Ces médecins montréalais en marge de l`orthodoxie

Commentaires

Transcription

Ces médecins montréalais en marge de l`orthodoxie
Ces médecins montréalais en
marge de l'orthodoxie
RITA DESJARDINS
Résumé. ALIdébut du XXe siècle, les relations Église-État sont remises en
question. C'est en reconstituant les réseaux d'appartenance que nous avons mis
en évidence la division idéologique qui régnait à ce sujet, au sein de l'élite médicale montréalaise. Sur le terrain, cette division explique en partie du moins, les
difficultés rencontrées dans l'application des politiques de santé et l'évolution
socio-professionnelle des médecins. A plus long terme, elle explique la configuration institutionnelle déployée. L'idéologie placée au coeur de cette analyse,
laisse voir l'influence des pouvoirs.
Abstract. This article discusses the debate which took place at the beginning
of the 20th century on the relationship between Church and State, and reveals
the resulting ideological schisms among members of the Montreal medical
leadership. These divisions explain, at least in part, the delayed application of
health policies and professionalization evolution of physicians and the configuration of the medical institutional framework. Its broader implications relate
to the influence of external forces upon medical practice.
I
Dans l'histoire de la médecine montréalaise, des lenteurs inexpliquées
dans l'application de mesures d'hygiène publique au service de santé
de la ville de Montréal sont tout au plus constatées. Des historiens
soulignent tour à tour l'incurie de l'administration, l'absence de volonté
politique et les tergiversations inutiles, mais de nombreuses questions
demeurent sans réponses. Les histoires institutionnelles publiées à ce
jour font abstraction de l'environnement idéologique dans lequel s'implantent la médecine infantile, la médecine scolaire et les gouttes de lait.
A y regarder de plus près, les débats qui accompagnaient les tentatives
de réforme, divisaient les participants et affaiblissaient leur action. Le
pouvoir du clergé, qui se voulait sans partage, supportait mal la mise en
place d'une administration publique qui prenait de l'expansion et envahissait des champs culturels qu'il s'était réservés. Il nous semble imRita Desjardinsis a recent doctoral graduateof the Université de Montréal.
C B M H / B C H M / Volume 18:2001 / p. 325-347
326
1
RITA DESJARDINS
portant d'élargir l'horizon de l'histoire médicale pour mieux découvrir
les acteurs qui ont marqué leur époque afin d'apporter quelques
éléments d'explication à partir du cheminement des participants.
Au tournant du XXe siècle, des velléités d'émancipation de la tutelle
cléricale qui étend son contrôle dans tous les domaines de la vie quotidienne, sont manifestes en certains milieux montréalais*.Des groupes
d'individus tentent de s'organiser pour faire évoluer les choses. Sur le
terrain, les idées sont véhiculées par le journalisme de combat et l'action
passe par le regroupement associatif. Mais le non-conformisme est vite
jugé suspect par un clergé qui dispose de moyens autrement plus considérables pour conserver son emprise.
Deux «périls»selon l'expression d'Henri Bernard2menacent la vie intellectuelle montréalaise au début du siècle : l'un anglo-protestant3 et
l'autre maçonnique. Ils tendent la toile de fond à deux débats menés
simultanément qui touchent les relations Église-État et qui contribuent
à camper les positions. Il s'agit de celui des bibliothèques publiques et
de celui de l'instruction obligatoire qui refaisait surface.
Le premier débat, mis en contexte par Marcel Lajeunesse4,renvoie à
l'administration municipale qui, en 1900, évalue la nécessité d'une
bibliothèque publique, la bibliothèque paroissiale des Sulpiciens ne
répondant pas adéquatement aux besoins. Le prétexte lui vient de la tenue à Montréal du congrès de llAmerican Librmy Association qui fait la
promotion des bibliothèques publiques. L'occasion est intéressante, car
le philanthrope Andrew Carnegie s'engage à donner aux municipalités
une somme destinée à la construction d'une bibliothèque locale, sous
réserve que les autorités déboursent annuellement pour son fonctionnement, une somme équivalant au dixième du montant initial. Le
16 mars 1901, le maire Raymond Préfontaine sollicite le philanthrope
américain pour une aide financière de 150 000$ qui est accordée en juillet 1901. Le 26 mai 1902, le conseil municipal accepte l'offre Carnegie
selon les conditions établies. Favorable au projet des bibliothèques, le
docteur E. G. Dagenais5a présidé, pendant deux ans, la Commission de
la bibliothèque municipale6.Les journaux Ln Presse et Ln Patrie appuient
le projet qui doit répondre aux besoins des deux communautés linguistiques montréalaises.
Monseigneur Bruchési, voyant lui échapper la censure, multiplie les
obstacles pour finalement s'opposer au projet et obtenir des autorités
municipales que la gestion et la diffusion des ouvrages littéraires et philosophiques soient retirées aux laïcs. Entre-temps, Préfontaine a terminé son mandat à la mairie et la division chez les échevins entraîne un
vote défavorable au projet le 4 mai 19037.On se contente alors d'une bibliothèque civique dite «bibliothèqueindustrielle» située au Monument
national, qui ne contient que des ouvrages techniques8. Le problème de
Ces médecins montrédais en marge de l'orthodoxie
I
327
censure est ainsi contourné et les Sulpiciens ouvriront la bibliothèque
Saint-Sulpice à proximité de l'université Laval à Montréal rue SaintDenis, en 1915.
Le deuxième débat réfère à l'instruction obligatoire qui trouvera son
aboutissement en 1943 seulement. En 1901, le docteur Tancrède
Boucher de Grosbois, député de Shefford, propose un projet d'instruction obligatoire pour les enfants de 8 à 13 ans9. Monseigneur Bruchési
s'oppose à la scolarisation obligatoire des enfants au nom de la puissance paternellelO.Ce contexte fournit l'occasion aux tenants de l'école
laïque d'intervenir dans le débat.
Au cours de ses études à Paris, le docteur Adelstan de Martigny a
fréquenté le milieu de Louis Herbette, un sénateur radical, membre influent du conseil général de la Liguefrançaise de l'enseignement. Herbette
est venu au Québec à quelques reprises et on lui attribue la constitution
de la Ligue de l'enseignement à MontréalIl. Cette ligue, née en France en
1866 à l'instigation du franc-maçon Jean Macé, faisait la promotion de
l'instruction publique obligatoire et de l'école laïque et républicaine. Il
n'en faut pas plus pour que les porte-parole de l'Église d'ici accusent la
franc-maçonnerie de mener son action à travers la Ligue de l'enseignement qui s'est acquise des sympathies dans la classe dirigeante12.
La Ligue de l'enseignement montréalaise tient sa première réunion à la
salle Poiré le 9 octobre 1902. A titre de conseiller, le docteur Adelstan de
Martigny participe au comité de 14 membres élus en assemblée
générale pour diriger la ligue qui se définit comme un mouvement patriotique voué au relèvement de l'école13. Elle est présidée par Olivier
Faucher, marchand et ancien échevin14, tandis que le rédacteur en chef
duJournal Arthur Beauchesne occupe le poste de secrétaire.
A la réunion de novembre, les responsabilités sont distribuées : Godfroy Langlois, rédacteur en chef de La Patrie avant de devenir directeur-gérant du Canada15, est le premier vice-président et le docteur
Louis Laberge16, directeur du Bureau municipal d'hygiène, le second
vice-président. Avocats, sénateurs, conseillers législatifs, journalistes,
artistes et médecins se comptent parmi les membres dont les docteurs
E. P. Lachapelle, président du Conseil d'hygiène de la province de
Québec et président du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, J. C. V. Cléroux17, A. Huguenin, H. Duhamel, F. X. de
Martigny, Gaston Maillet18, J. L. Warren, A. de Martigny. Ces médecins
participent à un mouvement qui réclame des réformes au moment même
où ils cherchent à s'associer au développement de l'institution scolaire, en
prônant l'enseignement de l'hygiène à récole, l'inspection sanitaire des
écoles, l'élaboration d'un programme d'éducation physique et l'examen
médical des écolierd9.Mais plus largement encore, ces médecins cherchent à s'insérer dans le réseau de responsabilitéssociales.
328
RITA DESJARDINS
En 1903, la ligue publie un mémoire qu'elle dédie au Conseil exécutif,
à la Législature, au Comité catholique du Conseil de l'instruction pu-
I
blique et aux amis de l'éducation. Devant les insuffisances et les lacunes
de l'initiative privée, le manque de cohésion des efforts isolés et l'absence d'un résultat satisfaisant, la ligue proclame que l'instruction publique est une charge de l'État. Outre qu'elle déplore les salaires
dérisoires des instituteurs et institutrices et préconise l'amélioration de
leur compétence par la poursuite d'études pédagogiques, elle dénonce
l'état sanitaire des écoles et réclame la protection de la santé des écoliers
et de meilleures conditions environnementales daris les établissements
scolaires.
Pour les opposants, le but de la ligue est de soustraire le domaine de
l'éducation à la mainmise du clergé en chassant les évêques du Conseil
de l'instruction publique, afin de saper l'autorité de l'Église dans la société. L'abbé Antonio Huot exprime la vive réaction du clergé dans Le
fléau maçonnique publié en 1906.
Les coups frappent à la Commissiondes écoles catholiques de Montréal où
des membres de la ligue sont congédiés à la suite de pressions exercées
auprès des commissaires et ce, malgré la dissidence du commissaire, le
docteur Jean-Pierre Décarie20.Ce dernier ne pouvait approuver ces mesures radicales destinées à réprimer toute participation à la ligue.
En 1904, la Ligue de l'enseignement est mise en veilleuse21,mais ses revendications empruntent des voies diverses. Cette même année, au
congrès de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du
Nord (AMLFAN), on réclame l'inspection médicale des écoles et l'enseignement de l'hygiène infantile dans les écoles de jeunes filles. En
1907, l'instruction gratuite et obligatoire est au programme du Parti
ouvrier dirigé par le franc-maçon Gustave Francq, enfin Le Combat et
L'Action (1911) dénoncent l'ingérence cléricale et réclament un ministère de l'Instruction publique.
