
s’assurer qu’elles respectent les normes
de la Société canadienne de médecine
transfusionnelle et de Santé Canada.
« Les décisions que nous prenons à
la banque de sang sont régies par le
principe de précaution. Le sang arrive
ici entouré d’une sécurité extraordinaire,
mais les risques transfusionnels persistent à l’hôpital : mauvaise identification
du patient, sang contaminé par le matériel, surcharge volémique (voir lexique).
En encadrant les procédures, tant
dans les laboratoires que sur les unités
de soins, nous réussissons à réduire
ces risques au minimum », explique
le Dr Lapointe.
Les deux chargées techniques de sécurité
transfusionnelle du CHUM, Anik Gutierrez
et Karen Desrochers. Photo Luc Lauzière
Entre
bonnes mains
De nombreux problèmes de santé
peuvent nécessiter une transfusion,
qu’il s’agisse de perte de sang pendant
une opération ou encore d’une maladie,
comme certains types d’hémoglobinopathies ou encore de cancer. Chaque
année, 18 000 culots globulaires sont
transfusés aux patients du CHUM, sans
compter les autres produits dérivés du
sang (voir lexique). Les transfusions sont
donc des procédures quotidiennes qui,
comme tout geste médical, comptent
leur part de risque. Afin de les limiter,
les patients du CHUM peuvent compter
sur une équipe consacrée à la sécurité
transfusionnelle, celle du Dr Yves
Lapointe, hématologue et passionné
de sécurité transfusionnelle, qui est
entouré de collaboratrices ayant à cœur
le bien-être des patients. C’est le cas de
Mme Marie-Claude Bouchard, assistantechef technologiste à la banque de sang
de l’Hôpital Notre-Dame. Travailleuse de
l’ombre, elle s’assure pourtant, avec ses
collègues technologistes de la banque
de sang, que les produits qui seront
transfusés aux patients sont fidèles à
l’ordonnance et conformes aux normes
de sécurité les plus strictes. Identification du produit, compilation, entreposage à la température adéquate (les
culots globulaires sont réfrigérés, le
plasma est congelé, les plaquettes sont
conservées à température ambiante, en
agitation constante, etc.), toutes les
procédures du laboratoire sont standardisées. Les technologistes de la banque
de sang procèdent en outre à la
recherche d’anticorps et s’assurent que
les produits sanguins transfusés sont
compatibles avec le patient receveur.
« Les technologistes ont de grandes
connaissances techniques, mais surtout,
elles ont à cœur la sécurité des patients
qui se retrouvent au bout de la chaîne.
Une erreur commise à la banque de
sang peut être fatale pour la personne
transfusée. Nous ne laissons pas de
place au hasard : toutes les recettes sont
écrites. » Et si une erreur se produit, il y
a enquête, afin de comprendre ce qui a
provoqué l’incident et d’éviter qu’il ne
se reproduise. C’est alors toute l’équipe
de la banque de sang qui se mobilise ;
chaque labo compte une coordonnatrice (ou une assistante-chef technologiste), une chef technologiste et
plusieurs techniciennes de laboratoire.
Les chargées de sécurité transfusionnelle (CST), tant clinique (2 postes) que
technique (2 postes), sont également
mises à contribution.
Chargées
de sécurité
transfusionnelle
Les postes de CST ont été créés en
1999, à la suite du scandale du sang
contaminé, pour améliorer la sécurité et
la qualité des transfusions à la grandeur
du Québec. Les chargées techniques
de sécurité transfusionnelle sont responsables de la sécurité des produits
sanguins et des dérivés depuis leur
arrivée à l’hôpital jusqu’à leur sortie de
la banque de sang, alors que les chargées cliniques s’assurent de la sécurité
des produits depuis la sortie des laboratoires jusqu’à l’arrivée sur les unités de
soins. Les premières collaborent étroitement avec les technologistes de la
banque de sang, alors que les secondes
sont davantage liées à la Direction des
soins infirmiers, les infirmières étant
les premiers transfuseurs. Ensemble,
l’équipe travaille à établir des normes
de qualité et à s’assurer que les techniques et procédures soient claires,
bien comprises et appliquées par tous.
Les CST travaillent notamment à la
rédaction et à l’application de politiques, comme la nouvelle Ligne de
conduite lors d’une réaction transfusionnelle, disponible sur l’intranet. Le
document explique dans le détail les
symptômes que peuvent présenter
les patients, de même que la procédure
à suivre lorsqu’une infirmière constate
une réaction transfusionnelle, un précieux outil qui permet d’uniformiser
les pratiques et de minimiser les
conséquences de la réaction.
Notons que le CHUM a été nommé
centre désigné en 1999 pour assurer la
qualité de la pratique transfusionnelle
dans ses murs. Le CHUM est également
responsable de cliniques et de centres
affiliés : c’est le cas des centres hospitaliers de Verdun et de LaSalle.
chumagazine Juin 2010 l 21
Dossier sécurité transfusionnelle
Un protocole réglé
au quart de tour
Lysane Rony, au CHUM
depuis 36 ans, a la rigueur
qu’exige son rôle d’infirmière aux transfusions et le sourire
contagieux des aidantes de vocation.
Des milliers de transfusions étant pratiquées au CHUM chaque année en
ambulatoire, un protocole réglé au
quart de tour empêche le geste de
devenir machinal. Elle nous explique
chaque étape avec patience et minutie.
