IM LANZAROTE PapMasqué - Us Palaiseau Triathlon

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IM LANZAROTE PapMasqué - Us Palaiseau Triathlon
IM LANZAROTE PapMasqué (18 Mai 2013)
A
rrivée sur l'île de Lanzarote le mercredi précédent l'Ironman, je récupère mon vélo non sans quelques
appréhensions, du fait de l'état de certaines valises vélo qui semblent avoir souffert de la manutention
pendant le transport.
Durant les 2 autres journées précédant l'épreuve,
on ira chercher les dossards de l'autre côté de l'ile,
à la Santa, et on visitera le village Ironman qui
n'est donc pas à côté du départ !
On retrouve Thierry et Catherine arrivés quelques
heures plus tôt et on découvre notre hôtel Barcarola de Puerto del Carmen que je
recommande :-) - , sous un temps gris, qui ne nous
change pas beaucoup de l'île de France, avec du
vent en plus.
Notre premier travail est de remonter le vélo et là,
je découvre que le dérailleur arrière a souffert
pendant le transport. Direction le vélociste d'à côté
où on attendra plus d'une heure pour que le
mécano me détorde la patte du dérailleur avec une
clé à molette ! En fait, il n'avait pas l'outil qui va
bien :-(). Un petit tour de vélo nous montrera que
nous sommes situés à 1,6 km du départ de la
course, ce qui est impeccable, car tous nos
déplacements se feront à pied.
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Bizarre, autant qu'étrange, mais on apprendra que
le club La Santa - qui est ni plus ni moins qu'un
centre sportif super équipé accueillant équipes pro
en tous genres foot, vélo, natation etc. - est le
principal sponsor de l'épreuve.
On fera également le tour de la boucle natation et
le début du vélo. Ces 25 km roulés, plus la
reconnaissance d'une bonne partie du parcours en
voiture, vont nous donner une petite aperçue des
conditions météo, vent et pluie. Ce n'est pas grave,
on est sur une île sympa, dans un hôtel sympa,
plein de messages d'encouragements, avec nos fans
préférées et malheureusement un temps pas
terrible.
En fait on espère que le vent va faiblir et qu’il sera du Nord Est, mais le matin de la course la météo de
l’aéroport annonce 40 km/h de vent du Nord. Aïe !
Ayant déposé le vélo et les sacs vélo et cap le vendredi après-midi, nous arrivons vers 6h00 le matin (après
avoir ingurgité gatosport et autre boisson énergétique), pour nous équiper de la combinaison, nous échauffer
(un peu :-p) et nous positionner pour le départ, après bien entendu, un dernier bisou à nos
groupies/photographes préférées :-) ! Le tout sous la pluie.
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Première surprise pour moi, le départ étant donné sous une arche, il m’est donc impossible de partir devant, car
les concurrents font une file continue de 1800 nageurs. Je dois avoir plus de 300 nageurs devant moi et
impossible de me faufiler. J’avoue que je prends un coup au moral.
Le départ est donné, sous la pluie. Il me faut
plus de 30 secondes pour atteindre l'eau :-( et
puis après c'est la baston! Heureusement la
première bouée est à 150 m et ce virage à 90°
permet de faire un peu de ménage !
Néanmoins, les bons nageurs sont déjà loin.
Alors je décide de nager tranquille, le deuxième
tour en faisant l'extérieur, et en continuant de
doubler des concurrents. En final, je sors de
l'eau en 59 mn -mon plus mauvais temps (et
mon plus mauvais classement) dans un iron.
La transition se passe bien et il pleut toujours pour le début du vélo. Les 60 premiers kms vont alterner des
passages vent dans le dos et vent de face, avec certains tronçons de route possédant un revêtement de qualité
médiocre. Une fois l'ile traversée par sa petite largeur, le bord de mer est agréable à regarder. On passe à côté
de salines, tandis que de l'autre côté de la route, c'est un paysage de film catastrophe.
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Remarque: l'île de Lanzarote est une île recouverte
de volcans, et la seule végétation existante est celle
amenée par l'homme autour de "villes hôtels" ; les
rues équipées de trottoirs sont bordées de palmiers
Les routes sont des rubans de bitume coupant ces
champs de pierres de lave, de sable, poussière. Il
n'y a pas de bas-côté. Quand on sort de la route
c'est, comment dire.... trop tard !
