Programme - Centre André Chastel - Université Paris

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Programme - Centre André Chastel - Université Paris
L’avant – garde européenne après la seconde guerre mondiale :
L’axe Paris - Milan - Düsseldorf de 1957 à 1966
La journée d’étude doctorale organisée par le Centre André Chastel dans le cadre du LabEx EHNE (« Écrire
une nouvelle histoire de l’Europe ») se tiendra lundi 26 mai 2014 à l’INHA – Institut National d’Histoire de
l’Art. Le programme concerne les échanges des artistes situés sur l'axe Paris-Milan-Düsseldorf entre 1957 et
1966.
Dans l’après-guerre, les recherches artistiques et l’intérêt des galeries de ces trois pôles culturels semblent
converger autour d’une esthétique orientée vers l’approfondissement des origines de la production plastique.
Reprenant les ambitions d’universalité de l’art mises à jour au long de la première moitié du XXème siècle, la
production après 1945 suit un chemin d’épuration des formes et des couleurs.
Cette quête d’universalisation de l’art rassemble des artistes d’origines et de parcours assez différents
comme Yves Klein ou Heinz Mack ou Otto Piene. Leurs projets visent à la dématérialisation de l’art, leurs
recherches se focalisent sur la lumière et le mouvement. Klein les rejoints en apportant des possibilités de
dématérialisation par l’imprégnation de la couleur et par l’utilisation d’éléments de la nature comme le feu
ou l’eau. Dans les années 1950, Klein multiplie les expositions en Allemagne, en France et en Italie. Sa
contribution dynamise les échanges artistiques. En 1957, il expose à la galerie d’Alfred Schmela à
Düsseldorf, aux galeries Iris Clert et Colette Allendy à Paris et à la galerie Apollinaire à Milan.
À l’admiration portée à l’artiste français par ses pairs allemands Mack et Piene s’ajoute l’influence exercée
sur eux par Lucio Fontana.
Dès 1957, Mack et Piene débutent leur projet d’« expositions d’un soir ». Entre avril 1957 et octobre 1958,
ils organisent dans leur atelier de Düsseldorf huit « Abendausstellungen » en forme de happenings. Ils
réalisent la revue « ZERO »; trois numéros sont publiés entre 1958 et 1961. L’Italien Piero Manzoni
s’intéresse aussi aux travaux de Klein et de Lucio Fontana, dont il a pris connaissance à Milan. Fontana
expose en compagnie de cette jeune génération qui voit en lui un père spirituel.
Durant cette période, Otto Piene recense plus d’une centaine d’artistes qui participent aux projets du groupe
Zéro. Les revues « ZERO » et « AZIMUTH » (dont deux numéros sont publiés à Milan entre 1959 et 1960),
représentent un facteur de cohésion important et un organe de diffusion et de communication entre les
différentes associations d’artistes. À Milan, en décembre 1959, Piero Manzoni et Enrico Castellani ouvrent
la galerie Azimut où vont exposer, entre autres, les Français Klein et Morellet, les Italiens Agostino
Bonalumi, Dadamaino et Nanda Vigo, le Brésilien Almir Mavignier, les Allemands Oskar Holweck et Heinz
Mack.
Par le biais de l’art, l’Allemagne se rouvre à l’Europe en proposant une production avant-gardiste. En Italie,
en Allemagne et en France, la production d’après-guerre est particulièrement féconde. Elle attire des artistes
originaires d’autres continents comme Soto ou Mavignier qui participent aux principales expositions du
groupe Zéro avec Heinz Mack et Otto Piene, auxquels se joint en 1961, Günther Uecker.
Les groupes Zéro et Azimuth fonctionnent comme une véritable pépinière stimulant la communication entre
les artistes qui produisent un art libéré de l’Informel et rattaché aux grandes questions soulevées par la
théorie artistique de l’époque, à savoir l’aptitude à l’universalisation de l’art. La production plastique des
artistes circulant sur l’axe géographique Italo-Franco-Germanique constitue une cible pour la recherche
actuelle en histoire de l’art : ce mouvement est à la base d’une révolution de la production contemporaine
regroupant l’art, la philosophie et la sociologie.
Programme
L’axe franco-allemand
9h15-9h45 Ouverture - Introduction et présidence de séance, Isabelle Ewig. Elinor Myara
(LAbex EHNE)
9h45-10h15 Florence Macagno,
ZERO, des pratiques artistiques mutualisées : 1957 – 1962 entre Paris et Düsseldorf
10h15–10h45 Axelle Fariat, Université de Strasbourg.
L’axe Paris-Düsseldorf: la mise en place de nouvelles stratégies artistiques de
communication.
11h-11h15 Pause
11h15– 11h45 Magdalena Broska, Fondation Adolf Luther, Krefeld.
1957-1964: être avant-gardiste, signifie être international. La politique des musées
allemands dans les décennies d’après-guerre.
11h45– 12h15 Rachel Stella,
Hans Strelow: un passeur d'après-guerre.
12h30-14h
Déjeuner
Les échanges internationaux
14h00-14h15 Introduction et présidence de séance, Arnauld Pierre.
14h15–14h45 Noémi Joly,
Almir Mavignier et ZERO, 1958-1963.
14h45-15h15 Maria Sensi,
De Azimuth à Zero.
15h30–15h45 Pause
15h45-16h15 Paola Nicita,
Nanda Vigo, le rôle d’une artiste de la Mitteleuropa.
16h15-16h45 Sophie Cras, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Giuseppe Gallizio et Yves Klein : un duel européen entre l’Italie, l’Allemagne et
la France.
17h15-18h10 Documentaire de Florence Macagno, Zéro, le temps des utopies
(54 minutes)
18h15
Cocktail
Comité Scientifique
Renaud Bouchet, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université du Mans, Chercheur au
CERHIO, Chercheur-associé au CHEC ;
Annie Claustres, Conseiller Scientifique - Histoire de l'art contemporain XXe-XXIe siècles, Maître de
conférences HDR, Université Lyon 2 ;
Isabelle Ewig, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université Paris-Sorbonne (Paris
IV) ;
Arnauld Pierre, Professeur en histoire de l’art contemporain, Université Paris-Sorbonne (Paris IV) ;
Maria Stavrinaki, Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université Paris I.
Comité d’organisation
Centre André Chastel, LabEx EHNE ;
Anne-Julie Lafaye, docteur en archéologie médiévale et coordinatrice de l’axe 7 du LabEx EHNE ;
Marjolaine Beuzard, doctorante en histoire de l’art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV) ;
Maria Sensi, docteur en histoire de l’art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV) ;
Manuela Triani Gomes de Knegt, doctorante en histoire de l’art et étudiante en Master en philosophie de
l’art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV).