SSNPP-Info N°31 15.12.2011

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SSNPP-Info N°31 15.12.2011
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES
NATURELLES DU PAYS DE PORRENTRUY
2010
SSNPP – Info 31
-2–
SOMMAIRE
Procès-verbal de l’Assemblée générale de la SSNPP
du samedi 30 janvier 2010 ………...……………………………………….……
p. 3
Rapport 2009 de la Présidente ………………………...……………………....
p. 8
Rapport 2009 de la Section ornithologique ………………………….……..
p. 10
Fondation des Marais de Damphreux
Rapport d’activités 2009 et Programme 2010…………………....….………
p. 12
Statuts de la Société des Sciences Naturelles du Pays de Porrentruy…
p. 20
Un Faucon kobez en Ajoie ……………………………………………………..
p. 23
Sauvetage dans la falaise……..………………………………………….....….
p. 24
Instant de bonheur …………………….………………….….……………........
p. 26
Sauvetage d’une jeune Hirondelle de fenêtre…….....................................
p. 27
Étude des sols de Damphreux .……………………………………………….
p. 28
Crapauds calamites dans la Vallée de Delémont...………………………...
p. 30
Amphibiens en Ajoie – printemps 2010….…………………………………..
p. 33
Voyage de la SSNPP en Jordanie..……………………………………………
p. 36
Liste des oiseaux observés en Jordanie…….………………………………
p. 38
Portfolio Jordanie………..………………………………………………………
p. 40
Photos de couverture : Rouge-gorge (photo de Fabien Klötzli), site archéologique de Pétra, Jordanie, avril 2010 (Marlyse Bassin) ; Sortie SSNPP
dans le Jura vaudois, octobre 2010 (Muriel Schupbach) ; Paysage fleuri de Jordanie, avril 2010 (Lucie Lovis) ; Bruant des roseaux (dessin de
Joseph Chalverat)
Remerciements : Aux auteurs qui font vivre notre journal.
Aux illustrateurs et photographes. Aux relecteurs : Catherine Rebetez, Mano Lovis et Marlène Godinat.
Réalisation & mise en page : Fabien Klötzli
Tirage : 200 ex. - décembre 2010
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PROCÈS VERBAL DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SSNPP DU 30 JANVIER 2010
RESTAURANT DE LA GARE – VENDLINCOURT
Ordre du jour :
1.
2.
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4.
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7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
PV de l’AG du 31 janvier 2009
Rapport de la Présidente 2009
Rapport des sections 2009
Rapport de la Fondation des Marais de Damphreux (FMD) 2009
Rapport du caissier et des vérificateurs des comptes
Budget 2010
Révision des statuts
Activités 2010
Jordanie
Comité : démissions – élections
Nomination d’un vérificateur des comptes suppléant
Admissions – démissions – radiations
Fondation de l’Oiselier
Etang du Vannez – Chevenez/Haute Ajoie
Divers et imprévus
Présences : David Balmer, Arnaud Brahier, Marcel Challet, Joseph Chalverat, Micheline Clerc, Roland Corbat,
Sonja Eberhardt, Jean-Pierre Egger, Michel Juillard, Fabien Klötzli, Christian Monnerat, Florence Noirat,
Marie-Noëlle Lovis, Simon Lovis, Cédric Rebetez, Catherine Rebetez et Michel Rebetez.
Excusés : Philippe Bassin, David Balmer, Pierre Béguelin, Lucienne et Jean-Claude Bouvier, Alfred Brogli,
Anne-Marie Choulat, Damien Crelier, Josette et Jean Fernex, Sylviane Frund, Marie et Jean Gainon, Sonia
Gay, Jean-Pierre Gigon, Jean-Marie Gisiger, Jean-Paul Jolidon, Bernard Lachat, Lucienne Merguin-Rossé,
Yves Rebetez, Wiliam Saunier, Claude Surmont, Esther et Emmanuel Wermeille.
Marie-Noëlle Lovis, Présidente de la SSNPP ouvre la séance à 17h20 et salue les membres présents.
Elle rappelle le décès de Monsieur Jean Saucy (époux de Mme Trudy Saucy membre d’honneur de la SSNPP)
ainsi que de Monsieur François-Xavier Cattin.
1. PV de l’AG du 31 janvier 2009
Celui-ci a été publié dans le SSNPP-Info 30. Marie-Noëlle Lovis remercie son auteur, Fabien Klötzli.
2. Rapport de la Présidente
Le rapport de Marie-Noëlle Lovis figure en page 8 du présent SSNPP-Info.
3. Rapport des sections
Section ornithologie : Fabien Klötzli, animateur du groupe ornitho, passe en revue les activités 2009. Son
rapport est en page 10.
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Section dessin : Marcel Challet, animateur du groupe dessin mentionne que cette section est actuellement en
veilleuse, faute de participation suffisante. Toutefois, une activité de terrain a eu lieu au mois de novembre,
permettant aux dessinateurs de se familiariser avec les croquis en nature. Pour 2010, le but est d’organiser au
minimum 2 sorties avec les personnes intéressées.
4. Rapport de la Fondation des Marais de Damphreux
Jean-Pierre Egger, Président de la FMD présente son rapport d’activités et les nombreux événements de
l’année 2009. Marie-Noëlle Lovis remercie tout le comité de la FMD pour l’important travail accompli.
Le rapport annuel de la FMD figure en page 12.
5. Rapport du caissier et des vérificateurs des comptes
Simon Lovis, caissier, présente des comptes stables.
Les comptes ont été vérifiés début janvier 2010 par Jean-Paul Jolidon et Cédric Rebetez. Ils ont été tenus
avec rigueur et perfection. Simon Lovis est remercié pour son excellent travail par applaudissements.
BILAN AU 31 décembre 2009
SOLDE EN CAISSE
SOLDE AU CCP
COMPTE EPARGNE BCJ
COMPTE EPARGNE UBS
TOTAL
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
451.45
1954.48
14557.30
3994.35
20957.58
RECETTES
COTISATIONS ET DONS
Intérêts des différents comptes
Conférences
TOTAL
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
2345.00
77.65
430.00
2852.65
DEPENSES
IMPOTS ANTICIPES des différents comptes
SECTION DESSIN
SECTION ORNITHO.
MATERIEL
SECTION ENTOMO
LIVRES+MAT.
SECTION MYCOLOGIE
Ussm & Mycorama
ABONNEMENTS DIVERS
ADMINISTRATION
LOCAL
ACTIVITES, comptage et
Pique-nique
CONFERENCES
ASSURANCES
SSNPP INFO
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
-18.5
0.00
-18.00
0.00
-196.00
-404.05
-539.90
-400.00
-357.80
-570.00
0.00
-860.80
0.00
0.00
-3365.05
Fr.
Fr.
Fr.
2852.65
-3365.05
-512.40
Fr.
Fr.
20957.58
-21469.98
Fr.
-512.40
TOTAL
BILAN ANNUEL
TOTAL DES RECETTES
TOTAL DES DEPENSES
SOLDE (PASSIF)
FORTUNE AU 31.12.2009
FORTUNE AU 1.1.2009
DIMINUTION DE FORTUNE
bilan au 31 décembre 2009
bilan au 1er janvier 2009
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6. Budget 2010
Même budget qu’en 2009.
RECETTES
COTISATIONS
Aménat
Fr.
Plantation de buissons pour
la FMD
Fr.
Intérêts des comptes
TOTAL
2600
100
Fr.
2700.00
Fr.
-400
Fr.
-500
Fr.
-50
-200
DEPENSES
SECTION DESSIN
SECTION ORNITHO.
REVUE, MATERIEL, nichoirs
SECTION ENTOMO
SECTION MYCOLOGIE
USSM, KRYPTO, FONCT.
Fr.
ABONNEMENTS DIVERS
FRUCTUS, CCRP, JOURN.OFF.
Fr.
-500
ADMINISTRATION
COMIT,CCP, LOCAL, AFFR, ASS.,PHOTOC.
Fr.
-1900
ACTIVITES SSNPP
PICNIC, EXCURSIONS, CONF, COMPTAGE
Fr.
-1200
Fr.
-900
Fr.
-5650.00
Fr.
-2950.00
SSNPP INFO
TOTAL
DIMINUTION DE FORTUNE
7. Révision des statuts
Les statuts de la SSNPP, n’étant plus du tout à jour et plus en adéquation avec la situation actuelle de la
SSNPP, ceux-ci ont été révisés par le comité avec l’aide et les conseils de Marjorie Noirat, juriste.
Marie-Noëlle passe en revue les principaux changements. A l’unanimité, les nouveaux statuts sont approuvés
par l’Assemblée générale. Le comité devra encore régler quelques détails (nomination d’un(e) viceprésident(e) notamment).
Les nouveaux statuts figurent en page 20 de ce numéro.
8. Activités 2010
Marie-Noëlle Lovis présente brièvement les activités 2010 et remercie Fabien Klötzli pour l’élaboration de cet
alléchant programme 2010 :
Dimanche 17 janvier 2010 : Recensement des Oiseaux d’eau et des Rapaces hivernants
Mercredi 20 janvier 2010 : Ecrans Natures « Pinsons du Nord … la nuée fantastique » de Claude Nardin
Samedi 30 janvier 2010 : Assemblée générale ordinaire de la SSNPP
Mercredi 10 février 2010 : Ecrans Natures « Le Massif jurassien au fil des saisons » de Muriel Schupbach
Samedi 13 février 2010 : Pose, nettoyage et remplacement de nichoirs
Mercredi 10 mars 2010 : Ecrans Natures « A l’affût des Rocheuses canadiennes » de Jean-Lou
Zimmermann
 Samedi 13 mars 2010 : Recensement de batraciens (ouvert au public)
 3 au 12 avril 2010 (Vacances de Pâques) : Voyage SSNPP en Jordanie
 Dimanche 21 mars 2010 : Sortie ornithologique au Fanel – Lac de Neuchâtel
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Samedi 24 avril 2010 : A l’aire du faucon pèlerin
Dimanche 2 mai 2010 : Petit Matin de l’Oiseau Chanteur (ouvert au public)
Samedi 8 mai 2010 : Découverte des chants de batraciens
Dimanche 30 mai 2010 : Matinée ornithologique en Ajoie
Mercredi 23 juin 2010 : Excursion faune et flore au Petit Chasseral
Dimanche 12 septembre 2010 : Journée Migration (ouvert au public)
Octobre 2010 (date encore à définir) : Week-end dans le Jura Vaudois
Octobre 2010 (date encore à définir) : Découverte des sols – région de Damphreux avec Michel Friedli
Automne 2010 (date encore à définir) : Sortie mycologique avec la Société Mycologique d’Ajoie (SMA)
D’autres propositions sont émises :
- Catherine Rebetez propose de coupler le pique-nique avec la Journée migration (puisque celle-ci a
maintenant lieu début septembre)
- Sonia Eberharter souligne l’absence de sortie enfants en 2010. Marie-Noëlle Lovis mentionne que la sortie
2009 n’a pas eu de succès et par conséquent, ce type d’activité ne sera par reconduit chaque année. Par
contre, il est possible que la SSNPP s’allie avec d’autres associations (par ex., Pro Natura ou le WWF) pour
organiser des sorties enfants conjointes. Lucienne Merguin-Rossé relève qu’il existe déjà de nombreuses
activités nature pour les enfants dans le Jura, notamment à Delémont par Sylviane Frund et au Centre Nature
des Cerlatez, et ceci en plus des activités déjà connues de Pro Natura et du WWF.
Cerf (dessin de Joseph Chalverat)
9. Jordanie
Evènement 2010 : la SSNPP partira à la découverte de la Jordanie durant les vacances de Pâques 2010. Les
inscriptions sont désormais closes avec 13 participants prêts à découvrir ce magnifique pays durant une
dizaine de jours. Christian Monnerat, initiateur du projet, présente très brièvement les principaux sites qui
seront visités.
10. Comité : démissions – élections
Après 15 années au sein du comité, Christian Monnerat a donné sa démission.
Marie-Noëlle Lovis lit sa lettre de démission dans laquelle Christian relève les excellentes années passées au
comité, notamment les campagnes de baguage d’oiseaux à Damphreux entre 1996 et 2001 ainsi que le
voyage SSNPP au Maroc. Au nom du comité, Fabien Klötzli remercie Christian pour le travail accompli et
souligne également ses connaissances incroyables de biologiste et d’homme de terrain qu’il a mises à
disposition de la SSNPP et des ses membres. Une attention lui est remise sous les applaudissements de
l’Assemblée. Pour le remplacer, c’est avec joie que Marie-Noëlle Lovis annonce l’arrivée de Michel Friedli de
Porrentruy, qui va désormais siéger au comité de la SSNPP.
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En 2010, celui-ci se composera de :
Présidente : Marie-Noëlle Lovis
Caissier : Simon Lovis
Secrétaire : Fabien Klötzli
Assesseurs : Michel Rebetez, David Balmer, Marcel Challet, Florence Noirat et Michel Friedli
11. Nomination d’un vérificateur des comptes suppléant
Christian Monnerat s’annonce avec enthousiasme (un rôle qu’il attendait depuis 15 ans …)
En 2010, Cédric Rebetez et Jean-Pierre Egger seront les vérificateurs.