Jacques Léonard22a souligné, pour la France, les influences réciproques de l'humanisme médical et de la franc-maçonnerie et la convergence des thèmes maçonniques et des idées biopolitiques. Qu'en
est-il à Montréal où l'influence culturelle a exporté ses problématiques?
Et comment ces idéologies demeurent signées par leurs références
d'origine?
,Au cours de leurs études à Paris, quelques médecins montréalais ont
adhéré au libéralisme de la franc-maçonnerie française qui, par ailleurs,
affichait depuis 1877, un radicalisme que ne connaissait pas la
franc-maçonnerie anglaise. La loge montréalaise L'Émancipation rattachée au Grand Orient de France est fondée en 1896, et le docteur Adelstan de Martigny est reconnu au Canada comme le chef de la
franc-maçonneried'obédience française.
Ces médecins montréalais en marge de l'orthodoxir
I
329
En cette même année 1896, Adelstan de Martigny23participe au comité d'études médicales qui se réunit à l'université Laval, comité à
l'origine de la Société médicale de Montréal fondée en 1900. Dynamique
durant la première décennie du siècle, cette société revendique des mesures médico-sociales, soutient l'établissement d'oeuvres philanthropiques et réclame l'intervention financière de la municipalité.
A la ville de Montréal, Laberge et Dagenais militent dans la Ligue antituberculeuse de Montréal qui préconise surtout des méthodes prévent i v e ~ *Mais
~ . pour traiter la tuberculose, en juin 1904, la Commission
d'hygiène de la ville de Montréal charge Adelstan de Martigny, qui a
poursuivi des études spécialisées en chirurgie et en pneumologie,
~ ~ . décision survenait
d'aller étudier à Paris la méthode M a r m ~ r e kCette
au moment où le docteur L. J. Lemieux de l'Hôpital Notre-Dame publiait les 35 observations cliniques faites avec le sérum de Marmorek,
dont 12 lui étaient personnelles. Il souhaitait la poursuite des observations et concluait : «Il nous semble donc que nos malades ont bénéficié
considérablement de cette médication et qu'elle ne devrait pas être
négligée»,et il ajoutait : « . . . nous avons la ferme conviction que jusqu'à
ce jour c'est la découverte la plus importante et la plus utile qui ait été
faite dans ce domaine»26.
Cette décision de mandater A. de Martigny pour effectuer un stage
d'étude en France sur un sujet déjà étudié par Lemieux, a soulevé la
question des accointances politiques2'. Et l'article anonyme de l'Union
médicale du Canada souligne la coïncidence sans toutefois noter que
Martigny représente ~ ' É m a n c i ~ a t i au
o n convent de 1904.
A. de Martigny est requ au laboratoire de Marmorek à Neuilly où,
pendant deux mois, guidé par le directeur de l'Institut Maurice Cohen,
il se familiarise avec la méthode sérothérapique. Il faut dire que Marmorek rencontrait des adversaires irréductibles particulièrement en
France mais un meilleur accueil à l'étranger. Convaincu de l'efficacité
de la méthode, surtout depuis qu'on avait réussi à produire un sérum
plus actif, A. de Martigny livre dans le rapport qu'il soumet à son retour, un plaidoyer en faveur du traitement gratuit pour les pauvres et
les ouvriers. Puis il s'engage dans la lutte antituberculeuse dans les
quartiers populaires de Montréal et s'applique à démontrer que la
maladie peut être curable mais nécessite un long traitement. Tout au
long de l'année 1906, il présente les résultats de ses expériences
cliniques avec ce sérum (2000 injections) dans le Journal de médecine et de
De Martigny soutient que le produit, sans être une panacée
~hirurgie*~.
mais plutôt un adjuvant, apporte un soulagement à certains malades
qui ne répondent pas au traitement traditionnel et qui présentent peu
d'espoir de guérison. En début de maladie, le sérum serait efficace. En
somme, ses conclusions rejoignaient celles de Lemieux. Entre-temps, à
330
I
RITA DESJARDINS
la Sociité médicale de Montréal, une commission a été mise sur pied pour
étudier la valeur du sérumz9.
A. de Martigny mène simultanément des expériences cliniques avec
la tuberculine que lui a fait parvenir le professeur Calmette, pour en
évaluer les résultats30.Au congrès de 1908 de l'Association des Médecins
de Languefiançaise de l'Amérique du Nord, il prône l'emploi du sérum de
Marmorek mais les docteurs J. J. Guérin, M. Renaud et A. Lesage
soutiennent l'opinion contraire; ils sont d'avis que ce sérum ne donne
pas les succès prétendus, pas plus d'ailleurs que les tuberculines de
~och~l.
En septembre 1909, en compagnie du docteur Alfred Marcil, Adelstan de Martigny est accueilli au Havre par le docteur Loir qui leur
ouvre les portes du bureau d'hygiène, des gouttes de lait, de l'oeuvre
des colonies scolaires et du dispensaire an tituber cul eu^^^. A son retour,
de Martigny est célébré par une cinquantaine d'amis33 car il s'est vu
conférer le titre de Chevalier Kadosch, trentième degré de la
franc-maçonnerie. Puis, en avril 1912, de Martigny s'embarque à
nouveau à destination de Paris avant de se diriger vers Rome où se tient
le 7e Congrès international de la tuberculose, pour y présenter des communications sur le traitement de la tuberculose pulmonaire. Les activités professionnelles et les activités maçonniques dlAdelstan de Martigny s'entremêlaient, comme si les unes soutenaient les autres.
Un certain idéal humanitaire partagé par des membres de la profession médicale était à l'origine de leur association.En janvier 1894, Henri
Masson Duhamel34établit une clinique des maladies des oreilles, du
nez, de la gorge et du larynx dans un quartier populeux de Montréal, à
la maison-mère des Soeurs de la Providence. François X. de ~artigr$'
y est chef de clinique. Les consultations données trois fois la semaine
s'élèvent la première année à 1622 pour 335 patients dont 74 enfants36.
Cette expérience les amène à fonder la revue médicale La Clinique en
juillet 1894; Duhamel en est le rédacteur en chef et F. X. de Martigny, le
secrétaire. Peu après, soit en mai 1895, F. X. de Martigny devient rédacteur en chef. Son frère Adelstan de Martigny collabore à la revue médicale dont il devient un des directeurs en août 1895.
Peu après sa fondation, La Clinique est dirigée par des francs-maçons.
Outre Adelstan de Martigny, son frère François est initié à la loge
l'Émancipation le 27 octobre 1896 et devient premier surveillant en 1899,
et Henri Masson-Duhamel est initié le 25 octobre 1898. Ensemble, ils
participent à la Ligue de l'enseignement. Cependant, au moment de la
mise en veilleuse de la ligue, l'appartenance de François de Martigny à
lfÉmancip~fions'estompe avant d'être rayé de la liste pour défaut de
paiement37.Il est réaliste de croire que tout franc-maçon qu'il était, il ne
pouvait souscrire aux idées défendues par Godfroy Langlois. Ce der-
Crs médrcins rnontrénlnis rn rnnrge dr l'orthodosir
I
331
nier, en tant que député, s'est opposé à la loi qui devait porter à cinq
années les études médicales dans les facultés de médecine.
François X. de Martigny s'est très tôt montré soucieux de la qualité de
l'enseignement médical. Déjà en 1896, Ln Clinique se réjouit ouvertement de la décision de la faculté de médecine de Laval à Montréal de
procéder par concours à la nomination de nouveaux professeurs. Si la
candidature de E. A. de Cotret à la chaire d'obstétrique répond à cette
nouvelle exigence, celle de J. C. S. Gauthier à la chaire d'hygiène passe
outre et Ln Clinique" de dénoncer cette nomination. Des échanges
acerbes s'ensuivent par l'intermédiaire de l'Union Médicale du Cnnndn.
La faculté de médecine supporte mal d'être évaluée dans son fonctionnement et les directeurs de Ln Clinique, associés à des révolutionnaires, sont accusés d'avoir fondé cette revue pour lutter contre la
faculté. Le professeur Norbert Fafard prévient ses directeurs qu'ils ne
pourront intégrer le corps profes~oral"~.
En 1897, pour améliorer le contenu de Ln Clinique et en assurer la relance, François de Martigny, au cours d'un séjour à Paris, obtient de
publier des travaux originaux de Le Dentu, Paul Reclus, Apostoli,
Abadie et Guépin. S'il se réserve la rédaction, il en confie l'administration à Victor Rougier. On prévoit publier à 2500 exemplaires. Mais
bientôt reparti pour Paris40,son frère Adelstan dirige la revue en son absence et la publication est suspendue quand Rougier se retire en 1898.
Toujours préoccupé de la diffusion des connaissances médicales,
François de Martigny collabore activement à la Société rnédicnle de Montde médecine
réal et à la direction de la nouvelle revue médicale, leJol~rnn1
et de chirurgie, journal officieux de la société pour la période 1906-19104'.
Élu gouverneur du Collège des médecins et chirurgiens de la province de
Québec en 1907, il participe à la préparation de la loi médicale de 1909à titre de secrétaire de la Commission de législation. Par la suite, il multiplie
les conférences auprès des sociétés médicales pour faire la promotion de
cette importante loi qui constitue une refonte générale des lois et statuts
des médecins et qui consacre une part plus grande à l'enseignement
clinique dans les facultés de médecine, dont celui de la pédiatrie.
