horton horton - The Megatons

Commentaires

Transcription

horton horton - The Megatons
Revue de Musiques Américaines
LE
DU COYOTE
Octobre
Novembre 2011
125
5
Johnny
HORTON
Bernard
BOYAT
Johnny HORTON
Lʼ’Histoire en chansons
On peut dire de lui qu’il a toujours été tiraillé entre deux amours, l’halieutique
et la musique. Sa carrière dura moins de 10 ans et il a, musicalement, été assez
éclectique, du honky tonk aux morceaux historiques, en passant par le rockabilly.
Les années de formation
Fils de John Lolly Horton Sr et Ella Claudia
Robinson, John LaGale Horton, leur dernier
rejeton, est né le 30 avril 1925 à Los Angeles
Est. Sa famille fera souvent la navette,
jusqu’à 4 fois par an, entre Texas Est et
Californie du Sud, généralement comme
ramasseurs saisonniers de fruits, John étant
même shérif adjoint à Blythe, Californie et
Yuma, Arizona. Le début des 30's est plus
stable, les Horton s’installant à Rusk, près
de Gallatin, Texas, où il est scolarisé. En
1941, les Horton retournent en Californie,
mais reviennent vite au Texas.
Bon basketteur, les études au
lycée de Gallatin terminées en
1944, Johnny obtient une bourse
pour la faculté méthodiste Lon
Morris de Jacksonville, Tx, puis
part à l’université de Kilgore, Tx,
et à celle de Baylor à Waco, Tx.
Avant d’avoir fini sa licence, il
s’en va en Californie, travaille au
courrier au studio Selznick, où il
rencontre une secrétaire, Donna
Cook, qu’il épousera.
Johnny et son frère aîné Frank,
décident alors d’étudier la géologie
à l’université de Seattle, en 1948,
mais leur lubie ne dure que
quelques semaines. Johnny part
en Floride, revient en Californie,
puis va chercher de l’or en Alaska
(il a vraiment la bougeotte !).
Il commence à composer pour
passer le temps, retrouve Frank à
Seattle, descend à Los Angeles puis, après
le mariage de Frank, revient au Texas. Il
s’inscrit à un concours au Reo Palm Isle de
Longview, organisé par KGRI d’Henderson
et présenté par l’animateur de la station, et
future vedette de la chanson, Jim Reeves.
Johnny gagne : son prix est un cendrier
sur un piédestal ! Encouragé, il retourne en
Californie, achète des vêtements western
et participe à différents concours, dont un à
l’Harmony Park Corral d’Anaheim.
Les débuts difficiles
Horton est alors pris sous son aile par
Fabor Robison, futur propriétaire des
marques Fabor, Abbott et Radio, qui devient
son impresario. Son premier travail est de
lui trouver une place dans l’émission de
Cliffie Stone, le Hometown Jamboree, sur
la station TV KXLA, de Pasadena.
Après des passages comme invité, on lui
confie une émission de 30‘ le samedi soir,
sous le nom de Singing Fisherman. Il chante
et fait des démonstrations avec sa canne à
pêche. Il présente aussi l’Hacienda Party
Time sur la télé KLAC de Los Angeles. En
Tillman Franks, Johnny, Tommy Tomlinson
1950, il aurait tourné dans deux des films
de Gary Cooper, The story of Will Rogers et
Distant drums.
Grâce à ses passages TV et aux contacts
de Robison, il enregistre deux simples pour
Cormac (1193 Plaid and calico/ Done rovin’
et 1197 Coal smoke, valve oil and steam/
Birds and butterflies) début 1951, à Santa
Ana, accompagné par les Westernaires de
Bill Thompson et les chœurs du trio Judd
DeNaut. La marque disparaît peu après et
Robison rachète les matrices, qu’il édite sur
Abbott (certaines ressortiront aussi sur Dot)
qu’il vient de lancer avec le soutien financier
de Sid Abbott, patron d’Abbott Drugs.
Il continue de croire en Johnny, qu’il
continue à faire enregistrer (les dix premiers
simples de la marque, n° 100 à 109, sont
tous par lui). Ces disques, dans un style
western, n’ont cependant aucun succès.
Après son mariage avec Donna et une lune
de miel à Palm Springs, Johnny s’installe
près de Shreveport, base du Louisiana
Hayride, où il passe de façon régulière.
Robison, déçu par la distribution erratique
de ses disques par 4 Star, réussit à caser
Horton auprès de Walter Kilpatrick, qui
l’engage chez Mercury mi-1952. Le premier
simple, sans doute enregistré à Nashville
peu après, First train headed
South/ The devil sent me you
(Mercury 6412), est prometteur,
mais ne se vend guère.
En juillet, Johnny embauche le
trio familial Rowley, de Nederland,
Tx : Jerry (viol) sa femme Evelyn
(pno) et sa sœur Vera (Dido) (cbss
ou gtr) pour l’accompagner. Au
début, ils partent tous ensemble
aux concerts mais, après avoir
constaté que Johnny s’arrête sans
arrêt pour pêcher ou chasser, on
lui achète une Pontiac et ils se
retrouvent à l’entrée de la salle de
spectacle ! Ils recrutent le steel
guitariste Bob Stegall (parfois
remplacé par Jimmy Evans) et
continuent à s’appeler le Singing
Fisherman and the Rowley Trio,
avant de devenir Johnny Horton
et les Roadrunners.
Avec eux et Jim Reeves à la guitare
d’accompagnement, au studio de Clifford
Herring de Fort Worth, ils enregistrent
Child‘s side of life et I won‘t forget, édités
sur le Mercury 70014.
Le mariage de Johnny part en lambeaux
au fil des absences répétées pour les
concerts et Donna repart à Los Angeles. En
août 1952, le Hayride voit le retour du fils
prodigue et prodige, Hank Williams, viré du
Grand Ole Opry. Johnny est souvent avec
le couple Hank/ Billie Jean (fraîchement
épousée) lors des troisièmes mi-temps.
Elvis & Johnny
Les deux Johnny à la pêche
Le Cri du Coyote n°125 page 07
Lors d’une de celles-ci, Hank aurait prédit
à Billie Jean qu’elle épouserait un jour
Johnny… Peu après, Hank meurt dans
la nuit de la St Sylvestre, au retour d’un
engagement au Skyline Club d’Austin, et
Horton et les Rowley apprennent la nouvelle
à Milano, Tx, double coïncidence, comme
on le verra plus loin...
première session prévue à Nashville.
En chemin, Horton et Franks s’arrêtent
chez Elvis à Memphis. Ils en repartent avec
10 $ pour acheter de l’essence (on allait plus
loin que de nos jours avec cette somme !) et
le "prêt" de Bill Black à la contrebasse.
Le 11 janvier 1956, Johnny Horton entre
Le succès se fait attendre
Peu après, en janvier 1953, Johnny
et les Rowley sont au studio de Jim
Beck à Dallas, pour 4 titres, dont
Tennessee jive (Mercury 70100). Deux
autres sessions suivent, sans doute à
Nashville, en mai, avec une première
version de All for the love of a girl
(Mercury 70227) et en août.
Le 26 septembre 1953, après un
divorce avec Donna Cook, il épouse
la veuve de Hank Williams, Billy Jean,
ex-petite amie de Faron Young.
Ils auront deux filles, Yanina (Nina)
et Melody, en plus de Jerry (celle de
Billie Jean). Ils vivent des contrats de
Johnny pour les concerts et comme
compositeur chez American Music de
Los Angeles, et de la pension de veuve
de Billie Jean. Horton et Robison se
sont séparés, Stegall a été remplacé
par Dick et Betty Lou Spears, mais les
Rowley le quittent à leur tour et Johnny
utilise des groupes montés à la hâte
par les frères de Billie Jean, Alton et
Sonny Jones.
Sa carrière marque tellement le pas
qu’il prend un emploi à plein temps
dans un magasin d’articles de pêche,
ne jouant que le week-end au Hayride.
En novembre 1954, il cesse même d’y
apparaître ! Sa meilleure vente chez
Mercury aura été All for the love of a
girl, avec environ 40.000 exemplaires.
Trois sessions ont lieu cette annéelà, en janvier, dont The train with the Billie Jean & Johnny
rhumba beat (Mercury 70325) et en
mai, les deux probablement à Nashville, dans le célèbre Bradley Barn au 804,
puis le 23 septembre au studio KWKH à 16ème avenue sud, avec Bill Black (ctrbs)
Shreveport, avec Jack Ford (gtr sol) Joe Grady Martin (gtr sol) Harold Bradley (gtr
Hunt (gtr ac) Jimmy Day (stl gtr) Charles ac) le frère d’Owen. Don Law produit la
Winginton (cbss) Floyd Cramer (pno). session. Le premier titre est le rockabilly
Les trois titres de septembre ne sont pas medium I‘m a one-woman man, signé
édités.
Horton et Franks. Puis ils en gravent un titre
que Howard Crockett a présenté au duo,
Les prémices de la gloire
Honky tonk man, réarrangé en partageant
La scène musicale est en train de changer le crédit en trois parts. Le vocal de Johnny
et Johnny a vu l’arrivée d’Elvis au Hayride, ce est à la hauteur de l’accompagnement de
qui lui a mis la puce à l’oreille. Les finances Grady Martin. Deux autres titres du même
du ménage sont au plus bas, lorsque acabit sont enregistrés, I‘m ready if you‘re
Johnny renoue avec un pilier du Hayride, willing et I got a hole in my pirogue.
Tillman Franks, alors au chômage technique
Horton et Franks croient en Honky tonk
et fauché. Il va le voir chez lui rue Summer man, pas Don Law, et il faut l’intervention
et lui demande de devenir son impresario. de Jim Denny pour que Law le mette en
Franks lui répond : "Je n’aime pas ta façon face A du simple à venir, avec I‘m ready if
de chanter". Réponse de Johnny du tac au you‘re willing sur l’autre. Pour promouvoir
tac et très sérieux : "Pas de problème. Je le disque, des concerts sont prévus, avec
chanterai comme tu voudras !".
Franks (cbss) et un adolescent de Minden,
Tillman devient ainsi son impresario et, Louisiane, Tommy Tomlinson à la guitare.
mi-1955, à la fin du contrat Mercury, lui
Le simple est critiqué favorablement dans
cherche une nouvelle marque. Il contacte le Billboard du 10 mars. En mai le simple est
Webb Pierce qui, à son tour contacte Jim n°9 du hit parade Country & Western des
Denny de Cedarwood et Troy Martin de animateurs radio et n°14 des ventes.
Golden West Melodies, et un contrat d’un
Johnny a alors une émission sur KLIV,
an chez Columbia est concocté, Cedarwood Tyler, le lundi soir, ce qui l’empêche de se
et Golden West Melodies obtenant dans le produire trop loin de sa base le week-end. Il
marché les droits d’édition sur deux titres par faut donc qu’il puisse se défaire du contrat
session. Sur la promesse qu’ils essaieront avec la station. Et un lundi, à l’heure de la
de dénicher un contrat pour le fiston, les publicité pour le pain Hol-Sum, il annonce :
deux compères empruntent la voiture du
"Les amis, nous sommes fiers d’être ici et
père de David Houston pour se rendre à la fiers d’être parrainés par le pain Hol-Sum.
Le Cri du Coyote n°125 page 08
Tillman Franks, mon impresario, mange
du pain Hol-Sum, et j’en mange aussi. Ce
que j’apprécie dans ce pain, c’est qu’il n’est
jamais touché par une main. C’est vrai,
ils le pétrissent avec les pieds !" Inutile
d’ajouter qu’à peine l'émission terminée, le
propriétaire de KLIV lui demande de quitter
sa station. Horton est libre de voyager
loin, ce qui lui permet d’engranger
jusqu’à 500$ par concert.
Le succès est volage
Le 23 mai 1956, retour à Nashville pour
leur deuxième session. Grady Martin
est toujours là, Ray Edenton remplace
Harold Bradley et Floyd Lightnin‘
Chance est à la contrebasse.
Ils démarrent à 19h, avec Take
me like I am, passent à la compo
Horton/ Hausey (vrai nom d’Howard
Crockett) Sugar-coated baby, un de
ces mediums sur lesquels Horton
excellera, continuent dans la même
veine avec I don‘t like I did de Claude
King et concluent avec Hooray for that
little difference d’Autry Inman.
Le deuxième simple (Columbia
21538) sort, avec I don‘t like I did en
face B, la vedette revenant, à juste
titre, à I‘m a one-woman man de la
session de janvier. La critique du
Billboard est enthousiaste.
Le 4 août, Columbia et Franks
publient une pub dans le Billboard sur
leur "Sensationnel nouvel artiste". Mais
la photo ne donne pas l’image d’un
fringant rockeur : Johnny ressemble à
un homme mûr au chapeau de cowboy destiné à cacher sa calvitie. Il part
alors en tournée avec Johnny Cash,
Faron Young et Roy Orbison, au Texas
puis dans l’Ontario.
En septembre, I‘m a one-woman man
est n°7 du hit-parade des animateurs
radio et n°9 des meilleures ventes.
Le dimanche 14 octobre, après
des concerts en Floride, Horton passe
à Memphis avec Johnny Cash, Faron
Young, Sonny James, Roy Orbison et les
Teen Kings et Charlene Arthur. La tournée
poursuit sa route dans le Tennessee, le
Nouveau Mexique et au Texas Ouest.
La troisième session est programmée le 12
novembre, toujours au studio Bradley. Sont
enregistrés Over loving you et le Rockabilly
I‘m coming home, signé Horton et Franks,
avec Bill Black de retour à la contrebasse,
Harold Bradley et un brillant Grady Martin.
Le simple de I‘m coming home (Columbia
40813) sort avec I got a hole in my pirogue
en face B. Le Billboard prédit qu’il pourrait
être le plus gros succès de Johnny, mais, en
février 1957, il n’est que n°11 du hit-parade
des animateurs radio et n°15 des ventes.
Le 11 avril 1957, nouvelle session, avec
Tommy Tomlinson et Lightnin‘ Chance.
Johnny grave She knows why de Claude
King, puis Honky tonk mind. Ce titre a été
donné à Horton par son auteur, Tommy
Blake, qui l’enregistre deux jours après
pour RCA. Blake annonce à Horton qu’il ne
peut plus sortir le morceau. Alors, Franks et
Don Law inscrivent Lee Emerson comme
compositeur et changent le titre (The woman
I need). Blake, furieux, menace de tuer
Horton et Franks, et dépose une plainte.
Mais Columbia a édité le morceau, ce qui
oblige RCA à garder celui de Blake dans les
tiroirs. Les deux derniers titres de la session
sont Tell my baby I love her et une vraie (!)
composition de Lee Emerson, Goodbye
lonesome, hello baby doll. The woman I
need (Columbia 40919) sort en avril mais
la polémique avec RCA et Tommy Blake le
plombe et il ne passe qu’une semaine au
hit-parade Country des jukeboxes, en n°9.
Le 9 juillet, la session, avec Grady Martin
(gtr sol) Johnny Mathis (gtr ac) Tommy
Tomlinson (gtr) Lighnin‘ Chance (bss) et,
pour la première fois, un batteur, Buddy
Harman, inclut un rythme de calypso sur
Lover‘s rock. Let‘s take the long way home
et I‘ll do it everytime sont choisis pour le
simple suivant (Columbia 40986), sans
succès, pas plus que pour le 41043, Lover‘s
rock/ You‘re my baby.
Il est donc temps de réagir : le 13 décembre,
Johnny retourne en studio, avec Tomlinson
(gtr), Jesse Sparks (ctrbs) Allen Harris (pno)
et Grady Martin (gtr, bs él). Le choix est plus
éclectique : Honky tonk hardwood floor, un
vieux hillbilly bop du violoniste Tex Atchison,
enregistré par Jess Willard sur Capitol en
1951, est repris en rockabilly, The wild one,
de Merle Kilgore et Tillman Franks, est un
rock medium et Everytime I‘m kissing est
un titre plus lent et plus variété. Le simple
Columbia 41110, un des meilleurs, sinon le
meilleur de Johnny, Honky tonk hardwood
floor/ The wild one, sort en février 1958.
Malheureusement, c’est le 3ème bide de
suite et les finances de Johnny et Billie
Jean replongent dans le rouge. Johnny
se met à jouer au billard électrique (aux
USA on pouvait gagner de l’argent au lieu
de parties gratuites !). Kilgore se rappelle
l’avoir vu empocher 200 dollars un jour.
Un soir, à minuit Kilgore reçoit un appel
de Horton, lui demandant de le rejoindre à
un relais routier. Il s’y rend dans sa vieille
Buick et le retrouve, dans sa Cadillac.
"As-tu de l’argent pour faire démonter des
roues ?" lui demande Horton. "Oui" répond
Kilgore. Horton demande alors au garagiste
d’échanger les roues neuves de la Cadillac
et les vieilles de la Buick et dit à Kilgore :
"On vient saisir ma Cadillac demain matin".
Le besoin d’argent est si pressant que, le
27 janvier 1958, Johnny se rend au studio
de KWKH à Shreveport pour enregistrer
10 titres pour la SESAC, maison d’édition
musicale. Avec Tomlinson, Franks et Sonny
Harville (pno) et les choeurs des Four B‘s
(Brad Ingles, Buddy Sepaug, Ben Nordine,
Bob McGee), ils enregistrent des morceaux
qui verront le jour bien plus tard, comme
Hot in the sugarcane field, Wise to the ways
of a woman, bien plus variété que son style
habituel, et Out in New Mexico (Sesac AD
82) une histoire dans le style Johnny Cash,
annonciatrice de ses tubes à venir.
En juin, il revient au studio Bradley, avec
le futur A-Team : Grady Martin, Lightnin’
Chance, Buddy Harman, et Reggie Young.
Sont mis en boîte : Counterfeit love, Mister
Moonlight, All grown up, Got the bull by the
horns, certainement le plus alléchant du
lot. Columbia choisit pourtant All grown up/
Counterfeit love (41210). Choix justifié : en
septembre, All grown up est n°8 Country.
Les finances ne s’améliorent pas. Devant
4 000$ à une compagnie d’assurances,
Tillman vend sa maison pour 2.000$.
Lorsqu’ils sont en tournée au Canada,
Tillman vérifie les recettes au guichet pour
s’assurer qu’il récupèrent l’argent.
