Être Luxembourgeois ı Traditions et fêtes

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Être Luxembourgeois ı Traditions et fêtes
Être Luxembourgeois ı Traditions et fêtes
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Traditions et fêtes? Un jour, un cabarettiste luxembourgeois a affirmé que l’Oktav, la Revue et
la Schueberfouer (ou Fouer) constituaient les trois points d’orgue culturels annuels du pays.
Cette plaisanterie n’est pas totalement exagérée: l’Oktav, la Revue et la Fouer sont chacune
prétexte à l’un des trois plus grands «pèlerinages» traditionnels de la campagne vers la capitale, le premier pour consoler les affligés, le second une sorte de retour satirique sur les grands
moments de l’année et le dernier une kermesse de plusieurs semaines. Une grande partie des
festivités qui ponctuent l’année trouve ses origines dans les traditions religieuses nationales.
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Être Luxembourgeois
Le premier dimanche après le carnaval,
les Buergen sont allumés sur les collines du pays
Tous les ans, le 2 février, les enfants
vont liichten (célébrer la lumière)
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Le jour de la Saint-Blaise
Ce jour n’a rien à voir avec le carnaval, même s’il intervient à la même période de
l’année. Le 2 février, les enfants vont liichten (célébrer la lumière). Munis de simples
Liichtebengelcher ou de lampions plus élaborés, ils trottinent d’une maison à l’autre par
groupes plus ou moins importants et mendient sur l’air de la Saint-Blaise: «Léiwer
Herrgottsblieschen, gëff äis Speck an Ierbessen...». C’est ainsi qu’autrefois on mendiait
du lard, des petits pois, des biscuits de carnaval et d’autres produits comestibles. Mais
cette tradition, comme tant d’autres, a fini par évoluer. Si les enfants acceptent volontiers les sucreries, ils préfèrent bien davantage la monnaie sonnante et trébuchante
(sans parler des billets), dont certains se montrent particulièrement friands hors de la
surveillance de leurs parents.
Buergbrennen
Les Buergen qui sont allumés sur les hauteurs du pays le premier dimanche après le
carnaval, le Buergsonndeg, sont d’immenses bûchers plantés d’une grande croix en leur
milieu. Les matériaux combustibles couramment utilisés sont la paille, les branchages
et les morceaux de bois ronds. La plupart du temps, les Buergen sont érigés par des
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associations de jeunes qui organisent parfois une retraite aux flambeaux du village
jusqu’au Buerg, pour l’allumer sous la surveillance des pompiers. Durant cette période
froide de l’année, la tradition veut que l’on consomme du vin chaud et des grillades.
Dans certaines localités, l’honneur d’allumer le Buerg revient au couple le plus récemment marié. Depuis des temps anciens, cette coutume se déroule au moment du solstice
d’été. Le feu symbolise la renaissance du printemps qui chasse l’hiver; c’est le triomphe
de la chaleur sur le froid, de la lumière sur la pénombre. Parfois, on lit également que
l’embrasement du Buerg est un rappel symbolique du temps où l’on brûlait les sorcières.
Tout sur Pâques
La légende veut que les cloches s’envolent vers Rome pour y recevoir la bénédiction
pascale du pape, une fois achevé le Gloria de la messe du jeudi saint. Aussi la jeunesse
doit-elle assister aux messes du vendredi et du samedi saints ainsi qu’aux matines de la
résurrection du dimanche de Pâques, qu’elle ponctue de bruits de crécelles, de martelets,
de claquoirs et des appels suivants: «Que la cloche sonne une première fois», «Qu’elle
sonne une deuxième fois», «Qu’elle sonne à toute volée».
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Traditions et fêtes
À la mi-carême, les hommes sont censés
offrir des bretzels à leurs compagnes
Le lundi de Pâques, la fête de l’Éimaischen a lieu à Luxembourg-Ville et à Nospelt.
Les oiseaux-siffleurs en argile font autant la joie des adultes que celle des enfants.
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Ensuite, garçons et filles brandissent leurs claquoirs et font tourner leurs crécelles
à travers les rues du village. En récompense, ils reçoivent des lapins de Pâques et de
l’argent liquide, récolté la plupart du temps de porte en porte, le matin du dimanche
de Pâques, lorsque les cloches sont de nouveau en place. Ainsi commence la vieille
chanson du Klibberlidd, «Dik-dik-dak, dik-dik-dak, haut ass Ouschterdag...».