Précisons ici le rôle des médecins protecteurs de l'enfance engagés
dans la lutte contre la mortalité infantile. Le docteur Louis Laberge
inaugure le service municipal de l'inspection médicale des écoliers
placé sous la responsabilité du docteur J. E. Laberge. Ce service, d'abord
en vigueur du mois d'octobre 1906 à mars 1907, est interrompu avec
l'épuisement du budget42.Malgré l'acceptation favorable de la Commission scolaire, l'incertitude venait des échevins qui hésitaient à voter
les fonds nécessaires à la poursuite de cette initiative.
Partisan de l'inspection médicale des écoles, Raymond V i l l e ~ o u r t ~ ~
devient inspecteur médical de 1906 à 1908. En 1907, il entreprend une
332
l
RITA DESJARDINS
carrière dans le journalisme médical avec L'Argus Jotlrnnl pour tous, un
journal éphémère dans lequel il réclame un dispensaire gratuit pour les
enfants pauvres4<Car il devenait insuffisant de dépister la maladie sans
offrir les soins médicaux aux indigents.
L'appel est entendu. Le dispensaire réclamé naît en avril 1908 au
coeur du quartier Saint-Louis, où le dentiste Gaston Maillet acquiert le
88 de la rue Saint-Denis qui sera à l'origine de l'Hôpital Saint-Luc, un
hôpital laïque15. Maillet, Globensky, Duhamel et F. A. Fleurf6 assurent
les services médicaux à l'hôpital qui compte 9 lits. Maillet et Globensky
se consacrent aux soins dentaires et Duhamel soigne les maladies des
yeux, des oreilles, de la gorge et exécute l'ablation des adénoïdes et des
amygdales. Une contribution monétaire provient de d'obole des
écoliers.; elle permet de dispenser des médicaments gratuitement et
même, à l'occasion, de remettre des lunettes aux enfants. Les médecins
inspecteurs des écoliers y dirigent les enfants qui ont.besoin de soins. En
1909, 1 693 enfants sont soignés. Par la suite, un véritable dispensaire
d'odontologie sera installé avec le docteur J. E. Lanoie et ses assistants.
A peu près simultanément, des féministes chrétiennes et des médecins clérico-nationalistes fondent l'Hôpital Sainte-Justine pour les enfants en novembre 1907, pour lutter contre la mortalité infantile. L'institution est très tôt affiliée à la Fédération nationale Saint-Jean-Baptisteet
son conseil d'administration féminin et laïque est jugé moins suspect
par l'archevêché quand les Filles de la Sagesse assurent la régie interne
de l'hôpital en 1910. Les administratrices ont quand même pris soin
d'aller quérir à Rome la bénédiction papale pour rassurer l'évêque!47
Très tôt, cet hôpital de quelques lits se dote d'un bureau médical qui fait
contrepoids à celui des administratrices. Mais en dépit des difficultés
organisationnelleset des conditions matérielles très précaires, cet hôpital offre, dès le début, les services d'un dispensaire pédiatrique.
Ici apparaît la dualité des institutions mises en place : l'Hôpital SaintLuc répondant au projet maçonnique, l'Hôpital Sainte-Justine répondant à celui des clérico-nationalistes. Sous des aspects charitables, la
philanthropie se fait rassurante pour mieux se convertir en influence.
Faut-il souligner qu'une allocation municipale était accordée en 1910 :
3 000$ allaient à l'Hôpital Saint-Luc et 1 500$ allaient à l'Hôpital SainteJustine ?48
LES SOCIÉTÉS À CARACTÈRE SCIENTIFIQUE
Au moment où, à l'université McGill, le professeur de physique
~ ~médecins
,
francoH. T. Barnes met sur pied la British Science G ~ i l ddes
phones établissent des sociétés culturelles qui reflètent leurs divisions
idéologiques. Au début de 190750,le docteur Louis Laberge forme le
comité montréalais de 1'AlIirince scientifiqueuniverselle. Présidée par La-
Ces mldecins montréalais en marge de l'orthodoxie
l
333
berge51, assisté à la première vice-présidence par François de Martigny,
à la trésorerie par Pierre Salomon Côté et au secrétariat par Raymond
Villecourt, cette association créée par des médecins francs-maçons recrute quelques membres au sein de l'administration municipale. Sa
première réunion officielle se tient le 29 mai 1908. Le regroupement ambitionne de faciliter la création de bibliothèques, de musées, d'organiser
des cours et des conférenceset de favoriser la rencontre des hommes de
sciences. L'appel à la solidarité scientifique internationale lancé par le
président Laberge à l'occaçion de l'assemblée générale du 17 octobre
1909, s'inspire du sens de la Vérité, de la Liberté et de la Justice proposé
par Renan. Quant au conférencier Villecourt, il invoque ce soir-là les
vertus républicaines de l'État laïque dont l'instruction gratuite et obligatoire pour les écoliers. Les artisans de la Ligue de l'enseignement n'ont
pas déchanté et deux ans plus tard, Laberge entreprend des démarches
en vue de l'établissement d'une bibliothèq~e~~.
Simultanément, la Société pour l'avancement des sciences, des lettres et des
arts au Canadas3est fondée en 1908, dans le but de travailler au progrès
scientifique et artistique par l'organisation de conférences, d'expositions artistiques et par l'établissement d'un musée des beaux-arts à
Montréal. Avocats, ingénieurs, artistes et médecins canadiens-français
qui se réunissent, travaillent de concert avec un comité parisien
rehaussé de quelques personnalités nobiliaires. Les médecins sont
représentés par J. E. Dubé, L. J. V. Cléroux, S. Boucher, B. G. Bourgeois,
J. C. Bourgoin et E. E. Laurent, tous du bureau médical de l'Hôpital
Sainte-Justine, et par E. P. Lachapelle, E. Saint-Jacques et L. Verner. La
présence de l'abbé Georges Gauthier de l'archevêché de Montréal cautionne cette société. Apparemment, seul l'artiste Philippe Hébert
fréquente les deux sociétés!
Les sociétés scientifiques et culturelles cherchent à resserrer les liens
avec la France pour se donner une certaine crédibilitéet élargir leurs horizons. Mais leur duplication et leur polarisation idéologique divisent
les francophones et vouent les efforts à l'échec à plus ou moins long
terme. Il faudra attendre la création, le 15 mai 1923, de l'Association canadienne-funnçaise pour l'avancement des sciences (ACFAS) et le 22 janvier
1927, la création de l'Institut scientifiquefYanco-canadien par Louis Janvier
Dalbis et Édouard Montpetit, pour voir naître des associations durables.
Pour contrer les tendances laïcisantes manifestées au sein de la Ligue de
l'enseignement, les Jésuites ont fondé, en 1904, l'Action catholique de la
jeunesse canadienne-française (ACJC) dans le but de former des apôtres
sociaux pour défendre «les causes saintes de la foi et de la nati~nalitén~~.
334
l
RITA DESJARDINS
Membre fondateur de l'ACJC et membre du Cercle des combatifs, le
docteur Georges H. Barils5 préside les destinées de I'ACJC de 1911 à
1920 tout en prenant une part active à la publication Le Semeur dont il a
été le premier admini~trateur"~.
Il est le fondateur, à la faculté de médecine, du Cercle Pasteur affilié à 1'ACJC57.L'ACJC a aussi ses médecins
militants.
Profitant des retombées de l'enquête Cannon sur l'administration
municipales8, le Comité des citoyens, qui reçoit l'appui du mouvement
nationaliste, porte les réformistes au pouvoir à Montréal en février
1910. C'est le moment choisi par 1'ACJC pour purger la vie montréalaise
de l'infiltration maçonnique. Ses membres, Albert J. Lemieux et
V. E. Beaupré, président d'une section du mouvement, bientôt rejoints
par Charles Albert Millette et les docteurs Jean-Baptiste Prince59 et
J. Bourgoinbo,s'adonnent à de l'écoute, après avoir loué l'appartement
situé au-dessus du local de la loge dans l'édifice La Patrie situé à l'angle
de la rue Sainte-Catherineet Hôtel-de-ville6'.
Dans la foulée de ces événements, le médecin-maire J. J. Guérin, un Irlandais catholique ami intime de Monseigneur Bruchési et membre de
la faculté de médecine, ouvre une enquête le 28 juillet. Louis Laberge et
Adelstan de Martigny sont interrogés, les membres de la loge maçonnique étant soupçonnés d'avoir voulu intervenir à l'occasion du
Congrès eucharistique de 1910. Mais l'enquête est jugée ultra vires par la
cour supérieure. Par ailleurs, au terme d'un procès, Lemieux, accusé de
vol de documents et d'agression sur Ludger Larose, est acquitté. Mais
Lemieux publie la liste des membres de l'Émancipation et cette dénonciation entraîne la mise au ban de ses médecins de la communauté médicale.
La dénonciation est reprise par Henri L a ~ n i e rdans
~ ~ sa revue Les
11fustige «lesrats de l'anticléricalisme» qui sapent «lesbases
Rayons X63.
de nos institutions». Sa hargne s'exprime à l'endroit de François de
Martigny qualifié de franc-maçon, d'anticlérical, de révolutionnaire, de
socialiste, d'anarchiste, de goujat et de voleur (plagiat). Lasnier, qui
parle des «ennemis du dedans. ayant une «tête à la française», se
demande comment De Martigny pourra demeurer à l'Hôtel-Dieu, une
institution catholique. De fait, il sera invité à retourner à la pratique religieuse pour conserver son poste de chirurgiena.
A côté de ces éclats intempestifs, des représailles plus subtiles mais
non moins efficaces s'exercent ailleurs. Les noms des médecins
francs-maçons Alexandre Bourdon et Henri Desmarais n'apparaissent
plus sur la liste des médecins inspecteurs des écoles; celui du docteur
Jules A. Chopin, chimiste et bactériologiste au service du Conseil d'hygiène de la province de Québec depuis 10 ans, est supprimé du Rapport
annuel. Godfroy Langlois doit quitter Le Canada en 1910. Et quand le
Ceç midecins montrialais t7nmarge de l'orthodoxie
I
335
docteur Louis Laberge démissionne à la fin de l'année 1912, officiellement pour des raisons de santé, on sait qu'on lui refusait une augrnentation salariale depuis quelques années'j5.Le poste incombera à Séraphin
Boucher du bureau médical de l'Hôpital Sainte-Justine.
