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Belgique - Belgïe
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4099 LIEGE X
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Mouvement
n°7
BC 31409
Mouvement pour une psychiatrie démocratique dans le milieu de vie - Numéro spécial - Forum 2011 Numéro d’agrément trimestriel: P911198 - Editeur
responsable: Centre Franco Basaglia asbl -12, rue de la Cathédrale 4000 Liège - Tél. : 04 227 02 58 - Courriel : [email protected] - www.psychiatries.be - Bureau de
dépot : NSC LIEGE X
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FORUM 2011
NUMÉRO SPÉCIAL
Vendredi 25 novembre
10h00
accueil
Vers une
démocratique
dans les
milieux
de vie
...
12h30
repas sandwiches
14h00 – 18h00
1ère séance d’atelier et pause au milieu
Programme
Samedi 26 novembre
psychiatrie
10h30
Exploration du cahier de propositions politiques
18h30
souper
20h00
quartier libre (bar, salon télé, sport, etc.)
8h00 – 8h45
petit déjeuner pour les résidents
8h00
accueil pour les participants du samedi
9h00 – 12h30
2e séance d’atelier et pause au milieu
12h30
repas sandwiches
14h00 – 17h30
3e séance d’atelier et pause au milieu
avec le soutien de la Région Wallonne
Vers une psychiatrie démocratique dans les milieux de vie...
Le Mouvement pour une psychiatrie
démocratique dans le milieu de vie rassemble des citoyens et des institutions qui
cherchent à développer des politiques
qui enrichissent le vivre-ensemble avec
les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale et les possibilités
d’aides et de soins dans les contextes de
vie. Parmi ses membres, on retrouve des
représentants d’associations de proches
et d’usagers, des institutions de la santé
mentale, des maisons médicales et des
citoyens impliqués à titre personnel. Un
premier forum, organisé en 2006, a posé
les bases d’une réflexion sur le système
de santé mentale. Le travail entamé s’est
poursuivi, notamment en rédigeant un
cahier de propositions politiques. L’heure
est venue de réfléchir sur ces propositions en y associant d’autres citoyens lors
d’un second forum. Celui-ci s’adresse à
tous. Que vous soyez professionnels de la
santé, usagers, proches, sympathisants ou
même simplement curieux, ce forum est
l’occasion de participer au devenir de notre société.
jours, le forum est indissociable de l’internet où, sous la forme de plateformes
d’échanges, chacun est libre de participer
et de s’exprimer dans le respect de l’opinion d’autrui. En organisant notre forum,
nous souhaitons rester proche de ces définitions et en faire avant tout un lieu de
participation et de construction collective, accessible à tous, dans le respect de
nos différences.
L’utilisation du mot « forum » est mûrement réfléchie. Dans l’Antiquité, le forum
était le lieu de rassemblement du peuple,
la place publique où l’on débattait des
questions politiques et sociales. De nos
Grâce à 7 ateliers thématiques que vous
découvrirez au long de ces pages et auxquels des invités donneront vie (la liste
est régulièrement mise à jour sur le site
www.psychiatries.be), ce forum sera éga-
lement l’occasion de présenter le cahier
de propositions politiques produit par les
membres du Mouvement. Loin d’être un
outil figé, ce cahier n’a de sens que s’il est
alimenté par chaque personne présente,
que ce soit en faisant part de son expérience propre ou en débattant sur le bienfondé (ou non) de telle ou telle idée... une
manière pour chacun de se réapproprier
son contenu mais surtout d’apporter une
contribution à une réflexion qui dépasse
le cadre strict de la santé mentale. Lucien
Bonnafé disait: « On juge du degré de civilisation à la manière dont elle traite ses
fous. » C’est donc de questions de société
dont il s’agit véritablement.
