Ces images symboles d`un régime en mode

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Ces images symboles d`un régime en mode
Ces images symboles d’un régime en mode
crépusculaire qui choquent les Algériens
Par Saad Ziane
C’est la semaine où de nombreux algériens ont dû supporter le spectacle
pénible des politiciens-bureaucrates animateurs du vide, montés, en rang serré
– moins Amar Saadani – pour défendre les “institutions” et le “pays” contre une
“image”. Celle d’un président Abdelaziz Bouteflika en bien mauvais état
recevant le Premier ministre français, Manuels Valls.
Ce n’était pourtant pas une image volée par un paparazzi, autant le préciser
d’emblée. Elle est le fait d’un photographe de l’AFP qui a reçu une
accréditation officielle et qui a donc pu approcher du président et faire son
travail, tranquillement, sans qu’aucun agent à la présidence, du plus petit
tâcheron du service de la communication à Ahmed Ouyahia, directeur de
cabinet du président, n’y a vu un quelconque complot ourdi.
Le régime pris dans ses propres pièges
Le régime est pris dans ses propres pièges. Ebranlé par le fait que même des
représentants qualifiés du sérail suspectant que des décisions sont prises sans
que “le président ne le sache” aient osé demandé à le rencontrer, les
rencontres protocolaires avec des responsables étrangers de passage sont
devenues la réponse en “‘image” censée battre en brèche les questions,
supputations et les accusations.
Or, c’est cette “réponse par l’image” qui a été écornée et qui a donné lieu,
parfois, à des commentaires indécents et insupportables dans les médias
français. Le régime a- ce n’est pas nouveau- un souci maladif de son image
extérieure. A l’opposé, il ne soucie pas de son opinion interne qui “existe”
malgré l’absence d’une structuration politique du fait du travail permanent de
la police politique.
Ce que le régime n’a pas encore saisi est que les réseaux sociaux sont des
espaces qu’il ne peut contrôler et où cette opinion, très diversifiée, s’exprime.
Elle peut aussi, c’est une évidence, subir des manipulations, des déformations
et des désinformations. La seule réponse à cet espace virtuel qui monte – et
que nul ne peut arrêter et qui peut être aussi utile que déstabilisateur – est
bien un recentrage politique sur le pays. Sortir de l’extraversion politique et
économique.
Cela passe par une démarche “TOTALEMENT” opposée à ce qui a été fait
depuis l’indépendance : une organisation autonome, libre et pluraliste de la
société, avec des institutions fortes et crédibles.
Aucun rafistolage ne permet d’y arriver hormis une démarche politique où il
s’agit de précéder un risque d’effondrement par une reconstruction
consensuelle d’une nouvelle République. Où il s’agit de revenir aux
fondamentaux, à la proclamation de Novembre dont l’objectif était un Etat
démocratique et social.
Carnaval fi dechra : le monument Ghoul !
Le très peu sympathique Premier ministre français, Manuels Valls,
néoconservateur, outrancièrement pro-israélien, constamment en train de
fabriquer des diversions cyniques sur l’Islam et les musulmans de France, n’est
pas responsable de cette image présidentielle qui suscite cette furie que
beaucoup d’Algériens, qui font de l’humour pour ne pas ne frapper la tête
contre les murs, trouvent “très carnaval fi dechra.”
Ils savent que l’image de l’Algérie, dangereusement piégée par un régime
finissant incapable d’ouvrir une perspective, est ternie davantage par le niveau
incroyablement bas et vulgaire d’un Amar Ghoul distribuant les accusations de
trahison à ceux qui ont l’outrecuidance de se poser quelques questions
normales.
https://www.youtube.com/watch?v=BRYI2EHlIGk
Qu’un régime en soit réduit à mettre en avant des personnages comme Amar
Ghoul pour se défendre sur le thème éculé du “complot ourdi à l’extérieur avec
des alliés à l’intérieur” est encore plus affolant que les signes, évidents, de
fatigue du président.
Ah, bien sûr, il y a eu le “plus sérieux” de ces animateurs de la “riposte” et du
vide. M.Ahmed Ouyahia, l’homme qui aurait pu, de par sa fonction, dire par
exemple, que nous ne voulons pas de photographe de l’AFP chez le président.
Il aurait pu même demander à ce que la rencontre prévue avec Manuel Valls
n’ait pas lieu.