Du point de vue de l'hygiène de l'enfance, dès 1910, les clérico-nationalistes avec l'appui de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste,
ont profité du momentum pour mettre en place les premières gouttes de
lait paroissiales subventionnées par la municipalité. Ces gouttes de lait
qui ont par la suite résisté à la professionnalisation et à la municipalisatiod6, ont connu une carrière parallèle à celles des consultations municipales de nourrissons créées en 1918. Mais dans l'ensemble, pour les
analystes, les réformistes ont affiché une faible performance malgré les
pouvoirs accrus aux mains des commissaire^^^.
Parallèlement aux événements qui se déroulent sur la scène municipale, la faculté de médecine est sévèrement frappée. En août 1910,
paraît le célèbre rapport de l'Américain Abraham Flexner qui se montre
défavorable à la faculté de médecine de l'université Laval à Montréal.
Les erreurs qu'il contient ternissent la réputation de la faculté. Des rectifications sont exigées, mais le mal est fait.
Nonobstant les accusations dont il a été la cible, François de Martigny
plaide la cause de la faculté auprès de Flexner de la Fondation Carnegie.
Grâce à son ami Alexis Carre1'j8de l'Institut Rockefeller, il a obtenu une
rencontre avec Flexner qui s'est déroulée à New York, le 12 avril 1911'j9.
Flexner explique que le but de son enquête était d'obliger les universités
à perfectionner leur enseignement. Pour l'essentiel, il avait déploré l'absence d'enseignement pratique et de laboratoires à l'université Laval à
Montréal. Si le doyen E. P. Lachapelle avait reproché à Flexner sa courte
visite et lui avait signalé quelques erreurs qu'il a d'ailleurs reconnues,
Flexner maintenait son verdict tout en se disant heureux d'apprendre
que des correctifs seraient apportés avec la mise en application de la
nouvelle loi médicale à laquelle de Martigny a participé. De retour à
Montréal, F. X. de Martigny publie cette entrevue qui fait état des lacunes de l'enseignement médical à l'université Laval à Montréal.
L'autre pavé dans la mare est jeté par les francs-maçons français. Le
Cléricalisme au ana da^^ dénonce l'ultramontanisme et la mainmise du
clergé sur l'université et son enseignement. L'auteur déplore l'attitude
des étudiants ainsi formés et, plus généralement, la mentalité inculte
des Canadiens français soumis à un clergé étroit d'esprit et désireux de
tout contrôler, y compris la vie de l'esprit dont les activités sont soumises à de nombreux interdits et aux menaces constantes d'excommunication. Ce livre connaît ici un certain retentissement.
Par ailleurs, il n'est pas indifférent de constater qu'au moment où
sont divulgués les noms des membres de l'Émancipation en 1910, IeJour-
336
I
RITA DESJARDINS
nal de Médecine et de chirurgie cesse de refléter les activités de la Société
médicale de Montréal dont les membres sont profondément divisés. A
l'instigation de F. X. de Martigny, La Clinique renaît avec Raymond Villecourt à titre de secrétaire à la rédaction, puis de rédacteur en chef
jusqu'à la disparition de la revue en 1922. Outre l'intérêt scientifique
clairement affiché, cette revue se préoccupe d'intérêts professionnels et
à ce titre, scrute les activités du Collège des médecins pour en
démasquer les intrigues. Se sentant épié, le Collège supporte mal la
présence de Villecourt à ses réunions et cherche à l'évincer sous prétexte
qu'il n'est pas licencié au Québec.
Simultanément, Francois X. de Martigny cherche à s'intégrer davantage à la communauté médicale française. Il se rend à Paris le 23 juin
1911, pour assister au congrès d'urologie et au congrès d'eugénique et
choisit de prolonger son séjour jusqu'à la fin d'août. Il devient alors
membre correspondant de la Société nationale des Chirurgiens de Paris,
membre de la Société internationaled'urologie où éventuellement, il participe au conseil de direction. Il devient également membre titulaire de la
Société d'urologie de Paris le 5 octobre 1911 et membre titulaire de
lrAssociationfrBnçaisede chirurgie de Paris le 13octobre 1912. Par le jeu des
relations amicales et professionnelles qu'il entretient dans le milieu
médical francais, il a su convaincre Keating Hart de s'arrêter à Montréal
au retour d'un voyage à New York, pour donner une conférence avec
projections sur le traitement électrique du cancer, le 11décembre 1911.
Le passage de F. X. de Martigny au sein du Collège des médecins à titre de gouverneur est marqué d'incidents conflictuels qui suscitent
l'acrimonie. Il en est un qui a trait à sa participation au fie congrès de
l'Association des médecins de languefrançaise qui se tient à Paris du 13 au
16 octobre 1912. Le mandat du délégué Henri Hervieux est à l'effet d'inviter l'association à tenir son prochain congrès à Montréal et d'obtenir
que l'Association des médecins de langue française d'Amérique du Nord
(AMLFAN)s'unisse à celle des médecins de langue française d'Europe.
Hervieux est retenu par la maladie.
F. X. de Martigny qui est au nombre des délégués, multiplie les
démarches personnelles. A son retour, il se fait fort d'avoir obtenu la tenue du congrès de 1916 à Montréal et l'appui du Professeur Chauffard à
la proposition de faire de I'AMLFAN une société filiale de l'Associafion
des médecins de languefrançaise d'Europe.
F. X. de Martigny présente au secrétaire du Collège, un rapport
détaillé des démarches entreprises, des correspondances échangées, des
réceptions auxquelles il a assisté, des discours prononcés et des résultats obtenus. Ce rapport est accompagné d'une note de frais. Suite à un
avis juridique, cette dernière lui est refusée et il accepte de la retirer.
Mais le litige n'est pas pour autant réglé. Le rapport accepté devant être
Ces ~tzl;drcimniontrhlrzis en mnrcgc de l'orthodoxir
I
337
inséré au procès-verbal de l'assemblée, certains membres du bureau des
gouverneurs s'y opposent, les résultats seuls devant être retenus. Une
question de procédures administratives est invoquée7*.Pour R. Boulet,
F. X. de Martigny, qualifié d'enfant terrible, a usurpé le rôle principal72.
L'autre incident s'inscrit dans le cadre des célébrations de la fête nationale des Français de juillet 1913, marquées par la présence du
croiseur «Descartes,)à Montréal. L'occasion de resserrer les liens avec la
France afin de favoriser les échanges culturels et scientifiques, semble
indiquée. Un banquet est alors offert aux membres de l'état-major du
navire par la communauté médicale montréalaise, largement
représentée par les membres de la faculté de médecine. Villecourt, ancien membre de la marine française, en est l'instigateur et F. X. de Martigny participe au comité d'organisation présidé par E. P. Lachapelle.
Cette réception est critiquée par des membres du Collège. Les objections laissent percevoir la rivalité entre Québec et Montréal et soulèvent
la pertinence d'une telle réception73.
Ces incidents anodins en apparence sont portés à l'attention de tous
dans les revues médicales. Ils suscitent des tensions au sein de la communauté médicale et amènent François de Martigny à présenter sa lettre de démission comme membre du bureau des gouverneurs du
Collège des médecins74.Elle est refusée. Il se ravise et se porte candidat
à l'élection de 1914 où il est défait.
Entre-temps, F. X. de Martigny s'est rendu à Paris le 27 septembre
1913 pour assister aux congrès de chirurgie et d'urologie. Les relations
qu'il entretient avec les membres de la communauté médicale française,
agacent. F. X. de Martigny est porteur d'une dénonciation et sa présence
devient importune. Il vaut mieux taire son nom ou ne pas lui être trop
étroitement associé.
Le 2 août 1914, le consul général de France reçoit l'ordre de mobiliser
les Français du Canada. François de Martigny s'empresse de joindre le
corps médical de la milice canadienne sous le commandement du
médecin lieutenant-colonel Arthur Mignault et du médecin-major
Émile Peltier, pour participer activement à la mise sur pied de l'Hôpital
militaire canadien No 4 composé de 172 personnes. Leur quartier
général est établi à l'arsenal de l'Avenue des Pins et l'autorisation de
donner une formation en français leur est accordée dès janvier 191575.
Le personnel de cet hôpital militaire quitte le Canada le 20 juillet suivant
à destination de
où les médecins sont répartis dans les
hôpitaux britanniques en attendant de traverser en sol français. Le
groupe quitte Folkestone le 19 novembre 1915 et débarque à Boulognesur-Mer pour finalement arriver à Saint-Cloud le lendemain. A partir
du 14 juillet 1916, l'hôpital désormais désigné sous le nom d'Hôpital
général No 8 de Saint-Cloud, est classé parmi les établissements de
338
I
RITA DESJARDINS
grande chirurgie avec tous ses services annexes. Il est placé sous le commandement du lieutenant-colonel E. A. Lebel. F. X. de Martigny a été
nommé chirurgien-chef au début de l'année 1916 et il a également servi
à l'Hôpital Carrel de Compiègne pendant un certain temps77.
Soucieuse de se démarquer de l'Hôpital No 4, la faculté de médecine
Laval à Montréal met sur pied l'Hôpital militaire Laval No 678.Elle invoque sa dette de reconnaissance envers la France où ses médecins ont
reçu leur formation, pour appuyer sa parti~ipation~~.
Sous le commandement du lieutenant-colonel G. E. Beauchamp, la médecine est
dirigée par le lieutenant-colonel J. P. Décarie et la chirurgie par le lieutenant-colonel P. Z. Rhéaume, tous deux de l'Hôpital Sainte-Justine.