Chacun des 7 ateliers se déroule à 3 reprises lors du forum avec, à chaque session, un invité différent. Vous pourrez découvrir les invités sur le site
www.psychiatries.be à partir d’octobre. Les ateliers rassemblent une vingtaine de participants. Un invité ouvre le thème pendant une demi-heure. La
durée de chaque atelier est de 3 heures, de manière à laisser le temps à chacun de cerner les enjeux, de se situer et de s’exprimer. L’animateur veille à faire
avec les participants le lien entre le thème de l’atelier et le cahier de propositions politiques du Mouvement. Chaque atelier est amené à énoncer des remarques critiques et des améliorations des propositions politiques contenues dans le cahier.
Le travail de la personne en souffrance mentale est
un sujet ambivalent. Ambivalence du travail luimême, vecteur à la fois d’intégration et de souffrances.
Ambivalence également du discours des intervenants :
certains considèrent les déficits de la personne et
insistent sur l’importance de rechercher et de conserver des allocations, tandis que d’autres misent sur les
compétences de l’usager et tentent une réintégration
dans le marché de l’emploi. En outre, quel rôle peuvent
jouer les syndicats dans la défense des travailleurs qui
ont des problèmes de santé mentale : les écarter de
l’emploi dans une optique de protection contre un milieu pathogène ou défendre leur droit au travail dans
des conditions acceptables pour tous ?
Croquer un argent fou
« La folie est de toujours se comporter de la même manière et
de s’attendre à un résultat différent. »
Albert Einstein
Les questions relatives au financement des soins de santé mentale sont amenées par la nécessité de transformer les services. Les
hôpitaux psychiatriques, dont le financement tient à l’occupation
des lits, sont en partie convertis dans des services dans les milieux
de vie; les réponses deviennent plus diversifiées et s’étendent au
logement, à l’aide dans la vie quotidienne, à l’insertion, à l’emploi. Ces transformations nous forcent à inventer de nouvelles
modalités de financement, entraînent un cocktail potentiellement
explosif de préoccupations (le coût des soins dans le milieu de vie,
les coupes budgétaires, … ). Elles nous confrontent à des problèmes de répartition des richesses actuelles (vers d’autres services,
mais aussi d’autres secteurs ? d’autres pouvoirs organisateurs ?
vers les Régions ? …). Dans une perspective démocratique, on
peut aussi se demander comment faire participer « les acteurs » - et
lesquels - à la distribution des ressources ? Nous pourrions chercher
quelles modalités de financement encourageraient la participation
à la planification et la régulation des services.
Fou dangereux
« Soyez fous, mais comportez-vous comme des gens normaux. Courez le risque d’être différents, mais apprenez à
le faire sans attirer l’attention. »
Paulo Coelho
Pour une majeure partie de la population, maladie mentale rime avec irresponsabilité et dangerosité. Ces préjugés
ne sont pas sans conséquence sur les droits des patients
psychiatrisés ou la citoyenneté (soins contraints, défense sociale). Peut-être que les cadres législatifs eux-mêmes façonnent les représentations d’irresponsabilité. Les médias en
empruntant des raccourcis faciles augmentent eux-aussi la
stigmatisation. Les institutions psychiatriques, en soignant
dans des lieux à l’écart de la société, alimentent malgré elles une distance suspicieuse. Comment, dès lors, pouvoir
découpler la maladie mentale de ces clichés qui lui collent à
la peau ? Comment mettre en valeur les personnes et non les
stigmatiser ? Quel(s) cadre(s) instaurer pour garantir une lutte
effective contre les discriminations liées à la santé mentale ?
4
atelier
atelier
2
3
« Le travail ne peut être une loi sans être un droit. »
Victor Hugo
atelier
atelier
1
Travail de fou
Fou à délier
« La grande leçon de la vie, c’est que, parfois, ce sont
les fous qui ont raison.»
Winston Churchill
Comment entraîner les acteurs (de santé) à négocier avec
les usagers et leurs proches ? Un des défis est de permettre
à ceux-ci de négocier les politiques de soins de santé qu’ils
souhaitent mener dans des contextes où trop souvent les
professionnels délimitent, seuls, les marges de liberté.
