brigade sud nice 1985

Commentaires

Transcription

brigade sud nice 1985
BRIGADE SUD NICE 1985
Communiqué Officiel
La chasse est ouverte...
Beaucoup d’entre vous s’étonnent de certaines prises de
position de la Brigade Sud lors de ses mouvements de
grève menés dans le passé, sachez que pour nous, cesser
d’encourager notre équipe est un moment grave et douloureux, car c’est précisément toute notre passion qui
s’exprime dans ces encouragements et qui justifie notre
présence au stade. Ces encouragements sont pour beaucoup
d’entre nous l’expression de notre créativité, de notre identité et de notre mentalité : Chaque match se prépare souvent
pendant des heures, voir quelques jours, cette ferveur est
pour nous un véritable mode de vie, une philosophie.
Or, dans notre société devenue politiquement correcte, tout
mode de vie différent est condamné comme étant marginal,
voire « anormal », ainsi, depuis maintenant plusieurs années, les supporters dits Ultras sont incompris, brocardés,
insultés et bientôt éradiqués sous prétexte de leur prétendue
violence, de leur prétendu racisme…
En réalité, c’est parce que les ultras sont ceux qui dénoncent
le plus la dérive mercantile du football : le foot business, celui là même qui conduit aux « erreurs » d’arbitrage, au traitement des joueurs comme de la marchandise, au manque
de respect par certains joueurs de leur club et supporters,
au traitement des supporters comme des “sans cerveaux vaches à lait - un consommateur décérébré”, au règne hégémonique des « grosses » écuries au détriment des valeurs
du… sport et parfois de la morale !
Nous ne pouvons pas nier certains débordements, mais nous
répétons qu’ils ne sont ni plus, ni moins que l’illustration de
notre société moderne et que pour lutter contre eux, c’est tout
notre modèle social qui est en jeu. Si ces débordements sont
condamnables, ils doivent l’être dans le droit et la justice.
Or, prochainement près d’une centaine d’entre nous sera
interdite de stade pour avoir « participé » à une rixe sur
une aire d’autoroute avec des supporters lyonnais, qui s’est
déroulée à l’occasion d’un déplacement de la Brigade Sud à
Sochaux, au cours duquel les deux groupes se sont croisés,
tout comme en septembre dernier. Alors qu’aucune interpellation n’est intervenue, aujourd’hui, sans discernement,
tous les présents vont faire l’objet de la fameuse mesure
d’interdiction administrative de stade, celle-ci qui se veut
préventive (éviter tout risque de trouble à l’ordre public) est
en réalité une véritable sanction prononcée par le Préfet à
l’encontre de gens desquels aucun fait précis n’est établi.
Dans le même temps, deux associations (dont l’une des plus
anciennes de France, les Boulogne Boys) ont été dissoutes
par le Ministre de l’Intérieur. La fumeuse banderole montée
en épingle comme une affaire d’Etat a occupé le devant de
la scène médiatique, politique et sociale alors que des faits
bien plus graves se déroulent tous les jours dans notre pays.
Par ailleurs, de plus en plus de jeunes sont traînés en justice
pour avoir simplement allumé un fumigène (crime ô combien odieux! ) alors que tout le monde s’esbaudie devant
le même fumigène allumé par un marin qui, arrivé au port
après une longue traversée, fête ainsi sa victoire…
Accusés de tous les maux, alors que les médias eux-mêmes,
fervents inquisiteurs « de la bonne pensée », placardent des
images de tribunes émbrasées pour vendre images, papier et
pay-per-views.
En l’état, les Ultras niçois déplorent ces incohérences, ces
contradictions, ces amalgames, ces accusations formulées
par des gens qui ne nous connaissent pas. Cette chasse aux
sorcières menée par des bien-pensants qui sous couvert
de la tolérance et de la liberté d’expression versent dans
l’arbitraire. Nous remercions les médias, les politiques, les
dirigeants de club et de la ligue qui refusent depuis des années de dialoguer avec nous et de se poser les vraies questions : Sachez qu’aucun « ultra » n’a jamais participé à de
quelconques réunions de travail de la Ligue ou de la FFF.
Les dernières mesures prises vont chasser les fauteurs de
troubles, mais aussi décapiter les groupes de ceux qui justement voudraient dialoguer pour trouver des solutions adaptées. La violence dénoncée se transportera un peu plus loin,
loin des stades, loin des caméras, mais rien ne changera et
la situation pourrait même empirer.
A Nice, de nombreux futurs « IDS » font partie de ceux qui
ont tenté de dialoguer avec nos dirigeants, nos élus locaux,
Monsieur Thiriez…
Aussi, même si notre manière de supporter n’est
pas la votre, elle a le droit d’exister !
Or, en frappant sans discernement, certains supporters qui
ont eu le seul tort d’être au mauvais endroit au mauvais moment, on cherche à rassurer la population, mais on ne fait en
réalité rien pour que les choses évoluent dans le bon sens, car
la seule priorité des biens pensants est de chasser des stades
ceux qui sont susceptibles de se mobiliser pour dénoncer la
dérive du foot spectacle et la fin du foot « populaire », car à
terme seuls les « riches » pourront venir au stade.
Notre combat paraît dérisoire, mais nous irons au bout,
souvent seuls d’ailleurs.
Nous vous remercions d’essayer d’ouvrir les yeux et de
ne plus accepter d’être pris pour des cons.
Pour tenter de nous faire entendre, nous n’avons
pour l’heure rien trouvé de mieux que le silence.
Le dirrettivo

Documents pareils