Le TNP – Villeurbanne Les Gémeaux / Sceaux / Scène

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Le TNP – Villeurbanne Les Gémeaux / Sceaux / Scène
Le TNP – Villeurbanne
Les Gémeaux / Sceaux / Scène nationale
Nada Strancar chante Brecht / Dessau
les mardis et mercredis à 20h45, les jeudis à 20h
reprise exceptionnelle
Didier Sandre dit La Messe là-bas de Paul Claudel
les vendredis et samedis à 20h45, les dimanches à 17h
création
en complicité avec Christian
Schiaretti
du samedi 27 novembre au dimanche 19 décembre 2010
exceptionnellement, possibilité d’assister à
Nada Strancar chante Brecht/Dessau puis Didier Sandre dit La Messe là-bas
samedi 27 novembre à 20h45 et dimanche 28 à 17h
Les Gémeaux
Sceaux / Scène Nationale / Petit Théâtre
49, av Georges Clémenceau - Sceaux
RER B station Bourg-la-Reine
réservations : 01 46 61 36 67 / www.lesgemeaux.com
tarifs : de 9 à 25€
Contacts presse
Les Gémeaux / Sceaux / Scène Nationale : MYRA
Rémi Fort et Elisabeth Le Coënt
01 40 33 79 13 / [email protected]
Théâtre National Populaire : Dominique Racle
01 44 53 90 41 / [email protected]
Ma relation privilégiée avec Christian Schiaretti date de plus de 20 ans, période à
laquelle il était à la tête du CDN de Reims, et particulièrement à partir de sa création
Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz que j’avais adoré.
Christian a accepté depuis de nous accompagner dans le cadre de l‘inauguration de
notre nouveau Théâtre à Sceaux en mars 1994 avec le Grand Théâtre du Monde de
Pedro Calderón.
Depuis, le public des Gémeaux accueille régulièrement avec enthousiasme les
productions et les collaborations construites ensemble ; rappelons tout particulièrement
les dernières : en novembre 2003, Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz
dans sa nouvelle création, au TNP, avec justement Didier Sandre (coproduction Les
Gémeaux : 3 semaines) ; en novembre 2004, L’Opéra de Quat’sous de Bertolt Brecht
avec particulièrement Nada Strancar ; en novembre 2005, L’Annonce faite à Marie de
Paul Claudel (coproduction Les Gémeaux : 3 semaines) ; enfin, sa dernière venue :
Philoctète de Sophocle avec Laurent Terzieff, en janvier 2010.
Aussi, c’est dans une vraie logique et une vraie évidence que Christian Schiaretti a
proposé aux Théâtre des Gémeaux ce double projet exceptionnel durant cette période de
travaux du TNP à Villeurbanne : la reprise exceptionnelle du récital Nada Strancar
chante Brecht/Dessau et la création de La Messe là-bas de Paul Claudel interprété par
Didier Sandre, réunis ensemble dans un même espace scénique, et joué en alternance
(à l’exception du premier week-end où il sera possible d’enchaîner les deux spectacles).
Cette coproduction du TNP et des Gémeaux/Sceaux sera répétée sur notre plateau et
présentée pendant 3 semaines du 27 novembre au 19 décembre 2010.
Pour être complète, nous pouvons dévoiler notre projet suivant, qui fera également l’objet
d’une coproduction entre le TNP et Les Gémeaux/Sceaux : Ruy Blas de Victor Hugo créé
à l’occasion de l’Inauguration du Nouveau TNP à Villeurbanne à la rentrée 2011.
Christian Schiaretti a choisi Les Gémeaux à Sceaux comme partenaire parisien pour une
longue série de un mois en novembre-décembre 2011.
Bienvenue donc au TNP et à Christian Schiaretti avec toute son équipe qui à travers le
temps nous a permis de réaffirmer ce qui importe essentiellement au théâtre : un contenu
fort avec des auteurs qui interrogent nos existences et nous aident à vivre ici et
aujourd’hui, accompagné d’un travail de mise en scène dépouillé et axé sur les
comédiens. Un théâtre qui nous entraîne d’une manière systématique vers une réflexion
et une concentration intérieure, toujours exceptionnelles. Ce « silence attentif » pendant
les représentations en est le témoignage le plus éclatant.
Françoise Letellier
Sceaux, le 15 septembre 2010
Deux artistes / deux poètes
Il s’agit de faire entendre un couple de grands artistes dans le choix personnel de leur
expression. Nada Strancar et Didier Sandre interprètent chacun Brecht et Claudel, autre
couple de poètes, qui ont su porter leur siècle dans sa rumeur au faîte de leur poésie.
Couple de poète et de musicien aussi, puisque ces deux grandes âmes ont tâché
chacune de résoudre un rêve poétique absolu où musiques et paroles s’enrichissent
l’une l’autre.
Nada Strancar chante Brecht / Dessau. Curieusement, Paul Dessau qui a composé la
musique de plusieurs des grandes oeuvres de Brecht : Mère Courage et ses enfants,
Le Cercle de craie caucasien, La Bonne Âme de Sé-Tchouan,
Maître Puntilla et son valet Matti… est resté un compositeur méconnu. On ne retient de
Brecht que sa collaboration avec Weill et, dans une moindre mesure, avec Eisler.
La musique de Paul Dessau est sans doute moins immédiatement séduisante et surtout
moins immédiatement identifiable tant elle est traversée par de multiples influences,
chansons populaires, Bach, la musique yiddish, Schoenberg et le dodécaphonisme ; et
par son engagement politique dur et profond. Aimer la musique de Mère Courage, aimer
la difficulté de son écriture, son âpreté, avoir envie de partager ce chant-là, cette
musique-là, cet engagement-là, sa malice, son ironie, sa douleur.
Didier Sandre dit, autant dire chante La Messe là-bas de Paul Claudel. La Messe là-bas
est avec les Cinq grandes odes et La Cantate à trois voix l’un des plus beaux textes
lyriques et liturgiques de Paul Claudel. Par son objet même, un commentaire lyrique des
grands moments de la messe, le poème appartient donc à la mouvance de la foi
chrétienne et eucharistique.