12. Admissions – démissions – radiations
En 2009, la SSNPP a enregistré 3 admissions, 1 démission et 6 exclusions (pour non-paiements des
cotisations depuis plus de 4 ans).
13. Fondation de l’Oiselier
Le projet de Messieurs Hervé Benard et Joseph Chalverat concernant la création d’un « Hôpital pour oiseaux à
Porrentruy » rencontre un réel enthousiasme.
Ce projet n’est pas encore totalement finalisé mais la SSNPP va le soutenir activement et va déléguer Marcel
Challet pour la représenter au sein de cette future association.
Guepinia helvelloides (photo Marcel Challet)
14. Etang du Vannez – Chevenez / Haute Ajoie
La SSNPP a reçu une demande d’aide financière de la part de la commune de Haute-Ajoie concernant la
remise en état de l’étang du Vannez à Chevenez.
Selon Lucienne Merguin-Rossé, il semble toutefois que les fonds ont aujourd’hui été trouvés. Par conséquent,
la SSNPP participera financièrement à ce projet uniquement si cela s’avère nécessaire.
15. Divers
- Marie-Noëlle Lovis lit une lettre envoyée par la SSNPP à l’Office de l’Environnement pour prendre acte de
leur nouvelle structure.
- Simon Lovis parle de la future cessation des activités du Mycorama de Cernier/NE. Malheureusement, ce
projet n’a pas peu être sauvé de la faillite.
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- Catherine Rebetez souhaite de plus amples informations concernant le projet de surveillance/interdiction des
falaises aux varappeurs durant la reproduction du Faucon pèlerin. Simon Lovis, qui suit les débats pour la
SSNPP dans les différentes commissions, mentionne que les consultations avec le Canton et les associations
concernées touchent à leur fin. Une décision sera prochainement prise. Le but étant d’interdire l’accès à
certains sites sensibles (nombre très restreint) aux varappeurs entre février et juin.
- Lucienne Merguin-Rossé mentionne la prochaine Assemblée générale de Pro Natura Jura qui aura lieu le 19
mars 2010 et souligne la fructueuse collaboration entre Pro Natura et la SSNPP.
En remerciant les membres présents, Marie-Noëlle Lovis, Présidente, clôt cette Assemblée 2010 sur le coup
des 19h00.
Après un délicieux repas, Laure Bassin, étudiante en archéologie, nous emmène à travers son parcours
universitaire à la découverte de fabuleux sites de Sibérie, Mongolie et Soudan où elle a eu l’occasion de
participer à diverses fouilles. Un voyage dans le temps absolument passionnant !
Fabien KLÖTZLI
Secrétaire
RAPPORT 2009 DE LA PRÉSIDENTE
Cher amis,
C’est un bilan sympathique de nos activités que je suis en mesure de vous soumettre pour clôturer la fin de
l’an 2009.
Notre société a proposé un programme varié et intéressant :
-
Le recensement des oiseaux d’eau et des rapaces hivernants : un prétexte pour une marche et une
rencontre avec à la clé un délicieux repas.
La nuit de la chouette, succès incontestable auprès de la population.
Une nouveauté avec une découverte et l’identification des batraciens est un beau succès.
Une journée pour les enfants qui n’a pas rencontré un grand succès, mais fut agréable tout de même.
La sortie au Creu-du-van : frisquette, mais appréciée par les participants.
Une belle conférence de Jacques Ioset en collaboration avec le Musée des sciences naturelles et Pro
Natura.
Une sortie nocturne à la découverte des chauves-souris, mammifères fascinants.
Une balade ornithologique en Ajoie … comme on les aime.
La journée internationale de la migration, réunissant aussi peu de participants que d’oiseaux !
L’excursion à la Combe de l’A où les cerfs se sont laissés désirer.
Une matinée de découverte des sols ajoulots, à reprogrammer absolument.
Une sortie du groupe dessin au Dälhözli à Berne pour croquer formes et postures.
Le nombre de participants aux activités et des membres n’évolue pas, mais c’est toujours la convivialité qui est
aux rendez-vous de nos rencontres.
Votre comité s’est retrouvé à 5 reprises et je remercie ceux qui ont fait l’effort de participer. Un merci particulier
à Fabien Klötzli pour la tâche de secrétaire qui représente un « gros morceau » et pour Simon Lovis qui lui
aussi assume un important travail, celui de la gestion des comptes.
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Suite à la réflexion que nous avons menée au sein du comité nous vous confirmons que nous allons privilégier
les activités de terrain et naturalistes et que nous n’assumerons pas de prise en charge de dossiers lourds.
Nous poursuivrons la collaboration avec le Musée jurassien des sciences naturelles et son nouveau
conservateur M. Jacques Ayer, ainsi qu’avec Pro Natura, comme nous l’avons fait pour la conférence de
septembre dernier et avec les Ecrans natures mis sur pied par le Musée. Au cours de cette manifestation nous
avons notamment revu avec bonheur les images de Claude Nardin sur les Pinsons du Nord et nous aurons le
plaisir d’y découvrir les images que Muriel Schupbach – membre de notre société et illustratrice du SSNPP
Info- présentera sur le Massif jurassien.
Nous envisageons de collaborer – si nécessaire - avec la cellule « surveillance environnementale » de l’Office
de l’Environnement et nous tenterons une plus large ouverture au public.
Quant aux expositions qui ont fait la réputation de notre société, il faut bien admettre qu’elles ne peuvent être
réalisées en ce moment : nous n’avons plus les ressources humaines nécessaires.
Nous vous avons concocté un intéressant programme 2010 et espérons que vous participerez. Nous vous
lançons également un appel pour nous proposer des activités qui pourraient vous plaire et, surtout, pour que
vous transmettiez notre programme d’activités 2010 à d’autres en espérant susciter leur intérêt.
J’avoue ne pas tenir à faire des grands discours quant aux pitoyables résultats des dirigeants planétaires
devant l’état de la Terre et de l’humanité, tout comme je ne tiens pas à aborder le réchauffement climatique,
l’arrogance du monde de la finance et des milieux agricoles et tant de sujets douloureux.
Comme bien d’autres, je m’accroche à quelques bouées, à des coques de noix, comme notre jardin familial et
sa prairie fleurie. Les jonquilles sauvages que nous avons sauvées se sont ressemées. Je savoure l’explosion
des épilobes en été ainsi que les marguerites et les bouillons blancs qui ont « pollués » la pelouse du voisin et
qu’il a conservés. Je me régale des abeilles sauvages qui ont colonisé les logis que nous leur avons proposés
et j’attends avec impatience les premiers martinets de notre colonie tout comme les jeunes sitelles et
mésanges qui quitteront notre humble arche de Noé.
Aujourd’hui, sans jouer à l’autruche, ni porter des œillères, sans angélisme non plus, je veux continuer à
m’émerveiller de ce qui m’apporte beaucoup de plaisir : la nature et l’amitié que je partage avec vous.
Marie-Noëlle LOVIS
Présidente
Epipogium aphyllum, Epipogon sans feuilles (photo
Michel Juillard)
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RAPPORT 2009 DE LA SECTION ORNITHOLOGIQUE
18 janvier 2009 : Recensement des oiseaux d’eau et des rapaces hivernants
Comme d’habitude un succès pour cette activité hivernale consacrée aux recensements des oiseaux sur les
différents cours d’eau et étangs d’Ajoie et du Clos-du-Doubs.
Les résultats 2009 ont montré de très faibles effectifs d’oiseaux hivernants, ceci toutes espèces confondues. Il
est évident que l’hiver 2008-2009, particulièrement froid et enneigé a été très difficile pour de nombreuses
espèces.
Les faits marquants :
-
Grèbe castagneux : seulement 3 individus sur le Doubs ;
Canard colvert : 202 ind. au total; ceci principalement à cause du gel des étangs ajoulots ;
Sarcelle d'hiver : 8 ind. sur la Coeuvatte - faible effectif, c'est habituellement des groupes de 25-30 qui
hivernent sur ce site;
21 Buses variables et 8 Milans royaux : c’est peu !
Martin-pêcheur d'Europe : 3 ind. ;
Cincle plongeur : 29 oiseaux - en-dessous de la moyenne ;
Des effectifs de Mésanges nettement en-dessous des moyennes ;
Absence complète du Pigeon ramier et de la Bergeronnette grise ;
A noter : 1 Gélinotte des bois dans le Doubs : une première pour nos recensements !
Au terme de cette froide matinée d’observation, la 30aine de participants s’est retrouvée au stand de tir de
Vendlincourt pour déguster une magnifique picroute garnie, préparée par Michel Rebetez.
14 mars 2009 : Nuit de la Chouette
(en collaboration avec le Musée des Sciences Naturelles de Porrentruy)
« Découvrir le monde méconnu des rapaces nocturnes », tel est le but de cette nouvelle édition de la
désormais traditionnelle Nuit de la Chouette. Ayant simultanément lieu en une 15aine de sites de Suisse
romande et de France voisine, cette édition 2009 fur marquée par une météo difficile et surtout par un certain
retard dans la reproduction des chouettes et hiboux (ceci à cause d’un mois de mars particulièrement froid et
enneigé).
Cependant, la cinquantaine de participants venus toujours aussi nombreux ne fût pas déçue. Après une
première partie théorique dans les locaux du Musée jurassien des Sciences naturelles, plusieurs groupes ont
été formés et dirigés sur le terrain. A la clef, des observations et écoutes de 5 espèces : Chouette hulotte,
Chevêche d’Athéna, Effraie des clochers, Hibou moyen-duc et Hibou grand-duc. Un grand merci à Joseph
Chalverat, conservateur du Musée de Porrentruy pour la mise à disposition des locaux et aux différents
animateurs de la SSNPP qui ont conduit le public sur le terrain.
13 septembre 2009 : Balade ornithologique en Ajoie
Une dizaine de participants pour une matinée d’observation aux étangs de Bonfol. Le mois de septembre
correspond au pic de migration de nombreuses espèces sur le départ pour le sud. Les limicoles étaient au
rendez-vous avec la présence de Chevalier guignette, culblanc, sylvain et de Petit Gravelot. Quelques détails
sur cette sortie ont déjà été publiés dans le SSNPP-Info N°30.
SSNPP – Info 31
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4 octobre 2009 : Journée migration
Cette journée migration 2009 restera définitivement dans les anales pour sa quasi …. absence de migration !
Une météo bien compliquée avec un ciel bas, du vent et des températures basses pour la saison ne sont pas
étrangers à ce piètre constat !
Les 5 membres de la SSNPP venus sur les hauts de Cornol (site du Montgremet) pour observer la migration
furent contraints de s’avouer vaincus !!! Il y a des jours comme ça …
Quelques observations ornithologiques 2009
Dans un cadre plus large que celui des
activités de la SSNPP, relevons quelques
observations ornithologiques remarquables
de cette année 2009.
Le début de l’année 2009 fut marqué par le
retour des Jaseurs boréaux avec plusieurs
observations, notamment dans les
Franches-Montagnes et en Ajoie. Comme
toujours, de magnifiques observations de
cet oiseau venu du Nord.
La surprise de l’hiver vint toutefois de la
Mouette tridactyle, espèce très pélagique
Un Grand Corbeau prédatant un oeuf (photo Jean-Loys Comte)
qui a fourni de nombreuses mentions en
Suisse (surout sur les lacs) à la mi-janvier
2009 suite au passage d’une forte tempête sur les côtes atlantiques. Le Jura ne fut pas en reste puisque 3
oiseaux furent d’abord notés à Biaufond ; dont 1 retrouvée morte et 1 autre très affaiblie (Valère Martin, Martial
Farine & al.) ainsi qu’un individu également très affaibli sur l’Allaine à Courtemaiche (Philippe Fallot).
Deux espèces particulièrement rares furent observés ce printemps. Le 22 avril, un Gobemouche à collier mâle
est noté à St-Brais (Stéphane Theytaz) et le 2 mai un Pipit à gorge rousse est repéré à Vendlincourt (Damien
Crelier).
L’automne est placé sous le signe de la migration avec le suivi du site des Sommêtres (Le Noirmont) par les
ornithologiques francs-montagnards qui fournit son lot de belles observations automnales : Bondrées, Busards
des roseaux, Busard St-Martin, Balbuzard, Cigognes blanches et noires, Alouette lulu, … mais, une fois n’est
pas coutume, ce sera le Pigeon ramier qui constitue l’événement ornithologique 2009. Le 19 octobre 2009
durant 1h10 d’observation, ce sont environ 63'000 ramiers qui furent comptabilisés sur le site des Sommêtres
(Martial Farine) et 51'500 sur le site de St-Brais (Stéphane Theytaz). Un flux exceptionnel !
Enfin, terminons par le site des Montoyes. En 2009, aucune nouvelle espèce ne fut observée sur le site malgré
le suivi quasi journalier de Jean-Marie Gisiger. Par contre, de belles observations, notamment de Bécassine
sourde, Grande Aigrette, plusieurs limicoles et canards de surface.
Fabien KLÖTZLI
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FONDATION DES MARAIS DE DAMPHREUX
Rapport d’activités 2009 et programme 2010
La Fondation des Marais de Damphreux (FMD) a connu une année 2009 riche en activités et en réalisations.
Elle regrette que des procédures engagées depuis de nombreuses années n'aient pas encore trouvé d’issues
conformes à la législation (zones tampon, chemin agricole de «En Pratchie»). Ces procédures en cours
rendent difficile notre relation avec le Conseil communal de Damphreux dans lequel les intérêts paysans sont
fortement représentés.