Discographie sélective
Abbott 109 Bawlin' baby/ Rhythm in my bany's walk (52)
& Billy Barton/ J Horton seul
Mercury 6412 First train headin' South/ Devil sent me you (52)
70100 Tennessee jive/ The mansion you stole (53)
70325 The train with a rhumba beat/ Move on down the line (54)
70399 Haha and moonface/ I cried in the door of your mansion (54)
70707 Big wheels rollin'/ Hey sweet, sweet thing (55)
Columbia 21504 Honky tonk man/ I'm ready if you're willing (56)
21538 I'm a one-woman man/ I don't like I did (56)
40813 I'm coming home/ Hole in my pirogue (57)
40919 The woman I need/ She knows why (57)
41083 You're my baby/ Lover's rock (57)
41110 On a honkytonk hardwood floor/ The wild one (58)
41210 All grown up/ Counterfeit love (58)
41437 Johnny Reb/ Sal's got a sugar lip (59)
41502 I'm ready if you're willing/ Take me like I am (59)
41522 They shined up Rudolph's nose/ Electrified donkey (59)
42063 Ole slewfoot/ Miss Marcy (61)
42302 Honky tonk man/ Words (62)
42653 All grown up/ I'm a one-woman man (62)
42774 Sugar coated love/ When it's springtime in Alaska (63)
43228 I just don't like this kind of living/ Rock Island line (65)
CL 1362 THE SPECTACULAR (59)
CL 1721 HONKY TONK MAN (62)
CL 3566 ON STAGE (66)
Mercury MG 20478 THE FANTASTIC JOHNNY HORTON (59)
Scena 2719091 LOUISIANA HAYRIDE LIVE
Sony COL 9559 THE LEGEND
Bear Family BFX 15289 THE EARLY YEARS
Enfin le gros lot !
A cette période, les chansons narratives
commencent à avoir la cote dans la Country.
Cela tombe bien : pour dissiper l’ennui lors
longs trajets, Johnny et Tillman se lancent
dans une compétition de compositions.
Ils s’échangent des titres de chansons et
chacun doit développer le titre fourni par
l’autre. Pour se départager, Horton les
interprète sur scène et c’est la réaction du
public qui donne le résultat ! C’est ainsi,
qu’un jour, Franks donne à Johnny le titre
improbable When it‘s springtime in Alaska
(It‘s forty below). Et, non seulement ce
dernier arrive à pondre une chanson, mais
le public lui réserve un accueil chaleureux.
Aussi, lors de la séance studio suivante, le
10 novembre 1958, ils décident de l’essayer.
Grady Martin suggère un changement
de rythme et l’utilisation d’Harold Bradley
au banjo. Martin et Tomlinson sont aux
guitares, Joseph Zinkan à la basse, Buddy
Harman à la batterie. Ce sera un coup de
génie. Ils enregistrent aussi la ballade plus
pop de Hauser, Whispering pines.
Les deux font l’objet du Columbia 41308,
sorti en décembre. Le Billboard juge que
ce sont les deux meilleurs titres récents
d’Horton. Il ne se trompe pas : When it‘s
springtime in Alaska grimpe tout droit au n°1
Country début 1959 et reste 23 semaines
dans le hit-parade.
Johnny a néanmoins besoin d’enchaîner
avec un autre tube. Or, il n’a plus rien
dans ses tiroirs. La chance lui sourit avec
un professeur d’histoire d’Alaska, Jimmie
Driftwood, qui a enregistré, en octobre 1957,
un album, Newly Discovered American Folk
Songs, qui comporte Battle of New Orleans,
chanson historique narrative basée sur la
mélodie de la vieille ballade, The eighth of
Le Cri du Coyote n°125 page 09
Johnny Horton
Johnny Cash
et Faron Young
sur la promotion du film
Daniel Boone
January. Don Warden, qui l’a affiliée à sa
maison d’édition Warden Music, la propose
à Horton et Franks. Franks, d’abord réticent,
change d’avis. Bien lui en prend !
Ils invitent Driftwood à Shreveport, où,
après un passage au Hayride le 24 janvier,
il passe plusieurs jours avec Horton,
raccourcissant le morceau (la version de
Driftwood fait 4') pour qu’il puisse passer
en radio. Le duo Horton/ Franks se rend
trois jours plus tard à Nashville, enregistrer
le résultat. C’est Grady Martin qui produit
la session, avec la même équipe que pour
When it‘s springtime in Alaska et suggère
le battement de tambour pour lui donner un
ton plus martial. L’autre titre est la ballade All
for the love of a girl. Peu après la session,
ils jouent dans un club de San Antonio et,
au milieu du morceau, la foule s’arrête de
danser pour s’approcher de la scène et
boire les paroles. Lorsque la chanson est
finie, Franks glisse à l’oreille de Horton :
"Johnny, c’est LE morceau après lequel on
court depuis le début".
Mi-avril Columbia l’édite (Columbia 41339),
avec la prédiction du Billboard qu’il devrait
entrer dans le hit-parade Pop. Effectivement,
non seulement il est n°1 Country durant 10
semaines et reste dans ce classement la
moitié de l’année, mais il entre bel et bien
au hit-parade Pop, y grimpant au n°1 pour
6 semaines. Un tel succès lui ouvre les
portes de l’émission TV de Dick Clark le 8
mai, aux côtés de Ronnie Hawkins, Jesse
Belvin, les Skyliners et Paul Anka. Il a droit
à un passage chez Ed Sullivan le 7 juin,
en costume de Davy Crockett (Ed a dû
confondre l’Alamo et la Nouvelle Orléans !).
Battle of New Orleans recevra le Grammy du
meilleur enregistrement Country & Western
1960, des récompenses BMI et NARAS, le
disque s’étant vendu à plus de 2,5 millions
d’exemplaires.
Columbia veut sortir un album. Or à
l’époque un album se mérite : il faut avoir fait
ses preuves en vendant assez de simples
(c'est pourquoi nombre d’inconnus du
rockabilly n’en ont pas eu un au cours des
50's, mais un ou plusieurs après les 80's).
Deux sessions sont donc programmées mimai. Horton en profite pour enregistrer une
version canadienne et une britannique du
morceau, la BBC refusant de programmer
la vraie, conforme à la réalité historique, une
déculottée des mercenaires hanovriens,
vétérans des guerres napoléoniennes, sur
la plaine de Chalmette, devant la Nouvelle-
Orléans le 8 janvier 1815 face à un ramassis
hétéroclite de milices, Indiens, Cajuns, Créoles et pirates de Jean Lafitte. Que dire de
celle de l’Ecossais Lonnie Donegan, (n°2
GB) qui proclame, dans l’intro, qu’il s’agit
"d’une bataille au cours de laquelle les
Britanniques s’enfuirent plutôt lâchement" ?
Dans la 2ème version de Horton, pour le
marché anglais, l’Histoire est bafouée, les
Anglais sont vainqueurs (quelle honte !).
Sortie sur le simple Philips PB 932, elle est
n°16, restant 4 semaines au hit-parade.
Tout ça pour ça... Parmi les autres titres,
les reprises de Lost highway (Leon Payne)
Golden Rocket (Hank Snow) Sam Magee,
Cherokee boogie, rockabilly sur lequel
brillent Martin et Harman, Joe‘s been
a-gittin‘, The first train headed south, et une
nouvelle version, moins agressive, de Got
the bull by the horns.
Profitons du succès tant quʼ’il est temps
Le contrat Columbia expirant en juin et
les autres marques étant à l’affût, pour leur
couper l’herbe sous le pied, Don Law le
prolonge de deux ans et accorde à Horton
5% des droits. Franks quitte son poste au
Hayride et ils n’y passent plus qu’une fois
par mois. Début juillet 1959, ils sont de
retour chez Bradley, pour travailler Johnny
Reb, autre saga historique, de Merle
Kilgore, pour laquelle on remet du tambour,
Words, et Sal‘s got a sugarlip de Drifttwood,
avec un léger rythme à la Bo Diddley, qui
est repris le 6. Johnny Reb et la deuxième
version de ce titre sortent avant la fin du
mois. En guise de publicité, Horton rend
visite au dernier survivant de la guerre de
Sécession, le général Walter Williams, 116
ans. Sa fille monte trop le niveau de son
sonotone et, lorsque Horton commence
à chanter, Williams met les mains sur ses
oreilles, en grimaçant, ce qui conduit Horton
à penser qu’il n’aime pas le morceau !
Mais, une fois le sonotone bien réglé, le
vétéran tape du pied en mesure et est ému
aux larmes. Néanmoins, ce n’est pas le
méga succès attendu, seulement n°54 Pop,
n°9 Country. Sal‘s got a sugarlip est quand
même n°19 Country.
Le 29 septembre, l’équipe habituelle, avec
le pianiste Floyd Cramer, est de retour pour
I‘m ready if you‘re willing, version inférieure
à celle de 1956, et Take me like I am de
Claude King. C’est un échec.
Avec des cachets de 2 000$ par concert
et une confortable avance versée par CBS,
Horton achète une maison sur l’île Shreve
de Shreveport. Il investit aussi dans la
société d’appâts de pêche Cane River à
Natchitoches, Louisiane, qui marchera si
mal qu’elle le mettra presque sur la paille !
Début octobre, il prépare les festivités de
fin d’année avec They shined up Rudolph‘s
nose, The electrified donkey et The same
old story the crow told me, de Bill Carlisle,
sans aucun succès.
Le 7 janvier 1960, un nouveau morceau
historique, signé Horton/ Franks, sur une
bataille navale de la 2ème guerre, Sink the
Bismark (sic, le nom s’écrivant Bismarck),
déjà essayé le 30 décembre, et une
nouvelle mouture de The same old story
the crow told me sont enregistrés, pour le
Columbia 41568, mis en vente aussitôt. Un
film de Kenneth Moore du même titre et sur
le même thème a un gros succès à la même
période. Bien aidé par des passages chez
Dick Clark, le 2 avril, et Ed Sullivan, le 1
mai, il est n°3 Pop et n°6 Country.
Amitié : Johnny Horton et Johnny Cash
en conjectures sur les auteurs réels du
morceau : Horton en solo ou Horton et
Franks ou Horton et Claude King ou Charlie
Feathers ? En tout cas, il est essayé deux
fois en juillet, le 5, avec Grady Martin, Billy
Byrd, Harold Bradley aux guitares, Joseph
Zinkan (bss) et Buddy Harman (bat) sous le
titre Go north ! puis le 14, avec Martin, Byrd,
Bradley, Bob Moore (bss) Douglas Kirkham
(bat) mais ce n’est que 9 août 1960 que le
résultat espéré est obtenu.
C'est l’ultime session de Johnny, avec
Martin, Jack Shook, Bradley et Tomlinson
(gtr) Zinkan (bss) Harman (bat) et les
choeurs des Plainsmen. Franks et lui
reçoivent 10 000$ pour le droit d’utiliser le
morceau. Franks investit la somme pour
une pub coïncidant avec la sortie du film
en septembre. Elle montre John Wayne
bottant les fesses d’un quidam avec le
commentaire : "Ca t’apprendra à m’avoir
fauché mon exemplaire du dernier Johnny
Horton - North to Alaska !". Wayne apprécie
modérément l’humour et son avocat menace
de les poursuivre...
Ce sera un énorme tube, n°1 Country 5
semaines, n°4 Pop. Il sera repris par Johnnie
Allan sous le titre South to Louisiana.
Pourtant ce titre a connu des problèmes
avant sa sortie : Horton doit écrire le thème
musical du film, mais sa version est si
éloignée de la vérité historique que la Fox
Prémonitions et succès posthume
n’en veut plus et leur offre même 5 000$ de
Tout roule pour Horton. Pourtant, comme
compensation s’ils renoncent à sa présence
dans le film. Franks, offensé, insiste pour Eddie Cochran, il a la prémonition de son
que le morceau soit utilisé d’une manière ou décès dû à un pochetron. Il demande à sa
d’une autre avec le film et on s’accorde pour sœur de prier pour lui et de prendre soin de
qu’il soit joué, en guise de publicité, avant Billie Jean et de leurs filles, à sa mère de
les projections. La polémique contribue venir passer la semaine chez eux. Il annule
sa venue à la première du film et essaie de se
certainement au succès des deux.
La deuxième semaine de mars est désengager du concert au Skyline d’Austin,
studieuse : cinq sessions, générant assez de prévu le 4 novembre 1960, d’autant qu’il ne
matériel pour des simples et un album. Ole lui rapportera que 800$. Mais on pense qu’il
Slew Foot, composé par Hausey/ Crockett, était, de nouveau, fauché et, avec la facture
sur lequel Horton s’est cassé les dents dans de la récente opération d’une hernie pour
une version plus rock 'n' roll six mois plus Franks, tout argent était le bienvenu.
Le jour fatidique arrive. Tommy Tomlinson
tôt, Miss Marcy et They‘ll never take her
love from me de Leon Payne, Sleepy-eyed arrive en avion de Nashville où il enregistre
John de Tex Atchinson, The mansion you un album en duo avec Jerry Kennedy
stole, The sinking of the Reuben James (Tom & Jerry). Johnny passe la matinée
(autre bataille navale) sont enregistrés les 8 à s’arranger avec Claude King pour aller
et 9, avec des violons, première concession chasser le canard à son retour et appelle
à la country pop. Le 10, c’est au tour de Johnny Cash. Cash est défoncé et ne prend
deux autres titres de Payne, Jim Bridger pas l’appel, ce qu’il regrettera toute sa vie.
et The battle of Bull Run,
autres tranches d’histoire,
auxquelles s’ajoutent Snowshoe Thompson et John
Paul Jones de Driftwood.
On reste dans la veine
patriotique le lendemain,
avec Comanche (nom du
cheval de Custer) Young
Abe Lincoln, O‘Leary‘s cow
et Johnny Freedom, sur
l’insistance du président de
CBS, Goddard Lieberson,
pour aider à la promotion
de l’exposition Freedomland
USA dans le Bronx, qui
débute le 19 juin.
La 20th Century Fox les
contacte pour enregistrer la
chanson-titre du nouveau
film de John Wayne, North
to Alaska. On négocie
âprement pour ne pas
renouveler la mauvaise
expérience de Sink the
Bismark, et il est assuré
à Horton que la chanson
sera dans le film, quoiqu’il
advienne. On se perd Tillman Franks, Johnny, Tommy Tomlinson
Le Cri du Coyote n°125 page 10
L’après-midi, en allant chercher Franks,
il dit au revoir à Billie Jean au même
endroit qu’Hank Williams l’avait fait 7 ans
auparavant, et ils partent pour Austin.
Au Skyline, pour éviter tout soûlard près
du bar, Horton reste dans sa loge. Après le
spectacle, ils s’entassent dans la Cadillac
(même véhicule que Hank !) pour rentrer à
Shreveport. Tomlinson, à l’arrière, constate
que Horton conduit trop vite. Vers 2h, le
5 novembre, sur la nationale 79, près de
Milano, Tx, ils traversent un pont lorsqu’un
camion arrive en face, touche les deux
côtés du pont et percute la voiture de
Horton de plein fouet. Ce dernier est encore
en vie lorsqu’on le retire des débris, mais
il décède sur le chemin de l’hôpital. James
Davis, le conducteur de 19 ans du camion,
était ivre… Franks souffre de blessures à la
tête et Tomlinson a de multiples fractures
aux jambes, qui amèneront une amputation
de la gauche neuf mois plus tard. Davis, lui,
s’en sort quasiment indemne !
C’est Billy Franks, prédicateur et frère
de Tillman, qui conduit les funérailles le
8 novembre, Billie Jean devenant veuve
pour la 2ème fois, à 28 ans. Johnny Cash
lit le chapitre 20 du livre de Jean. Johnny
Horton est inhumé au cimetière Hillcrest à
Haughton, près de Bossier, Louisiane.
Columbia sort divers simples posthumes,
ainsi qu’un album Greatest Hits. Des
maquettes, sans doute enregistrées
dans l’appartement de Bob Vittur à l’hôtel
Prescott de New York, début octobre 1960,
sont utilisées pour sortir ces disques.
Le 5 octobre 1964, Johnny Cash, ses
Tennessee Three (Luther Perkins-gtr,
Marshall Grant-bss, WS Fluke Holland-bat)
et les chœurs de la New Carter Family,
se superposent sur Rock Island line et I
just don‘t like this kind of livin‘. D’autres
sessions de ce type seront organisées, les
16, 17 et 18 juillet 1969, avec Grady Martin
(gtr) Ray Edenton (gtr) Harold Bradley (gtr)
Bob Moore (bss) Buddy Harman (bat) Mel
Pig Robbins (pno) pour l’album On The
Road. Sleepy-eyed John est n°9 Country en
1961, Honky tonk man, ressorti, est n°11 en
1962. En février 1963, Horton entre pour la
dernière fois dans un hit-parade, All grown
up étant n° 26... ©
LONE RiDERS
Eric
SUPPARO
Crise boursière, crise bancaire, faillite des Etats, inepties journalistiques ?
Rêvé-je ? Cauchemardé-je ? On connait tous les remèdes de mère-grand :
une bonne tisane à l‘ancienne, un bon feu et au lit... Eteignez-moi cette télé,
adoucissez-vous les mœurs. Musique, vous dis-je !
JENNiE STEARNS : Blurry Edges
On avait, en temps utile, chanté les louanges de Sing Desire et
Birds Fall, magnifiques albums signés par Jennie. L‘attente fut
longue pour ce nouveau, mais Blurry Edges fait plus que nous
rassurer. C‘est une splendeur. Quelque part entre Joni Mitchell et
Neko Case, s‘il faut absolument donner des directions, mais avant
tout en plein territoire émotionnel. Enregistrées aux légendaires
studios Pyramid, NY, avec son propre groupe (impeccable),
ces onze chansons atteignent un niveau de sensibilité assez
incroyable, autant pour les textes, toujours lumineux, que pour les voix (on n‘oublie pas
la voix de Jennie) ou les instruments. Une majorité de ballades acoustiques, valses
lentes, avec des touches délicates de lap steel, et puis ce piano, qui donne la couleur
à Blurry Edges, signé Michael Stark, totalement maîtrisé et mis au service de la dame
et de ses chansons. Un modèle d‘efficacité, de pudeur et de modestie. Ce musicien
est un grand. La composition des morceaux joue avec le temps, développe, contourne
et enveloppe, comme sur les deux fabuleux Shadows On The Lake et Blurry Edges.
C‘est beau, magique et naturel à la fois. Howe Gelb dit d‘elle que ses chansons restent
suspendues dans l‘air plusieurs jours après la première écoute. C‘est exactement ça.
Plusieurs semaines, mois, années. Cette artiste est un trésor caché. Un vrai. Dans
les grandes profondeurs. Dont on ne revient pas, ou alors les bras chargés de joyaux.
Blurry Edges est la clé de ce monde. Elle est pour vous. S‘il existe une seule bonne
façon de dépenser votre argent aujourd‘hui... (ES) http://jennielowestearns.com
Autant ne pas y aller par quatre chemins, le nouvel album de
Maurice MATTEi et ses TEMPERS, titré Strum & Drag est tout
bonnement un joyau. L‘album que tout le monde attend de
Bob Dylan sans oser avouer que l‘attente est interminable...