Après trois mois passés en Angleterre, les membres de l'Hôpital Laval
reçoivent l'ordre, en juillet 1916, de se rapporter au colonel Mignault à
Saint-Clouds0.Mignault prend alors la direction des hôpitaux connus
sous le nom «d'Unités canadiennes des camps retranchés de Paris,,
jusqu'au 25 septembre 1916. Il est alors envoyé en mission en Angleterre
avant de rentrer au Canada.
Beauchamp a entrepris des tractations, car il a reçu des autorités de la
faculté la consigne d'éviter la fusion des hôpitaux militaires canadiensfrançais. Il obtient d'aller à Joinville-le-Ponts1.Mais en attendant la construction d'un hôpital par la Croix-Rouge à Joinville et non à SaintCloud comme il était prévu à l'origine, le gouvernement français confie
à l'Hôpital Laval en janvier 1917, un hôpital installé à Troyess2.En juin
1918, l'Hôpital Laval revient à Joinville pour prendre possession de
l'hôpital de la Croix-Rouge canadienne. Ce dernier est finalement remis
au gouvernement français le 3 juillet 1918 et le personnel de l'Hôpital
Laval est en servicejusqu'au 9 mai 1919.
Le 4 septembre 1916, au grand amphithéâtre de la Faculté de médecine de Paris, l'Association des médecins militaires cnnndiens en France inaugure ses réunions mensuelles. La 3e réunion a lieu le 6 novembre 1917
sous la présidence de F. X. de Martignys3. Les médecins des hôpitaux
militaires canadiens-français se trouvent à l'occasion réunis, en dépit
des distinctions qu'on a voulu maintenir.
Au lendemain de la guerre en 1919, les médecins militaires enrichis
d'une expérience médicale et chirurgicale, devaient s'établir. Assumant
un certain leadership, F. X. de Martigny entreprend la fondation de
l'Hôpital Français, une corporation laïque, qui reçoit l'appui du Nationalistes4.L'ouverture officielle a lieu le lemars 1920 au 350-352 rue
Saint-Denis, à quelques pas de la bibliothèque Saint-Sulpice, dans un
immeuble appartenant au docteur Brisset des Nos où logeait l'ancien
Hôpital Saint-Denis. Le groupe des fondateurs est dirigé par Émile
Galibert, chevalier de la Légion d'honneur remplacé l'année suivante à
la présidence par le baron Joseph dlHalewyn, président du Crédit cana-
Ces médecins montréalais en marge de l'orthodoxie
I
339
dien et à la vice-présidence par Gonzalve Desaulniersg5,président de
1'Alliancefrclnçaise.
Rappelons que le Comité de Montréal de l'Alliance française a été
fondé le 14 mars 1902 dans les salons de La Presse et que le 22 mars
suivant, Honoré Beaugrand, ancien maire de Montréal et franc-maçon
avoué, est élu à la présidence de ce comités6. Il en est d'ailleurs le premier conférencier. Ce regroupement a reçu le patronage de l'université
McGill qui accueillait les conférenciers dans ses murs; son recteur Sir
William Peterson et le doyen de la faculté de droit H. Walton, étant au
nombre des vice-présidents. De nombreux médecins francophones ont
participé au comité de direction dont les docteurs E. P. Chapon, L. Laberge, R. Boulet, E. Saint-Jacques, A. Lesage, J. A. Leduc, Paul Ostiguy,
J. P. Des Rosiers, F. X. de Martigny etc.
A l'origine de l'Hôpital Français, on retrouve des médecins membres
de 1'Alliancefrançaise : Paul Villards7,A. Brisset des Nosss et F. X. de Martigny. Plusieurs médecins militaires y sont recrutés. Outre le chirurgien
lieutenant-colonel F. X. de Martigny à la présidence du bureau médical,
on compte le dermatologue lieutenant-colonel Jean P. Décarie, le radiologiste lieutenant-colonel L. Antoine Gagniers9, le chirurgien major
Georges Étienne Milette officier de l'Instruction publique, l'oto-rhinolaryngologiste major J. E. Lanoie président de l'Association des
vétérans du Cercle Ville-Marie, le capitaine J. A. Lussier, spécialiste des
maladies nerveuses et G. A. Forest.
Les fondateurs de l'hôpital veulent offrir des consultations gratuites
et l'hospitalisation aux indigents, des services d'urgence aux accidentés
et les soins aux malades. L'horizon est largement défini puisqu'on
compte également établir, acquérir ou diriger des institutions pour les
incurables, les convalescents et les infirmes et organiser des sanatoriums pour le traitement de la tuberculose. Le comité des dames patronnesses est présidé par madame M. T. de Martigny. Ce vaste projet
débute avec 15 lits, une salle d'opération et un modeste laboratoire. En
1920, il compte 25 lits et en 1921, il en compte 50. Après 27 mois d'activités, le rapport annuel affiche un total de 764 malades hospitalisés
dont 45 enfants et 38 cas d'obstétriqueg0.De 1919 à 1926, l'hôpital a reçu
3140 maladesg1.
En 1924, les administrateurs acquièrent l'édifice de la Montreal MaterLe~ .
nity situé à l'angle des rues Saint-Urbain et Prince ~ r t h u r ~
déménagement s'effectue en 1926 et à ce moment, les soins infirmiers
sont confiés aux religieuses de Saint-François-d'Assise. François de
Martigny devient surintendant médical et conserve le poste de chirurgien-chef jusqu'à sa retraite en 1938. L'ancienne maternité rénovée
prend le nom d'Athanase David et un nouveau pavillon porte celui
d'Alexandre Taschereau. En vue de la formation des étudiants en méde-
340
RITA DESJARDINS
cine, l'internat étant devenu obligatoire, l'affiliation universitaire est
conclue en mai 1928. Toutefois, les services de maternité et de pédiatrie
ne reçoivent pas les étudiants93.L'hôpital de 125-135 lits prend le nom
d'Hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc. Avec la fin des travaux, c'est 185-190 lits
qui sont disponibles.
CONCLUSION
i
Il nous fallait repérer les réseaux d'appartenance pour éclairer les jeux
politiques, alors que la censure qui pesait sur les divergences, donnait
un sentiment d'unanimité. Pourtant, les libéraux s'insurgeaient contre
un ordre social au nom de la laïcité. Dans ce contexte, les médecins
libéraux dont quelques-uns ont adhéré à la franc-maçonnerie, ont
aiguillonné les médecins clérico-nationalistes, tant au plan professionnel qu'au plan social. Quinze années de confrontations idéologiques
ont laissé des traces. Trois hôpitaux dirigés par des laïques sont nés
durant cette période, soit : l'Hôpital Sainte-Justine,l'Hôpital Saint-Luc
et l'Hôpital Francais qui a pris le nom d'Hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc.
Ces fondations illustrent, chacune à leur manière, les jeux de pouvoir
qui sous-tendent l'intervention médico-sociale. Au début des années
1920, l'évolution des mentalités permettait l'intervention prudente et
modérée de l'État dans le domaine de la santé, avec la loi de l'Assistance
publique et la création du Service provincial d'hygiène.
L'omniprésence d'une Église hantée par la laïcisation «à la françaisen
a provoqué la résistance et a entravé l'intervention de l'État. L'affrontement des libéraux modérés et radicaux et des clérico-nationalistes sur le
territoire montréalais au début du siècle, a engendré la division et l'incohérence dans les attitudes du corps médical. A quelques reprises, des
historiens ont commenté l'avènement des réformistes au pouvoir en
1910 qui mettaient en scène une nouvelle gestion administrative, mais
ils ont le plus souvent écarté ce qui était gênant d'éclairer. Pourtant, des
attitudes traduisaient les oppositions politiques, minaient les actions et
conduisaient à des résultats peu probants.
Absence de volonté politique? Incurie des administrations? Surtout,
faiblesse d'une bourgeoisie francophone profondément divisée au plan
idéologique et déjà confrontée aux idéologies divergentes du milieu anglophone.
NOTES
1 Yvan Lamonde, dir., Combats libéraux au tournant du X X e siècle (Sint-Laurent:Fides,
1995).
2 Henri Bernard, La Ligue de l'enseignement :histoire d'une conspiration maçonnique à Montréal. (Montréal,Notre-Dame-des-Neiges-Ouest,1903),p. xiii.
Ces médecins montréalais en marge de l'orthodoxie
I
341
3 Les partisans de la centralisation scolaire sous la juridiction d u gouvernement fédéral,
s'activent. Alors que la Dominion Ediicntionnl Associntion réclame LUI Bureau national
de l'Instruction publique, Thomas Roddick, de l'université McGill, dépose en 1902 le
Cnnadn Medicol Act,,perçu par certains francophones comme conduiçant à la création
d'une université d'Etat. D'un autre côté, M. Robbins, principal de l'Ecole normale de
l'université McGill, propose en 1901, devant la même association, la création d'un
brevet de capacité valide à travers le Canada. Voir: C J. Magnan, <(Encorele bureau
fédéral d'éducation>,,L'Enseignement primaire, 44 (1922): 193-205.
4 Marcel Lajemesse, Les Siclpiciens et ln vie ctiltiirelle i Montrénl nii XlX' siècle (Montréal :
Fides, 1982),p. 199.
5 Né en 1868, Elphège Gaspard Dagenais est diplômé en médecine en 1892et il exerce sa
profession,à Pointe-Saint-Charles. Il a été le premier secrétaire de la Société médicale de
Montréal. Echevin du quartier Saint-Gabriel, dès son premier mandat en 1902, le conseil municipal le nomme au comité de santé qu'il préside de 1904 à 1910. L'inspection
médicale des écoles est créée sous son mandat. La «Ligue d u lait pur» le compte parmi
ses directeurs et il est considéré comme un des créateurs des gouttes de lait avec le
soutien financier de la municipalité. Membre LI Comité national canadien de la tuberculose, il a représenté la ville de Montréal aux congrès internationaux de la tuberculose tenus à Paris en 1905 et à Washington en 1908, et a participé à l'organisation de
l'expositiqnsur la tubercdose à Montréal en 1908.Dagenais a représenté la ville au Bureau de l'Ecole technique durant trois ans. Le capitaine Dagenais a joint les rangs de
l'Hôpital militaire Laval No 6 durant la Première Guerre mondiale. Voir: Joiirnnl de
médecine et de chirurgie, 3 (1908):66,332,367;La Cliniqiie, VI (1916): 328; C. J. Lamothe,
H~stoirede In Corporation de la cité de Montréal (Montréal :1903),p.401.