Ces choses-là qui sont de son ressort, il ne les a pas faites. Par contre, il est
monté au créneau, après coup, nous la jouer sur le registre “hypernationaliste” au sujet des menées de la France officielle et non officielle qui n’a
pas accepté l’indépendance de l’Algérie.
De quels contrats parle M.Ouyahia ?
L’argumentaire n’est pas différent sur le fond de celui de Ghoul. Sur la forme,
il est difficile de faire mieux en pitrerie et en ridicule que ce transfuge du MSP
qui apparemment ne “joue plus du football avec le général Toufik”.
M.Ouyahia a laissé entendre que les “milieux haineux” en France n’admettent
pas que l’Algérie ne signe pas certains “contrats économiques”. C’est, peutêtre, l’argument le plus “sérieux” qui n’a rien à voir avec ces violentes
diatribes sur le “tweet” de Valls mais M.Ouyahia n’a pas pris le risque d’étayer.
En faisant les comptes, on peut constater qu’en termes de “contrats” et de
business, les français sont très bien servis. On attend toujours que M.Ouyahia
fasse un effort « patriotique » pour nous éclairer sur les contrats qui auraient
été refusés par l’Algérie à la France.
Les algériens qui ne sont pas naïfs – contrairement à ce que croient les
animateurs du vide officiels -n’hésiteront pas à dire et de manière autrement
plus sérieuse que les paltoquets de service, leur “soutien”.
Non, ce n’est pas la photo pénible du président qui fait le plus mal. Les images
qui ont flétri l’Algérie bien plus lourdement n’ont pas manqué. Chakib Khelil
est encore allé à une zaouïa, à Mascara cette fois.
Il est allé aussi à Ghriss, près de l’arbre où les tribus arabes ont fait allégeance
à l’Emir Abdelkader. Cela se passe autour du 16 avril, le “jour du savoir” où
l’on célèbre, Abdelhamid Ben Badis, parti, précocement, ce même jour en
1940.
De voir les zaouïas réutilisées de manière si outrancière nous fait mal à Ben
Badis, cela heurte profondément notre aspiration à la science, au 3ilm, cela
nous insupporte qu’on puisse encore prendre les algériens pour des demeurés.
Cette image-là fait mal. On est parvenu, avec plus ou moins de réussite, à
oublier les zaouïas de “fafa”, à croire qu’elles sont redevenues des lieux pour
l’introspection spirituelle, “non politisée” et voilà qu’une instrumentalisation
grossière, servie par un journaliste programmée, nous renvoie l’image,
méprisante, qu’ils se font de nous.
Nous avons mal à l’émir
Et puis, cette promenade à Ghriss, devant l’arbre symbolique de la moubayaa
de l’émir, c’est comme si on tentait, une fois de plus, de nous arracher un
symbole, de le privatiser. Qu’un homme qui a des comptes à rendre – c’est le
moins que l’on puisse dire- se serve de symboles respectés et respectables
pour se montrer sur la TV du clan et sur Facebook, voilà une image symbolique
violente d’un régime en fin de règne…
Les images qui nous heurtent ? C’est ce prêche de « Cheikh Chamsou »,
créature du régime dans la télévision d’Ennahar, encore plus officielle que
l’ENTV, qui est devenu si “nécessaire” qu’il se permet de le tancer sur
l’emprunt obligataire qu’il qualifie « d’usuraire ». Et qui reproche au
gouvernement de ne pas avoir consulté les “oulémas”. Et bien entendu, ce
cabotin, se considère comme un 3alem! Ce régime fabrique des créatures dont
il finit par devenir l’obligé.
Une dernière image d’un symbolisme lourd ? Le sulfureux Omar Ghrib a été
remis à la tête du Mouloudia Club d’Alger par Sonatrach, le propriétaire du
club et qui, ce n’est pas une blague, affirme avoir «mis fin aux mauvaises
habitudes ». . Pourquoi pas puisque Chakib Khelil est de retour… !
S’offusquer d’une photo du président que l’administration de la présidence a
permis et faire un battage sur le thème patriotique du complot extérieur est
bien puéril face à cette accumulation d’images d’un régime en mode
crépusculaire.
Et les Algériens qui ne sont pas naïfs observent que du côté français, officiel et
non officiel, on ne riposte pas. Comme si d’Alger, on leur a fait savoir que tout
ce cirque que font les Ghoul and Co n’est destiné qu’à la consommation
interne.
Pendant ce temps les affaires continuent. As usual! Elémentaire, mon cher
Khelil!

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