Le King de Cincinnati est un maître songwriter, chaque titre
est une merveille d‘écriture, équilibrée, fine et puissante, sans
jamais tâter de l‘intello à trois sous ou appuyer trop fort sur les
clichés. Un artiste au sens le plus noble du terme, qui utilise
la musique comme un vecteur d‘histoires (au même titre que
ses photographies -fabuleuses- ou ses dessins), et lui apporte un soin extrême, entre
racines folk, tentations country, blues ou rock. Et même si vous pensez avoir lu ça des
centaines de fois, ne vous y trompez pas, cet homme a un talent unique. Les quatorze
morceaux de ce nouvel album sont autant de raisons de reconnaître enfin Maurice
Mattei comme un grand chez les grands. Profond respect. www.mmattei.com
Réjouissante nouvelle que cette ressortie du Native Sons des
LONG RYDERS en version Deluxe. Celà peut sembler étrange
aujourd‘hui, mais les groupes œuvrant dans le genre folk-rockpunky au milieu des 80's n‘étaient pas légion. Sid Griffin et ses
potes avaient pourtant un potentiel fabuleux, mélodies racées,
guitares qui carillonnent, voix irréprochables. Cette réédition
permet de se rafraîchir les idées, et comme Sid est un homme
généreux, il accompagne les 11 titres originaux de 13 autres
morceaux, EP, sessions/ radios, B-sides. Ce son, cette énergie,
quel plaisir...They put the "alt" in "alt-country". Vrai. La preuve par 24.
www.sidgriffin.com/long-ryders
On se souvient encore de l‘excellent Rosetta Please sorti par
Dan MONTGOMERY il y a quelques années, et son nouveau,
You‘ll Never Be A Bird ne fait que confirmer tout le bien que
l‘on pensait de lui à l‘époque. Voilà un artiste americana qui
ne se sent pas coupable de l‘être (c‘est lui qui le dit !). Appuyé
solidement sur ses chansons, histoires simples et dures, belles
ou vécues, Dan déroule sur ce troisième album un répertoire qui
n‘a effectivement pas à rougir de ses racines. L‘excellent Robert
Maché est omniprésent aux guitares et mandolines, un violon
ou un violoncelle viennent éclairer la scène par intermittence. Le tout se tient debout
sans effort apparent. On imagine le travail en coulisses, et on ne peut qu‘applaudir le
résultat. Entre Philadelphie et Memphis, un singer-songwriter à la John Prine à suivre
sans aucun doute. www.danmontgomerymusic.com
Dans un genre nettement plus Southern-Rock, Jesse BREWSTER
sort Wrecking Ball At The Concert Hall. Le premier titre me
laisse un peu froid, comme une sensation de vouloir épater la
galerie, un solo trop "regardez-comme-je-me-promène-sur-lemanche", une mise en scène un peu appuyée. All She Deserves
vient nous rassurer, pas si loin de Lucinda Williams...et ce My
Great Escape bien troussé aussi. L‘électricité est partout, le
rythme assurément construit pour tenir les piliers de bars du Sud
en respect, et Jesse Brewster a une belle voix. Un travail de pro,
qui sait ce qu‘il veut. www.jessbrew.com
suite au verso
Le Cri du Coyote n°125 page 11
LONE RiDERS
On ne sait rien de Brian WRiGHT
avant d‘écouter religieusement ce
House On Fire. Immédiatement
emportés par l‘étendue de son talent, son ambition musicale, qui
marie instrumentation traditionnelle (banjo, violon et accordéon)
et éclairs électrisés ou soul (comme sur ce Still Got You), on veut
en savoir plus. Basé à L.A., natif d‘Austin, il se définit lui-même
entre "Woody Guthrie et Velvet Underground". En voilà de la
formule. Peut-on ajouter Richard Thompson ? Que dire de plus ?
De l‘énergie, de l‘invention, un son ample et efficace, bref une vraie découverte. Un nom
à retenir, et un album à acheter. http://brianwrightmusic.com
Yellow Moon de Dave MURPHY se situe dans les mêmes eaux,
avec une option folk-americana adulte à la Sheryl Crow plus
marquée. Cinquième album pour lui, entouré de musiciens de
studio impeccables (David Henry, Marc Muller), Dave Murphy
sait écrire des chansons et les délivrer avec délicatesse ou force
quand il faut. Il ne manque que quelques étincelles ici et là pour
vraiment emporter le morceau, mais son côté naturel fait passer
le tout. Joli moment. www.davemurphy.net
Tokyo ROSENTHAL est un troubadour au sens le plus strict
du terme, voyageur et conteur. A ce titre, Who Was That
Man ? nous propose en dix chansons une belle ballade dans
son monde, bercé de mariachis, de violons, de pedal-steel,
d‘histoires sombres ou de déjà-vu (excellent Maybe I‘ve Been
Where I‘m Goin), de nouveau départ, de faux départs aussi. On
pense autant à Kris Kristofferson qu‘à Steve Earle, et c‘est bon
signe. www.tokyorosenthal.com
Etrangement, c‘est plutôt à Michael
Stipe et REM que l‘on pense à l‘écoute de l‘album de Darryl
Lee RUSH, pour la voix surtout. Troisième effort, comme une
country appuyée par des riffs juste un rien graisseux (Letter
From A Soldier), des refrains que l‘on peut chanter en choeur,
deux-trois ballades pour calmer le jeu, avec un dobro pour faire
bonne mesure. Comme ça, sans savoir pourquoi ou comment,
certaines choses ne vibrent pas autant qu‘elles le devraient. Ce
texan a du talent, il a mis toute son énergie dans cet album, pas de doute là-dessus.
Simplement pas touché, c‘est tout... www.darrylleerush.com
Plus sombre, l'album Nowhere, de Josh HARTY offre en sept
titres ce que beaucoup mettent une carrière entière à réunir,
c'est-à-dire de la classe dans la composition, de la maîtrise
instrumentale, une voix forte et ample (bien nourrie au gospel
du Dakota et à l‘ambiance riante de Fargo !). Entièrement
acoustique, ce disque est une perle de justesse, comme pourrait
être un mélange réussi de David Rawlings et Kelly Joe Phelps.
La reprise de 1952 Vincent Black Lightning est un vrai bonbon.
Bravo Josh. www.joshharty.com
Très bel auteur-compositeur, issu du Connemara, Peadar KiNG
prouve avec cet album The Shadowlands qu‘il a tout ce qu‘il
faut pour faire une carrière au-delà de son île d‘Inishbofin : un
goût pour les belles choses, écrites ou musicales, une voix
profonde que l‘on écoute sans bayer aux corneilles, bref, une
sorte d‘autorité naturelle qui est rare. Maniant les racines folk
(et d'autres flûtes locales !) avec des rythmes plus rock, il donne
surtout envie de visiter son pays et partager une bière au pub du
coin avec lui. http://peadarking.com
Tori SPARKS s‘annonce d‘emblée comme performer, avec une
présence, de la tenue et des choses à dire. Partageant sa vie
entre les Etats-Unis et l'Espagne, elle nous envoie deux cartes
postales : l'une titrée Until Morning, avec sept titres plus produits,
au potentiel commercial évident et l'autre sur Come Out Of The
Dark, avec des morceaux plus intimistes et folky. Entre Ani Di
Franco et Bonnie Raitt, si ça vous dit... www.torisparks.com
Terminons avec la compilation-hommage
à Buddy Holly, Rave On. On s‘y presse
(de Lou Reed à Patti Smith, Mc Cartney aux Black Keys, Justin
Townes Earle à Modest Mouse) et on célèbre le génie (et le 75°
anniversaire de la naissance) du grand Buddy. C'est un prétexte
à la noix de cajou (projet signé Randall Poster) certes, mais
comme ses chansons sont inusables (même si Kid Rock abîme
un peu l‘héritage au passage !), on ne boude pas le plaisir. Mes
petits préférés sont Morning Jacket, The Black Keys et Paul Mc
Cartney (oui !). Faites vos jeux... http://raveonbuddyholly.com
Radio Country Club
24h sur 24
et 7 jours sur 7
www.radiocountryclub.com
JEU : Le 1er concert de Seldom Scene,
en novembre 1971, programmé au
Rabbit's Foot, un bar de Washington, DC,
a tourné court : pourquoi ?
Répondez sur carte postale avant le
20 novembre et participez au tirage au
sort pour gagner un des trois albums.
Le Cri du Coyote n°125 page 12
COYOTHÈQUE
GENE ViNCENT :
Gloire et tribulations d’un rocker en
France et dans les pays francophones
de Garrett McLean
L’ami Michel
M o r l e y
(souvenezvous
du
f a n z i n e
marseillais
Crazy Bear
durant
les
années 80)
a usé d’un
pseudonyme
rappelant ses
ascendances pour commettre un copieux
(280 pages, plus de 600 documents, photos
et illustrations) et magistral ouvrage, au
format d’un 33 tours 30 cm, sur celui que
SLC qualifiait, dans une rubrique actualités
de "voix d’or et tête de lard" (une définition
un peu minimaliste, certes, mais qui résume
globalement le personnage).
Mais pourquoi un tel livre ? Les pays
anglo-saxons ont divers livres fort bien
documentés sur les carrières américaine et
anglaise de Gene. Oui, mais on en compte
très peu qui racontent ses multiples visites
et son impact dans l’Hexagone, hormis
quelques ouvrages datant des années 1970
et 1980 ou des articles, comme celui que
j’avais écrit dans Jukebox Magazine sur les
tournées françaises de Gene.
Outre l’abondante documentation évoquée
plus haut (qui m’a permis de voir une photo,
sur laquelle je figure dans la loge de la salle
Rameau en 1967, et que je ne connaissais
pas), Michel a conçu son ouvrage de
manière scrupuleusement chronologique,
des débuts de Gene à son décès en 1971
(40 ans déjà, que le temps est fugace !), ce
qui permet de s’y retrouver facilement si l’on
cherche une période précise. Pour terminer,
on trouve des annexes très détaillées sur les
dates et lieux de concerts et tournées, une
discographie française, une bibliographie
très complète.
En sus, vous
un 33t, They All
Wanna Sound Like
Gene !!! (Thunder
LP 003) avec 16
versions de titres
de Gene par…
des artistes non
francophones,
issus des USA,
GB, Nouvelle-Zélande, Suède.
Un travail de fourmi, dans lequel on sent
la passion de Michel pour cette musique,
qui aura ravivé des souvenirs personnels
du passage de Gene à Lyon en septembre
1967, la présentation du spectacle ou nos
déboires avec Jean-Charles Smaine, à
Marseille, en 1970, moi en uniforme (j’étais
alors sous les drapeaux dans cette ville)
lors de nos tentatives pour trouver un lieu
où Gene puisse se produire. Bien sûr,
tout n’est pas parfait, ce serait trop beau.
La qualité de certains documents laisse à
désirer, mais c’est un beau témoignage et
un cri d’amour et il faut le déguster comme
tel. Merci Michel. (Bernard BOYAT)
M. Morley, 1 Impasse Gilly 13007 Marseille
thundersoundrecords.pagesperso-orange.fr/label.htm
BLUEGRASS & C°
talent de Le Chat Mort va donc bien au-delà des
qualités de chanteuse de Camilla, même si c‘est
sa voix qui focalise immanquablement l‘intérêt de
l‘auditeur.
Taters 'n' Chops est le
deui CD de LAZY TATER,
qui a été classé troisième
du concours de groupes
de La Roche Bluegrass
Festival cette année. Le
studio me semble mieux
leur convenir que la
scène à cause du style
coulé, avec relativement peu d‘attaque, de Jan
Pals (mdo) et Ronnie Snippe (gtr). Leur musique
ne manque cependant pas de dynamisme car la
rythmique est impeccable et, au banjo, Geer van
Schoenderwoerd den Bezemer part en boogie à
chaque fois que la mélodie le permet. La réussite
de l‘album doit beaucoup à Ronnie Snippe. C‘est un
très bon chanteur. On pourra trouver ses versions
de Blue Train et Homeless Waltz trop proches de
l‘interprétation d‘Alan O‘Bryant mais comment faire
autrement quand on s‘attaque à deux des plus
beaux joyaux du répertoire de Nashville Bluegrass
Band ? Il est excellent sur des classiques (Orphan
Annie, Don‘t Let Nobody Tie You Down) et en
swing (Stop Your Bawling). Il a composé trois très
bonnes chansons pour cet album. We‘re All Glad
She‘s Gone est le uptempo qui ouvre l‘album.
Liedtie est un swing en hollandais. The One You
Are Looking For a une jolie mélodie, très originale
et d‘excellents chœurs dans le style des groupes
vocaux des fifties (comme plusieurs autres
chansons d‘ailleurs). La poignée de titres chantés
par ses partenaires est en comparaison moins
emballante. Beppie Gasman (cbss) s‘en sort bien
sur Walk The Way The Wind Blows (Tim O‘Brien)
mais son interprétation de Foolish You est trop
folky dans ce contexte bluegrass. Jan Pals est
plus que moyen sur Crazy Blues mais il offre un
bon duo avec Ronnie Snippe sur I Dreamed Of An
Old Love Affair. Avec Taters 'n' Chops, Lazy Tater
a réussi un des meilleurs CD bluegrass européens
de ces dernières années. ©
COUP DE
PROJECTEUR
ROCK PARADiSE
NOiX DE CAJUN
Bernard
BOYAT
BRAD ViCKERS & His VESTAPOLiTANS : Traveling Fool
Ce chanteur/ guitariste que je découvre en dépit de 2
précédents CD, a accompagné Pinetop Perkins, Bo Diddley,
Chuck Berry, Sleepy LaBeef ou Rosco Gordon. C’est dire
s’il a été à bonne école. D’ailleurs l’écoute m’avait fait
trouver des titres comme Traveling fool ou Leave me be très
"berryesques". Accompagné par les Vestapolitans, Margey
Peters (bs, viol), Jim Davis (clar, sax), Arne Englund (pno,
gtr), Bill Rankin (bat), il propose un mélange roboratif et souvent très rock’n’roll
(Skeeter song), un peu ragtime parfois, plus blues à d’autres moments, de son
néo-orléanais (Because I love you that way, Don‘t take my Cadillac, Low down
dirty shame, Fourteen women, à la Bonie Moronie, Without Moolah), jump (No
baby, no), instrumental à la Champs (Uh Oh! ) ou un peu Link Wray (Rockabilly
rumble). Une vraie réussite, à découvrir d’urgence. (BB)
www.myspace.com/vestapolitans, F. Roszak, 15446 Sherman Way 120, Van Nuys CA 91406
BETH KOHNEN & RUSTY ZiNN : Ease My Worried Mind
Pour ce 2ème CD, après celui de 2006, Beth, qui semble
avoir quitté le Maine pour l’Ouest, s’est adjointe les services
du guitariste californien Rusty Zinn, très efficace pour
soutenir son vocal et son jeu d’harmonica. La formule en duo
donne un album très intimiste, d’autant que Beth privilégie
les ballades, vocales ou instrumentales, sur la majorité des
18 titres, des reprises de spécialistes de l’harmonica, parmi
lesquels Walter Horton se taille la part du lion. Les seuls morceaux qui remuent
un peu et rockent gentiment sont les instrumentaux In the mood et Walter’s jump.
Les titres lents qui ressortent du lot sont nantis d’un rythme louisianais, genre que
Beth pratique avec bonheur, le blues instrumental Ain’t easy, Evil ways, Bright
lights, big city, Honest I do en swamp pop bluesy et, bien sûr, Raining in my heart.
(BB) Autoprod. www.myspace/bethkohnen, 5923 Harbor View Ave, San Pablo CA 94806-4239
JESSE LEGE & JOEL SAVOY : The Right Combination
Voici un producteur/ patron de maison de disques qui met
la main à la pâte, puisque Joel, qui gère les disques Valcour
et joue aussi du viplon, est associé à l’accordéoniste Jesse
Lége, qui a enregistré pour Circle D, Swallow, Acadiana et
Arhoolie. Ils jettent une sorte de pont avec le swing cadien
des années 1930, comme le montre l’utilisation de la steel
guitare ou leur reprise du Wondering de Joe Werner. Tout
est bien fait là-dessus, particulièrement la superbe Valse
d’Evangéline, Tippy Toeing, le honky tonk de Porter Wagoner cajunisé The right
combination ou Corina. Je n’ai qu’un seul regret : puisque Wondering est chanté
en français, pourquoi ne pas avoir mis des paroles cadiennes sur Tippy Toeing,
The right combination et Corina ? Dommage. (BB)
www.valcourrecords.com,Valcour, 872 Highway 758, Eunice LA 70535
Bernard
BOYAT
Maison de disques hexagonale, tenue par Patrick Renassia, qui a
déjà sorti une quinzaine d’albums (CD ou LP). En voici trois :
BLAZERS : Rockinʼ’ Boppinʼ’ & Strolling
Ce groupe, qui n’exista qu’en studio pour une session
(qui donna ces 20 titres) fut ainsi baptisé par François
Postif, responsable du catalogue US chez Fontana
France, parce qu’il portait un blazer. Ces musiciens
venaient de participer à une session de Screamin’ Jay
Hawkins. Il restait du temps de studio, on leur proposa
d’en profiter pour mettre en boîte des reprises de tubes du moment. On
retrouve Mickey Baker, dont le jeu de guitare est reconnaissable sur
Tequila, et des membres de l’orchestre de l’organiste Doc Bagby, bien
présent sur des titres comme Slow walk. Le vocaliste est probablement
Frankie Tucker. Nous avons donc droit à un mélange d’instrumentaux
R'n'R, dont Walkin’ with Mr Lee, Rumble, plus policé que l’original de
Link Wray, et de vocaux, comme The stroll, qu’on danse encore (vérifié
à Attignat, en groupe mais à ne pas confondre avec la danse en ligne),
Witch doctor, le slow For your love ou des choses plus enlevées et
doo-wop, Get a job, Short shorts, Don’t let go ou I wonder why. Saluons
donc cette initiative qui réjouira qui ne posséde pas les rares vinyles
français ou permettra de les ménager. (CD 12 et LP 102)
MEGATONS : Hydrogen Bomb
Les Ghost Highway sont quatre, les Megatons un de
plus, puisque leurs rangs comptent Charlie (vo, r-gtr)
ancien des Real Gone Daddies, Loud Mufflers et
Craignos Monsters, qui se produit aussi au sein des
Four Slicks un groupe garage, Didac (l-gtr) ex Rhythm
Roots et Bad Hangover, Steph (bss) Jerry (sax), tous
deux ex Alley Cats et Jokers, et Dom (bat), ancien des Boppin’ Teds,
Rock Paradise, 42, rue Duranton, 75015 Paris
(métro Boucicaut) Tel : 01.45.58.40.30, www.rockparadise.fr
Dixie Canonball et Froggy Land Boys, qui officie aussi avec les Hoochie
Coochies. On le voit, certains sont dans le milieu musical depuis les
80's, ce qui leur donne de la bouteille. Cette formule en quintette, avec
saxo, signifie qu’il est, de leur côté, question de rock ’n’ roll plus que de
rockabilly, quoique un ou deux titres bénéficient d’une petite touche de
ce style. Encore un très bon guitariste et des reprises qui sortent des
sentiers battus. C’est bien que le créneau white rock soit occupé de
si belle manière. Ecoutez leurs versions de Long ponytail, Flying fish,
You’re late Miss Kate, Spark plug et, surtout, Blue swingin’ mama avec
saxo, vous m’en direz des nouvelles. Quant aux deux instrumentaux,
Sabotage et Thunder wagon, c’est du rockin’ surf comme on l’aime.
