Le vieillissement des PHM

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Le vieillissement des PHM
DOSSIER DE PRESSE
Paris, le 25 mai 2013
Pour la deuxième année, l’Unapei a remis les « Victoires
de l’accessibilité » : des actions exemplaires pour
l’inclusion des personnes handicapées mentales
Le cadre législatif a beau être fixé depuis 2005, il reste encore beaucoup à faire en matière
d’accessibilité pour les personnes handicapées mentales. Leurs besoins spécifiques sont trop peu pris
en compte aujourd’hui. Pourtant, il est possible d’agir pour leur rendre la Cité accessible, et c’est ce
que démontrent les Victoires de l’accessibilité.
L’exception d’aujourd’hui doit devenir la règle de demain. Que toutes ces bonnes volontés, ces
créateurs de liens qui à leur manière luttent contre les préjugés, inspirent notre société dans son
ensemble.
Depuis 50 ans, la fédération et ses associations membres portent une même conviction : la nécessité
« d’adapter l’environnement des personnes handicapées mentales à la nature et à la mesure de leurs
difficultés comme à la hauteur de leurs capacités et de leurs ambitions ». L’accessibilité, permet de
favoriser la rencontre entre tous les citoyens, de permettre à toute personne déficiente intellectuelle
d’améliorer sa vie quotidienne et de vivre avec et parmi les autres. Toutes les personnes handicapées
mentales ne peuvent pas accéder à une vie totalement autonome, mais chaque pas qui est fait vers
cette autonomie se révèle une victoire pour la personne et son entourage.
Le concours des « Victoires de l’accessibilité » se veut être un laboratoire de bonnes pratiques et
démontre que l’inclusion des personnes handicapées mentales dans notre société est possible. »
A propos des victoires :
http://victoires.unapei.org/
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Sommaire
Repères
a. L’accès à tout pour tous : un droit depuis 2005 qui doit être effectif en 2015
b. Qu’est ce que l’accessibilité pour les personnes handicapées mentales ?
c. Le pictogramme S3A
Les « Victoires de l’accessibilité »
Présentation du concours « Les Victoires de l’Accessibilité »
Le Palmarès





Catégorie Education
Le lauréat : Centre - Le scénario d’une bonne intégration
Catégorie Travail
Le lauréat : Lorraine - Zéro défaut, une inclusion réussie
Catégorie Santé
Le lauréat : Pays de la Loire - Un passeport pour favoriser l’accès aux soins
Catégorie Acteur de la cité
Le lauréat : Nord Pas de Calais - Acteurs de la sécurité routière
Coup de cœur du jury
Le lauréat : Rhône Alpes - Handiconsult
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REPÈRES
a. L’accès à tout pour tous : un droit acquis en 2005 qui doit être effectif en 2015
Si l’accessibilité était abordée jusqu’alors dans sa dimension d’aménagements matériels, la loi du
11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des
personnes handicapées a créé une dynamique nouvelle en faveur de l’accessibilité « à tout pour
tous». Le principe d’accessibilité est enfin généralisé à l’ensemble des handicaps. La règlementation
impose de rendre la Cité accessible à tous ses citoyens d’ici 2015, dans tous les aspects de la vie : le
cadre bâti, les transports, la voirie, l’entreprise, l’administration, le sport, la culture, les loisirs, etc.
Le cadre législatif est posé, reste à l’appliquer. Pour cela, l’Unapei appelle à un changement d’ordre
social et sociétal.
b. Qu’est ce que l’accessibilité pour les personnes handicapées mentales ?
« Il faut mieux nous connaître, nous comprendre, nous rendre la vie plus facile et ainsi mieux nous
accueillir et nous accompagner dans les actes de la vie quotidienne. » déclare Cédric Mametz,
Président de Nous Aussi, association française des personnes handicapées intellectuelles.
L’accessibilité ne peut se limiter à la mise en conformité du cadre bâti. L’accessibilité pour les
personnes handicapées mentales doit s’entendre comme la possibilité pour elles de pouvoir accéder
à la compréhension de leur environnement, à pouvoir s’y repérer et s’y déplacer facilement. Il s’agit
bien de réduire les difficultés liées à la déficience intellectuelle en adaptant l’environnement afin de
favoriser leur participation et leur permettre d’exprimer pleinement leurs capacités.