Les étangs des Coeudres, achetés en 2007, ont connu leur deuxième saison de revitalisation. Les étapes 1 et
2 sont achevées, les digues de l’étang aval (no 1), central (n° 2) et méridional (n° 6) sont terminées. Les
ouvrages de vidanges de ces étangs sont opérationnels. La réalisation de l’étape 3, étangs septentrionaux
(n° 3, n° 4 et n° 5), est prévue pour 2010.
Dans le marais «En Prâtchie», la première mare a été mise en eau durant l’hiver 2007-2008. Le plan d’eau
joue bien son rôle pour la reproduction des batraciens.
1.
Damphreux
1.1. Acquisition de terres
Durant l’année 2009 aucun terrain n’a été acquis par la Fondation sur le ban de Damphreux
1.2. Zones tampon
Le 28 novembre 2007, la décision de la Chambre administrative du Tribunal cantonal sur les zones tampon a
été remise aux différentes parties. Les considérants donnent très largement raison à la FMD. Les zones
tampon devront correspondre aux délimitations proposées initialement en décembre 2000, par le Bureau
Natura.
Le 22 décembre 2008, la FMD s’est manifestée auprès du Service de l’Aménagement du Territoire (SAT). Elle
apprend que deux démarches ont été entreprises durant 2008 :
1) Comparaison économique a été calculée entre différentes utilisations possibles (intensives ou prairie
maigre) des terres mises en zone-tampon d’une exploitation riveraine du marais de «En Pratchie».
2) Mandat a été donné par l'Office cantonal de l’Environnement (ENV) au bureau Biotec pour la
détermination des emplacements des couloirs à batraciens.
Le 17 avril 2009, le Service de l’Aménagement du Territoire (SAT) informe des aménagements qu’il propose
aux acteurs concernés conformément à la décision de la Chambre Administrative du Tribunal cantonal.
Le 26 avril, la FMD accepte la proposition du SAT et demande que les indications concernant le suivi de
l’efficacité des mesures soient prises en considération.
Le 2 juillet, le SAT nous demande de prendre position sur les trois points suivants :
 Légère correction des limites de zones tampon, tout en maintenant la surface en zone tampon identique.
 À la Fontaine au Roi, l’agriculteur concerné a l’intention de mettre l'ensemble de sa parcelle en pâturage
et de faire bénéficier le bétail de la source. Ainsi la parcelle 2207 devient un sous-périmètre PNe.
 Couloirs à Batraciens sous les Côtaies, regroupement des deux couloirs en un seul.
Le 9 juillet la FMD accepte les conditions du SAT avec les commentaires suivants :
1. La FMD est d’accord pour la correction des limites extérieures des zones tampons. Nous demandons
que ces ajustements correspondent à ce qui a été présenté à la FMD par l’Office de l’Environnement
(ENV) précédemment.
2. Sur la parcelle 2207 (incluant une zone tampon et un passage à batraciens) la FMD demande que
l’ensemble de la parcelle soit mis en pâturage extensif (PNe).
SSNPP – Info 31
- 13 –
3. La FMD accepte la réunion des deux couloirs à batraciens sur la parcelle 2156. Une conséquence
sera que les eaux de la source méridionale seront moins protégées. Des analyses effectuées sur les
eaux provenant de cette source par le Laboratoire cantonal montrent des taux de nitrate élevés. Nous
demandons, que le bilan de fumure de cette parcelle soit suivi annuellement au moyen des
instruments (analyse et conseils) prévus par l’OPD RS 910-13 par les services compétents.
Le 7 août 2008, le SAT rend sa décision et modifie les plans de zone «Nature et Paysages» des communes de
Damphreux et Beurnevésin en conséquence. Cette décision reprend notre revendication d’aménagement du
site de la Fontaine au Roi, mais ne tient pas compte de nos autres demandes. Néanmoins la décision n’est
pas contestée par la FMD, ni par les autres acteurs concernés. La mise en place des mesures proposées
s’avère très lente, aucune décision concrète n’est prise depuis.
1.3. Concept de guidage des visiteurs.
En août 2007, un mandat pour réaliser un concept de guidage des visiteurs des sites des «Coeudres» et de
«En Prâtchie» a été donné au bureau l’Aubépine, au Noirmont. Ce concept de guidage doit permettre de
répondre à la curiosité des visiteurs, en évitant une pression trop forte sur la biodiversité locale :
a)
b)
c)
d)
information sur le site précisant ses valeurs et sa sensibilité ;
ligne de conduite à respecter ;
lieux de parcage conseillés (dans le village ou vers les grandes buttes d’observations) ;
parcours de visite à pied, possibilités d’observations plus rapprochées (pour les ornithologues ou les
photographes).
Ce concept donne la priorité à la tranquillité du site. Il nécessite peu de suivi, vu que les visiteurs sont guidés
et informés tout au long du parcours. Durant le printemps et l’été 2009 le concept a été affiné et prévoit deux
postes d’observation : au Sud-Ouest de l’étang 2 et à
l’Est du secteur amont de l'étang 2.
Travaux en cours aux étangs de Damphreux, 2010 (photo Jean-Pierre
Egger)
1.4. Taux de nitrate dans l’eau
En 2008, des échantillons d’eau prélevés à différents
endroits des communes de Coeuve et de Damphreux
ont été analysés par le Laboratoire cantonal. Les
résultats ont été mis en valeur et un article sera publié
début 2010 dans les Actes 2009 de la Société
jurassienne d'émulation (SJE) et dans les Annales du
cercle des études scientifiques de la SJE. Les trois sources qui alimentent les étangs montrent des valeurs de
l’ordre de 30 mg de NO3 par litre quelle que soit la saison. Les valeurs enregistrées en aval des étangs sont de
l’ordre de 1 à 10 mg.
Les principales conclusions que nous pouvons tirer de ces observations sont les suivantes :
a) Dans des zones de prairies extensives et de pâturages, les étangs alimentés par l'eau de pluie et la
nappe phréatique contiennent peu de nitrates avec des valeurs très faibles allant de négligeables à
1 mg/l.
b) Les étangs situés en aval d'autres étangs ou de marais sont un peu moins contaminés que ceux qui
sont situés en amont.
c) Nous constatons un effet épurateur des marais et des étangs. La FMD, avec la revitalisation des
marais et des étangs, joue un rôle clé dans l'épuration des eaux de la vallée de la Coeuvatte. Les
sources et les étangs situés en amont sont souvent hypertrophes ; les ruisseaux, les plans d'eau et les
marais retiennent les nutriments azotés.
SSNPP – Info 31
- 14 –
d) Les sources situées à l'est des étangs des Coeudres sont très contaminées (30 mg/l) en raison des
grandes surfaces de terres ouvertes dans les champs situés sous les Côtaies et sur le plateau de
grandes cultures de Bonfol - Vendlincourt. Par contre la source de la Chèvre Morte située dans un
pâturage montre une contamination 3 fois moins élevée de 10 mg/l.
e) Sous la forme de nitrates, l'azote est un indicateur facile à déceler dans l'eau. Sa forte présence laisse
supposer d'autres contaminations notamment par des produits phytosanitaires.
f) En 2008, les résultats des analyses confirment la forte contamination des sources en nitrates et
justifient les mesures coûteuses de purification décidées dans le cadre des travaux de revitalisation.
g) Les nitrates, lorsqu'ils se transforment en nitrites, peuvent être très toxiques pour les larves
d'amphibiens. Des études nord-américaines montrent que la teneur en nitrates ne devrait pas
dépasser 13 mg/l pour permettre le bon développement des larves d'Amphibiens qui se trouvent dans
les étangs.
1.5. Relation avec les agriculteurs
Nous notons toujours des pratiques agricoles inadaptées qui provoquent érosion, sédimentation de terre et
d’argiles, eutrophisation des marais et des étangs. Ces pratiques sont préoccupantes pour l’évolution de la
diversité botanique du marais et de la santé biologique des étangs.
Une minorité d’agriculteurs joue la carte d’une stratégie «perdante». Pertes en terre (érosion) et en argent
(application exagérée d’engrais), perte de diversité biologique. Cette stratégie aberrante est pratiquée sous
l’œil indifférent du service cantonal de l’économie rurale (ECR), qui a de la peine à considérer l’ensemble de
son mandat constitutionnel (article 104 de la Constitution fédérale).
Des études économiques réalisées ces deux dernières années par la Fondation Rurale Inter-jurassienne (dont
une réalisée pour les zones tampon à Damphreux) présentent des simulations d’utilisation des sols. En tenant
compte des instruments de soutien de l’État à l’agriculture, une utilisation extensive des terres, dans des zones
protégées ou tampon s’avère plus profitable financièrement et plus durable pour les agriculteurs que des
cultures intensives. Dans le cas de Damphreux, la surface UGBFG1 est même augmentée.
L’ensemble des baux FMD des agriculteurs de Damphreux a été dénoncé en octobre, de nouveaux baux
seront négociés au printemps 2010, pour la période 2011-2016.
1.6. Marais de «En Prâtchie»
1.6.3. GR 14
La question de l’aménagement du chemin Gr. 14 «En Prâtchie» reste en suspens.
Le 4 mars, la FMD est convoquée à une seconde séance de conciliation relative à son opposition au Gr 14 où
elle réaffirme qu’elle n’est pas favorable à l’aménagement de ce chemin à l’intérieur du marais. Les parties
proposent un mandat au bureau d'hygrogéologie MFR pour définir quelle est la meilleure façon de desservir
les parcelles. Un cahier des charges et une offre nous sont adressés le 27 avril. Le contenu du cahier des
charges est acceptable pour la FMD.
Le SAF et l’ECR ne donne pas le feu vert à l’étude et la procédure est, depuis, au point mort.
1.6.4. Aménagement et construction éventuelle d’une deuxième digue
L’implantation d’une deuxième digue, a été discutée avec le bureau Biotec. Le bien fondé de cette construction
est partiellement remise en cause. Le colmatage des drains s’avère une solution plus compatible, il permettrait
l’élévation de la nappe superficielle. Une seconde petite mare pourrait être construite en amont du marais.
1
Unités Gros Bétail Fourrage Grossier : Référence pour définir le nombre de tête de bétail susceptible d’obtenir des payements directs
SSNPP – Info 31
- 15 –
1.7. Étangs des «Coeudres»
1.7.1. Étape 1 : étang n° 2 (central) et étang n° 6 (amont méridional)
a) Génie végétal :
Étang 2 : Au début de l’automne, avant la mise en eau, la végétation de l’année est coupée et exportée de
l’étang pour être compostée
Étang 6 : Un géotextile est mis en place, pour diminuer les effets du batillage, sur la berge de la digue et la
berge ouest.
b) Génie civil
Étang 2 : Les travaux reprennent le 12
janvier 2009 : construction de l’ouvrage de
vidange, mise en place d’un radier,
construction du moine, creusage d’une
tranchée, coulage du béton maigre du noyau
anti-rats musqués, enrochement latéral.
L’étang est mis en eau début novembre, il
est plein le 22 décembre.
Étang 6 : Construction du batardeau de la
digue, muret en béton maigre. Mise en eau
en mars. Une fuite constatée est obstruée en
août. Le bassin filtrant situé en amont de
l’étang 6 est creusé, un géotextile et un drain
sont posés et le bassin est comblé de
gravier. En mars, des roseaux y sont plantés.
Construction des digues, étangs de Damphreux, printemps 2010 (Jean-Pierre Egger)
1.7.2. Etape 2 ; étang no 1 (aval)
a) Génie végétal
Le lundi 17 août 2009, l'entreprise Aménat a commencé le débroussaillage et le fauchage. Les branches et les
troncs ont été mis à disposition de Thermobois. Le dessouchage est réalisé à la pelle mécanique. Une partie
des souches est déchiquetée, le solde est mis en décharge. Une partie de la roselière a été conservée ainsi
que la grande majorité des touradons de Carex paniculata.
b) Génie civil
L’interdiction momentanée d’utiliser le chemin communal a permis d’apporter l’eau, le béton et la marne à
opalines jusqu’au pied de la digue, par la prairie située au Sud.
Les travaux de génie civil proprement dits ont débuté début septembre:
a) Le décapage des surfaces, utilisation des mottes pour la végétalisation de la digue 1;
b) La digue latérale sud-ouest de l'étang est rasée, matériel utilisé pour renforcer la digue sans
exporter de déblais ;
c) La digue existante a été renforcée, pose d’un revêtement de marnes à opalines. Les digues sont
réalisées en pente douce. Un noyau en béton maigre a été coulé à l’intérieur de la digue ;
d) Un curage partiel de l’étang est réalisé. Le matériel a servi à renforcer et adoucir la pente de la
digue frontale;
e) L’ouvrage de vidange de l’étang 1 a été réalisé sur le même modèle que celui de l’étang 2.
f) De manière analogue à la digue de l’étang 2, la fin de la digue au Sud-Ouest est abaissée pour faire
office de trop-plein.
SSNPP – Info 31
- 16 –
1.7.3. Etape 3 ; étangs no 3, 4, 5 (amont-septentrionaux)
Dans la perspective de leur assainissement les étangs 3, 4 et 5 ont été vidangés, mi-novembre. Quelques
poissons survivants ont rejoint l'étang 2.