Des débuts vraiment réussis, souhaitons que les uns et les autres se
fendent aussi de compos. Ils en sont très capables. (CD 14)
GHOST HiGHWAY : Ghost Highway
Quatuor composé de rescapés de différents
groupes : Zio (cbss) ex-Teenkats, Jull (vo, l-gtr), Phil
(bat) ex-Jim & the Beams, Arno (vo, gtr, hca), exAustin Continental. Sur ce CD 17 titres, on retrouve
leurs influences : une 1ère partie plus rockabilly/
R'n'R, une sorte d’intermède avec Hello Mary Lou,
qu’il fallait oser, Ricky Nelson n’étant pas trop en odeur de sainteté
dans le milieu rockab’, une 2ème plus hillbilly bop/ hillbilly boogie, mais
le tout s’entremêlant souvent. Très bon choix de reprises, plus une
compo instrumentale, le tout agrémenté du brillant jeu de guitare de
Jull. Difficile de ressortir des titres du lot, tout étant excellent. J’avoue
cependant un faible pour Snatch it and grab it, My babe, cool avec
harmonica, Hypnotized, plus rond que les autres morceaux, Tennessee
rock and roll tout en nuances, ou Home of the blues et All by myself,
très cashien et burnettien, tout en y apportant un cachet personnel. De
superbes débuts sur disque ! ©
Le Cri du Coyote n°125 page 28
CROCK & ROLL
BLUE SUEDE CREW : Live At Arcada
Nous avions présenté ce
groupe pour la sortie de son
1er CD, Sun Sessions. Le
revoici, enregistré en public
(il faut le savoir, car si on
entend bien les chanteurs
s’adresser à lui, on n’entend
guère ses réactions) dans leur tour de chant
qui présente toujours un volet Elvis (tenu par
Scott Wattles) et un Johnny Cash (tenu par
Keith Furry), avec le soutien de Jan Daily
(June Carter Cash, piano), Bobby Reynolds
(gtr sol), George Miller (bss), Dave Stephens
(bat), Glen Lip Lewis (tpt), Michael Pond Jones
(tbne), Charlie Cox (sax), Sandy, Candy &
Dawn (chœurs). Le menu est copieux (23 titres)
faisant logiquement la part un peu plus belle
au King qu’à l’Homme en Noir. C’est par ce
dernier que débute le CD, avec un Keith Furry
qui l’imite très bien, copiant ses tics de scène,
et une Jan Daily très convaincante vocalement.
Outre des titres très connus, dont Ghost riders,
qui me fait penser, chaque fois que je l’entends
au passage de Cash au Muppets Show, on a
droit à Long legged guitar man et No need
to worry. Pour Elvis, bien tenu par Scott, je
trouve trop belle la part faite à la période Las
Vegas mais, depuis un passage à la boutique
de Graceland, je sais que le public US en est
bien plus friand que de sa période RCA pré1958 et que celle chez Sun et, comme le client
est roi… Le son et la balance sont bons et les
musiciens à la hauteur, surtout Jan au piano
et Bobby qui passe sans problème de Luther
Perkins à Scotty Moore. Un hommage sympa.
www.bluesuedecrew.com
705 De Wit Avenue East, Mattoon IL 61938
SNAKE-BiTE : It Drives Me Wild
De leurs quatre albums
antérieurs, je ne connaissais
que Weekend, déjà sur TCY,
paru en 2006 et chroniqué
dans le Cri, très éclectique,
car englobant Americana,
pop rock à la Chris Isaak,
rock ’n’ roll un peu garage et, déjà un peu
de teen rock et de doo-wop, titres les mieux
réussis. Ce dernier opus en date est plus
homogène, mais son étiquette est trompeuse
: la mention File under Rockabilly figurant sur
la pochette ne reflète pas vraiment le style
musical de ce, dorénavant, quintette allemand.
Car, de vraiment rockabilly parmi les 12 titres
de l’album, il n’y a que le Rock around with
Ollie Vee de Buddy Holly. Deux autres reprises
sont honnêtes mais pas transcendantes,
celles de Shout, dont la version de la rouquine
écossaise Lulu reste pour moi la meilleure
et de Lonely teardrops de Jackie Wilson. En
revanche, Angelina, morceau inconnu de
moi, sonne très doo-wop caribéen, ce qu’une
recherche a confirmé (il a été créé par Harry
Belafonte). Les compos de Denis Bobic, le
chanteur/ guitariste, sont bien meilleures, dans
un registre plus rock’n’roll moelleux, grâce aux
deux saxos, avec une dose de doo-wop et une
pointe de teen rock, juste pour le rendre plus
commercial. Ils sont donc en progrès et c’est
très bien ainsi. www.tcy-records.com
TCY, Im Haufland 23, 8627 Grüningen (Suisse)
CHRiS ALMOADA : Come To New Orleans
Nouveau venu sur la
scène française, Chris,
chanteur/ guitariste soliste,
accompagné
de
Max
Almoada (son frère ?) à la
rythmique, Pascal Freyche à
la contrebasse, Gaël Pététin
à la batterie et de Jean-Pierre Cardot, le Jerry
Bernard
BOYAT
Lee Lewis hexagonal au piano, a enregistré
cet album pour une nouvelle marque, elle
aussi, Rydell. Travail très bien fait, sauf sur
Cruisin‘ où le vocal est un peu confus. Chris
et son producteur ont bien compris l’essence
du rockabilly, avec un peu d’écho sur certains
morceaux (Come to New Orleans, Cool cat),
de rythme caribéen (Broken heart) ou de
hillbilly bop à la Jimmy & Johnny (Show me
the way to go home). Les titres qui émergent
le plus nettement sont les mediums, ceux au
son Cash ou de facture rockabilly classique.
On attend la suite avec impatience. Rydell, Distr.
exclusif : Rock Paradise, 42 rue Duranton 75015 Paris
BRiAN & EDUARDO : Latin Shadows
Les lecteurs attentifs du Cri
savent déjà que le groupe
espagnol instrumental des
Jets a souvent enregistré
avec l’ancien bassiste des
Shadows, leurs idoles, Brian
Licorice Locking, qui est donc
le Brian du duo. L’Eduardo qui le complète est
le batteur et l’âme des Jets, Eduardo Bartrina.
Les dix titres sont des reprises, dans le style
Shadows, certaines un peu plus variété ou
latino avec une version guillerette de This ole
house. Pour amateurs de Shadows et Jets, qui
y trouveront leur content. www.losjets.com
CHRiSTOPHE DUPiN : Rockʼ’nʼ’Roll Tonight
Chanteur/ guitariste
français né le 30 septembre
1970 à Berck-sur-mer, puis
parti en Suisse à 3 ans.
Il baigne dans un milieu
musical, son père, Roland,
étant un joueur de hautbois
mondialement connu, et intègre, en 1978, le
conservatoire de Zürich où il apprend, bien
sûr, le hautbois. Il a déjà découvert le rock ’n’
roll en 1977, lors de la mort d’Elvis, les radios
et télés diffusant ses enregistrements à tout
va. En 1982, il forme les Billys, qui tournent
en Suisse et Allemagne pendant 4 ans. Il
enregistre alors un simple avec Dis-le moi.
Durant les années 1990, il joue avec plusieurs
formations françaises, puis, en 2003, il crée et
développe les "Soirées musicales de Berdorf"
(Luxembourg), dont il assure la direction
artistique. Lors d‘un concert en hommage à
Mozart, il fait un retour improvisé sur scène,
entouré de musiciens classiques qui délaissent
leurs instruments pour une batterie et un piano
boogie. Suite au succès remporté, il se remet à
PROFESSOR HARP :
They Call Me The Professor
Si vous ne savez pas
ce qu’est un vrai rockin’
blues shouter tel que je
le conçois (vocal clair et
puissant) voici une séance
de rattrapage avec le professeur Harmonica.
De plus, pour ne rien gâter, le Bostonien Hugh
Holmes manie l’instrument en question avec
dextérité, bien aidé par le guitariste Toni Ferraro,
qui lui fournit trois titres, et joue parfois en slide,
sans en faire trop. Pour ce premier album, le
Prof nous offre un mélange détonnant (seul le
dernier titre, un instrumental, est quelconque)
de rockin’ blues lent ou enlevé, avec des
teintes néo-orléanaises sur They call me the
Professor, de rock ’n’ roll (It just comes natural,
entre Shake, rattle and roll et Flip, flop and
fly, reprise du Sugaree de Marty Robbins et,
très inattendue, de l’instrumental des Rockin’
Rebels, Wild weekend, très rarement refait) ou
de rockin’ rhythm’n’blues (un What you do to
me très néo-orléanais). J’en redemande sans
modération. www.professorharp.com
P.O. Box 823, Brockton, MA 02303
Le Cri du Coyote n°125 page 31
SHAWN PiTTMAN : Edge Of The World
Dire qu’ils ne sont que deux,
Shawn (vo, gtr, pno, bss, bat)
et Jonathan Doyle (saxos) !
Pourtant, ils sonnent souvent
comme s’ils étaient un
orchestre complet. Shawn a
tout compris au rockin’ blues
bien carré et, si on excepte un titre qui relève
plus du R‘n‘B/ soul des années soixante, le
reste est de haute volée, en particulier Leanin’
load, que l’ajout d’un harmonica transformerait
en superbe swamp blues, le rockin’ R’n’B néoorléanais Almost good, la ballade That’s the
thing, très swamp pop, ou Mailman, au rythme
Bo Diddley avec la batterie très en avant. Une
belle découverte.
Delta Groove, 4823 Atoll, Sherman Oaks, Ca 91423
www.deltagrooveproductions.com
la composition, remonte pour de bon sur scène
en 2007 et enregistre ce CD 6 titres qui mêle
bon rock ’n’ roll avec sax (Be bop rock‘n’roll,
Rock‘n’roll tonight, Play rock‘n roll & rockabilly
on the radio), rock ’n’ roll medium (Sweetie
Cindy), superbe slow des 50‘s qui me rappelle
mon adolescence et les boums (Oh Caroline),
teen medium un peu plus 60‘s (Dis-le moi).
Vocalion, 54 rue d’Echternach 6550 Berdorf
(Luxembourg), www.myspace.com/christophedupin
MARS ATTACKS : Recaptured !
Voilà un menu copieux :
26 titres ! Cela permet aussi
de grandement diversifier
les styles, comme ils l’ont
fait sur la scène du festival
d’Attignat où ils ont proposé
une partie du contenu de leur
nouvel enfant, en gestation depuis 3 ans, avec
une très grosse majorité de compos, dues à
la plume fertile du guitariste soliste Martin
Telfser, du contrebassiste Oliver Pfanner ou
du chanteur/ guitariste/ trompettiste Roland
Riedberger. Les styles couvrent rockabilly plus
néo, classique, hillbilly boogie, ballade à la
Elvis début RCA (Please can you say), country
bop au rythme caribéen (That‘s the way I feel),
rock ’n’ roll à la Sonny Burgess (You‘ll never
break me) et une constatation s’impose : ce
sont les titres medium ou classiques et bien
carrés qui leur conviennent le mieux, comme
ceux qui les connaissent déjà pouvaient s’en
douter. Une belle réussite. Part 696.001
www.rockabilly.de et www.rockabilly.ch/marsattacks
HiPS QUAKERS : Hips Quakers
C’est un membre messin
de Blue Monday qui m’a
fait connaître le CD 5 titres
du groupe lorrain du batteur
Hervé Gilquin, lors du
dernier GRT. Il comporte
des reprises de titres très
connus, Thirty days, carré avec écho, You’re
my baby et Tear it up, tirant plus sur le néo
rockabilly sauvage, Folsom prison blues, dans
une version correcte et mon préféré pour
conclure, Oochie coochie, auquel ils donnent
un rythme caribéen. Sympathique affaire à
suivre… autoproduit, www.myspace.com/hipsquakers
ROCKHOUSE TRiO : This Road
Jean-Louis Puccinelli (vo,
r-gtr) Ugo Frogoni (cbss)
Richard
Chan-Wai-Hong
(l-gtr) m’ont laissé une
excellente impression lors du
GRT, d’abord lors de l’Aprèsmidi des grenouilles, dont ils
ont remporté le concours, puis en ouverture de
l’après-midi dominical. Pas étonnant que l’ami
Pierre Maman les ait fait enregistrer sur sa
marque. Leur premier CD comporte 3 compos
et 11 reprises, fort variées, tout en restant dans
un créneau bien acoustique et authentique (la
pub Authentic rockabilly trio ne ment donc
pas), sans verser dans le psycho ou la vitesse
CROCK & ROLL
retombe ensuite dans le train-train vocal.
Dommage. www.deltagrooveproductions.com
à tout prix comme d’autres. De plus ils ne font
pas de copie servile, adaptant les morceaux à
leur style, et ce, de belle manière, les exemples
les plus frappants étant My advice, nantie d’un
soupçon d’écho, un superbe Act naturally de
Buck Owens bien rockabillysé et, transformé
en hillbilly bop, I feel fine des Beatles, qu’il
fallait avoir les couilles de reprendre, dans un
milieu qui les exècre. Parmi les trois compos,
ma préférence va à This road, de Richard
Chan-Wai-Hong. Comme d’autres avant eux,
on les attend au virage du deuxième album,
après ces débuts réussis.
SHOTGUN : Sons Of Rockabilly
Après des simples et super
45t sur Billy Goat, Dynamite,
Cat Machine, Part, une
quinzaine d’albums pour
Magnum Force, Rockhouse,
Rarity, King Ed, Raucous,
Chanti, Tomb Disc, Castle,
Pink & Black, voici Shotgun sur une marque
suisse. Le groupe a débuté dans l’est londonien
en 1979, formé par le batteur Bob Burgos et
le guitariste soliste/ chanteur Ray Neale, qui
étaient toujours là en 1996, aux côtés de David
Briggs (gtr) et Rob Murly (vo, cbss et bss). Ces
quatre sont toujours fidèles au poste, rejoints
maintenant par Craig Collins (vo, gtr) ce qui fait
3 chanteurs pour le groupe, dont l’affectation
à chaque morceau n’est pas précisée et dont
un a un timbre qui passe moins bien. Les 18
titres, enregistrés entre 1991 et 2011, dont
une douzaine de compos, montrent qu’ils sont
restés fidèles au rockabilly à la Ted, avec une
batterie en évidence mais, heureusement, Bob
Burgos n’a pas le style bûcheron de certains
de ses confrères du genre. Pour ma part, je
les aurais placés dans l’ordre chronologique
ou mis les reprises ensemble, pour plus de
cohérence. Les titres qui ressortent du lot sont
la reprise, plus légère que le reste du CD, de
Shotgun boogie, et les compos Rockabilly dad,
Hey Mr DJ, Shot in the dark (plus instrumental
que vocal), Rumble in the jungle et son rythme
à la Willie and the handjive, Son of rockabilly
et In for a penny in for a pound, assez boomchicka-boom cashien. www.tcy-records.com
Crazy Times, BP 1070, Moulin à Vent 66103 Perpignan
Cédex, Tél. 04.68.55.37.17, www.crazytimesmusic.com
THREE ON A MATCH : Please Mʼ’am
Ce trio, formé par Nicolas
Poulolo (vo, l-gtr), Eric
Pinget (bat) et Laurent
Dapp (cbss) est le seul que
je n’ai pu entendre lors de
l’après-midi des grenouilles
à la GRT d’Attignat et seul
leur premier CD autoproduit m’a permis de
me faire une idée de ce que j’avais manqué.
Et j’ai bien manqué quelque chose. S’ils font
dans un rockabilly léger et aérien, ce qui est,
somme toute, banal, ils composent avec talent
(huit titres sur les 13), alors que beaucoup
s’en tiennent aux reprises et, ces dernières,
ils ne vont pas les pêcher chez d’obscurs
rockabillistes, mais chez Brownie McGee,
Elmore James ou Jimmy Reed et les adaptent à
leur style, ce qui les rend sacrément originaux.
Essayez leur Ain’t that loving you baby, vous
m’en direz des nouvelles. Nicolas chante tout
en nuances, avec un peu trop de retenue sur le
CD, mais il doit avoir plus de fougue sur scène.
Pour la suite, je leur suggère de mettre un peu
d’écho, le résultat serait encore meilleur.
autoproduit, Nico 06-25-66-79-20
GARNET HEARTS : Cupid
Nous n’avions plus entendu
parler d’eux depuis leur
premier CD, Life Behind
Bars, sur Wild Hare, il y a
quatre ans. Depuis, leur
composition
a
changé,
incluant dorénavant Eddie Mac Intosh (vo,
r-gtr), Mark Pettijohn (bat), John Bozarth
(cbss) et Andrew Ladson (l-gtr), patron de
leur nouvelle maison de disques. Deux titres
ont une balance vocal/ instruments moyenne.
Le style est essentiellement basé sur des
compositions rockabilly musclées et rapides.
Mais, comme pour les excellents vins rouges
des régions produisant du blanc et inversement
pour celles produisant du rouge, c’est sur leurs
titres plus medium que je les préfère : Cupid,
qui permet d’apprécier le très bon travail à la
guitare d’Andrew, Right here with you, un peu
plus hillbilly, Can‘t be loved et un Bonfire en
rockabilly léger. www.anothermilerecords.com
Another Mile, PO Box 25235 Washington DC 20027
ELViN BiSHOP : Raisinʼ’ Hell Revue
Elvin a réuni un bel aréopage
d’accompagnateurs,
dont
l’harmoniciste John Németh,
le saxophoniste Terry Hanks,
ou le pianiste/ accordéoniste
Steve Willis. Tout démarre
pour le mieux avec un Callin’
all cows entre Willie and the handjive et My
toot toot, puis un Whole lotta lovin’ plus blues.
Ensuite si l’accompagnement reste d’excellent
niveau, les vocalistes ne semblent pas vraiment
faits pour les morceaux qu’ils interprètent, en
particulier Németh, au timbre trop léger pour
les rockin’ blues qui doivent arracher. On a un
nouvel espoir avec Cryin’ fool, qui démarre
avec un superbe saxo à la louisianaise et
un piano léger, assez swamp pop, mais on
Delta Groove, 4823 Atoll, Sherman Oaks, CA 91423
TCY, Im Haufland 23, 8627 Grüningen (Suisse)
J.P. SOARS : More Bees With Honey
Ce guitariste très doué en
est à son 2ème album, où il
varie à la fois les genres et
la qualité, du quelconque
à l’excellent, en passant
par les intermédiaires. Les
genres ? On trouve du R‘n‘B
des années soixante à la Blues Brothers, du
rockin’ blues, de la ballade soul, du rockin’
rhythm ’n’ blues, du rock ’n’ roll, de l’Americana,
du blues lent, soit diverses variations sur fond
de musique noire, sans le funk et le jazz
du premier. Les grands moments sont les
superbes rock ’n’ rolls néo-orléanais Back of
my mind, dont la ligne mélodique rappelle celle
de The hucklebuck, et The hustle, Twitchin’,
un rock’n’roll musclé avec le superbe piano de
Travis Colby, ou Where’d you stay last night,
rockin’ rhythm ’n’ blues avec une guitare en
slide. Mais la pépite du lot est Hot little woman :
PROFESSOR HARP :
HiLLBiLLY HUXTERS : The
Hillbilly Rockʼ’nʼ’roll Show
Le label Lièvre Sauvage de
Virginie Occidentale s’était
fait discret depuis quelques
temps. Le voici de retour
avec le premier CD d’un trio formé de Dave
Moore (gtr sol, vo), Matt Todd (cbss) vocal
sur Tear it up et Todd Hocherl (bat), qui a tout
compris au rockabilly : d’abord, la formule
en trio, celle classique du genre, ensuite une
fidélité totale au son des années cinquante,
avec un vocal clair, bien mis en avant et non
noyé sous les instruments. Ne cherchez pas
là-dessus du psycho ou du survitaminé, ce
n’est d’ailleurs pas le genre de la maison chez
Wild Hare, où on privilégie l’authenticité. C’est
du pur rockabilly non stop (sauf l’instrumental
Huxtercize, qui relève plus du rock ’n’ roll)
du début à la fin, basé sur les titres les plus
populaires du répertoire public du groupe, et il
n’y a rien, absolument rien à jeter dans le lot.