La mise en accessibilité de l’environnement pour les personnes handicapées mentales nécessite :
de connaître la spécificité de la déficience intellectuelle en termes de capacités, de compétences,
de difficultés ;
de prendre toute la mesure des besoins, souhaits et aspirations de la personne handicapée
mentale et de sa famille ;
de proposer une aide humaine et/ou des aménagements techniques.
Et ce dans tous les champs de la vie de la personne : l’accès à l’information ; l’accès à la santé et aux
soins ; l’accès à l’éducation, à la scolarisation et à la formation ; l’accès au travail et à l’emploi ;
l’accès à la mobilité (déplacements, transports…) ; l’accès au logement ; l’accès aux loisirs et aux
sports ; l’accès à la culture ; l’accès aux instances de la société civile et civique...
c. Le pictogramme S3A : Symbole d’Accueil, d’Accompagnement et d’Accessibilité
L’Unapei, au regard de l’absence de prise en compte des besoins spécifiques des
personnes handicapées mentales dans l’ensemble des domaines inhérents à
l’accessibilité, a créé le pictogramme S3A (symbole d’Accueil, d’Accompagnement et
d’Accessibilité), normalisé par l’Afnor en mai 2000.
Ce pictogramme concerne les personnes handicapées mentales et, par extension, toute personne
ayant des difficultés de compréhension ou d’orientation. Il identifie et signale aux personnes
présentant des difficultés de repérage et d’apprentissage de la lecture : les structures, produits,
services et prestations de toutes natures qui leur sont rendus accessibles grâce à la mise en œuvre de
moyens techniques et humains. Il a pour vocation d’être apposé sur des guichets, des lieux de
passage, produits ou documents.
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Les « Victoires de l’accessibilité »
a. Présentation du concours
Ce concours récompense les initiatives engagées par les associations affiliées à l’Unapei, mais aussi
par tous les acteurs, professionnels ou particuliers, qui permettent chaque jour aux personnes
handicapées mentales de vivre avec et parmi les autres. Plus qu’un concours, les « Victoires de
l’accessibilité » sont un moyen de sensibiliser l’ensemble des acteurs potentiels de l’inclusion et de
faire évoluer les politiques locales en matière d’accessibilité. Les « Victoires de l’accessibilité » ont
valeur d’exemple. Elles doivent inspirer la mise en place d’une politique inclusive et enfin de faire
prendre conscience à tous que les personnes handicapées mentales sont des citoyens. L’objectif est
de faire connaître ces initiatives et de démontrer que l’exception d’aujourd’hui pourrait devenir la
règle demain.
Qu’est-ce qu’une Victoire ?
Une victoire est une histoire de tous les jours, un témoignage emblématique de la participation des
personnes handicapées mentales à la vie de la Cité. Elle raconte des situations qui participent
notamment à :
l’éveil et la socialisation de l’enfant ;
l’épanouissement personnel et à la valorisation de soi chez l’adulte ;
la stimulation et la communication avec le monde extérieur chez la personne lourdement
handicapée ou personne vieillissante.
C’est une démonstration des solutions et des moyens qui peuvent être mis en place pour que les
personnes handicapées mentales :
comprennent mieux leur situation et leur environnement ;
soient aidées dans leur prise d’initiative et de décision ;
interagissent davantage avec le monde extérieur ;
participent à toutes les activités de la société.
Le jury :
Président du Jury : Ryadh SALLEM, Sportif de haut niveau multi médaillé. Présent aux jeux
Paralympiques 2012 avec l’équipe de France de Rugby.
Membres du jury :
 Janine BATARDIERE, Secrétaire Générale de l’association « Nous Aussi », première
association en France d’autoreprésentation des personnes déficientes intellectuelles.
 Martine CARILLON-COUVREUR, Députée de la Nièvre, Présidente du Conseil national
consultatif des personnes handicapées (CNCPH).
 Professeur Vincent DES PORTES, Chef du service de neuropédiatrie, Hôpital Femme Mère
Enfant (HFME), Hospices Civils de Lyon.
 Annette MASSON, Présidente de l’association Tourisme et Handicaps.
 Marc PAYET, Journaliste au Parisien – Aujourd’hui en France.
 Professeur Marcel RUFO, Pédopsychiatre et directeur médical de l'espace méditerranéen de
l'adolescence à l'hôpital Salvator à Marseille.