À l’arrivée du patient au centre ambulatoire d’hémato-oncologie, on passe
d’abord en revue son historique clinique. Même s’il s’agit d’une personne
habituée du service, on s’assure qu’il
n’y a rien de nouveau à signaler depuis
la dernière visite. Avant d’installer le
produit à transfuser, deux infirmières
vérifient systématiquement la prescription médicale en s’assurant que les
données indiquées sur le bordereau de
la banque de sang, soit les huit critères,
correspondent à celles figurant sur
l’étiquette du culot globulaire : 1) nom,
prénom, numéro de dossier ; 2) nom
du produit ; 3) groupe sanguin et autres
groupes autorisés s’il y a lieu ; 4) numéro
de don/lot ; 5) date et heure de péremption ; 6) qualificatifs du produit associés
aux directives ; 7) aspect du produit et
de son contenu ; 8) bracelet ou carte
d’identité. Le nom du patient et le
numéro de dossier sont vérifiés à
nouveau par l’infirmière chargée de la
transfusion lorsqu’elle arrive au chevet
du patient et c’est à ce moment également qu’elle compare l’information
figurant sur le bracelet ou la carte
M
me
22 l chumagazine Juin 2010
Lysane Rony, infirmière aux transfusions, compare les données qui se trouvent sur le formulaire
de la banque de sang avec celles indiquées sur le bracelet de la patiente. Photo Stéphane Gosselin
d’identité. Cette double vérification est
un processus important pour s’assurer
qu’il n’y ait aucune erreur. L’infirmière
contrôle ensuite les signes vitaux du
patient (pouls, tension, température)
avant de procéder à la transfusion, et à
nouveau 15 minutes après avoir installé
le produit. Le patient passera ainsi plusieurs heures à la salle de transfusion
où se concrétise ce lien si crucial entre
donneur et receveur. En cas de réaction,
le produit peut être retourné à la
banque de sang où un autre protocole
de vérification a été mis en place. Un
numéro de don indiqué sur chaque
formulaire permet d’en retracer l’origine.
Afin de favoriser la communication
entre les différents intervenants, une
infirmière pivot en oncologie communique avec le patient pour lui transmettre les résultats de ses prises de
sang, étape essentielle à la prise de
décision, le convoquer aux séances
de transfusion, le rassurer et répondre
à ses questions. C’est en quelque sorte
le point de référence du patient et le
lien qui assure la continuité des soins
et qui humanise le processus.
Un scandale qui a fait bouger les choses
Quand on parle sécurité transfusionnelle, bien du chemin a été parcouru depuis le scandale du sang contaminé, qui
a fait trembler le Canada et le monde
entier dans les années 1980 et 1990. La
Croix-Rouge canadienne, qui était à
cette époque responsable des collectes
de sang à la grandeur du pays, et les
gouvernements ont été blâmés parce
que des milliers de transfusés, dont de
nombreux hémophiles, ont été infectés
par le VIH ou encore l’hépatite C après
avoir reçu des produits sanguins contaminés. Rappelons que le premier cas de
VIH (virus d’immunodéficience humaine)
a été identifié en 1981 ; ce n’est qu’en
1985, avec l’avènement des tests de dépistage de ce même virus, que les autorités découvrent l’ampleur du drame
auprès des populations de transfusés.
La Commission d’enquête sur l’approvisionnement en sang au Canada fera la
lumière sur ce scandale qui a non seulement fait couler beaucoup d’encre, mais
qui a aussi fait changer les pratiques en
matière de don de sang et de sécurité
transfusionnelle. C’est tout le système
de gestion du sang canadien qui a été
revu depuis, afin d’assurer la sécurité
des donneurs comme des receveurs.
De son côté, le Québec aura égale-
Le scandale du sang contaminé a non seulement
fait couler beaucoup d’encre, mais il a aussi forcé
le changement des pratiques en matière de don
de sang et de sécurité transfusionnelle.
ment son groupe de travail sur le sang
contaminé, le comité Gélineau, formé en
1996 de médecins, de fournisseurs de
composants sanguins, de représentants
des hôpitaux et de la santé publique.
Dans son rapport final, déposé à l’automne 1996, le comité recommande la
mise sur pied de trois niveaux d’imputabilité à l’intérieur du système de gestion
du sang pour éviter une autre crise du
sang contaminé : un
fournisseur responsable
et imputable de la qualité du produit, l’hôpital
et ses médecins responsables de l’acte transfusionnel, de même que la
création d’un comité
d’hémovigilance responsable de la surveillance
de la santé publique en
matière d’approvisionnement et de gestion du système de sang.
C’est ainsi qu’Héma-Québec est créée
en mars 1998. La société à but non lucratif est le fournisseur unique de produits sanguins labiles au Québec. Ses
services sont encadrés par la Loi 438. Le
sang étant par ailleurs considéré comme
un médicament, Héma-Québec est également soumise aux règles de Santé Canada. Photo Luc Lauzière
chumagazine Juin 2010 l 23
Dossier sécurité transfusionnelle
L’enseignement dans le sang
mpossible d’aborder la sécurité
transfusionnelle sans parler de la
place des infirmières dans le processus. Elles ont un rôle de premier plan, indique le Dr Yves Lapointe, alors que ce
sont elles qui côtoient les patients et
qui effectuent les transfusions. De là l’importance de bien encadrer leur pratique
et de maintenir la formation continue. Un
rôle qui revient notamment à Mme Louise
Dubé, conseillère en soins infirmiers au
CHUM et membre du Comité consultatif
national de médecine transfusionnelle.
« C’est par hasard que j’ai commencé
à travailler en sécurité transfusionnelle,
mais j’ai rapidement eu la piqûre ! Il y a
quelques années, la directrice des soins
infirmiers m’avait demandé de réviser
toutes les méthodes de soins touchant
au sang en prévision de l’agrément. » Il
lui aura fallu trois ans pour venir à bout
de cette tâche, qu’elle a accomplie avec
la collaboration des chargées clinique et
technique de sécurité transfusionnelle.
Louise Dubé est
conseillère en soins
infirmiers et membre
du Comité consultatif
national de médecine
transfusionnelle.
Elle s’assure que les
infirmières comprennent
bien chaque geste qui
doit être posé lors de
l’acte transfusionnel.
I
Photo Dominique Lalonde
« Mon rôle est d’amener la vision de la
sécurité transfusionnelle du laboratoire
aux unités de soins où travaillent les infirmières, afin d’assurer la sécurité de la
chaîne de transfusion. » C’est ainsi que
Louise Dubé établit des méthodes de
soins, vulgarise, normalise, s’assure que
les infirmières comprennent bien
chaque geste qui doit être posé lors de
l’acte transfusionnel, afin d’assurer la
sécurité des patients. Transfusion des
cellules souches, méthodes de soins au
bloc opératoire, tout y passe.