Les reprises, avec deux titres de l’ami Al Ferrier,
Hillbilly blues d’Eddie Clearwater ou I’m comin’
home de Johnny Horton, sont excellentes,
voire brillantes. Après de tels débuts, il va
falloir assurer pour l’album suivant, les gars !
Wild Hare, 908 New Hope Rd, Berkeley Springs
WV 25411, www.wildharerecords.com
un rockin’ rhythm ’n’ blues aux changements
de rythme incessants, tantôt sautillant, tantôt
plus lent, un superbe exercice de style. Si
le prochain CD ne contient que des titres
similaires à ceux précités, on ne sera pas loin
du chef d’œuvre ! (Soars High Prod.) Frank Roszak,
15446 Sherman way N°120, Van Nuys CA 91406
MOON ViOLET : Rock ʼ’nʼ’ roll Party With
Ce groupe canadien, qui
me semble informel, hormis
son meneur Lee McCormack
(vo, gtr, bat, hca), assisté
d’Anthony Amodeo (cbss),
bénéficie du concours de
musiciens comme l’Ecossais
Kyle Esplin (pno) sur ce premier CD longue
durée, après un autre de 4 titres. Beaucoup
de compos là-dessus, prouvant que Lee a des
aptitudes certaines dans ce domaine. Elles
sont d’ailleurs meilleures que les reprises, dont
celle d’un titre des Runaways, rock et non rock
and roll, détonne au milieu du reste, qui relève
majoritairement plus du rock and roll que du
rockabilly, avec deux excellentes ballades teen
medium bien années cinquante, Afterglow
et Worth the pain, qui vous feront peut-être
craquer. Une très plaisante découverte.
964 Timmings Gardens, Pickering ONT.
L1W 2L2 (Canada), www.moonviolet.com
MAGAZiNES & FANZiNES
BLUEGRASS EUROPE P.O. Box 367, CH-4102 Binningen, Suisse
BLUEGRASS ! (FBMA) Châtenay, 71290 Simandre
SUR LA ROUTE DE MEMPHiS 658 Av. J. Amouroux, 47000 Agen
NO FENCES Friedrichsstrasse 16, 34117 Kassel (Allemagne)
BCR LA REVUE 4 rue Baillergeau, 79100 St Jacques de Thouars
BANDS OF DiXiE Route du Vigan, 30120 Montdardier
BLUES MAGAZiNE, Rés. Mermoz 1 Allée Bastié, 95150 Taverny
TRAD MAGAZiNE 1 Bis, Imp. du Vivier, 91150 Etampes
BLUES AGAiN 19 Avenue du Maréchal Foch, 77508 Chelles
MADE iN USA 21bis rue Dammartin, Montbrieux, 77580 Guérard
GOLDENSEAL 1900 Kanawha Blvd East, Charleston, WV 25305 USA (en Anglais)
Gérard HERZHAFT
Concert & Conférences
Country Music - Blues - Cajun - Folk Song
04-72-33-45-89
Nouveau : son blog sur le Blues :
www.jukegh.blogspot.com
Le Cri du Coyote n°125 page 32
Marc Alésina
Gilles Vignal
Bernard
BOYAT
Dean REED
L'Elvis rouge ou quand un Américain passait à l'Est
La guerre froide vit nombre de transfuges aller d’Est en Ouest (le musée du Mur à
Berlin est très édifiant à ce sujet), des anonymes, des "politiques", comme la fille
de Joseph Staline ou Levchenko, mais aussi des sportifs, tel le joueur d’échecs
Korchnoi, et des artistes, surtout des danseurs étoiles, à l’instar des Nureyev,
Makarova ou Baryshnikov, plus exceptionnellement dans le sens Ouest-Est,
comme les taupes britanniques du KGB Burgess (rien à voir avec Sonny !)
MacLean et Philby, ou la sorte "d’exception culturelle" constituée par le cas de
Dean Reed, artiste à la carrière et à la destinée étonnantes et pleines de paradoxes.
Dean Cyril Reed naît le 22 septembre
1938 à Wheat Ridge, non loin de Denver,
Colorado, entre deux frères, l’aîné Dale R et
Vernon. Le père, Cyril Dale, est professeur
de maths et d’histoire à Wheat Ridge et la
mère, Ruth Anna, est femme au foyer.
Il se met à la guitare à 12 ans et commence
à composer. Il passe le bac au lycée local,
dont il a été un athlète et nageur vedette,
en 1956, puis s’inscrit en météorologie à
l’université du Colorado à Boulder. Durant
deux vacances d’été, il joue de la guitare pour
les clients du ranch de vacances Harmony,
près d’Estes Park, dans les Rocheuses. Il
se produira même à l’auditorium Phipps
de Denver. A l’université, il fait partie de
l’équipe de gymnastique et du groupe Sock
and Buskin, chantant du folk, des ballades,
et de la country.
Le recruteur de
talents Roy Eberhart
l’entend
et
le
persuade de tenter sa
chance à Hollywood.
Reed quitte donc
l’université en 1958,
et part pour la
Californie, au volant
de
sa
Chevrolet
blanche décapotable,
avec
sa
guitare,
des maquettes de
chansons et la lettre
de recommandation
d’Eberhart.
En Arizona, il prend
un
auto-stoppeur
qui
propose,
en
contrepartie
d’une
chambre à l’hôtel,
que Reed lui paiera
le soir, de lui donner
l’adresse d’un agent artistique.
Arrivé à destination, Dean enregistre, à
titre d’essai, Once again pour Imperial.
La marque ne l’engage pas, mais Voyle
Gilmour, de Capitol, l’auditionne et lui fait
signer un contrat de sept ans. (NB : c’est
sans doute suite à son succès en Amérique
du Sud qu’Imperial se décidera à éditer
Once again sur le simple 5733, en 1961).
Il passe aussi un test d’acteur pour Warner
Bros., qui décide de l’envoyer à son cours
d’art dramatique. Celui-ci est dispensé par
Paton Price, qui le persuade que les artistes
doivent avoir une influence politique, leçon
qu’il retiendra.
C’est dans ce cours qu’il côtoie Jean
Seberg et Phil Everly, qui devient son ami et
n’hésitera pas à aller assister à ses concerts
à Karl-Marx-Stadt (redevenu Chemnitz) en
1979, y participant même (deux vidéos sur
You Tube les montrent en train de chanter
All I have to do is dream et Bye bye love),
ainsi qu’à Berlin-Est en 1981.
Capitol veut en faire une idole des jeunes
(c’est la période Ricky Nelson, Jimmy
Clanton, Fabian etc.) et lui fait enregistrer
quelques simples modérément populaires,
comme Annabelle*, un peu teen rock,
valant surtout par la partie de guitare
de Joe Maphis / The search, teen rock
correct (Capitol 4121) critiqué ainsi dans
le Billboard du 12 janvier 1959 : “Reed, a
new artist, turns in a pair of fine readings on
this debut. Top side is a sharp rocker wich
a cajun rhythm backing, while the flip also
catches a good performance in the Tex-Mex
tradition. Watch the boy and the sides”**.
Ce simple, enregistré le 28 novembre
1958 au studio Capitol d’Hollywood, 1750
rue Vine nord, comporte Otis William Joe
Maphis et Leon M. Silby (guitares) William
Edward Billy Liebert
(piano)
Dale
H.
Warren (basse) et
Marion Z. Pee Wee
Adams
(batterie).
The search sera sa
seule entrée dans le
Top 100, n°96 (mars
1959).
Les trois autres
titres ayant laissé
une petite trace nous
intéressant
dans
l’histoire
musicale
sont I kissed a
queen
(Capitol
4198),
enregistré
le 2 avril 1959 au
studio Capitol, avec
John
C.
Johnny
Bond et Joe Maphis
(guitares) et Enos
Skeets
McDonald
(basse), Our summer
romance (Capitol 4273) variété twist avec
des violons, et Female Hercules (Capitol
4608) variété teen, de 1961. Reed passe
à American Bandstand, l’émission TV de
Dick Clark cette année-là. On le voit aussi
dans des programmes grand public comme
Bachelor Father. Il décrira ultérieurement
cette période hollywoodienne, dont il
profite à plein alors, comme "un camp de
prostitution où les apprentis chanteurs ne
sont pas maîtres de leur destinée".
Our summer romance est un succès régional
mais, surtout, remporte un surprenant et
énorme succès en Amérique du Sud (n°1
au Chili). L’été 1961, Dean donne une paire
de concerts dans son ancienne université
et a un fan club de 6 000 membres dans la
région des Rocheuses ! Début 1962, Capitol
l’envoie effectuer une tournée de 42 jours au
Brésil, Chili et Pérou, pour promouvoir son
dernier simple. La police doit le protéger de
ses fans exubérants. Il est classé devant
Elvis dans les hit-parades sud-américains,
Le Cri du Coyote n°125 page 33
alors qu’il est inconnu du grand public US !
En mars, sans avertir quiconque, il plie
bagages et s’envole pour Santiago, où il
est surnommé The Magnificent Gringo.
A peine débarqué, il commence à se
répandre dans la presse contre les essais
nucléaires américains. Le 26 avril, il écrit
une lettre ouverte au peuple chilien pour
lui demander de réclamer à Kennedy de
les stopper. L’ambassade US l’avertit de
mesurer ses propos et le FBI le gardera
dans le collimateur...
Durant la première moitié des 60‘s, il vit sur
sa popularité, effectuant de nombreuses
tournées en Amérique du Sud, en
particulier au Chili et Pérou, remplissant
les stades de foot, avec des passages sur
les télés nationales. Il apprend l’espagnol
et enregistre pour Philips, Musart, Astral,
Odeon (versions de La bamba et Hippy hippy
shake en 1965). Il se marie une première
fois en 1964 et a une fille, en 1968, qu’il
prénomme Ramona Chimene Guevara. Il a
une émission TV à Buenos Aires en 1965,
où il vit dans une villa cossue, en banlieue.
C’est au Chili, sous l’influence de Salvador
Allende et du chanteur folk Victor Jara (qui
sera assassiné et dont Reed joue le rôle
dans le film est-allemand El Cantor) qu’il
commence à parler politique dans ses
concerts, critiquant l’armement nucléaire
américain et la politique extérieure US, sans
que cela émeuve trop, dans un premier
temps, les autorités locales qui, bien que
très (et même plus) à droite, n’aiment guère
les Yankis. Il gagne 1 500 dollars par jour au
Chili, les convictions politiques n’empêchant
pas les profits capitalistes. Puis il tourne un
film au Mexique.
Un concert type de Reed à l’époque
comporte ses titres connus, plus quelques
rocks comme Tutti frutti ou Blue suede
shoes, suivis d’une harangue politique en
espagnol. Tout cela ne l’empêchera pas de
rester toujours une idole variété américaine,
même s’il suit les modes musicales (folk,
country variété, Beatles).
Accueil en Argentine
Le 15 juillet 1965, il chante
devant le congrès mondial
pour la paix à Helsinki,
représentant
l’Argentine.
Il interprète Marianna et
des morceaux country et
rock and roll. Les délégués
restant impassibles, Dean
saute de la scène au milieu
des spectateurs et les fait
se tenir par la main, ce qui
les fait pouffer. Il remonte
sur scène et leur fait chanter We shall
overcome. Nikolai Pastoukhov, président
du Komosol, l’organisation de la jeunesse
soviétique, impressionné, l’invite à monter
avec lui dans le train de Moscou.
Reed retourne en Argentine, effectuant de
fréquents voyages en Espagne et Italie, pour
tourner dans des films, dont divers westerns
spaghetti. Il entreprend sa première tournée
en URSS en 1966 et fait un tabac dans les
28 villes où il passe. Pastoukhov lui arrange
alors un contrat d’enregistrement avec la
maison de disques d’état, Melodiya. La
propagande soviétique présente la chose
comme le résultat de son impossibilité
d’enregistrer aux USA en raison de son
idéologie, ce qui est faux.
En 1967 il s’installe à Rome et enregistre
pour Ariston et Edibi. En 1969, il participe
à une manifestation contre la guerre du
Vietnam devant l’ambassade US, et, sous le
nez de l’ambassadeur, en tête de cortège, il
lève le poing en hurlant "Viva Ho Chi Minh!“.
Il envoie une lettre ouverte au magazine
Ogonyok, louant le système soviétique et
déclarant : "les citoyens américains seraient
heureux de vivre dans un régime socialiste,
parce que la moitié des enfants aux USA
meurent à la naissance, leurs parents ne
pouvant s’offrir un docteur !"
En 1970, il repart au Chili, participer à la
campagne électorale de son ami Salvador
Allende, chantant son hymne de campagne
Venceremos (Nous vaincrons). Une
semaine avant l’élection, il est arrêté pour
avoir lessivé un drapeau US (sali par le sang
vietnamien) devant le consulat américain.
Puis, lors d’une des célébrations de victoire
d’Allende, il a droit aux huées du public qui
trouve qu’il chante mal !
En 1971, alors qu’il doit revenir en
Argentine, il en critique la dictature militaire.
Pour échapper aux ennuis prévisibles, il s’y
introduit clandestinement depuis l’Uruguay.
Il est arrêté et passe 20 jours en prison,
avant d’être expulsé du pays. Sa première
femme le quitte alors et rentre aux USA
avec leur fille.
En 1972, il quitte le Chili pour de bon,
après avoir écrit une lettre d’adieu au peuple
chilien, et s’installe en RDA, devenant une
énorme vedette de l’autre côté du Rideau de
Fer, en particulier avec My Yiddishe mama.
Les billets de ses concerts soviétiques se
vendent 40 roubles (48 dollars de l’époque,
somme énorme pour l’URSS).
La Ligue des jeunesses
communistes tchèques lui
décerne une médaille, la
Hongrie lui octroie un prix
de la paix.
Il tourne son premier film
est-allemand en 1972. Il se
remarie, en 1973, avec une
interprète allemande, dont
il aura une fille, en 1975. Il
participe à la conférence
asiatique pour la paix de
1973, à Dacca, Bangladesh, comme…
délégué des USA! Il y chante sa composition
We shall say yes et dîne avec des chefs
d’états du Moyen-Orient, chantant Ghost
riders in the sky et Yiddishe momma (Ma
maman juive !!!) pour Yasser Arafat et ses
gardes du corps.
C’est surtout en URSS qu’il atteint des
sommets de popularité, alors que le rock’n’roll
y a toujours été considéré nekulturny : il y
effectue au moins une tournée annuelle, y
vendant des millions d’albums (sur Melodija,
Krugozor ou Sovjetskije Gramplastinki)
étant programmé à tout va à la TV et ayant
ses entrées directes chez les maîtres du
Kremlin : il sera le seul Américain à recevoir
le prix Lénine des Arts et Littérature, en
janvier 1978.
Durant les années 70 et 80, le studio
d’état de RDA, DEFA, sort une série de
films indianistes où, systématiquement,
les bons sont les Indiens et les Américains
les mauvais, sauf Dean Reed, qui sera le
cow-boy sympathique dans les quelques
westerns qu’il tourne alors. Dans ces films,
réalisés en Bulgarie et Yougoslavie, les
Indiens étaient joués par des Roms…
Reed s’installe alors dans une maison
confortable à Schmockwitz, près d’un
lac, dans les environs de Berlin-Est. Il est
adulé au point que ses fans viennent l’y voir
quotidiennement, lui apportant des fleurs. Il
n’est pas riche selon les critères occidentaux,
mais il a tout ce dont il a besoin, dont une
Wartburg, voiture de luxe là-bas, alors que
la majorité des Allemands de l’Est, du moins
ceux qui le peuvent, roulent en Trabant.
Il divorce encore en 1978, et épouse sa
troisième femme, l’actrice Renate Blume.
Fin octobre 1978, Reed revient brièvement
au pays, pour se joindre à un groupe de
Le Cri du Coyote n°125 page 34
fermiers du Minnesota qui manifestent
contre l’installation de lignes à haute
tension sur leurs terres. Ils sont arrêtés,
refusent de payer l’amende de 300 dollars,
préférant aller en prison (la 4ème fois pour
lui, mais la première dans son pays). Reed
se met en grève de la faim, perd 7 kg et
réveille ses codétenus en leur chantant Oh,
what a beautiful morning et des hymnes
pacifistes, ce qui les exaspère. Ils préfèrent
dormir ! Des pétitions sont lancées en
RDA et d’autres pays communistes, des
télégrammes expédiés par des artistes
soviétiques, demandant à Jimmy Carter de
le libérer, ce qui est le cas au bout de 11
jours et ils sont acquittés lors du procès. La
presse soviétique fait ses choux gras de
l’incident, qualifié de violation des Droits de
l’Homme (on aura tout vu !). Ce bref retour
au pays lui permet de se réconcilier avec
son père, pourtant fervent supporteur de
Barry Goldwater.
En 1983, Reed retourne au Chili pour
soutenir les opposants à Pinochet. Il est
aussitôt arrêté, libéré rapidement mais se
voit refuser un permis de travail. Il chante
quand même pour rien lors de réunions
syndicales ou sur les campus, jusqu’à ce
que le régime chilien, lassé, le fasse arrêter
et expulser.
En 1980 son surnom passe d’Elvis Rouge à
Sinatra Rouge, mais il commence à avoir le
mal du pays. En 1981, il décide de produire
un film sur l’affaire de 1973 à Wounded
Knee, Dakota du Sud, au cours de laquelle
200 militants Amérindiens ont occupé le
site du massacre des Sioux de Big Foot en
1890. Le film, Wounded Knee doit être une
coproduction germano-soviétique.
En dépit de son émigration en RDA,
il n’a jamais été inscrit au SED, le parti
socialiste unifié, nom politiquement correct
du PC est-allemand (il se définira d’ailleurs
toujours comme marxiste et non comme
communiste), ni abandonné la nationalité
américaine, renouvelant régulièrement son
passeport, ce qui lui permet de voyager
sans problème à l’Ouest, et remplissant
annuellement ses déclarations de revenus
(toujours 0 dollar !) pour l’IRS, les impôts
américains et il proclamera toujours son
amour des USA, toujours les paradoxes.
