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Bande dessinée
Les aventures de Rabbi Harvey :
la sagesse et l’humour juifs
au Far West
Le sourire du clown
c Brunschwig, Hirn
Editions Futuropolis - 2 tomes - 13,50 et 15,00 €
c Steve Sheinkin / Editions Yodea - 14,50 €
Un clown meurt dans une cité
banlieusarde repliée sur ellemême et c’est l’avalanche. Les
illusions et les rêves vont en
prendre un sale coup. La pauvreté
et la rancoeur des habitants vont
faire le reste. Les tensions vont
s’accumuler jusqu’à faire la une
de tous les journaux.
Les auteurs nous avait déjà
concocter un polar socio-politique
magnifiquement construit avec Le
Pouvoir des innocents, ils nous
embarquent cette fois au fin fond
d’un quartier sensible, dans une
atmosphère froide et douloureuse,
où le peu d’espoir qui reste
s’envole pour laisser place à la
violence d’une misère sourde et
manipulable.
C’est dur mais extraordinaire !
Rabbi Harvey sort de l’école rabbinique
et ne trouve pas de travail. Il s’en va
au Far West et se retrouve face aux
trois brigands (!) que sont Daniel «Le
Lion» Levy, «Big Milt» Wassermann
et Moise»Matsa Man»Goldwater, qui
tiennent la petite ville de Elk Spring de
leur mains de fer....
Plutôt que de les affronter en un
traditionnel duel avec des flingues, c’est
à coup de ruses et d’intelligence que
Harvey se fera une place!
Vous avez connu le Talmud à travers les
miaulements du Chat du Rabbin, prenez
plaisir à vous y (re)plonger grâce à
l’humour de Rabbi Harvey avec un trait à
la South Park façon macrobiotique! C’est
décapant!!!
Quai des Brumes, Strasbourg
Le Merle Moqueur, Paris 20e
Hôtel Koral
c Anthony Pastor / Editions de l’An 2 - 22€
L’accablante apathie
des dimanches à Rosbif
On ne sait pas où, ni quand se
déroule cet album. Même si le
décor de la ville rappelle celui
d’une Amérique contemporaine,
le récit se situe dans pays
inconnu qui, peu à peu, se
remet d’une violente guerre
civile que tous préfèrent oublier.
À la manière d’un western
moderne, un étranger… en
l’occurrence une jeune femme
journaliste - débarque en ville,
pose des questions et se
met chasse d’un vieil homme.
Vengeance ? Règlement de
compte ? Le passé n’est jamais
définitivement enterré.
Une ambiance de rêve
américain. Qui ne masque
cependant pas une réalité cauchemardesque. On pense à Tarantino, à
Samuel Fuller aussi : un hôtel glauque pour personnes âgées, une fille
débarquant de nulle part qui fouine trop pour être honnête, un voyou tête
brûlée énigmatique, et des dialogues vifs comme un cran d’arrêt.
Les illustrations sont au nombre de deux cases par page et révèlent une
violence froide, où se mêlent caricatures et angles de vue inattendus et
terriblement cinématographiques. Le lecteur est assailli aussitôt par un
sentiment de malaise, embarqué dans un rapport troublant à une réalité
crépusculaire.
c Sébastien Larher, Gilles Vassant - Editions Futuropolis - 25,00€
Brice Fourrastier est un show-man.
La quarantaine à peine franchie,
il est une star adulée, le comique
du moment dont le cynisme et les
sarcasmes tombent toujours juste.
Il fait un triomphe avec son dernier
spectacle : « L’accablante apathie
des dimanches à Rosbif. »
Mais sa vie va brusquement changer
lorsque son médecin lui annonce
qu’une grave maladie le ronge. Il n’a
plus que trois mois à vivre.
Brice, toujours en décalage, décide
de consacrer son dernier spectacle
à la Mort, ... et devant ses proches.
Ca sent la destinée Desprogienne
et pas qu’un peu !
L’auteur nous fait passer du rire aux
larmes, aux rires, aux larmes, avec
beaucoup de justesse.
Sébastien Vassant réussit le pari de
dessiner un quasi-monologue de
250 pages sans qu’on s’ennuie une
seule seconde. Une BD à la fois
très drôle et bouleversante.
Lucioles, Vienne
Le Merle Moqueur, Paris 20e
02
Petites éclipses
c Fane & Jim - Collection «Ecritures», Editions Casterman - 15,95 €
À l’occasion d’une éclipse solaire, de vieux
amis, trois garçons, trois filles, se réunissent
dans une maison de campagne pendant
quatre jours. Ces trentenaires vont faire face
à leurs vieux démons.
Même si le dessin pourrait bloquer certains,
penchez-vous sur ce petit chef-d’œuvre
d’humour et de poésie. C’est profondément
humaniste, ça transpire l’authenticité et ça se
dévore avec énormément de plaisir !
Le Merle Moqueur, Paris 20e
R97
c Bernard Giraudeau, Christian Cailleaux
Editions Casterman - 17,95 €
La Communauté
[entretiens : 1ere partie]
En 2004, Bernard Giraudeau
faisait paraître son roman Les
Hommes à terre qui nous
livrait l’histoire de marins
perdus en mer et dans leur
imaginaire. Librement inspiré
de ce roman, sort aujourd’hui
en bande dessinée, avec un
magnifique travail graphique
de Christain Cailleaux, R97,
l’histoire d’un jeune homme,
Théo Laurens, âgé de dix-sept
ans, qui décide de s’engager
dans la marine et part faire
le tour du monde à bord de
« la Jeanne d’Arc ». L’histoire
est simple, classique mais
toujours efficace. A côtoyer
la mer, les pays, les marins
et bien évidemment les femmes, Théo va apprendre à être un homme. En
suivant les pas de Conrad, Melville, Stevenson et Rimbaud, Théo nous fait
vivre un voyage romantique dans le monde, dans la vie et dans la littérature.
C’est beau et tendre, comme un doux rêve que l’on voudrait interminable.
c Tanquerelle & Benoit - Editions Futuropolis - 24€
Mai 68 et après ? ....
Qu’on se le dise, la «révolution de 68» a
ébranlé la société française;
Hervé Tanquerelle nous montre ici une
nouvelle facette de son talent avec le
premier tome de La Communauté.
Loin des clichés post soixante-huitards et
des «livres anniversaires» qui envahissent
les librairies, ce livre témoin nous plonge au
coeur de ceux, qui, il y a 40 ans, ont voulu
vivre autrement....
Le mouvement communautaire fut une
manière assez radicale de vouloir fonder une
société nouvelle et a suscité de nombreux fantasmes; mais, contrairement
aux idées reçues, chaque communauté vivait cette expérience à sa façon.
Magnéto et micro en main ,Hervé Tanquerelle recueille le témoignage d’un
des fondateurs de «la Minoterie», Yann Benoit, devenu aujourd’hui son
beau père.
Nous sommes en 1972, Yann et une bande d’amis achètent une ancienne
minoterie abandonnée. Il décrit un quotidien difficile, loin des clichés de
l’époque: rénovation du lieu, mise en place d’un atelier de sérigraphie,
nombreuses tâches agricoles. La communauté cherche à profiter du savoirfaire des «autochtones» pour améliorer son fonctionnement. Petit à petit,
la « Minoterie» devient une communauté authentique loin du slogan des
seventies: «sex drug & rock and roll».
Le Square, Grenoble
Le visiteur du Sud
c Oh Yong Jin / Editions Flblb - 19 €
Le Square, Grenoble
1935, Etats-Unis. Edward Ray Cochran
plaque tout. Sa maison. Sa femme. Et
son futur enfant. Pour son rêve : le blues.
Il prend la route, avec sa guitare, pour
sa métamorphose en Météor Slim roi du
blues et roi du Mississippi. La route est
semée d’embûches, d’endroits minables,
de petits escrocs, de femmes peu
fréquentables et de caves sombres. Et au
détour de toutes ces difficultés, apparaît
un Robert Johnson, maître à penser et
maître à jouer. Et naît la musique, les jam sessions à l’improviste, les nuits
d’ivresse qui servent et desservent le talent. Et puis naît un disque, si fragile
qu’il peut se briser comme le succès et comme la vie. Avec un dessin tout à
fait époustouflant, Frantz Duchazeau nous entraîne corps et âme sur cette
route du Mississippi au rythme d’une belle balade.
Monsieur Oh, Coréen du sud,
ouvrier en bâtiment, entreprend
un voyage insensé en Corée du
nord. Un même nom, deux pays,
deux cultures diamétralement
opposées. D’anecdotes en études
sociologiques, Monsieur Oh nous
fait partager cette expérience
hors norme. Son voyage cocasse
à bord d’un avion minuscule et
dangereux, les quiproquos de la
langue, ses
malencontreux écarts par rapport
à la culture du nord, ses conditions
de travail un peu particulières, tout
y passe avec humour et réflexion.
Agrémenté d’encarts explicatifs
sur la situation politique et
économique de la Corée du nord,
cet album est une vraie mine d’or pour approcher d’un peu plus près ce
pays si fermé et si mystérieux. Un voyage qu’on est encore loin de pouvoir
faire.
Le Square, Grenoble
Le Square, Grenoble
Le rêve de Méteor Slim
c Frantz Duchazeau / Editions Sarbacane - 23 €
03
Jeunesse
Gadji !
c Lucie Land / Coll. Exprim’, Editions Sarbacane - 10€
A partir de 13 ans
Jeune rom, Katarina grandit dans la Roumanie de Ceaucescu, entre une
mère aimante, un père musicien et fêtard, et toute une tribu de petits frères
aussi canailles que généreux. Entre décharge et caravane, à 12 ans, elle
a déjà vécu mille vies. Danseuse, chanteuse et musicienne, c’est avec
une fascination étonnante qu’elle découvre l’univers de l’écrit et apprend
presque seule à déchiffrer ses « vingt-six pattes de mouche régulières »
au risque de passer pour une gadji. Quand l’occasion se présente d’aller
étudier en France, Katarina, lucide et volontaire, saisit sa chance pour
découvrir encore et toujours, apprendre,
partager, en gardant intact l’éternel
optimisme de ses origines.
D’entrée de jeu, Lucie Land nous confie
ce proverbe Rom « Ne te demande pas
si tu dois vivre ou mourir, mieux vaut
chanter ». Le ton est donné…
Porté par une écriture d’une grande
musicalité, entre valse et rythmes
endiablés, Gadji ! est une sorte de
lanterne magique qui distille les surprises
dans une ambiance intime et conviviale.
Ce livre vous prend à bras le corps, vous
invite sur la piste et vous laisse ébloui
et heureux comme à la fin d’une fête
réussie.
Le musée des Jeux
c Vincent Péghaire / Editions.
Palette - 19€
A partir de 6 ans
Attention livre étonnant !!! Prenez
quelques crayons, inst allez vous
confortablement dans un endroit agréable
(mais pas trop ensoleillé) et laissez vous
guider…
De sudoku en memory, de labyrinthe en
jeu de l’oie, ce sont 5000 ans d’histoire
de l’art (et d’histoire tout court !),
qui s’offrent à vous. Présentées chronologiquement, les œuvres d’art
deviennent terrains de jeu. Armé d’un soupçon de logique, de deux doigts
d’observation et d’une bonne dose de curiosité vous voilà prêt à déguster
ce livre-jeu absolument génial !!!
Librairie Lucioles, Vienne
Librairie Lucioles, Vienne
Les Loufoqueries de
François Galuchon
magicien attitré
de Sa Majesté
Clédeu XII
La femme phoque
c Gendrin, Martine Bourre / Editions Didier Jeunesse - 14€
A partir de 6 ans
Dans son village du Grand Nord,
Natatok est un grand chasseur. Alors
que la longue nuit d’hiver touche à sa
fin, il reprend son harpon pour que son
village ne manque de rien. Mais son
agilité et sa bravoure n’ont d’égale
que sa grande solitude. Aussi, lorsque
plongé dans ses pensées, il assiste
à l’étrange ballet d’un groupe de
phoques miraculeusement transformés
en femmes, son esprit s’emballe. Il vole
et cache la peau de phoque de la plus
belle des danseuses espérant ainsi lui
voler son cœur…
Princesse Grenouille des pôles, cette
Femme phoque est un conte magique que Catherine Gendrin nous offre
dans une langue étonnante. Son texte est fluide, limpide à l’image du
vent du nord qui sculpte la banquise. Les peintures de Martine Bourre
accompagnent cette élégance avec une délicatesse infinie. Les vagues
et la glace se mêlent à l’histoire et complètent étonnement les ellipses du
texte…Une vraie merveille pour l’été !
c André Bouchard
Editions Circonflexe - 12,50€
A partir de 3 ans
Rien d’étonnant à ce que le roi de
Pétaouchnokie déclare la guerre à
son confrère Sa Somptuosité Clédeu
XII. En effet, sa fille est revenue de la
cour de ce dernier métamorphosée
en une colossale limace bleue. Ce
n’est donc que le début des ennuis
pour Sa Magnificence Clédeu XII, dont l’unique tort est d’avoir pris à son
service l’enchanteur François Galuchon.
François est une légende méconnue de la magie. Suite à un coup de
foudre, il devient illico presto sourd comme un pot. Depuis, François
n’entend plus les requêtes de son roi et enchaîne abracadabra cafouilleux
et autres formules malheureuses.
Bien décidé à l’empêcher de nuire, Sa Rayonnance Clédeu XII s’en va
consulter une professionnelle de la sorcellerie (compétente, cette fois) qui
lui permettra de neutraliser Maître Galuchon. Désormais, c’est le lecteur
qui risque des soucis…
Librairie Lucioles, Vienne
04
Véritable pied de nez aux contes traditionnels, cet album détourne les
références classiques et regorge d’humour jusque dans les moindres détails
visuels et jeux de mots : Clédeu XII est un roi minuscule et sa princesse
élancée est réduite en un gastéropode répugnant ; François Galuchon
nettoie ses sous-vêtements à coups de baguette magique. On croise
également des Présidents-Directeurs Généraux hilares, un interphone,
Pinocchio ou encore un lapin féroce. Petits et grands prendront plaisir
à partager cette histoire car les dialogues savoureux et les illustrations
malicieuses d’André Bouchard sont un véritable enchantement
Librairie Lucioles, Vienne
Cherche la petite bête !
c Delphine Chedru / Editions Naïve - 4,00€
A partir de 3 ans
Le petit arbre qui chantait
Des ronds, des ponts, beaucoup
de bleu, un peu de vert et puis une
chouette ou un dragon. Quelques
fleurs psychédéliques, du marron,
du jaune, de l’orange et, juste là,
une coccinelle ou un oursin. Une
forêt, quatre brins d’herbe, du
rose, de l’ocre, du saumon pour
l’oiseau ou le papillon.
Non, vous n’êtes pas chez
l’ophtalmo, encore moins dans
le salon de Mamy aux superbes
tapisseries seventies. Vous venez
juste d’ouvrir un livre-jeu vraiment
magique où « bestioles » rime avec
« graphisme », « couleurs » avec
« mouvement », et « fantaisie » avec
« pourvu qu’il y ait encore plein de
pages »… Delphine Chedru, elle
est vraiment très forte ! Et tant
pis si la poésie s’en trouve un peu
bousculée, ce chamboule-tout est
un régal.
c Nadine Brun-Cosme, Muriel Kerba
Editions Nathan - 5.95€
A partir de 3 ans
Tout commence par une graine « tombée
là par hasard à l’automne », comme dans
plein d’histoires finalement…De cette
graine sortira un petit arbre un peu tordu,
mais bien décidé à devenir grand. Et
malgré le vent qui souffle parfois trop
fort, malgré les rencontres de la vie
qui vous cabossent un peu, petit arbre
pousse et pousse encore…
Un petit album plein de vie, tout en
philosophie, porté par une illustration
poétique et fleurie, à lire ou à faire lire
sans modération…
Librairie Lucioles, Vienne
Le souffle des marquises
c Muriel Bloch, Marie-Pierre Farkas
Editions Naïve - 14€
A partir de 11 ans
Librairie Lucioles, Vienne
A poils… ou à plumes ?
Lille, novembre 1852 : Arsène, joueur de piston amateur devient papa d’une
petite fille. Sûr, il aurait préféré un garçon car « les garçons à l’orphéon,
les filles aux aiguilles ».
En dépit de l’interdiction et des mises en garde, Eléonore joue en cachette
du cornet à piston, encouragée par sa mère et son frère. Un jour, son père
la surprend, il va « lui faire passer l’envie de musique à la petite ». Cela
n’est pas convenable ! Il l’envoie à Paris dans la blanchisserie de sa sœur,
Eléonore a 10 ans. Sans jamais renoncer à la musique, Eléonore grandira
emportée par le tourbillon des évènements de cette fin du XIXème : la
Commune, l’ Exposition Universelle. Elle rencontrera les frères Sax, (l’un
inventeur du saxophone , l’autre
créateur de la première fanfare
f é m i n i n e ) e t b i e n d’autres
personnages célèbres ou non, de
Montmartre à la Nouvelle-Orléans
en passant par Ellis Island.