Vu les conditions météo, je roule en dedans (je me
suis fixé de ne pas dépasser les 155 pulses au
cardio) et je reste vigilant aux rafales de vent qui
nous font faire des écarts, d'autant que les routes
sont glissantes de par la pluie. La pluie n'est
normalement pas prévue dans le registre
climatique des îles Canaries! Mais monsieur météo
Canaries s'est dit qu'il ne fallait pas changer nos
conditions météo du nord de l'Europe. Je passe la
grande ligne droite, type celle que l'on rencontre
dans le Morvan (avec le vent de face en plus), sans
trop de problème, pendant que le soleil fait son
apparition. On passe bien entendu à La Santa, puis
un petit passage de route en mauvais état. Un
concurrent casse sa tige de selle, qui tombe avec
les 2 bidons et les cartouches qui étaient accrochés
dessus. J'avoue que je revois encore son visage qui
exprimait un certain ahurissement alors qu'il
regardait un gamin ramasser le tout et lui apporter.
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On arrive à proximité de la zone des kite surfers, où l’on
traverse une zone type désert.
La suite va devenir de plus en plus pénible avec un vent qui
forcit au fur et à mesure que l'on remonte au Nord-Est de
l'île, d'autant que la route monte imperceptiblement mais en
continu. Je me fais doubler dans les 2 dernières grosses
ascensions (dignes de cols ardéchois) par 2 Vétérans4 que je
ne cherche pas à suivre.
En revanche la vue au bout de l'île, au mirador del Rio est
juste magique.
La descente qui s'en suit est des plus dangereuses
(violentes rafales latérales de vents) et il y aura, un
peu plus loin, encore des chutes, dont une qui a
très mal fini semble-t-il ! Dans le bas-côté qui est
un champ de pierres de lave.
Que nenni, la remontée vers le départ ; Puerto del
Carmen va se révéler être un calvaire avec un vent
défavorable ; vous vous souvenez en début de CR,
je souhaitais un vent du NE pour revenir, et bien
là, il est du Nord et encore intensifié par rapport au
début de course !
A ce stade du parcours vélo, je me dis que le plus
dur est passé et que je suis tant bien que mal pas
trop loin de mes temps prévisionnels.
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Je commence à me dire que je vais bâcher tellement
c'est pénible. Alors je fais un arrêt vidange et je
repars pour découvrir un peu plus loin, une fois passé
à côté de Nazaret - non je ne plaisante pas -, que cette
route est complètement destroye ! En gros, une route
scarifiée qui n'a pas encore eu sa couche de finition.
Il y a des bidons, des supports de bidons, des
morceaux de porte bidons partout sur les bords de la
route. Je vide très vite la moitié de mes bidons et
j'espère très fort de ne rien casser tellement la
mécanique est secouée. Et je me demande si mes
pneus et chambres à air (latex) vont résister.
Une fois ce morceau de bravoure passé, la fin du parcours se passe mieux, avec des paysages différents (vignes
-petits arbustes plantés dans un trou entouré d'un muret de pierres de lave noire- cactus pour la culture des
cochenilles, et autres plantations toutes systématiquement protégées par des petits murets). Puis surprise. Je
croise un palmier. C'est un camion qui transporte l'arbre.... Ouf je ne suis pas encore dans le rouge :-))
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soleil et, lorsque je passe en bout de piste de
l'aéroport, des avions atterrissent. Je ne vous
raconte pas les vents de sables quand l'avion vous
passe à 100 m ou moins au-dessus de la tête.
Toujours un vent de face pour aller, mais cette fois
agréable pour le retour parce que dans le dos :-)).
Je recroise nos femmes qui sont toujours sur le
pied de guerre pour prendre des photos et nous
encourager, et plus tard Thierry qui semble être en
délicatesse dans cette première partie. On
s'encourage mutuellement. On sait pourquoi on est
ici ; le maillot de finisher !
Malgré tout, le vélo ne sera pas un bon vélo, alors
je me dis que tant pis pour le chrono final, il faut
que je me concentre sur le marathon à venir, car je
suis usé par ce vent qui m'a gentiment mais
sûrement détruit petit à petit :-( Je fais 6h15, et je
me dis que Jean Marc a fait un Grand vélo l'année
dernière, même si d'après un autre concurrent qui
l'avait également fait l'an dernier, les conditions
étaient moins violentes. Bonne transition et me
voilà parti pour le marathon, à savoir une boucle
de 21 km et deux boucles de 10,5 km.
Je tourne le semi en 2h00 comme je le souhaitais.
J'entame la deuxième boucle, mais la machine se
grippe, laminée qu'elle a été par le vélo. Je regarde
ma fréquence cardiaque régulièrement et je la vois
descendre de 145 à 139. Quand je croise Thierry je
suis content de voir qu'il a retrouvé sa foulée,
tandis que je me pose la question de savoir
comment je fais pour arriver à courir. D'ailleurs,
quand je croise Joelle et Catherine, elle me
propose de l'eau. Je dois avoir le visage des grands
jours :-(. Je finis le marathon en 4h15, en gros. J'ai
bien ralenti au 2ème semi et je me dis que cet
ironman est certainement le plus dur que j'ai fait ;
peut-être même plus dur qu'Embrun.
Habituellement, le fait de voir la fin de course, me
redonne des forces pour accélérer. Pas cette fois,
ce n'était pas ma course!
Je croise nos groupies qui m'encouragent à tuetête, puis Thierry qui finit le vélo et qui
m'encourage ; d'après mes calculs, qui se
révéleront corrects, il doit être 10 mn derrière moi.
Je comprends donc qu'il a lui aussi souffert en
vélo. J'ai la surprise de ne pas trouver de Coca aux
raviteaux seulement Powerbar et Redbull. Tant pis,
on fait avec, mais j'avoue que ça me chagrine.
Je passe la ligne soulagé et j'attends Thierry qui
fait une grosse fin de marathon.
Le semi est interminable, en bord de mer, avec des
petites montées et descentes casses pattes, sous le
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La fin du séjour s'est passée au soleil (sans oublier
le vent :-) mon copain!). De vraies vacances, trop
courtes.
Bien content de retrouver mon pote à l'arrivée, on
récupère les médailles T-shirts etc. Et direction
bouffe
et
massage.
La prochaine étape - une fois le matériel récupéré
et lecture de tous les messages de félicitations que
vous nous avez envoyés, et pour lesquels on vous
remercie sincèrement - sera de montrer le mirador
del Rio aux filles. Elles ont bien mérité de passer
un peu de bon temps après nous avoir supporté
pendant la préparation et la course. Au programme
également, se faire un bon restau pour manger
autre chose que des pâtes ou du riz dans un tout
petit village de pêcheurs bien sympa en bord de
mer.
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Résumé
Conclusion
Triathlon très dur avec ces conditions de vents. Le
vélo fait 2 450 m de dénivelé et la route n'est pas
de bonne qualité tout le temps.
Natation mal négociée car je n'avais pas prévu de
ne pas être en première ligne: 59mn 1er V4 mais
123 au scratch. Vélo très difficile car en plus des
2450 m de dénivelé, on a eu un vent du Nord
quasiment défavorable ou dangereux tout le temps,
et qui soufflait avec des rafales à plus de 40 km/h.
Sortie de route interdite sous peine de risque de
blessures irréversibles : 6h15mn 8eme V4 et 338
au scratch CaP sur bitume ou trottoir, rendue
délicate par les montées casse-pattes et un vélo qui
m'avait laminé... : 4h15. De bonnes transitions et
un temps global de 11h42...9ème V4 et 437 au
scratch. Pour ne rien cacher, je souhaitais faire
moins de 11h => 20 mn de moins en vélo et 25 de
moins en CaP........ :-(. Je suis loin du compte !
C'est définitivement un triathlon pour lequel il faut
une préparation plutôt montagne, ou il faut
beaucoup de résistance.
Enfin je trouve dommage que le village soit à 25
km du départ et arrivée de l'épreuve.
En revanche, l'île de Lanzarote mérite d'être
visitée. Elle est riche de décors différents, pas de
végétation à part les palmiers plantés par les
hommes dans les villes le long des trottoirs ou
dans les jardins, les cactus et les plantations telles
que les vignes qui sont cultivées dans des
terrassements creusés et abrités par des murets de
pierres de lave posées les unes sur les autres en
lignes ou arcs de cercles. Les paysages sont
vraiment surprenants, chaotiques avec ces champs
de pierres de lave noire, paradisiaques avec cette
eau bleue transparente, désertiques en bord de mer
avec du sable blanc, ou cuits sur les flancs des
volcans, parfois recouverts d'une couche de
poussière blanche.
Au niveau alimentation, j'ai tout fait comme prévu,
je n'ai surtout pas oublié les petits pains au St
Moret et jambon :-) et les pastilles de sel (avant fin
vélo et vers le 20ème au marathon), autre leçon
d'un précédent Ironman ! Ma préparation a été
bonne, mais 1 ou 2 LD avant auraient certainement
aidé à travailler la résistance et notamment pour
faire une bonne CaP après un tel vélo.
La fin de ma préparation a été perturbée par une
arythmie liée à une grosse fatigue (boulot plus
grosse charge d'entraînement), mais il semble que
ce soit du passé, puisque ma fréquence cardiaque a
été impeccable tout le long de l'épreuve.
Pour avoir visité pratiquement toute l'île, Puerto
del Carmen (côté départ de la course) est
probablement le coin le plus "authentique" de l'île.
Moins touristique que Playa Blanca, moins ville
hôtel que Costa Teguise, et de plus, située en bord
de mer avec plein de restaus sympas possédant des
terrasses privatives donnant directement sur l'eau,
à des prix sympas. Je recommande l'hôtel le
Barcarola qui est très bien, abordable et très
accueillant.
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