Son père se suicide en 1984, ce qui l’affecte
plus qu’il ne veut le dire. En octobre 1985,
il revient à Denver, pour la première fois en
25 ans, à l’occasion du festival du film de la
ville, qui inclut le documentaire sur sa vie,
American Rebel, réalisé par Will Roberts,
qui l’avait rencontré à Moscou en 1977. Il
retrouve de vieilles connaissances et part
en tournée promotionnelle avec le film, à
travers le pays. A Denver, il est invité sur
radio KNUS par Peter Boyles et il le traite
de néo-nazi. Le passage tourne court…
Au milieu des années 1980, sa musique,
déjà obsolète à l’Ouest, le devient aussi à
l’Est. Sa cote baisse et il ne veut pas finir
ses jours en RDA, souhaitant reprendre une
carrière aux USA.
En février 1986, il est interviewé par
Mike Wallace de CBS, pour l’émission 60
Minutes. Elle est diffusée le 1er avril, et
Reed pense que ce sera un bon moyen
de promouvoir une tournée aux USA, qu’il
envisage à l’automne 1987. Mais il y défend
la construction du Mur de Berlin (pour lui, de
l’autodéfense) et l’invasion de l’Afghanistan,
comparant Reagan à Staline, ce qui vaut
à la chaîne une avalanche de courrier de
protestations et d’insultes.
Dean REED
De retour à Berlin, il travaille pour finir
Wounded Knee, se rendant fréquemment
au studio cinématographique à Moscou,
le tournage devant débuter le 24 juin. Mais
son couple bat de l’aile et il a un ulcère à
l’estomac. Le soir du 12 juin 1986, il se
dispute avec sa femme au souper, puis il
prend son somnifère habituel et se prépare
à aller au lit. Vers 22h, il parle au téléphone
avec le producteur du film, Gerrit List et
il décide de se rendre au domicile de ce
dernier, proche du studio, pour travailler
tôt le lendemain. Le 13, Renate se rend au
studio et s’enquiert de lui, mais nul ne l’a vu.
List hésite à prévenir la police, de crainte
d’une contre-publicité. Le 14, un journaliste
britannique appelle au sujet d’une interview
pré-arrangée au téléphone. List et Renate
lui racontent que Reed est à l’hôpital et qu’il
doit rappeler dans quelques jours.
Le dimanche 15, des employés de la station
de secours du lac Zeuthner, à moins de 5
km de chez lui, informent la police qu’une
voiture est stationnée sur la rive depuis au
moins le vendredi. C’est la sienne.
Renate appelle enfin la police pour signaler
la disparition de son mari. Le mardi 17, on
retrouve son corps dans le lac. La voiture
contient des magazines envoyés par sa
mère, la dernière lettre de son père et son
passeport. Etrangement, il est vêtu d’une
veste donnée par un ami du Colorado, et
d’un pardessus, alors qu’il fait chaud.
L’enquête conclut d’abord à un suicide
puis, lorsque sa première femme et sa
mère arrivent pour l’enterrement, c’est
devenu une noyade accidentelle. Le
rapport d’autopsie mentionne un foie très
gros, comme celui d’un alcoolique. Or, en
raison de son ulcère, Reed buvait rarement.
Il avait juste pris un verre de vin au souper
le soir du 12. Les sédatifs trouvés dans
son sang sont jugés toxiques et, bien qu’il
soit supposé avoir passé quatre jours dans
l’eau, son visage n’a pas gonflé et, ni son
portefeuille, ni ses poumons ne contiennent
d’eau. Des hématomes sont trouvés sur
son front et son visage. Le juge dit à sa
mère que les sédatifs incriminés sont
en très faible quantité et accepte que la
famille puisse voir le corps. Mais, lorsqu’il
l’envoie chercher, il n’est plus là ! Il a déjà
été emporté au crématorium sans permis.
La mère peut enfin le voir, 11 jours après.
La police refuse de parler à la famille et aux
amis, qui se demandent pourquoi il y a eu
deux versions du décès et si le corps flottait
ou était au fond de l’eau.
Cette mort surprend, vu que Dean était un
excellent nageur et en pleine forme à 47
ans. Phil Everly dira même qu’il était encore
capable de marcher sur les mains.
Diverses hypothèses ont été avancées :
- suicide dû à un état dépressif, engendré
par ses problèmes et les tranquillisants,
ce qui serait corroboré par les archives de
la Stasi (police politique de RDA), où se
trouverait, au dos du scénario d’un film, un
mot d’excuse de Reed à Erich Honecker,
secrétaire général du SED et chef d’état.
- élimination par la Stasi ou le KGB. Bien
que ne vivant pas le quotidien lugubre des
Allemands de la RDA, Reed avait ouvert les
yeux sur certaines réalités. Il se plaignait
de l’absence de progrès qu’il mettait sur le
compte de la bureaucratie, ce qui ne plaisait
Filmographie :
L‘amour à plusieurs visages, Guadalajara en verano (1964), Ritmo
nuevo y vieja ola, Mi primera novia (1965), Buckaroo (1967), Dio
li crea... Io li ammazzo !, Mitra baby face, I nipoti di Zorro, Il diario
proibito di Fanny, plus olé olé (1968), La morte bussa due volte
avec Anita Ekberg, Tre per uccidere (1969), Saranda, Adiós Sabata,
avec Yul Brynner (1970), I pirati dell‘isola verde, La stirpe di caino,
II pistolero cieco (Le justicier aveugle) avec Ringo Starr (1971),
Vier fröhliche Rabauken (1972), Aus dem Leben eines Taugenichts,
Fäuste, Bohnen und... Karate (1973), film de karate, Kit & company
(1974), Blutsbrüder (1975), film de l’année en DRA, Soviel Lieder,
soviel Worte (1976), El cantor (1977), Sing, cowboy, sing (1981), Der
erste Sieg (84), Gefährliche Nähe (1986).
* Rien à voir avec ma composition du même nom, bien sûr.
** "Reed, nouvel artiste, débute par une paire de bons enregistrements. Une face de rocker affûté avec un
accompagnement rythmique cajun, l'autre avec un agréable parfum Tex-Mex. Un gars et des titres à suivre".
IBMA Awards 2011
Hall of Fame : Del McCoury, George Shuffler
Entertainer : Steve Martin & The Steep Canyon Rangers
Groupe vocal : The Gibson Brothers
Groupe Instrumental : The Boxcars
Chanteur : Russell Moore, Chanteuse : Dale Ann Bradley
Nouvel artiste : The Boxcars
Album : Help My Brother, The Gibson Brothers (Compass)
Instrumental : Goin‘ Up Dry Branch
Michael Cleveland & Flamekeeper
Gospel & Evénement enregistré : Prayer Bells of Heave
J.D. Crowe, Doyle Lawson, & Paul Williams
Chanson : Trains I Missed, Balsam Range
(signée Walt Wilkins, Gilles Godard & Nicole Witt)
Banjoïste : Kristin Scott Benson & Ron Stewart
Guitariste : Bryan Sutton, Fiddler : Michael Cleveland
Bassiste : Marshall Wilborn, Mandoliniste : Adam Steffey
Dobroïste : Rob Ickes
Reconnaissance : Greg Cahill, Bill Knowlton,
Lilly Pavlak, Geoff Stelling, Roland White
guère en haut lieu, comme son désir de
retourner au Colorado. Il est possible qu’on
ait alors jugé utile de le faire disparaître.
- élimination par des Américains d’extrême
droite ou la CIA, en tant que traître.
- élimination par les services secrets
tchèques, suite à des divergences avec le
gouvernement de Prague.
- le corps n'était pas le sien, il aurait simulé
sa mort pour vivre sous une autre identité.
- une noyade accidentelle, hypothèse la
moins plausible.
En 2004, la chaîne de télé russe Rossiya
programma un documentaire sur Dean (Qui
êtes-vous, Monsieur Reed ?), spéculant sur
la possibilité qu’il ait été un agent de la CIA,
du KGB ou de la Stasi, mais sans présenter
de preuves. Il est pourtant avéré qu’il fut
membre du département international de la
Stasi entre 1976 et 1978.
Sa biographie, Rock 'n' Roll Radical: The
Life & Mysterious Death of Dean Reed, a
été écrite par Chuck Laszewski.
Qu’en penser musicalement ? Le surnom
d’Elvis Rouge est usurpé à ce titre, les seuls
simples studio (?) méritant l’appellation rock
’n’ roll étant le soviétique Krugosor El cantor/
Blue suede shoes (1979) et l’Amiga (RDA)
4-56-442 Sweet little sixteen/ Du bringst mir
keine Blumen (1980) avec Kati Kovacs. Sur
l’album tchèque Supraphon 1-13-1906 ZA
Dean Reed a jeho svet (1976) on trouve
Blue suede shoes, et sur l’Amiga 8-55796 Dean Reed Singt Rock’n’Roll, Country
& Romantik (1980) figurent Kansas City,
Sweet little sixteen, et le pot-pourri assez
convaincant Be-bop-a-Lula/ Heartbreak
hotel/ Rock around the clock/ Blue suede
shoes/ Let‘s twist again/ Tutti frutti, extrait
du film soviétique de 1979 (I wish you well),
qu’on peut le voir interpréter (en play-back,
semble-t-il) sur YouTube, avec orchestre et
choristes en rouge, bien sûr !
Toujours sur YouTube, figurent une
émission télé, avec le pot-pourri Rock
around the clock/ Blue suede shoes/ Let’s
twist again/ Tutti frutti, plus rock’n’roll grand
orchestre, avec choeurs plus envahissants
que le précité, ainsi qu’une autre, où il arrive
sur le plateau en cow-boy vêtu de noir, avec
guitare, sur un cheval (!) pour chanter un
Kansas City correct.
Le reste de sa production relève de la
variété et le surnom de Sinatra Rouge est
plus approprié. Bear Family a consacré
l'album BCD 16829AH The Red Elvis à ses
titres Capitol et Imperial.
On peut donc conclure que c’est son
statut de supervedette à l’Est qui lui valut le
premier surnom et non sa musique. ©
FAN FAiR
CMA Festival
2012
du 3 au 12 juin
Voyage organisé
de Paris à Memphis
et Nashville, visites
(voir détails sur le site)
et de nombreux artistes
de country music sur
scène durant 5 jours de
concerts intensifs
Contact : Country Music Memorial, BP31; 77580 Crécy la Chapelle
Gérard Meffre : 01.30.53.04.93, Gilbert Rouit : 01.64.63.69.53 (après 20h)
www.countrymusicmemorial.com
Le Cri du Coyote n°125 page 35
DiSQU'AiRS
BRENT AMAKER : Please Stand By
Chaque fois que j’entends Brent, son vocal
m’évoque celui de Johnny Cash. D’autre
part, les membres de son Rodeo, Tiny
Dancer (gtr sol), Ben Strehle (r-gtr), Sugar
McGuinn (bs) et Bryan Crawford (bat), ont
souvent un son très boom-chicka-boom
(Saddle up, Garden of love, Good to be on
top of the world, Blood dripping blood), ce
qui renforce la comparaison. Ils utilisent même, comme Cash le
fit, des trompettes mariachis sur U.S.A. Pour couronner le tout, les
deux instrumentaux qui ouvrent et clôturent l’album sont dans la
lignée de Ghost riders in the sky. L’ensemble est vraiment très bon
et cohérent. (BB) www.brentamaker.com
Spark & Shine, 3814 SW Admiral way, Seattle WA 98126
FOSTER & LLOYD : Itʼ’s Already Tomorrow
Depuis combien de temps n’avaient-ils pas
enregistré ensemble ? 21 ans, rien que ça
pour ce duo, pilier du mouvement Americana,
séparé en 1990, après seulement 5 ans
d’existence commune (Cf Le Cri n°14). Ils
n’ont rien perdu de leurs facultés créatrices
ni de leur capacité à chanter en duo. Quant
aux tendances musicales, elles restent
les mêmes et confirment que l’Americana recouvre bien d’autres
choses que la vraie country : variété "Beatles" (If it hadn’t been
for you, Don’t throw it away), country folk rock à la Byrds (Lucky
number, Just this once, Somethin ‘bout forever, Watch your movie),
country rock moderne, auxquels ils ajoutent un Hiding out au rythme
un peu Bo Diddley et un When I finally let you go très Everlys. Les
fans seront heureux de les retrouver après cette longue absence.
(BB) Effin’ El, En digital sur www.Fosterandlloyd.com, www.ellis-creative.com
ARTiSTES DiVERS : 35 Years Stony Plain
Pour fêter ses 35 ans d’existence, la
marque canadienne Stony Plain propose
une triple anthologie de ses artistes les plus
marquants, comportant 2 CD et un DVD.
Le 1er CD est consacré aux compositeurs/
interprètes, plutôt dans un registre folk/
country. On en retiend surtout Ben Mc
Culloch, ballade Americana de Steve Earle,
Country music lament, ballade folk de Tim Hus, à la Tom Russell, et
la reprise de That’s your red wagon d’Asleep At the Wheel.
Le 2nd, consacré au blues et R‘n‘B (surtout des années 60), est
plus consistant à mon goût, avec du bon rockin’ rhythm ’n’ blues
par Duke Robillard, au parfum Nouvelle Orléans par Doug James &
Sugar Ray Norcia et Rosco Gordon, du rockin’ blues par Billy Boy
Arnold et Robert Nighthawk, un titre swamp blues de King Biscuit
Boy, et la belle ballade soul Teardrops on your letter par le trio Doug
Sahm/ Amos Garett/ Gene Taylor. Le DVD vaut surtout par de belles
images, la ballade western folk Springtime in Alberta de Ian Tyson et
le rockin’ R‘n‘B de Downchild. J’ai connu des 35èmes anniversaires
plus ternes… (BB) www.stonyplainrecords.com, Distribution :
Mark Pucci, 5000 Oak Bluff Ct Atlanta GA 30008, www.markpuccimedia.com
FOLSOM PRiSON GANG : Cash Only
Ce groupe, comme son nom l’indique, rend
hommage à Johnny Cash et, surtout à la
période Sun/ débuts Columbia, ce qui tombe
bien puisque c’est ma préférée. Eric Phillips
(vo), Charlie Hopper (gtr), Ryan Watts (gtr),
Roger Caban (bs) et Erik Jensen (bat)
reprennent donc plusieurs (il n’y a que dix
titres sur le CD) classiques cashiens, à leur
manière, généralement un peu plus rapide que celle du maestro. On
notera une excellente version de Ghost riders in the sky et une plus
rockabilly de Get rhythm. L’idéal serait maintenant qu’ils reprennent
des morceaux hors répertoire Cash à la manière de l’Homme en
Noir ou proposent des originaux dans ce style. (BB)
Ryan Watts, PO Box 533 Bostic NC 28018, www.thefolsomprisongang.com
Coyauteurs Disqu‘Airs :
Bernard BOYAT (BB) Jacques BREMOND (JB)
Jean-Jacques CORRiO (JJC) Dominique FOSSE (DF)
Christian LABONNE (CL)
ANNiTA & THE STARBOMBERS : Itʼ’d Surprise You
J’ai retrouvé le même plaisir à écouter
Annita et les Starbombers/ Barnstompers
sur ce CD que sur la scène d’Attignat. Une
profusion de hillbilly/ hillbilly bop de haut vol,
avec un ou deux titres plus Patsy Cline et une
superbe ballade teen (Strange). En écoutant
de tels titres, dont aucun n’est médiocre, très
loin de là, on saisit de suite le cheminement
qui a mené du hillbilly au rockabilly. Ecoutez,
par exemple, la reprise du Burn that candle de Bill Haley en hillbilly
bop et vous saurez de suite quelles étaient les racines country de
Bill. Dire que ces artistes sont néerlandais ! Combien d’artistes US
étiquetés country leur arrivent-ils à la cheville ? Fan je suis devenu,
fan je resterai…(BB) Barnrecords
BARNSTOMPERS : Move On In !
Ils furent la révélation majeure de la GRT
n°9 en avril, aussi bien par eux-mêmes
que derrière les frères King (on comprend
vite pourquoi ces derniers, qui ont l’oreille
musicale fine les ont choisis pour leurs
tournées européennes) ou avec Annita
(voir plus haut). Je n’aurai jamais imaginé
entendre un jour un groupe européen nous
sortir du son Starday, du style Johnnie & Jack ou Jimmy & Johnny,
du style Johnny Horton ou, encore, de Dane Stinit de cette manière,
au 21e siècle qui plus est. Leurs reprises de Carl Smith, Faron
Young, James O’Gwynn, Bob Gallion, Roy Drusky, George Jones
sont de très haut niveau, de même que leurs compos. Plus qu’un
long discours, une seule chose importe : les écouter ! (BB)
www.barnstompers.com
JOSH W JONES & BLUES CRACKERS : Livinʼ’ The Dream
C’est un peu l’histoire du verre à moitié vide
ou à moitié plein qu’évoque le contenu de ce
CD. Il dérape parfois dans la variété ou le
pop rock, mais a aussi de bons moments,
avec un Big road blues au rythme néoorléanais, un Shake it fast très swamp blues,
deux titres (Why oh why et Toy) qui rockent
gentiment, ou des ballades entre gospel et
bluegrass (Livin‘ the dream, That time mine)
ou plus country folk (Headed down, Sad or true). (BB)
King Hudd, PO Box 2274 Hemet CA 92546
R.B. STONE : Lonesome Travelerʼ’s Blues
Mine de rien, Robert Bennett Stone a déjà
bien bourlingué : originaire d’Indiana, il se
retrouve en Ohio où sa famille s’est établie.
A sa sortie du lycée, il se devient cheminot,
à travailler sur les voies dans tout le
Midwest, puis travaille pour une entreprise
de plomberie/ chauffage. Il a alors 23 ans
et décide de partir au Colorado, muni de sa
guitare et d’un répertoire de chansons, pour être cow-boy. Pas un
cow-boy d’opérette comme moult chanteurs pseudo-country actuels,
mais un vrai, au cul des vaches et à dos de cheval. Ce n’est qu’à 29
ans qu’il se lance dans la chanson, formant Highway Robbery, puis
volant de ses propres ailes depuis le milieu des années 1980. Il a
une demi-douzaine d’albums à son actif depuis. Sur le dernier en
date, sa country est fortement teintée de rock et, surtout, de blues,
versant même parfois dans le R‘n‘B funky. Ce sont les titres les
plus dépouillés, à l’ambiance blues du Delta, qui ressortent du lot,
Fairweather friends, The devil’s satisfied ou Man with a minivan. Un
personnage pour le moins atypique. (BB) Middle Mountain
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
HADDEN SAYERS : Hard Dollar
Voici ce qu’on peut qualifier de méli-mélo
car Hadden fait preuve d’un bel éclectisme,
passant du country rock moderne à la variété
cabaret via le blues lent, le pop rock, le rockin’
blues, le rockin’ rhythm’n’blues, la country,
l’Americana et le swamp pop. Le résultat est
très inégal, comme on pouvait s’y attendre.