Un destin hors du commun
magnifiquement écrit par Muriel
Bloch (conteuse) et Marie-Pierre
Farkas (journaliste), toutes deux
passionnées de musique.
Profitez de l’été pour dévorer
cette saga foisonnante au rythme
endiablé, puis gardez le souffle
et l’énergie…la suite arrive en
septembre !
c Stéphane Frattini / Milan Jeunesse - 12€
A partir de 3 ans
Est-ce la peau de zèbre qui fait cet
effet-là ? Ce petit album cartonné
donne envie de s’en saisir ! Dans la
collection Ouvre l’œil, les éditions
Milan Jeunesse nous proposent ce
documentaire de Stéphane Frattini,
qui se présente sous la forme d’un
livre-jeu vif et coloré, chaque page
présentant en gros plan un motif
animal, qu’il soit peau, fourrure,
plumes, ou écailles. C’est un tatou !
Mince alors, c’est un pangolin…
Destiné aux plus petits comme
aux plus grands, le jeu consiste en
premier lieu à découvrir quel animal se cache derrière chacune des photos.
Faciles à manier, les rabats, une fois soulevés, révèlent le propriétaire de
telle robe ou carapace. Mais on y trouve également des commentaires
vivants sur l’importance de ces rayures et plumages chatoyants pour la
survie de chaque espèce présentée, pour chasser, séduire ou se protéger.
Avec simplicité, cet ouvrage réussit à mêler fantaisie et découverte des
animaux d’ici et d’ailleurs. Les photos de cet imagier, haut en formes et en
couleurs, se rapprochent de l’Impressionnisme et on ne résiste pas aux
plaisirs d’admirer l’art merveilleux dont regorge la nature.
Librairie Atout Livre, Paris 12e.
Librairie Lucioles, Vienne
05
Envol pour le paradis
La machine à tout
c Jean-Marie Defossez
Coll. Millézime, Editions Bayard jeunesse - 10,90 €
A partir de 12ans
c Lorris Murail / Editions Mic Mac Prod - 15,00€
A partir de 3 ans
Amédée, inventeur fou, fabrique des machines qui
ne servent à rien au grand dam de son entourage
et surtout de Félicie, sa femme, qui pique sa
crise… Amédée décide de fabriquer une machine
à tout pour aider sa femme, mais voilà, tout ne se
passe pas comme prévu… Un livre plein d’humour
de couleurs et de robots en tout genre…
Préservé par ses parents agriculteurs
de la montée du nazisme, Arthur, jeune
allemand d’une douzaine d’années vit
sa vie d’enfant. Entre l’école et les
travaux des champs, son plaisir est de
voir voler les avions du terrain militaire
voisin.
Tout bascule le jour où il est emmené
de force par les SS dans un internat
des Jeunesses Hitlériennes.
Il y découvre l’idéologie nazie. N’ayant
plus de contact avec ses parents, il
cherche à comprendre ; il critique et
réagit face à ces idées qui ne sont
pas les siennes. Jusqu’au jour où on
lui propose d’apprendre à piloter… Un
roman sur l’embrigadement à lire dès
12 ans.
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Jean et Jeanne
c Yves Pinguilly, Aurélie Blanz
Editions Vilo Jeunesse - 15,00€
A partir de 6 ans
Dans une forêt profonde, une affreuse
sorcière transforme les jeunes filles
en oiseaux puis les enferme dans son
château. Jeanne est l’une d’entre elles
et pour délivrer son tendre amour,
Jean est prêt à tout. Un songe lui
révèle comment briser le maléfice : il
doit aller quérir une fleur du plus pur
des rouges. Jean et Jeanne est une
adaptation des frères Grimm revisitée
par un conteur de talent, Yves
Pinguilly. En outre, les illustrations
d’Aurélie Blanz sont de véritables
tableaux. Ses décors, château au
coeur de la forêt, et ses personnages,
sorcière au nez crochu et tendres amoureux, nous transportent avec délices
au pays des contes de fées.
Librairie Atout Livre, Paris 12e.
Le bufflon blanc
c Judith Gueyfier, Fabienne Thiery
Editions Rue du Monde - 14,00€
A partir de 6 ans
En Chine, au milieu d’un troupeau de
buffles naît un jour un buffle Blanc. Un
mauvais présage. Li décide d’aller à la
rencontre du vieux sage au sommet
du pic des cigognes pour se rassurer.
A son retour Li devient sourd, son fils
perd la vue… Le vieux sage a-t-il perdu la
raison ou sa confiance en la vie est-elle
plus forte…? Un merveilleux conte pour
petits et grands à lire sans modération.…
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
La grève
c Murielle Szac / Coll. Karactère(s), Editions Seuil - 8,50€
A partir de 13 ans
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Une petite ville du nord de la France... toutes les
usines ont fermé les unes après les autres. Seule la
fabrique Parker semble encore tenir le choc. Mais
pour combien de temps ? La mère de Mélodie, 13
ans, y travaille depuis toujours. Son maigre salaire
fait vivre toute la famille. Le jour où les ouvrières
apprennent qu’un plan social et une délocalisation
sont prévus par la direction, elles se mettent en grève
et occupent l’usine. Mélodie va se trouver au coeur
de l’action, son regard sur les autres et surtout sur sa
mère va changer. Son père trop longtemps absent et
méprisé par sa fille va refaire surface. Pendant les quelques jours que dure
l’occupation, Mélodie va mûrir, grandir, se révolter...
Un beau portrait d’adolescente avec comme toile de fond un brûlant sujet
d’actualité.
Chester
c M. Watt / Editions Bayard Jeunesse - 11,50€
A partir de 6 ans
Chester, le plus beau, le plus intelligent des
chats n’en fait qu’à sa tête… Chester prend
beaucoup de place et Mélanie Watt a beaucoup
de mal à commencer son histoire… mais au fait
c’est l’histoire de Chester ou de Chester qui…je
ne sais plus... ; à vous de le découvrir… Chester
rend moi le crayon…
Le coup de cœur numéro 1 de votre libraire.
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Librairie Gwalarn, Lannion
06
Échancrure
c Michel Le Bourhis
Coll. Karactère(s), Editions Seuil - 8,50€
A partir de 13 ans
Adolescent écorché vif, Thomas
traîne son mal-être entre le lycée
professionnel où il est élève et sa
cité HLM. Thomas a cependant une
passion : il aime les livres, les beaux
livres et essentiellement les volumes
de la Pléiade, qu’il vole, non pas
pour les lire mais pour le plaisir de
les posséder, de les regarder, de les
toucher délicatement... Alors qu’un
jour, dans une librairie, il s’apprête
à glisser un volume de Maupassant
dans son sac à dos, une femme
d’une cinquant aine d’années,
Micheline, lui pose une main sur
l’épaule et propose de lui offrir
l’ouvrage. Intrigué par l’attitude de
cette femme, ancienne professeure,
l’adolescent va accepter l’invitation
de cette dernière à lui rendre visite.
Sans que jamais Thomas ne se livre totalement ni n’accepte complètement
cette main tendue, un semblant de dialogue va s’amorcer entre eux...
jusqu’au jour où Thomas confie à Micheline qu’il a besoin d’air, besoin
de respirer et qu’il part au bord de la mer avec deux amis. Impuissante,
Micheline pressent qu’un drame est en train de se nouer...
Avec la très belle écriture qui est la sienne, Michel Le Bourhis trace le
portrait d’un adolescent attachant, sans pédagogie, sans donner de leçons :
« Pas d’explications (surtout pas !), explique l’auteur en préface, pas de
jugement, ni de caution : une trajectoire, simplement suivie sur quelques
jours. »
Librairie Gwalarn, Lannion
07
Litterature
française
Atelier 62
Il raconte Léa et lui au lieutenant : entre eux, c’est toute la tendresse et
toute la passion, tout le désir et toute la patience. Et un amour fou pour
Cadaqués. Que viennent-ils faire ici ? Contempler le plaisir que chacun voit
briller dans les yeux de l’autre.
Léa est peintre. Lui n’entend rien à la peinture, ni aux gens. C’est avec
les pierres qu’il a de l’affinité. Léa vient chercher la lumière et les ombres,
celle des « grands transparents », les disparus, Dali, Magritte et sa femme,
Eluard et sa femme Gala qui restera avec Dali. Sans oublier Duchamp qui
fascine tant Léa.
« Et Marcel Duchamp. Je crains chaque fois que je prononce son nom,
de perdre Léa tellement il la fascine. Inutile de noter, lieutenant, il est mort
depuis longtemps. Léa le tient pour le plus grand artiste du siècle. Vous
lui demanderez pourquoi. Moi, ce qui me touche, c’est que Duchamp n’est
pas pour Dali l’ami des fêtes et de l’oubli. Duchamp est la mémoire et la
fidélité. »
Une belle déclaration d’amour à Cadaqués. On brûle d’envie d’aller sur les
traces de Léa. Le syndicat d’initiative local devrait acheter une palanqué
de cet ouvrage.
Un livre écrit dans une belle langue élégante et légère qui nous fait toucher
au plus profond des personnages sans pour autant que s’évanouisse leur
mystère.
c Martine Sonnet / Editions Le temps qu’il fait - 24,00€
Atelier 62 c’est le récit que tous les fils
et filles d’ouvriers auraient voulu écrire
sur leur famille.
Martine Sonnet raconte l’histoire de son
père, ouvrier dans les forges des usines
Renault Billancourt. Ce n’est pas un récit
larmoyant, ni accusateur, mais plutôt une
chronique familiale extrêmement bien
documentée (références nombreuses à
la Gazette des métallos). Par le biais de
son histoire familiale, elle rend hommage
à toute une génération d’ouvriers dont les
conditions de travail ont été très dures
(peu d’ouvriers atteignaient l’âge de la
retraite).
Un livre instructif et poignant qui nous
oblige à nous retourner sur un passé pas
si lointain que cela.
n.b. Avant de publier Cadaqués, aller simple chez l’Arpenteur, Philippe-Marie Bernadou qui est libraire
Librairie Lune et L’Autre, Saint Etienne
à Montauban a publié trois recueils de poèmes aux éditions Rougerie.
Librairie des Cordeliers, Romans-sur-Isère
Cadaqués, aller simple
Et mon cœur transparent
c Philippe-Marie Bernadou
Coll. L’Arpentueur, Editions Gallimard - 9€
c Véronique Ovalde / L’Olivier - 18€
Un homme vient signaler la disparition de sa
compagne Léa au lieutenant de police de
Cadaqués. La veille au soir, dans un restaurant
local, ils se sont disputés. S’ils s’entendent
parfaitement sur le futile, sur l’essentiel tout les
sépare. Ensuite ils ont été se promener sur la
plage, un de leurs nombreux rituels ; cela fait vingt
ans qu’ils viennent à Cadaqués, deux à trois fois
par an. C’est ici, alors qu’ils se connaissaient à
peine, qu’ils sont venus chercher à voir s’ils se
supporteraient.
Puis, après la plage, dans la fraîcheur de la nuit, ils
ont été se promener dans les petites rues, ils ont
traversé un jardin et soudain Léa avait disparu.
Lancelot vit avec et pour Irina. Lui, correcteur à
domicile, elle, voyageant souvent à l’étranger pour
réaliser des documentaires animaliers. Un soir,
tard, la police l’appelle et lui apprend qu’elle est
morte dans un accident de voiture. Impossible !
Irina est à l’aéroport où il l’a lui-même déposée et
attend son prochain vol pour Ceylan. Impossible,
lui répond-on : les avions ne décollent pas la
nuit...
A l’intense douleur qui le terrasse, va s’ajouter un «Très Grand Choc
Supplémentaire» : non seulement Lancelot apprend qu’Irina était morte
avant l’accident et n’était donc pas seule dans la voiture (l’inspecteur
Schneider sous-entendant qu’il s’agirait d’un assassinat) mais aussi il va
découvrir peu à peu qu’Irina lui cachait bien des choses...
08
Ce roman aurait pu s’appeler «La double vie d’Irina Rubinstein», du nom de
l’impressionnante absente qui l’habite tout entier, ou encore «Le désarroi de
Lancelot», du nom de ce grand naïf qu’on prendrait immédiatement sous
son aile si on le rencontrait. Voici un roman mêlant humour, étrangeté et
gravité poignante, sur lequel il souffle un vent de fantaisie et de liberté dont
la fraîcheur de ton apporte à la lecture étonnement et pure réjouissance. Un
roman récompensé par le prix «France Culture-Télérama».
guerre économique ayant abouti au sacrifice d’hommes et de femmes
comme monnaie négligeable, des chiffres sur les bilans comptables. Mais
ces hommes et ces femmes sont des êtres vivants, de chair et d’os, et
Gérard Mordillat les met en scène avec une grandeur d’âme qui donne
chaud à la nôtre. Courage et solidarité, c’est ce que l’on trouve dans ce
grand roman de résistance, dont la structure et le rythme nous engagent
dans une lecture dévorante et passionnante, avec cette question en tête :
quel sera le feu d’artifice final ?
Atout Livre, Paris 12e
Librairie Atout Livre Paris12e.
Le Passé devant soi
Renaissance italienne
c Gilbert Gatore / Phébus - 18.50€
c Éric Laurrent / Minuit - 14,00€
Niko, simple d’esprit, orphelin de mère et
en révolte contre les cruautés du monde,
grandit enfermé dans le mutisme. Son
oncle, forgeron, va lui témoigner un peu
de sympathie et l’embaucher à ses côtés.
Lorsque la guerre civile éclate, les tueurs
viendront le chercher dans la forge.
Racontée en 251 séquences numérotées,
l’histoire de Niko qui vit depuis la fin de la
guerre civile caché dans une grotte près
des grands singes et celle d’Isaro, jeune
rwandaise adoptée en France, vont se
mêler et tisser une seule histoire.
L’un veut oublier et l’autre veut comprendre
en retrouvant ses origines. Toute la beauté
et la subtilité de ce roman est de nous
tenir en haleine, de maintenir le suspense jusqu’aux dernières pages qui
dévoileront le secret de la cohérence du roman.
Oui, Éric Laurrent est un dandy ; oui, ses allures sont snobs et son emploi
du subjonctif parfaitement suranné, d’une préciosité hors norme. Il s’agit
donc d’un auteur hautement critiquable… mais tout simplement génial !
Il nous revient ce printemps avec un texte magnifique. Dans l’espoir
d’oublier un amour déçu, le narrateur gagne la Toscane et rejoint la belle
Yalda Apadana. Très vite, ce séducteur
incorrigible se prend au piège de l’amour,
envoûté par cette femme mystérieuse
qui ne se laisse décidément pas séduire
comme les autres… Un verre de Chianti
partagé un soir dans un jardin, des
visites impromptues d’églises éloignées,
l’écoute de Buxtehude dans une voiture
la nuit, des silences prolongés face à des
paysages lumineux ou des fresques de
la Renaissance… autant de moments
sublimes volés au quotidien et rendus
avec force, humour et mélancolie. Un texte
d’une rare fulgurance.
Librairie Lune et L’Autre, Saint Etienne
Librairie Point Virgule, Namur
Notre part des ténèbres
c Gérard Mordillat
Calmann-Lévy - 21.90€
Le bar des habitudes
c Franz Bartelt / Folio, Gallimard - 6,30€
31 décembre. Le Nausicaa, paquebot de
luxe, s’en va mouiller non loin du port du
Havre pour célébrer la troisième année
consécutive de bénéfices records d’un
fonds spéculatif : la FII («International
Investment Fund»). A son bord, actionnaires,
chefs d’entreprises, ministre de l’Intérieur
français, peoples payés pour l’évènement,
journaliste de Paris Match. Champagne,
caviar, orchestre de trente musiciens, bal
masqué et feu d’artifice : une opération
appelée «yellow submarine» par Patmore & plus, l’agence de communication
organisatrice de cette nuit qui s’annonce grandiose... Ce qui est sans
compter sur un groupe d’hommes et de femmes déterminés et très
bien organisés, dont l’usine, proie de la FII, a été vendue et délocalisée
en Inde. Prenant le contrôle du paquebot, ils vont entrer dans les eaux
internationales, mettant cap au large, « plein nord, vers le grand froid, le
grand vent, la grosse mer ». Notre Part des ténèbres peut être considéré
comme un écho aux Vivants et les morts paru il y a trois ans. Et là encore,
Gérard Mordillat frappe très fort. Car sa force est de nous captiver en tant
que romancier, tout en captant notre attention en tant qu’homme sur une
réalité qui le hérisse : Le nouvel ordre mondial, violent, hypocrite, indécent,
ignoble, géré par l’argent, l’anonymat et la peur, un monde en guerre, une
Si, malgré mes vives recommandations, vous
n’avez pas encore lu Franz Bartelt, découvrezle avec la parution en poche de ce recueil
de 16 textes courts - Prix Goncourt de la
nouvelle 2006 - alternativement tendres,
cruels, narquois, loufoques. Dans la première
nouvelle qui donne son titre au recueil, un
homme, Balmont vient depuis quinze ans
chaque matin s’asseoir à la même place pour
prendre son café et lire son journal au café
des Marronniers, un établissement qui n’a que
des habitués. Un matin il est surpris de voir sa
place occupée par un inconnu.
