chictype blog 2008

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lundi, 05 janvier 2009
Pourquoi je ne suis pas punk.
Hier une fille m'a sorti le topo « untel est un punk », évoquant un
gars au look BCBG mais au fond plein de fantaisie et de culot. Un
type qu'à l'air sage mais qui ne l'est pas. Peut être quelqu'un de
plus subversif que la moyenne.
Prestige du punk. L'autre fois quelqu'un m'a reproché de ne pas
être punk, rapport à une provocation à laquelle je refusais de me
prêter, par timidité en partie, et parce que l'action en question me
paraissait étrangère. J'ai répondu au tac au tac « Je n'ai jamais été
punk, j'ai toujours préféré la New-Wave. »
La première fois que l'idée « punk » entre dans mon esprit, je crois
que c'est en 1983, j'ai treize ans. Un gars de mon collège est
l'égérie d'une bande de créteux plus âgés et il aime bien incruster
sur les tables le signe de l'anarchie ou le slogan « punk is not
dead ». J'y comprend rien et je crois que lui non plus. Les punks
sont des crasseux, et même si à cette époque je commence à
fumer, à me cuiter un peu et à sniffer des trucs (colle à rustine et
white spirit ), je reste étranger leur pensée et de leur sens
esthétique, moins à leur comportement. J'étais qu'un sale gosse.
Quand je me mis à m'intéresser à la musique, je passais à côté de
la vague punk et néo-punk. Le frère d'un ami, plus âgé que nous,
un ado à problème, prenait son plaisir avec les Beruriers Noirs. Je
me souviens que ça ne m'évoquait rien. Aujourd'hui je sais que
c'était de la musique de crétin, à l'époque je savais qu'un jour je
comprendrai.
A quinze ans j'avais reçu mon lot de claque musicale. Mes parents
m'avaient transmis Pink Floyd et Simon and Granfunkel, le HitParade de RTL passait du OMD, Soft-Cell et Kim Wilde. Le son
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électronique activait des ondes cérébrales jusqu'alors inconnues.
Ces sensations nouvelles s'emplifières avec les Hits « Whot! » de
Captain Sensible, Le Grand Master Flash, la musique de Midnight
Express, le hit de Chagrin d'Amour, Depeche Mode, les
Stranglers, etc. J'assistais, en première ligne, à la naissance de
nouvelles musiques populaires qui n'était ni de la variété, ni du
folklore, ni du jazz-blues-rock. C'était totalement nouveau et pas
du tout underground. Ça annonçait le hip-hop et l'electro-techno.
La seconde partie des années 80 est marquée par une dégradation
de ce qui nourrissait mes espoirs. La new-wave se ridiculise
(l'apothéose fût certainement la chanson « Partenaire
Particulier »), une des branches electro emprunte la voie d'une
disco mercantile (la « Dance italienne »), le hip-hop sombre aussi
avec Sydney et Benny-B. Le son techno de Detroit, de Londre, de
Berlin et de Bruxelles est trop loin. C'est à posteriori, vers 90, que
je découvre ce son que j'aurais pu aimer, mais qui était trop
underground pour en avoir accès.
Dans cette seconde partie des années 80, je ne trouvais plus rien
de bon dans la musique populaire. Je n'aimais ni le ska, ni le punkrock, ni les « musiques du monde », ni ce qui passait au Top-50, ni
le rockabilly, ni le rock-FM américain, ni le funk à la Mickael
Jackson. En fouillant dans mon esprit pour trouver le son des
années 85-90 que je pouvais écouter avec excitation, il y avait
Ginsbourg dans sa période « Love on the beat », le « No
Comprendo » Rita Mitsouko, les deux premiers Gun'nRoses, « I
want your sex » de Georges Mickael, quelques morceaux de
Francky Goes to Hollywood, Purple Rain de Prince. C'était
insuffisant. Je retournais à mes classique, et sans doute influencé
par les gens que je pouvais alors fréquenter, j'entrais dans une
période revival, qui, avec le recul, était un peu une pose esthétique
de jeunesse. Se farcir les Doors, Hendrix, Janis Joplin, ou pire,
retourner aux origines avec BB King et Sonny Rollins. Ecouter
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même du Stevy Ray Vaughan, du Eric Clapton et du Johnny
Winter, sous prétexte qu'ils avaient une réputation de guitare
héros. Et un peu de Hard. Revival qui durera jusqu'à mes
premières raves.
Et pendant ce temps là, l'école Punk continuait son petit
bonhomme de chemin sans moi. Les negresses verte, la mano
negra, metal urbain, etc. C'était pour moi du rock bas de gamme.
Une musique d'excités incultes et antipathiques. Un
encouragement aux bas sentiments et à l'auto-destruction. Un
message politique facile, moralisateur et hors contexte. Un univers
esthétique pauvre, qui au delà du son, se vérifiait dans le look,
dans le parler, jusque sur les Flyers punks. Indigne d'intérêt.
C'est l'année du bac que j'ai fait l'effort de réfléchir sur les deux
groupes classiques du punk, les Clash et les Sex Pistol. Un ami
avait leurs albums phares (London Calling et Never mind the
bollocks) alors je les ai passé et je les ai écouté attentivement.
C'était à mon sens du rock basic, moins élaboré que le hard, moins
vif que le rockabilly, plus antipathique que le son des années 70
habituel, moins dansant, moins pro, avec un humour mauvais et
pas sexy du tout. En gros, c'était du petit rock, je restais sur cette
idée là. J'ai encore du mal à comprendre comment ces petits
disques peuvent placé en tête de la hiérarchie des albums de « la
discothèques idéales », au côté des albums-concept des Beatle, les
Beach Boys ou des Pink-Floyds.
Quand je me suis intéressée au marketing, c'est là où m'est venu
l'idée suivante : Le punk, c'est une opération visant à faire du neuf
avec du vieux. Mettre une nouvelle étiquette sur le produit, vendre
du rock de base en disant que c'est nouveau. Des millions de
blaireaux se sont fait avoir.
La pensée punk apparaît comme pauvre. Le nihilisme adolescent
pour une part, le gauchisme adolescent de l'autre, le tout lié par
une sorte de haine de l'occident tout aussi puérile. A la même
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époque, le mouvement new-wave s'intéressait au Bahaus, à
K.Dick, à Orwell, au technologies de l'information, aux fractals,
au réseau neuronaux, au romantisme, au dandysme, etc. Les
premiers rapeurs se référaient aux droits civiques, aux systèmes
tribaux, au mélange rock/world, aux origines du blues, aux
émeutes ethniques, etc. Les punks en étaient alors rendu à une
lutte de retard (la lutte anti-fasciste), à la glorification d'une
certaine jeunesse dépressive, à l'anti-Tatchere, à la lutte des
classes. Un mouvement qui a oublié de penser aux thèmes d'avant
garde de l'époque que pouvaient être la conception d'une Europe
politique, l'effondrement du monde communiste, la mondialisation
telle qu'on la connaît aujourd'hui, les technologies de
l'information, les modifications de style de vie liées à tout ça. Les
grandes aventures de cette génération pourtant.
Peut être que l' impression de mesquinerie que j'ai souvent ressenti
dans « le milieu plus ou moins punk » vient de là. Irrespectueux
avec leurs ainés et les « système établi », le punk n'a pas non plus
su proposer un avenir. Le mouvement punk n'a pas été le
« passeur » qui transmet certains élément du passé, ni celui qui
indique une voie pour le future. Ils n'ont fait que se lamenter du
moment présent.
L' héritage punk se vérifie par son « bilan », qui constitue un
ensemble d' indices de mon point de vu accablants.
Niveau idées politique, tout ce qui reste aujourd'hui du punk est la
fameuse « lutte antifasciste » qui a débouché sur l'
altermondialisme. Un néo-gauchisme plus concerné par la
question sexuelle, le métissage, le pacifisme et le droit des jeunes,
que par la condition ouvrière. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Du point de vu esthétique, la mouvance punk peut s'inscrire dans
la world musique. On se souvient en particulier des reprises
reggae par ces groupes blancs. S'il existe aujourd'hui des Manu
Chao et si on a eu à se farcir du Negresse Verte et du Mano Negra,
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c'est grâce à l'école Punk. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Du point de vu des comportement, la mouvance punk a
accompagné la dégradation des styles de vie caractérisé par
l'absence de courtoisie, de respect pour les ainé, les « incivilité »,
les dégradations urbaines, l'arrogance, le cynisme, la vulgarité,
toutes ces choses qu'on peut symboliser par un doigt majeur dressé
en fuck-you. On aime ou on aime pas. J'aime pas.
Ce fuck-you qui, dépassant le stade urbain et celui de la jeunesse,
a contaminé d'autres compartiments de la société, comme celui de
l'entreprise. L'influence punk se ressent chez le trader fou, chez le
DRH qui dégraisse, chez le commercial agressif, chez le harceleur
moral, dans les campagnes de publicité les plus provocantes. Voilà
qui est punk.
Il y quelque chose de punk dans le monde d'aujourd'hui et le punk
n'a pas été une mise en garde, mais au contraire, ça a été une école
préparatoire. Le punk a donné une légitimité à la violence sociale.
Ca pouvait alors être cool d'être d'un cynisme absolu. Faire « un
coup de pute » pouvait être valorisant. « Faire chier son monde »
était une marque de personnalité. Détériorer pouvait être une
démarche créative. « Tout les moyens sont bons » une marque de
liberté.
Ce sont ces éléments de pensées qui ont été la véritable innovation
du punk.
Cet apport du punk qui s'est propagé aux autres mouvements
culturel, contaminant certaines branches du hip-hop ou de la
techno en particulier via la tendance hard-core, et diffusant cet
espèce de cynisme dans le milieu hype (style : « je sniff de la
coke, je bois du champagne, je crache sur la société et je suis
blindé de thune »).
Au final, le punk ne libère pas mais soumet. Si le système est
devenu punk, par contre, l'individu, sauf exception, subit. A qui
profite la punk attitude ? Qui jouit de la légitimité du fuck-you ?
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N'est il pas agréable d'être aristocrate et punk ? N'est il pas utile
d'être chef d'entreprise et punk ? Et financier-punk ? Et chef d'étatpunk ? Je vous fait un dessin ? Allons...
Tentez seulement de visualiser ce qu'est un pauvre-punk ou même
un homme de la classe moyenne punk. Un Fake ? Un taulard ? Un
exclus ? Un persécuté par le fisc ? Un camé ? Un délinquant ? Un
clandestin ? What else ? Nécessairement un type malheureux.
Voilà pourquoi je ne suis pas punk.
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mardi, 25 novembre 2008
creads.org est il un site d'arnaque ?
Je suis tombé sur un site assez incroyable dont le concept est le
suivant : Des entreprises qui ont besoin de faire leur site web, de
trouver un nouveau nom ou refaire leur logo passent une offre.
Genre "trouvez moi un nom pour mon nouveau modèle de tirebouchon". L'entreprise propose un budget minable, genre 1000
euros pour refaire une chartre graphique ou 200 euros pour
inventer un nom. Des dizaines et des dizaines de personnes
bossent sur le projet. Après avoir utilisé des centaines d'heures de
travail de dizaines de personne, l'entreprise élit un gagnant qui
aura l'insigne honneur d'être petitement payé par son
commanditaire. Cette société de publicité responsable de cette
arnaque, creads.org, n'est semble t'il pas accusé d'escroquerie, et je
trouve ça assez étrange. Personne non plus n'a semble t'il trainé
creads.org devant les tribunaux pour "concurrence déloyale".
D'ailleurs, si ça interresse, cette creads.org embauche de la main
d'oeuvre gratuite.
J'ai découvert creads.org tout à fait par hasard, en m'intéressant à
l'inénarrable Championnat de course en escarpin de sarenza.com,
évènement pitoyable lancé par je ne sais quelle agence de buzz à
la noix, visant à encourager des blogueuses à causer de la marque
sarenza.com. C'est comme ça que j'ai découvert la corruption
généralisée qu'il existait dans l'univers des "blogueuses", qui
passent leur temps à faire de la lèche à toutes sortes de marques
pour recevoir des petits cadeaux, qu'elles revendent en général sur
ebay. Mais merde les filles, quand est-ce que vous vous mettrez à
faire de bons blogs ? Ces petites dindes se laissent bien entendu
embrigader dans l'opération sarenza.com et se retrouvent par
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dizaine à bosser pour cette marque gratuitement pour monter un
évènement "festif" où elles doivent rameuter leurs copines, se
fabriquer une tenue spéciale et aller faire les guignols à la soirée
corporate de sarenza.com. Un résumé de l'évènement peut être lu
ici.
Il fût un temps où les entreprises fournissaient des emplois, où les
bourgeois estimaient qu'ils avaient un devoir vis à vis des nonbourgeois, où "faire quelque chose" pour ceux possédant l'outil de
production impliquait en retour des avantages, etc. Il semble que
cette époque est bien révolue et l'avènement du phénomène
« buzz marketing» et du « réseau social » est avant tout destiné à
utiliser l'énergie des autres pour pas chère ou pour rien.
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lundi, 06 octobre 2008
Vu sur le web
Je commence cette nouvelle rubrique de "links", histoire de garder
des traces de mes vagabondages, les fonctions "bookmark" des
navigateurs ne me satisfaisant pas.
http://moteng.com/Products/Section.asp : C'est un site de vente de
produits "outdoor" américain. Matériel de camping, rando, trucs
qu'on trouve en armurerie, etc.
http://sensualite.over-blog.com/ : C'est un blog d'un couple
libertin. C'est très curieux.
http://www.imdb.com/name/nm0000183/ : La filmo' de Traci
Lords.
http://www.activeresistance.co.uk/ : Le manifeste de Vivienne
Westwood pour un monde meilleur. Pas tout lu mais j'adhère je
crois.
http://morallydiminished.blogspot.com/ : Un blog de sexe que j'ai
retrouvé dans mes vieux bookmark, il n'est plus mis à jour. C'est
très curieux.
http://www.allinbox.com/Salamander/Salamander.htm : Un
videoprojecteur en DIY qui fonctionne avec des diodes.Faible
dépense énergétique et absence de ventilateur.
http://www.liste-annuaires.com/liste-annuaires.php : Une liste
d'annuaires web, avec leur pagerank, pour référencer ses sites.
http://www.flickr.com/photos/loic_hay/139185436 : Des outils rss
utils.
http://www.youppie.net/forum/index.php : Un forum de mecs qui
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vont aux putes.
http://www.geocities.com/SunsetStrip/Pit/1208/ : Le Korg MS-10,
le synthé qui a inventé le son années 80.
http://www.anfr.fr/pages/tnrbf/tableau_derive_150105.html :
Tableau des bandes d'onde.
http://hifigoteborg.se/store/description.php?id=662 : Le lecteur
CD vintage Philips CD-960. On en trouve encore à prix cassé dans
le brocantes et les cash-converter. Son DAC TDA 1541 n'est plus
fabriqué depuis longtemps, c'est un convertisseur qui offre un son
chaud style vinyle. Certains Marantz du début 90 en sont aussi
équipé.
http://www.dcaudio.kgb.pl/dac.htm : Tableau des DAC
(Convertisseur digital vers analogique) de différents modèles de
lecteurs CD ancien. Le type du DAC détrermine le style de son du
lecteur CD.
http://pocketcalculatorshow.com/boombox/golden2.html : Une
galerie de boombox. Je vend père et mère pour avoir le
Panasonic's RX-7700 ou un modèle Marantz.
http://vide-greniers.org/agendaRegion.php?region=22 : Date des
vides greniers en Île de France.
http://lgenevet.club.fr/boold/bopetitesannonces_v.htm : Matériel
Bang et Olufsen d'occasion (petites annonces).
http://www.douane.gouv.fr/ : Le site des douanes. J'y vais pour le
résultat du commerce exterieur et ventes des douanes.
http://www.eurelien.fr/cyberemploi/pag_inf.htm : Liste de sites
d'emploi informatique/communication.
http://drupal.org/ : Un outil de CMS (Content Managment System)
qui monte.
http://www.householdhacker.com : Un site de DIY et de système
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D.
http://www.procon.org/ : Un site où les arguments "pour" et
"contre" sont exposés sur toutes sortes de sujets.
http://coulmont.com/index.php : Site d'un sociologue : Baptiste
Coulmont.
http://bpcv.club.fr/index.html : Une entreprise qui réalise des
installations videos sur mesure.
http://www.tarifmedia.com/ : Un site sur l'actu des médias.
http://www.escortfr.net/1681622/viewtopic.php?t=1247&... : fil de
discussion sur la célèbre Monique 75.
http://tav.trad.org/index.html : Site d'une association du lobby
Breton à Paris.
http://www.thaitradefair.com/index.asp : Les salons internationaux
à Bangkok.
http://www.dayaequip.com : Usine de distilation chinoise clé en
main.
http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei : Un
site sur les études Indo-Européenne.
http://www.bokassa.info/ : Le blog de Jean-Barthélémy Bokassa,
petit fils de l'empereur de la Centrafrique.
http://www.ilv-edition.com/ : Un service de print On Demand
Français (comme lulu.com)
http://video.google.com/videoplay?docid=7773634719578303561
: Un reportage sur les filles de bar thaï et leur mec farang.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Manipulation_mentale : Wiki sur la
manipulation mentale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Dum%C3%A9zil : wiki sur
Georges Daumézil.
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lundi, 22 septembre 2008
Michel Houellebecq fait des bêtises
J'ai parfois tendance à démarrer un peu vite mes attirances et mes
rejets c'est vrai, la première fois que j'ai lu Houellebecq j'étais
emballé parce qu'un type qui apprécie la prostitution thaï est
nécessairement un homme bien (sauf quand il pourrit dans la
prison de Bangkok pour avoir jouit de sa liberté un peu trop
intensément, perdant tout liberté il échappe à mon appréciation du
« bien », passons), un type qui de surcroît fait l'éloge de Raël (un
de ces rares personnages d'envergure international qui me fait
encore sentir fier d'être Français) acquière d'office mon respect
éternel. Mais...
Là j'ai des doutes. Non pas qu'il ai tourné un navet que je n'irai pas
voir (Quand Mad Movie et les Cahiers du Cinéma sont d'accord
sur ce point j'esquive les yeux fermés), après tout, les auteurs de
navets sont cool. Mais ça a commencé avec l'interview par
Beigbeder, où j'avais quand même la désagréable impression de
m'être entiché d'un gros con. En même temps je me disais « bon,
Beigbeder pourrit tout ce qu'il touche, etc. », j'imaginais que
Houellecq était un peu rentré dans l'univers vulgaire de Beigbeder
pour mener à bien l'interview, mais quand même, je trouvais que
Houellebecq déconnait à un niveau stratosphérique et qu'il était
fort possible que le succès l'ai transformé en « sale type ».
Puis là j'apprends que Houellebecq va sortir un livre écrit en
binôme avec ... glurps...BHL.
Inutile de préciser que le choc fût rude, les risques de
contamination sont fort élevés et je crains que notre brave Michel
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ne soit perdu à jamais. Bourdieu avait la dignité de refuser le
débat, même en porte à faux, avec BHL, rien que pour biaiser la
vanité de « l'intellectuel français », qui aurait été capable de se
vanter de s'être fait engueuler par « le sociologue français ». Quant
au dernier livre de BHL que j'ai lu (payé quand même 0.50 euros
chez Boulinier dans une période hard-core de ma vie ), c'était
aussi un livre à quatre mains avec...glurps... Françoise Giroud, et
c'était le truc le plus révoltant de suffisance que j'ai jamais lu de
ma vie, vraiment, cette lecture date de dix ans et en parler me
hérisse le poil comme à l'époque.
Michel, revient !
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vendredi, 19 septembre 2008
Norman Whitfield
Laurent Belkacem m'informe que Norman Whitfield est mort
aussi. Norman quoi ? Un petit tour sur Wiki. C'est un auteurproducteur de la Motown. La Motown, de vous à moi, rien à
foutre. A part Diana Ross et Jackson five. Bon, voyons voir.
...
Ha ouais..., c'est lui qu'a écrit et produit ça ?!...
...
Ben putain de bordel de merde, et c'était même pas en une de
Google Actualité ?!
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mercredi, 17 septembre 2008
Rick Wright
Si mes parents avaient écouté en boucle Pet Sound des Beach
Boys ou Sergent Pepper des Beatles, ma vie aurait été très
certainement différente. Je ne sais pas si c'est un malheur ou un
bonheur ; ils écoutaient Dark Side Of The Moon des Pink Floyd,
tout le temps, partout, souvent sur un ampli à lampe français relié
à des enceintes anglaise. Je vous laisse imaginer. Depuis, il ne se
passe pas une semaine sans que je le passe, et quand je le passe,
j'éprouve toujours un truc que seul cet album est en mesure de
m'offrir. Bref, je suis véritablement drogué et accro en phase
terminal à Dark Side Of The Moon, et je sais que c'est purement
Pavlovien, et quand j'apprends hier que Rick Wright, le clavier du
groupe y est passé, bha ça me fait quelque chose de comparable à
ce qu'ont pu éprouver des millions de gens quand Staline est mort
dans son lit.