Historiquement, les mutuelles ont à cet égard joué un rôle
décisif dans le cadre des consensus de l’assurance soins
de santé où elles rencontrent les prestataires, l’autorité
publique et d’autres payeurs (employeurs et travailleurs).
Qu’en est il aujourd’hui du rôle de ces mutuelles pour
défendre les intérêts des patients psychiatriques ? Ces
dernières années d’autres formes d’associations d’usagers
et de proches ont vu le jour. Elles ont une place de proximité associant les personnes dans des actions locales. Ces
associations poursuivent leur chemin et demandent
d’être renforcées : cadre législatif de reconnaissance et de
financement, place dans les instances de décisions des
institutions ou du système de soin…
Les paradigmes de la santé se sont emparés de la folie et
l’on parle aujourd’hui de « santé mentale » ou de « maladie
mentale ». Cette emprise de la santé sur des problèmes qui
sont aussi sociaux évite à la société de s’interroger sur les
processus collectifs. Les portes d’accès aux soins en cas de
trouble psychique sont toujours situées dans le monde de
la santé. Mais ces problèmes ne débordent-ils pas le cadre
médical pour affecter tous les aspects de la vie d’une
personne, le logement, l’emploi, le vivre ensemble...
Le savoir et les pratiques médicales ne sont donc pas les
seuls à « faire soin » dans ce type de problématique. Une organisation transversale de l’aide et du soin est-elle une alternative fructueuse pour relativiser le pouvoir médical ? Nous
devons aussi nous interroger sur les places respectives du
savoir d’expérience et du savoir médical. En effet, la relation
thérapeutique peut être une occasion de reconnaissance
réciproque des partenaires comme co-constructeurs de savoirs et de pratiques.
7
atelier
atelier
Maintenant, ils réfléchissent et parlent comme les autres
hommes. Pour distinguer un fou d’un sain d’esprit, il faut
s’adresser à un spécialiste. »
Armando Palacio Valdés
atelier
5
Monde de fous
Asile
de fous
« On construit des maisons de fous pour faire croire à ceux
qui n’y sont pas enfermés qu’ils ont encore la raison. »
Montaigne
Plus les personnes qui ont des problèmes de santé mentale
ont un statut socio-économique affaibli, plus elles risquent
de se retrouver en hôpital psychiatrique ou au milieu de nulle
part. La dés-institutionnalisation devrait s’animer de la plus
haute vigilance à ne pas abandonner les personnes. Dés-institutionnaliser, c’est aussi inventer des institutions qui rendent
le monde habitable pour chacun. Comment vivent ceux qui
s’engagent vers cet horizon : comme une lutte citoyenne,
une négociation politique, une démarche scientifique, un
processus créatif… ? Par ailleurs, quelles lignes stratégiques
pourrait-on dessiner : faut-il accorder la plus haute priorité
aux personnes dont l’intégration dans les milieux de vie est
la plus difficile ? Faut-il cibler des domaines essentiels au vivre
ensemble comme l’habitat, des dispositifs d’insertion ou les
familles ? Y a t’il des institutions originales d’ordre culturel ou
artistique plus propices à l’émergence de nouvelles possibilités d’être en société ?
« Les progrès de l’humanité se mesurent aux concessions
que la folie des sages fait à la sagesse des fous. »
Jean Jaurès
On parle de soins dans le milieu de vie alors que la vie des
personnes se fait toujours dans une diversité de milieux
singuliers. Comment les institutions en santé mentale
peuvent à chaque coup créer une configuration d’aides et
de soins originale à chaque personne ? Cela demanderait
de réfléchir aux conditions d’organisation qui permettent à
chaque équipe de connaître les ressources du territoire et
de développer une liberté de pensée et d’initiative. Au-delà
de chacune des équipes, comment se met on à travailler
ensemble ? Le « territoire » peut il être le concept qui permet de rassembler les acteurs et à quel degré de collectivité peut-il conduire ? L’élaboration de méthodes partagées,
des instances communes d’évaluation, des politiques et des
stratégies communes pour répondre aux besoins locaux de la
population, une mutualisation des moyens et du personnel ?