Dépenses engagées pour l’achat des étangs et les travaux de revitalisation des étapes 1 et 2, depuis
2006.
Pour l’achat des étangs et la réalisation des étapes 1 et 2, une somme de CHF 976’000 a été budgétée. Les
dépenses supplémentaires suivantes ont été décidées par le Conseil de Fondation (CF) :
 Transports et frais dus à l’entreposage intermédiaire, à la Combe Vatelin, des marnes à opaline :
environ CHF 45'000.
 Construction de moines des étangs 1 et 2 : CHF 25’0000.
 La coupe de la végétation de l’étang 2, compostage : CHF 6'000.
 Le curage supplémentaire de l’étang, aménagement de buttes :CHF 10'000.
1.7.4. État des dépenses et budget
Dans l’état actuel du projet, une somme de CHF 1'028'457.15 a déjà été investie (tab. 1).
Type de dépenses
Achat des étangs
Frais de la fondation
Recherche de fonds
Concept visiteurs
Études diverses
Permis et frais de géomètre
Bureau d’études et encadrement
du travail (BIOTEC)
Génie végétal (AMENAT +
Gisiger)
2006
40'000.00
173.00
5'300.00
0.0
0.0
2007
244’914.00
2'613.90
5'800.00
3'200.00
2'000.00
2008
1'700.00
15’485.20
6'100.00
3'317.80
2009
0.0
22'273.40
0.0
0.0
0.0
TOTAL
286'614.00
40’545.50
17'200.00
3’200.00
5’317.80
0.0
7’912.30
1'343.90
904.70
10'160.90
0.0
1'981.60
26'673.85
31'316.25
119'971.70
Génie civil (BASA)
0.0
0.0
84’156.35
43'127.50
127’283.65
Total
0.0
0.0
126'600.95
291’562.95
418'163.60
45’473.00
328'421.80
265’378.05
389'184.80
1’028'457.65
Tableau 1. Récapitulatif des coûts de 2006 à 2009
L’offre pour l’étape 3 (étangs n° 3, n° 4 et n° 5) nous a été remise le 3 novembre 2008 par le bureau BIOTEC
(tab. 2).
Désignation
Détail
Etude BIOTEC
Exécution, gestion et suivi des travaux, séances de
coordination
3%
10 %
Frais
Rabais
Total BIOTEC
Travaux BASA (Génie civil)
Travaux AMENAT (Génie
végétal)
Total des travaux
Total des études et des travaux
TVA 7,6 %
Coût total net
Ensemble des travaux
Ensemble des travaux
Tableau 2. Devis de l’étape 3, établi par le bureau BIOTEC. État au 6,1,2010.
Total
De l’étape 3
(CHF)
33'000.00
1'000.00
3'400.00
30'600.00
195’000.00
29'000.00
224’000-00
254’600.00
19'400.00
274‘000.00
SSNPP – Info 31
- 17 –
1.7.5. Observations diverses
Les sites de Damphreux ont attiré de nombreux ornithologues et leurs observations ont été transmises à la
Station ornithologique de Sempach. Canards colverts, Grandes Aigrettes, Cigognes blanches, Hérons
cendrés, Milans royaux, Milans noirs, Bécassines des marais sont souvent observés autour et sur les sites de
la FMD. Les zones humides des étangs ont accueilli quatre espèces de Chevaliers (aboyeurs, culblanc,
gambettes, sylvain), un Courlis cendré, des Bécassines sourdes, des Vanneaux huppés, des Busards des
roseaux, un Busard St Martin et un Balbuzard pêcheur,
des Sarcelles d’hiver. Une cigogne noire y fait escale le 15
mars, une autre le 8 mai. Une Aigrette garzette est
aperçue en mai. La Rémiz penduline est notée à deux
reprises, un Rossignol philomèle chante le 15 avril.
Aux «Coeudres», trois Orchis à larges feuilles,
Dactylorhiza majalis, ont été découverts au nord de la
digue de l’étang n° 1 et 15 autres pieds en amont, au nord
et à l’est de l'étang n° 5.
Couple de Sarcelle d'hiver (dessin de Joseph Chalverat)
1.8. Batraciens
L’hiver 2008-2009, plutôt froid, a occasionné une migration plutôt tardive des batraciens. Les 24 février, des
barrières ont été à nouveau placées à l’ouest de la route Coeuve-Damphreux. Pour la deuxième fois, le
Service des Ponts et Chaussées (PCH) a organisé l’opération. Les relevés et les comptages ont été réalisés
par Édouard Roth, avec l'aide de Michel Friedli. Les barrages sont démontés le 14 avril. 2554 amphibiens sont
répertoriés (1837 Crapauds communs, 616 Grenouilles rousses et 101 Tritons alpestres et palmés et une
Rainette verte). Le total est légèrement inférieur à celui des années précédentes.
«En Prâtchie», la nouvelle mare s'est révélée très attractive pour les Amphibiens et notamment pour les
Rainettes vertes, où une quinzaine de mâles coassaient en mai (SSNPP-info 2009). Une vingtaine de
chanteurs égayaient les étangs des «Coeudres» et une bonne dizaine ceux des «Queues-de-chat» à Bonfol.
Un seul mâle est entendu à Coeuve.
Le 4 avril, sous la conduite de Florence Noirat, Philippe Bassin et Michel Friedli, la SSNPP organise une
excursion nocturne aux Coeudres qui est très suivie et s’avère captivante.
1.9. Cigogne blanche
Sur la plate-forme du toit de l’Eglise de Damphreux, le couple habituel a de nouveau niché en 2009. Quatre
œufs sont pondus et quatre cigogneaux sont nés. Les cigogneaux sont bagués en juin.
Pendant les mois de juillet et d’août des rassemblements importants de cigognes sont notés dans les vallées
de la Coeuvatte et de la Vendeline ainsi que dans la Baroche. Le 2 août, 130 cigognes sont observées à
Bonfol.
La Société Suisse pour la Cigogne blanche tient une séance de comité à Damphreux et visite les sites, le
7 mai.
2. Coeuve
Fin 2008 la FMD a acquis trois parcelles sur cette commune (env. 6'000 m 2), en amont de l’étang, propriété
de M. Maurice Bernard.
L’intention de la FMD est d’une part de laisser ces parcelles en prairie non fumée et d’autre part d’y creuser
des mares pour la reproduction des batraciens.
SSNPP – Info 31
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3. Bonfol, étangs des «Queues de Chats»
La végétation riveraine se développe rapidement. Pour maintenir un milieu ouvert, deux journées d’entretien
sont organisées avec des candidats chasseurs. Victor Egger et Pierre Boillat d’Aménat se sont occupés de
l’encadrement pour la FMD.
Aux «Queues de Chats», les digues sont minées par les Rats musqués et mériteraient une réfection totale et
l’intégration d’un noyau en béton maigre.
Le Conseil de Fondation du 11 novembre décide de donner un mandat à LIN’Eco de Reconvillier pour définir
les options possibles pour une revitalisation des étangs de la FMD à Bonfol.
4. Conseil de Fondation
En 2009, le Conseil de fondation s’est réuni à six.
Le 9 décembre 2008, le Conseil communal de Damphreux informe la FMD que la commune mixte de
Damphreux souhaitait se retirer du conseil de Fondation, suites aux tensions engendrées par les différentes
procédures qui ont été engagées :
a) la décision favorable à la FMD du Tribunal cantonal au sujet des zones tampons ;
b) le rejet par la SPC des oppositions sans fondement du SAF contre des mesures de bon sens
proposées par la FMD pour préserver les digues contre l'action des Rats musqués.
c) le retard pris dans la construction des chemins du remaniement parcellaire, suite à l’opposition de la
FMD à l’encontre du Gr 14, dans le marais de «En Prâtchie» ;
d) le refus de la FMD de payer des frais non justifiés, facturés illicitement par la commune de
Damphreux ;
Le nouveau conseil communal (législature 2009-2012) écrit le 13 janvier 2009 à la Fondation indiquant que le
maire ne souhaitait siéger que si le Conseil de Fondation s’efforce d’avoir «une écoute attentive des sujets
relevés par son représentant, une recherche de consensus et un respect des règles communales». Le 28
janvier 2009, la Fondation répond au Conseil communal en indiquant que si le représentant de la Commune
souhaitait siéger au Conseil de FMD, il devait s’engager à défendre les objectifs de la FMD. Ainsi en se basant
sur diverses références, le Conseil de la Fondation des Marais de Damphreux du 16 janvier 2008, décide
d’entériner la démission de la Commune mixte de Damphreux. Elle en informe les autorités de Damphreux et
invite le Conseil communal à discuter de leurs litiges. Aucune suite n’est donnée à cette invitation.
Le 1er juillet, l’Office de l’Environnement (ENV) nous informe que tenant compte d’un nouveau concept de
gouvernance du canton et d’une évaluation interne de l’Office, l’ENV a décidé de ne plus être représenté au
sein du Conseil de Fondation. L’ENV nous propose une institutionnalisation (annuelle, semestrielle ou à la
demande) de rencontre entre l’Office et la FMD..
Les comptes 2008 de la FMD ont été contrôlés, pour la première fois, par fiduciaire Kohler de Courgenay
conformément au nouveau droit régissant les fondations et acceptés par le service compétent.
5. Programme 2010
5.1. Damphreux : Etang des Coeudres
5.1.1 Étape 3
Débroussaillement des étangs 3, 4 et 5 (hiver 2010) et réfection des digues des étangs 3, 4 et 5 (printempsété 2010).
5.1.2 Concept visiteur : Présentation du concept au Canton et à la commune de Damphreux (hiver 20092010). Recherche de fonds pour cet objet (printemps 2010).
SSNPP – Info 31
- 19 –
5.1.3 Plan de gestion : Première version d’un plan de gestion (printemps 2010) et discussion sur la
professionnalisation de la gestion des étangs.
5.1. 4 Relations avec les agriculteurs : négociation des baux (printemps 2010) et signature des nouveaux baux
(automne 2010).
5.1.5 Information : à la population, en général, et celle de Damphreux, en particulier, lors d'un événement pour
célébrer la fin des travaux (printemps 2011).
5.2 Damphreux Marais de «En Pratchie»
5.2.1 Digue : Construction de la seconde digue est à reconsidérer.
5.2.2 Développement du marais : développement d’un concept d’obturation des drains et d'élévation du niveau
de l’eau des canaux ouverts (printemps 2010) et début de la mise en fonction des mesures (dès automne
2010).
5.2.3 GR 14 : selon la procédure.
5.2.4 Plan de gestion : Première version d’un plan de gestion : hiver 2009-2010 et discussion sur la
professionnalisation de la gestion des marais.
5.3 Site de Coeuve
Définition de la gestion du site (création de mares, mise à ciel ouvert de ruisseaux etc.) : jusqu’en été 2010.
Mise en place de mesures éventuellement dès l’automne 2010.
5.4 Étang des Queux de Chats à Bonfol
Définition de la gestion du site (fin 2010).
Deux journées d’entretien avec les candidats chasseurs.
5.5 Échanges avec des projets analogues au nôtre
a) Visite à la Fondation des Grangettes et à leur site (avril 2010).
b) Visite de (ou à) Pro Natura Neuchâtel, pour gestion de haut et bas marais et zone tampon ;
relations avec agriculteurs et achat de terres agricoles (date à définir).
Bonfol, le 1 mars 2010
Jean-Pierre EGGER
Président FMD
Cigognes blanches en halte migratoire à Bonfol, août 2010 (photo Marcel Challet)
SSNPP – Info 31
- 20 –
STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES DU PAYS DE PORRENTRUY
Février 2009
Article premier
La Société des Sciences Naturelles du Pays de Porrentruy (SSNPP) est une association d’utilité publique régie
par les articles 60 et suivants du Code Civil Suisse. Son siège est au domicile du président.
Art. 2
La société a pour but essentiel l’étude des sciences naturelles. Elle se consacre également à la sauvegarde du
patrimoine naturel de l’Ajoie et du Clos du Doubs.
Art. 3
Pour atteindre ces buts, la SSNPP déploie les activités suivantes :
a) organisation de séances d’études, de conférences et d’expositions ;
b) actions concrètes dans le domaine de la protection de la nature.
Art. 4
Peuvent faire partie de la SSNPP toutes les personnes physiques qui en font la demande et qui adhèrent aux
buts de la société.
Art. 5
Sont membres actifs, les personnes ayant 16 ans révolus.
Art. 6
La qualité de membre se perd par suite de décès, de démission ou d’exclusion. L’exclusion peut notamment
être prononcée pour non paiement de la cotisation annuelle, après avoir mis le membre en demeure de la
payer. Tout membre qui agit contrairement aux principes de la société peut être exclu par décision de
l’Assemblée générale.
Les démissions des membres pour la fin d’un exercice doivent être remises (seule la réception fait foi) par écrit
au comité au plus tard un mois avant l’Assemblée générale.
Art. 7
L’Assemblée générale peut, sur préavis du comité, nommer membres d’honneur des personnes qui ont rendu
d’éminents services à la société et à la cause de la protection de la nature et des sciences naturelles. Ceux-ci
ont les mêmes droits que les membres actifs mais ils sont exonérés du paiement des cotisations.