Claudel l’a composé dès son arrivée au Brésil en 1917, et la découverte d’une nouvelle
terre d’exil n’a pas manqué de déteindre sur ses sentiments et leur expression. Loin de
sa famille en transhumance, il se replie sur lui-même, il se repaît de solitude et de foi. Le
malheur de la patrie se joint au chagrin des séparations pour fournir l’aliment à un lyrisme
toujours prêt à jaillir dès que le communiant est revenu de la visite matinale à l’église.
Christian Schiaretti
Le génie de Brecht et de Claudel fut de faire circuler dans l’espace étroit de la scène, à
tout prix, une sommation, un déchirement planétaire. L’un y a mis toute la ressource
frontale du cynisme dialectique. L’autre, toute l’épaisseur de la langue et des
mythologies. En sorte qu’avec eux, plus de haies ! plus de compartiments ! plus
d’exercices limités !
Une adresse familière et brutale fait de la fable une réquisition. Car il s’agissait pour eux
de vaincre, et non de témoigner. Mais cette victoire se donnait dans la multiple saveur du
doute. Oui ! Faire briller l’infini du doute pour qu’un soir nous devinions à la fois son
emprise nécessaire, et comment n’y pas succomber ! Telle est la magie du théâtre. Et
peu importe au fond de quel doute et de quel triomphe il s’agit. Personnellement, j’ai plus
à gagner, cela est sûr, à Brecht qu’à Claudel. Mais le théâtre ne fait pas acception des
personnes.
C’est pourquoi il faut repartir, pour saisir à bras-le-corps la violence du monde, et la
changer en pensée volubile, en manifestation saisissable, de Brecht et de Claudel.
Déclarons-les égaux, sous l’œil universel du théâtre.
Ahmed, extrait de Alain Badiou, Les Citrouilles, Actes Sud-Papiers.
Spectacle créé par Christian Schiaretti à la Comédie de Reims en 1996.
Nada Strancar chante Brecht / Dessau
avec la complicité de : Christian Schiaretti et Jean-Claude Malgoire
avec l’accompagnement de : Arnaud Decarsin
direction musicale : François Martin
interprétation : Nada Strancar
avec
piano : François Martin
accordéon : Jean-Luc Manca
percussion : Guillaume Blaise
conseiller littéraire : Gérald Garutti
texte français et surtitres : Jean-Pierre Siméon et Gérald Garutti
lumières : Julia Grand
costumes : Thibaut Welchlin
coiffure, maquillages : Claire Cohen
vidéo : Pierre Jacob
assistants à la mise en scène – élèves de l’ENSATT : Jean-Philippe Albizzati,
Baptiste Guitton, Guillaume Fulconis
production : Théâtre National Populaire Villeurbanne
coproduction :
Les Gémeaux / Sceaux / Scène Nationale
Théâtre national de Marseille - La Criée
Cité de la musique
coproduction à la création : Atelier Lyrique de Tourcoing
L'Arche est éditeur et agent théâtral des textes représentés.
Calendrier
Samedi 27 novembre à 20h45 (suivi de Didier Sandre dit La Messe là-bas)
Dimanche 28 novembre à 17h (suivi de Didier Sandre dit La Messe là-bas)
Mardi 30 novembre et mercredi 1er décembre à 20h45
Jeudi 2 décembre à 20h
Mardi 7 et mercredi 8 décembre à 20h45
Jeudi 9 décembre à 20h
Mardi 14 et mercredi 15 décembre à 20h45
Jeudi 16 décembre à 20h
Après les événements de la Colline, j'ai ressenti une grande frustration de n'avoir pu,
d'une certaine manière, achever ce spectacle, de l'avoir laissé comme en suspens. Mais
rien ne me laissait entrevoir la possibilité d’une reprise, jusqu'à la proposition
d'Emmanuel Hondré pour une soirée récital à la Cité de la Musique. Ce fut une grande
joie et je l'en remercie, car peut-être, sans lui, je n'aurais pas eu même l'idée d'une telle
éventualité. J'ai donc appelé Christian Schiaretti pour savoir s'il était possible de remettre
en route le spectacle. Et avec la générosité qui est la sienne, il a cherché un théâtre qui
serait susceptible de l'accueillir et une tournée pour compléter le calendrier. C'est ainsi
que je serai au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux chez Francoise Letellier et à La Criée à
Marseille chez Jean-Louis Benoit, que je remercie également pour la confiance qu'ils
m’accordent.
Le tour de chant sera le même que celui présenté à la Colline, exclusivement autour de
Paul Dessau dont j'avais appréhendé la musique dans Mère Courage. J'avais aimé la
difficulté de son chant, sa rugosité, et lorsque l'idée d'un cabaret s'est annoncée, j'ai eu
immédiatement l’envie de connaître mieux cette œuvre, et j'ai été surprise de la diversité
de ces compositions qui ont traversé un demi-siècle de musique.
