L`Orient-Le Jour 25 janvier 2016 La roue tourne pour la Libanaise

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L`Orient-Le Jour 25 janvier 2016 La roue tourne pour la Libanaise
L’Orient-Le Jour 25 janvier 2016
La roue tourne pour la Libanaise des jeux
Liban - Focus
Avec le lancement d'un nouveau jeu de tirage et bientôt d'une application mobile, le gérant de la loterie
veut embrayer sur les bons résultats retrouvés l'an dernier.
Soraya Riachi
« Facile, moins cher, avec une probabilité de gain élevé » : pour présenter Yawmiyeh, le nouveau jeu
de tirage de la Libanaise des jeux (LLDJ), son directeur général, Rainier Jreissati, veut frapper les
esprits, 8 ans après l'introduction de son dernier jeu, Zeed, joker du Loto. Alors que les autres jeux de
la LLDJ coûtent à minima 1 000 livres, le prix de Yawmiyeh, constitué de trois grilles de chiffres à
cocher, oscille entre 500 et 3 000 livres. Diffusé sur la LBCI depuis lundi, il permet au joueur de
remporter au maximum 80 000 dollars.
« La population qui joue à la loterie diminue depuis 5 ans. Nous avons investi 2 millions de dollars dans
ce nouveau jeu pour attirer une nouvelle clientèle, orientée vers des gains rapides sans toutefois offrir
de lots importants », explique M. Jreissati, faisant référence à la baisse du pouvoir d'achat généralisée
dans le pays. Grâce à Yawmiyeh, la LLDJ s'attend à une hausse de 15 % des ventes cette année.
Un autre jeu, au sujet duquel il n'a pas donné plus de précisions, devrait également être lancé d'ici à
deux ans. Pour attirer de nouveaux clients, la LLDJ compte également diversifier ses moyens de
diffusions avec le lancement, « d'ici à un mois », d'une application mobile qui complètera ses 1 200
points de vente et « devrait inciter les Libanais de la diaspora à jouer », espère M. Jreissati.
(Lire aussi : « Yawmiyeh », une chance au quotidien de tirer le gros lot)
Ventes en hausse
De quoi permettre d'espérer entretenir les bons résultats de 2015, qui a vu le chiffre d'affaires de la
LLDJ croître de 13,25 %, à 93 millions de dollars, après avoir globalement diminué entre 2010 et 2014.
Cette somme est redistribuée à 42 % à l'État – soit 39 millions de dollars en 2015 – avec un seuil
minimal fixé à 33 millions de dollars. Le reste est partagé entre les clients (45 %), les points de vente
(5 %) et la LLDJ (8 %), qui consacre sa part aux salaires, au marketing et aux opérations de vente,
détaille M. Jreissati. « Il nous reste à peine 2 % en bénéfices », ajoute-t-il, soit environ 1,8 million de
dollars.
En lançant un nouveau jeu de tirage comme Yawmiyeh, la LLDJ mise sur une valeur sûre : ses neuf
jeux de grattage ne représentent que 5 % des ventes. Le Loto, avec environ 700 000 joueurs pour un
tirage bihebdomadaire, garde le statut de jeu phare depuis les débuts. Un déséquilibre qui ne se
retrouve pas dans d'autres pays : en France, les jeux de grattage représentaient 45 % du chiffre
d'affaires de la Française des jeux en 2014, et les jeux de tirage 40 %.
« En 13 ans, plus de 480 millions de dollars ont été distribués à plus de 28 millions de gagnants (du
Loto) », avait d'ailleurs souligné M. Jreissati lors du lancement officiel de Yawmiyeh le 14 janvier, pour
des gains qui débutent à 8000 livres et peuvent s'élever à plusieurs milliards. Le lot le plus important a
été de « 7 milliards et quelque, en 2005 », se souvient-il, soit d'environ 4,5 millions de dollars. Bien
que le gain soit taxé de 10 %, il est encaissé immédiatement, procédure relativement simple par rapport
aux États-Unis, par exemple, où les gros lots sont lourdement taxés. Cependant, les sommes restent
modestes par rapport à celles remportées outre-Atlantique, où 1,5 milliard de dollars ont été récemment
partagés entre trois gagnants lors d'un tirage du Powerball. « C'est complètement autre chose, le lot
dépend du pourcentage des ventes », se défend M. Jreissati.