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mardi, 12 août 2008
Les années Jérôme Datin
http://le-gluon.blogspot.com/
http://1001incrustes.blogspot.com/
http://parcourslanuit.blogspot.com
http://oldirtybastardisaclassicrockstar.blogspot.com/
http://stop-talking.blogspot.com/
http://www.myspace.com/perspectiveinflight
http://listoplay.blogspot.com/
http://kryptoz.blogspot.com/
http://rolltheworld.blogspot.com/
http://www.facebook.com/group.php?gid=29599047541
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mardi, 26 août 2008
Vous êtes sur la liste ?
Texte un peu long pour un blog, je voulais parler d'un livre et je
me suis mis à partir dans tous les sens. Il sera question des
branchés, de la hype, de Beigbédé, de la culture de gauche et de
droite, de la ringardise, etc.
Lu le livre d' Arnaud Sagnard « Vous êtes sur la liste ? -Enquête
sur la tyrannie des branchés. ». Essai de sociologie amusante sur
les branchés parisiens et plus particulièrement « la hype ».
L' auteur démontre que ce milieu s'est éloigné de sa fonction
d'origine qui était l'ouverture d'esprit, le mélange social et culturel,
l'esprit critique, etc. Le monde des branchés devenant aujourd'hui
un monde tout pourri peuplé de types conformistes, cyniques,
consuméristes et fermés. Sagnard tire sur tout ce qui bouge (une
ambulance ?) et il a bien raison. Dans la veine gonzo on le voit
débarquer dans les soirées à la con du Baron et du Paris-Paris pour
y décrire la médiocrité ambiante. Le sujet n'est pas anodin. Ce
milieu branché est en grande parti responsable de la médiocrité de
la création française actuelle.
Les branchés ont une fonction importante : diffuser dans le reste
de la société un certain nombre de valeurs qui à l'origine sont
underground, via la création. On ne peut que constater, au vu du
résultat actuel, que les branchés ne font plus leur boulot, et c'est
pas d'hier. D'où la daube qui passe sur les radios grand public, à la
télé ou en librairie et la merde qu'ils foutent dans le crâne des
gens. On peut faire du « name dropping » : en gros, les branchés
ont cautionné Beigbedé, Justice, la télé-réalité, Lolita Pill, Ariel
Wizman, l'attitude hard-to-get des nanas, l'attitude bobo, etc. Ça
mérite bien le châtiment du lance-flamme, nan ?
Bon, j'ai pas envie de jouer au critique littéraire mais juste
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rebondir sur ce que dit ce bouquin, apporter quelques précisions et
digresser allègrement. Donc c'est bien écrit, ça se lit vite, c'est
drôle et triste en même temps, et Sagnard ose souhaiter la mort
physique de quelques personnalités détestables, c'est quand même
bien cool.
Beigbeder
Parfois il n'est pas assez méchant à mon goût. Avec Beigbeder il
n'est pas si taquin. Il oublie que la trajectoire de personnage n'a
pas commencé avec le Caca's club (la machine à faire du
relationnel de ses débuts) mais avec les rallyes, interdits aux nonbourgeois. Quand Beigbeder explique à Sagnard qu'il ne faut pas
le confondre avec son personnage de 99F, il se fout de sa gueule.
Il y a dans 99F des moment où Beigbeder révèle ce qu'il est ou ce
qu'il veut être, et dans le film (vous pensez bien que j'ai pas lu ça,
ses « nouvelles sous extasy » m'avaient vacciné), le moments de
sincérité sont les plus à vomir. Par exemple, quand le héros essaie
de vendre une campagne de pub originale, et face au refus de son
client, fait une déprime de gosse de riche. Extraits :
http://fr.youtube.com/watch?v=N7NglWIwtdg&feature=rel... .
Après ça, le héros décide de saboter la campagne de pub (
http://fr.youtube.com/watch?v=aAWqRVug3Pk) C'est la scène où
le héros décide de « devenir lui même », c'est à dire Beigbédé, ou
ce qu'il voudrait être. Et là, on découvre un type qui prend son
métier de publicitaire vraiment à coeur, il y croit tant à la publicité
que le refus de son idée créative le rend malade. Il ne critique pas
la pub, il critique l'industrie (c'est à dire le monde réellement
productif). Dans son système de valeur, le publicitaire devrait
dicter sa conduite au monde productif. Pour lui, un type qui
s'occupe d'usines de production alimentaire a moins de légitimité
qu'un publicitaire. Il met en place une confrontation entre un type
(le méchant du film) qui crée des emplois, qui fabrique de la
nourriture, qui transforme une matière première, qu'est forcément
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un peu beauf, avec un autre type (le sympathique du film) qui sait
rien foutre de ses dix doigts, surpayé, véritable parasite des
économies modernes et assez dégueulasse pour trahir son
poartenaire pour des raisons purement égocentrique (auxquelles il
donne un alibi politique puéril). Bref, j'avais prévenu, j'allais faire
de la digression...
Wizman
Trop gentil aussi avec Wizman. Je ne connais de ce garçon là que
ses mixs (je n'ai pas la télé). A chaque fois, j'ai trouvé ça naze et
prétentieux. C'est le DJ qui passe des disques world qu'il a été
chercher à Rio ou Moscou et on sent le mec qui veut étaler sa
science. Le truc, c'est qu'il ne sait pas faire bouger une salle ni lui
donner une bonne ambiance, ses enchaînements sont bâclés, et ses
choix « sono-mondial » à la masse. Le problème du « son-nova »
des années 90, c'est que tout le monde s'en bat les couilles
aujourd'hui. Un jour je lisais un article sur ce sympathique Ariel
où il posait dans une pièce où il entrepose ses disques.
Impressionnant le nombre. Je suppose que le mec est plus
préoccupé par la quantité que par la qualité. J'ai rigolé quand dans
un Techknikart le journaleux parlait de « la sortie du prochain
disque de Wizman ». Une doule page je crois. Wizman commet
des morceaux electro sous le nom de « grand popo football club »
et j'invite tout le monde à aller chopper les mp3 pour se rendre
compte à tel point les mots me manque pour évoquer l'absolue
médiocrité de cette production. Bref, Wizman aime sûrement la
musique mais la musique ne l'aime pas. Merde, faut bien qu'il y en
ai un qui le dise, vous avez peur de quoi les mecs ?
Franck Chevalier
J'aurais pas non plus parlé comme Sagnard de Franck Chevalier
(dit Franck Knight). Ce garçon fait des photos de soirées en page
finale de Technikart. Sagnard en parle comme d'un type « pure »
en dérive, une sorte de « personnage authentique », un branché à
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CHICTYPE : Blog 2008
l'ancienne quoi, qui serait encore ouvert, avant-gardiste, etc. Bon,
ben j'invite Sagnard à consulter la pathétique page finale de
Tecknikart où son homme officie, et observer à quel point le
travail de Franck Chevallier consiste à promouvoir
systématiquement les soirées corporate/hype du Baron ou du
Showcase, sans aucun esprit critique, en plombant ses textes de
citations de marques, et passant complètement sous silence les
autres aspects de la nuit parisienne, les autres réseaux, les autres
mouvements. Je parlerais à propos de Franck Chevalier d'un
affligeant manque d'intégrité professionnel.
Technikart
Mais peut être est-ce la marque de fabrique de Technikart, avec
qui Sagnard est vraiment trop tolérant. J'ai une copine qui a la
collection depuis déut 2007, ça a été notre cause de rupture.
Avant, je ne connaissais pas. En lisant comment c'était fait, j'ai
tout de suite pensé à FHM ou un truc du genre. Un truc pas
sérieux, quoi, où on essaie de faire de l'humour, et où on parle des
gens dont tout le monde parle et avec plein de sous-entendu sexe.
En lisant plus en profondeur un des numéro, j'ai vu que ça
empestait le mépris et le snobisme. A noter que j'ai rien contre,
mais voilà, faut pouvoir se le permettre. On peut pas se la jouer
« défricheur », « mec select' », « critique pointu » quand on ose
faire sa couv', dans le même semestre, à Justice, à Benjamain
Biolet, à Beigbédé et à Julien Doré. C'est pas possible. Et quand
dans le même numéro on fait successivement un dossier sur Lolita
Pill et un autre sur Wizman, ça relève du foutage de gueule ou de
l'absolue beaufitude, au choix, j'en vois pas d'autres.
Généalogie de la branchitude
Bon, là où je ne suis pas avec Sagnard, c'est sur le « pourquoi nous
en sommes arrivé là », en parlant de la tyrannie des branchés.
Déjà, il procède à une généalogie de la branchitude parisienne qui
me semble un tantinet subjective. Pour schématiser ce qu'il dit,
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CHICTYPE : Blog 2008
aujourd'hui donc on a un milieu branché d'où ne découle que de la
merde, c'est dû à un esprit fermé, manque de curiosité, bêtise quoi,
d'une clique de hypeux auto-proclamés qui ont accédé finalement
à ce statut par le fric, les relations de leurs parents, etc. et où c'est
très difficile de rentrer. Avant, le système était autre, dans les
années 70-80 (années Palace) c'est la personnalité qui primait pour
entrer dans les clubs « in » de la capitale. Alain Soral a déjà tout
dit sur cette période. Après, dans les années 90, l'archétype du
branché était le branché « Nova », référence à la radio et au
magazine de Bizot et sa « sono-mondiale ». Ensuite, le branché
était le Branché « Technikart » qui était plus incrusteur. Bref,
avant, le système permettait la mixité sociale et culturelle, qui
selon Sagnard, expliquerait pourquoi il y avait une effervescence
créative dans la branchitude.
Les années Palace
Je n'ai pas vraiment de certitude sur cette généalogie. Les années
des nuits Palace devaient aussi avoir leur part de ségrégation basée
sur des critères pas très cool. Les laids devaient aussi rester plus
souvent à la porte, je suppose. Il était peut être plus facile de
sourire et de se sentir à l'aise devant le physio d'un tel lieu quand
on était fils de bourgeois parisien. La sape avait sans doute plus
d'importance encore qu'aujourd'hui, alors qu'aujourd'hui, on peu
avoir aucun style vestimentaire, si on est sur la liste... Disons qu'il
y avait aussi des critères d'entrée forcément « injuste », et un type
talentueux, ouvert, intelligent, cultivé, underground, etc. pouvait
se faire refuser l'entrée parce qu'il ne savait pas se saper, intimidé,
pas fort en gueule, ignorant des codes imposés, etc. Et un gros
niais pouvait aussi rentrer simplement parce qu'il avait le look
Basquia. Bref, j'imagine que le système de la branchitude était
aussi perfectible à l'époque.
L'esprit Nova
Sur les années « Nova », je considère que le trip « sono23
CHICTYPE : Blog 2008
mondiale » et ce qui l'entourait a complètement fait flop et a
engendré les pires avatars de la bobo-attitude. Je ne crois pas un
seul instant, aujourd'hui, que cette branchitude là ai engendré quoi
que ce soit de positif. J'ai assez fréquenté le milieu squatt du début
des années 90 à Paris, et ce qui pouvait se passer dans les
« quartiers du nord est parisien » pour avoir constaté à quel point
tout cela fût stéril. Que retenir de l' Hopital Éphémère (Squatt du
18 ième où Sagnard a semble t'il vécu) ? Qui se souvient de FFF ?
Et parmi ceux qui se souviennent, qui apprécie encore FFF ?
C'était le groupe emblématique de cette scène parisienne pourtant.
Qu'a donné Belleville en 20 ans ? Qu'est ce qui c'est passé là bas,
dans ce « creusé multiculturel », à une époque où c'était truffé de
squatts d'artistes, avec tous ces petits bars où on pouvait faire de la
musique et ses boui-boui chinois ou arabes ? Entre mon arrivée
sur ce territoire en 1990 et mon départ en 2008, c'est devenu un
endroit bobo. De la mixité ethnique je n'ai pas observé un
enrichissement culturel mais au contraire, j'ai vu une absence de
culture et de « civilisation » à peu prêt généralisée. Quant à la
mixité sociale qui s'est faite avec la venue des bobos et la
progression sociale des arabes et des chinois (cette nouvelle
bourgeoisie Bellevilloise que j'ai vu se former), je n'en ai
absolument rien tiré d'un point de vu culturel, bien au contraire. Là
je parle de ce que j'ai éprouvé en vivant dans ce monde « Nova »,
mais même en restant objectif, quel courant culturel valable est né
de cela ? Qu'est ce qui est né de Belleville d'un point de vu créatif,
alors que sur le papier, selon la doxa « Jack Lang », tout était réuni
pour qu'une « nouvelle école » talentueuse apparaisse.
La non-mixité
C'est un point je crois où Sagnard, qui doit être un type de mon
age, se plante : L'effervescence culturelle liée à la branchitude ne
naît pas de la « mixité ». Mais du guetto. C'est un constat terrible
pour nous qui avons cru au contraire, qui avons été éduqué par ce
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CHICTYPE : Blog 2008
contraire. Les deux ou trois trucs qui tiennent la route en France
ne sont pas nés de la rencontre de gens de milieux différents et de
culture différente. Il y avait une interview que faudrait que je
retrouve où Fred Chichin expliquait à tel point il s'était planté
artistiquement en essayant de créer des « fusions » avec des
diverses influences musicales (rap, raï, etc), tendance qu'il avait
abandonné (d'où l'exellence du dernier Rita). Pourtant la pop
française a essayé de la faire cette putain de fusion ; entre Zeda,
Carte de Séjour, la période exotique de Julien Clerc, de Claude
Nougaro, de Michel Berger, l' Orchestre de Barbes, FFF, etc.
Évidement, toutes ces tentatives n'ont rien donné, malgré le bruit
médiatique, si ce n'est de quoi animer les réunions de sos-racisme
ou donner de l'espoir à Rémy Colpacopoul, l'inénarable
sélectionneur musical de Radio-Nova.
De l'autre côté, les points communs entre NTM, Air, Daft-Punk,
Noir Désir, et quelques autres, c'est d'une part que ça tient la route
artistiquement, d'autre part, c'est qu'aucun de ces groupe n'est né
d'une mixité sociale ou culturelle. Et à mon avis, tout ça est lié.
J'attend encore le groupe afro-français ou techno-rap, ou metalloraï, ou un duo prolo/bourge ou mec duy centre ville/mec de
banlieue, ou que sais-je, dans l'esprit « enrichissement par les
différences », qui dépasse le stade de l'esbroufe.
Ceci pour expliquer vite fait que le mythe de la mixité comme
moyen d' enrichissement créatif, j'y crois moyen. Alors certes, les
branchés ont besoin de cette mixité pour exister, ils ont besoin
d'aller vers ce qu'ils ne connaissent pas encore pour pouvoir
éventuellement se l'accaparer, mais le mec qui crée, lui n'a pas
besoin de cette mixité, tout du moins, il n'a pas besoin qu'on
l'organise pour lui. S'il fréquente les branchés en quêtes de
nouveauté dans les boites hypes, c'est juste pour le bizeness et les
avantages en nature (demies mondaines, alcool, etc.), pas pour se
sentir inspiré.
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CHICTYPE : Blog 2008
Le rôle des branché n'est pas d'organiser les conditions permettant
l'éclosion de mouvements culturels ou d'oeuvres artistiques, mais
juste d'être un relais entre ce qui est encore méconnu et ce qui est
populaire. Ça s'arrête là. Ils ne sont pas dans la création, ils sont
dans la logistique. Certain en font profession. On ne peut juger
alors le branché que sur sa capacité à transmettre. Que transmet t'il
?
Le branché fasciste ?
Comme on l'a vu plus haut, principalement de la daube. Outre le
manque de mixité, Sagnard explique que le vrai problème, c'est
que le branché est devenu « fasciste », entendez : de droite. Bon,
là, évidement, je suis bien obligé d'expliquer pourquoi je pense
que Sagnard se plante complètement. D'abord, je dirais à Sagnard
que l'argument de gauchiste consistant à dire que tout les
problèmes d'une société (même une micro-société comme celle
des branchés) provient de sa tendance « fasciste », je l'ai tellement
entendu de la bouche de toutes sortes d'abrutis que lire ce genre de
conneries à la fin de son bouquin m'a un peu déçu. J'ai déjà eu des
discussions avec des gars qui m'expliquaient que le problème de l'
URSS de Staline c'était son nationalisme impérialiste, que le
problème des Chinois leur libéralisme, que celui de la Corée du
Nord, leur fascisme armé, que celui des Cubain c'était les Etats
Unis, etc. Bref, jamais de la faute à « ce qui fait la gauche » mais
toujours un emprunt à la droite.
Bon, perso, moi je ne sais pas trop où je me situe politiquement
aujourd'hui, mais certainement pas à gauche. Delanoé, Ségolène,
Buffet, Mamère, Besanceno, etc, je vous les laisse les gars. J'ai du
mal aussi avec Sarko aussi vous me direz, et Le Pen j'arrive pas à
le prendre au sérieux, pas faute d'avoir essayé. Bref, Sagnard est
un type bien je crois, mais j'ai envie de lui dire : tes merdes tu te
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CHICTYPE : Blog 2008
les gardes. Faut pas déconner non plus, ce qui est détestablement
branché aujourd'hui, c'est purement une création de la gauche.
C'est peut être devenu un truc monstrueux (ça ne sera pas la
première fois que la gauche enfante d'une ignominie), mais la
droite n'a pas grand chose à voir là dedans. Qu'on ne vienne pas
me faire croire que les chroniqueurs des journaux branchés sont
d'anciens du GUD. J'y peux rien si c'est dans un univers culturel
de gauche que c'est développé le consumérisme débile actuel. Les
restos bobos, les baskets à 200 euros, le ryad à Marrakech, le Point
FMR, les « café charbons » faussement authentiques, les bidulle
neo-hippy de chez Colette, etc. Si c'est pas le genre de truc à faire
bander Jack Lang ou Delanoé, sans dec'... Tout ça empeste le
mitterandisme.
Qu'on me dise pas que les « créatifs » de pub, que les RP, qui la
plupart n'ont trouvé que ce job pour « rentabiliser » leur diplôme
en science humaine ou que les pétasses issues de beaux arts qui
bossent dans les galeries du Marais sont issus d'une culture de
droite. T'en connais beaucoup des gens qui font graphiste, beaux
art, socio, psycho, littérature, etc qui sont de droite, toi ? Ce genre
de personne qu'on retrouve chez les branchouilles à des postes
divers. Nan nan les mecs, vous vous les gardez vos freaks à la con.
André Saraiva qui dirige les symboles de la branchitudes comme
le baron et le Paris-Paris, il vient de la « street-culture » (il faisait
des graphs). Prenons le cas de Beigbédé : Ce qui est
détestablement branché chez ce mec, ce n'est pas son côté « de
droite » (son frère qui monte des start up dans la finance, qui est
du même milieu que lui, on ne peut rien lui reprocher), nan, c'est
son côté « de gauche » de celui qui bosse dans la création
contemporaine (Pub, DJ, livres à la mode, etc.) qui shlingue. La
première fois que j'ai vu Wizman mixer, c'était aux 20 ans de
SOS-Racisme (bon, je l'ai grillé plus tard quand je l'ai vu sur la
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CHICTYPE : Blog 2008
guest list de la reception organisée par Sarko pour son election au
côté de Roger Hanin, mais je crois qu'il a eu trop honte pour se
pointer). J'y peux rien, camarades si « la culture de gauche » est ce
qu'elle est aujourd'hui, et j'y peux rien si une bonne partie de ce
qui fait la branchitude française contemporaine vient de là.
Le principe simpliste consistant à dire que tout ce qui cloche dans
un phénomène est dû à une composante « fasciste » ou « de
droite » n'est plus valable. On ne peut pas toujours affirmer que la
maladie de la gauche est sa pollution par la droite. La gauche a ses
propres tares, l'une d'elle est liée à sa fascination pour la création
moderne, l'éducation des masse et le cosmopolitisme qui la pousse
vers la branchitude, qui peut être hier a été « positive », mais qui
aujourd'hui, tout en restant tournée à gauche, est
fondamentalement négative.
L'echec de la "culture de gauche"
Et là je vais dire le truc à pas dire à un gauchiste mais bon rien à
foutre en même temps : Le combat culturel les gars, vous l'avez
perdu, plus que perdu même. On en est même plus à ramasser les
morceaux, on regarde juste les champignons pousser sur le
cadavre. On vous a laissé la main, c'est vrai que dans les années
soixante et soixante dix « l'esthétique de gauche » pour résumer à
gros trait, a fait kiffer un peu tout le monde (la nouvelle vague, le
rock, le situationisme, etc.), mais ça pourrit doucement depuis je
dirais vingt ans. Là, on se retrouve avec « plus belle la vie » à la
télé, Bénabar et compagnie à la radio, Gavalda en librairie,
Beigbédé en soirées, les niaiseries de Gondry au ciné et Onfray
comme « The philosophe français ». C'est mort.
En parallèle, il y a des truc quand même rudement « connoté à
droite » qui sont quand même bien au dessus de ces conneries.
Houellebecq, les séries ricaine du style Nip/Tuc, les derniers
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CHICTYPE : Blog 2008
Cronemberg, Ellroy, Ellis, le hard-core ricain, la techno
allemande, tout ce qui s'écrit sur le neo-darwinisme, les
reconstitution historiques US, etc. Ça vie et on ne peut pas
imaginer que ces tendances sont nées dans le cerveau d'un adepte
du sitting pour sans-papier.
