Collusion entre Engie, l`AFCN et le cabinet de la

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Collusion entre Engie, l`AFCN et le cabinet de la
Collusion entre Engie, l’AFCN
et le cabinet de la ministre
Marghem : notre sécurité est
sacrifiée.
Ces derniers mois, divers rapports (notamment de Greenpeace
[Source]) ont pointé du doigt le fait que plusieurs membres du
cabinet de la ministre Marie-Christine Marghem, en charge de
l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable,
étaient des anciens employés de chez Electrabel ou d’autres
filiales du groupe GDF-Suez (désormais rebaptisé « Engie ») et
que cela posait question sur leur indépendance dans les
dossiers (prolongation, fissures,…) liés aux centrales de
Tihange et Doel. Le même débat a eu lieu pour les experts
chargés de produire des rapports pour l’Agence Fédérale de
Contrôle Nucléaire (AFCN).
Nous avions pour notre part soulevé (en compagnie d’autres
organisations politiques, associatives et syndicales) la
question de la neutralité de Jan Bens, directeur de l’AFCN et
ancien dirigeant de chez Electrabel, notamment comme directeur
de la centrale de Doel. Suite à ses déclarations tapageuses
dans la presse, minimisant notamment les conséquences
sanitaires du drame de Fukushima, nous avions même réclamé sa
démission.
Aux interrogations qui se multiplient, il est répondu
jusqu’ici que leur passé n’impacte pas la neutralité des
acteurs de ce dossier et qu’une scission claire existe entre
leur ancien employeur et leur travail actuel.
Le cœur de l’argumentaire du gouvernement en faveur de la
remise en service des réacteurs fissurés de Tihange 2 (T2) et
Doel 3 (D3) est le rapport favorable au redémarrage produit
par l’AFCN, ainsi que l’indépendance affirmée de cet
organisme, et celle des experts auxquels il fait appel.
Suite au contre-rapport réalisé par Ilse Tweer, on sait
pourtant que ce rapport pose de nombreuses questions de
méthodologie [Source]. En outre, un autre rapport produit en
septembre 2015 par quatre professeurs d’université (mais non
pris en compte par l’AFCN) pointe lui aussi que « en accord
avec la théorie générale de la corrosion électrochimique, et
en dépit de quelques contre-arguments d’autres enquêteurs – il
y a des risques potentiels importants ou (au moins) des
incertitudes pour les problèmes d’hydrogène générées par le
procédé; assez pour soulever des préoccupations au sujet du
l’aptitude à fonctionner des réacteurs touchés ». La
communauté scientifique est donc loin d’être unanime.
Nous venons par ailleurs de découvrir que Thomas Pardoen
(professeur à l’UCL et membre du Conseil Scientifique du
Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire) désigné par l’AFCN
comme expert dans le conseil scientifique belge (composé de 4
experts) chargé d’évaluer les indications de défauts
identifiées sur la cuve du réacteur de D3 (le 14 septembre
2012) mais également, et il est le seul expert belge dans ce
cas, dans le panel international chargé d’évaluer les tests
d’irradiation après le second arrêt des réacteurs T2 et D3 (le
29 octobre 2014), n’est autre que le frère de Martial Pardoen
qui est en charge de la question énergétique au cabinet
Marghem et qui fut actif à la centrale de Doel jusqu’à sa
nomination au cabinet.
On ajoutera à ce tableau le fait que nous venons de découvrir
également que Pierre-Étienne Labeau (professeur à l’ULB)
désigné par l’AFCN en septembre 2012 pour présider le groupe
international d’experts chargé d’effectuer l’analyse technique
« indépendante » du dossier de la cuve du réacteur D3, a été
jusqu’en 2012 à la tête du Belgian Nuclear higher Education
Network (BNEN) [Source] qui est ouvertement sponsorisé par
GDF-Suez/Engie la maison mère d’Electrabel, ainsi que par
l’AFCN elle-même et sa filiale technique Bel V [Source].
Ces faits soulèvent une question majeure quant à
l’indépendance et à l’objectivité du travail fourni. Que l’on
retrouve deux frères respectivement comme expert
« indépendant » et membre de cabinet responsable du dossier
nucléaire, dans le cabinet en charge des négociations avec
Electrabel sur la prolongation du nucléaire en Belgique, que
l’on constate que des experts supposés indépendants voient une
partie de leurs activités académiques financées par Engie, que
le directeur même de notre agence de contrôle soit un ancien
dirigeant d’Electrabel, tout cela conduit à de forts soupçons
de collusion, consciente ou non.
Afin d’éviter tout risque de collusion, il existe, dans le
champ politique par exemple, des règles claires concernant les
liens familiaux, et les incompatibilités induites quant à
l’exercice conjoint de mandats politiques.
Nous estimons
qu’il doit en être de même dans ce dossier dans lequel enjeux
économiques, politiques et sanitaires majeurs sont imbriqués.
En conséquence, nous demandons :
Que soit nommé à la tête de l’AFCN un nouveau directeur,
totalement indépendant d’Engie.
Qu’un nouveau rapport sur les risques liés aux fissures
présentes dans les cuves des réacteurs T2 et D3 soit
réalisé par des experts indépendants, c’est à dire
n’ayant pas travaillé pour Engie et ne dépendant pas
(fut-ce indirectement) de son financement pour leur
recherche, des experts qui ne soient pas liés de près ou
de loin aux responsables du cabinet de la ministre
Marghem
Que dans l’attente de ce nouveau rapport, les réacteurs
fissurés T2 et D3 soient mis à l’arrêt, un arrêt que
pour notre part et au nom du principe de précaution,
nous souhaitons définitif.