Talon d’inscription
Il est possible de s’inscrire en ligne sur le site
www.psychiatries.be ou de nous renvoyer le
talon ci-joint.
Le prix par journée inclut les pauses café et le
repas sandwiches de midi. Le prix vendredi et
samedi avec hébergement inclut en plus le
repas du vendredi soir et le petit-déjeuner du
samedi matin. L’hébergement se fait en chambre rustique de 2 ou 3 personnes.
Le paiement valide l’inscription.
Une fois inscrit, vous recevrez par courriel un
bulletin d’inscription pour les ateliers.
DATE LIMITE D'INSCRIPTION
Vendredi 11 novembre 2011.

6
Savant
fou
« Les fous ont progressé, comme tout en ce monde.
LIEU DU FORUM
Centre culturel Marcel Hicter La Marlagne
Chemin des Marronniers, 26
5100 Wépion
Un bus spécial Forum de la TEC partira de la gare
de Namur vers La Marlagne vendredi à 9h30 .
Un bus retour La Marlagne - Gare de Namur
est prévu le samedi (départ de La Marlagne à
18h30)
Les frais d’inscription sont à verser au compte du
BE06 7320 0466 2822 Centre Franco Basaglia
asbl, rue Cathédrale 12, 4000 Liège avec la mention inscription forum 2011
Prix plein :
Vendredi 50 €......................................................................
Samedi 50 €.........................................................................
Vendredi et samedi sans hébergement 80 €...........
Vendredi et samedi avec hébergement 100 €........
Tarifs réduits (usagers, et personnes qui ne
peuvent payer le prix plein)
Vendredi 15 €......................................................................
Samedi 15 €.........................................................................
Vendredi et samedi sans hébergement 25 €...........
Vendredi et samedi avec hébergement 30 €..........
Nom* : ..............................................................................
Prénom* : ..........................................................................
Adresse : . ..........................................................................
Institution : ........................................................................
Téléphone : ........................................................................
Courriel* : ..........................................................................
*obligatoire
Abrégé du cahier de propositions politiques
Rédigé par les membres du Mouvement, l’enjeu de ce cahier de propositions politiques est de créer d’autres modalités de vivre ensemble avec les personnes qui ont des problèmes de santé mentale. En effet, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE, reports 84B) nous rappelle que 4700 personnes vivent en hôpital psychiatrique depuis plus
d’un an. De nombreuses autres errent dans une précarité difficilement vivable. Ces situations les plus tristes sont la pointe émergée d’un iceberg puisque l’Institut Scientifique de Santé publique (Enquête de Santé par Interview, 2008) pointe que
14 % de la population belge souffre probablement d’un trouble de santé mentale.
Pour répondre à l’ampleur de ces problèmes, il s’agit certes d’améliorer les aides et les soins, mais aussi de faire participer un plus grand nombre et une plus grande diversité d’acteurs et
d’organisations de tous bords. C’est l’ambition de ce cahier de propositions et ce qui spécifie son apport par rapport à la réforme en cours « vers de meilleurs soins en santé mentale par
la réalisation de réseaux et circuits de soins ». Celle-ci ouvre un possible rééquilibrage entre les soins hospitaliers et ambulatoires, mais souffre de n’être pas ouverte sur un ensemble plus
large de composantes de la société. Partant, nous aurions aussi besoin de plus de démocratie en faisant pleinement participer une multiplicité d’acteurs aux processus d’élaboration et
de mise en œuvre des politiques de santé mentale. Cette approche intersectorielle demande un pilotage transversal à tous les niveaux de pouvoir.
Les propositions formulées dans ce cahier sont en chantier. Le forum du Mouvement organisé les 25-26 novembre 2011 est là pour les questionner et les alimenter. Ces propositions sont regroupées en trois lignes de force pour des changements :
1
2
Soutenir la construction collective d’espaces
de participation à la vie sociale et affective.