 Viviane VIOLET, Vice-présidente de l’Alliance Maladies Rares.
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Les critères de sélection :
Présenter un caractère novateur : qui introduit une nouveauté, qui améliore l’existant, qui
satisfait des besoins non couverts (mesure le degré d’innovation de l’action).
Présenter un caractère exemplaire : favorise la participation des personnes handicapées
mentales, favorise la mixité des publics (mesure le degré d’inclusion des personnes handicapées
mentales).
Présenter un caractère reproductible : action transposable ailleurs et par d’autres, partage et
transfert d’expériences possibles (mesure le degré de reproductibilité de l’action).
Présenter un caractère collaboratif : action menée en coopération avec différents acteurs
(personnes handicapées mentales, acteurs associatifs, acteurs locaux, publics et/ou privés
(mesure le degré de synergie des acteurs concernés).
Présenter l’atteinte d’un objectif ou un résultat : chemin parcouru entre l’idée et la réalisation
actuelle de l’action (mesure le degré de réussite de l’action).
L’organisation du concours :
Initié en 2010 par l’Unapei à l’occasion de son cinquantenaire, le concours les « Victoires de
l’accessibilité » a remporté un vif succès : plus de 450 candidatures sur l’ensemble du territoire. Pour
cette seconde édition, les « Victoires de l’accessibilité » ont été organisées en région et s’illustrent
dans quatre catégories : éducation, travail, santé et acteur de la Cité.
Les lauréats des sélections régionales ont concouru pour l’étape nationale organisée par l’Unapei.
Les Victoires nationales ont été remises lors du congrès de l’Unapei à Marseille, le 25 mai 2013.
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Le palmarès
CATÉGORIE ÉDUCATION
Rencontres et échanges avec d’autres enfants
PREAMBULE
Le ministère de l’Education nationale indique que 210 400 élèves handicapés ont été scolarisés en
milieu ordinaire en 2011 contre 201 406 en 2010. Mais tout ne se mesure pas quantitativement.
Derrière ces chiffres en progrès se cachent encore des situations inacceptables : certains ne sont
scolarisés seulement quelques heures par semaine. D’autres n’ont aucune solution éducative. Pour
les enfants handicapés mentaux, l’accès à l’éducation et à la formation passe par de la souplesse, une
pluralité des réponses et par une collaboration entre les écoles et les établissements et services
d’accompagnements adaptés. Pourtant, le système demeure rigide et cette collaboration
incontournable n’est toujours pas mise en œuvre. Les acteurs de l’éducation manquent
d’information et de formation, éléments importants pour que l’inclusion soit favorisée.
LE LAURÉAT
Centre – Le scénario d’une bonne intégration
Pas facile de faire naître le dialogue entre des élèves du milieu ordinaire et du milieu spécialisé.
Trois enseignantes ont contribué à changer ce scénario grâce à un projet commun : le tournage
d’un film dans le cadre d’une classe de découverte.
Leur Victoire
En septembre 2011, six élèves de l’IME André-Neulat à Montargis vivent leur deuxième rentrée
scolaire à l’école élémentaire du Clos-Vinot à Amilly. En dépit de l’excellent accueil qui leur est
réservé dans l’établissement, les enseignants constatent leurs difficultés à s’intégrer parmi les autres
élèves dans la cours de récréation ou pendant le déjeuner à la cantine. De part et d’autre, on observe
et on hésite à faire le premier pas. Émerge alors l’idée d’organiser un projet commun associant les
élèves de l’IME, de la Clis (classe pour l’inclusion scolaire) de l’établissement et des élèves de CE2,
soit une petite cinquantaine de participants au total. L’objectif affiché est de favoriser l’ouverture à
l’autre, la rencontre et l’échange. Pour cela, tous vont partir pendant dix jours à Pénestin, dans le
Morbihan, pour tourner une émission de télévision sur le thème des pirates dans le cadre d’une
classe d’éducation à l’image.
Quels résultats ?