Les projets en sécurité transfusionnelle sont par ailleurs nombreux pour
cette conseillère en soins infirmiers passionnée : « On aimerait créer une certification en médecine transfusionnelle
pour les infirmières, ce serait une première dans un centre hospitalier. Avec le
comité de la pratique infirmière, nous
songeons également à aller de l’avant
avec un programme de “championnes
de la transfusion”, dont le rôle serait
d’appuyer les CSI en formant leurs
consoeurs. »
Don de sang et sécurité transfusionnelle : une histoire riche
L’histoire du don de sang ne date pas
d’hier; on parle de transfusion sanguine
depuis la Première Guerre mondiale. Déjà
les anciens Égyptiens en faisaient mention
dans leurs écrits, tout comme Hérophile
dans son Traité d’anatomie quelques siècles
avant notre ère. On raconte même que le
pape Innocent VIII aurait subi le premier
traitement de cellules vivantes en buvant le
sang de trois garçons de dix ans. Mal lui en
prit: les trois garçons et le souverain pontife seraient morts peu de temps après.
Entre le XVIIe et le XIXe siècle, de nombreuses expérimentations sont menées
24 l chumagazine Juin 2010
avec du sang animal. On tente, parfois
avec succès, de soigner des malades en
leur en injectant.
Le XXe siècle constitue un véritable
tournant dans l’histoire de la transfusion
sanguine telle qu’on la connait aujourd’hui. En 1900, un chercheur autrichien, Karl Landsteiner, fait la
découverte d’une notion fondamentale
en sécurité transfusionnelle : l’existence
des différents groupes sanguins. Il reçoit
même le Prix Nobel de médecine pour
ses travaux en 1930. À la suite de cette
découverte, une première transfusion
sanguine réussit en 1914 sur un blessé
de guerre. Il est à noter que plusieurs
percées en médecine se produisirent au
cours de la Première Guerre mondiale
(1914-1918), les découvertes sur le
sang étant les premières bénéficiaires
de ces avancées médicales.
Il faudra finalement attendre jusqu’en
1940 avant que le facteur Rhésus
(le nom vient de la race de singe
macaque ayant servi à l’expérience)
ne soit découvert, assurant une sécurité
accrue pour les receveurs de produits
sanguins.
Dr Jean-François Lizé, pneumologue-intensiviste et Dr Louis Racine, ophtalmologiste Photos Stéphane Lord et Martin Viau
Don d’organes et de tissus
Le chemin parcouru
Dans le cadre de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus, des conférences-midi se sont tenues dans
les trois hôpitaux. chumagazine était présent à la conférence donnée par les Drs Louis Racine, ophtalmologiste,
et Jean-François Lizé, pneumologue-intensiviste.
La greffe de cornée
Le Dr Louis Racine a abordé la question
des greffes de cornée. Les 1000 personnes en attente de cornée devront
patienter de 3 à 4 ans au Québec, plus
que partout ailleurs au pays. Fait à noter,
il existe très peu de critères restrictifs
pour la cornée et presque tout le monde
peut être donneur. Comme l’expliquait
le Dr Racine, si on arrivait à convertir
tous les donneurs admissibles, le CHUM
pourrait à lui seul régler la pénurie
provinciale ! Pour augmenter le nombre
de dons, des outils ont été créés au
CHUM, dont un aide-mémoire et un
formulaire à remplir à chaque décès.
Cette approche systématique commence à porter ses fruits. Le CHUM a
reçu 34 dons oculaires pour greffes
de cornée en 2009.
Le décès
cardiocirculatoire
Même si le Québec n’a toujours pas de
définition juridique de la mort, saviezvous qu’il existe deux types de décès
médicalement parlant ? C’est ce qu’a
expliqué le Dr Jean-François Lizé. Le
don d’organes après décès cardiocirculatoire (DDC), a fait l’objet d’un projetpilote dans quatre hôpitaux du Québec
entre 2007 et 2009. Le décès cardiocirculatoire de type contrôlé survient
lorsque la famille, conjointement avec le
spécialiste, prend la décision de débrancher le respirateur ou tout autre appareil
de maintien en vie du patient. On attend
que le cœur ait arrêté de battre pendant
cinq minutes, puis avec le consentement
de la famille, le patient est transporté
au bloc opératoire où l’on procède au
prélèvement des organes et des tissus.
Pour l’instant, le don d’organes n’est
pratiqué qu’en cas de décès neurologique (DDN), ou mort cérébrale, et à
partir de donneurs vivants. Le DDC sera
effectué au CHUM dès l’automne 2010.
Cette pratique peut heurter certaines
croyances et nécessite un changement
des us et coutumes au sein des équipes.
« Tous se montrent toutefois très réceptifs et, grâce à la collaboration de
chacun, explique le Dr Lizé, le CHUM
pourra véritablement réaliser sa mission
d’excellence en transplantation. »
Cette conférence-midi, comme les
précédentes, a été suivie du témoignage
inspirant d’une patiente greffée qui
nous rappelle l’importance vitale du
don d’organes. LP
chumagazine Juin 2010 l 25
Le futur CHUM
Le DG à la rencontre
de la communauté
e directeur général du CHUM,
M. Christian Paire, a profité du
dernier forum d’échanges
CHUM/communauté pour rencontrer
des représentants de la communauté,
qui appuient le projet du nouveau
CHUM au centre-ville depuis plus
de deux ans (cet article tient lieu de
sommaire du forum du 15 avril).
Le 15 avril dernier, M. Paire, accompagné de M. Sylvain Villiard, directeur
général adjoint – CHUM centre-ville,
a donc pris la parole devant une pleine
tablée, représentant pas moins de
14 organisations qui interagissent avec
le CHUM. En plus des organismes communautaires étaient également présents
des représentants de l’arrondissement
Ville-Marie et du Service de police de
Montréal (SPVM).
C’est une rencontre qui était fort
attendue : au cours des deux dernières
années, le dialogue amorcé avec la communauté s’est avéré positif et a permis
à la direction d’établir un véritable canal
de discussion avec ses voisins et le
milieu communautaire.
Alors que les travaux de construction
du Centre de recherche du CHUM
(CRCHUM) sont lancés, les liens tissés au
fil du temps, grâce entre autres à l’agent
de liaison avec la communauté Mme Dicki
Chhoyang, prennent tout leur sens.