La souffrance psychique demande à être activement contextualisée, condition indispensable à son intelligibilité et à la mise en œuvre de
réponses adéquates. Un défi à relever est de réduire les inégalités sociales en santé mentale en
recréant pour chacun les conditions nécessaires à sa santé et son intégration. Nous pointons
d’emblée le logement (Proposition 1), l’emploi
(Proposition 2), les dispositifs d’insertion (Proposition 3) et les associations socio-culturelles
(Proposition 5) comme des bases essentielles
pour reprendre pied dans la société. Il s’agit
non seulement de s’appuyer sur des équipes
de réhabilitation psychosociale (Proposition 4)
comme le propose la fonction 3 de la réforme
en cours, mais aussi de faire coopérer les acteurs non spécialisés à des politiques de santé
mentale plus inclusives.
Tout un processus est à construire afin de reconnaître la parole et l’expérience des personnes concernées au quotidien par les problèmes
de santé mentale. Le vécu et l’expertise des
proches (familles, amis, personnes concernées
affectivement, …), tout comme ceux des usagers, doivent être pris activement en compte,
notamment par les professionnels de la santé.
Un statut d’expert d’expérience renforcerait la
place des usagers et des proches (Proposition
8). Un cadre législatif pour agréer et financer les
associations d’usagers (Proposition 7) permettrait qu’elles se développent et favoriserait leur
représentation dans les organes consultatifs et
délibératifs en rapport avec les questions de
santé mentale (Proposition 9). On pourrait encourager les usagers, leurs proches ou d’autres
acteurs à concevoir et transmettre des modules de formations qui s’inspireraient des expériences de chacun et apporteraient des outils
permettant de mieux interagir dans les situations de la vie quotidienne (Proposition 6).
Par ailleurs, il faut soutenir des mécanismes qui
corrigent les préjugés à l’égard des personnes
qui ont des problèmes de santé mentale. Un
comité de vigilance pourrait servir de commission d’éthique et d’espace de formation pour
les journalistes (Proposition 10).
Reconvertir les services spécialisés en santé
mentale pour mieux les intégrer dans les
milieux de vie et renforcer les soins de
première ligne en santé.
Les processus thérapeutiques qui se mettent
en place pour les personnes qui souffrent de
pathologies psychiatriques sont toujours reliés
aux milieux de vie. Le soin (en santé mentale)
renvoie sans cesse à la façon dont la personne
vit, habite, existe dans ses milieux familiers.
Le défi est de proposer un cadre qui élargisse
les possibilités des soins spécialisés dans les
milieux de vie. Nous proposons de créer des
Services intégrés en santé mentale (Proposition 11) composés de 5 unités en interface :
des espaces d’accueil, des équipes mobiles de
suivi des personnes souffrant de pathologies
sévères et persistantes, des équipes mobiles
pour les situations aiguës, des unités résidentielles de crise, des services de santé mentale.
Il est essentiel que cet ensemble intégré inclue
la fonction 2 des projets de réforme (équipes
ambulatoires de traitement intensifs pour les
problèmes psychiques aigus et chroniques) en
la mettant en œuvre au sein même des milieux
de vie.
Un retrait mal négocié de l’environnement familier peut compromettre les processus thérapeutiques en cours. Quand une hospitalisation
psychiatrique s’avère nécessaire, elle devrait
être préalablement concertée avec les Services
intégrés en santé mentale (Proposition 12). Par
ailleurs, les lieux qui peuvent être nécessaires
pour prendre distance vis-à-vis de l’environnement familier pourraient être plus diversifiés.
Les projets de réforme proposent de réaliser
une fonction 4 sous forme d’unité intensives
de traitement résidentiel. Ici aussi, l’implantation locale est essentielle. Une reconversion
pourrait se faire vers des unités résidentielles
de crise au sein des Services intégrés en santé
mentale, ce qui permettrait une proximité avec
les milieux de vie et une connaissance des ressources locales par les soignants (Proposition
11). On pourrait aussi réenvisager l’accueil en
famille (Proposition 13) et améliorer le cadre
qui définit les habitations protégées (Proposition 14).
