Questo testo del piccolo fratello Marc Hayet, dei Piccoli fratelli di

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Questo testo del piccolo fratello Marc Hayet, dei Piccoli fratelli di
Questo testo del piccolo fratello Marc Hayet, dei Piccoli fratelli di Gesù, è stato scritto un mese dopo la
beatificazione di Charles de Foucauld per il Diario dei Piccoli Fratelli; è stato pubblicato nella Semaine religieuse
della diocesi di Dax e nel bollettino Des Amitiés Charles de Foucauld. Ringraziamo pf Marc per averci permesso
di tradurre in italiano questo suo testo per il nostro sito. Discepole del Vangelo
Lettera di un piccolo fratello al suo grande fratello Charles de Foucauld
Carissimo Charles, fratello mio,
avrei voluto vedere la tua faccia il 13 novembre, mentre veniva srotolato il tuo ritratto gigante a San Pietro a
Roma. Mi chiedo se hai apprezzato. Allora vorrei spiegarti perchè è stato importante per noi fare questa festa e
perchè la tua vita ci colpisce.
A dire il vero, l’avevi cominciata male la tua vita. Orfano molto giovane, esiliato a causa della guerra, sono
queste ferite affettive che segnano e che avrebbero potuto distruggerti. Infatti hai rischiato di perderti. «A 17
anni, ero come impazzito», hai scritto. Avevi del denaro, ne hai approfittato, ma questo non ti bastava; al contrario
provavi «un vuoto doloroso, una tristezza, un disgusto, una noia infiniti», queste sono le tue parole.
Ciò che trovo meraviglioso, è che questa parte ferita di te stesso, questa sete di essere amato e di amare,
diventerà la molla della tua vita. Non per niente “fratello” è una delle tue parole preferite, una parola che dice
relazione e apertura all’altro. Tu non l’hai mai saputo, ma quando il tuo “accompagnatore”, l’abbé Huvelin, ti ha
presentato all’abate di un monastero dove ti inviava a fare un ritiro, gli ha scritto: «Questo uomo fa della religione
un amore». Tutto questo mi dona speranza di fronte alle situazioni di sofferenza.
Sei stato molto fedele alla tua famiglia, ai tuoi amici, affettuoso e vicino. Hanno conservato le tue lettere, a
migliaia! Ma c’è ancora una cosa che mi tocca profondamente: Gesù è stato per te un amico tanto reale, vivo e
vicino quanto gli altri. Certo tu sei stato monaco per alcuni anni e poi eremita. Ma poi, nel Sahara quando scrivi
che «dalle 4 e 30 del mattino alle 8 e 30 della sera, [tu] non smetti di
parlare e di vedere persone: schiavi, poveri, malati, soldati, viaggiatori,
curiosi», come fai a conservare il cuore sveglio di fronte a Gesù vivo? Ci
hai donato il tuo segreto: «Ritorniamo al Vangelo», dici, «Occorre
impregnarsi dello spirito di Gesù leggendo e rileggendo, meditando e
rimeditando senza stancarsi, le sue parole, i suoi esempi; che facciano
come la goccia d’acqua che cade e ricade su una pietra sempre allo stesso
posto...». Per quanto occupate siano le nostre vite, ci sarà sempre un posto
per l’amicizia con Gesù. E frequentare Gesù, non ci mette su una piccola
nuvola; questo può finire col renderci così umani come tu lo sei stato,
umani alla maniera di Gesù.
E’ una delle grandi cose che ci hai insegnato. Essere «umani», è talvolta
la sola maniera di rompere le barriere e di parlare di Dio. Alla fine della
tua vita, sei andato da solo in mezzo a un popolo sconosciuto, e la sola
cosa che hai fatto è stato di avvicinarti a loro rispettando e valorizzando la
loro cultura, di lasciarti accogliere da loro e di credere che Dio lavora,
anche se ci vogliono «dei secoli» come dici tu. Quando sei morto, Moussa,
il capo touareg, ha scritto a tua sorella queste semplici parole: «Charles il
marabout non è morto per voi solo, è morto anche per noi tutti. Che Dio
gli doni la misericordia, e che ci incontriamo con lui in paradiso!».
Oggi tu sai, si parla molto di comunicazione, ma ciascuno, si chiude
nel suo piccolo cerchio perchè la differenza ci fa paura. Tu al contrario, la
tua passione era di andare verso colui che è il più lontano, tu l’hai vissuta
fino in fondo. Che respiro ci doni!
Marc Hayet – 22-12-2005 – (Article pour le bulletin du Service Diocésain des Vocations DAX )
In fondo, so che faccia avevi il 13 novembre: un volto da beato! Quella che hai sulla foto che ti unisco. E’
un po’ sfuocata, ma si vede bene che tu sorridi e cammini verso l’altro, teso all’incontro. Sei proprio così! Ed è
quello che noi amiamo di te.
Permettimi che finisca la mia lettera come tu terminavi le tue con il tuo amico Gabriel: «Ti abbraccio con
tutto il mio cuore, come ti voglio bene».