En matière de blog, la pensé « de gauche » peut aller faire dodo,
ils en sont aux blogs de libé et aux diatribes sms de skyblog,
quand aucun mag branché n'a jamais osé parler de blogs « connoté
à droite » comme ILYS ou Cultural Gang Bang, qui sont d'une
qualité et d'une constance qui n'en finissent pas de m'épater. On
est vraiment à un autre niveau, là. Bien à droite et bien snobé par
les branchés, et c'est pas pour rien. Alors qu'on est dans le top
qualité. Si les branchés étaient de droite, les gars de ces sites
seraient aujourd'hui chef de rubrique chez WAD et consort.
Parce que le vrai problème du branché, qui devrait faire relais,
c'est qu'il a fait les mauvais choix précisément en raison de son
conditionnement politique simpliste. Il veut entrer dans le
« monde de la culture » alors il s'est connement formaté à gauche.
Mixité, métissage, tolérance droit humain et tout le tralala.
Comme dit plus haut, tout ça ne donne pas grand chose de bon une
fois appliqué à une forme créative (à moins de kiffer Diam's ou
Jamel). Le branché est donc aussi préparé à combattre les valeurs
dites « de droite » (je résume à mort, hein) comme l'élitisme,
l'esprit identitaire, l'esprit de caste, le droit du plus fort, etc.
Manque de bolle, c'est là dedans que « ça se passe » en matière de
création actuellement, ce qui explique pourquoi dans un combat
Ellroy/Pouy ou Ellis/Beigbedé ou 50cents/Diam's, etc, le propos
du premier (sans même parler de sa forme) est systématiquement
plus pertinent aujourd'hui que celui du deuxième.
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CHICTYPE : Blog 2008
L'échec du branché est lié en partie à son positionnement à gauche
qui va aussi influer sur les formes esthétiques qu'il promeut. Dans
un environnement culturel quasi monopolisé par la gauche, les
plus subversifs sont « connotés à droite », voir ont une « tendance
fasciste ». Le branché est naturellement intrigué par toutes formes
de subversion et veut être le premier à la sortir de l'underground.
Ceci explique pourquoi il faut quasiment toujours commencer par
faire un minimum de provoc quand on débute une carrière
artistico-médiatique. Mais ne pouvant pas légitimer la moindre
oeuvre « connoté à droite », même si elle déchire grave, tout un
pan de la création lui échappe.
Alors on pourra toujours me dire « l' art n'est pas idéologie, ça n'a
rien à voir avec la gauche, la droite, etc. ». C' est ce qu'on dit, mais
il se trouve que les formes esthétiques naissent d'idées sousjacentes qui peu ou prou acceptent le classement simpliste opéré
par les Jacobins et les Montagnards. Les références culturelles et
esthétiques des uns et des autres diffèrent sur bien des points, et on
imagine aisément que la bibliothèque, la videothèque et la déco
chez un chroniqueur culturel de chez Valeurs Actuelles sera
différente que chez son confrère du Nouvel Obs. Le rejet de « la
culture de droite » par les branchés peut expliquer leur cécité, leur
incapacité à saisir des références qu'ils ne comprennent pas, en
tout cas leur refus de les cautionner, pour aboutir à un
conformisme abyssale, une prévisibilité de tout instant. Ils n'ont
rien vu venir.
Pour en finir
Bref, je suis un peu obligé de faire dans la caricature, tout ça est
très discutable, et c'est bien pour ça que le livre de Sagnard est
intéressant. Il fait réagir. On en arrive alors à ce paradoxe amusant
: Le branché français d'aujourd'hui est devenu obsolète. Qu'il soit
bobo, hype, dandy ou bling-bling il est profondément ringard,
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CHICTYPE : Blog 2008
ayant perdu toute fonction, il fait figure de zombi. Il n'y a pas plus
plouc qu'un branché parisien, en somme. Le mec vraiment hype, il
fait de la techno à Laval, il blog à Fréjus ou Menton, il squatte un
hangar à Brest, il bricole à Bangkok, il résaute de Strasbourg, il
spleen au fin fond de la Normandie, pour lui, le Paris-Paris c'est le
Macumba-Club où il passe pour s'imprégner de l'ambiance
bouzeux et niquer des autochtones.
Cordialement.
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CHICTYPE : Blog 2008
samedi, 02 août 2008
remarques sur le féminisme
Dans la série « j'ai un avis sur tout », aujourd'hui : « Le
féminisme, mon cul ».
Observation numéro un : les femmes de mon entourage s'en
sortent mieux que les mecs de mon entourages. Précision : Des
Rmistes mâles j'en connais une tripotée, la version femelle, je
cherche encore. Si, j'en connais, mais je trouve qu'elles se
débrouillent drôlement bien quand même. Leur phone continue à
sonner, on continue à les inviter en soirées, et c'est drôle comme
elles se débrouillent pour trouver toutes sorte de bons plans, qu'on
leur sert sur un plateau d'argent.
Je sais « faut pas généraliser », qu'ils disent. Je synthétise, c'est
tout un art, jeune fille.
Observation numéro deux : la jeunette qui à vingt-vingt-cinq ans
se voit proposer un job chez Canal, Nova, Vanessa Bruno ou
Vivendi-Universal, j'en croise régulièrement. En version mâle,
c'est rare.
Observation trois : Relativisons. Être caissière de supermarché n'a
pas la même signification qu'être caissier de supermarché. J'ai bien
observée mes copines du Franprix. Certaines sont assez jolies et
leurs mecs qui les attendent à la sortie sont des 7/10 en notation,
d'ailleurs moi même il me prend d'en draguer une par-ci par-là.
Même poste-même salaire, observons le caissier mâle : condamné
à se taper du 3/10, ou rien du tout plus certainement. Femme, irait
tu te taper un caissier de supermarché ? Soit honnête, femme.
Observation quatre : Paraît que les femmes gagnent genre 20% de
moins que les hommes. Forçons nous à considérer ce chiffre
comme réel histoire de le stocker quelque part dans une réflexion
logique, puis prenons un autre chiffre : Plutôt que de déterminer
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combien gagne une femme, ne serait il pas plus intéressant de
savoir combien elles dépensent ? Si les femmes sont si fauchées,
alors pourquoi dit on « ménagère de moins de 50 ans » pour
qualifier le consommateur type (c'est à dire une femme encore
baisable). Comment ce fait il qu'elles ont un budget vêtement
300% supérieur aux hommes (chiffres INSEE, vérifiez vous
même), comment se fait il qu'elles peuplent les boutiques de luxe,
design, les salons esthétiques, les spa et salons de massage,
pourquoi un endroit chère et snob (boite et restau à la mode) est
systématiquement en état de surprésentation féminine (alors que
les endroits pas chère et plouc, genre bar à la con ou bouiboui est
un repère de mâle).
Observation cinq : Demandez à une femme ambitieuse pourquoi
elle est ambitieuse, elle vous dira : « pour être indépendante ».
Traduction : Pour acheter ce que je veux. Même question à un
homme ambitieux : « pour avoir la plus belle femme du quartier »
qu'il dira s'il est honnête. Traduction : « pour donner une partie de
mes revenues aux femmes ». Égoïsme d'un côté, générosité de
l'autre. Crédit d'un côté, débit de l' autre. Je pense que le processus
est modélisable informatiquement et permettrait de déterminer le
pouvoir d'achat véritable mâle vs femelle.
Conclusion : Heu, c'est obligé de conclure ? Ha oui, là je suis
censé ouvrir d'autres perspectives, des solutions peut être, tout çà.
Bon, ok, zyva : Les femmes qui croient sincèrement au féminisme
ne sont elles pas, au choix, des connes ou des salopes, ou un mix
des deux ? Faut il se contenter de leur refuser un coup de bite pour
leur apprendre la vie, ou faut il passer à un mode d'expression plus
agressif ? Une féministe sincère n'est elle pas une jeune innocente
pleine de naiveté bandante apte à durcir les plus phallocrates
d'entre nous (la relation de Beauvoir avec le plus grand pervers
manipulateur de son époque peut servir de piste)? A la réflexion,
être féministe serait il autre chose qu'une stratégie visant à
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CHICTYPE : Blog 2008
rechercher, via un processus de test et de provocation, la véritable
domination mâle qui les sortiraient de leur égocentrisme ?
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 24 juillet 2008
song 3
Je m'en fout de tout, et de moi donc de toi
C'était une posture esthétique hier encore
Aujourd'hui non, plus du tout
C'est mon réglage par défaut
Et même s'il ne suffit pas de grand chose
Pour me remettre en mode 'in' ou 'on'
Comme zoner sur les sites interdits
Palpables ou pas
La normale revient vite
Vous pouvez tous vivre heureux sans moi
Vous pouvez vous geler en eden club
Vous pouvez claquer sans moi
Vous pouvez coucher avec les femmes qui m'étaient destinées
Vous pouvez briller plus que vous ne méritez
Vous pouvez me parler de haut
Vous pouvez m'exclure
D'ailleurs, vous ne vous gênez pas
Votre sourire d' Ormesson
Votre aisance en toute circonstance
Votre inutilité manifeste vous réjouit
Mon éducation de grand prolo
Ou de petit bourgeois, je n'ai jamais su
De catholique français si tu veux
Provincial pour aggraver
Blanc et fils d'artisan
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Si je suis inutile j'en crêve
Moi
Facile de se faire l'un d'entre nous
D'ailleurs, vous ne vous gênez pas
Faites comme si je n'étais pas là.
Gardez tout.
Ne donnez rien, faites comme d'hab'
Le droit Aristocrate
Le droit Punk
A vous
Le devoir Aristocrate
Le devoir Punk
A nous
L' hôtel Raphaël dévasté, à vous
Les trois huit à nous
Je ne m'offusque pas
J'ai simplement tout compris
Pas vous
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reste sobre, ai confiance en Dieu et baise.
« Les AA, c'était dingue. Et la fin des années 70 complè-èèèètement marteau. Il s'agissait de rédemption et de sexe et de Dieu et
de grandes retombées sur le cul. C'était mon éducation
sentimentale et la route qui me ramenait au monde.(...)
Mon premier contact a été douloureux. Les réunions des AA me
gonflaient. Les gens parlaient dans un charabia ambigu. Je restais
uniquement pour tenir des mains de femmes pendant le Notre
Père.
Les femmes m'attiraient comme des aimants et me faisaient
toujours revenir. J'y retournais « un jour à la fois » pour tenir
quelque mains. La luxure et ma volonté apostolique m'ont permis
de rester sobre. (...)
« Les AA du Westside s'éclataient tout azimuts. En terme
démographique, la population était jeune, blanche et en manque
perpétuel de sexe. Gnôle et came était out. Le sexe était in. Le
commandement du Westside c'était : reste sobre, ai confiance en
Dieu et baise.
Les gens s'adonnaient à « la fièvre des bains chauds » après les
réunions. Homme et femmes se rencontraient lors des réunions et
se mariaient à Las Vegas deux heures plus tard. Les femmes
draguaient les hommes sans retenues aucune. Annie « Wild
Thing » B.- « la sauvageonne »-montrait ses seins au Deli de
Kenny tous les jeudis soirs après la réunion d' Ohio Street.
J'ai baisé. J'ai tiré des coups d'une nuit, de deux nuits, de trois
nuits, j'ai fait des tentatives forcenées de monogamie pure et dure.
J'ai laissé des camés à l'héroïne en désintox s'installer chez moi
pendant que j'allais guincher avec des rencarts à une heure
avancée de la nuit à la Fièvre des bains chauds. Je me faisais trois
cents dollars la semaine sur les terrains de golf et en dépensais la
majeur partie en femmes. Je levais des prostituées camées, je les
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CHICTYPE : Blog 2008
emmenais aux réunions AA et leur allongeais l'histoire du Dalhia
Noir pour leur faire abandonner le racolage par la trouille. C'était
une vie de libertinage frénétique souvent joyeuse.
Je vivais la plupart de mes rêves sexuels nourris de came dans une
parfaite sobriété.
Le monde de la vrai vie éclipsait mon monde des fantasmes.»
James Ellroy, Ma part d'ombre
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 26 juin 2008
Taxes
Je lis dans Le Parisien que l' Etat va taxer le téléphone (mobile)
pour financer la télé (sans pub).
Donc, moi qui n'ai pas de télé, je vais payer pour ceux qui ont une
télé. Prime à la connerie (avoir la télé de nos jours, franchement,
ce n'est pas sérieux) Puisqu'on est dans le principe de taxer ce qui
est dans la catégorie utilitaire (le téléphone) pour financer la
catégorie loisir (la télé), je propose ces initiatives là :
Taxer les médicaments pour financer la gay pride
Taxer l'énergie pour financer la fête de la musique
Taxer l'eau pour financer l'industrie viticole
Taxer le livre pour financer le jeu vidéo.
Taxer l'enseignement pour financer le Turf
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CHICTYPE : Blog 2008
mercredi, 25 juin 2008
song 2
Tu n'a pas oublié ce superslow
Tu n'as jamais cessé d'y croire.
T'en connais par coeur chaque mot
Nous sommes nés collés à ce superslow
Il te suffit d'entendre ce super slow
Pour être dans les bras d'un héros
Les sens se fondent dans ta mémoire
C'est un wagon d'amour ce superslow
Quand tu dansais ce super slow
esprit vacant, corps bien au chaud
On se faisais bien tous avoir
Par l'illusion bleutée du super slow
Il osait vraiment tout ce superslow
Même le clavecin-basse-pipo
On ferme les yeux pour ne pas voir
Comme on s'accorde grâce au super slow
On s'est connu avec ce super slow
en se touchant peau contre peau
Boules à facettes et lumière noire
C'est une planète à nous ce superslow
On l'a sifflé souvent ce super slow
On en a fait notre B.O
Ici ou là, matin ou soir
On projetait nos vies en super slow
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CHICTYPE : Blog 2008
song 1
Des filles pompettes
se coiffent face à la glace
Je touche du bout des doigts
Le domaine des femmes.
Ici on s'entend bien
loin du son et des âmes.
C'est très bizarre je trouve.
J'ai une chose en tête
Déplaçons nous ensemble.
Entrons dans une nouvelle approche
Modifions les lignes
Regardons ce qui est beau
Interdit d'en parler.
N' insiste pas, secret.
De tes lèvres émanent
L'odeur du baume indien
Tu vois la diversion ?
On ne reste pas là.
Finis ton maquillage
Fait voir comme tu bouges
Déplaçons nous ensemble.
Entrons dans une nouvelle approche
Modifions les lignes
Regardons ce qui est beau
Je m'extrait de la piste
Je vais me rafraîchir
J'ai super soif, tu viens ?
Sans gingembre, s'il vous plait
C'est bien toi qui parlait
de filer en premier.
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CHICTYPE : Blog 2008
D'abord faisons un tour
Étouffons loin le son
Le ciel bien étoilé
d'une soirée d'été
anime une foule
qui ondule et qui roule
Traversée à la brasse
vers ce vaste jardin
Et si on s'éclipsait
En la jouant discret
Déplaçons nous ensemble.
Entrons dans une nouvelle approche
Modifions les lignes
Regardons ce qui est beau
Un chauffeur nous attend
Pour un voyage réduit
Rapide périphérique.
On aimerait s'égarer
Au choix voie unique
ou chemins de traverses
J'arrête de parler
Viens donc par là baby
Déplaçons nous ensemble.
Entrons dans une nouvelle approche
Modifions les lignes
Regardons ce qui est beau
Hotel à thème de luxe
Suite royale vingt et un
Et voilà t'es en main
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CHICTYPE : Blog 2008
Attirance génétique.
Étreinte en hall d'accueil
ascenseur envahi
nous sommes homme et femme
Réunis pour la nuit.
Déplaçons nous ensemble.
Entrons dans une nouvelle approche
Modifions les lignes
Regardons ce qui est beau
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CHICTYPE : Blog 2008
mardi, 24 juin 2008
Thierry Théolier et les vigiles
Ha putain j'aime pas les vigiles du centre Beaubourg. Ni aucun
vigile d'ailleurs. L'autre fois ils m'ont interdit l'entrée de la
bibliothèque (après 20 minutes de queue) à cause de mon arme de
guerre ultra dangereuse, un Victorinox. "Agent de sécurité",
nouveau personnage pire que pire apparu traitreusement dans les
années 90, job dédié aux plus loosers des loosers, solution ultime
pour caser les millions de méga-beaufs en mal de reconnaissance
sociale (reconnaitre quoi au fait ? La couleur de leur jogging ? La
qualité de leur tuning ?) qui peuplent les cités dortoires d'île de
France. Le secteur connait pas la crise. J'arrête pas de croiser aux
zincs de mon quartier des "jeunes" de la trentaine qui se lancent là
dedans. Les mecs ont tous ce petit air d'analphabète zélé
caractéristique de la profession. Bref.
En face mon poto Théolier qui fait encore un truc 'achement
subversif : coller du scotch par terre (le concept, coco). Et les
mecs qui au bout d'une minute commencent à stresser. Les mecs
sont payés pour que rien ne dépasse, et face à un putain de vigile,
t'as toujours un putain de pretexte pour avoir une remontrance, qui
entraine cette anomalie cognitive : se demander "que va penser le
vigile ?" avant même d'arriver à sa hauteur. Mais on s'en branle
bordel de ce qui se passe dans la tête de tels personnages.
Complètement. Un putain de sous-fifre, prolo ultime, qui te dit
quoi faire... Nan mais on est où, ? Et si des minables comme ceux
là peuvent te dicter ton comportement, alors imagine ce que peux
te demander le moindre sous-bureucrate de n'importe quelle sousadministration ou le moindre petit chef corporate. Je crois pas au
complot, mais crois moi mon frère, c'est pas un hasard l'apparition
des vigiles dans la modernité, c'est clairement un nouveau truc
pour nous aider à bien faire les moutons qui font bêêê. Pas de pitié
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CHICTYPE : Blog 2008
pour les kapos, ceci est un appelle à la désobéissance vigilesque.
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CHICTYPE : Blog 2008
Je vais à un enterrement
Allez-retour dans la journée Paris-Côtes d'Armor. Pour
l'enterrement de ma cousine le temps est magnifique. La mer est
calme, elle diffuse une couleur verte, un chalutier dégaze dans la
baie en lézardant. J'obtiens quelques détails sur son départ : Une
tentative pour en finir quelques jours avant, une jolie lettre
envoyée à une de mes tantes il y a deux semaines où il était
question de se reprendre en main, des journaux intimes retrouvés,
dont un que la police conserve encore, absorption massive de
médicaments, chute et grosse perte de sang, odeur tenace dans
l'immeuble au bout de vingt-quatre heure, d'où la venue des
pompiers et découverte du cadavre. C'est vrai qu'il a fait chaud ces
derniers temps et qu'elle vivait sous les toits. Je me souviens
pendant l'office que j'écoutais ses disques quand j'avais onzedouze ans, elle avait We fade to grey, Funky Town, Salsa du
démon et The Wall. C'était quand même une sacrée fille. Je
réalise que c'est le troisième suicide réussi dans cette branche de la
famille. Une de mes tantes fait parfois des tentatives mais elle n'a
pas encore réussi. Je rentre avec une cousine qui me dit que
maintenant ça commence à bien faire ces suicides, que y'en a
marre. Sans parler des attaques cérébrales. Une improbable averse
survient à hauteur de Laval, on réduit la vitesse à cent, puis la
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CHICTYPE : Blog 2008
lumière revient. J'insiste pour qu'on fasse un pause chez Total (ces
espaces exercent sur moi une fascination indéfectible), le temps de
boire un gobelet et de fumer en regardant les voitures qui filent.
On entre dans Paris par une autre voie que celle qui passe dans
Boulogne, je regrette de ne pas voire la ville en surplomb, la nuit
c'est joli. On n'a pas beaucoup parlé de Florence sur la route,
c'était pas nécessaire.
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CHICTYPE : Blog 2008
J'ai mon point de vu sur JUSTICE
Le clip de Justice rien à foutre mais enfin parlons en. Tout d'abord
: N'importe quel type sérieux en écoute musicale sait que Justice
est surestimé. Leur premier hit « we are your friend » a ceci de
d'original qu'il est impossible à placer dans un set, il le « plombe »
littéralement. Pourtant, c'est un titre qui sonne bien (le refrain en
tous cas), mais il manque incontestablement de générosité. Il n'y a
qu'à voir comment, dans un club, les gens dansent quand ce
morceau passe : Ils s'éloignent les un des autres, commencent à
jouer un rôle « hard to get » et expriment quelque chose de
mesquin. J'ai toujours le sentiment que sur du Justice, on ne peut
que faire semblant de s'éclater, puis quand un autre titre passe, ça
ne peut être qu'une cassure. Bravo les gars, le set est niqué ! Ce
n'est définitivement pas de la musique de club. Ce n'est pas non
plus de la musique à écouter sur sa hifi entre amis. C'est
probablement de la musique à écouter en mp3 au casque sur son
ordinateur. C'est peut être cela qui rend Justice « dans l'air du
temps ». Leur second titre, passage en boucle de chants d'enfant,
avait ce même défaut. C'était un morceau « reconnaissable et
mémorisable », mais lorsque l'on cherchais à observer les
sensations-émotions qu'il générait, nous étions face à un mélange
de vanité et d'arrogance injustifiablement agressive, et cela
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CHICTYPE : Blog 2008
s'observait très nettement sur les dancefloors. Ca pousse au
déliement. On pourrait comparer Justice à un vin Californien qui
vous en met plein la gueule à la première goulée, mais qui s'efface
aussitôt sans avoir rien donné. Il est possible que cette
déshumanisation musicale soit voulue, mais pourquoi ? Pourquoi
faire de la musique de club qui abîme les relations entre les gens ?