Comme dans la plupart des pays chrétiens, le lapin de Pâques et la décoration des œufs
font partie de la fête de Pâques. Cacher dans le jardin ou ailleurs les friandises colorées
dans des nids confectionnés à la main et regarder les enfants se mettre à leur recherche
est un plaisir auquel les parents et les grands-parents ne veulent pas renoncer. Même
s’il est bien entendu possible d’acheter directement dans les supermarchés des œufs
colorés fabriqués en quantité industrielle, la pratique consistant à teinter les œufs
a perduré jusqu’à aujourd’hui.
Si le jour du Bretzelssonndeg (la mi-carême), un homme offre à son amie ou à sa femme
une bretzel sucrée le jour de Pâques, celle-ci doit en retour offrir un magnifique œuf de
Pâques en chocolat, fourré aux pralines.
Plus que le dimanche, le lundi de Pâques est la fête populaire traditionnelle. On va op
d’Éimaischen, ce qui signifie en quelque sorte que l’on célèbre la fête d’Emmaüs. Les
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Éimaischen sont présentes dans deux localités seulement du pays: au Marché-aux-Poissons
de la vieille ville de Luxembourg ainsi qu’à Nospelt, une localité isolée du canton de
Capellen (dans l’ouest).
On trouve à ces deux endroits de la nourriture, des boissons et des animations folkloriques, le point d’orgue étant les expositions de poteries. À Nospelt, une localité connue
pour ses extraordinaires ressources en argile, on peut encore voir des potiers s’exercer
en direct sur leur tour. On peut aussi ramener de ces deux lieux un petit cadeau
traditionnel: le Péckvillchen, un oiseau en terre cuite qui permet de reproduire à s’y
méprendre le cri du coucou.
L’Oktav
L’Oktav, célébrée en hommage à la Mère de Dieu, est l’événement religieux le plus important de l’année. Pendant quinze jours, vers la seconde moitié du mois d’avril, les
paroisses du pays ainsi que les croyants de la région allemande de l’Eifel, de la province
de Luxembourg belge et de la Lorraine française partent en pèlerinage vers la capitale
du Luxembourg. La tradition remonte à l’année 1666, lorsque le conseil provincial
de l’époque élit Marie la Mère de Dieu, patronne du pays et consolatrice des affligés
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Être Luxembourgeois
Pèlerinage lors de l’Oktav à Luxembourg-Ville
Procession à Wiltz en l’honneur de NotreDame de Fatima, rendez-vous annuel pour
les nombreux Portugais vivant au Luxembourg
Un cortège haut en couleur constitue l’attraction
principale de la féerie du genêt à Wiltz
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(consolatrix afflictorum) pour qu’elle enraye la peste qui faisait rage. L’origine de la statue
de bois sombre n’est pas attestée sur le plan historique. On sait seulement que ce furent
les pères jésuites qui durant cette année transférèrent la statue de l’ancienne chapelle
des Glacis vers l’église jésuite de l’époque, aujourd’hui devenue la cathédrale du diocèse.
Pendant l’Oktav, l’effigie est placée dans le chœur central, sur un autel votif spécial.
Les pèlerins arrivent à la périphérie de la ville, puis ils forment des processions qui se
rendent en priant à la cathédrale où, durant quinze jours, les paroisses et certaines
organisations célèbrent leurs messes. L’Oktavsmäertchen organisé au Knuedler (place
Guillaume II) est un petit marché étroitement associé à la tradition religieuse. Après la
visite de la cathédrale, les pèlerins peuvent y trouver de quoi se rafraîchir, se sustenter
et acheter un petit cadeau parmi les divers bibelots et jouets présentés.
La fin de l’Oktav est marquée par la procession solennelle finale au cours de laquelle
la statue de Marie est portée à travers les rues de la capitale. Outre les croyants, s’y
joignent aussi les représentants de la maison grand-ducale, du gouvernement, de la
Chambre des députés, de la justice et d’autres institutions de la vie publique.
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Notre-Dame de Fatima
Le rôle joué par Notre-Dame de Fatima dans la vie religieuse est fort compréhensible
lorsque l’on sait que plus de 15% de la population du pays sont de citoyenneté portugaise.