Pour construire un système de soins efficient,
il faut inscrire les soins de santé mentale parmi
un ensemble de soins essentiels que l’on appelle les « soins de santé primaires ». La médecine générale doit dès lors être renforcée pour
réaliser à la fois cette articulation avec les soins
spécialisés en santé mentale et l’ensemble des
ressources personnelles et communautaires. Il
faudrait organiser et financer une fonction de
liaison en santé mentale spécifique aux centres de santé intégrés, aux centres de coordination de soins à domicile, aux services d’aides
familiales et aux réseaux de soin de première
ligne (Proposition 15). On pourrait encourager
les pratiques de concertation en médecine générale en les finançant via un Dossier Médical
Global Psychosocial (Proposition 16). La formation des professionnels de santé gagne à être
soutenue grâce à des pratiques d’immersion
(Proposition 17).
Construire des systèmes
intégrés de services dans
un cadre territorial.
Les problèmes de santé mentale impliquent de
mettre ensemble des personnes ou des organisations très différentes, les faire coopérer et leur permettre de prendre des décisions équitables pour
chacun. L’ensemble demande de concevoir un cadre qui permette une intégration cohérente et mobilisante. Chaque partie prenante devrait pouvoir
participer dans un esprit démocratique.
qui donne plus de poids à des associations ou des
élus locaux. Les politiques de santé mentale gagnent à être organisées par un ensemble d’acteurs
au-delà des services spécialisés en santé mentale
quels qu’ils soient et singulièrement les hôpitaux
psychiatriques qui dominent aujourd’hui l’architecture du système. Somme toute, nous souhaitons
des politiques de santé mentale plus citoyennes.
Le système de santé mentale gagnerait à être organisé sur base de territoires car ils permettent
d’améliorer l’accessibilité, de cadrer des espaces de
concertations entre les acteurs et de dynamiser la
citoyenneté en mobilisant les associations ou les
élus locaux. Cette logique territoriale peut se réaliser à un niveau de première proximité, de moyenne
proximité ou un niveau régional et fédéral (Proposition 18). Nous proposons de mettre en place des
Groupements territoriaux pour la santé mentale
qui rassemblent l’ensemble des acteurs en santé
mentale des territoires de première et moyenne
proximité. Chacun de ces Groupements dépendrait
d’un Conseil local pour la santé mentale où siègeraient des conseillers communaux, des partenaires
sociaux et des associations citoyennes (Proposition
19).
Pour y parvenir, nous proposons d’abandonner
le financement des hôpitaux psychiatriques au lit
occupé et de convertir leurs moyens actuels dans
un forfait. Cela leur donnerait plus de liberté pour
penser les services qu’ils souhaitent mettre en œuvre dans les milieux de vie. A terme, on pourrait
organiser un forfait par territoire pour financer les
services des Groupements (Proposition 20).
Cette approche territoriale n’est pas développée
dans la réforme en cours. Nous proposons un cadre
Mouvement – numéro spécial - Forum 2011
3
Par ailleurs, il est des situations caractérisées par
leur complexité, le rejet institutionnel, le découragement, le dépassement des limites de l’acceptable, ces contextes où la personne n’est plus demandeuse ou preneuse à tel point qu’aucun des acteurs
en présence ne se sent suffisamment mobilisable
pour assurer une forme de suivi dans le milieu de
vie. Ici, nous soutenons qu’un référent résiduel qui
parte à la rencontre de la personne doit être institué au sein du Service intégré en santé mentale
(Proposition 21).
Le Cahier de propositions
politiques est disponible
en ligne sur notre site
www.psychiatries.be
Edité à 1500 exemplaires
Conception graphique et mise en page : Article 23 - atelier infographie 04 223 03 33
INFORMATIONS / ABONNEMENT
Centre Franco Basaglia asbl
Tél. : 04 227 02 58 - Courriel : [email protected]
Une entreprise d’Article 23 asbl • Dispositif local d’Insertion par le travail
12, rue de la cathédrale-4000 Liège•Tél : 04 223 03 33•E-mail : [email protected]