Art. 8
Les ressources de la SSNPP sont notamment:
a)
b)
c)
d)
les cotisations ordinaires ;
les dons et les legs ;
les subventions privées ou officielles ;
les produits de collectes, de campagnes ou de manifestations occasionnelles.
Les cotisations ordinaires sont fixées par l’Assemblée générale.
Art. 9
Les organes de la société sont :
a) l’Assemblée générale ;
b) le comité ;
c) les vérificateurs des comptes.
Art. 10
L’Assemblée générale ordinaire a lieu une fois par année, au printemps. Les convocations écrites mentionnant
l’ordre du jour doivent être adressées par le comité aux membres au moins quinze jours avant la date fixée.
SSNPP – Info 31
- 21 –
Art. 11
L’Assemblée générale est l’organe suprême de la société. Ses compétences sont :
a) l’approbation des rapports annuels ;
b) l’approbation des comptes après rapport des vérificateurs ;
c) le contrôle de l’activité des organes sociaux ;
d) la fixation de la cotisation annuelle ;
e) l’adoption du budget ainsi que la décision sur les dépenses supérieures à 500 francs pour un même
objet ;
f) l’élection du président, des autres membres du comité, des vérificateurs des comptes et du suppléant ;
g) l’admission et la démission de membres ;
h) la prononciation d’exclusions de membres ;
i) la nomination de membres d’honneur ;
j) la décision de tout objet porté à l’ordre du jour ;
k) la révision des statuts ;
l) les décisions relatives à toutes les affaires qui ne sont pas du ressort d’autres organes sociaux ;
m) la dissolution de la société.
Art. 12
Une Assemblée générale extraordinaire peut être convoquée par décision du comité ou sur demande écrite
présentée par un cinquième des membres. La convocation est faite dans les formes et délais fixés par
l’Assemblée générale.
Art. 13
Sous réserve des articles 19 et 20, les décisions de l’Assemblée générale sont prises à la majorité simple des
membres présents.
En cas d’égalité lors d’un vote de l’Assemblée générale, il sera procédé à un nouveau vote.
Votations et élections ont lieu à main levée, à moins qu’un cinquième des membres présents ne demande le
scrutin secret. Tout membre est privé de son droit de vote dans les décisions relatives à une affaire ou un
procès de l’association, lorsque lui-même, son conjoint ou ses parents ou alliés en ligne directe sont parties en
cause.
Art. 14
Le comité est composé, au minimum, comme suit :
a) un(e) président(e) ;
b) un(e) vice-président(e) ;
c) un(e) secrétaire ;
d) un(e) caissier(ère) ;
e) un(e)ou plusieurs assesseurs(es).
Le comité est réélu à chaque Assemblée générale ordinaire.
Sont seules éligibles au poste précités ainsi qu’à la fonction de vérificateur des comptes, y compris le
suppléant, les membres majeurs, à savoir ceux qui sont âgés de 18 ans et plus (art. 14 CCS).
S’agissant du pouvoir décisionnel du comité, les décisions votées en son sein sont adoptées à la majorité
simple des membres présents. En cas d’égalité, le Président a une voix prépondérante.
Art. 15
Les compétences du comité sont notamment :
a) l’organisation des activités de la société ;
b) la prise des décisions commandées par l’intérêt général de la société et la gestion de ses affaires ;
c) l’exécution des décisions de l’Assemblée générale ;
d) la convocation et la préparation de l’Assemblée générale ;
e) la représentation de la société.
SSNPP – Info 31
- 22 –
Art. 16
La société est engagée valablement par la signature du président et d’un membre du comité.
La responsabilité personnelle des membres n’est pas engagée.
Art. 17
Les vérificateurs des comptes sont au nombre de deux, auxquels s’ajoute un suppléant nommés par
l’Assemblée générale.
Art. 18
La révision des statuts peut avoir lieu sur proposition du comité ou à la demande d’un cinquième des membres
au moins. Les textes proposés doivent être joints à l’ordre du jour de l’Assemblée générale qui statue à la
majorité.
Art. 19
L’Assemblée générale ne peut prononcer la dissolution de la société qu’à une majorité des trois quarts des
membres présents.
En cas de dissolution, les biens, valeurs et archives existant après liquidation seront remis à une société
poursuivant des buts analogues.
Les présents statuts, acceptés par l’Assemblée générale du 30 janvier 2010, remplacent et annulent ceux du
04 février 1989.
Lesdits statuts entrent en vigueur dès leur adoption par l’Assemblée générale.
Porrentruy, le 30 janvier 2010
Marie-Noëlle LOVIS
Simon LOVIS
Fabien KLOTZLI
La Présidente
Le Caissier
Le Secrétaire
SSNPP – Info 31
- 23 –
UN FAUCON KOBEZ EN AJOIE
Un invité de marque s’est arrêté, cet été 2010, en terre ajoulote : un faucon kobez.
Il a été découvert par hasard le 30 juillet, perché sur un fil de téléphone, à proximité de la déchetterie d’Alle,
chassant dans une des dernières pâtures de la région.
Ce petit faucon trapu, que nous approchions au début avec mille précautions, s’est montré très sociable et peu
farouche. Nous avons tôt fait d’oublier toute retenue pour l’observer à loisir. Il partageait le secteur avec des
faucons crécerelles et a aussi été vu en compagnie de faucons hobereaux. Si un mâle a été aperçu le jour
même de sa découverte, il n’a plus été observé par la suite.
Après quelques recherches dans les incontournables guides ornithologiques, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une
femelle immature.
Mâle et femelle adultes de cette espèce sont très dissemblables. Le mâle est complètement bleu nuit, hormis
des « culottes » rouille et des pattes orangées (d’où son nom anglais de red-footed falcon), alors que la
femelle a le dos foncé, le dessous roux-orangé et un petit masque noir. Tous deux ont de longues ailes
pointues et une queue courte.
Cet oiseau est originaire des régions orientales où il est présent en forte densité en Hongrie et en Russie
notamment. Grégaire, il y vit en colonies dans les régions de steppe parsemée d’arbres. C’est un régal
d’ornithologue de découvrir une telle colonie et d’y observer le bal de ces oiseaux. Ce migrateur rejoint
l’Afrique australe dès septembre et ne reviendra en Europe qu’en avril.
Essentiellement insectivore, ce n’est pas par hasard qu’il ait choisi cette relique de pâturage où il chassait
quantité d’insectes tels les grillons ou les courtilières.
Dans le chêne voisin de son perchoir, nous avons aussi observé et entendu une chouette chevêche et ses
deux jeunes qui affectionnent eux aussi ce type de milieu très riche et en bien trop forte régression en Ajoie et
partout en Suisse.
Notre hôte a encore été aperçue une dernière fois le 8 août. Son séjour aura apporté beaucoup de plaisir aux
nombreux ornithos qui se sont déplacés pour l’occasion.
Marie-Noëlle LOVIS
Le Faucon kobez de passage à Alle, juillet 2010 (photo Michel Juillard)
SSNPP – Info 31
- 24 –
SAUVETAGE DANS LA FALAISE
Lors de la sortie SSNPP du samedi 24 avril 2010 intitulée « A l’aire du faucon pèlerin » les participants ont eu
le privilège d’observer trois jeunes faucons pèlerins dans une aire à proximité de la gare de Saint-Ursanne.
Leur croissance semblait bien se dérouler et ils ont été suivis par la suite par de nombreux observateurs. A
leur âge, ils étaient capables de rester seuls de longues heures, leurs plumes brunes étaient bien visibles, dont
certaines encore protégées par des tubes.
Or, le 14 mai, à notre arrivée vers 10 h, nous découvrons que l’aire est vide.
Beaucoup de questions passent dans nos têtes : pourquoi ? comment ?
Michel Rebetez observe davantage la falaise au télescope et aperçoit l’un des jeunes posé sur les treillis de
protection au-dessous de la vire, prévus pour retenir les pierres susceptibles de tomber sur le chemin en
contre-bas. Nous l’observons qui se déplace par petits bonds sur des blocs de pierres instables, grimpe, glisse
et se hisse avec difficulté sur une petite saillie de la falaise.
Ce jeune oiseau n’a aucune chance de survie : il risque la chute à tout moment, ne bénéficie d’aucun abri en
cas d’intempéries et est incapable de voler.
Nous nous rendons au pied de la falaise pour essayer de comprendre ce qui s’est passé et tenter d’y trouver
des traces. Là, nous découvrons une jeune femelle, en bonne santé quoique visiblement affamée. Quant au
troisième jeune, il a disparu.
Voilà donc deux jeunes pèlerins en situation bien délicate !
Jeune Faucon pèlerin femelle découverte au pied de la falaise, St-Ursanne, 14 mai 2010 (photo Cédric Rebetez)
Pour Simon Lovis et Michel Rebetez, fins connaisseurs de cette espèce qu’ils suivent depuis plus de 30 ans, il
apparaît rapidement qu’il est nécessaire de les faire réintégrer l’aire. Cette solution est la seule qui assurera à
ces oiseaux d’être nourris et élevés par un adulte.
Le garde-chasse est averti et Michel retourne à son domicile pour y chercher le matériel nécessaire: baudrier,
cordes, casques. C’est lui qui descendra dans la falaise au bout d’une corde, assuré depuis le haut par Cédric
Rebetez et Simon. Pendant ce temps, nous achetons un peu de volaille afin de nourrir la jeune femelle. Elle
accepte aussitôt la nourriture et s’endort profondément, repue, sans souci des allées et venues autour d’elle.
Plus tard, c’est dans un sac à dos qu’elle repartira pour rejoindre ses quartiers.
Le garde-chasse et son collègue fournissent des corneilles et des pigeons congelés, stockés afin de nourrir
des rapaces récupérés blessés. Nous ignorons si les adultes sont présents et s’ils sont capables de nourrir les
jeunes ; la disparition d’un d’entre eux pourrait expliquer l’étrange situation que nous avons découverte. Un
apport de nourriture supplémentaire assurera la survie des deux jeunes pour quelques jours, si nécessaire.
SSNPP – Info 31
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L’arrivée au-dessus de l’aire est rude : les ronces, arbustes de toutes natures ont formé un taillis dense et
impénétrable. Michel dépose la jeune femelle sous le surplomb sans aucun problème. Le petit mâle posé plus
bas le regarde sans affolement, peut-être un peu surpris. Son sauveteur le cueille alors littéralement, le
dépose doucement au fond du sac à dos et l’emmène à son tour à l’aire.
Michel distribue encore un peu de nourriture aux pèlerins qui l’acceptent sans sourciller et l’équipe de
sauvetage quitte les lieux.
Nous n’avons encore observé aucun adulte voler, ce qui est étrange. Ceux-ci ont pour habitude de se
manifester par des cris d’alarme stridents et parfois des simulacres d’attaque lorsqu’on s’approche du nid qu’ils
gardent, en principe, à l’œil.
Le temps s’écoule doucement et, alors que les trois ornithologues reviennent au point d’observation, un adulte
arrive dans un vol piqué et silencieux. Il se pose auprès des jeunes. Si il paraît un peu perplexe de découvrir
tant de pitance, il n’en est rien concernant les jeunes revenus au bercail : aussitôt, il nourrit le jeune mâle et la
jeune femelle.
Si l’on ne saura jamais ce qui s’est réellement passé, on peut facilement imaginer qu’un moment de panique a
poussé les jeunes à sauter dans le vide sans savoir voler. Cette attitude est connue, elle survient lorsqu’un
prédateur ou un humain aborde de trop près le nid et que les poussins sont déjà grands.
Depuis ce 14 mai, les jeunes pèlerins ont bien grandi. Ils ont quitté normalement leur aire de naissance et les
dernières nouvelles à leur sujet sont bonnes.
Souvenez-vous, dans le SSNPP-Info n° 30, nous racontions l’histoire d’un jeune mâle de faucon pèlerin
récupéré blessé, en juillet 2009, à proximité de la gare de Saint-Ursanne lui aussi. Cet oiseau a été suivi de
près par l’équipe du Tierspital de Zurich. Après que la blessure au caracoïde ait été confirmée, ils se sont
assurés qu’elle soit consolidée et, à l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas si les tentatives de
remuscler l’oiseau ont pu aboutir. Ce pèlerin est certes en vie, mais sans doute est-il perdu pour la nature car il
n’aura jamais appris les techniques de chasse particulièrement sportives de son espèce.
Un an après, son frère et sa sœur ont eu plus de chance, si l’on excepte bien sûr celui qui a disparu.
L’expérience de Michel et Simon leur a permis de retrouver des conditions idéales pour devenir de vigoureux
chasseurs de haut vol.
Marie-Noëlle LOVIS
SSNPP – Info 31
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INSTANT DE BONHEUR
Yes, je l’ai vu !
Depuis un quart d’heure j’explore au télescope les rochers de l’autre côté de la vallée.
Je suis à la recherche de l’aire du faucon pèlerin qui niche habituellement dans cette série de falaises.
En ce deuxième après-midi de printemps, le soleil est particulièrement généreux.
Le concert des chants d’oiseaux est à peine troublé, de temps en temps, par un moteur de tronçonneuse ou
de tracteur, loin dans la vallée.
Je me suis assis sur une pierre plate, en haut d’un pâturage pentu, une large haie dans mon dos.
Une impression d’être observé me fait tourner la tête vers la gauche. Je vois une tache que je n’avais pas
remarquée avant, dans le pâturage : chevreuil ? renard ?
