n° 44 - L`ÉCOLE DE L`AIR

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n° 44 - L`ÉCOLE DE L`AIR
@ir_Salon
Le magazine de la Base - Écoles
Sommaire
« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».
Albert Camus - L’homme révolté.
Cher lecteur,
@ir_Salon
Périodicité :
Publication trimestrielle
Numéro d’ordre de sortie :
Numéro 44, Juillet 2013
Directeur de la publication :
Général de brigade aérienne
Gilles Modéré
Directeur adjoint de la publication :
Ingénieur divisionnaire d’études
et de fabrication Colette Vioujas
Rédacteur en chef :
Colonel (H) François Mével
Comité de rédaction :
Capitaine Christèle Chevalier
Secrétaire administratif Françoise
Longhi
Conception graphique :
Adjoint administratif principal
2e classe Valérie Spanu
Crédits photos :
Section PARVI des Écoles d’officiers
de l’Armée de l’air
Mise en ligne :
Section communication et Section
d’aide pédagogique informatisée
ISSN : 1777- 0769
« Tempus fugit… ». Le dernier trimestre est déjà consumé
et a été particulièrement riche en évènements. L’ensemble
des personnels de la Base-Écoles, unis pour faire face,
ont participé à de nombreuses manifestations dont vous
retrouverez quelques récits dans ce numéro estival d’@ir_
Salon. Le magnifique dossier spécial consacré à la journée
de la Base aérienne et au soixantième anniversaire de la
prestigieuse Patrouille de France, vous permettra notamment
de revivre les temps forts de ce meeting exceptionnel qui a
accueilli 120 000 personnes sur la base le 26 mai. La veille, nous avions eu le privilège de recevoir Monsieur Jean-Yves Le Drian,
ministre de la Défense, qui nous a fait l’honneur de nous consacrer toute une journée. De nombreuses personnalités civiles et
militaires étaient également présentes.
Je retiens de toutes ces manifestations deux points essentiels. En premier lieu, tout cela n’a été possible que par la mise en
synergie de tous. Les missions ont été couronnées de succès grâce à un impressionnant travail d’équipe et à l’engagement
de chacun. Que tous les contributeurs et acteurs soient ici remerciés. Deuxièmement, les évènements relatés ici traduisent
l’excellence de l’Armée de l’air et confortent la politique d’ouverture et de rayonnement des Écoles d’officiers de l’Armée de
l’air et de la Base aérienne 701. À maintes reprises, j’ai pu constater l’intérêt que nous suscitons à l’extérieur et mesurer l’image
extrêmement positive que nous dégageons. Nous pouvons être fiers de notre Institution…
« Tempus fugit » car je réalise que je suis à la veille de rendre mon commandement au terme de trois années formidables passées
à vos côtés. Après « mon dernier » baptême des promotions dont il est également question dans ce numéro, ceci est mon
dernier éditorial et je voudrais saluer l’implication remarquable de chacun pour la réussite de la mission qui m’a été confiée,
souligner la qualité du travail de tous ceux qui contribuent à la réalisation de votre magazine et réserver le meilleur accueil à
mon successeur…
Général de brigade aérienne Gilles Modéré
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P1
Éditorial
P 2-3
Rétrospective
P 4-5
Sports
P6
à l’honneur
n°
44
trimestriel juillet 2013
Dossier :
LA BASE
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D
E
É
N
JOUR
AÉRIENNE
et 60 ans de France
rouille
de la Pat
P 7-12
Traditions
Baptême des
promotions 2012
P 13
Calendrier
Pour découvrir le dossier cliquez ICI
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Rétro
10 avril 2013
14 avril 2013
avril 2013
18
Des Aviateurs au service des enfants malades
Séminaire : « Imprévu »
L
a Base-Écoles de Salonde-Provence a reçu une
trentaine d’élèves et 5 cadres
du Lycée Gaston Darboux de
Nîmes dans le cadre de leur
formation en sécurité/prévention.
De nombreuses visites ont été
organisées en correspondance
avec leur spécialité : Groupement d’investigation cynophile, Brigade de
gendarmerie de l’air, présentation de la société de gardiennage, Escadron de
sécurité incendie et sauvetage, atelier « survie » et Escadron des services de la
circulation aérienne et du Centre de météorologie.
Un acte de formation, doublé d’une action citoyenne
L
L
es Écoles d’officiers de l’Armée
de l’air, en coopération avec le
Centre de recherche de l’Armée
de l’air, l’Office national d’études
et de recherches aérospatiales et
l’Hôpital d’instruction des Armées
Laveran, ont organisé un séminaire
sur la gestion de l’imprévu, intitulé :
« Aéronautique, santé et entreprise :
affronter l’imprévu. Quelle place pour
l’expérience, l’entraînement et la
chance ? ». Ce séminaire s’adressait
aux cadres des EOAA et des Armées
ainsi qu’aux personnes extérieures
travaillant dans l’aéronautique, la
santé et le monde de l’entreprise.
a base aérienne d’Ambérieu accueillait l’association « Les Ailes
du Petit Prince » pour une journée caritative. Son objectif était de
crédits phot
permettre à 70 enfants touchés par un handicap de s’élever pour
os ADC Patr
ick Bécot
découvrir la Terre vue du Ciel. Pour veiller au bon déroulement de cette opération,
le colonel Rouat, commandant la Base, avait tout organisé au millimètre près. Les membres de l’association ont pu
ainsi dérouler leur plan d’action habituel au service de ces jeunes, tous émerveillés par la perspective de découvrir la
troisième dimension pour la première fois. D’autre part, pas moins de 8 élèves-officiers volontaires, appartenant aux
Écoles d’officiers de l’Armée de l’air, ont prêté main forte et aidé à cette belle réussite. Leur ambition était de parrainer
tous ces jeunes postulants au vol ainsi que leur famille. Mais leur participation ne s’est pas résumée à ce parrainage
car elle leur a aussi permis de découvrir les coulisses de l’organisation et du déroulement d’un meeting aérien.