A côté de titres fort intéressants, comme le
swamp pop bluesy All I want is you, le rockin’ r’n’b medium Inside
out boogie ou la ballade Americana Sweet Texas girls, on a droit à
des titres bien quelconques. Hadden devrait insister sur ses points
forts et laisser tomber le reste. (BB) Blue Corn
distr. Blind Raccoon, PO Box 40045, Memphis TN 38174
Le Cri du Coyote n°125 page 36
DiSQU'AiRS
BUXTER HOOTʼ’N : Buxter Hootʼ’n
Ce quintette nous vient de l’état des
Mormons et a déjà deux albums à son actif.
Ce troisième opus est bâti en trois parties,
d’intérêt inégal pour les lecteurs du Cri : les
deuxièmes, très teintée de jazz / ragtime et
troisièmes, plus bluesy pour un morceau et
pop rock pour l’autre, sont dans des créneaux
autres que ceux qui nous concernent, ce qui
nous laisse avec la première, incluant 4 titres très ballades medium
Americana influencées par Dylan, que ne renieraient pas nos Wise
Guys. Du lot, c’est la superbe Mariel, avec le vocal un peu éraillé
de Jory White, qui décroche le pompon. Dommage que le reste du
CD ne soit pas du même acabit. (BB)
238 W Broadway Apt 4B, Salt Lake City UT 84101
MAHALiA JACKSON : Intégrale Vol 9 (1958-1959)
Nous en sommes déjà au neuvième
épisode des aventures gospelaires de
Mahalia, avec 17 titres, dont certains repris
par d’autres (He’s got the whole world in
His hands, How great Thou art) et un livret
signé Jean Buzelin, fort intéressant comme
d’habitude. La période couverte ici est celle
de l’âge d’or du rock’n’roll et peut-être celle
où Mahalia fut la plus populaire chez nous,
le public français ne faisant pas de différence entre chant sacré
et danse à la mode (The Lord has been a shelter fait, d’ailleurs,
très madison). Le contenu musical du CD est plus varié qu’il n’y
paraîtrait au premier abord : des ballades jazzy, dont celle du film
Le mirage de la vie, les moins intéressantes du lot, une au parfum
doo-wop (Tell the world about this), d’autres plus soul (Have you
any rivers), qui balancent (Elijah rock, To me it’s wonderful, God
put a rainbow in the sky) ou, encore, à la Elvis (Great getting’ up
morning, His, I found the answer) et, enfin, du gospel guilleret (For
my good fortune) (BB) Frémeaux FA 1319
BRAiN CLOUD : Brain Cloud
Ce sextette est né en 2010, lorsque le multiinstrumentiste Dennis Lichtman, spécialiste
de la clarinette jazz trad, s’est associé avec
la chanteuse Tamar Korn, très à l’aise sur
les ballades bluesy, qu’il avait côtoyée au
sein des Cangelosi Cards, Skip Krevens
(guitare, vocal), Raphael McGregor (steel
guitare), Kevin Dorn (batterie) et Andrew
Hall (contrebasse). Sur leur premier CD, ils reprennent des titres
plus ou moins connus, réarrangés par les soins de Dennis. Comptetenu des antécédents musicaux des membres principaux, c’est
évidemment le côté jazz cool du western swing qui est privilégié,
avec de belles réussites comme l’instrumental Mission to Moscow
ou My window faces the South. Ils ne négligent pas l’aspect western
pour autant, comme le prouve l’enlevé He fiddled while I burned.
Deux regrets cependant : qu’il n’y ait que 10 titres et qu’ils n’aient
pas osé des compositions.
11-15 46th Rd 3D, Long Island City NY 11101, www.dennislichtman.com
GHOST TRAiNS : Unwrap The Dark
En février 2011, Andy Hughes, un journaliste
anglais, s‘est amusé à dresser sa liste des
10 meilleurs titres acoustiques de tous les
temps. On y trouve aussi bien Angie (RS) que
Helpless (CSNY) And I Love Her (Beatles)
et After The Gold Rush (NY). Pourquoi
pas ? La surprise, c‘est le n° 1 de la liste :
il s‘agit de Miss Emily d‘un groupe anglais
plutôt confidentiel : Ghost Trains. Un groupe né il y a 2 ans dans
un studio de Stoke-On-Trent et qui réunit le songwriter, chanteur et
guitariste Tim Ellis, le guitariste et pianiste Elijah Wolfenheart et le
percussionniste Greg Wood. Unwrap The Dark est une compilation
comprenant 19 morceaux issus de leurs 2 albums : Where Lovers
die et Sniffing Around L.A. Bon, d‘accord, Andy Hughes adore,
mais toi, JJC, qu‘en penses-tu ? j‘en pense que Miss Emily n‘est
pas la meilleure chanson de l‘album. Liar, Unwrap The Dark et,
surtout,Where Lovers Die me semblent largement supérieures.
En fait, Miss Emily n‘est pas loin d‘être la chanson que j‘aime le
moins. Mais l‘album lui-même est absolument superbe : la voix de
Tim Ellis rappelle à la fois John Lennon et Nick Drake, les chansons
ART & LiSA : Healin Time
Tout Coyote normalement constitué se doit
d‘avoir dans sa discothèque un minimum de
galettes en provenance d‘Austin, Texas : la
scène musicale y est si riche, si talentueuse.
On sait moins que d‘autres cités texanes
abritent également des scènes musicales
fort intéressantes. C‘est le cas de Bandera,
par ailleurs capitale mondiale des cow-boys.
Art & Lisa, dont voici le deuxième album, font partie de cette scène.
Lisa Beck est née à Lubbock (une de plus !) et est revenue se poser
dans son état natal, à Bandera, après un séjour prolongé à Atlanta.
Art Crawford est également né au Texas et s‘est établi à Bandera
après avoir été élevé dans l‘Oklahoma. Healin Time comprend 10
chansons : 6 chantées par Lisa, 4 par Art. En fait, ce duo n‘est pas
un duo au sens vocal du terme, chacun interprétant ses chansons
pratiquement seul. Tout cela ne nuit pas à l‘homogénéité de
l‘ensemble et n‘empêche pas cet album d‘être une complète réussite
dans le genre "country du 21ème siècle mais proche des racines".
Vocalement, Art est au juste milieu entre Townes Van Zandt et Kris
Kristofferson ; pour Lisa, c‘est moins évident, même si il n‘est pas
interdit de la rapprocher de Kimmie Rhodes. Les chansons, écrites
par leur interprète (à l‘exception de la dernière, Healing Waters,
chantée par Art mais écrite par Walt Wilkins) sont le plus souvent
pleines d‘émotion et de nostalgie. Un bien bel album ! (JJC)
pop-folk sont au niveau des meilleures chansons des Beatles, les
arrangements sont simples mais très efficaces. Du bonheur, rien
que du bonheur ! (JJC) NB : les 2 albums sont téléchargeables
gratuitement sur www.ghosttrains.net
DAN iSRAEL : Crosstown Traveler
Cela fait un bon moment que Dan pratique
la scène musicale des Etats-Unis. Son trajet
dans le passé : Chicago, Austin, Minneapolis.
Des enregistrements, plus de dix en tout,
certains avec The Cultivators, d‘autres sans.
Cette fois, c‘est sans. Mais avec ou sans,
c‘est toujours du folk rock, quelque part
entre Tom Petty et Paul Westerberg. Enfin,
ce coup ci, pas vraiment toujours : il y a une chanson, I‘ll get along
qui fait plutôt penser à Randy Newman. Sinon, il y a toujours ce
problème récurrent chez Dan : une voix qu‘il a du mal à poser et qui
présente de temps à autre des divergences avec la justesse. Quant
aux chansons, elles ne sont pas franchement mémorables. Vous
l‘avez compris : cet album n‘est pas une priorité ! (JJC)
THE WiLDERS : The Wilders
Quinze ans que ce groupe existe, quinze
ans avec les quatre mêmes membres, dix
albums à leur palmarès. Ike Sheldon (guitare
et chant), Betse Ellis (violon et chant), Phil
Wade (mandoline, dobro, banjo) et Nate
Gawron (basse) sont basés à Kansas-City
et ils pratiquent une country entre musique
celtique, hillbilly et bluegrass, fécondée par
une attitude proche du punk. Autant dire que dans cet album de 13
chansons, il y a à boire et à manger. Personnellement, je préfère
quand ils arrivent à se calmer, ce qui est le cas dans la chanson
que je préfère, Pat‘s 25, la seule qu‘ils n‘aient pas écrite. En fait, la
voix de Ike Sheldon est très agréable dans la douceur, beaucoup
moins dans l‘excès (L.A. par exemple !)! Cette voix, on ne l‘entend
pas dans 4 morceaux : 3 instrumentaux mettant particulièrement en
valeur le violon de Betse Ellis, et la chanson Things They Say About
Home chantée par la même Betse Ellis. (JJC)
Free Dirt 0064, http://thewilders.us/store/
THE WOODSHEDDERS : O Dig
Toujours plus loin dans le mélange des
genres ! Dans O Dig, leur deuxième album,
The Woodshedders, un groupe du sud des
Appalaches mélange allègrement old-time
music, bluegrass et... jazz manouche. Il y a
même un morceau, Slipping through, dont
la rythmique est franchement reggae et le
dernier, Chicken To Change, commence et
se termine en "country rap" (c‘est nouveau, ça vient de sortir !) après
une courte excursion tsigane et une bonne minute carrément jazzrock. Le résultat est inégal et cet album, qui comprend 9 titres et
qui ne dépasse guère la demi-heure, doit avant tout être considéré
comme une curiosité : il peut donc tout aussi bien casser la baraque
que ne trouver qu‘un nombre très réduit d‘aficionados. (JJC)
Le Cri du Coyote n°125 page 37
Shepherds Ford Records (SFR 007)
DiSQU'AiRS
FAiRPORT CONVENTiON with SANDY DENNY : Ebbets Fields 1974
Aussi édité par le label It‘s about music,
ce CD provient d‘une bande DAT d‘un
concert enregistré en 1974 à Denver lors
d‘une tournée du groupe aux USA. On y
retrouve Sandy Denny, Dave Mattacks,
Jerry Donahue, Dave Pegg, Trevor Lucas
et Dave Swarbrick, toute l‘équipe qui a
écrit une bonne partie de la légende. Leurs
grands morceaux sont là dans des versions
live avec leur lot d‘improvisations qui montrent que ce groupe avait
une sacrée longueur d‘avance sur beaucoup. D‘un seul coup, on
comprend mieux son rôle de précurseur dans cette mouvance qui
allait attirer toute une génération de musiciens et de formations folkrock, celtic-rock et autres appellations idoines. Ok, il y a quelques
approximations mais elles font également partie de l‘histoire. Vous
n‘aviez pas pu venir à cette soirée ? vous pouvez vous rattraper,
avec seulement 37 ans de retard ! (CL) www.itsaboutmusic.com
Dʼ’nʼ’A : Heading Home
Ashley Glover et Donnie Herrera sont
mariés et vivent à Marlow près d‘Austin.
Enregistré en 2010, ce premier CD est d‘une
instrumentation spartiate et reposante pour
le chroniqueur : elle chante et il joue de la
guitare, le comble de l‘excentricité sera une
guitare doublée, une harmonie vocale en
écho ou une batterie sur 1 titre. Gonflés, les
jeunes, car il est difficile de surprendre l‘auditeur une fois passées
les 10 premières minutes. Ashley chante bien, les rythmiques de
Donnie à la guitare sont convaincantes et les compositions prises
une à une sont intéressantes, dans une approche suggérant les
influences de songwriter comme Lynn Miles, Natalie Imbruglia
ou Eliza Gilkyson mais l‘ensemble souffre d‘une trop grande
uniformité. Même s‘ils ne referont sans doute pas le coup du holdup d‘Alanis Morissette qui avait décroché la timbale avec 33 millions
de son premier CD Jagged little pill, on a envie d‘encourager cette
réalisation personnelle et sincère. (CL) www.dnamuzic.com
JANE GiLLMAN : Piscean Dreams
Que penser d'un CD 6 titres ? Qu‘il permet
aux artistes de se faire connaître à moindre
frais, comme on lance une bouteille à la mer.
On découvre cette chanteuse instrumentiste
avec Taxicabs at night et le son du dulcimer
qui, propulsé par une rythmique souple,
porte la jolie voix claire de Jane. Petite
soeur spirituelle d‘Aimée Mann ou héritière
de Sandy Denny, cette jeune américaine curieuse montre par ses
compositions qu‘en plus d‘avoir écrit pour Nanci Griffith, Gene
Parsons et Meridien Green, elle s‘intéresse au monde qui l‘entoure.
A la Chine avec les gammes orientales de violon (Year of the dog)
et au Japon (Haïku lines) et ses notes de piano à la Satie. Enfin,
elle est du signe des poissons (comme moi !). Bravo pour ce coup
d‘essai. A quand un 12 titres ? (CL) www.janegillman.com
MYROL : Blue Moon Away
Quand un musicien qui vient de sortir un
CD en rencontre un autre qui vient de sortir
un CD, à part se raconter des histoires, il
y a échange : c‘est ainsi que ce CD m'est
arrivé. Dans la famille Myrol, il y a la mère
(Joanne) la fille (Haley) et les musiciens
accompagnateurs qui jouent à la perfection la
carte de l‘efficacité discrète. Elles chantent,
jouent guitare et mandoline et ont tout composé. La voix de Joanne
est poignante et les harmonies sont parfaites. La tonalité générale
est introspective et mélancolique. Les thèmes sont très personnels
et traités avec pudeur et retenue et c‘est sûr que l‘on ne va pas
danser sur les tables. Elles parlent de la mort (Dad) du blues dans
les villes (Sorryless city) et de l‘amour qui vole en morceaux (Those
eyes again) mais aussi 2 chansons avec des titres de filles (je
rigole) comme Sorry flowers et Mascara dawn. Pari audacieux que
de privilégier l‘émotion aux airs entraînants à tout prix dont le vide
intérieur pourrait remplir une piscine olympique. Belle production
pour les âmes sensibles qui ont pleuré en écoutant Our mother the
mountain ou On the beach. C‘était bien de vous rencontrer et de
vous écouter à Visagino. See you girls ! (CL) www.myrolmusic.com
NASHViLLE CATS : From Long Island To Nashville
Comme l'ont fait Shawn Camp et Billy
Burnette et leurs Bluegrass Elvises avec le
répertoire du King joué en bluegrass (un Cri
du Cœur) ces chats d'un autre grand Sud
(plus près de la Méditerranée que de Music
City, malgré leur nom d'emprunt) reprennent
huit titres de Brian Setzer et quelques-uns du
même tonneau avec un quatuor où dominent
le banjo (c'est écrit sur la boîte : "sizzling'
hot banjo tunes inside !") et la guitare, tantôt acoustique, tantôt
électrique (et même en slide au besoin). Manière de rappeler que
rockabilly, bluegrass et rock 'n' roll ont plus de racines communes
que de cousins éloignés. La démonstration en est claire et virtuose,
et apportent une originalité à un répertoire souvent connu et pas
toujours bien répété par nombre de groupes qui veulent imiter les
maîtres. Le chant lead se tient, et les quelques harmonies vocales
sont agréables et bien senties (Nine Lives). L'énergie et le rythme
pulsé dominent presque partout (seule Gentle On My Mind de John
Hartford s'approchant un peu de la ballade). Laurent Béteille (bjo,
dob) et Marc Raynaud (gtr, vo) font preuve d'une belle maîtrise de
leurs instruments avec à la fois ce qu'il faut de solos et de citations
en clins d'œil vers les spécialistes et une liberté de bon aloi. Ils
sont d'ailleurs fort bien soutenus par Vincent Pinsseau (bss) et
Pascal Gobron (drm) qui structurent efficacement l'ensemble. On
finit sur Rock This Town avec un départ classique (à la Scruggs) et
de quoi convertir les derniers éventuels indécis. Un bon album et
une formule musicale originale et fédératrice qui devrait séduire les
organisateurs de concerts et festivals. (JB)
Raynaud Marc (06-61-97-62-55) http://nashvillecats.chez.com
JOEL : Tribute To Bob Dylan Vol.3 (2009-2011)
Je ne connais pas Joël Petitjean, un ami de
Michel Rose, pas plus que les volumes 1 et
2 de ce qui semble un engagement complet,
corps et âme, dans la veine de Dylan en
version originale, et non traduite. Joël a tout
maîtrisé (guitare, clavier, harmonica) sauf
un solo de guitare et une batterie (sur deux
titres) pour cette compilation de grands
standards du Zim et des titres moins connus
du grand public. Il chante, soutenu de sa guitare acoustique, d’une
voix très proche de celle de Bob, entre imitation et caricature, selon
qu’on apprécie ou pas les reprises (mais même les fans devront
reconnaître que peu de Français font aussi bien dans ce genre
nasal et voix "cassée" à la Bob). Il propose treize titres, dont deux
prises de Girl From The North Country (une avec écho) avec
quelques adaptations rythmiques (comme sur Tambourine Man) et
une évidente conviction dans la force de ces chansons qui restent
vivantes et actuelles. Un sympathique témoignage de fan. (JB)
WESTERN SKiES
J.C. NEEDHAM : Lookinʼ’ Back
Retour du Buckaroo Balladeer avec encore un
excellent album, à la très belle photo de pochette,
constitué de reprises et trois compositions. Que
des ballades, folk, cow-boy avec ambiance, et trois
belles valses, dont les deux meilleures sont de
sa composition Lookin’ back et Ol’ Double Diamond. Les ballades
les mieux abouties sont Doney Gal (pas celtique comme le jeu de
mots du titre pourrait le laisser croire) John Ed sang Cowpoke de
Chris LeDoux et You just can’t see him from the road d’Ed Bruce,
avec l’aide de Sonia Needham (vo). Il est réconfortant de voir de
nouveaux artistes dans un genre un peu délaissé de nos jours.
PO Box 108, South Rim UT 84071
TRAiLS & RAiLS : Western Tales
Copieux (20 titres) CD, avec souvent une ambiance
bluegrass, en particulier sur les instrumentaux, de
la part de Walt Richards, Paula Strong, Ken Wilcox,
Pete Warhole. On la retrouve aussi sur certaines
des nombreuses ballades western/ western
folk qui l’émaillent, dont les meilleures sont Down the California
trail, Fifty years ago, Train back to Texas, Mountains of the heart
et Rambler, gambler. On trouve aussi la superbe valse Waltz for
Marie, ainsi que deux titres qui sortent du cadre général, Hawaiian
rough rider, marrant avec ses paroles en hawaïen, et le celtique
Hills of Aberdeen. Une nouvelle réussite de ce groupe attachant,
dont les sonorités et inspirations évoquent Tom Russell, les Sons
of the Pioneers, Marty Robbins. (BB)
Le Cri du Coyote n°125 page 40
5750 Amaipa Drive 9, La Mesa CA 91942
DiSQU'AiRS
LES CHiCS TYPES Hey ! Ma B.O.