Je lève mes jumelles. C’est bien un renard qui me regarde, assis, en léger contre-jour, à environ 200 mètres.
Silhouette haute et étroite.
Mais…. il n’a pas les oreilles assez longues pour un renard !
C’est pas vrai ! C’est pas…..
Tout énervé, mais lentement tout de même, je déplace mon télescope.
Trop excité, je ne le trouve pas dans le champ du télescope.
Je le reprends dans les jumelles, cherche des repères. Puis de nouveau avec le télescope.
Enfin, je le trouve !
C’est bien lui : Le Lynx !
Il me regarde tranquillement.
Il est 16 h 15.
De temps en temps il tourne la tête, probablement à cause d’un bruit que je n’ai pas perçu.
Puis, il regarde brusquement derrière lui.
Calmé, il m’observe à nouveau.
Le pinceau de poils de son oreille gauche est dressé à la verticale. Celui de son oreille droite est penché vers
l’extérieur.
Il a de grosses touffes de poils sur les joues.
Sa tête est barrée de traits noirs.
Soudain, il se lève et se met à avancer dans ma direction, tranquillement ! A tout moment je dois ajuster la
netteté, réduire l’agrandissement.
Arrivé à une centaine de mètres, il oblique et se met à monter le pâturage en direction de la haie.
Désormais, je suis sans intérêt et il continue son chemin sans plus me regarder.
Je l’ai plein champ dans le télescope, de profil, éclairé par le fort soleil de l’après-midi.
Le bout de sa courte queue est noir, arrondi.
Les flancs barrés de lignes de mouchetures.
Il disparaît par intermittence derrière des arbres isolés en bordure de haie.
Puis il pénètre dans le cordon boisé et disparaît.
J’entends encore quelques pas dans les feuilles.
Toute la scène a duré 5 minutes.
Quel bonheur !
Je pensais avoir mémorisé toutes ses mouchetures, tant elles me paraissaient caractéristiques.
Mais 2 jours plus tard, impossible de reconnaître « mon lynx » parmi plusieurs photographies prises dans le
Jura.
Simon LOVIS
SSNPP – Info 31
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SAUVETAGE D’UNE JEUNE HIRONDELLE DE FENÊTRE
Le 19 juin, alors que le mauvais temps, chute de température et pluie, était de retour, je trouvai une jeune
hirondelle dans le gazon, à quelques mètres des nids. Elle était vivante...
Que faire ?
Je décidai de l’emmener à l'intérieur et d'en prendre soin. Peu après, lorsque je contrôlai son état, je constatai
qu'elle grelottait et qu'ainsi, elle ne survivrait pas. Il fallait trouver une solution... je lui confectionnai donc une
bouillotte avec un “Tupperware” rempli d'eau modérément chaude que je plaçai dans un sac à commissions en
papier. Je recouvris la bouillotte de papier de ménage chiffonné, puis d'un morceau de velours aménagé en
coupe et calé contre les bords du sac, y déposai l'oisillon. Je plaçai le tout sur un radiateur afin de maintenir la
chaleur.
Régulièrement, je remplaçai l'eau et nourris l'hirondelle avec du jaune d'œuf cuit dur et des mouches
capturées ici et là.
Après cinq jours de ce régime, le beau temps étant de retour, je me mis en quête d'un nid où les oisillons
avaient la même taille que le rescapé. Ce n'est qu'au huitième nid visité que j'y trouvai deux “frères” adoptifs.
Quelques minutes après mon intervention, les parents revinrent au nid pour nourrir la nichée recomposée.
L'opération avait réussi.
Marcel CHALLET
Lynx (dessin Méline Lovis)
SSNPP – Info 31
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ÉTUDE DES SOLS DE DAMPHREUX
23 OCTOBRE 2010
Participants : Philippe Bassin et le spécialiste des sols, Michel Friedli
Après 10 jours de froid, des conditions météorologiques favorables, mais la foule toute relative au rendezvous, n'arrête pas « le maître et l'élève ». L'étude puis la protection des sols représentent pourtant une des
clés du développement durable. Cette excursion s'inscrit dans le prolongement de la découverte des sols de la
partie Est de l'Ajoie du 31 octobre 2009 (SSNPP-Info 30). Aujourd'hui, les pentes Est (Côtaies) et Nord (Sur
les Conches) des étangs des Coeudres à Damphreux intéressent les pédologues. Sur les deux pentes
étudiées, des galets vosgiens dispersés en surface attestent d'un ancien cours d’eau venant des Vosges.
Les Côtaies
La prospection débute à l'Est, sur le grand plateau, très exploité par l'agriculture, partagé par les communes de
Coeuve, Damphreux, Beurnevésin, Bonfol et Vendlincourt. Le premier transect commence en haut des
Côtaies au lieu-dit « En Baimbo ». Le creusage à la tarière s'effectue sur une partie surélevée et, à cet
endroit, les dalles calcaires sous-jacentes (roche-mère) ne sont pas enfouies profondément. Nous observons
environ 30 cm de sol homogénéisé par les fréquents labourages. Ce calcisol compacté est composé d'argiles
carbonatés avec peu de matière organique et présence de cailloux calcaires.
Un profil un peu plus au sud, dans une petite combe, nous permet de découvrir un sol plus profond (environ 70
cm) et beaucoup moins caillouteux du fait que la roche-mère est ici argileuse. Des dépôts éoliens ou loess ont
en partie comblé ce petit vallon et les grumeaux, avec les silts, sont moins anguleux que précédemment. Nous
arrivons ici à distinguer encore des horizons A (jusqu'à 30 cm) et B. Ce dernier, plus clair, possède des argiles
lessivés. Il est compacté avec des traces d'oxydation de fer (rouille).
Dans le pâturage à chevaux « Au Chardollat » nous découvrons un sol mieux structuré car non charrué, avec
plus de matières organiques que lors des deux creusages précédents. Le terrain pentu est probablement
exploité en pâture depuis très longtemps. L'horizon A est grumeleux. En B, à 25 cm de profondeur, nous
observons de la caillasse calcaire avec colmatage d’argiles oxydés, des traces de rouille qui attestent d'un
manque d'oxygène, bien que la roche-mère calcaire affleure à 25-30cm.
En aval, dans la prairie extensive « Les Courtes Raies », nous avons un sol plus pauvre en matières
organiques avec 30% d'argiles en surface et 40% en profondeur. L’horizon de surface montre un
colluvionnement. Il s'agit d'un colluviosol brun en partie décarbonaté par lessivage. La roche-mère est à 45
cm.
Nous arrivons dans une bande cultivée intensivement en prairie grasse. Ce colluviosol décarbonaté
comporte du silt, environ 30% d'argiles et des colluvions calcaire en surface. Il n'y a plus de cailloux et la
structure est granulaire, pas trop compactée. Une accumulation d'argile en horizon B atteste de l’acidification
en A (ill. 1 et 2).
En-dessous, dans le champ de maïs qui vient d'être fauché, (7ème forage), le colluviosol comporte peu de
matières organiques (<5%) avec environ 70% de loess non dégradé et 20% d'argile. Il n'y a plus de cailloux
calcaires mais seulement quelques galets vosgiens. Les turricules des vers de terre, presque noirs, font tache
sur le sol plus clair. Une certaine acidification est notée. L'horizon B, à 40 cm, avec une accumulation d'argile,
est compacté. À 70 cm, la roche-mère est constituée d'argile jaune assez imperméable. L'eau s'infiltre
difficilement dans les couches profondes et ruisselle en surface en emportant les fines ainsi que tous les
amendements.
Dans la prairie extensive FMD en aval, à 10 m de l’étang, nous rencontrons un colluviosol brun lessivé sur
loess. Il est maintenant plus asphyxiant avec une faible activité biologique. Le loess prédomine, donc du silt et
des argiles avec taches de rouilles.
Dans le marais, le carottage permet d'observer un sol marécageux, inondé et asphyxiant (gley). D'abord une
couche proche de la « tourbe » d'environ 10 à 15 cm, sur des argiles gris-jaune assez imperméables. On parle
ici de réductisol/gley.
SSNPP – Info 31
Illustration 1: La force et la technique permettent de
creuser en profondeur (photo Philippe Bassin)
- 29 –
Illustration 2: Le résultat du forage montre des silts et argiles jaunes assez
imperméables et sans cailloux (photo Philippe Bassin)
Sur les Conches
Nous commençons en haut, au Nord, dans un sol cultivé avec encore une bonne structure et du fumier bien
décomposé. Ce rédoxysol avec 25% d'argile en surface est très sensible à la compaction et la grande culture
n'est pas idéale. L'horizon A présente des grumeaux arrondis et l'horizon B montre un compactage du à la
nature du sol, mais renforcé par les passages de machines. En profondeur, à 60 cm, la roche-mère est un silt
argileux.
Plus bas, nous avons toujours un rédoxysol. L'horizon A avec plus de matières organiques mais toujours
beaucoup d'argiles (environ 22%) et 70% de silt résiste mal à l'érosion en surface. À 30 cm, l'horizon B
devient jaune avec des taches de rouille. Les argiles migrent vers le bas et nous pouvons parler de sol brun
acide lessivé. À 50 cm, la roche-mère est un silt argileux.
Le 3ème forage, dans la prairie extensive de la FMD montre un taux de matières organiques qui augmente en
surface avec 30 à 35% d'argile à 20 cm. À 35 cm nous sommes déjà dans les argiles non évoluées de
l'horizon C. Ce rédoxysol/gley mouillé ne convient pas à la culture.
Dans la prairie marécageuse au Nord de l'étang 1, nous notons 15 cm de matières organiques partiellement
décomposées (>10%) avec feuilles mortes. À 20 cm des argiles réduites et à 30 cm de « l'argile gris jaune à
tuile » : la roche-mère. Ce réductisol/gley peu profond reste mouillé presqu’en permanence.
Deux pentes voisines, mais l’évolution sur roche-mère calcaire, même avec présence forte d’argiles de
colmatage dans les fissures, amène à des sols relativement structurés et un colluvionnement favorable à
l’augmentation de la profondeur fertile. Tandis que le sous-sol à argiles marbrées ne s’altère que très
lentement, l’érosion renforcée en surface n’a que peu à ronger, et les sols marquent très vite l’excès d’eau,
même avant le bas de pente. Ce qui finalement confirme la pertinence des mesures prises par la FMD
(prairies extensives autour des étangs) et la mise en place de zones-tampon, pour la pérennité des sols
(érosion diminuée) et des étangs (comblement ralenti) à Damphreux.
Philippe BASSIN et
Michel FRIEDLI
SSNPP – Info 31
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CRAPAUDS CALAMITES DANS LA VALLÉE DE DELÉMONT
C'est au printemps 2008, dans le cadre du suivi d'un travail de maturité (TM), que j'ai commencé à
m'intéresser au Crapaud calamite dans la vallée de Delémont. La recherche de ce fascinant et rare Amphibien
se fait de préférence en soirée. La ligne jaune qui parcourt son dos évite toute confusion avec d'autres
espèces (ill. 4). En mai, comme pour la Rainette verte, les puissants coassements du Calamite ne passent pas
inaperçus et les bords de certaines mares sont animés d'un concert envoûtant. Le mâle gonfle un gros sac
vocal qui amplifie considérablement les sons (ill. 1 et 2). De nombreux comportements particuliers peuvent
être observés et la « calamitomania » peut rapidement fasciner l'observateur.
Illustration 1 : Crapaud calamite mâle avec le sac vocal gonflé,
Delémont, 22 mai 2010 (photo Philippe Bassin)
Illustration 2 : Le 6 juin, à Bassecourt, un mâle coasse dans la
végétation proche d'une mare (photo Philippe Bassin)
Ce Batracien est menacé car ses milieux de prédilection disparaissent. Il s'agit, idéalement, de mares
temporaires, pauvre en végétation, creusées dans les graviers des bords de rivières, ici la Birse et la Sorne.
Cependant, suite à divers aménagements, ces deux cours d'eau ne divaguent plus aussi librement
qu'autrefois. Le Calamite a donc souvent dû se rabattre sur des milieux de substitution comme les gravières ou
les mares artificielles aménagées dans des zones de compensations écologiques. Celles-ci découlent souvent
des travaux liés à la construction de l'autoroute A16.
En 2008, avec Léo Friedli qui prépare son TM, nous avons le plaisir de découvrir plusieurs Calamites à
proximité des mares aménagées pour eux au sud de la gravière de la ballastière, « Le Tayment », à
Delémont. En cas de danger, les mâles chanteurs se réfugient dans les tas de gravier qui bordent les plans
d'eau. Léo Friedli recense au maximum une douzaine de choristes par soirée d'écoute.
Le 22 mai 2010, en compagnie d'Aurélie Joliat, en début de TM, à Delémont, aux « Prés Roses », une
trentaine d'individus (surtout des mâles) sont dénombrés. Je recense le même nombre le 29 mai, mais ce soirlà, plusieurs couples sont notés (ill. 3). La plupart viennent des herbages et du talus du chemin surélevé, au
sud du plan d'eau artificiel. Certains traversent cette piste goudronnée. Le plus souvent, ils s'arrêtent sur la
plage de gravier et, avec la nuit, les coassements débutent vers 21h30 (heure d'été). Ils peuvent aussi chanter
depuis l'étang. Lorsqu'ils sont trop proches, les mâles s'agressent, l'un fonce rapidement sur l'autre pour le
faire fuir. Souvent l'agressé se réfugie dans l'eau où la poursuite peut brièvement se prolonger. Parfois,
comme le samedi soir 29 mai, dans la fièvre amoureuse, un mâle tente de s'accoupler avec un autre.