Depuis 1968, le pèlerinage effectué en hommage à «leur» Mère de Dieu a lieu le jour de
l’Ascension, à Wiltz dans l’Oesling.
La féerie du genêt à Wiltz
Le genêt est présent dans tout le pays, mais il abonde particulièrement sur les coteaux
et les hauteurs de l’Oesling. Aux environs de la Pentecôte, ce paysage très sauvage
baigne littéralement dans le jaune plutôt discret des petits bourgeons de genêt.
À Wiltz, le genêt est mis à l’honneur durant la Gënzefest qui se déroule le lundi
de Pentecôte. La procession traditionnelle constitue l’attraction principale. À cette
occasion, c’est non seulement le genêt, mais aussi le folklore qui fait renaître le monde
agricole ancien.
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Traditions et fêtes
En haut et double page suivante // De renommée internationale, la procession dansante
d’Echternach attire chaque année des centaines de participants
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La procession dansante d’Echternach
La procession dansante d’Echternach s’inscrit dans une tradition religieuse fort ancienne. Contrairement à l’Oktav, elle est connue au-delà des frontières du Luxembourg.
La procession, qui a lieu le mardi après la Pentecôte, est une curiosité de renommée
internationale.
Des coutumes païennes obscures sont à l’origine de cette procession. Selon la légende,
elle remonte au VIIIe siècle, à saint Willibrord et à Guy le Long, le «violoniste d’Echternach» qui partit en pèlerinage avec sa femme vers la Terre sainte et rentra seul au
bercail, sa femme étant morte en chemin. Des proches jaloux qui s’étaient entre-temps
partagé ses biens firent courir une rumeur selon laquelle Guy aurait assassiné sa femme
à l’étranger. Le malheureux fut condamné à la peine de mort et c’est des marches de la
potence qu’il demanda le droit de jouer une toute dernière fois de son violon.
Ce souhait lui fut accordé. Guy joua et les badauds attroupés sous la potence se mirent
à danser. Ils dansèrent des heures durant jusqu’à ce que leurs pieds s’enfoncent dans le
sol et Guy, tout en jouant, avait depuis longtemps quitté son échelle et la ville d’Echternach alors qu’ils étaient encore en train de danser. Sur ces entrefaites, saint Willibrord
fut appelé pour briser ce sort et délivrer les malheureux de la «danse de Guy».
Dans les temps anciens, la procession dansante était non seulement censée remédier à
la maladie de la danse de Guy, mais aussi à quantité d’autres maux et infirmités chez les
hommes et les animaux. Loin d’être comme aujourd’hui une manifestation essentiellement folklorique, elle constituait un véritable pèlerinage auquel on venait bien souvent
de loin et à pied pour y assister. Aujourd’hui encore, on raconte que les pèlerins de
Prüm dans l’Eifel emportaient un ou deux cercueils avec eux, car il arrivait que certains
d’entre eux meurent en chemin.
La procession dansante consiste littéralement à sautiller: deux pas à gauche, deux pas à
droite. Autrefois, on sautillait de trois pas en avant, puis de deux en arrière (aujourd’hui
encore, on dit avec humour qu’une chose «avance comme la procession d’Echternach»).
Les danseurs, alignés par rangées de cinq à six personnes, se tiennent par le bout de
leurs mouchoirs et sautillent aux sons de la mélodie entraînante et singulière de la
procession inspirée de la chanson populaire Adam avait sept fils, une ritournelle
qui bien des heures plus tard résonne encore à l’oreille des danseurs comme des
spectateurs.
La mélodie n’est pas seulement jouée par les harmonies et les fanfares du Luxembourg,
mais aussi par des formations d’accordéonistes et de violonistes. On joue et on sautille
pendant près de trois heures à travers les rues du quartier religieux et on défile en sautant
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Retraite aux flambeaux et feu d’artifice dans
le cadre de la célébration de la fête nationale
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devant saint Willibrord qui repose dans la crypte de la basilique. Le nombre de spectateurs atteint dix mille personnes.
presque toutes les places, des concerts ont lieu, de petits orchestres et de simples musiciens de rue jouent, on rencontre des clowns, des cracheurs de feu et bien d’autres
représentants de la confrérie des saltimbanques.