6 Bernard,La ligue de l'enseignement, p. 26.
7 L'avocat Raymond Préfontaine c.r. est maire de février 1898 à février 1902. Le docteur
E. P. Lachapelle est alors sur les rangs mais décide de se retirer et James Cochrane occupe la mairie de février 1902à 1904.
8 t e règlement 347 adopté le 27 novembre 1905, prévoit cette bibliothèque. La féministe
Eva Circé «Colombine*qui collabore au journal Les Débnts, est favorable à la cause des
bibliothèques. Avec Hector Garneau, eiie est cofondatrice de la Bibliothèque municipale de Montréal mais leurs activités sont circonscrites au seul secteur scientifique et
technique. Son mariage en 1905 avec le docteur Pierre Salomon Côté, un franc-maçon
libre-penseur et anticlérical, la rend d'autant plus suspecte. Voir: H. Pelletier Baillargeon, Olivnr Asselin et son temps Le militant (Montréal : Fides, 1996),p. 228,429.
9 Dollard Morin, La griffe maçonnique strr les écoles dtc Québec: I'instriiction obligatoire
(Montréal : L'Union, l943), p. 6.
10 Pelletier Baillargeon, Olivnr, p. 753.
11 Antonio Huot, Le Poison maçonnique: étude siir ln naissance et le,développement, en notre
pays de la franc-maçonnerie du Grand Orient de France (Québec : Editions de l'Action sociale catholique, 1912). La première Ligue de l'enseignement aurait été créée par la
franc-maçonnerie bqlge en 1865.
12 En 1903, le docteur Emile Combes, ministre de l'Intérieur et des Cultes en France, fait
interdire 54 congrégations religieuses masculines enseignantes et quelques mois plus
tard, 80 congrégations de religieuses éducatrices. Le Canada en accueille un grand
nombre. Voir: Pelletier Baillargeon, Olivar, p. 353.
13 La Ligue de l'enseignement, La question de l'instrtictron publique dans la province de
Québec (Montréal : 1903).
14 La Ligue de l'enseignement (Montréal, Québec). Ce document fournit la liste des membres fondateurs. R. Le Moine, Deux loges montréalaises du Grand Orient de France (Ottawa : Les Presses de l'université d'Ottawa, 1991),p.44.
15 Le Canpda, journal fondé en 1903 par les libéraux Franqois Liguori Béique, Marcellin
Wilson et Donat Raymond, deviendra l'organe d u parti libéral. Godfroy Langlois est
initié à la loge Coeurs Unis le 25 décembre 1895; il jette les bases de I'Emancipation le 18
mai 1896.Il est élu député de Saint-Louis en 1905.
342
I
RITA DESJARDINS
16 Louis Laberge est né à Montréal le 17juin 1851. Il succède à A. B. Larocque en 1885à la
direction du bureau d'hygiène montréalais au moment où Honoré Beaugrand,
franc-maçon avoué et fondateur de Ln Patrie, journal radical, est élu maire de Montréal. Socialement engagé, Laberge s'active au sein de diverses associations. Il est secrétaire de la Société d'hygiène de 1884 à avril 1886et en 1891, il est membre de l'Association canadienne pour l'étude de la difilsion des sciences sociales. Laberge a été initié le 12
janvier 1882 à la loge montréalaise Zetland où il obtient le titre de maître le 9 mars 1882
avant d'être radié en 1899.Il devient membre de l'Emancipntion le 13octobre 1896. Il est
membre d u chapitre Carnavon. Voir: Le Moine! Deux loges, p. 51,18,124. L'annexe 1
présente le Dictionnaire des francs-maçons de l'Emancipation et deForce et Courage.
17 Le docteur J. V. C. Cléroux réclame la continuité dans l'enseignement public jusqu'au
niveau universitaire, Sans qu'! soit nécessaire de passer par l'enseignement privé.
Voir: Ruby Heap,«L'Eglise, YEtat et l'enseignement primaire public catholique au
Québec 1897-1920»,thèse PhD, Université de Montréal, 1986, p. 267.
18 Français d'origine, le dentiste Gaston Maillet (1873-août 1921), franc-maçon issu des
Coeurs Unis, devient membre de l'Emancipation en 1896. Il est,le fils d'un typographe
d u Figaro et communard et l'époux d'Eugénie Boudet, fille dfEtienne Boudet. Voir: Le
Moine, Deux loges, p. 131. Il se passionne pour la politique libérale tant provinciale que
fédérale dans l'Autorité, journal fondé le 28 décembre 1913 qui passe aux mains de
Maillet en novembre 1914et dont il assume la direction jusqu'en novembre 1918.
19 Rita Desjardins,«L'institutionnalisation de la pédiatrie en milieu franco-montréalais
[email protected], thèsqPhD, Université de Montréal, 1998,p. 82.
20 Heap, L'Eglise, l'Etat,p. 645.
21 Ruby Heap, «La ligue de l'enseignement (1902-1904) Héritage d u passé et nouveaux
défis*, Rezwe d'histoire de l'Amérique française, 36 (1982): 339-73.
22 Jacques Léonard, Ln médecine entre les pouvoirs et les savoirs (Paris: Aubier-Montaigne,
1981),p. 273.
23 Adelstan Le Moyne de Martigny est né à Saint-Romuald le 4 février 1867.Terrassé par
la paralysie, il décède à l'Hôtel-Dieu de Montréal le 15 novembre 1917. Diplômé de
l'université Laval en 1890, il recoit son diplôme de la Faculté de médecine de Paris en
1894. Il est initié le 18 août 1896 à la loge montréalaise l'Emancipation dont il gravit rapidement les échelons. Il siège à la loge Force et Courage fondée en 1910, peu avant la
disparition de I'Emnncipation qui doit mettre fin à ses activités à la suite des attaques
du clergé. Il y côtoie les docteurs Alfred Marcil et Philippe Panneton. Voir: Le Moine,
Deus loges, p. 812; A. J. Lemieux, Ln loge I'Emancipation (Montréal: La «Croix»,1910).
Membre de la Socrété de médecine et de la Société d'électrothérapie de Paris, A. de Martigny est délégué officiel de ia Société de médecine de Paris au 3e congrès de l'AMLFAN
qui se tient à Trois-Rivières en 1906: Journal de médecine et de chirurgie, 1(1906) : 178.
Jouissant d'une certaine popularité auprès de la colonie franqaise montréalaise, il était
médecin de l'Union nationale française de Montréal. Voir: Canadian Medical Association
Journal, 8 (1918): 75; Ln Clinique, 8 (1917): 257; Roger Le Moine, Dictionnaire biographique du Canada, Vol. 14 de 1911 à 1920, (Canada: Les Presses de l'université Laval,
1998)p. 811.
24 Laberge et Dagenais participent à la fondation d u Royal Edward Institute en 1909.
Voir: Denis Goulet, André Paradis, Trois siècles d'histotre médicale au Québec (Montréal :
VLB éditeur, 1992),p. 268.
25 Adelstan de Martigny, Le traitement de la tuberculose par la méthode de Mamorek: Rapport officiel du docteur Adelstan de Martigny à la Commission d'hygiène de la Ville de Montréal (Montréal, 1905).
26 L. J. Lernieux, «Essaisde traitement de la tuberculose par le sérum antituberculeux de
Marmorek», L'Union médicale du Canada, 33 (1904):491-96.
27 «À l'Hôtel-de-ville. Nos édiles et la sérothérapie», L'Union médicale du Canada, 33
(1904) : 356-58.
28 Adelstan de Martigny, «De ia valeur d u sérum de Marmorek dans le traitement de la
tuberculose pulmonaire», Journal de médecine et de chirurgie, 1 (1906): 171-74. Alex-
Ces mkicjçins m o n trhlnis en marge dr l'orthodoxir
29
30
31
32
33
34
35
I
36
37
38
39
40
41
42
43
343
ander Marmorek, ancien chef de laboratoire à l'institut Pasteur, a reçu la Légion
d'honneur à 33 ans et l'Ordre de Francois d'Autriche en 1898 pour avoir combattu une
épidémie de peste. Il a produit un sérum antistreptococcique en 1895.
Montrénl-Médicnl, 7 (1907) : 504.
Adelstan de Martigny, «Ophtalmo réaction de Calmette dans la tuberculose>>,
lorirnnl
de médecinc~etde chirurgie, 2 (1907):385-87.
Jorirnnldc médccine ct de chiriirgrc, 3 (1908). 245.
«Lettre de Paris., Ir Cnnndn, 16 septembre 1909, p. 2. Martigny s'étonne que l'on n'accorde pas d'attention à la carie dentaire; il cite l'expérience de l'Hôpital Saint-Luc à
Montréal.
<<Le
docteur de Martigny banqueté» Ir Cnnndn, 28 octobre 1 9 0 9 , ~5..
Henri Masson Duhamel est le fils de Joseph Duhamel c.r. et de Alphonsine Masson.