Cependant, des petits cris particuliers du partenaire convoité font rapidement partir l'individu trop entreprenant.
Comme chez le Crapaud commun, certains couples s'unissent avant le plan d'eau et les deux partenaires
arrivent étroitement enlacés, la femelle portant le mâle (ill. 3).
SSNPP – Info 31
Illustration 3: Un couple arrive à l'étang, Delémont, 29 mai 2010
(photo Philippe Bassin)
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Illustration 4: Le Calamite adore les graviers, la ligne jaune du dos est
bien visible (photo Philippe Bassin)
Étonnamment, les 22 et 29 mai, aucun chant de crapaud n'est entendu à Courfaivre aux « Grosses
Aingles », en aval d'un petit vallon. Quelques Grenouilles vertes, Grillons des champs et Courtilières animent
le secteur. Pourtant de nombreux très jeunes têtards de Calamites se développent dans des ornières de
tracteur, dans une petite zone humide malheureusement exploitée en terre ouverte (idem en 2008) et semée
d'avoine ce printemps. Dans ces flaques temporaires, la sécheresse conduit souvent la reproduction à l'échec.
Aucun têtard de Calamite n'est observé dans les mares de la zone de compensation. Certaines sont à sec et
d'autres sont envahies par la végétation. Au fil des ans, elles deviennent de moins en moins favorables aux
Crapauds calamites qui recherchent les petits plans d'eau ensoleillés, fraîchement créés, pauvres en
végétation et en prédateurs. Ils préfèrent souvent tenter la reproduction dans des ornières de tracteur
inondées. Celles-ci représentent une véritable « loterie », un printemps humide permet le développement des
têtards alors qu'ils sont piégés en cas de sécheresse (ill. 5 et 6).
Illustration 5: Ornière de tracteur inondée par une petite source dans
un champ d'avoine, Courfaivre, 21.06.10. (photo Philippe Bassin)
Illustration 6: Les larves de Calamites se développent dans une eau
chaude et peu profonde, 29.05.10. (photo Philippe Bassin)
Le 21 juin, quelques têtards âgés de Calamites ont échappé à la sécheresse dans une ornière plus profonde
et du fait que des pluies régulières ont alimenté les sources de pente de ce terrain humide. Certaines larves
sont bien avancées dans la métamorphose. Elles possèdent déjà 4 pattes et une petite raie jaune typique
apparaît sur le dos. L'avoine ne s'est guère développée dans ce secteur inapproprié aux cultures intensives
car inondé par plusieurs sources. En cas de crues, de chaque côté du chemin béton, de véritables torrents
emportent la terre végétale mise à nu par les cultures (ill. 9). Pour une agriculture durable, il serait bien plus
judicieux d'exploiter ces petites surfaces en prairies extensives.
SSNPP – Info 31
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Le 29 mai, au nord-est de Bassecourt, une trentaine de mâles chanteurs sont recensés. Dans ce secteur, des
mares ont été aménagées au nord et au sud du viaduc A16, sur « La Rouge eau », dans des surfaces de
compensation écologique. Ici les travaux sont plus récents et la plupart des plans d'eau sont encore bien
dégagés (ill. 7 et 8). Toutefois la dynamique de ces milieux humides est très rapide et de nombreux petits
arbustes (surtout des saules) envahissent les rives des étangs. La végétation aquatique est chaque année un
peu plus luxuriante. Le 5 juin, les coassements débutent à 21h50, le nombre d'individus chanteurs est estimé à
30 au nord de l'A16 et à 10 au sud. Le 21 juin, des pontes de calamites sont notées alors qu'il y a aussi de
gros têtards de la même espèce.
Illustration 7: Bassecourt, mare peu végétalisée avec gravier, très
favorable au Calamite (photo Philippe Bassin)
Illustration 8: La végétation aquatique colonise rapidement les mares,
Bassecourt, 21.06.10 (photo Philippe Bassin)
Ces quelques prospections printanières à la recherche des « Calamites » m'ont permis de découvrir une
espèce passionnante à étudier mais vraiment très menacée. Seules des mesures adéquates permettront
d'assurer la survie de cet Amphibien dans le canton du Jura : donner plus d'espace aux cours d'eau (Birse et
Sorne), maintenir des milieux ouverts dans les surfaces de compensation écologique en luttant contre
l'emboisement, le réaménagement régulier de mares ou alors mettre en place un nouveau système de plans
d'eau qui seraient asséchés en été, après la métamorphose des larves. Une pâture
extensive d'automne, avec des races de bovins adaptées aux arbustes et aux marais (Highland, Galloway...),
serait peut-être une solution efficace et peu coûteuse pour l'entretien de certaines surfaces avec mares. À
Courfaivre, en aval du petit vallon du « Pâturage de Robe », au sud du viaduc A16, il est indispensable de
mettre en place un couloir pour la faune avec des prairies herbeuses à la place des terres ouvertes. Cette
solution aurait de plus l'avantage de limiter la forte érosion en cas de crue (ill. 9 et 10).
Illustration 7: Érosion dans un champ de maïs en aval du viaduc A16,
Courfaivre, 21.06.10 (photo Philippe Bassin)
Illustration 8: La bonne terre est emportée par le ruissellement à l'ouest
du champ de maïs (photo Philippe Bassin)
Philippe BASSIN
SSNPP – Info 31
- 33 –
AMPHIBIENS EN AJOIE – PRINTEMPS 2010
Les déplacements d'Amphibiens s'observent dès février. Les 25 et 26 février, une migration prénuptiale de
Batraciens est notée à Damphreux, au niveau des barrages temporaires. Entre Bure et Fahy, les Ponts et
chaussées (PCH) viennent d'installer des passages sous la route, les fameux « crapauducs ». Ils sont
fonctionnels. Ils sont souhaités de longue date à Damphreux. Au sujet des individus écrasés sur la route, les
barrages provisoires apportent une amélioration notable, cependant, au nord, au niveau des premières
maisons de Damphreux c'est toujours « l'hécatombe ». La chaussée peut devenir glissante et une solution
reste à trouver (comm. pers. Ernest Amstutz). Début mars, le froid et la bise bloquent les déplacements qui
reprennent vers la mi-mars (Illustrations 1 et 2). Avril se révèle particulièrement chaud et sec cette année.
Illustration 1 : Relevé des barrages à Damphreux
(photo Philippe Bassin)
Illustration 2: Un seau bien rempli, le 20 mars 2010 (photo Philippe Bassinc)
Damphreux
Le 20 mars, avec la pluie et une température douce, un important flux migratoire est noté (Illustrations 1 et 2)
et j'observe quelques pontes de Grenouilles rousses. Ces dernières sont bien plus nombreuses le 2 avril avec
environ 400 pontes aux Méchîles dans la mare du SAF, aucune dans la mare FMD et une trentaine dans la
cuve de décantation en amont. À cet endroit, le 28 avril, lors d'une visite en soirée avec Charles Lachat, les
algues prolifèrent, 5 Grenouilles vertes coassent. 3 chants de Courtilières animent les bords du canal qui
contient encore un peu d'eau. La mare du SAF grouille de milliers de têtards de Grenouilles rousses de grande
taille, juste avant la métamorphose. La surface de l'eau est frémissante avec toutes ces larves faiblement
immergées. La mare FMD contient aussi des têtards, mais ils sont nettement moins nombreux. Le 24 mai, des
têtards de Crapauds communs sont notés avec malheureusement un centaine de Perches soleils dans la
mare du SAF. Cette observation apporte un fort crédit à la théorie du transport des oeufs de certains poissons
sur les pattes des canards.
Le 14 avril, aux Coeudres, très peu de têtards sont notés dans l'étang 1 qui vient d'être refait et qui contient
très peu d'eau. Ils sont par contre très nombreux dans les étangs 2 et 6. Les plans d'eau 3, 4 et 5 sont
actuellement à sec au vu des futurs travaux à réaliser en automne. Le 28 avril, vers 21h00, presque par magie,
les étangs 1, 2 et 6 s'animent des puissants coassements d'environ 70 à 100 Rainettes vertes mâles. Ces
chants couvrent largement les émissions sonores de quelques Grenouilles vertes. Cet incroyable concert
illustre à merveille le succès des travaux de revitalisation entrepris par la FMD.
Le 17 mai, un nid de Foulques avec oeufs est observé dans la mare FMD située en aval des étangs avec des
Grenouilles vertes et des têtards de Grenouilles rousses et de Crapauds communs. Le 24 mai, de très
nombreux têtards de Crapauds communs et de Grenouilles rousses sont remarqués à l'est de l'étang 2 avec
au moins 200 Grenouilles vertes qui coassent en surface (Illustrations 3 et 4).
SSNPP – Info 31
Illustration 3 Les Grenouilles vertes animent le plan d'eau (photo Philippe
Bassin)
- 34 –
Illustration 4: Grenouille verte le 24 mai 2010 (photo Philippe Bassin)
Le 14 avril, En Pratchie, de nombreux têtards de Grenouilles rousses sont observés dans le petit étang FMD,
ainsi qu'en aval, dans la partie du ruisseau bordée par les enrochements de stabilisation du système de
vidange. En amont, près du bouquet d'arbustes au centre du marais, de nombreux têtards se développent
dans des ornières avec très peu d'eau. Ils sont probablement condamnés par le dessèchement et je déplace 5
bidons de larves dans le canal en aval. La douce soirée du 28 avril est égayée par les chants d'une quinzaine
de Rainettes, de Grenouilles vertes et de Courtilières. Le 8 mai, 2 Rainettes vertes sont observées et
photographiées par les membres enthousiastes de la Société zoologique de Genève en excursion à
Damphreux: Ces derniers sont émerveillés par l'abondante floraison de l'Orchis à larges feuilles Dactylorhiza
majalis et par la découverte d'une petite prairie avec Carex davalliana.
Coeuve
Le 2 avril, aux Méchières, environ 400 pontes de Grenouilles rousses sont observées dans la mare FMD,
environ 20 dans l'étang « Bernard » et une centaine au sud dans une gouille peu profonde avec déjà des petits
têtards. Comme chaque année, cette flaque est fortement menacée d'assèchement, un léger creusage
permettrait sans doute de sauver les Amphibiens. Le 14 avril, vu le manque d'eau, je déplace 6 bidons de
têtards « mourants » dans la mare FMD. Malheureusement celle-ci est fortement envahie par les algues, en
raison d'un apport bien bien trop grand de nitrates arrivant avec l'alimentation en eau depuis la « Fontaine de
Beurnevésin ». Cette mare ne convient plus au bon développement des larves car, le 28 avril, seulement 2
têtards de Grenouilles rousses et 5 Grenouilles vertes adultes sont notés dans ce milieu hypertrophe, avec des
bulles de gaz qui s'échappent de l'importante couche de vase. Le même phénomène est constaté dans l'étang
Bernard. La flaque au sud est asséchée et les têtards restants n'ont pas survécu (Illustration 5). Une visite le
17 mai, avec Yves Scheurer, permet de découvrir quelques têtards de Grenouilles rousses dans la Coeuvatte
mais plus aucun dans la mare FMD qui présente une eau fétide avec une vase nauséabonde (Illustration 6).
Quelques Grenouilles vertes occupent néanmoins les rives. Un Triton alpestre mort est noté, un autre est
trouvé dans la chambre d'alimentation de l'étang « Bernard ».
Illustration 6: Mare FMD envahie par les 1es plantes
aquatiques, 17 mai 2010 (photo Philippe Bassin)
SSNPP – Info 31
- 35 –
Bonfol
Le 24 avril, aux Queues-de-Chats à Bonfol, de nombreux papillons sont remarqués (Aurores, Citrons, Paons
du jour...) mais peu de têtards. L'observation des plans d'eau est devenue difficile en raison de
l'embroussaillement. Le 29 avril,Thérèse et Jean-pierre Egger perçoivent les coassements d'une dizaine de
Rainettes. Le 8 mai, en soirée, une quinzaine sont entendues aux étangs Rougeats, lors d'une excursion
SSNPP (Florence Noirat, comm. pers.).
Buix
Le 24 mai, des têtards de Grenouilles rousses et de Grenouilles vertes adultes occupent la mare en aval dans
la zone de compensation écologique du remaniement du côté de Montignez. Malheureusement, la mare
située en amont est presque à sec car remplie de sédiments venant de l'érosion des terres ouvertes situées
au-dessus dans le thalweg avec culture d'orge cette année (Illustrations 7 et 8).
Illustration7: Mare de compensation écologique envahie par la
végétation et quasi comblée
Illustration 8: Érosion dans le thalweg d'un champ d'orge, en amont
des mares de compensation
Mares en aval des STEP de Montignez et Lugnez
Le 24 mai, des Grenouilles vertes adultes fréquentent les bords des deux mares malgré une eau remplie
d'algues et parfois de bactéries.
Philippe BASSIN
SSNPP – Info 31
- 36 –
VOYAGE DE LA SSNPP EN JORDANIE
Christian Monnerat a effectué plusieurs déplacements en Jordanie sur la trace des libellules qu’il recense. Il a
accepté l’idée d’un « voyage nature » comme celui qu’il avait organisé pour notre société, en 2005, au Maroc.
