Quels soins médicaux en baie de Quiberon - FBI

Commentaires

Transcription

Quels soins médicaux en baie de Quiberon - FBI
Quels soins médicaux en baie de Quiberon ?
En Bretagne, on compte 98 médecins généralistes pour 100.000 habitants et pas un patient
n'est à plus de 10 kms d'un médecin. Le Morbihan est conforme à ces données, mais on note
des disparités. Qu'en est-il de la baie de Quiberon ? Alors que de nombreux projets de
maisons de santé sont à l'étude, que les spécialistes sont rares, comment va se dessiner la
carte des professionnels dans un avenir proche ?
L
'attractivité du littoral morbihannais est un lointain souvenir, regrette François Le Cotillec,
maire de Saint-Philibert. La commune est à l'image de ses voisines. Notre médecin, le
Dr Gourvenec, va prendre sa retraite dans peu de temps. Un besoin urgent de cabinet médical se
fait sentir.» Sur l'ensemble de la Baie, c'est bien ce qui inquiète. Car pour l'Agence régionale de
santé, le secteur n'est pas considéré comme prioritaire.
Pour le moment, le nombre de praticiens est suffisant. Pourtant, à court terme, les difficultés
vont se profiler. Si à la faculté de Rennes, le numerus clausus de formation de médecins est passé
de 87 à 200, il va falloir du temps. Le monde médical a évolué en même temps que la société.
«L'attrait se fera au travers de regroupements en pluridisciplinarité et avec de nouvelles
technologies comme la télémédecine», insiste Olivier Duport, infirmier libéral et président de
«FBI - Presqu'île Quiberon-Santé» (association lancée en janvier 2012 pour la création et
développement d'un pôle pluridisciplinaire sur la presqu'île de Quiberon). «L'échange
d'informations, l'enrichissement des pratiques, la possibilité de mieux organiser son temps, sont
autant de motivations qui poussent les jeunes professionnels à choisir ce mode d'exercice. Mais
la pratique de groupe c'est avant tout un atout pour le patient qui bénéficie ainsi de gain de temps
et d'une meilleure prise en charge.» Des regroupements qui sont donc maintenant indispensables,
notamment pour faire venir des spécialistes. A Plouharnel, c'est en janvier 2010 qu'a ouvert la
«Ty Kassa Bobo», un centre complètement privé. A l'origine, il y avait eu le souhait de trois
kinésithérapeutes et d'un médecin généraliste de travailler ensemble. «Il nous a fallu neuf ans
pour voir aboutir notre projet, explique le docteur Hochard. Nous sommes aujourd'hui six
propriétaires. Au début, peu de monde croyait en notre réussite. Pourtant, aujourd'hui,
17 professionnels interviennent en ce lieu. Pour que cela fonctionne, il faut rester humble dans sa
discipline. Mettre le patient au cœur du projet.»
Entre projet privé et projet porté par les collectivités, l'important semble donc surtout de bien
répondre aux besoins. Pour Philippe Le Ray, député de la circonscription, les politiques doivent
s'impliquer : «Nous ne pouvons pas rester inactifs et insensibles devant cette désertification
médicale qui se profile. C'est un véritable problème de santé publique qui s'amorce sur notre
territoire.»
Où en ont les projets de Maisons de santé ?
Saint-Philibert
Il existe un projet de Maison de santé pluridisciplinaire prévue sur un terrain de 1.300 m2
près de la salle du Mousker. Pour bénéficier de subvention publique, il doit être porté par
une collectivité. Des contacts ont été pris avec les mairies de La Trinité-sur-Mer, Crac'h
et Locmariaquer pour que ce projet médical soit fait dans le cadre d'un projet de santé
territorial, proposant plusieurs cabinets et des logements. Un organisme serait alors en
charge de contacter tous les professionnels de santé du secteur. Une réunion a eu lieu le 28
octobre avec les différents intervenants et l'ARS (Agence régionale de santé).