Le jour de la fête nationale
Le jour de la fête nationale lui-même est consacré à une grande parade militaire dont
les troupes sont passées en revue par le Grand-Duc dans l’avenue de la Liberté. Pour
terminer, la maison régnante et la classe politique entrent dans la cathédrale pour assister
au Te Deum, un service religieux solennel pour la maison Luxembourg, durant lequel
retentit en particulier le «Domine salvum fac magnum ducem nostrum...», un chant à
quatre voix composé pour l’occasion. Des salves d’artillerie tirées depuis le fort Thüngen
(«les Trois Glands») clôturent les festivités officielles.
Au regard de l’histoire, l’indépendance du pays et l’avènement de sa dynastie sont
récents. Au XIXe siècle, le jour de la fête nationale des Luxembourgeois était le
Kinneksdag (c’est-à-dire le jour de naissance des rois hollandais). Ce n’est qu’avec le
Groussherzoginsgebuertsdag qu’ils disposèrent d’un jour de fête national au sens patriotique du terme (le jour de naissance de la Grande-Duchesse Charlotte qui gouverna de
1919 à 1964). Étant donné qu’il correspondait au 23 janvier, il fut transféré en 1962
à une date plus estivale de l’année, soit le 23 juin. Depuis la montée sur le trône du
Grand-Duc Jean en 1964, ce jour est tout simplement commémoré comme le jour de la
fête nationale.
Dans la capitale, les festivités commencent par une retraite aux flambeaux devant le
Palais, où la famille grand-ducale reçoit des ovations. Pour finir, des milliers de personnes
assistent à un magnifique Freedefeier (feu d’artifice) tiré du pont Adolphe. Durant cette
veille, la capitale est placée sous le signe de la joie, de l’amusement et de la musique: sur
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Les 116 communes du pays célèbrent cette journée. Le Te Deum est chanté dans les églises,
le maire prononce un discours patriotique devant les citoyens et les membres des associations, l’ordre du Mérite est remis aux musiciens et aux pompiers. Ensuite, le banquet
démocratique est servi dans un restaurant de la commune pour les représentants de la
classe politique et des associations.
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Fondée par Jean l’Aveugle en 1340, la Schueberfouer est devenue
une grande kermesse avec tous les manèges possibles et imaginables
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La Schueberfouer
On ne sait pas vraiment d’où vient le nom de cet ancien marché aujourd’hui reconverti
en foire: peut-être de l’ancien plateau du Saint-Esprit, le Schadebourg, où il se déroulait
autrefois, ou du terme Schober lié au fait que la foire avait lieu le jour de la SaintBarthélemy, c’est-à-dire au moment de la moisson. La Schueberfouer (ou Fouer) fut
fondée en 1340 par Jean Ier de Luxembourg, dit l’Aveugle, comte de Luxembourg et roi
de Bohême. Pour cette raison, les forains lui ont érigé un monument dans le parc municipal proche.
L’ancien marché, sur lequel se vendaient du bétail ainsi que toutes sortes de choses,
durait huit jours. Aujourd’hui, il dure en général trois semaines groupées autour de la
Saint-Barthélemy, le 23 août. Au fil du temps, le marché s’est de plus en plus transformé
en une manifestation divertissante, une kermesse, car la fête patronale de la cathédrale
a lieu pendant le Fouerzäit.
Aujourd’hui, la Fouer a trouvé sa place sur le parking du Glacis au Limpertsberg. Elle
s’ouvre sur un parc d’attractions abritant tous les manèges possibles: montagnes russes,
trains fantômes, grandes roues, manèges renversants et bien d’autres. Les petits étals
des marchands persistent à peupler l’allée Scheffer où l’on peut faire toutes sortes de
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petits achats, du nougat aux amandes grillées, en passant par des sculptures en ébène
d’Afrique noire, des batteurs à main et des ouvre-boîtes fabuleux aux CD déjà passés
de mode.
Comme toujours lors des kermesses, le boire et le manger ont leur importance et en
particulier une spécialité, le Fouerfësch, un merlan cuit dans de la levure de bière qui se
doit d’être accompagné de frites, d’une bière ou d’un petit vin sec de la Moselle.
Évoquons à présent le Hämmelsmarsch: tôt le dimanche matin de la kermesse, les
musiciens parcourent les rues de la ville, revêtus de la blouse bleue des paysans du
XIXe siècle et marchent en soufflant dans leurs instruments derrière un berger et quelques moutons enrubannés. Une seule marche est jouée pour collecter de l’argent, le
Hämmelsmarsch, une mélodie populaire ancienne dont le poète national Michel Lentz a
écrit le texte. Cette marche peut également être chantée.