La bande originale des Chics Types.
Le sous-titre explique le concept qui relie
ces 14 titres (si l'on inclut l'introduction
parlée de Kent). Après Une Belle Journée
en 2008, le trio expose donc ses reprises
en "rock acoustique" de chansons qui ont
marqué leur univers. Le résultat est, à mes
oreilles, très en rapport avec l'intérêt que
j'ai porté à l'original. Pas fan du tout de Téléphone (Hygiaphone)
Coutin (J'aime regarder les filles) ou Noir Désir (Le vent nous
portera) j'avoue ne pas être plus sensible à ces versions. Peut-être
seraient-elles plus appréciées sur scène ou est-ce une question de
génération (il y a de plus en plus de plus jeunes que moi !). Pour le
reste, la diversité, de Dylan (Knockin' On Heaven's Door) au Velvet
Underground (Walk On The Wild Side) de U2 (One) à Otis Redding
(Sittin On The Dock Of The Bay) et des Stones (Miss You capté en
live avec Alexandre Placet-gtr) au traditionnel (Bella Ciao) je me
sens plus en adéquation avec le projet et sa réalisation. Christian
Biral (gtr, vo) Jean-Yves Demure (bat) et Cédric Vernet (bss, hrm,
vo) reprennent leur composition Ma B.O., avant de finir sur un aveu
sympathique (Dans ma compil' y aura Cabrel) qui fait le lien avec le
fond de musiques américaines qui nous a tous nourris, comme la
pochette qui s'inspire de Edward Hopper. (JB) www.chicstypes.fr
GLEN CAMPBELL : Ghost On The Canvas
Soyons directs, autant que l’est encore
Glen : il est malade, il sait qu'il va peu à peu
perdre et oublier sa personnalité, et que c’est
son dernier album. L’allusion au fantôme
perdu dans les souvenirs et la nostalgie
n’est donc pas une simple figure de style.
C’est l'allusion d’un homme qui rappelle sa
vie (agitée pour le moins, entre aventures
féminines, alcool et autres "excitants") et A Thousand Times (écrit
avec Julian Raymond qui co-produit avec Howard Willing) dit bien
cette richesse d’expériences en tous genres. Du coup Glen est
conscient : "chaque inspiration que je prends est un cadeau que
je ne considérerai jamais comme allant de soi" (Each breath I take
is a gift that I will never take for granted) et, content de vivre et
d'apprécier ce moment, il rend logiquement grâce à Dieu après ce
constat. La chanson titre de Paul Westerberg est plus cadrée et
SURFiNʻ‘
HANG-TEN HANGMEN :
Live At The Shameful Tiki
Album 4 titres de nos
Canadiens cagoulés, déjà
présentés ici. Aussi bien
sur Zombie stomp, Jungle
sunrise, Attack of the Trophy
wives que sur Cactus alley,
on retrouve leur style et influences habituels
(Dick Dale, Link Wray, les groupes surf
instrumental du début des années 60). Bien
que je m’interroge toujours sur l’intérêt de
la chose pour un groupe instrumental, ce
disque a été réalisé en public, avec une
bonne balance, ce qui n’est pas toujours le
cas pour ce type de réalisation. (BB)
HANG-TEN HANGMEN : Surfing ! Cars !
Girls ! and Zombies !
Autre album 4 titres, qui
confirme les impressions
des parutions précédentes :
les deux titres vocaux,
Night of the surfing dead et
She’s my zombie baby, sont quelconques.
Mais Shut’em down in zombie town est bien
d'inspiration Ventures/ Shadows et Zombie
sleepwalk plus dans un registre Dick
Dale/ Link Wray. Comme le précité, n'est
disponible qu’en mp3. (BB)
www.cdbaby.com
MERLE HAGGARD : Working In Tennessee
Reconnaissons que Le Cri ne s'est pas
assez intéressé à Merle Haggard ces
dernières années. Il est vrai qu'entre un ou
deux albums moyens et sa convalescence
(opéré d'un cancer en 2008) on attendait la
bonne envie, celle qui permette de retrouver
le grand bonhomme qui fait partie de nos
talentueux aînés de la country. Et voilà que
c'est le cas avec ce disque réussi qui débute sur un rythme entraînant
qui rappelle combien Merle est amateur de Western Swing (qu'on
songe aux hommages à Bob Wills). Si parfois la voix fait un peu
"plus vieille", mais sans déraper, si Cocaine Blues est plus banal
comme thème (ces anciens sont tous des repentis de leurs excès
en boissons et autres drogues, sauf Willie qui carbure chaque jour
à sa Marie-Jeanne ! et il faut qu'ils donnent leur leçon sans oublier
Dieu qui les attend), il n'empêche que l'album est un bon exemple
de country music dans la grande et belle tradition qu'on aime. Les
chansons sont parfois co-signées avec ses enfants et sa femme
Teresa, cette dernière partagent en duo la reprise de Jackson en
final (pas la reprise la plus indispensable, mais un écho amical
à June et Johnny Cash). Merle reste l'œil vif et l'oreille attentive,
comme en témoigne Too Much Boogie Woogie qui évoque les
artistes d'aujourd'hui jugés plus proches d'un rock 'n' roll excité que
de la musique des country boys. On ne le contredira pas, d'autant
que sa démonstration est exemplaire : Merle a toujours des rêves
(Sometime I Dream) et il est resté proche des gens de peu (Truck
Driver's Blues, ou Workin' Man Blues justement avec Willie Nelson
et Ben Haggard). Cette vérité fait partie de son talent et de son
métier, il suffit de l'écouter pour l'apprécier. A mettre sur l'étagère à
la référence country music, simplement. (JB) Vanguard/ Universal
produite pour les radios FM, avec son coulis de violons, et le reste
encore est plus intéressant. On a droit à In My Arms, qui sonne
comme une réussite à la Tom Petty ou Hold On Hope, qui devrait
consoler les plus inquiets, d’autant que Glen insiste sur la force
de l’amour (There’s no me without you, je ne suis rien sans toi).
Signalons aussi l’excellente composition de Jakob Dylan Nothing
But The Whole Wide World, avec un feeling très country et un beau
picking de mandoline en final. Quelques invités (Brian Setzer, Steve
Hunter, Dick Dale, Chris Isaak) apportent leur savoir-faire, le long
final musical est plein de bons solos, comme pour repousser la fin
réelle. Au total un bon album de chansons, dont on peut détacher
les moments banals (des petites parties instrumentales insérées)
pour ne garder que ce qui a fait le succès de ce talentueux profiteur
de la vie, sa voix, son talent et son univers. (JB) Surfdog/ Universal
RECKLESS REEFERS : Last Wave Of The Day
On n'avait plus entendu
parler de ce groupe surf
instrumental de Californie
du sud depuis leur premier
album, paru en 2007. Eric
Cutshall (gtr, bss, pno, org),
Mike Torrence (bat) et Ray Zeigler Jr (perc)
ont, cette fois-ci, l’humeur balladeuse, et
toujours un son à la Shadows/ Ventures
(Pier pressure, Last wave of the day,
Sneaker set, Sideslip) alors que Aye
carumba rhumba évoque plus Ennio
Morricone que la rumba. Delayed waves
est le seul morceau enlevé. Ce deuxième
album intéressera surtout les fans des
Shadows/ Ventures. (BB) Autoprod. PO Box
321 Angelus Oaks CA 92305
JON & NiGHTRiDERS : Surf Beat 80
Attention voici un rendezvous avec la légende : il
s’agit de la réédition du
33t de 1980, lesté de six
titres supplémentaires. Et
pourquoi ce Surf Beat 80
est-il légendaire ? Bonne
question, à laquelle il est facile de répondre.
En 1979, en pleine période garage/ punk,
le guitariste soliste John Blair (que tous les
amateurs de surf instrumental connaissent
pour sa Bible discographique sur le sujet)
réunit quelques potes pour monter un
Le Cri du Coyote n°125 page 41
Young Man With the Big
Beat : Coffret 5 CD Sony
Legacy. Enregistrements
RCA 1956 du King
+ alternatives + un concert
live inédit. Livret 100 p.
Existe en version 2CD
groupe dans un genre qui n’a plus été
joué ou enregistré depuis l’intrusion des
Beatles sur le marché US au milieu des
60's. Baptisés Jon & the Nightriders, ils
enregistrent un simple autoproduit, qui
arrive aux oreilles de Greg Shaw, patron de
Bomp à Los Angeles. Emballé par ce qu’il
a découvert, il envoie John, Dusty Watson
(bat) Jeff Niki Syxx Nicholson (bss) et Ed
Eddy B‘Gianni Black (r-gtr) en studio pour un
album 14 titres, sorti en 1980. A la surprise
générale, c’est un succès, qui déclenche
un surf revival, quelques années avant le
rockabilly revival. Si vous aimez le rockin’
surf instrumental, vous pouvez acheter ce
CD les yeux fermés, c’est de haute volée
et du pur bonheur, avec des titres connus
comme Banzai washout, Bombora, Riptide,
Rumble at Waikiki, Mr Moto, Baja (signé Lee
Hazlewwod) un Over the rainbow qui rocke,
mais oui, ou des compos du même tonneau.
Greg Russo, le patron de Crossfire, qui avait
déjà sorti Stampede ! en 2007, a vraiment
eu une idée de génie lorsqu’il a lancé et
mené à bien ce projet ! (BB)
Crossfire, PO Box 20406 Floral Park NY 11002
HONKY TONK
LiAM FiTZGERALD & RAiNiEROS :
Bad Decisions, Big Mistakes
Nous les avions laissés,
il y a 2 ans, sous le nom
de Rainieros, avec un CD
au titre identique. Alors
quoi de neuf ? Ils sont
devenus Liam Fitzgerald
(vo, gtr) & The Rainieros
et leur composition a pas mal changé,
seul le bassiste/ contrebassiste Tyler
Johnson restant du groupe originel. Le
premier CD étant sorti en édition limitée
et le groupe étant différent, ils ont décidé
de revisiter les titres déjà enregistrés,
sauf Too little, too much, absent de cette
deuxième mouture. En revanche, on a
droit à cinq des titres dans des versions
faites avec une composition de groupe
différente des dix premiers. Mais que
ceux qui penseraient avoir deux ou trois
copies carbone des mêmes morceaux
se rassurent : les versions sont reprises
de manière différente et vous pourrez
choisir celle que vous préférez. Qui plus
est, le style est resté aussi superbe,
toujours nettement influencé par le son
Bakersfield, avec un chouia de boom
chicka boom ou de hillbilly bop. Il n’y a
que des pépites là-dessus, dont la plus
étincelante reste Emilie, superbe ballade
country folk à la Gentle on my mind. On
espère un prochain CD plein de titres
nouveaux. Au boulot, les gars ! (BB)
Autoprod, www.cdbaby.com
LiTTLE LiSA DiXiE : Little Lisa Dixie
L’habit ne fait pas le
moine ou plutôt la nonne
et voici une nouvelle
chanteuse, bien tatouée,
un peu à la manière de
Dale Watson. Je n’irai
pas jusqu’à dire qu’elle chante comme
un rossignol, mais son vocal colle bien
à sa musique et c’est l’essentiel : un
mélange de bluegrass folk (Bonnie and
Clyde), de country folk, d’Americana
medium, de boom-chicka-boom un peu
à la Cash/ Carter (I‘ll go with you avec
Eddie Macintosh des Garnet Hearts) et
surtout de honky tonk rapide, medium
ou lent (la ballade à pleurer dans sa
boisson Living to survive). Intéressante
découverte, une artiste à suivre. (BB)
PO Box 25235 Washington, DC, 20027
www.anothermilerecords.com
Nous regrettons de ne pas avoir la place de
publier une notice nécrologique détaillée pour
chacun de ces musiciens. Nous reviendrons
sur certains d'entre eux plus tard.
James Benton FLiPPEN (90 ans) 28 juin
(Banjoïste & Fiddler)
Charlie CRAiG (73 ans) 1er juillet
(Musicien & Songwriter country music)
Manuel GALBAN (80 ans) 7 juillet
(Guitariste cubain)
Kenny BAKER (85 ans) 8 juillet
(Fiddler bluegrass)
George McANTHONY Né Georg Spitaler
(45 ans) 8 juillet (Chanteur country music)
Clifford Travis BEAN (63 ans) 10 juillet
(Luthier, guitare/ Aluminium)
Trudy STAMPER Née Gertrude McClanahan
(94 ans) 10 juillet (Radio WSM)
Alex STEiNWEiSS (94 ans) 18 juillet
(Graphiste, a créé la pochette de LP illustrée)
DiSQU'AiRS
En prolongement de Cash Bootleg Vol. II (Le Cri 122)
quelques précisions sur cette remarquable édition :
* CD1. Paragraphe A “On The Air” :
Séquence à la radio KWEM de West Memphis,
Arkansas, le 21 mai 1955 avec Luther Perkins
(elec-gtr) et Marshall Grant (cbss).
- Thème intro, instrumental cashien de 33".
- Wide Open Road, en up-tempo, déjà gravé
chez Sun (cf en mars, avec steel-guitar).
- One More Ride. Une prise incomplète sera
faite chez Sun en octobre 1956.
- Luther’s Boogie. Bref instrumental de 44".
- Belshazzar. Ce beau gospel ne sera
enregistré pour Sun que deux ans plus tard.
- Closing theme. Instrumental de 28".
Cet inestimable document sonore n’a été édité
que sur l’US ColumbiaLegacy The Legend en
2005.
* CD1. Paragraphe B
“Early Demos” :
J. Cash : vocal et guitare
acoustique. Sont inédits :
- I Walk The Line, Get
Rhythm, Train Of Love.
Ces morceaux seront
gravés chez Sun, avec les
Tennessee Two,
en avril 1956.
- My Treasure. A
rapprocher de la prise
Sun de fin 1954.
- Belshazzar. La version
Sun date de l’été 1957
- He’ll Be A Friend, When I Think Of You, I Just
Don’t Care Enough, I’ll Cry For You.
Ces quatre titres ne seront pas repris dans
son œuvre discographique.
- You’re My Baby. Deux faux départs et une
prise inédite. Dans la lignée de la célèbre et
magistrale interprétation de fin 1954.
- Country Boy et Rock ‘n’ Roll Ruby, KWEM
avec le second vocal de Marshall Grant, sont
les versions déjà publiées. (Country Boy : Sun
studio août 1957. Rock’n’ Roll Ruby, KWGM
Radio, West Memphis fin 1955/ début 1956).
* CD1. Paragraphe C “Sun Rarities” :
Les 7 titres présentés sous leur forme
undubbed se trouvent sur diverses éditions,
dont le coffret Bear Family BCD 15517.
* CD1. paragraphe D “More Demos”
J. Cash : vocal et guitare-acoustique.
Deux inédits :
- Restless Kid. Composé par Cash pour Ricky
Nelson et non retenu pour le film Rio Bravo
d’Howard Hawks. Nelson
l’enregistrera à nouveau
pour Imperial en novembre
1958. Waylon Jennings le
chantait sur la scène du
JD’s (Scottsdale, Arizona)
en septembre 1964 (Cf Le
Cri du Coyote n°61 et 99).
- It’s All Over. Début de la
période Columbia.
Pour les inconditionnels
de Cash, le CD2 est moins
attractif : The 1960’s inclut
23 titres Columbia issus
de singles non édités aux
USA. Tout cela se trouve
sur moult publications,
notamment les coffrets
Bear Family BCD 15517 et BCD 15562.
Sont présents le foudroyant Locomotive
Man du single US, ainsi que One Too Many
Mornings, de Dylan, non publié aux USA.
Ce CD se conclut par deux limpides inédits
de juillet 1969, de vibrantes démos (vo et gtracoustique) de Six White Horses et Come
Along And Ride This Train.
Marc Alésina
HARRY MANX & KEViN BRETT : Strictly Whatever
Ce duo de guitaristes, fort doués, propose un CD qui n’est pas trop dans un
genre apte à déclencher une ruée des lecteurs du Cri. La majorité des titres est
constituée de variété, agréable comme la reprise du Sunny de Bobby Hebb/
Richard Anthony, d’un peu de pop rock ou folk rock. Seuls les deux derniers titres, Looking for a
plan et Carry my tears away, relèvent d’une Americana agréable. (BB) www.stonyplainrecords.com
BETH M. JiMENEZ : Honesty
Voilà un CD de musique que les anglophones appellent easy listening, sorte de variété un peu
à la Chris Isaak. Ceux qui aiment les ballades medium de ce type seront servis, car les huit titres
de l’album en relèvent tous. (BB) King Hudd, PO Box 2274 Hemet CA 92546
DAViNA & VAGABONDS : Black Cloud
Ce quintette de St-Paul, Minnesota, offre un CD situés musicalement entre variété et jazz trad
néo-orléanais (l’instrumental Vagabond stomp, qui l’ouvre et le conclut), avec plusieurs titres qui
font penser à Cab Calloway. D’intérêt pour les Coyotes, on notera un rockin’ r’n’b à la Louis Prima
(Lipstick and chrome), la belle ballade soul River et un Carry him with you, entre ballade soul et
gospel. (BB) Roustabout, Distr. Mark Pucci M, 5000 Oak Bluff Ct Atlanta GA 30008
PLATiNE
PLUS
KNOCKiN' ON HEAVEN'S DOOR
Bill MORRiSSEY (59 ans) 23 juillet
(Chanteur, Songwriter)
Tony PASS (65 ans) 26 juillet
(Ingénieur/ résonateur banjo Stelling)
Jack (Harold) BARLOW (BUTCHER)
(87 ans) 29 juillet (Chanteur country music)
Jimmy EVANS (75 ans) 3 août
(Bassiste de Conway Twitty, Chanteur Sun)
Fred iMUS (69 ans) 6 août
(Songwriter et homme de radio)
Marshall GRANT (83 ans) 6 août
(Bassiste de Johnny Cash)
Billy Grammer (85 ans) 10 août
(Chanteur & Songwriter)
Gerald Owen DAViS (64 ans) 19 août
(Songwriter country music)
Jerry LEiBER (78 ans) 22 août
(Songwriter)
Le Cri du Coyote n°125 page 42
Liz MEYER (59 ans) 26 août
(Chanteuse, Songwriter, Productrice)
Don WAYNE né Donald Choate
(78 ans) 12 septembre (Songwriter)
Wayne MAiNER (101 ans)
12 septembre (Banjoïste)
Wilma Lee COOPER née W.L. Leary
90 ans (Chanteuse country music)
Johnny MATHiS (81 ans) 28 septembre
(Chanteur country music)
Johnny WRiGHT (97 ans) 29 septembre
(Chanteur country music)
Bert JANSCH (67 ans) 5 octobre
(Chanteur, Songwriter, Guitariste)
Bill MACK (78 ans) 5 octobre
(Bassiste de Gene Vincent)
Joel "Taz" DiGREGORiO (67 ans)
12 octobre (Charlie Daniels Band)

Documents pareils