Le sixième texte, intitulé Histoire molle, raconte
la vie de Guy Vouivre, un homme mou de
naissance, qui épousa une bonne pâte, une fille qui mangeait trop et qui
était toujours d’accord. Je vous laisse au plaisir de la découverte de ce qui
adviendra de cette union de mous, mais ne peux résister au plaisir de vous
livrer les premières lignes de cette nouvelle :
Il existe très peu d’histoires molles. Les écrivains préfèrent tout ce qui est
raide, volontaire, entreprenant. La guerre, l’érection, le cœur sec, l’énergie
passionnée constituent des sujets littéraires de première grandeur. Les
09
Litterature
française
histoires molles sont dédaignées. A juste titre, car elles ne présentent pas
d’intérêt. Le mou ne permet ni les attaques franches ni les propos incisifs. Il
ne rebondit pas. Il ne va pas de l’avant. Il se penche parfois sur son passé,
mais avec mollesse, et n’y voit que du mou. Le mou n’est jamais en forme.
Récemment Franz Bartelt a publié chez le Dilettante La belle Maison (160
p. 15E) et Les nœuds (92 p. 12E) deux romans allégrement loufoques
dans lesquels, comme toujours chez lui, la tendresse affleure et l’humour
abonde.
Jean Echenoz gagne le Goncourt en 1999 grâce à Je m’en vais.
Ferrer quitte sa femme ennuyeuse, son métier de marchand d’art qui
est en train de le ruiner pour retrouver un petit bateau de commerce, la
Nechilik, échoué à l’extrême nord du Canada, qui a conservé en son sein
une cargaison d’antiquités régionales réputées qui pourraient lui rapporter
beaucoup d’agent. L’affaire se complique lorsque meurt son associé
Delahaye et qu’apparaît la figure inquiétante de Baumgartner.
La description des icebergs apportera un peu de fraîcheur dans la chaleur
étouffante de vos torrides soirées florentines.
Vous pourrez aussi facilement vous identifier au héros qui s’ennuie
ferme pendant son expédition : les distractions et les femmes sont
peu nombreuses à bord du paquebot qui le conduit à son trésor. On
appréciera la constante ironie, la parfaite maîtrise du langage, les pirouettes
grammaticales de ce grand auteur. Voilà de quoi vous faire passer la pilule
de l’été et préparer les discussions liées à la rentrée littéraire : le 9 octobre,
du même Echenoz, paraîtra Courir, toujours chez Minuit.
Librairie Le Scribe, Montauban
Madame Angeloso
c François Vallejo
Bis, Viviane Hamy - 7€
Triste fin que celle de Constance Angeloso,
sans domicile connu, morte dans sa R5
percutée par un train qui transportait le dalaïlama à travers l’Europe. Angelino, son fils,
un teigneux, qui n’a pas vu sa mère depuis
quinze ans, l’apprendra par un gendarme.
Coquemar, vérificateur de la sécurité
des navires, ancien client de l’hôtel tenu
par Madame Angeloso, par les journaux.
Danuta, petite cousine polonaise recueillie
par Madame à qui elle doit tout, par un coup
de téléphone d’Angelino.
Avant l’enterrement chacun évoque à son tour en chapitres habilement
alternés cette grande, forte femme qui depuis quinze ans vivait dans sa
voiture. Le fils qui n’a jamais rien fait que de semer la zizanie dans l’hôtel
et a toujours détesté sa mère, cette fouteuse de merde. Le client qui a
trouvé chez madame Angeloso une écoute attentive et de la tendresse
ainsi qu’une passionnée d’Histoire comme lui : elle ce sont les empires
disparus qui la faisaient rêver, lui est incollable sur l’histoire de la navigation.
La petite cousine qui a quitté la Pologne de Jaruzelski pour venir vivre en
Occident la vie heureuse et qui, dès qu’elle la rencontre, est impressionnée
par l’envergure et l’allant de Madame, qui restera Madame malgré tout ce
qui est arrivé, tout ce qu’elle apprendra sur elle. Et puis Madame dans
l’hôtellerie ça fait plus sérieux !
Et cela donne un étonnant portrait de cette madame Angeloso que vous
ne serez pas prêt d’oublier.
Un roman prenant au ton original qui a reçu le Prix 2001 France
Télévision.
Librairie Livre aux Trésors, Liège
La grande éclaire
c Virginie Langlois / Editions Actes Sud - 21€
Le peintre Sachs Given rencontre une jeune femme
ravissante qui d’emblée le fascine. Il l’invite à son
vernissage .Avec une extrême finesse, Alessandra
commente les tableaux alors qu’elle est aveugle. Elle
semble saisir la réalité avec une intensité extrême.
Au casino où elle a l’habitude de jouer, elle gagne
comme si elle avait connaissance des chiffres. Un
halo de mystère entoure cette femme. Dans le même
temps, dans une université californienne, Greg, jeune
étudiant en physique, attend en vain son professeur .L’irruption de deux agents de la NSA le pousse à
comprendre les raisons de son absence. Il part à sa
recherche. De Paris à Montréal, Les évènements se
bousculent ,s’entremêlent.Le rythme se précipite .Le
lecteur dévore la fin de ce thriller en découvrant la clé de lecture dans les
fonctionnements quantiques des mécanismes comme si c’était tout simple.
Un livre passionnant !
Librairie L’Ecritoire, Semur-en-Auxois
Les années
Librairie Le Scribe, Montauban
c Annie Ernaux / Editions Gallimard - 17€
Je m’en vais
Tout au long de ces Années, les mots, les
objets, les paysages défilent et s’éloignent
des valeurs issues de la guerre, vers les
mirages de la société de consommation.
Ces modifications se cristallisent dans
l’itinéraire d’une jeune femme d’origine
modeste, vivant en son for intérieur les
non-dits de la vie sociale.
c Jean Echenoz
Minuit, collection double, 2001
6€70
Si vous êtes allergiques au soleil, que la
visite des musées vous désintéresse au plus
haut point, que le sable vous gratte, l’eau
vous fripe, que vous détestez les apéros
sans fin, les barbecues au goût d’essence,
qu’une piqûre de moustique suffit à vous
envoyer visiter tous les hôpitaux des environs
(Marseille, Bastia ou ce petit hôpital vosgien
où vous n’aviez pas si mal mangé), bref si
vous détestez les vacances, voici pour vous
un anti-conseil d’anti-lecture d’été.
Librairie Le Merle Moqueur, Paris 20e
10
Chut
c Raymond Federman
Editions Léo Scheer - 17€
Raymond Federman joue à saute moutons avec ses
souvenirs d’enfance dans le Montrouge des années
30. L’exubérance et l’insoumission de ton disent la
colère d’une enfance brisée.
Librairie Le Merle Moqueur, Paris 20e
La chaussure sur le toit
c Vincent Delcroix
Editions Gallimard - 16€
Une chaussure, un toit, des personnages et
autant de versions sur le cheminement de cet
appendice vestimentaire. Jusqu’à son arrivée
en haut d’un immeuble parisien. Un texte drôle
et original. Une parfaite lecture d’été !
La théorie du Panda
c Pascal Garnier / Zulma - 16,50 €
La théorie du Panda n’est pas une
réelle nouveauté. Sorti voilà quelques
mois déjà, le livre de Pascal Garnier
mérite amplement qu’on en parle
à nouveau et qu’il fasse partie de
vos vacances à part entière. Vous
n’oublierez pas Gabriel, homme
affable, bon avec tous les habitants
de cette petite ville de Bretagne.
Toutes et tous ont droit à son écoute
et son attention, réceptionniste,
patron de bar, drogués...Il offre son
temps mais s’ils savaient vraiment...
Ni roman policier, ni roman classique,
cette merveille littéraire vous fera
douter et méditer sur l’âme humaine
mais pas sur le talent de l’écrivain. Du
même auteur, on pourra lire Comment
va la douleur, paru en livre de poche
il y a peu.
Librairie Le Merle Moqueur, Paris 20e
La terre et la guerre
c Jacques Chauviré
Editions Le temps qu’il fait - 30€
En 2005, Jacques Chauviré
s’éteignait. Ami de Claude Roy
et d’Albert Camus, cet écrivain
médecin laisse derrière lui une
oeuvre littéraire absolument
remarquable (Partage de la
soif, Passage des émigrants
...). En 2003 paraissait Elisa,
son ultime livre, là encore
un texte émouvant, puis en
2005, un recueil de nouvelles
posthumes : Massacre en
Septembre . Voilà qu’en
2008 les Editions Le Temps
qu’il fait font paraître ce qu’on
appelle un chef d’oeuvre : La
terre et la guerre, 410 pages
touchées par la grâce sur fond
de Première Guerre Mondiale
où les protagonistes sont des
femmes, des enfants, des
paysans, bref la vraie vie des
vrais gens, pourrait-on dire. En refermant ce roman dense, vous avez lu
un classique, un cadeau que vous n’attendiez pas en somme. C’est déjà
Noël en été. « Vers la ferme de Terrasson le chemin s’enfonçait entre des
terres à blé. Plus d’ombre, plus d’étangs. Une lumière abrupte tombait sur
un sol craquelé où se tordaient les chaumes desséchés. A perte de vue
s’étendaient des champs fauves qui se fondaient, à l’horizon, à l’acier du
ciel. La ferme, encore lointaine, n’était qu’un cube terni dans l’air rendu
trouble par la chaleur. » Extrait p.19
Librairie Le Square, Grenoble
Le Montespan
c Jean Teulé / Editions Julliard - 20,00€
Impossible de restituer la verve de Jean
Teulé, dès lors qu’il s’empare de l’Histoire
et des personnages qui l’ont façonnée.
Ici, on s’intéresse au Marquis de
Montespan, plus connu comme le mari
de « La Montespan », favorite du roi
Soleil pendant vingt-cinq ans. Ce mari
royalement cocu était resté amoureux
fou de sa femme, et chose impensable
à l’époque, faisait savoir ce qu’il pensait
de sa situation et de Louis XIV.
Beaucoup d’humour pour un destin
qui peut prêter à sourire que celui du
marquis(lui-même ne manquait pas
d’humour), mais persiste un sentiment
de gâchis, de révolte presque face
au pouvoir de vie et de mort que le
monarque détenait et exerçait sur ses
contemporains.
Ecouter aussi la chronique audio
et visionner un interview
sur le site initiales.org.
Librairie Le Square, Grenoble.
Librairie Livre Phare, Concarneau
11
Polar
L’immense obscurité de la mort
travaille dans un musée ne résiste pas à son
charme, l’espace d’une soirée, d’une nuit,
qui, pour elle, devrait être sans lendemains.
Mais voilà, lui, ce Michael O’Connell est un
amoureux obsessionnel doublé d’un criminel
fou et diabolique et d’un génie informatique.
Ashley est la femme de sa vie. Ainsi en a-t-il
décidé. « Je te l’ai dit. Je t’aime Ashley. Nous
sommes faits l’un pour l’autre. Personne ne
peut s’interposer entre nous. »
Peu importe qu’Ashley lui dise que leur
aventure d’une nuit est terminée, qu’elle veut
qu’il la laisse tranquille, qu’elle sorte avec
un autre garçon, peu importe que le père
d’Ashley lui donne de l’argent qu’il accepte
en ricanant, peu importe, il la veut il l’aura.
Il harcèle Ashley et sa famille. Son père, la cinquantaine, universitaire de
métier et de nature, est accusé de plagiat, sa mère, Sally, avocate, d’avoir
détourné des fonds qui lui avaient été confiés, l’amie de sa mère, Hope,
entraîneuse de football féminin, de pratiquer des attouchements sur jeunes
filles qu’elle entraîne. Leur vie, tout comme celle d’Ashley, qui va perdre son
boulot, devient un enfer.
Comment des gens « raisonnables » peuvent-ils se débarrasser d’un être tel
que Michael O’Connell qui pense et agit en dehors de toute « normalité »,
de manière tout à fait inattendue ? Ils vont devoir tenter de comprendre
leur adversaire pour anticiper ses actions néfastes et se montrer plus rusés
que lui. Voire plus violent.
Un terrifiant thriller par l’auteur de L’Analyste (Grand prix de littérature
policière 2004).
c Massimo Carlotto
Traduit de l’italien par Laurent Lombard
Coll. Points Editions Seuil - 6,80€
Voici un roman noir italien comme on les
aime.
Deux gangsters à la petite semaine qui
ne voulaient pas tuer cette femme et son
enfant.
Quinze ans plus tard, un homme accablé
par la douleur de la perte de ses êtres les
plus chers.
Le gangster qui demande grâce auprès du
père et mari des victimes.
Le pardon accordé pour mieux se venger...
Et la musique morbide et lancinante de celle
qui a vu l’immense obscurité de la mort.
Carlotto sait à merveille nous entraîner dans
cette spirale infernale avec toute la justesse
d’un grand auteur de polars.
Lune et l’Autre, Saint Etienne
Faux coupable (The Wrong Man)
c John Katzenbach
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Charles Provost
Editions Presses de la Cité - 21€
Le Scribe, Montauban
Si vous aimez les « thriller » psychologiques qui font très très peur, jetezvous sur ce bouquin, vous allez trembler de peur et de rage contenue.
Il est beau garçon : un mètre quatre-vingt-deux, d’épais cheveux noirs
bouclés, une façon de lever les sourcils et une certaine nonchalance qui lui
confère un magnétisme certain. Il regrettait parfois de ne pas s’être engagé
dans l’armée ou dans la CIA. Espion ou tueur à gages ça lui aurait plu. Ce
qu’il aime c’est le danger. Cruel comme l’enfer et vraiment charmant en
même temps, dira de lui son ex-patron garagiste.
Ashley qui s’apprête à entamer un troisième cycle en histoire de l’art et
La peur des bêtes
c Enrique Serna
Traduit de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry
Coll. Points Seuil « Roman Noir », Editions du Seuil - 7€
Evaristo Reyes est un ver de terre qui rêvait d’incarner l’étoile des Lettres
Mexicaines, qui se fantasmait en écrivain de génie capable de saisir l’âme
12
de son pays, entre romantisme échevelé et ego surdimensionné.
Mais la réalité est bien plus sordide : incapable d’écrire, notre Victor Hugo
mexicain (dont les poèmes emplissent l’esprit mais pas le ventre) s’engage
dans la police... Il n’est que le sous-fifre d’un commissaire corrompu et
pervers, que le souffre-douleur d’une police pourrie et violente. Pensez
donc, Evaristo ne supporte même pas la
vue du sang !
Aussi, lorsqu’on lui ordonne de « rendre une
petite visite » à un journaliste dissident à la
langue un peu trop bien pendue, Evaristo
voit là le moyen de se racheter... Mais les
voies de la rédemption sont impénétrables,
surtout au Mexique !
Un roman noir hargneux et burlesque à
l’intrigue aussi tordue que les personnages
qu’elle met en scène. Toute la société
mexicaine, de l’appareil d’état répressif au
milieu culturel hypocrite en passant par
le culte de l’argent, passe à la moulinette
impertinente d’un Enrique Serna à l’écriture
gouailleuse et survoltée.
ancêtres Hugenots).Dans son deuxième roman, il nous décrit un pays
sous tension.
Lire ce roman noir est parfois insupportable tant la violence et la cruauté
règnent en maître en Afrique du Sud.
Lune et L’Autre, Saint Etienne
L’inconnu d’Athènes
c Anna Zaroudi
Traduit de l’anglais par Clara Mallier
Editions Gallimard - 21,00€
Petite île grecque à l’écart du tourisme,
Thiminos étire ,jour après jour, saison après
saison,une vie simple et tranquille. Il n’est
d’autre préoccupation qu’assurer la pêche
quotidienne et s’accorder une halte au
kafenion et partager un café avec Nikos.
Ici tout semble paisible. Pourtant la mort
de la belle Irini ne semble pas si naturelle
à Hermes Diaktoris, l’étranger qui se dit
diligenté par le continent pour éclaircir
ce que la police locale a classé comme
accident et que la rumeur colporte comme
un suicide.