Techniquement, il n'y a rien à redire, c'est une remarque que l'on
peut faire de toutes musiques actuelles. S'il suffisait d'être bon en
musique pour faire de la bonne musique, ça se saurait. Il se trouve
qu'il y a des nuls en solfège qui font d'excellents morceaux. Justice
est juste « musicalement correct », mais finalement plutôt
mauvais. Étrangement, les aficionados de Justice sont les premiers
à descendre David Guetta, qui ferait de la soupe. Pourtant, Guetta,
contrairement à Justice, apporte un véritable univers issu de la
« culture club » qu'il a fréquenté très longtemps. Guetta en ce sens
est un « vieux pro » bourré de références, et chacun de ses hits
racontent une histoire, un « way of life ». A l'échelle de Justice, la
musique de Guetta a un sens profond, exprime une culture et a une
véritable générosité. Elle apporte quelque chose là où Justice ne
donne rien.
Justice fait un son peut être plus « bizarre », et Dieu sait comme
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CHICTYPE : Blog 2008
l'étrangeté sait se faire passer pour de l'avant garde, mais l'absence
de contenu donne à l'expérience quelque chose de vain qui évolue
en profonde malhonnêteté : Donner l'apparence de la complexité
au vide est le top de la médiocrité, toutes disciplines artistique
confondues. L'inverse même de ce qui peut être le génie en
matière de culture pop, qui est de transformer en évidence simple
ce qui jusqu'alors ressemblait à une pensée élitiste. Justice peut
être considéré comme une escroquerie, et ceux qui écoutent
Justice, et qui l'aiment, sont comme des pigeons bon à se faire
plumer.
Le clip style « gangsta rap » de Justice est une aggravation du cas.
Jusqu'alors, Justice était un groupe qui ne donnait rien, ils étaient à
zéro, là ils entrent dans le passif : Ils volent. Depuis leur clip,
Justice devient débiteur. Limité jusqu'à présent au domaine de la
sympathique escroquerie (vendre du vent), le groupe désormais en
vient au dépouillement de l'univers d'autrui. Ce n'est un secret
pour personne : Justice est composé de fils-à-papa, sur-aidé par
d'autres fils-à-papa, qui cette fois ci, demande à un autre fils-àpapa (le fils de Costa-Gavras) de réaliser un clip. Justice n'a rien à
donner (univers personnel dépourvu d' intérêt). Là ou Air va
transmettre quelque chose de romantique, Moby quelque chose lié
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CHICTYPE : Blog 2008
au voyage, Daft Punk quelque chose lié à la science fiction (je
parle des groupes electro comparables en terme de popularité),
Justice n'évoque absolument rien. Alors un son qui n'exprime rien
en lui même ne peut s'imposer qu'à travers un univers visuel. Mais
est ce leur univers dont il s'agit ? Appropriation de la croix
chrétienne d'abord, suggérant par là que Justice est porteur d'un
message mystérieux. Appropriation ensuite de l'esprit subversif
des cités via leur clip. Alors que définitivement non, il n'y a rien
de mystérieux dans le son de Justice, et rien de subversif non plus.
Il n' a simplement rien, c'est faiblard et c'est tout. Le monde de
Justice est probablement un monde conservateur, sans révolte et
sans danger, le spectacle d'une société qui se délite n'est qu'une
représentation externe qui les touche peu et que les leurs ont
provoqué consciencieusement (on connaît la responsabilité de
cette bourgeoisie dans la création des cités dortoirs
multiethniques), qui devient aujourd'hui matière à de
l'entairtainment. Justice se rapproprie un univers fait de violence
et de subversion, sans jamais avoir ressenti ce qu'est de vivre dans
un univers violent et subversif, et probablement, en éprouvant une
fascination toute bourgeoise pour cet univers là (fascination
exotique). Parce qu'il n'y a pas, dans ce clip, autre chose qu'une
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CHICTYPE : Blog 2008
appropriation. Nous n'assistons pas à une critique froide (Il
s'agirait alors d'un clip fasciste mis à l'index par SOS-Racisme), ni
une pochade gangsta-rap (Justice est aux antipodes du WhiteTrash), mais plutôt à une allégorie qui dit « Nous, Justice, nous
sommes dérangeants, nous sommes punk, nous sommes
dangereux, etc. », profession de foi narcissique assez ridicule en
elle même (aucun bad boy ne se déclare bad boy), proche de la
tendance marketing lourde de se créer une image de marque
« impertinente » quand on appartient en réalité à un univers policé
(même les sociétés d'assurance s'y mettent. Même un des fils
Sarkozy s'amuse dans le rap.)
Pour toutes ces raisons, Justice n'est pas qu'un groupe sans intérêt,
je n'en parlerais pas, mais c'est un groupe vraiment répugnant.
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CHICTYPE : Blog 2008
Je relis mes messages de la semaine dernière
Je relis les messages de la semaine dernière et je trouve pas ça
terrible. Mes diatribes sur « qu'est ce que le capitalisme », « qu'est
ce que la démocratie » ou « qu'est ce que la place de la, France
dans le monde », c'est plutôt bof. N'est pas Pierre Bourdieu qui
veut. Et comme dit Linda Fullmann, « tout le monde s'en fout ».
C'est incontestable. Faut que je pense, la prochaine fois que ça me
prend, à rester dans le cahier des charge « aide mémoire »en
fuyant la dialectique. C'est pas mon rôle et au final c'est chiant à
lire (mais agréable à écrire, autant qu'une bonne vieille branlette).
Je ne peux pas raisonnablement changer la société en la jouant
« intellectuel ». Non merci, j'ai pas envie de brûler dans les
flammes de l'enfer après ma mort, j'ai déjà longuement étudié la
question : quand un auteur se met en tête de « changer la société »,
il corrompt tout. Il faut en rester au stade de l'observation, et ne
pas reproduire les erreurs de Marx ou Zola. L ' Europe paye
encore l' Internationale Communiste et l' Affaire Dreyfus. Ces
deux auteurs n'ont pas eu la sagesse d'en rester à la « grille de
lecture », en passant à la stratégie, ils ont créé la plus grande des
discordes. Le Penseur peut être influencé par la société mais ne
doit pas l'influencer aussi nettement qu'un monarque. « Rendre à
César ce qui appartient à César » est le slogan-manifeste qui
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CHICTYPE : Blog 2008
condamne le concept même d'idéologie (fils bâtard de la politique
et de la philosophie). La figure de l'intellectuel, probablement née
avec Voltaire, a lancé la réinterprétation du slogan du Christ en
profession de fois laïc, dont le premier effet fût de donner à l'état
la responsabilité du religieux. La transformation des programmes
politiques en dogmes (communisme, nazisme, démocratie) en la
conséquense directe. Le but affiché (séparation de l'église et de
l'état) est pure fantaisie. Dans l'ancien régime, l'église était
clairement un contre pouvoir. Aujourd'hui, le catholicisme a été
remplacé par « les droits de l'homme », dont le régime est garant.
Bref, si je veux conserver une certaine éthique constructive, je
dois clairement me positionner soit dans la politique, soit dans la
description, mais pas dans l'un et l'autre en même temps.
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CHICTYPE : Blog 2008
Ma cousine est morte
Ce matin message sur ma porte, URGENT marqué dessus. « Salut
Fifi, je suis passé parce-qu'on arrive pas à te joindre. T'es où
bordel ? Florence est morte, l'enterrement c'est mardi. Rappelle
moi ou passe quand tu veux. Bisous. Kpu »
Florence appartient à la branche maternelle de ma famille. Ses
« problèmes d'alcool » sont clairement apparus à mes yeux il y a
sept ans je crois. Nous avons tous assisté à son lent suicide et à
son rapide vieillissement. C'est elle qui m'a enseigné à faire gaffe
avec ça, à garder en tête que tout ces produits qui défoncent
doivent être utilisés sous contrôle interne, que les micros-signes
qui signalent l' addiction méritent une observation attentive. Je
parle des substances psychoactives en général.
On se voyait l'été, il a fallu qu'on me dise que sa façon de boire ses
kirs n'étaient pas dans nos traditions (déjà extrêmes ) pour que je
constate effectivement un problème. Et puis cette ivresse triste. Et
puis, « tu te souviens, cette manie qu'elle avait de prendre du
Néocodion, quand ont était ado et qu'elle était jeune femme » me
rappelle ma soeur. L'année suivante, je la revois avec deux dents
en moins. Elle avait quitté une cure pour zoner en ville, était
réapparue le matin blessée. L'année de ses quarante ans elle en
faisait cinquante. Nous n'avons pas fait grand chose. Nous avons
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CHICTYPE : Blog 2008
même rien fait. Un jour, nous reprochions à son mari de ne pas
s'occuper d'elle assez, nous avions tort. Il faisait plus qu'aucun de
nous aurions fait. Un brave type. Trop. Un homme violent, cruel
même, aurait pu faire quelque chose je crois. Pas lui. Un jour,
nous lui reprochions à elle de faire subir le calvaire de sa
déchéance à ses deux petites filles. Un jour, nous supposions que
sa souffrance dépassait l'amour immense qu'elle éprouvait pour
elles. Un jour, nous reprochions à sa mère de ne pas faire ce
qu'elle avait à faire (son père, frère de ma mère, est mort en 1985).
Puis nous sommes passé au stade où il n'y avait plus aucun espoir,
nous lui donnions cinq ans à vivre. L'été dernier, nous ne pouvions
lui parler autrement que comme à une grabataire, en débit lent et
articulé, sur des sujets simples, de manière compassionnelle.
Nous savions que les dégâts étaient irréversibles.
La dernière fois que nous avions parlé d'elle, il y a deux mois,
nous parlions de nous cotiser à quinze pour qu'elle ai un logement
décent au centre de Rennes. Nous pensions que ça serait plus
pratique pour qu'elle se soigne et ai des activités, qu'elle pourrait
accueillir ses filles de temps en temps. L'idée était qu'elle passe
ses dernières années en paix. Puis ça ne s'était pas fait.
Nous garderons d'elle cette image de femme de quarante cinq ans
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CHICTYPE : Blog 2008
rongée par l'alcool, touchée par un désespoir que nous ne
comprendrons jamais, mais j'ai pas envie. Elle était l'archétype de
la personne « qui a tout pour elle ». Jeune, c'était la plus
sophistiquée des cousines, la plus sportives aussi. Je crois même
que c'était la plus belle. Elle nous avait impressionné quand nous
étions ado pour deux trucs à la con : elle avait posé pour un
calendrier régional en train de danser du modern sur une plage.
Puis elle était sorti assez longtemps avec le champion de France
de planche à voile. Vraiment une superbe fille. Les adultes étaient
plus impressionnés par ses études : Bac à dix-sept ans, ingénieur à
vingt-deux ans, salaire génial. Elle était même la moins destroy de
toutes les cousines de cette branche. Moins de « petits amis » que
les autres, moins de sorties en discothèque l'été, moins funs,
mariée jeune à un garçon sérieux et sympathique.
Je veux croire qu'il n'y a pas de raisons autre que physique à son
martyre. Elle était malade dans son corps, sa disparition a des
causes sanitaires, comme d'autres partent en attrapant des virus.
Elle a eu une longue maladie qui s'est révélée incurable, qui a
déréglé son instinct de vie, voila, nous n'y sommes pour rien,
personne n'y est pour quelque chose, pas même elle, c'est ce que je
veux croire.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
Je disserte sur le capitalisme
On peut reprocher beaucoup de choses au capitalisme, mais il en
est une qui me semble incritiquable, c'est le magnifique
consumérisme qu'il entraîne. Pouvoir se payer des voitures, de la
hi-fi, des vacances, des habits stylés, etc., que tout cela existe, c'est
quand même le truc le plus cool du capitalisme. Les avatars du
capitalisme que sont la vie en entreprise, la propagande ou
l'acculturation sont certes foireux, mais il semble que ce sont des
élément qui ne sont pas spécifiques au capitalisme. Quant aux
systèmes de solidarité, le capitalisme est capable d'en créer
(assurances, mutuelles, fondations, etc.), il encourage même les
individus à la solidarité quand dans les états providence, la
solidarité ,déléguée au système, est confisquée à l'individu (et mes
galères financières m'ont montrés à quel point demander l'aide
d'un proche est vu comme une anomalie).
Il n'y a que les cyniques qui considèrent le capitalisme absolu
comme un idéal. Les grands cyniques d'une part, ceux pour qui j'ai
un certain respect (ils sont blindés de thune, sont conscient que la
planète est peuplé à 99% de minables qui ne mérient pas plus que
des miettes), puis les cynique à deux balles (fake-poseur ?) qui se
sont fait embobiner par les théorie minarchistes et libertariennes,
allié à une absence de vécu. J'ai compris cela en fréquentant
longuement certains forums « ultra-libéraux » (qui me linkaient
souvent), quand j'ai vu que les plus motivés étaient des étudiants
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CHICTYPE : Blog 2008
en droit ou des fonctionnaires (il y avait même un fonctionnaire de
police !) ainsi que quelque fils à papa. A part cette petite branche
de la population, on a tous quelque chose à reprocher au
capitalisme. La vrai question, c'est de savoir quoi. Les
altermondialistes critiquent tous les aspects du capitalisme, et en
particulier le libéralisme qu'il induit. Pourtant, ces gauchistes le
prouvent quand ils ont un peu de pouvoir, ils peuvent trouver
acceptable des choses comme : la perte de la notion d'individu,
l'annihilation des cultures minoritaires (ou subversives), les superstructures centralisées, les organisations qui ne laissent plus de
place à l'initiative personnelle (et donc à la liberté d'action), la
propagande de masse, la morale d'entreprise, l'autoritarisme
hiérarchique, le travail à la chaîne, l'hyper-spécialisation des
activités, la course à la productivité ou la compétition individuelle
permanente. Toutes ces caractéristiques appartiennent autant au
capitalisme et à l' anti-capitalisme, dans leurs versions actuelle, et
ce sont ces choses qu'il serait bon de réformer, à mon sens.
La question est alors de savoir si, du libéralisme ou du
collectivisme (pour schématiser), lequel est le plus apte à être
contrôlé dans le bon sens. En gros, est il plus aisé d'injecter la dose
de collectivisme dans le libéralisme, ou à l'inverse, d'injecter ce
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CHICTYPE : Blog 2008
qu'il faut de libéralisme dans le collectivisme, ceci afin de vivre
dans une société pas trop dégueulasse ? Je pense pour ma part
qu'une société capitaliste est plus facile à manipuler dans le bon
sens, c'est à dire à accepter un peu d'anti-capitalisme dans ses
rouages. Par exemple, je ne pense pas que ces choses ébranlent les
fondations d'une société libérale : Nationaliser quelques activités
telle que l'énergie ou les télécomunications, interdire aux
entreprises de transformer leurs employés en homme sandwich ou
en adepte de secte, fixer les prix des infrastructures publics,
obliger les gens à cotiser pour leur retraite, leur santé ou
l'éducation de leurs enfants, distribuer des allocations aux plus
défavorisés, taxer légèrement les mouvements financiers, faire un
peu de protectionnisme... La liberté d'entreprendre ou de
boursicoter n'est pas remise en question. Par contre, ça me semble
plus ardu, au regard de l'histoire, d'injecter la juste dose de
capitalisme dans les sociétés qui se fondent sur le collectivisme :
Donner accès à la propriété privé et privatiser les entreprises
entraîne des inégalités flagrantes (exemple de la Russie), donner
un peu de terrain privé dans une ferme collective entraîne une
baisse de productivité générale (le cultivateur délaissant le travail
sur la zone collective), mettre quelques exceptions au
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CHICTYPE : Blog 2008
collectivisme produit automatiquement une classe d'apparatchiks...
Pour cette raison, le communisme ne peut s'envisager que de
manière totalitaire et international. Le capitalisme peut ainsi être
considéré comme un gêne dominant, qui injecté dans le
collectivisme remplace le code génétique de ce dernier pour le
dénaturer complètement. Alors que le collectivisme peut très bien
vivre dans un organisme capitaliste sans le détruire. Vivre dans un
monde 100% capitaliste n'est pas une nécessité même à très long
terme pour que le capitalisme puisse poursuivre sa route, de même
que dans une société capitalistes, certains éléments contraires à la
doxa, ou même certaines communautés hors-système ne
représentent pas une menace. On ne peut pas dire de même des
sociétés collectivistes.
Pour la société française, j'ai le sentiment qu'on a choisi les
mauvais aspects des deux systèmes. Je ne trouve pas, par exemple,
que les grands patrons français sont à proprement parler des
capitalistes, mais auraient plus leur place dans une société
communiste industrielle. Un patron capitaliste est avant tout un
entrepreneur, et les Bollorés, les Dassaults, Bouygue ou les
Lagardères ressemblent plus à des commis de l' État, à l'affût des
bon plans que l'état sait distribuer. Je ne les trouve pas libéraux.
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CHICTYPE : Blog 2008
Le MEDF ne me semble pas être libéral non plus (vu une video
d'une de leur convention, qui n'était qu'une suite de demande de
subventions et de prise en charge de leurs coûts salariaux par l'
État, « pour créer des emplois »), il devrait se montrer plus ultralibéral, comme un véritable adversaire de l' État (et non un
« partenaire social »). Je pense qu'on n'aurait jamais dû privatiser l'
énergie ou les telecom (secteurs qui s'accomodent très bien du
monopole, qui pour cette raison, ne devraient surtout pas être en
main du privé), je pense aussi qu'on ne devrait pas subventionner
l'industrie ni la culture, que les redistributions d'argent devraient
se faire prioritairement à destination des individus. Je pense qu'on
ne devrait garder que ARTE et TV5 comme chaîne d' État (et
encore), et que France Culture comme radio d' État (et encore).. Je
pense que les étrangers qui achètent des terrains et maisons en
France (style retraité anglais) devraient payer des taxes
spécifiques, bien rentables et bien dissuasives. On devrait aussi
défiscaliser complètement les très petites entreprises individuelles
non sous-traitantes, celle qui disons génèrent moins de 30 000
euros de revenu/an, ce qui revient en gros à légaliser le « travail
informel » (le black). N'importe quelle type en galère d'argent
pourrait aller acheter des cageots de tomates à Rungis pour les
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CHICTYPE : Blog 2008
vendre dans la rue sans risquer quoi que ce soit par exemple. Bref,
j'aimerais mettre du capitalisme ici et du collectivisme là, ou dit
autrement, retirer du capitalisme là et du collectivisme ici. Le
désaccord que j'ai avec la politique française n'est pas à
proprement dit un désaccord du type « gauche-droite », qui serait
un désaccord sur l'aspect quantitatif de ces deux éléments (je ne
souhaite pas spécialement, aujourd'hui, que la France soit plus
capitaliste ou plus collectiviste qu'elle ne l'est, je crois même que
la proportion est convenable) , mais le désaccord est plus
qualitatif, il concerne le choix des éléments du capitalisme et ceux
du collectivisme qui ont été fait. Si le système était une recette de
cuisine composée de 500g de légume et 500g de viande, je ne
remettrais pas en question les proportions, je remettrais en
question le choix des produits.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
J'ai des références littéraires très pointues
Le jour où Michel Colucci a dit « La dictature c'est ferme ta
gueule, la démocratie c'est cause toujours », il est passé du stade
de comique à celui de grand philosophe. C'est typiquement le
genre de phrase qui pousse à écrire des thèses, autant que « j'aime
pas tes idée mais je mourrais pour que tu les exprimes »
(Voltaire), « on ne naît pas femme on le devient » (Beauvoire), et
d'autres phrases que là j'ai pas en tête. La sentence de Colucci, on
le sent bien, est née d'une profonde réflexion et elle mérite de
servir de point de départ à une analyse précise et exhaustive. De
cette pensée très subversive peut partir un mouvement de pensée
global.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
Je ne fais pas dans l'auto-fiction
Je ne sais pas comment font les Christine Angot : Si je devais
vraiment parler de ma vie privée sur le mode « direct », le lecteur
aurait un sentiment faussé : Le personnage principal serait ultrasexuel et ultra-loose en même temps, multiplirait les aventures et
les galères sociales, il pourrait même évoquer ses difficultés
physiques à bien bander ainsi que son naufrage dans la petite
délinquance. Oui mais bon, la transparence a des limites.
jeudi, 08 mai 2008
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CHICTYPE : Blog 2008
Je croise un gros naze
Croisé l'autre fois un type foireux qui se permet de me parler
« d'égal à égal ». Le type en question est un fils à papa sans vécu,
sans culture et sans style. Je déduis que sa maman l'a persuadé
qu'il était un garçon important, qu'elle lui a inculqué « la confiance
en soi », il n'empêche que ce type me semble être une merde
intégrale (j'y met toute ma logique), aussi je me dit « mais
pourquoi ce type me parle comme si j'étais à son niveau ? ».( En
réalité, il me parlait comme s'il était à un niveau supérieur, ce qui
est un comble. )
J'ai remarqué ça ces derniers temps : des gamins qui t'expliquent la
vie, des frustres qui t'expliquent la politesse, des esprits étroits qui
de somment d'être open-mind, des arnaqueurs qui te conseillent
l'honnêteté, des sans couille qui bombent le torse. Je suis bien
conscient que l'humilité, la modestie, sont des valeurs qui ne
servent pas à grand chose, mais tout de même...