De septembre 2011 à mars 2012, une à deux heures hebdomadaires sont consacrées à la préparation
du séjour. Tandis que les enseignants recherchent les financements nécessaires, toute l’école
participe à la récolte de fonds par la vente d’objets et de calendriers réalisés en classe. Dans le même
temps, des activités communes sont organisées autour d’un atelier chorégraphique et de projections
de films à l’IME. Il importe que des liens se créent car une fois à Pénestin, tout le monde sera
mélangé dans les dortoirs, à la cantine aussi bien que pendant les activités. Le printemps arrive. Cap
sur le Morbihan où les enfants découvrent la mer et enregistrent « La télé des pirates » sous la
houlette d’animateurs-réalisateurs. Anecdotes et photos sont diffusées au quotidien sur un blog
qu’ils animent eux-mêmes. S’y révèlent des moments de vie et d’échanges très forts entre tous.
L’objectif est atteint.
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Et demain…
Au retour, les familles assistent à la projection du film et se voient offrir le DVD. C’est l’opportunité
de rencontrer les parents des nouveaux copains de la classe découverte autour d’un verre de
l’amitié. Des affinités se renforcent, d’autres s’installent. Les jeunes de l’IME témoignent également
de leur expérience auprès de leurs camarades restés à Montargis. L’action est relayée par les médias
locaux. Il n’est plus permis de douter de l’intérêt collectif de l’aventure. C’est la raison pour laquelle
l’IME et l’école entendent renforcer la cohésion ainsi créée à travers d’autres actions pédagogiques
« inclusives ». Ils envisagent également la programmation d’une autre classe de découverte dans les
trois prochaines années.
Porteuse du projet : Adeline Dunod, professeure des écoles à l’IME André-Neulat ; Partenaires :
Conseil général, associations d’éducation à l’image et laïque, mairies ; Contact : Adapei du Loiret –
30, rue Duchesne Rabier, 45200 Montargis – Tél. : 02 38 85 49 14.
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CATÉGORIE TRAVAIL
Accès à une activité professionnelle
PREAMBULE
Le droit au travail est un élément fondamental des droits de l’homme qui s’exerce difficilement pour
les personnes handicapées mentales, en décalage avec le « tout efficient » monde économique.
Pourtant, ces personnes ont des capacités qui peuvent être valorisées dans un environnement
adapté. Elles ont notamment besoin d’accompagnement humain. Ne pas en tenir compte, c’est
considérer qu’aucune n’a sa place en milieu ordinaire de travail. Et, force est de constater que les
acteurs de l’insertion professionnelle sont très peu mobilisés pour l’emploi des personnes
handicapées mentales et qu’ils proposent une offre qui leur est souvent inadaptée.
LE LAURÉAT
Lorraine – Zéro défaut, une inclusion réussie
Menacé de disparition suite à une évolution technologique, le partenariat entre l’usine Essilor de
Ligny-en-Barrois et l’Esat de Vassincourt s’en est finalement trouvé renforcé grâce à la création
d’un atelier hors-les murs sur le site même de l’entreprise.
Leur Victoire
Depuis plus de 20 ans, l’usine Essilor de Ligny-en-Barrois, qui produit des verres et du matériel pour
les opticiens, sous-traitait à l’Esat de Vassincourt de la connectique pour la fabrication de machines
professionnelles. En dépit d’un partenariat bien établi, cette collaboration menaçait de s’arrêter en
raison de l’évolution des machines fabriquées. Les nouveaux modèles envisagés intégraient en effet
des composants électroniques beaucoup trop fragiles pour être transportés dans les locaux de l’Esat,
situé à 35 km de l’usine. Plutôt de que voir disparaître un savoir-faire acquis pendant deux décennies
par les travailleurs de l’Esat – dont l’équilibre économique se voyait du même coup mis en péril -, les
deux partenaires ont finalement trouvé la solution : puisque les produits ne pourraient plus être
transportés à l’Esat, c’est l’Esat qui se déplacerait chez Essilor…
Quels résultats ?
Fin 2011, 12 travailleurs de Vassincourt ont donc intégré un atelier hors les murs sur le site de Lignyen-Barrois. Ce « transfert » a été le résultat d’une longue préparation, portée en commun par la
mission handicap d’Essilor et l’encadrement de l’Esat. Une fois obtenu l’accord indispensable du
comité de direction de l’entreprise, des études techniques ont été réalisées pour l’aménagement du
nouvel atelier. Une démarche de sensibilisation au handicap a été menée en direction des salariés de
l’usine. Dans le même temps, les douze candidats à la délocalisation ont bénéficié de formations
d’accompagnement afin de pouvoir prendre les transports en toute autonomie et intégrer de
nouvelles règles de sécurité. Avant de faire le grand saut, ils ont été reçus à l’usine pour se
familiariser avec les lieux.