De plus, leur engagement dans cette action aéronautique citoyenne
fut très instructif pour eux puisqu’il avait aussi pour vocation de les
19 avril 2013
exercer au leadership en les faisant participer à la coordination des
différentes équipes présentes sur place et dévolues à la surveillance et
Remise du poignard et baptême de la
au bon déroulement de l’évènement. L’apprentissage par l’engagement
promotion des élèves-officiers rangs
fait désormais partie des méthodes pédagogiques utilisées dans la
a cérémonie de remise du poignard aux élèvesformation initiale des jeunes officiers de l’Armée de l’air. Il permet de
officiers de la promotion rang 2013 du Cours
les former tout en les incitant à se rendre utiles à la société.
spécial de formation des officiers s’est déroulée dans
Les sourires ont éclairé cette journée. Des liens forts ont été créés
la salle des Marbres du bâtiment Guynemer, deux
entre les enfants et ces futurs officiers sous le regard attentif de « Saintjours avant leur baptême de promotion.
Ex. », père du Petit Prince, qui découvrit l’aviation sur cette base en y
effectuant son baptême de l’air au début du siècle dernier. Cette année,
le Petit Prince fête ses 70 ans. Grâce à cette opération, il aura bel et bien
emporté dans son cœur chacun des enfants présents pour un vol qui
laissera des traces dans les mémoires de tous.
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Lycée Gaston Darboux de Nîmes
L
11-12 juin 2013
Séminaire de politique de sécurité
et de défense commune (PSDC)
L
es Écoles d’officiers de l’Armée de l’air ont organisé un séminaire sur la politique de sécurité et de défense commune
de l’Union européenne au profit des élèves de deuxième année
de l’École de l’air, de première année de l’École militaire de l’air
et de deuxième année du
Cours spécial de l’École de
l’air. Celui-ci fut l’occasion
pour divers intervenants
d’assurer des présentations et des conférences
de grande qualité.
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Rétro
19 juin 2013
26 juin 2013
Journée de l’Armée de l’air
Visite du conseil
municipal junior
de Lançon-Provence
P
U
24 juin 2013
ne visite de la Base aérienne
701 de Salon-de-Provence
a été organisée au profit de
20 jeunes élus du Conseil
municipal de Lançon-Provence
et 3 accompagnateurs. Après
un accueil par le colonel
Antoine Sadoux, commandant
le Groupement de la formation
initiale des officiers, et la
présentation d’un clip-vidéo, les
visites sur différents sites de la
base se sont enchaînées pour le
plus grand intérêt témoigné par
ces jeunes élus.
lacée sous le signe de la
cohésion et du rayonnement,
cette journée, qui célèbre
l’anniversaire de la création de
l’Armée de l’air, est ouverte à
tous les aviateurs, militaires ou
civils travaillant sur le site de la
Base aérienne 701, sans oublier
les élèves des différentes écoles.
Ainsi tout le personnel a été invité, après une cérémonie des
couleurs, à participer à différentes activités proposées en matinée
(visites de sites de la Base-Écoles entrecoupées d’activités
ludiques) et à inciter leur famille à rejoindre la BA 701 pour un
déjeuner sur l’herbe afin de partager simplement un moment de
convivialité et d’échanges.
Remise de trophées britannique et mexicain
C
e jour a eu lieu la cérémonie de remise de trophées au meilleur
élève du personnel navigant de la promotion École de l’air 2010 et au
meilleur élève de la promotion École de
l’air 2012, cursus IEP. Cette cérémonie
s’est déroulée en présence des attachés
de l’air britannique et mexicain qui ont
remis le sabre du « Généralissime José
Marià Morelos y Pàvon » à l’aspirant
Mainville, et le trophée de l’Excellence
au sous-lieutenant Bocquet.
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28-30 juin 2013
Commémoration du 70e anniversaire de l’exil de l’École de l’air à Marrakech
L
’École de l’air fêtait le 28 juin dernier le 70e anniversaire de son exil à Marrakech,
terre d’accueil des promotions de 1943 à 1945 pendant l’occupation de la France
par les forces allemandes. à cette occasion le général de brigade aérienne Gilles
Modéré, commandant les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air et la Base aérienne
701 de Salon-de-Provence, accompagné d’une délégation d’élèves et de cadres,
s’est rendu sur la Base-École des Forces Royales
Air (BEFRA) de Marrakech sur invitation de son
homologue le général de brigade aérienne Ahmed
Saihi, commandant l’École Royale Air (ERA) et la Base-École des Forces Royales Air.
Élèves et cadres ont alors participé à une cérémonie commémorative de cet événement
ainsi qu’à la fête de fin d’année de l’École Royale Air marocaine, sous la haute autorité
du général de division aérienne Ahmed Boutaleb, Inspecteur des Forces Royales Air
marocaines, et du général d’armée aérienne Denis Mercier, Chef d’état-major de
l’Armée de l’air. Cette commémoration, qui célébrait le souvenir de ce passé commun
aux deux pays, soulignait une fois encore l’excellente coopération des armées de l’air
française et marocaine. À ce titre, les deux écoles, soucieuses d’entretenir les liens
d’amitié qui les unissent, renouvellent chaque année de nombreux partenariats. Plus de
60 élèves-officiers marocains ont ainsi été formés à l’École de l’air et à l’École militaire
de l’air depuis 1945. De même, l’École Royale Air accueille depuis quelques années des
élèves de l’École de l’air dans le cadre de l’enseignement par la recherche.
Capitaine Eugénie Baldes
Professeur de Communication / Division de la formation aux sciences et aux humanités
4 juillet 2013
T
Concert de la Musique de l’air
raditionnellement, la veille du Baptême des promotions, la Musique de l’Air, sous la direction du colonel Claude
Kesmaecker, offre à la population salonaise un concert dans le cadre prestigieux du Château de l’Empéri de Salonde-Provence. Ce sont deux formations, le Brass Band, puis l’Orchestre d’Harmonie, qui ont charmé une fois encore le
public venu nombreux.