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
J'ai une autre idée de roman
Tout à l'heure j'ai eu un nouveau sujet de roman. Titre:
CONVENTION. C'est un mec qui doit monter une convention
d'entreprise à, disons, Cergy-Pontoise. L'idée est de parler des rôle
de chacun : Le vigile (noir), la DRH, le performer, le DJ, l'hôtesse
d'accueil (blonde), le DA, le manager, le journaleux, le wanabe,
l'actionnaire majoritaire, le mec qui loue la salle, et deux ou trois
autres ; des gens qui accompagnent. Ça pourrait être l'occasion de
passer au scanner le rôle social de ces personnages (plein de trucs
à dire), d'offrir plusieurs points de vu, et de créer une bonne
intrigue tragi-comique (rien ne se passe comme convenu).
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jeudi, 08 mai 2008
Je disserte sur la démocratie
Dans la série de réflexions sur le thème « la démocratie, rien à
foutre » : Le génie du régime démocratique est d'avoir fait croire
aux masses qu'il inventait la liberté. La plupart des gens en France
sont persuadés que la liberté est une invention du début du dixneuvième siècle (révolution & avatars). Des événement comme le
droit de penser, le droit de s'exprimer, le droit de choisir son
destin, le droit de se mouvoir dans l'espace, etc. seraient pure
création politique, un truc moderne. Le régime démocratique
s'affirme avant tout comme une machine à créer de la liberté, le
personnel politique comme des savants, experts en fabrication de
liberté. Sans eux, nous serions presque tous réduits à l'état
d'esclave. Croyance bien ancrée dans les mentalité grace à la
propagande républicaine. Il faut s' intéresser un peu à l'histoire
pour savoir que « Franc » veut dire « libre » et qu'on n'a pas
attendu Saint-Juste et Napoléon pour éprouver ce besoin. Bref,
juste une « arnaque intellectuel » de plus, une usurpation du
régime, comme tant d'autres, par exemple : nous devons à l'Etat
notre santé, notre culture, notre prospérité économique, etc, alors
qu'il est scientifiquement prouvé que c'est exactement l'inverse qui
se passe : L' Etat est un petit groupe d'individus ayant le
« monopole de la violence » qui acapare les richesses, annihile les
mouvements de pensées et culture autre que les siens, efface
l'histoire commune pour ne laisser trace que de la sienne, etc.
Le slogan de réclame « Liberté, Égalité, Fraternité » est aussi une
grosse arnaque. Comme si le rôle d'un régime, quel qu'il soit,
résidait là dedans. Le principal rôle du régime politique Français
est le maintien de l'ordre (depuis la fin de l'extension
géographique et du contrôle économique, le contrôle de la morale
et de l'ordre social est ce qui reste au régime ). L' Ordre est ce qu'il
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y a au sommet de la pyramide du régime. Et justement, l'ordre ne
peut se faire qu'en jouant sur l'intensité des valeurs « Liberté,
Égalité, Fraternité » : Le régime fixe les limites de la liberté (de
plus en plus encadrée). Le régime limite l' égalité en mettant en
place des systèmes hiérarchiques (bureaucratie, police, justice,
représentants). Le régime est pourvoyeur de sujets d'antagonisme
en France (débat démocratique, mise à l'index des « mauvais
citoyens », division stratégique). « Liberté, égalité, fraternité » est
un souhait du peuple contre lequel l' État devra toujours s'opposer.
Le génie du régime est d'avoir fait croire que ce triptyque de
valeurs étaient les siennes, que son but était de les imposer
partout, alors que ce sont justement ses valeurs opposées.
« Liberté, Égalité, Fraternité » doivent être considérés comme des
paramètres que l' État cherche à modifier à sa guise, les trois
paramètres que tout régime se doit de faire varier afin d'avoir le
plein contrôle sur la société. Une société (utopie ?) pleinement
libre, égalitaire et fraternelle peut se passer du régime, alors qu'un
modèle de société absolument inverse rend le régime
indispensable (non libre, non égalitaire et non fraternel). Pense z'y
mon frère.
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jeudi, 08 mai 2008
Je regarde une baston
Vu hier une des bastons les plus drôles à laquelle j'ai pu assister.
Minuit, rue du Gibus, rappeur blanc caricatural (maigrichon,
casquette très en arrière du crane, accent 93, démarche de singe)
s'en prend à un gars qui semble gentil. Le gars gentil évite
l'esclandre et laisse le type le traiter de fils de pute, attitude
habituelle chez les gens qui ne tapent pas sur les handicapés. Mais
un moment, le gentil en a un peu marre et répond au petit traître à
sa race, et là, le show commence : La fiotte rappeuse retire sa
ceinture pour s'en servir comme arme, je regarde la scène, je pige
pas trop au début, son froc descend jusqu'à mi cuisse et je me dis
que ça va pas être pratique pour se battre. Le rappeur fouette
l'autre, qui en cinq seconde l'a désarmé et commence à lui rentrer
dans le lard. Le rappeur se prend une droite et la joue « même pas
mal », puis il se retrouve par terre, et le gentil le tire par les jambes
et lui fait traverser la rue. Le rappeur, au stade où on en est, n'a
plus de chaussures au pied, son froc lui arrive maintenant au
genou et le tee-shirt remonté jusqu'à la taille. Le gentil alors
entreprend de botter le cul du rappeur qui est dos à terre en le
tenant par les pattes, il lui balance cinq ou six énormes coups de
pieds dans le postérieur. Ensuite, le gentil lache le rappeur et se
casse. Le rappeur est à un niveau de ridicule rare, il continue à se
la jouer pourtant, il ramasse ses chaussures, remonte son ben,
ajouste sa casquette, marche maintenant comme un canard (ou un
singe qui vient de se faire sodomiser), et quand le gentil est bien
loin, il lui crie « hey, pauv'fiss'de put', vais t'niker... ». Pour
visualiser, faut imaginer Lorent Deutch dans le rôle du rappeur et,
disons, Romain Duris dans celui du gentil. Ça a égayé ma soirée.
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jeudi, 08 mai 2008
Je pense à la Thaïlande
Hier, je me suis endormi en pensant à la Thaïlande, je me voyais
expatrié là bas, bon niveau de vie, week-end sur les îles,
appartement avec une grande terrasse qui surplombe Bangkok,
allez-retour vers Paris assez fréquent (tous les mois ou tous les
deux mois), voyages fréquents vers les autres capitales de l' Asie
(Hong-Kong, Tokyo, Singapour, Taipei, Jakarta, Manille). Réveil
à Paris, sans une thune et sans téléphone, complètement bloqué.
Pas cool.
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jeudi, 08 mai 2008
Je ferais bien dans l'associatif
Le lendemain : Vu sur le tableau d'affichage d'une association
d'aide sociale l'annonce d'une fête, qui précise ceci : « Les
bénéfices de cette soirée serviront à financer un voyage d'étude où
nous trouverons des solutions visant à changer la société ».
Monter une association, générer de l'argent via des soirées, des
subventions et des sponsors, voyager et trouver des solutions
visant à changer la société, c'est le bon plan. L'associatif me plaît
de plus en plus.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
Je regarde Ali.G
On regarde « ALI.G », un film drôle de rappeur sans aucun noir, le
héros devient vice premier ministre de Grande Bretagne et
propose plein de solution révolutionnaires pour améliorer la
société (l' immigration sélective de bonnes meufs par exemple).
Du même auteur que Borat, très proche aussi de Brice de Nice
(Fake rappeur vs Fake surfeur). Pour revenir aux fake (le concept
de fake est à Chictype saison 2 ce que le concept d'identité est à
Chictype saison 1), à noter la multiplication des films ayant ce
thème comme moteur. ALI.G, Brice de Nice, 99 francs, Mr Bean,
etc. Tous ces films/séries où les personnages endossent un rôle qui
n'est pas le leur : personnages qui deviennent espion, truand ou
dealer par hasard par exemple. Le comique de l'incompétence, la
dramaturgie du déracinement, le choc des cultures, etc. Moteurs de
scénarios efficaces et aisé.
jeudi, 08 mai 2008
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Je galère beaucoup
J'ai toujours pas une thune, même pas de quoi payer un café, on
m'avance. Je sens que tout va tomber en même temps. J'attends un
virement de 700 euros fin de semaine (paiement à trois mois pour
un petit boulot informatique), un autre de 390 euros (Alloc') et un
chèque de 2400 euros. D'ici là, pas de phone, pas de quoi manger,
pas de quoi fumer, dépendance totale, blocage de tous mes projets,
dettes en attente. Je passe quand même chez Grinda lundi avec du
Saumon et une très bonne bouteille de chez Monoprix (tant qu'à
faire).
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 08 mai 2008
Je suis en normandie
Week-end chez Stephen Normandy. Au programme : première
baignade en mer de l'année, tire à la 22 (silencieux),
engraissement de poulets, lapins, canards et oies, alcool et drogue
(sans plus), échangisme (un peu), nourriture saine, coup de soleil,
combat de coqs avorté (Cet agréable loisir, hommage à la nature
animale, est il autorisé en France ?). Le délire de Stephen est très
« roots », entre ses passages à Paris en soirées Hype & Arty il
passe son temps dans un bled paumé en quasi-autosuffisance
alimentaire. Il rejoint beaucoup de mes amis qui font dans le rétrofuturisme, je pourrais même monter un club.
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CHICTYPE : Blog 2008
Je bosse mon manuscrit
Reprise en main de mon manuscrit INSTITUT, un petit roman sur
la prostitution pas prise de tête, bon esprit, qui se lit en trois
heures. Il y a tous les chapitres, j'ai évoqué toutes les idées, mais
je dois encore bosser les personnages. 50 pages avant la fin, je les
abandonne en route, j'en parle plus, ils deviennent de simples
figurants. C'est plus des personnages qui m'échappent, ce sont des
personnages qui quittent le navire ! Faut donc que je leur trouve
un destin pour les retenir, soigner leur sortie, peut être rajouter un
chapitre. Virer aussi un passage lourd, hors sujet, dans le dernier
chapitre. J'hésite entre faire une scène de colloque (les
personnages se retrouvent, un an après, dans un colloque et se
donnent des nouvelles) ou une scène de soirée mondaine (les
personnages se retrouvent dans une soirée mondaine et se donnent
des nouvelles) ou une scène de bordel (les personnages se
retrouvent dans un bordel et se donnent des nouvelles). Quelles
nouvelles se donnent ils ? C'est encore à définir, faudra juste que
ça soit amusant et sexy.
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Je cogite sur les fake-2
Je cogite sur le thème des fakes. Faites pas attention.
Définition 1 : Personne dissimulant ses valeurs sous un apparat
esthétique tel que le look, le discours, l'attitude.
Définition 2 : Personne incompétente qui se comporte comme une
personne compétente. La notion de compétence s'entend au sens
large : Être punk est une compétence, être une chaudasse aussi,
être un prolo aussi, etc.
Notions proches : Usurpateur, escroc, profiteur, poseur, comédien,
mystificateur.
Buts : Échapper au inconvénients de sa condition sociale ou/et
acquérir le prestige d'une caste autre que la sienne ou/et diffuser
une image de marque ou/et entrisme professionnel ou/et
curiosité/expérimentation/expérience/jeu ou/et goût du
secret/dissimulation/travestissement ou/et pudeur ou/et envie
d'évoluer ou/et recherche de repères ou/et travail sur soi et/ou
adaptation à l'environnement. And more.
Remarques sociale : Être poussé vers la fake attitude par
adaptation environnemental : Imiter ses collègues ou ses voisins
par exemple pour s'intégrer. Pression sociale forte : Se la jouer
anti-raciste par exemple. Condamnation de ses propre valeurs par
la société : dissimuler son conservatisme ou son parasitage par
exemple en se la jouant progressiste et actif. Condamnation de son
histoire : dissimuler sa culture familiale, religieuse, etc.
Remarques stratégique : stratégie du « comme si », influencé par
la psychologie populaire (livres et chroniques « how to. ») Valeur
de la « confiance en soi » (même quand on est un blaireau) comme
principe de réussite (et moins le professionnalisme, l'honnêteté, le
talent, etc, valeurs rétros). Efficacité de la stratégie (réussite
sociale de nombreux fakes).
Remarques séduction : Technique de drague. Envie de plaire au
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sexe opposé. Se donner une image séduisante. Société de liberté
sexuelle, donc de compétition sexuelle exacerbée.
Remarque marketing : De la nécessité d'être un fake dans
l'entreprise moderne. Influence de la publicité (« avoir pour être »,
pour mal résumer), de la télévision et du cinéma (modèles de
référence des personnages). Critère d'image de marque. Hausse du
secteur mode/design. Phénomène « people » (références esthétique
et comportementale). Disponibilité de produits et tendances
élaborés selon des valeurs inconnues (produit étranger, normes
industrielles, étude marketing), d'où décalage entre l'esprit du
créateur et celui de l'utilisateur. Exemple : look rasta sans rien
savoir de la pensée rasta. Influence des DRH (de la nécessité de
coller aux critères définis par la socio/psycho académique). Credo
d'entreprise (nécessité de coller à un modèle comportemental
défini par la hiérarchie). Nécessité du réseautage avec les signes
distinctifs induits.
Remarque Politique : Se comporter comme nos chefs ou/et en
opposition (phénomène anthropologique). La population s'inspire
pour son usage de la gestion d'image des politiques et du discours
formaté. Perte d'influence des chefs sur la question sociale et
économique, mais influence en hausse sur les questions de morale,
de valeur, de civilité, de moeurs, de comportement, etc.
Divers : la fake attitude est un comportement individuel lié à
l'adaptation environnementale. Comprendre l'individu fake, c'est
comprendre la société contemporaine qui l'influence.
L'amplification du phénomène fake démontre une amplification de
la pression sociale. Le phénomène fake peut il disparaître avec une
profonde mutation de la société ? Les masses peuvent elles
modifier la société en modifiant leurs comportements fake ?
Enfin bref, je me demande après coup si c'est pas un sujet foireux,
d'autant que je me promet régulièrement de ne plus aborder les
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sujets désagréables. Je devrais plutôt m'intéresser à l'opposé du
fake, c'est à dire l' « être authentique », pour peu qu'il existe et que
ça ai une signification. Individu « en accord avec lui même »
prenant ainsi le risque d'être « en désaccord avec la société ».
Stratégie pouvant se révéler foireuse, soit dit en passant
(clochardisation, délinquance, exclusion du groupe, narcissisme,
etc.). Le fake a peut être bien raison d'être un fake, à la réflexion.
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Je vais à la piscine puis chez Grinda
Le lendemain : Piscine Pailleron avec Hans Moshtein et Rita. Je
constate une fois de plus ma baisse physique, mais c'est normal,
faut s'y remettre et j'ai eu une hygiène de vie qui ne peut pas être
pire. Se souvenir : faire un check-up santé. Je file ensuite chez
Grinda. Le matin elle commence à travailler à onze heure ce qui
n'aide pas pour décoller tôt. Je ne sais pas ce qu'elle me trouve, j'ai
plus une thune, j'ai 13 ans de plus qu'elle, je ne suis pas top au
pieu mais elle se montre très douce. J'ai appris un truc super
intime sur elle ce soir, si je raconte elle me tue. Quand va elle me
larguer et comment ?
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J'ai mon avi sur la Chine
Je m'informe sur le Tibet et la Chine. Je suis tombé sur une
manifestation de Chinois par hasard samedi, ils m'ont remis un
tee-shirt et un papier où c'est expliqué qu'entre autre, parmi les
minorités ethniques de Chine, dont celle du Tibet, il n'y a ni
impôts ni politique de l'enfant unique. Je n'ai aucune intention
d'aller sur le web chercher la vérité (j'ai l'autre version, celle de la
stérilisation forcée des Tibétaines), tout ce que je connais du Tibet
est un livre de Rampa, l'épisode où les nouveaux nés sont mis dans
une rivière glacée afin d'éliminer les plus faibles m'avait bien
marqué. J'ai jamais réussi à savoir si Rampa était un mystificateur
ou un véritable sage (wikipedia n'est pas très clair). L'autre livre
est « le livre des morts tibétains », la préface disait que les
Tibétains étaient en avance d'un siècle sur nous en matière de
psychologie, et quand j'ai lu ça, à ma grande période d'étude de la
pensée chinoise (vers vingt ans), j'ai voulu le croire. La mort venu,
regarde tes propres démons bien en face ; soit tu détournes la tête
et tu te réincarnes en vers solitaire, soit tu observes ces démons
sans peur et tu montes au Nirvana. C' est l'inverse exacte de la
pensée Chrétienne (fuit le démon, regrette tes fautes), mais ça
colle avec la psychanalyse. Et ? Et ben rien, je ne sais pas quoi en
penser, j'en déduit que la vérité est une variable et que la mienne
n'a rien à voir avec la leur et surtout, j'en ai rien à foutre de ces
embrouilles asiatico-asiatiques. Par principe je devrais être proTibet, parce que petit peuple dressé face à l'empire athé
industrialo-communiste Chinois. Mais si on me donne le choix
entre m'expatrier à Lhassa ou Shanghai, je choisis Shanghai. C'est
pas très malin comme argument je sais, alors en voici un autre : Si
la France dépense ne serait ce qu'un euro pour les droits de
l'homme au Tibet, alors c'est une perte sèche : ni apport
économique, ni prestige. Je remarque en passant que plus la
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CHICTYPE : Blog 2008
France se la pète pays-des-droits-de-l'homme, moins elle est
appréciée à l'étranger (c'est pourtant le seul but politique). Le
précédent Villepin, discours larmoyant anti-guerre d' Irak, nous a
grillé avec les USA et je crois qu'au fond, les Russes, les Chinois
et les Arabes nous ont pris pour les idiots utiles. Là, on se grille
avec l'autre empire, la Chine. Je ne sais même pas pourquoi j'en
parle, par réflexe pavlovien je présume, allez comme j'y suis et
que j'ai aucune envie de reparler « relation international » dans le
futur, finissons en : Ce que devrait être la France dans le monde :
Un pays neutre : Être au monde ce que la Suisse est à l' Europe.
Un pays qui ne s'implique dans aucun camps, qui retire tous ses
soldats d' Afrique pour commencer, qui ferme sa gueule sur tous
les sujets ayant trait aux relations internationales, qui refuse de
participer aux conflits de toutes espèces (Nos « accords
diplomatiques », en particulier avec le monde anglo-saxon,
n'avaient d'utilité que quand l' Allemagne menaçait et quand la
France était un empire colonial). Continuer à vendre armes,
médicaments, ponts et chaussé à qui nous en demande, envoyer
quelques docteurs et enseignants pour l'image de marque, et c'est
tout. Là ça serait la top classe, LE pays taiseux qu'a tout vécu, qu'a
fait tout ce qu'il était possible de faire en matière d'épopée
politique avant tout le monde et qui regarde l' humanité de haut
avec la plus extrême sagesse sans jamais la ramener, l'air de dire «
faut que vous expérimentiez ce qu'on a expérimenté, un jour vous
comprendrez. ». Le truc de ouf, comment ça assurerait grave.
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J'informe que je modifie le concept
Le lendemain : J'informe sur ce blog que je modifie le concept et
que je met des pseudos aux gens. J'apprends que des gens qui
savent de quoi ils parlent aiment ce blog via Thierry Théolier
(fuck les pseudos en fait) et de nouveaux links qui pointent ici.
J'écris que Rita se sens humiliée. Elle m'appelle et dit que c'est pas
du tout ça, je demande alors où est le problème ? Je rectifie, j'écris
qu'elle se sens vexée. Elle dit que c'est pas vraiment ça. J'arrive
pas à savoir ce qui la tracasse, pourtant c'est elle qui a l'air d'être la
plus ennuyée. Nevermind.
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Je passe la soirée chez Bertha Brain
Le lendemain : La soirée s'achève avec Rita, Isadora, Duck et
Hans Moshtein chez Bertha Brain, membre de mon clan ancestral.
Je revois des gens que je n'ai pas vu depuis cinq ans pour certain.
J'ai Hans Moshtein à l'oeil, Bertha m'informe qu'il a tenté de lui
bouffer la chatte à traver son jean à la soirée du 23/03, je dis qu'il
a les qualités de ses défauts, j'apprends par la même occasion qu'il
a tenté de rouler une pelle à ma petite soeur ce 23/03. Tout se sait.