Il va de soi que les bergers, les moutons et les musiciens participent à l’ouverture de
la Fouer, laquelle est prononcée par le maire. C’est ensuite au tour des politiciens et
de ceux qui souhaitent le devenir d’effectuer une tournée officielle, un bain de
foule de circonstance. Il se termine dans une échoppe de la Fouer autour du Kiermesham
(jambon) et du Kiermeskuch (gâteau).
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Au-delà de toute cette animation, la Fouer dispense aussi sa touche mélancolique.
Lorsque l’on commence à démonter les manèges début septembre et que, de jour en
jour, le squelette d’acier de la traditionnelle grande roue se détache dans le ciel de la
ville, chacun sait que l’été prend congé. Et lorsque le dernier jour de la Schueberfouer,
le Freedefeier (feu d’artifice) est tiré, les hirondelles sont déjà rassemblées sur les câbles
électriques.
fête dans la localité, tout en offrant du vin au passage, comme par exemple à Greven­
macher. À Schwebsange, la fête du raisin est unique par sa fontaine dans laquelle l’eau
est remplacée par du véritable vin.
Fêtes du raisin et du vin
Le Proufdag (journée de dégustation), le jour des vendanges et le marché aux vins s’inscrivent dans un contexte plus «professionnel». Entre mai et juin, toutes les caves disposent d’une journée spéciale, au cours de laquelle elles font déguster leurs «vins
nouveaux». Les variétés les plus prestigieuses ne sont certes pas encore à maturité, mais
le connaisseur peut se permettre de faire quelques pronostics assurés: en automne,
ce vin-ci ou ce vin-là donnera naissance à un Grand Premier Cru!
Aujourd’hui, la vigne ne pousse plus que sur les coteaux de la Moselle. Les quelques
raisins qui poussent sur cette terre acide sont apportés au pressoir. Il existe sept sortes
de vins typiques: l’elbling, le rivaner, l’auxerrois, le pinot gris, le pinot blanc, le riesling
et le gewürztraminer; dans une moindre mesure, on trouve aussi des rosés sur le marché:
l’elbling rosé, le pinot rosé et le pinot noir. Sans oublier la multitude de vins mousseux
qui, sous le nom de Schampes, sont appréciés des gens du pays et de bien d’autres.
Les fêtes du vin sont des manifestations villageoises qui se déroulent au printemps,
dans les salles de réception des caves ou sous de grandes tentes. On s’y divertit en musique,
à déguster des mets traditionnels accompagnés de vin (et de bière).
Il existe une différence importante entre les fêtes du raisin et du vin. Les fêtes du raisin,
qui ont lieu en octobre, sont considérées comme des fêtes d’actions de grâces pour la
récolte. On élit la reine du raisin, puis, au son de la musique, on la conduit en habits de
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Saint Nicolas
Au IVe siècle, saint Nicolas était évêque de Lycie en Asie mineure. Sa personne a donné
lieu à de nombreuses légendes (en particulier celle des trois enfants miraculeusement
sauvés du saloir d’un infâme boucher) qui en ont fait un saint important pour les
enfants. La veille du 6 décembre, le jour de sa fête, il descend du ciel accompagné de
son petit âne chargé de paquets et de son serviteur Ruprecht, le père fouettard (que les
Luxembourgeois nomment Houseker), pour offrir des cadeaux aux petits et laisser un
martinet pour ceux qui n’ont pas été sages.
Il existe encore bien des localités où, le soir du 5 décembre, le saint homme sonne aux
portes en compagnie de son serviteur vêtu de noir pour apporter des présents aux
enfants. Ce sont les parents qui l’ont «appelé». En règle générale, il ne se fait pas voir
des petits enfants qui découvrent tôt le matin tous leurs cadeaux. À moins que la commune ou une association villageoise n’organise une distribution collective de cadeaux.
Dans ce cas, le Kleeschen arrive en voiture, en train, en bateau ou même en avion pour
être conduit aux sons de la fanfare dans une salle des fêtes, où les enfants célèbrent
sa visite par des discours et des chants. Il le leur rend bien en distribuant les cadeaux
préparés par les organisateurs.
Texte: Josy Braun
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