Loin des clichés «des maisons blanchies
à la chaux et des géranium éblouissants
« nous pénétrons dans les ruelles escarpées de cette île où rien n’a
changé ; l’enquête nous initie petit à petit aux codes sociaux imposant leur
archaïsme et nous propulse dans l’épaisseur du mutisme encore ambiant
qui protège , comme s’il s’agissait avant tout de «chercher la sécurité dans
le conformisme ».
Ce silence pesant c’est «le bruit assourdissant du vide», qui recouvre d’un
voile pudique une vérité dramatique, voile qu’Hermes, passeur des âmes
mortes,a décidé de lever.
Au fil de l’enquête, dans les rencontres d’ Hermes avec les habitants de l’île,
la recherche de la vérité alterne avec les rêves de voyages et de passion
d’ Irini et l’histoire s’écrit.
Ce livre magnifique nous parle de désir, de passion, mais aussi de pression
sociale de lâcheté, d’hypocrisie, d’intolérance et du danger de vouloir
s’affranchir de « sa tribu ».
Un premier roman séduisant dont l’intrique policière n’est que le prétexte
à découvrir cette Grèce qui enfante encore la tragédie.
Librairie Lucioles
Élémentaire, ma chère Sarah !
(O Xangô de Baker Street)
c Jô Soares
Traduit du brésilien par François Rosso.
Editions Livre de poche - 6,95€
Voici, enfin, en format poche un livre qui était
depuis quelques années épuisé en grand
format. Autant vous le dire tout de suite
cette fantaisie comico-policière débridée
est un pur régal.
Rio, 1886 (deux ans avant l’abolition de
l’esclavage). La divine arrive. Oui, Sarah
Bernhardt en personne dans la splendeur de
ses quarante-deux printemps. Les brésiliens
francophilissimes l’idolâtrent. Quelques jours
après débarquent Sherlock Holmes et son
inséparable Watson mandés d’urgence par
l’empereur pour retrouver un Stradivarius
dérobé à une favorite. Dans le même temps
un tueur assassine sauvagement, sans
mobile apparent, des femmes. Désemparé,
le commissaire de police Mello Pimenta s’assurera lui aussi les services de
notre grand Holmes qui n’est pas au mieux de sa forme. On lui pardonnera
car il est tombé amoureux d’Anna Candelaria, une splendide mulâtresse
qu’il a sauvée du couteau du tueur. Cannabis aidant, Sherlock va-t-il,
finalement, perdre sa virginité ?
Vous le saurez en lisant ce livre savoureux très habilement construit qui va
vous procurer une distraction de qualité, ni mièvre ni insipide.
Jubilatoire !
Librairie des Cordeliers, Romans-sur-Isère
La route de tous les dangers
c Kris Nelscott
Traduit de l’américain par Luc Baranger
L’Aube - 11€
Smokey Dalton est détective, noir, et ami
d’enfance de Martin Luther King. L’action
prend place à Memphis en avril 68,
quelques jours avant que ce dernier ne
s’y fasse assassiner. Dalton reçoit la visite
d’une jeune femme blanche qui voudrait
connaître la raison pour laquelle sa mère
qui vient de décéder, lui a légué à lui, un
nègre inconnu, une part de son héritage.
Smokey Dalton commence à enquêter sur
cette famille et sur lui-même, à la recherche
d’une connexion aussi improbable que
mystérieuse, et au risque de remuer un
passé douloureux et peu reluisant. Kris
Nelscott, romancière américaine à succès,
a su placer son intrigue dans un cadre historique passionnant qui, à lui
seul, tient en haleine. Elle a aussi eu la finesse de créer un personnage
nuancé, à la fois blasé et impliqué dans la communauté noire de Memphis.
Sympathisant de la cause des droits civiques, presque de facto, parce que
Le Scribe, Montauban
Le noir qui marche à pied
c Louis-Ferdinand Despreez
Rayon noir, Editions Phébus - 18,50€
L’inspecteur Zondi, surnommé « Bronx », est chargé
d’enquêter sur une sale histoire: l’enlèvement
d’enfants à la sortie des écoles chics de
Johannesburg. Une enquête qui s’avérera difficile
car l’auteur des crimes, une être diabolique qui cite
la bible pour légitimer ses actes, sait brouiller les
pistes.
Louis ferdinand Despreez est sud africain mais
écrit ses romans en français (la langue de ses
13
Polar
noir, mais regardant les jeux d’influence et de politique qui secouent ces
mouvements populaires avec méfiance, Smokey Dalton est le pendant noir
et sixties du Sam Spade de Dashiel Hammett, et un mélange étonnant de
solidarité communautaire et d’individualisme cynique. L’enquête qu’il doit
mener sur sa propre vie tient du voyage au cœur de la mauvaise conscience
américaine, dont il est évident, dès la première page, qu’il n’en sortira
pas indemne. La route de tous les dangesr est un roman classique mais
captivant, comme le sont ceux qui viennent à sa suite et dans lesquels
Smokey Dalton continue à être le témoin des turbulences sociales et
politiques qui secouent l’Amérique au tournant des années 70. Pour tenir
tout l’été, on n’hésitera donc pas à enchaîner les cinq titres de la série parus
à ce jour (les trois premiers en poche).
De sa vie oubliée, il lui reste seulement des instincts, des intuitions et des
réflexes qui serviront très bien l’enquête.
Un excellent polar sur les rives brumeuses du Nord-est des Etats-unis. Un
auteur à découvrir.
Librairie La Manœuvre, Paris 11e
Écouter la chronique audio sur http://www.initiales.org
La princesse des glaces
c Camilla Läckberg
Traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
Editions Actes Sud - 21€
Livre aux Trésors, Liège
Après l’immense succès de la trilogie
Millénium , le polar scandinave n ‘a pas
fini de faire parler de lui.
A la mort de ses parents, Erica Falk,
écrivain, s’installe dans leur maison dans
le petit port de pêche de Fjällbacka. A
peine arrivée, elle découvre le cadavre
de son amie d’enfance, les poignets
tailladés, au fond de sa baignoire. Tout
porte à croire qu’il s’agit d’un suicide.
Et pourtant, Erica se persuade très vite
du contraire. Elle décide alors de mener
l’enquête, épaulée par l’inspecteur Patrik
Hedström. Au fil de ses investigations,
elle revient sur un passé qu’elle croyait
révolu, se heurtant aux non-dits des
habitants et aux secrets les plus
incroyables.
Intelligent, sombre, complexe, on
découvre un polar de très grande qualité qui garde le lecteur en haleine. On
suit avec délectation et excitation les personnages, croqués avec justesse
et tous enclins à être suspects! La princesse des glaces est le premier volet d’une série de cinq polars
mettant en scène les aventures d’Erica Falk. Il ne reste plus maintenant
qu’à se doter de patience avant de découvrir le prochain !
Sombres desseins
c Ken Bruen et Jason Starr
Traduit par (Etats-Unis) Simon Almette
Seuil - 19,00€
Le riche homme d’affaires Max Fisher est
dangereusement épris de sa très sexy secrétaire
Angella. Pour se débarrasser de sa femme, Max va
louer les services du surprenant cousin de Angella.
Bien entendu, le plan ne se déroule pas comme
prévu... Un maître chanteur entre dans le bal. Quatuor
infernal où chacun cède à ses pires instincts. Excellent
humour noir, sur fond de crime passionnel et sanglant
! Un Tarantino littéraire.
Au Poivre d’Âne, Manosque
Casco Bay
c William G. Tapply
Traduit de l’américain par François Happe
Editions Gallmeister - 22,90€
Stoney Calhoun est un excellent
guide de pêche de l’état du Maine.
Il connaît toutes les îles, les criques,
les moindres recoins de Casco
Bay.
Un matin, alors qu’il fait une sortie
dans la baie avec un client, Paul
Vecchio, ce dernier lui demande
de s’arrêter sur une de ces petites
îles, « Quarantine island ». Celleci est une des plus connue à
cause de son passé obscur, le
mystérieux incendie d’un bâtiment
de l’immigration pendant l’épidémie
de grippe de 1918.
Les fantômes du passé resurgissent
alors quand Calhoun et Vecchio
trouvent un cadavre calciné sur
cette île. Ce sera le début d’une
longue série de macabres découvertes pour notre pêcheur à la mouche.
William G. Tapply nous livre ici un roman policier très bien rythmé, tenu
par une intrigue et une écriture de qualité. Nous prenons plaisir à suivre
Calhoun le long des baies du Maine ; cet étrange personnage frappé par la
foudre sept ans plus tôt qui ne se souvient absolument pas de son passé.
Librairie M’Lire, Laval
Garden of love
c Marcus Malte / Editions Zulma - 18.50 €
Gros coup de coeur pour ce roman noir, sombre et
torturé. Alexandre Astrid, vieux flic mis au placard à cause
de ses débordements de loi, reçoit un jour un mystérieux
paquet renfermant un manuscrit. Sans prendre garde, il
va se jeter dans le dernier piège tendu par son plus vieil
ennemi, un tueur pervers et retors qu’il n’a jamais réussi
à coincer. Au fur et à mesure de sa lecture il va se rendre
compte que l’histoire est un mélange de sa propre vie
avec celle schizophrénique de l’auteur et c’est une plongée dans un passé
souvent glauque où le bien et le mal se confondent.J’ai pris un très grand plaisir
à lire ce livre polyphonique, il y a comme une ambivalence d’attachement et de
repoussement avec les personnages. Le style est court, concis, direct et il ne
laisse aucune place au répit et à l’espoir. La perversion est prégnante dans ces
bouts de vie et elle se perçoit aussi bien du bon que du mauvais côté de la loi
ou de la morale. Pour finir, la construction est bien huilée et on se laisse perdre
corps et âme dans ce labyrinthe de voix et de mots.
Libriarie M’Lire, Laval
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Du nouveau
chez les serial Killers
Etonnant, non ? Depuis le magistral et sulfureux Ellroy des débuts, ou même l’inévitable Silence
des agneaux, on pensait en avoir soupé des disciples, voire des épigones, qui s’efforcent de nous divertir
avec d’ultimes variations sur les tueurs en série. Et voilà qu’une double bonne nouvelle, inattendue,
arrive du Nord de l’Europe.
Un sur Deux
Le Bonhomme de neige
c Steve Mosby
Traduit de l’anglais par Etienne Menanteau
Editions Sonatine - 21,00€
c Jo Nesbø
Traduit du norvégien par Alex Fouillet
Coll. Série noire, Editions Gallimard - 22,00€
D’abord un tout nouvel auteur, anglais, Steve
Mosby, publié en français par l’excellente nouvelle
maison Sonatine. Il y va très fort : un tueur enlève
à chaque fois un couple, et systématiquement
décide lequel des deux choisira qui doit mourir :
lui ou elle ? Elle ou lui ? Celui des deux qui doit
choisir subira les pires tortures jusqu’à ce qu’il
fasse le bon choix. L’autre sera libéré. L’objectif
du meurtrier : tuer l’amour, tout simplement.
Cette intrigue-là est redoublée par la relation
trouble entre un jeune flic, qui vient de perdre
tragiquement sa petite amie, et un flic légendaire,
qui vient de reprendre le travail après une longue
dépression, due à sa confrontation précédente avec un abominable
meurtrier. Et ça recommencerait? Ou c’est lui qui n’est pas net ? Ou c’est
nous ?... Bref, depuis Ellroy on n’avait pas ressenti de cette manière une
telle fascinante répulsion. Et si le pire ce n’était pas le tueur, mais ce qui se
passe en chacun de nous? Le tout très bien traité par une alternance de
narrateurs, cinq ou six, qui sont les divers protagonistes de l’histoire.
Chez Nesbø, le narrateur est extérieur
à l’histoire («extradiégétique» dirait
Genette, mais la cuistrerie n’est pas
indispensable pour parler de ce livre!).
Et ce choix de narration nous permet de
suivre de l’extérieur, mais au plus près, les
circonvolutions du cerveau de notre héros,
Harry Hole, flic, alcoolique et norvégien.
Et qui va être confronté, lui le spécialiste
un peu moqué, car il est allé étudier le
phénomène aux States, au premier serial
killer opérant sur le sol norvégien. Le
phénomène est si nouveau que personne
n’y croit. Pourtant il laisse derrière lui une
trace toute locale, et facile à fabriquer, en
hiver en tout cas : un bonhomme de neige.
Et c’est tellement dur à croire que nous
allons tous nous précipiter, à cause de la perversité du meurtrier et de la
crédibilité des enquêteurs (et des lecteurs), sur le premier coupable venu.
Et sans en déflorer le nombre, disons que Nesbø invente à sa manière le
«serial coupable» ! Cette aventure d’Harry Hole est à mon, avis une des
meilleures, et devrait inciter le lecteur méthodique à reprendre dès le début
la saga de ce flic attachant (édtions Gaïa et folio policier, puis Série noire
pour les deux plus récents).
Librairie La Réserve, Mantes-la-Ville
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Reportage
Les forcenés
Dès le début du livre, il place son essai dans l’ombre de Pierre Chany, le
grand journaliste cycliste et par le titre même, les forcenés, à la suite des
forçats de la route ainsi qu’Albert Londres, le journaliste, avait qualifié les
coureurs quand il avait suivi la grande boucle pour le compte du Petit
Parisien en 1924. Et que dire de plus qu’il est digne de cette ascendancelà.
c Philippe Bordas / Editions Fayard - 19 €
Les forçats de la route
c Albert Londres / Editions Arléa - 5,5 €
Librairie L’arbousier, Oraison
Sur la mort d’Albert Londres
c Régis Debray / Editions Arléa - 7€
Et puisqu’on en parle et que les
éditions Arléa nous le remettent au
goût du jour, je vous conseillerais aussi
de lire le scénario de Régis Debray
sur les circonstances suspectes de
la mort d’Albert Londres. En 1932,
Albert Londres est à Shanghai, ville
divisée en concessions occidentales
qui trafiquent avec les triades et qui est
sous la menace de l’avancée japonaise.
Il fait un reportage dont il affirme à
son journal, avant de rentrer, qu’il est
explosif : « Je ramène de la dynamite ».
Le paquebot qui le conduit en France
coule au large de la côte des Somalis.
Il fait partie des victimes. Il avait pris
soin de confier un double du reportage
à des amis. Ceux-ci, rescapés du
naufrage, meurent dans un accident
d’avion dans les Dolomites. Personne ne lira plus jamais le dernier texte du
Grand Reporter. Pourquoi ? Vous le saurez en lisant ce petit livre trépidant
comme un Tintin au pays du Lotus Bleu.
L’été en France commence par le tour de France.
Bien sûr, comme le dit Philippe Bordas, le cyclisme n’est plus qu’un
spectacle, une farce grotesque et ridicule.
Toutefois, en attendant que vos enfants se jettent sous les roues de la
caravane publicitaire pour un mauvais stylo, un échantillon de cosmétique
ou une casquette (à glisser sous le casque ou à ranger dans la poche
du maillot sous une chasuble jaune fluo), je vous propose, les pieds en
éventail, le cul dans la chaise pliante et le combi MP3 à fond, de lire ce
grand hommage au cyclisme du temps des tenues et cuissards de laine, du
temps où les coureurs souffraient et transpiraient sur leurs vélos, crevaient
du poids de leurs machines dans les montées et descendaient à tombeau
ouvert, sans filet, sur des routes mal goudronnées.
L’auteur est un sensible, un impressionniste qui nous raconte son Anquetil,
son Coppi ou son Hinault.
Sans concession à la nostalgie et sans éluder quoi que ce soit, y compris,
bien sûr, le dopage.
Librairie L’arbousier, Oraison
Dans la zone verte
c Rajiv Chandrasekaran
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Gilles Berton et Raymond Clarinard
Editions de l’Olivier - 22€
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Cette enquête journalistique se déroule à Bagdad,
pourtant, vous avez l’impression de vous être égaré
quelque part entre le pays d’Ubu et le monde
surréaliste de Lewis Caroll, tant l’incohérence et
l’absurdité régissent cette fameuse « zone verte ».
Mais non, vous êtes bien ici et maintenant.
Cette zone verte, c’est l’enclave américaine
gérée par l’administration Bush pour accueillir
les spécialistes chargés de faire de l’Irak une
démocratie moderne. En vérité, cette zone est une
bulle où absolument tout (nourriture, matériel…) est
importé des USA, avec une arrogante abondance.
Les soldats n’ont aucun contact avec le reste de la ville et vivent en
décalage total avec un pays dévasté par les bombardements, où manquent
l’eau courante et l’électricité.
L’auteur a enquêté pendant un an et demi et nous raconte le quotidien
d’une organisation, gérée par la première puissance mondiale, qui
persiste et signe à gérer de manière absurde un conflit de cette ampleur,
méconnaissant la réalité et les problèmes de la population irakienne.
Tout simplement hallucinant…
éclaire les lendemains difficiles du joli mois de mai et dépeint la drôle de
fraternité qui l’unit aux autres enfants de révolutionnaires.
Librairie Point Virgule, Namur
Ecouter aussi la chronique sur le site
Bilal, sur la route
des clandestins
c abrizio Gatti
Traduit de l’italien
par Jean-Luc Defromont
Editions Liana Levi - 21€
Journaliste italien, Fabrizio Gatti n’a
pas l’habitude de se contenter des
vérités de façade. Pour parler du
monde, il se glisse dans la peau de
ceux que l’on préfère ne pas voir :
immigrés, malades, clandestins. Bilal
raconte une de ses enquêtes, plus
périlleuse qu’aucune autre. De Dakar
à Milan, Gatti a entrepris le voyage
vers l’Eldorado européen que tentent chaque année, dans des conditions
effroyables d’inhumanité, des milliers d’Africains. Il raconte de l’intérieur la
peur, l’esclavage, la faim, les trafics ignobles, la torture, les camps de transit…
l’interminable cauchemar que vivent ces hommes et femmes qui cherchent
à gagner la forteresse européenne. Fabrizio Gatti livre avec Bilal le journal
de cette expérience hors du commun : un livre coup de poing qui vient
réveiller nos bonnes consciences.
Librairie Lucioles, Vienne
La bêtise s’améliore
c Belinda Cannone
Editions Stock - 18€50
Trois amis tentent de saisir et de comprendre
les différentes formes de cette « notion » la
plus répandue sur terre et la mieux partagée au
monde : la bêtise !!!
Cet essai, drôle et sarcastique, traque le langage
à la mode vide de sens, les tics de pensée et tous
ces clichés qui emprisonnent, sans même que
l’on ne s’en rende compte, l’esprit critique.
Une très belle façon de lancer un appel à la
vigilance.
Librairie Point Virgule, Namur
La Chinafrique
c S.Michel, M.Beuret
Editions Grasset - 19,50€
Librairie Lucioles, Vienne
Quand l’Occident voit un
continent ravagé par les guerres
et la maladie, tout juste bon à
recevoir de l’aide humanitaire,
l’Afrique pour la Chine n’est plus
un continent à la dérive, mais un
continent en pleine croissance.
Contre des matières premières,
du développement sans
injonction démocratique : tel est
le pacte proposé par les Chinois
aux Africains. Et les Chinois ont
pris beaucoup d’avance, cette
conquête de l’Afrique signe
pour la Chine l’affirmation d’une
superpuissance et pour les Africains l’espoir d’un essor tant attendu
depuis la décolonisation. De la même manière qu’ils étaient allés, dans le
remarquable Un monde de brut, à la rencontre des acteurs du pétrole, les
reporters suisses, par des scènes glanées en Chine et sur tout le continent
africain, illustrent les tenants et aboutissants d’une pièce géostratégique
majeure : comment la Chinafrique supplante la Françafrique.
L’établi
c Robert Linhart / Coll. Double, Editions de Minuit - 5,50€
Le jour où mon père s’est tu
c Virginie Linhart / Editions du Seuil - 16,00€
Si vous croyez avoir tout lu,
tout entendu sur Mai 1968, si
les célébrations complaisantes
vous agacent, alors (re)lisez
le merveilleux livre de Robert
Linhart. L’établi, c’est la
plongée d’un jeune intellectuel
militant au cœur de l’usine,
la découverte d’un monde
ouvrier que certains aimeraient
voir disparu, la volonté de
croire qu’une société plus
juste peut advenir. Puis lisez dans un même souffle le livre que Virginie
Linhart consacre à son père, aux illusions qu’il a perdues, à l’infinie tristesse
des combats que l’on ne mène pas. Avec pudeur et émotion, Virginie Linhart
Le Square, Grenoble
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Reportag
Les Ailes de Sarajevo
lancinante : pourquoi un garçon que tout prédisposait à une vie confortable
abandonne parents, amis, argent et part à l’aventure seul parcourant le
pays avec des moyens de fortune pour se réfugier en Alaska où il vivra ses
dernières semaines dans un bus en pleine solitude ?
La réponse est sans doute dans une phrase que Chris a gravée au couteau
dans le bus où on le retrouva mort : « Le bonheur ne vaut d’être vécu que
s’il est partagé ».
Ironie de la vie pour ce jeune romantique emporté par la mort dans une
extrême solitude qui trouve enfin le sens de sa quête et de sa vie dans le
partage avec autrui.
c Bill Carter
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Olivier Colette
Editions Intervalles - 24,00€
Bill Carter a 27 ans en 1993 lorsqu’il
se retrouve en Bosnie après avoir erré
de pays en pays, ravagé par la mort de
la femme qu’il aimait, dont il pense ne
jamais pouvoir se remettre. Croisant la
route d’un cirque ambulant, «The Serious
Road Trip», qui distribue de l’aide
alimentaire, il le suit jusqu’à Sarajevo,
assiégée par les forces serbes depuis
des mois. Sarajevo : ville symbole
de tolérance et modèle de cohabitation interethnique, délaissée par la
communauté internationale et mollement arbitrée par l’ONU. Bill Carter
commence à prendre des photos, puis à filmer les habitants qu’il rencontre,
et s’aperçoit que malgré les bombardements quotidiens, Sarajevo résiste
à sa façon, entre autres grâce à l’art et à la musique.
Apprenant que le groupe de rock U2 entame une tournée européenne,
Bill décide d’entrer en contact avec Bono. L’idée est d’établir une
liaison satellite pour chaque concert afin que les habitants de Sarajevo
adressent des messages en direct aux autres Européens : une façon de
fournir un soutien moral, sorte d’aide humanitaire solidaire. Peu de gens y
croient, mais Bill va soulever des montagnes, et réussir.
Un documentaire suivra, «Miss Sarajevo», produit par Bono, qui sera diffusé
après la guerre dans de nombreux pays et primé à plusieurs reprises.
Les Ailes de Sarajevo raconte l’incroyable genèse de cette histoire, qui est
aussi celle, intime, de Bill. Car lui, comment en sortira-t-il ? La réponse se
trouve dans ces mots de Milan Kundera, issus de L’immortalité qu’il cite en
exergue : « Vivre, il n’y a là aucun bonheur. Vivre : porter de par le monde
son moi douloureux. Mais être, être est bonheur. Être : se transformer en
fontaine, vasque de pierre dans laquelle l’univers descend comme une
pluie tiède. » Lisez ce livre : assurément un des plus forts, les plus grands
de l’année !!!
Atout Livre Paris 12e.
L’ombre de la route
de la soie
c Colin Thubron
Traduit de l’anglais
par Katia Holmes
Editions Hoebeke - 25,00€
C. Thubron, écrivain voyageur, connaît bien
l’Asie. En 2004, il est parti de Xian pour
atteindre Antioche huit mois plus tard. Il nous
parle de l’histoire des pays traversés,qui grâce
à ce trait d’union exceptionnel qu’était la Route
de la Soie, ont gardé beaucoup de choses
en commun (langues,coutumes…). Ce voyage
nous entraîne géographiquement vers des lieux mythiques (Samarcande,
l’ancienne Perse…) et l’auteur, très habilement, nous fait partager son
immense savoir sur les civilisations complexes de ces contrées lointaines.
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Dictionnaire de l’économie
à l’usage des non-économistes
c Jean-Marc Vittori / Editions Grasset - 21,90 €
Atout Livre Paris 12e.
Ecouter aussi la chronique sur le site
Voilà un dictionnaire qui présente avec
beaucoup d’humour et de causticité des
thèmes perçus comme bien ardus par les
néophytes. L’économiste fait un véritable
travail pédagogique, ne cachant pas,
au passage, ses préférences libérales.
Conserver son esprit critique en lisant cet
ouvrage est indispensable; En témoignent ses
deux entrées biographiques d’économistes :
Frédéric Bastiat» économiste français trop
libéral pour être connu» et Gary Backer
«»économiste trop libéral pour être traduit
en français»....Le ton est donné… Cela dit, ses
convictions -bien affirmées- ne font pas de lui
un idéologue obtus. Aussi a-t-il le courage de
s’attaquer à des sujets qui pourraient le fâcher avec ses confrères libéraux,
plus familiers de la microéconomie que de la recherche universitaire.
Ainsi du «salaire des PDG» : «une montagne à justifier» selon lui, quand au
micro-crédit, il le qualifie de «micro-solution», à débattre avec Mohammed
Yunus !!
A lire pour le plaisir- quelle que soit son inclination personnelle - et pour
s’instruire sérieusement.
Into the wild Voyage au bout
de la solitude
c Jon Krakauer
Traduit de l’anglais
par Christian Molinier
Editions Presse de la Cité
19,00 €
Jon Krakauer, journaliste de formation,
nous livre une enquête minutieuse sur
les dernières années de la vie de Chris
McCandless, jeune-homme de bonne
famille parti seul sur les routes des
Etats-Unis jusqu’en Alaska où il trouvera
la mort.
Ce récit est accompagné de différents témoignages : toutes les personnes
que Chris a rencontré le long de son périple et qui l’ont aidé à parvenir en
Alaska, témoignages de ses parents et de ses amis ; avec une question
Librairie Maupetit, Marseille
18
ge
Platon et son ornithorynque
entrent dans un bar... :
la philosophie expliquée
par les blagues
(sans blague ?)
c Thomas Cathcart et Daniel M. Klein
Editions du Seuil - 15€
Si vous avez toujours voulu comprendre la
philosophie sans douleur, voici le livre idéal qui
ravira vos zygomatiques ! Une fois les blagues lues, on peut enfin croire
avoir tout compris et se prendre pour Platon... ou plutôt pour son petit
mammifère semi-aquatique endémique vivant dans l’est de l’Australie !
Librairie Passages, Lyon
Comment fossiliser
son hamster, et autres
expériences épatantes
à faire chez soi
c Mick O’Hare
Editions du Seuil - 16 €
« Pourquoi les boissons à base d’anis deviennentelles opalescentes quand on leur ajoute de l’eau ? »
et « Pourquoi un ballon de baudruche ne suit-il jamais,
en se dégonflant une trajectoire rectiligne ? » Une
série d’expériences faciles et amusantes à réaliser chez soi ou à la plage pour
répondre à ces questions simples et expliquer des phénomènes scientifiques très
sérieux! Instructif et rigolo !
Librairie Passages, Lyon
19
Litterature
étrangére
Dans les veines,
ce fleuve argent
Italie…
c Dario Franceschini
Traduit de l’italien par Chantal Moiroud
Coll. L’Arpenteur, Editions Gallimard - 13€
New thing
Chapeau le titre !
Rarement roman n’aura aussi bien
porté son titre. Toute le force, toute la
poésie est ici dite : « dans les veines
ce fleuve d’argent ». Une fois tournée
la couverture vous êtes comme
emporté dans les eaux de ce roman
magique et magnifique.
A l’automne de sa vie Primo Bottardi
se souvient soudainement d’une
question restée sans réponse posée
quarante ans auparavant par son ami
d’enfance. Dès lors il lui faut résoudre
ce problème, comme si toute sa vie
désormais en dépendait. Et pour se
faire il part de suite à la recherche du
questionneur d’autrefois. En remontant
le fleuve, le Pô, de rencontre en
rencontre, d’histoire en histoire, c’est
toute sa vie qu’il va remonter, toute son existence qu’il va comprendre.
Ce roman au réalisme magique est un véritable petit bijou d’écriture. Tantôt
drôle, tantôt émouvant, toujours juste et sensible, si « italien » parfois mais
tellement universel aussi, ce livre vous séduira par sa force et sa résonance.
Si nous voulions trouver quelques parentés c’est du côté peut être de
Dhôtel qu’il nous faut chercher, et de Calvino aussi. Quoi qu’il en soit, Dario
Franceschini réussit avec ce premier roman un coup de maître. Ce texte
court résonnera longtemps dans nos cœurs, comme ces contes d’enfance
dont on se souvient, ou alors ces grands romans existentiels qui nous ont
transformés. A nous lecteurs de porter loin et haut ce texte. Alors faisons
le lire, nous en serons remerciés.
c Wu Ming 1
Traduit de l’italien
par Serge Quadruppani
Editions Métailié - 18€
Wu Ming, kesako ?
Wu Ming est un groupe d’écrivains italiens
(comme les Rolling Stones sont un groupe
de rock). Wu Ming signifie « sans nom » ou
« cinq noms » (ils sont au nombre de cinq et
tous se méfient du vedettariat de notre star
system des lettres contemporain)
Wu Ming, c’est aussi la signature utilisée
par les dissidents chinois : le rapport à la
politique est déjà là ! Les Wu Ming militent pour le copyleft, la désobéissance
civile, l’affirmation d’un autre monde possible, sur internet, dans leurs livres
ainsi qu’au travers de canulars médiatiques retentissants.
Après l’énorme succès qu’ils ont rencontré en Italie (en Allemagne et en
Angleterre, aussi), deux ouvrages individuels des Wu Ming viennent d’être
traduits en France aux éditions Métailié : New thing (de Wu Ming 1) et
Guerre aux humains (de Wu Ming 2).
Entre fiction et réalité, New thing prend la forme de témoignages qui
rapportent les meurtres de jeunes jazzmen noirs et l’enquête d’une
journaliste (mystérieux et magnifique personnage) disparue depuis les
faits. Avec le New York des sixties en toile de fond, le Black Panther, le free
jazz et John Coltrane, Wu Ming 1 raconte une histoire comme on prend les
armes, contre le terrorisme d’état et la ségrégation raciale. Un roman très
beau, très fort, qui mériterait chez nous l’énorme succès qu’il a connu en
Italie, en Allemagne et en Angleterre.
Le Cadran Lunaire, Mâcon
Livre aux Trésors, Liège
20
L’art de la joie
mari sauve la vie d’une inconnue qui se noie, Lara succombe à une crise
cardiaque. La vie de Pietro bascule. Désorienté, il se réfugie dans sa voiture
garée devant l’école de sa fille et le square tout à côté où il attend que la
terrible douleur de l’absence le terrasse ; mais rien ne vient. En observant
le monde de l’endroit où il s’est enraciné, Pietro découvre peu à peu la
face cachée des choses, de ses collègues de travail, des parents d’élèves
et de ses proches. Ils accourent vers lui, intrigués et curieux, et devant
son calme incompréhensible, les masques tombent. Ainsi son histoire
devient immense, elle les englobe tous, elle les guide, elle les inspire. Plein
de sagesse, brillant, sceptique, cordial, imprévisible, Pietro est l’homme
qui avance à tâtons sur la voie de l’authenticité, avec son intelligence, il
expérimente et tire des conclusions.
c Goliarda Sapienza
Traduit de l’Italien
par Nathalie Castagné
Postface d’Angelo Maria Pellegrino
Editions Viviane Hamy
Pocket 2008 - 9,50€
Le succès de L’art de la joie en France et en
Belgique était inattendu (imprimé à l’origine
à 8500 exemplaires, c’est aujourd’hui plus
de 80000 exemplaires qui ont été vendus en
grand format). Et ce succès fait d’autant plus
plaisir qu’il ne le doit pas à une campagne médiatique écoeurante – ce
qui, sans préjuger de leur qualité, est le lot de beaucoup d’ouvrages
des rentrées littéraires –, mais au bouche-à-oreille de joyeux lecteurs. La
parution en poche, n’en doutons pas, va permettre à ce chef-d’œuvre de
toucher un public encore plus large.
L’auteur, Goliarda Sapienza, est née en Sicile en 1924, « dans une famille
socialiste anarchiste » nous inforrme l’éditeur (ce n’est pas anecdotique) ;
elle meurt en 1996, laissant derrière elle ce roman sublime écrit dans les
années septante, mais jamais publié de son vivant.
L’héroïne s’appelle Modesta. Enfant, elle met le feu à la maison où périssent
sa mère et sa sœur autiste. Le ton est donné. Elle est recueillie par des
sœurs et passe plusieurs années de sa jeunesse dans un couvent, loin du
monde. Elevée dans une stricte et austère éducation catholique, elle se
libèrera en cultivant des sentiments de passion puis de haine à l’égard de
la mère supérieure. Cette dernière meurt « accidentellement ». La jeune fille
est alors adoptée par une famille noble de la campagne sicilienne, et va
jouer de ses talents pour progressivement devenir Princesse, patronne de
la maison. Désormais, avec Modesta, c’est la vie de la maison que le lecteur
va partager, une vie de rencontres intellectuelles et artistiques, sensuelles
et érotiques, militantes et politiques, une vie où passe la vie, où les peines,
les tragédies, n’empêchent jamais la joie de triompher.
Modesta – qui raconte ses souvenirs – et Sapienza – qui rapporte les
propos de Modesta – sont tour à tour narratrices ; les deux discours se
mêlent, et l’on comprend que l’auteur s’identifie au personnage, mais
pas totalement. Roman en partie autobiographique, donc, mais aussi
historique : l’histoire de Modesta grandit avec celle, souvent tragique,
de l’Italie moderne. C’est l’histoire d’une femme qui lutte toujours pour
garantir sa liberté face aux pouvoirs qui tentent de la brider : pouvoirs des
religieux, des fascistes et des bien-pensants. Fameux pavé subversif dans
la mare littéraire, merveilleux hymne à la joie, le livre de Sapienza est un
pur bonheur.
Au Poivre d’Âne, La Ciotat
Israël
My First Sony
c Benny Barbash,
Traduit de l’hébreu par Dominique Rotermund
Éditions Zulma - 22€
My First Sony est la chronique d’une
famille israélienne vue à travers le regard
d’un petit garçon.
Yotam enregistre jour après jour sur un petit
magnétoscope les diverses conversations,
les bruits singuliers ou même certains
silences évocateurs. D’une anecdote à
une autre, le lecteur se promène à travers
les histoires tumultueuses ou quotidiennes
des personnages.
Ainsi, dans un tourbillon de souvenirs, de
discussions politiques, de petites joies
ou de grandes tristesses, Benny Barbash
raconte l’histoire d’un pays en proie à ses
paradoxes et ses émotions.
My First Sony est un livre qui se picore avec délectation car la saveur de
l’enfance le dispute à la dimension politique. Ainsi tout en apprenant divers
éléments historiques qui seuls peuvent expliquer les événements actuels,
on ne perd jamais de vue le quotidien et l’infiniment petit présent dans
chaque cœur.
Livre aux Trésors , Liège
Chaos calme
Atout Livre, Paris 12e
c Sandro Veronesi
Traduit de l’italien
par Dominique Vittoz
Grasset - 21.90€
Pipelines
c Etgar Keret
Traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech
Editions Actes sud - 18.60€
« Je m’appelle Pietro Palladini, j’ai 43 ans
et je suis veuf. » C’est ainsi que se présente
le héros du nouveau roman de Sandro
Veronesi. Un homme en apparence comblé
: une excellente position professionnelle,
une femme qui l’aime, Lara, et une fille de
dix ans. Mais un jour, au moment où son
Etgar Keret est le nouveau prodige de la littérature israélienne. Il réinvente
l’art de la nouvelle en lui insufflant une malice rafraîchissante et une vitalité
audacieuse. Ces œuvres sont un fragment de la nature humaine, une
délicatesse de l’âme. Dans un style percutant, il dessine, touche à touche,
une société israélienne à la fois tendre et violente. Ces personnages se
21
Litterature
livrent à travers leurs comportements, leurs
réactions mais sans jamais céder à une
introspection frontale. Leurs émotions sont
esquissées subtilement et l’effet produit sur
lecteur en est d’autant plus saisissant.
À travers ces trois recueils de nouvelles,
Etgar Keret s’est imposé comme un des
plus grands écrivains israéliens et ses
œuvres à la fois décalées, caustiques et
poétiques le désignent comme l’emblème
de la jeune génération israélienne.
Afrique
La mesure du temps
c Helon Habila
Traduit de l’anglais (Nigeria) par Elise Argaud
Actes sud, 2008 - 24 €
A quatorze ans, pour provoquer leur père et
fascinés par un oncle soldat qui semble avoir
atteint la notoriété qu’ils recherchent, deux frères
jumeaux Mamo et LaMamo décident de fuguer pour
rejoindre l’armée. Malheureusement cette tentative
sera vite freinée pour Mamo à cause de sa maladie
pulmonaire. Tandis que LaMamo, devenu mercenaire,
parcourt l’Afrique de tous les conflits, Mamo poursuit
ses études pour devenir professeur.
Mamo devient le biographe du Mai, sorte de despote
local, et tout en poursuivant sa quête d’héroïsme il
tente de ne pas se laisser corrompre. Les lettres de
LaMamo lui parviennent régulièrement, au coeur de
l’action, lui aussi tente de construire sa vie loin du
chaos.Deux destins complémentaires, Mamo la rélexion et LaMamo l’action
traversent l’Afrique et le Nigeria, leurs histoires au coeur des expériences
humaines.
Beaufort
c Ron Leshem
Traduit du hébreu par Jean-Luc Allouche
Editions du Seuil - 22€
Cette année, grâce à l’invitation au salon
du livre d’écrivains israéliens nous avons
pu découvrir un certain nombre d’ouvrages
témoignant de la diversité et de la vitalité de
cette littérature.
Parmi eux se trouve une véritable perle ; un
livre évoquant l’horreur de la guerre, qui au
même titre que le fut Casse-pipe de Céline,
restera sans aucun doute un incontournable
sur le sujet. L’auteur, Ron Leshem est un jeune
journaliste Israélien qui a écrit ce livre d’après
le témoignage de vétérans de la guerre du
Liban.
Beaufort, c’est avant tout un lieu, une citadelle
perchée à 700 mètres d’altitude, construite
par les croisés dans le sud Liban. Devenue « les yeux de Tsahal » dans la
région, de très jeunes hommes vont s’y entasser et y attendre les ordres.
Un espace clos envahit par la peur et la testostérone. Tous les sentiments
y sont exacerbés.
Dans le microcosme de la forteresse se retrouvent les clivages de la
société israélienne, laïcs, religieux, ashkénazes, séfarades, pacifistes,
belliqueux … tous unis face à la menace ennemie mais également face au
monde extérieur que celui-ci soit représenté par « les branchés de Telaviv » qui sont en train de se saouler en boite ou l’Etat qui semble les avoir
abandonner.
La fureur, l’abattement, l’angoisse sont retranscrits dans une langue
inventive et nerveuse.
Erez a 22 ans. Il est à la tête d’un commando d’hommes plus jeunes encore.
Parlant le « slang » qui est l’hébreu de rue ou encore l’argot militaire, son
récit est saisissant, poignant. On le lit d’une traite, dans un sentiment
d’urgence qui ne nous quitte qu’à la dernière ligne.
Beaufort est vite devenu un Best-seller en Israël et fut adapté au cinéma
avec brio.
La société israélienne vit une relation quasiment fusionnelle avec son armée
et la guerre du Liban qui fut une véritable déroute modifia de manière
presque palpable les mentalités de la population. Ron Leshem témoigne à
travers son roman de ces mutations et nous immerge dans les méandres
et les contradictions d’une société en pleine interrogation.
Un magnifique roman à lire de toute urgence !
Au Poivre d’Âne, La Ciotat
Allemagne
La traversée de l’Hudson
c P.S Jungk
Traduit de l’allemand
par Bernard Lortholary
Editions Jacqueline Chambon - 21€
Un fils et sa mère se retrouvent bloqués par
un embouteillage sur le pont de l’Hudson. Le
ralentissement s’éternise. Ils sortent de la voiture. Le
fils se penche à la balustrade du pont et découvre
son père allongé dans l’eau et mesurant 2 ou 3 kms…
Celui-ci vient de mourir et se rappelle peut-être ainsi
au souvenir des siens.
Dans cette apparition fantastique on pourrait
supposer que le récit vise à nous faire perdre pied.
Or l’absurdité déborde de son cadre puisqu’en
dérivant autour du grand endormi, l’auteur nous
présente une famille singulière, sorte de grand tout
fusionnel ou le monde réel est un satellite de peu d’importance. Cynthia
Ozick pourrait avoir écrit ce roman. Il y a chez Jungk cette même intelligence
rieuse à déranger les grands archétypes fondamentaux avec un aplomb
faussement naïf.
Nordest, Paris 10e
Atout-Livre, Paris
22
étrangére
Un âge irresponsable
c Lavinia Greenlaw
Traduit de l’anglais par Florence Lévy-Paoloni
Editions Joelle Losfeld - 21,50 €
Juliet, Clara, Carlo, Fred et Tobias. Cinq frères et sœurs qui forment la
famille Clough, prototype de « l’amour vache » : ils s’aiment, mais ne
peuvent s’empêcher de se chamailler. Et, la mort de l’un d’entre eux,
lors d’un attentat à la bombe, ou encore la maladie de l’une des sœurs
n’arrangera rien. Tous en quête d’amour, les personnages de ce roman
sont véritablement attachants, tant leur quête peut se révéler dévastatrice
pour ceux qu’ils aiment.
Un joli roman très anglais, qui met en scène une famille, très anglaise.
Angleterre,
Le Merle Moqueur, Paris 20e.
Irlande, Ecosse
La désobéissance
c Naomi Alderman
Traduit de l’anglais par Hélène Papot
Editions de L’Olivier - 21€
A l’ouest du monde
Sur un ton de comédie déjantée, Naomi Alderman
offre un détonnant voyage dans la communauté
juive orthodoxe du Nord de Londres. Ronit
Krushka, fille d’un rabbin respecté, étouffe entre
les rituels strictement observés par ses parents et
l’étroitesse de la vie à Hendon, où tout le monde se
connaît et s’observe. Lorsqu’à l’adolescence elle
prend conscience de ses désirs homosexuels, elle
comprend aussi qu’à moins de se renier totalement
il lui faut déguerpir. Ce sera New York, et la grande
vie qui peut enfin commencer. Quinze ans plus
tard, Ronit a plutôt bien réussi. Quand elle apprend la mort de son père et
rentre à Hendon, cela ne passera pas inaperçu… Sous leurs dehors légers
et souvent même désopilants, les petites et grandes aventures de Ronit
posent des questions éternelles : comment savoir qui l’on est vraiment ?
comment gagner sa liberté ? comment échapper à la répétition familiale ?
Un roman pétillant d’allégresse et d’intelligence.
c Kenneth Steven
Traduit de l’anglais (Ecosse)
par Françoise Chardonnier
Autrement - 14€
Un petit bijou de littérature comme
on en lit peu.Trajectoire de vie
brisée,destins funestes,mémoire
fragile sur les évènements passés,
enfances perdues, lieu voué à
l’oubli…Comment retrouver s a
place parmi les hommes après le
déracinement d’une terre austère,
d’une famille repliée sur les siens,
d’une communauté insulaire
étouffante.A lire absolument !!
Librairie Point Virgule, Namur
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Redemption Falls
De Pierre et de cendre
c Joseph O’Connor
Traduit de l’anglais (Irlande)
par Carine Chichereau
Phébus - 23,50€
c Linda Newbery
Traduit de l’anglais par Joseph Antoine
Editions Phebus - 23,50€
Ne le cherchez pas dans le rayon policier,
il sera sagement sur l’étagère de littérature
générale ;pourtant sous cette élégante couverture
sépia se cache un drame effroyable.Tous les
ingrédients du roman anglais sont présents ; étude
de mœurs, campagne riante et vallonnée,élégant
château,personnages conformes à leur rôle…Puis le
doute s’installe et le lecteur, inconscient de ce qui
l’attend, s’achemine vers l’impensable.
À Redemption Falls, dans le brouillard
et la poussière du Montana, le
gouverneur James O’Keeffe tente
d’oublier son passé de révolutionnaire
irlandais et les violences qu’il a
commises et endurées. La fin de la
guerre de Sécession qui a fait de lui
un héros, l’amour de la mystérieuse
Lucia, la rencontre d’un adolescent
mutique, rien ne semble pouvoir
délivrer O’Keeffe de ses fantômes.
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
23
L
Traversé de mille vies, mettant en scène rien moins que la naissance d’une
nation, Redemption Falls pose dans un cadre historique des questions
résolument contemporaines, celles de la violence et de la culpabilité, de
la domination, de l’intégration des immigrés. Dans une langue superbe,
l’Irlandais Joseph O’Connor compose une fresque polyphonique :
vertigineux, foisonnant, complexe, son cinquième roman est assurément
un chef d’œuvre.
coupable ? L’affaire devient un objet de trouble
délectation pour l’Angleterre victorienne. C’est
toute cette époque que fait revivre le fascinant
livre de Kate Summersale, une époque qui voit
la naissance de Scotland Yard, l’émergence
de la presse à sensation et l’apparition des
romans policiers. Enquêtrice minutieuse,
Kate Summersale immerge ses lecteurs dans
une intrigue palpitante. L’affaire de Road Hill
House est à la fois un essai sociologique sur
l’Angleterre, un précis de creation littéraire, une
histoire de l’évolution des techniques policières,
une réflexion sur l’impact des medias, un traité
sur les mystères de l’âme – et pourtant il se lit
comme un polar, de bout en bout effréné et
haletant. Passionnant !
Librairie Point Virgule, Namur
Samedi
c Ian McEwan
Traduit de l’anglais
par France Camus-Pichon
Coll. Folio, Editions Gallimard - 7,90€
Librairie Point Virgule, Namur
Un samedi dans la vie de Londres. Juste une
journée pas tout à fait comme les autres où,
sous la déferlante d’une manifestation, l’espace
urbain voit ses repères abolis. Un samedi
dans la vie d’un homme. Juste une journée où
tout peut basculer : les équilibres familiaux,
les certitudes liées au statut social, le regard
que l’on pose sur le monde et sur les autres.
Un roman sec et tendu, où s’entrecroisent
angoisses collectives et quête de bonheur
personnel.
Etats-Unis
et Canada
Jours d’orage
c Kresmann Taylor
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Samuel Sfez
Editons Flammarion - 19,90 €
Librairie Point Virgule, Namur
Swap
c Antony Moore
Traduit de l’anglais par Jean Esch
Joëlle Losfeld - 20€
Kressmann taylor explore avec brio le sujet
délicat de la vengeance des crimes de guerre.
Son roman est efficace, percutant. Quinze ans
après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une
jeune veuve américaine séjourne en Toscane
avec sa fille,Lisa. Lors d’une promenade, elles
se retrouvent prisonnières d’un village devenu
inaccessible à cause d’un violent orage. Dans l’unique hôtel où elles vont
devoir rester, Amanda et Lisa vont côtoyer des touristes allemands venus
ici profiter des bienfaits de la montagne et de la marche à pied. La mère et
la fille vont se retrouver au cœur d’une sombre Histoire…
Propriét aire d’une librairie de bandes
dessinées à Londres, Harvey Briscow vit avec
une unique obsession : récupérer l’exemplaire
du “Superman n° 1” qu’il a donné, à l’âge de
douze ans, au souffre-douleur de son collège.
Une BD mythique, dont la valeur pourrait
changer le destin du pauvre Harvey… Lorsqu’il
retrouve enfin son ancien condisciple, les
choses ne vont pas pour autant se passer comme prévu, et notre antihéros
va s’enliser dans un imbroglio tragi-comique à la mécanique inéluctable…
Drôle et efficace, ce premier roman oscille joyeusement entre comédie à
l’anglaise et polar, dans un style grinçant et ironique. Une vraie réussite !
Librairie Le Livre Phare, Concarneau
Mille Soleils splendides
Librairie Point Virgule, Namur
c Hosseini Khaled
Traduit de l’américain
par Valérie Bourgeois
Editions Belfond - 21€
L’affaire de Road Hill House :
l’assassinat du petit Saville Kent
c Kate Summersale
Traduit de l’anglais par Eric Chédaille
Editions Christian Bourgois - 25€
Après Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled
Hosseini nous revient avec un superbe
roman sur la condition de la femme. Sur fond
d’Afghanistan en proie aux conflits internes et
aux attaques extérieures, ce roman nous conte
le destin de deux femmes en butte avec la
société patriarcale, victimes d’un monde dominé
Été 1860. Le petit Saville Kent est égorgé dans la propriété de ses parents.
La police conclut rapidement à un meurtre commis au sein de la famille.
Mais qui, des parents, des frères et sœurs ou des domestiques, est le
24
Litteratureétrangére
par les hommes. Fresque qui s’étire sur trente ans, Hosseini déploie à
nouveau dans Mille soleils ses talents d’écrivain pour nous dire la difficulté
d’être femme mais aussi la difficulté d’un pays, d’une nation à se construire
entre les heurs de la politique interne et les affres de la diplomatie étrangère
le plus souvent belliqueuse. A coups sûrs, vous vous plongerez dans cette
histoire tendre et cruelle à la fois où l’émancipation et le désir de liberté se
disputent à la culpabilité.
Là-haut vers le nord
c Joseph Boyden
Traduit de l’anglais (Canada)
par Hugues Leroy
Coll. Terres d’Amérique,
Editions Albin Michel - 20€
Librairie M’Lire, Laval
Là-haut vers le nord narre la rencontre de deux
univers qui cohabitent plus qu’ils ne se rencontrent
; un monde où les Blancs ont amené à boire et où
les Indiens trinquent. Mais là-haut vers le nord, il y a
aussi des enfants qui rêvent de devenir lutteurs professionnels. Il y a aussi
des femmes qui rêvent d’indépendance, qui montent sur scène pour un
concert de rock ou se battent pour éviter la construction d’un barrage.
Ce recueil de nouvelles est un mélange fort d’émotion, de colère, de
tendresse et de violence.
L’amour des Maytree
c Annie Dillard
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Pierre-Yves Pétillon
Editions Christian Bourgois - 25€
On s’en rend compte dès les premières pages :
Annie Dillard est une auteur méconnue. La beauté
lancinante de L’amour des Maytree devrait la hisser
parmi les voix les plus importantes de la littérature
américaine contemporaine. Le roman est impossible
à raconter, à moins de paraître d’une insignifiante
banalité : lorsque Amy et Toby se rencontrent, ils ont conscience d’entamer
une histoire d’amour déterminante. Le mariage, l’arrivée d’une fils, les
années qui passent, les trahisons, le corps qui vieillit mais se souvient : il
faut un talent immense pour raconter de façon exceptionnelle une histoire
qui ne l’est en rien. Sous les cieux immenses de Cape Cod, Annie Dillard
peint le destin discret et somptueux des Maytree avec justesse, sobriété
et une grâce infinie.
Au Poivre d’Âne, Manosque
Autriche
Tout va bien
c Arno Geiger
Traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay
Editions Gallimard - 22,50€
Librairie Point Virgule, Namur
Le personnage central d’Apex est
« consultant en nomenclature » :
son travail consiste à donner
des noms, de préférence
accrocheurs, aux produits que les
entreprises veulent mettre sur le
marché. Roi du marketing, habile
à manipuler le langage et ses
ruses, il est au faîte de la réussite
professionnelle lorsqu’une
petite ville américaine fait appel
à ses services. Sa mission ?
Rebaptiser la ville endormie pour
attirer investisseurs et nouveaux
habitants… Parabole satirique,
réflexion sur les mécanismes
du langage et le pouvoir que
détiennent ceux qui le manipulent,
Apex promène sur nos sociétés
occidentales un regard décalé,
malin et souvent drôle.
Quand on referme l’époustouflant
roman de Arno Geiger, on se dit
qu’il s’agit d’une lecture qui ne
laissera pas indemne. Geiger
explore en effet les recoins d’une
histoire familiale douloureuse et
renvoie chacun à des questions
intimes : l’énigme de la filiation,
la difficulté de choisir son
appartenance, les aléas de
la transmission. Tout va bien
raconte trois générations d’une
famille autrichienne, des années
30 à aujourd’hui. La vaste maison
des grands-parents, dont Philipp
hérite en 2001, est le cadre de
bien des drames : amours tôt
brisées dans l’incompréhension
mutuelle, mort d’un fils devenu
nazi pour narguer ses parents,
illusions perdues, petits et
grands accidents de la vie. Philipp, la quarantaine désabusée, ne se
sent pas les épaules assez solides pour porter seul pareil héritage – une
maison gagnée par la ruine, des fantômes encombrants. Certes, Tout va
bien ménage aussi quelques éclats de légèreté, notamment avec le duo
burlesque que forment les ouvriers ukrainiens engagés par Philipp pour
l’aider dans ses travaux de rénovation. Mais ce que nous donne à lire Arno
Geiger, tout jeune écrivain autrichien, c’est un roman implacable et universel
sur la perte et la solitude.
Librairie Point Virgule, Namur
Librairie Point Virgule, Namur
Apex
c Colson Whitehead
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin
Gallimard - 19€
25
Espagne
Le rapport Stein
c José Carlos Llop
Traduit de l’espagnol par Edmond Raillard
Editions Jacqueline Chambon - 13,80€
Une petite ville sans histoire dans l’Espagne
des années 60. Un narrateur adolescent,
craintif et solitaire, qui vit chez ses grandsparents. Un lycée étouffant, tenu par
des religieux austères. Et puis l’arrivée
étonnante de l’élève Stein, qui porte des
pulls rouges, circule à vélo, fait souffler sur
ce monde confiné une liberté, une fraîcheur
et une insouciance dont personne n’avait
idée jusqu’alors… Qui est ce Guillermo Stein
qui fascine tant les autres élèves ? Que
cache le retour de sa famille dans la ville
quittée des années auparavant ? Quelles
rancœurs jamais effacées remontent à la
surface dès que son nom est prononcé ?
En rassemblant petit à petit les réponses
à ces questions, le narrateur quittera aussi
le temps préservé de l’enfance et de l’innocence. C’est cet apprentissage
du métier d’homme que nous fait lire José Carlos Llop avec ce roman bref
et intense.
Librairie Point Virgule, Namur
Litteraétratungre
Le vent de la lune
c Antonio Munoz Molina,
Traduit de l’espagnol
par Philippe Bataillon
Editions Seuil - 21,50€
ére
Été 1969. Dans une Espagne qui semble
figée dans un temps immuable, un jeune
adolescent fait le difficile apprentissage de
la liberté. Et tandis que des hommes pour
la première fois foulent le sol de la lune, il
entame lui aussi un voyage déterminant…
Avec pudeur, Antonio Munoz Molina fait
revivre le monde disparu de ses parents et
grands-parents. Tantôt cocasse, tantôt profondément émouvant, Le vent
de la lune est un merveilleux roman d’initiation.
Librairie Point Virgule, Namur
26
Norvège
accusatrice qui lui parle à l’oreille, Giuseppe se trouve embarqué pour des
aventures rocambolesques et surprenantes. Le menteur d’Ombrie est un
roman truculent, drôle et profond, anarchiste, anticonformiste, anticlérical
et de nos jours, rien que pour cela, quel plaisir de lecture ! Quelle avidité à
en retrouver les personnages, de chapitre en chapitre ! Giuseppe est une
crapule attachante, et par lui se révèle que la bonté n’est pas l’apanage
des saints, bien au contraire. Et que ladite sainteté est loin d’être évidente
chez ceux qui s’en revendiquent. Brinqueballé de moines superstitieux en
archevêque avide de pouvoir, de sorcière énigmatique en soldats obtus et
sans scrupules, Giuseppe est un antihéros magnifique dont l’outrance est
un antidote à la société de petits notaires qui déjà se crée. Et la philosophie
d’Arturo, sublime personnage, souffre-douleur et ami fidèle, y fait écho.
Bjarne Reuter a créé un couple de personnages à mi chemin de ceux
formés par Don Quichotte et Sancho Pança et Jacques le Fataliste et son
Maître. Avec en trame de fond la Quête (absurde ?), l’amour et la noblesse
de cœur.
-Tu as adoré n’importe quel saint parce que tu te méfiais de
Dieu. Croisais-tu un navigateur venant d’Arabie, que tu adorais Allah, et
vendais-tu une poudre venue d’Orient, que tu invoquais les dieux hindous
à huit bras.
-Eh oui, Rinaldo, tant qu’on est en bons termes avec le bon
Dieu, on chie sur ses saints.
-Attention à ce que tu dis, maquignon.
-Dieu donne des noix à ceux qui n’ont pas de dents.
et Danemark
Pas facile
de voler
des chevaux
c Per Petterson
Traduit du norvégien
par Terje Sinding
Gallimard, Folio - 6,80€
Dans la Norvège de 1948, les
plaies de la guerre restent à
vif. Un adolescent et son père
passent les mois d’été dans le
nord du pays, au cœur d’une
nature enivrante et souveraine.
Entre eux naît une complicité
jusqu’alors inconnue, qui
pourtant ne résistera pas aux
secrets qui pèsent sur chacun.
Cinquante ans après cet été
lumineux et tragique, l’adolescent
devenu vieux revient arpenter les
terres où s’est jouée la part décisive de son histoire. Mais peut-on remuer le
passé sans se mettre en danger ? Avec mélancolie et une infinie douceur,
Per Petterson signe un livre à la beauté singulière et obsédante.
Comment ne pas se faire un frère de Giuseppe Pagamino ?
Livre aux Trésors, Liège
Grèce
Librairie Point Virgule, Namur
Le menteur d’Ombrie
L’invention
de la Vénus de Milo
c Bjarne Reuter
Traduit du danois par Monique Christiansen
Editions Actes Sud, Babel n°803 - 11,50€
c Takis Théodoropoulos
Traduit du grec
par Michel Grodent
Editions Sabine Wespieser
21€
Giuseppe Pagamino est un
vieux colporteur de potions,
menteur invétéré, profanateur
de tombes, escroc à la petite
semaine et voleur de bas
étages. Il déambule dans l’Italie
du XIVème siècle à la recherche
de l’ingrédient ultime – une
rognure d’ongle du Malin – pour
concocter son obsession : un
élixir d’immortalité. Son espoir
se trouve à Lucques où l’on va
procéder à la mise au bûcher
d’une sorcière et de son fils,
prétendu bâtard qui lui serait
né du démon. Accompagné
de son disciple Arturo, jeune
garçon rencontré dans des
circonst ances étranges à
Florence et qu’il juge simple
d’esprit, et torturé par la voix de
Rinaldo, mauvaise conscience
Au début du 19e siècle, l’Europe
tout entière se prend de passion
pour l’Antiquité grecque. C’est dans
ce contexte qu’en 1820, sur une
petite île des Cyclades, un paysan
découvre dans son champ la statue
qui allait devenir la célèbre Vénus
de Milo. Commence alors une suite
de péripéties plus rocambolesques les unes que les autres : sur fond
de rivalités entre Anglais et Français pour s’attribuer la statue, intrigues
amoureuses, trafics d’œuvres d’art, manipulations en tous genres mènent
une sarabande effrénée. On en oublierait presque le principal : est-ce
vraiment Vénus qui se cache sous les traits de cette femme énigmatique ?
L’invention de la Vénus de Milo est un délicieux conte philosophique, qui
explore avec humour et fantaisie les immenses territoires de la vanité des
hommes.
Librairie Point Virgule, Namur
27
étrangére
Douze jours en Australie
c John Tittensor
Traduit de l’anglais (Australie)
par Camille Domecq
Editions La Fosse aux ours - 16€
Un homme passe douze jours en Australie,
auprès de sa mère. Douze jours durant lesquels
il dresse le bilan de sa vie, à travers l’écoute
muette de sa mère : la mort prématurée de
sa fille dans un incendie ; le procès de Klaus
Barbie, à Lyon (qu’il a couvert en tant que
journaliste) ; son histoire avec Annick, meurtrie
par les actes de Klaus Barbie…
Un magnifique roman dans lequel l’expression de la douleur, des douleurs,
transperce le lecteur.
Australie
Le Merle Moqueur, Paris 20e.
Shantaram
c Gregory David Roberts
Traduit de l’<anglais (Australie) par Pierre Guglielmina
Editions Flammarion - 23€
Brésil
On se demande parfois
comment la vie s’accroche
à certaines personnes avec
autant d’acharnement. A
moins que ce soit l’inverse
? Enfin, tout en lisant
Shantaram, roman fleuve
de plus de 800 pages,
véritable quête rédemptrice
d’un ancien braqueur de
banque héroïnomane, et
même après avoir tourné
la dernière page, je fus
littéralement happé par
le destin de cet homme,
fugitif australien qui
débarque à Bombay au
début des années 80.
Roman en très grande
partie autobiographique,
Gregory David Roberts a
largement évité les écueils
dus à ce genre de livre.
C’est raconté avec humilité et respect autant pour les personnages qui sont
en fait des personnes ayant réellement existé, que pour le lecteur, ce qui
ne nous donne pas l’impression que le héros est un fier- à -bras orgueilleux
et/ou que ce roman est une promenade touristique dans le Bombay des
années 80. Des bidonvilles d’une mégalopole en expansion en passant
par la vie dans un village indien traditionnel, les prisons indiennes, la mafia,
le djihad,pour finir par être rattrapé en Allemagne, Roberts fait passer son
personnage principal par toutes les aventures et mésaventures d’un héros
moderne, sans oublier et c’est ce qui fait aussi le charme de ce livre, l’Amitié
et l’Amour, les jalons qui lui permettront de rester debout.
Un roman dont le style n’est pas révolutionnaire mais efficace et encore une
fois plein d’humilité, la trame bien ficelée et une construction au suspense
haletant qui vous emportera à coup sûr comme il l’a fait avec moi. Un bon,
un très bon roman d’été.
Un conseil, lisez Shantaram en grand format, la version poche de J’ai
Lu a rétréci la police de caractère ce qui vous donnera à coups sûrs la
migraine et vous fera penser que j’ai exagéré voir même menti dans cette
chronique !
Monde perdu
c Patrícia Melo
Traduit du portugais (Brésil)
par Sébastien Roy
Editions Actes Sud - 18,80€
A la suite de Màiquel, le tueur à gages
de O Matador, tout au long d’un terrible
road movie, vous découvrirez le Brésil, cet
immense territoire comme vous ne l’avez
jamais imaginé. A un rythme soutenu,
Patricia Melo nous fait partager la quête
de Màiquel qui veut retrouver et libérer sa
fille sous l’influence d’une secte. Policiers
véreux, malfrats, criminels divers et variés
croisent la route d’un fuyard aux abois qui
court après sa propre rédemption autant
que vers le sauvetage de Samanta. Au
-delà des personnages et de leur histoire c’est à la découverte d’un Brésil
contemporain ravagé par de multiples maux que nous convie Patricia Melo.
Maïquel lui-même en vient à désirer une vie plus tranquille. Ce n’est pas
gagné pour
notre héros fatigué qui devra boire la lie jusqu’au bout. Un roman noir,
très noir mené à grande allure et écrit d’une plume acérée et dévastatrice.
Jugez-en plutôt : « Nous avons voyagé toute la nuit. J’ai voulu lui demander
pourquoi il m’aidait, mais j’ai commencé à avoir des sueurs froides, ma tête
résonnait, notre problème, j’ai entendu Santana dire, sa bouche saignait,
les mots tombaient sur moi, notre problème, il persistait à dire, notre
problème, c’est que nous n’avons pas de corrida. Aussi ils ont toujours
besoin de cogner. » Extrait p. 94
Librairie M’Lire, Laval
28
29
Trésors
retrouvés
Remarquable
n’est-ce pas ?
trahi par la révolution, en passant
par Gould Verschoye, l’Irlandais des
brigades internationales qui finira
dans un camp sibérien, voici sept
parcours dans l’univers soviétique
(à une exception près que nous
vous laisserons découvrir). Rédigés
comme autant de notices officielles
d’une hypothétique encyclopédie
soviétique, ces portraits constituent
certainement la meilleure description
de l’univers totalitaire, son
atmosphère, sa logique... Nous vous
laissons le soin de découvrir le lien
secret qui unit tous ces destins et
qui fait de ce livre une oeuvre à part
entière.
c Robert Benchley
Traduit de l’américain par
Paulette Vielhomme
et Fanny Soubira
« une publication plutôt
sympathique »
de Monsieur Toussaint
Louverture éditions - 16,50€
Ah quelle bonne idée, à la veille des
vacances, de rééditer ce bijou des
Nouvelles de Robert Benchley !
Ecrites il y a presque un siècle par
un pilier du New Yorker, le Supplice
du week-end ou Demande donc à
ce Monsieur sont des classiques
du comportement humain, à travers le regard lucide et la plume hilarante
de Benchley. Une dose d’humour, une bonne mesure de non-sens et un
soupçon de mauvaise foi font de ce recueil un cocktail à savourer sans
modération dans une chaise longue. On ira ainsi du mystère du hareng
empoisonné à un délirant lexique de Français pour Américains, en passant
par des arguments d’opéra assez farfelus…Le livre est beau, les couvertures
pleines d’humour comme les illustrations et « Cherry on the cake », sous la
troisième de couverture, il y a une surprise.
Remarquable, n’est-ce pas ?
Merci Monsieur Toussaint Louverture.
Atout Livre Paris 12e.
Mes enfers
c Jakob Elias Poritzky
Traduit de l’allemand par Dina Regnier Sikiric
et Nathalie Eberhardt
Editions La dernière goutte / 18€
Qui est Jakob Elias Poritzky ? Plus
personne en 1935 quand il meurt
à Berlin : son oeuvre est alors
tombée dans un oubli complet.
Né à Lomza en 1876 dans une
Pologne annexée par la Russie,
Poritzky est donc un fils d’immigrés
dans l’Allemagne fin de siècle où il
passe son enfance. Le récit de ses
années de jeunesse constitue une
espèce de modèle en son genre :
une anthologie de la révolte, de la
détresse mais aussi de l’énergie
et de la rage de vivre d’un jeune
juif renégat, «exilé dans son propre
exil». De Paris à Berlin le «narrateur-
Librairie du Rivage, Royan.
Un tombeau pour Boris Davidovitch
c Danilo Kis
Traduit du serbo-croate par Pascale Delpech
Col. Du monde entier, Editions Gallimard - 13.50€
Sous-titré «sept chapitres d’une même histoire», ce livre tient certainement
une place centrale dans l’oeuvre de Danilo Kis (1935-1989), l’un des plus
grands écrivains yougoslaves du XXème siècle.
De Michka, le jeune tailleur juif des Carpates, à Novski, le révolutionnaire
30
dénonciateur» des turpitudes du monde vous saisit par son style et ne vous
lâchera plus : ses misères sont les vôtres, ses questions, les vôtres, ses
espoirs, ses desespoirs, les vôtres, les vôtres !
Remercions les éditions de La dernière goutte d’avoir exhumé ce petit chef
d’oeuvre oublié.
la campagne et le plus souvent maltraitée. A 12/13 ans, elle se trouve à
Vezelay, pendant la guerre, et sa vie va basculer avec la rencontre des
Zervos. Editeurs d’art et galeristes, ils fréquentent tous les artistes de
l’époque et en hébergent certains à Vezelay ou à Paris. Séduits par son
caractère et ses dons artistiques, ils l’adoptent et elle va les suivre à
Paris.
Elle rencontrera Braque, Eluard, René Char … Picasso lui donnera des cours
de dessin, elle participera aux activités des uns et des autres. Mais parfois
les milieux artistiques et intellectuels ne sont pas moins maltraitants que
les familles de placement !
Au-delà de ce destin hors du commun, la façon dont Yvette Thomas raconte
sa vie est absolument étonnante. D’une écriture flamboyante, elle fait
revivre l’Yonne d’avant et pendant la guerre de façon magistrale et décrit
très finement la société intellectuelle parisienne. Un livre passionnant et
superbe.
Atout Livre, Paris 12e.
Royaumes juifs
trésors de la littérature yiddish
c Edition établie et présentée par Rachel Ertel
Col. Bouquins, Editions Robert Laffont - 29€
Le yiddish, langue parlée jusqu’en
1939 en Europe par des millions
d’individus, de Russie en France
en passant par la Pologne, n’est
pas (seulement) la langue du shtetl,
du folklore ashkénaze. Rachel Ertel
en fait ici la brillante et nécessaire
démonstration : en passionnée,
érudite et amoureuse de cette langue,
elle en retrace, dans la préface de ce
volume, la généalogie, l’émancipation
et l’éclosion sur le mode littéraire.
Cette anthologie rassemble, sur la
période 1850-1920 les textes les
plus emblématiques des grands
auteurs de langue yiddish (MendeleMoikher-sforim, I.L. Peretz, SholemAleikhem, Sholem Asch, Der Nister,
et David Bergelson) : ces Royaumes
juifs sont les plus beaux des royaumes. Joyaux d’une langue mosaïque,
ces textes s’imposent d’emblée comme une « littérature-monde » : ils
nous dessinent une géographie, un imaginaire et une temporalité qui ont
une portée universelle. Des trésors de la littérature qu’il faut absolument
découvrir.
Librairie Obliques, Auxerre.
Ecouter aussi la crhonique sur le site
Les Années
c Virginia Woolf
Traduit de l’anglais par
Germaine Delamain,
revue par Colette-Marie Huet
Préface de Christine Jordis
Col. Folio, Editions Gallimard
7,90€
Ce fut l’avant-dernier roman de Virginia
Woolf, et son plus grand succès.
Un chef-d’oeuvre impressionniste
d’une justesse et d’une lucidité
bouleversantes sur le passage du
temps et la précarité de la vie.
Un roman peuplé de personnages
appartenant plus ou moins à la même
famille, les Pargiter, où l’on passe d’une
époque à une autre, sur fond de bulletin météorologique. Les années, les
générations se succèdent, sans qu’on n’assiste jamais pour autant aux
grands évènements : mariages, naissances, etc... L’envers même d’une
saga « ou saga hors-cadre » débouchant sur un bal d’été (qui s’étend sur
plus de cent pages), jusqu’à l’aube : une dernière partie intitulée le temps
présent , équivalent même du Temps retrouvé de Proust.
Parce qu’une telle lecture nous atteint jusqu’au plus profond de nous-même
en nous renvoyant à notre condition de mortel, on n’en ressort pas indemne.
Mais pour avoir ressenti si intimement l’intensité de l’écriture de Virginia
Woolf, on se sent plus vivant que jamais.
Atout Livre Paris 12e.
Un diamant brut
(Vézelay-Paris
1938-1950)
c Yvette Szuzupak-Thomas
Editions Anne-Marie Métailié
20€
Atout Livre Paris 12e.
Il ne s’agit pas, cette fois, d’un roman,
mais d’une histoire vraie, d’un récit de
vie ; mais la vie de l’auteure est un vrai
roman ! Décédée en 2003 en Israël,
Yvette Szczupak-Thomas a commencé
son autobiographie en 1980, et l’a
achevée en 1999. Pourquoi ce livre
nous arrive-t-il seulement aujourd’hui,
c’est un des nombreux mystères de
l’édition...
Née en 1929, dans l’Yonne, Yvette
Thomas devenue orpheline très jeune est confiée à l’Assistance Publique
et va passer son enfance de placement en placement, le plus souvent à
Le ver dans la pomme
Editions Gallimard John Cheever
Traduit de l’anglais (Etats-Unis ) par Dominique Mainard
Editions Joëlle Losfeld - 23,00€
John Cheever, le Tchekhov américain.
Comme dans les précédents recueils publiés chez J.Losfeld, on retrouve
le mal être dont souffrent les personnages de Cheever. Rien d’obscur,
ni de confus chez Cheever. La psychologie affectée est renvoyée au
31
retrouvés
Trésors
vestiaire. Les personnages ont la
parole.Ce qui revient à l’auteur,
c’est le t alent. Cheever n’en
manque pas. L’apparente simplicité
des situations met en scène la vie
conjugale et familiale sous un angle
d’observation limpide. Au feuilletage
de ces nouvelles, on ferait presque la
grimace: nous connaissons trop bien
ce cocktail que sont l’ennui de vivre,
l’existence bien rôdée, le ronron des
couples, les enfants qui grandissent
et les pique niques au bord de
l’eau. Ce serait compter sans l’art
de Cheever. Sans mentir ni apporter
de théorie, sans tenter d’expliquer
l’inexplicable avec froideur même,
il nous présente une image des
hommes, du monde et de nousmême si familière qu’elle ne nous fait pas horreur comme elle le devrait.
A mesure que l’on s’absorbe dans la lecture des nouvelles, le réalisme des
situations perd son contour précis et on bascule imperceptiblement dans
un univers presque fantastique. A lire et à relire!
du Grand Jeu autour de René Daumal, protégé
par Lanza del Vasto, il a eu un parcours chaotique
de jeune homme tourmenté, entre la bohême la
plus sordide et les milieux interlopes de la drogue
et de la prostitution.
Disons le tout net : Luc Dietrich a signé avec
L’apprentissage de la ville (précédé par le fameux
Bonheur des tristes) une oeuvre incandescente :
fortement autobiographique, elle nous plonge
dans le Paris des années 20, entre la vie
miséreuse de Pantin et les hôtels particuliers...
très particuliers.
Un apprentissage en forme de désillusion, une véritable poétique de la
solitude servie par une écriture souveraine.
Atout Livre Paris 12e.
Ecouter la chronique sur le site
Le conte
de la pensée dernière
Editions Gallimard Edgar Hilsenrath
Traduit de l’allemand par Bernard Kreiss
Editions Albin Michel 1992,
Livre de poche 2007 - 8€
Librairie Nordest, Paris 10e.
Le voyage en Algérie
« Anthologie de
voyageurs Français
dans l’Algérie
coloniale (18301940) »
Un de mes fidèles clients m’a fait découvrir cette
merveille, qui date de 1998 mais qu’importe.
Œuvre étonnante qui met en scène de la fin
du 19ème siècle jusqu’au génocide, le peuple
arménien, œuvre écrite par un juif ! C’est un
foisonnement de vie, de personnages autour du héros malgré lui, accusé à
son retour d’Amérique du meurtre de l’ « Archiduc » et le peuple arménien
avec lui devient responsable de tous les complots et le génocide est justifié.
Ce récit nous apprend tout de la vie des Arméniens, des traditions, des
fêtes de la naissance à la mort, récit épique, truculent, lyrique…
c Franck Laurent
Collection Bouquins,
Editions Robert Laffont - 29€
L’Ecritoire, Semur-en-Auxois
En choisissant de présenter ces
récits de voyage dans un ordre
chronologique, Franck Bertrand nous
permet de voir l’évolution de l’Algérie
en l’espace de cent ans, sans pour
cela que le propos soit ici de type
politique ou historique :
Les auteurs de ces textes, méconnus ou écrivains reconnus, n’étaient ni des
colonisateurs ni des colonisés, mais des voyageurs au sein d’un pays qu’ils
découvrirent personnellement, indépendamment de tout ce qu’ils avaient lu
sur l’Algérie. Ce qu’ils écrivirent est donc le témoignage d’une expérience
toujours singulière, à la fois tournée vers l’extérieur et intime.
Cette anthologie nous montre ainsi l’Algérie à travers une variation
de regards et de points de vue au fur et à mesure de l’évolution de la
colonisation. Une autre façon de voir l’Algérie...
Les dimanches
de Jean Dézert
Jean de la Ville de Mirmont
Editions Cent Pages - 12€
Jean de la Ville de Mirmont est un auteur
méconnu. Né en 1886, ami de Mauriac, il
meurt au champ d’honneur en novembre
1914. Son Jean Dézert appartient à une
lignée de héros minuscules, « hommes
de peu et de trop malgré tout ». Employé
par le Ministère de l’Encouragement au
Bien, Jean Dézert mène une vie morne.
Sa spécialité, c’est l’attente, et surtout
l’attente du dimanche, jour qu’il chérit
particulièrement. Allez comprendre… Un
auteur à (re)découvrir, et un petit éditeur
à soutenir.
Atout Livre Paris 12e.
L’apprentissage de la ville
c Dietrich Luc - Editions Le temps qu’il fait, 1995 - 25€
Librairie Point Virgule, Namur
Luc Dietrich (1913-1944) fait partie de ces auteurs à la carrière météorique
qui, malgré cela, ont eu la chance de susciter la ferveur d’un petit cercle
d’initiés, véritables garants de la postérité de leur oeuvre. Proche du groupe
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conception, StarHlight - 2008
33
Les librairies
du groupement Initiales
Antipodes
Le Livre Phare
Au poivre d’âne
8, rue Robert Schuman 95880 Enghien
Tél. : 01 34 12 05 00 - Fax : 01 34 17 69 26
[email protected]
8, rue Dumont D’Urville 29900 Concarneau
Tél. : 02 98 50 68 11
[email protected]
12, rue des Frères Blanchard 13600 La Ciotat
Tél. : 04 42 71 96 93 - Fax : 04 42 73 19 68
[email protected]
Quai des brumes
L’Arbousier
Livre aux Trésors
1, avenue Abdon Martin 04700 Oraison
Tél. /Fax : 04 92 78 61 08
[email protected]
4, rue Sébastien Laruelle 4000 Liège
Belgique
Tél. :+32 04 250 38 46 - Fax : +32 04 250 38 46
[email protected]
120, Grand’Rue 67000 Strasbourg
Tél. : 03 88 35 32 84 - Fax : 03 88 25 14 45
[email protected]
Lucioles
81, avenue Jean Jaurès 78711 Mantes-la-Ville
Tél. : 01 30 94 53 23 - Fax : 01 30 94 18 08
[email protected]
Atout-livre
203, bis avenue Daumesnil 75012 Paris
Tél. : 01 43 43 82 27 - Fax : 01 43 43 82 73
[email protected] - www.atoutlivre.com
Le Bruit des mots
11, place du Marché 77100 Meaux
Tél. : 01 60 32 07 33 - Fax : 01 60 32 07 34
[email protected]
Le Cadran lunaire
27, rue Franche 71000 Mâcon
Tél. : 03 85 38 85 27 - Fax : 03 85 40 92 16
[email protected]
Comme un roman
39, rue de Bretagne 75003 Paris
Tél. : 01 42 77 56 20 - Fax : 01 42 77 56 20
[email protected]
www.comme-un-roman.com
Librairie des Cordeliers
13, côte des Cordeliers 26 100 Romans-sur-Isère
Tél. : 04 75 05 15 55 - Fax : 04 75 72 50 56
[email protected]
Le Cyprès
17, rue du Pont Cizeau 58000 Nevers
Tél. : 03 86 57 53 36 - Fax : 03 86 59 59 24
[email protected]
L’Echappée belle
7, rue Gambetta 34200 Sète
Tél. : 04 67 43 64 54 - Fax : 04 67 74 74 18
[email protected]
www.lechappeebelle.fr
L’Ecritoire
30, place Notre-Dame 21140 Semur-en-Auxois
Tél. : 03 80 97 05 09 - Fax : 03 80 97 19 89
[email protected]
www.ecritoire-semur.com
Le Grain des mots
13, boulevard du Jeu de Paume 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 60 82 38 - Fax : 04 67 60 82 91
[email protected]
Gwalarn
15, rue des Chapeliers 22300 Lannion
Tél. : 02 96 37 40 53 - Fax : 02 96 46 56 76
[email protected]
La librairie...
12, rue Chaperonnière 49000 Angers
Tél. : 02 41 87 48 43 - Fax : 02 41 87 47 70
[email protected]
La Librairie
Musée du Pilori, Place du Pilori 79000 Niort
Tél. : 05 49 04 05 03 - Fax : 05 49 17 18 80
www.lalibrairieniort.com
[email protected]
13-15, place du Palais 38200 Vienne
Tél. : 04 74 85 53 08 - Fax : 04 74 85 27 52
[email protected]
www.librairielucioles.com
Lune et l’Autre
19, rue Pierre Bérard 42000 Saint-Étienne
Tél. / Fax : 04 77 32 58 49
[email protected]
La Manœuvre
58, rue de la Roquette 75011 Paris
Tél. : 01 47 00 79 70 - Fax : 01 47 00 77 55
[email protected]
[email protected]
Maupetit
142-144, La Canebière 13001 Marseille
Tél. : 04 91 36 50 50 - Fax : 04 91 36 50 79
[email protected]
Le Merle Moqueur
51, rue de Bagnolet 75020 Paris
Tél. : 01 40 09 08 80 - Fax : 01 40 09 86 60
[email protected]
www.lemerlemoqueur.fr
M’Lire
3, rue de la Paix 53000 Laval
Tél. : 02 43 53 04 00 - Fax : 02 43 53 23 52
[email protected]
Mots et Images
10, rue Saint-Yves 22200 Guingamp
Tél. : 02 96 40 08 26 - Fax : 02 96 40 08 27
[email protected]
Nordest
34, bis rue de Dunkerque 750010 Paris
Tél. / Fax : 01 48 74 45 59
[email protected]
Obliques
68, rue Joubert 89000 Auxerre
Tél. : 03 86 51 39 29 - Fax : 03 86 52 11 83
[email protected]
La Réserve
La librairie du rivage
82, Boulevard Aristide Briand 17200 Royan
Tél. / Fax : 05 46 22 05 16
[email protected]
www.librairie-du-rivage.fr
Les Saisons
2, rue Saint Nicolas 17000 La Rochelle
Tél. : 05 46 37 64 18 - Fax : 05 46 34 05 58
www.lessaisons.fr
[email protected]
Le Scribe
115, faubourg Lacapelle 82000 Montauban
Tél. : 05 63 63 01 83 - Fax : 05 63 91 20 08
[email protected]
www.lescribe.com
Le square (L’université)
2, place du docteur Léon Martin 38000 Grenoble
Tél. : 04 76 46 61 63 - Fax : 04 76 46 14 59
[email protected]
www.librairielesquare.com
Vent d’ouest
5, place du Bon Pasteur BP 31626
44016 Nantes Cedex
Tél. : 02 40 48 64 81 - Fax : 02 40 47 62 18
[email protected]
www.librairie-nantes.fr
Vent d’ouest au Lieu unique
2, rue de la Biscuiterie 44000 Nantes
Tél. : 02 40 47 64 83 - Fax : 02 40 47 75 34
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Voix au chapitre
67, rue Jean Jaurès 44600 Saint-Nazaire
Tél. : 02 40 01 95 70
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librairievoixauchapitre.com
Passages
11, rue de Brest 69002 Lyon
Tél. :04 72 56 34 84 - Fax : 04 72 56 34 85
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Point-Virgule
1, rue Lelièvre 5000 Namur - Belgique
Tél. : +32 081 22 79 37 - Fax : +32 081 22 79 37
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Au poivre d’âne
9 , place de l’Hôtel de Ville 04100 Manosque
Tél. : 04 92 72 45 08 - Fax : 04 92 72 40 03
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51, RUE DE BAGNOLET / 75020 PARIS
TÉL / FAX__01 40 09 08 75/76
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