Né à Montréal le 22 aoîit 1869, il poursuit des études au Collège Sainte-Marie avant
d'obtenir un diplôme du Enstmnn College de Poughkeepsie, New York. Après l'obtention de son diplôme à l'université Laval à Montréal en 1890 et un internat à l'Hôpital
Notre-Dame, il effectue LUI séjour en Angleterre auprès des docteurs More11 et Mackenzie, en Allemagne et en France où il suit les cliniques d u docteur Chatellier. Il a été
chef de clinique chez Lubet-Barbon et Martin à Paris. Duhamel obtient le poste de chef
de clinique chez le docteur Despagnet à Paris en 1897-98 et devient membre de la Société de lnryngologrc de Pnris. A son retour, il est médecin spécialiste des hôpitaiw
Notre-Dame, Hôtel-Dieu et Saint-Luc. Il est nommé assistant à la clinique d'ophtalmologie-ORL à l'Hôpital Notre-Dame en 1899 et professetu agrégé la même année. Membre de l'hôpital militaire Laval No 6, il participe à la Première Guerre mondiale et
décède peu après son retour au pays en 1917. Il a été membre de la Société médicnle de
Montrénl Voir: Ln Cliniqiie, 6 (1899): 236 et (1916): 327; Ln Rmiie médicnlc di1 Cnnndn,
(1902-1903):380. Le Moine, Deux loges, p. 113.
Francois Xavier Le Moyne de Martigny, est né à Saint-Romuald le 17 octobre 1872; il
décède le 28 septembre 1940. Il étudie au Collège de Lévis, au Collège des Jésuites de
Québec et à la faculté de médecine de Laval à Montréal. Diplômé en 1893, il fréquente
la Montrcnl Medico-Chiriirgical Society of Montrenl avant de se spécialiser en chirurgie à
Paris où il est interne à l'Hôpital international. Après un stage à l'Hôpital Necker, F. X.
de Martigny a été assistant chirurgie? à l'Hôpital Péan avec Delaunay, Lefur et Péan. Il
rend LUI vibrant hommage à Jules Emile Péan (1830-1898) son maître vénéré qu'il
aimait <<àl'égal d'un père». En 1906, il est promu au grade d'officier de l'Instruction
publique. Il a été président de la branche québécoise de la Cnnadinn Legion.
Ln Cliniqric, 1 (1895): 50.
Le Moine,Deii~loges, p. 86.
Ln Clinrqire, 3 (1896): 37-40.
<<La
situation»,Ln Cliniqiie, 3 (1896): 167-71.
Ln Clinique, 4 (1897): 141.
Jean Hamelin, André Beaulieu, Ln Presse qtiébécoise des origines iï nos loiirs IV, 1896-1910
(Québec: Université Laval, 1979) p. 227. La Société médicnle de Montrénl édicte ses statuts et règlements en juin 1906. Voir: Société médicale de Montréa1,Stntttts et règlements
de ln Société médicnle de Montrénl (Montréal, 1906). Le Joiirnnl de médecine et de chirurgie
est sous la direction des docteurs J. Derome, F. X. de Martigny, F. Monod et D. Masson.
Jotirnnl de médecine et de chirtirgie, 2 (1907): 111, 126; E. Saint-Jacques, «Hygiène à
l'école Enseignement et pratique», Jotirnnl de médecine et de chrriirgie, 3 (1908): 7-9.
Ln Cliniqiie, 2 (1911) : 21; 5 (1914): 105; 13 (1922) : 221. Né en Bourgogne en 1866, Raymond
Villecourt fait ses études classiqueschez les Jésuiteset au Lycée Lamartine avant d'entrer
à l'Ecole de médecine navale de Rochefort. Médecin-major de 2e classe de la marine
française, il fait la campagne d'Islande en 1888 et, deux ans plus tard, il est en mission en
Amérique de Sud. Il recoit un doctorat honorls causa de Suniversité de Cordoba en 1891.
Mis en congé à sa demande en 1892, il entre au laboratoirede physiologiede Mathias-Duval à la faculté de médecine de Paris puis il est admis comme interne provisoire à l'Asile
national de Vincennes durant un an et à l'Asile départemental de Nanterre. Lauréat en
344
RITA DESJARDINS
1894, de l'Académie de médecine pour un mémoire sur l'étiologie de la grippe, il soumet
l'année suivante. un mémoire sur le volvmoruhisme en bactériologie
" et finalement en
1896, il présente une thèse sur les infections secondaires. Cette même année, il est
délégué au Congrès de la Colonisation de l'Amérique du Sud à Buenos Aires. Après
un séjour en Guyane avec la marine française, il entre en France en 1898, atteint de
paludisme. Marié et père de sept enfants, il s'établit au Québec en 1900, dans le but de
refaire sa santé. A Lorrainville dans le comté de Pontiac, il se livre à l'agriculture en
qualité d'associé d'une compagnie de colonisation qui compte des actionnaires
français. Il s'installe à Montréal en juin 1905. Il est lauréat de l'Académie de médecine
de Paris et titulaire d u prix Montyon pour son travail sur le typhus exanthémateux.
Déjà médaillé pour son dévouement en temps d'épidémie, il reçoit la médaille d'honneur de la Sociétéfrnnçaise de Sauvetage. Il est fait officier d'Académie par le consul
général de France à Montréal le 4 avril 1914. Il participe au comité de patronage du
Congrès d'eugénique à Londres et au Comité scientifique internationalde l'Institut de
Plasmologie et de Biomécanisme universel de Bruxelles. En 1910, il est délégué de la
Société de chirurgie de Paris et représentant de la France au congrès de YAMLFAN à
Sherbrooke. En 1912, il publie un Annuaire général des médecins de languefrançaise des
Trois Amériques et Dépendances qui contient 3 000 noms. En 1920, il fonde L'lndépendance médicale.
44 Journal pour tous (Montréal), 25 octobre 1906.
45 Goulet, Paradis, Trois si2cles d'histoire médicale, p. 135. Lucie H. Lord, Saint-Luc 75 ans
d'hospitalité! 75 ans . . . et combien d'histoires (Montréal: Hôpital Saint-Luc, 1985).
46 G. Maillet, H. Masson Duhamel et J. G. Globensky ont adhéré à la franc-maconnerie.
A. Fleury, ancien interne de l'Hôpital Notre-Dame spécialisé en ORL à Paris, est
nommé deuxième assistant d u docteur A. Foucher à Notre-Dame en 1907:Jor~rnnlde
médecine et de chirurgie 2 (1907) : 108. Il sera directeur général de l'Hôpital Saint-Luc de
1908à 1944.
47 Rita Desjardins, «Hôpital Sainte-Justine Montréal, Québec (1907-1921)», thèse M.A.,
Université de Montréal, 1989,p. 24.
48 Le Canada, 30 décembre 1909.
49 Archives nationales d u Québec à Montréal (ANQM), Louis Laberge, microfilm 3708,
25 avril 1908.
50 ANQM, microfilm 3708,199. Laberge reçoit le nouveau titre de Président central pour
tous les pays de la «Nouvelle Bretagne* au lieu de celui de Président régional pour le
Canada.
51 Alliance scientifique universelle Association internntionnle des Hommes de Science Sciences,
Littérature Beaux-Arts (Montréal, 1909).L'organisme se réclame de celui fondé à Paris
en 1876 par Léon de Rosny, fondateur de la Société d'ethnographie (1870). Sont également membres d u comité organisateur, les docteurs Jules A. Chopin, agrégé de
l'université Laval, chimiste et assistant bactériologiste d u Conseil d'hygiène de la
province de Québec depuis 1899, M. O'B. Ward, chef d u service des statistiques municipales montréalaises et F. X. Choquet, juge des sessions de la paix, commissaire des licences à la ville de Montréal! président de la Montreal Children's Aid Society (1907)et
premier président de la Cour pvénile de Montréal (1912).
52 ANQM, microfi3708,396.
53 Société pour i'avancement des sciences, des lettres et des arts au Canada. Société pour
l'avancement des sciences, des lettres et des arts au Canada, fondée le l e avril 1908 à Montréal.
54 Laurier Renaud, Lafondation de I'ACJC: l'histoire d'une jeunesse nationaliste (ionquière:
Presses collégiales de Jonquière, 1973). L'ACJC a été fondée le 13 mars 1904 par le
jésuite Samuel Bellavance; elle est liée aucollège Sainte-Marie.
55 Georges Hermyle Baril (1885-1953)médecin chimiste. Diplômé en 1908, récipiendaire
du Prix Hingston, il poursuivait deux années d'internat à l'Hôtel-Dieu. Il obtenait, à la
suite d'un son séjour à Paris en 1910-1911, un certificat d'études supérieures en chimie
générale de l'Institut Catholique de Paris et de la Sorbonne. Agrégé de chimie en 1911,
.,
1
L
Ces médecins montrhlais en morge de l'orthodoxie
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
69
70
71
345
il était chargé d u cours de chimie à la faculté de médecine, où il organisait les laboratoires. Chef du service de chimie à l'Hôtel-Dieu en 1914, il en dirigeait les laboratoires
de 1926 à 1944. Parallèlement, il mettait sur pied les laboratoires de l'Hôpital SainteJustine en 1918, dont il devenait le chef de service de 1926 à juillet 1948.
Le Semeur, organe de l'ACJC, paraît de septembre 1904 à avril 1935.
Le cercle Pasteur fondé le 19 décembre 1913, compte 24 membres inscrits. On y étudie
des questions médico-religieuses comme l'avortement, l'hypnotisme, l'asphyxie des
nouveau-nés, le baptême des monstres, l'onanisme, la pollution nocturne et diurne,
l'impuissance, l'alcoolismeetc. Voir: L'Union médicale du Canada, 45 (1916): 115.
C. V. Marsolaiset al., Hlstoire des mnires de Montréal (Montréal :VLB, 1993),p. 205.
E. Desjardins, «Jean-Baptiste Prince (1877-1967)», L'Union Médtcale du Canada, 96
(1967): 1590. Le chirurgien Prince est un nationahte ardent et un tribun politique.
Joseph-Charles Bourgoin, (1876-1930) Diplômé de l'université Laval à Montréal en
1903, il est médecin de l'Hôpital Notre-Dame. En 1910, il est agrégé au cours de matières médicales. En 1929 il obtient un diplôme de l'Ecole de puériculture de la faculté
de médecine de Paris. Chef de service à l'Hôpital Sainte-Justine, il est chargé de la
clinique médicale infantile.