Nada Strancar
Le programme
Das Lied vom Förster und der schönen Gräfin
(Le chant du forestier et de la belle comtesse)
Maitre Puntila et son Valet Matti
Sieben Rosen hat der Strauch (Sept roses sur le rosier)
Als ich nachher von dir ging (Ce n’est qu’après m’être éloignée de toi…)
Kleines Lied (Petite chanson)
Das Lied vom Fraternisieren (Le Chant de la fraternisation)
Mère Courage et ses enfants
Vier Generäle zogen nach Iran (Quatre généraux s’en vont en Iran)
Le Cercle de craie caucasien
Lied vom achten Elefanten (Chant du huitième éléphant)
La Bonne Âme du Se-Tchouan
General, dein Tank ist ein starker Wagen (Général, ton char est un véhicule puissant)
Das Schwein (Le cochon)
Das Pferd (Le cheval)
Der Igel (Le hérisson)
Der Rabe (Le corbeau)
Die Kellerassel (Le cloporte)
Die Ziege (La chèvre)
Vers animaliers
An meine Landsleute (À mes compatriotes)
Lied einer deutschen Mutter (Chant d’une mère allemande)
Nouvelles chansons pour enfants
Lied der Mutter Courage (Chant de Mère Courage)
Lied von der grossen Kapitulation (Chant de la grande capitulation)
Le Chant de Salomon
Eia popeia Dodo (L’enfant do)
Mère Courage et ses enfants
Doktrin (La Doctrine)
Trois Lieder
pour mezzo-soprano, a cappella / Paroles de Heinrich Heine
Sur l’emploi de la musique pour un
théâtre épique
Dans les toutes premières de mes pièces, la musique fut utilisée sous une forme assez
courante. Il s'agissait de chansons ou de marches dont l'exécution trouvait presque
toujours une motivation naturaliste. Il n'en reste pas moins que cette introduction de la
musique marqua une rupture avec les conventions dramatiques de l'époque: le drame
s'est fait moins pesant, plus élégant en quelque sorte ; les représentations théâtrales ont
pris le caractère de spectacles artistiques. La musique, en introduisant une certaine
variété, constituait par sa seule présence une attaque contre l'atmosphère étroite, lourde
et visqueuse des drames impressionnistes et la partialité maniaque des drames
expressionnistes. Du même coup, elle a rendu possible une chose qui depuis longtemps
n'allait plus de soi : le « théâtre poétique ».
Cette musique, je l'écrivais encore moi-même. Cinq ans plus tard, pour la deuxième mise
en scène berlinoise d’Homme pour homme, c'est Kurt Weill qui l'a composée. Désormais,
la partie musicale était véritablement une œuvre d'art, elle avait sa valeur propre.
C'est avec la représentation de L'Opéra de quat'sous, en 1928, que le théâtre épique fit
sa démonstration la plus éclatante. On put voir là une première utilisation de la musique
de scène dans des perspectives modernes. L'innovation la plus frappante était le strict
isolement des numéros musicaux. Une disposition toute simple attirait d'emblée
l'attention sur cette nouveauté : le petit orchestre était installé sur la scène, visible de tout
le public. L'exécution des songs était régulièrement précédée d’un changement
d'éclairage, l'orchestre était illuminé et sur l'écran du fond de la scène apparaissait le titre
de chaque numéro, par exemple: « Chant de la vanité de l'effort humain », « Par une
petite chanson, Mademoiselle Polly Peachum avoue à ses parents effarés qu'elle a
épousé le bandit Macheath », et les comédiens, pour chanter, changeaient de place. Il y
avait aussi des duos, des trios, des solos, des finales avec chœurs. Les morceaux de
musique, où la forme de la ballade prédominait, étaient des sortes de réflexions et de
commentaires moralisants.
L'œuvre montrait la parenté étroite existant entre la vie sentimentale des bourgeois et
celle des voleurs de grands chemins. Ces derniers montraient, également par
l'intermédiaire de la musique, que leurs sensations, leurs réactions et leurs préjugés
étaient les mêmes que ceux du bourgeois et spectateur moyen.
Ainsi l'une de ces chansons entreprenait de démontrer que seule l'aisance rend la vie
agréable, même si elle oblige à renoncer à plus d’une chose « supérieure ». Un duo
d'amour expliquait que des facteurs extérieurs comme l'origine sociale des partenaires
ou leur différence de fortune ne devraient jouer aucun rôle dans le choix du conjoint ! Un
trio exprimait le regret que l'insécurité qui règne sur notre planète ne permit pas à
l'homme de s'abandonner à son penchant naturel pour la bonté et l'honnêteté.
De cette façon, justement parce qu'elle ne cessait d'être exclusivement sentimentale et
ne renonçait à aucun de ses effets narcotiques habituels, la musique contribuait à mettre
a nu les idéologies bourgeoises. Elle se mettait, pour ainsi dire, à remuer la boue, à
provoquer et à dénoncer.
Les songs connurent une grande diffusion, leurs leitmotive apparurent dans des discours
et des éditoriaux. Nombreux furent ceux qui les chantaient en s'accompagnant au piano
ou en suivant sur un disque la version orchestrale, comme ils aimaient à le faire pour les
airs d'opérettes à succès. Ce genre de songs fut créé en 1927, lorsque je demandai à
Weill de refaire tout simplement la musique d'une demi-douzaine de songs déjà
existants. En acceptant de composer une musique sur des textes de songs plus ou
moins banals, il a rompu courageusement avec un préjugé tenace de la grande majorité
des compositeurs sérieux. Le succès de cet emploi de la musique moderne pour le song
a été important. »
Bertolt Brecht
Extrait de Écrits sur le théâtre, tome 1, L’Arche Éditeur, 1972
Paul Dessau
Né en 1894 à Hambourg dans une famille juive, il baigne dans une ambiance musicale :
son grand-père était chanteur, son oncle violoniste. Après une formation au
Conservatoire de Berlin, il devient chef d’orchestre en 1918 et récolte ses premiers
succès de compositeur avec sa Première Symphonie, 1927.
Il compose également un très grand nombre de musiques de films. En 1933, il s’enfuit à
Paris et en 1939, il émigre aux États-Unis et s’installe à New York.
Il rencontre Bertolt Brecht qu’il suit à Hollywood et collabore avec lui pour la musique de
La Bonne Âme du Se-Tchouan, Le Procès de Lucullus, Mère Courage et ses enfants,
Deutsches Miserere, Maître Puntila et son valet Matti.
Paul Dessau rentre en Europe en 1948 où il devient l’un des compositeurs les plus
importants de l’Allemagne de l’Est. Il y meurt en 1979.
Didier Sandre dit La Messe là-bas
de Paul Claudel
avec la complicité de : Christian Schiaretti
avec l’accompagnement de : Arnaud Decarsin
direction musicale : François Martin
conseiller littéraire : Gérald Garutti
interprétation : Didier Sandre
avec
piano : François Martin
accordéon : Jean-Luc Manca
percussion : Guillaume Blaise
lumières : Julia Grand
costumes : Thibaut Welchlin
coiffure, maquillages : Claire Cohen
vidéo : Pierre Jacob
assistants à la mise en scène – élèves de l’Ensatt : Jean-Philippe Albizzati,
Baptiste Guitton, Guillaume Fulconis
production : Théâtre National Populaire Villeurbanne
coproduction : Les Gémeaux / Sceaux / Scène Nationale
Calendrier
Samedi 27 novembre à 20h45 (avec Nada Strancar chante Brecht/Dessau)
Dimanche 28 novembre à 17h (avec Nada Strancar chante Brecht/Dessau
Vendredi 3 et samedi 4 décembre à 20h45
Dimanche 5 décembre à 17h
Vendredi 10 et samedi 11 décembre à 20h45
Dimanche 13 décembre à 17h
Vendredi 17 et samedi 18 décembre à 20h45
Dimanche 19 décembre à 20h
Là où il y a absence, Dieu remplit la place vide
Questions à Didier Sandre
Comment avez-vous découvert ce texte peu connu de Paul Claudel ?
C’est en cherchant un texte d’ouverture aux Sept Dernières Paroles du Christ de Haydn,
dans sa version pour quatuor à cordes, dont j’avais reconstitué un scénario d’après les quatre
évangiles synoptiques, que je suis tombé en arrêt devant cette Messe là-bas, texte en effet
peu connu, même des familiers de l’œuvre de Claudel. J’ai été frappé par le côté méditatif et
sombre de ce texte composé pendant la Première Guerre mondiale, sous les tropiques, alors
qu’ambassadeur pour les affaires de la France au Brésil le poète « convertissait les sacs de
sucre et de café en milreis, et dépouillait la Bible ». Dans cette nature luxuriante qu’il ressent
comme hostile et incongrue dans le projet divin, Claudel fait un bilan déprimé de sa
cinquantaine, revisite ses fondamentaux : sa conversion, sa révélation de Rimbaud, l’échec
de sa vocation monastique, l’échec de sa rencontre avec la « rose » sur le bateau vers la
Chine, l’abandon de l’enfant adultérin, le consentement au mariage « là-bas » et à « ces
enfants que j’ai eus en rêve ». Mais toujours l’appel de la mer, la fuite, l’exil, la solitude. La
quête d’un absolu entre l’œuvre poétique et l’incarnation chrétienne de l’âme.
Comme souvent chez Claudel, le sens du poème est à chercher dans une inscription
biographique plus ou moins voilée.
L’amertume qui traverse le bilan trouve un recours dans un amour fusionnel avec Dieu, une
exhortation à la célébration quotidienne de la messe qui en est l’accès, une exaltation de
l’eucharistie, vécue dans le dénuement intime comme une union charnelle, cannibale,
quasiment orgastique, aussi bien que dans la verve drolatique et désenchantée de son
regard sur ses semblables.
Un rituel pour contenir le désordre intérieur, un catholicisme congestif, exacerbé, pour
conjurer la défaite intime, la tentation de la « cessation de tout ». Une âme en crise, qui
interpelle un Dieu silencieux, qui discute d’« homme à homme » avec Lui, ce Père qui envoie
son Fils et les hommes au sacrifice (nous sommes en 1917), une âme qui associe à Dieu le
Père une Vierge Marie maternelle et érotisée.
Comment avez-vous abordé ce poème sur un plan liturgique?
La forme du poème est rimée et suit le développement liturgique de la messe dite de Pie V,
en cours en ce début du XXème siècle, mais elle se confond librement avec l’inspiration et le
tourment du poète qui dilate à son gré telle ou telle séquence. Si le Credo, par exemple, reste
fidèlement une interprétation de la confession de la foi, la Consécration est substantiellement
ornée et consacre l’essentiel de ses 85 versets à Rimbaud.
Il n’y a pas, pour moi, adhésion à une profession de foi, mais à une œuvre poétique et
théâtrale qui s’identifie au verset de l’Évangile selon saint Jean : « Au commencement était le
Verbe. »
Et d'un point de vue musical ?
Le travail musical n’est pas la priorité dans la recherche de la diction du poème. L’élucidation
du sens est la première préoccupation pour ce texte particulier, parfois obscur et alambiqué.
Dans le travail des répétitions, Christian Schiaretti m’a donné cette indication : « Ce serait
bien de voir une pensée au travail. » Je la trouve particulièrement pertinente et adaptée à la
nature de ce texte.
La participation de musiciens à la diction du poème fait partie du projet de Christian Schiaretti
de traiter en diptyque ces « deux poètes dressés dans leur temps ». Un désir commun
d’échapper à la formule « récital poétique » en gardant cette forme qu’il nomme « cabaret »,
celle dans laquelle il a placé le récital Brecht/Dessau de Nada Strancar. Dans La Messe làbas, la musique accompagne, soutient, rythme, et permet à ce texte composite et dense de
reprendre haleine, d’affirmer ses ruptures de styles, de thèmes, de tonalités. Darius Milhaud
était le secrétaire de Paul Claudel durant ce séjour officiel au Brésil, il nous a semblé
intéressant de les associer dans cette présentation de La Messe là-bas.
Vous avez interprété de nombreuses fois Claudel, vous considérez-vous comme
un acteur claudélien ?
Mon travail, au théâtre, est tendu par la préoccupation de la langue. Je viens de jouer une
pièce de Jean-Marie Besset dont l’écriture est basée sur un questionnement de société, son
rapport à l’individu. Un théâtre de situations et de comportements. Le langage y est à peu
près de même nature que celui que nous employons tous les jours. J’avais envie de retrouver
un corps-à-corps avec une langue dense, charnue, qui malmène la syntaxe, multiplie les
images dans un effort poétique qui investit le sens, le souffle et la musicalité. Une quête
spirituelle qui m’interpelle sans que je la comprenne tout à fait.
« Il ne s’agit pas de comprendre, mon petit Monsieur, il s’agit de perdre connaissance »,
répond Ysé à Mesa dans Partage de midi. Antoine Vitez citait volontiers cette réplique pour
entraîner l’acteur inquiet dans le poème, dans le verbe, au-delà du sens, dans l’insondable
mystère de la psyché humaine.
J’avais envie de ce souvenir d’Antoine Vitez, de cette poésie substantielle qui a irradié notre
travail sur Le Soulier de satin. Cette inspiration qu’il donnait au travail théâtral.
J’ai joué Louis Laine, j’avais 20 ans, puis plus tard Jaques Hury, Rodrigue, Mesa. J’ai monté
un spectacle à partir des Vers d’exil avec Ludmila Mikhaël. C’est peut-être l’auteur que j’ai le
plus joué. J’aimerais jouer Tête d’or. Cela ne fait pourtant pas de moi un acteur
« claudélien ». Quarante ans après Louis Laine, je reste dans une expectative, une
fascination irrésolue, désemparée devant l’œuvre de Paul Claudel, de même nature que celle
que j’ai pour l’œuvre d’Arthur Rimbaud. Dans les deux cas, « quelqu’un » me parle
profondément.
Quelle différence entre dire et lire un texte poétique ?
Oui, il s’agit de dire, ce qui n’est pas lire, ce qui n’est pas « interpréter » non plus. « Dire », en
s’engageant dans le poème pour une transmission vers le public. Pas de personnage, pas de
reconstitution biographique. Un texte, un acteur, un metteur en scène qui construit et
organise la proposition au public. Une « petite forme ».
Je suis encore imprégné du travail de Christian Schiaretti sur Le Laboureur de Bohême de
Johannes von Saaz, il y a déjà quelques années, admiratif de son goût pour les objets
poétiques qui ouvrent sur un théâtre épuré. Ainsi Péguy, Delteil, von Saaz, Calderón. Il y a
chez Christian une adhésion à la parole de saint Jean, « au commencement était le Verbe »,
une affirmation poétique que je partage profondément.
Dire enfin que La Messe là-bas n’a jamais fait l’objet une réalisation scénique et que le projet
de cette création a été possible grâce à l’enthousiasme immédiat et chaleureux de Françoise
Letellier pour ce texte de Claudel et le projet de diptyque imaginé par Christian Schiaretti.
Didier Sandre
Montpellier, septembre 2010
Claudel et le Brésil
Paul Claudel avait 48 ans lorsqu’il fut nommé ministre plénipotentiaire de France à
Rio, son premier poste avec le statut de ministre de France, après vingt ans dans
les rangs du corps diplomatique du Quai d’Orsay.
Il arrive le 1er février 1917 au Brésil et quittera ce pays en novembre 1918.
« On peut dire tout ce qu’on voudra du Brésil, mais on ne peut nier que ce soit un de ces
pays mordants qui imprègnent l’âme et lui laissent je ne sais quel ton, quel tour et quel
sel dont elle ne parviendra plus à se défaire.
A la mélancolie foncière et parfois accentuée jusqu’à une grandeur funèbre qui est la
caractéristique générale du Nouveau Continent depuis la baie d’Hudson jusqu’à la Terre
de Feu, le Brésil sous le manteau magnifique et un peu accablant de la floresta, ajoute
cette poésie traditionnelle, cette allure et ce prestige que lui confère, seul entre tous les
pays de l’Amérique du Sud, son long passé monarchique et aristocratique.
Je ne saurais mieux me faire comprendre qu’en conseillant au lecteur, s’il est musicien,
de feuilleter l’album que mon secrétaire Darius Milhaud, a consacré sous le nom de
Saudades do Brazil, à ce merveilleux quartier de la planète où la forêt vierge vient
somptueusement marier ses plis à ceux de l’océan.
Plainte sourde de la volupté, mélopée nostalgique de l’âme à qui des horizons
démesurés adressent un appel à la fois irrésistible et irréalisable, tout cela, parmi les
tambours du carnaval et les détonations des guitares, par-dessus les arpèges du piano
mécanique, finit par être emporté en un tumulte sans joie dans les refrains syncopés et
trépignants de la matchiche. »
Paul Claudel,
Extrait de Au Brésil, septembre 1936,
Œuvres en prose, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade.
Repères biographiques
Christian Schiaretti
Directeur de la Comédie de Reims, Centre Dramatique National, de 1991 à 2002, il dirige
le Théâtre National Populaire de Villeurbanne depuis janvier 2002.
Il y a crée notamment, Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz, Jeanne d’après
Charles Péguy, L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht, Le Grand Théâtre du monde,
suivi du Procès en séparation de l’Âme et du Corps de Pedro Calderón de la Barca,
(création à La Comédie-Française puis au TNP). En 2005, il met en scène Père d’August
Strindberg et L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, suivis en 2006 de Coriolan de
William Shakespeare qui est plusieurs fois récompensé des prix du Syndicat de la
critique dramatique en 2007, Molière du spectacle subventionné, « Molière du metteur en
scène » et prix du Brigadier (2009).
Avec les comédiens de la troupe du TNP, il crée 7 Farces et Comédies de Molière :
Sganarelle ou le Cocu imaginaire; L’École des maris, Les Précieuses ridicules,
La Jalousie du Barbouillé, Le Médecin Volant, L’Étourdi, Le Dépit amoureux, jouées de
2007 à 2010 au TNP, dans toute la France et à l’étranger, dans neuf villes du Maroc,
dans le cadre d’une tournée organisée par l’Ambassade de France au Maroc en mai
2010, et à Séoul au Sejong M Theater, dans le cadre du Festival international de Séoul
en octobre 2010.
En mars 2008, il crée au TNP la version intégrale de Par-dessus bord de Michel Vinaver,
repris au Théâtre national de la Colline (Grand prix du Syndicat de la Critique en 2008).
Il a créé Philoctète de Jean-Pierre Siméon avec Laurent Terzieff à l’Odéon-Théâtre de
l’Europe, en septembre 2009, rôle pour lequel Laurent Terzieff a obtenu le « Molière » du
meilleur comédien en 2010.
Dès son arrivée au TNP, il a établi une étroite collaboration avec l’ENSATT en
s’entourant d’une troupe de jeunes comédiens issus des classes, avec lesquels il a
notamment monté en 2009 Hippolyte et la Troade de Robert Garnier.
L’aventure théâtrale de Christian Schiaretti est également jalonnée de rencontres avec
des acteurs, ainsi Nada Strancar qu’il a mise en scène dans Jeanne, d’après
Jeanne d’Arc de Charles Péguy (2000), Mère Courage et ses enfants (2001) et L’Opéra
de quat’sous de Bertolt Brecht (2003), Père d’August Strindberg (2005), Coriolan de
William Shakespeare (2006). Il a produit et mis en scène le récital Nada Strancar chante
Brecht / Dessau créé au TNP en 2007 et lui a confié la mise en scène
La Fable du Fils substitué Luigi Pirandello, créé au TNP de Villeurbanne en octobre
2009. Et Didier Sandre avec lequel il a monté Le Laboureur de Bohême de
Johannes von Saaz.
Nada Strancar
Elle a suivi sa formation de comédienne au Conservatoire National Supérieur d’Art
Dramatique de Paris dans la classe de Georges Chamarat, 1971-1972, puis celle de
Antoine Vitez, 1972-1974.
De ses études avec Antoine Vitez naît une rencontre qui durera plus de dix ans, Phèdre,
Catherine, Iphigénie Hôtel, Les Quatre Molière, Le Prince travesti, Lucrèce Borgia.
On la retrouve également dans les mises en scène de Patrice Chéreau, Pierre Romans,
Giorgio Strehler, Lucian Pintilié, Luc Bondy, Alain Françon, Joël Jouanneau,
André Engel, Claudia Stavisky, Laurent Laffargue, Olivier Py.
Sa rencontre avec Christian Schiaretti est le début d’une collaboration au long cours avec
le TNP, où elle a joué, sous sa direction Jeanne d’après Jeanne d’Arc de Charles Péguy
en 2003, Mère Courage dans Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht en 2002,
Madame Peachum dans L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill en 2003 et
2004, Laura dans Père d’August Strindberg en 2005, Volumnia dans Coriolan de William
Shakespeare en 2006.
En 2007, Christian Schiaretti monte et produit pour elle le récital Nada Strancar chante
Brecht / Dessau et lui confie la mise en scène de La Fable du Fils substitué de
Luigi Pirandello, créé au TNP de Villeurbanne en octobre 2009.
Nada Strancar a reçu le prix de la meilleure comédienne 2002 du Syndicat professionnel
de la Critique, pour son rôle de Mère Courage.
Didier Sandre
Depuis trente ans Didier Sandre participe aux grandes aventures du théâtre subventionné
avec Catherine Dasté, Michel Hermon, Bernard Sobel, Jorge Lavelli, Jean-Pierre Miquel,
Jean-Pierre Vincent, Maurice Béjart, Giorgio Strehler, Patrice Chéreau, Luc Bondy et Antoine
Vitez et joue régulièrement dans des productions du théâtre privé, Partage de midi de Paul
Claudel, Le Chemin solitaire de Schnitzler, Célimène et le Cardinal de Jacques Rampal,
Dîner entre amis de Donald Marguliès, Becket ou l’honneur de Dieu de Jean Anouilh,
Les Couleurs de la vie de Andrew Bovell.
En 1987, le Syndicat de la critique lui a décerné le prix du meilleur acteur pour Madame de
Sade de Mishima, Le Mariage de Figaro de Beaumarchais et Le Soulier de Satin de Paul
Claudel, et en 1996 il a reçu le Molière du meilleur comédien pour le rôle d’Arthur Goring
dans Un Mari idéal d’Oscar Wilde.
Récemment, il a joué dans Bérénice de Jean Racine mis en scène par Lambert Wilson au
Théâtre de Chaillot à Paris, Le Laboureur de Bohême de Johannes von Saaz au TNP mis en
scène de Christian Schiaretti, Monsieur Chasse de Feydeau et La Femme d'avant de Roland
Schimmelpfennig au Célestins-Théâtre de Lyon mis en scène par Claudia Stavisky, Ma vie
avec Mozart de Eric-Emmanuel Schmitt au Théâtre Montparnasse mis en scène par
Christophe Lidon, La Danse de mort d’August Strindberg mis en scène par Hans Peter Cloos
au Théâtre de la Madeleine, La Cerisaie d’Anton Tchékhov mis en scène par Alain Françon,
au Théâtre de la Colline et RER de Jean-Marie Besset au Théâtre de la Tempête.
Au cinéma, on a pu le voir entre autres dans Petits arrangements avec les morts de Pascale
Ferran, Conte d’automne d’Eric Rohmer, Mystère Paul d’Abraham Segal, Montparnasse et
Melody Lane de Mikhaël Hers. A la télévision, il tourne dans de nombreux téléfilms, dont
Passion interdite, Deux Frères, L’Enfant éternel, Une famille formidable, Saint-Germain ou la
Négociation de Gérard Corbiau, Le sang noir de Peter Kassovitz et interprète Louis XIV dans
L’Allée du Roi de Nina Companeez. Il vient d’achever le tournage de A la recherche du temps
perdu de Marcel Proust, dans une adaptation de Nina Companeez.
Didier Sandre participe régulièrement à de nombreux concerts qui intègrent un récitant dans
des œuvres de répertoire : L'Histoire du Soldat d’Igor Stravinsky ; Ramuz, Le Martyr de Saint
Sébastien de Claude Debussy ; D'Annunzio, Egmont de Ludvig van Beethoven ; Goethe, le
Roi David d’Arthur Honegger ; Morax, La Trahison orale de Maurizio Kagel ; Claude
Seignolles, Les Mains déliées de Michel Decoust ; Azéma, Les 7 dernières Paroles du Christ
de Joseph Haydn ; Saint Mathieu, Pierre et le loup de Serge Prokofiev, Peer Gynt de Grieg /
Ibsen, Histoire de Babar de Poulenc ; de Brunhoff, La Boîte à joujoux de Claude Debussy ;
Helle, Concerto pour voix et orchestre de Eric Tanguy. Mais aussi dans des œuvres
spécifiquement conçues pour la scène : Une Saison en enfer d’Arthur Rimbaud sur une
musique de Franz Liszt ; Les Liaisons dangereuses d’après le livre de Laclos - Scarlatti ;
Poète et musicien de Lamartine - Frédéric Chopin ; L'Homme aux semelles de vent d’
Arthur Rimbaud - Léos Janacek…
Il a travaillé avec des Orchestres comme celui des Concerts Pasdeloup, l'Orchestre de Paris,
l'Ensemble Inter-Contemporain, l'Orchestre de Poitou-Charentes, l'Orchestre National de
Lyon, sous la direction de Pierre Boulez, Myung Wung Chung, David Robertson, Franz
Brüggen, Sylvain Cambrelaing, Jean-François Heisser, Jean-Claude Pennetier, Hervé
Niquet, Michaël Levinas… et avec des solistes tels que Abdel Rahman El Bacha, Alexandre
Tharaud, Jeff Cohen, Michel Béroff, Marie-Joseph Jude, Thierry Eschaich, Pascal Amoyel,
David Bismuth, Jean-François Zygel, Emmanuelle Bertrand ; ou des formations de musique
de chambre telles que le Quatuor Ludwig ou Sine Nomine ou le chanteur François Leroux.
Didier Sandre est Chevalier des Arts et Lettres et Chevalier dans l'ordre National du Mérite.
Jean-Claude Malgoire chef d’orchestre
Hautboïste et cor anglais à l’Orchestre de Paris, pionnier de l’époque baroque,
musicologue, metteur en scène, le chef d’orchestre Jean-Claude Malgoire a
exploré mille ans de musique, du Moyen Âge au XXIème siècle.
Compagnon de route de l’ensemble 2e2m, de l’Ensemble Européen de Musique
Contemporaine, fondateur de la Grande Écurie et la Chambre du Roy, cet esprit curieux
et avide de recherches communique sa passion et partage le fruit de ses investigations
au-delà des époques et des écoles, en fournissant de nouvelles clés d’écoute. Son
profond respect pour l’œuvre originelle du compositeur génère un important travail de
recherche qu’il poursuit depuis plus de 40 ans. Cette quête permet une relecture, une
écoute différente, une découverte voire une redécouverte des compositions qu’il choisit
minutieusement. Ce pédagogue souhaite éveiller la curiosité et transmettre
l’extraordinaire émotion que procure la musique.
Directeur artistique de l’Atelier Lyrique de Tourcoing depuis sa création en 1981, il
en fait une maison d’opéra différente au répertoire très diversifié, un laboratoire
d’épanouissement de toutes les créations, originales et de qualité.
Du premier opéra L’Orfeo de Monteverdi à Mare Nostrum de Kagel, en passant par la
Trilogie Mozart/Da Ponte ou encore L’Opéra de quat’sous, des choix intéressants,
étonnants, parfois risqués, mais toujours des opportunités de rencontres et de
découvertes, vecteurs d’émotions. Missionnaire de la musique, initiateur et fédérateur, il
propose chaque saison une nouvelle expédition, un autre défi à travers les siècles, les
styles et les différentes expressions du spectacle vivant.
François Martin direction musicale et piano
Après ses premiers Prix au Conservatoire de Strasbourg, il s’oriente vers le théâtre
musical et travaille avec les metteurs en scène Claude Régy, Alain Françon, JeanLaurent Cochet et les chorégraphes Caroline Marcadé, Kamel Ouali, Anne-Marie Gros.
Il participe comme chef de chant à La Vie parisienne, Le Cerceau, Le Médecin malgré lui,
Doit-on le dire ?
Il a été l’assistant de Dominique Trottein dans L’Auberge du Cheval Blanc à Mogador, de
French Cancan aux Folies Bergère et celui de Jean-Claude Malgoire dans Mère Courage
et ses enfants et L’Opéra de quat’sous donnés au TNP – Villeurbanne et au Théâtre
National de la Colline. Il se produit dans un récital-lecture sur Alfred Bruneau avec Anne
Marguerite Werster et Michèle Larivière.
Également compositeur, il a notamment écrit avec Gérard Majax la comédie pour enfants
La Sorcière bleue (CD chez Frémaux associés).
Jean-Luc Manca accordéon
Après des études à l’école de musique de Saint-Martin d’Hères puis au Conservatoire
National de Grenoble, il entre à l’école d’accordéon de Chambéry.
Il obtient le Prix de la SACEM en 1978 et 1980 et remporte le Premier Prix au
Concours International de Genève, Suisse. En 1983 il enregistre l’intégral du
programme qui lui vaut le Premier Prix à la Coupe mondiale de l’accordéon à Linz,
Autriche. Après deux ans d’études à Moscou, dans la classe de Friedrich Lips, il obtient
le diplôme de l’Institut pédagogique Gnessine. Il partage son activité professionnelle
entre l’enseignement au Conservatoire de Grenoble et sa carrière de concertiste qui
l’amène à se produire avec Paul Mindy, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, Stéphane
Logerot, Vahan Mardirossian, Patrick Souillot, Gérald Scordialo, l’Opéra National de
Lyon, l’Orchestre national de France. Les compositeurs Renaud Gagneux, Graciane
Finzi, Jan Truhlar, Patrice Sciortino lui ont dédié des pièces.
Il est membre des formations Quai N°5, Cassiopée, Duo Louis Manca.
Discographie : Roulotte Express, Bagatelles, Akord’s, Yehuda, Accordéon de concert,
Quai N°5.
Guillaume Blaise percussions
De formation classique aux conservatoires de Colombes, Cergy-Pontoise, Versailles,
Prix d’Honneur de percussion du CNR de Versailles en 1983, élève de Georges
Paczynski et de Sylvio Gualda, Guillaume Blaise joue dans de très nombreux ensembles,
entre autres : Parlement de Musique, Ensemble baroque de Toulouse, La Grande Écurie
et la Chambre du Roy, Ateliers musicaux de Radio France, Opéra de Paris, Opéra de
Lyon, Orchestre de Montpellier, Philharmonique de Strasbourg, Orchestre de Chambre
National de Toulouse, Chœur Les Éléments, Ensemble Ars Nova, Percussions de
Strasbourg, Ensemble Modern de Francfort.
En tant que soliste, il interprète Themen de Carlos Roque Alsina, Plus Oultre de Hugues
Dufourt, Huit pièces pour timbales d’Elliott Carter, Corporel de Vinko Globokar,
Conversations de Georges Aperghis, Ti Lé Ka Té To de Jean-Pierre Drouet, Fragments II
de Jean-Charles François, KZ musique pour une exposition photographique. Il compose
et joue des musiques pour des conteurs et crée un spectacle musical pour enfants. Il
enseigne la batterie et la percussion, se consacre à l’improvisation depuis 1995, rejoint
La Flibuste en 2001 et fonde l’IREA en 2005 avec Michel Donéda, Valérie Métivier,
Fabrice Charles et Jean-Marc Richon.
Le TNP - Villeurbanne
Avant la réouverture du Grand Théâtre prévue à l’automne 2011, le TNP se déploie
à Villeurbanne et en tournée, avec 7 créations et 4 spectacles inscrits à son
Répertoire.
Les mises en scène sont signées Christian Schiaretti, directeur du TNP.
Suite à la tournée au Maroc du printemps dernier, la Troupe du TNP sera à Séoul en
Corée, les 2, 3, 4 octobre, avec 3 des 7 Farces et Comédies de Molière : Les
Précieuses ridicules, La Jalousie du Barbouillé, Le Médecin volant présentées au
Sejong M Theater, dans le cadre du Festival international de Séoul.
Après un récital unique à la Cité de la Musique le 5 novembre, Nada Strancar reprend
son tour de chant Brecht / Dessau à partir du 27 novembre au Théâtre les Gémeaux à
Sceaux où elle sera en alternance avec Didier Sandre qui dit La Messe là-bas de Paul
Claudel.
Fin décembre, débute au TNP l’aventure intitulée Siècle d’or :
3 spectacles autour des grands mythes de la littérature espagnole du XVIème siècle.
Don Quichotte de Miguel de Cervantès (spectacle jeune public, du 21 au 30 décembre)
suivi de La Célestine de Fernando de Rojas et Don Juan de Tirso de Molina, donnés en
alternance au TNP du 13 janvier au 27 février, puis au Théâtre Nanterre-Amandiers du
10 mars au 6 avril.
August Strindberg est à l’honneur du 7 mai au 11 juin à La Colline-Théâtre national
avec, en alternance, Créanciers et Mademoiselle Julie jouées en intégrales les
samedis et dimanches.
Retour de la Troupe au Petit théâtre du TNP pour la fin de saison, du 8 au 19 juin, avec
la création de Joseph d’Arimathie, première des dix pièces du Graal Théâtre de
Florence Delay et Jacques Roubaud. Cette création marque le lancement, en partenariat
avec le TNS, de l’accomplissement total du cycle des dix pièces au cours des trois
prochaines saisons.
L’ensemble de ces spectacles, produits par le TNP - Villeurbanne, est porté par une
troupe de 12 comédiens Laurence Besson Olivier Borle, Jeanne Brouaye, Julien
Gauthier Nicolas Gonzales, Damien Gouy, Clément Morinière, Jérôme Quintard,
Yasmina Remil, Juliette Rizoud, Julien Tiphaine, Clémentine Verdier. Nous retrouvons
dans les différentes distributions les grands invités du TNP tels que Hélène Vincent,
Christophe Maltot, Wladimir Yordanoff, Julie Brochen, Alain Rimoux, Nada Strancar,
Didier Sandre, Clara Simpson.
Le TNP capte ses créations sous forme de DVD. Ces témoignages du travail de
Christian Schiaretti constituent au fil des saisons une précieuse collection réalisée avec
la complicité de la C.L.C. (Compagnie Lyonnaise de Cinéma) et le soutien de la Région
Rhône-Alpes.
A ce jour sont disponibles : Coriolan de William Shakespeare, 3 Comédies de Molière
(Les Précieuses ridicules, L’École des maris, Sganarelle ou le Cocu imaginaire),
Par-dessus bord de Michel Vinaver, Philoctète de Jean-Pierre Siméon.
Viennent de sortir 2 Farces de Molière (La Jalousie du Barbouillé, Le Médecin volant),
2 Comédies de Molière (L’Étourdi ou les contretemps, Le Dépit amoureux).
Comment s’y rendre ?
RER B : direction sud, toutes directions (Robinson, St-Rémy-lès-Chevreuse ou MassyPalaiseau). Station : Bourg-la-Reine (arrêt desservi par tous les trains). Prendre la
sortie n°3 à droite «Rue des Blagis». Cinq minutes de marche à pied et vous arrivez aux
Gémeaux.
Bus 188, direction Porte d’Orléans, arrêt Georges Clémenceau à Sceaux.
Par la route
Porte d’Orléans, Nationale 20, direction Orléans. À Bourg-la-Reine, à hauteur de la
station RER, prendre à droite la rue des Blagis qui passe sous les voies ferrées. Au bout
de la rue, sur l’avenue Georges Clémenceau, se trouve le théâtre des Gémeaux.
Après le spectacle :
Dernier RER vers Paris : 00h19.
Horaires bus Noctilien vers Paris Porte d’Orléans/Châtelet/Porte de Clignancourt (arrêt
devant l’entrée principale de la gare RER Bourg-la-Reine) : 00h15, 00h45, 01h15, etc.
Ces bus sont plus fréquents (toutes les 10 minutes) le vendredi soir, le samedi soir et les
veilles de fêtes.

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