Marc, tuo piccolo fratello
Ce texte du petit frère Marc Hayet, des Petits frères de Jésus, a été écrit un mois après la béatification de
Charles de Foucauld pour le Diaire des Petits frères; il est paru dans la Semaine religieuse du diocèse de Dax et
dans le bulletin Des Amitiés Charles de Foucauld. Nous remercions pf Marc d’avoir permis de diffusé son texte
sur notre site.
Lettre d’un petit frère à son grand frère Charles
Bien cher Charles, mon frère,
J’aurais voulu voir la tête que tu avais le 13 novembre, quand on déroulait ton portrait géant à St Pierre de
Rome. Je me demande si tu as beaucoup apprécié. Alors je voudrais t’expliquer pourquoi c’était important pour
nous de faire cette fête et pourquoi ta vie nous touche.
À vrai dire, tu l’avais mal commencée, ta vie. Orphelin très jeune, exilé à cause de la guerre, ce sont des
blessures affectives qui marquent et qui auraient pu te démolir. De fait tu as bien failli te perdre. « À 17 ans,
j’étais comme affolé », as-tu écrit. Tu avais de l’argent et tu en as profité, mais ça ne te comblait pas ; au contraire
tu éprouvais « un vide douloureux, une tristesse, un dégoût, un ennui infinis », ce sont tes mots. Ce que je trouve
merveilleux, c’est que cette partie blessée de toi-même, cette soif d’être aimé et d’aimer, va devenir le ressort de
ta vie. Ce n’est pas pour rien que “frère” est un de tes mots préférés, un mot de relation et d’ouverture à l’autre.
Tu ne l’as jamais su, mais quand ton “accompagnateur”, l’abbé Huvelin, t’a présenté au père abbé d’un monastère
où il t’envoyait faire une retraite, il lui a écrit : « Cet homme fait de la religion un amour. » Ça me donne de
l’espérance face à des situations blessées.
Tu as été très fidèle à ta famille et à tes amis, affectueux et proche. Ils ont gardé tes lettres, des milliers ! Mais
il y a une chose qui me touche beaucoup : Jésus était pour toi un ami aussi réel, vivant et proche que les autres.
Bien sûr tu as été moine pendant des années puis ermite. Mais ensuite, au Sahara, lorsque tu écris que « de 4 h
30 du matin à 8 h 30 du soir, [tu] ne cesses de parler et de voir du monde : des esclaves, des pauvres, des
malades, des soldats, des voyageurs, des curieux », comment fais-tu pour garder le cœur éveillé à Jésus vivant ?
Tu nous a donné ton secret : « Revenons à l'Évangile », dis-tu, « Il faut tâcher de vous imprégner de l'esprit de
Jésus en lisant et en relisant, méditant et reméditant sans cesse ses paroles et ses exemples qu'ils fassent comme
la goutte d'eau qui tombe et retombe sur une dalle toujours à la même place... ». Aussi occupées que soit nos
vies, il y a un espace pour l’amitié avec Jésus. Et fréquenter Jésus, ça ne nous met pas sur un petit nuage, ça peut
finir par nous rendre aussi humains que tu l’as été, humains à la façon de Jésus.
C’est une des grandes choses que tu nous as apprises. Être « humain », c’est parfois la seule façon de briser
les barrières et de parler de Dieu. À la fin de ta vie, tu es allé seul au milieu d’un peuple inconnu, et la seule
chose que tu as faite, c’est de te rapprocher d’eux en respectant et en valorisant leur culture, de te laisser
accueillir par eux et de croire que Dieu travaille, même s’il y faut « des siècles » comme tu disais. Quand tu es
mort, Moussa, le chef touareg, a écrit à ta sœur ces simples mots : « Charles le marabout n’est pas mort que
pour vous autres seuls, il est mort aussi pour nous tous. Que Dieu lui donne la miséricorde, et que nous nous
rencontrions avec lui au paradis ! » Aujourd’hui, tu sais, on parle beaucoup de communication, mais chacun se
referme dans son petit cercle parce que la différence nous fait peur. Toi au contraire, ta passion était d’aller vers
celui qui est le plus loin et tu l’as vécue jusqu’au bout. Quel souffle tu nous donnes !
Marc Hayet – 22-12-2005 – (Article pour le bulletin du Service Diocésain des Vocations DAX )
Au fond, je sais quelle tête tu avais le 13 novembre : une tête de bienheureux ! Celle que tu as sur la photo
que je te joins. Elle est un peu floue, mais on voit bien que tu souris et tu marches vers l’autre, tendu vers la
rencontre. C’est tout à fait toi ! Et c’est ça que nous aimons en toi.
Tu permettras que je finisse ma lettre comme tu terminais les tiennes à ton ami Gabriel : « Je t’embrasse de
tout mon cœur comme je t’aime. »
Marc, ton petit frère
Marc Hayet – 22-12-2005 – (Article pour le bulletin du Service Diocésain des Vocations DAX )