Le Moine, Deux loges, p. 50.
Les Rayons X, 1 (1910): 84; 1 (1911): 83. Henri Lasnier est diplômé en médecine en 1895.
Cette même année il est interne bénévole à l'Hôpital d'Auteuil de Paris. Il étudie à
l'Institut Pasteur avec Roux, Borel et Metchnikoff. Il effech~eun stage en radiologie à la
Salpêtrière et un séjour de deux ans à titre de House Surgeon au London Hospltal avant
de revenir à Montréal en 1900.Diecteur de l'institut de physiothérapie de Montréal, il
assure à son bureau le service d'électricité médicale de l'Hôpital Sainte-Justine en
1909. Médecin militaire à Malte en 1915, on le retrouve l'année suivante à Londres, où
il pratique la radiologie. Il est membre fondateur de la Société canadienne française
d'flectrologie et de rndtologie médrcnles en 1928.
Lu Clinique, l(1910):316.
Pelletier-Baillargeon,Olivar, p. 505.
ANQM, microfilm 3708,228,346. En 1907, L. Laberge dont le salaire est fixé à 3 000$
depuis 1889, demande une augmentation qui le meth.ait sur un pied d'égalité avec les
autres chefs de département; on lui accorde ZOO$ de plus en 1908. Il réitère sa demande
en 1909.
Desjardins, L'rnstrtutionnalisationde ln pédintrie, p. 132.
Marsolais,Histoiredes mnires, p. 209.
Alexis Carrel est né en France en 1873. Il est docteur en médecine de la faculté de
médecine de Lyon depuis 1900. Il assiste au deuxième congrès de l'AMLFAN en 1904
et séjourne à Montréal avant d'aller pratiquer la chirurgie à Chicago. En 1909, il devient chef de chirurgie expérimentale à l'Institut Rockfeller et avec Charles Richet de
Paris, il reçoit le prix Nobel de médecine en 1912. Médecin-major dans l'armée
francaise, à la tête d'une ambulance à Compiègne, il est délégué par le gouvernement
francais dans le but d'organiser aux Etats-Unis un hôpital-école pour l'instruction des
chirurgiens militaires américains. Il est de passage à Montréal en 1917, après un voyage de repos dans le Bas d u Fleuve. Le gouvernement français le fait Commandeur de
la Légion d'honneur. En 1935 il publie L'Homme, cet inconnu dont l'influence sur les
idées d u temps est considérable. En 1940, ses découvertes lui valent le prix Nobel de
médecine. Il décède en novembre 1944.Ln Clinrque, 8 (1917): 191.
F. de Martigny, «Une entrevue avec Monsieur Abraham Flexner», La Clinique, 2
(1911): 78-82.
R. de Marmande, Le Cléricalisme au Canada (Paris: Librairie critique Émile Nourry,
1911), chap. 5, «L'instruction publiquer. Marmande est rédacteur d u Courrler Européen, journal maçonnique.
L'Union médicale du Canndn, 43 (1914): 71-76. Ln Clinique, 4 (1913): 205; Lu Clinque, 5
(1913): 235-43. Le congrès de 1934 réunira I'AMLFAN et les Médecins de langue
française d'Europe.
l
72 R. Boulet, «Une mise au point Réponse à la Clinique*, L'Union médicale du Canado, 42
(1913):559-60.
73 «Le banquet des médecins canadiens-frangais offert au commandement et à l'état-major d u croiseur «Descartes»le mercredi 16 juillet 1913», L'Llnion méd~cnledu Cannd~,42
(1913): 446-62.
74 LA Clinique, 5 (1914): 3.
75 L'Union médicale du Canada, 44 (1915): 92. Arthur Mignault, médecin de l'Hôpital
Notre-Dame, remet 50 000$ au premier ministre Robert Borden pour créer u n régiment
francophone, le 22e. Le colonel Mignault sera licencié le 15 octobre 1917. Voir: JeanPierre Gagnon, Le 22' bataillon canadien-frrinçais, 1914-191 9. (Québec : Presses de
l'université Laval en collaboration avec le Ministère de la défense nationale et le Centre d'édition d u gouvernement d u Canada, 1986), p. 29,32,205.
76 La Clinique, 6 (1915):242;L'Union médicale du Canada,44 (1915):92.
77 Canadian Medical Assocration Journal, 43 (1940): 500.
78 Archives de l'université de Montréal (AUM), 1. Laperle Dionne et H. Perron, Inventaire
analyttque du fonds Gaspard Dauth (Semice des archives, Université de Montréal, 1978),
P5. Lettre de G. Beauchamp au Dr Hanvood, 25 septembre 1916.
79 L'Union médicale du Canada, 43 (1914):415.
80 AUM, P5, lettre d u major Archambault à J. Gauvreau, 3 août 1916.
81 AUM, P5, lettre de G. Beauchamp au docteur Harwood, 25 septembre 1916.
82 P. Desfossés, «L'Hôpital Laval à Troyes»,L'Union médicale du Canada, 47 (1918):314.
83 La Clinique, 8 (1918):277.
84 Pelletier-Baiiiageon, Olivar, p. 504. L'Hôpital français est incorporé le 14 février 1920.
Le Moine, Deux loges, p. 80. La réunion de fondation a lieu chez F. X. de Martigny le 6
juin 1919 avec Villard, Desadniers, J. A. Beaudry et H. Panneton; l'hôpital ouvre ses
portes le 4 septembre suivant.
85 Gonzalve Desadniers est né en 1863 à Saint-Guillaume d'upton. Il étudie au Collège
Sainte-Marie. Journaliste à L'Etandard de 1883 à 1889, il dirige la Revue canadienne,
fonde Le National en 1891 dans lequel il appuie les libéraux, et se retrouve en 1896 avec
Jules Helbronner au journal éphémère Le Sov. Admis au Barreau en 1895, il devient
conseiller de la reine en 1902 et juge à la Cour supérieure en 1923. II est initié à I'Emancrpation le 20 janvier 1899. Voir: Le Moine, Deux loges, p. 111. Chevalier de la Légion
d'honneur et officier de YInstruction publique, Desadniers est élu à la présidence d u
Comité de Montréal de l'Alliancefrançaise en 1909, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort
survenue le 5 août 1934. Voir: Paul Villard, Alliance française, comité de Montréal,
1902-194;: quarante années au service de la pensée française (Québec, 1941), p. 54. Membre de YEcole littéraire de Montréal depuis 1898, Desadniers appuie la requête visant
à attribuer une somme de 75 000$ à la construction d'une bibliothèque publique en
1907. Voir: Lajeunesse, Les Sulpic~ens,p. 211. Il réunit ses poèmes dans Les Bois qui chnntent en 1930.
86 Villard,Alltancefrançaise. Le texte donne la liste des personnes participantes. L'Alliance
française est un organisme distinct d u gouvernement qui tient sa première réunion en
France le 21 juillet 1883. Il a pour but de resserrer les liens entre les francophones à
travers le monde. Il accueille les francophiles. Voir: Maurice Bruézière, L'Alliance
française :h~storred'une institution (Paris : Hachette, 1983).
87 Paul Villard né en 1867, est professeur à McGill, écrivain, licencié ès lettres, maître ès
arts, docteur en médecine et docteur en philosophie. Il est officier de YInst~ctionpublique, médaillé d'or d u ministère des Affaires étrangères, officier de l'Ordre de l'Etoile
Noire, chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'Ordre d u Nisham Iftikar et
titulaire de la médaille d'or de première classe d u roi Albert de Belgique. En novembre
1917, le gouvernement canadien lui confère le grade de major honoraire dans l'armée
canadienne. Voir: Villard, Alliancefrnnçaise, p. 25. Il est ministre protestant méthodiste :
Le Moine, Deux loges, p. 86.
88 André Brisset des Nos a fréquenté la Société médicale de Montréal alors qu'il était assistant à la Maternité. En 1909, il était nommé assistant à la clinique d'obstétrique et
Ces médecins montrédais en marge de l'orthodoxie
89
90
91
92
93
347
suppléant au cours d'obstétrique. Voir: jo~rrnalde médecine et de chirlirgie, 3 (1908): 125
et 4,(1909): 45. Le docteur Brisset des Nos, alors gynécologue de l'Hôpital Saint-Luc,
est élu président de L'Union nationale frnnçnise en octobre 1913; cet organisme est le
principal lieu de regroupement des Francais d u Canada. Voir: Marcel Pleau, Histoire de
l'llnionfrançaise, 1886-1945 (Montréal: Union francaise, 1985),p. 20.
Leglius Antoine Gagnier (1871-1944)est diplômé de l'université Laval à Montréal en
1895. En 1909, il étudie la radiologie avec Béclère avant de compléter sa formation aux
Etats-Unis. Membre fondateur et premier président de la Société canadienne-frnnçaise
d'électro-radiologie en 1928, il est attaché à la Cornmissiondes accidents d u travail de la
Province de Québec et radiologiste de l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Il est membre de
la Canadian Medical Association, de la Canadian Association of Rndiologists et de la Société
de radiologie médicale de France. Voir: L'Action Universitaire, 10 (1944) :44.
Hôpital français de Montréal, Rapport de l'Hôpital français de Montréal (1922).
Hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc,Prernier rapport des activités (1929).
Goulet, Paradis, Trois siècles d'histoire, p. 148. En 1884, IeMontreal Lying-in Hospital devient The University Maternity Hospital et en 1887, il prend le nom de Montreal Mnternity. En 1924 cette maternité est associée au Royal Victoria Hospital et en 1926 elle occupe un nouvel édifice s ~ les
u terrains de cet hôpital.
HôpitalSainte-Jeanne-d'Arc,Premierrapport des activités (1929).