Et demain ?
Plus d’un an après leur arrivée à Ligny-en-Barrois, les 12 travailleurs se sont pleinement intégrés chez
Essilor, où la qualité de leur travail est unanimement reconnue. « Zéro défaut », a conclu le service
qualité de l’usine qui évalue régulièrement leur production. Tous ont su développer de nouvelles
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compétences pour s’adapter aux nouvelles gammes fabriquées et assurer la polyvalence entre les
différents postes. Par leur professionnalisme, ils ont levé tous les préjugés qui subsistaient parmi le
personnel du site et sont aujourd’hui considérés comme des collègues à part entière. En 2013, Essilor
confiera deux nouvelles missions à l’Esat. Huit travailleurs seront chargés de réaliser des tests sur les
nouvelles machines fabriquées afin d’en évaluer la fiabilité ; deux autres travailleurs se verront par
ailleurs confier le pesage de pièces détachées dans le magasin central pour mieux les identifier dans
le stock. Tous intégreront le site Essilor, où ils travailleront dans le même atelier que les salariés de
l’entreprise.
Initiateur du projet : Didier Rambeaux, directeur d’Esat Industriel ; Partenaire : Usine Essilor « La
Compasserie » ; Contact : Adapei de la Meuse – Route de Neuville, 55800 Vassincourt – Tél. : 03 29
78 53 53.
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CATEGORIE SANTÉ
Accès facilité aux soins de santé
PREAMBULE
Les personnes handicapées mentales n’accèdent que faiblement à la santé, ce qui entraîne des surhandicaps préoccupants. Plusieurs facteurs expliquent ce constat : un manque de coordination entre
les secteurs sanitaire et médico-social, des réseaux de soins insuffisamment organisés, une formation
professionnelle qui n’inclut pas les spécificités du handicap mental, des établissements médicosociaux insuffisamment pourvus en personnels médicaux et paramédicaux alors que la population
accueillie vieillit et nécessite des soins plus fréquents. Par ailleurs la spécificité des soins dispensés
par les professionnels de santé auprès des personnes handicapées mentales (en ville notamment)
n’est pas prise en compte et valorisée.
LE LAURÉAT
Pays de la Loire – Un passeport pour favoriser l’accès aux soins
Les usagers de quatre associations possèdent désormais un Passeport Santé qui leur permet
d’accéder aux soins de façon plus autonome, et de mieux communiquer avec les professionnels de
la santé.
Leur Victoire
Il y a quelques mois, Corinne, résidente d’un foyer de vie, a été accueillie aux urgences où on devait
lui faire passer une radio. Sa hantise… En temps normal, elle n’aurait pas pu expliquer sa phobie au
radiologiste, mais Corinne avait son Passeport Santé avec elle… Elle l’a montré au spécialiste qui est
tout de suite allé chercher son éducateur. Ce Passeport Santé est le résultat d’un long travail de
concertation et de coordination initié en 2009 par une Commission Santé inter-associative réunissant
des familles de personnes handicapées mentales, quatre associations affiliées à l’Unapei et des
professionnels de santé du Maine-et-Loire. Il s’appuie sur une démarche plus globale de formation
du personnel soignant au handicap mental et d’éducation des personnes handicapées pour une plus
grande autonomie lors des actes de soins.
Quels résultats ?
Entre 2009 et 2011, la Commission Santé a constitué des groupes de travail avec les hôpitaux
d’Angers et de Cholet pour envisager un meilleur accueil des personnes handicapées mentales dans
le cadre du parcours de soin (prise de rendez-vous, prise en compte des besoins,
accompagnement…). Ces réflexions ont conduit à la mise en place de plans de formation en direction
des personnels soignants. Parallèlement, un travail avec les établissements médico-sociaux a permis
l’élaboration du Passeport Santé, permettant à la personne handicapée d’attirer l’attention sur ses
besoins spécifiques et de se faire comprendre pendant les soins. L’outil a été testé par des usagers et
diffusé à l’ensemble des familles (2 000 personnes) et aux associations de l’Urapei des Pays de la
Loire. Enfin, une formation spécifique a été conçue pour permettre aux personnes handicapées de
s’approprier l’outil.