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Sport
8-12 mai 2013
43e Rencontres de vol à voile à Salon-de-Provence
D
9 juin 2013
u mercredi 8 mai au dimanche 12 mai 2013, se sont déroulées, sur la Base aérienne 701 de Salon-de-Provence, les 43 Rencontres de vol à
voile des grandes Écoles aéronautiques. L’objectif étant toujours la confrontation amicale autour d’une passion commune : le pilotage des
planeurs. La recette passe par une bonne dose de convivialité avec la volonté de s’enrichir au contact des autres et, pourquoi pas, d’échafauder
le désir de construire en commun de nouveaux projets. La fête continue avec la célébration des soixante ans de l’activité vélivole dans l’enceinte
militaire en la présence de son créateur, M. Macé. Cette année, c’est l’École de l’air, autour du commandant Estève, du commandant Fouquet
et des dix moniteurs de l’Escadron d’initiation à l’aéronautique militaire, qui s’est chargée d’organiser cet évènement. Toute une logistique a du
être mise en place afin de coordonner les services de soutien pour accueillir cent personnes : c’est l’établissement d’un campement avec tentes,
douches et lavabos répondant aux normes sanitaires, c’est l’élaboration d’un protocole pour faire voler des machines proches de l’aéroport de
Marseille, c’est l’obtention des autorisations afin que des élèves civils puissent voler sur des machines militaires… Aussi la contribution du service
juridique a-t-elle été déterminante pour la réussite de cet évènement. Sept écoles ont répondu à l’appel : l’École supérieure aéronautique de
Toulouse, Sup-aéro avec un planeur type Janus, l’École nationale supérieure d’ingénieur et de construction aéronautique (ENSICA) avec un Twin
Astir, l’École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ENSMA) avec trois machines (un Ask 13, un Bréguet 904 et un Duodiscus),
l’École nationale de l’aviation civile (ENAC) avec trois planeurs (un Twin, un Dg 1 000 et un Cirrus), l’École supérieure des techniques aéronautiques
et de construction automobile (ESTACA) avec un planeur Janus B, l’Institut polytechnique des sciences avancées (IPSA), sans oublier l’École de
l’air, organisatrice. Le mercredi, jour d’arrivée, fût réservé au montage des planeurs suivi d’une cérémonie d’accueil avec présentation des Écoles.
Le jeudi matin, après un exposé sur l’utilisation de la plate-forme aéronautique de Salon et un briefing sur l’espace aérien, les choses sérieuses
ont pu commencer. Les vols se sont alors succédés à un rythme où les jeunes ont du faire preuve d’aguerrissement
avec la troisième dimension. Car le vol à voile reste bien cette école où l’on apprend les bases du pilotage avec la
nécessité de regarder dehors. Voler requiert de la rigueur, de la patience et une bonne dose de remise en question.
C’est ainsi que les pilotes ont pu découvrir la région qui s’étend des Alpilles au Lubéron en passant par le Ventoux
et la Durance. Les élèves ont aussi pu s’initier au « vol d’onde » qui consiste à exploiter l’effet dynamique du
Mistral pour monter jusqu’à des altitudes de 3 500 m. Au final plus de 160 heures de vol avec 150 « remorqués »
ont été effectués durant ces quatre jours. Une cérémonie présidée par le colonel Vinchon, en présence du
général Vuillemot, et suivie d’un repas de clôture a couronné le succès ces 43e Rencontres de vol à voile.
e
Adjudant Alain Petrowski
Escadron d’initiation à l’aéronautique militaire (EIAM)
Centre de formation aéronautique militaire initiale (CFAMI)
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Course des prairies
M
otivés, les élèves des Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA) le sont toujours mais leurs
cadres aussi puisqu’ensemble ils ont chaussé leurs runnings pour participer à cette première
édition de la Course des prairies de Bel Air organisée par l’Athlétic club salonais. Avec des conditions
météo idéales, un parcours roulant et plat de 10 ou 21 km dans la campagne salonaise et une ambiance
conviviale, l’équipe des EOAA-GMPA, composée d’élèves,
de cadres et de son délégué GMPA, Dominique Delainé,
s’est imposée au challenge du nombre ! à noter la belle
performance de l’aspirant de l’École militaire de l’air 2012
Pierre Yves Semé qui termine 3e sur le 10 km ! Félicitations
également à la capitaine Alice Cunin qui a fini 2e au 21 km, à
seulement quelques secondes de la gagnante !
14 -16 juin 2013
Coupe du monde de précision d’atterrissage à Rijeka
D
urant trois jours s’est tenue la première manche de Coupe du monde de
précision d’atterrissage en Croatie (Rijeka). Le sergent-chef Déborah Ferrand,
seule représentante de l’Équipe de France militaire, s’est classée première
féminine avec un total de 9 centimètres sur 8 sauts. Un très bon début pour cette
athlète dont l’objectif est de remporter pour la deuxième année consécutive le
classement général féminin. Pour cela, elle participera à quatre étapes sur les
six que compose la « World Cup Series ». Rappelons également que le sergentchef Ferrand est détentrice de la meilleure performance mondiale de tous les
temps (homme et femme confondus - avec 3 cm cumulés sur 10 sauts) réalisée
lors des championnats d’Europe en 2011 et qu’elle défendra ce titre au mois
d’août de cette année.
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Sport
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Cha
de France
militaire
L
e Service des Sports de la Base-Écoles de Salon-de-Provence s’est
vu confier l’organisation du championnat de France militaire de
natation. Il s’est déroulé du 11 au 13 juin derniers en dehors des murs
de la base puisque la manifestation a investi le centre nautique de Salon
tout récemment ré-ouvert après travaux.
Après une première journée d’accueil, les mardi et mercredi étaient
entièrement consacrés aux différentes compétitions : séries le matin,
suivies des finales et relais l’après-midi.
Ce ne sont pas moins de 80 participants toutes armées confondues
(mais aucun Salonais) qui se sont affrontés devant une vingtaine
d’arbitres civils nationaux.
La capitaine Aurélie Septier, chef du Service des sports de la BaseÉcoles, et son équipe ont préparé ces championnats depuis plusieurs
mois après qu’ils aient appris que la candidature de Salon avait été
retenue. Ils ont pu alors compter sur le soutien des autres services de
la Base.
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Au final, en présence du lieutenant-colonel Hubert Tissier
(représentant le général Louis Boyer, commissaire aux sports militaires
du Centre national des sports de la Défense de Fontainebleau), ce
championnat, qui se déroulait pour la première fois dans un bassin
extérieur de 50 m, s’est déroulé de la meilleure façon possible, stimulé
par la présence de tête d’affiche telle que Hugues Dubosc, sportif de haut
niveau de la Défense, gendarme de son état et triple médaillé olympique.
En effet, Hugues Dubosc est gendarme depuis 6 années et, après avoir
suivi les cours de l’École de sous-officiers de Châteaudun, il est désormais
affecté au Havre. Il participe tous les ans à cette seule compétition qu’est le
championnat de France militaire de natation. D’ailleurs, à Salon-de-Provence,
il est devenu le tout dernier champion de France militaire du 100 m brasse.
Son objectif professionnel : devenir plongeur de bord maritime… quoi
de plus normal quand son élément de prédilection demeure l’eau ?
Une fois encore, la Base-Écoles, soutenue par la Ville de Salon-deProvence, a su démontrer, s’il le fallait encore, ses qualités d’organisation
de manifestations d’ampleur nationale.