Betha est un peu inquiète quand il se met torse nu, elle me dit « Tu
le gères ? ». Tu m'étonnes que je le gère, que je le surprenne pas à
manquer de tact avec ces super-nanas trentenaires qui sortent tout
droit de mon adolescence. On est pas chez les romanichel ici, c'est
à dire qu'on n'est ni au VIP Room ni dans une succursale du Paris
Paris, mais chez une bande d'humains triés sur le volet qui se sont
vu enfants et qui se verront un jour grabataires et pas question
qu'un étranger vienne pour déconner chez nous. J'ai brieffé avant
Hans Moshtein, il est prévenu, il n'écoute pas quand je lui dis que
c'est cool son délire d' ambianceur mais qu'il va trop vite trop loin,
qu'il se grille et que surtout, il met les femmes en mode protection
et que c'est préjudiciable pour les autres hommes. Il s'en fout
royalement, il est toujours surpris quand il se prend une claque par
une femme ou quand il se fait virer de soirée. Sacré Hans
Moshtein. Là il s'est bien tenu.
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Je comprend deux ou trois choses à propos des blogs
Le lendemain : j'apprends que mon blog fait des remous, Grinda
rigole mais me traite de sale type, Linda Fullmann rigole mais me
traite d'espèce de connard, Irvin Turner me traite de parano et de
xénophobe, Rita dit que je ne suis pas élégant. Il n'y a que Stephen
Normandy qui aime bien, mais je n'ai pas encore parlé de ce qu'on
a fait ensemble un jour avec la grande Jennifer, c'est pas glorieux.
De toutes façon, j'ai compris ces derniers jours que c'était
injouable, qu'il était impossible de parler correctement de ses
proches comme ça pour de très nombreuses raisons. En un : ce qui
semble être un exercice d'exhibition/voyeurisme n'est en fait qu'un
exercice de pudeur, tout le boulot consiste à cacher ce qui ne doit
pas être partagé. Reste ce qui alimente les rumeurs ou les
suppositions. C'est cool mais c'est explosif alors que je me force à
chercher l'harmonie en ce moment. En deux : en éliminant au
maximum les détails, je constate que les personnes dont je parle se
désincarnent et ce n'est pas ce que je veux faire (je veux donner
vie à des personnages). En trois : il est impossible d'avoir une vie
sociale si les gens se disent que je vais raconter des trucs perso sur
eux. En quatre : comme ce blog n'est pas un blog de ragots mais
que c'est un peu subtil à comprendre, ça exigerait de demander la
compréhension à une cible de lecteur que je ne vise pas : les gros
cons, les non-comprenant, les mecs qui ne peuvent pas me blairer,
les formatés du bulbe, etc. En cinq : Je ne sais plus, mais il y a une
autre raison.
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Je n'aime pas Bouygue télécom
J'ai un gros souci avec Bouygue télécom. Pour me calmer je vais
sur le web chercher deux ou trois informations sur le marché du
téléphone mobile an France. Je savais que les trois opérateurs
avaient déjà eu d'énormes amendes pour entente illicite, j'avais lu
il y a quelques années qu'ils pratiquaient des marges sur cout
variable de 95%, c'est à dire qu'ils multiplient par vingt ce que ça
leur coute quand on passe un coup de fil. J'apprend dans un article
du Monde que les opérateurs Français sont parmi les plus chères d'
Europe. J'apprend que dans le poleton de tête il y a aussi l'
Angleterre et l' Allemagne, mais que dans ces deux pays les
opérateurs ont payé à l'état leur licence dix fois plus chère qu'en
France, que ça a rapporté l'équivalent d'un an d' impôt. Je veux
vérifier avec ce qui se fait aux USA : rien à voir, ils sont trois fois
moins chères que chez nous. Décidément, on ne peut pas faire
confiance aux grands capitalistes français (le quarteron d'héritiers
de grands commis de l'état plus précisément), et sur le sujet du
téléphone portable, à une époque où on ne parle que du pouvoir
d'achat (les factures de téléphone sont autant d'argent qui ne rentre
pas dans la relance de la consommation), je suis surpris qu'on ne
fasse rien. On pourrait prétexter la limitation des antennes relais
pour ne créer qu'un seul opérateur (pourquoi avoir trois antennes,
un par opérateur, qui couvrent un même lieu alors qu'une seule
suffit techniquement), on pourrait alors nationaliser puisque ça
serait un monopole (après tout, même dans un système très libéral,
les ondes ne sont pas privatisées, de même que l'air, le soleil, les
étoiles, etc.) et proposer un prix normal et un forfait de base
gratuit pour au moins recevoir des appelles et conserver son
numéro. Voilà une cause de plus que je suis prêt à défendre, avec
la normalisation de la prostitution, la libéralisation de la vente à la
sauvette, et l'assouplissement des lois sur le tapage nocturne (je
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défends le principe qu'à Paris, il y ai l'autorisation de faire du bruit
toute la nuit une fois par mois par arrondissement. Un seul jour
par mois, les couches-tard ennuieraient les couches-tôt d'un
arrondissement. Je pense que c'est un bon compromis).
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jeudi, 24 avril 2008
Je suis au restau
J'invite Roselyne au restaurant (le 3e bureau). Depuis que je suis
en galère d'argent elle m'a mainte fois nourri, c'est pour la
remercier. Elle n'est pas contente que je parle d'elle comme ça sur
le web. Je lui dis que dans vingt ans elle me dira merci. Elle dit
que je suis fou, mégalo, etc. Elle ajoute que c'est un appel au
secours. L'autre fois on m'a dit que j'étais « borderline », je crois
que c'est grave et incurable. Il doit bien y avoir une raison pour
que Dieu ai inventé de telles tares. Aujourd'hui j'ai pris le
téléphone d'une fille qui connaît une bonne psychiatre qui n'utilise
pas les psychotropes, remboursée par la sécurité sociale, je pense
que je vais aller la voir. Comme ça j'aurai des trucs à dire sur le
web. Je la rassure, en général, les expériences que je mène me
lassent vite. Elle dit que je suis un compulsif qui ne peut pas
s'empêcher d'écrire. J'allume une cigarette dans le restaurant, ça
passe. J'ai envie d'être tranquille et ailleurs. On va au Popin's. Il
n'y a que Théolier avec une minette. J'appelle Gaelle avec le
téléphone de Roselyne mais elle ne répond pas. Je rentre, je ne sais
pas exactement pourquoi mais chez moi je me sens mal. J'ai
besoin d'amour probablement. Roselyne avait l'air vraiment
ennuyée par ce blog. Je ne vois pas bien ce que je peux faire, je ne
veux provoquer aucune douleur inutile, ni créer des ennuis, je
mérite qu'on me fasse confiance. (Tout ça n'est pas très sérieux).
Dès qu'une chose se crée et existe, elle influe sur le monde de
manière plus ou moins intense, elle plaît ou elle déplaît pour de
bonnes ou de mauvaises raisons, j'ai peu de contrôle sur tous ces
paramètres. Je fais comme je peux.
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lundi, 21 avril 2008
Je modifie le concept.
D' abord deux citations : "Never Complain, never explain" et "vaut
mieux mourir incompris que passer sa vie à s'expliquer"
(Shakespear). Cependant : Je met fin à ce concept de blog qui
n'était pas du tout fait pour faire chier les gens : je parle entre autre
de moi et donc par necessité des autres, mais après reflexion, c'est
impossible pour toute une galaxie de raisons, d'autres ont déja
tenté l'expérience, le plus marquant est Raphael Juldé, et un autre
type qui a écrit un bouquin sur les gens de son village et qui a fini
avec sa maison brulée je crois. L'experience courte m'a permis de
comprendre deux ou trois choses sur l'écriture que je dois encore
emboiter avant d'en parler, sinon il y a trois personnes que ça me
fait chier de faire chier : Rita, Grinda et Linda Fullmann. Rita est
véxée, Grinda dit que je lui ai volé un moment intime et Linda
Fullmann je ne sais pas trop, entre le "connard" sympa au
téléphone et le commentaire grave sur le blog je ne sais pas. Enfin
bref, j'arrête l'experience de parler des gens qui ont une incidence
sur ma vie grâce à eux trois, j'ai mis des pseudos américain à tout
les personnages existants, j'efface sur demande des interressés les
passages qui les concernent. Je pense que ce blog va continuer
quand même parce que c'est un bon blog.
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jeudi, 17 avril 2008
Je suis Michel Montaigne
L'autre fois Tobb Terry disait sur Blackblog que « je me mettais à
poile sur internet ». Que nenni. Je ne suis absolument pas
exhibitionniste mais voyeur. C'est pas moi qui me met à poile sur
internet, c'est ce qui m'entoure qui se retrouve à l'état de squelette.
Moi je donne le change. Je ne fais pas du Christine Angot mais du
Michel Montaigne (Ce que j'en ai retenu en cours de français de
seconde).
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jeudi, 17 avril 2008
Je gagne 200 euros
Le lendemain matin : Je reçois un coup de fil d'un inconnu :
« Allo, c'est bien vous Chictype ?
- Oui
- J'ai vu que vous avez des soucis d'argent, vous voulez que je
vous dépanne ?
- Oui
- Vous êtes vers Belleville je crois
- Oui, pas loin.
- On peut se donner rendez vous dans un bar du coin ?
- Oui... Je donne mes rendez vous au Plein Soleil.
- Bon, d'accord, on dit à 14 heures ?
- OK. »
14h au Plein Soleil. Je suis au comptoir, un gars de mon age
arrive. Chemise noir, chevalière aristo, bonnes chaussures, coupe
Assas, arcades sourcilières abîmées. Il me donne direct 200 euros.
On boit un café, pas grand chose à dire, sauf qu'il connaît des gens
que je connais (mais que je n'ai pas vu depuis longtemps), qu'il
lisait déjà à l'époque mon blog, qu'il soutient aussi mes activités
dans la prostitution, que tout travail mérite salaire. Il me donne des
news de quelques infréquentables, puis on se sépare. La rencontre
a duré dix minutes.
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jeudi, 17 avril 2008
Je pardonne
Le lendemain : Je reçois un mail d'excuse d' Irvin Turning. Il
m'aurait pourri auprès d'amis (facho, fake, raciste, etc.), j'étais pas
au courant, on s'est déjà croisé mais jamais trop parlé, il se serait
trompé sur mon compte en fait, il confondait avec un autre, mais il
répète qu'il n'aime pas mes « idées » et qu'il ne veut pas être mon
« ami » (dans le sens facebook/myspace je suppose). Je ne
comprenais pas pourquoi il me regardait en biais, je connaissais
son blog dans les années 2004, je crois que j'avais bien aimé, son
épouse Clarisse Darwin a l'air gentille, lui aussi d'ailleurs, je suis
assez surpris. Il connaît ma voisine du dessus, j'espère juste qu'il
ne va pas lui parler de moi, j'habite un immeuble de bobos et
d'immigrés, je snobe tout le monde et je dois de l'argent au syndic,
ça pourrait être préjudiciable. L'autre fois il m'a signé un livre, une
dédicace assez glauque : « Pour Chictype, avec de l'amour et du
sperme dans les yeux du poulpe pourpre. FN. ». J'ai pas cherché,
j'ai pas compris qu'il me haïssait. C'est un petit bouquin de
poésie/dessins de Federico Nicolao (dessins de Laura Erber) que
je trouvais bien qui était disponible à la galerie Mycroft, quand j'ai
dit que c'était bien il a dit que c'était de lui, il me l'a dédicacé
comme ça, j'ai vraiment cru que c'était son livre. Mais non. Il me
dit dans son mail de « ne pas me formaliser » car il fait ça « depuis
qu'il a cinq ans » et qu'il a su qui j'étais qu'au qu'au moment de
signer. Je ne me formalise pas, j'observe juste un cycle
d'agressions passives faites de perfidies, d'irrespect, d'insultes sur
le web, de « je serre la main à tout le monde sauf à toi » et de
cassage en règle dans le dos. J'apprends et je trie. « Chictype
saison un » était un peu un détecteur d' adeptes de la culture de
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l'indignation et de la vigilance citoyenne, à l'époque, ce profil
humain me faisait rigoler et j'avais envie de donner du travail :
indigne toi mon chou, soit vigilant mon canard. Allez, je te
pardonne, va.
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jeudi, 17 avril 2008
Je suis in bed with Linda Fullmann
Linda Fullmann passe tard dormir chez moi. Depuis qu'elle a
décrété que nous étions « amis », niant de fait que je suis un
homme doté d'une queue, elle s'invite parfois dans mon lit. Elle
pue le sandwich grec alors moi non plus j'ai pas envie de baiser.
C'est une des bonnasses du clan. Le jour où j'ai voulu la violer,
elle était dans mes bras endormie et son souffle sentait bien la
femme, que là avec l'odeur de sauce kebbab... Elle classe les
hommes en trois catégories : les bons baiseurs, les fournisseurs et
les copains. Moi je ne suis pour elle ni un bon baiseur ni un
fournisseur, reste « copain ». Chouette. Je lui dit au matin qu'elle
devrait tomber amoureuse et trouver un homme qui officie dans
ces trois secteurs d'activités, mais c'est pas dans ses projets. Elle
dit qu'elle veut faire du no-sex mais j'y crois moyen.
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jeudi, 17 avril 2008
Je pense
Le lendemain : Je passe chez Rita, je fais du web pendant qu'elle
n'est pas là (elle s'occupe de son cheval), Tobb Terry parle de moi
sur le Blackblog. Il m'a toujours soutenu dans absolument tout ce
que je fais. Il me compare à Houellebecq. Bon, c'est pas le
premier, on m'a souvent dit que je faisais « genre Houellebecq »,
peut être qu'on me l'a dit dix fois, on dit aussi que je fais du
« sous-Houellebecq ». En fait, dès que t'en a rien à foutre des
droits de l'homme, t'es « genre Houellebecq » ou « sousHouellebecq », et « Chictype saison 1 » était dans cette veine,
mais finalement pas tant que ça, je me tenais quand même. J'étais
dans ma période « c'était mieux avant » et je crois qu'aujourd'hui,
tout démontre que c'est incontestable. Même si je suis aujourd'hui
dans une phase plus « constructive », il y a quelque chose de
profondément indécent que d'aimer la société française
contemporaine, je trouve. On peut aimer la vie, aimer son travail,
aimer raconter des histoires, aimer ceci et cela, mais aimer ce pays
aujourd'hui, ça me semble un tantinet tiré par les cheveux.
Maintenant, j'ai un peu laissé tomber la France, j'ai appris à ne pas
ressasser les trucs glauques.
Avec Houellebecq, le plus classe c'est de dire « j'ai beaucoup
aimé extension du domaine de la lutte ». Façon de le casser,
comme quand j'ai dit à BHL avoir beaucoup aimé l' « idéologie
Française », son premier livre, lors des vingt ans de SOS-Racisme
que j'avais noyauté. Façon de dire que depuis il n'a écrit que de la
daube. Moi c'est surtout « Plateforme » qui m'a marqué, c'est la
honte. Je me suis dit à l'époque que je pouvais faire aussi bien,
c'est vrai. Je me suis dit qu'un écrivain pouvait dire ce qu'il voulait
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aussi. J'ai trouvé aussi que Houellebecq s'y prenait bien pour faire
passer quelques unes de ses idées, avec prévenance, sans
dogmatisme, précisant à sa façon qu'il n'est ni un exemple, ni un
maître à penser, qu'il lui arrivait de se planter, etc. Tout le
contraire de l'exécrable figure de l'intellectuel Français. J'ai trouvé
qu'avec une grande économie de moyen, il arrivait à décrire des
situations et des personnages de manière vivante. J'aime beaucoup
aussi sa façon de multiplier les émotions et les confronter. En dix
minutes de Houellebecq, on peut passer du rire au larme et
inversement, de l'acquiescement à la révolte, du dégoût à
l'excitation. On sent que son travail d'écrivain consiste à ordonner
des émotions-sensations. C'est con de le prendre pour un
théoricien ou un philosophe. Bon, tout ça a sans doute déjà été dit
sur Houellebecq, mais il y a un truc que personne ne sait, c'est au
sujet de l'influence du langages informatique sur son l'écriture.
Sans sa maîtrise de la programmation orientée objet, exercice qui
consiste à écrire un code exécutable, agissant réellement, à base de
fonctions, de paramètres, de variables et de mathématique,
ordonnés de façon non linéaire, il n'aurait jamais été l'écrivain
qu'on connaît. Sa façon de créer des « objet émotionnels », de les
faire interagir, de les activer à la demande, c'est ça qui est
nouveau, et si ses livres peuvent être pensé comme des cartes du
monde ou des arborescences, et non de manière classique comme
une suite d'instructions, c'est pour cette même raison. J'ai pas le
temps de développer, je le sait, c'est tout. J'ai une course à faire.
J'avais pas fini : Être comparé à Houellebecq est ennuyeux, être
comparé à un auteur vivant est toujours ennuyeux, on est toujours
après cet auteur, alors qu'on veut être un autre auteur. Certes il fait
parti de ceux qui m'ont marqué, mais bon, on pourrait aussi me
comparer à Beigbedé, Moix ou Despentes, dans le genre
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CHICTYPE : Blog 2008
« désespéré pas mauvais bougre qui rate sa vie et place ses
derniers espoirs dans l'amour», qui était, à la relecture, un peu le
thème de mon blog d'avant. Les pincées de réaction qui
pimentaient ce blog ne suffisaient pas à me classer clairement dans
le camps de la bête-immonde-au-ventre-toujours-fécond, quant à
mes tendance anarcho-capitaliste, elles seraient un peu trop anar et
pas assez capitalistes, d'où ma réputation poujado-hippie parmi
mes amis libéraux, ma manie de fréquenter des non-blanches et
d'habiter Belleville m'a grillé auprès des identitaires, ma glande
aux assedic m'a grillé dans l'aristocratie, mon libertinage auprès
des catholiques, quant aux gauchistes, c'est pas ma came. Bref, je
suis tricard. J'en étais où, ha oui : La politique, vous comprenez
bien que j'en ai plus rien à foutre, d'ailleurs ça fait très longtemps
mais je ne voulais pas me l'avouer. Je m' intéresse aujourd'hui
essentiellement à l'esthétique des choses, et si je suis amené à
décortiquer le système, c'est parce qu'il produit de la laideur. Je
peux faire une liste : La télé-réalité, les talk show, Meetic,
Tecknikart, les émeutes ethniques, Ed Banger, Jamel Debbouze,
Europa Corp, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Diam's, Act'up,
Ingrid Bettancour, les sans papier, les vigiles partout, les employés
sapés au couleurs de l'entreprise, etc. Tout ces machins peuvent
résumer l'état du milieu naturel dans lequel nous vivons, un
instantané de la société en général, ce qui s'est imposé au premier
plan ces dernières années. C'est absolument naze dans sa forme
même, et je n'en suis même pas à parler de la fonction de ces
phénomènes ou de l'idée sous-jacente, mais juste de l' aspect
extérieur : c'est cacophonique, les couleurs sont criardes ou fades,
c'est imposant et lourd, ça pique les yeux, ça sent mauvais, le
rythme est bancal, c'est mauvais trip, ça n'a aucun sens, ça manque
de style, etc.
Je juge cette société comme je juge une peinture ou un film et je
pense que le jugement esthétique est d'abord liée à l'instinct, le
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critique est comme un animal qui essaierait de déterminer avec
son nez si un champignon est comestible, sans l'aide d'un bouquin.
Je crois que la victoire de la raison a été la défaite des sentiments,
qu'à force de dire aux gens qu'il fallait juger autrement qu'avec des
impression, qu'il fallait « relativiser », qu'il fallait mettre la
réflexion avant l'intuition, qu'il ne fallait pas tenir compte des
apparences, etc., les gens ont perdu tout discernement, et en sont
aujourd'hui à demander de l'aide pour choisir ce dont ils ont
besoin. D'où ces choix foireux que les masses ont fait, influencé
par de multiples mécanismes marketing et médiatique, en
contradiction avec ce qu'ils ont dans le coeur. Quant on recherche
le beau, on s'occupe d'autre chose que de tous ces machins dont je
parle plus haut, on se sent attiré par des choses plus harmonieuses,
plus puissantes, plus subtiles. Le problème de ce pays est
clairement lié au manque de discernement et de qualité. Quand on
recherche le raisonnable, on cherche en vérité à éviter les
problèmes, par là même, on focalise dessus, et tout devient une
série d'engrenage censé régler des problèmes, en conséquence,
tout n'est qu' évocation de ces problèmes (j'en parle parce que j'ai
longtemps pas bien su ce que je voulais, hormis éviter les soucis),
alors la musique est un problème, le cinéma en est un, la politique
aussi, les magazines aussi, etc. Être attentif à ses peurs est
parfaitement raisonnable, écouter ses désirs l'est beaucoup moins,
aussi, la « société de la peur » ne peut pas être dissociée de « la
société de la raison », je crois, alors qu'une « société du désir » est
une une « société déraisonnable ». L'option deux me semble
particulièrement cool.