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Et demain…
Aujourd’hui, les formations se poursuivent à Angers et Cholet et la Commission continue à travailler,
notamment sur l’amélioration de l’accueil aux urgences. Elle est également à la recherche de
financement pour faire intervenir un professionnel de la communication sur la création de
documents adaptés expliquant le déroulement des soins aux adultes handicapés. Pour l’heure,
aucune évaluation n’a été mise en place autour du Passeport Santé, mais il a d’ores et déjà démontré
son utilité dans bien des cas et obtenu un excellent accueil auprès des soignants qui restent très
demandeurs sur le sujet. La Commission envisage également de solliciter les responsables des
hôpitaux de Saumur et de Segré ainsi que des cliniques privées d’Angers. Enfin, elle souhaite
renforcer les échanges entre les salariés du médico-social et de la santé.
Porteur du projet : Michel Vinsonneau, administrateur Aapei 49 ; Partenaire : hôpitaux d’Angers et
de Cholet, Aapai, Apahrc, Adapei 49, IEM La Guiberdière, Foyer de Trémur, Foyers de la LongueChauvière et de la Haie-Vive, CAJ des Claveries ; Contact : HandiCap’Anjou – 114, rue de la Chalouère
BP 3114, 49017 Angers – Tél. : 02 41 43 93 65 – site web : www.handicap-anjou.fr
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CATÉGORIE ACTEUR DE LA CITE :
Favoriser la participation à la vie collective
PREAMBULE
La loi du 11 février 2005 a posé le principe d’une accessibilité universelle et fixé une échéance pour y
parvenir : 2015. Aucune action n’a été menée pour les personnes handicapées mentales. Pour elles,
rendre accessible la cité, c’est, avant tout, mieux les accueillir et accepter leur différence.
LE LAURÉAT
Nord Pas de Calais – Acteurs de la sécurité routière
Formés dans le cadre d’une activité de soutien de l’Esat du Calaisis, les usagers se sont eux-mêmes
transformés en agents de prévention en direction du public scolaire.
Leur Victoire
Depuis un an, l’Esat du Calaisis propose à ses usagers d’acquérir les bons gestes pour circuler en
confiance et en toute sécurité sur la voie publique. Ces travailleurs, âgés de 18 à 57 ans, ont eu la
possibilité de participer à une activité de soutien sur la prévention sécurité routière, animée par
Daniel Decarnin, brigadier de la Police municipale de Calais et l’association « Ensemble sur la route,
ensemble pour la vie ». Mais un savoir n’a de valeur qu’à partir du moment où il est partagé : une
fois formés, les stagiaires ont souhaité faire acte de citoyenneté en allant transmettre à leur tour les
connaissances acquises dans des écoles des environs.
Quels résultats ?
Six groupes de dix usagers ont ainsi été formés dans les locaux de l’Esat et se sont vus remettre un
diplôme en fin de session. Dans le même temps, la direction de l’établissement a pris contact avec les
écoles primaires et les centres de loisirs pour proposer une intervention. La première s’est déroulée
devant une classe de CM1 de l’école La Fontaine de Calais. Arborant un gilet fluorescent et
conscients de l’importance de leur rôle, les nouveaux « agents de prévention » ont eu à cœur de
porter le message de la sécurité routière auprès des élèves. À la théorie, présentée en classe, s’est
ajoutée une séance pratique sur piste, avec des vélos, de vrais passages piétons, feux rouges, stop et
autre panneaux routiers.
Et demain …
Grâce au soutien de la Ville de Calais et de la Police municipale, cette action est amenée à perdurer
dans le temps. Facilement reproductible dans les écoles, les collèges, les centres aérés ou de
vacances, elle permettra à la fois de valoriser l’engagement citoyen des usagers de l’Esat et de
sensibiliser un large public de jeunes sur les dangers de la circulation. Afin de rendre l’intervention
plus accessible et plus ludique, l’Esat travaille à la réalisation d’un support vidéo dans lequel ses
intervenants et les élèves se mettront en situation. Cet outil contribuera à l’animation des échanges
entre les jeunes participants et leurs formateurs d’un jour.