Quiberon
La Maison de santé devrait finalement être implantée en centre-ville, sur le site de l'ancienne
Crêperie du Varquez. Répartie sur plusieurs niveaux, des médecins, des infirmiers, le
laboratoire et le cabinet de radiologie, des kinésithérapeutes et pédicures podologues
devraient s'y installer. Des intervenants extérieurs devraient également avoir des
permanences. Un promoteur serait chargé du projet immobilier, les professionnels pouvant
alors être propriétaires ou locataires de leurs locaux.
Saint-Pierre-Quiberon
Un projet de création d'un centre d'hébergement temporaire pour les personnes âgées sur
le terrain municipal de 3.000 m2 situé en centre-ville, face au centre culturel est à l'étude.
Des rencontres ont déjà eu lieu. L'ARS et le conseil général devraient se prononcer sur la
pertinence d'une telle installation en mars. La municipalité souhaiterait idéalement inciter
d'autres professionnels paramédicaux à rejoindre la structure.
Une exception territoriale
L'antenne Croix Rouge, qui s'installe en période estivale dans les locaux de l'école publique
à Plouharnel, est une spécificité locale.
Particulièrement appréciée et efficace, elle est complétement intégrée au dispositif de
secours. Régulé par le Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours du
Morbihan (Codis 56), son Véhicule de liaison infirmier (VLI) est la seule unité existant sous
cette forme en France. La Croix Rouge française met à disposition le véhicule adapté et le
personnel volontaire.
Du côté des patients
Dans la baie de Quiberon, si le généraliste est encore un «référent» incontournable pour
beaucoup d'actes du quotidien, il semblerait que «patient» rime beaucoup avec
«déplacement». Les sociétés de taxis et d'ambulance sont bien présentes et assurent un
service efficace mais, à en croire les témoignages, la solidarité est encore un mot en cours
sur le secteur. Les personnes sans moyen de locomotion et ayant besoin de se rendre, par
exemple, à Vannes ou à Lorient pour une consultation chez un diabétologue peuvent finalement
compter sur famille, amis et voisins. Se soigner, c'est donc un long parcours de service en
service, d'établissement en établissement, parfois de ville en ville, son dossier médical sous
le bras.
Certaines particularités géographiques sont aussi cause d'inquiétude dans certaines
circonstances à l'instar de cette jeune maman saint-pierroise : «Mon terme était le 15 août.
Mon premier accouchement s'étant passé très rapidement, j'ai eu peur des bouchons
presqu'îliens pour rejoindre Vannes. J'ai posé la question aux pompiers. Ils m'ont rassuré
et m'ont dit qu'ils passaient toujours et qu'en cas d'urgence, il y avait l'hélicoptère!
Finalement, pas d'hélicoptère, j'ai perdu les eaux en pleine nuit !» Pour le suivi du bébé, sur
la presqu'île, pas de pédiatre. Mais cela ne semble pas poser de problème : «Il y a bien une
consultation avec la PMI en mairie de Quiberon une fois par mois, ajoute la mère de famille.
Mais les horaires ne me conviennent pas. Je fais confiance à mon généraliste.»
Quitte à se déplacer, certains n'hésitent pas non plus à faire des kilomètres supplémentaires.
Ce patient carnacois a choisi Nantes pour voir un spécialiste en ophtalmologie et se faire
opérer : «Finalement, cela ne changera pas grand-chose. Je n'ai pas eu moins de visite.»
Ou cette femme qui a préféré Paris pour la pose de sa prothèse de hanche : «C'était plus
près de chez mes enfants.»
Des exceptions ? Peut-être pas, puisqu'à prendre l'habitude d'être des nomades médicaux,
les vrais liens qui se créent sont finalement avec son médecin traitant, encore finalement
«médecin de famille».
Article du Journal des Propriétaires de la Baie de Quiberon - Soïzic ROPERT

Documents pareils