Au cours de sa présentation, M. Paire
a ainsi annoncé la création d’un plan
d’intervention dans la communauté,
afin de guider les efforts du CHUM.
L
26 l chumagazine Juin 2010
Trois axes d’intervention ont été établis :
le premier touche la cohabitation durant
le chantier. Le CHUM s’assurera que le
consortium Accès Recherche Montréal,
responsable de la construction du
CRCHUM, ainsi que le consortium choisi
pour le nouvel hôpital, prendront toutes
les mesures nécessaires afin d’atténuer les
nuisances de chantier et de communiquer adéquatement avec tous les acteurs
du milieu touchés par les travaux.
Les retombées économiques, sociales
et culturelles constituent le deuxième
axe d’intervention auprès de la commu-
nauté, axe qui est déjà en branle avec
le Projet 109, qui touche l’embauche
locale, et la prise de contact avec les
entreprises d’économie sociale. Au plan
des retombées culturelles, M. Paire a
parlé de l’importance d’intégrer les arts
et la culture au milieu hospitalier. Des
associations avec le milieu, afin de
mettre la culture en valeur à l’hôpital
et de changer le rapport au lieu, verront
peu à peu le jour. La sauvegarde de
la mémoire institutionnelle, alors que
le CHUM est en pleine mutation vers
sa nouvelle identité, celle d’un hôpital
Une vingtaine de personnes ont participé au dernier Forum d’échanges CHUM/communauté.
Au premier rang, Sylvain Villiard, directeur général adjoint , Christian Paire, directeur général,
Dicki Chhoyang, agente de liaison avec la communauté, et Agnès Connat, coordonnatrice
de la Table de concertation du Faubourg Saint-Laurent. Photos Luc Lauzière
L’agente de liaison avec la communauté Dicki Chhoyang a expliqué aux proposants les
résultats de l’enquête sur l’intégration urbaine et architecturale du futur CHUM. Photo Luc Lauzière
Intégration urbaine
et architecturale du futur CHUM
ultramoderne, est aussi un thème cher
au directeur général.
La revalorisation urbaine constitue
finalement le troisième axe d’intervention du CHUM, qui désire s’investir dans
l’amélioration du cadre de vie autour de
l’hôpital. La Direction générale entend
notamment collaborer avec les instances
municipales et les autres acteurs du
milieu pour l’aménagement des espaces
publics aux abords du centre hospitalier.
De son côté, M. Villiard a présenté le
consortium choisi pour la construction du
CRCHUM, Accès Recherche Montréal, en
plus de révéler les esquisses du bâtiment.
Le CRCHUM est un parfait exemple
d’interaction avec la communauté,
qui a pu se prononcer sur ses attentes
face au projet. Plusieurs ont ainsi
exprimé une préoccupation concernant
la hauteur du Centre de recherche
en bordure du quartier historique
du Vieux-Montréal, c’est pourquoi le
projet final concentre le plus fort de
son volume dans le pavillon situé sur
la rue Viger. SA/DC Photos Stéphane Gosselin
La communauté fait
ses recommandations
aux proposants
lors que l’image du futur
CRCHUM est connue depuis
la pelletée de terre symbolique
du 25 mars, celle du nouveau CHUM
demeure entre les mains des proposants.
Puisque l’intégration urbaine et architecturale du futur hôpital universitaire
intéresse la communauté avoisinante
au plus haut point, des intervenants du
milieu ont été consultés à l’hiver, comme
chumagazine l’annonçait dans son
numéro de mars.
Développement intéressant : les
résultats de cette consultation sont maintenant disponibles, après avoir été communiqués aux deux proposants. C’est
l’agente de liaison avec la communauté,
Mme Dicki Chhoyang, qui leur a expliqué
les résultats de l’enquête réalisée auprès
d’une douzaine de personnes et de
groupes d’intérêt.
Voici quelques suggestions que les
intervenants du milieu ont faites sur
l’intégration urbaine et architecturale
du futur CHUM, dans l’axe de la rue
Saint-Denis.
Le respect de la cohérence du paysage
est le premier thème qui ressort de
l’exercice. Les intervenants du milieu souhaitent que la trame et l’échelle de la rue
Saint-Denis soient respectées. Ces éléments sont caractérisés, entre autres, par
la continuité, le gabarit de ses édifices, le
A
rythme régulier des ouvertures. Ils suggèrent notamment que les plus forts
volumes de l’édifice soient en retrait, de
façon à ce que l’on puisse percevoir, à
l’échelle de la rue, un gabarit comparable
à celui des édifices voisins.
Le choix des matériaux de revêtement
s’harmonisant avec ceux des façades
typiques de la rue, comme la pierre et
autres matériaux nobles, est le sujet
d’une autre recommandation. Les gens
sondés croient que la pierre et autres
matériaux nobles sont à privilégier, tout
en respectant la facture contemporaine
de la nouvelle construction.
L’ambiance de la rue retient par
ailleurs l’attention : les intervenants du
milieu souhaitent que l’animation de la
rue soit favorisée par la création d’une
multitude de points d’entrée et de sortie
à l’édifice, de façon à générer de l’achalandage sur la rue Saint-Denis.
L’intégration des œuvres d’art aux
lieux publics, intérieurs comme extérieurs, le maintien d’un lien piétonnier
sur la rue de La Gauchetière, entre les
rues Saint-Denis et Sanguinet, et la sécurité des piétons sont autant d’autres
points qui ont été soulevés et communiqués aux soumissionnaires, qui ont
maintenant la possibilité d’utiliser ces
recommandations dans leurs propositions respectives. SA
chumagazine Juin 2010 l 27
Reconnaissance
Diane Robitaille est commis à l’unité coronarienne de l’Hôtel-Dieu
Photo Dominique Lalonde
Une commis et la reconnaissance
à double sens
Après avoir passé près de 30 ans à la réception des soins intensifs au 5e étage de l’Hôtel-Dieu,
Mme Diane Robitaille a récemment joint l’équipe voisine, celle de l’unité coronarienne. Déjà bien
intégrée au sein de son nouveau milieu, Mme Robitaille se fait un devoir de partager sa vision positive
de la vie, pour le plus grand bonheur d’une équipe qui vit, avec elle, de grandes émotions chaque jour.
