Le putois

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Le putois
Le putois (Mustela putorius, Linnaeus, 1758)
Dessin de Pierre Baumgart
Généralités et répartition
Cette espèce est silencieuse, furtive, généralement solitaire, individualiste et essentiellement nocturne. Le putois
est connu comme mammifère carnassier à odeur nauséabonde (forte odeur due à leurs glandes anales utilisées
pour le marquage de son territoire) et aussi pour l’usage, par le passé, de sa fourrure.
Il est présent en Haute-Savoie mais à une distribution lacunaire, soit liée à un manque d’information, soit liée à sa
rareté ou son absence.
On le trouve sur l'ensemble du territoire français (exceptée la Corse) avec une répartition plus ou moins régulière.
Elle se rencontre jusqu’à 2000m d’altitude surtout dans nos plaines boisées, au bord des rivières, marais,
également dans certains lieux secs et près des fermes (anthropophilie marqué).
Biologie
La taille des putois varie de 29 à 46 centimètres et leur poids de 400 grammes à 2 kilogrammes suivant le sexe.
Leur espérance de vie dans la nature est de l'ordre de 4 à 5 ans ; elle peut atteindre 14 ans en captivité. Moins bon
grimpeur que les belettes ou les martres, il plonge et nage très bien.
Le putois aime à gîter dans les terriers abandonnés de renards ou de lapins. Il peut aussi nicher sur un tas de
1
branches ou dans des granges.
La période d’accouplement dure principalement d’avril à juin. Elle s’accompagne de nombreux cris et poursuites.
Les mâles ont alors une forte activité et se déplacent beaucoup. Les femelles élèvent seules leurs petits.
Régime alimentaire
Le putois a la réputation de mangeur de grenouilles, mais pille parfois les poulaillers. Il chasse surtout les
campagnols et autres petits rongeurs, quelques oiseaux, poissons, œufs, mollusques, reptiles (insensibles au
venin des vipères), fruits et déchets carnés.
Celui-ci est considéré comme un bon auxiliaire de culture malgré qu’il fasse l’objet d’idées reçues exagérées et
fausses telles que : " Le putois fait d'importants dégâts sur le gibier " ; " Il met en danger l'apiculture française " ;
" Celui-ci commet des dégâts importants sur les élevages avicoles »
(selon le rapport du Ministère de l'Environnement datant de mars 2002).
L'utilisation du milieu par le putois semble essentiellement être fonction de la densité des proies qui l'occupent.
Ainsi, la plupart des individus se rencontrent près des cours d'eau où ils exploitent des populations de rongeurs et
d'amphibiens. Dans d'autres endroits, les putois n'exploitent activement que les garennes riches en lapins.
Etat de conservation et mesures
D’une manière générale, cette espèce est en mauvais état de conservation, rare dans de nombreux départements
français, du à la perte de ses habitats humides par drainages ou assèchements et par son classement comme
« nuisible » dans certaines régions. De plus, la pollution des eaux pourrait également jouer en sa défaveur ainsi
que la circulation routière.
Notons qu’en Haute-Savoie, l’arrêté fixé par la DDEA interdit sa chasse afin de favoriser la protection et le
repeuplement de ce gibier (article 3 de l’arrêté et de clôture de la chasse pour la campagne 2009-2010 dans le
département de la Haute-Savoie). Rappelons que ce mustélidé est une espèce gibier en France.
La principale mesure de conservation à mettre en oeuvre serait donc de retirer le putois de la liste des espèces
susceptibles d'être nuisibles dans les régions concernées sachant qu’elle figure à l'annexe III de la convention de
Berne.
De plus, il devrait aussi être retiré de la liste des espèces chassables pour prendre des mesures de protection ou
de conservation et préciser son statut. Des prospections spécifiques seraient donc souhaitables.
Tachon William, trésorier et animateur
1
Tirée de l’ouvrage de Macdonald D. et Barett P. ,1995.Guide complet des mammifères de France et d’Europe.
Delachaux et Niestlé.