On se trompe souvent sur la notion de peur je trouve. On pense
vite que le contraire de la peur serait le courage, alors que le
contraire du courage n'est que la lâcheté, et qu'on a du courage
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justement quand on a peur. L'inverse de la peur, c'est le désir, de
même que l'inverse du rejet est l'attirance. On dit aussi que la peur
entraîne la violence. C'est plutôt le courage qui entraîne la
violence, la peur, elle, tétanise ou provoque la fuite. C'est l'accès
au désir qui peut entraîner la violence. Là où l'ordre social est à ce
point déterminant, il convient de sublimer la peur et d' anéantir les
désirs. On dit beaucoup de conneries sur la peur, peut être plus
encore qu'on a dit de conneries sur le désir. On dit souvent des
gens catégorisés réac qu'ils sont flippés, que la peur de
l'envahisseur serait leur moteur, pour ma part, ma « réaction » était
motivée par autre chose que la peur, quelque chose de l'ordre du
spirituel, je voulais protéger mon peuple, sa religion et sa culture,
qu'on reste nous même, je voulais habiter une planète où une
multitude de type humains et de sociétés différentes gardent leur
particularité, je croyais que « small is beautifull » et qu'un
gouvernement unique ne devrait pas, un jour, diriger dix milliards
d'habitants. Maintenant, je crois que c'est trop tard, que cette idée
de multiples sociétés pures a perdu, que l'idée d'un monocosmopolitisme planétaire a gagné, sauf énorme surprise, j'espère
juste qu'on n'effacera pas la mémoire de tous ces peuples qui
disparaîtrons, qu'il restera des livres, des films et des vestiges.
Avec les systèmes de stockage de données d'aujourd'hui et du
futur, on pourra malgré tout transmettre des choses et peut être,
ma civilisation se poursuivra d'une autre manière, elle sera en tous
les cas techniquement récupérable puisque inscrite dans du
Silicium, et comme d'ici mil ans l'homme aura colonisé de très
nombreuses planètes, il est même possible qu'un jour des extra
terrestre entendent parler de qui nous étions en consultant les
archives. Enfin bref, rien à voir avec la notion de peur tout ça. Du
rêve, du désir, de l'esthétisme, du délire peut être, de la peur :
nada.
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jeudi, 17 avril 2008
Je passe à la Scala
Le lendemain : Je passe à la SCALA. J'adore esthétiquement cette
boite, le jeu de lumière est excellent, les multiples recoins font
qu'on ne se sent pas enfermé et il y a une vrai scène. C'est un vrai
club du samedi soir. J'en suis à dire que c'est la plus belle boite de
Paris quand un vieux gars vient me prendre la main longuement et
la caresse avec beaucoup de gentillesse puis continue sa route,
c'est le boss qu'est touché. Les deux groupes qui passent sur scène
sont très divertissants (un groupe de bonnasses et un groupe de
nains grimés comme Kiss).
Josh Dwain vient me parler de l'affaire Thomas Roy. J'ai
récemment sermonné ce dernier par mail sur une question de
principe, et au lieu de trouver un arrangement ou de m'expliquer
son point de vu, ce garçon a préféré faire le mort, me virer de ses
amis Myspace/Facebook, puis transmettre ma missive à je ne sais
pas combien de personnes qui viennent ensuite m'en parler. L'
affaire étant entre lui et moi au départ, elle est devenue
germanopratine. Je ne connais pas les codes de ce milieu,
j'imagine que c'est une façon normale de se comporter, j'en prend
note. J'ai des relations difficiles avec les gens en ce moment, j'ai
pourtant le sentiment de faire ce que j'ai à faire, et même d'être
presque irréprochable, peut être que j'y met pas toujours les
formes, mais je suis quelqu'un qui a quasi toujours raison et qui
fait les choses bien et à fond, pourtant les clashs se multiplient et
j'ai le sentiment que trop de gens manquent de droiture avec moi,
j'en suis totalement responsable.
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La discussion a évolué sur l'obligation morale, à mon sens, de se
soutenir les uns et les autres dans ce qu'on fait. Si on ne le fait pas
entre nous c'est qu'on est des cons ou des salauds. Je dis
certainement cela parce que je suis actuellement dans le besoin,
mais aussi parce que j'ai compris ces dernières années comment
fonctionnaient les réseaux de ceux qui prétendent dominer le
monde de la nuit et de la culture (où est mon gun ?). Si on ne fait
pas comme eux du renvoi d' ascenseur et si on a quelques
ambitions, on est alors condamné à aller les sucker. Après, c'est un
choix, si j'avais le sentiment que ces chroniqueurs de Tecnikart
étaient l'équivalent de la bande du Cahier du Cinéma des années
50-60 ou même de Actuel, Zoom ou Pilote des années 70, si je
sentais que les DJ qui gravitent autour de Pedro Winter étaient
valables, si j'estimais que peut être le Baron était aux années 00 ce
que le Palace était aux années 70, si j'imaginais que La Perle était
un peu l'équivalent de la Closerie des Lilas des années folles, si je
m'étais mis en tête qu' Ariel Wizman ou Frederic Beigbeder
étaient de ces touche-à-tout à la Vian ou Cocteau, alors j' irais
m'agenouiller avec joie. Le souci est qu'à mon sens, tout ça est
profondément merdique et que c'est irrattrapable, que ça
cannibalisme tout, qu'on leur a laissé leur chance assez longtemps
et que maintenant ça suffit.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 17 avril 2008
Je passe 24 heures
J'ai trop bu hier mais ça va. Je crois que c'est le cachet de drogue
légale (un truc genre Xanax) offert vers 3 heure qui m'a étalé, mais
ça va, pas mal à la tête. Je me retrouve chez ma voisine du dessus
comatant sur la moquette. Bon, je vais pas faire le récit d'une
cuite. J'ai rien à dire en fait.
Linda Fullmann a dit une vérité hier : je veux la baiser. Plus
exactement ; j'ai voulu la baiser quelque fois. Bizarrement, jamais
quand je suis bourré, plutôt le matin. A propos, ce matin Rita était
dans mon lit. J'ai raté un truc. Linda Fullmann voulait hier changer
d'endroit car il n'y avait pas de mecs baisables dans la salle, j'ai
trouvé ça un peu mufle de dire ça en ma présence. Elle me dit que
moi c'est pas pareil, « je suis un copain ». Ah ouais ? Elle n'arrête
pas de dire tantôt que je veux la baiser, tantôt qu'elle ne veut pas
baiser avec moi, et même qu'elle ne baisera jamais avec moi, c'est
du Coué, ça marche bien. A part une piètre tentative de viol agin,
(j'ai pris une baffe ce jour là, même pas mal), un croquage de
chatte à travers sa culotte un autre jour, agin aussi, et divers
attouchements, agin toujours, j'ai jamais rien essayé avec elle, que
les choses soient claires et rendues public, et comme elle le disait
hier, maintenant c'est trop tard. C'est comme ma dentiste, quand
j'ai prétexté un rendez vous pour ne pas aller boire un coup avec
elle pour faire mon malin, jamais pu récupérer le coup ensuite,
c'était l'année dernière.
Ce matin je met de l'électricité dans mon portable et Marjorie
(autre fille de 25 ans qui m'a diverti une partie de l'automne, que
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CHICTYPE : Blog 2008
j'ai largué parce qu'elle a un tatouage d'inspiration egypto-rave qui
prend tout le dos, ce qui la rend impraticable en levrette au delà du
court terme, de même que les percing de ses seins sont amusants
cinq minutes, bon ok j'arrête) me SMS de la veille : « koi 2-9 ? ».
Depuis six mois qu'on se voit plus, pas mal de choses neuves :
procès, passage TV, endettement, plan culs, etc. Je répond pas.
Rita se lève et me dit en boudant qu'à cause de moi elle saigne...
Comment ça se fait ?... Nan, on a fait ça ?... Ha ouais, maintenant
je me souviens... Oh putain ouais... je me souviens bien...
On a passé la journée ensemble hier, j'ai remarqué qu'elle avait les
pupilles multicolores (mi bleu mi marron), je l'ai accompagné
dans une galerie où elle va exposer des jeux de tarot, on va boire
ensuite un verre au Sancerre (impossible d'aller aux Abbesses sans
y passer) et elle croise un écrivain qu'elle connaît et on discute
quinze minutes de l'argent, des éditeurs, de la façon de s'imposer
dans les médias, des 7000 livres (dont les 700 romans de
septembre) qui sortent tous les ans en France, des charlots qui
dominent le milieu, etc. Les écrivains avec qui j'ai pu discuter
disent tous ça, c'est drôle. Si j'aime Simenon, Sulitzer et Gerard de
Villier, c'est parce qu'ils ont été plus malin que les autres. Qu'on
ne me dise pas que Balzac, Dumas, Hugo et consort écrivaient
pour autre chose que de l'argent. L'argent, c'est vraiment un truc
sympa. Gagner bien sa vie avec ce qu'on aime faire, c'est un idéal
bien plus puissant que, je sais pas, la paix dans le monde ou le
métissage des peuples, faut arrêter de se la raconter. Raz le bol
d'entendre mon entourage arty défendre la théorie de
l'incompatibilité art/argent. Non seulement ils font le jeu du
monde marketing (persuader les gens qu'ils ne travaillent pas pour
l'argent mais pour une grande cause est une des subtilité du
management moderne) mais ils se condamnent à retourner dans le
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CHICTYPE : Blog 2008
monde de l'entreprise pour survivre, en général dans les postes est
les plus ingrats, au bénéfice du grand capital. Bref, l'artiste
désintéressé est un idiot utile et je crois aussi que la démarche qui
est d'exercer son art en échange d'argent démontre une maturité
dans un parcours créatif, une certitude que ce que l'on fait a une
valeur réelle.
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jeudi, 10 avril 2008
Je vais voir les Stones
Le lendemain : Le soir venu, Linda Fullmann me propose d'aller
voir les Stone à l' Olympia. Le film de Scorsese, s'entend. C'est un
concert bien filmé et les conditions de la salle sont parfaites. C'est
toujours agréable d'écouter et de voir les Stones, la vitalité qu'ils
affichent à soixante ans passé est réjouissante, donne de l'espoir.
Je dis sans doute cela parce que j'approche des quarante ans. J'ai
un souvenir de 1989 où je les trouvais ridicules de faire du Rolling
Stone, je réagissais alors à leur nouveau clip. A l'époque ils
essayaient de se montrer encore sulfureux, créatifs et sexy . Ça ne
collait pas. Le film de Scorsese les montre en hommes qui veulent
encore s'amuser en offrant quelques standards du rock à un
parterre de VIP d'une jolie petite salle de Manhattan. C'est bien
plus cohérent.
Ensuite, nous allons dans une soirée cocktail dînatoire au Grand
Hôtel. Je suis dans l'incapacité de m'amuser, et encore moins de
discuter avec les gens que je connais. Je perçois de moins en
moins l'aspect entertainment de la fêtes. La fête est un espace de
tractation, où des contacts se nouent, des affaires se mènent et des
processus de hiérarchisation se mettent en place. Je préfère aller
dans un Macumba provincial, ou dans un lieu où l'esprit artistique
domine, ou alors traîner dans un endroit blindé de gonzesses,
genre bal des pompiers ou bar à pute extra-France, au pire, dans
un endroit clairement dédié à la défonce alcoolo-narcotique.
Quand tout ça est réuni dans une même fête, c'est que c'est moi
qui organise. Au grand Hôtel, je me serais bien vu parler projets
exaltants et plans thune autour d'une bouteille avec des gens qui
ont cet état d'esprit, mais c'était injouable, j'étais entouré de
poseurs ou d'oisifs. Je suis venu parce que j'avais faim et suis parti
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CHICTYPE : Blog 2008
quand j'en ai eu ma claque de me goinfrer de petits fours tièdes. Je
devrais apprendre à faire du contact.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 10 avril 2008
Je vais chez EDF
Démarche à EDF (ils me doivent aussi de l'argent). J'ai affaire à un
noir qui ponctue ses phrases de « chef ». Par exemple « On va
vous envoyer un chèque la semaine prochaine, pas de problème,
chef ». Il répète « chef » cinq ou six fois dans le dialogue. J'ai envi
de lui dire « On n'a pas élevé les chèvres ensemble, chef » mais ça
serait pris pour du racisme. Je dois absolument concentrer mon
esprit sur ce qui est doux et sympathique chez autrui, mais j'ai du
mal, la multitude de filtres qui s'interposent entre moi et les autres
forment un brouillard sombre. Entre mes préoccupations d'homme
aux abois, le système bureaucratique auquel je suis de plus en plus
confronté et l'esbroufe généralisée de l'individus de type urbain, je
n'arrive plus en ce moment à voir l'aspect sincère de mes
contemporains. J'ai l'impression d'être dans un putain de feuilleton
style les envahisseurs, « Bonjour Monsieur Vincent », et c'est
évidement moi qui déconne grave, toute situation se traduit en un
tableau de bord où je classe les gens, leur assigne des fonctions et
paramètres, le tout est fagocité de systèmes d'alerte qui me
signalent à qui j'ai affaire, le qui est systématiquement une fiche
socio-psychologique des individus et c'est pas beau à voir. C'est
évidement pas une façon de vivre. Besoin urgent de repos en
compagnie mon clan ancestral.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 10 avril 2008
Je maigris
J'ai beaucoup maigri. Comme j'ai des problèmes d'argent, je ne
mange plus dans la rue depuis trois mois. Ni Mac Do, ni Kebbab,
ni frites, ni junk food. Quand je suis en vadrouille à Paris à l'heure
du déjeuner, je jeûne. Je me sent gringalet, j'ai dû perdre aussi du
muscle. Je n'ai plus ma légère bedaine , mon cul est tout plat et
mon visage s'est creusé. J'évite de trop boire en soirée car souvent
j'y vais le ventre vide. Je privilégie le vin rouge pour ses élément
nutritifs. Je me débarrasse de mon envie impulsive de manger
n'importe quand et n'importe comment ou boire des sodas ou
gober des bonbons. J'ai une bonne base pour me forger un corps
agréable pour cet été. Un peu de sport et la nourriture saine que le
printemps produit vont sans doute me permettre de retrouver un
physique qui me plait. Mes problèmes de sous devraient se
résorber dans le courant du mois, il s'agira alors d' éviter de refaire
de la graisse mais développer mes muscles. Piscine, vélo, pompes,
peut être petit stage de fight si possible. En ce moment j'ai le corps
de Woody Allen, je veux juste celui d' Iggy Pop. Je me sent assez
laid actuellement, trop maigre, mais aussi mal coiffé, mal sapé et
j'en ai marre de mes lunettes. Même pas les moyen d'aller chez le
coiffeur ni de renouveler mes lentilles ni de m'offrir de nouveaux
vêtements. Ça craint. Quand l'argent va revenir, je crois que je
vais l'apprécier différemment. La période de vache maigre que je
vis actuellement va incontestablement me marquer à vie. Je sais ce
qu'est la faim, et ça s'ajoute à la somme d'expériences vécues,
comme le deuil d'une mère, le chagrin d'amour, la trahison d'un
ami, la démission d'un père, la perte de toutes perspectives, et
autres joyeusetés croisées sur mon parcours, situations que j'ai
éprouvé mais que j'ai aussi provoqué d'une manière ou l'autre. Je
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CHICTYPE : Blog 2008
viens d'une lignée au destins tragiques et je me demande dans quel
mesure j'en suis à perpétuer la tradition. A moins que j'en suis à
rechercher cette sensation de manque qui me rapproche de ce qu'a
été mon enfance. Quelque chose est à changer en moi, c'est sûr,
cependant, la poursuite du bonheur ne m'attire pas tant, peut être
parce que je n'ai pas une idée précise de ce qu'est le bonheur, à
première vue un indicateur cognitif basé sur la mécanique
douleur/plaisir du corps humain (je dois lire Emerson), et si j'avais
une mission sur terre, je crois que je l'aurais déjà mise en oeuvre.
Tout cela est très embêtant, je dois sûrement prendre plus soins de
mes désirs véritables, qui sont les désirs de beaucoup je crois :
aimer, être aimé, faire de belles choses, posséder de belles choses,
profiter des bienfaits de la vie, etc. Rien de transcendant, peut être
là le souci.
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jeudi, 10 avril 2008
Je suis dans Grinda
Le lendemain : Revu Grinda hier soir jusqu'à ce jour (elle avait
une journée de congé, comblée en partie par mes assauts). Je
confirme, elle m'a transmis la maladie de l' éjaculation précoce, un
phénomène acquière un caractère scientifique dès lors qu'il est
reproductible, les cinq fois que j'ai baisé avec elle, je n'ai jamais
tenu au delà de huit minutes. Je ne devrais pas tarder à me faire
larguer. De toutes façon, je sais depuis le début que son ex, père
de sa fille, va revenir bientôt et qu'elle veut refaire son couple.
Elle parle déjà de me présenter à une de ses amies, une fille jolie
et bien faite, blanche, qui a un tatouage énorme, qui est dans la
politique (gauche) et qui est sortie longtemps avec un Vert. Je sais
plus, je rencontre des femmes vraiment spéciales en ce moment, je
crois que mes activités dans la prostitution induisent que je suis un
homme libertin, sans tabou, progressiste et globalement open,
alors qu'en vrai, je suis quand même assez sentimental, pas si
porté sur le sexe et traditionnel quant aux rapports homme-femme.
Grinda a des projets (sur la comète ?) dans la mode. Je l'ai amené
dans le quartier des confectionneurs chinois et lui ai vanté le
mérite des asiatiques pour ce qui est de l'honnêteté, de la
puissance de travail et du respect du contrat. Je lui ai ensuite
présenté un petit endroit dans Paris qui à mon sens va devenir
branché d'ici deux ans, la boutique que je voulais lui montrer fait
50 m2, le loyer est de 800 euros/mois sans reprise. Je pense que
c'est très négociable en plus, j'ai déjà vu mieux et moins chère
dans ce coin, nous sommes allé voir cet endroit pour nous faire
une idée et parce que moi aussi j'ai un vague projet (faisable) en
tête qui est en train de germer.
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CHICTYPE : Blog 2008
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jeudi, 10 avril 2008
J'ai une théorie sur les FAKE
J'ai eu l'idée d'un livre à écrire, en fait, j'ai juste son titre : FAKE.
Ça serait un roman sur le monde des fake (les gens bidons, si vous
préférez). J'ai déjà en tête plusieurs personnages qui existent dans
le réel, je les connais : Un agent de surface qui va au travail
habillé en cadre supérieur (son bleu de travail bien rangé dans un
attaché case), un parasite bourgeois qui la joue révolutionnaire
socialiste, une fille habillée en pute qui ne baise pas, un punk qui
chausse des Charentaises le soir venu, etc.
Nous vivons vraiment dans une société de fake, comme si les gens
voulaient dissimuler ce qu'ils sont vraiment, et ne montrer que ce
qu'ils voudraient être. Il y a une stratégie dans la fake attitude ;
entrer dans des mondes autres que le sien, bénéficier des
avantages sans fournir l'effort induit par l'appartenance à cet autre
monde. Il y a aussi une forme de mesquinerie à être un fake, on n'a
pas à partager notre propre monde avec autrui, ou respecter les
obligations tacites liées à notre propre appartenance, juste prendre
sans donner. C'est un monde d'usurpateur et de parasites.
Je me demande à quel point je suis un fake. Je suis bien obligé
d'admettre que souvent je joue un rôle, parfois, le rôle de
Chictype, d'autre fois le rôle de Mr Prostitution. Cependant, la
démarche n'est pas de tromper, seulement offrir un aspect de moi,
dans des configurations précises, avec des personnages que j'ai
crée de toute pièce (qui souvent m'isolent du monde des autres),
de même que je règle mon attitude en fonction de ce qu'on attend
de moi dans le milieu du travail ou avec la justice. Je ne suis pas
un fake qui marche sur les plate bande d'une être authentique, être
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CHICTYPE : Blog 2008
fake peut être une oeuvre créative et pas seulement une
escroquerie.
Il m'arrive aussi de me faire passer pour un journaliste, un cadre
supérieur ou un membre de la Jet Set pour entrer dans des soirées
promotionnelle. J'ai alors le sentiment de feinter le monde
corporate, je suis usurpateur et parasite, mais je sais à qui je fais
subir cela : à une structure déshumanisée. Cependant, je peux
comprendre que ceux qui ont eu du mal pour se faire inviter dans
ce genre de soirée, en passant par la voie habituelle du travail et
des relations humaines, puissent trouver injuste que par la fake
attitude, je bénéficie des mêmes avantages qu'eux, sans l'effort
fourni en aval.
Et puis, être un fake peut faire partie de l'identité des gens, je peux
aimer le rôle que quelqu'un joue, tout en sachant que c'est un rôle,
sans qu'il y ai tromperie sur la marchandise. La fake attitude n'est
pas qu'une vilaine déviance. C'est aussi un processus de
transformation de soi, basé sur la théorie psychologique du comme
si., on peut alors être un fake provisoirement, le temps de devenir
authentiquement le personnage que l'on incarne.