Rencontre poignante avec une dame qui a toujours fait de la reconnaissance son mode de vie.
Propos recueillis par Olivier Gagnon
chumagazine : Quels gestes de
reconnaissance posez-vous
au quotidien ?
Diane Robitaille : En tant que commis, je suis au centre
de l’action, celle qui fait le pont à l’intérieur de l’équipe.
Cette position m’a toujours amenée à recevoir les confidences et aussi la confiance des gens ; je les écoute,
je les soutiens, je les épaule dans ce qu’ils font de bon,
que ce soit une infirmière avec une bonne approche,
un préposé avec une méthode efficace ou un médecin
qui démontre une belle empathie. C’est tellement bon
pour l’estime de soi ! Je suis une personne très sensible :
je vis avec eux leurs peines, mais aussi leurs joies.
Je suis la bonne mère de l’équipe, celle qui n’hésite
jamais à prendre un collègue dans ses bras !
De quelle manière cette
reconnaissance vous revient-elle?
J’ai encore la certitude que d’être reconnaissant
envers les autres est quelque chose qui se fait dans
les deux sens. Le simple fait de donner aux autres
tout ce que je peux m’apporte une grande joie,
28 l chumagazine Juin 2010
me permet de performer et d’offrir toujours le meilleur
de moi-même, et je sais que cela est apprécié, je le
sens. Un merci, c’est tellement simple, mais c’est ce
qui me rend le plus heureuse. Il y a quelques années,
je vivais des moments plus difficiles au travail et mon
patron m’avait fait réaliser que mon attitude se reflétait
dans l’équipe ; et cela est encore plus vrai lorsque je
partage ma bonne humeur et que je peux participer
au bien-être de l’équipe !
Quels conseils pourriez-vous
donner à quelqu’un qui veut
améliorer la façon dont il vit
la reconnaissance ?
Sortir de soi-même, s’ouvrir aux autres, à leurs
malheurs autant qu’à leurs bonheurs, savoir bien
observer, être réceptif et surtout, éviter d’effacer tous
les bons coups d’une personne lorsque survient une
erreur… Il faut savoir souligner les bons coups, pas
seulement les mauvais ! Et finalement, le sourire…
J’ai vraiment l’impression d’avoir une incidence positive
lorsque je me promène dans l’hôpital et que je souris
aux gens, je sais au fond de moi que ça leur fait
du bien !
Vous donnez régulièrement
du sang, je crois… Quel lien
voyez-vous entre le don de
sang et la reconnaissance ?
Pour moi, c’est directement en lien. Le don de sang
est un geste d’entraide qui peut sauver une vie, un
geste qui reconnaît que l’autre existe et a besoin
de moi. Ça m’a permis de me sentir plus généreuse,
en plus que je suis rhésus négatif, un type plus rare
mais pas moins nécessaire pour autant !
La chaîne de la
reconnaissance
Dans l’édition de chumagazine de mai, M. René Adam,
préposé aux bénéficiaires au 6e CD de l’Hôpital NotreDame, recevait avec plaisir une carte coup de cœur de
Mme Fabienne Laplante. Afin de poursuivre la chaîne
de la reconnaissance, M. Adam a tenu à reconnaître une
de ses collègues, Mme Blanca Mazo, elle aussi préposée
aux bénéficiaires. Selon René, Blanca est plus que
travaillante, et sa présence permet d’alléger l’ambiance
parfois lourde qui règne au 6e CD, tout en lui enlevant
un énorme poids sur les épaules. De plus, Blanca est
aujourd’hui mentore, après avoir été elle-même mentorée à ses débuts par René. C’est donc pour la remercier
de tout le soutien qu’elle lui apporte au quotidien qu’il
a tenu à souligner son travail au sein de l’équipe. Sur
la carte coup de cœur que René a remise à Blanca,
on pouvait lire ces quelques lignes :
« Pour toi, Blanca, pour ton énergie, pour ton aide,
ta bonne humeur. J’aime travailler avec toi. Tu es une
excellente préposée ! »
C’est maintenant à Blanca Mazo, préposée aux
bénéficiaires depuis quatre ans au CHUM, que revient
le privilège de reconnaître une personne dont elle
apprécie particulièrement la présence et le travail.
Revenez-nous en septembre pour savoir si la chaîne
de reconnaissance est maintenant dans votre équipe !
Les cartes coup
de coeur sont
disponibles dans
les agendas du
CHUM ou dans
l’intranet.
Le RUIS de l’UdeM
Des nouvelles du réseau
Le CHUM fait partie du
Réseau universitaire intégré
de santé de l’Université de
Montréal. Ces nouvelles
parviennent des autres
partenaires du réseau.
La domotique et la schizophrénie
Le Dr Emmanuel Stip, directeur du Département de
psychiatrie de l’UdeM et chercheur clinicien à l’Hôpital
Louis-H. Lafontaine, explore les possibilités offertes par
la domotique et les nouvelles technologies de la communication en adaptant certains de leurs produits aux besoins
de patients schizophrènes.
www.nouvelles.umontreal.ca/recherche
Le réseau de l’UdeM : leader en génétique
Cette position est confirmée tant par la qualité et le
nombre des chercheurs que par les subventions accordées
aux recherches effectuées à la Faculté de médecine, à l’Institut de cardiologie de Montréal, au CHU Sainte-Justine, et
au CHUM. Le journal Forum y consacre un dossier spécial.
www.nouvelles.umontreal.ca/journal-forum/
dossiers-speciaux
Télésanté
Quelque 100 stations de visioconférence pour des activités
de téléconsultation et de téléformation ainsi que 200
appareils de télésoins seront installés à compter du printemps. Les deux projets de télésanté du RUIS de l’UdeM
mobilisent six agences de la santé, une cinquantaine
d’établissements et plus de 100 collaborateurs individuels.
www.ruis.umontreal.ca
L’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal inaugure
sa nouvelle unité coronarienne
En présence du Dr Yves Bolduc, ministre de la Santé et
des Services sociaux du Québec, et de plusieurs autres
dignitaires, l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal a inauguré
sa nouvelle unité coronarienne le lundi 29 mars dernier.
www.hscm.ca/nouvelles-et-communiques
Le seul centre de promotion de la santé au Canada
consacré aux enfants, aux adolescents et aux mères
Le CHU Sainte-Justine inaugurait récemment ce centre qui
offrira des programmes et des services de prévention et de
promotion de la santé aux femmes enceintes, aux enfants,
aux adolescents et à leur famille. Le Centre de promotion
de la santé du CHU Sainte-Justine a désormais pignon
sur rue au 5757, avenue Decelles.
www.chu-sainte-justine.org
chumagazine Juin 2010 l 29
Recherche
Guérir le cœur avec
des cellules souches
quelques semaines des
cellules souches et se porte
Les D Denis Claude Roy (HMR), Nicolas Noiseux
et Samer Mansour (CHUM), avec le premier patient
très bien depuis. Déjà, on
défaillant cardiaque participant au protocole,
note une amélioration signiM. Jean-Paul Tremblay Photo Dominique Lalonde
ficative dans la capacité de
contraction de son ventricule
gauche, ce qui a pour effet
d’améliorer la fonction de
pompe du cœur pour éjecter
le sang.
Rappelons qu’en 2007,
le CRCHUM en collaboration
avec l’HMR démarrait un
essai clinique visant à évaluer
l’injection de cellules souches
chez des patients qui avaient
subi un premier infarctus.
Les résultats préliminaires de
ce premier essai clinique toujours en cours ont permis
ertains patients chez qui le muscle cardiaque
de valider la sécurité et la faisabilité de cette thérapie
est gravement atteint par la maladie coronacellulaire pour ce genre de clientèle. La présente étude
rienne pourraient bénéficier bientôt d’un traivise un différent groupe de patients avec défaillance
tement novateur. En effet, une équipe de chercheurs
chronique du muscle cardiaque due à la maladie coromultidisciplinaire, dirigée par les Drs Nicolas Noiseux
narienne. Cette nouvelle procédure est moins invasive
et Samer Mansour, regroupant des chirurgiens
et peu coûteuse si on la compare à la transplantation
cardiaques et cardiologues du Centre de recherche
cardiaque, seul traitement actuellement disponible
du CHUM (CRCHUM), en collaboration avec des
pour aider les patients défaillants cardiaques. Les
collègues de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR),
chercheurs prévoient recruter 20 patients au total au
évaluent depuis peu la sécurité, la faisabilité et la
Québec dans la première phase. Un deuxième centre
fonctionnalité de l’injection de cellules souches
canadien à l’Hôpital général de l’Université de Toronto
dans le cœur de patients au moment où ils ont des
participera également à cette étude.
pontages coronariens. Ces cellules permettraient
L’équipe de recherche compte les investigateurs
d’améliorer la guérison et la fonction du cœur.
suivants du CRCHUM et professeurs à la Faculté de
Cette procédure expérimentale s’applique aux
médecine de l’Université de Montréal : les Drs Nicolas
patients souffrant de maladie cardiaque ischémique
où l’apport sanguin au cœur est diminué, et associée
Noiseux, Samer Mansour et Louis-Mathieu Stevens,
à une dysfonction du ventricule gauche. Ces patients
et de l’HMR, le Dr Denis-Claude Roy.
sont opérés à cœur ouvert par l’équipe de chirurgiens
Une vidéo de l’intervention est disponible à
cardiaques du CHUM. Un premier patient a reçu il y a
www.youtube.com/user/chumontreal NF
rs
C
30 l chumagazine Juin 2010
Parmi les conférenciers, les Drs Jacques Turgeon, directeur de la recherche, Manon Choinière, chercheuse en douleur chronique,
Fred Saad, chercheur clinicien, spécialiste du cancer de la prostate, et Charles Goyer, agent de brevet.
La propriété intellectuelle,
dites-vous ?
ne notion plutôt mal comprise que celle de propriété
intellectuelle, qui valait très certainement la peine qu’on
y consacre une demi-journée, organisée par le Centre
de recherche du CHUM (CRCHUM) le 26 avril.
Ce premier séminaire fut introduit par le directeur de la recherche M. Jacques Turgeon qui a d’abord expliqué l’importance
de la valorisation, premier terme à retenir sur le sujet. Rappelons
que la valorisation de la recherche, c’est l’ensemble des activités
facilitant la mise en valeur, commerciale ou non, de l’expertise
et des résultats issus de la recherche vers la société. Valoriser la
recherche, ce peut être la publication des résultats, des contrats
avec des entités publiques et privées, le transfert technologique
ou la commercialisation des résultats de la recherche par des
entreprises existantes ou nouvellement créées.
Valoriser, explique le Dr Turgeon, permet de maintenir la
compétitivité technologique, contribue au développement
économique, assure des nouveaux modes de financement, crée
des emplois. Cela permet au chercheur de faire bénéficier à tous
de l’avancement de ses recherches, de financer son équipe, lui
assure des revenus personnels, peut lui donner le goût de
l’aventure. C’est pourquoi le CRCHUM a créé un partenariat avec
Gestion Univalor, s.e.c., dont le mandat est d’accélérer le transfert
vers l’industrie des résultats de la recherche. Cette année, le
CRCHUM a reçu 14 déclarations d’invention. Univalor gère avec
le CRCHUM 33 brevets, 103 demandes de brevets et 61 dossiers
de valorisation actifs.
La chercheuse Manon Choinière a ensuite expliqué la mise sur
pied du Registre Québec Douleur, le seul au Québec, au Canada
et même au monde à accumuler des données sur tous les
patients des cliniques de la douleur des quatre grands centres
d’expertise de la douleur des RUIS, une extraordinaire base de
données accessibles à tous les chercheurs intéressés. À qui appartiennent les résultats de recherche de ce registre qui compte
55 membres réguliers, 30 associés et qui est subventionné par
des compagnies pharmaceutiques comme par le FRSQ? Un beau
cas de propriété intellectuelle en effet. Me Cindy Bélanger, avocate chez Heenan Blaikie, a ensuite fourni quelques données de
base pour bien comprendre le droit d’auteur, qui s’applique tout
U
au long de la vie de l’auteur et pendant 50 ans après sa mort.