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à l’honneur
Théâtre au CSA : UNE SOIRÉE RÉUSSIE !
« Nous voulons de la vie au théâtre, et du théâtre dans la vie »
Jules Renard, Journal
C
’est en janvier 2013 qu’il a fallu choisir la pièce que la section Théâtre du Club sportif et
artistique (CSA) de la Base aérienne de Salon-de-Provence allait présenter cette année.
Après quelques hésitations, la pièce « D’un retournement l’autre » de Frédéric Lordon,
chercheur au CNRS, a fait l’unanimité. Une fois les craintes de l’alexandrin dissipées, la
troupe « Côté Salon » s’est lancée corps et âme dans ce texte à l’abord parfois ardu en
raison du thème développé : la crise économique. L’apprentissage n’a pas été aussi difficile
qu’escompté grâce à la petite musique de la rime qui résonne et allège la « mise en bouche »…
Le vocabulaire utilisé n’est pas toujours facile d’accès mais, petit à petit, on s’y fait.
Les heures de répétition se prolongent parfois tard dans la soirée, voire prennent sur les
week-ends grâce à la disponibilité des familles de chacun. Malgré le sérieux du travail, tout
se fait dans la bonne humeur et le partage.
Le premier essai fut un coup de maître inattendu puisque la pièce a remporté pas moins de
8 prix aux Rencontres nationales de théâtre amateur militaire (RENATHEA) en mai dernier :
meilleur décor, meilleurs costumes, meilleurs son et lumière, meilleur premier rôle masculin,
meilleur premier rôle féminin, meilleur second rôle féminin, le Prix des Troupes et enfin la
Coupe Sarah Bernhardt récompensant la meilleure pièce de l’année. Les compliments furent
abondants et galvanisèrent les comédiens. C’est donc avec une certaine pression de bien
faire, voire de faire encore mieux, que la troupe a appréhendé la représentation du 6 juin en
amphithéâtre Marin-la-Meslée…
Les premières sensations lorsqu’on foule la scène, alors que la salle est encore vide et qu’il
faut installer les décors, sont déjà fortes. La majesté de l’endroit, le caractère historique de
chacun des recoins provoquent chez les comédiens un trac qu’il va falloir évacuer au plus tôt
pour donner le maximum lorsque le public sera installé.
L’organisation a nécessité pas mal d’énergie pour contacter tous les services de la Base
aérienne, faire de la prévente, coordonner les bonnes volontés… Mais les efforts furent
récompensés car plus de 400 personnes se sont déplacées pour assister à la pièce.
Tout commence en coulisses avec une petite séance où chaque comédien transmet
son énergie à l’autre par de petits exercices qui ont l’air anodin mais qui sont bien utiles et
quelques accolades pour se donner du courage tout en gardant à l’esprit que la troupe est
réunie pour prendre et donner du plaisir.
Les 3 coups sont frappés et tout s’enchaîne sans accroc… Les changements de décors,
les changements de costumes, les musiques, les vidéos, rien ne manque ! Le public réagit,
soutient les comédiens. Et la pièce touche à sa fin alors que l’énergie est à son comble et
que les comédiens auraient volontiers prolongé ce moment magique. Certes, le public est
composé majoritairement d’amis, de membres de la famille, de collègues de travail ou
d’élèves de l’école mais les applaudissements finaux ne sont pas simplement complaisants…
Ils sont sincères et cela se sent à la chaleur qui parvient jusqu’aux comédiens sur la scène.
Toute la troupe tient à remercier l’ensemble du public qui s’est déplacé, le lieutenantcolonel Piet pour son soutien, les différents services de la Base (le Bureau évènement
communication accueil, le Service audiovisuel, le mess Officiers…) qui ont apporté une
aide précieuse pour le bon déroulement de cette soirée, les élèves EA1 et CSEA1, membres
de la troupe élèves du CSA, ainsi que les cadres de la Division formation aux sciences et
aux humanités (DFSH) pour leur aide logistique le soir de la représentation, les aspirants
Foumane, Longa et Bonilla pour leur participation très active.
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Mais l’aventure ne s’arrête pas là ! En effet, le 15 juillet prochain, une nouvelle représentation
de « D’un retournement l’autre » aura lieu dans l’auditorium de l’Espace Charles Trénet de Salonde-Provence, près de la Place Morgan, à 20h45. La pièce se jouera au profit de l’association
« Erizu, le handicap au service de tous » (www.erizu.fr). Le prix d’entrée est toujours de 5€, donc
aucune raison de s’en priver ! Parlez en autour de vous, (re)venez nombreux assister à une soirée
pour la bonne cause !
Et si l’envie vous prenait de vivre des sensations nouvelles en montant sur scène, n’hésitez
pas à contacter le CSA (04 90 17 81 53) pour nous rejoindre !
Enfin, si vous souhaitez suivre les différentes activités de la troupe, voir les photos des
répétitions, laisser vos commentaires, entrer en contact avec les comédiens, rejoignez nous
sur la page Facebook de « Côté Salon » (www.facebook.com/cotesaloncsa) ou envoyez un
message à [email protected].
Olivier Flammini
Département des langues étrangères (DLE)
Division formation aux sciences et aux humanités (DFSH)
Création 2013
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Publiée par les Éditions du Seuil
Mise en scène par Christian SARRAZIN
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Le 15 Juillet 2013 à 20h45 - Auditorium de
l’Espace Charles Trénet à Salon-de-Provence
Avec
Ludovic BONILLA
Nicolas PERROCHET
Marylise TESTU
Mathieu RIGG
Diane GERIBALDI
Olivier FLAMMINI
Morgane MENARD
Sophie GARNIER
Régies plateau & Costumes
Dominique ISRAEL
Troupe «Côté Salon» du CSA de la Base aérienne 701 / Salon-de-Provence
Représentation au profit de l’association « erizu, le handicap au service de tous »
Renseignements [email protected]
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Traditions
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e vendredi 5 juillet 2013, les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA) de Salon-de-Provence ont organisé le Baptême
des promotions 2012 de l’École de l’air et de l’École militaire de l’air.
Sous le haut patronage du ministre de la Défense, monsieur Jean-Yves Le Drian, en présence du chef d’état-major de
l’Armée de l’air, le général d’armée aérienne Denis Mercier, du directeur des ressources humaines de l’Armée de l’air, le
général de corps aérien Claude Tafani, et du général de brigade aérienne Gilles Modéré, commandant les Écoles d’officiers de
l’Armée de l’air et la Base aérienne 701, les deux promotions ont été baptisées selon un cérémonial traditionnel et immuable, et
ont reçu respectivement les noms de « Promotion Colonel Roland de la Poype » et « Promotion Lieutenant Maryse Hilsz ».
Inaugurée par la promotion 1935 « Capitaine Guynemer » et reprise depuis lors chaque année, la cérémonie, célébrée en présence
de nombreuses autorités, constitue un moment fort qui engage les futurs officiers de l’Armée de l’air à vivre avec honneur et dignité
leur vocation, à l’exemple d’un parrain, grand aviateur, dont le dévouement, les actes de courage, les remarquables qualités humaines et
militaires indiqueront aux élèves-officiers l’exemple à suivre.
En effet, depuis que l’École de l’air et l’École militaire de l’air sont établies à Salon-de-Provence, cette cérémonie conjointe se déroule
traditionnellement de nuit sur la place Pelletier d’Oisy, le premier vendredi du mois de juillet. Elle marque l’entrée solennelle des élèves dans leur
carrière d’officier et les invite à servir leur pays en s’appuyant sur l’exemple de leurs Grands Anciens.
Dans une ambiance solennelle, au rythme de la Musique de l’Air, survolées par la Patrouille de France, les promotions ayant reçu leur nom de baptême
ont ensuite procédé à l’échange des gardes au Drapeau.
Ainsi le drapeau de chaque École a été transmis aux gardes montantes, composées d’élèves-officiers nouvellement baptisés. Cette tradition militaire est
perpétuée depuis 1937, lorsque la promotion « Capitaine Guynemer » transmit pour la première fois le drapeau de l’École de l’air à la promotion 1936 « Capitaine
Astier de Villatte ». C’est le 5 juillet 1963 que fut remis, quant à lui, le drapeau à l’École militaire de l’air.
Baptême des
promotions
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Traditions
Le Parrain de la Promotion 2012
de l’École de l’air
Colonel Roland de la Poype
R
oland Paulze d’Ivoy de La Poype, né le 28 juillet 1920 et mort le
23 octobre 2012 à l’âge de 92 ans, est un des pilotes de chasse français
les plus fameux et héroïques de la deuxième guerre mondiale avec
16 victoires.
Passionné dès l’enfance par l’aviation, il comprend en 1939 que le nouveau
conflit qui se développe représente une menace pour la paix dans le monde et la
démocratie. Le 5 décembre 1939, Roland de la Poype, étudiant, s’engage alors
à 19 ans pour la durée de la guerre au Bataillon de l’Air 131 du Mans. Affecté
comme élève-pilote à l’École élémentaire
de pilotage d’Angers, il est promu caporal
et breveté pilote en février 1940. Pilote à
l’École principale d’aviation d’Étampes depuis
mars 1940, il entend l’Appel du 18 juin. Il est
en phase avec les idées développées par le
général de Gaulle et indigné au plus profond
de lui-même par le renoncement signifié par
le maréchal Pétain et décide donc de rallier
l’Angleterre.
Il quitte la France à Saint-Jean-de-Luz le
23 juin 1940 en embarquant clandestinement
sur l’Ettrick, un bateau polonais, à destination
de l’Angleterre. Parvenu à Plymouth, il s’engage
rapidement dans les Forces aériennes
françaises libres où il est promu au grade
de sergent le 1er août 1940. Du 30 août
au 21 décembre 1940, il participe aux
opérations sur l’Afrique occidentale
française à Douala (Cameroun). Il est
ensuite renvoyé en Grande-Bretagne
pour parfaire son entraînement dans les écoles de pilotage de la Royal Air Force,
à Odiham en février 1941 puis à Sywell en avril et à Ternhill en juillet. En octobre
1941, il obtient son brevet de pilote de chasse de la Royal Air Force et rejoint le
602e squadron à Redhill le 19 décembre 1941. Il est pendant six mois l’adjoint du
chef de groupe, l’as irlandais Paddy Finucane. Pendant cette période, il escorte
des bombardiers dans leurs missions et effectue des missions de reconnaissance
au ras de la mer.
Promu au grade d’aspirant en mars 1942, il endommage un Messerschmitt 109 le
13 avril 1942. Il totalise à la fin juillet 148 heures de vol dont 89 en opérations
comprenant 37 missions de guerre et 37 missions offensives au-dessus des
territoires occupés par l’ennemi. Aussi, le 22 août 1942, il obtient sa première
citation à l’ordre de l’armée aérienne entraînant l’attribution de la Croix de
guerre avec Palme.
Il se porte volontaire pour aller combattre au sein d’une unité française et il
est affecté en URSS au «Normandie». Après un long périple par le Cameroun, le
Tchad, l’Égypte, la Syrie et l’Iran, il rejoint le groupe de chasse n°3 en décembre
1942 et il est nommé au grade de sous-lieutenant le 15 décembre. Son groupe
de chasse est installé à Ivanovo et il se prépare à la lutte à venir en s’entraînant
sur les avions de chasse russes de type Yak7. Il gagne le front le 22 mars 1943. Il
commence alors une série de combats victorieux et abat de nombreux avions
ennemis en chasse libre ou en équipe. Il est breveté chef de patrouille le 15 août
1943 et promu au grade de lieutenant le 25 décembre de la même année.
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En mai 1944 débute
la seconde campagne et
le 31 juillet le maréchal Staline
décerne au régiment «Normandie»
le titre de «Niemen» pour la part prise par
lui dans la bataille sur le franchissement de ce fleuve.
Après avoir perçu un nouvel appareil, le Yak3, il obtient de nouvelles
victoires durant le mois d’octobre 1944. Le 27 novembre 1944, il reçoit le titre
de Héros de l’Union soviétique ainsi que l’Ordre de Lénine avec étoile d’argent.
Le 9 décembre 1944, titulaire de 16 victoires aériennes homologuées,
il se rend à Moscou et reçoit par le commandant en chef de l’aviation
soviétique l’étoile d’or du Héros de l’Union soviétique et par le général de
Gaulle, la Croix de la Libération en le reconnaissant comme Compagnon
de la Libération de la France. De retour en
France à la fin décembre 1944, il est promu
au grade de capitaine le 25 février 1945 et
prend le commandement de la première
escadrille.
Il est affecté au 2e puis au 5e bureau de
l’état-major de l’Armée de l’air et quitte
l’armée d’active le 5 avril 1949.
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Visionnaire et inventeur,
Roland de La Poype
comprend que l’avenir
appartient au plastique et
aux emballages jetables.
À la tête de la Société
d’études et d’applications
du plastique, il monte sa
première usine dès le mois
de mai 1947 et se lance, en
1952, dans la fabrication d’un produit novateur : le berlingot DOP pour
le groupe L’Oréal. Il développe une véritable industrie de l’emballage
plastique, qui touche à tous les domaines, de l’agroalimentaire au loisir. Il
est également l’inventeur de la carrosserie de la Citroën Méhari.
En 1970, passionné du monde marin, il crée le Marineland d’Antibes
sur la Côte d’Azur avec pour mission de faire connaître la vie du milieu
difficilement accessible des grands animaux marins et de la mer à un large
public. Il prend sa retraite en 1985 et reste propriétaire du Marineland
jusqu’en 2006. Il est également propriétaire d’un golf, qu’il a créé en 1989,
près d’Angers.
DÉCORATIONS FRANCAISES
HEURES DE VOL – VICTOIRES AéRIENNES – MISSIONS DE GUERRE
- Grand-croix de la Légion d’honneur, décret du
31 janvier 2008 ;
- Compagnon de la Libération, décret du
29 décembre 1944 ;
- Croix de guerre 1939-1945 (10 palmes et
2 étoiles de vermeil).
DÉCORATIONS ÉTRANGèRES
«Nous honorons aujourd’hui la mémoire d’un grand aviateur qui illustre des
qualités telles que l’excellence et l’intégrité».
- Croix de guerre tchécoslovaque (Tchécoslovaquie) ;
- Héros de l’Union soviétique (Union soviétique) ;
- Ordre du Drapeau Rouge (Union soviétique) ;
- Ordre de Lénine (Union soviétique) ;
- Ordre de Guerre pour la Patrie (Union soviétique) ;
- Ordre de la Victoire (Union soviétique).
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- 1 052 heures de vol dont 230 missions de guerre ;
- 7 victoires homologuées ;
- 9 victoires en collaboration ;
- 1 victoire probable ;
- 1 avion ennemi endommagé.
Général d’armée aérienne Denis MERCIER,
Chef d’état-major de l’Armée de l’air, le 30 octobre 2012.
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La Marraine de la Promotion 2012
de l’École militaire de l’air
Lieutenant Maryse Hilsz
N
ée le 7 mars 1901 à Levallois-Perret, Maryse Hilsz est issue d’une famille
modeste qui avait quitté l’Alsace pour rester française. Couturière
modiste en banlieue parisienne, elle découvre l’aviation de son balcon
de Levallois-Perret en suivant du regard, le soir, les appareils militaires de
Villacoublay qui regagnent la base du Bourget.
Sans argent autre que son maigre salaire, elle habite chez sa mère,
blanchisseuse et veuve depuis les 7 ans de Maryse.
Début 1924, alors qu’elle n’est encore jamais montée en avion, Maryse Hilsz
assiste pour la première fois à un meeting aérien. Après une exhibition de biplans,
on fait appel à des volontaires de baptême de saut en parachute. Quelques
hommes se présentent et une jeune femme ne peut résister à la tentation
irrépressible jaillie du plus profond d’elle-même : c’est Maryse Hilsz. Elle veut
sauter. Après un moment d’hésitation, les organisateurs, qui ont mesuré sa
forte détermination, l’autorisent à participer à ce qui est, en fait, un concours :
le but est d’atterrir le plus près de l’objectif. On lui explique en quelques mots
comment sauter, se diriger et se poser. La jeune femme, calme et déterminée,
monte à bord de l’avion, saute et atterrit à dix mètres du but : un exploit.
Hilsz est grisée : elle veut voler. Le ciel l’attire irrésistiblement. Cette
expérience de saut l’a convaincue que sa vie est là. L’animateur du concours,
Maurice Finat, la reçoit quelques jours après son exploit. L’homme apprécie son
caractère, son courage, son calme et sa détermination : persuadé de tenir une
perle rare, il accepte alors de l’engager pour participer à des manifestations de
sauts en parachute.
Maryse Hilsz démissionne de son atelier de modiste et entre sous contrat
dans la société pour le développement de l’aviation.
L’entraînement est difficile et aucun quartier ne lui est fait. Elle doit redoubler
d’efforts. Après un mois, elle est confirmée. Vient alors l’heure de la mise au
point du numéro d’équilibriste sur les ailes des avions puis le saut en parachute
avec cible. Elle a alors un seul objectif en tête : financer son instruction de pilote
et, une fois le brevet obtenu, acheter son propre appareil.
Maryse Hilsz enchaîne alors meeting sur meeting, déclenchant partout
l’enthousiasme. Il faut donner de l’émotion ? Le public en redemande ? Elle passe
de l’équilibre sur les ailes au trapèze sous le ventre de l’avion puis elle effectue
des sauts. Elle fait mine d’ouvrir un premier parachute, simule l’accident, se
débarrasse de l’engin et ouvre alors le second parachute.
Chaque fois, c’est l’ovation.
En trois ans de meetings, elle effectue plus de cent-douze sauts dont vingt en
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double. Très bien rémunérée, elle dispose alors des moyens financiers pour son
instruction et obtient aisément son brevet de pilote en avril 1930. Elle complète
son brevet par celui des transports publics puis achète son avion, un biplan
d’occasion.
Maryse Hilsz commence par tester son coucou et à se tester elle-même.
Dès 1930, elle désire montrer ses qualités et convaincre de ses capacités.
Après une huitième place au tour de France aérien de 1930, elle devient la
première femme qui tente de relier, sans mécanicien, Paris à Saïgon, aller et
retour. Les ennuis s’accumulent pendant son périple aller : la météo est maintes
fois très défavorable, les difficultés mécaniques, financières et logistiques
s’enchaînent mais elle arrive enfin à Saïgon où elle est accueillie triomphalement
par des milliers d’admirateurs. Lors de son retour, accablée par de nouveaux
ennuis mécaniques qui l’obligent à effectuer des atterrissages de fortune,
Maryse Hilsz et son avion sont finalement contraints de regagner le Bourget
en bateau et en train : après quatre-vingt-douze jours d’aventure, elle
est reçue triomphalement au Bourget : elle a passionné le public par sa
réussite et ses malheurs.
Elle décide cependant de porter encore plus haut les ailes de la France
et enchaîne les records de vitesse, d’endurance mais aussi d’altitude.
Début 1932, accompagnée par un mécanicien, elle réussit à relier Paris à
Tananarive, en passant par le Sahara, devenant ainsi la première pilote à
traverser ce désert. Une fois de plus, le raid n’est pas une promenade de
santé : confrontée à des problèmes de toutes sortes, elle mettra un mois
au lieu des sept jours prévus initialement pour arriver. Au retour, suite à
de nouveaux problèmes mécaniques, elle est contrainte de se poser sur
une île déserte du canal de Mozambique, l’île Juan de Nova. Nourris par
des pêcheurs des Seychelles qui étaient de passage, Maryse Hilsz et son
mécanicien tombent gravement malades et doivent leur salut au médecin
à bord d’un navire de la Marine nationale. Transportée à Madagascar pour
y recevoir quelques soins, Maryse Hilsz repart vite sur l’île mais elle tombe
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Traditions
de nouveau malade et, malgré un épuisement complet, décide de redécoller et
arrive finalement à son escale au Mozambique.
Après un repos total de deux jours, elle rejoindra enfin le Bourget dix jours
plus tard.
En avril 1933, elle bat le record de distance et de vitesse avec un raid ParisTokyo-Paris de trente mille kilomètres.
Peu de temps après, le ministre de l’Air, Pierre Cot, décide de lui confier le
nouveau fleuron de l’aviation, le Bréguet 27. Jean Moulin, chef de cabinet du
ministre, a pour instruction de faciliter la carrière de la jeune femme. Elle est
alors mandatée pour présenter l’appareil aux puissances étrangères, faire des
démonstrations et s’entretenir avec les spécialistes des ministères de l’aviation
chinois, japonais, turc… C’est à bord de cet appareil qu’elle remporte en 1935
la coupe « Hélène Boucher », en parcourant la liaison entre Paris et Cannes
en 2 h 29, soit une moyenne de 277 km/h. L’année suivante, elle remporte de
nouveau la coupe, cette fois aux commandes d’un Caudron C-684 Rafale, en 1 h
52, soit une moyenne de 366 km/h.
Alors que Maryse Hilsz détient le record du monde féminin d’altitude sur
avion à hélice, à l’air libre, son record est battu en 1935 par l’Italienne Carina
Negrone : ce record, elle y tient et elle ne le laissera pas lui échapper.
Elle est persuadée que le seul appareil capable de lui permettre
de retrouver sa couronne est le Potez 506, conçu initialement
pour l’Armée de l’air. Or, le constructeur n’a pas encore obtenu
l’autorisation d’engager cet avion, avec son pilote d’essai, pour
battre le record : le dossier dort depuis plus d’un an. Maryse
Hilsz obtient le consentement d’Henri Potez de lui prêter
l’appareil si elle obtient des pouvoirs publics cette autorisation.
Elle rencontre alors le ministre de l’Air, le général Victor
Denain, et obtient immédiatement son agrément. Grâce à
une préparation longue et particulièrement éprouvante, elle
bat le record féminin d’altitude le 23 juin 1936 en atteignant les
14 310 mètres, par une température de - 51 degrés, performance qui reste à ce
jour inégalée. Au-delà de l’exploit aéronautique et sportif, Maryse Hilsz aura
montré à cette occasion une volonté et une ténacité sans faille.
Quelques mois plus tard, le 19 décembre, alors qu’elle tente de battre le record
féminin de vitesse dans le sud de la France, les fortes turbulences générées par un
puissant mistral rendent son avion incontrôlable et elle est éjectée de l’appareil :
évanouie, elle est miraculeusement sauvée par son parachute à moitié ouvert
qui a amorti la chute et l’a maintenue à la surface de l’eau d’un étang où des
pêcheurs la secourent. Elle s’en sort avec plusieurs vertèbres fêlées, des côtes
fracturées et une épaule démise qui la cloueront au sol plusieurs mois.
Le 23 décembre 1937, Maryse Hilsz relie de nouveau Paris à Saïgon et bat le
record international de vitesse (pour un pilote seul à bord) en reliant ces deux
villes en moins de quatre jours. Au retour, une panne la contraint à se poser entre
Karachi et Bagdad, dans le désert où elle parvient à se maintenir en vie jusqu’à
l’arrivée des secours.
En cette fin des années 1930, Maryse Hilsz souhaite attirer l’attention du
public sur le déclin des ailes françaises qui, selon elle, ne cessent de prendre du
retard par rapport aux autres grands pays. Aussi, en 1939, en croisant Maryse
Bastié à Dakar, elle lui propose, pour redonner leur fierté aux Français, de créer
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une croisière impériale commandée par elle-même avec Bastié en second :
elle souhaite aligner trois avions pilotés par six femmes. Le gouvernement est
enthousiasmé par le projet, le devis est accepté mais, au moment-même où
elles s’apprêtent à partir pour un raid de vingt mille kilomètres, la guerre éclate
mettant un terme définitif à toute tentative de nouveau record.
Maryse Hilsz se porte volontaire avec son escadrille pour toutes les missions
qu’on voudra lui confier : les six femmes sont prêtes à se battre. Cependant,
contrairement à d’autres pays, la France n’admet pas encore les femmes dans
l’Armée de l’air. La jeune femme n’accepte pas cette situation : elle harcèle
les parlementaires et l’état-major. Une loi de 1938 sur le pays en temps de
guerre prévoit cependant l’engagement volontaire voire le recrutement des
femmes dans les forces armées. Finalement, Maryse Hilsz doit se contenter
de convoyer les avions Amiot sortis d’usine vers les différentes escadrilles
de l’Armée de l’air. Le texte autorisant les femmes à s’engager en tant
que pilote dans l’Armée de l’air n’aboutira à la signature du ministre que
quelques jours avant l’armistice du 22 juin 1940. Maryse Hilsz, accablée,
ouvre avec sa sœur une boutique de modistes
à Aix-en-Provence. C’est une manière de se
faire oublier.
En 1941, elle entre dans la Résistance.
Elle fait partie du réseau « Buckmaster »,
réseau qui prépare à cette époque un
plan de harcèlement d’occupation devant
être efficace surtout pendant et après le
débarquement allié. Maryse Hilsz fournit
dans la clandestinité des renseignements
très précis au Special Operations Executive.
En récompense de son efficacité, l’étatmajor des Forces françaises de l’intérieur lui
attribue le grade de capitaine FFI.
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Traditions
Les accords passés entre le général de Gaulle et les responsables
britanniques empêchent l’affectation du personnel féminin à titre navigant.
Cependant, en septembre 1944, Charles Tillon, ministre de l’Air, propose au
chef du Gouvernement provisoire d’ouvrir une école de pilotage destinée aux
femmes. à terme, celle-ci doit compter deux cents élèves. Le général de Gaulle,
défenseur de la promotion de la femme, accepte d’emblée et ne manque pas
d’ajouter : « C’est une très bonne idée, j’espère que vous n’oublierez pas Maryse
Hilsz et Maryse Bastié. »
Ainsi, en octobre et novembre 1944, Maryse Hilsz, Maryse Bastié mais aussi
Elisabeth Boselli font partie des treize femmes qui s’engagent en tant que
pilote au sein de l’Armée de l’air. Toutes titulaires dans l’entre-deux guerres
d’un brevet civil, ces aviatrices de grand renom sont vite surnommées les
« 13 Amazones de l’air » ou encore les « 13 Grâces ».
Lors de ce premier stage qui a lieu entre fin 1944 et début 1945, les pilotes
s’entraînent sur Tiger Moth, A 24 et Mauboussin à Châteauroux. Certaines
d’entre-elles suivent ensuite le cycle complet des élèves moniteurs à Tours.
Compte tenu de leur passé aéronautique, Maryse Bastié et Maryse Hilz sont
dispensées du stage de Tours.
Maryse Hilsz, nommée sous-lieutenant, est alors affectée au Groupe
de liaisons aériennes ministérielles (GLAM) à Villacoublay. Elle vole
essentiellement sur Nord 1000, Caudron Goëland et Siebel 204. Son travail
consiste à transporter des officiers à travers la France et l’Europe.
Le 30 janvier 1946, portant les galons de lieutenant, alors qu’elle effectue
une liaison entre Villacoublay et Marseille-Marignane, la très mauvaise météo
va transformer ce simple vol de routine en drame et avoir raison de son habileté
aux commandes d’un avion. Face aux éléments, son bimoteur Siebel 204 se
brise en vol, avant de s’écraser dans la région de Bourg-en-Bresse : sous l’effet
du givrage, les commandes se sont bloquées et la queue de l’avion a éclaté.
Maryse Hilsz périt dans l’accident. Grande figure de l’aviation, sa tombe porte
l’épitaphe émouvante « les ailes brisées ».
LIEUX
- « Stade Maryse Hilsz », dans le XXe arrondissement de Paris ;
- « École élémentaire Maryse Hilsz » dans le XXe arrondissement de Paris ;
- « Rue Maryse Hilsz » à Blois, Le Grand-Quevilly, Le Plessis-Pâté, LevalloisPerret, Paray-Vieille-Poste, Paris, Rosny-sous-Bois, Saint-Médard-en-Jalles,
Soissy-sous-Montmorency, Tarbes, Toulouse, Vélizy-Villacoublay.
SCULPTURE
- Sculpture à Levallois-Perret dans le parc de La Planchette représentant une
aile d’oiseau pointée vers le ciel, avec l’inscription rappelant que Maryse Hilsz
était une « Messagère, dans le monde de la gloire, des ailes françaises ».
DÉCORATIONS FRANçAISES
- Officier de la Légion d’honneur ;
- Médaille de l’Aéronautique à titre posthume ;
- Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports en 1936.
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Calendrier
Calendrier
PRIX DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE AIR ET ESPACE
C
’est à l’occasion du Salon du Bourget que, le 22 juin dernier, monsieur Claude Lelaie, Président de la commission technologique
de l’Aéro-club de France, a remis au capitaine Daniel Gigan, thésard au Centre de recherche de l’Armée de l’air (CREA), le Prix de
l’innovation technologique Air et Espace.
Revenons quelques deux mois en arrière quand le capitaine a eu vent de la possibilité de concourir dans un domaine aéronautique et
spatial qui lui tient à cœur. Il a alors, à titre individuel de novateur français, déposé un dossier conséquent agrémenté de moult vidéos qui
s’est ajouté à la vingtaine d’autres sur le bureau du jury, lequel était composé d’experts
dans les domaines aéronautiques, essentiellement industriels, et dont le président
n’était autre que le chef des vols Airbus A380.
Après une première étude, il ne restait plus que 4 dossiers en lice. C’est alors que le
capitaine Gigan a été convié au Salon du Bourget afin de participer au classement des
lauréats. Et c’est la plus haute marche du podium qui l’attendait…
Qu’a-t-il remporté ? Tout d’abord un honorifique diplôme décerné conjointement
par l’Aéro-club de France et la société IBM, un chèque dont le montant lui permettra
certainement de rembourser les frais déjà engagés pour le dépôt de ses brevets et, enfin
et surtout, un accès privilégié dans les domaines industriels intéressés par son invention.
Mais au fait, quelle est-elle ?
Il s’agit du « système TESC » trajectoire d’évitement sans collision), plus
communément appelé « Voir et éviter » qui consiste à installer sur les aéronefs et
les drones un matériel de détection d’obstacles et de conduite à tenir afin d’éviter la
collision avec ces derniers.
Le capitaine Daniel Gigan est très fier de voir ainsi reconnue la pertinence de son
système par le milieu industriel et technique. C’est encourageant pour son avenir de
chercheur et il en retire une grande satisfaction.
Et le 5 juillet, devant un jury composé entre autres de généraux et de professeurs
d’université internationalement reconnus, le capitaine Daniel Gigan a brillamment
reçu son diplôme de docteur en sciences cognitives.
Le capitaine Gigan présen
tant son projet aux Écoles
d’officiers de l’Armée de
novembre 2012
l’air
9, 16 et 23 juillet
Flâneries salonaises - Visites organisées sur la
Base aérienne 701
15 juillet
Représentation de la pièce « D’un retournement
l’autre » par la troupe « Côté Salon », à l’auditorium
de l’Espace Charles Trénet de Salon-de-Provence,
à 20h45
3 septembre
Prise de commandement de la Base aérienne 701
et des Écoles d’officiers de l’Armée de l’air
15 septembre
Journée européenne du patrimoine, thème :
« 1913-2013 : cent ans de protection »
25 septembre
Journée des nouveaux affectés sur la BA 701
8 octobre
Journée sport armées jeunesse
Dans @ir_Salon n° 45
Dossier
Les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air, les
Universités et les Grandes écoles.
Félicitations !
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