Initiateur : Romain Chrétien, moniteur d’atelier à Esat du Calaisis ; Partenaires : Ville de Calais, Police
municipale de Calais, association « Ensemble sur la route, ensemble pour la vie », établissements
scolaires, centres de loisirs et de vacances ; Contact : Afapei Esat du Calaisis, rue Gustave-Courbet,
62100 Calais. Tél. : 03 21 96 56 30.
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COUP DE COEUR du jury
LE LAUREAT
Rhône Alpes – Handiconsult
Afin de lever les obstacles à l’accès aux soins des personnes lourdement handicapées,
l’hôpital d’Annecy a mis en place un dispositif expérimental dédié leur permettant
d’accéder à 12 consultations spécialisées réunies en un seul lieu.
Leur Victoire
En dépit des efforts engagés par le secteur de la santé pour rendre les soins accessibles à
tous, l’accès aux soins courants en milieu ordinaire reste difficile pour les personnes
présentant un handicap mental : manque de temps de la part des soignants, difficulté à
comprendre et interpréter les réactions du patient, problème d’accessibilité, absence de
matériel adapté… Pour lever ces obstacles, le Centre Hospitalier de la région d’Annecy
(CHRA) a mis en place le dispositif Handiconsult dans le cadre d’une étroite collaboration
avec les familles, les établissements spécialisés et les associations. L’objectif : coordonner et
organiser les prises en charge, assurer un accueil téléphonique et conseiller les patients et
leur famille.
Quels résultats ?
Lancé en avril 2012, Handiconsult a connu une montée en charge progressive. En date du 12
octobre 2012, il a reçu 305 appels, permis de fixer 181 rendez-vous et rendu possible 148
consultations auprès de 14 médecins spécialistes. La mise en place du dispositif a d’abord
nécessité une coordination entre les différentes spécialités médicales (gynécologie, prise en
charge de la douleur, neurologie, médecine physique et de réadaptation, ORL,
ophtalmologie, dermatologie…) et des dentistes libéraux en charge des soins buccodentaires. Le personnel soignant a été formé aux problématiques liées au handicap et des
locaux dédiés ont été aménagés et équipés au sein même du plateau technique de l’hôpital.
Handiconsult permet donc aujourd’hui l’accès à 12 consultations spécialisées regroupées sur
un seul et même site.
Et demain …
Ce dispositif expérimental est inscrit dans le Projet régional de santé de la région RhôneAlpes en cours de concertation. Il bénéficie d’un financement sur deux ans et a vocation à
être consolidé et pérennisé. À l’avenir, ses initiateurs souhaitent l’étendre à d’autres
spécialités médicales dans le cadre d’une concertation pluridisciplinaire plus large.
Handiconsult pourrait constituer, à terme, une solution viable et durable pour rendre
accessibles les soins courants et la prévention aux enfants et adultes lourdement handicapés
(handicap moteur, visuel, auditif, psychique, intellectuel), résidant en institution ou à
domicile.
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Porteur du projet : Jean-Henri Ruel, praticien hospitalier, coordonnateur Handiconsult ;
Partenaires : Centre Hospitalier de la région d’Annecy (CHRA), ARS Rhône-Alpes, conseil
général de Haute-Savoie, APF, Centre Arthur-Lavy, ADIMC 74, Epanou, Udapei, Unafam,
Samsah Le Fil d’Ariane, Dentdicap 74, UFSBD 74 ; Contact : Udapei 74, 6, rue des Alouettes,
74000 Annecy – Tél. : 04 50 46 55 69
À propos de l’Unapei
Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis :
Créé en 1960, l’Unapei est le premier mouvement associatif français œuvrant pour la représentation et la défense des
intérêts des personnes handicapées mentales. Les associations affiliées à l’Unapei agissent pour répondre aux besoins et
aux attentes des personnes handicapées mentales, favoriser leur insertion et leur permettre de vivre dignement avec et
parmi les autres.
L’Unapei est un mouvement national qui fédère 600 associations présentes au niveau local (Apei, Papillons Blancs,
Chrysalide, Envol…), départemental (Adapei, Udapei, Association tutélaire) et régional (Urapei).
L’Unapei en chiffres :

180 000 personnes handicapées accueillies

60 000 familles adhérentes des associations affiliées

3 000 établissements et services spécialisés

75 000 professionnels employés dans les associations et les établissements
Plus d’informations sur : www.unapei.org
Contact presse : Nelly Stul : 01 44 85 50 83 – 06 37 36 21 48 / [email protected]
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