La protection offerte par le droit d’auteur naît automatiquement
lorsque certaines conditions sont remplies et aucun enregistrement n’est nécessaire. Toutefois, il est possible d’enregistrer un
droit d’auteur auprès de l’Office de la propriété intellectuelle
du Canada (OIPC) pour un coût minime (50$). Le droit d’auteur
concerne notamment les œuvres littéraires, dramatiques, musicales, artistiques ainsi que les programmes d’ordinateurs.
À ne pas confondre avec une déclaration d’invention (DI) qui
est un document officiel essentiel au processus de valorisation.
Une fois la DI complétée, le processus d’accompagnement et de
valorisation est enclenché, comme l’ont expliqué l’ingénieur et
conseiller à la DSH, M. Saâd Hamidi, et le Dr Fred Saad, chercheur
clinicien. Les deux ont eu recours à l’aide du Bureau de la valorisation et des affaires juridiques (BVAJ) du CRCHUM et à Univalor,
l’un pour mettre en valeur un projet portant sur la traçabilité
des scopes, l’autre pour établir une relation d’affaires avec une
compagnie pour la commercialisation d’un test pronostic associé
au cancer de la prostate. La validation clinique de ce test a été
effectuée grâce au soutien financier du programme de maturation technologique du MDEIE.
M. Charles Goyer, agent de brevet chez Goudreau Gage
Dubuc, conseiller Ph. D. en biotechnologies, a finalement
expliqué ce qu’est un brevet: un droit d’exclusion qui empêche
d’autres de fabriquer, utiliser, vendre ou importer des produits
ou des procédés pendant des périodes déterminées, soit 20 ans.
Ce droit d’exclusion est donné à un inventeur pour des produits
et des procédés, ou des compositions de matières, des appareils,
des nouveaux usages de composés déjà connus et des améliorations de produits et des procédés, etc., en retour d’une divulgation complète de l’invention. Il a répondu aux nombreuses
questions de l’auditoire sur le sujet.
Une demi-journée fort instructive! CL
À surveiller :
Prix Esculape : 2-3 juin
Retraite des chercheurs : du 16 au 18 juin
chumagazine Juin 2010 l 31
Fondation
De gauche à droite : Parmi les participants au Défi CRCHUM, Vincent Poitout, An Tang,
Gilles Soulez, Claude Kaufman, Émilie Pépin, Thiery Alquier et Julie Amyot.
Défi CRCHUM :
on dépasse l’objectif
Cent cinquante-cinq marcheurs et coureurs du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) ont participé au Défi CRCHUM le
dimanche 18 avril dernier, au Parc Jean-Drapeau. Cette activité
de collecte de fonds, organisée par le CRCHUM avec l’appui de
la Fondation du CHUM dans le cadre du Défi Caritatif Banque
Scotia, a permis d’amasser la remarquable somme de 75 585 $
au profit de la recherche. Le CRCHUM a ainsi dépassé de plus
de 25 000 $ l’objectif qu’il s’était fixé.
Encouragés par les bénévoles et les passants, les participants
ont marché ou couru 5 km, ou encore fait le demi-marathon
de 21 km. Au total, près de 280 000 $ ont été amassés au profit
de 25 organismes de bienfaisance locaux. Parmi le lot, le
CRCHUM, qui en est à sa première participation au Défi, a
obtenu le meilleur taux de participation et a recueilli la plus
importante somme d’argent.
La 10e Classique
de golf
Les amateurs de golf pourront participer, le 13 septembre prochain, à la 10e édition de la Classique de golf de la Fondation
du CHUM. Cette année encore, l’événement se déroulera sur
le site enchanteur du Club Laval-sur-le-Lac où sont attendus
300 décideurs des milieux des affaires et de la santé.
Depuis ses débuts, la Classique de golf a recueilli près
de 11 M $ grâce au soutien d’entreprises et d’individus. Les
sommes recueillies dans le cadre de cette activité-bénéfice
permettront au CHUM d’acquérir de l’équipement afin de
toujours améliorer les soins aux patients.
32 l chumagazine Juin 2010
Pédalez
avec Lance
Armstrong
Une cinquantaine de cyclistes philanthropes
rouleront à Mont-Tremblant le 11 septembre
prochain pour le Tour de Lance des Cèdres.
Ces athlètes québécois parcourront 100 km aux
côtés de Lance Armstrong, sept fois champion
du Tour de France et survivant du cancer, et
feront ainsi la promotion de saines habitudes
de vie. L’activité, dont le thème est « Avoir du
cœur pour vaincre le cancer », a pour objectif
d’amasser des fonds pour appuyer les progrès
de la médecine reliés au cancer et à la santé
du cœur.
Le Tour de Lance est une activité organisée
par l’Institut des Cèdres contre le cancer au profit
des deux plus grands centre hospitaliers du
Québec, le CHUM et le CUSM.
Afin de prendre part à cette journée unique,
chaque participant à la randonnée (des particuliers, des chefs d’entreprises, des membres
d’organisations communautaires et autres)
s’engagent à verser une somme minimale
de 25 000 $, soit par un don personnel, soit
en faisant une collecte de fonds.
Pour en savoir plus, visitez tourdelance.ca
ou contactez Mme Marie Goubran de la Fondation du CHUM, au 514 890-8347.
Merci Enertrak
Le 12 mars dernier, la Fondation du CHUM a honoré
l’entreprise Enertrak qui, depuis cinq ans, appuie le projet
du CHUM au centre-ville. Cette entreprise familiale a remis
des dons totalisant 125 000 $. Cette somme contribuera
à doter le futur CHUM d’équipements à la fine pointe de
la technologie qui permettront aux spécialistes de la santé
d’offrir la meilleure qualité de soins.
La construction du Centre de recherche du CHUM
débutera incessamment, suivie de près par celle du centre
hospitalier. Le CHUM de demain accueillera un parc
technologique à l’avant-garde de la médecine intégrant
nombre de technologies émergentes.
Fondée en 1982 par M. Samir Trak et Mme Ada Trak,
Enertrak est un distributeur spécialisé en génie climatique.