Douze personnes ont suivi Christian dans ce projet d’emmener la SSNPP en Jordanie: David et Caroline
Balmer, Philippe, Laure et Marlyse Bassin, Marcel Challet, Jean Fernex, Lucie, Méline, Mano et Simon Lovis,
Florence Noirat. Le voyage s’est déroulé du 4 au 12 avril 2010.
Traversée du désert, Jordanie, avril 2010 (photo Marlyse Bassin)
Après une nuit à Amman, capitale jordanienne,
une première étape nous permet de découvrir le
Wadi Bin Hammad. Notre parcours se déroulera
dans le lit même d’une rivière chaude qui
s’écoule au fond d’un canyon, dans un décor
minéral où les parois sont recouvertes d’une
végétation luxuriante et où vivent d’innombrables
oiseaux exotiques. Nous visitons ensuite Karak,
ancienne forteresse des Croisés, un labyrinthe
de salles voûtées et de galeries souterraines
sans fin. En admiration devant pareille
architecture, nous faisons de l’ornithologie et de
la botanique, tout étant à découvrir.
Au crépuscule, au cours du voyage en direction de Dana, nous observons des centaines de buses en
migration qui se posent pour la nuit dans de petits arbres en bord de routes. Elles se laissent tomber comme
des pierres dans la végétation et atterrissent tant bien que mal, en silence, dans les branches. Deux messieurs
jordaniens collectent des plantes médicinales, par gestes, ils nous en expliquent les vertus.
Au cours d’un circuit de deux jours, nous descendons et remontons la vallée du Wadi Dana et passons la nuit
à Feinan dans un éco-lodge géré par des Bédouins. Des falaises vertigineuses parcourues par des vautours,
des aigles et des circaètes bordent le chemin muletier. Les incroyables structures géologiques, la faune, les
plantes et les arbustes en fleurs accompagnent notre randonnée. Notre guide, monté sur son âne, a bien du
travail pour nous faire avancer: la randonnée qui dure normalement quatre heures en prendra le double,
chaque pas recelant un nouveau sujet d’intérêt. Un repas végétarien éclairé par les bougies confectionnées
sur place et un joyeux fou rire animeront cette soirée sous un ciel d’une parfaite clarté. Le lendemain, la
remontée, avec sa traditionnelle pause thé sucré, se fera plus rapidement. Eprouvante sur la fin du parcours,
les services de l’âne seront encore appréciés.
La suite du séjour se déroulera à Little Petra où nous passons deux nuits au campement Ammarin également
tenu et animé par des Bédouins. Les chambres rustiques et confortables se trouvent dans de longues tentes
aux toits et parois de laine noire. Une tente commune permet de prendre les repas du soir et les petitsdéjeuners à la mode bédouine, assis par terre devant des tables basses. C’est un site magique, très calme, où
les rochers ronds et constellés de trous se transforment en milliers de visages étranges à la tombée de la nuit.
Nous y voyons des gravures rupestres qui semblent récentes.
De Little Petra, nous gagnons Petra, cette cité mythique taillée dans la pierre par les Nabatéens, perdue pour
le monde occidental dès le XIV siècle après J.-C. et redécouverte en 1862 par notre compatriote Johann
Ludwig Burckhart. Cette cité répondra à nos attentes en matière de grandeur et d’émotions, ceci dès l’entrée
dans le siq, l’étroit passage qui nous conduit en face du Trésor d’Al-Khazneh.
SSNPP – Info 31
- 37 –
Très prisée des touristes, Petra n’en reste pas moins mystérieuse et étonne par son immense superficie,
l’ingéniosité de ses constructeurs, son système d’irrigation, la beauté et la grandeur des édifices, ses
techniques architecturales, son histoire incroyable, les couleurs des roches et des dépôts minéraux, ses
dédales d’escaliers. Les iconoclastes sont passés par là et ont malheureusement détruit toutes les sculptures
ayant une représentation humaine ou animale: un terrible gâchis.
Au cours de ce séjour, nous aurons aussi la chance de vivre une randonnée de trois jours dans le Wadi Rum,
le plus grand désert jordanien. Escortés par un guide local, au rythme agréable de la marche, nous verrons
des parterres de fleurs et des champignons (!) très inattendus, lirons sur le sable les nombreuses traces des
habitants du désert, découvrirons une source au pied d’immenses falaises, longerons des sépultures,
croiserons un troupeau de dromadaires un peu affolés avec leurs jeunes, observerons des libellules,
trouverons un scorpion sous une pierre, verrons des milliers de rapaces migrant plein nord, traverserons une
arche de pierre naturelle, apercevrons des campements bédouins, bivouaquerons durant deux nuits à la belle
étoile, apprécierons le calme et la douceur de l’obscurité dans les dunes ainsi que les paysages somptueux. Et
à chaque pause, nous serons accueillis avec un thé à la menthe bien sucré, des repas aux goûts savoureux,
préparés par un cuisinier inventif. Jean, Laure et Florence fêteront le désert par une impressionnante série de
roulés-boulés dans le sable d’une magnifique dune ocre.
Bivouac dans les rochers, Jordanie, avril 2010 (photo Marlyse Bassin)
Durant notre balade dans le désert, nous avons été frappés par la présence de silex. Considérant les grès des
falaises et les remarques avisées de Laure notre archéologue, celui-ci ne peut qu’avoir été importé d’autres
régions au Néolithique. Nous avons eu la chance inouïe de trouver des pièces taillées, tels que des racloirs et
des lames.
Quittant le Wadi Rum, nous nous rendons à la Mer Morte pour vivre l’expérience particulière et piquante d’un
bain dans une eau d’une salinité de 27.5 % et d’une descente à -400 m au-dessous du niveau de la mer.
Israël est à un jet de pierre, avec le Jourdain tellement ponctionné qu’il n’apporte presque plus d’eau dans la
Mer Morte qui perd un mètre de niveau d’eau par année. Le paysage nous paraît un peu mélancolique par sa
blancheur laiteuse, sa rudesse et son histoire.
Au pied du Mont Nebo, qui abrite le tombeau de Moïse, un des deux véhicules tombe en panne sèche. Durant
l’attente et les péripéties d’usage dans de telles circonstances, nous vivrons une tempête de sable sous le
regard bienveillant des policiers: ciel opaque et vent tempétueux.
SSNPP – Info 31
- 38 –
Notre dernière étape sera la ville de Madaba, un des sites les plus mémorables de Terre Sainte. Nous visitons
l’église orthodoxe Saint-Georges pour y découvrir, au sol, une ancienne carte en mosaïque byzantine de
Jérusalem et des villes saintes. Ce chef-d’œuvre comprenait à l’origine deux millions de tesselles colorées, un
travail d’une minutie et d’une beauté saisissante. Nous faisons quelques emplettes, flânons dans les rues et
partageons un ultime et succulent repas typique: la cuisine jordanienne est raffinée, savoureuse, délicieuse.
C’est dans cette ambiance toute orientale que nous nous préparons à mettre le point final à un magnifique
voyage sous le signe des libellules!
Marie-Noëlle LOVIS
LISTE DES OISEAUX OBSERVÉS EN JORDANIE
4-12 AVRIL 2010
Nom français
Nom latin
Lieu
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
23
Cigogne blanche
Vautour percnoptère
Vautour fauve
Circaète Jean-le-Blanc
Buse féroce
Aigle des steppes
Aigle de Bonelli
Buse variable
Milan noir
Epervier sp
Aigle pomarin
Faucon crécerellette
Faucon crécerelle
Busard des roseaux
Perdrix choukar
Perdrix de Hay
Pigeon biset
Tourterelle maillée
Tourterelle turque
Coucou gris
Petit-duc scops
Martinet noir
Ciconia ciconia
Neophron percnopterus
Gyps fulvus
Circaetus gallicus
Buteo rufinus
Aquila nipalensis
Hieraaetus fasciatus
Buteo buteo
Milvus migrans
Accipiter sp.
Aquila pomarinus
Falco naumanni
Falco tinnunculus
Circus aeruginosus
Alectoris chukar
Ammopendix heyi
Columba livia
Streptopelia senegalensis
Streptopelia decaocto
Cuculus canorus
Otus scops
Apus apus
Wadi Dana
Wadi Araba
Wadi Dana
Wadi Dana
Dans les Wadi
Partout
Wadi Dana
Partout
plusieurs places
Wadi Dana
Wadi Dana
Château de Kerak
Dans les Wadi
Wadi Araba
Wadi Dana
Wadi Dana
Partout
Partout
Wadi Dana, Petra
Wadi Rum
Wadi Dana
Kerak
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
Martinet des maisons
Martinet pâle
Martinet à ventre blanc
Martin-pêcheur de Smyrne
Guêpier d'Orient
Guêpier d'Europe
Rollier d'Europe
Huppe fasciée
Alouette monticole
Cochevis huppé
Ammomane isabelline
Ammomane élégante
Hirondelle rustique
Hirondelle rousseline
Hirondelle de fenêtre
Hirondelle des rochers
Hirondelle isabelline
Apus affinis
Apus pallidus
Apus melba
Halcyon smyrnensis
Merops orientalis
Merops apiaster
Coracias garrulus
Upupa epops
Melanocorypha bimaculata
Galerida cristata
Ammomanes deserti
Ammomanes cincturus
Hirundo rustica
Hirundo daurica
Delichon urbica
Ptyonoprogne rupestris
Hirundo fuligula
Wadi Bin Hammad
Dana
Kerak
Wadi Bin Hammad, Mer morte
Wadi Bin Hammad
Feynan
route vers Petra
Kerak, Dana
Wadi Dana
Au bord des routes
Dana, Petra, Rum
Wadi Rum
Wadi Dana
Wadi Bin Hammad & Rum
Wadi Rum
Dans les Wadi
Dans les Wadi
SSNPP – Info 31
41
42
43
44
45
46
47
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
69
70
71
72
73
74
75
76
77
78
79
80
81
Pipit à gorge rousse
Bulbul d'Arabie
Soui-manga de Palestine
Prinia gracile
Dromoïque du désert
Pie-grièche grise
Pie-grièche masquée
Pie-grièche à tête rousse
Fauv. mélanocéphale
Fauvette orphée
Fauvette grisette
Fauvette babillarde
Fauvette à tête noire
Pouillot véloce
Rougeq. à front blanc
Traquet motteux
Traquet oreillard
Traquet à queue noire
Traquet deuil
Traquet à tête blanche
Traquet à capuchon
Merle noir
Merle de roche
Monticole bleu
Gobemouche noir
Més. charbonnière
Rufipenne de Tristram
Geai des chênes
Corneille mantelée
Corbeau brun
Grand corbeau
Corbeau à queue courte
Moineau domestique
Moineau soulcie
Verdier d'Europe
Chardonneret élégant
Linotte mélodieuse
Serin syriaque
Roselin du Sinaï
Bruant ortolan
Bruant cendrillard
- 39 –
Anthus cervinus
Pycnonotus xanthopygos
Nectarinia osea
Prinia gracilis
Scotocerca inquieta
Lanius excubitor
Lanius nubicus
Lanius senator
Sylvia melanocephala
Sylvia hortensis
Sylvia communis
Sylvia curruca
Sylvia atricapilla
Phylloscopus collybita
Phoenicurus phoenic.
Oenanthe oenanthe
Oenanthe hispanica
Cercomela melanura
Oenanthe lugens
Oenanthe leucopyga
Oenanthe monacha
Turdus merula
Monticola Saxatilis
Monticola solitarius
Ficedula hypoleuca
Parus major
Onycognathus tristramii
Garrulus glandarius
Corvus corone cornix
Corvus ruficollis
Corvus corax
Corvus rhipidurus
Passer domesticus
Petronia petronia
Carduelis chloris
Carduelis carduelis
Carduelis canabina
Serinus syriacus
Carpodacus synoicus
Emberiza hortulana
Emberiza caesia
Wadi Rum
Partout
Dans les Wadi
Wadi Bin Hammad
Wadi Dana et Rum
Wadi Bin Hammad
Feynan
Wadi Bin Hammad
Dana et Rum
Wadi Rum
Wadi Dana
Wadi Rum
Plusieurs places
Wadi Dana et Rum
Wadi Rum, plus. à Little Petra
Dana
Dana
Wadi Dana, Petra
Wadi Dana, Petra
Dans les Wadi
Wadi Rum
Dana
Dana
Partout. A Kerak, avec jeunes
Wadi Dana et Rum
Dana
Dans les Wadi
Hamman
Hamman
Wadi Rum
Wadi Dana
Petra
Hamman, Petra
Little Petra
Petra, Wadi Rum
Dana
Kerak
Dana
Petra & Wadi Rum
Wadi Dana
Wadi Bin Hammad
Jean FERNEX
Simon LOVIS
Traquet deuil, Jordanie, avril 2010 (photo Jean Fernex)
SSNPP – Info 31
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PORTFOLIO JORDANIE
  Gorges du Wadi Ben Hammad (Marcel Challet)   Campement du Wadi Rum (Jean Fernex)
 Le groupe de la SSNPP et ses guides (Lucie Lovis)  Magnifique paysages désertiques (Laure Bassin)
 Burdah Arch, Wadi Rum (Laure Bassin)