S'il doit y avoir un livre à écrire sur les fake, ça ne pourra pas être
un livre complètement contre, après tout, comme la mythomanie,
être un fake n'a en général de conséquences fâcheuses que pour le
fake. Mais il serait intéressant de voir qui est gagnant et qui est
perdant. Il serait aussi intéressant d'observer comment se fait la
compétition entre les gens fake et les gens authentique dans un
même domaine. Par exemple, le bourgeois conservateur qui se
donne des airs rebelles a semble t'il plus d'influence que le rebelle
véritable, il le parasite et prend sa place, du moins dans les
médias. Le rebelle fake, qui ne connaît pas les inconvénients d'être
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CHICTYPE : Blog 2008
un vrai rebelle ne pratique t'il pas de la concurrence déloyale ? Par
exemple, dénoncer le monde bourgeois tout en appartenant à ce
monde, n'est ce pas refuser l'entrée de ce monde aux autres tout en
se faisant accepter dans le monde des autres ? Monde des nonbourgeois où , à compétence égale, le bourgeois aura un avantage,
notamment pour financer ses projets, obtenir l'appuie de la
bourgeoisie, trouver le confort que la bourgeoisie lui offre, ou
séduire les femmes des non-bourgeois. Ceci sans avoir à respecter
les usage de la bourgeoisie, comme prêter de l'argent ou payer
l'addition, et en dissimulant en permanence ce qu'il peut avoir à
offrir, comme des week-end sur la côte ou un carnet d'adresse,
qu'il ne partage qu'avec les gens de sa caste (sans quoi, son
identité fake serait mise à jour). Certains fake sont donc
extrêmement nuisible et n'apportent rien, juste là pour prendre
sans rien donner.
A l'inverse, l'individu socialement défavorisé qui joue au fake
bourgeois a t'il vraiment la possibilité de s'imposer dans le monde
qu'il convoite ? Peut il faire croire qu'il est riche aussi facilement
que le riche peut faire croire qu'il est pauvre ? Il conviendra de
vérifier si la fake attitude n'est pas, avant tout, une invention des
puissants pour accaparer sans donner. Le phénomène de
récupération par la bourgeoisie de l'esthétique populaire,
métamorphosé par les valeurs bourgeoises (le mouvement Punk et
Techno par exemple, musique de creuvard à l'origine, qui
appartient aujourd'hui à la jeunesse dorée qui la pratique ou la
vend) est un signe flagrant, la forte présence aussi des bourgeois
dans l'univers bohème de l'art contemporain, de la littérature ou de
la comédie en est un autre ; ici, le bourgeois jouit de la liberté de
la bohème, sans les inconvénients de la pauvreté (et ses avatars
psychologiques annihilateurs)
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CHICTYPE : Blog 2008
Le phénomène du fake serait un phénomène contemporain lié à la
notion de libre arbitre. Nous vivons dans une société où les
individus sont censés choisir leur vie, métier, orientation sexuelle,
religion, idées philosophique, etc., avoir ainsi la possibilité de
créer son personnage. Cependant, le libre arbitre a un relation
étroite avec le statut social, exercer son libre arbitre est surtout
valable pour les gens qui ont les moyen financier et le bagage
culturel pour faire des choix de vie. Ainsi, la déification de la
notion de libre arbitre permet au bourgeois d'échapper à ses
carcans traditionnels ( responsabilité morale vis à vis des
défavorisés, valeurs catholiques, devoir familial et dynastique,
etc.) notamment en utilisant la stratégie fake (phénomènes bobo,
bourgeois décadent, gauche caviard, etc.) mais ne permet pas au
prolo, lui, d' échapper aux siens (métro, boulot,dodo, etc.), même
avec la stratégie Fake (sac Prada, fausse Rolex, voyages low cost,
etc.). Pire, le mélange de fake de toutes classes permet au fake
d'origine bourgeoise d' être mis sur un piédestal et de piquer les
femmes des prolos.
Je parlais plus haut de « concurrence déloyale », il est possible
que l'absence de loyauté, détectée dans la fake attitude, soit en
réalité une des caractéristique essentielle de la démocratie, la fake
attitude n'étant qu'un révélateur, le spectacle de la vie politique en
démocratie Française pouvant servir de preuve. Enfin, c'est à
développer.
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CHICTYPE : Blog 2008
J'ai mon avis sur les femmes
Lundi, 13h40
Samedi, je suis allé à Montreuil aux puces pour vendre à la
sauvette un très vieil ordinateur portable (55 euros), j'ai trouvé ça
assez amusant, j'ai acheté des cigarettes de contrebande. Avoir 50
euros en poche est apaisant.
Le soir je suis invité chez Grinda, une jeune fille rencontrée dans
une épicerie de nuit, alors que j'achetais une 8.6 (depuis, je suis
passé à la Amsterdam, six ou huit degrés, hélas la six, la meilleur,
n'est pas disponible partout, alors que la huit et la onze sont très
présentent). Elle est avec Rackella. Toutes deux sont de la Jet-Set
Dakaroise. On mange, on boit et on fume, on va en boite, on fini
chez Larry et on se drogue plus sérieusement. Rackella part, avant
je lui ai touché ses magnifiques seins. J'ai quand même dépensé
dans les vingt euros, ce qui était imprévu J'ai trente huit ans et je
me fais entretenir pour la soirée par des filles africaines de vingt
cinq ans, qui je crois ne m'en veulent pas trop d'être pauvre à
l'extrème.
Grinda, qui est ma maîtresse me demande l'autorisation
d'embrasser notre hôte, elle lui roule d'énormes pelles, au début je
trouve ça rigolo puis j'éprouve de la vexation. Finalement tout
revient dans l'ordre et je baise Grinda dans le lit de notre hôte. Le
lendemain, Grinda dit ne se souvenir de rien.
Dimanche, je passe ma journée dans le lit de Grinda. On boit des
bières, on mange des pizzas, on regarde un DVD on fume deuxtrois joins et on baise et rebaise. Cette fille m'excite beaucoup et je
suis avec elle éjaculateur précoce et c'est chiant. Les femmes d'
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CHICTYPE : Blog 2008
Afrique me font souvent cet effet. Ma queue devient de plus en
plus complexe à maîtriser. Les femmes qui ne me plaisent qu'à
moitié, ou qui ne sont pas assez érotiques me font débander vite,
certaines poses amoureuses, particulièrement quand c'est la fille
qui est sur moi, provoquent aussi souvent la débandade, les filles
qu'il faut un peu forcer ne m'excitent plus non plus en général,
puis certaines filles me font un effet monstre et très rapidement, je
me retrouve à me concentrer en fermant les yeux pour ne surtout
pas jouir. Parfois ça se passe quand même bien, je vous rassure.
Imparfaite condition de mâle.
Je rencontre beaucoup de fille très libérées actuellement. Je suis
beaucoup plus sentimentale que ces filles de vingt cinq ans.
Certaines m'intimident, leur recherche de la performance sexuelle
me déstabilise, et je n'arrive pas vraiment à m'habituer à leur
façon, d'inspiration masculine, d'aborder le sexe, avec la même
désinvolture et cruauté que les hommes qui ont énormément de
succès. J'ai entendu l'histoire d'une star du rap qui dit à une de ses
groupies qu'il accepte de se faire sucer par elle, mais pas de la
sauter parce qu'elle est trop grosse... et la fille s'exécute. Une amie
m'a dit avoir accepté qu'un mec rencontré en soirée la prenne à la
condition qu'il ne dise rien, elle ne voulait pas savoir ce qu'avait
cet homme dans sa tête, et l'homme s'est exécuté. Ce genre
d'histoire me serre le coeur et j'ignore un peu pourquoi, la tristesse
d'assister à une perte de dignité peut être, ou une amertume en
observant le pouvoir que peuvent avoir certaines personnes sur
d'autres, pourtant, je n'ai pas le sentiment d'idéaliser les relation
homme-femmes ni de m'indigner facilement.
Les femmes un peu jolie ont le pouvoir, elles peuvent coucher
avec des milliers d'hommes sans difficulté. Dans un groupe
d'amis, celui qui a le plus de succès avec le sexe opposé a une
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CHICTYPE : Blog 2008
place spéciale dans la hiérarchie, c'est anthropologique. Si les
hommes et les femmes deviennent égaux, c'est à dire, si on les
juge sur les mêmes valeurs, alors la femme n'aura aucune
difficulté pour atteindre ce statut supérieur de prédateur sexuel.
Je suis sentimental, difficile et certainement ringard en matière de
sexe. J'aime quand le sexe n'est pas un enjeu, c'est à dire, pas un
motif d'acceptation ou d'exclusion, comme quand les couples ne
couchaient qu'après le mariage. C'était pas si idiot, le paramètre de
l'entente sexuelle ne rentrait pas en compte dans la relation,
l'illusion de l'amour que l'orgasme peut provoquer ne venait pas
tromper l'esprit des gens. Les anciens avaient ce sens pratique.
Voilà aussi pourquoi la prostitution est ingénieuse. Sexe après le
mariage et sexe avec des prostituées ont en commun une certaine
forme d'innocence, c'est à dire que cela offre le détachement
nécessaire pour éprouver sans raison ce qui nous arrive, le sexe
perd son caractère stratégique, chacun peut rester lui même en
échappant à l'enjeu de plaire pour aborder l'amour physique avec
une absolue décontraction. En ce sens, l'égoïsme peut être une
vertu compatible avec la générosité, non son contraire,
l'expression de ses propres désirs étant aussi un don fait à autrui.
Comme j'en suis à parler de ça, je suis assez surpris en écoutant
certaines femmes parler si ouvertement de la taille du sexe des
hommes. Il est évident que c' est bien plus important que ce que
les journaux en disent, cependant, aucune femme ne semble se
préoccuper de la largeur de son vagin et de l'aspect de sa vulve.
Pourtant, si on me demande ce qui est important dans le physique
d'une femme, j'ai le regret de dire en toute franchise que la forme
de son sexe vient en tête de liste (avec l'odeur de sa peau,
l'équilibre des proportions de son corps et la bienveillance
qu'exprime son visage). Ce que je sais, c'est que les hommes
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CHICTYPE : Blog 2008
évoquent rarement la question de la forme du sexe des femmes, ni
entre eux ni avec leurs amies, pas même leurs confidentes. Le sexe
de la femme conserve sa sacralité, le critiquer est comme un
blasphème, c'est de là que nous venons tous, quand au phallus, si
facilement disponible, imitable et remplaçable, il est devenu un
objet banal. Si nous devions juger les hommes et les femmes sur
les mêmes valeurs, alors il faudrait aussi considérer la chatte
comme une banalité. Mais en faisant cela nous entrons dans l' ère
du nihilisme, banaliser la chatte c'est banaliser la venue au monde.
L'autre solution serait de re-sacraliser la bite, autant que la chatte,
alors la pénétration deviendrait un acte spirituel et non la souillure
d'un lieu Saint, un retour au paganisme en quelque sorte.
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jeudi, 10 avril 2008
Je galère grave
Lendemain, samedi.
Voici le genre de rendez vous que j'ai eu hier : Un chez A. pour lui
emprunter de l'argent (c'est non, pas en ce moment), un chez B.
pour faire du web mais il était absent, alors je suis allé chez C.
pour cette même raison, puis je suis allé chez D. pour lui mettre la
pression (il me doit beaucoup d'argent mais a des souci graves
comme les miens) puis je suis allé chez mon juriste pour voir si on
peut faire quelque chose rapport à une galère, puis je suis allé chez
E. pour manger. Je me sent bien évidement absolument minable,
toute la journée je me suis raccroché à ma religion pour essayer de
rester zen. Le soir je me rends dans une reception culturobranchée (QUARTZ AWARD) mais j'ai pas vraiment le coeur à
festoyer, d'autant que j'ai quelque centimes dans ma poche pour
acheter un timbre demain et que je ne sais pas quand au juste je
vais toucher des euros (courant de la semaine prochaine). Depuis
le début de la semaine, j'ai pris comme habitude de voler chez
Monoprix (en général un Charal XXL et un saucisson, parfois du
maquereau à la moutarde, et aussi du saumon fumé). Je ne vois
plus à qui emprunter dans mon entourage. C'est du Jean Vallejean,
mais c'est pas non plus la mort, juste extrêmement inconfortable,
et l'exercice qui consiste à dépasser l'amertume et l'autodénigrement est des plus formateur.
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CHICTYPE : Blog 2008
jeudi, 10 avril 2008
Je pense à Jesus
Cette semaine un homme d'église m'a parlé, dans des
circonstances très spéciales, juste avant de dîner, d'un des
messages essentiel du Christ : Ne pas juger autrui trop facilement.
C'est une prérogative de Dieu. C'est aussi une facilité, l'homme
disait qu'il était facile de juger autrui, mais que bien souvent, on
était incapable de se juger soi même, et il me racontait une histoire
que j'ai oublié (je crois qu'il était question d'un riche pas très aimé
et critiqué qui avait ses propres raisons qu'il fallait comprendre).
On sait par exemple le mal et le bien que l'on reçoit, mais pas le
bien ou le mal qu'on offre. Qu'ai-je fait de bien ? Qu' ai-je fait de
mal ? Qui ai-je fait souffrir et comment ? Référence au récit de l'
évangile selon Saint Jean, avec la femme adultère, « que celui qui
n'a jamais pêché jette la première pierre ». Je crois que cet
enseignement du Christ est des plus important. Cependant, pas un
instant je n'y ai pensé ces derniers jours, hormis quand on m'en a
parlé, malgré mon procès où j'aurais pu évaluer les conséquences
de mes actes sur autrui, alors que je ne pensais qu'à m'en sortir,
malgré mes embrouilles avec des gens, où pas une seconde je n'ai
pensé à la vie des gens avec qui je m'embrouillais, n'y voyant que
mon propre souci, indifférent à ce que pouvait ressentir ces gens
en exposant ces soucis, qui sont aussi des désirs. Mais que
pouvais-je faire d'autre ? Être simplement bienveillant sans doute,
et dire amicalement ce que je désirais. Au lieu de cela, j'ai focalisé
sur ce qui m'agaçait chez l'autre et l'ai mis en exergue dans mes
paroles.
J'ai trahi le Christ assurément, par exemple hier, toute la journée,
comme peut être je le trahi en permanence, quand je me réfère à
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CHICTYPE : Blog 2008
lui dans mes pensées pour justifier mes propres actes de déviance,
parce que je sais qu'il m'aimera quand même, malgré tout, ou
quand je décide d'être indifférent en me disant « je ne juge pas »,
me persuadant que c'est une qualité d'esprit alors que c'est souvent
une absence d'amour.
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jeudi, 10 avril 2008
Je galère bien
J'ai laissé Gaëlle dormir et je suis parti sans la réveiller vers six
heure trente. J'arrive pas à bien dormir dans un nouveau lit. Après
le procès d'hier, j'ai envie de passer une journée cool, sans avoir à
speeder comme c'était le cas depuis deux mois. J'ai deux ou trois
démarches à entreprendre (Lettre à ma banque et deux rendez vous
administratifs) ainsi qu'un passage chez EDF (ils me doivent de
l'argent, eux aussi) et peut être un plan taff et aussi un coup de
main à donner à Leïla Fares (des conseils pro), et un autre à Gaelle
j'y pense (électricité). En fait, la journée ne sera pas si cool, mais
rien de vraiment désagréable. Faut aussi que je passe à la Poste
chercher un recommandé. Bref, j'y vais.
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jeudi, 10 avril 2008
Je galère toujours
le lendemain 18h :
Journée très particulière, je passais en justice. Ça s'est
moyennement passé mais le pire n'est pas arrivé. Je suis heureux
que ça soit passé. C'est pas encore tout à fait joué, si j'arrive à
pousser encore le truc ça sera cerise.
Dans la même journée, deux clash facebook avec deux personnes
à propos de la soirée que je co-organisais le 23/03. L'un qui me
doit de l'argent mais ne veut plus l'admettre, et qui a trouvé
comme solution, pour éviter de payer de se brouiller avec moi.
Bonne stratégie, vu que l'accord était amical au départ, et qu'en
cessant d'être « ami », l'accord devient caduque. L'autre personne
est un type qui a filmé la soirée et qui a diffusé le film sur le web
en omettant de citer le concepteur et organisateur principal, c'est à
dire mon association. Je lui ai fait remarquer par mail, puis je me
suis souvenu que ce type m'avait toujours escamoté dans toutes les
choses que je fais et dont il a parlé, et qu'en repensant à son cas, je
me suis dit que soit c'était de la perfidie, soit une succession
d'actes manqués démontrant son profond mépris, soit un manque
de courage, étant donné que pour certains, me côtoyer
ouvertement est compromettant, surtout quand on a des ambitions
chez Tecknikart. Ou de l'étourderie. Tout ça n'a pas beaucoup
d'importance.
Reprendre Chictype me trottait dans la tête depuis quelque jours,
j'étais à définir un concept, et si le Chictype de 2004-2005 avait
surfé sur la vague des nouveaux réac à la sauce Begbédé, poussant
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le vice jusqu'à la lassitude (et à un début de littérature), le
Chictype de 2008 ira dans une voie différente.
D'abord parce que je n'ai plus la même tendresse pour la droite
depuis que Sarkozy est au pouvoir, aussi parce que l'expérience
(provoquée) de la galère financière m'a changé, aussi parce que
mes activités dans la prostitution m'ont fait découvrir des éléments
importants de la vie et du chaos, aussi parce que depuis 2005 j'ai
écrit 4 livres ratés et une multitude de début de roman, et aussi
parce que j'ai eu le temps d'observer un certain nombre de
phénomène sociaux sur le terrain et qu'il serait temps d'en parler,
et aussi parce que j'ai fréquenté pas mal de filles de 20-25 ans,
aussi parce que j'ai eu affaire à la justice de mon pays. Je vais
aussi peut être procéder à une dissection de Paris, ou plutôt, de ce
qui fait Paris, procéder non pas à une exécution sommaire, mais à
une lente torture pour que cette ville admette enfin ses fautes et
entre dans la rédemption. Chictype doit être un peu méchant sinon
il n'est pas Chictype, le concept, coco, le concept. Enfin, peut être,
pas sûr du tout, c'est évidement une question d'humeur. J'ai rendez
vous avec Grinda puis je vais chez Agnès B.
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jeudi, 10 avril 2008
Je galère
Le lendemain :
Je pourrais évoquer ma journée qui fût une succession de perte de
temps. Je suis actuellement empêtré dans des soucis économicoadministratif qui m'ont plongé dans le monde des sans grades qui
demandent justice et assistance. Bref, je rêgle mes dettes et je
cours après ceux qui me doivent de l'argent et je passe d'une
administration à l'autre, et je dois écouter des gens me parler avec
suffisance, je suis clairement face à mes responsabilités, mais j'ai
décidé de ne plus laisser faire. J'en saurai plus demain et peut être
en parlerai-je alors de façon moins étrange. J'ai appris beaucoup
depuis trois mois, sur ce que signifie être pauvre.
Je me suis découvert une bonne résistance au stress. J'en suis
même à calmer mes proches ; je vais m'en sortir. Je trouve que le
système a été particulièrement dur avec moi ces dernières années.
Si j'avais des avocats dans mon entourage, ça serait plus simple.
Hélas, je viens d'un milieu honnête où personne ne songe à faire
ce métier. Beaucoup de choses se jouent demain, c'est pour ça que
je vais me coucher tôt après un repas léger (saumon fumé, bon
pain, jus de fruit frais) et un bon bain. Je vais au lit, je lis « Le
goût des femmes mûres » de Stephen Vizincey.
Laissez moi poser le contexte : Je me fiche de la littérature et de la
figure de l'écrivain. Je ne souhaite que coucher sur un écran le fil
d'une pensée claire. Je n'ai pas beaucoup de vocabulaire ni
beaucoup d'éducation, je suis aussi un dyslexique qui ne cesse
d'essayer d'aller au delà. J'ai plein d'excuses à présenter alors je les
fais maintenant pour ne plus y revenir : Pardon, pardon, pardon !
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Je veux parler du pourquoi dans ce message pour ne plus avoir à y
revenir ensuite, objectif noble sur lequel j'aurai l'occasion de
dévier.
Il y a évidement ce plaisir d'être lu. Je n'ai jamais tenu longtemps
mes journaux intimes faute de public. Cependant, ce plaisir
narcissique (adjectif d'inspiration freudienne qui me dégoutte,
mais que voulez vous, je n'en ai pas d'autre), je l'ai dépassé lorsque
j'ai découvert qu'un blog pouvait être un centre d'essai et de
stockage d'idées et d'expériences brutes, apte à servir de matière,
par la suite, pour écrire des histoires agréables à lire. Il y a aussi
dans l'écriture un plaisir purement artistique ( Attention, je ne me
suis jamais senti artiste et je prend cette dénomination comme une
sorte d'insulte, comme si on me traitait de rêveur), une façon
d'exercer une liberté totale et inaltérable, qui devient de plus en
plus grande à mesure que l'on maîtrise son art, mais je ne suis pas
formel sur ce point, la maîtrise artistique s'accompagne aussi de
nouvelles contraintes. Il faudra que j'y revienne.
Ces raisons posées, je dois avertir que l'argument un et trois
passeront bien après l'argument deux. Je suis devenu un être
purement utilitariste, et si j'écris aujourd'hui un blog, à 38 ans, ce
n'est ni par égocentrisme ni par loisir, mais par nécessité
professionnelle. En effet, je ne vois que l'écriture de livres à petit
succès pour échapper à mes conditions sociales (tantôt salarié du
tertiaire, tantôt assisté social, tantôt magouilleur), et le blog est un
bon outil pour une multitude de raisons techniques : aide mémoire,
expérimentation, note de travail, synthèse, buzz, etc.
Je vais au lit, je lis « La gloire des Pythre » de Richard Millet.
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