Soucieuse de l’environnement, l’entreprise distribue des
équipements de climatisation, de chauffage et d’économie
d’énergie au Québec et dans les Maritimes. L’équipe
compte une trentaine d’employés.
M. Christian Paire, directeur général du CHUM, a tenu
à souligner l’engagement du couple d’entrepreneurs qui
appuie fidèlement ce projet depuis plusieurs années :
« Nous sommes heureux de constater, par cet appui financier d’Enertrak, l’engagement de la communauté au projet
du CHUM au centre-ville. Pour ce geste, permettez-moi
de vous témoigner la reconnaissance de notre équipe qui
travaille jour après jour à la concrétisation de ce projet. »
La Fondation du CHUM multiplie actuellement ses
efforts pour rallier le maximum de membres de la communauté des affaires à ce projet qui révolutionnera l’offre
de soins de santé au Québec. « Votre don constitue une
somme des plus généreuses. Il nous faut d’autres entrepreneurs engagés comme vous pour atteindre notre
objectif de campagne de 300 millions de dollars ! »,
a déclaré M. Ékram Antoine Rabbat, président-directeur
général de la Fondation du CHUM.
Ékram Antoine Rabbat, président-directeur général de la Fondation
du CHUM ; Karine Trak, Ada Trak et Samir Trak de l’entreprise Enertrak ;
Christian Paire, directeur général du CHUM. Photo Hernan Vietri
L’UdeM honore
la Fondation
Le 7 avril dernier, l’Université de Montréal a honoré la
Fondation du CHUM pour son don de cinq cent mille dollars
destiné à soutenir des chaires de recherche et d’enseignement. Ce don fait partie d’un engagement de plusieurs
années, qui a débuté en 2001, s’étendra jusqu’en 2020, et
totalisera en bout de ligne plus de 7,6 millions de dollars.
Ces chaires, dirigées par des chercheurs chevronnés
et de réputation internationale, s’intéressent à des spécialités médicales aussi variées que la médecine familiale,
l’arthrose ou la chirurgie thoracique, ou encore les sciences
infirmières. En plus de contribuer au rayonnement de
l’UdeM aussi bien qu’à celui du CHUM, leurs travaux
permettent de faire avancer les connaissances médicales,
et d’appliquer directement au chevet des patients les
dernières percées scientifiques.
Soulignons que la Fondation appuie la recherche et
l’enseignement au CHUM de diverses autres façons. Cette
contribution s’ajoute en effet au 1,25 million de dollars
remis au Centre de recherche du CHUM il y a quelque
temps. De plus, la Fondation octroie chaque année des
bourses afin d’encourager l’excellence et de permettre à
de jeunes chercheurs, médecins et professionnels de la
santé de se perfectionner à l’étranger. En fait, plus de
la moitié des quelque sept millions de dollars que la
Fondation remet chaque année au CHUM est consacrée
à la recherche et à l’enseignement, ce qui constitue son
plus grand engagement envers le centre hospitalier.
De gauche à droite : Gilles Dulude, président du C. A. de la Fondation,
le Dr Jean Lucien Rouleau, doyen de la Faculté de médecine de l’UdeM,
Me Patrick Molinari, président du C. A. du CHUM, Christian Paire, directeur
général du CHUM, la Dre Marie-Dominique Beaulieu, titulaire de la Chaire
Sadok Besrour en médecine familiale, Josée Côté, titulaire de la Chaire
sur les nouvelles pratiques en soins infirmiers, Ékram Antoine Rabbat,
président-directeur général de la Fondation, Donat J. Taddeo, vice-recteur,
développement et relations avec les diplômés, et Chantal Cara, vicedoyenne aux études supérieures et à la recherche en sciences infirmières.
chumagazine Juin 2010 l 33
brèves
DES MERCIS À PARTAGER
L’AGA DU COMITÉ
DES USAGERS
Le comité des usagers tient son assemblée
générale annuelle (AGA) le 21 juin 2010 au
Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu, de
17 h à 19 h, sous le thème Quelle place pour
les usagers ? M. Vincent Dumez, un patient,
présentera une conférence. L’AGA est suivie
d’un cocktail.
AU REVOIR,
DENISE GARCEAU
BIENVENUE CAROLE
BOURDON
À l’équipe du Centre de cardiologie préventive,
Je voulais vous témoigner toute mon appréciation
pour le travail que vous faites si bien. Après un an, avec
votre aide, je marche mieux, je bouge plus, et je me sens
en forme comme jamais. Merci à toute votre équipe,
et plus particulièrement à Mme Caroline Robichaud,
kinésiologue, pour les programmes d’exercices qu’elle
m’a proposés, qui m’ont tant fait de bien, et que je
continue d’inclure dans ma routine quotidienne.
À bientôt et en santé,
A. M.
Vous ou votre équipe avez reçu un message semblable de la part d’un patient et aimeriez le partager ?
Faites-le grâce à la nouvelle rubrique « Témoignages »
du site Internet du CHUM qui se trouve sous À propos
du CHUM / Nos patients / Témoignages.
Pour publier un mot de remerciement,
faites-le parvenir par courriel à :
[email protected]
LA CARICATURE DE BÉHA
Denise Garceau
Carole Bourdon
À l’occasion de la Semaine nationale de l’action
bénévole, des membres du conseil d’administration et les bénévoles se sont réunis pour
célébrer le travail auprès des personnes
atteintes du cancer et leurs proches. Cette
cordiale rencontre a également permis de
remercier chaleureusement Mme Denise Garceau
pour le travail accompli comme coordonnatrice
des bénévoles et directrice de VIRAGE (un
groupe d’entraide pour personnes atteintes de
cancer, viragecancer.org) de 2007 à 2010. Son
départ laisse de multiples héritages… de
connaissances, d’organisation, d’écoute, de disponibilité, d’amitié, de sincérité et de rigueur.
Son expérience de gestionnaire aguerrie a
énormément contribué à l’essor de l’offre et de
la qualité des services proposés à VIRAGE.
Mme Garceau est remplacée à son poste par
Mme Carole Bourdon.
34 l chumagazine Juin 2010
chumagazine Juin 2010 l 35